Le modèle allemand est en vogue en ce moment en France, ce fameux modèle allemand est même entré en grande pompe dans les discussions des élections présidentielles! Et naturellement les medias français en parlent, dernièrement Agnès Verdier-Molinié nous vantait le modèle allemand dans le Monde. Même si les chiffres publiés par Madame Verdier sont corrects – je trouve l’analyse publiée par Michaël Foessel beaucoup plus proche de la réalité allemande, politiquement beaucoup plus pertinente. Personnellement, j’ai l’impression que depuis le début du quinquennat du Président Sarkozy, la fosse « socio-économique » qui sépare la France et l’Allemagne s’est élargie sensiblement, – oui, s’élargit de plus en plus au détriment de la France. Si les diverses équipes gouvernementales de Monsieur Sarkozy ont vraiment essayé de réduire l’écart socio-économiques entre les deux pays, ils étaient fort « malchanceux » – ou peut être n’ont-ils jamais vraiment tenté l’effort de réduire cet écart. Mais parfois les réalités sont beaucoup plus complexes – et c’est qu’en France on connait le« Wissenschaftsprekariat » allemand? Cette réalité allemande est très bien décrite dans l‘ Analyse « Enorm leidensfähig – Arbeitsbedingungen an Unis » dans la Zeit du 8.12.2011. Mais j’aimerais faire découvrir une autre réalité aux lecteurs de paysages. Il y a en France encore des domaines – où la France – en dehors de toute querelle politicienne – peut encore servir de modèle: par exemple la politique de la Défense de la Forêt contre les Incendies – la DFCI. C’est ainsi que depuis des années je propose un coursuniversitaire sur la DFCI où nous descendons avec une quinzaine d’étudiants allemands dans le Sud de la France pour nous informer sur cette Défense de la Forêt contre les incendies, pour participer à des chantiers de brûlage dirigé. Ce cours est monté grâce à l’aide d’Eric Rigolot de l’INRA Avignon et de Jean-Paul Baylac de la cellule feu de forêt de l’ONF 11. Ce cours, ou disons la politique de la DFCI française a une telle renommée un Allemagne, que le cours a déjà été couvert par une émission de radio (Deutschlandfunk – Feuerschutz mit Flammen en février 2006) et en 2011 nous avons été accompagnés par la commandante des pompiers de Schramberg Annette Melvin, qui craint les risques de feux de forets pour Schramberg et la Moyenne Forêt Noire. Donc dans le domaine de la défense de la Forêt contre l’incendie la France est un modèle incontestable. L’Allemagne par contre, a oublié son histoire de feux de forêts, – l’incendie meurtrier de la Lüneburger Heide est tous simplement tombé à l’oubli – a disparu de la mémoire collective. Concernant le cours 2012 « brulage dirigé » nous fûmes un peu victimes des aléatoires météorologiques : le grand froid qui régnait sur le Midi méditerranéen – froid exceptionnel qui provoqua le blocage du Port de Leucate par la glace, donc malheureusement nous n’ avons pas eu la chance de pouvoir participer à un chantier de brûlage dirigé. Mais nous avons quant même eu la chance de pouvoir visiter le centre de secours de Lézignan et le centre de secours de Leucate. Les étudiants étaient impressionnés par les moyens et le matériel mis à disposition de la DFCI. La plupart d’eux n’avaient jamais vu un CCF (Camion citerne feux de forêts) car une grande partie des unités de pompiers allemand ne dispose pas d’un tel matériel.
Je finis donc avec ce constat – à force de s’obstiner sur le fameux modèle allemand – on oublie parfois les réalités réelles qui se cachent derrière ces images et phantasmes de l’autre. En Allemagne il n’existe pas de DFCI digne de ce nom, et en France heureusement il n’y a pas de Wissenschaftsprekariat, – le fameux Dr. Hartz IV – ou Privatdozent Dr. Hartz IV est encore un illustre inconnu en France.
Il fait froid en Europe – et même en Afrique du Nord le froid sévit. Oui l’Afrique du Nord est sévèrement touchée même si les medias en Europe n’en parlent pas – situation dramatique dans la Wilaya de Tizi Ouzou en Algérie – beaucoup de neige aussi dans la délégation d’Aïn Draham en Tunisie. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois qu’il fait froid en Tunisie mon billet «De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka» est pris d’assaut. Et comme je l’écrivais dans la Blognotice 22.12.2011 «la faim et le froid sont un des dangers les plus redoutables pour une jeune démocratie, pour une société que se reconstruit». Mais aussi ici en Europe on subit les conséquences du froid. A Grünstadt – la piscine- tous temps – le fameux Allwetterbad Grünstadt – fut victime du grand froid et de l’incompétence des « édiles politiques locaux » (voir mon dernier billet (en allemand)). La nuit du mardi 7 au mercredi 8 février fut la nuit la plus froide de cet hiver à Grünstadt – avec – 18° – ce qui provoqua l’éclatement d’une partie de l’alimentation en eau de l’Hôpital. Et ces – 18 ° ont eu apparemment raison de mon petit Chamaerops humilis. On verra si au printemps il reprendra de la souche. Par contre mes trois Trachycarpus fortunei ont assez bien supporté cette vague de froid. Mais c’est dans le midi méditerranéen qu’on peut actuellement découvrir un des témoins les plus bizarres de cette vague de froid qui sévit en Europe et Afrique du Nord – l’Etang de Leucate partiellement gelé, – « la banquise » qui bloque le Port de Leucate. Le froid et la neige dans les Montagnes de l’Afrique du Nord, en réalité ceci est phénomène naturel qui se reproduit de temps en temps.
Mais voir le Port de Port Leucate bloqué par la glace, formant une sorte de banquise, cela est assez exceptionnel, un véritable événement centenaire. J’avoue n’avoir jamais vu cela, et je connais le site depuis plus de quarante ans !
Pendant que la neige couvre une bonne partie de l‘ Europe, semant souvent le chaos , – surtout en Allemagne où il y a eu des scènes tumultueuses à l’aéroport de Francfort – mes craintes formulées dans mon dernier billet concernant la situation en Cote d‘ Ivoire sont malheureusement en train de devenir une triste réalité. Mais ici en Europe c’est surtout la neige qui semble nous couper le souffle. Aéroports partiellement bloques, Autoroutes fermées pour cause de camions bloquant la chaussée – et en Allemagne même les chemins de Fer ont de grandes difficultés à maintenir le trafic. On pourrait croire que nous avions perdu tout simplement l’habitude d’un hiver normal comme les hivers de mon enfance en Forêt Noire. A en croire les commentaires de presse (en Allemagne et en France) on pourrait croire que nous sommes en face d’un véritable «Jahrhundertwinter – Hiver du siècle» – mais cela montre à quel point la mémoire collective est d’assez courte durée. Le dernier hiver assez long et relativement rude pour l’Allemagne ne date pas d’une vingtaine d’années – mais ce fut tout simplement le dernier hiver – l’hiver 2009-2010 – j’avais même écrit un petit billet sur cet hiver – l’Allemagne fatiguée de son hiver . Quelques mois d’été passent et tout est oublié. En ce qui concerne les Autoroutes bloquées par de longues files de camions, nos sociétés payent le prix du choix d’une société « tout camion » – et en ce qui concerne les difficultés des trains de la DB-Ag je me demande pourquoi les trains de mon enfance durant les hivers souvent plus rudes que ce que vivions en ce moment circulaient sans grands problèmes. Mais pendant cette période là- les aiguilles étaient encore chauffées pendant les hivers et il y avait aussi assez de personnel et de chasse-neiges à socs et rotatives pour faire circuler les trains pendant les périodes de fortes chutes de neige. Naturellement dans une société « 100% camion » on n‘ a naturellement plus besoin de telles précautions. Mais quand la neige arrive on paie l’addition. En moyenne Europe un hiver avec de la neige est tout à fait normal et n’a rien d’anodin.
Et tout cela va surement empirer avec les « Super Camions » – les fameux Jumbolaster ou Gigalaster– qui seront testés à partir de l’année prochaine en Allemagne. Il n’y a pas seulement de la neige en Europe en ce moment. Le blog paysages a subit un véritable assaut de visites grâce à l’article « De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka ». En observant ce rush vers ce billet – je me suis dit – il neige sûrement en Kroumirie en ce moment. Eh bien, oui, c‘ est ainsi – j‘ ai trouvé une dépêche de Agence Tunis Afrique Presse datée du 16.12.2010 « Jendouba sous la neige » – où on lis – je cite « JENDOUBA, 16 déc. 2010 (TAP) – La quantité de neige tombée, au cours des dernières 24 heures, sur les hauteurs de Ghardimaou, Balta Bouaouan et Fernana dans le gouvernorat de Jendouba est de 15 à 20 cm. » 20 cm c‘ est un peu plus qu’à Grünstadt en ce moment.
Les neiges tombent et sous leur blanc manteau le paysage devient silencieux. Très silencieux même sur certains événement – nous apprenons tant sur les révélations de wikileaks – mais quel silence sur l’éviction de Éric Fottorino du directoire du Monde. Ici et là quelques révélations ou réactions – mais jusqu’à présent je n’ai pas reçu une explication cohérente de l’événement. Les abonnés du Monde, les lecteurs du Monde, tous les lecteurs du Monde, ont le droit de savoir – de recevoir une explication cohérente pour comprendre ce qu’il se passe au sein de leurs journal. Je ne juge pas ,mais on aimerait tout simplement comprendre. Actuellement on a plutôt le sentiment que ce changement à la tète du Monde se perd sous le neiges hivernales.
A titre personnel j‘ appréciais les éditos de Fottorino – dernièrement L’amour de soi et la haine des autres – c‘ était je crois son dernier éditos avant la révocation datant du mercredi 15.12.2010. En plus, j‘ ai beaucoup aimé son avant dernier livre «L’Homme qui m’aimait tout bas » qui nous parle, comme je le fais ici dans cette petite notice sur les paysages tunisiens, parfois sur les paysages de Tunisie- et quelle coïncidence le 15.12.2010 le jour de la révocation de Éric Fottorino le blog «Enfin livre » – blog littéraire de Nicole Volle nous présente une très belle et chaleureuse critique du livre « L’Homme qui m’aimait tout bas » dont je cite la phrase concernant les paysages tunisiens « De sa Tunisie natale, il avait gardé le teint mat et l’amour du soleil, une certaine nostalgie aussi. ».
Et comme je parlais de voyage dans mon dernier billet – un voyage que j’aimerais bien faire – et cela en dehors de toute considérations professionnelle , c’est de revoir cette magnifique forêt de Kroumirie, de Chêne Zeen, de Chêne liège – et visiter le parc national de El Feija – parc national que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter. Par manque de photo de la Kroumirie couvert de manteau neigeux j’ai présenté comme photo d’introduction notre Chamaerops humilis – le doum de Grünstadt – couvert de neige. Pour les petits palmiers de chine (Trachycarpus fortunei) je ne crains pas trop – mais lui, le palmier nain – un vrai palmier méditerranéen, va-t-il survivre à cet hiver ? Dans les anciens textes phytosociologiques on nous présentait le palmier nain comme l’espèce thermomediterranéenne typique ne supportant guerre les fortes gelées, mais de nos jours la littérature horticole nous donne d’autres données. Albano écrit dans son livre sur la culture des palmiers «D’une façon générale, les premiers dégâts sur le feuilles sont observés entre – 9 C. et – 12 C, mais certaines plantes sont capables de supporter des gels brefs de – 15. (Albano 2002, 132) ». Dans « Winterharte Palmen », la véritable bible pour les amoureux de palmier de pleine terre en Moyenne Europe de Stähler & Spanner on trouve – 10 à – 13 C. (Stähler & Spanner 2007 155). Jusqu’àprésent le thermomètre ici à Grünstadt et la Unterhaardt n‘ est pas encore descendu en dessous de – 10.
Albano, P.-O. (2002) : La connaissance des palmiers. Culture et utilisation. Les principales espèces utiles et ornementales pour jardins tempérés et tropicaux. Aix – en- Provence, EDISUD, ISBN 2-85744-0303-5
Fottorino, Éric (2009) : L‘ Homme qui m‘ aimait tout bas. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-012463-3
Stähler, M, Spanner, T.W. (2007) : Winterharte Palmen. In Mitteleuropa erfolgreich auspflanzen, pflegen und überwintern. Medemia Verlag Berlin, ISBN 978-3-940033-01-7
Le vendredi 3.12.2010, le blog „paysages“ vient de dépasser le seuil des 40.000 visites. Je remercie mes lecteurs pour leur fidélité. Les six articles (seuil de 3 %) ayant jusqu‘ au vendredi 3.12.2010 reçu le plus de visites se retrouvent dans le tableau suivant.
La dernière blogostatistique, la blogostatistique 10.000 date du 23.11.2010. Au début du blog paysage j’étais tellement étonné que mes petites notices et billets étaient lus que je publiais une blogostatistique chaque fois qu‘ il dépassait le seuil d’un millier de lecteurs. Cet émerveillement est certainement passé, mais si je compare l’audience ou la fréquentation de mon blog avec mes articles scientifiques il est clair que mes articles scientifiques ne touchent qu’une dizaine de collègues intéressés par les feux de forêts et la dynamique de paysages méditerranéens. Je pense que le petit article que j‘ avais écrit avec quelques collègues sur le chantiers de feux dirigés en Forêt noire, – un article (Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage – observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire/Allemagne)) écrit en français, presque un article de littérature grise, est peut être l‘ article le plus lu (et cité) au niveau international. En écrivant ces phrases je pense que, vu le violent incendie qui fait fureur en Israël en ce moment, il faudrait peut être s’attaquer a écrire une écologie politique des incendies de forêt en Israël. Comment se fait il qu’un état qui possède une des armées les plus sophistiquées et certainement aussi une des plus redoutables ne semble pas du tout préparée à faire face à un incendie de forêt. Auraient -t- ils oublié qu’Israël fait partie des écosystèmes méditerranéens.
Revenons aux blogostatistiques – dans mes premiers blogostatistiques j’écrivais toujours quelques mots sur l’affaire Clotilde Reiss . Clotilde Reiss a été depuis heureusement libérée , mais l’affaire est revenue sur l’agenda avec les révélations de wikileaks . Ici on pourrait se demander qui profite vraiment des ces révélations. Heureusement que Madame Reiss a été libérée avant cette affaire wikileaks.
Il fait encore très froid ici à Grünstadt comme dans une grande partie du reste de l’Europe. Nous avons maintenant passé 5 jours d’hiver et des températures avoisinantes pendant la nuit les – 9 C. On parle tellement de ce début d’hiver , qu’on aurait tendance à perdre de vue les événements de terres lointaines. La situation en Côte d‘ Ivoire devient de plus en plus préoccupante – et ici en Allemagne on ne parle que de ce début d’hiver (Wintereinbruch), de Stuttgart 21, de Wikileaks et de l’attribution des coupes du monde du football 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. Peut être me trompé-je, mais vu les infos qui parviennent de Côte d‘ Ivoire, je crains vraiment le pire pour la Côte d‘ Ivoire.
Tramontane et soleil sont revenus sur les plages de Leucate – la tempête du 10 au 11.10.2010 est presque déjà oubliée. Il y a des voix qui disent que c’était la tempête la plus violente depuis 50 ans. Ils ont la mémoire courte.
Il y a eu la tempête du 12 au 13 novembre 1999 qui jeta le Danube Voyager sur la plage des Coussoules, la tempête du 16 au 17 décembre 1997 où on mesurait des rafales de vent de 180 km au Cap Leucate. Mais tout cela s’oublie très vite. Le seul événement qui semble s’être gravé dans la mémoire collective régionale est l’Aiguat de 1940 dans le Roussillon. Autrement tout souvenir de ces tempêtes et inondations semble avoir disparu de la mémoire collective. Si on considère que de nos jours Wikipedia reproduit dans un certain sens la mémoire collective, on ne sera pas trop surpris que même l’ inondation de Nîmes du 3 octobre 1988 n’ ait pas d’article dans la Wikipedia française, ni la tempête du 12 au 13 novembre 1999 dans l’ Aude et les départements avoisinants qui pourtant a laissé un bien lourd bilan de 19 morts ,l’ histoire du Danube Voyager qui fut jeté sur la plage des Coussoules entre la Franqui et Port la Nouvelle fut seulement une petite parenthèse pittoresque de cet événement tragique oublié de nos jours. Notons que l’événement du 12-13. Novembre 1999 est aussi le thème du livre remarquable de Freddy Vinet «Géographie des risques. Crues et inondations dans la France méditerranéenne. Les crues torrentielles des 12 et 13. novembre 1999».
Sources :
Vinet, F. (2003) : Géographie des risques. Crues et inondations dans la France méditerranéenne. Les crues torrentielles des 12 et 13. novembre 1999 (Aude, Tarn, Pyrénées – Orientales, Hérault). Nantes, Editions du Temps. ISBN 2-84274-252- 4.
La mer déferle sur la plage de Port Leucate . La tempête qui a déjà provoque des dégâts considérables en Algérie, en Catalogne a atteint depuis hier après- midi le Languedoc-Roussillon. L’Agly qui était presque à sec avant-hier est devenue un fleuve menaçant les habitations de la Salanque. Grande houle, forte mer, – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate. Je connais Port Leucate depuis plus de 40 ans, mais j’admets que je n’ai jamais vu cela. C’est vraiment un spectacle impressionnant – la mer qui monte jusqu’à la jetée, la promenade de la mer de Port Leucate, jusqu’ au Kyklos. Mais les habitués du coin me précisent que cela arrive assez souvent durant les tempêtes d’hiver. Cela me rappelle que j’ avais déjà écrit – (ici (en allemand) & ici) que je pensais que les submersions marines sur le lido séparant l’ étang de Leucate et la mer où se trouve les sites de Port Leucate et de Port Barcarès sont un risque naturel à prendre en considération. Cela s’est produit avant l’aménagement touristique du lido durant les années 1960, et je suis persuadé que cela se reproduira.
Suivent quelques photos sur la plage prises ce matin sur la plage de Port Leucate
Après deux semaines de vacances familiales à Port Leucate, retour à Grünstadt où je découvre que le carillon de l’église protestante St. Martin est encore muet. En fait, un coup de foudre avait eu raison d’un des rares carillons du palatinat le 6. Juin 2010. Depuis, les habitants de Grünstadt attendent la réparation du carillon avec impatience, – mais la communauté protestante de Grünstadt doit d‘ abord se consacrer à réparer la toiture de l’église qui a souffert de la tempête Xynthia. Mais le jour viendra, une fois la toiture réparée, où on pourra s’attaquer à la réparation du carillon de Grünstadt. Peut être l’automne entendra de nouveau le son du carillon. En fait j’avais cru pendant les deux semaines de vacances sur les rives de la méditerranée que le carillon de Grünstadt serait réparé pendant cette période de vacances – et que,de retour à Grünstadt, j’aurais pu à nouveau entendre le son familier du carillon qui baigne cette petite ville du palatinat dans un paysage de sons. Reste le bruit de l’autoroute qui par vent du Sud envahit la ville – et qui donne au paysages des notes plutôt désagréables.
Les vacances familiales à Port Leucate se sont bien passées. Beau temps, beaucoup de tramontane – deux orages – et parfois des Canadairs rechargeant leur réservoir d’eau dans l’étang de Leucate (De très belles photos de Canadairs rechargeant leur réservoirs d’eau se trouvent dans le billet Des canadairs pour Eric Woerth du blog le chasse-clou ). Pas de grands incendies de forêts dans les environs, sauf l’incendie dans le massif de la Clape . Vent, soleil et plage – et parfois des services de taxis pour la famille – pour les leçons de planches à voile, stage de cheval, courses à Perpignan. Petit sortie vers Port la Nouvelle faire voir les bateaux de commerce et les chemins de fers portuaires aux enfants. Cela me rappelle ma propre enfance – quand mon grand père Jean Migliori m’emmenait sur le port du Rhin à Strasbourg voir les grands chalands rhénans – ou m’amenait à la gare de la Franqui chercher ou déposer la famille qui venait en train à Leucate – car Port Leucate c’est une vielle histoire de famille qui débuta en 1968. Souvent c’était l’Oncle Jean Pierre qui arrivait en train – c’est lui qui me donna le goût de la lecture de la vie du rail que je lis encore de nos jours. Les installations ferroviaires de la gare de Leucate étaient plus importantes que de nos jours – deux voies d’évitement ,qui donne 4 voies, plusieurs voies de garage – et jusqu’en 1973 les locomotives à vapeur – les braves américaines, les 141 R. Mais tout cela est une histoire d’un autre temps.
Ces vacances d’été à Port Leucate se composèrent de quelques sorties qu’on ne trouve guère dans les guides. Croisières avec la belle Aude entre le Barcarès et Collioure. Ce petit voyage en mer (très houleux par temps de forte tramontane ) fait découvrir une rare partie de la côte languedocienne pas encore complètement bétonnée – la partie entre l’embouchure de l’Agly et du Têt.
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Autrefois royaume du Bordigou – on se demande combien de temps cette partie du littoral résistera à la littoralisation, la californisation, au bétonnage tout court. Autres visites qui ne se trouvent dans aucun guide : les chemins de la liberté dans la vallée de la Baillaury à Banyuls , ou le mémorial Walter Benjamin à Port Bou en Espagne. Peut être en parlerai-je dans un autre billet ultérieurement.
Une chose qui m’a particulièrement plû pendant ces vacances – c’était le premier anniversaire de la consécration de l’église St. Jacques de Port Leucate en présence de l’évêque Alain Planet. St. Jacques de Port Leucate est une église dont l‘ architecture qui me plaît particulièrement bien – et dont je parlais déjà ici : Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009) et ici « St. Jacques de Port de Leucate – au clair de la lune de mai 2010». Surtout l’ensemble carillon, nefs de l’église – et les vergers d’olivier -forment un paysage très spécifique. Notons aussi puisque nous parlons de carillon que le Carillon de St. Jacques de Port Leucate est un des rares carillons dans le midi méditerranéen.
Pas beaucoup de temps de lecture. Quelques chapitres dans Luc Guerre « Leucate – histoire de mon village » – livre dont je parlai un peu dans « Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village» – et lecture très intensive de „La France a un problème avec la Bible“ dans la RDL – J‘ aurais bien aimer avoir le temps de lire « Les cornes de Moïse. Faire entrer la Bible dans l’histoire » – car La France a un problème avec la Bible m’a beaucoup donné envie de lire ce livre. Mais jusqu’à présent je n’ai pas encore eu l’occasion de le faire.
Lecture : cela fut pendant les vacances la lecture du monde version papier – et même si je suis abonné à la version électronique -J’aime bien lire pendant les périodes de temps la version traditionnelle sur papier du Monde. Je pense que le Monde devrait même pour ses lecteurs à l’étranger proposer un abonnement version électronique + Version Week End élargie contenant le monde du vendredi + le monde des livres, le Monde du Samedi + le Monde Magazine + le Monde du Dimanche. Peut être le jour viendra-t-il où les services d’abonnement du Monde proposeront une telle version d’abonnement pour ses fidèles lecteurs vivant hors du territoire français.
Je fus ému, attristé et choqué par la fin tragique et brutale de Michel Germaneau. Michel Germaneau essayait de faire parvenir de l’aide humanitaire dans un des pays les plus pauvres de la planète : le Niger, qui une fois de plus menacé par une famine. Au moins peut être les quelques observateurs politiques qui s’intéressent encore à l‘ Afrique noire francophone comprendront-ils que le « Sahel » pourrait devenir la nouvelle proie d’Al Quida ?
Mais c’est grâce à la lecture intensive du Monde version papier traditionnelle durant mes deux semaines de vacances à Port Leucate que je découvre une France de plus en plus dans le doute, sans réel repère républicain, un gouvernement ébranlé par les scandales (Karachi, Bettencourt), qui cherche son salut dans un discours que je qualifierais de « pseudo-sécuritaire » et de « bouc émissaire ». Pseudo -sécuritaire car la déchéance potentielle de la nationalité pour les « Intensivstrafttäter » issus de l’immigration – les concernés s’en moquent totalement ,ils vivent déjà dans un autre univers. Cela ne résoudra certainement pas le problème de l’insécurité grandissant dans les grandes agglomérations urbaines , qui sera certainement un des grands défis pour les grandes démocraties européennes – car c’est un problème européen, problème qui est aussi en train de s’élargir en Allemagne.
Le succès du livre de la défunte juge pour adolescents Kirsten Heisig « Das Ende de Geduld – Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter » – le livre s’empara de la sortie de la première édition la premier place de la Spiegel Bestsellerliste (Spiegel Bestellerliste 32/10 Hardcover). Le problème défie nos sociétés et malheureusement les solutions simples n’existent pas. L‘ objectif primaire de cette campagne publicitaire – car c‘ est ainsi que je la perçois- a été largement atteint : le gouvernement gagne quelques points favorables dans l‘ opinion publique (voire les résultats de divers sondages), les affaires Bettencourt & Karachi tombent presque dans l‘ oubli médiatique ( voir aussi le commentaire de TKT du 10.8.2010 23 :07 dans Pour saluer Tony Judt de la RDL «Avez vous remarqué que les propos de Grenoble de N. Sarkozy et le surenchérissement d’Hortefeux, ont fait taire les médias sur l’affaire Bettencourt-Bettencourt? Les médias ont besoin d’un sujet du jour, il faut bien vendre, c’est légitime. Je préférais le haro sur Woerth, que les propos débiles, peut-être même dangereux, sur la nationalité qui se retirerait comme on retire une couette. «) l’affaire est gagnée. Mais l’insécurité dans les banlieues chaudes ne changera pas d’un jota. Comme je l‘ ait déjà écrit dans « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010)» ,si ,en particulier en France, on ne trouve pas bientôt des réponses au problème de l’insécurité dans les banlieues – nous risquerons bientôt de nous trouver en face de situation mexicaine , où la drogue et la violence sèment la gangrène surtout les classes moyennes. Malheureusement ni le gouvernement de Monsieur Sarkozy ni l’opposition de gauche en France (même situation en Allemagne) ne se sont lancés dans une vraie discussion de fonds, une vraie recherche de solution valable et praticable sur le terrain. Peut -être devrait-on conseiller à l’oreille et la plume de Monsieur Sarkozy Henri Guaino à condition qu’il maîtrise l’allemand la lecture « das Ende der Geduld ».
Mais ce que j‘ ai aussi découvert en revenant de mes vacances, que ce virage « pseudo-sécuritaire », cette direction et la vitesse qu’elle a pris suggère qu‘ on voudrait bien doubler le FN sur certaines positions pour gagner quelques voix électorales de plus – ceci n‘ a provoqué dans les medias allemands aucune réaction, à l‘ exception d‘ un commentaire très engagé de Gerow von Randow «Sarkozy rückt mit repressiver Rhetorik nach rechts » -. Ma réponse à ce vide médiatique concernant la dérive « pseudo-sécuritaire » de la politique intérieure française en Allemagne est le sujet du billet « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) – òu j‘ ai inclus le titre de l‘ éditorial du New York Times du 5.8.2010 – éditorial que j‘ approuvé à 100 % ! Ajoutons que Stefan Simons du Spiegel publiait aujourd’hui (13.8) un commentaire intéressant sur les événements de la politique intérieure française sous le titre « Sommertheater à la Sarkozy » – et Simons a bien raison – il s‘ agit vraiment d‘ un vraie « Sommertheater » !
Il me reste quelque jours de paisibles vacances à Grünstadt, – si le soleil veut bien revenir il me reste encore du temps pour quelques randonnées en Forêt Noire, sur le Haardtrand, – quelques lectures , les deux derniers billets de la RDL «On peut aimer deux pères» sur le nouveau livre d‘ Eric Fottorino et « pour saluer Tony Judt» un billet de nécrologie sur Tony Judt m‘ ont particulièrement bien plu. Dans ce contexte le lecteur maîtrisant l’allemand découvrira l’interview de Tony Judt avec Jörg Lau « Wir brauchen eine ethische Weltsicht » de la Zeit – cet interview fut enregistré quelques jours avant le décès de Tony Judt.
Et peut- être trouverai-je aussi le temps et le repos nécessaire pour pouvoir enfin lire un livre entier. La lecture de « l’homme qui m’aimait tous bas » de Eric Fottorino durant mon long congé de maladie après mon accident de mai 2009 m’avait particulièrement bien plu – et la lecture de « On peut aimer deux pères m’a donné aussi envie de lire « Questions à mon père ». Notons que ce fut cet accident de mai 2009 – et la longue période de reconvalescence qui donna naissance à ce blog (les dépêches du grand bouleau )- et après tout jusqu’à présent le blog (et son auteur) se portent bien.
Jeudi prochain , c’est la rentrée pour l’auteur du blog paysages . finis les temps libres de lectures et de l’écriture de longs billet de blogs. Après la rentrée, le carillon de la Martinskirche de Grünstadt résonnera -t- il peut -être à nouveau dans les rues et ruelles de Grünstadt, sur les vignobles et paysages de la Unterhaardt.
Livres et sources cités :
Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3
Heisig, Kirsten (2010) : Das Ende der Geduld. Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter. Freiburg (Herder), ISBN 978-3-451-30204-6
Durant la saison d’été (2010) il y a trois journées de marché à Leucate Village. Les dimanche, mardi et vendredi matin durant l’été sous la statue de Françoise de Cezelly et dans la rue de l‘ église nous trouvons un marché méditerranéen bien animé et bien fréquenté. Quel contraste avec l’image décrite dans Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009). Je ne sais pas comment on définit la saison d’été à Leucate – (15.7 – 30.8 ? ) – mais pendant cette période estivale le marché de Leucate mérite certainement la visite.
On y trouve les produits du terroir, produits bios, fromages et charcuteries locales et régionales. Les cafés sur la place de la république ont leurs terrasses ouvertes, la petite place de marché sous le regard de Françoise de Cezelly est pleine de vie. La libraire Adamus pleine à craquer. Dans cette librairie pleine à craquer j’ai aussi par hasard trouvé le premier volume 1. Karl de la trilogie de BD de Arroyo–Hiron« le paquebot des sables ». Notons en passant que l’article Le Paquebot des sables (bande dessinée) de wikipedia.fr mériterait une révision complète car le contenu est plutôt maigre. Dans la librairie Adamus on trouve aussi une petite histoire de Leucate écrite par Luc Guerre. Le livre de Luc Guerre (Leucate – Histoire de mon village) peut être une lecture intéressante pour tout lecteur vacancier (et autres) intéressé par l’histoire de son lieu de vacances et de villégiature.
Livres cités :
Arroyo-Hiron (2004) : Le paquebot des sables. 1. Karl. Joker Editions, Bruxelles, ISBN 2-87265-267-1
Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3
Dans les régions des religions du livre – là où l’homme taille le paysage comme le tailleur de pierres taille la pierre ,les lieux de cultes , que ce soit église, mosquée ou synagogue marquent les paysages d’une manière très spéciale : l’hommen, en vénérant son dieu , prend possession du paysage d’une manière éternelle. C’est le dernier pas du processus de transformation du paysage sauvage en paysage humanisé, la Kulturlandschaft (fr. paysage culturel, en. Cultural landscape) pour employer ce terme issu de la géographie allemande.
Un des paysages qui fut jusqu’au début des années 1960 un des plus sauvages de France était le lido entre Leucate Plage et le Barcarès – j‘ en parlais déjà dans « Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009) » , cordon dunaire séparant la mer ouverte avec l‘ étang de Leucate – troué par des graus permanents et épisodiques , cordon dunaire toujours en proie à des submersions marines répétées . Sur ce lido se trouvent de nos jours les nouvelles stations touristiques de Port Barcarès et de Port Leucate. A Port Leucate depuis quelques mois déjà ,une nouvelle église a vu le jour – St. Jacques de Port Leucate – (j’en parlais aussi ici ) – signalant ainsi que l’homme a pris possession du paysage – et a ainsi transformé la côte sauvage en paysage humanisé.
Ayant assez souvent un appareil de photo sur moi, que ce soit pour des voyages professionnels ou personnels ,j’eus l’occasion en revenant d’un meeting avec les étudiants durant le LÖP SS 2009 Leucate de découvrir le carillon de St. Jacques de Port Leucate baignant dans les lumières d’un clair de lune dans un ciel où la tramontane balaye les sombres nuages nocturnes vers la mer. Je fis donc deux séries de photos- une série avec un vieux reflex Minolta 7000 utilisant un Kodachrome C- 64 (le film de diapositives dont je parlais ici) mais que je n’ai pas encore fait développer ,et une autre avec un petit revue DC80sz (emprunté à ma mére) en mode manuel dont une des photos est utilisée pour illustrer ce petit billet.
C’est tout simplement une belle photo – le carillon de St. Jacques illuminé par le clair de lune de la fin mai 2010 – photo et paysage que j’aimerais partager avec les lecteurs du blog paysages.
Am Freitag den 14.5.2010 sendet Arte den franco-tunesischen FernsehfilmVilla Jasmin. Filmvorlage des vom tunesischen Regisseur Férid Boughedir gedrehten Fernsehfilm ist der gleichnamige Roman von Serge Moati. Ich habe sowohl den Roman von Serge Moati gelesen als auch den Fernsehfilm von Férid Boughedir schon gesehen und darüber schon vor fast über einem Jahr einen längeren französischsprachigen Blogbeitrag „Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir“ über Film und Buch geschrieben. Der Film beschreibt die Zeitreise Serge Boccara jun. nach Tunis, Serge der dort nach den Wurzeln seiner franco-tunesischen-jüdischen Vergangheit sucht – und der dort auch versucht die Erinnerung an seinen zu früh verstorbenen Vater Serge wiederzubeleben. Der Film von Boughedir ist eine relativ freie Adaption des autobiographischen Romanes von Serge Moati – das fängt schon mit den Hauptpersonen an – die im Film nicht Moati sondern Boccara (Serge und Odette Boccara) heißen. Der Film ist bestimmt keine cineanistische Meisterleistung, aber er gibt ganz gut die Stimmung in Tunis während der deutschen Besatzung im 2. Weltkrieg wieder. Weiterhin und deshalb ist der Film schon sehenswert – der Film gibt die Farben und Lichtspiele im sommerlichen Tunis und des Golf von Tunis hervorragend wieder. In diesem Sinne ist der Film in der Tradition der Meisterwerke von Férid Boughedir wie z.b. Un été à La Goulette ein Streifzug durch la Goulette, Sidi Bou Said und la Marsa.
Der Film ist eine sehr freie Adaption der Romanvorlage und wie ich es schon in Villa Jasmin schrieb leidet der Film etwas darunter, dass so wichtige Charaktere wie der Sonderbeauftragte beim Afrikakorps Dr. Rahn oder der zwielichtige Georges Guilbaud im Film kaum ausdifferenziert dargestellt werden, ja dass diesen Figuren nicht der nötige Raum im Film zugestanden wird. Beide waren ja nicht nur wichtige Figuren in Moatis Roman und sondern wahrlich zentrale historische Figuren im Tunesien des II Weltkrieg. Weiterhin störend empfand ich, wie schon auch in Villa Jasmin beschrieben, – dass die sozialistische Verve von Serge sen. in meinen Augen im Film kaum richtig zu Geltung kommt. Dennoch denke ich, dass Villa Jasmin ein durchaus sehenswerter Fernsehfilm ist.
Wer mehr über die Welt des tunesischen Judentums von 1903 bis ca. 1957 wissen möchte der sollte unbedingt die gleichnamige Romanvorlage von Serge Moati lesen. 1903 – 1957 das sind die 54 Lebensjahre von Serge Moati sen., des Vaters von Serge Moati jun., – diese 54 Lebensjahre sind der Haupterzählstrang des Romanes Villa Jasmin. Es ist bestimmt keine einfache Urlaubslektüre für den Badestrand und deshalb ist auch nicht anzunehmen, dass das Buch jemals ins Deutsche übersetzt werden wird. Soweit man über genügend Französischkenntnisse verfügt und man sich für die rezente Geschichte des nordafrikanischen Judentums interessiert taucht man in eine versunkene Welt von einheimischen und von toskanischen den sogenannten Livournais, sephardischen Juden aus der Toskana – und damit ist der Roman von Moati vor allem ein Roman von Heimatverlust – denn von der Welt des nordafrikanischen Judentums und hier insbesondere der sehr spezifischen Welt und Kultur des arabo-tunesischen Judentums ist nicht mehr sehr viel übrig geblieben ist. So erfährt man u.a., dass das aus der Toskana eingewanderte sephardische Judentum die sogenannten Granas (les chics) und die einheimischen tunesischen Juden den Twânsa (les pas chics) die für sich eine fast 2000 Jahre während Geschichte auf tunesischen Boden beanspruchten zwei relativ unabhängig von einander existierende Lebenswelten darstellten die u.a. auch kaum miteinander kommunizierten.
Darüber hinaus ist der Roman eine autobiographische Auseinandersetzung mit dem frühen Verlust der Eltern, denn Henry Moati so hieß der Romanautor Serge Moati ursprünglich, nahm den Namen seines Vaters des sozialistischen Journalisten und späteren Resistancekämpfers Serge Moati, an. Im doppelten Sinne also ein Roman über Heimatverlust. Der Roman beschreibt die versunkene Welt des sephardischen Judentums (im weitesten Sinn) im Tunesien der Zwischenkriegszeit und während des zweiten Weltkrieges – und deren Sprachwelten (Ladino, judoeo-arabisch, italienisch, maltesisch und französisch), sowie deren Emanzipationsträume – Emanzipationsträume die heißen Emanzipation durch Teilnahme an der francophonen laizistischen Kultur der III. französischen Republik, und damit für Serge Moati den sozialistischen Traum einer laizistischen französischen Republik, einer Welt ohne Ungerechtigkeiten und Rassenschranken, träumend. Die untergegange Welt des sephardischen Judentums Tunesiens ohne die sozialistischen Träume des Serge Moati sen. finden sich übrigens auch im literarischen Werk von Serge Moatis jun. Schwester der Schriftstellerin Nine Moati wieder. Und auch in ihrem Romanwerk (wie z.b. in les belles de Tunis ) geht es im wesentlichen wieder um die Schlüsselfrage Aufstieg und Partizipation des nordafrikanischen Judentum durch Bildung und Spracherwerb, sprich dem Erwerb der französischen Sprache und dadurch den Erwerb der französischen Staatsbürgerschaft. Denn im französischen Protektorat Tunesien galten im Gegensatz zu Algerien welches ja damals zum französischen Staatsgebiet gehörten das „Décret Crémieux“ welches die algerischen Juden zu französischen Staatsbürger erklärten, nicht. Die Welt die Serge Moati in seinem Roman Villa Jasmin beschreibt – das franco-jüdische Tunesien von ca. 1920 bis zur Unabhängkeit Tunesien – ist zwar verschwunden – aber der Traum den die franko-jüdischen Tunesier damals träumten, diesen Traum, der im Roman Moatis mit vielen sozialistischen Illusionen erzählt wird, dieser Traum lebt in Tunesien, und nicht nur in Tunesien, sondern in ganz Nordafrika fort, es ist der Traum der Harragas die von einem besseren Leben in Europa träumen.
Und weiterhin ist das Buch von Serge Moati auch eine Liebesgeschichte – es ist die wahre Liebesgeschichte von Serge und Odette. Eine Liebesgeschichte die die unsichtbaren Schranken zwischen den Toscan (den sephardischen eingewanderten Juden) und den einheimischen Juden, den Twânsa überwindet – und damit auch Klassengegensätze einschleift – die Geschichte einer Liebe die allen Widrigkeiten des Lebens stand hält – und die erst der frühe Tod der Liebenden im Jahre 1957 beendet.