Blognotice 11.01.2022 : les liens perdus du blog paysages

En postant mon dernier billet, – une rétrospective sur les billets de paysage les plus visités en 2021, – je découvre, que une très grande partie des liens des « articles  & billets » publies durant la décennies ou « paysages » fut un Blog abonné le Monde semble avoir disparu[1], ou disons menant au néant. Ca va être très dure ou même impossible de « restaurer » tous ces liens morts. Donc après avoir « perdu » une très grande partie des images pendant le transfert des blogs abonnées Le Monde.fr, dont entre-temps j’ai au moins partiellement réussi de les restaurer, – donc je me vois confronté au fait de la disparition d’un grand nombre de liens des articles publiés durant les années le Monde.fr. . Il me reste le constant « amer » que le transfert depuis les blogs le Monde.fr sur wordpress.com, –  était et est plutôt une chose compliqué. Chose compliquée, parsemé d’obstacles et de déceptions !

Photo : Paysages de éoliennes à l’est de Grünstadt, © Christophe Neff 31.12.2021

Photo : Paysages de éoliennes à l’est de Grünstadt, © Christophe Neff 31.12.2021

Christophe Neff, 11.01.2022


[1] Voir aussi:  « La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr », « La fin du blog paysages sur les blogs LeMonde.fr – Das Ende des Blog « paysages » auf den Blogs von Le Monde.fr », « Nouveau départ pour le blog paysages », « Paysages – douzième année d’existence sur la toile donc déjà deux ans sur wordpress.com (billet trilingues français, allemand, anglais) ».

Memorial – les forêts de Carélie n’oublieront jamais les âmes perdues des « zaklioutchonny kanaloarmeets », les détenus-combattants du Belomorkanal

L’annonce de la dissolution de Memorial International par la Cour suprême de Russie le mardi 28. Decembre 2021 ne m’a pas trop surpris ! C’était malheureusement plus que prévisible ! L’évolution de la Russie vers un régime autoritaire a débuté depuis fort longtemps, – j’avais déjà décrit le début de ce processus dans « De Dostoïevski à Mikhaïl Khodorkovski » en décembre 2013. Mais avec la dissolution de « Memorial » un nouveau pas envers un état autoritaire pur et dur, voir une véritable dictature est entamé[1] ! Cette volonté affiche du pouvoir russe de vouloir contrôler la mémoire collective des années staliniennes, me rappelle des sinistres souvenirs. Quel que soit le but du Président Poutine et de son cercle intérieur, le souvenir des  morts de la terreur bolchevik repose éternellement dans les forêts de Carélie, dans les fonds glacés du Belomorkanal, dans les paysages froids de la Kolyma ! Les  âmes des « zaklioutchonny kanaloarmeets » les détenus-combattants du canal ne seront jamais oubliées ….. [2]

Le souvenir des « zaklioutchonny kanaloarmeets » on peut le retrouver dans le livre « les eaux glacées du Belomorkanal » de Anne Brunswic déjà publié en 2009 – et qui vue ce qui ce passe en Russie actuellement une (ré) lecture attentive. Et naturellement le livre « Sandormokh – le livre noire d’un lieu de mémoire » de Irina Flige, – traduit du russe par Nicolas Werth. Le souvenir de Sandarmokh, des exécutions de masse dans la forêt de Sandarmok, ne disparaitra plus du monde libre, grâce au livre d’Irina Flige. Les deux livres mériteraient sûrement une traduction en allemand et anglais. Car eux aussi sont des lieux de « mémoire » virtuelle, des témoignages sur le souvenir des crimes commis en Russie pendant la période soviétique.

Je pense que « Memorial » va faire appel du jugement de la Cour suprême russe, – donc le dernier mot ne peut être pas encore prononcé! Il reste donc un petit infime luron d’espoir ! Mais personnellement je ne suis pas très optimiste!

J’ai écrit ce petit billet de blog le soir du 29. Décembre 2021 pour que les « zaklioutchonny kanaloarmeets », les détenus-combattants du Belomorkanal et tous les autres « Zek/Zeka » ne tombent pas dans l’oubli et en remercient l’organisation « Memorial » d’avoir donné un nom et un visage a ces milliers de victimes des purges staliniennes & soviétiques, mort  par épuisement, fatigue, de faim, de nostalgie du pays dans le froid du grand nord, et assez souvent aussi assassinés par milliers par des pelletons d’exécutions comme dans la forêt de Sandarmokh en Carélie !

Livres & ouvrages citées :

Brunswic, Anne (2009): Les eaux glacées du Belomorkanal. Arles, Actes Sud. ISBN 978-2-7427-8214-7

Flige, Irina (2021) : Sandormokh. Le livre noire d’un lieu de Mémoire. Traduit du russe par Nicolas Werth. Deuxieme tirage. Titre original: Sandormokh, Dramaturgia smyslov. Paris, Société d’édition des belles lettres, ISBN 978-2-251-45129-9

Christophe Neff, écrit le 29.12.2021, publie le 30.12.2021


[1] Voir aussi: « L’ONG russe Memorial liquidée, la mémoire verrouillée » , Éditorial du Monde 29.12.2021.

[2] J’ai utilisé une partie de ce passage dans les contributions du Monde. « Merci pour l’editorial ! Les forêts de Carélie n’oublieront jamais les sanglots silencieux des victimes des purges soviétiques ! Quel que soit le but du Président Poutine (et de ses amis ici dans les contributions), le souvenir des morts de la terreur bolchevik repose éternellement dans les forêts de Carélie, dans les fonds glacés du Belomorkanal, dans les paysages froid de la Kolyma ! Les âmes des « zaklioutchonny kanaloarmeets » ne seront jamais oubliées ….. » dans les contributions des lecteurs du Monde de l’editorial « L’ONG russe Memorial liquidée, la mémoire verrouillée » du 29.12.2021 et aussi dans les contributions de l’article «  En Russie, la dissolution de l’ONG Memorial marque l’ampleur du recul démocratique de l’ère Poutine La fin de la plus connue des associations de défense des droits de l’homme russes, gardienne de la mémoire des victimes de la terreur stalinienne, a été prononcée par la Cour suprême, mardi. Par Par Isabelle Mandraud et Benoît Vitkine(Moscou, correspondant) (29.12.2021) ».

Les premières neiges de l‘hiver 2021/22 arrivent à Grünstadt durant la journée du lundi 29.11.2021

„petit soleil avec tache de neige, Grünstadter Berg„, © Christophe Neff 29.11.2021

Les premières neiges de l‘hiver 2021/22 arrivent à Grünstadt durant la journée du lundi 29 novembre 2021. Mais ce fut que quelques flocons ici et là. Décidément la Unterhaardt n’est pas un pays de neige, elle porte à juste titre le nom « Toskana Deutschlands (la toscane allemande) ». Les photos, prisent ce matin pendant mon « jogging matinale » sur le Grünstadter Berg, montrent quelques minuscules petites taches de neige sur les champs, prés et vignobles du Grünstadter Berg.

Pour finir ce petit billet de neige  –  je rappelle ici les dates des premières chutes de neiges à Grünstadt depuis 2009 – 2009 dans la nuit du 12 au 13 décembre 2009, en  2010 vers la fin novembre, en 2011 le 18.12.2011,  en 2012  le 27.10.2012 , L’hiver 2013-2014 fut un hiver sans neige à Grünstadt, en 2015  le 14 Octobre 2015, durant l’hiver 2016/2017 les premiers neiges apparaissait le 2 janvier 2017, pour l’hiver 2017/18 c’était le 4 décembre, et durant le dernier hiver, l’hiver 2019/18 la nuit du 15 au décembre 2018 apportait les premiers neiges arrivait à Grünstadt. Les premières neiges de l’hiver 2019/2020 arrivaient très tardivement le 27.02.2020 et ces neiges tardives recouvraient les vignobles de la Unterhaardt pendant plusieurs jours. Durant l’hiver 2020/21 la neige arrivá à Grünstadt durant la durant la nuit du 30 novembre au 1 décembre 2020.

„petites taches de neiges sur les champs du Grünstadter Berg“, © Christophe Neff 29.11.2021
le Grünstadter Berg fin Novembre 2021, vue sur la ville de Grünstadt et la plaine du Rhin, © Christophe Neff 29.11.2021

Photos : alle/toutes  © Christophe Neff 29.11.2021

Grünstadt, 29.11.2021

C’est si bon de « redécouvrir » « Yves Montand » avec Katharina Eickhoff

Katharina Eickhoff est certainement un des bijoux de la radio culturelle allemande, – j’ai l’ai découverte il y déjà fort longtemps en écoutant en 2008 l’émission «  „La Ville Lumière“ vor und nach der Okkupation (La ville lumière pendant et après l’occupation)[1] » ou elle présentait au publique de la chaine culturelle allemande SWR2 l’histoire « du chant de partisan » ou « l’affiche rouge ». Je me souviens encore très bien comme elle expliquait l’histoire du groupe Manouchian, la genèse du poème « Strophes pour se souvenir » et puis la voix de Léo Ferré qui résonnait par les hauts parleurs de l’autoradio pendant qui je traversais le vignoble du palatinat[2].

Pendant la semaine du 18 au 22 octobre 2021 la radio culturelle SWR 2 , chaque matin entre 9 :05 et 10:00, émettait l’émission « Yves Montand zum 100. Geburtstag (1–5)  (pour le 100 ieme anniversaire d’Yves Montand )» produite et présente par avec Katharina Eickhoff. 275 minutes de chanson d’Yves Montand commente par Katharina Eickhoff. On y rencontre pas seulement Yves Montand,  – mais c’est aussi une émission qui nous rappelle tous et toutes qui ont croisé, accompagné le chemin de Yves Montand, – Edith Piaf, Simone Signoret, Norbert Glanzberg, Jacques Prévert, Joseph Kosma, Jorge Semprun pour citer seulement quelques noms. L’émission débuta (1/5) et finit (5/5) avec les feuilles mortes chanté par Yves Montand[3].

L’émission complète est encore audible sur le site du SWR 2 pendant un an, – c’est à dire jusqu’en octobre 2022. En plus on y trouve une transcription de l’émission (Alle Folgen der Reihe zum Nachlesen). L’émission, – où les cinq parties de l’émission radio  consacrées au 100ieme anniversaire de Yves Montand est certainement un des chefs d’œuvre de la radio culturelle allemande. C’est pour des émissions de ce type, que je paie volontiers ma redevance radiotélévision, – qui en Allemagne est un peu plus de 200 euro par an, – car je ne regarde presque plus de télévision, – en ce moment nous n’avons même pas un poste de télévision qui fonctionne. Sauf peut-être quelques émissions sur Arte la télévision me manque guerre.  Par contre je suis un grand « aficionado » de la radio, surtout de chaines culturelles comme SWR2 ou Deutschlandfunk.

Pour finir encore quelques « souvenirs et impressions personnelles ». Des feuilles mortes interprétés par Yves Montand j’en ai déjà parlé dans un de mes premiers post de blog de paysages, – tout au début de cette aventure, ou paysages était encore un blog le Monde.fr  dans la contribution « Mannemer Dreck- traumhafte Zeiten – eine autobiographische Zeitreise mit Musikbegleitung nach Mannheim ». Les feuilles mortes c’était aussi la fin de l’émission  de Katharina Eickhoff dont j’ai consacré ce billet. J’ai écouté cette fin de l’émission en traversant la belle forêt de chêne parsemé de Pins sylvestre entre Böhl-Ingelheim et Spire. Une très belle forêt, presque méditerranéene qui pousse sur les sables des dunes intérieures –il suffit d’y fermer les yeux – et de remplacer les chênes sessiles  et rouvre par de chênes pubescents et de chênes lièges et les pins sylvestres par des pins parasol et on s’y croirait dans une forêt méditerranne. Je traversais cette très belle forêt, des feuilles de chênes reflétaient les lumières automnales tombant sur la chaussée goudronnée …..

« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Tu vois, je n’ai pas oublié

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Les souvenirs et les regrets aussi

Et le vent du Nord les emporte

Dans la nuit froide de l’oubli

Tu vois, je n’ai pas oublié 

La chanson que tu me chantais »

Plus que trente ans en arrière, –  à Mannheim-Neckarau – « Jo » fêtait son anniversaire dans son appartement à Neckarau. J’arrivai avec un de mes amis dans une vielle golf verte, – un cheval galopait devant les cheminées du « Grosskraftwerk Mannheim ». Le printemps arrivait. Jo avait un piano dans son appartement et après avoir gouté un petit apéro ensemble, –   Jo se mettait au piano – jouant les premiers notes de « Autumn Leaves » et je suivais en chantant[4].

The falling leaves drift by the window

The autumn leaves of red and gold

I see your lips, the summer kisses

The sun-burned hands I used to hold[5]

Christophe Neff, écrit pendant la dernière semaine d’Octobre 2021, publié le 29.10.2021 à Grünstadt

P.S. : On trouvera à partir du 29 octobre un coffret cd « Yves Montand 100 ieme anniversaire » avec 12 cd réunissant 298 titres édité par Mercury.


[1] Malheuresement ont ne trouve que des vestiges de cette emission, – comme par example la  premiere emission de la serie « Schatten über Paris (1) ».

[2] Ce fut dans la partie „Schatten über Paris – „Schatten über Paris – „La Ville Lumière“ vor und nach der Okkupation (4) » – une transcription de l’emission se retrouve ici !

[3] On trouve aussi une tres belle compilation des chanson de Montand sur franceinfo culture « Centenaire d’Yves Montand : du „Far West“ à „La bicyclette“, retour sur ses dix chansons cultes »

[4] Plus de détails sur mes années étudiantes à Mannheim, voir  « Mannemer Dreck- traumhafte Zeiten – eine autobiographische Zeitreise mit Musikbegleitung nach Mannheim (en allemand)»

[5] « Automn leaves » est l’adaptation anglaise des «  le feuilles mortes » écrit par  Johnny Mercer en 1949.

Pour saluer Martin Graff/Erinnerungen an den Gedankenschmuggler Martin Graff

Sous le titre « Auf Wolkengang »[1] Dagmar Gilcher a écrit une mémorable nécrologie dans la Rheinpfalz pour Martin Graff qui vient de décéder à Soutlzeren dans son domicile le mercredi 4 aout[2]. Die Rheinpfalz, widmet ihm dem Autor der Zungenknoten, eine ganze Erinnerungsseite in der Wochenendausgabe des siebten August 2021. J’ai rencontré Martin Graff pour la première fois dans le costume du réformateur Jean Geiler de Kaysersberg survolant l’Alsace en Montgolfière au début des années 1990. Et depuis je suivais ses pérégrinations alsaciennes, franco-allemandes, européennes. En français, auf Hochdeutsch und auf elsässisch. Parfois même j’ai commenté ses „Zungenknoten“ paru dans la Rheinpfalz, dans paysages wie beispielsweise in „Dixit Martin Graff dans les Zungenknoten du 20.02.2016: „Nicht an allem ist Frau Merkel schuld /non Madame Merkel n’est pas coupable pour tous[3]. Im Sinne von Sprache ist die einzige Heimat, – hatte Graff, – wie ich auch selbst mehrere Heimaten. Also nicht einzig und alleine die deutsche Sprache wie beim in Paris lebenden Publizisten Stefan Troller sondern das Französische und das Deutsche[4]. Wahrscheinlich war es diese Mehrsprachigkeit die mich so mit Martin Graff verband und über den Tod hinaus verbindet. Ma langue maternelle c’est le français, c’est un fait indéniable, et les faits sont têtus, aber meine Zweitsprache war und ist das Deutsch, obwohl es natürlich längst meine Erstsprache geworden ist. Mein Deutsch das war eigentlich das Schramberger Schwäbisch, – in seiner Sulgener Ausprägung[5]. Also soweit ich weiß genau umgekehrt wie bei Martin Graff, seine Muttersprache war das in den Südvogesen gesprochen sehr alemannisch gefärbte Elsässisch des Münstertals . Aber die kindliche Mehrsprachigkeit umfasste in meiner Kindheit auch die italo-romagnolische Dialektausprägung des italienischen , – pour comprendre le „nonno[6]“ – mon arrière-grand-père franco-italien il fallait bien que j’apprenne quelque notions de romagnol. Car pour suivre les récits de voyage du « Nonno » à travers la naissance de l’Italie et l’immigration italien dans le Pays Haut et à Hussigny – j’étais bien obligé de comprendre le romagnol. Le « Nonno » parlait ni l’italien, ni le français –  non il parlait un curieux mélange de italo-romagnol et de français – une sorte de langue qu’on parlait à Hussigny-Godbrange et ses environs, – et dont certains vestiges se retrouvent dans le roman autobiographique « Les derniers Jours de la classe ouvrière »   de Aurélie Filippetti . C’est l’héritage plurilinguistique et pluriculturelle européen que je partage avec Martin Graff, – et c’est pour cela bleibt er mir ein unvergesslicher literarischer Wegbegleiter !

In diesem Sinne wiederhole ich die Worte aus seinem immer noch lesenswerten Text zum 40 Jubiläum des Elyseevertrages der in der Wochenzeitung die Zeit im Januar 2003 veröffentlicht wurde „Der Tanz der Sprachen öffnet die Seele und ermöglicht es uns, mit der Mentalität verschiedener Völker zu denken.[7]

Lire les textes et essayes de Martin Graff, – c’est aussi les souvenirs des chants du Feurenmoos de mon enfance[8], – das Singen der Schwarzwaldwälder wenn der Sturmwind aus dem Westen durch die Tannenwipfel fegte ….

 Christophe Neff, Grünstadt 08.08.2021


[1] Dagmar Gilcher „Auf Wolkengang – NACHRUF: Fast 25 Jahre hat er die Leserinnen und Leser der RHEINPFALZmit seinen zweisprachigen Texten daran erinnert, dass auch sie, wie die Elsässer, in einem Land mit Grenzen leben. Grenzen, die er so nie akzeptieren wollte. Ob als Schriftsteller, Filmautor oder Kabarettist hat er sie listig überwunden. Aber nun müssen wir ohne ihn lernen, wie man Gedanken schmuggelt.“ In, Die Rheinpfalz, Nr. 181, Balkon: Über Grenzen, Die Rheinpfalz, Samstag  7. August 2021.

[2] Voir «Martin Graff, poil à gratter saute-frontière » nécrologie de Olivier BRÉGEARD dans les Dernières Nouvelles d’Alsace.  

[3] Andere Kommentare zu den in der Rheinpfalz veröffentlichten Zungenknoten bzw. zu Martin Graff finden sich u.a. in „Blognotice 10.12.2011“, „Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff“, „Blognotice 21.02.2013: „Du bist schön Frollein“ – „tu es belle Mademoiselle“, « Blognotice 16.06.2017: Pierre-Yves Le Borgn’ député d’Allemagne et Europe centrale mène un courageux combat pour sa réélection ! »

[4] Georg Stefan Troller: „Sprache ist die einzige Heimat“  – in SWR2 Zeitgenossen, Sendung vom 08.08.2021

[5] Siehe auch : « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? ».

[6] „Nonno“ – grand père en italien. Mon arrière grand père italien François Migliori (Francesco Migliori) était originaire du hameau de Montebello à Torriana en Italie. D’apres mes souvenirs il a été naturalise francais durant les années 1930  !

[7]Je t’aime moi non plus – „Das Schweigen“ in München und ein nächtliches Schlittern auf dem Tegernsee. Der elsässische Grenzgänger Martin Graff erinnert sich an seine erste Deutschlandreise“ Die Zeit, 16. Januar 2003.

[8] Das Feurenmoos – der „Urwald“ meiner Kindheit – la forêt primaire de mon enfance –  ist ein Waldgebiet im Süden der Bergvorstadt Sulgen, – eine kleine Beschreibung dieses Waldes wurde von Erwin Wagner am Beginn der 1990 Jahre verfasst. Wagner, E.  Stützung der Auerwildpopulation im Raum Schamberg. In: Weiss, H. et al. (1990): Auerwild in Baden-Württemberg, Rettung oder Untergang? : Ergebnisse der 3. Arbeitsgruppe Auerwild, Schriftenreihe  LFV  Baden-Württemberg, 70,  23 – 27. Stuttgart.

Vue depuis Grünstadt: « Le coup de force institutionnel de Kaïs Saïed en Tunisie du dimanche 25 juillet 2021»

Le jour du coup de force de Kaïs Saïed, le dimanche 15 juillet je revenais d’une semaine de vacances de randonnée en Autriche. J’aurais du prendre le train à Zell am See pour rejoindre Mannheim,  – mais pour divers raisons familiales, je reviens en voiture, – beaucoup de bouchons sur les autoroutes allemandes, – et dans les diverses radio qui m’accompagnait à travers les autoroutes bochonnées du Sud de l’Allemagne aucune parle de la crise constitutionnelle qui sévit en Tunisie depuis janvier 2021.

En fait la crise institutionnelle en Tunisie est un non-évènement en Allemagne. La crise sanitaire du COVID qui ravage la Tunisie, – on en parle jamais ici en Allemagne – pour se rendre compte il faut bien lire les médias francophones. La Tunisie pour beaucoup d’analystes et experts politiques allemands,  – revient dans le collimateur comme pays exportateurs d’immigrations – à part cela le pays ne semble pas exister. Personnellement j’apprends du gel du parlement tunisien par le président tunisien Kaïs Saïed dans la nuit du 25 au 26 juillet par divers médias francophones. Durant la journée du lundi 26 juillet les médias allemands redécouvrent  la Tunisie – la Tunisie – l’expérience démocratique tunisienne semble être sérieusement menacée – beaucoup de « blabla » et des larmes de crocodiles sur les menaces qui pesaient sur la démocratie tunisienne. A part une analyse très réussi publiée par Sarah Mersch dans le Spiegel « Wie es zum Staatsstreich kommen konnte – und was jetzt bevorsteht (Comment le coup d’État a pu se produire – et ce qui nous attend maintenant) » jusqu’à présent je n’ai trouvé de analyse convaincante sur le coup de force de Kaïs Saïed dans les medias allemands. La Tunisie semble être bien loin des préoccupations des medias et experts politiques allemands. J’ai l’impression que finalement la Tunisie ne les intéresse pas trop, – pourvue que « l’immigration clandestine tunisienne » concerne surtout l’Italie et la France et ne semble pas trop bouleverser le quotidien politique allemand. En contrepartie – les soignants tunisiens – pourvue qu’ils parlent un peu l’allemand – ils sont les bienvenues en Allemagne !

Personnellement je « suis » la crise tunisienne depuis des mois dans les médias francophones et aussi en lisant les posts Facebook de quelques ami(e)s tunisiens. La situation était devenue vraiment intenable – une très grande partie de la population tunisienne souffre déjà énormément des conséquences de la crise sanitaire due au COVID, – et la crise institutionnelle semblait s’empirer de jour en jour !

Difficile de porter un jugement sur les évènements actuels en Tunisie. Au mieux Kaïs Saïed pourrait transformer le régime parlementaire tunisien envers un système présidentielle de type 5 république française , – pour suivre l’exemple du général de Gaulle. Au pire nous allons revivre l’expérience égyptienne ou Abdel Fattah al-Sissi l’homme fort égyptien qui règne avec une main de fer sur ses administres sur les rives du Nil. Peut-être même nous allons revivre l’idée d’un Estado Novo tunisien – qui reprend les principaux mécanismes dictatoriales qu’avait établi António de Oliveira Salazar au Portugal il y fort longtemps. Franchement je ne le sais pas, – mais j’espère que le président tunisiens suivra plutôt les pas d’un Charles de Gaulle que les traces de Abdel Fattah al-Sissi en Egypte ou de António de Oliveira Salazar au Portugal dans les années 1930.

Christophe Neff, écrit le 31.07.2021, publié le 31.07.2021

Beginn des Hochsommers im Leiniger Land/ Début du plein été dans le Leininger Land

Feldgebüsche- abgeernteter Winterweizen Grünstadter Berg, © C.Neff 18.07.2021

Der Hochsommer im Leiningerland hat nun endlich doch Einzug gefunden. Auf dem Grünstadter Berg hat die Ernte des Winterweizens mit ca. 2-3 wöchiger Verspätung begonnen. Normalerweise fahren hier ja die ersten Mähdrescher schon Ende Juni/Anfang Juli.  Und in Grünstadt – Asselheim blüht der Lavendel. In den Rebhängen rund um Grünstadt gibt es ein paar Lavendelfelder, welches der sommerlichen Landschaft ein etwas provenzalische Flair gibt[1]. Also nicht die deutsche Toskana, so wie sich die „Unterhaardt“ gern selbst bewirbt, sondern ein Anflug von deutscher Provence am nördliche Ende der „Unterhaardt“.

Reste der Winterweizenernte Grünstadter Berg, da bleibt genug für den Feldhamster, © C.Neff 18.07.2021

Le plein été est enfin arrivé dans le Leiningerland. Sur le Grünstadter Berg, la récolte du blé d’hiver a commencé avec un retard d’environ 2 à 3 semaines. Normalement, les premières moissonneuses-batteuses circulent déjà ici à la fin du mois de juin/début du mois de juillet.  Et à Grünstadt – Asselheim, la lavande est en fleur. Dans les vignobles autour de Grünstadt, on trouve quelques champs de lavande, qui donnent au paysage estival un petit air provençal[2]. Ce n’est donc pas la Toscane allemande, comme l'“Unterhaardt“ aime à se vanter, mais une touche de Provence allemande à l’extrémité nord de l'“Unterhaardt“.

Lavendelfeld Asselheim, © C.Neff 18.07.2021

Photos : alle/toutes  © Christophe Neff 18.07.2021

Feldgebüsche- abgeernteter Winterweizen Grünstadter Berg/ Champ de broussailles- blé d’hiver récolté Grünstadter Berg

Reste der Winterweizenernte Grünstadter Berg, da bleibt genug für den Feldhamster/ Restes de la récolte de blé d’hiver Grünstadter Berg, il en reste assez pour le hamster des champs.

Lavendelfeld Asselheim /Champ de lavande à Asselheim

Christophe Neff, 18.07.2021


[1] Die Lavendelzucht wurde von Anne und Matthias Gaul  in Asselheim eingeführt. Siehe hierzu auch „Mehr als eine duftende Augenweide: Lavendel im Leiningerland“ und“ Ein Stück Provence in der Pfalz“ in der Rheinpfalz.

[2] La culture de la lavande a été introduite par Anne et Matthias Gaul à Asselheim. Voir aussi „Mehr als eine duftende Augenweide: Lavendel im Leiningerland“ et “ Ein Stück Provence in der Pfalz“ dans la Rheinpfalz.

Encore une déception avec le Monde – La suppression du format PDF du journal numérique du Monde

Le‌ ‌Monde‌ ‌a‌ ‌supprimé‌ ‌le‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌du‌ ‌journal‌ ‌numérique.‌ ‌J’avais‌ ‌déjà‌ ‌reçu‌ ‌un‌ email‌ ‌annonçant‌ ‌la‌ ‌suppression‌ ‌du‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌du‌ ‌journal‌ ‌papier‌ ‌il‌ ‌y‌ ‌a‌ ‌quelques‌ ‌semaines,‌ ‌mais‌ ‌apparemment‌ ‌je‌ ‌n’avais‌ ‌pas‌ ‌bien‌ ‌compris‌ ‌ce‌ ‌que‌ ‌cette‌ ‌annonce‌ ‌entraîne‌ ‌comme‌ ‌conséquences !‌ ‌Eh‌ ‌bien‌ ‌en‌ ‌voulant‌ ‌me‌ ‌« charger »‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌du‌ ‌week-End‌ ‌du‌ ‌8‌ ‌Mai‌ ‌2021‌ ‌pour‌ ‌mon‌ ‌archive‌ ‌personnelle,‌ ‌je‌ ‌me‌ ‌rends‌ ‌compte‌ que‌ ‌désormais‌ ‌mon‌ ‌abonnement‌ ‌numérique‌ ‌avec‌ ‌lequel‌ ‌je‌ ‌lisais‌ ‌plus‌ ‌ou‌ ‌moins‌ ‌quotidiennement‌ ‌une‌ ‌partie‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌–‌ ‌et‌ ‌je‌ ‌sauvegardais‌ ‌le‌ ‌reste‌ ‌en‌ ‌copie‌ ‌PDF‌ ‌pour‌ ‌le‌ ‌lire‌ ‌pendant‌ ‌le‌ ‌week-end‌ ‌suivant,‌ ‌-‌ ‌tout‌ ‌cela‌ ‌prend‌ ‌donc‌ ‌fin.‌ ‌J’ai‌ ‌contacté‌ ‌le‌ ‌service‌ ‌client‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌et‌ ‌reçois‌ ‌comme‌ ‌réponse‌ ‌un‌ ‌petit‌ ‌courrier‌ ‌dont‌ ‌je‌ ‌reproduis‌ ‌ici‌ ‌une‌ ‌« capture‌ ‌d’écran »‌ ‌-‌ ‌eh‌ ‌bien‌ ‌oui‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌abandonne‌ ‌le‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌du‌ ‌journal‌ ‌papier,‌ ‌-‌ ‌pour‌ ‌lutter‌ ‌contre‌ ‌la‌ ‌diffusion‌ ‌gratuite‌ ‌du‌ ‌Journal.‌ ‌Je‌ ‌reprends‌ ‌la‌ ‌citation‌ ‌exacte‌ ‌« ‌Nous‌ ‌regrettons‌ ‌de‌ ‌devoir‌ ‌prendre‌ ‌une‌ ‌telle‌ ‌décision,‌ ‌mais‌ ‌la‌ ‌lutte‌ ‌contre‌ ‌la‌ ‌diffusion‌ ‌gratuite‌ ‌du‌ ‌travail‌ ‌des‌ ‌500‌ ‌journalistes‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌rédaction‌ ‌est‌ ‌un‌ ‌impératif‌ ‌pour‌ ‌notre‌ ‌collectivité ‌»‌ ‌du‌ ‌courrier‌ ‌reçu !‌ ‌ ‌

Je‌ ‌suis‌ ‌un‌ ‌peu‌ ‌étonné‌ ‌car‌ ‌j’ai‌ ‌des‌ ‌abonnements‌ ‌semblables‌ ‌chez‌ ‌les‌ ‌hebdomadaires‌ ‌allemands‌ ‌« der‌ ‌Spiegel »‌ ‌et‌ ‌« die‌ ‌Zeit »‌ ‌-‌ ‌mais‌ ‌apparemment‌ ‌« la‌ ‌fraude‌ ‌numérique »‌ ‌ne‌ ‌semble‌ ‌guère‌ ‌être‌ ‌un‌ ‌problème‌ ‌pour‌ ‌ces‌ ‌« poids-lourds »‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌presse‌ ‌écrite‌ ‌allemande.‌ ‌Cette‌ ‌fraude‌  ‌existe‌ ‌certainement‌ ‌aussi‌ ‌en‌ ‌Allemagne‌ ‌mais‌ ‌je‌ ‌pense‌ ‌que‌ ‌ceci‌ ‌est‌ ‌pris‌ ‌en‌ ‌compte‌ ‌pour‌ ‌atteindre‌ ‌une‌ ‌portée‌ ‌journalistique‌ ‌(Publizistische‌ ‌Reichweite[1])‌ ‌plus‌ ‌large‌ ‌et‌ ‌ainsi‌ ‌aussi‌ ‌augmenter‌ ‌les‌ ‌revenus‌ ‌publicitaires.‌ 

A‌ ‌part‌ ‌ma‌ ‌surprise‌ ‌personnelle,‌ ‌l’annonce‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌de‌ ‌mettre‌ ‌fin‌ ‌au‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌de‌ ‌son‌ ‌quotidien‌ ‌papier‌ ‌ne‌ ‌semble‌ ‌guère‌ ‌avoir‌ ‌produit‌ ‌de‌ ‌réactions‌ ‌médiatiques,‌ ‌à‌ ‌part‌ ‌l’article‌ ‌« ‌Le‌ ‌Monde‌ ‌met‌ ‌fin‌ ‌au‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌de‌ ‌son‌ ‌quotidien‌ ‌papier‌ ‌pour‌ ‌lutter‌ ‌contre‌ ‌le‌ ‌partage‌ ‌de‌ ‌contenus‌ »‌ ‌sur‌ ‌mind.media‌‌ ‌(article‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌n’ai‌ ‌pas‌ ‌lu‌ ‌car‌ ‌accès‌ ‌restreint‌ ‌pour‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌site)‌ ‌ ‌je‌ ‌n’ai‌ ‌trouvé‌ ‌aucune‌ ‌réaction‌ ‌sur‌ ‌la‌ ‌toile francophone.‌ ‌J’en‌ ‌déduis‌ ‌que‌ ‌pour‌ ‌les‌ ‌médias‌ ‌francophones‌ ‌la‌ ‌disparition‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌papiers‌ ‌PDF‌ ‌était‌ ‌un‌ ‌« non‌ ‌évènement ».‌ ‌ ‌

Donc‌ ‌après‌ ‌avoir‌ ‌subi‌ ‌le‌ ‌mauvais‌ ‌coup‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌suppression‌ ‌des‌ ‌blogs‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Monde.fr‌ ‌durant‌ ‌le‌ ‌printemps‌ ‌2019‌ ‌voici‌ ‌une‌ ‌nouvelle‌ ‌déception‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌Monde.‌ ‌« ‌Paysages‌ »‌ ‌faisait‌ ‌partie‌ ‌de‌ ‌blogs‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌jusqu’à‌ ‌leur‌ ‌suppression‌ ‌en‌ ‌mai‌ ‌2019‌ ‌–‌ ‌et‌ ‌cette‌ ‌suppression‌ ‌assez‌ ‌brusque‌ ‌motivée‌ ‌par‌ ‌des‌ ‌raisons‌ ‌techniques‌  ‌m’avait‌ ‌pris‌ ‌par‌ ‌surprise‌ ‌–‌ ‌et‌ ‌j’avais‌ ‌même‌ ‌dédié‌ ‌deux‌ ‌billets[2]‌‌ ‌à‌ ‌cette‌ ‌suppression‌ ‌brutale‌ ‌et‌ ‌j’ai‌ ‌remis‌ ‌paysages‌ ‌sur‌ ‌rail‌ ‌chez‌ ‌l’hébergeur‌ ‌wordpress.com‌ ‌avec‌ ‌l’article‌ ‌« ‌Nouveau‌ ‌départ‌ ‌pour‌ ‌le‌ ‌blog‌ ‌paysages ‌».‌

‌En‌ ‌plus‌  ‌la‌ ‌ligne‌ ‌éditoriale‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌m’intrigue‌ ‌de‌ ‌plus‌ ‌en‌ ‌plus.‌ ‌Par‌ ‌exemple‌ ‌la‌ ‌couverture‌ ‌des‌ ‌mouvements‌ ‌des‌ ‌gilets‌ ‌jaunes‌ ‌par‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌n’avait‌ ‌aucun‌ ‌recul‌ ‌journalistique,‌ ‌-‌ ‌lisant‌ ‌les‌ ‌reportages‌ ‌d’Aline‌ ‌Leclerc‌  ‌on‌ ‌avait‌ ‌de‌ ‌plus‌ ‌en‌ ‌plus‌ ‌le‌ ‌sentiment‌ ‌que‌ ‌cette‌ ‌journaliste‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌était‌ ‌devenue‌ ‌une‌ sorte‌ ‌de‌ ‌porte-parole‌ ‌officieuse‌ ‌des‌ ‌gilets‌ ‌jaunes.‌ ‌

Autre exemple, cet « anti-macronisme » primaire qu’on peut malheureusement trouver dans nombreux articles sur la politique intérieure!  En‌ ‌lisant‌ ‌certains‌ ‌articles‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌on‌ ‌a‌ ‌l’impression‌ ‌que‌ ‌Macron‌ ‌est‌ ‌responsable‌ ‌de‌ ‌tous‌ ‌les‌ ‌malheurs‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌France,‌ ‌-‌ ‌même‌ ‌les‌ ‌« humeurs »‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌météo‌ ‌semblent‌  ‌dépendre‌ ‌de‌ ‌Macron‌ ‌–‌ ‌les‌ ‌chaleurs‌ ‌estivales‌ ‌deviennent‌ ‌insupportables,‌ ‌-‌ ‌c’est‌ ‌certainement‌ ‌Macron‌ ‌le‌ ‌responsable.‌ ‌Il‌ ‌y‌ ‌trop‌ ‌de‌ ‌neige‌ ‌en‌ ‌hiver‌ ‌c’est‌ ‌certainement‌ ‌Macron‌ ‌le‌ ‌responsable,-‌ ‌et‌ ‌si‌ ‌par‌ ‌hasard‌ ‌il‌ ‌n’y‌ ‌avait‌ ‌pas‌ ‌assez‌ ‌de‌ ‌neige‌ ‌en‌ ‌hiver‌ ‌c’est‌ ‌encore‌ ‌Macron‌ ‌le‌ ‌responsable.‌ ‌‌C’est‌ ‌un‌ ‌peu‌ ‌ce‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌ressens‌ ‌en‌ ‌lisant‌ ‌les‌ ‌pages‌ ‌de‌ ‌politique‌ ‌intérieur‌ ‌dans‌ ‌le‌ ‌Monde ‌ ‌-‌ ‌Macron‌ ‌semble‌ ‌faire‌ ‌la‌ ‌pluie‌ ‌et‌ ‌le‌ ‌beau‌ ‌temps‌ ‌sur‌ ‌les‌ ‌paysages‌ ‌de‌ ‌France !‌ ‌ ‌

Malgré‌ ‌cette‌ ‌énième‌ ‌déception[3]‌‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌je‌ ‌reste‌ ‌abonné,‌ ‌je‌ ‌ne‌ ‌pense‌ ‌même‌ ‌pas‌ ‌à‌ ‌me‌ ‌désabonner‌ ‌du‌ ‌Monde.‌ ‌Dans‌ ‌ce‌ ‌contexte,‌ ‌je‌ ‌pense‌ ‌avec‌ ‌un‌ ‌léger‌ ‌sourire‌ ‌aussi‌ ‌aux‌ ‌commentaires‌ ‌des‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Monde,‌ ‌qui‌ ‌menacent‌ ‌régulièrement‌ ‌dans‌ ‌leurs‌ ‌commentaires‌ ‌d’articles‌ ‌de‌ ‌se‌ ‌désabonner,‌ ‌mais‌ ‌qui‌ ‌finalement‌ ‌restent‌ ‌fidèles‌ ‌à‌ ‌leur‌ ‌« journal‌ ‌de‌ ‌référence ».‌ ‌Certainement‌ ‌pas‌ ‌tous,‌ ‌-‌ ‌mais‌ ‌on‌ ‌retrouve‌ ‌ces‌ ‌mêmes‌ ‌« noms‌ ‌de‌ ‌plumes »‌ ‌dans‌ ‌les‌ ‌commentaires‌ ‌et‌ ‌on‌ ‌se‌ ‌dit‌ ‌que,‌ ‌finalement‌ ‌ils‌ ‌ne‌ ‌se‌ ‌sont‌ ‌donc‌ ‌pas‌ ‌désabonnés,‌ ‌ou‌ ‌peut-être‌ ‌qu’‌ ‌ils‌ ‌sont‌ ‌revenus‌ ‌après‌ ‌avoir‌ ‌pris‌ ‌un‌ ‌congé‌ ‌provisoire‌ ‌dans‌ ‌leur‌ ‌abonnement.‌ ‌

Et précisions oblige, à la grande différence de la presse allemande écrite, – la production‌ ‌de‌ ‌commentaires‌ ‌sous‌ ‌les‌ ‌articles‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌est‌ ‌réservé‌ ‌aux‌ ‌seuls‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Monde.‌ ‌D’ailleurs‌ ‌le‌ ‌Spiegel‌ ‌essaye‌ ‌en‌ ‌ce‌ ‌moment‌ ‌d’évoluer‌ ‌vers‌ ‌le‌ ‌Modèle ‌le‌ ‌Monde,‌ ‌-‌ ‌de‌ ‌plus‌ ‌en‌ ‌d’articles‌ ‌sont‌ ‌seulement‌ ‌« commentables »‌ ‌par‌ ‌les‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Spiegel.‌ ‌ ‌

Le‌ ‌Monde‌ ‌depuis‌ ‌mon‌ ‌enfance‌ ‌, c’est‌ ‌plutôt‌ ‌un‌ ‌environnement‌ ‌naturel‌ ‌dans‌ ‌lequel‌ ‌j’évoluais.‌ ‌Les‌ ‌lectures‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌avec‌ ‌mon‌ ‌grand-père‌ ‌tant‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌« L’Oliveraie[4]»‌ ‌a‌ ‌l’impasse‌ ‌de‌ ‌Pins‌ ‌à‌ ‌Aubord‌ ‌qu’à‌ ‌la‌ ‌Griffoulière‌ ‌à‌ ‌Port‌ ‌Leucate[5] ceci a certainement débuté à neuf ou dix ans, donc apparemment en 1974. Le premier évènement de politique internationale que je suivais et que j’essayait de comprendre par la lecture du Monde, fut la  Révolution des Œillets au Portugal pendant le printemps 1974. En 1974 je m’en doutait pas encore, que je travaillerai un jour dans ce pays au bord de l’Atlantique, aussi bien sur la Costa Vicentina[6] pour une partie de relevées de terrain pour ma thèse de doctorat (durant les années 1990) , – et depuis 1999, donc plus de vingt ans des travaux de recherches sur l’archipel des Açores, principalement sur l’île de Faial[7].

Et‌ ‌plus‌ ‌tard‌ ‌pendant‌ ‌mes‌ ‌études‌ ‌à‌ ‌l’université de Mannheim,‌ ‌je‌ ‌passais‌ ‌prendre‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌a‌ ‌la‌ ‌Gare‌ ‌de‌ ‌Mannheim,‌ ‌et‌ ‌les‌ ‌week‌ ‌-‌ ‌ends‌ ‌le‌ ‌magazine‌ ‌« Jeune‌ ‌Afrique »,‌ ‌et‌ ‌vingt-ans‌ ‌plus‌ ‌tard‌ ‌je‌ ‌descendais‌ ‌la‌ ‌colline‌ ‌de‌ ‌Sidi-Dhrif‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌Marsa‌ ‌Gare‌ (La Marsa Plage) ‌pour‌ ‌chercher‌ ‌mon‌ ‌« Monde »‌ ‌chez‌ ‌le‌ ‌marchand‌ ‌de‌ ‌journaux‌ ‌en‌ ‌face‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌gare‌ ‌du‌ ‌TGM‌[8] !‌ ‌Donc‌ ‌une‌ ‌longue‌ ‌histoire,‌ ‌je‌ ‌dirais‌ ‌presque‌ ‌familiale‌ ‌que‌ ‌j’entretiens‌ ‌avec‌  ‌le‌ ‌Monde‌ ‌depuis‌ ‌plus‌ ‌de‌ ‌45‌ ‌ans.‌ ‌

Donc‌ ‌cela‌ ‌me‌ ‌semblait‌ ‌plus‌ ‌au‌ ‌moins‌ ‌être‌ ‌une‌ ‌évolution‌ ‌naturelle‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌me‌ ‌suis‌ ‌abonné‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌version‌ ‌numérique‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌qui‌ ‌incluait‌ ‌le‌ ‌PDF‌ ‌du‌ ‌journal‌ ‌« papier »‌ ‌au‌ ‌début‌ ‌des‌ ‌années‌ ‌2000.‌ ‌Rien‌ ‌de‌ ‌comparable‌ ‌aux‌ ‌sentiments‌ ‌que‌ ‌Sabine‌ ‌Aussenac‌ ‌décrit‌ ‌dans‌ ‌son‌ ‌petit‌ ‌texte‌ ‌« ‌Le‌ ‌jour‌ ‌où‌ ‌je‌ ‌me‌ ‌suis‌ ‌abonnée‌ ‌au‌ ‌Monde ‌»,‌ ‌-‌ ‌l’abonnement‌ ‌au‌ ‌Monde,‌ ‌pour‌ ‌moi-personnellement‌ ‌c’était‌ ‌plutôt‌ ‌une‌ ‌évolution‌ ‌naturelle,‌ ‌-‌ ‌et‌ ‌certainement‌ ‌pas‌ ‌la‌ ‌découverte‌ ‌d’un‌ ‌nouveau‌ ‌Monde,‌ ‌car‌ ‌ce‌ ‌Monde‌ ‌je‌ ‌le‌ ‌connaissais‌ ‌depuis‌ ‌mon‌ ‌enfance.‌ ‌ ‌

Reste‌ ‌que‌ ‌maintenant,‌ ‌pour‌ ‌sauvegarder‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌des‌ ‌livres‌ ‌pour‌ ‌mon‌ ‌archive‌ ‌personnelle,‌ ‌-‌ ‌ce‌ ‌qui‌ ‌se‌ ‌faisait‌ ‌en‌ ‌un‌ ‌clic‌ ‌et‌ ‌quelques‌ ‌secondes,‌ ‌-‌ ‌cela‌ ‌me‌ ‌prend‌ ‌maintenant‌ ‌3‌ ‌à‌ ‌4‌ ‌minutes.‌ ‌Cette‌ ‌manœuvre‌ ‌me‌  ‌prend‌ ‌du‌ ‌temps.‌ ‌Je‌ ‌prends‌ ‌acte‌ ‌de‌ ‌ce‌ ‌changement‌ ‌de‌ ‌l’environnement‌ ‌du‌ ‌Monde,‌ ‌et‌ ‌je‌ ‌pense‌ ‌que‌ ‌peut‌ ‌être‌ ‌écrire‌ ‌un‌ ‌récit,‌ ‌un‌ ‌véritable‌ ‌récit,‌ ‌un‌ ‌livre‌ ‌comment‌ ‌j’ai‌ ‌découvert‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌Monde,‌ ‌et‌ ‌comment‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌m’accompagnait‌ ‌pendant‌ ‌mes‌ ‌pérégrinations‌ ‌à‌ ‌travers‌ ‌le‌ ‌Monde‌[9],‌ [10] ‌ce‌  ‌serait‌ ‌un‌ ‌jour‌ ‌un‌ ‌défi‌ ‌bienvenu‌ ‌pour‌ ‌le‌ ‌jour‌ ‌où‌ ‌j’aurai‌ ‌entamé‌ ‌ma‌ ‌retraite,‌ ‌ce‌ ‌qui‌ ‌devrait‌ ‌être‌ ‌le‌ ‌cas‌ ‌dans‌ ‌à‌ ‌peu‌ ‌près‌ ‌dix‌ ‌ans‌[11]!‌ ‌ ‌

Livres et autres sources consultées :

Fottorino, Éric (2012) : Mon tour du « Monde ». récit. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-013419-9

Saramago, José (2003): Pérégrination portugaises. Traduit du portugais par Geneviève Leibrich. Paris, Éditions du Seuil, ISBN 2-02-047424-7

Christophe Neff, Grünstadt Mai 2021


[1] ‌Pour‌ ‌la‌ ‌« publizistische‌ ‌Reichweite »‌ ‌du‌ ‌Spiegel,‌ ‌voir‌ ‌par‌ ‌exemple‌ ‌« ‌Reichweite‌ ‌des‌ ‌Nachrichtenmagazins‌ ‌ Der‌ ‌Spiegel‌ ‌in‌ ‌den‌ ‌Jahren‌ ‌2004‌ ‌bis‌ ‌2020‌“‌ ‌ ‌

[2] Voir les articles « La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr » et « La fin du blog paysages sur les blogs LeMonde.fr – Das Ende des Blog « paysages » auf den Blogs von Le Monde.fr ».

[3] Voir aussi les articles : « Blogostatistique 75.000 » et « Blognotice 11.05.2013: réactions à la Blogostatistique 75.000 ».

[4]„L’Oliveraie“‌ ‌ou‌ ‌„L’olivette“‌ ‌ainsi‌ ‌mes‌ ‌grand‌ ‌parents‌ ‌avait‌ ‌désigné‌ ‌la‌ ‌petit‌ ‌maison‌ ‌aux‌ ‌« Impasse‌ ‌des‌ ‌Pins »‌ ‌à‌ ‌Aubord,‌ ‌qui‌ ‌ils‌ ‌avaient‌ ‌achetée‌ ‌après‌ ‌avoir‌ ‌habité‌ ‌un‌ ‌certain‌ ‌temps‌ ‌au‌ ‌« château‌ ‌d’Aubord »‌ ‌-‌ ‌la‌ ‌grande‌ ‌villa‌ ‌du‌ ‌domaine‌ ‌St.‌ ‌Jean‌ ‌à‌ ‌ Aubord,‌ ‌avec‌ ‌son‌ ‌parc‌ ‌majestueux,‌ ‌qui‌ ‌d’ailleurs‌ ‌existe‌ ‌encore‌ ‌de‌ ‌nos‌ ‌jours.‌  (Voir aussi   « Blognotice 25.04.2015: premières floraisons d’Arbre de Judée à Grünstadt dans la Unterhaardt »)

[5] Mes grands-parents ont acheté une villa à Port Leucate en 1968 dans la résidence de La Griffoulière , voir aussi « Blognotice 7.08.2013: Les cigales de Port Leucate ».

[6] Voir aussi : « Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) »

[7] Voir aussi : « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) »

[8] Voir aussi: « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir »

[9] « Pérégrinations à travers le Monde » ceci ressemble un peu à « Pérégrinations portugaises» le titre français du récit de José Saramago « Viagem a Portugal », traduite du portugais par Geneviève Leibrich !

[10] Dans ce contexte je me souviens de la formidable lecture du livre « Mon tour du Monde » de Éric Fottorino, un des anciens directeurs en chefs du Monde, que j’ai lu il y exactement neufs ans en Mai 2012!

[11] L’Age de retraite légale pour la classe d’âge né en 1964 et les classes d’âge plus jeunes est de 67 ans actuellement en Allemagne !

Fukushima pays de neige – Souvenirs du Vendredi 11 Mars 2011

Avant  – Propos : 

« – Il y a déjà de la neige sur le mont Fuji. C’est bien de la neige, n’est -ce pas ? demanda Jirô.

Utako regarda elle aussi le Fuji par la fenêtre du train.

– En effet. C’est la première neige.

– Ce ne sont pas des nuages, c’est bien de la neige, n’est-ce pas? insista Jiro.

Le mont Fuji etait enveloppé de nuages et, sous le ciel couvert, les nuages et la neige du sommet paraissaient de la même couleur. »

Extraits de Première Neige sur le Mont Fuji de Yasunari Kawabata (2020) traduit du japonais par Cécile Sakai.

Le 11 Mars 2011 je me réveillais juste avant l’aube et regardant à travers ma chambre d’hôtel je découvris une coulée de lave qui descendait du sommet du Pico traversant les champs de neige et les nuages qui enveloppaient le cône volcanique de cette montagne qui ressemble étrangement au Mont Fuji au Japon. Lentement cette  rivière de lave ruisselait  le long des flancs  du Pico pour atteindre les vagues de l’atlantique.

Le Pico, – ou la Montanha do Pico sur l’ile de Pico situe sur l’archipel des Açores est d’ailleurs souvent désigné comme le « Fuji portugais ». Ce Mont Fuji qui était récemment au cœur d’une exposition au musée national des arts asiatiques à Paris, Guimet – « Fuji, pays de neige »[1]

Non je n’étais pas à Horta dans ma chambre d’Hôtel de l’Hôtel Fayal sur l’ile de Faial[2]  en face du Fuji portugais, mais bien chez moi à Grünstadt.  Et la dernière éruption historique du Pico avait bien lieu eu lieu en 1720.

Je me demandais  pourquoi un tel cauchemar me réveillait au milieu de la nuit du 10 au 11 mars – et je me remis à dormir pour juste me retrouve au milieu d’un  autre cauchemar – je suis en train de faire des relevés de plantes sur les champs de cendre de Capelo quand soudainement une énorme baleine sort de la mer en face de l’ancien phare du Capelinhos et se transforme en volcan en émettant un boucan infernal. En fait  dans la tradition orale des baleiniers de Capelo, qui avaient leurs embarcations à Porto do Comprido pas loin du phare du Capelinhos,  c’est une baleine se transformant en volcan qui a donné naissance au Capelinhos en septembre 1957. Le rêve de l’éruption du Capelinhos qui en réalité débutait en Septembre 1957 me projetait à Port Leucate – où j’assistais à un violent coup de mer qui avait déjà englouti les premières maisons du front de mer. Et je courais avec mes enfants sur « l’Avenue de la Septimanie » vers « le Pont de la Corrège » en craignant un deuxième coup de mer beaucoup plus violent – et enfin arrivé sain et sauve au sommet du Pont de la Corrège nous nous retournons enfin pour nous apercevoir que Port Leucate avait disparu sous la mer, seule la pointe du Kyklos et le carillon de Saint Jacques sortait des flots de la méditerranée…. et avec ce souvenir je me réveillai définitivement. Je me dis mais c’est quoi ces rêves- pourquoi j’ai si mal dormi ?

C’est en écoutant les informations à la radio, comme je le fais chaque matin depuis des décennies, que j’apprends le  Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku. On ne parlait pas encorede la catastrophe nucléaire de Fukushima. La catastrophe nucléaire de Fukushima – le « Super Gau » comme on dit en allemand n’apparaitra que quelques heures et jours plus tard via les infos télévisées. Avant de savoir ce qu’il se passait sur le site de la Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi où on fut submergé par les images des digues en brèches, de paysages dévastés, des bateaux divaguant dans les intérieurs de terres qui arrivaient sur le poste de télé le soir à l’heure des infos. Mais les jours suivant le Tsunami ce fut surtout les images de neige, la neige tombent sur les « naufragées » du Tsunami, le froid, la faim. J’ai lu et relu le récit de   Michaël Ferrier « Fukushima Récit d’un désastre » – mais les chutes de neiges que je voyais à la télé suivant le Tsunami qui m’avait tant impressionné ne semblent pas avoir laissé de traces chez Ferrier. Sauf un petit paragraphe sur le froid  dans le chapitre V que je reprends ici (Ferrier, M. 2018, 180) « Pendant longtemps, le froid a été la principale source de préoccupation. Pour les trente six modules d’habitation montés à la hâte par le gouvernement non loin de là, et qui disposaient d’un chauffage, il y a eu pas moins de mille candidats, qui ont eu à subir la nouvelle épreuve d’un tirage au sort. Car il y a des loteries pour l’attribution des logements temporaires, avec des listes d’inscription incroyablement longues. Des réfugiés ont préféré quitter l’endroit pour s’installer dans les hôtels désertés, ou ils alimentent le poêle avec les débris de leurs propres maisons en ruine. ». Michaël Ferrier était sur place, il parcourait un paysages massacré par le Tsunami, – moi je regardais les images qui arrivaient via la télévision et internet.

Et naturellement après quelques jours on se rendait réellement compte de ce qui se passait à la centrale nucléaire de Fukushima. L’Allemagne décida alors de de tenter un nouveau « Ausstieg », d’abandonner une fois pour toutes l’énergie nucléaire civile. Volte-Face du Gouvernement de Merkel qui quelques années avant avait stoppé le « Atomenergieausstieg » du gouvernement Schröder-Fischer. L’Ausstieg définitif fut voté au Bundestag le jeudi 30.06.2011. Date historique  à laquelle j’avais même dédié un petit billet « Blognotice 1.7.2011 – l‘Allemagne vote le „Ausstieg“ ». En France rien de tel, – les semaines après il y avait peut-être quelques soubre-sauts anti-nucléaires mais finalement la France reste un pays qui croit fortement au nucléaire. On a mis bien du temps à arrêter la centrale de Fessenheim, – mais pour le reste en France, si on compare l’après Fukushima à l’Allemagne – la catastrophe nucléaire de  Fukushima ne semble pas avoir laissé de traces profondes et durables comme en Allemagne. Concernant les conséquences politiques & médiatiques du drame de Fukushima en France cela me rappelait les premiers jours après la Catastrophe nucléaire de Tchernobyl – où les responsables politiques prétendaient  que le nuage nucléaire de Tchernobyl s’arrêterait carrément à la frontière française, quasiment au milieu du Rhin pour retourner en Allemagne.

Mais le plus frappant est peut-être que le Japon en 2018 sept ans après Fukushima reprend le chemin du nucléaire. Personnellement, même si je ne me considère pas comme un antinucléaire, mais plutôt comme « nucléairosceptique » je n’ai jamais cru le « le conte de fées de l’âge nucléaire paradisiaque ». Mon « scepticisme » envers le nucléaire avait surement débuté avec  l’Accident nucléaire de Three Mile Island, et après Tchernobyl j’étais sûr que énergie nucléaire n’était certainement pas la solution pour résoudre les  problèmes  énergétiques planétaires. En fait j’étais et je suis persuadé que le stockage des déchets nucléaires pose des problèmes énormes qui ne sont jusqu’ à présent pas vraiment résolus. En plus je pense que le stockage des déchets nucléaires n’est pas compatible avec une « démocratie parlementaire libérale » – pour assurer la sécurité des sites de stockages des déchets nucléaires– on aurait malheureusement besoin des mesures de sécurité si strictes, – que seul un « Polizeistaat » pourrait garantir !

Donc les évènements de Fukushima ne m’ont dans ce sens pas trop bouleversé.  Par contre à quel point les autorités japonaises et les pourfendeurs de l’énergie nucléaire ont sous-estimé les risques d’un « méga-tsunami » qui étaient au plus tard connus en 2001 après la publication de l’article « The 869 Jōgan tsunami deposit and recurrence interval of large-scale tsunami on the Pacific coast of northeast Japan » dans le Journal of Natural Disaster Science par Koji Minoura et ses collègues m’a toujours pour ainsi dire surpris. Dans ce contexte il est certainement enrichissant de lire la tribune de Harry Bernas dans le Monde « Fukushima : « Comment le Japon s’est aveuglé devant la certitude annoncée d’un désastre ». En plus il peut être aussi instructif de lire l’article « The crisis of a paradigm. A methodological interpretation of Tohoku and Fukushima catastrophe » écrit par deux chercheurs français  Robin Lacassin & Sylvain Lavelle.

En finissant ce récit de mes souvenirs de Fukushima, – je me demande ce qui reste gravé dans ma mémoire. Cette terre profondément blessée par la vague, la neige qui tombe sur un paysage mortifié. Ce couple de vieux agonisant quelques part dans le froid, la nuit et les flocons de neige qui tombent dans la lumière du phare de la caméra. L’affiche « Fukushima – terre des cerises » que j’ai découverte en feuilletant le livre édité par Michaël Ferrier (2021) « Dans l’œil du désastre – créer avec Fukushima » me rappelle que, après tout , la nature a repris ses droits et les cerisiers se sont remis à fleurir !

Mes lectures juste après la catastrophe en Mars 2011 fut « tu n’as rien vu à Fukushima [3] » de Daniel de Roulet  et « Die Ära der Ökologie – eine Weltgeschichte » de Joachim Radkau. En lisant la «Die Ära der Ökologie » une sorte d’histoire d’histoire mondiale de la mouvance écologique, juste sortie en printemps 2011 quelques jours avant la catastrophe de Fukushima, un livre méritant une traduction en français et en anglais,   je me suis souvent demandé pourquoi au Japon, qui a aussi une intéressante histoire du mouvement écologique, comme par exemple le combat contre la Maladie de Minamata, et dans ce contexte Radkau comparé l’écrivaine Michiko Ishimure qui fait découvrir souffrance et désastres de cette maladie dans son œuvre  „Mer de souffrance, Terre Pure : notre maladie de Minamata“ à un grand public, avec Rachel Carson, le mouvement antinucléaire n’a réellement jamais eu une grande importance. On peut trouver une sorte de réponse dans les dernières pages du récit de Michaël Ferrier « Fukushima – récit d’un désastre ». 

Personnellement je n’ai jamais oublié ces cauchemars que j’ai eus durant la nuit du 10 au 11 mars 2011. La baleine qui sort de la mer et se transforme en volcan, et donne naissance au « Capelinhos ». La lave qui descend les flancs enneigés du Pico. D’ailleurs je pense souvent à cette image car cette image ressemble beaucoup à ce qu’on pouvait observer pendant le mois de mars, je dirais même tout l’hiver (2020/21) sur les flancs de l’Etna. Les éruptions répétitives de l’Etna, les rivières de laves traversant les flancs enneigés de l’Etna, qui descendent vers la « Valle del Bove » .  J’observe cette phase d’intense activité éruptive de l’Etna depuis des semaines sur le site ING-Vulcani. J’admire les images spectaculaires de l’éruption prises par Boris Behncke et j’espère que la population habitant  autour de l’Etna reste saine et sauve. Jusqu’à présent cela semble plutôt bien s’être passé, à part les pluies de cendres qui couvrent les toits et les voies de circulation ! Cette phase d’activité éruptive intense de l’Etna actuel est d’ailleurs un évènement, une éruption quasiment oubliée par les medias internationaux ! Les images spectaculaires qui me proviennent régulièrement de Sicile en ce moment ressemblent beaucoup  aux images de mon rêve de l’éruption du Pico aux Azores.

Et concernant le rêve du  « tsunami », du «  Raz-de-marée »  recouvrant Port Leucate, je me suis souvent demandé si il est possible de courir en dix minutes du Front de Mer avec deux enfants en bas-âge à la main sur l’Avenue de la Septimanie, de la plage du Kyklos au Pont de la Corrège pour se mettre à l’abri du coup de mer, d’un tsunami ? On pourrait dire qu’il s’agit seulement d’un mauvais rêve. Mais j’ai quand même des doutes que les communes longeant la côte méditerranéenne en Occitanie soient  vraiment préparées à un grand coup de mer submergeant les terres proches de la mer. Je ne parle même pas de Tsunami. Une grosse tempête comme en Novembre 1999, peut – être un peu plus forte, une tempête d’ailleurs complètement disparue de la mémoire collective[4], quelles conséquences aurait une telle tempête de nos jours sur la façade maritime de l’Aude. A part un lourd bilan humain, certaines sources parlent de 36 morts[5], – c’est cette image insolite des bateaux, dont le « Danube voyager » divaguant sur la plage des Coussoules entre la Franqui et Port la Nouvelle qui  reste gravée dans ma mémoire. Des bateaux de haute mer échouant a l’intérieures des terres, – j’ai  donc vu cela avant le Tsunami  provoqué par le Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku au Japon  – c’était à Leucate en France, sur la plage des Coussoules en Novembre 1999. On peut retrouver les images des bateaux échoués lors de la tempête du 12 novembre 1999 dans l’article « Souvenir d’une bien mauvaise journée sur la côte languedocienne (nov. 1999) » de Philippe Lauga sur le site de Marine Marchande ! Je finis sur avec les souvenirs de cette image insolite des bateaux divaguant au milieu des terres – l’exemple des bateaux échouées sur la Plage des Coussoules à Leucate montre que nous ne sommes pas à l’abri d’une telle catastrophe naturelle comme le Japon a dû la subir en Novembre 1999. Un tsunami comparable aux Tsunami du 11. Mars 2011 au Japon semble assez improbable, mais par contre une tempête un peu plus forte que la tempête du 12. Novembre 1999, pourrait avoir des conséquences assez considérables pour les côtes du Languedoc.

Pour élargir un peu l’horizon temporel, je rappelle qu’en Europe, dans le Monde méditerranéen, – des méga catastrophes naturelles sont aussi possibles – comme le prouve par exemple « l’éruption campanienne » une super éruption volcanique survenue il y a peu près 39. 000ans  qui bouleversa considérablement l’environnement méditerranéen.  Ou la « Watersnood van 1953 » le Raz-de-marée en mer du Nord en 1953 qui laissa derrière elle 2500 morts. D’ailleurs dans ce contexte, dans un billet écrit en allemand en mars 2010 « Sturm Xynthia : Blick von der Unterhaardt auf La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon und Port Leucate » j’avais déjà décrit les risques qu’encourrait le lido entre Leucate-Plage et le Barcarès, plus spécialement Port Leucate en cas de raz de marée ! C’était avant la catastrophe de Fukushima ! Concernant les risques de submersion marine sur la côte méditerranée je renvoie à l’article de Luc Bénéteau « A l’aube du changement climatique, quelles sont les prises en compte de l’évolution du niveau de la mer dans l’aménagement du littoral en Languedoc-Roussillon ? » publié dans le livre Hommage à Jean –Marie Miossec « Rivages et Horizons » édité par Amadou Dio & Monique Gherardi en 2019. D’après cet article la commune du Barcarès se trouve entièrement en zone rouge et Leucate seulement partiellement. Mon impression personnelle est que Port Leucate se situe plus au moins dans la même classe de risque que la commune du Barcarès[6]. Mon impression personnelle sur le risque accru de submersion marine à Port Leucate est d’ailleurs confirmée dans l’analyse de  Corentin Regrain (2016)  sur  la vulnérabilité de la commune de Leucate  face à la submersion marine. Dans la Carte 18 (page 83) du document le secteur de Port Leucate est classé comme dans une zone de  très fort indice de vulnérabilité face aux submersions marines. D’après mon impression personnelle, le pont de la Corrège est le seul endroit à l’abri d’un « raz de marée » à Port Leucate – est ce d’ailleurs là que je me suis refugié dans mon cauchemar de la nuit du 11. Mars 2011 !

On peut toujours spéculer sur l’avenir, la probabilité des catastrophes naturelles, – mais personnellement j’ai l’impression que nous en Europe, – et là je pense surtout à la France et à l’Allemagne nous ne sommes guère mieux préparés que le Japon en Mars 2011 face au Tsunami provoqué par le Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku. Ce sentiment est renforcé par l’impression que j’ai de nos sociétés face à la maladie du COVID-19  – que le sont l’Allemagne ou la France – nous sociétés n’étaient nullement préparées à un évènement dont on savait assez bien qu’il allait se produire dans un proche avenir ! En Allemagne par exemple en 2012 on avait déjà évalué un scenario de risque par un virus de type Sars[7] – mais aucune conséquence politique  n’en fut tirée ! D’ailleurs dans ce même document, un scénario d’accident nucléaire de type Fukushima en Allemagne est aussi analysé ! Il s’agit là du rapport „Unterrichtung durch die Bundesregierung Bericht zur Risikoanalyse im Bevölkerungsschutz 2012“ – qui était censé  montrer des scénarios de risque pour la société allemande (pandémie, catastrophe nucléaire, crues & inondations) et aussi  ouvrir des options d’intervention pour le gouvernement allemand face à tels risques. On sait maintenant que ce document a dorloté pendant huits ans quelque part dans un grenier virtuel – et quand on se rappelle  ce rapport, la pandémie décrite dans  ceci était déjà arrivée !

J’ai écrit ce récit, curieux mélange de « rêves, impressions personnelles, et paragraphes à caractère presque scientifique avec sources & documents » en mars & avril 2021. Pour me retrouver dans la région de Tôhoko pendant mes relecture des divers ouvrages sur Fukushima » j’ai utilisé les cartes du paragraphe « le tsunami du 11 mars »  publié dans « Atlas du Japon »  édité par Philipe Pelletier. J’avais acheté cet ouvrage en mars 2015 pour essayer de comprendre à quel point le Tsunami avait redessiné la géographie du Tôhoku.

J’aurais pu écrire un tel récit chaque printemps après le Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku tellement cette catastrophe naturelle m’avait marqué[8]. Un an après le Séisme j’avais lu le numéro special de la Neue Rundschau « Japan » consacré à la perception de la catastrophe de Fukushima par les écrivains japonais, – dont je retiens ici l’article introducteur de l’éditeur du magazine littéraire japonais  Gunzō Ryosuke Saegusa (2012) « wo steht die japanische Literatur nach Fukushima ? ».  Dans ce contexte je me souviens de «  Der Tag an dem ein Mensch weggeschwemmt wurde (Kenzaburō Ōe)“, „Der Bärengott (Hiromi Kawakami)“ et „die mobile Bibliothek (Kōtarō Isaka)“. Fraudait peut – être un de ces jours relire ce volume dédié au Japon après la catastrophe de Fukushima !

Pendant la lecture de ce fascicule de la « Neue Rundschau » consacré aux conséquences de  Fukushima je pensais écrire un récit sur ma perception personnelle du drame de Fukushima. Durant le Wintersemster 2013/14 j’avais même introduit un petit paragraphe sur la perception du paysages japonais par les écrivains et artistes japonais dans mon cours de « géobotanique » – et insiste sur le fait que la façon dont nous percevons le paysages et la nature a d’une certaine manière aussi été influencée par l’art japonais.  J’ai aussi essayé de trouver une réponse à la question si le désastre de Fukushima avait changé la perception du paysage par les artistes et écrivains japonais, – mais ceci est particulièrement difficile si on ne lit pas le japonais. Est-ce que nos vues sur le Japon ont changé par ce qui se’est passé sur les côtes du Tōhoku. J’ai un peu l’impression que l’Allemagne après avoir abandonné le nucléaire civil s’est un peu désintéressée de ce qui se passait sur les rivages du pacifique dans la Région du Tōhoku. Peut-être que je me trompe, – mais l’article de la wikipedia.de sur la Région du Tōhoku semble beaucoup moins documenté et informatif que l’article de wikipedia.fr. – et ceci est un phénomène assez rare pour les articles sur une région dans la Wikipédia.

Donc depuis ce fatidique 11 Mars 2011 dix printemps sont passés – et finalement dix ans après Fukushima je suis passé à l’acte de mettre sur papier, disons sur l’écran, ce qui me restait comme souvenirs de mars 2011.

Nous vivons le printemps 2021, – deuxième année de la pandémie de COVID-19, qui a déjà tué plus d’hommes que le Tsunami provoqué par le Séisme de de la côte Pacifique du Tōhoku en 2011. La France est le huitième pays à  franchir le seuil des 100 000 morts du Covid-19  [9],[10], – ce qui fait a peux près 5 fois plus de victimes que le Tsunami et la catastrophe de Fukushima !

Pendant l’écriture j’écoute le nouveau CD d’Elina Duni « Lost Ships », co- enregistré avec Rob Luft. Les bateaux perdus, – les lost ships, – ceci me rappelle les bateaux perdus à l’intérieur des terres du Tōhoku  que la vague meurtrière a oublié de ramener vers le Pacifique, mais aussi les bateaux perdus sur la plage des Coussoules à Leucate en novembre 1999. Mais j’ai aussi impression que nos gouvernements, que ce soit en France ou en Allemagne, divaguent comme des bateaux perdus dans une mer sombre et inconnue qui est le maladie du COVID-19 … Je finis cet étrange récit sur mes souvenirs 10 ans après le drame de Fukushima, – la voix d’Elina Duni de ce remarquable album « Lost ships » qui accompagne mon écriture !

Images & Photos :

Actuellement dans ce billet on trouve une seule illustration. Cette  image est un scan de la couverture du nouveau  CD de Elina Duni « Lost Ships »[11]. Accompagne par la musique de ce merveilleux CD  j’ai compose  ce billet de blog sur le clavier de mon ordinateur. Peut-être qu’au fur et à mesure j’ajouterai d’autres images et photos. On pourra observer l’évolution de l’article dans un site d’archivage du web (Way backmachine, Archive.today ) sous cette adresse ou à l’adresse suivante. Concernant la physionomie du volcan Pico, la plus haute montagne du Portugal, souvent dénommée comme le « Fuji portugais » on trouve de belles photos sur la Wikipédia montrant le Pico couvert de neige, – une fois vue depuis la rade de du port de Horta sur l’ile de Faial  – et une fois vue depuis l’ile de Sao Jorge.

Bibliographie, sources et documents:

Textes écrits et autres documents :

J’ai essaie de réunir ici tous les documents que j’ai utilisé pour écrire le texte, même si pas tous les ouvrages ont été directement cité ou mentionne dans le texte. Mais d’une manière ou d’une autre ils ont influence l’écriture du récit !

Deutscher Bundestag 17 Wahlperiode (Hg)(2013) : Unterrichtung durch die Bundesregierung. Bericht zur Risikoanalyse im Bevölkerungsschutz 2012. Drucksache17/12051. 03. 01. 2013.

Diop, Amadou, Diop ; Gherardi, Monique (Dir)(2019) : Rivages et Horizons. Hommages au géographe Jean-Marie Miossec. Paris, Territoires de la Géographie, l’Harmattan, ISBN 978-2-343-16823-3

Bénéteau, Luc  (2019) : À l’aube du changement climatique, quelles sont les prises en compte de l’evolution du niveau de la mer dans l’aménagement du littoral en Langeudoc-Roussillin ? In : Diop, Amadou, Diop ; Gherardi, Monique (Dir) : Rivages et Horizons. Hommages au géographe Jean-Marie Miossec. Paris, Territoires de la Géographie, l’Harmattan, p. 223- 242. , ISBN 978-2-343-16823-3

Ferrier, Michaël (2018) : Fukushima. Récit d’un désastre. Folio/Éditions Gallimards. Paris, ISBN 978-2-07-045047-3

Ferrier, Michaël (2021) : Dans l’œil du désastre – créer avec Fukushima. Sous la direction de Michaël, Ferrier. Vincennes. Éditions Thierry Marchaisse. ISBN 978-2-36280-254-6

Isaka, Kōtarō (2012) : Die mobile Bibliothek.  Aus dem Japanischen von Heike Patschke. In: Neue Rundschau, „Japan“ Heft 1/2012,  123.Jahrgang, S. 103- 127, ISBN 978-3-10-809088-3.

Kawabata, Yasunari (2012) : Pays de neige. Roman traduit du japonais par Bunkichi  Fujimori. Texte Français par Armel Guerne. Paris, biblio roman- le livre de Poche (Albin Michel), ISBN 978-2-253-03073-7

Kawabata, Yasunari (2020) : Première Neige sur le Mont Fuji et d’autres nouvelles. Traduit du japonais par Cécilie Sakai. Paris, le livre de Poche (Albin Michel), ISBN 978-2-253-06935-5

Kwakami, Hiromi (2012) : Der Bärengott.  Aus dem Japanischen von Ursula Gräfe und Kimiko Nakayama-Ziegler. In: Neue Rundschau, „Japan“ Heft 1/2012,  123.Jahrgang, S. 20- 33, ISBN 978-3-10-809088-3.

Lacassin, R. ; Lavelle, S.  (2016): The crisis of a paradigm. A methodological interpretation of Tohoku and Fukushima catastrophe. In:  Earth-Science Reviews 155 (2016) 49–59

Makariou, Sophie; Lefèvre, Vincent (2020) : Fuji pays de neige. „Cet ouvrage accompagne l’exposition ‚Fuji, pays de neige‘ présentée à Paris, au musée national des arts asiatiques – Guimet (MNAAG) du 15 juillet au 12 octobre 2020.“, Paris, Réunion des musées nationaux – Grand Palais, ISBN 978-2-7118-7525-2

Minoura, K. ; Imamura, F. ; Sugawara, D. ; Kono, Y.; Iwashti, T.  (2001): The 869 Jōgan tsunami deposit and recurrence interval of large-scale tsunami on the Pacific coast of northeast Japan . In: Journal of Natural Disaster Science, Volume 23, Number 2, 2001, pp83-88

Ōe, Kenzaburō (2012) : Der Tag, an dem ein Mensch weggeschwemmt wurde.  Aus dem Japanischen von Sabine Balmes. In: Neue Rundschau, „Japan“ Heft 1/2012,  123.Jahrgang, S. 13- 19, ISBN 978-3-10-809088-3.

Pelletier, Phillipe (2012) : Atlas du Japon. Après Fukushima, une société fragilisée. Nouvelle édition augmentée. Paris. Éditions autrement. ISBN 978-2-7467-3213-1

Radkau, Joachim (2011) : Die Ära der Ökologie. Eine Weltgeschichte. München, Verlag C.H. Beck, ISBN 978-3-406-61372-2

Regrain, Corentin (2016) : Évaluer la vulnérabilité face à la submersion marine: approche multicritère sur la commune de Leucate. Mémoire de Master 1 Sciences des territoires, spécialité Carthagéo. Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne UFR de Géographie.

Roulet, Daniel de (2011): Tu n‘as rien vu à Fukushima. Paris, Buchet & Chastel. ISBN 978-2-283-02524-4

Ryosuke, Saegusa (2012) : Wo steht die japanische Literatur nach Fukushima ? Aus dem Japanischen von Heike Patzschke. In: Neue Rundschau, „Japan“ Heft 1/2012,  123.Jahrgang, S. 7- 12, ISBN 978-3-10-809088-3.

CD :

Elina Duni & Rob Luft:  Lost Ships. ECM Records München.

Christophe Neff, écrit en Mars & Avril 2021, – dix ans après le Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku et la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Publié le jeudi 15.04.2021


[1] Exposition « Fuji, pays de neige » – présentée à Paris, au musée national des asiatiques – Guimet (MNAAG) du 15 juillet au 12 octobre 2020.

[2] Sur ma relation très personnelle avec l’ile de Faial etc. voir aussi le billet « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) ».

[3] Ce petit livret fut d’ailleurs traduit en allemand par  Maria Hoffmann-Dartevelle sous le titre « Fukushima mon amour. Brief an eine japanische Freundin »

[4] Voir aussi « Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate »

[5] Voir aussi « Tempête en Méditerranée du 12 novembre 1999 ».

[6] Voir aussi le Poster « L’apport de la géomatique dans l’évaluation des vulnérabilités humaines et matérielles (submersion marine). L’exemple de la commune littorale de Leucate (France) » présenté par Monique Gherardi au « Deuxième Symposium International de l’AGT : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie »

[7] Cette analyse de risque fut publie dans la Bundesdrucksache Drucksache17/12051 le 03.01.2013 – d’ailleurs librement consultable sur Internet !

[8] Le premier billet de blog de paysages traitant la catastrophe de Fukushima fut le billet « Blognotice 14.3.2011 ».

[9] Voir aussi « 100 000 morts du Covid-19 en France, un bilan traumatisant et des chiffres banalisés » par Chloé Hecketsweiler dans le Monde.fr du 15.04.2021

[10] Voir aussi l’Éditiorial de Jérôme Fenoglio « Face au désastre du Covid-19, une nouvelle responsabilité » dans le Monde.fr du 14.04.2021

[11] Lien vers «Bella ci dormi » du CD « Lost Ships »sur le site de Elina Duni.

Schramberg Janvier 2021 – pays de neige / Schramberg Januar 2021 – Schneeland

Voyant les paysages enneigés de  Schramberg et de la Raumschaft Schramberg, qui me parvenaient via Facebook et d’autres voies de communication durant le mois de janvier 2021, me réveillèrent les souvenirs d’enfance, ma scolarité au Gymnasium Schramberg. Des images d’hiver ressemblant aux hivers de Forêt-Noire des années 1960,70 et 80 comme je l’ai connue durant les années d’enfance et de jeunesse à Schramberg. Ici à Grünstadt par contre le mois de janvier fut plutôt marqué par le « Dauerregen » pluies et grisailles plus ou moins permanentes.

La transformation du paysage par les chutes de neiges de janvier 2021 fut d’une telle intensité que la ville de Schramberg a même ouvert un concours de photos sur Facebook – « Winter in Schramberg ». Sur cet album « Facebook » on trouve des photos des paysages de neiges qui semblent ressurgir d’un passé lointain !

Je reproduis ici sur paysages deux photos selectionées de Rainer Langenbacher publié par la ville de Schramberg sur Facebook. Voyant ces photos, – je me replongeais dans mon enfance, je reprenais mon chemin d’écolier des hauteurs du Sulgen à la Talstadt Schramberg à travers les forêts de Sapins couvertes par un épais manteau de neige. Je descendais le Steighäusle pour rejoindre le Gymnasium Schramberg, en face le Schlossberg couvert de neige, les sapinières élançant leurs cimes blanches argentées dans le ciel limpide d’hiver bleu azur. Les photos de Rainer Langenbacher ne reproduisent pas le regard que j’avais comme écolier descendant le Steighäusle et la Charlottenhöhe vers la ville basse de Schramberg, – mais ils me replongent dans les souvenirs de l’atmosphère de long hivers de Forêt-Noire, des forêts et des paysages de neiges l Les deux photos de Rainer Langenbacher que je reproduis ici sur paysages montrent pour la premier le Schloßberg avec la ruine Hohenschramberg et des Pins sylvestres et Sapins couverts de neige, la deuxième est une vue sur le Sulgen avec son Wasserturm (château-d’eau) caractéristique et en arrière-plan  le Château de Hohenzollern.

Der Anblick der Schneelandschaften in Schramberg und der der Raumschaft Schramberg, welche mich via Facebook und über andere Wege während des Januar 2021 erreichten, weckten Kindheitserinnerungen, Erinnerungen an die Schulzeit im Gymnasium Schramberg. Diese Winterbilder erinnerten mich an die Schwarzwaldwinter die ich in den 1960,70 und 80 Jahre während meiner Kindheits und Jugendjahre in Schramberg erleben konnte. In Grünstadt war der Januar 2021 hingegen von Dauerregen und grauem Winterwetter geprägt.

Die Verwandlung der Landschaften durch den Januarschnee rund um Schramberg hat die Stadt Schramberg sogar dazu bewegt einen Photowettbewerb namens „Winter in Schramberg“ auszurufen. Auf diesem „Facebookalbum“ findet man Bilder von Schneelandschaften die wie aus einer fernen Vergangenheit auferstanden zu sein scheinen. Ich gebe hier auf paysages ein paar ausgewählte Bilder von Rainer Langenbacher die von der Stadt Schramberg auf Facebook veröffentlicht wurden wieder. Als ich diese Photos sah, tauchte ich in meiner Kindheit ein, – ich begann meinen Schulweg von den Höhen des Sulgens durch die tief verschneiten Tannenwälder in die Talstadt Schramberg. Ich lief das Steighäusle hin ab Richtung Gymnasium Schramberg, und auf der anderen Talseite gegenüber breitet sich der Schloßberg mit seinen Tannen aus. Tannen deren silbrig weiße Wipfel in den klaren azurblauen Winterhimmel ragten. Die Bilder von Rainer Langenbacher haben nicht den „Regard“, den Blick den ich als Schüler auf dem Schulwegs über Steighäusle über die Charlottenhöhe in die Talstadt Schramberg hatte, – und doch haben sie in mir die Erinnerung an die Atmosphäre der langen Schwarzwaldwinter geweckt, Erinnerungen an tief verschneite Wälder und Schneelandschaften. Die beiden Bilder von Rainer Langenbacher, die ich hier in paysages wiedergebe, zeigen zum einen den Schloßberg mit der Ruine Hohenschramberg und schneebedeckten Kiefern und Tannen, zum anderen einen Blick auf den Sulgen mit seinem charakteristischen Wasserturm und im Hintergrund die Burg Hohenzollern.

Photos: toutes/alle © Rainer Langenbacher/ Autorisation obtenue le 29.01.2021 par courrier électronique. Genehmigung am 29.1.2021 per email eingeholt.