Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île le de Faial/Açores)

vol vers Horta- vue sur le Pico 21.09.2019
vol vers Horta- vue sur le Pico 21.09.2019, © Christophe Neff 2019

Il y  a maintenant déjà vingt ans que je débarquai à Castelo Branco, le petit aéroport de Horta sur l’île de Faial, pour débuter mes recherches géographiques et géobotaniques sur le complexe de Capelo à l’ouest de l’île de Faial aux  Açores. Ce fut durant la fin de l’été 1999 que je découvris l’île de Faial, en venant de l’ile de Flores et de Terceira, et depuis entre 1999 et 2008 je suis retourné quasiment chaque année. L’accident de 1999, qui engendra la naissance du blog paysages sur le Monde.fr, interrompra mes voyages jusqu’ en 2017[1]. Enfin en Septembre 2017, jusque 60 ans après la naissance du Capelinhos j’avais enfin l’occasion de revenir à Faial et de poursuivre mes recherches, que j’ai poursuivies durant la deuxième moitié de Septembre 2019 sur la dynamique

Blick auf Capelinhos Sept 1999
Vue sur le Capelinhos, Septembre 1999, © Christophe Neff, 09/1999

végétale dans le complexe de Capelo. Le complexe de Capelo, ou plus précisément le complexe volcanique de Capelo (complexo vulcânico do Capelo en portugais/ Capelo Volcanic Complex en anglais) désigne la partie occidentale de l’île de Faial, dénommée aussi  la péninsule de Capelo, qui est un paysages formé par volcanisme relativement récent, 11 systèmes volcaniques, formant 33 cônes, qui se sont formés durant les derniers 8000 ans, et dont le volcan Capelinhos est le dernier né. Je ne vais pas trop m’attarder sur mes recherches menées sur le complexe volcanique de Capelo, – j’ai soumis début Septembre 2019 un article dénommé « Observations de la dynamique végétale sur le volcan des Capelinhos (Île de Faial/ Açores /Portugal)[2] » à la revue de géographie portugais « Finisterra » – qui résume tous mes travaux scientifiques effectués sur le site du complexe volcanique de Capelo entre 1999 et 2017 – et j’espère Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos (Ile de Faial - Açores - Portugal)_Seite_02naturellement que l’article sera accepté (sans trop de changements). Notons que Finisterra est une des rares revues scientifiques internationales  qui accepte encore des articles écrits en français.  J’aimerais ici dans le « billet » de blog plutôt me pencher sur ma perception personnelle des changements de ces paysages  depuis 1999, surtout aussi parler de quelques rencontres personnelles faites durant tous ce voyages de recherches, rencontres qui ont laissé des traces dans mes « souvenirs de voyage à Faial ».

A mon arrivée à Faial, il n’y avait pas des « tourisme » digne de ce nom. Quelques randonneurs, des équipages des voiliers qui se réunissaient chez « Peters ». Les petits déjeuners dans la salle à manager de l’ Hôtel Faial[3], – ou j’ai toujours débarqué pendait mes voyages – se passait dans le calme – quelques touristes français & francophones, des américains, des luso-américains  à la recherche de leurs racines açoriennes.

approche à Flores (Hotel Faial 28.09.2017)
Photo des dessins de « Transalls » de l’Armée de l’Air en vol vers ancienne base française de Flores (Bar de l’Hôtel Faial 28.09.2017), © Christophe Neff, 09/2017

Cela cependant a complètement changé,  le tourisme est bien arrivé à Faial. La salle à manger de l’Hôtel Faial, le matin, pendant l’heure du petit déjeuner a perdu son calme, – il y  a du monde maintenant qui prend son petit déjeuner ici. D’ailleurs les dessins montrant la base française de Flores, l’approche des « Transall » vers le petit aéroport de Santa Cruz de Flores ont disparu de la salle à manger de l’Hôtel Faial, mais heureusement on les retrouve au Bar de l’Hôtel. Ces dessins qui rappellent les souvenirs de la présence de la base militaire française de l’ile de Flores sont aussi dans ce sens un vestige d’une période presque oubliée – la guerre froide et le développement de la « Force de Frappe »  française. Jadis c’était cette base qui faisait tourner l’économie de la petite  île de Flores, ce petit caillou perdu dans l’atlantique du Nord, – qui géologiquement appartient déjà à l’Amérique, Flores fait partie de la « Plaque nord-américaine »[4]. Flores est surtout le petit village de Fajã Grande sur la côte occidentale de l’ île sont un monde à part qui semble être oublié des grands bouleversements qui ont secoué la planète ces vingt dernières années – c’est au moins ce que je retiens de deux séjours dans ce village en 1999 et 2001[5].

peterslivrefranQuand je descendis la première fois à l’Hôtel Faial, une grande partie du personnel était encore « francophone », cela a changé, à  part Valther le maître d’Hôtel qui maitrise parfaitement la langue de Voltaire, – l’Hôtel est devenu un lieu anglophone (comme d’ailleurs une grande partie du paysage touristique portugais). Un des rares endroits où  une partie du personnel parle encore français est le fameux « Peter Café Sport » sur le Port de Horta. C’est là par ailleurs que je fis une rencontre qui m’a montré à quel point le Portugal a souffert de la crise de 2007/08.

Vue sur Peter Café Sport (Horta 25.09.2019)
Vue sur Peter Café Sport (Horta 25.09.2019), © Christophe Neff

Une jeune femme, architecte diplômée et photographe, a dû quitter les paysages du Nord du Portugal où elle a grandi, passé ses études, pour gagner sa vie à Horta, – car ici à Faial le tourisme (qui était quasiment inexistant en 1999) a pendant les années de crises (et même après)  procuré quelques possibilités de survivre économiquement. Beaucoup de jeunes portugais ont d’ailleurs été obligés d’immigrer au Brésil, vers l’Angola et de même le « flux » de l’immigration portugais envers la France et la Suisse a repris pendant ces années de crise. Marianna la jeune photographe venue du Nord du Portugal a choisi de tenter sa chance à Faial – elle boucle ses mois en travaillant chez « Peters ».

Quand je suis arrivé sur les champs de cendres de Capelo en 1999, à Cedros il y avait le restaurant de Nick, « O’Esconderijo-Nicks Hide away » – à Capelo « l’artisanato do Capelo » de Véronique, à Norte Pequeno le Bar « Fim do Mundo (Fin du Monde) » de Domingos – et le restaurant « Bela Vista » à Capelo – oui la partie occidentale de île de Faial – en 1999 c’était encore quasiment la Fin du Monde.

Bar Fim do Mundo September 2001 Norte Pequeno
Bar Fim do Mundo September 2001 Norte Pequeno, © C.Neff 09/2001

Le Bar « Fim do Mondo[6] » était une véritable institution a Norte Pequeno (dont j’avais déjà une fois parle un peu ici). On pouvait se ravitailler, boire un café, et naturellement découvrir l’intérieur du Café, – décoré avec des cartes du National Geographic, des extraits du « Boston Globe », du « Cape Code Times »…..et les histoires de Domingos et de Patricia[7]. Un véritable « Café des Géographes » au fin du Monde où on rêvait de Nantucket , New Bedforddu Cape Code , Martha’s Vineyard  – de terres promises du Massachusetts, de Rhode Island mais aussi de Paris, Lisbonne et autres terres lointaines. Le souvenir de John Fitzgerald Kennedy, de son frère Robert était encore très présent. Ce John qui avait forgé avec le Senateur John O. Pastore le « Azorean Refugee Act » ou « Pastore-Kennedy Act of 1958 » qui avait ouvert la porte des Etats –Unis aux habitants de Faial, car l’éruption du Capelinhos, – pour les familles de Capelo, Norte Pequeno, Praia du Norte – fut une véritable catastrophe, – un phénomène terrorisant la partie occidentale de l’île de Faial[8],[9].

Et parfois un Pickup  passait devant le « Bar » vendre ses « Bananes » – car c’est presque oublié dans le grand Monde – les Açores c’est aussi un pays de Bananes. Beaucoup d’ Açoréens ont dans leurs jardins, une petite plantation de Bananes, – mais les grandes plantations  comme par exemple aux Antilles ou en Amérique centrale n’existent pas aux Açores.

Malheureusement les époux Andrade  ont fermé le « Fim do Mundo » il y a quelques années. Mais il reste le souvenir de cet endroit magique. Car c’était un peu ca – un endroit magique du bout du Monde[10].

Le fin du Monde en 1999 c’était la partie occidentale de Capelo vers le vieux phare de Capelinhos –le Farol da Ponta dos Capelinhos. Le centre du  Centro de Interpretação do Vulcão dos Capelinhos   était inexistant, aucune résidence secondaire à Capelo sur la « Rua do Canto » à Capelo ! En Septembre 1999 on descendait la « Rua do Canto » pour arriver au vieux phare du Capelinhos et après on pouvait descendre vers le vieil

Vulk. sukz. Arundo donax + Erica azorica Capelo-Capelinhos Aschefelder 2002
Vue sur la végétation des champs de cendres du Capelinhos à Capelo dominé par la Canne de Provence (Arundo donax) en Septembre 2002, © Christophe Neff, 09/2002

embarcadère de Porto Comprido. Un paysage de champs de cendres recouvert de « Canne de Provence »,  de quelques Tamaris et de Banksia côtier – et au bout de la « rua do Canto » – la rue du Canto – le Cabeço do Canto est un des Cônes volcaniques surplombant Capelo et faisant donc partie du Complexe volcanique de Capelo. Dans cette petite ruelle que fit la « Rua da Canto » en 1999, il y avait dans une petite maison en pierre volcanique où se trouvait « l’Artesanato do Capelo », le seul endroit où on pouvait trouver quelques infos sur le Capelinhos, des extraits de vieux journaux, des livres en portugais et en français. Ce centre était le premier début du « Centro de Artesanato do Capelo » qui de nos jours se trouve au soi-disant centre de Capelo.

IMG« L’Artesanato do Capelo » c’était le royaume de Véronique.  Je me rappelle  encore bien, quand je rentrai dans la petite maison en Septembre 1999, me débrouillant dans mon portugais approximatif avec une forte intonation française – et Véronique s’est tout de suite  mise à parler en français avec moi – et après avoir découvert mon accent alémanique/alsacien – elle passa à l’allemand. Véronique avait passé une très longue partie de sa vie comme artiste à Paris, mais elle est originaire de la Suisse alémanique des environs de Bâle – et elle avait donc tout de  suite reconnue dans ma prononciation française mes origines « alémaniques ». C’est d’ailleurs ici chez « Véronique » dans

Capelinhos retrospectivas
Couverture du livre « Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1 » édite par Victor Hugo Forjaz en 1997

« L’Artesanato » que j’ai acheté mon premier livre scientifique sur l’éruption du Capelinhos. C’était l’ouvrage « Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1 » – édite par Victor Hugo Forjaz en 1997, – un livre qui contient presque tous les articles scientifiques en fac-similé qui ont été publiés après l’Eruption du Capelinhos dans les années 1950 et 1960. Une grande partie de ces articles étaient d’ailleurs publiés en Français, – le français était encore une langue scientifique importante, – et de plus l’élite scientifique portugaise (et intellectuelle) était tout à fait francophone.

Véronique erzählt GP Azoren SS 2019
« Véronique » en Septembre 2019, © Christophe Neff, 09/2019

Et depuis cette rencontre en Septembre 1999, chaque fois que je suis retourné à Faial (sauf en 2017) j’ai rendu visite à Véronique / Verónica Scholer Brasil Alves. Au début des années 2000 elle avait encore sa petite boutique artisanale en face de sa maison  – dans laquelle j’achetais des « foulard en soie » pour mon épouse – et pour Véronique c’était naturellement aussi l’occasion de parler un peu l’allemand. Car au début du 2 eme millénaire, – les résidences secondaires appartenant à des allemands ou suisses alémaniques à Capelo cela n’existait pas encore. Ceci depuis a complètement changé. Les résidences secondaires du début du 2 eme millénaire c’était surtout les belles demeures à Varadouro  des descendants des émigrés qui avaient fui l’éruption volcanique de 1957/58 vers Rhode Island et le Massachusetts, descendants de famille qui avait « réussi » sur l’autre côté de l’atlantique dans les états de la Nouvelle -Angleterre ! Je suis repassé en Septembre 2019 chez « Véronique » – et Véronique nous aouvert son jardin pour une petite visite.

Véronique
« Bananes » dans le jardin de Véronique, © Christophe Neff, 09/2019Véronique

Bananes, Oranges, légumes et aussi quelques plantes ornementales …. un jardin idéal pour l’autosuffisance, mais aussi un jardin qui nécessite endurance et persévérance, beaucoup de travail.  Et puis Véronique nous parle de changements du paysage à Capelo, la vigne qui réapparait massivement, les résidences secondaire qui poussent par endroit comme des champignons. Et surtout le climat qui change, – les étés deviennent de plus chauds, – des semaines sans pluies – avec un soleil qui tape comme dans le Midi, – autrefois quand Véronique avait débarqué à Capelo- les étés ressemblaient plutôt aux étés de Bretagne ou de Normandie – mais pas aux étés torrides du midi méditerranéen. Véronique avait cherché une île calme avec des étés et des hivers doux pour cette deuxième vie après ces turbulentes années de vie d’artiste à Paris et à Berlin. Mais les changements climatiques semblent avoir « méditerranisé» les étés de Faial et en plus il semble attirer les touristes. Les flux touristes, qui autrefois n’existait pas, certes précise-t-elle c’est surement dû aussi au « Centro de Interpretação do Vulcão dos Capelinhos ». D’un autre côté le « tourisme » a aussi apporté un peu de « prospérité » et de « culture artistique » à Faial.

O Esconderijo à Cedros (25.09.2019)
O Esconderijo à Cedros (25.09.2019), © Christophe Neff, 09/2019

« Nick ‘s Hideway – O Esconderijo »  je l’ai découvert grâce à la première édition du guide « Azoren » de Michael Bussmann édite en 1999. Ce guide d’ailleurs est un phénomène, c’est certainement un des guides les plus complets sur les Açores – j’ai depuis 1999 acheté toutes les éditions de ce guide[11], [12].Je pense que pour tous les voyageurs lisant l’allemand et désirant découvrir les Açores, la lecture de ce guide est un véritable must pour un voyage aux Açores. D’ailleurs grâce à la 7 eme édition de 2019  de ce guide je viens de découvrir le restaurant  «Praya »  sur la plage d’Almoxarife, petit restaurant, avec une architecture remarquable, vue sur la plage, qui vaut certainement le détour. Revenons chez « Nick » à Cedros.

Deckblattbussmann1999
Couverture du premier guide « Azoren » de Michael Bussmann

Décrite par la première édition du guide «  guide Bussmann », j’ai découvert Nick en 1999[13], – la petite terrasse penche sur un petit ruisseau lui-même ombragé par une luxuriante végétation, des « Monsteras » énormes, sous lesquelles on prenait l’apéro sur la terrasse !

Les chaumes des bambous balayées par les vents de l’atlantique, le timbre d’un curieux mélange de chansons françaises, cap verdienne, du folk et du rythme & blues baignant ce petit coin de Cedros. Dans mes souvenirs cette petit vallée était « sonorisée » par les voix de Georges Moustaki, Nicoletta, Georges Brassens, Cesária Évora, Madredeus, Joan Baez, Stephan EicherThe Doors et beaucoup d’autres voix que se perdent dans les souvenirs. Peut-être aussi du Wagner, « Tristan und Isolde », « Siefried Idyll », peut-être – mais les souvenirs lointains peuvent aussi devenir trompeurs, il y  a déjà longtemps que Nick a vendu son « restaurant » on the « wilde side ». Et comme l’écrivait le guide « Bussmann » –on trouvait le meilleur « bifteck » de l’île (voir aussi la note en bas de page 13 avec citation originale du guide « Guide Bussmann de 1999 » (en allemand)),  pas seulement les meilleurs steaks mais aussi les meilleurs Vins de l’ile de Faial. Au début du 2 IIème millénaire trouver de bons vins à Faial n’était pas si facile, les restaurateurs avaient toujours le problème de trouver un bon « importateur » pour « importer » de bons crus portugais ou français du continent vers le petit ilôt au milieu de l’atlantique. Mais depuis cela a aussi changé. Il y quelques années Nick a vendu son affaire aux néo-ruraux allemand  Hans Einwang venu du Chiemgau  – et Nick’s Hideway est redevenue «-

Relevé de végétation dans le jardin du O Esconderijo (25.09.2019 Cedros-Faial)
Relevé botanique dans le jardin du « O Esconderijo », © Christophe Neff, 09/2019

O Esconderijo [14] ». Le nouveau propriétaire a changé la formule du restaurant, fini le bon « bifteck » à la Nick, le restaurant propose une carte 100% végétarienne.  Nous n’avons pas eu la chance de déguster la nouvelle formule gastronomique propoése végétarienne par Hans, mais d’après le « Bussmann de 2019 » Hans propose une cuisine digne d’une belle table étoilé[15], [16].  Néanmoins le décor de la végétation luxuriante baignant le lieu  n’a pas changé et Hans le nouveau propriétaire nous a même permis de faire un relevé des plantes de ce décor végétal unique.

Oui, Capelo a changé, et je pourrais encore remarquer une centaine de petits détails. On pourrait aussi dire que l’ile de Faial s’est un peu plus rapprochée du continent. Au mois un, parfois deux vols par jours pour Lisboa, – en Septembre/Octobre 1999 il n’avait que 3 vols hebdomadaires pour Lisbonne. Le Jardin botanique de Faial (Jardim Botânico do Faial) qui était en 1999 un petit ilôt de jardin  minuscule est devenu un véritable centre de recherche scientifique – et en plus néanmoins c’est aussi devenu un véritable «jardin botanique », avec une très belle collection d’Orchidées, « l’Orquidário dos  Açores »  qui mérite vraiment une visite. Et si on a de la chance de tomber sur Marco Rosa on a même droit à une visite guidée en français. Je pense que pour tous les amateurs de « fleurs », de « botanique » le jardin botanique de Faial est une « étape incontournable ». Notons, que le livre « Natural History of the Azores (Histoire naturelle des Açores) » à qui j’ai consacré un billet dernièrement, est en vente dans la petite boutique du Jardin botanique.

Capelinhos Blick in die Reste des alten Zentralkraters September 2002
Le cratère principal du Capelinhos en Septembre 2002, © Christophe Neff, 09/2002

Et du fameux Capelinhos,  je n’en ai jusqu’ à présent pas parlé dans ce billet. Comme j’ai déjà écrit au début de ce billet, j’ai soumis début septembre 2019 un long article scientifique qui résume mes travaux botaniques sur le Capelions et  les champs de cendres de Capelo à la revue de géographie « Finisterra ». Mais c’était avant ce voyage à Faial de la mi-septembre 2019. L’ascension aux

Capelinhos forbidden( 23.09.2019)
accès interdit au volcan du Capelinhos/acces forbidden to the Capelinhos volcano /interdito o acesso ao vulcão dos Capelinhos , © Christophe Neff, 23.09.2019

Capelinhos est interdite depuis le dernier hiver (2018/19). Les tempêtes de l’hiver dernier ont gravement érodé le passage entre l’ancienne cote et le Capelinhos – et l’ascension du Capelinhos est devenue une dangereuse aventure. Difficile de recevoir un droit de passage – j’ai bataillé pendant une semaine pour enfin réussir d’obtenir cette autorisation.

Gruppenbild GP Azoren 2019 auf dem Capelinhos 28.09.2019
Avec les étudiants du KIT sur la paysages des cônes volcaniques du Capelinhos en Septembre 2019, © Carmen Schrötel 09/2019

Le samedi 28 septembre 2019 j’ai enfin pu faire mes relevées de plantes sur le Capelinhos avec 6 étudiants du KIT qui m’accompagnait. Du retour du Capelinhos deux rangers nous attendaient durant notre descente vers Porto Comprido. J’ai montré l’autorisation, mais les deux rangers m’avertirent que j’avais bien dû avoir deux autorisations, l’une pour pouvoir effectuer des travaux scientifiques et l’autre d’avoir la permission de « grimper » sur le Capelinhos. Donc pour la prochaine fois je saurai que j’aurais besoin de deux autorisations[17].

Mais j’ai de forts doutes qu’il y aura une prochaine fois ! J’ai quitté l’ile le Dimanche 29. Septembre. Début Octobre l’Ouragan Lorenzo (2019) a frappé les Azores de toutes forces. Je crains que cet ouragan qui frappe l’ile de Faial avec des vagues d’une hauteur d’une quinzaine de mètres ait définitivement interrompu l’accès terrestre au Capelinhos.

Dans ce billet j’ai décrit mes « impressions » très personnelles sur les changements des paysages et de la géographie de la partie occidentale de l’île de Faial, ce qu’on dénomme aussi « complexe de Capelo » ou « Complexe volcanique de Faial ». Le seul lieu qui ne semble pas avoir trop changé depuis le début du 2 -ème millénaire c’est le restaurant « Bela Vista » à Capelo/Areeiro – et si bien comme ça- on y trouve encore une très bonne cuisine açorienne traditionnel !

Il y eu beaucoup de changements à Faial, – mais les grands traits de la géographie sont les mêmes depuis des décennies, des centenaires, des millénaires – l’atlantique, le volcanisme, les tremblements de terre et les tempêtes & ouragans. Volcans, tremblements de terres, les dégâts des tempêtes ont assez souvent poussé les habitants de Faial vers l’émigration (USA, Canada, Brésil)  – mais d’une  autre partie Faial est aussi une terre d’immigration ….. pour des nouveaux arrivants du continents – qui pour des tas de raisons tentent  leur s« chances » ou simplement cherchent  « le calme » sur cette nouvelle terre – en attendant la prochaine éruption d’un volcan, d’un nouveau coup de séisme, d’une nouvelle tempête qui s’abat sur l’île.

« le jour se lève à Horta » 25.09.2019
« le jour se lève à Horta » , © Christophe Neff, 25.09.2019

Je tâcherai de revenir à Faial pour encore observer la dynamique de la végétation pionnière du Capelinhos. Peut-être aussi tenter enfin de faire depuis Faial le voyage vers Sao Jorge, une des rares iles des Azores que je ne connais pas encore[18] ! Sao Jorge, est à ma connaissance le seul endroit en Europe où on cultive le Café. Et naturellement, ramener des T-Shirts, des Polos de chez Peters, – pour mes enfants. Depuis 1999 de chaque voyage j’ai ramené des T-Shirts, des Polos de chez Peter’s pour mes enfants, – et si possible aussi d’ailleurs aussi un peu de thé des Açores. Le thé des Açores  de nos jours provient de l’ile de Sao Miguel, mais la culture du thé fut aussi pratiquée à Faial,  – les théiers font leur apparition à partir de 1872 à Faial comme produit de substitution aux orangeries des Faial, -l’orange  fut au 19 -ème siècle un des principales ressources économiques de Faial (voir aussi Rudel 2002, p.73/74). Toute cette histoire on peut la lire,  la relire dans le magnifique ouvrage de Christian Rudel sur les Açores « Les Açores: Un archipel au cœur de l’Atlantique » – et même si le livre a été déjà écrit en 2002, je pense, qu’ il présente encore de nos jours les principaux traits de l’histoire et de la géographie de l’Archipel des Açores. Concernant la Culture du thé aux Açores, on trouve une description très exhaustive dans le chapitre «  The Azores and Brazil (pages 713 – 718)» du livre « The Tale of Tea (la sage du thé)» de George van Driem (2019).  D’ailleurs ce livre est un véritable chef-d’œuvre sur le thé, je l’impression que l’auteur a réussi de réunir toute l’histoire, je dirais même tous le savoir sur le thé et sa culture, son histoire, sa géographie, oui même l’ethnolinguistique du thé, dans un seul livre.

Aufsetzten TAP Airbus Horta Castelo Branco Sept. 2000
Atterrissage d’un vol TAP en provenance de Lisbonne en Septembre 2000 a l’aéroport de Horta,  © Christophe Neff 09/2000

Pour les lecteurs de ce billet, qui aimerait savoir plus sur la nature, la géologie & géographie physique, l’environnement des Açores, je recommande la lecture du livre « Natural History of the Azores », livre dont je parle dans un des mes derniers billet ! Pour finir – et vue qu’on trouve des photos d’avion (ou prises d’avion) – sans avion il est quasiment impossible d’arriver à Faial. L’aéroport de Horta est un aéroport très spécial, – une piste ultra courte [19] – et surtout pas de ILS. Donc les conditions météorologiques peuvent souvent retarder même annuler un vol de ou vers Horta. Naturellement on peut aussi venir en bateau, voiliers à Faial,   mais il faut du temps pour traverser cette partie de l’atlantique.

Vulkan Sukz. Erica azorica Capelo September 2002
Pousse de « Erica azorica (bruyère des Açores)», une plante endémique des  Açores, sur les champs de cendres de Capelo, © Christophe Neff 09/2002

Concernant les images dans ce billet  – durant mes voyages aux Açores 1999 à 2008 j’ai principalement fait des « diapos » – une très grande partie de ces images attendent encore d’être scannées et digitaliseées[20].  En utilisant ces images on pourrait aussi construire aussi un « inventaire » des changements de paysages du « complexe de Capelo ». Mais ceci est une autre histoire, un autre défi. Donc presque pas d’images de mes premiers voyages vers Faial dans ce billet.

Je confie que j’ai écrit ce billet à partir de mes souvenirs, – je n’ai pas utilisé mes notes de voyages pour ce billet – ni de mon « Feldbuch » – il s’agit donc d’un récit personnel écrit en Octobre 2019, sorte de mémoires personnels sur mes voyages à Faial entre 1999 – 2019.

Photos toutes © Christophe Neff, sauf la photo « Avec les étudiants du KIT sur la paysages des cônes volcaniques du Capelinhos en Septembre 2019 » de © Carmen Schrötel

Livres & articles cités :

Bussmann, Michael (1999) : Azoren. Orignalausgabe 1999, Erlangen (Michael Müller Verlag),ISBN 3-932410-23-8

Bussmann, Michael (2019): Azoren. 7. komplett überarbeitete und aktualisierte Auflage , Erlangen, (Michael Müller Verlag), 978-3-95654-568-9

Driem, George van (2019): The Tale of Tea : A Comprehensive History of Tea From Prehistoric Times to the Present Day. Leiden, Brill, ISBN 978-9004386259

Forjaz, V.H (Ed.)(1997): Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1. [The Capelinhos Volcano: retrospectives Vol.1. ] Ponta Delgada: Observatório Vulcanológico e Geotermico dos Açores

Marrou, L. (2016): Insularité et dépeuplement : le cas de l’île de Flores aux Açores (Portugal). In : Espaces, Population, Sociétés.

Neff, C. (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288.

Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.

Neff, C. (2019): Observations de la dynamique végétale sur le volcan des Capelinhos (Île de Faial/ Açores /Portugal) , soumis/submitted to Finisterra le 02.09.2019 for Special number Finisterra, “Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions” edited by Carlos Neto.

Neff, C.; Bassing, S; Frankenberg, P. (2001): Das Bild der Azoren in Reiseführern – Klischee oder Realität? S. 165–174. In: Stier, B. (Hrsg.): Stadt und Land: Bilder, Inszenierungen und Visionen in Geschichte und Gegenwart; Wolfgang von Hippel zum 65. Geburtstag.

Pereira, Jorge Alberto da Costa; Calvet, Nuno (1995): Peter Café Sport. Texte en français. Lisboa

Rudel, C. (2002): Les Açores: Un archipel au cœur de l’Atlantique. Paris, (Karthala), ISBN 2-84586-254-7

Tabucchi, A. (1983): Donna di Porto Pim e altre storie. Palermo,  (Sellerio)

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2018) : Natural History of the Azores. Second revised updated edition. Ponta Delgada, Geotrota – Unipessoal Lda. ISBN 978-989-54137-0-6

Christophe Neff, écrit en Octobre 2019 à Grünstadt, publié le 3. Novembre 2019.

[1] Voir aussi le billet « Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn »

[2] L’article reprend les principaux traits d’un exposé du même titre que j’ai tenu durant la conférence « Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Praia, Cabo Verde, November 5-7, 2017 » à Praia au Cap Vert en 2017. Voir aussi « « Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017 ».

[3] De nos jours l’Hôtel s’appelé « AZORIS FAIAL GARDEN », ici le lien vers la présence web en portugais et en anglais. Malheureusement il n’y a pas de « page web » en français!

[4] Il n’y pas beaucoup de sources sur l’histoire de la base française à Flores – on trouve quelques lignes dans l’article de Louis Marrou  (2016): « Insularité et dépeuplement : le cas de l’île de Flores aux Açores (Portugal). In : Espaces, Population, Sociétés. »

[5] Voir aussi Neff, C: “ (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288.

[6] Le tenant du Bar « Fim do Mondo » c’était Domingos Andrade, qui fut parfois épaulé par son épouse Patricia.

[7] Si je me souviens bien, Patricia fut aussi le correspondant du Cape Code Times.

[8] Voir la description dans  “60 years of Capelinhos and the Azorean Refugee Act”, et “Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.”

[9] Voir aussi « Blognotice 10.12.2014: L’éruption du Pico do Fogo du 23.11.2014 – l’éruption oubléie …. »

[10] Un trouve un souvenir du « Bar Fim do Mondo » sur la page Facebook de Solange Viera – un petit film(en portugais) sur Domingos et Patracia Andrade les tenants du fameux « café des géographes ».

[11] En 2001 j’ai publié avec deux collègues (Sascha Bassing et Peter Frankenberg)  une petite analyse sur l’image et la perception des paysages des Açores dans le guide de voyage « Das Bild der Azoren in Reiseführern – Klischee oder Realität? S. 165–174. In: Stier, B. (Hrsg.): Stadt und Land: Bilder, Inszenierungen und Visionen in Geschichte und Gegenwart; Wolfgang von Hippel zum 65. Geburtstag. »

[12] „Hier da dort“ est le site des «journalistes de voyage » « Michael Bussmann & Grabriele Tröger ».

[13] Bussmann 1999, p. 326 «  Restaurante O Esconderijo, wie der Name schon sagt versteckt gelegen. Wurde 1997 von dem Schweizer Nick Stump eröffnet. Das Lokal ist bekannt für seine saftigen Steaks und ein ausgezeichnetes Lamm. Innen sehr gemütlich und liebevoll eingerichtet. Außen schöne Terrasse über einen Bach, der nur im Winter Wasser führt.“

[14] O Esconderijo = en français = la cachette

[15] Bussmann 2019, p.303 « Restaurante O Esconderijo ….. Für 20 Euro bekommt man ein Wahnsinns-4-Gänge Menu (angerichtet wie in der Sternegastronomie) inkl. Wasser und Getränk des Tages“. Vieles ist bio und von der Insel, manches aus dem eigenen Garten“

[16] On trouve aussi une belle description du O Esconderijo de Hans dans un billet de blog (en allemand) de 2016 du Weckenblog « O Esconderijo: Bei Hans gibt es das beste Essen der Azoren (le meilleur repas des Acores c’est chez Hans).

[17] Je pense publier les résultats des prospections botaniques & écologiques dans une revue scientifique

[18] En fait je connais ou je suis passé en escale à Flores, Pico, Terceira, Faial et Sao Miguel.

[19] La longueur de la piste à Horta est de 1595 m d’après l’article de wiki.en sur l’aéroport d’Horta (dernière consultation 30.10.2019).

[20] Dans ce contexte voir aussi « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. »

Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2018/2019

Next Thursday, 10 October, at 13:00 CET the Swedish Academy will announce the winner of the Nobel Prize in Literature 2018 and 2019. In the years as blogger on le Monde.fr I tried to make a forecast for the annual Nobel Prize in Literature[1], the last in 2017 – under the titel “Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2017”. Since them a long time has passed, – the paysagesblog on le Monde.fr disappeared, because in April 2019 le Monde decided to stop his subscribers blogs, blogs which were called “les blogs abonnées du Monde.fr” in French[2]. In Juin 2019 “paysages” was relaunched with the post “Nouveau départ pour le blog paysages” on wordpress.com.  So I relaunch here my “Nobel Prize Forecast in Literature” on paysage, in continuation of what I wrote on paysages when it was hosted and edited on “les Blogs le Monde.fr”.

Concerning the Nobel Prize in Literature 2018/19 it’s very difficult to make a plausible forecast, perhaps we will see the name of Anne Carson or Maryse Condé appear on the scene, as  M.A. Orthofer wrote it on the 30 of September 2019 in the Literary saloon. Perhaps one of the prizes could be awarded to Milan Kundera as Bertrand Fitoussi wrote recently in the Express.

scan pierre antónio lobo antunesBut frankly spoken I have no clear idea, – my personal favorite is the Portuguese novelist António Lobo Antunes. Just reading “Até Que as Pedras Se Tornem Mais Leves Que a Água” in the French translation «Jusqu’à ce que les pierres deviennent plus douces que l’eau » of Dominique Nédellec published by Christian Bourgois Éditeur in Paris, I think that Antunes would largely merit to get a Nobel prize in Literature. The book was also recently translated into English by Jeffe Love under the titel “Until Stones Become Lighter Than Water[3]” in the serie “The Margellos World Republic of Letters” published by Yale University Press.

Bookcover Until Stones Become Lighter Than WaterSo my list of favorite’s begins with António Lobo Antunes, even if he does not appear on any odd list. Antunes could be followed by Maryse Condé, Claudio Magris, and the following writers I also listed in 2017Adonis, Ismail Kadare, Margaret Atwood, Art Spiegelman, Marjane Satrapi, or Don DeLillo. Next Thursday at 13.00 we will know more!

Christophe Neff, 08.10.2019

P.S. (10.10.2019 13:25): Finally Olga Tokarczuk was awarderd with the Nobel Prize in Literatur 2018 and Peter Handke with the Nobel Price in Literature 2019.

 

[1]  See also, Le Nobel à Herta Müller ? Der Literaturnobelpreis für Herta Müller ? ,Wer wird den Literaturnobelpreis 2010 verliehen bekommen?, Blognotice 5.10.2011 – neiges automnales & prochain lauréat du Prix Nobel de littérature , Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2012, Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2013, Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2014, Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2015, Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2016, Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2017.

[2] See also: «La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr » and « La fin du blog paysages sur les blogs LeMonde.fr – Das Ende des Blog « paysages » auf den Blogs von Le Monde.fr ».

[3] Book description of “Until Stones Become Lighter Than Water” on the Yale University Press Site.

Natural history of the Azores – História Natural dos Açores – vue et lue par paysages

Natural history of the Azores 2018 bookcover scanLe livre „Natural history of the Azores (histoire naturelle des Açores)” écrit par António Neves Trota et Maria João Pereira, est la version révisée et augmentée des livres « História Natural dos Açores[1] » et de sa version anglaise « Natural History of the Azores » paru en 2015 et qui fut éditée par les mêmes auteurs. A part le fait que la version anglaise de 2018 comporte à peu près 40 pages de plus et qui est naturellement écrite en anglais, on trouve une description des divers centres de recherche écologique, comme par exemple le jardin botanique de Faial, mais aussi une liste complètes des plantes vasculaires des Açores, et une liste des vertébrés présents sur les Açores en 2018. Ce livre qui réunit à peu près tous les résultats de recherches géologiques, écologiques et botaniques sur les Açores effectuées jusqu’en 2017 nous présente des chapitres sur les origines géologiques et volcaniques des Azores, sur leurs évolutions biogéographiques, sur l’influence de l’homme sur les milieux terrestres des différentes iles. Pour les scientifiques travaillant ou désirant travailler sur les Açores ce livre donne un très bon résumé des connaissances scientifiques écologiques jusqu’en 2017- et l’abondante bibliographie du livre permet de voir plus loin si nécessaire.  Donc le livre nous présente un véritable état des lieux scientifiques sur les milieux naturels des Açores en 2017, ce qui est déjà un exploit considérable.

HistriaNaturaldosAoresJe pense que pour un scientifique travaillant sur les Açores le livre fournit une très bonne base de travail. Mais l’intérêt du livre « Natural History of the Azores » va plus loin, – pour tous les amoureux des paysages des Açores – randonneurs, botanistes amateurs, ornithologues amateurs etc., même pour l’humble touriste voyageur – le livre « Natural history of the Azores » est un véritable « must ». La lecture de ce livre permet au naturaliste amateur et au touriste éclairé de se procurer une base scientifique pour comprendre l’histoire, le fonctionnement et la dynamique des écosystèmes des Açores.

Petit bémol, il est difficile de trouver ce livre. Personnellement j’ai dû contacter les deux auteurs du livre pour me procurer et acheter ce livre quasiment introuvable en Europe continentale. Du moins en Allemagne, il était impossible d’acheter ce livre. Peut être les auteurs devraient-ils chercher une coopération avec la La librairie portugaise & brésilienne de Paris pour permettre une distribution plus large de cet ouvrage fort utile pour la recherche scientifique ainsi que les naturalistes amateurs préparant un voyage aux Açores. Peut-être pourrait-on  même penser à une version française, vu que le Portugal et aussi les Açores attirent de plus en plus de Français, et que Maria João Pereira une des auteurs, dont j’ai pu faire la connaisse durant le dernier congres FloraMac2018 à Funchal, parle et écrit couramment le français.

Je finis cette petite analyse d’ouvrage avec le constat que le livre « Natural history of the Azores » est un livre qui réunit très bien les connaissances écologiques actuelles sur l’Archipel des Açores,  c’est aussi un beau livre, avec de très belles illustrations, cartes, graphiques, images de principales espèces végétales endémiques, naturalisées ou même plantes exotiques envahissantes !

Ouvrages cités:

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2013): História natural dos Açores. Ponta Delgada, 2013Universidade dos Açores, Ponta Delagda, Segunda edição revista e actualizada 2013, Setembro de 2013, Tiragem 1000 exemplares,ISBN 978-972-8612-91-7

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2015): Natural History of the Azores. Regional Directorate for the Environment, ISBN 978-989-20-5622-7

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2018) : Natural History of the Azores. Second revised updated edition. Ponta Delgada, Geotrota – Unipessoal Lda. ISBN 978-989-54137-0-6

Christophe Neff, – écrit le 15.09.2019 et publié le 16.09.2019

[1] J’ai aussi parlé du livre  « História Natural dos Açores » lors de la conférence FloraMac2018 à Funchal :  „«Un premier aperçu de l’histoire de la description géographique, naturaliste et botanique des Açores : De Michel Adanson  à  la « « História Natural dos Açores » », communication orale, par Christophe Neff (KIT-IFGG), “FloraMac 2018, Funchal, Madeira, 12-15 September, 2018“

Rétrospective sur le blog paysages en 2018 – les billets les plus lus de « paysages » en 2018

waldbrandfläche Schiltach - Kirchberg - Zustand am 07.09.2018
le site de l’incendie de forêt de Schiltach-Kirchberg du 20.08.2018, situation du 07.09.2018, © Christophe Neff 07.09.2018

Le blog paysages entre dans sa dixième année d’existence[1]. Comme les années précédentes[2], je publie une petite rétrospective sur l’année passée sur paysages présentant les billets les plus lus de paysages durant l’année 2018.

L’article le plus consulté en 2018 fut l’article «« Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017» (5,44% des consultations sur paysages en 2018), article écrit en 2017 qui retrace un voyage d’étude géobotanique à l’archipel de Cap Vert (Santiago, Fogo) que j’ai effectué en Novembre 2017. Les paysages que j’ai découverts pendant ce voyage d’étude m’ont fortement marqué, mais cela n’explique pas le succès du billet que j’avais dédié à ce voyage. Peut-être aurai- je la chance de revenir aux iles du Cap dans quelques années, peut être pourrai-je approfondir le remarquable travail de Teresa Leyens sur la végétation de l’ile de Fogo[3].

En deuxième position on trouve l’article « Erinnerungen an die „märklinModerne“ » ((5,19% des consultations sur paysages en 2018), billet assez autobiographique, qui à partir d’une analyse d’un livre «märklin Moderne. Vom Bau zum Bausatz und zurück »  sur la relation entre modélisme ferroviaire et architecture en Allemagne dans la période d’après-guerre, retrace aussi la relation que l’auteur avait pour les trains miniature, et plus spécialement les trains de la marque Märklin. D’ailleurs c’est la première fois qu’un article écrit en allemand se hisse à la deuxième place des articles les plus consultés sur paysages durant une année.

Enfin au troisième rang le billet «Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité)» (3,57% des consultations sur paysages en 2018). C’est un article déjà écrit le 04. juin 2009, traitant « paysages & feux de forêts », c’est d’ailleurs un des premiers articles de paysage, car c’est le 24. Mai 2009 que le blog paysages débutait avec l’article « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? ». C’est certainement aussi un des premiers « notices de blog » qui thématise les relations entre changements climatiques et fréquences d’incendies de forêts.

En quatrième position l’article « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » (3,35% des consultations sur paysages en 2018) billet écrit en 2009 qui nous rappelle l’Incendie de la forêt des Landes de 1949.

En  cinquième position on trouve l’article « The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France) » (3,28% des consultations sur paysages en 2018), billet écrit en anglais en 2009, décrivant l’Incendie de la forêt des Landes de 1949. Ce billet est une adaptation anglaise du billet 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes. A la différence de l’article français, la version anglaise insiste sur le fait qu’avec les changements climatiques les feux de forêts catastrophiques, tels que le fut l’incendie de la forêt des Landes, pourraient sensiblement augmenter en Europe.

En sixième position on trouve le billet « Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018 » (3,05% des consultations sur paysages en 2018), encore un article qui se penche sur les incendies de forêts de l’été 2018. Dans ce billet publié en anglais j’insiste surtout sur les interdépendances entre dangerosité de futurs feux de forêts et changements climatiques.

En septième position on trouve  l’article « Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate » (3,00% des consultations sur paysages en 2018) écrit en février 2012 et décrivant les conséquences d’un hiver exceptionnel sur le pays leucatois. D’ailleurs ce billet fut aussi le billet le plus consulté en 2014, en 2015 et en 2016.

En huitième position on trouve l’article « Blognotice 01.05.2017: « Les fleurs qui poussent à travers les rails de la France périphérique » (2,96% des consultations sur paysages en 2018). Ecrit en début de Mai 2017 ce billet est une sorte de « géographie personnelle » sur l’état de la France pendant l’Élection présidentielle française de 2017. Ce billet écrit un en 2017 est aussi un aperçu géographique sur la France périphérique, où beaucoup des problèmes qui ont ressurgi avec le mouvement des gilets jaunes sont déjà décrits assez précisément. C’est d’ailleurs avec le mouvement des gilets jaunes que cet article a de nouveau retrouver un lectorat assez large. Notons que en 2017 le billet ce trouvait à la cinquième place (2,67 % des consultations sur paysages en 2017) des consultations sur paysages.

En neuvième position la notice « Bonne année 2018 – Prosit Neujahr 2018 – Happy New Year 2018 » (2,14% des consultations sur paysages en 2018), pas un article mais une sorte de carte de bonne année – avec une très belle photo comme décor que j’ai prise à Horta sur l’ile de Faial montrant l’aurore sur le  Pico (Montanha do Pico en portugais) en Septembre 2017.

Enfin en dixième position la petite notice bilingue  « Märzwinter und Frühlingsbeginn 2018 an der Unterhaardt/ Hiver de Mars et début de printemps 2018 dans la Unterhaardt » (2,12% des consultations sur paysages en 2018)sur les derniers soubresauts de l’hiver avec apparition des neiges de mars (Märzschnee en allemand) et le début du printemps avec les premiers amandiers en fleurs et les vignes légèrement recouvertes de neige dans la Unterhaardt.

entre terre et mer - une um agc languedoc-roussillon travese l'e
« entre etang et mer » une UM de AGC « Languedoc-Roussillon» traverse le chenal entre « Grau de la Franqui » et « l’etang de Lapalme ». © Christophe Neff 31.03.2018

Comparé aux années passée le blog paysages est devenu moins leucatois, donc plus international même si nous trouvons à la onzième place encore un article traitant de Leucate, « Début Août 2018 : 39,1 à Leucate, intempéries en Tunisie, et l’« Incêndio de Monchique (Incendie de Monchique) » (1,90% des consultations sur paysages en 2018) – le record de température avec 39,1 sur la station météo du Cap Leucate. Et à la douzième place, dans l’article « Impressions du « Deuxième Symposium International de l’AGT : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie » je parle aussi de Leucate, des risques de submersion marine à Port Leucate qui étaient aussi en rendez-vous de cette conférence internationale de géographie.

Les évènements de l’année 2018 ont laissé des traces sur paysages, –  d’une part les évènements des gilets jaunes ont provoqué un gain d’intérêt pour le billet «  Blognotice 01.05.2017: « Les fleurs qui poussent à travers les rails de la France périphérique » – et de l’ autre ce furent surtout les articles traitant les incendies de forêts qui furent les articles les plus consultés dans paysages pendant l’année 2018. Et malheureusement, l’année 2018, même si ceci est déjà tombé un peu en oubli, fut une année assez dévastatrice quant aux incendies de forêts, -surtout en Grèce, au Portugal, en Suède, aux Etats-Unis en Californie et même l’Allemagne a eu droit à son lot de feux de forêts durant l’été 2018. Personnellement pour diverses raisons, je ne travaille presque plus sur les feux de forêts, – quelques interviews données à des medias allemands durant l’été 2018[4] –et la supervision d’une thèse de Master sur la modélisation des risques des incendies de forêts en Forêt – Noire[5], ainsi que qu’ un petit cours de terrain sur le feux de forêts en Forêt -Noire[6] –mais néanmoins avec l’expertise scientifique que j’ai acquise pendant les dernières décennies je pense que en 2019 nous allons une fois de plus être confrontés à des scenarios d’incendies de forêts catastrophiques. La Californisation, la suburbanisation d’une part, – et les changements climatiques d’autres part – sont un cocktail particulièrement dangereux qui peuvent engendre de plus en plus de feux de forêts mortels.

Biblio :

Berkemann, Karin; Bartetzko, Daniel (HG./EDS)(2018): märklin Moderne. Vom Bau zum Bausatz und zurück. From Architectur to Assembly KIT and back again. Berlin, 2018, Jovis Verlag, ISBN 978-3-86859-518-5

Leyens, Teresa (2002) : Biodiversität und Erhalt der Hochlagenvegetation der Insel Fogo (Kap Verde): Ausarbeitung eines Konzeptes für ein Schutzgebiet. Dissertation. Rheinischen Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn.

Photo : © Christophe Neff 1.) 07.09.2018 – le site de l’incendie de forêt de Schiltach-Kirchberg du 20.08.2018, situation du 07.09.2018, 2.) 31.03.2018 « entre etang et mer » une UM de AGC « Languedoc-Roussillon» traverse le chenal entre « Grau de la Franqui » et « l’etang de Lapalme ».

Christophe Neff, le 27.01.2019

[1] Le premier billet « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ?«  fut édité le 24,.5.2009.

[2] Voir :  « Rétrospectives sur le blog paysages en 2017 – les billets les plus lus de « paysages » en 2017 », « Rétrospectives sur le blog paysages en 2016 – les billets les plus lus de « paysages » , « Rétrospectives sur le blog paysages en 2015 – les billets les plus lus de paysages en 2015 » et « Rétrospectives sur le blog paysages en 2014 – les billets les plus lus de paysages en 2014 ».

[3] Leyens, Teresa (2002): Biodiversität und Erhalt der Hochlagenvegetation der Insel Fogo (Kap Verde): Ausarbeitung eines Konzeptes für ein Schutzgebiet. Dissertation. Rheinischen Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn. Download ici.

[4] Par exemple „Bundeswehrgelände in Meppen Warum der Moorbrand so schwer zu löschen ist“ dans le Spiegelonline du 18.09.2018 .

[5] Hodapp,L. (2017): Assessment of the wildfire hazard potential in the Black Forest National Park. KIT, unpublished Masterthesis in Geoecology.

[6] Voir aussi „Schiltach  -Waldbrandgebiet als Studienobjekt“ dans le Schwarzwälder Bote du 07.09.2018.

Blognotice 27.10.2018: Le réveil du lendemain de l’élection présidentielle aux Brésil, sera un réveil difficile, amer et douloureux !

Le réveil du lendemain de l’élection présidentielle aux Brésil, sera un réveil difficile, amer et douloureux !  D’après tous les sondages, sauf miracle Jair Bolsonaro va remporter les élections présidentielles au Brésil. Avec Bolsonaro dans son lit, la démocratie brésilienne va vivre un cauchemar, et comme Maud Chirio l’a récemment dit dans une interview dans le Monde je suis « très inquiète pour la démocratie brésilienne».  Personnellement d’après tout ce que j’ai lu sur « Bolsonaro » je ne le considère pas comme un « Trump brésilien » mais j’ai l’impression qu’il ressemble plutôt à une version brésilienne de Rodrigo Duterte. Difficile de faire des analyses politiques sur un pays que je ne connais que par mes lectures et par ses écrivains. Il y a plus de trente ans, j’avais pris des cours de portugais en fac (à l’Université de Mannheim), pour pouvoir un jour voyager au Brésil, – mais je ne suis jamais arrivé à amarrer sur les côtes brésiliennes bien que j’aie découvert d’autres pays lusophones, -le Portugal, les Azores, la Cap Vert. Bien sûr que je sais, que la faillite de  la classe politique entière[1], la corruption, la criminalité incontrôlée et galopante sont des fléaux qui deviennent de plus en plus menaçants pour une très grande partie de la population brésilienne. Mais je ne crois pas que Jair Bolsonaro  possède un seul véritable remède contre tous ces fléaux qui ravagent la société brésilienne. Et en plus , on peut aussi craindre le pire pour la situation environnementale du Brésil, l’Amazonie, les restes de la Mata Atlântica.. Si certains écrivains comme par exemple Milton Hatoum en cas de victoire de Jair Bolsonaro songent à faire leur valise et d’émigrer en France ou au Portugal[2] la situation est grave. Tout cela me rappelle étrangement la situation de l’Allemagne en 1933.

Oui, le réveil du lendemain de l’élection présidentielle aux Brésil, sera un réveil difficile, amer et douloureux !

Christophe Neff, le 27.03.2018

[1] Voir l’article « Brésil : Bolsonaro, ou la faillite de la classe politique » de Claire  Gatinois, Rérolle dans le Monde, Samedi 27. Octobre 2018, p. 2-4,  (version electronique  voir ici) .

[2] Voir l’article « Les intellectuels s’élèvent contre le candidat d’extrême droite » de Raphaëlle Rérolle dans le Monde, Samedi 27. Octobre 2018, p. 3.  (version electronique voir ici).

Début Août 2018 : 39,1 à Leucate, intempéries en Tunisie, et l’« Incêndio de Monchique (Incendie de Monchique) »

Nouveau record de température à Leucate, – le 4.08.2018 le thermomètre avait atteint 39,1 à la station météo du Cap Leucate[1]. Pendant ce même temps des intempéries avaient lourdement touché la Tunisie[2]. Inondations, éboulements de terrains … mais en Europe les intempéries qui avaient lourdement touché la Tunisie n’avaient pas de retombée médiatique. Même chose pour le début du « méga-incendie » qui naissait dans la Serra de Monchique, – l « Incêndio de Monchique », immense feu de forêt, qui a déjà depuis dévoré plus de 26.000 ha de Forêts & Maquis. D’après les données du EFFIS[3], en ce moment où j’écris ces lignes 26957 ha ont disparu en fumée durant « l’incendie de Monchique ». Naturellement, depuis que ce « méga-incendie » a pris de l’ampleur, les medias en France en parlent un peu, – mais après tout on médiatise plutôt le « front des feux de forêt en Californie », surtout le « Mendocino Complex Fire ». Même si les feux de forêts en Californie, m’intéressent par nécessité professionnelle, je me sens bien plus touché par ce qui se passe au Portugal en ce moment. Suivant l’évolution dès les débuts de l’incendie de Monchique sur le net  & les medias portugais, j’ai bien l’impression que la société portugaise est « abasourdie » par cet énorme feu de forêts qui ravage l’Algarve. Patrica Jolly a assez bien résumé cette situation par les lignes suivantes « Traumatisé par le décès de 114 personnes dans des incendies en 2017, le Portugal s’épuise dans la lutte contre un feu qui frappe l’Algarve .. »[4]

Personnellement je me sens assez touché, car il y a à peu près 20 à 25 ans, je parcourais l’Algarve pour récolter les données pour mon « modelé de simulation de feux de forêts » qui allait devenir ma thèse de doctorat. Je sillonnais les monts et vallée entre Monchique, Sagres et Alcoutim – buvais mes premières gorgées de « Aguardente de medronho » – cette eau de vie à base de fruit d’arbousier une spécialité de l’Algarve, qui était il y a vingt ans encore assez méconnue en dehors du Portugal. Le résultat de mes recherches & simulations fut que l’abandon des systèmes traditionnels de l’utilisation des terres comme par exemple les « Montados » allaient à la longue produire une accumulation de « masse combustible » et former des paysages hautement inflammables[5].  D’après ce que j’ai lu dans le Diário de Notícias l’incendie est sous contrôle depuis ce vendredi 10.08.2018[6].

Pendant que ce désastreux incendie progressait et s’étalait dans Serra de Monchique la station météo du Cap Leucate enregistrait avec 39,1 C les 4.08.2018 son record de température[7]. L’année dernière déjà début août on enregistrait un record avec 37.5 à Leucate. Comme je l’avais déjà écrit l’année dernière mes grands-parents avaient à la fin des années 1960 choisi Port-Leucate pour échapper à la lourdeur des étés (et ses lots d’orages) dans la plaine du Rhin à Strasbourg/Eckbolsheim[8], et plus tard  comme lieu de villégiature pour fuir les vagues de chaleurs estivales du Bas-Languedoc quand ils se sont installés à Aubod près de Nîmes dans le Gard. Durant les années 1960 et 1970 les chaleurs excessives à Leucate, c’était plus tôt un fait rarissime – dans mes souvenirs Leucate et ses plages étaient plutôt une véritable « Sommerfrische[9] ». J’ai bien l’impression que les choses changeant – les jours de la « Sommerfrische » sur les plages leucatoise, – appartiennent peut-être à l’histoire.

Dans mon dernier post de blog j’écrivais « I am convinced that climate change will make future wild fires more dangerous for people in the Mediterranean regions all over the world in the coming years[10]/ je suis convaincu que les changements climatiques vont produire des incendies de forêts plus dangeureux pour les habitants de toutes les régions méditerranéennes du Monde ». Le record de 39,1 enregistre le 04.08.2018 à Leucate, les intempéries de début Aout 2018, en Tunisie, l’incendie de Monchique ainsi que les températures de début Aout 2018 avoisinant les 47 degrés au Portugal, tout cela me donne l’impression que le climat méditerranéen, peut-être même les climats méditerranéens[11], le Sud de l’Australie connaît actuellement une sècheresse accrue dont on ne parle guère en ce moment en Europe[12], sont entrés dans une phase de « dérangement » climatique. Au-revoir « la Sommerfrische » sur les plages leucatoises. On devra bien s’adapter aux changements climatiques qui s’annoncent[13].

Christophe Neff, Grünstadt le 11.08.2017, publié le 12.08.2018.

[1] Voir dans  https://www.infoclimat.fr/climatologie/globale/leucate/07666.html le tableau en bas de page les périodes de chaleurs.

[2] Voir « Tunisie. Plusieurs régions touchées par des inondations ».

[3] Voir http://effis.jrc.ec.europa.eu/

[4] Patricia Jolly „L’UE cherche à renforcer son dispositif d’aide lors des catastrophes – Le mécanisme européen de solidarité entre Etats membres a été activé dix-huit fois en 2017, une année chargée en feux et inondations » dans Le Monde, Vendredi 10 aout, planète p.5 . Pour les abonnés du Monde en version électronique ici.

[5] Voir Neff, C. : MEDGROW – Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftwandel im Mittelmeerraum. Mannheimer Geographische Arbeiten 52, Mannheim (ISBN 3- 923750-80-3) et concernant les résultats (simulations & modelés) du Sud du Portugal, les pages 115 – 119.

[6] « Incêndio em Monchique está „dominado“. Arderam 27 mil hectares – O fogo de Monchique fez 39 feridos, um deles em estado grave, e obrigou à evacuação de várias zonas habitacionais »

[7] Voir dans  https://www.infoclimat.fr/climatologie/globale/leucate/07666.html le tableau en bas de page les périodes de chaleurs

[8] Voir aussi « Blognotice 7.08.2013: Les cigales de Port Leucate »

[9] „fraicheur d’été“

[10] « Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018»

[11] Dans le sens de « biomes méditerranéens » voir « Forêts, terres boisées et broussailles méditerranéennes »

[12] Voir aussi « Living with Australia’s drought: ‚It’s cheaper to shoot the cows‘»

[13] Zaccai, Edwin : « S’adapter au changement climatique ». In Le Monde » Le Monde, Samedi 11 Aout 2018, p. 19.

Blognotiz 18.02.2018: Rückblick auf das Paysagesblog im Jahr 2017

Bem Vindo ao Parque natural do Fogo,  (Willkommen im Naturpark Fogo) © Christophe Neff, 08.11.2017

Wie schon in den letzten Jahren (2016, 2015, 2014 ) , erfolgt auch nun hier ein kurzer Rückblick auf das vergangene Jahr im Paysagesblog, d.h. eine Aufzählung der Artikel des Paysagesblog, welche im Jahr 2017 am häufigsten besucht oder gelesen wurden. Da ich schon im Beitrag « Rétrospectives sur le blog paysages en 2017 – les billets les plus lus de « paysages » en 2017  » eine ausführliche Retrospektive für das Jahr 2017 veröffentlich habe, werden die Artikel hier nur in Tabellenform wiedergegeben.

Titel Leseranteil
1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes    4,91%
Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati »    3,97%
« Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017    3,18%
Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate    2,72%
Blognotice 01.05.2017: « Les fleurs qui poussent à travers les rails de la France périphérique »    2,67%
The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)    2,61%
Das Biafrakind    2,22%
Huit ans de blog paysages sur le Monde.fr    2,11%
Blognotiz 28.08.2017: ein Abend im „Aubord du Rhin“ in Lauterbourg    1,81%
Blognotice 17.03.2017: Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn    1,79%
Summe :  27,99%

 

Die Leserschaft des Paysagesblog war im Jahr 2017 wohl etwas internationaler als die letzten Jahre (Mehr dazu hier ausführlich in Französisch). Zum ersten Mal schaffte es ein auf Englisch verfasster Artikel, nämlich der Beitrag „ The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France) , ein schon im Sommer 2009 geschriebener Artikel über den großen Waldbrand der in den Kiefernwäldern der „Landes“ im Jahre 1949 wütete, in die Kategorie der meistgelesenen 10 Artikel eines Jahres. Der Waldbrand in der Forêt des Landes, war übrigens bis dato einer der größten und vor allem mit über 80 Todesopfern der bisher tödlichste Waldbrand in Europa.

Ich habe hier noch ergänzend, wie schon im letzten Jahr,  in der folgenden Tabelle, die fünf am häufigsten deutschsprachigen Artikel in Paysages aufgeführt.

Pos. Titel Leseranteil
07 Das Biafrakind  2,22%
09 Blognotiz 28.08.2017: ein Abend im „Aubord du Rhin“ in Lauterbourg 1,81%
11 Streckenbeobachtungen in der „France périphérique“ – ein geographischer Kommentar zur ersten Runde der Präsidentschaftswahlen 2017 in Frankreich 1,74%
19 A propos[1] 1,09%
24 Blognotiz 22.03.2017: Rückblick auf das Paysagesblog im Jahr 2016 0,94%
Summe 7,80%

Verglichen mit 2016 sind 2017 auch etwas mehr deutschsprachige Beiträge in Paysages gelesen worden. Analog zur etwas detaillierten französischsprachigen Version dieses Beitrages, habe ich auch ein Bild des Pico do Fogo an den Anfang dieses kurzen Rückblickes gestellt. Den Pico do Fogo habe ich Rahmen einer pflanzensoziologischen Tagung zur Analyse der atlantischen Vegetation[2] gemeinsam mit einigen anderen Geographen, Botanikern und Pflanzensoziologen im November 2017 bestiegen. Diese Tagung auf der ich meine Azorenforschung vorgestellt habe, und die Besteigung des Pico do Fogo, war bestimmt für mich persönlich einer der bemerkenswertesten Augenblicke des Jahres 2017. Der Beitrag „« Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017 » handelt von dieser pflanzengeographischen Reise auf die Cap Verden. Dieser Beitrag, obwohl erst im November 2017 eingestellt, gehörte im Jahr 2016 zu einem der meist gelesensten Beiträge des Paysagesblog überhaupt.

croisement de trains en gare de Leucate,  (Zugkreuzung im Bahnhof Leucate),  © Christophe Neff, 10.6.2017

Abschließend und analog zum französischen Pendant des vorliegenden Artikels  noch ein Bild einer Zugkreuzung im kleinen Bahnhof von Leucate-la Franqui.

Photos: Alle © Christophe Neff; Bem Vindo ao Parque natural do Fogo,  (Willkommen im Naturpark Fogo); croisement de trains en gare de Leucate,  (Zugkreuzung im Bahnhof Leucate),

Christophe Neff, 18.02.2018

[1]A propos“ ist eine dreisprachige (frz./engl./dt.) kurze Selbstdarstellung des Verfassers des Paysagesblog.

 

[2] European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions November 5 – 7 (2017), University of Cape Verde – (Santiago Island) (http://www.ceg.ulisboa.pt/european-phytos/)

 

Rétrospectives sur le blog paysages en 2017 – les billets les plus lus de « paysages » en 2017

Bem Vindo ao Parque natural do Fogo,  © Christophe Neff (08.11.2017)

Comme les années précédentes[1] je publie une petite rétrospective sur l’année passée sur paysages, – présentant les billets les plus lus de paysages durant l’année 2017.

L’article le plus consulté en 2017 fut l’article « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » (4,91% des consultations sur paysages en 2017), article écrit en 2009 qui nous rappelle l’Incendie de la forêt des Landes de 1949.

En deuxième position on trouve l’article « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati » » (3,97% des consultations sur paysages en 2017). Billet écrit en décembre 2016, – qui propose des réflexions personnelles sur l’évolution de la botanique, géobotanique, phytogéographie, écologie de terrain universitaire.

Enfin au troisième rang le billet « Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017 » (3,18% des consultations sur paysages en 2017), un témoignage d’un voyage professionnel aux Iles du Cap Vert.

En quatrième position l’article « Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate  » (2,73% des consultations sur paysages en 2017) article écrit en février 2012 et décrivant les conséquences d’un hiver exceptionnel sur le pays leucatois. D’ailleurs ce billet fut aussi le billet le plus consulté en 2014, en 2015 et en 2016.

En  cinquième position on trouve l’article « Blognotice 01.05.2017: « Les fleurs qui poussent à travers les rails de la France périphérique  » (2,67 % des consultations sur paysages en 2017). Ecrit en début de Mai 2017 ce billet est une sorte de « géographie personnelle » sur l’état de la France pendant l’Élection présidentielle française de 2017.

En sixième position on trouve le billet « The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France) » (2,61% des consultations sur paysages en 2017), billet écrit en anglais en 2009, décrivant l’Incendie de la forêt des Landes de 1949. Ce billet est une adaptation anglaise du billet 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes. A la différence de l’article français, la version anglaise insiste sur le fait qu’avec les changements climatiques les feux de forêts catastrophiques, tels que le fut l’incendie de la forêt des Landes, pourrait sensiblement augmenter en Europe. Voir ce billet anglophone, déjà écrit en 2009, entrer dans liste des 10 articles les plus lu dans paysages, est une première – avant, jamais les rares billets anglophones n’avaient réussi à capter un lectorat significatif. Je pense que le bilan assez catastrophique des incendies en 2017 au niveau planétaire a peut-être sensiblement augmenté l’intérêt pour cet article. Dans ce contexte, il faut aussi rappeler que les pays qui sont normalement moins concernés par le phénomène de feux de forêts comme par exemple la Tunisie, furent particulièrement touchés par les incendies de forêts et les phénomènes de sècheresse durant l’été 2017, – même si en Europe les medias ne se sont pas intéressés à ce phénomènes préoccupant – dans ce contexte je renvoie aussi au billet « Blognotice 14.08.2017: Sècheresse, canicule et feux de forêts – au Maghreb aussi ! ». Il me semble clair que vu les changements globaux qui balaient la terre, nous devons nous attendre à une augmentation des risques d’incendies de forêts, – et dans les régions ou abandonnement rural, embroussaillement & reforestation d’une part – et processus de californisation d’autre part s’entrecroise comme dans une grande partie des régions méditerranéennes françaises, – ou comme au centre du Portugal entre Lisbonne et Porto – nous risquons de voir de plus en plus de feux de forêts engendrer des conséquences dramatiques voire même meurtrières. Dans ce contexte il faut aussi se rappeler le bilan humain des incendies de forêts au Portugal en 2017. L’incendie de Incendie de Pedrógão Grande en juin 2017 avait à lui seul coûté la vie à 65 personnes. Et en Octobre 2017 le Portugal fut encore une fois touché par une vague d’incendies de forêts meurtriers.

En septième position on trouve  l’article « Das Biafrakind (l’enfant de Biafra) » (2,22% des consultations sur paysages en 2017) – article que j’avais écrit en janvier 2010 en souvenir de la capitulation de la république du Biafra – et aussi pour rappeler ce que signifia dans l’Allemagne des années 1970 le mot « Biafrakind » – un mot un peu tombé en oubli en Allemagne depuis.

En huitième position on trouve l’article «Huit ans de blog paysages sur le Monde.fr » (2,11 % des consultations sur paysages en 2017). Ce billet est une petite réflexion personnelle sur huit ans d’existence du blog paysages sur les blogs le Monde. Blog qui débuta en Mai 2009 avec le billet «  I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? ».

En neuvième position encore un article écrit en allemand « Blognotiz 28.08.2017: ein Abend im „Aubord du Rhin“ in Lauterbourg » (1,81 % des consultations sur paysages en 2017), un billet qui discute les conséquences de l’avarie du chantier du Tunnel ferroviaire de Rastatt le 12 aout 2017 qui avait en autre provoqué la fermeture de la « Rheintalbahn » jusqu’ en début Octobre 2017. La fermeture de cette véritable artère de la vie économique allemande avait des conséquences dramatiques pour tout le réseau ferroviaire allemand. En France on n’avait guère parlé de l’évènement. Par contre les riverains de la ligne de chemins de fer Strasbourg –Lauterbourg ont sûrement constaté que cette ligne, qui ne voit normalement que quelques rares trains de marchandise l’emprunter, a vu pendant la fermeture de la Rheintalbahn un lot assez considérable de trains de marchandises transitant de l’Allemagne vers la Suisse.

Enfin en dixième position la « Blognotice 17.03.2017: Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn » (1,79 % des consultations sur paysages en 2017)Notice de blog assez personnelle qui résume mes sentiments après avoir dû subir un accident vasculaire cérébral en février 2017.

croisement de trains en gare de Leucate,  © Christophe Neff , 10.6.2017

Vu les préférences des lecteurs de paysages en 2017 le lectorat semble avoir un peu changé comparé aux autres années –  moins « Leucatois » – un peu moins francophone – et un petit peu plus international. D’ailleurs en 2017, j’ai réellement moins écrit de billets en relations avec Leucate et ses environs – « Rétrospectives sur le blog paysages en 2016 – les billets les plus lus de « paysages » en 2016 », « Blognotiz 22.03.2017: Rückblick auf das Paysagesblog im Jahr 2016 », « Blognotice 06.08.2017: Souvenirs d‘un bibliophile des sables », « Blognotice 14.08.2017: Sècheresse, canicule et feux de forêts – au Maghreb aussi ! »,

Même si paysages est devenu un peu moins « Leucatois » et un plus « international » – j’ai néanmoins choisi une photo prise à la gare de Leucate – La Franqui  –  croisement de trains le 10.06.2017 pour cette petite rétrospective du blog paysages en 2017. En plus une photo montrant le Pico do Fogo en Novembre 2017. Le voyage aux iles du Cap Vert, l’ascension du Pico do Fogo avec un groupe de collègues-botanistes, fut certainement un évènement inoubliable de l’année passée.

Photos :

Toutes © Christophe Neff :  Bem Vindo ao Parque natural do Fogo (08.11.2017) ; Croisement de train en gare de Leucate – La Franqui (10.06.2017).

Christophe Neff, le 28.01.2018

 

[1] Voir « Rétrospectives sur le blog paysages en 2016 – les billets les plus lus de « paysages » , « Rétrospectives sur le blog paysages en 2015 – les billets les plus lus de paysages en 2015 » et « Rétrospectives sur le blog paysages en 2014 – les billets les plus lus de paysages en 2014 ».

« Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017

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Les excursionnistes botanistes du „European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions“ devant le panneau d’entrée du Parc naturel de Fogo (8.11.2017)

Lorsque j’écrivais les lignes pour le petit post „retour sur le viel homme“ après avoir vu le film «Alcindo et ses frères » en regardant l’émission « faut pas rêver » en avril 2015 – juste quelques semaines  après la fin de l’éruption du Pico do Fogo de 2014/15 je n’aurais jamais pu imaginer qu’un jour je mettrais mes pieds au Chã das Caldeiras, que je monterais au sommet du Pico do Fogo, – et que’ j’admirerais le travail de reconstruction de « Alcindo et ses frères ». Alcindo et ses frères ont reconstruit leur hôtel. La « Pensão alcindo e laetitia[1] » peut de nouveau recevoir « randonneurs & hôtes du Monde » entier.

Salvador Rivas Martínez by_Pedro Arsénio_
Salvador Rivas Martínez

Cet au début  de l’été 2017 que j’avais découvert qu’ une conférence botanique &  de phytosociologie aurait  lieu aux Cap Vert qui inclurait aussi diverses excursions botaniques, dont une vers l’ile de Fogo, ascension du Pico do Fogo inclus[2]. Après avoir dû surmonter l’épreuve d’un accident cérébral en hiver/printemps 2017 (voir aussi le billet « Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn »), j’ai saisi l’occasion

Salvador Rivas Martínez en action (5.11.2017)
Salvador Rivas Martínez en action (5.11.2017)

en proposant une communication orale sur mes travaux de terrain sur le volcan du Capelinhos sur l’ile de Faial aux Açores. Enfin une occasion de présenter mes travaux sur la dynamique de la végétation pionnière sur ce volcan sorti de l’océan Atlantique en Septembre 1957. Je me disais, – si la communication orale serait acceptée, – je participerais à la conférence et aux excursions scientifiques proposées– et j’aurais peut-être la chance de monter au Pico do Fogo.   Ma contribution fut finalement acceptée[3] – et donc

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photo de groupe devant Echium vulcanorum

j’étais un des heureux participants du   « European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions  ».

J’avais donc la chance de participer à congrès très bien organisé avec des interventions intéressantes, de belles excursions botaniques durant lesquelles j’avais l’opportunité de découvrir une nouvelle flore – mais aussi de revenir à un des débuts de

Inflorescence d' Echium vulcanorum (8.11.2017)
Inflorescence d‘ Echium vulcanorum (8.11.2017)

mon parcours professionnel car ma première publication scientifique fut un petit article sur Acacia albida (Faidherbia albida) au Sénégal[4]. En descendant de l’avion début Novembre à l’aéroport de Praia j’avais un peu l’impression de débarquer quelques parts entre Dakar et St. Louis au Sénégal. Il manquait juste les Baobabs, – qui sont d’ailleurs présents aux Cap Vert –  nous les avons vus sur l’Ile de Fogo. Et Acacia albida est présente aux iles du Cap Verts sous une

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le sommet du Pico de Fogo – arrivée et pause

forme de sous- espèces  Acacia albida var. caboverdeana endémique  (ou Acacia caboverdeana Rivas Mart., Lousá, J.C. Costa & Maria Duarte)[5]. Concernant les congrès j’aimerais simplement remarquer deux faits qui m’ont marqué, pour le reste je ne peux que  conseiller de lire le book of Abstracts et le guide des excursions[6]. Premièrement le congrès m’a permis de faire la connaissance d’un des derniers grands monuments de la phytosociologie encore en vie – Salvadore Rivaz Martinez – un personnage fascinant qui peut être nommé dans une lignée de personnalités botanistes, phyotgeographes et phytosociologues comme Charles Flahaut, Martin Rilkli,  Josias Braun-Blanquet, Henri Gaussen, Louis Emberger, Georges Kuhnholtz-Lordat, Pierre Quézel – tous ces noms qui m’ont fait rêver durant mes années étudiantes.

vue sur Portela depuis le sommet du Pico do Fogo 9.11.2017
Vue depuis le sommet du Pico do Fogo sur les Chã das Caldeiras (Portela, )

Deuxièmement ce congrès fut dans une certaine mesure aussi une réunion de langues romanes, de la latinité –   rarement on entendait un mot d’anglais. On avait l’impression d’assister à la résurrection de la lingua franca dans une version occidentale où le Portugais, le Français et l’Espagnol s’entremêlaient[7]. Sept mois avant, en février 2017 après l’attaque cérébrale j’avais des doutes sur mes capacités linguistiques et motrices, – mais après ce congrès botanique j’ai la certitude de pouvoir encore suivre un suivre un discours  scientifique en portugais. Et après avoir grimpé jusqu’ au sommet du Pico do Fogo le jeudi 9.11.2017, même si ce fut un « long combat » j’ai l’impression d’avoirparcouru un très long chemin depuis février 2017.

Le matin du vendredi 10.11.2017 en attendant le petit bus qui devrait nous emmener pour notre prochaine étape de l’excursion botanique – je faisais une promenade avec une collègue botaniste à travers le petit hameau de Portela – et c’est là que nous tombions sur Laetitia la compagne de Azindo  – et elle nous montra son nouvel Hôtel reconstruit – la « Casa alcindo e laetitia »  – la belle fresque de la grande salle de l’intérieur – et c’est la en écoutant les récits de Laetitia que je compris que nous avions « atterri » dans cet Hôtel qui fut encore une ruine – que Acindo et ses frères commençait a reconstruire – dans le film « Acindo et ses frères » que j’avaisdécrit dans le billet « retour sur le vielle homme ».  Naturellement il n’y a pas seulement la Casa Acindo & Laetitia – je pourrais aussi parler de la Casa Marisa aussi reconstruite après l’éruption du Pico do Fogo de 2014/15 où on

DSC_9430_Pedro Arsénio
la descente dans les champs de Lapilli

parle toutes les langues, l’allemand, le français, le portugais ….. et l’histoire de   « Mustafa Kerim Eren » qui après un long voyage depuis le Kirghizstan traversant la Turquie, l’Allemagne et la France pour atterrir ici aux Chã das Caldeiras au milieux des laves du Pico do Fogo. Marisa, Mustafa, Laetitia, Azindo et ses frères – comme les vignerons qui arrachent aux laves les gouttes du vin de Chã das Caldeiras,  tous ces hommes et femmes se sont

notre Bus à Portela (10.11.2017)
notre bus d’excursion sur l’ile de Fogo

attachés avec un acharnement remarquable aux terres de laves des Chã  face aux rumeurs & vomissement du Pico do Fogo.

Avec ce billet j’aimerais exprimer mon admiration envers le courage des habitants des Chã das Caldeiras et remercier les organisateurs et responsables scientifiques du European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions November 5 – 7, University of Cape Verde

Casa d'Alzindo & Laetitia (Fogo 10.11.2017)
Vendredi 10.11.2017: le jour se lève et les brumes se les brumes se dissipent sur la Casa Acindo & Laetitia
Chã das Caldeiras - Casa Acindo & Laetitia – Fresques 10.11.2017
Les Fresques dans la Casa Acindo & Laetitia

– (Santiago Island) 2017 pour cet extraordinaire congrès scientifique et ces fabuleuses sorties botaniques à travers le monde végétal des iles du Cap du Vert. Je crois que les participants qui ont eu la chance de participer à l’excursion géobotanique de l’Ile de Fogo, de découvrir le Pico do Fogo cette grande pyramide noire s’élevant des fonds des Chã das Caldeiras vers la lune[8] et les étoiles, qui ont participé à l’ascension du Pico do Fogo ont vécu des moments  inoubliables !

Eduardo_Dias_nascer da Lua_Caldeira-Pico do Fogo
Lua Nha Testemunha/Lune mon temoin – les Chã das Caldeiras et les Pico do Fogo sous les Lumières célestes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie :

Capelo, J. (2017): Origem da vegetação de Cabo Verde. IN: Quercetea 11: 21- 24 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal

Costa, J.C ; Capelo, J.; Neto, C.; Duarte, C.; Vitoria, S. ; Romeiras, M.; Rivas-Marinez, S..; Guia da excursão geobotânica à Ilha de Santiago. In: : Quercetea 11: 101- 170 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal

Costa, J.C.; Neto, C.; Romeiras, M.; Dinis, H.; Duarte, M.C.; Capelo, J.; Guia da excursão geobotânica à Ilha do Fogo. In: : Quercetea 11: 101- 170 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal

Neto, C. et al (Eds)(2017) : Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Books of Abstracts. Centro de Estudos Geográficos, Lisboa

Victória, S.S. ; Medina do Nascimento, J. ; Semedo, J.M. (2017): Geologie e Geomorfologia do Arquipélago de Cabo Verde. IN: Quercetea 11: 5- 19 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal,

Photos: Pedro Arsénio, Eduardo Dias, Christophe Neff,  ;

Christophe Neff, Grünstadt/Karlsruhe 22 Novembre 2017

[1] Ou plus simplement “ Casa Alcindo”; –  liens vers la page Facebook de la Casa Alcindo, actuellement il n’existe pas de “homepage” hors Facebook.

[2] European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions November 5 – 7 (2017), University of Cape Verde – (Santiago Island) (http://www.ceg.ulisboa.pt/european-phytos/)

[3] Titre de la communication orale : « Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos (Ile de Faial/ Açores/ Portugal) » .  Un résumé de la communication se trouve aussi dans le book of Abstract de la Conférence (vor Neto et al 2017)

[4] Anhuf, D., Frankenberg, P., Nef, C. (1993): Evaluation of changes in the vegetation cover by photo-interprétation in western Senegal – Cap Vert region. In: GASTON, A.; KERNICK, M.; LE HOUREOU, H.N. (Eds.): Actes du quatrième congrès international des terres de parcours – Proceedings of the fourth International Rangeland Congress, Volume 1 communications/papers, 27-31, Montpellier 1993. (ISBN 2-87614-102-7)

[5] Voir aussi Costam J.C. et al (2017) : Guia da excursão geobotânica à Ilha de Santiago/ Geobotanical excursion guide of Santiago Island (Cape Verde). IN : Quercetea 11: 25-100 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal, p. 52 Taxa List/Liste des Taxon.

[6] Le Book of Abstract = Neto, C. et al (Eds)(2017) : Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Books of Abstracts. Centro de Estudos Geográficos, Lisboa; et dans la Quercetea , Revista da Associacao Portuguesa de Ciencia de Vegetação , V. 11,  Novembre 2017 se trouve le guide des excursions géobotaniques (   4 articles).

[7] En ce qui concerne ma personne ce fut surtout un mix entre français, italien et portugais – car je n’ai jamais appris l’espagnol.

[8] La photo d’Eduardo Diaz montre le lever de la lune sur les Chã das Caldeiras et le Pico do Fogo que j’utilise dans ce billet me rappellent un peu la chanson «Lua nha testemunha /Lune mon termoin »  de Francisco Xavier da Cruz (nommé Beléza ou B.Leza  ) qui dans l’interprétation d’ Cesária Évora (Album Miss Perfumado) a fait le tour du monde. «Lua nha testemunha » interprété par  Cesaria Évora sur YouTube.