Blognotice 16.06.2022: Retour à Leucate – des vagues de la méditerranée qui se brisent au Cap Leucate jusques aux neiges du massif du Carlit – récit d’un cours de géobotanique en juin 2022

Après une pause COVID en 2021, – je suis retourné à Leucate début juin – pour ce cours pratique de géobotaniques & écologie terrestre que je donne depuis plus ou moins presque trente ans dans les paysages Leucatois, les Corbières maritimes – avec des échappées vers la Côte Vermeille, les Albères et parfois même vers les sommets des Pyrénées ! Il y a d’ailleurs dix ans que j’avais déjà dédié un billet de blog à ce cours sous le titre « Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois » dans « paysages ». Cette fois ci, avec mon petit groupe d’étudiants, en fait cette année c’était uniquement des étudiantes – nous avons effectué un véritable transsect géobotaniques de la côte de la méditerranée bordant le  Cap Leucate  et le lido de Leucate séparant l’étang de Leucate de la pleine mer jusque au neiges du Massif du Carlit. Et comme je le fais parfois, j’ai même introduit quelque notions de géographie humaine, d’histoire franco-allemande en s’arrêtent aux stèles commémoratives du Camp de Rivesaltes en rappelant la triste histoire de ce camp. La plaque mémorielle de la « israelitische Religionsgemeinschaft – Baden Karlsruhe »  – rappelle le triste sort des victimes de la « Wagner-Bürckel-Aktion » – la déportation de 6500 juives du pays de Bade, du Palatinat et de la Saar, – vers les camps de Gurs, Rivesaltes etc. dans le sud de la France, – camps administrés par les autorités civiles du régime de Vichy. Pour une grande partie de ce familles juives originaires du sud-ouest d’Allemagne, Rivesaltes fut un camp de transit, avant d’entamer leur dernier voyage, – vers Drancy, Auschwitz – ou il fut presque tous assassinées ! Même si c’est un cours de géobotanique & écologie terrestre, – il est aussi important de transférer cette mémoire, aux générations étudiantes – en espérant que la mémoire de la Shoa ne tombent pas dans un oubli éternel.

Changements de paysages, – à Leucate village c’est certainement la disparition de la « librairie Adamus » qui marque un certain vide sur la place de la République- et je me demande qui à Leucate se souvient encore  de la Libraire Adamus sur la place de  la République[1] ? Le dernier livre que j’ai achète chez les « Adamus » fut le livre  « mourir pour Kobané » le 5.06.2015 en 2015.  J’aimais beaucoup cette petite papeterie –librairie-marchand de journaux de village – mais malheureusement elle a disparu depuis trop longtemps de la place de la république à Leucate. Je me souviens, que chaque fois que je faisais un tour au village, je passai chez les Adamus, – j’achetais le Monde, parfois un livre, – et après chez prenais un café, – ou jus d’orange ou même un Ricard a la Perle marine juste à côté de la librairie Adamus ! Parfois je feuilletais les livres naturalistes & de géographie régionale, les « trouvailles » que Mireille Adamus m’avait réservées, ou recommandées[2]!

Autre changement de paysage bien visible dans le pays leucatois – les palmiers de canaries (Phoenix canariensis) si caractéristique – surtout à Port Leucate – ont été presque tous victimes du « Charançon rouge des palmiers ». On essaye de remplacer le Phoenix par des Sabal palmetto (et autres Sabal), parfois par Syagrus romanzoffiana et des Brahea, – mais est-ce que ces espèces resteront vraiment aux attaques du Charançon rouge des palmiers ? Difficile à dire … Ce qui est sûr, ce que l’image du paysages de Port Leucate et de beaucoup d’autre stations balnéaires méditerranéens françaises, mais aussi des stations balnéaires italiennes, espagnoles etc. – vont beaucoup changer avec la disparition massive de palmiers de canaries due au Charançon rouge des palmiers. Concernant Port Leucate, il faudrait aussi ajouter que les palmiers de canaries n’était pas trop adaptés aux fortes rafales de Tramontane – là certainement les « Sabal » semblent être mieux adaptés à la Tramontane et à la salinité et s’ils résistent vraiment au « Charançon rouge des palmiers » – Port Leucate pourrait rester une station balnéaire marquée par la présence bien visible de ses « palmiers » !

Je finis ce petit billet par le constant, que les Sapins des gorges de saint Georges dans la haute vallée de l’Aude  – ces fameux forêts des ravins des gorges de l’Aude de présentant un mélange de Sapins, de Tilleuls, de chêne verts – et ici et là des Ciste à feuilles de laurier (et ses hybrides) ont jusque à présent assez bien survécu les aléas climatiques des derniers années.

Suivent quelques photos de cette semaine de terrain, entre Cap Leucate, de la Haute Vallée de l’Aude, du Massif du Carlit, et le Lac des Bouillouses ! Et pour finir, – le mardi 7 juin on pouvait déjà entendre le chant des cigales à Leucate – le pleine été a donc débuté au début du mois de juin dans le pays leucatois et les Corbières maritimes ! Et les cigales sont définitivement arrivée à Port Leucate, cela me rappelait l’écriture de la notice de blog « Blognotice 7.08.2013: Les cigales de Port Leucate ».

Et naturellement, comme j’étais sur place, le jour du premier tour des élections législative – j’ai voté sur place à Port Leucate, – j’étais d’ailleurs le premier votant du bureau de vote n. 6 Groupe Scolaire Port Leucate, Rue du Kercob, à huit heures du matin du dimanche 12 juin 2022!

Rue du Kercob – étrange nom – peut-être cela renvoie à la région naturelle dénommée « Kercob ou Quercorbès » à cheval entre le département de l’Aude et de l’Ariège – et qui fut pendant le deuxième guerre mondiale un refuge de la résistance du Sud du département de l’Aude- le maquis du Kercob [3]!

l’auteur du blog paysages expliquant les inflorescences de Crithmum maritimum à Leucate Plage 07.06.2022, Photot© Saskia Köck 07.06.2022
Relevée de terrain & cartographie botanique, plateau de Leucate, 08.06.2022, © Christophe Neff
Détails de la plaque mémorielle de la « israelitische Religionsgemeinschaft – Baden Karlsruhe » pour les 6500 juives du pays de Bade, du Palatinat et de la Saar déporté vers le camp de Rivesaltes (09.06.2022)!

Régénération de naturelle de sapin (Abies alba) dans les gorges de saint Georges ( Haute vallée de l’Aude) 09.06.2022, © Christophe Neff
Vue depuis le Capcir sur les landes de Cytisus oromediterraneus en fleur sur les hauteurs du Massif du Madrès 09.06.2022, © Christophe Neff
Photo de groupe du cours « geobotanisches Kartierpraktikum Leucate SS2022 » dans le Massif du Carlit au bord du lac des Bouillouses, 09.06.2022, © Christophe Neff
Aubord du lac des Bouillouses, Cytisus oromediterraneus & Rhododendron ferrugineum en fleur, 09.06.2022, © Christophe Neff

Fleur de Rhododendron ferrugineum (détails), aubord du lac des Bouillouses, 09.06.2022, © Christophe Neff

Pinus uncinata, site quasi naturelle, Massif du Carlit, 09.06.2022, © Christophe Neff
Le petit train jaune traverse la RN116 et descend vers Villefranche-de-Conflent, 09.06.2022, © Christophe Neff
Photo de groupe du cours « geobotanisches Kartierpraktikum Leucate SS2022 », au Cap Leucate, en arrière vue la pinède de Leucate-plage et le lido de Leucate, 10.06.2022
Vue sur Leucate-plage, le lido de Leucate et en arrière-plan le Massif des Albères, 10.06.2022, © Christophe Neff

Photos :

© Saskia Köck 07.06.2022 & © Christophe Neff Juin 2022

Bibliographie :

Belondrade, Jean ; Clodi, Nicole (2009): Des Corbières à la Méditerranée. Goanda Éditions Toulouse,  ISBN 978-2-9534366-0-0

Franceschi, Patrice (2015) : Mourir pour Kobané. Paris, Équateurs, ISBN 978-2-84990-378-0

Christophe Neff, écrit le 16.06.2022 à Grünstadt, publié le 16.06.2022


[1] On trouve une photo de la librairie Adamus dans le billet « Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009) » du blog paysages, écrit en octobre 2009.

[2] Comme par exemple le livre « Des Corbières à la Méditerranée » voir aussi le billet « Des Corbières à la Méditerranée – quelques mots sur un livre présentant une partie des paysages des Corbières maritimes ».

[3] Voir : La résistance en Kercob – Le maquis dans le sud audois, Texte écrit par Serge Fournié, dans les pages web « si Chalabre m’était conté »

Blognotice 15.05.2022: Les Yuzus dans mon jardin

Palmenblüte-Fleurs de Palmier (Trachycarpus fortunei) Grünstadt, © Christophe Neff 15.05.2022

C’était dernièrement, – jeudi douze Mai déjeuner de travail aux « badische Weinstuben im botanischen Garten Karlsruhe », – avec des collègues de Oregon State University. Très beau cadre au milieu du Jardin botanique de Karlsruhe (en allemand, Botanischer Garten Karlsruhe). Très belles collections d’arbres exotiques, – et en discutant sur les divers arbres de cette collection – je racontais aux collègues américains que dans mon jardin à Grünstadt il y avait des palmiers en plein terre, – dont certains portait cette année leurs premières inflorescences, une petite collection de plantes méditerranées dont plusieurs Arbousiers[1] – et trois « Yuzus ». Un des collègues américain, – me répliquait que c’était intéressant, – marié à une japonaise- ils avait nommé leur fille « Yuzu » – et me demandait comment j’avais découvert le « Yuzu », car aux Etats-Unis les « Yuzus » étaient quasiment inconnues !

Et donc je me mis à raconter l’histoire des « Yuzu » dans mon jardin à Grünstadt, en ajoutant qu’en Allemagne, les « Yuzus » sont quasiment inconnues, mais en France, il y a des petites cultures commerciales, destinées à la « haute gastronomie ».

Il y a à peu près dix-huit ans, après ma « Verbeamtung comme akademischer Rat» j’avais surpris le Professeur Meurer – en disant que, – si je gagnai une fois une grande somme aux Lotto, – je quitterais le système universitaire allemand, – et deviendrais « Privatgelehrter (Chercheur indépendant)» et je me mettrais à collectionner et cultiver les agrumes, – peut être dans le midi français dans le pays leucatois, dans les environs de Leucate, – ou peut être sur l’ile de Faial à Capelo[2] – et naturellement continuer mes recherches geóbotaniques[3].

A mes débuts au KIT, la dérive du système universitaire allemand, vers un système « hyper concurrentielle », avec une productivité énorme, mais aussi une précarisation systématique de doctorants et post-docs, j’avais déjà commencé, – avec le « Wissenschaftszeitvertragsgesetz » – et depuis les conditions de travail pour les jeunes chercheurs se sont considérablement détériorée[4]. Les initiatives comme dernièrement #IchBinHanna n’ont jusqu’à présent pas changé grand-chose aux dérives de ce système hyper productive. Personnellement, j’avais eu beaucoup de chance, d’avoir réussi d’atterrir sur une Dauerstelle aux KIT avant le début de mes quarantaines. Actuellement une très grande partie des « Post-docs » dans le système allemand, – n’auront pas cette chance. En fait cela semble plutôt se détériorer d’année en année !

rejets de souche de Yuzu après passage de la tondeuse à gazon, © Christophe Neff 15.05.2022

Comme je ne joue que très rarement au Lotto, – et qu’en plus je n’ai jamais gagné – je n’ai donc jamais vraiment songé à devenir « Privatgelehrter » et « cultivateur d’Agrumes » et en plus j’ai une très belle position d’enseignant – chercheur au KIT[5]. Mais l’intérêt pour les « agrumes » a persisté et je me suis mis à rechercher les espèces d’agrumes résistant au froid potentiellement cultivables en pleine terre  autre que « Ponicirus trifoliata » dans la « Unterhaardt » – et d’essayer leur culture dans notre petit jardin à Grünstadt. Et c’est donc ainsi que je suis tombé sur le « Yuzu », après avoir essayé les Kumquats longs  (Fortunella margarita) et les mandarines Satsuma (Citrus reticulata subsp. unshiu) sans succès. J’ai acheté mes premiers deux Yuzus, issus de semis, dans une pépinière spécialisé en France. Malheureusement ils ont subi une attaque à la tondeuse à gazon de un de mes enfants, – mais par chance – les deux Yuzus ont repris de souche – et j’espère que dans quelques années mes deux « Yuzus de semis » porteront leurs premiers fruits. J’ai un troisieme exemplaire, que j’ai acheté dans un « garden center » allemand durant l’été de l’année dernière, – qui semble être greffé – mais qui visiblement ne semble pas avoir bien réussi !  

A noter qu’un Calamondin (Citrus mitis), que nous avons oublié dans son pot au jardin, a très bien survécu le dernier hiver, – hiver dans lequel on nous n’avions que quelques journées de moins de sept dégrés.

Je finis cette petite notice sur le Yuzu un peu anecdotique avec un petit conseil de lecture. Pour ceux qui s’intéressent à la culture des agrumes résistant au froid en pleine terre – je conseille l’excellent livre « Agrumes résistant au froid à cultiver en pleine terre » écrit par Olivier Biggio et Bertrand Londeix et publié aux éditions Ulmer. Je mettrai toutefois un petit bémol concernant la carte des zones climatiques, – je pense que certains vallées traversant les collines sous-vosgiennes comme par exemple la valle noble à Soultzmatt[6], – ou certaines régions particulière comme la Unterhaardt dans le Palatinat, – la Unterhaardt qui est d’ailleurs souvent décrite comme la « toscana allemande [7]»  pourraient très bien entrer dans la catégorie 8a. Pour tous amateurs d’« agrumes » vivant au Nord de Loire, – ce petit manuel sur les Agrumes – est un véritable « must ». On trouve vraiment presque toutes les infos nécessaires pour s’attaquer à la culture des Agrumes dans les régions non méditerranées de l’Europe de l’ouest et en partie le versant occidental de l’Europe central/Mitteleuropa. Et si par hasard il y aurait une deuxième édition augmentée du livre, – je suggère aux auteurs d’y ajouter la suisse romande, car les bords du lac Léman, du lac de Neuchâtel, et du lac de Bienne – sont tous susceptibles à la culture de bon nombre des espèces d’agrumes décrit dans ce livre merveilleux!

Photos: © Christophe Neff 15.05.2022

Scan : Couverture du livre : Agrumes résistant au froid. À cultiver en pleine Terre

Bibliographie :

Biggio, Olivier; Londeix, Bertrand : Agrumes résistant au froid. À cultiver en pleine Terre. Paris, les éditions Ulmer 2022, ISBN 978-2-37922-205-4

Christophe Neff, écrit le 15.05.2022, publié le 15.05.2022

P.S.  (16.05.2022 : 8 :00) : En complément de ce billet de blog sur les agrumes, je renvoie à cet article de la Wikipedia.fr „Agrumes japonais“ très instructive, dans lequel on trouve aussi certaines espèces d’agrumes susceptible d’être cultive en pleine terre en France – et dans les régions viticoles allemandes !


[1] On trouve des belles photos de mes arbousiers dans les billets « Les premières neiges de l’hiver 2009/10 sont arrivées à Grünstadt » et « Bonne année 2019 – Prosit Neujahr 2019 – Happy New Year 2019 » et  « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati » ».

[2] Voir aussi : « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) »

[3] Dans ce contexte voir aussi : « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati » ».

[4] Sur le system hyper compétitive de la recherche universitaire allemande, voir aussi « Blognotice 11.09.2020: Retrospective on a Facebook post concerning COVID-19 written in April 2020 ».

[5] Voir aussi : « Botaniste – un livre qui invite à rêver de voyages, de plantes et de paysages lointains ».

[6] C’est d’ailleurs à Soultzmatt, que j’ai decouvert durant les années 1990, mes premier Eucalyptus et mes premiers Kumquats en plein terre au nord de la « Loire ».

[7] Voire aussi „Beginn des Hochsommers im Leiniger Land/ Début du plein été dans le Leininger Land“.

Blognotice 23.04.2022: Demain Dimanche 24.04.2022 deuxième tour de l‘Élection présidentielle

entrée du Z 27713 en gare de Leucate – la Franqui, © Christophe Neff, 13.09.2020

Demain dimanche 24.04.2022 deuxième tour de l‘Élection présidentielle ! Je voterai pour  Emmanuel Macron, – mon choix électoral, – je l’ai déjà décrit dans mon dernier billet « Le 24 avril 2022, chaque vote comptera ! ». D’après les derniers sondages[1], le président sortant devrait gagner, – mais personnellement je ne suis pas trop optimiste ! Peut-être un peu moins pessimiste qu’au début de la semaine, – mais je pense que naturellement Marine Le Pen peut encore l’emporter.  Tant d’électeurs qui ne vont pas aller voter car ils pensent que Macron va en tout cas gagner. Une autre partie qui pense  bien faire en émettant en bulletin de vote « blanc ». Comme je l’écrivais dans mon dernier billet, – si Marine Le Pen est réellement élue « le réveil du lendemain de l’élection présidentielle sera un réveil difficile, amer et douloureux »[2] pour une très grande partie de la France, et aussi pour le reste de l’Europe, – et surtout en Allemagne.

Je suis aussi assez consterné de voir à quel point beaucoup d’électeurs, qui se pensent être de gauche, – ne connaissaient pas la constitution de la Cinquième République! Il ne semble pas connaitre le fameux livre de François Mitterrand « le coup d’état permanent » – livre que j’ai découvert» dans la bibliothèque de mon grand-père Jean Migliori à Aubord. J’ai lu le livre à l’âge de 16/17 ans, vers la fin des années 1970, début des années 1980. Même constat pour la génération étudiante. Elle ne semble pas cerner que dans la constitution de la V. République il n’y a pas beaucoup de garde fous pour stopper la dérive autoritaire d’une présidence, d’un gouvernent. Naturellement on peut  court-circuiter le Parlement, c’est déjà arrivé en 1962 et 1969[3] – et je ne vois pas pourquoi Marine Le Pen ne le ferait pas !

Je pense que la constitution de Ve. République est telle – que Marine le Pen – pourra gouverner sans réelle contre-pouvoir si elle est élue – cela sera un amer surprise pour beaucoup de Monde – car la France se transformera à vitesse de TGV (transition autoritaire à très grand vitesse) en état autoritaire. Beaucoup plus vite que la Pologne, la Hongrie ou la Turquie. La constitution de Ve république n’a malheureusement pas les « contrepouvoirs institutionnelles forts» de la démocratie américaine, – qui ont réussi d’endiguer au moins les pire dérives autoritaires de l’ancien président Donald Trump! 

Demain je voterai pour Emmanuel Macron, – vote par procuration dans la petite station balnéaire de Leucate ou je suis inscrit sur les listes électorales ! J’espère que le « train » électoral demain roulera dans la bonne direction, c’est à dire pour Emmanuel Macron[4]. Et le livre de Mitterrand « le coup d’état permanant »  – que j’avais trouvé dans la bibliothèque de mon grand-père à Aubord il y plus de quarante ans, – je devrais le relire un de ces  jours – et ceci indépendamment du résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle. Je vais donc le commander, à la librairie « à livre ouvert » chez Willy Hahn à Wissembourg, pour qu’il trouve sa place dans ma bibliothèque personnelle!

TER bordant l’etang de Leucate, © Christophe Neff 15.09.2020

Photos: © Christophe Neff, 13.09.2020 et 15.09.2020, trains dans le paysage leucatois !

 Christophe Neff, Grünstadt le 23.04.2022


[1] Voir aussi « Liste de sondages sur l’élection présidentielle française de 2022 », et « Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron favori du second tour, mais Marine Le Pen à un niveau élevé, selon un ultime sondage ».

[2] Cette phrase est en fait le titre d’un des mes billets de blog dans paysages « Blognotice 27.10.2018: Le réveil du lendemain de l’élection présidentielle aux Brésil, sera un réveil difficile, amer et douloureux ! »

[3] Voir aussi « Avec ou sans majorité à l’Assemblée, quels sont les pouvoirs d’un président de la République ? » les Décodeurs, Le Monde.fr 22.04.2022

[4] Dans une interview pour le Spiegel l’historien Matthias Waechter a émis un pronostic personnel, – 52% pour Macron -48 % pour le Pen, – « Marine Le Pens Wahlerfolge – Warum ticken die Franzosen so extrem? Interview von Katja Iken ».

Blognotice 22.03.2022: encore l’angoisse de l’Aube

L’aube à Grünstadt 22.03.2022, © Christophe Neff 22.03.2022

L’angoisse de l’Aube, depuis le début de cette guerre en Ukraine, qui entre dans sa quatrième semaine. Le matin vingt-quatre février 2022, c’était un jeudi, les troupes du tsar Poutine attaquaient l’Ukraine. Depuis, la mort et la désolation règnent sur Kiew, Odessa, Kharkiv et surtout Marioupol. Et Poutine semble avoir décidé que Marioupol devrait partager le sort de Grozny et d’Alep !  L’angoisse de l’aube, – les matins quand je me lève je pense aux villes et paysages ukrainiens, – aux cris de blessés sous les décombres après les bombardements russes – et je fais de photos des premiers rayons de soleil sur Grünstadt, sur la plaine du Rhin qui s’étend entre le Odenwald et le Pfälzerwald[1]. Depuis le début de l’invasion russe j’ai pris une photo de presque chaque « Aube » s’étendant sur les toits de Grünstadt.

Je constate que le Tsar Poutine n’a pas encore totalement réussi la « Gleichschaltung »  de la société civile russe. Je pense au geste héroïque de Marina Ovsiannikova, qui en brandissant lors du journal télévisé du soir Vremia, une pancarte « No War, ne croyez pas à la propagande, on vous ment ici. Russians against war » pour manifester son opposition à la guerre en Ukraine – et montrant ainsi au Monde entier que la société civile russe n’est pas encore totalement assommé par la férule de Monsieur Poutine ! Marina Ovsiannikova n’est pas la seule – des centaines, des milliers de russes, qui osent de dire non à la guerre, qui vont faire le chemin silencieux vers les prisons, les «  Lagers », des autres qui essayent de fuir chez nous vers la liberté! Je retiens aussi l’interview de Wladislaw Inosemzew dans le spiegel qui compare Poutine à Mussolini [2]!

Graffiti montrant Salgueiro Maia à Lisbonne, source wikipedia.commons

Parfois je pense aussi à Salgueiro Maia, ce capitaine qui avec ces frères d’armes fut tombé la   dictature salazariste pendant la Révolution des Œillets en avril 1974. De jeunes officiers portugais que ne voulaient plus combattre dans les guerres coloniales atroces que le Portugal menait en Afrique ! Car dans un certain sens la guerre que les troupes du Tsar Poutine mènent en Ukraine, est aussi une guerre coloniale ! Parfois je me mets à rêver en espérant, que des jeunes capitaines de l’armée russe, aient le courage de Salgueiro Maia et de ces jeunes officiers portugais de la Révolution des Œillets, pour mettre fin à cette guerre néocoloniale que l’empire russe mènent en Ukraine ! Parfois aussi comme je l’ai écrit dans trois de mes derniers billets publiés en allemand, – j’espère tous simplement que l’Europe[3], – et spécialement l’Allemagne, car l’Allemagne est le pays où je vis et où je paie mes impôts cesse enfin d’importer du pétrole russe[4] !

Le soleil printanier a pris possession de l’Unterhaardt, les amandiers et les abricotiers sont en fleur. Le printemps débute ici, je relis Romain Gary, quelques lignes de la Promesse de l’aube

« Il y a aussi Filoche, le dieu de la petitesse, des préjugés, du mépris, de la haine- penché hors de sa loge de concierge, à l’entrée du monde habité, en train de crier « Sale Américain, sale Arabe, sale Juif, sale Russe, sale Chinois, sale Nègre»- c’est un merveilleux organisateur de mouvements de masses, de guerres, de lynchages, de persécutions, habile dialecticien, père de toutes les formations idéologiques, grand inquisiteur et amateur de guerres saintes, malgré son poil galeux, sa tête d’hyène et ses petites pattes tordues, c’est un des dieux les plus puissants et les plus écoutés, que l’on trouve toujours dans tous les camps, un des plus zélés gardiens de notre terre, et qui nous en dispute la possession avec le plus de ruse et le plus d’habileté[5] 

Le printemps est arrivé dans la Unterhaardt, – l’Ukraine pleure ses morts, et se prépare encore à tenir une journée de combat de plus ! J’aimerais tant voir des « Capitães de Abril »[6] russes finir la guerre sanglant coloniale que l’armée russe mène en Ukraine ! La dernière fois que des officiers russes osent de se opposer au « pouvoir », fut d’ailleurs  « Insurrection décabriste »  en décembre 1825 !

 On peut toujours rêver des jours meilleurs au début du printemps !

Bibliographie :

Gary, Romain  (2018) : la promesse de l’aube. Folio/Éditions Gallimard, Paris, 2018, ISBN 978-2-07-036373-5

Photos :

La photo de la graffiti montrant Salgueiro Maia provient de de wikimedia commons, source originale : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Salgueiro_Maia_graffiti.jpg

La Photos montre l’aube à Grünstadt le mardi 22.03.2022, © Christophe Neff 22.03.2022

Christophe Neff, Grünstadt le mardi 22.03.2022


[1] Comme par exemple la ville de Mykolaïv, voir le reportage  de Emmanuel Grynszpan du mardi 22.03.2022 : « Dis aux autres que désormais on tirera sans sommation » : à Mykolaïv, la vie sous la menace des armes russes »

[2]„ »Putin ähnelt Mussolini« – Der russische Ökonom und Politologe Wladislaw Inosemzew hält den Kremlchef für einen faschistischen Herrscher. Der Krieg könne nur beendet werden, indem der Westen die Moskauer Führung spaltet. Wie soll das gelingen?. Interview  Ann-Dorit Boy 20.03.2022.

[3] Voir aussi „Öl und Gas aus Russland Warum ein Embargo Putins Krieg beenden könnte. Ein Gastbeitrag von Sergej Gurijew und Oleg Itskhoki“ dans Spiegelonline du 22.03.2022

[4] Voir „Blognotiz 13.03.2022: Erinnerungen an eine Bahnreise nach Saulgau im März 2010“ et „Blognotiz zur Veranstaltung des Literaturhauses Stuttgart – Ukraine im Krieg“ et enfin „Blognotiz 20.03.2022: Notizen zur aktuellen Linkreparatur in Paysages“.

[5] Citation de Romain Gary „la promesse de l’aube », p.19 de version poche, folio, Paris, 2018, ISBN 978-2-07-036373-5

[6] « Capitães de Abril » est aussi un film franco-portugais de Maria de Medeiros retrace la Révolution des Œillets.

Blognotiz zur Veranstaltung des Literaturhauses Stuttgart – Ukraine im Krieg

Ich habe am vergangenen Montagabend (14.03.2022) per livestream an der Veranstaltung „Ukraine im Krieg“ des Literaturhauses Stuttgart teilgenommen. Es war eine sehr interessante und bewegende Veranstaltung. Die Veranstaltung wurde auch aufgezeichnet und man wird diese auch eine Zeitlang Nachhören und Nachsehen können[1]. Bewegende Statements von Christian Neef  und Karl Schlögel. Sehr viele interessante aber auch aufwühlende Texte und Diskussionen. Eine sehr gelungene Abendveranstaltung des Literaturhauses Stuttgart.  

Tanja Maljartschuk hat mich mit einer Aussage besonders beeindruckt, besonders zum Nachdenken angeregt. „Ich glaube der dritte Weltkrieg wird die Ukraine auch nicht retten[2]“.

Zweifelsohne hat Tanja Maljartschuk Recht. Aber ich stelle mir die Frage, wie man der Ukraine helfen kann, ohne in einen dritten Weltkrieg zu rutschen. Schwierige Frage, auf die es keine einfachen Antworten gibt.

Ein Baustein zur Beantwortung dieser Frage könnte die massive Verlagerung des Straßenverkehrs  also des Personenverkehrs und des Güterverkehrs auf die Schiene sein. Beim Güterverkehr ließe sich auch bestimmt einiges auf die Binnenschifffahrt verlegen. Das würde auch bei der bei der Bewältigung der Klimakrise helfen. Aber kurzfristig, wie ich es ja schon an ein paar Einzelbeispielen in meinem letzten Blogbeitrag darlegte, wird man das nur sehr schwer durchführen können, weil man in den letzten Jahrzehnten die Bahninfrastruktur so massiv abgebaut hat, dass bei der Bahn in der Fläche einfach die Kapazitäten hierfür fehlen. So ließe sich sehr viel russisches Öl einsparen – und man müsste auch nicht auf andere „despotische Ölquellen“ zurückgreifen. Wie gesagt, nur ein Baustein um der Ukraine zu helfen, der gleichzeitig aber auch hilft die klimaökologische Wende zu beschleunigen.

Den ukrainischen Schriftstellern kann man immerhin etwas helfen, indem man ihre Bücher kauft und liest!

Christophe  Neff, Grünstadt 15.03.2022


[1] Auf dieser Seite des Literaturhauses Stuttgart!

[2] Tanja Maljartschuk bei 2H15 des Livestreams

Blognotiz 13.03.2022: Erinnerungen an eine Bahnreise nach Saulgau im März 2010

Buchcoverentwurf aus dem Grau des Krieges: © Conny Scheck &   Ursula Werner 2022

Dieses Wochenende habe ich mein Buchkapitelmanuskript „Der Schramm, der Bahnhof und der Krieg – Kindheitserinnerungen an Tischgespräche in der Karlstraße in Saulgau“ bei den Herausgeberinnen des Buchprojektes „Aus dem Grau des Krieges – Geschichte hinter der Geschichte. Buchprojekt. Stadtarchiv Saulgau“ Conny Scheck und Maria Gelder eingereicht[1], [2]. Verfasst habe ich das Manuskript am Wochenende vom 6. auf den 7. März. Ich wollte es eigentlich gleich nach dem Wochenende  bei den Herausgeberinnen einreichen, doch leider wurde ich von einem heftigen grippalen Infekte erwischt. Kein Homeoffice, ein paar „Krankenbettlektüren“, – nachmittags kurz in eine Decke gehüllt im Garten die ersten Frühlingssonnenstrahlen genossen. Den hundsgemeinen grippalen Infekt, den hat man ja vor lauter Corona fast vergessen, aber den gibt es ja immer noch. Hier und da noch ein paar Details am Buchkapitelmanuskript in der „Erkältungswoche“ hinzugefügt, aber letztlich wurde das Ganze, am letzten Wochenende in einem Guss heruntergeschrieben.

Schramm Möbelwagen vor der evangelischen Kirche Saulgau (Scan Neff Familienbesitz), © Familienarchiv, C.Neff.

Wie ich gestern bei einem Telefongespräch mit der pensionierten Geschichtslehrerin Christa Störk aus Bad Saulgau erfuhr, habe ich wohl gleich ein wichtiges Detail vergessen – die Brückenwaage vom Schramm in der Karlstraße, nicht weit von der evangelischen Kirche. Aber der Text ist natürlich auch keine Firmenchronik der Spedition Wilhelm Schramm, sondern eine subjektive Rückblende auf die Kindheitstage, die ich bei meinen Großeltern Anton und Blanka Neff in der Karlstrasse in Saulgau[3] verbrachte. Die Firmenchronik der Spedition Wilhelm Schramm muss erst noch geschrieben werden. Das wäre bestimmt eine interessantes Thema für eine wirtschaftshistorische oder verkehrsgeographische Abschlussarbeit (Bachelor/Masterarbeit je nach Themenstellung) , da die Geschichte der Firma „Wilhelm Schramm“ und ihres Vorläufers der Firma „Güterbeförderer August Schramm“ mit der Geschichte der Eisenbahn und des Bahnhofs in Saulgau verwoben ist[4]

Wahrscheinlich musste ich auch deshalb beim Schreiben des Manuskriptes an meine letzte Zugfahrt nach Saulgau denken. Ich fuhr am  Mittwoch, den 17. März 2010 zur Beerdigung meines Onkel Ewald Neff, dem letzten Geschäftsführer der Wilhelm Schramm Möbelspedition, mit der Bahn nach Saulgau. Aus dem fahrenden Zug, einem HZL Regioshuttle, machte ich bei der Einfahrt in den Saulgauer Bahnhof Bilder – und war damals regelrecht erschrocken über den Rückbau der Gleisanlagen im Bahnhof. Es war nicht mehr viel übrig geblieben von den einst recht großflächigen Gleisanlagen in Saulgau. Immerhin der „Bautz“  – der ja jetzt schon viele Jahrzehnte lang „Claas“ heißt, hatte noch einen Gleisanschluss. Der Gleisanschluss der WLZ (Württembergische landwirtschaftliche Zentralgenossenschaft), jetzt BayWa war genauso verschwunden wie das Anschlussgleis der Stadtwerke auf dem früher die „Gaskesselwagen“ entladen wurden. Immerhin gibt es, wie ich beim Verfassen des Buchkapitelmanuskriptes beim „Googeln“ erfuhr, in Saulgau immer noch Güterverkehr. So wird u.a. das Claaswerk von der HzL bedient. Die Gleisanlagen wurden wie ein Blick auf Googleearth verrät, seit 2010 nochmals erheblich reduziert, aber immerhin sind die Folgen von  „MORA C“  für die Strecke Herbetingen-Aulendorf und damit auch den Bahnhof von Saulgau einigermaßen glimpflich verlaufen. Den Rückbau der Bahninfrastruktur, nicht nur in Saulgau, sondern in ganz Deutschland, werden wir noch teuer bezahlen – sowohl in klimaökologischer als auch in geostrategischer Hinsicht.

HZL216 in Aulendorf vor der Abfahrt nach Saulgau, © Christophe Neff 17.03.2010
Einfahrt bahnhof saulgau 17.03.2010, © Christophe Neff 17.03.2010
in Zufahrt auf den Bahnhof Saulgau März 2010 17.03.2010, © Christophe Neff 17.03.2010

Die klimaökologische Verkehrswende wird, d.h. die mittelfristige Umlagerung des Verkehrs von der Straße auf die Schiene kein leichtes Vorhaben werden, weil man in den vergangenen Jahrzehnten  erhebliche Mengen an Schieneninfrastruktur, Gleisanschlüsse etc. aufgegeben hat, die man nun mit viel Mühen wieder aufbauen muss. Die vorhandene Bahninfrastruktur wurde in den vergangen Jahrzehnten in einem solchen Maße abgebaut, dass eine kurzfristige Teilumlagerung des Straßengüterverkehrs, wie sie jetzt eigentlich sinnvoll wäre um auf russisches Öl verzichten zu können, schlichtweg nur mit sehr sehr großen Anstrengungen, wenn nicht gar zumindest kurzfristig, unmöglich sein wird. In Grünstadt, der Stadt in der ich lebe, gibt es kein „Ladegleis“ mehr. In Schramberg, der Stadt in der aufgewachsen bin, gibt es schon seit Jahrzehnten keine Eisenbahn mehr, auch wenn es seit kurzem wieder Pläne zur Reaktivierung der Bahnstrecke Schiltach – Schramberg gibt. Das sind hier nur ein paar wenige „Einzelbeispiele“, aber das gilt im Grunde für ganz Deutschland.

Der Krieg in der Ukraine, der Überfall auf die Ukraine, hat natürlich das Schreiben des Buchkapitels am vergangenen Wochenende auch begleitet. Als wir meinen Onkel Ewald im März 2010 beerdigten, hätte ich mir nicht vorstellen können, dass in Europa wieder „Städte im Bombenhagel“ untergehen würden, wie einst Guernica, Warschau, Coventry, London, Hamburg, Dresden, Pforzheim etc. oder wie Ulm und Friedrichshafen, – von Saulgau aus konnte man im zweiten Weltkrieg den Flammenschein der Bombennächte in Ulm und Friedrichshafen sehen – wie ich im Buchkapitelmanuskript berichte. Hingegen war mir schon vor einigen Wochen klar, dass Putin, man kann das hier in diesem Blog nachlesen, die Ukraine angreifen würde[5].

Anbei in Kursiv ein paar kurze Auszüge aus dem eingereichten Buchkapitelmanuskript. Lektoriert und redigiert, wird sich die Endversion des Buchkapitels, bestimmt vom eingereichten Manuskript unterscheiden.

„An einem kalten aber sonnigen Frühlingstag im März 2010 habe ich zum letzten Tag das Haus in der Karlsstraße gesehen. Ich war mit dem Zug zur Beerdigung meines Onkels Ewald nach Saulgau gekommen. Von Mannheim, über Stuttgart, Ulm, Aulendorf – Aulendorf – „Zentrum der Welt“ für meinen Vater, nach Saulgau. Habe sogar aus dem in den Saulgauer Bahnhof einfahrenden Zug Bilder gemacht. Saulgau hießt ja inzwischen Bad Saulgau.  Erinnerte mich daran, wie der Opa mit mir an der Hand die Karlsstraße kurz nach vier nachmittags querte um mit mir die Zugeinfahrt des „Eilzug“ nach München, des Kleberexpress anzuschauen…..

Ich erinnerte mich auch daran, wie wir in unserem grauen VW 1600 Variant durchs Donautal von Schramberg nach Saulgau kurvten, der Vater vor jedem Tunnel hupte, und er uns die Geschichte von Schloss Werenwag und Burg Wildenstein und die des Kloster Beuron erzählte. Und er uns den Soldatenfriedhof zwischen Fridingen und Beuron zeigte, dort wo österreichische Soldaten aus den napoeleonischen Befreiungskriegen begraben sind. Einer der ältesten deutschen Soldatenfriedhöfe, über den es bisher nicht einmal einen Wikipediaartikel gibt. Von diesem Friedhof, vom „Rundtempel“ hat man einen wunderbaren Blick aufs Donautal und die Klosteranlagen von Beuron.

Ich habe den ersten Entwurf dieses Textes am Wochenende 5/6. März 2022 verfasst. Ich hätte mir als Kind und vor allem als Jugendlicher nie träumen lassen, das man in Europa wieder Städte brennen sehen würde, wie einst Ulm, Friedrichshafen – die man nachts wenn die Fliegerbomben fielen von Saulgau aus brennen sah. Jetzt, wenn ich diese Zeilen schreibe, brennen Charkiw, Mariupol und Kiew. Und die Kinderlähmung, bei uns in Europa inzwischen eigentlich eine vergessene Krankheit, von der ich hier in diesem Erinnerungstext weiter oben berichtete, ist als stetige Begleiterin des Krieges, auch wieder in der Ukraine aufgetaucht. Am Donnerstag den 24 Februar überfiel die Truppen der neuen Zaren „Putin“ die Ukraine[6].

Als Kind in der Karlstrasse in Saulgau erschien mir der Krieg durch die Erzählungen der Neffs und Schramms so nah und gleichzeitig so unendlich fern“.

Auszug aus: „Der Schramm, der Bahnhof und der Krieg – Kindheitserinnerungen an Tischgespräche in der Karlstraße in Saulgau“ , Buchkapitelmanuskript für „Scheck, C., Gelder, M. (2022): „Aus dem Grau des Krieges – Geschichte hinter der Geschichte. Buchprojekt. Stadtarchiv Saulgau“

Die Bilder, die ich hier in diesen Blogbeitrag eingestellt habe, sind bis auf eine Ausnahme von mir am 17.3.2010 auf der Zugfahrt nach Saulgau bzw. der Rückfahrt nach Mannheim aufgenommen worden. Das Bild mit dem „historischen Möbelwagen“ der Firma Schramm vor der evangelischen Kirche in der Karlstraße stammt aus dem Familienbesitz. Es wird wohl in der Zwischenkriegszeit, also zwischen erstem und zweitem Weltkrieg aufgenommen sein. Weiterhin verwende ich mit freundlicher Genehmigung von Conny Scheck und  Ursula Werner den Buchcoverentwurf für das Buchprojekt „Aus dem Grau des Krieges – Geschichte hinter der Geschichte“.  Unabhängig davon, dass ich dazu einen Beitrag liefere, halte ich das für ein sehr wichtiges Projekt, denn es geht  zu viel an historischem Wissen verloren, wenn wir nicht gegensteuern. Ich wünschte mir auch in dieser Hinsicht ein solches Buch für die Stadt in der ich lebe. Aber die Stadt Grünstadt hat ja nicht mal einen hauptamtlichen Stadtarchivar,  wie beispielweise die Große Kreisstadt Schramberg (und so viele andere Städte in Baden-Württemberg) in der ich aufgewachsen bin.

Abschließen möchte ich mit einer Erinnerung an eine Sprache, an Ausdrücke die schon fast aus dem Sprachgebrauch entfallen sind, – „s’pressiert, Trottoir, sapperlot – und den berühmten „Heilandzack“ – und auch des „Seggele“ – und mir beim Verfassen des Buchkapitelmanuskript immer wieder eingefallen sind[7]. Man konnte diese Worte sowohl in Saulgau als auch in Schramberg wo ich aufgewachsen bin, ganz alltäglich in den 1960 und 1970 Jahren, ganz einfach „uf dr Gass“ hören!

611 041 vor der Abfahrt in Richtung Aulendorf, Ulm im Bahnhof Saulgau, © Christophe Neff 17.03.2010

Quellen:

Fischer, Monika (2022): Zeitzeugen erzählen ihre Erinnerungen. Das Buchprojekt von Conny Scheck nimmt Gestalt an. Schwäbische Zeitung Bad Saulgau, Montag 14 Februar 2022.

Neff, C. (2022): Der Schramm, der Bahnhof und der Krieg – Kindheitserinnerungen an Tischgespräche in der Karlstraße in Saulgau. In: Scheck, C.; Gelder, M. (2022) „Aus dem Grau des Krieges – Geschichte hinter der Geschichte“, Buchkapitelmanuskript, 12 Seiten ohne Abbildungen. Stadtarchiv Saulgau, unveröffentlicht.

Störk, C., Gelder, M. (2019): „150 Jahre Bahnanschluss Saulgau 1869-2019-Wissenswertes aus dem Stadtarchiv. In: Stadtjournal – Amtliches Mitteilungsblatt der Stadt Bad Saulgau, Nr. 30, Donnerstag 25 Juli 2019, S. 4-5.

Photos : © Christophe Neff 17.03.2010 und Familienbesitz Neff

Buchcoverentwurf: © Conny Scheck &   Ursula Werner 2022

Christophe Neff, Grünstadt 13.03.2022

P.S. (14.03.2022): Von Herrn Dr. Edwin Ernst Weber wurde ich darauf hingewiesen, dass es sich bei den Soldaten aus den Napoleonischen Befreiungskriegen im Soldatenfriedhof Beuron um österreichische Soldaten handelt. Ich habe das korrigiert, da ich von russischen Soldaten geschrieben hatte!


[1] Mehr zum Buchprojekt in Fischer, Monika (2022): Zeitzeugen erzählen ihre Erinnerungen. Das Buchprojekt von Conny Scheck nimmt Gestalt an. Schwäbische Zeitung Bad Saulgau, Montag 14 Februar 2022.

[2] Die Herausgeberinnen sind wohl durch den „paysagesblog“ auf meine verwandschaftlichen Verbindungen nach Saulgau aufmerksam geworden, insbesondere durch die Artikel „Blognotiz 16.11.2014: Novembererinnerungen an Saulgau – Gedanken zum Volkstrauertag 2014“ und „Ein paar Tage im November 1989: Erinnerung zum Mauerfall aus Südwestdeutschland

[3] In meinen Kindheitstagen hieß Bad Saulgau ja auch ganz einfach „Saulgau“ – das Thermalbad gab es noch nicht – deshalb verwende ich hier auch einfach den Namen Saulgau.

[4] Zur Geschichte des Saulgauer Bahnhofs siehe auch Störk, C., Gelder, M. (2019): „150 Jahre Bahnanschluss Saulgau 1869-2019-Wissenswertes aus dem Stadtarchiv. In: Stadtjournal – Amtliches Mitteilungsblatt der Stadt Bad Saulgau, Nr. 30, Donnerstag 25 Juli 2019, S. 4-5.

[5] Vgl. « L’année 2021 sur le blog paysages – une rétrospective » und auch das Vorwort von „Die Truppen des Zaren Putin greifen die Ukraine an!“.

[6] Vgl. « Blognotice 24.02.2022 : les troupes du Tsar Poutine attaque l’Ukraine »

[7] Schreibweise angelehnt an meine Erinnerung, sowie hier auf der Seite „Schwäbisch Schwätze – Bruddla, brägela ond mokiera“ überprüft.

Blognotice 01.03.2022: L’angoisse de l’Aube

© Christophe Neff 01.03.2022, Vue sur les toits de Grünstadt à l’aube du premier mars 2022

L’angoisse de l’Aube, – je regarde a traves la fenêtre vers l’est en attendant que le soleil apparaît à travers les toits de Grünstadt. Kiew, Odessa, Kharkiv – ont encore eu une terrible nuit derrière eux – mais au matin six de l’attaque des troupes de Poutine l’Ukraine  résiste encore, – le printemps arrive, l’Ukraine tremble, mais elle est encore debout, elle résiste. L’angoisse de l’aube, -cela rappelle un peu « la promesse de l’aube » de Romain Gary, je me rappelle les premiers pages de l’édition de Poche, que j’avais commencé à lire à l’aéroport de Strasbourg en revenant d’un voyage d’étude du Maroc, premières pages ou je fis la connaissance de Totoche, de Merzavka, et de Filoche……

L’angoisse de l’Aube car je sais, que c’est pendant l’aube que les bombardements, les attaques d’artillerie commencent, – et je crains pire, – je me souviens de Grozny, de Beslan, d’Alep, – les reportages de Natalie Nougayrède sur la guerre de Tchétchénie, la prise d’otages de Beslan dans le Monde, pour lesquelles elle a d’ailleurs reçu le prix Albert Londres  en 2005. Je ne me fais aucune illusion sur la « guerre à la mode de Poutine » –  au début des années 2000 j’avais acheté un petit livre de poche à la libraire Fetsch à Lauterbourg. Ce livre m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Ce livre s’appelle « Tchétchénie, le déshonneur russe ». Ecrit par Anna Politkovskaïa , traduit du russe et annoté par Galia Ackerman avec une préface d’André Glucksmann. Quand j’ai acheté le livre dans la librairie Fetsch à Lauterbourg, – Politkovskaïa était encore en vie, – elle fut assassinée le sept octobre 2006 – mais son message est plus que jamais d’actualité.

Pas plus optimiste après avoir lu l’interview de Susanne Koelbl du Spiegel avec Hans-Henning Schröder intitulé « Welche Chance haben die Ukrainer, diesen Krieg zu gewinnen? »Keine« / (Quelles sont les chances des Ukrainiens de gagner cette guerre ? „Aucune“)“. Même sentiment après la lecture de la remarquable tribune d’André Markowicz « La guerre en Ukraine, non, ce n’est pas la Russie qui la fait mais les chars de Poutine » dans le Monde. Et dans cette tribune je rencontre encore les fantômes de Grosny, d’Alep …..

Il me reste des lectures et des livres, comme par exemple cette interview sur la littérature russe avec Max Lawton dans le untranslated – Interview with Max Lawton: on reading Russian literature, translating Sorokin, books in need of translation and retranslation, learning languages, and ambitious projects. Comme je ne suis pas russophone, je suis obligé de lire les auteurs russes en traduction, français, allemand, anglais. Dans un certain sens la culture russe me parle en français, –  pas toujours mais assez souvent

Je pense à un livre que j’ai lu dans trois langues (allemand, anglais, français) que nous parle d’un pays déchiré par la guerre civile durant les années 1930 – il s’agit du roman « pour qui sonne le glas ». Dans ce roman Ernest Hemingway a immortalisé les brigades internationales de la guerre civile d’Espagne à travers son héro Robert Jordan »[1],[2]. On aimerait tant voire des brigades internationales venir au secours des Ukrainiens qui se battent si héroïquement pour leur liberté, mais qui sont tellement seul devant la machine de guerre infernale de troupes d’invasion du Tsar Poutine !

Car comme l’écrit André Markowicz : « Poutine sait que l’Occident n’interviendra pas militairement (pas plus qu’en 1956 ou, au XIXe siècle, pendant les révoltes polonaises de 1830 et 1863). Il prépare la suite ».

La nuit tombe sur la Unterhaardt, – et demain à l’aube, toujours l’angoisse d’apprendre que l’Ukraine libre n’existe peut-être plus, Kiew tombé, Odessa détruit, Kharkiv bombardée ….. Demain matin, deux mars 2022, c’est le septième jour de guerre pour l’Ukraine !

Bibliographie :

Politkovskaïa, Anna (2003): Tchétchénie le deshonneur russe. Traduit du russe et anoté par Galia Ackerman. Préface d’Andre Glucksmann. Paris. Gallimard/Folio, ISBN 2-07-030551-1

Photo : © Christophe Neff 01.03.2022,  Vue sur les toits de Grünstadt à l’aube du premier mars 2022

Christophe Neff, le 01.03.2022, écrit le soir du 01.03.2022 à Grünstadt


[1] Dans le NYT on trouve une très belle nécrologie de Delmer Berg qui servait dans la brigade Linclob écrite par John McCain on nous retrouvons aussi les souvenirs de Robert Jordan l’héro de « pour qui sonne le glas » –  John McCain: Salute to a Communist.

[2] Des brigades internationales j’en parle aussi un peu dans le billet « Die Truppen des Zaren Putin greifen die Ukraine an! »

Die Truppen des Zaren Putin greifen die Ukraine an! (Übertragung der « Blognotice 24.02.2022: les troupes du Tsar Poutine attaque l’Ukraine » aus dem Französischen)

Vorbemerkung:

Den folgenden Post hatte ich unter dem Titel „Blognotice 24.02.2022: les troupes du Tsar Poutine attaque l’Ukraine“ am Morgen des vierundzwanigsten Februar 2022 auf Französisch veröffentlicht, nachdem ich vom Einmarsch der russischen Truppen in der Ukraine am frühen Morgen dieses Februardonnerstag erfahren hatte. Es folgt anschließend nach dieser einführenden Vorbemerkung die Übertragung des Textes mit den Original sowie den Buch- und Quellenangaben ins Deutsche.

Weshalb habe  ich den Originaltext auf Französisch verfasst? Französisch ist erst einmal meine Muttersprache, „paysages“ immer noch ein francophoner Blog, auch wenn die Leserschaft immer internationaler wird[1]. Daneben habe ich die meisten der angegebenen Quellen, in Französisch gelesen. Ich hätte da noch viele andere dazufügen können, wie z.B.   das Büchlein „Tchétchenie le deshonneur russe[2]“ von Anna Politkowskaia.  Für diese deutsche Übertragung halte ich auch wichtig auf das „grand œuvre“ von Karl Schlögel „Das Sowjetische Jahrhundert. Archäologie einer untergegangenen Welt“ hinzuweisen, – es befindet sich auch in den „orientations bibliographiques“ des Originaltextes. Diesem Buch hätte ich gerne eine große Leserschaft gewünscht, und ich meine es lohnt sich immer noch, es zu lesen oder es wieder zu lesen.

Weshalb ich den Text ins Deutsche übertragen?

Ich übertrage den Text ins Deutsche, ich schreibe übertrage, weil es sich nicht um eine wortwörtliche Übersetzung handelt, weil ich schon sehr erstaunt bin, wie viele Politiker hierzulande aber vor allem so viele deutsche Sicherheitsexperten so überrascht vom russischen Angriff auf die Ukraine waren. Ich war es nicht, und ich frage mich wieso ein „Gelegenheitswochenendblogger“ wie ich es einer bin, mehr Gespür für die Entwicklung der internationalen Sicherheitslage hatte, als so mancher Sicherheitsexperte, der ja damit sein Geld verdient.

Ja und dann gibt es ja noch den Zustand der Bundeswehr. Meine aktive Zeit als Reserveoffizier ist seit letztem Herbst beendet, – im Oktober 2022 habe ich meine Ausrüstungsgegenstände, Uniform etc.  in Germersheim abgegeben. Behalten habe meine „Fallschirmjägerbarett aus Nagolder/Calwer Zeiten[3]“ – und meine „Oberstleutnant Schulterklappen“. Vielleicht schreibe ich ja auch irgendwann mal was über meine Erfahrung und Einblicke nach über 37 Jahre Wehrdienst und Reserveoffizierstätigkeit in diesem Blog. Den Aussagen von Generalleutnant Alfons Mais dem Inspekteur des Heeres kann ich nur beipflichten, das ist auch das Bild, das ich von meinen letzten Wehrübungen hatte, – sehr engagierte Kameraden, aber die „Truppe“ war strukturell kaputt gespart. Es fehlte an allen Ecken und Enden. Ich habe mich sowohl im Bekannten und Freundeskreis, aber auch öffentlich schon vor Jahren für mehr Geld für die Bundeswehr eingesetzt, man kann das u.a. auch hier nachlesen, – aber im Grunde genommen, wurde ich wenn es gut ging, nur milde belächelt. Man kann nur hoffen, dass Politik und Gesellschaft durch die Ereignisse in der Ukraine aufwachen, und die Bundeswehr endlich die Mittel bekommt, damit der ureigene Auftrag der Bundeswehr, die Landesverteidigung wieder mit „Aussicht auf Erfolg“ durchgeführt werden kann.

Seit dem Einmarsch der russischen Invasoren in der Ukraine, sind schon zwei Tage vergangen. Die Ukraine verteidigen ihr Land, ihre Freiheit mit bewundernswertem Mut! Ich bewundere auch diejenigen, die in Moskau und St. Petersburg den Mut hatten, gegen die kriegerische Aggression Russlands auf die Straße zu gehen. Es gibt also noch eine nicht gleichgeschaltete Zivilgesellschaft in Russland.

Leider befürchte ich, dass die Ukraine das Schicksal der Zweiten Spanische Republik teilt. Viel salbungsvolle Worte für die Spanische Republik, – aber letztlich hat man sie untergehen lassen. Hätte es nicht die Schriftsteller wie Hemingway[4], Orwell und andere Künstler wie beispielsweise Picasso[5] gegeben die das Geschehen verewigt haben, wäre das Schicksal der zweiten Spanischen Republik, aber auch das tragische Schicksal der internationalen Brigaden,  vielleicht als Fußnote der Geschichte längst vergessen.

Grünstadt, Samstag 26.02.2022

Die Truppen des Zaren Putin greifen die Ukraine an (Übertragung aus dem Französischen durch den Verfasser, Originaltitel = Blognotice 24.02.2022: les troupes du Tsar Poutine attaque l’Ukraine)

Ich hatte es schon sehr lange befürchtet[6], – und ich bin daher nicht allzu überrascht über den russischen Angriff auf die Ukraine. Ich habe mir schon lange keine Illusionen über die Ziele vom Zaren Putin gemacht. Manchmal habe ich mir sogar erlaubt, meine Befürchtungen über Putins Herrschaft zu äußern – es genügt einfach noch einmal einige meiner früheren Beiträge in Paysages über Herrn Putin und Russland nachzulesen[7].

Natürlich waren da die Bücher, die ich gelesen, überflogen und verschlungen habe, alle diese Bücher über die russische (präsowjetische) Geschichte, über Herrn Putin, von denen ich hier nur zwei Titel nennen möchte – „Dans la tête de Vladimir Poutine. Essay“ von Michel Eltchaninoff und „Mr. Putin – operativ im Kreml“ von Fiona Hill und Clifford G. Gaddy, zwei Bücher, die auch heute noch eine gründliche Neulektüre verdienen. Und natürlich die Werke russischer Schriftsteller und Romanautoren, von denen ich zwei nennen möchte, die der breiten Öffentlichkeit vielleicht unbekannt sind, die ich aber für ziemlich bedeutend halte, wie zum Beispiel Leo Tolstoi “ Les Récits de Sébastopol / Sevastopolskie rasskazy ) (Sewastopol-Zyklus)“ und “ Voyage de Pétersbourg à Moscou (Reise von Petersburg nach Moskau)“ von Alexander Radischtschew.  Um die Geschichte Russlands und seiner Vorgänger, der berühmten „Rus„, ein wenig zu verstehen, reise ich immer noch gerne durch Michel Hellers “ Histoire de la Russie et de son Empire “ – ein Buch, das mir geholfen hat, die Botschaften und Ziele von Herrn Putin zu entschlüsseln.

Die Ziele des neuen Zaren sind glasklar und er hat sie auch nie verheimlicht. Wiederherstellung eines neuen Großrusslands innerhalb der Grenzen des Zarenreichs von vor 1917. Die neue  russische Meistererzählung neu schreiben – und die Überreste des Leninismus auslöschen – wie zum Beispiel die Überbleibsel der unabhängigen Sowjetrepubliken. Ein umfangreiches Programm, welches von einem Großteil der „westlichen Sowjetologen“ nie entschlüsselt werden konnte, da für sie die russische Geschichte erst 1917 begann und 1991 mit dem Untergang der Union der Sozialistischen Sowjetrepubliken endete.

Zum Abschluss dieses Beitrags, der nach dem Angriff des russischen Militärs auf die Ukraine im Morgengrauen des 24. Februar 2022 „aus dem Stegreif“ geschrieben wurde möchte ich folgendes festhalten: Obwohl ich glaube, dass ich des Zaren Putin Willen schon lange genug entschlüsseln kann, – denke ich, dass es sehr schwierig sein wird, dauerhafte Lösungen zu finden, um den unermeßlichen Appetit des Moskauer Herrschers zu stoppen – denn er will weit mehr, als nur die Ukraine zu neutralisieren!

Bibliographische Orientation/Orientations bibliographiques :

Eltchaninoff, Michel (2015): Dans la tête de Vladimir Poutine. Essai. Arles (Solin/Actes Sud), ISBN 978-2-330-03972-1

Heller, Michel (2015) : Histoire de la Russie et de son Empire. Préface de Marie-Pierre Rey. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard. Plon et Perrins, tempus. Paris. ISBN 978-2-262-05163-1

Hill, Fiona ; Gaddy, Clifford G. (2015):Mr. Putin. Operative in the Kremlin. New and expanded. Brookings Institution Press, Washington D.C., ISBN 978-0-8157-2617-3

Radichtchev, Alexandre (2007): Voyage de Pétersbourg à Mouscou. Traduit du russe et présénte par Bernard Kreise. Éditions Payot & Rivages, Rivages Poches, petite Bibliotheque . ISBN 978-2-7436-1683-0

Schlögel, Karl (2017): Das Sowjetische Jahrhundert. Archäologie einer untergegangenen Welt. München, C.H. Beck, ISBN 978-3-406-71511-2

Tolstoï, Léon (2005): Lés récits de Sébastopol. Traduit du Russe par Louis Jousserandot. Éditions Payot & Rivages, petite Bibliotheque. ISBN 978-2-228-89967-3

Im Französischen Original, am Donnerstag 24.02.2022 verfasst.

P.S.: (20.03.2022): In diesem Zusammenhang sei noch einmal auf die „Blognotiz 08.02.2015: Rückblick auf das Paysagesblog im Jahr 2014“ verwiesen,  da findet u.a. man folgenden Sätze „Ich gehe davon aus, dass „Monsieur Poutine“ versuchen wird das alte zaristische imperiale Russland in Grenzen von 1914 wiederherzustellen. Oder wie der französische Geograph Michel Foucher (2014) es in einem Interview + Karte im Le 1 darstellte, Rußland in den Grenzen des „Patriarcat de Moscou et de toute la Russie“ d.h. dem Einfluß der Russisch-Orthodoxe Kirche, wieder aufleben zu lassen. Ich mache mir da keinerlei Illusionen“. Ich habe diese Sätze vor sieben Jahren im Februar 2015 verfasst, sieben Jahre vor dem russischen Überfall der russischen Armee auf die Ukraine!

Fußnoten:


[1] Siehe u.a diesen dreisprachigen Rückblick (Französisch, Deutsch, Englisch) auf 12 Jahre Paysagesblog «Paysages – douzième année d’existence sur la toile donc déjà deux ans sur wordpress.com (billet trilingues français, allemand, anglais) »

[2] Politkovskaïa, Anna (2003): Tchétchénie le deshonneur russe. Traduit du russe et anoté par Galia Ackerman. Préface d’Andre Glucksmann. Paris. Gallimard/Folio, ISBN 2-07-030551-1

[3] Siehe u.a. „Ottmar Schreiner – Sozialdemokrat, Fallschirmjägeroffizier und Katholik (21.04.2013)“.

[4] Hier z.B., der Roman „Wem die Stunde schlägt

[5] Hier z.B., das Gemälde Guernica.

[6]  Zum Beispiel den Blogpost « L’année 2021 sur le blog paysages – une rétrospective »  in dem ich schrieb « je crains que nous nous pouvons être confrontées avec la possibilité de voir éclater des guerres pas si loin de nos frontières comme par exemple en Ukraine (Übersetzung = Ich befürchte, dass wir mit der Möglichkeit konfrontiert werden könnten, dass Kriege nicht so weit von unseren Grenzen entfernt ausbrechen könnten, wie zum Beispiel in der Ukraine) »

[7] Beispielsweise die allen in Französisch verfassten Blogposts « Blognotice 22.12.2013: De Dostoïevski à Mikhaïl Khodorkovski » , « Vue de Grünstadt 02.04.2015: Vue sur le paysage urbain de Grünstadt », « Du déjà vu en pire – Alep, Grozny, Beslan / a feeling of “déjà vu » in worse … Aleppo, Grozny, Beslan …. (27.09.2016) », « Memorial – les forêts de Carélie n’oublieront jamais les âmes perdues des « zaklioutchonny kanaloarmeets », les détenus-combattants du Belomorkanal », et « L’année 2021 sur le blog paysages – une rétrospective ».

Blognotice 24.02.2022 : les troupes du Tsar Poutine attaque l’Ukraine

Je le craignais depuis fort longtemps[1], – et je ne suis donc pas trop surpris par l’attaque de l’Ukraine par la Russie. Depuis fort longtemps je ne me faisais aucune illusion sur les objectives du Tsar Poutine. Parfois même je me suis permis de formuler mes craintes vis-à-vis du règne de Poutine – il suffit de relire certains de mes anciens billets sur Monsieur Puotine et la Russie[2].

Naturellement les livres que j’ai lus, survolés, avalés tous ce livre sur l’histoire de Russie (praesoviétique), sur Monsieur Poutine, dont je ne citerai que deux titres ici – « Dans la tête de Vladimir Poutine. Essai » de Michel  Eltchaninoff  et « Mr. Putin – operative in the Kremlin » écrit par Fiona Hill et Clifford G.Gaddy, deux livres qui méritent encore de nos jours une relecture approfondie. Et naturellement les œuvres des romanciers et écrivains russe – dont je citerai deux œuvres peut-être inconnus du grand public – mais que je considère comme assez significative comme par exemple Léon Tolstoï  « Les récits de Sébastopol » et «  Voyage de Pétersbourg à Mouscou » de Alexandre Radichtchev.  Pour comprendre un peu l’histoire de la Russie, et de ces prédécesseurs les fameux « Rus »  j’aime encore voyager à traves l’ouvrage « Histoire de la Russie et de son Empire » de Michel Hellerlivre qui m’a aidé de déchiffrer les messages et objectives de Monsieur Poutine.

Les objectives du nouveau Tsar sont clair comme la lune, il les a d’ailleurs jamais cachés. Rétablir la une nouvelle grande Russie dans les frontières de l’empire du Tsar avant 1917. Réécrire le nouveau roman national russe –et effacer les vestiges du léninisme – comme par exemple ce qui reste des républiques soviétiques indépendantes. Vaste programme qu’une très grande partie des « soviétologues occidentaux » n’ont jamais pu déchiffrer car pour eux l’histoire russe débutait en 1917 et finissait en 1991 avec la chute de l’Union des républiques socialistes soviétiques.

Pour finir ce billet, écrit « à chaud » après l’attaque de l’Ukraine par les forces militaires russes l’aube du jeudi 24 février 2022. Même si je pense être capable de déchiffrer  la volonté du Tsar Poutine depuis déjà assez longtemps, – je pense qu’il sera très difficile de trouver des solutions durables pour stopper l’appétit féroce du régnant de Moscou – car il veut beaucoup plus que simplement neutraliser l’Ukraine !

Orientations bibliographiques :

Eltchaninoff, Michel (2015): Dans la tête de Vladimir Poutine. Essai. Arles (Solin/Actes Sud), ISBN 978-2-330-03972-1

Heller, Michel (2015) : Histoire de la Russie et de son Empire. Préface de Marie-Pierre Rey. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard. Plon et Perrins, tempus. Paris. ISBN 978-2-262-05163-1

Hill, Fiona ; Gaddy, Clifford G. (2015):Mr. Putin. Operative in the Kremlin. New and expanded. Brookings Institution Press, Washington D.C., ISBN 978-0-8157-2617-3

Radichtchev, Alexandre (2007): Voyage de Pétersbourg à Mouscou. Traduit du russe et présénte par Bernard Kreise. Éditions Payot & Rivages, Rivages Poches, petite Bibliotheque . ISBN 978-2-7436-1683-0

Schlögel, Karl (2017): Das Sowjetische Jahrhundert. Archäologie einer untergegangenen Welt. München, C.H. Beck, ISBN 978-3-406-71511-2

Tolstoï, Léon (2005): Lés récits de Sébastopol. Traduit du Russe par Louis Jousserandot. Éditions Payot & Rivages, petite Bibliotheque. ISBN 978-2-228-89967-3

Christophe Neff, Grünstadt 24.02.2022


[1] Voir par exemple le billet   « L’année 2021 sur le blog paysages – une rétrospective »  ou j’ecrivais « je crains que nous nous pouvons être confrontées avec la possibilité de voir éclater des guerres pas si loin de nos frontières comme par exemple en Ukraine »

[2] Voir par exemple les billets  « Blognotice 22.12.2013: De Dostoïevski à Mikhaïl Khodorkovski » , « Vue de Grünstadt 02.04.2015: Vue sur le paysage urbain de Grünstadt », « Du déjà vu en pire – Alep, Grozny, Beslan / a feeling of “déjà vu » in worse … Aleppo, Grozny, Beslan …. (27.09.2016) », « Memorial – les forêts de Carélie n’oublieront jamais les âmes perdues des « zaklioutchonny kanaloarmeets », les détenus-combattants du Belomorkanal », et « L’année 2021 sur le blog paysages – une rétrospective ».

„Die Liebe höret nimmer auf“ – découvrir les paysages sonores du „ Royaume du Wurtemberg“ avec Katharina Eickhoff

Die Liebe höret nimmer auf[1]“ – « L’amour ne cessera jamais »  ce sont les mots que Guillaume Ier (roi de Wurtemberg) fit gravir sur le portal de la  Grabkapelle auf dem Württemberg pour son épouse Catherine Pavlovna de Russie qui décéda beaucoup trop jeune. Histoire tragique qu’on peut découvrir dans l’émission radiophonique  « Grüss Gott Herr König: Expeditionen ins Königreich Württemberg (Bonjour Monsieur le Roi – Expéditions dans le royaume de Wurtemberg[2])» produite et présentée par Katharina Eickhoff. Et on  y découvre beaucoup plus, que cette histoire de la mort tragique de Catherine Pavlona. Ce sont les paysages sonores du petit royaume de Wurtemberg  qui, a a peine existé plus d’une centaine d’année, s’étalent devant l’oreille attentive de l’auditeur. On y découvre aussi des merveilles oubliés comme par exemple le Concerto pour violoncelle n° 3 en la mineur de Nikolaus  Kraft.

Un petit B – moll peut être – il manque la chanson «Auf de schwäbsche Eisebahne   (sur les chemins de Fer souabes) », chanson populaire souabe qui traduit à quel point le chemin de Fer a transformé  les paysages du royaume du Wurtemberg et bouleversé la vie de la population rurale.  La chanson décrit le voyage tragique d’un paysan avec sa chèvre de Stuttgart à Friedrichshafen en train juste après l’inauguration de la Württembergische Südbahn. La petite chèvre ou le bouc de chèvre acheté aux marché de bétail de Stuttgart par le pauvre paysan souabe n’arriva jamais à sa destination à Friedrichshafen sur le lac de Constance[3].

L’auditeur littéraire pourra approfondir la rencontre avec les paysages du Württemberg, en lisant le livre « Wundersame blaue Mauer – die schwäbische Alb in Geschichten und Gedichten » édité par Wolfgang Alber, Brigitte Bausinger et Hermann Bausinger. Dans le livre on rencontra beaucoup de personnes dont Katharina Eickhoff nous parla pendant son émission « Grüss Gott Herr König: Expeditionen ins Königreich Württemberg ». 

C’est d’ailleurs déjà le deuxième billet dans paysages qui est consacré à une émission présentée par Katharina Eickhoff. En octobre 2021 j’avais écrit « C’est si bon de « redécouvrir » « Yves Montand » avec Katharina Eickhoff ».  Je me demande pourquoi on ne trouve pas d’article Wikipédia consacré à Katharina Eickhoff  – car il faut savoir que la plupart des modérateurs/modératrices de la chaine radio SWR3 ont leur article dans la Wikipédia allemande. Peut-être est-il exacte que la « culture » – est un peu le parent pauvre de la Wikipédia. Par exemple sur Nikolaus Kraft le violoncelliste et compositeur autrichien on retrouve quelques petites lignes dans la wikipedia.en, – mais à part cela le personnage et l’œuvre de Kraft semble être totalement tombé à l’oubli. 

Espérons au-moins, – que les auditeurs de la chaine radio SWR2 – pourront encore longtemps partir en « expédition » a traves les divers paysages sonores avec la fabuleuse Katharina Eickhoff !

Et pour finir, j’ajoute ce petit clin d’œil personnel – mon arrière grand père Wilhelm Schramm, qui fonda la « Expédition ferroviaire » Wilhelm Schramm à Saulgau au début du vingtième siècle, cette compagnie transformé en «compagnie  transport de meubles[4] », et disparu durant les années 2000, – fût nommé Wilhelm, d’après le dernier roi du Wurtemberg, – Wilhelm II. C’est au moins l’histoire que me fût racontée pendant mon enfance durant mes visites chez mes grands-parents à Saulgau dans le « Oberland » profond de l’ancien royaume du Wurtemberg, – l’Oberland ou Oberschwaben qui fût la partie catholique de l’ancien royaume du Wurtemberg. Le Wurtemberg du Roi Wilhelm II de Wurtemberg était la partie la plus libérale du Reich, – l’industrie prospérait, – et les idées socialistes aussi. En 1907 se tenait le Internationaler Sozialistenkongress à Stuttgart dans la Liederhalle, où on pouvait côtoyer Jean Jaures, Clara Zetkin, Rosa Luxembourg, Vladimir Ilitch Lénine et peut être même un certain Léon Bronstein nommé Trotzki[5]. Le Wurtemberg était une Monarchie constitutionnelle, un état libéral ou n’avait même pas peur des idées socialistes & révolutionnaires. Le internationale Sozialistenkongress de 1907 fut d’ailleurs le seul congrès de la Internationale ouvrière sur « terre allemande ».

Les cinq parties de l’émission radiophonique « Grüß Gott, Herr König! – Expeditionen ins Königreich Württemberg (1–5)“ sont a (re) ecouter pendant un an, cela veut dire jusque à la fin janvier 2023. »

Scans :

Scan de la page de l’emission „Grüß Gott, Herr König! – Expeditionen ins Königreich Württemberg (1–5)“ sur SWR2

Scan de la coverture du livre : Wundersame blaue Mauer – Die schwäbische Alb in Geschichten und Gedichten

Bibliographie:

Alber, Wolfgang; Bausinger, Brigitte; Bausinger, Hermann (Eds.)(2017): Wundersame blaue Mauer – Die schwäbische Alb in Geschichten und Gedichten. Tübingen,  Klöpfer & Meyer, ISBN 978-3-86351-460-0

Christophe Neff, écrit le Dimanche 13.02.2022 à Grünstadt, publié le 14.02.2022


[1] 1 Corinthiens 13,1-13,  – die « Liebe höret nimmer auf (l’amour ne cessera jamais)“ est la version originale de la Bibel de Luther  „Hohelied der Liebe (1. Korinther 13)“ .

[2] La traduction littérale de « Grüß Gott » en français est « Dieu te salue/Dieu t’embrasse ou même puisse Dieu te rencontrer avec bienveillance »  – donc en utilisant cette traduction littérale on devrait écrire : Dieu vous salue Monsieur le Roi – Expéditions dans le royaume de Wurtemberg »

[3] L’interpretation « classique » de la « Schwäbische Eisenbahnen » par Willy Reichert, peut etre ecouter ici sur youtube.  

[4] Wilhelm Schramm Möbeltransporte, denommé „ der Schramm“ à Saulgau! Voir aussi „Ein paar Tage im November 1989: Erinnerung zum Mauerfall aus Südwestdeutschland“ et „Blognotiz 16.11.2014: Novembererinnerungen an Saulgau – Gedanken zum Volkstrauertag 2014“

[5] Pour Léon Trotzki je ne suis pas sur si il a vraiment participe aux internationaler Sozialistenkongress de Stuttgart, – on ne le trouve pas sur les listes des orateurs – mais je pense qu’il a au moins contribuer a organiser ce evenement memorable a la Liederhalle de Stuttgart en aout 1907.