Blognotice 01.03.2022: L’angoisse de l’Aube

© Christophe Neff 01.03.2022, Vue sur les toits de Grünstadt à l’aube du premier mars 2022

L’angoisse de l’Aube, – je regarde a traves la fenêtre vers l’est en attendant que le soleil apparaît à travers les toits de Grünstadt. Kiew, Odessa, Kharkiv – ont encore eu une terrible nuit derrière eux – mais au matin six de l’attaque des troupes de Poutine l’Ukraine  résiste encore, – le printemps arrive, l’Ukraine tremble, mais elle est encore debout, elle résiste. L’angoisse de l’aube, -cela rappelle un peu « la promesse de l’aube » de Romain Gary, je me rappelle les premiers pages de l’édition de Poche, que j’avais commencé à lire à l’aéroport de Strasbourg en revenant d’un voyage d’étude du Maroc, premières pages ou je fis la connaissance de Totoche, de Merzavka, et de Filoche……

L’angoisse de l’Aube car je sais, que c’est pendant l’aube que les bombardements, les attaques d’artillerie commencent, – et je crains pire, – je me souviens de Grozny, de Beslan, d’Alep, – les reportages de Natalie Nougayrède sur la guerre de Tchétchénie, la prise d’otages de Beslan dans le Monde, pour lesquelles elle a d’ailleurs reçu le prix Albert Londres  en 2005. Je ne me fais aucune illusion sur la « guerre à la mode de Poutine » –  au début des années 2000 j’avais acheté un petit livre de poche à la libraire Fetsch à Lauterbourg. Ce livre m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Ce livre s’appelle « Tchétchénie, le déshonneur russe ». Ecrit par Anna Politkovskaïa , traduit du russe et annoté par Galia Ackerman avec une préface d’André Glucksmann. Quand j’ai acheté le livre dans la librairie Fetsch à Lauterbourg, – Politkovskaïa était encore en vie, – elle fut assassinée le sept octobre 2006 – mais son message est plus que jamais d’actualité.

Pas plus optimiste après avoir lu l’interview de Susanne Koelbl du Spiegel avec Hans-Henning Schröder intitulé « Welche Chance haben die Ukrainer, diesen Krieg zu gewinnen? »Keine« / (Quelles sont les chances des Ukrainiens de gagner cette guerre ? „Aucune“)“. Même sentiment après la lecture de la remarquable tribune d’André Markowicz « La guerre en Ukraine, non, ce n’est pas la Russie qui la fait mais les chars de Poutine » dans le Monde. Et dans cette tribune je rencontre encore les fantômes de Grosny, d’Alep …..

Il me reste des lectures et des livres, comme par exemple cette interview sur la littérature russe avec Max Lawton dans le untranslated – Interview with Max Lawton: on reading Russian literature, translating Sorokin, books in need of translation and retranslation, learning languages, and ambitious projects. Comme je ne suis pas russophone, je suis obligé de lire les auteurs russes en traduction, français, allemand, anglais. Dans un certain sens la culture russe me parle en français, –  pas toujours mais assez souvent

Je pense à un livre que j’ai lu dans trois langues (allemand, anglais, français) que nous parle d’un pays déchiré par la guerre civile durant les années 1930 – il s’agit du roman « pour qui sonne le glas ». Dans ce roman Ernest Hemingway a immortalisé les brigades internationales de la guerre civile d’Espagne à travers son héro Robert Jordan »[1],[2]. On aimerait tant voire des brigades internationales venir au secours des Ukrainiens qui se battent si héroïquement pour leur liberté, mais qui sont tellement seul devant la machine de guerre infernale de troupes d’invasion du Tsar Poutine !

Car comme l’écrit André Markowicz : « Poutine sait que l’Occident n’interviendra pas militairement (pas plus qu’en 1956 ou, au XIXe siècle, pendant les révoltes polonaises de 1830 et 1863). Il prépare la suite ».

La nuit tombe sur la Unterhaardt, – et demain à l’aube, toujours l’angoisse d’apprendre que l’Ukraine libre n’existe peut-être plus, Kiew tombé, Odessa détruit, Kharkiv bombardée ….. Demain matin, deux mars 2022, c’est le septième jour de guerre pour l’Ukraine !

Bibliographie :

Politkovskaïa, Anna (2003): Tchétchénie le deshonneur russe. Traduit du russe et anoté par Galia Ackerman. Préface d’Andre Glucksmann. Paris. Gallimard/Folio, ISBN 2-07-030551-1

Photo : © Christophe Neff 01.03.2022,  Vue sur les toits de Grünstadt à l’aube du premier mars 2022

Christophe Neff, le 01.03.2022, écrit le soir du 01.03.2022 à Grünstadt


[1] Dans le NYT on trouve une très belle nécrologie de Delmer Berg qui servait dans la brigade Linclob écrite par John McCain on nous retrouvons aussi les souvenirs de Robert Jordan l’héro de « pour qui sonne le glas » –  John McCain: Salute to a Communist.

[2] Des brigades internationales j’en parle aussi un peu dans le billet « Die Truppen des Zaren Putin greifen die Ukraine an! »

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