Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île le de Faial/Açores)

vol vers Horta- vue sur le Pico 21.09.2019
vol vers Horta- vue sur le Pico 21.09.2019, © Christophe Neff 2019

Il y  a maintenant déjà vingt ans que je débarquai à Castelo Branco, le petit aéroport de Horta sur l’île de Faial, pour débuter mes recherches géographiques et géobotaniques sur le complexe de Capelo à l’ouest de l’île de Faial aux  Açores. Ce fut durant la fin de l’été 1999 que je découvris l’île de Faial, en venant de l’ile de Flores et de Terceira, et depuis entre 1999 et 2008 je suis retourné quasiment chaque année. L’accident de 1999, qui engendra la naissance du blog paysages sur le Monde.fr, interrompra mes voyages jusqu’ en 2017[1]. Enfin en Septembre 2017, jusque 60 ans après la naissance du Capelinhos j’avais enfin l’occasion de revenir à Faial et de poursuivre mes recherches, que j’ai poursuivies durant la deuxième moitié de Septembre 2019 sur la dynamique

Blick auf Capelinhos Sept 1999
Vue sur le Capelinhos, Septembre 1999, © Christophe Neff, 09/1999

végétale dans le complexe de Capelo. Le complexe de Capelo, ou plus précisément le complexe volcanique de Capelo (complexo vulcânico do Capelo en portugais/ Capelo Volcanic Complex en anglais) désigne la partie occidentale de l’île de Faial, dénommée aussi  la péninsule de Capelo, qui est un paysages formé par volcanisme relativement récent, 11 systèmes volcaniques, formant 33 cônes, qui se sont formés durant les derniers 8000 ans, et dont le volcan Capelinhos est le dernier né. Je ne vais pas trop m’attarder sur mes recherches menées sur le complexe volcanique de Capelo, – j’ai soumis début Septembre 2019 un article dénommé « Observations de la dynamique végétale sur le volcan des Capelinhos (Île de Faial/ Açores /Portugal)[2] » à la revue de géographie portugais « Finisterra » – qui résume tous mes travaux scientifiques effectués sur le site du complexe volcanique de Capelo entre 1999 et 2017 – et j’espère Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos (Ile de Faial - Açores - Portugal)_Seite_02naturellement que l’article sera accepté (sans trop de changements). Notons que Finisterra est une des rares revues scientifiques internationales  qui accepte encore des articles écrits en français.  J’aimerais ici dans le « billet » de blog plutôt me pencher sur ma perception personnelle des changements de ces paysages  depuis 1999, surtout aussi parler de quelques rencontres personnelles faites durant tous ce voyages de recherches, rencontres qui ont laissé des traces dans mes « souvenirs de voyage à Faial ».

A mon arrivée à Faial, il n’y avait pas des « tourisme » digne de ce nom. Quelques randonneurs, des équipages des voiliers qui se réunissaient chez « Peters ». Les petits déjeuners dans la salle à manager de l’ Hôtel Faial[3], – ou j’ai toujours débarqué pendait mes voyages – se passait dans le calme – quelques touristes français & francophones, des américains, des luso-américains  à la recherche de leurs racines açoriennes.

approche à Flores (Hotel Faial 28.09.2017)
Photo des dessins de « Transalls » de l’Armée de l’Air en vol vers ancienne base française de Flores (Bar de l’Hôtel Faial 28.09.2017), © Christophe Neff, 09/2017

Cela cependant a complètement changé,  le tourisme est bien arrivé à Faial. La salle à manger de l’Hôtel Faial, le matin, pendant l’heure du petit déjeuner a perdu son calme, – il y  a du monde maintenant qui prend son petit déjeuner ici. D’ailleurs les dessins montrant la base française de Flores, l’approche des « Transall » vers le petit aéroport de Santa Cruz de Flores ont disparu de la salle à manger de l’Hôtel Faial, mais heureusement on les retrouve au Bar de l’Hôtel. Ces dessins qui rappellent les souvenirs de la présence de la base militaire française de l’ile de Flores sont aussi dans ce sens un vestige d’une période presque oubliée – la guerre froide et le développement de la « Force de Frappe »  française. Jadis c’était cette base qui faisait tourner l’économie de la petite  île de Flores, ce petit caillou perdu dans l’atlantique du Nord, – qui géologiquement appartient déjà à l’Amérique, Flores fait partie de la « Plaque nord-américaine »[4]. Flores est surtout le petit village de Fajã Grande sur la côte occidentale de l’ île sont un monde à part qui semble être oublié des grands bouleversements qui ont secoué la planète ces vingt dernières années – c’est au moins ce que je retiens de deux séjours dans ce village en 1999 et 2001[5].

peterslivrefranQuand je descendis la première fois à l’Hôtel Faial, une grande partie du personnel était encore « francophone », cela a changé, à  part Valther le maître d’Hôtel qui maitrise parfaitement la langue de Voltaire, – l’Hôtel est devenu un lieu anglophone (comme d’ailleurs une grande partie du paysage touristique portugais). Un des rares endroits où  une partie du personnel parle encore français est le fameux « Peter Café Sport » sur le Port de Horta. C’est là par ailleurs que je fis une rencontre qui m’a montré à quel point le Portugal a souffert de la crise de 2007/08.

Vue sur Peter Café Sport (Horta 25.09.2019)
Vue sur Peter Café Sport (Horta 25.09.2019), © Christophe Neff

Une jeune femme, architecte diplômée et photographe, a dû quitter les paysages du Nord du Portugal où elle a grandi, passé ses études, pour gagner sa vie à Horta, – car ici à Faial le tourisme (qui était quasiment inexistant en 1999) a pendant les années de crises (et même après)  procuré quelques possibilités de survivre économiquement. Beaucoup de jeunes portugais ont d’ailleurs été obligés d’immigrer au Brésil, vers l’Angola et de même le « flux » de l’immigration portugais envers la France et la Suisse a repris pendant ces années de crise. Marianna la jeune photographe venue du Nord du Portugal a choisi de tenter sa chance à Faial – elle boucle ses mois en travaillant chez « Peters ».

Quand je suis arrivé sur les champs de cendres de Capelo en 1999, à Cedros il y avait le restaurant de Nick, « O’Esconderijo-Nicks Hide away » – à Capelo « l’artisanato do Capelo » de Véronique, à Norte Pequeno le Bar « Fim do Mundo (Fin du Monde) » de Domingos – et le restaurant « Bela Vista » à Capelo – oui la partie occidentale de île de Faial – en 1999 c’était encore quasiment la Fin du Monde.

Bar Fim do Mundo September 2001 Norte Pequeno
Bar Fim do Mundo September 2001 Norte Pequeno, © C.Neff 09/2001

Le Bar « Fim do Mondo[6] » était une véritable institution a Norte Pequeno (dont j’avais déjà une fois parle un peu ici). On pouvait se ravitailler, boire un café, et naturellement découvrir l’intérieur du Café, – décoré avec des cartes du National Geographic, des extraits du « Boston Globe », du « Cape Code Times »…..et les histoires de Domingos et de Patricia[7]. Un véritable « Café des Géographes » au fin du Monde où on rêvait de Nantucket , New Bedforddu Cape Code , Martha’s Vineyard  – de terres promises du Massachusetts, de Rhode Island mais aussi de Paris, Lisbonne et autres terres lointaines. Le souvenir de John Fitzgerald Kennedy, de son frère Robert était encore très présent. Ce John qui avait forgé avec le Senateur John O. Pastore le « Azorean Refugee Act » ou « Pastore-Kennedy Act of 1958 » qui avait ouvert la porte des Etats –Unis aux habitants de Faial, car l’éruption du Capelinhos, – pour les familles de Capelo, Norte Pequeno, Praia du Norte – fut une véritable catastrophe, – un phénomène terrorisant la partie occidentale de l’île de Faial[8],[9].

Et parfois un Pickup  passait devant le « Bar » vendre ses « Bananes » – car c’est presque oublié dans le grand Monde – les Açores c’est aussi un pays de Bananes. Beaucoup d’ Açoréens ont dans leurs jardins, une petite plantation de Bananes, – mais les grandes plantations  comme par exemple aux Antilles ou en Amérique centrale n’existent pas aux Açores.

Malheureusement les époux Andrade  ont fermé le « Fim do Mundo » il y a quelques années. Mais il reste le souvenir de cet endroit magique. Car c’était un peu ca – un endroit magique du bout du Monde[10].

Le fin du Monde en 1999 c’était la partie occidentale de Capelo vers le vieux phare de Capelinhos –le Farol da Ponta dos Capelinhos. Le centre du  Centro de Interpretação do Vulcão dos Capelinhos   était inexistant, aucune résidence secondaire à Capelo sur la « Rua do Canto » à Capelo ! En Septembre 1999 on descendait la « Rua do Canto » pour arriver au vieux phare du Capelinhos et après on pouvait descendre vers le vieil

Vulk. sukz. Arundo donax + Erica azorica Capelo-Capelinhos Aschefelder 2002
Vue sur la végétation des champs de cendres du Capelinhos à Capelo dominé par la Canne de Provence (Arundo donax) en Septembre 2002, © Christophe Neff, 09/2002

embarcadère de Porto Comprido. Un paysage de champs de cendres recouvert de « Canne de Provence »,  de quelques Tamaris et de Banksia côtier – et au bout de la « rua do Canto » – la rue du Canto – le Cabeço do Canto est un des Cônes volcaniques surplombant Capelo et faisant donc partie du Complexe volcanique de Capelo. Dans cette petite ruelle que fit la « Rua da Canto » en 1999, il y avait dans une petite maison en pierre volcanique où se trouvait « l’Artesanato do Capelo », le seul endroit où on pouvait trouver quelques infos sur le Capelinhos, des extraits de vieux journaux, des livres en portugais et en français. Ce centre était le premier début du « Centro de Artesanato do Capelo » qui de nos jours se trouve au soi-disant centre de Capelo.

IMG« L’Artesanato do Capelo » c’était le royaume de Véronique.  Je me rappelle  encore bien, quand je rentrai dans la petite maison en Septembre 1999, me débrouillant dans mon portugais approximatif avec une forte intonation française – et Véronique s’est tout de suite  mise à parler en français avec moi – et après avoir découvert mon accent alémanique/alsacien – elle passa à l’allemand. Véronique avait passé une très longue partie de sa vie comme artiste à Paris, mais elle est originaire de la Suisse alémanique des environs de Bâle – et elle avait donc tout de  suite reconnue dans ma prononciation française mes origines « alémaniques ». C’est d’ailleurs ici chez « Véronique » dans

Capelinhos retrospectivas
Couverture du livre « Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1 » édite par Victor Hugo Forjaz en 1997

« L’Artesanato » que j’ai acheté mon premier livre scientifique sur l’éruption du Capelinhos. C’était l’ouvrage « Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1 » – édite par Victor Hugo Forjaz en 1997, – un livre qui contient presque tous les articles scientifiques en fac-similé qui ont été publiés après l’Eruption du Capelinhos dans les années 1950 et 1960. Une grande partie de ces articles étaient d’ailleurs publiés en Français, – le français était encore une langue scientifique importante, – et de plus l’élite scientifique portugaise (et intellectuelle) était tout à fait francophone.

Véronique erzählt GP Azoren SS 2019
« Véronique » en Septembre 2019, © Christophe Neff, 09/2019

Et depuis cette rencontre en Septembre 1999, chaque fois que je suis retourné à Faial (sauf en 2017) j’ai rendu visite à Véronique / Verónica Scholer Brasil Alves. Au début des années 2000 elle avait encore sa petite boutique artisanale en face de sa maison  – dans laquelle j’achetais des « foulard en soie » pour mon épouse – et pour Véronique c’était naturellement aussi l’occasion de parler un peu l’allemand. Car au début du 2 eme millénaire, – les résidences secondaires appartenant à des allemands ou suisses alémaniques à Capelo cela n’existait pas encore. Ceci depuis a complètement changé. Les résidences secondaires du début du 2 eme millénaire c’était surtout les belles demeures à Varadouro  des descendants des émigrés qui avaient fui l’éruption volcanique de 1957/58 vers Rhode Island et le Massachusetts, descendants de famille qui avait « réussi » sur l’autre côté de l’atlantique dans les états de la Nouvelle -Angleterre ! Je suis repassé en Septembre 2019 chez « Véronique » – et Véronique nous aouvert son jardin pour une petite visite.

Véronique
« Bananes » dans le jardin de Véronique, © Christophe Neff, 09/2019Véronique

Bananes, Oranges, légumes et aussi quelques plantes ornementales …. un jardin idéal pour l’autosuffisance, mais aussi un jardin qui nécessite endurance et persévérance, beaucoup de travail.  Et puis Véronique nous parle de changements du paysage à Capelo, la vigne qui réapparait massivement, les résidences secondaire qui poussent par endroit comme des champignons. Et surtout le climat qui change, – les étés deviennent de plus chauds, – des semaines sans pluies – avec un soleil qui tape comme dans le Midi, – autrefois quand Véronique avait débarqué à Capelo- les étés ressemblaient plutôt aux étés de Bretagne ou de Normandie – mais pas aux étés torrides du midi méditerranéen. Véronique avait cherché une île calme avec des étés et des hivers doux pour cette deuxième vie après ces turbulentes années de vie d’artiste à Paris et à Berlin. Mais les changements climatiques semblent avoir « méditerranisé» les étés de Faial et en plus il semble attirer les touristes. Les flux touristes, qui autrefois n’existait pas, certes précise-t-elle c’est surement dû aussi au « Centro de Interpretação do Vulcão dos Capelinhos ». D’un autre côté le « tourisme » a aussi apporté un peu de « prospérité » et de « culture artistique » à Faial.

O Esconderijo à Cedros (25.09.2019)
O Esconderijo à Cedros (25.09.2019), © Christophe Neff, 09/2019

« Nick ‘s Hideway – O Esconderijo »  je l’ai découvert grâce à la première édition du guide « Azoren » de Michael Bussmann édite en 1999. Ce guide d’ailleurs est un phénomène, c’est certainement un des guides les plus complets sur les Açores – j’ai depuis 1999 acheté toutes les éditions de ce guide[11], [12].Je pense que pour tous les voyageurs lisant l’allemand et désirant découvrir les Açores, la lecture de ce guide est un véritable must pour un voyage aux Açores. D’ailleurs grâce à la 7 eme édition de 2019  de ce guide je viens de découvrir le restaurant  «Praya »  sur la plage d’Almoxarife, petit restaurant, avec une architecture remarquable, vue sur la plage, qui vaut certainement le détour. Revenons chez « Nick » à Cedros.

Deckblattbussmann1999
Couverture du premier guide « Azoren » de Michael Bussmann

Décrite par la première édition du guide «  guide Bussmann », j’ai découvert Nick en 1999[13], – la petite terrasse penche sur un petit ruisseau lui-même ombragé par une luxuriante végétation, des « Monsteras » énormes, sous lesquelles on prenait l’apéro sur la terrasse !

Les chaumes des bambous balayées par les vents de l’atlantique, le timbre d’un curieux mélange de chansons françaises, cap verdienne, du folk et du rythme & blues baignant ce petit coin de Cedros. Dans mes souvenirs cette petit vallée était « sonorisée » par les voix de Georges Moustaki, Nicoletta, Georges Brassens, Cesária Évora, Madredeus, Joan Baez, Stephan EicherThe Doors et beaucoup d’autres voix que se perdent dans les souvenirs. Peut-être aussi du Wagner, « Tristan und Isolde », « Siefried Idyll », peut-être – mais les souvenirs lointains peuvent aussi devenir trompeurs, il y  a déjà longtemps que Nick a vendu son « restaurant » on the « wilde side ». Et comme l’écrivait le guide « Bussmann » –on trouvait le meilleur « bifteck » de l’île (voir aussi la note en bas de page 13 avec citation originale du guide « Guide Bussmann de 1999 » (en allemand)),  pas seulement les meilleurs steaks mais aussi les meilleurs Vins de l’ile de Faial. Au début du 2 IIème millénaire trouver de bons vins à Faial n’était pas si facile, les restaurateurs avaient toujours le problème de trouver un bon « importateur » pour « importer » de bons crus portugais ou français du continent vers le petit ilôt au milieu de l’atlantique. Mais depuis cela a aussi changé. Il y quelques années Nick a vendu son affaire aux néo-ruraux allemand  Hans Einwang venu du Chiemgau  – et Nick’s Hideway est redevenue «-

Relevé de végétation dans le jardin du O Esconderijo (25.09.2019 Cedros-Faial)
Relevé botanique dans le jardin du « O Esconderijo », © Christophe Neff, 09/2019

O Esconderijo [14] ». Le nouveau propriétaire a changé la formule du restaurant, fini le bon « bifteck » à la Nick, le restaurant propose une carte 100% végétarienne.  Nous n’avons pas eu la chance de déguster la nouvelle formule gastronomique propoése végétarienne par Hans, mais d’après le « Bussmann de 2019 » Hans propose une cuisine digne d’une belle table étoilé[15], [16].  Néanmoins le décor de la végétation luxuriante baignant le lieu  n’a pas changé et Hans le nouveau propriétaire nous a même permis de faire un relevé des plantes de ce décor végétal unique.

Oui, Capelo a changé, et je pourrais encore remarquer une centaine de petits détails. On pourrait aussi dire que l’ile de Faial s’est un peu plus rapprochée du continent. Au mois un, parfois deux vols par jours pour Lisboa, – en Septembre/Octobre 1999 il n’avait que 3 vols hebdomadaires pour Lisbonne. Le Jardin botanique de Faial (Jardim Botânico do Faial) qui était en 1999 un petit ilôt de jardin  minuscule est devenu un véritable centre de recherche scientifique – et en plus néanmoins c’est aussi devenu un véritable «jardin botanique », avec une très belle collection d’Orchidées, « l’Orquidário dos  Açores »  qui mérite vraiment une visite. Et si on a de la chance de tomber sur Marco Rosa on a même droit à une visite guidée en français. Je pense que pour tous les amateurs de « fleurs », de « botanique » le jardin botanique de Faial est une « étape incontournable ». Notons, que le livre « Natural History of the Azores (Histoire naturelle des Açores) » à qui j’ai consacré un billet dernièrement, est en vente dans la petite boutique du Jardin botanique.

Capelinhos Blick in die Reste des alten Zentralkraters September 2002
Le cratère principal du Capelinhos en Septembre 2002, © Christophe Neff, 09/2002

Et du fameux Capelinhos,  je n’en ai jusqu’ à présent pas parlé dans ce billet. Comme j’ai déjà écrit au début de ce billet, j’ai soumis début septembre 2019 un long article scientifique qui résume mes travaux botaniques sur le Capelions et  les champs de cendres de Capelo à la revue de géographie « Finisterra ». Mais c’était avant ce voyage à Faial de la mi-septembre 2019. L’ascension aux

Capelinhos forbidden( 23.09.2019)
accès interdit au volcan du Capelinhos/acces forbidden to the Capelinhos volcano /interdito o acesso ao vulcão dos Capelinhos , © Christophe Neff, 23.09.2019

Capelinhos est interdite depuis le dernier hiver (2018/19). Les tempêtes de l’hiver dernier ont gravement érodé le passage entre l’ancienne cote et le Capelinhos – et l’ascension du Capelinhos est devenue une dangereuse aventure. Difficile de recevoir un droit de passage – j’ai bataillé pendant une semaine pour enfin réussir d’obtenir cette autorisation.

Gruppenbild GP Azoren 2019 auf dem Capelinhos 28.09.2019
Avec les étudiants du KIT sur la paysages des cônes volcaniques du Capelinhos en Septembre 2019, © Carmen Schrötel 09/2019

Le samedi 28 septembre 2019 j’ai enfin pu faire mes relevées de plantes sur le Capelinhos avec 6 étudiants du KIT qui m’accompagnait. Du retour du Capelinhos deux rangers nous attendaient durant notre descente vers Porto Comprido. J’ai montré l’autorisation, mais les deux rangers m’avertirent que j’avais bien dû avoir deux autorisations, l’une pour pouvoir effectuer des travaux scientifiques et l’autre d’avoir la permission de « grimper » sur le Capelinhos. Donc pour la prochaine fois je saurai que j’aurais besoin de deux autorisations[17].

Mais j’ai de forts doutes qu’il y aura une prochaine fois ! J’ai quitté l’ile le Dimanche 29. Septembre. Début Octobre l’Ouragan Lorenzo (2019) a frappé les Azores de toutes forces. Je crains que cet ouragan qui frappe l’ile de Faial avec des vagues d’une hauteur d’une quinzaine de mètres ait définitivement interrompu l’accès terrestre au Capelinhos.

Dans ce billet j’ai décrit mes « impressions » très personnelles sur les changements des paysages et de la géographie de la partie occidentale de l’île de Faial, ce qu’on dénomme aussi « complexe de Capelo » ou « Complexe volcanique de Faial ». Le seul lieu qui ne semble pas avoir trop changé depuis le début du 2 -ème millénaire c’est le restaurant « Bela Vista » à Capelo/Areeiro – et si bien comme ça- on y trouve encore une très bonne cuisine açorienne traditionnel !

Il y eu beaucoup de changements à Faial, – mais les grands traits de la géographie sont les mêmes depuis des décennies, des centenaires, des millénaires – l’atlantique, le volcanisme, les tremblements de terre et les tempêtes & ouragans. Volcans, tremblements de terres, les dégâts des tempêtes ont assez souvent poussé les habitants de Faial vers l’émigration (USA, Canada, Brésil)  – mais d’une  autre partie Faial est aussi une terre d’immigration ….. pour des nouveaux arrivants du continents – qui pour des tas de raisons tentent  leur s« chances » ou simplement cherchent  « le calme » sur cette nouvelle terre – en attendant la prochaine éruption d’un volcan, d’un nouveau coup de séisme, d’une nouvelle tempête qui s’abat sur l’île.

« le jour se lève à Horta » 25.09.2019
« le jour se lève à Horta » , © Christophe Neff, 25.09.2019

Je tâcherai de revenir à Faial pour encore observer la dynamique de la végétation pionnière du Capelinhos. Peut-être aussi tenter enfin de faire depuis Faial le voyage vers Sao Jorge, une des rares iles des Azores que je ne connais pas encore[18] ! Sao Jorge, est à ma connaissance le seul endroit en Europe où on cultive le Café. Et naturellement, ramener des T-Shirts, des Polos de chez Peters, – pour mes enfants. Depuis 1999 de chaque voyage j’ai ramené des T-Shirts, des Polos de chez Peter’s pour mes enfants, – et si possible aussi d’ailleurs aussi un peu de thé des Açores. Le thé des Açores  de nos jours provient de l’ile de Sao Miguel, mais la culture du thé fut aussi pratiquée à Faial,  – les théiers font leur apparition à partir de 1872 à Faial comme produit de substitution aux orangeries des Faial, -l’orange  fut au 19 -ème siècle un des principales ressources économiques de Faial (voir aussi Rudel 2002, p.73/74). Toute cette histoire on peut la lire,  la relire dans le magnifique ouvrage de Christian Rudel sur les Açores « Les Açores: Un archipel au cœur de l’Atlantique » – et même si le livre a été déjà écrit en 2002, je pense, qu’ il présente encore de nos jours les principaux traits de l’histoire et de la géographie de l’Archipel des Açores. Concernant la Culture du thé aux Açores, on trouve une description très exhaustive dans le chapitre «  The Azores and Brazil (pages 713 – 718)» du livre « The Tale of Tea (la sage du thé)» de George van Driem (2019).  D’ailleurs ce livre est un véritable chef-d’œuvre sur le thé, je l’impression que l’auteur a réussi de réunir toute l’histoire, je dirais même tous le savoir sur le thé et sa culture, son histoire, sa géographie, oui même l’ethnolinguistique du thé, dans un seul livre.

Aufsetzten TAP Airbus Horta Castelo Branco Sept. 2000
Atterrissage d’un vol TAP en provenance de Lisbonne en Septembre 2000 a l’aéroport de Horta,  © Christophe Neff 09/2000

Pour les lecteurs de ce billet, qui aimerait savoir plus sur la nature, la géologie & géographie physique, l’environnement des Açores, je recommande la lecture du livre « Natural History of the Azores », livre dont je parle dans un des mes derniers billet ! Pour finir – et vue qu’on trouve des photos d’avion (ou prises d’avion) – sans avion il est quasiment impossible d’arriver à Faial. L’aéroport de Horta est un aéroport très spécial, – une piste ultra courte [19] – et surtout pas de ILS. Donc les conditions météorologiques peuvent souvent retarder même annuler un vol de ou vers Horta. Naturellement on peut aussi venir en bateau, voiliers à Faial,   mais il faut du temps pour traverser cette partie de l’atlantique.

Vulkan Sukz. Erica azorica Capelo September 2002
Pousse de « Erica azorica (bruyère des Açores)», une plante endémique des  Açores, sur les champs de cendres de Capelo, © Christophe Neff 09/2002

Concernant les images dans ce billet  – durant mes voyages aux Açores 1999 à 2008 j’ai principalement fait des « diapos » – une très grande partie de ces images attendent encore d’être scannées et digitaliseées[20].  En utilisant ces images on pourrait aussi construire aussi un « inventaire » des changements de paysages du « complexe de Capelo ». Mais ceci est une autre histoire, un autre défi. Donc presque pas d’images de mes premiers voyages vers Faial dans ce billet.

Je confie que j’ai écrit ce billet à partir de mes souvenirs, – je n’ai pas utilisé mes notes de voyages pour ce billet – ni de mon « Feldbuch » – il s’agit donc d’un récit personnel écrit en Octobre 2019, sorte de mémoires personnels sur mes voyages à Faial entre 1999 – 2019.

Photos toutes © Christophe Neff, sauf la photo « Avec les étudiants du KIT sur la paysages des cônes volcaniques du Capelinhos en Septembre 2019 » de © Carmen Schrötel

Livres & articles cités :

Bussmann, Michael (1999) : Azoren. Orignalausgabe 1999, Erlangen (Michael Müller Verlag),ISBN 3-932410-23-8

Bussmann, Michael (2019): Azoren. 7. komplett überarbeitete und aktualisierte Auflage , Erlangen, (Michael Müller Verlag), 978-3-95654-568-9

Driem, George van (2019): The Tale of Tea : A Comprehensive History of Tea From Prehistoric Times to the Present Day. Leiden, Brill, ISBN 978-9004386259

Forjaz, V.H (Ed.)(1997): Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1. [The Capelinhos Volcano: retrospectives Vol.1. ] Ponta Delgada: Observatório Vulcanológico e Geotermico dos Açores

Marrou, L. (2016): Insularité et dépeuplement : le cas de l’île de Flores aux Açores (Portugal). In : Espaces, Population, Sociétés.

Neff, C. (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288.

Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.

Neff, C. (2019): Observations de la dynamique végétale sur le volcan des Capelinhos (Île de Faial/ Açores /Portugal) , soumis/submitted to Finisterra le 02.09.2019 for Special number Finisterra, “Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions” edited by Carlos Neto.

Neff, C.; Bassing, S; Frankenberg, P. (2001): Das Bild der Azoren in Reiseführern – Klischee oder Realität? S. 165–174. In: Stier, B. (Hrsg.): Stadt und Land: Bilder, Inszenierungen und Visionen in Geschichte und Gegenwart; Wolfgang von Hippel zum 65. Geburtstag.

Pereira, Jorge Alberto da Costa; Calvet, Nuno (1995): Peter Café Sport. Texte en français. Lisboa

Rudel, C. (2002): Les Açores: Un archipel au cœur de l’Atlantique. Paris, (Karthala), ISBN 2-84586-254-7

Tabucchi, A. (1983): Donna di Porto Pim e altre storie. Palermo,  (Sellerio)

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2018) : Natural History of the Azores. Second revised updated edition. Ponta Delgada, Geotrota – Unipessoal Lda. ISBN 978-989-54137-0-6

Christophe Neff, écrit en Octobre 2019 à Grünstadt, publié le 3. Novembre 2019.

[1] Voir aussi le billet « Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn »

[2] L’article reprend les principaux traits d’un exposé du même titre que j’ai tenu durant la conférence « Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Praia, Cabo Verde, November 5-7, 2017 » à Praia au Cap Vert en 2017. Voir aussi « « Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017 ».

[3] De nos jours l’Hôtel s’appelé « AZORIS FAIAL GARDEN », ici le lien vers la présence web en portugais et en anglais. Malheureusement il n’y a pas de « page web » en français!

[4] Il n’y pas beaucoup de sources sur l’histoire de la base française à Flores – on trouve quelques lignes dans l’article de Louis Marrou  (2016): « Insularité et dépeuplement : le cas de l’île de Flores aux Açores (Portugal). In : Espaces, Population, Sociétés. »

[5] Voir aussi Neff, C: “ (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288.

[6] Le tenant du Bar « Fim do Mondo » c’était Domingos Andrade, qui fut parfois épaulé par son épouse Patricia.

[7] Si je me souviens bien, Patricia fut aussi le correspondant du Cape Code Times.

[8] Voir la description dans  “60 years of Capelinhos and the Azorean Refugee Act”, et “Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.”

[9] Voir aussi « Blognotice 10.12.2014: L’éruption du Pico do Fogo du 23.11.2014 – l’éruption oubléie …. »

[10] Un trouve un souvenir du « Bar Fim do Mondo » sur la page Facebook de Solange Viera – un petit film(en portugais) sur Domingos et Patracia Andrade les tenants du fameux « café des géographes ».

[11] En 2001 j’ai publié avec deux collègues (Sascha Bassing et Peter Frankenberg)  une petite analyse sur l’image et la perception des paysages des Açores dans le guide de voyage « Das Bild der Azoren in Reiseführern – Klischee oder Realität? S. 165–174. In: Stier, B. (Hrsg.): Stadt und Land: Bilder, Inszenierungen und Visionen in Geschichte und Gegenwart; Wolfgang von Hippel zum 65. Geburtstag. »

[12] „Hier da dort“ est le site des «journalistes de voyage » « Michael Bussmann & Grabriele Tröger ».

[13] Bussmann 1999, p. 326 «  Restaurante O Esconderijo, wie der Name schon sagt versteckt gelegen. Wurde 1997 von dem Schweizer Nick Stump eröffnet. Das Lokal ist bekannt für seine saftigen Steaks und ein ausgezeichnetes Lamm. Innen sehr gemütlich und liebevoll eingerichtet. Außen schöne Terrasse über einen Bach, der nur im Winter Wasser führt.“

[14] O Esconderijo = en français = la cachette

[15] Bussmann 2019, p.303 « Restaurante O Esconderijo ….. Für 20 Euro bekommt man ein Wahnsinns-4-Gänge Menu (angerichtet wie in der Sternegastronomie) inkl. Wasser und Getränk des Tages“. Vieles ist bio und von der Insel, manches aus dem eigenen Garten“

[16] On trouve aussi une belle description du O Esconderijo de Hans dans un billet de blog (en allemand) de 2016 du Weckenblog « O Esconderijo: Bei Hans gibt es das beste Essen der Azoren (le meilleur repas des Acores c’est chez Hans).

[17] Je pense publier les résultats des prospections botaniques & écologiques dans une revue scientifique

[18] En fait je connais ou je suis passé en escale à Flores, Pico, Terceira, Faial et Sao Miguel.

[19] La longueur de la piste à Horta est de 1595 m d’après l’article de wiki.en sur l’aéroport d’Horta (dernière consultation 30.10.2019).

[20] Dans ce contexte voir aussi « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. »

Natural history of the Azores – História Natural dos Açores – vue et lue par paysages

Natural history of the Azores 2018 bookcover scanLe livre „Natural history of the Azores (histoire naturelle des Açores)” écrit par António Neves Trota et Maria João Pereira, est la version révisée et augmentée des livres « História Natural dos Açores[1] » et de sa version anglaise « Natural History of the Azores » paru en 2015 et qui fut éditée par les mêmes auteurs. A part le fait que la version anglaise de 2018 comporte à peu près 40 pages de plus et qui est naturellement écrite en anglais, on trouve une description des divers centres de recherche écologique, comme par exemple le jardin botanique de Faial, mais aussi une liste complètes des plantes vasculaires des Açores, et une liste des vertébrés présents sur les Açores en 2018. Ce livre qui réunit à peu près tous les résultats de recherches géologiques, écologiques et botaniques sur les Açores effectuées jusqu’en 2017 nous présente des chapitres sur les origines géologiques et volcaniques des Azores, sur leurs évolutions biogéographiques, sur l’influence de l’homme sur les milieux terrestres des différentes iles. Pour les scientifiques travaillant ou désirant travailler sur les Açores ce livre donne un très bon résumé des connaissances scientifiques écologiques jusqu’en 2017- et l’abondante bibliographie du livre permet de voir plus loin si nécessaire.  Donc le livre nous présente un véritable état des lieux scientifiques sur les milieux naturels des Açores en 2017, ce qui est déjà un exploit considérable.

HistriaNaturaldosAoresJe pense que pour un scientifique travaillant sur les Açores le livre fournit une très bonne base de travail. Mais l’intérêt du livre « Natural History of the Azores » va plus loin, – pour tous les amoureux des paysages des Açores – randonneurs, botanistes amateurs, ornithologues amateurs etc., même pour l’humble touriste voyageur – le livre « Natural history of the Azores » est un véritable « must ». La lecture de ce livre permet au naturaliste amateur et au touriste éclairé de se procurer une base scientifique pour comprendre l’histoire, le fonctionnement et la dynamique des écosystèmes des Açores.

Petit bémol, il est difficile de trouver ce livre. Personnellement j’ai dû contacter les deux auteurs du livre pour me procurer et acheter ce livre quasiment introuvable en Europe continentale. Du moins en Allemagne, il était impossible d’acheter ce livre. Peut être les auteurs devraient-ils chercher une coopération avec la La librairie portugaise & brésilienne de Paris pour permettre une distribution plus large de cet ouvrage fort utile pour la recherche scientifique ainsi que les naturalistes amateurs préparant un voyage aux Açores. Peut-être pourrait-on  même penser à une version française, vu que le Portugal et aussi les Açores attirent de plus en plus de Français, et que Maria João Pereira une des auteurs, dont j’ai pu faire la connaisse durant le dernier congres FloraMac2018 à Funchal, parle et écrit couramment le français.

Je finis cette petite analyse d’ouvrage avec le constat que le livre « Natural history of the Azores » est un livre qui réunit très bien les connaissances écologiques actuelles sur l’Archipel des Açores,  c’est aussi un beau livre, avec de très belles illustrations, cartes, graphiques, images de principales espèces végétales endémiques, naturalisées ou même plantes exotiques envahissantes !

Ouvrages cités:

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2013): História natural dos Açores. Ponta Delgada, 2013Universidade dos Açores, Ponta Delagda, Segunda edição revista e actualizada 2013, Setembro de 2013, Tiragem 1000 exemplares,ISBN 978-972-8612-91-7

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2015): Natural History of the Azores. Regional Directorate for the Environment, ISBN 978-989-20-5622-7

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2018) : Natural History of the Azores. Second revised updated edition. Ponta Delgada, Geotrota – Unipessoal Lda. ISBN 978-989-54137-0-6

Christophe Neff, – écrit le 15.09.2019 et publié le 16.09.2019

[1] J’ai aussi parlé du livre  « História Natural dos Açores » lors de la conférence FloraMac2018 à Funchal :  „«Un premier aperçu de l’histoire de la description géographique, naturaliste et botanique des Açores : De Michel Adanson  à  la « « História Natural dos Açores » », communication orale, par Christophe Neff (KIT-IFGG), “FloraMac 2018, Funchal, Madeira, 12-15 September, 2018“

Rétrospective sur le blog paysages en 2018 – les billets les plus lus de « paysages » en 2018

waldbrandfläche Schiltach - Kirchberg - Zustand am 07.09.2018
le site de l’incendie de forêt de Schiltach-Kirchberg du 20.08.2018, situation du 07.09.2018, © Christophe Neff 07.09.2018

Le blog paysages entre dans sa dixième année d’existence[1]. Comme les années précédentes[2], je publie une petite rétrospective sur l’année passée sur paysages présentant les billets les plus lus de paysages durant l’année 2018.

L’article le plus consulté en 2018 fut l’article «« Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017» (5,44% des consultations sur paysages en 2018), article écrit en 2017 qui retrace un voyage d’étude géobotanique à l’archipel de Cap Vert (Santiago, Fogo) que j’ai effectué en Novembre 2017. Les paysages que j’ai découverts pendant ce voyage d’étude m’ont fortement marqué, mais cela n’explique pas le succès du billet que j’avais dédié à ce voyage. Peut-être aurai- je la chance de revenir aux iles du Cap dans quelques années, peut être pourrai-je approfondir le remarquable travail de Teresa Leyens sur la végétation de l’ile de Fogo[3].

En deuxième position on trouve l’article « Erinnerungen an die „märklinModerne“ » ((5,19% des consultations sur paysages en 2018), billet assez autobiographique, qui à partir d’une analyse d’un livre «märklin Moderne. Vom Bau zum Bausatz und zurück »  sur la relation entre modélisme ferroviaire et architecture en Allemagne dans la période d’après-guerre, retrace aussi la relation que l’auteur avait pour les trains miniature, et plus spécialement les trains de la marque Märklin. D’ailleurs c’est la première fois qu’un article écrit en allemand se hisse à la deuxième place des articles les plus consultés sur paysages durant une année.

Enfin au troisième rang le billet «Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité)» (3,57% des consultations sur paysages en 2018). C’est un article déjà écrit le 04. juin 2009, traitant « paysages & feux de forêts », c’est d’ailleurs un des premiers articles de paysage, car c’est le 24. Mai 2009 que le blog paysages débutait avec l’article « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? ». C’est certainement aussi un des premiers « notices de blog » qui thématise les relations entre changements climatiques et fréquences d’incendies de forêts.

En quatrième position l’article « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » (3,35% des consultations sur paysages en 2018) billet écrit en 2009 qui nous rappelle l’Incendie de la forêt des Landes de 1949.

En  cinquième position on trouve l’article « The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France) » (3,28% des consultations sur paysages en 2018), billet écrit en anglais en 2009, décrivant l’Incendie de la forêt des Landes de 1949. Ce billet est une adaptation anglaise du billet 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes. A la différence de l’article français, la version anglaise insiste sur le fait qu’avec les changements climatiques les feux de forêts catastrophiques, tels que le fut l’incendie de la forêt des Landes, pourraient sensiblement augmenter en Europe.

En sixième position on trouve le billet « Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018 » (3,05% des consultations sur paysages en 2018), encore un article qui se penche sur les incendies de forêts de l’été 2018. Dans ce billet publié en anglais j’insiste surtout sur les interdépendances entre dangerosité de futurs feux de forêts et changements climatiques.

En septième position on trouve  l’article « Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate » (3,00% des consultations sur paysages en 2018) écrit en février 2012 et décrivant les conséquences d’un hiver exceptionnel sur le pays leucatois. D’ailleurs ce billet fut aussi le billet le plus consulté en 2014, en 2015 et en 2016.

En huitième position on trouve l’article « Blognotice 01.05.2017: « Les fleurs qui poussent à travers les rails de la France périphérique » (2,96% des consultations sur paysages en 2018). Ecrit en début de Mai 2017 ce billet est une sorte de « géographie personnelle » sur l’état de la France pendant l’Élection présidentielle française de 2017. Ce billet écrit un en 2017 est aussi un aperçu géographique sur la France périphérique, où beaucoup des problèmes qui ont ressurgi avec le mouvement des gilets jaunes sont déjà décrits assez précisément. C’est d’ailleurs avec le mouvement des gilets jaunes que cet article a de nouveau retrouver un lectorat assez large. Notons que en 2017 le billet ce trouvait à la cinquième place (2,67 % des consultations sur paysages en 2017) des consultations sur paysages.

En neuvième position la notice « Bonne année 2018 – Prosit Neujahr 2018 – Happy New Year 2018 » (2,14% des consultations sur paysages en 2018), pas un article mais une sorte de carte de bonne année – avec une très belle photo comme décor que j’ai prise à Horta sur l’ile de Faial montrant l’aurore sur le  Pico (Montanha do Pico en portugais) en Septembre 2017.

Enfin en dixième position la petite notice bilingue  « Märzwinter und Frühlingsbeginn 2018 an der Unterhaardt/ Hiver de Mars et début de printemps 2018 dans la Unterhaardt » (2,12% des consultations sur paysages en 2018)sur les derniers soubresauts de l’hiver avec apparition des neiges de mars (Märzschnee en allemand) et le début du printemps avec les premiers amandiers en fleurs et les vignes légèrement recouvertes de neige dans la Unterhaardt.

entre terre et mer - une um agc languedoc-roussillon travese l'e
« entre etang et mer » une UM de AGC « Languedoc-Roussillon» traverse le chenal entre « Grau de la Franqui » et « l’etang de Lapalme ». © Christophe Neff 31.03.2018

Comparé aux années passée le blog paysages est devenu moins leucatois, donc plus international même si nous trouvons à la onzième place encore un article traitant de Leucate, « Début Août 2018 : 39,1 à Leucate, intempéries en Tunisie, et l’« Incêndio de Monchique (Incendie de Monchique) » (1,90% des consultations sur paysages en 2018) – le record de température avec 39,1 sur la station météo du Cap Leucate. Et à la douzième place, dans l’article « Impressions du « Deuxième Symposium International de l’AGT : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie » je parle aussi de Leucate, des risques de submersion marine à Port Leucate qui étaient aussi en rendez-vous de cette conférence internationale de géographie.

Les évènements de l’année 2018 ont laissé des traces sur paysages, –  d’une part les évènements des gilets jaunes ont provoqué un gain d’intérêt pour le billet «  Blognotice 01.05.2017: « Les fleurs qui poussent à travers les rails de la France périphérique » – et de l’ autre ce furent surtout les articles traitant les incendies de forêts qui furent les articles les plus consultés dans paysages pendant l’année 2018. Et malheureusement, l’année 2018, même si ceci est déjà tombé un peu en oubli, fut une année assez dévastatrice quant aux incendies de forêts, -surtout en Grèce, au Portugal, en Suède, aux Etats-Unis en Californie et même l’Allemagne a eu droit à son lot de feux de forêts durant l’été 2018. Personnellement pour diverses raisons, je ne travaille presque plus sur les feux de forêts, – quelques interviews données à des medias allemands durant l’été 2018[4] –et la supervision d’une thèse de Master sur la modélisation des risques des incendies de forêts en Forêt – Noire[5], ainsi que qu’ un petit cours de terrain sur le feux de forêts en Forêt -Noire[6] –mais néanmoins avec l’expertise scientifique que j’ai acquise pendant les dernières décennies je pense que en 2019 nous allons une fois de plus être confrontés à des scenarios d’incendies de forêts catastrophiques. La Californisation, la suburbanisation d’une part, – et les changements climatiques d’autres part – sont un cocktail particulièrement dangereux qui peuvent engendre de plus en plus de feux de forêts mortels.

Biblio :

Berkemann, Karin; Bartetzko, Daniel (HG./EDS)(2018): märklin Moderne. Vom Bau zum Bausatz und zurück. From Architectur to Assembly KIT and back again. Berlin, 2018, Jovis Verlag, ISBN 978-3-86859-518-5

Leyens, Teresa (2002) : Biodiversität und Erhalt der Hochlagenvegetation der Insel Fogo (Kap Verde): Ausarbeitung eines Konzeptes für ein Schutzgebiet. Dissertation. Rheinischen Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn.

Photo : © Christophe Neff 1.) 07.09.2018 – le site de l’incendie de forêt de Schiltach-Kirchberg du 20.08.2018, situation du 07.09.2018, 2.) 31.03.2018 « entre etang et mer » une UM de AGC « Languedoc-Roussillon» traverse le chenal entre « Grau de la Franqui » et « l’etang de Lapalme ».

Christophe Neff, le 27.01.2019

[1] Le premier billet « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ?«  fut édité le 24,.5.2009.

[2] Voir :  « Rétrospectives sur le blog paysages en 2017 – les billets les plus lus de « paysages » en 2017 », « Rétrospectives sur le blog paysages en 2016 – les billets les plus lus de « paysages » , « Rétrospectives sur le blog paysages en 2015 – les billets les plus lus de paysages en 2015 » et « Rétrospectives sur le blog paysages en 2014 – les billets les plus lus de paysages en 2014 ».

[3] Leyens, Teresa (2002): Biodiversität und Erhalt der Hochlagenvegetation der Insel Fogo (Kap Verde): Ausarbeitung eines Konzeptes für ein Schutzgebiet. Dissertation. Rheinischen Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn. Download ici.

[4] Par exemple „Bundeswehrgelände in Meppen Warum der Moorbrand so schwer zu löschen ist“ dans le Spiegelonline du 18.09.2018 .

[5] Hodapp,L. (2017): Assessment of the wildfire hazard potential in the Black Forest National Park. KIT, unpublished Masterthesis in Geoecology.

[6] Voir aussi „Schiltach  -Waldbrandgebiet als Studienobjekt“ dans le Schwarzwälder Bote du 07.09.2018.

Impressions du « Deuxième Symposium International de l’AGT : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie »

IMG_20181112_101332153J’ai eu la chance de participer au « Deuxième Symposium International de l’Association des géographes tunisiens » intitulé : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie » à Hammamet. Donc après exactement dix ans d’absence, la participation à ce colloque m’a donné l’occasion de revenir en Tunisie. Comme « au bon vieux temps »[1]  c’est grâce à la « mailing List » de Maria Paradiso[2], ces fameuses mailing lists sur la géographie de la Méditerranée, datant des temps d’avant l’émergence des réseaux sociaux, avec laquelle Maria Paradiso informait sur tous les évènements, toutes les nouveautés concernant la géographe et l’environnement de la « Méditerranée ». Communications orales, posters et discussions intéressantes étaient au rendez-vous. Déjà pour cela le voyage en Tunisie valait la peine. En plus nous avons eu droit à une sortie de terrain dans la dans la région de Nabeul sur les traces des inondations du 22 septembre 2018 qui avaient ravagé la région de Nabeul et laissé derrière elles des dégâts assez considérables. Et naturellement on avait l’occasion de faire des rencontres intéressantes, – l’infatigable Annik Dougedroit, qui même étant éméritée depuis un certain temps fréquente encore les conférences internationales.  Nathalie Lemarchand, Vice-présidente de l’Union Géographique Internationale, était au rendez-vous. Des trois conférence plénières, c’est surtout l’intervention de  Jean Marie Miossec « La géographie au XXIe siècle, entre diversification et épanouissement, et toujours science des territoires » qui m’a dans un certain sens touché personnellement, car cela me rappelait une expression que j’avais utilisée en Chine durant une conférence pour me présenter « I am an old fashioned geographer reading books and landscapes (je suis en géographe démodé lisant des livres et des paysages)». Jean Marie Miossec nous présentait une géographie, qui au moins en Allemagne, se perd de plus en plus, ne se pratique presque plus au niveau universitaire[3].  En plus, nous avons eu beaucoup d’échanges intéressants sur l’évolution de la Tunisie depuis la révolution de 2010/11, car Jean Marie Miossec est certainement un des meilleurs experts géographiques internationaux de la Tunisie.

Gherardi Leucate III (avec Monique Gherardi)
Monique Gherardi devant le poster: L’apport de la géomatique dans l’évaluation des vulnérabilités humaines et matérielles (submersion marine). L’exemple de la commune littorale de Leucate (France).

Au niveau personnel j’étais assez surpris de découvrir un post qui traite des risques de submersions marines à Leucate[4]. Commune où je suis inscrit sur les listes électorales et c’est exactement sur ces risques de submersions marines que pourraient encourir les rivages leucatois que je tente de sensibiliser les lecteurs leucatois du blog paysages depuis des années[5].  Personnellement j’ai aussi très apprécié la conférence de Babacar FAYE[6] sur la dynamique du couvert végétal dans la forêt classée de Koutal au Sénégal qui me rappela mes débuts de carrière[7]. Et la conférence de Rim KLIBI[8] sur la conservation de la biodiversité à Tunis me rappelant que j’avais passe une partie de ma vie professionnelle à la Marsa[9]. Et pour finir la communication de Khouloud Hamdi[10] sur les feux de forêts dans la forêt de Béchateur. Communication qui d’ailleurs appuie mes propres observations que j’ai communiquées dans une présentation spéciale, que les feux de forêts en Tunisie ont depuis 2010 littéralement explosé. Oui j’ai aussi tenu une petite présentation orale[11], qui se focussait principalement sur les scénarios de l’étude « Stratégie nationale d‘adaptation de l‘agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques » établie en 2006/07 et les réalités tunisiennes de 2018, l’explosion des incendies de forêts depuis 2010 et ma vue de bloggeur sur le Monde.fr sur la Tunisie depuis 2009[12]. Naturellement il m’est impossible de refléter toutes les communications, discussion et posters durant ce symposium. Mais il me semble que le complexe urbanisation-inondations fut très bien représenté pendant le symposium, je me souviens par exemple de la communication de Hayet HMERCHA[13] sur la Périurbanisation et vulnérabilité face au risque d’inondation, les risques d’inondations semblent  se faire plus en plus  menaçants en Tunisie. Collusion entre changements climatiques et urbanisations/périurbanisation dans les grandes agglomérations tunisiennes ?

Ce que j’en retiens c’est que les contributions de géographes tunisiens, algériens, marocains, sénégalais, libanais et espagnoles m’ont beaucoup impressionné – ce fut aussi une rencontre de la géographie francophone internationale. Donc une vraie réussite pour les organisateurs de ce symposium – et ici je pense surtout à Habib Ben Boukaber[14] qui a tout fait pour que cette rencontre des géographes francophones devienne un évènement scientifique mémorable. Dans ce contexte, s’agissant de géographie francophone, dans ce congrès  réunissant des géographes francophones, il y avait deux géographes franco-allemands, constellation assez rare dans les congrès de géographie & géobotanique que je fréquente, à part ma personne, il y avait Frank Babinger[15] Enseignant-Chercheur à Madrid[16] qui a tenu une communication originale sur l’évolution du tourisme de croisière en Tunisie depuis 2010. J’espère donc  pouvoir participer à un prochain symposium de l’Association des géographes tunisiens. De la Tunisie, dans ce billet de blog, je n’en ai  presque pas parlé,-  mais je voulais ici surtout décrire mes impressions personnelles de ce Deuxième Symposium International de l’AGT.

Naturellement nous avons beaucoup parlé et discuté entre collègues sur l’évolution de la Tunisie depuis la révolution de 2010/11, – mais je pense que ceci nécessiterait un nouveau billet, peut-être même d’y consacrer un ouvrage scientifique complet. Concernant la situation politique en Tunisie, je dirais simplement, – la Tunisie a vécu des années difficiles après la révolution, l’avenir politique me semble être encore être assez difficile, surtout les perspectives socio-économiques sont encore un énorme « défi » pour la jeune démocratie tunisienne, – mais après tout les tunisiens et les tunisiennes ont déjà gagné la liberté de parole – ce qui n’est pas rien dans le monde actuel.

Christophe Neff, le 04.12.2018

P.S. : On trouve une interview radio avec Habib Ben Boubaker sur « le  Deuxième Symposium International de l’AGT : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie » ici.

[1] « Au Bon vieux temps » est aussi un restaurant à Sidi Bou Saïd où j’aimais souvent diner le soir durant mes années tunisiennes. Il existe aussi un restaurant du même noms à la Marsa.

[2] Professeur de Géographie humaine et de l’aménagement du territoire à l’Université du Sannio à Benevento en Italie.

[3] Dans ce contexte je reviens aussi sur ce que j’écrivais dans « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati »

[4] L’apport de la géomatique dans l’évaluation des vulnérabilités humaines et matérielles (submersion marine). L’exemple de la commune littorale de Leucate (France). Auteurs du poster: Stéphanie Defossez, Monique Gherardi et Fréderic Léone.

[5] Voir entre autre : Blognotice 13.10.2016: La mer déferle sur les plages leucatoises, Lundi 11 octobre 2010 – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate, Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate, Sturm Xynthia : Blick von der Unterhaardt auf La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon und Port Leucate.

[6] Babacar FAYE et P. NDIAYE: Dynamique du couvert végétal dans la forêt classée de Koutal: Effets de surpâturage ou d’une pratique agricole ?

[7] Voir aussi «  « Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017 ».

[8] Rim Klibi :  Urbanisation et conservation de la biodiversité. Quel avenir pour les écosystèmes périurbains? L’exemple de la métropole de Tunis

[9] Voir aussi « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir »

[10] Khouloud HAMDI et B.JAZIRI : Les feux de forêt : Étude, cartographie et processus de la dynamique paysagère de la forêt de Béchateur (Bizerte) après 2010

[11] Christophe Neff: Incendies de forêts, changements climatiques, paysages et révolutions  – une vue virtuelle sur une Tunisie qui change.

[12] Le premier post traitant de la Tunisie dans le blog paysages édité dans les blogs le Monde fut le post « « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir » le dernier « Début Août 2018 : 39,1 à Leucate, intempéries en Tunisie, et l’« Incêndio de Monchique (Incendie de Monchique) » »

[13] Hayet HMERCHA, A. DAOUD et  T. SAINT GERAND: Périurbanisation et vulnérabilité face au risque d’inondation: cas des bassins versants des oueds El-Aouabid et Ezzit (agglomération de Sfax)

[14] Habib Ben Boubaker est professeur de géographie à l’Université de La Manouba.

[15] Frank BABINGER, I.R. GUERRA et A. M. MORENO : Croisières en Méditerranée : Développement durable et stratégique pour des territoires en risque d’exclusion.

[16] Professur de géographie à Universidad Complutense de Madrid.

Début Août 2018 : 39,1 à Leucate, intempéries en Tunisie, et l’« Incêndio de Monchique (Incendie de Monchique) »

Nouveau record de température à Leucate, – le 4.08.2018 le thermomètre avait atteint 39,1 à la station météo du Cap Leucate[1]. Pendant ce même temps des intempéries avaient lourdement touché la Tunisie[2]. Inondations, éboulements de terrains … mais en Europe les intempéries qui avaient lourdement touché la Tunisie n’avaient pas de retombée médiatique. Même chose pour le début du « méga-incendie » qui naissait dans la Serra de Monchique, – l « Incêndio de Monchique », immense feu de forêt, qui a déjà depuis dévoré plus de 26.000 ha de Forêts & Maquis. D’après les données du EFFIS[3], en ce moment où j’écris ces lignes 26957 ha ont disparu en fumée durant « l’incendie de Monchique ». Naturellement, depuis que ce « méga-incendie » a pris de l’ampleur, les medias en France en parlent un peu, – mais après tout on médiatise plutôt le « front des feux de forêt en Californie », surtout le « Mendocino Complex Fire ». Même si les feux de forêts en Californie, m’intéressent par nécessité professionnelle, je me sens bien plus touché par ce qui se passe au Portugal en ce moment. Suivant l’évolution dès les débuts de l’incendie de Monchique sur le net  & les medias portugais, j’ai bien l’impression que la société portugaise est « abasourdie » par cet énorme feu de forêts qui ravage l’Algarve. Patrica Jolly a assez bien résumé cette situation par les lignes suivantes « Traumatisé par le décès de 114 personnes dans des incendies en 2017, le Portugal s’épuise dans la lutte contre un feu qui frappe l’Algarve .. »[4]

Personnellement je me sens assez touché, car il y a à peu près 20 à 25 ans, je parcourais l’Algarve pour récolter les données pour mon « modelé de simulation de feux de forêts » qui allait devenir ma thèse de doctorat. Je sillonnais les monts et vallée entre Monchique, Sagres et Alcoutim – buvais mes premières gorgées de « Aguardente de medronho » – cette eau de vie à base de fruit d’arbousier une spécialité de l’Algarve, qui était il y a vingt ans encore assez méconnue en dehors du Portugal. Le résultat de mes recherches & simulations fut que l’abandon des systèmes traditionnels de l’utilisation des terres comme par exemple les « Montados » allaient à la longue produire une accumulation de « masse combustible » et former des paysages hautement inflammables[5].  D’après ce que j’ai lu dans le Diário de Notícias l’incendie est sous contrôle depuis ce vendredi 10.08.2018[6].

Pendant que ce désastreux incendie progressait et s’étalait dans Serra de Monchique la station météo du Cap Leucate enregistrait avec 39,1 C les 4.08.2018 son record de température[7]. L’année dernière déjà début août on enregistrait un record avec 37.5 à Leucate. Comme je l’avais déjà écrit l’année dernière mes grands-parents avaient à la fin des années 1960 choisi Port-Leucate pour échapper à la lourdeur des étés (et ses lots d’orages) dans la plaine du Rhin à Strasbourg/Eckbolsheim[8], et plus tard  comme lieu de villégiature pour fuir les vagues de chaleurs estivales du Bas-Languedoc quand ils se sont installés à Aubod près de Nîmes dans le Gard. Durant les années 1960 et 1970 les chaleurs excessives à Leucate, c’était plus tôt un fait rarissime – dans mes souvenirs Leucate et ses plages étaient plutôt une véritable « Sommerfrische[9] ». J’ai bien l’impression que les choses changeant – les jours de la « Sommerfrische » sur les plages leucatoise, – appartiennent peut-être à l’histoire.

Dans mon dernier post de blog j’écrivais « I am convinced that climate change will make future wild fires more dangerous for people in the Mediterranean regions all over the world in the coming years[10]/ je suis convaincu que les changements climatiques vont produire des incendies de forêts plus dangeureux pour les habitants de toutes les régions méditerranéennes du Monde ». Le record de 39,1 enregistre le 04.08.2018 à Leucate, les intempéries de début Aout 2018, en Tunisie, l’incendie de Monchique ainsi que les températures de début Aout 2018 avoisinant les 47 degrés au Portugal, tout cela me donne l’impression que le climat méditerranéen, peut-être même les climats méditerranéens[11], le Sud de l’Australie connaît actuellement une sècheresse accrue dont on ne parle guère en ce moment en Europe[12], sont entrés dans une phase de « dérangement » climatique. Au-revoir « la Sommerfrische » sur les plages leucatoises. On devra bien s’adapter aux changements climatiques qui s’annoncent[13].

Christophe Neff, Grünstadt le 11.08.2017, publié le 12.08.2018.

[1] Voir dans  https://www.infoclimat.fr/climatologie/globale/leucate/07666.html le tableau en bas de page les périodes de chaleurs.

[2] Voir « Tunisie. Plusieurs régions touchées par des inondations ».

[3] Voir http://effis.jrc.ec.europa.eu/

[4] Patricia Jolly „L’UE cherche à renforcer son dispositif d’aide lors des catastrophes – Le mécanisme européen de solidarité entre Etats membres a été activé dix-huit fois en 2017, une année chargée en feux et inondations » dans Le Monde, Vendredi 10 aout, planète p.5 . Pour les abonnés du Monde en version électronique ici.

[5] Voir Neff, C. : MEDGROW – Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftwandel im Mittelmeerraum. Mannheimer Geographische Arbeiten 52, Mannheim (ISBN 3- 923750-80-3) et concernant les résultats (simulations & modelés) du Sud du Portugal, les pages 115 – 119.

[6] « Incêndio em Monchique está „dominado“. Arderam 27 mil hectares – O fogo de Monchique fez 39 feridos, um deles em estado grave, e obrigou à evacuação de várias zonas habitacionais »

[7] Voir dans  https://www.infoclimat.fr/climatologie/globale/leucate/07666.html le tableau en bas de page les périodes de chaleurs

[8] Voir aussi « Blognotice 7.08.2013: Les cigales de Port Leucate »

[9] „fraicheur d’été“

[10] « Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018»

[11] Dans le sens de « biomes méditerranéens » voir « Forêts, terres boisées et broussailles méditerranéennes »

[12] Voir aussi « Living with Australia’s drought: ‚It’s cheaper to shoot the cows‘»

[13] Zaccai, Edwin : « S’adapter au changement climatique ». In Le Monde » Le Monde, Samedi 11 Aout 2018, p. 19.

Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018

July 2018 was the month in which Europe was heavily affected by wildfire events. There where forest fires in Sweden, in Greece and even in Germany there was one major forest fire event in July 2018.  A Scots Pine Forest near Fichtenwalde was heavily affected by a fire[1], thus remembering German authorities that Germany can also  be concerned by forest fires, – and recalling the terrible souvenirs of the Forest fires of the Lüneburger Heide in summer 1975. But it was Greece which was so heavily hit by several fire events, –the 2018 Attica wildfires – the city of Mati had to face a real “pyrotragedy” to use the words of Paulo Fernandes a portugese wild fire researcher[2]. Mati has been more or less completely erased by the wildfires, a landscape of ruins and desolation and a very high dead toll – about 88 people were killed by the fires in Mati[3]. For me the pictures of the landscape of ruins of Mati called up the souvenirs of the terrible fire event of  Pedrógão Grande[4] in Portugal last year.

Working on forest fires since the beginning of my academic career in 1992, I have been one of those scientists, who are continuously warning that climate change will also increase forest fire risks[5],[6]. But I also warn, since the beginning 1990’s, when I was mapping wild fire risks in the “Garrigues de  Nîmes”[7] under the guidance of Louis Trabaud[8], Peter Frankenberg and Rainer Joha Bender[9] that californisation & rural abandonment & bushencroachment are making the coming generation of forest fires so dangerous.

Californisation[10]  is the “terminus technicus” used in francophone geography, spatial planning and forestry for urban sprawl, housing, urban – forest interface, urban wild – interface etc. But I think the difference between the different English terms is that californisation also designs  the intermix of housing and extremely high inflammable forest (or bushformations like Garrigues, Maquis, Matoral, Chaparal etc. ) and high fuel loading[11].

However what term you use, I prefer californisation, because I think it describes the landscape scenery we can see in many Mediterranean regions of the world perfectly. People want to live like “Californians” constructing their house into a “green scenery” of forests & parks, like in Santa Barbara in California. In fire prone ecosystems, and all Mediterranean ecosystems are fire prone ecosystems, housing in such scenery is just like living on “powder – keg”. A forest fire occurring in this environment is a deadly trap for people, – and this exactly happened in Mati[12]. And what happened in Mati can happen in the suburbs of Lisbon, in the suburbs of Barcelona, Nîmes, Montpellier, Marseille, in La Marsa near Tunis ,- or in California or in Australia (even in the Mediterranean part of Chile and in the Cap region in South Africa). Working since the beginning of the 1990 in western European Mediterranean basin, I known so many locations in this area, where catastrophes like these which devasted Mati in Greece could also happen.

The combination of the consequences of climate change with the cocktail of californisation & rural abandonment will provide us more deadly fires in the Mediterranean regions of Europe (and perhaps also in Central Europe, Scandinavia etc.) – and I think society should react and force the governments to adapt their spatial planning to this enforced risk to see deadly forest fires spread up in that environment, to avoid situations that can lead to such fatal forest fires scenarios as the 1949 Landes Forest Fire which was the most deadly single fire which ever happened in Europe[13]. Concerning the 2018 Attica wildfires, this was a run of different fires, according to informations I could get about the fire.

What happened in Greece in the Attica region in July 2018, what happened in Pedrógão Grande in June 2017, but also in October 2017 in Portugal, these are (or were) real “pyrotragedies” and I hope that the fire season, which is going on until the End of October (in European Mediterranean regions) will not provide us other “pyrotragedies” in the Mediterranean (or elsewhere).

But the real question is if the governments in Greece or in Portugal will learn something from these “pyrotragedies”? The 1949 Landes Forest Fire with is high dead toll of 82 people killed by the fire, – provide a real shock in France – and after this shock France has made an enormous effort of systematic planning and construction of system of “Defending Forest against Wildfire” – “Défense de la forêt contre les incendies (DFCI)[14]” – which is now considered being one of the most effective “Anti Forest Fire Defence System” of the world. Perhaps someone should write down the history of the establishment of the French anti forest fire defense system, – as I know this has never been done – because this was not only success story, but the French responsible were able to learn from their different “failures”[15]– and that is very important.

In this context also associations, like the “Forêt Méditerranéenne”, have a very important role, – just remembering all the conferences dedicated to “fire prevention & wild fire management” and also all the articles dealing with forest fire published in the revue  “Forêt Méditerranéenne”[16]. Articles published in this revue are read by the people working in the forests, – the technicians, the forest engineer in direct contact, at the “frontline” with the “wildfires”. But even this relatively effective system of forest fire management, which has been established in France, is now challenged by “climate change” as recently Thomas Curt and Thibaut Frejaville showed in a study about “Wildfire Policy in Mediterranean France”[17].

My personal opinion is that science and research cannot alone provide the solution, at least perhaps applied geography and spatial planning, because it is a societal problem – how do we deal with californisation (urban sprawl, forest & urban interface, whatever you call it) in a highly inflammable environment – environment which also has a notable charge of fuel loading.  How can we manage this highly inflammable environment including climate change processes. It seems to be very difficult to find consistent solutions for that mix of problems. I personally, after working more or less since the beginning 1990s with forest fire risks, I have not “the solution”- but at least we should be honest to people living in this environment, to tell them, that they are living on a “powder – keg”. If there are no evacuation plans (and evacuation has to be trained), if fire brigades are not well trained and have a good equipment living & housing in such a fire prone environment can become very rapidly a  deadly trap if a fire outbreak is not under control very very fast.  Very very fast means to control the fire 30 minutes after outbreak, – after that threshold of 30 minutes it’s a very hard task to avoid the fire to run out of control and evolve into a large deadly fire event.

Concerning climate change, – I guess, that what I described here for Mediterranean regions, –  we will have to face such scenarios also in Central Europe – because the californisation of landscape is also existing in Central Europe, – the intermix of vegetation with housing – and if climate change scenarios provided by climatologists are correct we will also be confronted with an higher risk of fire eclosion in Central Europe.

And what about climate change and fire risks in old world Mediterranean basin? I think it is very difficult to prove that climate change is responsible for the current fire situation in summer 2018 – or for the 2017 fires in Portugal or the Maghreb[18] – but after all the paper I have read for my profession and also my own research work[19], I am convinced that climate change will make future wild fires more dangerous for people in the Mediterranean regions all over the world in the coming years.

Christophe Neff, Grünstadt 07.08.2018

 

P.S.: This blogpost is a revised and augmented version of a facebook post called “some words about the current forest fire situation in Greece” which I posted on Facebook on 25.07.2018.

 

 

[1] See also „Waldbrand in Fichtenwalde. Das Inferno nebenan“ on Spiegelonline.

[2] Original citation « No dia de 23 de julho o mundo foi surpreendido por mais uma pirotragédia, desta vez nos arredos de Atenas » ,  Paulo Fernandes, published in the « Jornal de Notícias » on Monday the 30 of July 2018.

[3] See also „Grèce : un ministre démissionne après les incendies meurtriers » in Le Monde.fr

[4] See „Incendie de Pedrógão Grande“ in wiki.fr, or „ Incêndio florestal de Pedrógão Grande em 2017” in wiki.pt.

[5] In the blogpost „Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité) »,published in juin2009, I remembered that i was one the first scientists, warning that climate change could lead to in increase in Forest Fire risks in Central Europe.

[6] In the blogpost “ The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)”,published in July2009,  I wrote concerning the “1949 Landes forest fire”, that this fire event could be seen as a “historical model for expected forest fires due to global warming in non-mediterranean European forests”

[7] The results of the fire risk mapping were published as a litte book in 1995 in German “Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) : eine geographische Analyse“ (ISBN 3-923750-50-1).

[8] Louis Trabaud was of the pioniers of Mediterranean Fire Ecology. He passed away in april 2017, – July Pausas has written a necrology on this personal blog – “Homage to Louis Trabaud”.

[9] Concerning Reiner Joha Bender see also “Blognotice 08.09.2014: Quatre jours de vacances à Leucate, de très petites vacances …. »

[10] See also „Blognotice 15.08.2015: Incendies de forêt à Schramberg en Forêt-Noire et processus de californisation du paysage »

[11] See also „Californisation“ in Wiki.fr

[12] See also the video published by SPON, showing the devastated Mati after the fire event. The video was taken by an UAV.

[13] See also „The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)

[14] See also „Défense de la forêt contre les incendies » on wiki.fr, even if this article is very poor.

[15] For example see  the special number of the revue forestière francaise dedicated to the fire year 1975 “RFF – SPECIAL – Les incendies de forêts – 1975 (http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/20010) or in 1990  the special number “RFF – SPECIAL – Espaces forestiers… – 1990 (http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/19854) of the same revue, entirely dedicated to forest fire management.

[16] Just to name two examples – in  1990 the French Mediterranean Forests were heavily affected by forest fires, especially the “Massif de Maures” had hard price to pay in this“wildfireseason”. Thus the “Forêt Méditerranéenne” dedicated special numbers of their revue “Incendies & Pin d’Alep T. XIII, n°3, 1992 (Forest fire and Aleppo Pine) and  “Feux et forêts  – Les feux de forêt et la sécheresse en 1990 T. XIII, n°1, 1992 (Fire and Forest – the forest fires and the drought of 1990) to this crucial fire year. Not only to understand what really happened on the terrain during the fire events – but also to improve “prevention”, “forest management” and “Fire defense”.

[17] See „Curt, T. & Frejaville, T: Wildfire Policy in Mediterranean France: How Far is it Efficient and Sustainable?” in “Risk       Analysis ·July 2017 DOI: 10.1111/risa.12855”

[18] See also: Blognotice 14.08.2017: Sècheresse, canicule et feux de forêts – au Maghreb aussi !

[19] Together with some colleagues we analyzed forest fire risks and climate change scenarios and the consequences for Tunisian ecosystems, see :  Neff, C., Aloui, A., El Hamrouni, A., Souissi, A., Grossmann, A. (2007): Ecosystèmes. S. 33–43. In: République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Hrsg.): Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques, Cahier 7, Rapport des groupes d’ experts.

Blognotice 14.08.2017: Sècheresse, canicule et feux de forêts – au Maghreb aussi !

Pendant qu’une partie de l’Europe est plutôt victime d’un temps d’été maussade, – à Grünstadt par exemple : depuis la nuit du Mercredi au Jeudi 9août au 10 août 2017, il a plu plus au moins sans relâche jusqu’au Dimanche matin 13.08.2017, une grande part de la partie occidentale de la Méditerranée est touchée par la sécheresse et la canicule et par une vague de feux de forêts. Le Portugal a été particulièrement touché par la vague de feux de forêt et je rappelle  simplement l’incendie de Pedrógão Grande avec ses 64 morts,  ce qui d’après mes connaissances semble être un des feux de forêts les plus meurtriers qui ait sévi en Europe depuis la deuxième guerre mondiale, il devrait venir  jusque après « l’Incendie de la forêt des Landes de 1949 [1]», auquel j’avais dédié un billet en juillet 2009 – sous le titre « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes ». Les températures  début aout 2017 ont atteint de nouvelles pointes sur la cote languedocienne, et même à Leucate le thermomètre atteignait le 37,5 le 4 aout 2017. Leucate, ce petit coin de côte sur les rives de la méditerranée que mes grands-parents avaient choisi pour échapper à la lourdeur des étés (et ses lots d’orages) dans la plaine du Rhin à Strasbourg/Eckbolsheim, et plus tard  comme lieu de villégiature pour fuir les vagues de chaleurs estivales du Bas-Languedoc quand ils se sont installés à Aubod près de Nîmes dans le Gard[2]. Des grosses chaleurs à Leucate/Port Leucate dépassant les 35 : fait rarissime à mon avis ! Dans les années 1960/70 c’était surtout le pays du soleil et du vent, du sable et de la mer – mais sans chaleurs excessives. Naturellement il ne s’agit ici que des souvenirs d’enfance et de jeunesse d’un bloggeur de week-end, – pour dresser un diagnostic plus précis il faudrait réellement comparer les données météorologiques historiques à long terme. Mais on peut déjà conclure, que la première partie de l’été 2017 au Portugal, en Espagne, dans le Midi méditerranéen français, et dans le Sud de L’Italie fut particulièrement chaude, sèche et propice aux feux de forêts  et les médias français – (et mêmes les médias allemands) nous en ont beaucoup parlé.

Sur la façade sud de la méditerranée, même scenario, sécheresse, chaleur et vague d’incendie touche le Maghreb surtout l’Algérie et la Tunisie, – mais dans nos médias cela ne compte pour ainsi dire pas.

La Tunisie semble particulièrement touchée par une sécheresse accrue, une vague de feux forets  est en train de dévaster une partie de forêts dans un triangle entre Bizerte, Tabarka en Jendouba. Ceci me touche particulièrement car nous retrouvons un peu la situation que nous, mes collègues tunisiens et moi, avons décrite en 2005, 2006 concernant la réaction des écosystèmes tunisiens face aux changements climatiques[3]. L’augmentation des risques de feux de forêts que les changements climatiques engendreraient était certainement un des principaux résultats de ces recherches appliquées, je me permets donc de citer une phrase du document que nous avons remis au gouvernement tunisien en 2007 « La progression des incendies, surtout de grands incendies nécessitant des grands stocks de combustibles, dans le Nord tunisien, peut avoir des conséquences particulièrement négatives pour toute l’économie tunisienne car elle met en danger les systèmes des barrages et l’approvisionnement en eau d’une grande partie de la Tunisie. L’éclosion de grands feux ainsi que leur multiplication pourrait engendrer des phénomènes d’érosion et dans certains cas provoquer des glissements de terrains qui pourraient perturber le fonctionnement d’un ou même plusieurs barrages » (Neff et al 2007). On n’en n’est pas encore arrivé la , mais si la situation perdure durant les étés suivants on pourrait bien y arriver. D’ailleurs dans un papier édité dans le sillage de cette étude , voyant le risque grandissant de feux de forêts au Maghreb , j’avais conseillé :« Achats et gestion commune (Etats Maghreb) de Canadair » (Neff 2005,p. 14). J’écris ceci par rapport à ce que j’ai lu dans les réseaux sociaux sur la gestion des incendies de forêts en Algérie et en Tunisie – et surtout sur le manque cruel de matériel moderne de défense contre l’incendie – la fameuse DFCI comme on la nomme en France.  Il ne s’agit pas de se souvenir de vieux papiers qui dorlotent  quelque part à l’administration tunisienne et dans les quelques placards de la GIZ à Tunis ou à Eschborn, et qui n’ont certainement trouvé qu’une poignée de lecteurs attentifs durant les dernières 10 à 15 années mais bien de rappeler que de solutions existent, elles  sont connues : il suffit simplement de les appliquer ! Mais naturellement il s’agit là d’un choix politique. Ces choix sont parfois difficiles, voir la discussion et la polémique sur l’état de la flotte de Canadair en France [4].

Les feux de forêts dans le Maghreb, comme je connais assez bien la situation en Tunisie je me concentre surtout sur la Tunisie, ces feux   concernent aussi l’Europe, – et en premier lieu la France et l’Allemagne. Il faut donner les moyens à la jeune république Tunisienne pour faire face au défi du changement climatique[5]. La transition démocratique même sans « changements climatiques » est déjà un défi considérable.  Donc ceci nous concerne aussi en Europe. Les habitants des forets entre Sejnane et Tabarka : où iront-ils une fois leurs forêts parties en fumée ? Les écosystèmes méditerranéens ont une très bonne résilience face aux incendies : dans quelques années les écosystèmes forestiers se seront reconstitués– sauf si la fréquence d’incendie devient trop intense – mais les hommes qui y habitent, qui tirent de leurs forêts une ressource (monétaire ou autre), que font-ils pendant que la forêt se régénère ?

Au-delà des problèmes de sècheresse et des incendies de forêts, la Tunisie connait également une crise de l’eau, je dirai peut – être plus une crise de gestion de l’eau – au sens du terme « good-governance » – terme qui d’ailleurs n’existe pas (ou pas encore) dans la Wikipédia française. Au sens anglais du terme « good governance » la Tunisie semble en fait être loin d’une « good-governance » de l’eau – d’une bonne gestion du bien public qui est la ressource eau ! C’est au moins l’impression que j’ai en suivant les différentes interventions publiques de  Raoudha Gafrej sur la « gouvernance de l’eau » en Tunisie[6] – Raoudha Gafrej amie et collègue avec laquelle j’ai eu le plaisir de travailler ensemble pendant mes années tunisiennes[7], mes divers projets de recherches en Tunisie, dont le projet GIZ sur les changements climatiques en Tunisie.

Littérature citée :

Abaza, K. (2015) : Analyse de la régénération spontanée de la végétation post-incendie dans la forêt de Dar Chichou (Cap Bon, Tunisie Nord-Orientale). In : Rev. Roum. Géogr./Rom. Journ. Geogr., 59, (2), p. 159–172, 2015, Bucureşti (download ici)

Chriha, S., Sghari, A. (2013) : Les incendies de forêt en Tunisie – Séquelles irréversibles de la révolution de 2011. In : Méditerranée, no 121, p. 87 – 92. (download ici)

Neff, C., Aloui, A., El Hamrouni, A., Souissi, A., Grossmann, A. (2007): Ecosystèmes. S. 33–43. In: République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Hrsg.): Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques, Cahier 7, Rapport des groupes d’ experts.

Neff, C. (2005): Ecosystèmes tunisiens – une vision prospective face aux changements climatiques et globaux  In: République Tunisienne. Ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, Coopération Technique Allemande – GTZ (Eds). Elaboration d’une stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques, Rapport 1ère Phase, Tunis (11.10.2005), 136 – 153.

Christophe Neff, Grünstadt le 13.08.2017, publié le 14.08.2017

[1] Voir aussi le billet: « Le 19 août 1949 – le drame de la Forêt des Landes »

[2] Voir aussi le billet: « Blognotice 7.08.2013: Les cigales de Port Leucate »

[3] Dans un projet de recherches sur les conséquences du changement climatique pour l’agriculture et les écosystèmes tunisiens. Ce projet était financé par la GIZ – la coordination scientifique était assurée par Gonzague Pillet. Le titre officiel du projet était « Elaboration d’une stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques ».

[4] Voir aussi : « Incendie. Une flotte de Canadair à bout de souffle » ; « Une flotte vieillissante pour lutter contre les incendies »

[5] Concernant la dynamique récente des incendies de forêts en Tunisie on lira avec intérêt les articles suivants : « Les incendies de forêt en Tunisie – Séquelles irréversibles de la révolution de 2011 (Chriha & Sghari  (2013) » et « Analyse de la régénération spontanée de la végétation post-incendie dans la forêt de Dar Chichou (Cap Bon, Tunisie Nord-Orientale) (Abaza 2015)

[6] Voir aussi: « Selon Raoudha Gafrej, experte en gestion des ressources en eau, la situation hydrique de la Tunisie est alarmante » Huffpost Tunisie 1.8.2017

[7] Voir aussi le billet « Des paysages à l’infini – « Algérie, la mer retrouvée » – sur l’émission Thalassa du 03.04.2015 »

Huit ans de blog paysages sur le Monde.fr

en sicilie 1 entre Capizzi, Gangi et Petralia Sottana 27.05.2017, © Christophe Neff

« IL timbro cromatico era quello degli sterminati semineri attorno a Donnafugata, Estatici, imploranti clemenza sotto la tirannia del sole: anche in questa sala come nei feudi a metà agosto, il raccolto era stato compiuto da tempo, immagazzinato altrove e, come là, ne rimaneva soltanto il ricordo nel colore delle stoppie; arse d’altronde e inutili. Il valzer le cui note traversavano l’aria calda gli sembrava solo una stilizzazione di quell’incessante passaggio dei venti che arpeggiavano il proprio lutto sulle superfici assetate, ieri, oggi, domani, sempre, sempre, sempre (Tomasi di Lampedusa,  2011, p. 282.)

en sicilie 2 entre Capizzi, Gangi et Petralia Sottana 27.05.2017, © Christophe Neff

« Le timbre des couleurs lui rappelait les champs de blé sans fin à Donnafugata en extase,  implorant  grâce face à la tyrannie du soleil ;  dans cette salle comme sur les fiefs de la mi-août la moisson était déjà récoltée depuis longtemps, emmagasinée ailleurs. Reste le souvenir des couleurs des chaumes brulées et inutiles. La valse dont les notes traversaient l’air chaud ne lui semblait qu’un lointain souvenir du passage éternel des vents qui font des arpèges de leur deuil sur les surfaces assoiffées, hier, aujourd’hui, demain, toujours, toujours, toujours [1]» (traduction C.Neff)

en sicilie 3 entre Capizzi, Gangi et Petralia Sottana – Vue sur Gangi 27.05.2017, © Christophe Neff

J’ai pensé à ces phrases de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, dans le Guépard, quand j’ai pris ces photos, pendant la tournée Sicile 2017 de l’association forêt méditerranéenne, quelque part entre Capizzi, Gangi et  Petralia Sottana. La Sicile éternelle comme elle est décrite par Tomasi di Lampedusa,- des paysages à perte de vue …. la tyrannie du soleil, – la tyrannie du climat, des feux de forêts,  –  voyant les images qui me parvenaient de l’Incendie de Pedrógão Grande …. J’ai souvent pensé aux mots de Tomasi, ses descriptions des paysages siciliens, paysages méditerranéens… ces paysages marqués par les lumières du soleil, maudit par ses sècheresses, ses inondations. il ne parle pas d’incendies de forêt dans son roman, car la Sicile de Tomasi di Lampedusa n’était pas une terre de forêts. Mais les brûlures du soleil sur les paysages siciliens sont omniprésentes dans le Guépard.

Il y maintenant un peu plus de huit ans, débutait le 24.05.2009 avec le post  «  I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir» le blog paysages sur le Monde.fr /les blogs le Monde. Depuis 401 articles ont vu le jour, la plupart écrits en français, occasionnellement en allemand et  très rarement des articles publiés en anglais [1]. 401 articles, lus par approximativement 199.520 lecteurs[2]. Huit ans de billets et petites notices écrits entre Rhin et Danube, Seine et Neckar, Aude, Moselle et Kinzig, sur les rives de la Méditerranée[3]  ….. Lectures de paysages et des livres ….. Souvenirs personnels franco-allemands – le temps passe et les paysages changent – et en France les présidences se suivent. Depuis que j’ai écrit mes premiers mots sur paysages, j’ai vécu la présidence de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, et maintenant c’est le début du règne d’Emmanuel Macron. En Allemagne, Madame Merkel est chancelière depuis le 22 novembre 2005, et il semble – c’est au moins ce que je perçois,  qu’elle pourrait encore gagner les Élections fédérales allemandes le 24 septembre 2017 et remporter un quatrième mandat. Une grande majorité d’allemands ont le sentiment que ça va bien en Allemagne, –  et sauf si une nouvelle crise d’immigration – une nouvelle Flüchtlingskrise – se dessinait durant l’été/automne 2017 – Angela Merkel a toutes les chances de gagner les prochaines « Bundestagswahlen ». Personnellement je préférerais que Martin Schulz gagne les prochaines élections fédérales, – mais je ne vois pas comment il pourrait persuader une majorité d’allemands de voter pour la SPD, même si le SPON dans un commentaire de Horand Knaup publie aujourd’hui dimanche 25.06.2017 pense que Martin Schultz et la SPD peuvent encore l’emporter. Pour finir, – Angela Merkel est souvent perçu comme la

éoliennes et champs de blé sur le Grünstadter Berg 25.06.2017, © Christophe Neff

chancelière éternelle – où  le « weiterso » domine – mais sous sa « regnance » les paysages allemands changent, – le Atomaustieg (sortie du nucléaire) – la transition énergétique vers les énergies renouvelables laisse des traces  dans les paysages allemands, – la photo des éoliennes sur le Grünstadter Berg sont une image parlante, car depuis le « Atomaustieg » décidé par Angela Merkel après les évènements de Fukushima, l’ Accident nucléaire de Fukushima – les éoliennes sont devenues dans diverses parties de l’Allemagne un trait marquant du paysage. Pas partout, mais par endroit ici et là les éoliennes en Allemagne sont un élément bien visible du paysage allemand. Cette « floraison » sur une partie des paysages allemands c’est pour ainsi dire une trace bien visible de la politique énergétique des deux derniers gouvernements d’Angela Merkel.

Sources :

Servoise, Sylvie (2016) : „La scène du bal dans « Le Guépard » ou le début de la fin“ (VI, 225-251). Revue Silène. Centre de recherches en littérature et poétique comparées de Paris Ouest-Nanterre-La Défense. http://www.revue-silene.com/f/index.php?sp=comm&comm_id=181

Tomasi di Lampedusa, Giuseppe (2011) : Il Gattopardo. Reclam Universal Bibliothek. ISBN 978-3-15-019799-8

Photos : Toutes © Christophe Neff

Christophe Neff, (écrit le 25.06.2017), publié le 26.06.2017

P.S.: Pour préparer/revoir la tournée Sicile 2017 de l’association forêt méditerranéenne j’avais lu  le Gattopardo dans la version de la Universalbibliothek Reclam. C’est le texte intégral en italien, avec dans chaque page une explication du vocabulaire clefs (5-10 mots par page) – et en fin du livre une postface écrite et éditée par Kerstin Marfordt.  Cette version est seulement distribuée en Allemagne, Autriche et en Suisse.

[1] Cette citation est extrait de la « parta sesta » – la fameuse scène du bal dans le Guépard. Concernant cette scène on lira avec intérêt «“La scène du bal dans « Le Guépard » ou le début de la fin“ (VI, 225-251) » de Sylvie Servoise (2016) .

[2] D’après Google Analytics  les cinq articles les plus consultés depuis le 14.09.2013 date sont: « Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate », « Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert », « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes », « Lundi 11 octobre 2010 – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate », « Das Biafrakind »

[3] Voir aussi « Sept ans de blog paysages sur le Monde.fr »

Blognotice 01.05.2017: « Les fleurs qui poussent à travers les rails de la France périphérique »

Gare de Gallician Sept. 2014b
La Gare de Gallician, © C.Neff 27.9.2014

Dans mon dernier billet, écrit en allemand et destine au public allemand je parle des analyses du géographe Christophe Guilluy et de mes propres expériences après presque 25 ans de travaux de terrain surtout dans le Midi de la France surtout dédiés aux complex, embroussaillements, fermeture du paysage, risques de Feux de Forêt, retour des loups, mais aussi urbanisation, californisation etc.

PN-19 Franquevaux Sept2014
Le PN 19 sur ligne Arles – Lunel à Franquevaux, © C.Neff 27.9.2014

Je partage la constante de Guilly, qu’il existe une France, – France qu’il dénomme « France périphérique » – je dirais oubliée et parfois abandonnée à elle-même loin des préoccupations des élites politiques. Néanmoins je ne partage pas ses analyses et surtout ses conclusions comme dernièrement dans son Interview « Macron, le candidat de la France d’en haut[1] » dans le Monde qui d’après mon impression est plutôt un relook du concept des « luttes des classes ». La réalité sur le terrain me semble être plus complexe. Mais j’approuve le constat qu’il existe en France une France rurale, périurbaine, qui se sent à l’abandon et qui est aussi prête à apporter une grande partie de ses voix au FN durant les élections. Durant mes longues années de travaux de terrains, je me suis constitué une petite base de documentation sur le déclin des infrastructures ferroviaires en France. J’ai publié quelques-unes de ces photos dans mon dernier billet – (les deux premières photos de la ligne d’Arles à Lunel ont déjà été publiées dans le billet   Gare de Gallician 27.09.2014 13 heures 20). Je reprends ces photos dans ce billet, et j’en rajoute une que j’avais déjà publiée dans le billet « Six ans de Blog paysages sur le Monde.fr (31.05.2015) » – cette photo montre le passage à niveau PN 14 à Sallèles-d’Aude sur la  ligne de Chemins de Fer de Narbonne à Bize. Ces photos sont des images parlantes, qui montrent très bien à quel point les services publiques se rétrécissent de plus en plus dans la France rurale. C’est une image, pas plus – mais dans mon dernier billet écrit en allemand – j’ai aussi écrit que les bistros, les cafés disparaissaient de plus en plus – et j’aurais pu aussi ajouter – les bureaux de postes, les boucheries, les boulangeries ……

Vue sur la gare de Bitche 02.10.2016
Vue sur la gare de Bitche 02.10.2016, © C.Neff

Dans mon texte en allemand j’écris entre autre – et le Front national va encore gagner, l’été va arriver, les cigales vont chanter – et une fois de plus on oubliera ces paysages – mais le jour où cette France rurale abandonnée se réveillera, ce réveil pourrait se révéler inconfortable. En sillonnant cette France rurale, que Christophe Guilluy surnomme la France périphérique, je découvre un territoire blessé, et souvent des électeurs qui sentent abandonnés et même trahis par une partie des élites politiques

03.08.2014 Lauterbourg Gare le X73520 file vers Strasbourg
03.08.2014 Lauterbourg Gare le X73520 file vers Strasbourg, © C.Neff

actuelles. Je pense que les livres de Christophe Guilluy mériteraient un accueil international beaucoup plus important, – je crois même que ses travaux sont quasiment inconnus au niveau international – même si je ne partage pas ses conclusions beaucoup trop « lutte de classe »- et en plus je ne trouve dans ces travaux aucun concept pour  améliorer le sort de cette France que je nomme oubliée[2].

PN 14 à Sallèles-d'Aude sur la ligne ligne de Chemins de Fer de Narbonne à Bize (Blogversion)
Le PN 14 à Sallèles-d’Aude sur la ligne de Narbonne à Bize, © Christophe Neff 26.05.2015

Se sentant oubliés et même souvent trahis, une partie des électeurs de ses territoires ruraux votent de plus en Front national et cela ne m’étonne guère. Je pense que si les élus étaient vraiment à l’écoute de leurs électeurs le Front national aurait nettement moins de succès. Oui c’est difficile, et cela ne semble pas être à la portée de tous les élus. La dernière photo montre la PN 14 Sallèles-d’Aude de la ligne de Chemins de Fer de Narbonne à Bize. Est-ce que Marie-Hélène Fabre ou ses prédécesseurs députés de la Deuxième circonscription de l’Aude ont-ils une fois essayé de faire revivre cette ligne de chemins de Fer – par seulement faire revivre le chemin de fer, – mais d’utiliser cette infrastructure pour attirer des investissements industriels ou autres – pour enfin sortir un peu de la dépendance de la vigne et peut-être une fois pour toutes s’attaquer aux crues de L’Aude. De Sallèles d’Aude on parle surtout quand l’Aude sort de son lit, comme dernièrement en février 2017 – une fois la crue passée on oublie assez vite.  C’est un exemple parmi d’autres – en parcourant la France du Sud au Nord, – de L’Ouest à l’Est –  on pourrait aussi se demander pourquoi on a laissé crever le chemin de Fer à Bitche – reconnecter Bitche et au réseau ferroviaire – et surtout rétablir la liaison voyageur vers Strasbourg. Bitche et sa région pourraient certainement en profiter. Des exemples comme je les décris peuvent se trouver dans une grande partie de la France périphérique – il faut simplement ouvrir les yeux !

Et pour finir  – en mai 2012 jusque après les présidentielles j’avais déjà consacré un billet qui ,entre autres ,parle des travaux de Christophe Guilluy –  «  Blognotice 5.5.2012 : – la géographie le grand gagnant du scrutin des présidentielles 2012 » billet qui mérite encore de nos jours une relecture, et en plus ce billet nous rappelle que l’Alsace depuis 1995 est déjà pour ainsi – dire une « terre frontiste ».

Pour finir-  le petit village de Gallician  – village où j’ai photographié la gare en Septembre 2014 – appartient à la commune de Vauvert, commune où Marine le Pen a obtenu 37,02% des voix au premier tour des élections présidentielles le 23.04.2017. Dans les autres communes longeant l’ancienne ligne de chemin de fer Lunel-  Le Cailar – St. Gilles – Arles le vote frontiste a atteint des sommets semblables. Mais en comparant le vote frontiste avec la cartographie des lignes Sncf abandonnées durant les trente dernières années je pense qu’on aurait des résultats similaires.

Une grande partie du territoire français a subi des changements profonds, personnellement je le situe au début des années 1970, – au niveau chemins de fer ce fut certainement la fermeture au trafic voyageurs de la « ligne de la rive droite du Rhône » Givors – Nîmes en 1973 » – déconnectant le département de l’Ardèche du trafic voyageurs.

Amateurs de chemins de Fer, déjà trainspotter depuis ma jeune enfance j’observe le rétrécissement du réseau Sncf, disparitions des embranchements particuliers, désindustrialisation …… lignes fermées- et depuis les années 1990 j’observe professionnellement comment ces changements profonds des ruraux français redessinent le paysage, embroussaillement, fermeture du paysages, risques de feux de forêts croissant,  la réapparition des loups –  et cela, malheureusement, semble inciter une partie de ces « electeurs qui se sentent abandonnés » à apporter leurs voix au Front national.

Ces changement, que j’accompagner pendant des longues années on le retrouve aussi dans les reportages que le Monde a consacrés aux souvenir de jeunesse de ses journalistes (malheureusement seulement accessible aux abonnées du Monde), et surtout des lieux qui les ont marques  –   ces changements que je décrit on les trouve particulièrement bien raconte dans «Vu d’Auxerre, le mirage des « trente glorieuses »   »de Benoît Hopquin et  « A La Voulte-sur-Rhône, en Ardèche, le grand repli » de Christophe Ayad.

Et concernant le deuxième tour des présidentielles le 07.05.2017, il est à craindre que cette partie de la France qui se sent abandonnée et oubliée , apporte une grande partie des voix électorales à la candidate du Front national.

Photos : Toutes © Christophe Neff: 1 La Gare de Gallician, © C.Neff 27.9.2014; Le PN 19 sur ligne Arles – Lunel à Franquevaux, © C.Neff 27.9.2014; Vue sur la gare de Bitche 02.10.2016, © C.Neff; 03.08.2014 Lauterbourg Gare le X73520 file vers Strasbourg, © C.Neff; Le PN 14 à Sallèles-d’Aude sur la ligne de Narbonne à Bize, © Christophe Neff 26.05.2015.

Sources :

Bherer, Marc-Olivier (2016) : Entretien avec Christophe Guilluy « Macron, le candidat de la France d’en haut », Le Monde, Jeudi 27. Avril 2017, p.20 (Disponible pour les abonnes Le Monde sous le titre : Christophe Guilluy : « Macron, le candidat des métropoles mondialisées »)

Guilluy, Christophe (2013): Fractures françaises. Paris, Flammarion – Champs essais ISBN 978-2-0812-8961-1

Guilluy, Christophe (2015): La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires. Paris, Flammarion –Champs Actuel, ISBN 978-2-0813-4751-9

Guilluy, Christophe ( 2016 ): Le Crépuscule de la France d’en Haut. Paris, Flammarion, ISBN 978-2-0813-7534-5

Christophe Neff, 01.05.2017

[1] Voir   l’interview  ici pour les abonnes au  Monde.

[2] Dans ce contexte voir aussi l’interview de Christophe Guilly dans le Point en Novembre 2016  « „Faire passer les classes populaires pour fascisées est très pratique“ De l’Amérique de Trump à la France périphérique, il n’y a qu’un pas. Le géographe Christophe Guilluy nous explique pourquoi. Interview. Propos recueillis par Clément Pétreault »

Streckenbeobachtungen in der „France périphérique“ – ein geographischer Kommentar zur ersten Runde der Präsidentschaftswahlen 2017 in Frankreich

Gare de Gallician Sept. 2014b
Blick auf den Bahnhof Gallician © Christophe Neff 27.09.2014

Im Vorfeld der französischen Präsidentschaftswahlen 2017 gab es ja bei uns in Deutschland ein vertieftes Medieninteresse am  Zustand des Nachbarlandes. Aufgefallen ist sind mir u.a. der Bericht von Ullrich Fichtner & Julia Amalia Heyer „Außer Atem“ im Spiegel (2017, 16, pp.84-90) und  die Diskussionsrunde „Was ist bloß los mit uns“ von der Georg Blume und Gero von Randow in der Zeit berichten (die Zeit, 12. April 2017, pp. 8 – 9.) sowie die bemerkenswerte Kooperation der Zeit mit Le Monde „Frankreichs-Wahl – Bonne Chance Frankreich“. Allerdings  hat  le Monde nur einen  kleinen Teil der in der Zeit abgedruckten Beiträge übernommen. Bei diesen vom Monde übernommen Beiträgen ist mir vor allem der von Martin Walser aufgefallen:„Les Français, le peuple d’Europe le plus difficile à gouverner“ . Er ist der einzige der Beiträge, der nicht übersetzt wurde, d.h. er wurde von Walser selbst auf Französisch verfasst. Das ist schon mehr als bemerkenswert, denn diesseits des Rheines gehen die französischen Sprachkenntnisse immer mehr zurück –  und manchmal frage ich mich wie kann man das „Land westlich der Rheins lesen“ – wenn man nicht mal mehr die Sprache kennt. So wundert es einen kaum, dass von unseren „Frankreichexperten“ – der Begriff „la France périphérique“,   ein Begriff der vom Geographen Christophe Guilluy in seinen diversen Büchern[1] thematisiert und popularisiert wurde, unbekannt zu sein scheint. Der Geograph Christophe Guilluy ist ein freiberuflicher Geograph und Publizist, der schon seit Jahren in seinen Büchern auf die wachsende Zweiteilung Frankreich, d.h.  den wachsenden Metropolen mit den Globalisierungsgewinnern (dabei rechnet er die Banlieues durchaus auch zu den Globalisierungsgewinnern) und andererseits den Globalisierungsverlierern in den ländlichen Regionen Frankreichs verweist. So erklärt Guilluy schon seit Jahren den nachhaltigen Wahlerfolg des Front national mit dieser Zweiteilung der französischen Geographie. In dem Beitrag von Heinz Bude „Nirgendwo ist das Volk so weit weg von den Eliten“ in dem Zeit Special „Frankreichs-Wahl – Bonne Chance Frankreich“ wird das Problem thematisiert – auch wenn Bude die „France périphérique“ nicht beim Namen nennt. Bude scheint mir in diesem Sinne der einzige Experte, der den Dingen auf den Grund geht und der das Problem beim Namen nennt: die immer mehr fortschreitende Entfremdung zwischen einem Großteil der französischen Bevölkerung und den politischen Eliten.

PN-19 Franquevaux Sept2014
PN 19 (Bahnübergang 19) der Eisenbahnstecke Lunel – Arles bei Franquevaux, © Christophe Neff 27.09.2014

Ich kenne diese France périphérique, die Christophe Guilluy in seinen Büchern immer wieder thematisiert, sehr gut  da ich genau in den Landschaften dieser France périphérique seit fast dreißig Jahren arbeite. Landflucht, Biomassenakkumulation, Waldbrände und Waldbrandrisiken so stellt sich diese France périphérique im mediterranen Südfrankreichs in den Augen des physischen Geographen, des Landschaftsökologen, des Geobotanikers dar. Manchmal ist die Wirklichkeit komplexer:  einerseits verbuscht die Landschaft und andererseits weitet sich die Siedlung im Sog der prosperierenden Großstädte wie Marseille, Nîmes, Montpellier.  Die  Pavillionärzonen  (im frz. zone pavillonnaire) greifen immer mehr um sich – man nennt das u.a californisation, pérurbanisation, reurbanisation, periurbanisation etc. (im amerikanischen Englischen auch als wild-urban interface/forest –urban interface, urban sprawl bezeichnet)). Das macht das Ganze dann im Sommer, in der Waldbrandsaison, so gefährlich. Durch die Verzahnung von Vegetation und Siedlung können die Waldbrände  dann tödlich enden.

Das ist das andere Gesicht der sogenannten France périphérique im mediterranen Südfrankreich. Ich möchte mich jedoch gar nicht damit aufhalten, sondern auf ein anderes Phänomen hinweisen mit dem sich die „France périphérique“ für den aufmerksamen Beobachter im Gelände manifestiert. Es ist der Zerfall des französischen Eisenbahnwesens. Wir kennen in Deutschland vor allem den TGV  und die TGV Strecken, aber außerhalb dieser TGV-Strecken gibt es weite Teile Frankreichs, in denen  es überhaupt keine funktionierenden Eisenbahnsysteme mehr gibt –  bzw. wo das Streckennetz, mangels Investitionen in die Infrastruktur einen langsamen, aber scheinbar unaufhaltsamen Tod stirbt. Die beiden ersten Bilder, die ich hier veröffentliche, die Streckeneindrücke, die ich im Herbst 2014   entlang der Bahnstrecke Lunel – Aimargues – Le Caylar – St.Gilles – Arles festgehalten habe,  habe ich schon im Blogartikel Gare de Gallician 27.09.2014 13 heures 20 veröffentlicht (einer der vielen französischsprachigen Blogbeiträge in denen der Landschaftswandel in dieser France périphérique thematisiert wird). Es ist die Momentaufnahme des Niederganges einer Eisenbahnstrecke auf der vor ein paar Jahren noch mehrmals am Tag Güterzüge fuhren. Güterzüge die u.a. das Städtchen St.Gilles bedienten, sowie die Industrie- und Hafenanlagen in Arles – la Trinquetaille.

Vue sur la gare de Bitche 02.10.2016
Blick auf den Bahnhof von Bitche/ Vue sur la gare de Bitche, © Christophe Neff 02.10.2016

Ähnliche Bilder findet man wohl in großen Teilen des periphären Frankreichs.  Hierzu braucht man nicht bis ans Mittelmeer fahren, es reicht der Weg über die Pfalz nach Lothringen oder ins Elsass. Jenseits der  Grenze verfällt der Bahnhof von Bitche langsam vor sich hin -um nur ein Beispiel zu nennen – und dort, wo noch Züge fahren  hat man angesichts der sichtbaren Verfalls der Eisenbahninfrastruktur das Gefühl, sich irgendwo im „wilden Westen“ aber nicht im Land der TGV’s zu befinden. Das letzte Bild zeigt eine Baleine (Sncf X73500),  die an einem beschaulichen Sommer – Sonntagmorgen den Bahnhof Lauterbourg mit dem ersten Zug Richtung Strasbourg verlässt.

Soweit die Wähler in der France péripherique tatsächlich zu den Wahlurnen finden und wählen entscheiden sie sich in der Regel für die Parteien mit den einfachen Antworten. Bei diesen Präsidentschaftswahlen sind das Marine Le Pen und Jean-Luc Mélenchon. Wobei es gar nicht um die einfache Antworten geht, sondern um die Tatsache, dass sich die Menschen in der France péripherique von den traditionelle Parteien einfach nicht mehr wahrgenommen fühlen.  Marine Le Pen und in Teilen auch Jean-Luc Mélenchon  geben den Menschen in der France périphérique das Gefühl,  ernst genommen zu werden. Deshalb werden sie auch gewählt. Vom Rest der Republik fühlen sie sich schlichtweg verraten und vergessen. Zu Wahlzeiten kommt mal ein Reporter aus Paris aufs Land gefahren -oder sogar ausländische Journalisten, wie letzthin der Spiegel in Hayange (Frankreich vor der Wahl Ein Leben unterm Front National) im Land der Minette – wo früher die Hochofen glühten und das Erz der Minette zu Stahl verschmolzen,  und jetzt nachdem der letzte Hochofen schon längst erkaltet ist, auf lokaler Ebene der Front National schon regiert. Und immer scheint es seit Jahren das gleiche Lied zu sein, der FN gewinnt wieder ein paar Prozent dazu-  und der Sommer wird wieder übers Land ziehen, in Südfrankreich werden wieder die „Cigallen“  singen  und es wird, dank Mehrheitswahlrecht, wieder nicht viel geschehen.

03.08.2014 Lauterbourg Gare le X73520 file vers Strasbourg
Lauterbourg Gare le X73520 file vers Strasbourg/ Lauterbourg Gare – der X73520 verlässt den Bahnhof in Richtung Strasbourg © Christophe Neff 03.08.2014

Wenn die politischen Eliten der traditionellen Parteien ihren „Winterschlaf“ weiter fortführen und die Sorgen der France périphérique schlichtweg ignorieren bzw. verschlafen wird irgendwann der mathematische Damm des Mehrheitswahlrechts brechen und dann wird es ungemütlich werden. Soweit es nochmals ein gemäßigter Kandidat ins Präsidentenamt schafft, dann sollte er sich an eine echte Reform der Institutionen der 5. Republik wagen. Die Verfassung der 5. Republik hat der französischen Republik wertvolle Dienste geleistet, in dem sie u.a. Frankreich im Zuge der Wirren um die Unabhängigkeit Algeriens vor einem Bürgerkrieg bewahrt hat. Aber nun stehen andere Herausforderungen an. Ich denke,  im Sinne von mehr Bürgerbeteiligung, auch an die Reform des Wahlrechtes für die Nationalversammlung, d.h. Einführung eines Verhältniswahlrechtes nach deutschem Vorbild (Koppelung von Verhältnis- und Mehrheitswahlrecht wie bei deutschen Bundestagswahlen).  Das wäre bestimmt ein Schritt in die richtige Richtung. Und dann gilt es endlich auch an die France périphérique zu denken und endlich auch dort wieder in die öffentliche Infrastruktur zu investieren. Wobei ich da nicht nur an das Wiederbeleben des Eisenbahnnetzes hors TGV, sondern auch an die Einrichtung des schnellen Internets auch in den Corbières, den Nordvogesen etc. denke. Es gäbe wahrlich viel zu tun. Dazu braucht es natürlich auch einen dezidierten politischen Willen.

Ich habe diesen Beitrag schon vor der ersten Runde der französischen Präsidentschaftswahlen verfasst. Inzwischen liegen die Ergebnisse dieser ersten Runde vor,  – Emmanuel Macron und Marine le Pen werden in die Stichwahl am 7. Mai kommen. Legt man eine Karte der Eisenbahnstreckenstilllegungen über die Karte der Gemeinden in denen Le Pen die Mehrheit der Stimmen erhalten hat, wird man feststellen, dass es Übereinstimmungen gibt. Die  „France périphérique“ im Sinne der Definition von Christophe Guilluy hat vor allem Marine Le Pen, aber auch in Teilen Jean Luc Melenchon gewählt. Der Bahnhof von Gallician, den ich im Herbst 2014 abgelichtet hatte, liegt auf der Gemarkung Vauvert. Dort hat am Wahlsonntag Marine Le Pen 37, 02% der Wahlstimmen erhalten und ist damit Wahlsieger vor Jean-Luc Mélenchon mit 21,86% geworden. Der PN 19, d.h. der Bahnübergang 19 befindet sich in Franquevaux, was wiederum zur Gemarkung Beauvoisin gehört. Dort hat Marine Le Pen 37,23% der Wahlstimmen vor  Jean-Luc Mélenchon (17,93%) bekommen. Wenn man den Verlauf der besagten Bahnstrecke Lunel – Aimargues – Le Caylar – St.Gilles – Arles weiter nach Osten verfolgt kommt man nach St. Gilles. Auch dort hat Marine Le Pen mit 40,01% der Stimmen  vor Jean-Luc Mélenchon mit 19,24% gewonnen[2]. Die anderen Kandidaten folgen weit abgeschlagen hinter den beiden.  Man könnte das Gedankenexperiment an anderen stillgelegten Eisenbahnstrecke in der France périphérique wiederholen – ich vermute man würde wohl ähnliche Ergebnisse erhalten.

Ich denke, dass, wenn die französische Politik der France périphérique nicht mehr Gehör schenkt, dies irgendwann zur Katastrophe führen wird. Es gibt ein anderes Zeichen, welches man auch als „Nichtgeograph“ durchaus lesen und daraus erkennen kann, dass irgendetwas in dieser sogenannten France périphérique nicht stimmt. Ich habe das Gefühl, dass abseits der touristischen Zentren, – im ländlichen Frankreich – die Bistro’s und Cafés immer seltener werden. Ich wünschte mir es wäre anders!

Bücher:

Guilluy, Christophe (2013): Fractures françaises. Paris, Flammarion – Champs essais ISBN 978-2-0812-8961-1

Guilluy, Christophe (2015): La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires. Paris, Flammarion –Champs Actuel, ISBN 978-2-0813-4751-9

Guilluy, Christophe ( 2016 ): Le Crépuscule de la France d’en Haut. Paris, Flammarion, ISBN 978-2-0813-7534-5

Photos alle © Christophe Neff

Christophe Neff, 25.04.2017

[1] Guilluy, (2013): Fractures francaises. ; Guilluy (2015): La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires. Paris, ; Guilluy, ( 2016 ): Le Crépuscule de la France d’en Haut. Genaue Bibliographische Angabe sind im Bücherverzeichnis zu finden.

[2] Die Wahlergebnisse stammen von der Seite http://www.lemonde.fr/data/france/presidentielle-2017/  von dort aus lassen sich (bzw. ließen sich) die Wahlergebnisse der 23.04.2017 aller französischen Kommunen abrufen.