Blognotice 07.05.2026 : et les Martinets sont revenus dans le ciel de Grünstadt le 29.04.2026

Le mercredi 29 avril, je découvre les vols acrobatiques des premiers martinets de 2026 dans le ciel de Grünstadt. D’ailleurs, en 2025, ils ont fait leur première apparition dans le ciel de Grünstadt le 29.04.2025. Comme j’observe le ciel de Grünstadt régulièrement depuis la crise du COVID-19 et que je note les divers oiseaux que je peux reconnaître visuellement ou phonétiquement, je peux assez bien cerner l’arrivée des martinets[1], [2] !

Les martinets annoncent la fin du printemps et le début du « Frühsommer ». Traduire « Frühsommer » en français n’est pas facile. « Été précoce » est plutôt une traduction littérale, – l’AI de Deep L traduit le terme avec « début de l’été ». L’horloge phénologique du DWD définit le « Frühsommer » comme le début de la floraison du Sureau noir, – le « Hochsommer », le plein été, avec le début de la floraison du tilleul à grandes feuilles. Ici, à Grünstadt, les Martinets commencent leur retour vers le Sud normalement vers la fin juillet/début août, au plus tard mi-août.

En observant le vol acrobatique des martinets dans le ciel de Grünstadt, je pense toujours un peu à Monsieur Gérard Gory, – avec qui j’avais fait connaissance durant mes séjours au Muséum d’histoire naturelle de Nîmes – vers la fin de la période « Jeantet »[3]  – donc la période pendant René Jeantet fut conservateur de 1959 à 1995 du Muséum de Nîmes –  suivi par son épouse Jacqueline qui entre 1995 – 1997 fut conservatrice du Muséum[4]. Gérard Gory c’était et c’est encore le Monsieur martinets français. Dans ce contexte, j’aimerais aussi signaler un livre, – une véritable bible sur les martinets – malheureusement seulement disponible en allemand – « Mauer- und Alpensegler. Flugakrobaten ohne Grenzen », écrit par l’ornithologue suisse Alfred Engler. Ce livre, qui contient aussi une importante bibliographie, mériterait une traduction française.

Le jour même de l’arrivée des martinets à Grünstadt, je reçois le livre « Traverser Tchernobyl » de Galia Ackerman. La plupart de mes livres français, je les achète chez Willy Hahn, dans la librairie « à livre ouvert » à Wissembourg. Mais il m’arrive de me commander des livres à la Fnac pour pouvoir les lire assez rapidement – sans faire le trajet en l‘Outre-Forêt à Wissembourg.

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl, je me souviens encore bien : c’était le début de mes études de géographie à l’université de Mannheim[5]. L’Université de Mannheim était, durant les années 1980, l’une des rares universités allemandes à proposer des études de géographie qui commençaient aussi avec le « Sommersemester ». Mais tout cela fait, comme Tchernobyl, maintenant partie de l’histoire. L’Institut de Géographie de l’Université de Mannheim, «  Geographisches Institut der Universität Mannheim », fut fermé durant les années 2000  pendant le rectorat Arndt– pour libérer les postes d’enseignants afin de les transformer en professorats de gestion et de management, en sciences économiques – disons des « sciences » considérées comme plus utiles économiquement et plus valorisant que la « géographie ».

J’ai beaucoup pensé à mes débuts d’étudiant en géographie en 1986, – en raison des souvenirs de la catastrophe de Tchernobyl et du fait qu’un de mes condisciples – en Allemagne, on parle de « Kommilitone » – avec lequel j’avais partagé une partie majeure des cours en géographie, vient d’être emporté par un cancer fulgurant. Nous avons aussi partagé quelques semaines au « Centre Béthanie du Diocèse de Man » pour des relevés botaniques à la fin des années 1980 dans les montagnes de Man en Côte d’Ivoire . Je lui ai dédié une notice nécrologique sous le titre « Das Echo der Tams-Tams im Bergwald von Man – Erinnerungen an Rainer Frank » dans ce blog. Rainer Frank a été inhumé fin avril 2026 au Ruheforst de Bad Dürkheim, un cimetière naturel situé dans le Pfälzerwald,  lors d’une cérémonie d’adieu très émouvante, en présence de sa famille, de ses amis et de ses anciens camarades de promotion de l’Institut de Géographie de l’Université de Mannheim.

Les souvenirs qui restent, de l’année 1986, ce sont  les débuts de mes études de géographie à l’Université de Mannheim, ce sont  les souvenirs de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Les images des « liquidateurs » que je retrouve dans l’ouvrage de Galia Ackerman, qui est un voyage dans le temps vers une sorte de Pompéi de l’ancienne Union soviétique. Je trouve assez dommage que l’ouvrage de Ackerman, d’après mes recherches dans le « KVK (Karlsruher Virtueller Katalog) », ne se retrouve dans aucune bibliothèque universitaire allemande. En réalité, cela n’est pas si surprenant, ceci confirme une fois de plus le « fossé culturel grandissant » entre l’Allemagne et la France[6].

Le livre de Galia Ackerman me permet aussi de me souvenir de mes lectures d’étudiant, des images des longs métrages de Cinéma, comme le film « Stalker » d’Andreï Tarkovski. Tchernobyl a transformé le monde, – c’était certainement le début de la chute de l’ancienne Union soviétique – et en conséquence de la réunification allemande. D’un point de vue franco-allemand, – sans les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima[7], – les « Verts » allemands n’auraient jamais eu l’essor politique en Allemagne pendant les derniers décennies, – avec Joschka Fischer, vice-chancelier et ministre de l’extérieur des gouvernements Schröder, Winfried Kretschmann, qui a gouverné le Bade-Wurtemberg pendant 15 ans, de 2011 à 2026. Et aussi Cem Özdemir, qui est le successeur désigné de Winfried Kretschmann, – Özdemir, qui a gagné de justesse, d’une courte manche, les élections régionales du Bade-Wurtemberg en Mars 2026. Si tout va bien, Özdemir sera élu le 13 mai 2026 comme nouveau « Ministerpräsident » du Bade-Wurtemberg.

Quarante ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, – la grande différence entre l’Allemagne – et la France, – à part le mythe du nuage radioactif de Tchernobyl qui s’est arrêté aux frontières de la France, – disons qui n’a jamais traversé le Rhin[8] – c’est que les retombées politiques, sociétales et environnementales en Allemagne étaient assez considérables ! En France, – presque rien,  aucun changement majeur politique ou sociétale, – on « croit » encore aux vertus de l’énergie nucléaire sans modération – et le mouvement politique écologiste en France, vu d’Allemagne, s’est partiellement transformé en organisation sectaire proche de l’extrême gauche, sans aucune importance politique majeure, ce qui est bien dommage.

Je ferme les yeux, – et je reviens quarante ans en arrière, durant le printemps & l’été 1986, c’était le début de mes études de géographie à Mannheim. C’étaient les images de télévision de la catastrophe de Tchernobyl, – les hélicoptères au-dessus des ruines de la centrale nucléaire, le dévouement héroïque des « liquidateurs ». À chaque page que je tourne dans le livre de Galia Ackerman, « Traverser Tchernobyl », mes pensées vont vers le sort tragique des liquidateurs et des victimes des régions limitrophes de Tchernobyl…pendant que le chant des martinets volants dans le ciel de Grünstadt me ramène vers la réalité des premiers jours de mai 2026. Le Monde annonce un« événement sanitaire « inédit et inquiétant » », – le hantavirus découvert sur un bateau de croisière le MV Hondius au milieu de l’océan atlantique me rappelle un peu le début de la crise du Covid – 19[9].

Bibliographie

Ackerman, Galia (2022) : Traverser Tchernobyl. Nouvelle édition augmentée. Paris, © Éditions Premier Parallèle, 2016 ; © Éditions Premier Parallèle, 2022. ISBN 978-2-85061-068-4

Engler, Alfred (2025) : Mauer- und Alpensegler. Flugakrobaten ohne Grenzen*. Bern, © 2025, Haupt Verlag Bern, ISBN 978-3-258-08410-7

GOLONKA Janaïne, Étude de cas muséologique, Mémoire de M2 Stratégie du Développement Culturel, sous la direction de JACOBI Daniel, Université d’Avignon, 2011. (Version archivée sur Internetarchive, voir ici.)

Christophe Neff, Grünstadt, écrit en Avril/Mai 2026, publié le 07.05.2026


[1] Voir aussi „Se ressourcer – auftanken, – über versteckte Orte in der Zeit vom 14. Juli 2022 – und andere Ferne und Nahe „Aufladestationen““

[2][2] Voir aussi „Blognotiz 12.05.2020: Coronahimmelslandschaften über Grünstadt

[3] Le mémoire de muséologie de Janaïne Golonka (2011), consacré à l’histoire du Muséum d’histoire naturelle de Nîmes et du Gard, contient un petit chapitre   sur la période Jeantet au Muséum de Nîmes (page 20 du mémoire). Ce mémoire circule librement sur la toile, mais on ne le trouve malheureusement ni sur HAL-Open Archive, ni sur ResearchGate, ni sur Academia.edu. Voici un lien vers l’Internet Archive où le mémoire est archivé (voir ici) !

[4] René Jeantet m’avait pour ainsi dire m’ouvert les yeux sur la beauté et richesse des paysages & des écosystèmes des Garrigues de Nîmes et des Costière du Gard, voir aussi « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati » »

[5] Voir aussi « Saulgau Oberschwaben Oktober 2022: Photos, Buchlektüren und Kindheitserinnerungen».

[6] Voir aussi « La fin du blog paysages sur les blogs LeMonde.fr – Das Ende des Blog « paysages » auf den Blogs von Le Monde.fr » et « Ein persönlicher Rückblick auf sechzig Jahre Élysée-Vertrag ».

[7] Voir aussi « Fukushima pays de neige – Souvenirs du Vendredi 11 Mars 2011 ».

[8] Voir aussi le article tres instructive du Decodeurs du Monde « Le nuage radioactif de Tchernobyl qui s’est arrêté aux frontières de la France : itinéraire d’un mythe qui hante l’imaginaire national », par William Audureau, Le Monde, 27. Avril 2026.

[9] Voir : « Hantavirus : de nombreuses inconnues autour d’un événement sanitaire « inédit et inquiétant » ; l’OMS veut rassurer sur le risque pandémique. La souche des Andes, transmissible entre humains par des gouttelettes de salive, a été déterminée, mercredi, par séquençage chez trois malades ayant voyagé à bord du MV « Hondius », qui doit accoster dans les jours qui viennent aux Canaries. Le point sur les principales questions posées par ce foyer épidémique. Par Par Delphine Roucaute. Le Monde, 06.05.2026. »

Das Echo der Tams -Tams im Bergwald von Man – Erinnerungen an Rainer Frank

Ende März erfuhr ich von einem Studienkollegen von der Krebskrankheit und dem frühen Tod von meinem Kommilitonen Rainer Frank (Geb. 18.11.1964 in Mannheim, Verst. 15.3.2026 in Bad Dürkheim). Ich schloss die Augen und dachte an unsere gemeinsame Studienzeit am Geographischen Institut der Universität Mannheim[1], welches bei uns damals einfach das G.I.[2] hieß. Einen Großteil der Lehrveranstaltungen besuchten wir gemeinsam. Danach schrieb ich das nach dem Fließtext folgende Gedicht in Erinnerung an ihn. Die gemeinsame Fahrt mit Dieter Anhuf in die Elfenbeinküste Ende der 1980 Jahre in die Bergwälder von Man, in den Pays de Dan, hatte uns alle, die wir dabei waren fürs Leben geprägt. Die Messkampagne auf dem Mont Tonkui, unser gemeinsamer Aufenthalt im  „Centre Béthanie du Diocèse de Man“, das bleibt unvergessen. Darum geht es auch in dem beiliegenden in Erinnerung an Rainer verfasstem Gedicht.

Ich erinnere mich noch genau an die erste gemeinsame Lehrveranstaltung im WS 1986/87. Einführungskurs A bei Dr. Eberhardt Hasenfratz. Rainer war handwerklich sehr geschickt und konnte auch wunderbar mit dem Rapidographen umgehen. Damals wurde ja in der kartographischen Universitätslehre noch mit Tusche gezeichnet, – in Mannheim mit den Tuschezeichenstiften der Firma Rotring namens „Rapidographen“. Viele Jahre später machte Rainer sich ja als freiberuflicher Kartograph und Werbedesigner selbstständig und gründete die Firma „der Plan“ in Mannheim. Während meiner Assistentenzeit am G.I. war Rainer dann zum regelrechten „Faktotum“ des Institutes geworden. Er war in der Fachbibliothek des GI  als wissenschaftliche Hilfskraft tätig, zeitweilig war er auch Assistent von Frau Professor Dörrer gewesen. Irgendwo war er immer in den Räumen des GIs anzutreffen. Immer hilfsbereit, freundlich mit seinem breiten Lachen. Rainer gehörte zu diesen wissenschaftlichen Mitarbeitern, die oftmals mehr im Hintergrund wirken, aber ohne die ein geregelter universitärer Institutsbetrieb unmöglich wäre.

Irgendwann im Laufe der 2010er Jahre hat Rainer dann begonnen die Adventstreffen unserer Abschlussjahrgänge (ca. 1990 – 1995) des G.I. Mannheimes zu organisieren. Immer an einem Freitagabend im Advent. Wir waren ja nicht viele, die da in Mannheim Geographie auf Diplom studierten. Das galt ja auch damals Ende der 1980 Jahre als brotlose Kunst. Aber wir haben alle unseren Weg irgendwie gefunden. So wie Rainer. 

Jedes Mal wenn die Emaileinladung  von „der Plan“ aus Mannheim bei mir eintraf, dachte ich oh – es ist schon wieder Adventszeit und ich bin auch schon wieder ein Jahr älter geworden. Das letzte Adventstreffen fand  im Dezember 2025 im Uhland in der Neckarstadt statt. Ich habe nie zu diesen „Jahrgangstreffen“ dazu gefunden, obwohl ich immer eingeladen war. Aber da fing ich schon an unter der „Karlsruhependelei“ zu leiden. Freitagsabends nach einem langen Arbeitstag am KIT in Karlsruhe noch nach Mannheim zu fahren da fehlte mir einfach die Kraft. Jetzt wo ich diese Zeilen niederschreibe bereue ich es sehr, nie zu diesen von Rainer organisierten Adventstreffen hin gefahren zu sein. Ohne Rainer hätte es diese Adventstreffen der „Absolventen“ der Abschlussjahrgänge 1990 – 1995 des Geographischen Institutes der Universität Mannheim so nie gegeben. So lebte auch das schon längst geschlossene geographische Institut gedanklich in den Erinnerungen weiter fort!

Rainer habe ich zuletzt mit seiner Familie gesehen, als vor ein paar Jahren  ein gemeinsamer Studienfreund ein ganzes Kino für einen runden Geburtstag gemietet hatte. Danach hatten wir hin und wieder email-Kontakt. Als ich für einige Zeit „Kartographie“ am KIT zu lehren hatte, hatte mir Rainer Lehrmaterialien zur Verfügung gestellt und sie mir nach Karlsruhe geschickt.

Rainer war in gewisser Weise auch einer letzten deutschsprachigen  „geographe-explorateur“ oder „géographe-baroudeur“, wie man sie heute wohl kaum noch findet[3]. Und wie sie auch nicht mehr an deutschen Universitäten ausgebildet werden. So wie wir damals Geographie studiert haben kann man heute in Deutschland nicht mehr Geographie studieren. Kein „Ritt“ ins Gelände war Rainer zu anstrengend. Keine Reise zu weit. Keine Nacht zu Dunkel!

Sein breites Lachen, sein unverwechselbarer Mannemer Dialekt, – denn Rainer war auch ein waschechter „Mannemer Bub“ von der Rheinau  – wird mir immer in Erinnerung bleiben.

So wie das Echo der Tams -Tams im Bergwald von Man wenn wir nachts den Geräuschen des Waldes lauschten[4].

Für Rainer – die Tams-Tams schlagen für dich im Bergwald von Man

Dans la brousse

Les tams-tams

chantent

Sie trommeln für Dich

Nachts

In den Bergen von Man

Im Maquis

trinken wir zum Trommelschlag

„Une flac“

und einen Bourbon dazu

die Savanne brennt

wie jedes Jahr

und die Elephanten sind auch noch da

im Taxibrousse wird für Dich getanzt

« bienvenue à Bamako »

dröhnt es aus dem Autoradio

in den Montagnes de Man

wo du immer weiterlebst

mit dem Trommelschlag

der Tam-Tam

als „géographe-baroudeur“

der aus der Kurpfalz kam

um die Waldgeister zu entdecken

in der Bethanie in den Bergwäldern von Man

Christophe Neff, Grünstadt März/April 2026


[1] Der Geschichte des in den 2000 Jahren geschlossenen Institutes für Geographie der Universität Mannheim ist das von Christoph Jentsch im Jahr 2009 verfasste Buch „Das Fach Geographie an der Mannheimer Hochschule 1907 bis 2006 „ gewidmet. Eine kleine Rezension des Buches findet man unter dem Titel „Das Fach Geographie an der Mannheimer Hochschule“ (auch als PDF in Kitopen/ DOI: 10.5445/IR/1000149398) in diesem Blog.

[2] G.I. bzw. G.I. Mannheim, also Geographisches Institut der Universität Mannheim.

[3] Vgl. hierzu auch « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati » »

[4] Tam – Tam, frankoafrikanische Bezeichnung für die afrikanische Buschtrommel,- hier sind die Tam -Tam du Pays de Dan in der Côte d’Ivoire gemeint. Zur Bedeutung der  Tam-Tam du Pays de Dan gibt es auch einen interessanten Aufsatz von Yapi Thierry N’DOUFOU & Yvonne Sandrine AGBLI „LE TAM-TAM EN PAYS DAN : ENTRE FAITS CULTURELS ET RELIGIEUX“ (Collection Recherches & Regards d’Afrique Vol. 3 N. 7, 2024, Avril 2024, 304-344, ISBN 978-2- 493659-12-5)

Randbemerkungen zur Osterwoche 2026: Texte, Beobachtungen und Erinnerungen

Tagesanbruch, Grünstadt Ostersonntagmorgen, © Christophe Neff, 12.04.2026

Die Osterwoche ist im deutschen Sprachgebrauch die Woche zwischen Ostersonntag und dem Weißen Sonntag (Domenica in albis). In der römisch-katholischen Kirche wird dieser Zeitraum auch als Osteroktav bezeichnet.

Seit Jahren schon, soweit ich die Osterwoche in Grünstadt verbringe, besuche ich die ökumenische Auferstehungsfeier auf dem Grünstadter Friedhof[1]. Der Ostersonntag ist immerhin der höchste Feiertag im Christentum, und irgendwie fühle ich mich diesem Glauben immer noch verbunden.

In diesem Sinne war die vom evangelischen Pfarrer Funke und der katholischen Gemeindereferentin Frau Gottschalk gestaltete ökumenische Auferstehungsfeier für mich bestimmt einer der Höhepunkte dieser Osterwoche! Frau Gottschalk überraschte die Gläubigen mit einer erfrischenden Predigt. Und Pfarrer Funke brachte es fertig, in seine Auferstehungspredigt über Maria, Maria von Magdala, Myriam, Mariam, zur Bewegung „Frau, Leben, Freiheit“ im Iran zu gelangen. Im Gegensatz zum Ostersonntag 2025 konnte man keinen Kuckuck hören. Dafür krähte immer wieder ein Hahn aus der Nachbarschaft, der mich mit Vehemenz daran erinnerte, dass ich in diesem Jahr während der Karwoche nicht einmal in die Bibel geschaut und die Passionsgeschichte wieder neu gelesen habe. In diesem Jahr gab es auch dann viele Gläubige, die an der Auferstehungsfeier teilnahmen. Soweit meine Erinnerung nicht trügt, habe ich noch nie so viele Menschen am frühen Ostersonntagmorgen auf dem Grünstadter Friedhof gesehen.

Vor dem Weg auf den Grünstadter Friedhof hatte ich begonnen, die ersten Seiten des Buches „Cœur qui bat : hymne à la vie“ von Simone Morgenthaler zu lesen. Das ist tatsächlich eine Hymne an das Leben – mit sehr schönen Naturbeschreibungen, aus dem Elsass, aber auch den von mir so geliebten Garrigueslandschaften im französischen Midi begegnet man im Buch. Die Lektüre von „Cœur qui bat“ hat mich dann durch die Osterwoche begleitet. Ursprünglich hätte ich gern auch noch den „Zugwind“ von Iryna Fingerova zu Ende gelesen. Aber da gab es erhebliche Probleme mit dem Tolino. Die technischen Probleme, die es da gab, wären es bestimmt wert, in einem gesonderten Blogbeitrag dargestellt zu werden. Soweit möglich, kaufe ich ja neue Bücher nur als E-Pub. Allein schon aus Platzproblemen[2]. E-Pubs verbrauchen keine Regalmeter. Aber dafür kann es andere Probleme geben, wie ich diese Woche feststellte. Das Morgenthaler-Buch gibt es nicht als E-Pub. Soweit ich es überblicke, gibt es überhaupt keine E-Pub-Ausgaben der Morgenthaler-Werke. Ich hatte mir das Buch im letzten Dezember in der Librairie „À livre ouvert“ von Willy Hahn in Wissembourg gekauft[3]. Und so konnte ich das Buch, trotz Tolino-Problemen, in der Osterwoche lesen, weil es eben ein traditionelles Buch ist, welches kein Lesegerät zum „Lesen“ braucht. Das Buch ist übrigens, wie eine Recherche im Karlsruher Virtuellen Katalog (KVK)  ergab, in keiner deutschen Bibliothek (soweit über den KVK recherchierbar) nachgewiesen. Aber das gilt wohl für den Großteil des Werkes von Simone Morgenthaler. So ist etwa das Buch „Sur la route avec tante Jeanne“, über das ich im Sommer einen längeren Essay verfasste  – „Notice de lecture « Simone Morgenthaler : Sur la route avec Tante Jeanne »“ – , laut KVK in keiner deutschen Bibliothek vorhanden. Dieses Buch, das ich sowohl als autobiografischen Reisebericht als auch als Landeskunde des ländlichen Frankreichs bezeichnen würde – in dem das Elsass natürlich wegen der Herkunft der Verfasserin eine bedeutende Rolle spielt –, sollte eigentlich in Deutschland in jeder ernstzunehmenden Hochschulbibliothek zur Frankreichkunde bzw. Romanistik stehen.

Etwas besser sieht es bei Pierre Kretz dem Johann-Peter-Hebel-Preisträger von 2024 für aus. Aber auch hier sind längst nicht alle seine Werke in deutschen (Hochschul-)Bibliotheken vorhanden. Die schon mehrmals in diesem Blog getätigte Beobachtung, dass sich trotz aller Sonntagsreden der kulturelle Graben zwischen Frankreich und Deutschland wieder größer wird, scheint wohl ein fortschreitender, unaufhaltsamer Prozess zu sein[4]. Über den Hebel-Preisträger Pierre Kretz gibt es nicht einmal einen deutschsprachigen Wikipedia-Artikel, aber dafür einen solchen in der alemannischen Wikipedia. Es gibt natürlich auch hier und da ein paar „petites merveilles franco-allemandes“ wie z. B. der Blog von Nils Minkmar „Der siebte Tag“, der einem immer wieder einen deutschsprachigen Einblick in die französische Tagespolitik und das französische Kulturleben ermöglicht. Durch den Blogartikel „Die richtige Reform – No risk no fun/ Memoiren mal anders/100 Chansons/Die Diplomaten/ Rezepte im siebenten Tag von Minkmar habe ich beispielsweise das interessante Buch „La vie en Rose“ von Christoph Sator entdeckt. Und da wäre auch noch der Literaturblog „rentrée littéraire – Französische Literatur der Gegenwart“ von Kai Nonnenmacher, der einem die französische Literaturwelt in ihrer Vielfalt näherbringt.

Abschließend noch der Hinweis auf einen sehr einfühlsamen und aufschlussreichen Text aus der Tageszeitung „Le Monde“ über eine Fahrt mit der transsibirischen Eisenbahn in Zeiten des Ukrainekrieges von Leonid Stein: « À bord du Transsibérien, un voyage de 9 000 kilomètres au contact d’une Russie épuisée et de soldats à la dérive » („An Bord der Transsibirischen Eisenbahn – eine 9000 km lange Reise durch ein erschöpftes Russland und zerstörte Soldatenschicksale“). Wie übersetzt man wohl am besten „soldats à la dérive“ – wortwörtlich wohl eher „Soldaten in einer aussichtslosen Lage“ –, aber ich denke, dass „zerstörte Soldatenschicksale“ genauso passt, wenn nicht sogar besser ist. Beeindruckend sind auch die Bilder von Maria Turchenkova. Bei der Lektüre dieses wirklich lesenswerten Textes über Russland im Kriegszustand fragt man sich schon, wie so eine Reportage im Lande des Zaren Putin überhaupt möglich war. Wenn ich solche Texte lese, weiß ich, dass sich mein Abonnement bei der Tageszeitung „Le Monde“ immer noch lohnt. Übrigens sind auch die Texte von Elsa Conesa, die derzeit für „Le Monde“ aus Deutschland berichtet, durchaus lesenswert. Sie erlauben einen doppelten Einblick in das deutsch-französische Verhältnis, denn sie berichtet natürlich für die französische und frankophone Leserschaft. Zuletzt erschien eine sehr interessante Reportage von ihr über die Bedeutung der US-Streitkräfte für Ramstein, Kaiserslautern und die Westpfalz – „En Allemagne, malgré les tensions avec Trump sur l’OTAN, la ville de Ramstein reste attachée à sa base militaire américaine“. K-Town, also Kaiserslautern, das ist ja gerade um die Ecke von Grünstadt. Wobei K-Town von Grünstadt aus gesehen schon in einer anderen Welt liegt. Grünstadt scheint doch eher ein Satellit des Rhein-Neckar-Raumes, also Mannheim, und, soweit es die Arbeitswelt betrifft, natürlich auch Ludwigshafen.

Dann gab es natürlich in der Osterwoche auch noch die Abwahl von Viktor Orbán in Ungarn. Verbleibt die Hoffnung, dass sein gewählter Nachfolger Péter Magyar Ungarn die autoritären Strukturen des Orbán-Regimes beheben und das Land wieder in eine liberale Demokratie und einen Rechtsstaat verwandeln wird. Einfach wird das bestimmt nicht werden. Hierzu verweise ich auch auf den lesenswerten Artikel und Zeitzeugenbeitrag „In a joyful Budapest, with the populists routed, I saw the chance of an unprecedented transition“ von Timothy Garton Ash.

Zuletzt noch der Hinweis auf die Artemis-2-Mondmission. Diese Mondmission hatte mich schon beeindruckt, da ich ja als Kind einen Großteil der Apollo-Missionen im Fernseher mitverfolgt hatte. Apollo 17, das war die letzte mit dem Lunar Roving Vehicle. Das ist schon sehr, sehr lange her und dennoch ist es mir unvergesslich geblieben, auch wenn die Fernsehbilder nur „schwarz-weiß“ waren – da wir ja nur einen „Schwarzweiß-Fernseher“ hatten. Artemis 2, das ist auch sozusagen das letzte Leuchten am Firmament meines ursprünglich sehr positiven Amerikabildes. Soweit es aussieht, sind ja so gut wie alle meine „Vorausahnungen“ aus dem im Oktober 2024 geschriebenen Text „America, where are you going“ eingetreten. Ich hätte es mir anders gewünscht. Die Präsidentschaft von Donald Trump ist nicht nur für die USA eine Katastrophe, sondern auch ein Alptraum für den gesamten Planeten Erde. Wobei ich mir nicht hätte vorstellen können dass Trump irrlichternd und ohne jegliche geostrategische Analyse einen Krieg beginnen würde. Dieser Luftkrieg gegen den Iran, völlig unabhängig wie man diesen politisch bewertet,  weckt bei das Erinnerungen an das US-Desaster in Vietnam. Auch Vietnam habe ich als Kleinkind wahrgenommen.  Unvergessen auch das Schicksal der deutschen Malteserhelfer Monika Schwinn und Bernhard Diehl. Sie hatten das Glück die Vietconghaft zu überleben, andere nicht. So wie die Apollo-Mondlandung war auch der Vietnamkrieg omnipräsent in der Medienlandschaft der alten Bundesrepublik der 1970 Jahre.

Immerhin, und so kommen wir wieder zum Thema Kirche und Glauben zurück, gibt es einen mutigen Amerikaner namens Robert Francis Prevost – Papst Leo XIV. –, der sich nicht scheut, Trump heftig öffentlich zu kritisieren. Das wäre ja fast schon geeignet, mich mit der römisch-katholischen Kirche wieder zu versöhnen, denn ich stehe der Institution äußerst kritisch gegenüber – wobei ich niemals aus der Kirche ausgetreten bin und das vermutlich nie tun werde. Im gewissen Sinne bin ich wohl ein antiinstitutioneller Katholik, der hin und wieder auch einen katholischen Gottesdienst besucht. Beeindruckend war auch die Messe, die Papst Leo XIV. am 14.4.2026 in der Augustinusbasilika im algerischen Annaba hielt[5]. Seine auf Französisch mit deutlich amerikanischem Akzent gehaltene Predigt ist im frankophonen Afrika mit großer Aufmerksamkeit und Genugtuung aufgenommen worden. Mich erinnert die Afrikareise des Papstes an einen meiner eigenen Afrika-Aufenthalte Ende der 1980er Jahre, als ich einige Wochen im Centre Béthanie du Diocèse de Man im hyperombrophilen Regenwald in der Côte d‘Ivoire verbrachte. Es war vielleicht auf dieser Reise durch den westafrikanischen Regenwald, dass ich der katholischen Kirche wieder etwas näher kam.

Bibliographie (Bücher & Texte):

Conesa, Elsa (2026) : En Allemagne, malgré les tensions avec Trump sur l’OTAN, la ville de Ramstein reste attachée à sa base militaire américaine. Le Monde, 09 Avril 2026.

Fingerova,Iryna; Walosczyk, Jakob (Übers.) (2026) : Zugwind. Roman. Aus dem Ukrainischen von Jakob Walosczyk. Hamburg, 2026. Copyright © 2026 by Rowohlt Verlag GmbH, Hamburg. ISBN 978-3-644-02574-5

Garton Ash, Timothy (2026) : In a joyful Budapest, with the populists routed, I saw the chance of an unprecedented transition. The Guardian, Tuesday 14 April 2026. (Auch im Blog “History of the Present” von Timothy Garton Ash unter “In joyful Budapest, I see chance for a big change The landslide that swept away Viktor Orbán means Hungary might just pioneer an unprecedented post-populist transition. If successful, it would have implications everywhere from Poland to the US”., 15 april 2025 veröffentlicht.)

Morgenthaler, Simone (2023) ; Coeur qui bat : hymne à la vie. Strasbourg, 2023    © La Nuée Bleu / EBRA Editions 2023, ISBN 978-2-7165-0943-5

Morgenthaler, Simone (2023): Sur la route avec Tante Jeanne. © La Nuée Bleu/EBRA Éditions Strasbourg, 2024, ISBN 978-2-7165-0957-2

Sator, Christoph (2026) : La Vie en Rose. Frankreich in 100 Chansons. Köln, 2026, © Kiepenheuer & Witsch, Köln. ISBN 978-3-462-01060-2

Stein, Leonid ; Turchenkowa, Maria (2026): « A bord du Transsibérien » (1/2), Un voyage de 9 000 kilomètres au contact d’une Russie épuisée et de soldats à la dérive. Le Monde, 09 Avril 2026.

Stein, Leonid ; Turchenkowa, Maria (2026) : A bord du Transsibérien  (2/2). Dans le train qui file vers l’Extrême-Orient, entre Novossibirsk et Vladivostok, début janvier, la violence de la guerre en Ukraine est au cœur des conversations entre soldats en permission et passagers « ordinaires ». Le Monde, 10 avril 2026.

Photo © Christophe Neff, 12.04.2026

Christophe Neff, Grünstadt, im April 2026



[1] Siehe auch:  „Blognotiz 27.04.2025: Ostern 2025 „Mulier, quid ploras? – Frau warum weinst du ?“

[2] Vgl. « Une liseuse „Tolino“ pour délester ma bibliothèque ».

[3] Vgl. « Blognotice 29.12.2025: à travers le Bienwald – Noël 2025 – Driving home for Christmas »

[4] Vgl. „ Ein persönlicher Rückblick auf sechzig Jahre Élysée-Vertrag (Als PDF in KITopen auch unter DOI: 10.5445/IR/1000156439 verfügbar)“ und „La fin du blog paysages sur les blogs LeMonde.fr – Das Ende des Blog « paysages » auf den Blogs von Le Monde.fr“.

[5] Siehe auch « Messe présidée par le pape Léon XIV à la Basilique Saint-Augustin d’Annaba » im Youtube-Kanal von Le Jour du Seigneur (Radiovatican).

Blognotice 27.03.2026 : Un Mimosa en fleurs à Grünstadt annonce le printemps dans l’Unterhaardt

Mon Mimosa (Acacia dealbata) en fleurs , 21.03.2026, Grünstadt, © Christophe Neff, 21.03.2026

Le Mimosa (Acacia dealbata), que mes enfants m’ont rapporté du Midi de la France, est en fleurs[1]. Ils l’ont acheté dans les Pyrénées-Orientales, chez Villa-Verde à Pia, et l’ont ramené en voiture en Allemagne pendant l’été dernier. Comme je ne voyage presque plus à cause des diverses complications liées à la maladie de Mitterrand, ce Mimosa, qui enrichit ma petite collection de plantes méditerranéennes et exotiques (Arbousiers[2], Cistes, Palmiers, Oliviers, Sternbergia[3], Arbres de Judées[4], Yuzu[5] etc.), me rapproche un peu du « Sud » et du « Midi ».

J’avais déjà essayé de planter un Mimosa au début des années 2000, mais il a péri pendant l’hiver. Il faut dire qu’à peu près jusqu’en 2015, nous avions toujours eu des périodes de gel assez prononcées, avec parfois une semaine de températures comprises entre -10 et -12 °C, voire en dessous ! Mais depuis le fameux hiver de 2012, où la station météorologique de Grünstadt-Sausenheim a atteint -16,8 °C[6] — un hiver particulièrement rigoureux dans une grande partie de l’Europe, y compris dans le pourtour méditerranéen —, les choses ont changé. Ce fut l’hiver où une sorte de banquise s’est formée sur l’étang de Leucate et les bassins du port de Port Leucate, un événement historique que j’ai décrit dans le billet « Blognotice 12.2.2012 : la banquise bloque le port de Port Leucate ». Durant cet hiver 2012, particulièrement rude à Grünstadt[7], l’olivier que j’avais planté en 2009 (un cadeau d’anniversaire de ma famille en souvenir de la « villa l’olivette » de mes Grand-parents à Aubord dans le Gard[8] ) avait gelé, mais il a repris de souche le printemps suivant. Quelques années plus tard, en 2019, il a commencé à fleurir et à porter des olives. Voir mon olivier fleurir m’a incité à diriger un travail de recherche sur les oliviers dans la vallée supérieure du Rhin, avec des résultats assez intéressants. Malheureusement, nous n’avons jamais publié les résultats de cette recherche[9] !

Depuis, les choses se sont accélérées. J’ai récemment lu dans le Rheinpfalz qu’un vigneron près de Neustadt, à peine 30 km au sud de Grünstadt, s’essayait à l’oléiculture[10]. Et ce n’est pas le seul exemple d’oléiculture en Allemagne. Naturellement, on n’est jamais à l’abri d’un coup de froid, mais je pense que cela pourrait fonctionner. Notons que depuis 2013, les températures hivernales à la station de Grünstadt-Sausenheim ne sont jamais tombées en dessous de -12 °C. En écrivant ces lignes, je pense que je devrais publier mes données — disons que mes relevés d’oliviers dans la vallée supérieure du Rhin (Alsace, Palatinat et Pays de Bade) — dans une revue botanique ou ecologique. Ces données montrent bien que l’olivier devient un arbre d’ornement, entre Mayence, Mannheim, Strasbourg et Bâle. Il y a même des essais d’oléiculture ici et là dans cette région géographique longeant le Rhin supérieure. Cela Cela est sans doute lié au changement climatique et à la rareté des périodes de grand froid dans l’Oberrheingraben, car il est assez connu qu’en dessous de -16/-17 °C, l’olivier gèle définitivement. Ajoutons que entre temps depuis 2019 j’ai déjà planté d’autres oliviers dans notre jardin à Grünstadt.

Concernant mon Mimosa, nous verrons s’il survivra aux prochains hivers. Si les tendances de réchauffement climatique se confirment et que les périodes de grand froid diminuent de plus en plus, je pense que j’aurai de nouveau de jolis bouquets de fleurs de Mimosa lors des prochains printemps.

Naturellement, je sais bien que le Mimosa a tendance à devenir envahissant. En Suisse dans le sud du Tessin, il s’est déjà naturalisé[11]. Concernant l’Unterhaardt, je ne vois pas de grand risque. Les friches et les terrains abandonnés y sont quasi inexistants. Il y a une forte pression démographique ici, et en plus, la viticulture et l’agriculture se portent encore assez bien. Néanmoins, le risque zéro n’existe pas.

Pour finir, en écrivant ces lignes je pense un peu au livre de Guillaume Fried sur les plantes invasives. J’avais consacré un billet à la première édition sous le titre « Commentaire sur le Guide des plantes invasives de Guillaume Fried (20.4.2012) ». En 2017, une deuxième édition est parue. Je pense que ce livre mériterait une troisième édition révisée et augmentée, car il y a une telle dynamique dans ce domaine ! Dans ce contexte, j’attends aussi avec impatience une nouvelle édition augmentée et révisée de la « Flora Gallica » (Tison & Foucault 2014). Pour moi, c’est un outil indispensable, qui est également très utile pour le travail de terrain dans le Sud de l’Allemagne. On y trouve des espèces qui ne sont pas inclus dans les flores portatives allemandes comme p.ex. le « Schmeil – Fitschen » (Parolly & Rohwer 2024) . Notons par exemple une clé pour les « Bambous » du genre « Phyllostachys  » qu’ont trouve dans la Flora Gallica. Les « Phyllostachys » qui ont aussi tendance à se naturaliser dans la plaine du Rhin, et ceci, des deux côtés du Rhin  !

Et ce ne sont pas seulement les plantes qui voyagent. Durant l’été 2023, j’ai pu entendre le chant des cigales (Cicada orni) à Grünstadt-Sausenheim[12]. Même si cela reste pour l’instant une observation éphémère, on peut aussi trouver quelques exemples de chants de cigales signalés sur iNaturalist non loin de Grünstadt, dans les environs de Mannheim[13].

Nous verrons dans quelle mesure les changements climatiques, mais aussi les modes de plantes ornementales, vont modifier la flore ornementale et naturelle dans l’Unterhaardt et le reste de la plaine rhénane et ses collines avoisinantes. Dans ce contexte j’ai découvert il y a quelques temps un jeune Chêne vert subspontané dans un jardin extensivement entretenue pas loin de chez moi[14]. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que l’Unterhaardt, le Leiningerland et le Palatinat sont surnommés la « Toscane allemande[15] » ! Certains jardins entre les jardins entre Bad Dürkheim et Grünstadt sont déjà devenus une véritable vitrine de la flore méditerranéenne. Pour être précis, ce que les jardiniers, les paysagistes et les propriétaires de jardins désignent par « méditerranéen » ! En réalité c’est plutôt une flore d’ornement imaginaire, une tableau coloré de plantes & fleurs exotiques et méditerranéens !

Reste à savoir si mon Mimosa fleurira lors des prochains printemps !


Bibliographie :

  • Brosi, Samira (2020) : Gibt es in botanischen Gärten in Südwestdeutschland und angrenzenden Landschaftsräumen (Nordschweiz, Elsass) freistehende Ölbäume (Olea europaea), die den gesamten biologischen Entwicklungszyklus durchlaufen haben ? Bachelorarbeit Geographie (Bachelor of Education), Institut für Geographie und Geoökologie, Karlsruher Institut für Technologie (KIT).
  • Fried, Guillaume (2012) : Guide des plantes invasives. Paris, Éditions Belin, 272 p. ISBN 978-2-7011-5793-1.
  • Fried, Guillaume (2017) : Guide des plantes invasives. Nouvelle édition. Paris, Éditions Belin, 296 p. ISBN 978-2-410-00417-5.
  • Parolly, Gerald; Rohwer, Jens G. (Hg.) (2024) : Schmeil – Fitschen. Die Flora Deutschlands und angrenzender Länder. Ein Buch zum Bestimmen aller wildwachsenden und häufig kultivierten Gefäßpflanzen. 98., überarbeitete und erweiterte Auflage. 98. überarbeitete und erweiterte Auflage, © 2024, 1906 by Quelle & Meyer Wiebelsheim. ISBN 978-3-494-01943-7
  • Tison, Jean – Marc; Foucault, Bruno de (2014) : Flora Gallica. Flore de France. Societe botanique de France. Dessins de Francois Guiol. © Biotope Éditions, Mèze, 2014, ISBN 978-2-36662-012-2

Photo © Christophe Neff, 21.03.2026

Christophe Neff, Grünstadt, le 27.03.2026.


[1] Voir aussi « Observation inaturalist Acacia dealbata 342385118 »

[2] Voir aussi « Les premières neiges de l’hiver 2009/10 sont arrivées à Grünstadt » & « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati »

[3] Voir aussi « Blognotice 31.08.2025 : les Sternbergia lutea en fleurs, l’automne approche ».

[4] Voir aussi «  Blognotice 25.04.2015: premières floraisons d’Arbre de Judée à Grünstadt dans la Unterhaardt »

[5] Voir aussi « Blognotice 15.05.2022: Les Yuzus dans mon jardin »

[6] Voir le tableau „langjährige Mittelwerte Station Grünstadt – Sausenheim

[7] Cet hiver fut tellement rude que certains conduite d’eau à Grünstadt avait éclaté a cause du gel – ce qui causa entre autre la fermeture de la piscine communale de Grünstadt. Voir aussi « Blognotiz 5.2.2012 ».

[8] Voir aussi „Blognotice 01.04.2013 – billet de Week-end Pasqual“.

[9]  Brosi, Samira (2020) : Gibt es in botanischen Gärten in Südwestdeutschland und angrenzenden Landschaftsräumen (Nordschweiz, Elsass) freistehende Ölbäume (Olea europaea), die den gesamten biologischen Entwicklungszyklus durchlaufen haben ? Bachelorarbeit Geographie (Bachelor of Education), Institut für Geographie und Geoökologie, Karlsruher Institut für Technologie (KIT).

[10] Die Rheinpfalz (2026): „Winzer baut in der Pfalz Oliven an. Spanien ist weit weg vomHaardtrand. Und doch ist der Süden an einemverregneten Februar-Tag so nah wie er nur sein kann: Denn imNeustadter Weindorf Mußbach und im benachbarten Meckenheim wachsen zwischen den Rebzeilen Olivenbäume. Nicht zwei oder drei, sondern fast 2000“. Die Rheinpfalz Nr. 45, Montag 23 Februar 2026, Südwestdeutsche Zeitung. (Version electronique „Winzer baut jetzt in der Pfalz Oliven an“, Die Rheinpfalz, 22. Februar 2026).

[11] Voir aussi la « Fiche d’Acacia dealbata Link / Mimosa blanchâtre dans Infoflora.ch »

[12] Voir „Cigallengesang an der Unterhaardt – auch in Grünstadt gibt es wohl vereinzelt mediterrane Singzikaden zu hören“.

[13] Voir «observation inaturalist 232055608 ».

[14] Voir «observation inaturalist 343961612 ».

[15] Voir aussi „Beginn des Hochsommers im Leiniger Land/ Début du plein été dans le Leininger Land“.

Le Piranga vermillon, un migrateur aux couleurs de feu, à Porto au Portugal

Piranga rubra par © José Nunes 22.02.2026 à Porto (Portugal)

Le matin du lundi 23 février 2026, je découvre sur mon mur Facebook une très belle photo d’un Piranga vermillon (Piranga rubra) à Porto, postée par José Nunes dans le groupe Aves de Portugal Continental 2.0. Facebook semble avoir découvert que je m’intéresse aussi à l’avifaune et me montre de temps en temps des images d’oiseaux. Comme je me considère également comme biogéographe, cela ne me paraît pas si étrange. Depuis l’épidémie de Covid-19, je note dans un tableau Excel tous les oiseaux que je parviens à identifier visuellement ou par leur chant autour de mon domicile à Grünstadt. Et si j’arrive à prendre une photo ou à enregistrer le chant des oiseaux, je dépose l’observation sur iNaturalist, comme récemment cette observation nocturne du chant de grues cendrées dans le ciel de Grünstadt[1].

Je suis vraiment fasciné par cette belle photo de Piranga rubra – et je me demande comment cette espèce américaine a finalement trouvé son chemin vers le Portugal[2] ? Fuite ou migration transatlantique ? Migration transatlantique – poussée par les tempêtes successives qui ont traversé l’Atlantique ces dernières semaines ? Ayant longtemps travaillé aux Açores – et n’ayant pas encore perdu l’espoir de revenir à Faial un jour, malgré toutes les complications liées à la maladie de Mitterrand –, je sais bien que l’Atlantique Nord est aussi une route de migration pour les plantes et les oiseaux[3]. D’ailleurs, mes collègues José María Fernandez-Palacios et al, viennent de publier un article intéressant sur la Classification biogéographique de la Macaronésie[4].

L’observation de Piranga rubra à Porto par José Nunes et d’autres observateurs naturalistes est une découverte très importante au niveau de la biogéographie européenne. Est-ce le début d’une colonisation du continent européen par Piranga rubra, ou cette observation témoigne-t-elle plutôt d’un événement éphémère ? À suivre !

Au-delà de toutes ces considérations scientifiques, la photo publiée par José Nunes est tout simplement une très belle photo. Elle me rappelle que « observer » et « écouter » la nature sans but précis me réjouit tout simplement.

Comme le disait un de mes enfants pendant la période de confinement du Covid : « Papa ne souffre pas trop du confinement, car il vit avec ses livres, parle aux fleurs, aux arbres et aux oiseaux – et donc, pas de grand changement pour lui pendant ce « shut-down » »[5].

Pour finir, je publie une capture d’écran de la photo de José Nunes – j’ai demandé son accord sur Facebook, et j’interprète son bouton « J’aime » comme une autorisation !

J’avais pensé à écrire un billet bilingue – français-portugais –, mais j’ai laissé tomber. J’ai bien appris le portugais il y a quarante ans à l’université de Mannheim[6], mais sans l’aide de DeepL ou d’une autre IA, je n’aurais jamais pu traduire mon propre texte en un temps raisonnable. Je lis convenablement le portugais, et après quelques jours d’acclimatation dans un pays lusophone, je peux aussi le parler sans trop de problèmes !

Les lecteurs portugais, sans connaissance du français, pourront naturellement se faire traduire le texte par DeepL ou un autre programme d’intelligence artificielle. Mes textes de blog sont tous écrits de ma main : ce sont mes idées et mes mots que je tape sur l’ordinateur. Le seul domaine où j’utilise l’IA, c’est la relecture – pour détecter les fautes d’orthographe ou de grammaire !

C’est ainsi que Le Chat de Mistral épargne à ma famille et à mes ami(e)s la corvée de corriger mes textes pour le blog paysages !

Photo :

Piranga rubra par © José Nunes 22.02.2026 à Porto (Portugal). « Sanhaço de fogo migrante. Piranga rubra. Porto. 22.02.2026   O ídolo do momento. (Sanhaço de fogo migrateur. Piranga rubra. Porto. 22.02.2026   L’idole du moment). » Publication orignale sur Facebook, Aves de Portugal Continental 2.

Bibliographie :

Fernández-Palacios, José María et al. : In defence of the entity of Macaronesia as a biogeographical region. Biol. Rev. (2024), 99, pp. 2060–2081. DOI : 10.1111/brv.13112

Christophe Neff, Grünstadt, le 25 février 2026


[1] Voir l’observation dans inaturalist inaturalist.org/observations/339616404

[2] On trouve aussi une observation de Pirangra rubra à Porta dans inaturalist faite par Luis Santos (inaturalist observations/339901873) du 23.02.2026.

[3] Voir aussi « “Capelo mon amour” – Fajã Grande, Flores, Capelo, Faial 1999 – 2023. 24 anos de investigação ecológica e geográfica nos Açores (Présentation orale archivée dans KITopen :  DOI: 10.5445/IR/10001627199) » et « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) » et « Neff, C. (2021). Observations de la dynamique végétale sur le Volcan des Capelinhos (Île de Faial, Açores, Portugal). Finisterra, 56 (117), 107–126. doi:10.18055/Finis18523.

[4] José María Fernández-Palacios et al. : In defence of the entity of Macaronesia as a biogeographical region. Biol. Rev. (2024), 99, pp. 2060–2081. DOI : 10.1111/brv.13112

[5] Voir aussi « Rétrospective sur le blog paysages en 2020 » et « Se ressourcer – auftanken, – über versteckte Orte in der Zeit vom 14. Juli 2022 – und andere Ferne und Nahe „Aufladestationen“ »

[6] Voir aussi « Le Cartographe des absences / O Mapeador de Ausências  – ou comment découvrir la géographie secrète des paysages de la Baía de Sofala avec le poète Diogo Santiago ».

L’année 2025 sur le blog paysages – une rétrospective/eine Rückschau auf das Jahr 2025 im Paysagesblog

© Christophe Neff, 03.10.2025,  Vue sur l’aurore et les éoliennes maritimes depuis la plage de Port-Leucate

Comme les années précédentes[1], je publie une petite rétrospective de l’année 2025 du blog paysages présentant les billets les plus lus durant l’année 2025. Les 10 articles les plus lus (ou les plus visitées ou les plus cliquées – qui sait ?) de l’année 2025 se retrouvent dans le Tableau 1. Dans le Tableau 2 on retrouve l’origine géographique des lecteurs de paysages.

À l’exception des deux billets sur les incendies de forêt (Personal perception of the 2025 August wildfire in the Corbières (Aude/Mediterranean France) et 1949 – l’incendie meurtrier dans la forêt des Landes), tous les autres articles reflètent mes lectures quotidiennes, parfois aussi des lectures plus anciennes.

L’article concernant l’incendie des Corbières en 2025, que j’ai écrit en anglais, décrit un feu de forêt que je considère comme historique, car sa dynamique rappelle beaucoup celle des incendies au Portugal. Avec les changements climatiques, mais aussi avec le phénomène de déprise agricole combiné à celui de « californisation », ce « nouveau type d’incendie de forêt » pose d’énormes défis pour la défense contre les incendies dans le Midi de la France et bien au-delà.

Dans ce contexte, je suis surpris de ne pas retrouver l’article « Mittwoch 02.07.2025: „Canicule“ Grünstadt – Sausenheim 16:00 Uhr » dans la liste des articles les plus lus du blog Paysages de l’année 2025. Je pense que l’Allemagne est encore beaucoup moins préparée aux défis posés par le changement climatique pour une société moderne que ne l’est la France.

Concernant les origines géographiques des lecteurs du blog Paysages :

  • environ 95 % des lecteurs proviennent d’Allemagne, des États-Unis et de France. Les lecteurs en provenance de France diminuent de plus en plus. Mais je pense que c’est aussi un phénomène normal. Je vis en Allemagne, j’y paie mes impôts, et en plus, les services médicaux allemands prennent en charge les soins liés aux conséquences et complications de la maladie de Mitterrand.

D’ailleurs, il y a exactement trente ans, le 8 janvier 1996, que François Mitterrand est décédé des suites de son cancer de la prostate. Je me souviens encore bien de la déclaration de « Jacques Chirac à la télévision après la mort de François Mitterrand ». Dans un certain sens, j’ai parfois le sentiment d’être l’un des derniers « mitterrandistes »[2]. Dans ce contexte, je note la sortie d’un nouveau livre sur Mitterrand : « François Mitterrand – Conversations intimes », écrit par Jean Glavany, dont la version ePub fait déjà partie de ma bibliothèque personelle. Dans ce contexte je salue la Tribune de Carole Delga « François Mitterrand ou cette voix de la France que l’on doit entendre de nouveau » publie aujourd’hui dans le Nouvel Obs.

Pour 2026, j’espère enfin surmonter les complications de la maladie de Mitterrand, reprendre mon travail d’enseignant-chercheur au KIT et, peut-être, voyager un peu ! Sur le plan politique, j’espère que les électeurs américains, lors des élections de mi-mandat le 3 novembre 2026, auront le courage de mettre un terme à la dérive autoritaire abyssale de l’administration Trump. Voir à quel point le « pays de la liberté » – « the land of the free » – se transforme de plus en plus en régime autoritaire est un véritable cauchemar !

« O say does that star-spangled banner yet wave
O’er the land of the free and the home of the brave? / Ô dites-moi, est-ce que la bannière étoilée flotte encore sur le pays de la liberté et la patrie des courageux
[3]»

Pour finir, la photo choisie pour ce billet de rétrospective du blog Paysages en 2025 montre la vue sur l’aurore et les éoliennes maritimes depuis la plage de Port-Leucate en octobre 2025 – une photo que j’ai déjà utilisée dans le billet du Nouvel An 2026. Elle illustre qu’en dépit de tous les inconvénients personnels, des problèmes de santé et des cauchemars politiques qui s’annoncent, je reste malgré tout optimiste pour le déroulement de 2026, au moins au niveau personnel !

Rang 2024Rang 2025Titre/Titel%
 1Schwäbisch – Französische Lesenotizen zu „Mein Schwaben“ von Vincent Klink2,322
432Poste restante : Alger  – pour ne pas oublier Boualem Sansal !1,591
 3Die „Vazvrachentsy“ im Roman Kolkhoze von Emmanuel Carrère2,322
 4Personal perception of the 2025 august wildfire in the Corbières (Aude/Mediterranean France)1,489
1351949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes1,447
456Wintersonnenwende 20241,317
 7Zum Welttag des Tagebuches am 12. Juni 20251,205
48Erinnerungen  und Gedankenfetzen zu Martin Walsers autobiographischem Roman „ein springender Brunnen“1,131
89Blognotice 18.08.2024: de retour à Grünstadt – et les martinets se sont déjà envolés vers le Sud1,036
210Encore une déception avec le Monde – La suppression du format PDF du journal numérique du Monde1,029
    

Tableau 1/Tabelle 1 : Les 10 articles les plus lus sur paysages en 2024/ Die 10 meistgelesenen Artikel im Paysagesblog im Jahre 2024

Rang 2024Rang 2025Pays/Land%
11Allemagne/Deutschland63,224
22USA26,647
33France/Frankreich5,999
114Autriche/Österreich0,520
75Canada/Kanada0,453
46Suisse/Schweiz0,372
57Tunisie/Tunesien0,246
87Belgique/Belgien0,246
208Suede/Schweden0,214
129Royaume-Uni/Vereinigtes Königreich0,165
910Pays-Bas/ Niederlande0,158

Tableau 2/Tabelle 2 : Provenance de géographique des lecteurs/lectrices  de paysages en 2024/ Geographische Herkunft der Leser/innen des paysagesblog in 2024

Wie in den vergangenen Jahren veröffentliche ich einen kleinen Jahresrückblick auf das Jahr 2025 im Paysages Blog[4], in dem die am häufigsten gelesenen Beiträge des Jahres 2025 vorgestellt werden. Die 10 meistgelesenen (meistbesuchten oder meistgeklickten – wer weiß das schon?) Artikel des Jahres 2024 finden Sie in Tabelle 1. Tabelle 2 zeigt die geografische Herkunft der Leser des paysagesblog. Mit Ausnahme der beiden Beiträge über Waldbrände (Personal perception of the 2025 august wildfire in the Corbières (Aude/Mediterranean France) & 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes) spiegeln alle Beiträge meine täglichen Lektüren und manchmal auch ältere Lektüren wider.

Der Artikel über den Brand in den Corbières im Jahr 2025, den ich auf Englisch verfasst habe, beschreibt einen Waldbrand, den ich als historisch betrachte, da seine Dynamik stark an die Brände in Portugal erinnert. Angesichts des Klimawandels, aber auch des Rückgangs der Landwirtschaft in Verbindung mit der „Californisierung” stellt diese „neue Art von Waldbrand” enorme Herausforderungen für den Brandschutz in Südfrankreich und weit darüber hinaus dar.

Vor diesem Hintergrund überrascht es mich, dass der Artikel „Mittwoch, 02.07.2025: „Hitzewelle“ Grünstadt – Sausenheim 16:00 Uhr“ nicht in der Liste der meistgelesenen Artikel des Blogs Paysages des Jahres 2025 zu finden ist. Ich glaube, dass Deutschland noch viel weniger auf die Herausforderungen vorbereitet ist, die der Klimawandel für eine moderne Gesellschaft mit sich bringt, als Frankreich.

Zur geografischen Herkunft der Leser des Blogs Paysages:

• Etwa 95 % der Leser kommen aus Deutschland, den Vereinigten Staaten und Frankreich. Die Zahl der Leser aus Frankreich nimmt immer mehr ab. Aber ich denke, das ist auch ein normales Phänomen. Ich lebe in Deutschland, zahle dort meine Steuern und außerdem übernimmt das deutsche Gesundheitssystem die Kosten für die Behandlung der Folgen und Komplikationen der Mitterandschen Krankheit.

Übrigens ist François Mitterrand vor genau dreißig Jahren, am 8. Januar 1996, an den Folgen seiner Prostatakrebserkrankung verstorben. Ich erinnere mich noch gut an die Erklärung von „Jacques Chirac im Fernsehen nach dem Tod von François Mitterrand“. In gewisser Weise habe ich manchmal das Gefühl, einer der letzten „Mitterrandisten” zu sein[5]. In diesem Zusammenhang möchte ich auf die Veröffentlichung eines neuen Buches über Mitterrand hinweisen: „François Mitterrand – Conversations intimes” (François Mitterrand – Intime Gespräche) von Jean Glavany, dessen ePub-Version bereits Teil meiner Privatbibliothek ist. In diesem Zusammenhang begrüße ich den heute im Nouvel Obs veröffentlichten Artikel von Carole Delga „François Mitterrand ou cette voix de la France que l’on doit entendre de nouveau”.

Für 2026 hoffe ich, endlich die Komplikationen der Mitterrand-Krankheit zu überwinden, meine Arbeit als akademischer Rat am KIT wieder aufzunehmen und vielleicht ein wenig zu reisen! Auf politischer Ebene hoffe ich, dass die amerikanischen Wähler bei den Zwischenwahlen am 03. November 2026, den Mut haben werden, dem abgrundtiefen autoritären Abdriften der Trump-Regierung ein Ende zu setzen. Zu sehen, wie sich das „Land der Freiheit” – „the land of the free” – immer mehr in ein autoritäres Regime verwandelt, ist ein wahrer Albtraum!

O say does that star-spangled banner yet wave – O’er the land of the free and the home of the brave? / Oh sagt mir, weht die sternenbesetzte Fahne noch über dem Land der Freiheit und der Heimat der Tapferen? [6]

Das für diesen Rückblick auf den Blog „Paysages en 2025“ ausgewählte Foto zeigt die Morgendämmerung und die Offshore-Windräder am Strand von Port-Leucate im Oktober 2025 – ein Foto, das ich bereits in meinen Neujahrwünschen 2026 verwendet habe. Es verdeutlicht, dass ich trotz aller persönlichen Nachteile, gesundheitlichen Probleme und politischen Alpträume, die sich abzeichnen, dennoch optimistisch für den Verlauf des Jahres 2026 bleibe, zumindest was den persönlichen Bereich betrifft !

Bibliographie:

Glavany, Jean (2026): François Mitterrand. Conversations intimes. Paris, Perrin. ISBN 978-2-262-11289-9

Photo : © Christophe Neff, 03.10.2025,  Vue sur l’aurore et les éoliennes maritimes depuis la plage de Port-Leucate

Christophe Neff, Grünstadt 08.01.2026


[1] Voir aussi „L’année 2024 sur le blog paysages – une rétrospective/eine Rückschau auf das Jahr 2024 im Paysagesblog

[2] Voir aussi „Mitterrand, un héritage qui s’efface à gauche. Trente ans après la mort de l’ancien président de la République, de moins en moins de cadres et de militants – à l’exception, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon – revendiquent une filiation. Olivier Pérou, Le Monde 08.01.2026 ».

[3] Extrait du premier verset de l’hymne national des Etats-Unis « The Star-Spangled Banner ».

[4] Siehe „aussi „L’année 2024 sur le blog paysages – une rétrospective/eine Rückschau auf das Jahr 2024 im Paysagesblog

[5] Siehe auch „Mitterrand, un héritage qui s’efface à gauche. Trente ans après la mort de l’ancien président de la République, de moins en moins de cadres et de militants – à l’exception, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon – revendiquent une filiation. Olivier Pérou, Le Monde 08.01.2026 

[6] Auszug  der ersten Strophe der Nationalhymne der Vereinigten Staaten von Amerike  « The Star-Spangled Banner ».

Blognotice 29.12.2025: à travers le Bienwald – Noël 2025 – Driving home for Christmas

Sebastian Rogler : Driving Home for Christmas  20.12.2025, Serie „expressgrün“, 70x100cm, Acryl auf Holz / Série « expressgrün », 70 x 100 cm, acrylique sur bois.

Nous traversons le Bienwald. Il fait nuit et, dans l’autoradio, nous écoutons une émission sur Hildegard Knef[1]. Nous ramenons encore des livres français vers l’Allemagne, que nous avons achetés dans la librairie « À livre ouvert » chez Willy Hahn. J’écris « nous » car c’est ma fille qui m’accompagne, car je ne peux pas conduire de longs trajets en voiture. Les complications de la « maladie de Mitterrand » ont beaucoup restreint mon rayon d’action en voiture : le Klinikum Worms, la gare de Frankenthal, c’est à peu près la distance que je peux parcourir seule en voiture.

À Wissembourg, nous avons aussi fait des courses « chez Rebert » et « à la Cloche aux fromages ». Avec livres, fromages, pâté en croûte et bûche de noël, nous rentrions donc en Allemagne. Chez « Willy Hahn », nous avons découvert des « weihnachtsbredele » offerts en cadeau. Cela éveille des souvenirs d’enfance : il y a très longtemps qu’on m’a offert des « weihnachtsbredele » dans un commerce. Il y a certainement plus de quarante ans, à Schramberg, peut-être même dans une librairie : la Buchhandlung Klaußner, située dans la Hauptstraße longeant la Schiltach. La Hauptstraße et l’Oberndorferstraße étaient décorées avec de vraies branches de sapin, quelques étoiles illuminées, quelques « Herrenhuter Sterne » qui brillaient à travers les branches de sapins enjambant les deux rues principales de Schramberg[2]. Et la neige, partout dans la Raumschaft Schramberg, dans toute la Forêt-Noire, un peu comme je l’ai aussi décrit dans la notice  « Schramberg Janvier 2021 – pays de neige / Schramberg Januar 2021 – Schneeland »[3].

Je me demande pourquoi tant de traditions de Noël que j’avais connues dans cette partie du sud de l’Allemagne, la Forêt-Noire et l’Oberschwaben — qui fut, durant mon enfance, encore très imprégnée de catholicisme —, mais qui, de nos jours, se perdent de plus en plus, englouties dans la commercialisation de l’Avent et des fêtes de Noël, semblent survivre comme dans un refuge ici et là, en Alsace. À La Petite-Pierre, on trouve même un « Musée du Springerle ». Les « springerle » de mon enfance, c’étaient ceux de « la Vroni », Veronika Neff de Saulgau, qui nous faisait de merveilleux « springerle » pour les fêtes de Noël.

Ayant grandi dans un environnement franco-allemand, Noël est aussi associé aux « bûches de Noël » et aux « galettes des Rois ». Nous emportons donc une « bûche de Noël » de chez Rebert pour les fêtes en Allemagne. Concernant les galettes des Rois, pendant vingt ans, début janvier, en rentrant du bureau au KIT, j’apportais des galettes des Rois de chez « Erbs » à Lauterbourg pour mes enfants, afin de forger les liens gastronomiques avec la France. C’est avec le Covid et l’application du « home-office » que les « galettes des Rois » ont cessé de trouver le chemin de Lauterbourg vers Grünstadt.

Et tout à coup, à la radio, nous apprenons la mort de Chris Rea. Je pense à sa chanson « Driving Home for Christmas ». Je rentre donc en Allemagne, après avoir passé quelques heures en France dans la capitale d’Outre-Forêt, Wissembourg, avec mes souvenirs de Noël d’une enfance franco-allemande des années 1960 et 1970.

La chanson « Driving Home for Christmas » — sortie en 1986, deux ans après mon bac, mon service militaire, mes stages d’élève officier de réserve — fait depuis partie de mon paysage sonore des fêtes de Noël, au même titre que « La Marche des Rois », « Stille Nacht, heilige Nacht », « O Tannenbaum » ou « Es kommt ein Schiff, geladen ».

Je pense aussi à mes camarades de classe du baccalauréat, celui qu’on avait passé ensemble au Gymnasium Schramberg, en 1984. À mon camarade Mark Finnern, surtout — lui qui, depuis des années, organise les Abitreffen de notre promotion. Driving home for Christmas, c’est aussi cela : retourner en Forêt-Noire, à Schramberg. Retourner pour les Abitreffen, ceux que Mark Finnern continue d’organiser avec constance. Mark Finnern, devenu au fil des années l’un des rares spécialistes de l’intelligence artificielle dans la région de la Forêt-Noire en Allemagne. Là-bas, il anime des ateliers et des rencontres pour promouvoir l’usage concret de l’IA, loin des clichés technophiles.

Au début, nos retrouvailles se faisaient toujours autour de Noël. On revenait du service militaire, des études … On retrouvait la famille, les parents. Mais tout cela a changé. Une grande partie d’entre nous s’est éloignée de Schramberg. On a fondé des familles, on a eu des enfants. Le Home, la Heimat, ce n’est plus vraiment Schramberg, désormais. Schramberg, ce sont les souvenirs des paysages de notre jeunesse. Les premiers amours, les chagrins d’amour. Le bac. Noël en famille. La neige et les sapins, la Fasnet et surtout on était jeunes…

J’avais, au cours de ma carrière académique, donné des cours sur les origines ethnobotaniques de l’arbre de Noël, dont les racines se retrouvent aussi en Alsace. J’avais même collecté du matériel pour y écrire un article ethnobotanique ou même un livre sur les origines et l’ethnobotanique de l’arbre de Noël. Mais à part quelques feuilles de manuscrit perdues, tout cela est resté au stade de projet.

Le soir même, de retour à Grünstadt, je feuillette mes livres achetés dans la librairie « À livre ouvert », dont « Géographies, un dictionnaire », et je me demande si ce récit de souvenirs d’enfance, ces éléments de coutumes de Noël franco-allemandes, correspondent bien à la définition d‘ « écritures géographiques» , chapitre écrit par Isabelle Lefort dans ce dictionnaire. Apparemment, oui. Je me permets de citer les deux dernières phrases : «Comprendre et reconnaître que toute géographie, et ce quels que soient les sas et les biais de ses écritures – formelle, littérale, mathématique, picturale, cinématographique, plastique, chorégraphique – génère, à chaque fois, des réalités géographiques fort différentes, et ce y compris à propos d’un même réel. Les modes d’expression et les modalités scripturales produisant évidemment des performativités à chaque fois particulières, les réalités géographiques ne sauraient exister sans leurs écritures.  (Lefort, Isabelle, 2025, p.171) ».

Je dirais même qu’une grande partie des articles du blog « paysages » pourrait se retrouver dans la catégorie des « écritures géographiques ».

Quelques jours après avoir fixé une première ébauche de mémoire de cette traversée du « Bienwald » du soir du lundi 22 décembre 2025, je découvre dans « Le Monde » qu’un historien, Anton Serdeczny, vient de publier un livre sur la tradition de la bûche de Noël : « La Bûche et le gras. Une anthropologie historique de la magie de Noël [4].

« Driving Home for Christmas » est aussi le titre d’un tableau de l’artiste Sebastian Rogler, qui travaille entre Berlin et Tübingen. Cette œuvre me plaît tellement que je l’ai choisie comme image d’ouverture pour cette notice de blog.

Tableau:

Sebastian Rogler : Driving Home for Christmas  20.12.2025, Serie „expressgrün“, 70x100cm, Acryl auf Holz / Série « expressgrün », 70 x 100 cm, acrylique sur bois.

Bibliographie :

Collectiv GéoXXI (Coordination) (2025) : Géographies un dictionnaire. Coordonée par le Collectif GéoXXI. 633 pages. Paris, 2025, © 2025, CNRS Éditions, Paris            , ISBN 978-2-271-15540-5.  

Lefort, Isabelle (2025) : Écritures géographiques (geographique writing). In : Collectiv GéoXXI (Coordination) (2025) : Géographies un dictionnaire. Coordonée par le Collectif GéoXXI. 633 pages. Paris, 2025, © 2025, CNRS Éditions, Paris            , ISBN 978-2-271-15540-5, pp. 169 – 171.  

Serdeczny, Anton (2025) : La bûche et le gras. Une anthropologie historique de la magie de Noël. Ceyzérieu : Champ Vallon. ISBN 979-10-267-1325-8

Christophe Neff, écrit pendant les fêtes de Noël, publié le 29.12.2025


[1] SWRKultur (22.12.2025): Forum „Ich will alles“ – 100 Jahre Hildegard Knef. Hildegard Knef war Schauspielerin, Sängerin, Schriftstellerin, Diva, Ikone, Weltstar in Deutschland. Was bleibt von ihr mehr als 20 Jahre nach ihrem Tod?.

[2] On retrouve une image de la décoration de  Noël à Schramberg durant les années 1970 ici sur une page Facebook de la ville de Schramberg. La Hauptstrasse (rue principale)  n’était pas encore transformée en zone zone piétonnière. A part la décoration de Noël on remarque les voitures des 1970.

[3] On retrouve un très belle collection de photographies d’hiver (collection Wilhelm Weiß) ici sur une page Facebook des Archives Municipales de la Ville de Schramberg.

[4] Voir « Anton Serdeczny, anthropologue : « La magie de Noël correspond à un moment d’ouverture entre le monde des morts et celui des vivants »Dans une fascinante enquête sur la bûche de Noël, l’historien a développé une approche novatrice de la dimension magique attribuée depuis des millénaires à la nuit du 24 décembre, sur laquelle il revient dans un entretien au « Monde des religions ». Le Monde 24.12.2025 ».

Lesenotizen zum Buch „Vom Bosporus zum Nesenbach – und zurück?“ von Ergun Can

Und wieder gibt es einen Neuzugang in der Schramberg-Abteilung meiner kleinen Privatbibliothek: ein kleines Büchlein, das den Titel „Vom Bosporus zum Nesenbach. Und zurück? Die Geschichte einer erfolgreichen Integration“ trägt. Es ist die Autobiographie des Diplom-Ingenieurs und Maskenschnitzers Ergun Can. Auch wenn es der Titel nicht vermuten lässt, handelt ein Großteil des Buches von Schramberg, denn der Verfasser verbrachte einen großen Teil seiner Kindheit und Jugendjahre in Schramberg im Schwarzwald. Das Buch legt Zeugnis ab über die erfolgreiche Integration eines sogenannten „Gastarbeiterkindes“ in die deutsche Nachkriegsgesellschaft.

Beim Lesen des Buches fragte ich mich immer wieder, warum man bisher keine Kritiken in den Feuilletons unserer überregionalen Tageszeitungen zu diesem Buch findet. Schließlich ist die Integrationsfrage eine der zentralen Fragen unserer heutigen Gesellschaft. Doch auch in der regionalen Presselandschaft Baden-Württembergs konnte ich keinerlei Rezensionen zu Ergun Cans Buch entdecken. Trotz aller Widrigkeiten und Widerstände hat es Ergun Can mit viel Fleiß und Hingabe geschafft, nicht nur Teil dieser deutschen Gesellschaft zu werden, ohne seine eigene Identität zu verleugnen, sondern durchaus auch als Vorbild zu dienen. Und fürwahr war dieser Weg nicht immer einfach für ihn. Darüber legt sein Buch ebenfalls Zeugnis ab.

Ich teile eine Gemeinsamkeit mit Ergun Can: Wie Can verbrachte ich große Teile meiner Kindheit und Jugendzeit in Schramberg. Das Buch erlaubt es einem, das Schramberg der 1960er und 1970er Jahre aus einem neuen, anderen und doch so bekannten Blickwinkel wieder neu zu entdecken. Ergun Can lernte bei Siegfried Schaub, dem Vater eines Klassenkameraden, das Maskenschnitzen. Inzwischen sind die Fasnetsmasken von Ergun Can Ausstellungstücke und Gegenstand wissenschaftlicher Abhandlungen (siehe u.a. Lixfeld 2024). Aber auch viele andere Namen aus Ergun Cans Schramberger Zeit sind für mich nicht unbekannt.

Natürlich geht es im Buch nicht nur um Integration, Schramberg und Fasnetsmasken, sondern auch um das langjährige Wirken von Ergun Can in der SPD. In diesem Sinne findet man im Buch von Ergun Can auch „Innenansichten“ zur Parteigeschichte der SPD des „Südweststaates“.

Ich habe das Buch gern gelesen. Besonders gefallen hat mir die Erwähnung des Ehepaars Otto und Inge Schütz und ihrer Kinder auf Seite 21. Wer erinnert sich in Schramberg noch an den Bankdirektor Schütz und seine Familie? Wie Ergun Can verbrachte ich einen Teil meiner Jugend mit den Kindern des Ehepaares Schütz, vor allem mit Thomas. Wobei das natürlich später war – da wohnten die Schützens, wie meine Eltern auch, oben auf dem „Sulgen“ im Lärchenweg. Die Familie Schütz war wirklich eine sehr weltoffene und gastfreundliche Familie.

Und dann gibt es noch etwas ganz Besonderes, das ich mit Ergun Can teile nämlich das Bekenntnis zum Schwäbischen[1]: Immer, wenn man mich fragt, woher ich komme, sage ich: aus Schramberg im Schwarzwald – dort, wo man inmitten von Schwarzwaldtannen immer noch echtes „Schwäbisch“ schwäzt[2].

Bibliographie

Can, Ergun (2025): Vom Bosporus zum Nesenbach. Und zurück? Die Geschichte einer erfolgreichen Integration. © 2025, R.G. Fischer Verlag Frankfurt am Main, ISBN 978-3-8301-9394-4

Frommer, Heike: „Gabel – çatal, Brot – ekmek, Teller – tabak.“ Familiensaga Can. In: Frommer, Heike/Mohn, Brigitte (Hg.): Zwischen zwei Welten. Gastarbeiterinnen und Gastarbeiter in Schramberg. Begleitbuch zum Forschungs-, Ausstellungs- und Mitmachprojekt des Stadtmuseums Schrambergs und des JUKS in Kooperation mit dem Eine-Welt-Forum Schramberg (= Schriften des Stadtmuseums Schramberg 24). Schramberg 2011, S. 28–37.

Lixfeld, Gisela: Ergun Can als Maskenschnitzer, in Landesmuseum Württemberg (2024), (Hrsg.): feld & wege: 100 Jahre Forschung und Dokumentation – von der Volkskunde zur Alltagskultur, Heidelberg: arthistoricum.net, 2024, S. 146–151. https://doi.org/10.11588/arthistoricum.1405.c20020          

Kowalski, Rebecca (2023): Tradition im Wandel? Die Schramberger Fasnet. In: HISTORISCHER AUGENBLICK, Blog des Instituts für Geschichtsdidaktik der Universität Tübingen.

Christophe Neff, Grünstadt 13.10.2025


[1]Ich habe über sechzig Jahre wieder und wieder das Lob erhalten, dass ich gut Deutsch spreche, »aber woher kommen Sie denn?«. Da erwidere ich stets gelassen, dass ich nicht gut Deutsch, sondern Schwäbisch spreche und aus Schramberg käme (Can, Ergun, 2025, S. 79)“.

[2] Zur Bedeutung des Schwäbischen beim Verfasser dieses Textes siehe u.a. „Schwäbisch – Französische Lesenotizen zu „Mein Schwaben“ von Vincent Klink“ .

La Marsa, le TGM et mes souvenirs tunisiens de Claudia Cardinale

Je me réveille tôt ce matin, sous une pluie battante. Il fait encore nuit quand j’apprends, dans Le Monde : « Claudia Cardinale, égérie du cinéma italien, est morte à l’âge de 87 ans. » Une partie de mon univers cinématographique s’éteint avec elle, mais ses œuvres et sa vie resteront à jamais gravées dans ma mémoire.

Je repense aux bruits sourds des premières motrices glissant sur les rails encore humides de la rosée nocturne, celles du TGM quittant La Marsa-Gare[1] en direction de Carthage, La Goulette, Tunis… Le jour se lève, et l’appel à la prière du matin résonne sur La Marsa et ses environs.

 Durant mes années tunisiennes[2], on pouvait encore çà et là, dans la rue ou dans certains cafés entre Tunis et La Marsa, entendre des bribes de mots siciliens ou italiens noyés dans des phrases aux résonances franco-arabes[3]. Ce monde disparu, on en retrouve l’écho dans « Un été à La Goulette » de Férid Boughedir, où Claudia Cardinale incarne son propre rôle.

C’est aussi durant mes années tunisiennes que j’avais pu observer Férid Boughedir et son équipe tourner le téléfilm « Villa Jasmin » – car plusieurs scènes du film ont été tournées à l’hôtel Sidi Bou Saïd, à Sidi Dhrif, où je séjournais habituellement pendant mes séjours en Tunisie. En écrivant ces lignes, je me demande si le journal « Il Corriere di Tunisi » existe encore : pendant mes années tunisiennes, cette voix italienne en Tunisie était encore présente.

En dehors de cette « séquence tunisienne » et de mes souvenirs très personnels, j’ajouterais que, jeune enseignant-chercheur à l’université de Mannheim, je tenais un cours sur les paysages méditerranéens, avec un chapitre analysant le rôle du paysage dans le cinéma, plus particulièrement les paysages dans le néoréalisme italien et au-delà… Dans ce chapitre, je parlais aussi de Rocco et ses frères, du Guepard de Luchino Visconti, de Claudia Cardinale et d’Alain Delon. Mais au-delà, il me reste le souvenir inoubliable de ses rôles dans « Il était une fois dans l’Ouest », « Fitzcarraldo [4]», « Mayrig » et « 588, rue Paradis ». Comme par coïncidence, dans mon dernier billet dans paysages, en partie consacré à l’œuvre de Werner Herzog, je parle aussi de Fitzcarraldo – qui reste l’un de mes films préférés depuis plus de 40 ans.

Le Monde vient de republier le remarquable entretien que Annik Cojean avait mené avec Claudia Cardinale, en mai 2017 : « Claudia Cardinale au « Monde » : « Ce métier m’aura offert une foule de vies »», où l’actrice évoque entre autre sa jeunesse française en Tunisie : « Oui. Mes ancêtres avaient quitté la Sicile pour la Tunisie, alors protectorat français. Et mes parents, comme moi-même, avons donc été élevés dans la langue française. J’ai eu beaucoup de chance, car ils formaient un couple éternel… Ma langue maternelle est le français… »

Ce petit billet de blog met en lumière la couverture de son livre « Ma Tunisie », une évocation à la fois cinématographique et nostalgique d’un monde méditerranéen aujourd’hui disparu. Je le conclus avec cette citation, extraite de l’ouvrage : « Un été à La Goulette en 1995. Je joue mon propre rôle. Ce tournage n’était pas prévu : de passage à Tunis, j’avais croisé le réalisateur Férid Boughedir, qui me demanda de faire une apparition dans le film. Il m’a convaincue. À Carthage, où avait lieu le tournage, il m’a fait une magnifique surprise : il m’a dit d’aller sur le balcon… et j’ai découvert toute la population de la ville réunie pour m’applaudir. C’est un souvenir fantastique, et un cadeau unique ! » (Cardinale, Claudia, 2009, p. 85).

Bibliographie :

Cardinale, Claudia (2004) : Du Lycée de Tunis à Hollywood. In : Tselikas, Effy & Hayoun, Lina (Eds.) : Les lycées français du soleil. Creusets cosmopolites du Maroc, de l’Algerie et de la Tunisie. Paris, les Éditions Autrement, ISBN 2-7467-0435-8, p. 201 – 207.

Cardinale, Claudia (2009) : Ma Tunisie. Boulogne sur Mer, 2009, Timée Éditions. ISBN 978-2-35401-082-9

Christophe Neff, écrit et publié à Grünstadt 24 Septembre 2025


[1] Gare aujourd’hui dénomme « La Marsa Plage »

[2] Voir aussi « Les belles de Tunis sont en deuil » et « Impressions du « Deuxième Symposium International de l’AGT : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie » et naturellement « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir (PDF du Texte dans KITopen, DOI: 10.5445/IR/1000162896

[3] Cela ressemblait un peu a la  « chakchouka » de langues dont nous parle Claudia Cardinale dans le Chapitre « Du Lycée de Tunis à Hollywood » dans le livre les lycées français du soleil : « A` la maison,  nous parlions en français en mélangeant des mots d’arabe, d’hébreu, de sicilien une véritable chakchouka (Cardinal, C. 2004, p. 203)»

[4] Dans la nécrologie de Claudia Cardinale de Georg Seeßlen  « Sie war die Göttin der Zukunft  – Die Filme „Der Leopard“ und „Spiel mir das Lied vom Tod“ machten Claudia Cardinale unsterblich. Für Italien bedeutete die Schauspielerin aber noch viel mehr. Ein Nachruf» dans l’hebdomadaire allemand die Zeit les conditions de tournage difficile de Fitzcarraldo sont évoquées. Voir aussi la nécrologie de Christian Buß dans le Spiegel « Zum Tod von Claudia Cardinale Die größte Überlebenskünstlerin des europäischen Kinos In ihren Filmen erzählte sie von der Gewalt und der Ökonomie, denen der weibliche Körper ausgesetzt ist. Die Geschichte von Claudia Cardinale ist eine des Willens, der Würde und des Widerstands. »