Souvenirs d’une soirée de samedi passé devant le petit écran : Au cœur des volcans, requiem pour Katia et Maurice Krafft, documentaire de Werner Herzog

Capture d’ecran de Arte.fr « Au cœur des volcans Requiem pour Katia et Maurice Krafft »

Regardant que très très rarement la télévision, – j’ai passé la soirée d’hier à regarder la soirée spéciale de Arte dédiée aux volcans «Les volcans – Mystérieuses forces de la nature »   – d’abord  « Le volcan de La Palma- La vie après l’éruption » de Marcus Lenz et après l’hommage de Werner Herzog pour Katia et Maurice Krafft « Au cœur des volcans Requiem pour Katia et Maurice Krafft[1] ». J’avais découvert le film de Herzog et la soirée « volcan » grâce à la critique de Thomas Sotinel « A voir sur Arte et Netflix : la fascination de Werner Herzog pour le feu sacré de Katia et Maurice Krafft » dans le Monde.

Capture d’ecran de Arte.de « Die innere Glut »

J’ai vu la version allemande sur Arte.de avec les commentaires de Werner Herzog en allemand, – et j’étais vraiment ébloui par la poésie du film, – poésie du mythe de Katia et Maurice Kraft – poésie des paysages volcaniques – et aussi par la voix de Werner Herzog.  Thomas Sotinel ne s’est pas trompé en écrivant  les phrases suivantes dans sa critique du film « Il remonte leurs images – les éruptions, mais aussi la désolation que les volcans répandent parmi les hommes – pour composer un poème qui laisse entière l’énigme que pose aux gens ordinaires le destin des vulcanologues alsaciens. »

Personnellement la poésie du film me rappelle le petit livre de Herzog « vom Gehen im Eis » – récit d’un voyage d’invitation de Herzog de Munich à Paris – à traves les paysages automnales & hivernales entre Munich et Paris en 1974. Au-delà naturellement il y a ma fascination personnelle pour les Krafft et les volcans.

Mes grand parents m’avait offert, si je me souviens bien le livre de Katia Conrad & Maurice Krafft  «Volcans et tremblements de terre »  pour ma réussite aux « Probearbeiten/Aufnahmeprüfungen » car dans le Baden Württemberg des années 1970 il fallait passer à l’âge de dix ans (après la Grundschule) un examen spéciale aussi dénommée « kleines Abitur  (petit bac) » pour accéder au lycée. En fait, cet examen qui a disparu du paysage scolaire du Baden Württemberg était un reliquat du fameux  « Landesexamen » de l’ancien « Wurrtemberg » –  immortalisé par Hermann Hesse dans son livre « Unterm Rad (L’Ornière). Donc après avoir passé cet examen j’avais le droit de passer au Gymnasium Schramberg, dans lequel j’ai donc eu mon « Abitur » en 1984.

Le livre des Krafft que j’ai lu et relu pendant ma jeunesse, – m’avait fortement marque – et le livre se trouve encore dans ma bibliothèque personnelle. Le livre est d’ailleurs aussi une rareté bibliographique, car il s’agit encore de la première édition, dans laquelle Katia était encore mentionnée comme autrice en utilisant son nom de fille, Katia Conrad.

La lecture du livre des époux Krafft a certainement contribué à mon intérêt pour les paysages de terres volcaniques, – une partie de mes travaux de terrains pour ma thèse de doctorat, je les ai faits sur le flanc du Stromboli, – et je travaille depuis plus de vingt ans sur le Capelinhos aux Açores[2] – et d’ailleurs il y a juste deux semaines j’ai présenté mes travaux sur le Capelinhos sur île de Faial pendant la conférence Floramac2022 à San Sebastían de la Gomera[3]. Dans ce sens l’Hommage inoubliable de Werner Herzog pour  Katja et Maurice Krafft ma fortement touché – et j’espère qu’on pourra retrouver le Film en DVD.

Livres citées :

Conrad, Katia; Krafft, Maurice, Krafft; Haas, Roland (1974): Volcans et tremblements de terre. Katia Conrad; Maurice Krafft, Roland Haas de l’équipe Vulcain. Préface de Jean Orcel. Paris, Éditions des Deux Coqs d’Or.

Herzog, Werner (2009) : Vom Gehen im Eis München – Paris 23.11 bis 14.12.1974. Frankfurt am Main, Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt am Main, Juli 2009; Lizenzausgabe des Carl Hanser Verlages München, © 1978 Carl Hanser Verlag München/Wien.

Christophe Neff, écrit le 02.10.2022 à Grünstadt, publié le 02.10.2022


[1] On trouve quelques infos le Film « The Fire Within: Requiem for Katia and Maurice Krafft” dans rotten tomatoes

[2] Voir aussi « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) »

[3] Voir : Neff, C. (2022): Overview of more than twenty years of my geobotanical & geographical field research on Faial (Azores) – history, results and outlook. In: Sansón, M., Nascimento, L. de, Patiño, J., Sangil, C., Fernández-Palacios, J.M. (Eds.): Abstract boof of the international Symposium FLORAMAC2022, San Sebastián de La Gomera, Canary Islands 12-16 September 2022, p. 40, Universidad de La Laguna – ULL ( Le conference abstract se trouve sur KTOPEN ici , les transparents de la presentation orale se retrouve ici dans KITOPEN.

Blognotice 26.03.2022: Vue sur la crise sismovolcanique de São Jorge/ View on the seismovolcanic crisis of São Jorge

Capture d’écran/Screenshot de l’ Instituto de Investigação em Vulcanologia e Avaliação de Riscos  –  Crise Sismovulcânica de São Jorge,  Activités sismiques sur Sao Jorge 26.03.2022,
© Instituto de Investigação em Vulcanologia e Avaliação de Riscos, Centro de Informação e Vigilância Sismovulcânica dos Açores

Au milieu de l’Atlantique sur la petite île de São Jorge de l’archipel des Açores une crise sismovolcanique (Crise Sismovulcânica de São Jorge en portugais) est actuellement en cours. Je suis cette crise depuis Grünstadt sur les pages web  de l’ Instituto de Investigação em Vulcanologia e Avaliação de Riscos du gouvernement des Açores. Il y une page dénommée « Crise Sismovulcânica de São Jorge » avec une carte qui montre l’activité sismique sur île de São Jorge.  Le niveau d’alarme à l’heure où j’écris ces lignes est à V4. Cela veut dire que d’après l’échelle d’alarme en vigueur sur l’archipel des Açores on se situe en phase prééruptive volcanique[1].  Je ne suis ni géologue, ni vulcanologue, – mais un simple géographe-géobotaniste de terrain, mais je pense que la probabilité d’une éruption volcanique sur l’île de São Jorge semble actuellement très élevée. Géographe-géobotaniste, que je suis, je fais des recherches géobotaniques depuis plus de vingt ans sur une des îles voisines à peine une vingtaine de kilomètre de vols d’oiseaux de São Jorge sur l’île de Faial. J’étudie la végétation pionnière sur le volcan du Capelinhos, la dynamique végétale sur champs de cendres de Capelo[2]. Le Capelinhos est ce volcan, qui sortit des vagues de l’atlantique en Septembre 1957, à quelques centaines de mètres devant la partie occidentale de île de Faial. La dernière éruption sur ile de  São Jorge fut l’éruption du « Vulcão da Urzelina » en 1808. Donc 214 années après cette dernière éruption volcanique sur l’ile de São Jorge on pourrait voire réapparaitre des coulées de laves à São Jorge. D’ailleurs São Jorge est une des rares îles des Açores  que je ne connais pas. Je n’y ai jamais mis le pied. C’est aussi, d’après mes infos le seul endroit en Europe où on trouve des plantations de Café. J’espère que les autorités açoriennes ont pris toutes les mesures nécessaires pour protéger la population de São Jorge !

In the middle of the Atlantic Ocean on the small island of São Jorge in the Azores archipelago a seismovolcanic crisis (Crise Sismovulcânica de São Jorge in Portuguese) is currently underway. I follow this crisis from Grünstadt on the web pages of the Instituto de Investigação em Vulcanologia e Avaliação de Riscos of the government of the Azores. There is a page called „Crise Sismovulcânica de São Jorge“ with a map that shows the seismic activity  on the island of São Jorge.  The alarm level at the time of writing is V4. This means that according to the alarm scale in force in the Azores archipelago we are in the pre-eruptive volcanic phase[3].  I am not a geologist, nor a vulcanologist, but simply a geographer & fieldbotanist, but I think that the probability of a volcanic eruption on the island of São Jorge seems to be very high. As a fieldecologist, I have been doing geobotanical research for more than twenty years on one of the neighboring islands, only twenty kilometers from São Jorge on the island of Faial. I study the pioneer vegetation on the volcano of Capelinhos, the vegetation dynamics on ash fields of Capelo[4] . The Capelinhos is the volcano, which emerged from the Atlantic waves in September 1957, a few hundred meters in front of the western part of Faial island. The last eruption on the island of São Jorge was the eruption of “Vulcão da Urzelina” in 1808. So 214 years after this last volcanic eruption on the island of São Jorge we could see lava flows reappear in São Jorge. By the way, São Jorge is one of the few islands of the Azores that I don’t know. I have never set foot there. According to my information, it is the only place in Europe where you can find coffee plantations. I hope that the Azorean authorities have taken all the necessary measures to protect the population of São Jorge!

Capture d’écran/Screenshot de l’ Instituto de Investigação em Vulcanologia e Avaliação de Riscos  –  Crise Sismovulcânica de São Jorge,  Activités sismiques sur Sao Jorge 26.03.2022

Christophe Neff,  Grünstadt 26.03.2022


[1] Voir ici (en portugais) : Escala de alertas cientificos a carcaterizacao do estado de actividade sismovulcanica na regiao dos Açores.

[2] Voir: Neff, C. : Observations de la dynamique végétale sur le Volcan des Capelinhos (Île de Faial, Açores, Portugal). Finisterra, 56(117), pp.107- 126 . doi.org/10.18055/Finis18523

[3] See (in Portugese) : Escala de alertas cientificos a carcaterizacao do estado de actividade sismovulcanica na regiao dos Açores.

[4] See: Neff, C. : Observations de la dynamique végétale sur le Volcan des Capelinhos (Île de Faial, Açores, Portugal). Finisterra, 56(117), pp.107- 126 . doi.org/10.18055/Finis18523

Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores)

vol vers Horta- vue sur le Pico 21.09.2019
vol vers Horta- vue sur le Pico 21.09.2019, © Christophe Neff 2019

Il y  a maintenant déjà vingt ans que je débarquai à Castelo Branco, le petit aéroport de Horta sur l’île de Faial, pour débuter mes recherches géographiques et géobotaniques sur le complexe de Capelo à l’ouest de l’île de Faial aux  Açores. Ce fut durant la fin de l’été 1999 que je découvris l’île de Faial, en venant de l’ile de Flores et de Terceira, et depuis entre 1999 et 2008 je suis retourné quasiment chaque année. L’accident de 1999, qui engendra la naissance du blog paysages sur le Monde.fr, interrompra mes voyages jusqu’ en 2017[1]. Enfin en Septembre 2017, jusque 60 ans après la naissance du Capelinhos j’avais enfin l’occasion de revenir à Faial et de poursuivre mes recherches, que j’ai poursuivies durant la deuxième moitié de Septembre 2019 sur la dynamique

Blick auf Capelinhos Sept 1999
Vue sur le Capelinhos, Septembre 1999, © Christophe Neff, 09/1999

 

végétale dans le complexe de Capelo. Le complexe de Capelo, ou plus précisément le complexe volcanique de Capelo (complexo vulcânico do Capelo en portugais/ Capelo Volcanic Complex en anglais) désigne la partie occidentale de l’île de Faial, dénommée aussi  la péninsule de Capelo, qui est un paysages formé par volcanisme relativement récent, 11 systèmes volcaniques, formant 33 cônes, qui se sont formés durant les derniers 8000 ans, et dont le volcan Capelinhos est le dernier né.

Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos (Ile de Faial - Açores - Portugal)_Seite_02
Diapos d’introduction de la présentation « Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos » au congrès « Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions. Praia, Cabo Verde, November 5-7, 2017 » montrant la vue depuis le Cabeço Verde (aussi dénommé Pico Verde) sur le Cabeço do Canto et en arrière-plan le volcan des Capelinhos appartenant tous au complexe volcanique de “Capelo”.

A mon arrivée à Faial, il n’y avait pas des « tourisme » digne de ce nom. Quelques randonneurs, des équipages des voiliers qui se réunissaient chez « Peters ». Les petits déjeuners dans la salle à manager de l’ Hôtel Faial[3], – ou j’ai toujours débarqué pendait mes voyages – se passait dans le calme – quelques touristes français & francophones, des américains, des luso-américains  à la recherche de leurs racines açoriennes.

approche à Flores (Hotel Faial 28.09.2017)
Photo des dessins de « Transalls » de l’Armée de l’Air en vol vers ancienne base française de Flores (Bar de l’Hôtel Faial 28.09.2017), © Christophe Neff, 09/2017

Cela cependant a complètement changé,  le tourisme est bien arrivé à Faial. La salle à manger de l’Hôtel Faial, le matin, pendant l’heure du petit déjeuner a perdu son calme, – il y  a du monde maintenant qui prend son petit déjeuner ici. D’ailleurs les dessins montrant la base française de Flores, l’approche des « Transall » vers le petit aéroport de Santa Cruz de Flores ont disparu de la salle à manger de l’Hôtel Faial, mais heureusement on les retrouve au Bar de l’Hôtel. Ces dessins qui rappellent les souvenirs de la présence de la base militaire française de l’ile de Flores sont aussi dans ce sens un vestige d’une période presque oubliée – la guerre froide et le développement de la « Force de Frappe »  française. Jadis c’était cette base qui faisait tourner l’économie de la petite  île de Flores, ce petit caillou perdu dans l’atlantique du Nord, – qui géologiquement appartient déjà à l’Amérique, Flores fait partie de la « Plaque nord-américaine »[4]. Flores et surtout le petit village de Fajã Grande sur la côte occidentale de l’ île sont un monde à part qui semble être oublié des grands bouleversements qui ont secoué la planète ces vingt dernières années – c’est au moins ce que je retiens de deux séjours dans ce village en 1999 et 2001[5].

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Quand je descendis la première fois à l’Hôtel Faial, une grande partie du personnel était encore « francophone », cela a changé, à  part Valther le maître d’Hôtel qui maitrise parfaitement la langue de Voltaire, – l’Hôtel est devenu un lieu anglophone (comme d’ailleurs une grande partie du paysage touristique portugais). Un des rares endroits où  une partie du personnel parle encore français est le fameux « Peter Café Sport » sur le Port de Horta. C’est là par ailleurs que je fis une rencontre qui m’a montré à quel point le Portugal a souffert de la crise de 2007/08.

Vue sur Peter Café Sport (Horta 25.09.2019)
Vue sur Peter Café Sport (Horta 25.09.2019), © Christophe Neff

Une jeune femme, architecte diplômée et photographe, a dû quitter les paysages du Nord du Portugal où elle a grandi, passé ses études, pour gagner sa vie à Horta, – car ici à Faial le tourisme (qui était quasiment inexistant en 1999) a pendant les années de crises (et même après)  procuré quelques possibilités de survivre économiquement. Beaucoup de jeunes portugais ont d’ailleurs été obligés d’immigrer au Brésil, vers l’Angola et de même le « flux » de l’immigration portugais envers la France et la Suisse a repris pendant ces années de crise. Marianna la jeune photographe venue du Nord du Portugal a choisi de tenter sa chance à Faial – elle boucle ses mois en travaillant chez « Peters ».

Quand je suis arrivé sur les champs de cendres de Capelo en 1999, à Cedros il y avait le restaurant de Nick, « O’Esconderijo-Nicks Hide away » – à Capelo « l’artisanato do Capelo » de Véronique, à Norte Pequeno le Bar « Fim do Mundo (Fin du Monde) » de Domingos – et le restaurant « Bela Vista » à Capelo – oui la partie occidentale de île de Faial – en 1999 c’était encore quasiment la Fin du Monde.

Bar Fim do Mundo September 2001 Norte Pequeno
Bar Fim do Mundo September 2001 Norte Pequeno, © C.Neff 09/2001

Le Bar « Fim do Mondo[6] » était une véritable institution a Norte Pequeno (dont j’avais déjà une fois parle un peu ici). On pouvait se ravitailler, boire un café, et naturellement découvrir l’intérieur du Café, – décoré avec des cartes du National Geographic, des extraits du « Boston Globe », du « Cape Code Times »…..et les histoires de Domingos et de Patricia[7]. Un véritable « Café des Géographes » au fin du Monde où on rêvait de Nantucket , New Bedforddu Cape Code , Martha’s Vineyard  – de terres promises du Massachusetts, de Rhode Island mais aussi de Paris, Lisbonne et autres terres lointaines. Le souvenir de John Fitzgerald Kennedy, de son frère Robert était encore très présent. Ce John qui avait forgé avec le Senateur John O. Pastore le « Azorean Refugee Act » ou « Pastore-Kennedy Act of 1958 » qui avait ouvert la porte des Etats –Unis aux habitants de Faial, car l’éruption du Capelinhos, – pour les familles de Capelo, Norte Pequeno, Praia du Norte – fut une véritable catastrophe, – un phénomène terrorisant la partie occidentale de l’île de Faial[8],[9].

Et parfois un Pickup  passait devant le « Bar » vendre ses « Bananes » – car c’est presque oublié dans le grand Monde – les Açores c’est aussi un pays de Bananes. Beaucoup d’ Açoréens ont dans leurs jardins, une petite plantation de Bananes, – mais les grandes plantations  comme par exemple aux Antilles ou en Amérique centrale n’existent pas aux Açores.

Malheureusement les époux Andrade  ont fermé le « Fim do Mundo » il y a quelques années. Mais il reste le souvenir de cet endroit magique. Car c’était un peu ca – un endroit magique du bout du Monde[10].

Le fin du Monde en 1999 c’était la partie occidentale de Capelo vers le vieux phare de Capelinhos –le Farol da Ponta dos Capelinhos. Le centre du  Centro de Interpretação do Vulcão dos Capelinhos   était inexistant, aucune résidence secondaire à Capelo sur la « Rua do Canto » à Capelo ! En Septembre 1999 on descendait la « Rua do Canto » pour arriver au vieux phare du Capelinhos et après on pouvait descendre vers le vieil

Vue sur la végétation des champs de cendres du Capelinhos à Capelo dominé par la Canne de Provence (Arundo donax) en Septembre 2002, © Christophe Neff, 09/2002

embarcadère de Porto Comprido. Un paysage de champs de cendres recouvert de « Canne de Provence »,  de quelques Tamaris et de Banksia côtier – et au bout de la « rua do Canto » – la rue du Canto – le Cabeço do Canto est un des Cônes volcaniques surplombant Capelo et faisant donc partie du Complexe volcanique de Capelo. Dans cette petite ruelle que fit la « Rua da Canto » en 1999, il y avait dans une petite maison en pierre volcanique où se trouvait « l’Artesanato do Capelo », le seul endroit où on pouvait trouver quelques infos sur le Capelinhos, des extraits de vieux journaux, des livres en portugais et en français. Ce centre était le premier début du « Centro de Artesanato do Capelo » qui de nos jours se trouve au soi-disant centre de Capelo.

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« L’Artesanato do Capelo » c’était le royaume de Véronique.  Je me rappelle  encore bien, quand je rentrai dans la petite maison en Septembre 1999, me débrouillant dans mon portugais approximatif avec une forte intonation française – et Véronique s’est tout de suite  mise à parler en français avec moi – et après avoir découvert mon accent alémanique/alsacien – elle passa à l’allemand. Véronique avait passé une très longue partie de sa vie comme artiste à Paris, mais elle est originaire de la Suisse alémanique des environs de Bâle – et elle avait donc tout de  suite reconnue dans ma prononciation française mes origines « alémaniques ». C’est d’ailleurs ici chez « Véronique » dans

Couverture du livre « Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1 » édite par Victor Hugo Forjaz en 1997

« L’Artesanato » que j’ai acheté mon premier livre scientifique sur l’éruption du Capelinhos. C’était l’ouvrage « Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1 » – édite par Victor Hugo Forjaz en 1997, – un livre qui contient presque tous les articles scientifiques en fac-similé qui ont été publiés après l’Eruption du Capelinhos dans les années 1950 et 1960. Une grande partie de ces articles étaient d’ailleurs publiés en Français, – le français était encore une langue scientifique importante, – et de plus l’élite scientifique portugaise (et intellectuelle) était tout à fait francophone.

Véronique erzählt GP Azoren SS 2019
« Véronique » en Septembre 2019, © Christophe Neff, 09/2019

Et depuis cette rencontre en Septembre 1999, chaque fois que je suis retourné à Faial (sauf en 2017) j’ai rendu visite à Véronique / Verónica Scholer Brasil Alves. Au début des années 2000 elle avait encore sa petite boutique artisanale en face de sa maison  – dans laquelle j’achetais des « foulard en soie » pour mon épouse – et pour Véronique c’était naturellement aussi l’occasion de parler un peu l’allemand. Car au début du 2 eme millénaire, – les résidences secondaires appartenant à des allemands ou suisses alémaniques à Capelo cela n’existait pas encore. Ceci depuis a complètement changé. Les résidences secondaires du début du 2 eme millénaire c’était surtout les belles demeures à Varadouro  des descendants des émigrés qui avaient fui l’éruption volcanique de 1957/58 vers Rhode Island et le Massachusetts, descendants de famille qui avait « réussi » sur l’autre côté de l’atlantique dans les états de la Nouvelle -Angleterre ! Je suis repassé en Septembre 2019 chez « Véronique » – et Véronique nous aouvert son jardin pour une petite visite.

Véronique
« Bananes » dans le jardin de Véronique, © Christophe Neff, 09/2019Véronique

Bananes, Oranges, légumes et aussi quelques plantes ornementales …. un jardin idéal pour l’autosuffisance, mais aussi un jardin qui nécessite endurance et persévérance, beaucoup de travail.  Et puis Véronique nous parle de changements du paysage à Capelo, la vigne qui réapparait massivement, les résidences secondaire qui poussent par endroit comme des champignons. Et surtout le climat qui change, – les étés deviennent de plus chauds, – des semaines sans pluies – avec un soleil qui tape comme dans le Midi, – autrefois quand Véronique avait débarqué à Capelo- les étés ressemblaient plutôt aux étés de Bretagne ou de Normandie – mais pas aux étés torrides du midi méditerranéen. Véronique avait cherché une île calme avec des étés et des hivers doux pour cette deuxième vie après ces turbulentes années de vie d’artiste à Paris et à Berlin. Mais les changements climatiques semblent avoir « méditerranisé» les étés de Faial et en plus il semble attirer les touristes. Les flux touristes, qui autrefois n’existait pas, certes précise-t-elle c’est surement dû aussi au « Centro de Interpretação do Vulcão dos Capelinhos ». D’un autre côté le « tourisme » a aussi apporté un peu de « prospérité » et de « culture artistique » à Faial.

O Esconderijo à Cedros (25.09.2019)
O Esconderijo à Cedros (25.09.2019), © Christophe Neff, 09/2019

« Nick ‘s Hideway – O Esconderijo »  je l’ai découvert grâce à la première édition du guide « Azoren » de Michael Bussmann édite en 1999. Ce guide d’ailleurs est un phénomène, c’est certainement un des guides les plus complets sur les Açores – j’ai depuis 1999 acheté toutes les éditions de ce guide[11], [12].Je pense que pour tous les voyageurs lisant l’allemand et désirant découvrir les Açores, la lecture de ce guide est un véritable must pour un voyage aux Açores. D’ailleurs grâce à la 7 eme édition de 2019  de ce guide je viens de découvrir le restaurant  «Praya »  sur la plage d’Almoxarife, petit restaurant, avec une architecture remarquable, vue sur la plage, qui vaut certainement le détour. Revenons chez « Nick » à Cedros.

Deckblattbussmann1999
Couverture du premier guide « Azoren » de Michael Bussmann

Décrite par la première édition du guide «  guide Bussmann », j’ai découvert Nick en 1999[13], – la petite terrasse penche sur un petit ruisseau lui-même ombragé par une luxuriante végétation, des « Monsteras » énormes, sous lesquelles on prenait l’apéro sur la terrasse !

Les chaumes des bambous balayées par les vents de l’atlantique, le timbre d’un curieux mélange de chansons françaises, cap verdienne, du folk et du rythme & blues baignant ce petit coin de Cedros. Dans mes souvenirs cette petit vallée était « sonorisée » par les voix de Georges Moustaki, Nicoletta, Georges Brassens, Cesária Évora, Madredeus, Joan Baez, Stephan EicherThe Doors et beaucoup d’autres voix que se perdent dans les souvenirs. Peut-être aussi du Wagner, « Tristan und Isolde », « Siefried Idyll », peut-être – mais les souvenirs lointains peuvent aussi devenir trompeurs, il y  a déjà longtemps que Nick a vendu son « restaurant » on the « wilde side ». Et comme l’écrivait le guide « Bussmann » –on trouvait le meilleur « bifteck » de l’île (voir aussi la note en bas de page 13 avec citation originale du guide « Guide Bussmann de 1999 » (en allemand)),  pas seulement les meilleurs steaks mais aussi les meilleurs Vins de l’ile de Faial. Au début du 2 IIème millénaire trouver de bons vins à Faial n’était pas si facile, les restaurateurs avaient toujours le problème de trouver un bon « importateur » pour « importer » de bons crus portugais ou français du continent vers le petit ilôt au milieu de l’atlantique. Mais depuis cela a aussi changé. Il y quelques années Nick a vendu son affaire aux néo-ruraux allemand  Hans Einwang venu du Chiemgau  – et Nick’s Hideway est redevenue «-

Relevé de végétation dans le jardin du O Esconderijo (25.09.2019 Cedros-Faial)
Relevé botanique dans le jardin du « O Esconderijo », © Christophe Neff, 09/2019

O Esconderijo [14] ». Le nouveau propriétaire a changé la formule du restaurant, fini le bon « bifteck » à la Nick, le restaurant propose une carte 100% végétarienne.  Nous n’avons pas eu la chance de déguster la nouvelle formule gastronomique propoése végétarienne par Hans, mais d’après le « Bussmann de 2019 » Hans propose une cuisine digne d’une belle table étoilé[15], [16].  Néanmoins le décor de la végétation luxuriante baignant le lieu  n’a pas changé et Hans le nouveau propriétaire nous a même permis de faire un relevé des plantes de ce décor végétal unique.

Oui, Capelo a changé, et je pourrais encore remarquer une centaine de petits détails. On pourrait aussi dire que l’ile de Faial s’est un peu plus rapprochée du continent. Au mois un, parfois deux vols par jours pour Lisboa, – en Septembre/Octobre 1999 il n’avait que 3 vols hebdomadaires pour Lisbonne. Le Jardin botanique de Faial (Jardim Botânico do Faial) qui était en 1999 un petit ilôt de jardin  minuscule est devenu un véritable centre de recherche scientifique – et en plus néanmoins c’est aussi devenu un véritable «jardin botanique », avec une très belle collection d’Orchidées, « l’Orquidário dos  Açores »  qui mérite vraiment une visite. Et si on a de la chance de tomber sur Marco Rosa on a même droit à une visite guidée en français. Je pense que pour tous les amateurs de « fleurs », de « botanique » le jardin botanique de Faial est une « étape incontournable ». Notons, que le livre « Natural History of the Azores (Histoire naturelle des Açores) » à qui j’ai consacré un billet dernièrement, est en vente dans la petite boutique du Jardin botanique.

Capelinhos Blick in die Reste des alten Zentralkraters September 2002
Le cratère principal du Capelinhos en Septembre 2002, © Christophe Neff, 09/2002

Et du fameux Capelinhos,  je n’en ai jusqu’ à présent pas parlé dans ce billet. Comme j’ai déjà écrit au début de ce billet, j’ai soumis début septembre 2019 un long article scientifique qui résume mes travaux botaniques sur le Capelions et  les champs de cendres de Capelo à la revue de géographie « Finisterra ». Mais c’était avant ce voyage à Faial de la mi-septembre 2019. L’ascension aux

Capelinhos forbidden( 23.09.2019)
accès interdit au volcan du Capelinhos/acces forbidden to the Capelinhos volcano /interdito o acesso ao vulcão dos Capelinhos , © Christophe Neff, 23.09.2019

Capelinhos est interdite depuis le dernier hiver (2018/19). Les tempêtes de l’hiver dernier ont gravement érodé le passage entre l’ancienne cote et le Capelinhos – et l’ascension du Capelinhos est devenue une dangereuse aventure. Difficile de recevoir un droit de passage – j’ai bataillé pendant une semaine pour enfin réussir d’obtenir cette autorisation.

Gruppenbild GP Azoren 2019 auf dem Capelinhos 28.09.2019
Avec les étudiants du KIT sur la paysages des cônes volcaniques du Capelinhos en Septembre 2019, © Carmen Schrötel 09/2019

Le samedi 28 septembre 2019 j’ai enfin pu faire mes relevées de plantes sur le Capelinhos avec 6 étudiants du KIT qui m’accompagnait. Du retour du Capelinhos deux rangers nous attendaient durant notre descente vers Porto Comprido. J’ai montré l’autorisation, mais les deux rangers m’avertirent que j’avais bien dû avoir deux autorisations, l’une pour pouvoir effectuer des travaux scientifiques et l’autre d’avoir la permission de « grimper » sur le Capelinhos. Donc pour la prochaine fois je saurai que j’aurais besoin de deux autorisations[17].

Mais j’ai de forts doutes qu’il y aura une prochaine fois ! J’ai quitté l’ile le Dimanche 29. Septembre. Début Octobre l’Ouragan Lorenzo (2019) a frappé les Azores de toutes forces. Je crains que cet ouragan qui frappe l’ile de Faial avec des vagues d’une hauteur d’une quinzaine de mètres ait définitivement interrompu l’accès terrestre au Capelinhos.

Dans ce billet j’ai décrit mes « impressions » très personnelles sur les changements des paysages et de la géographie de la partie occidentale de l’île de Faial, ce qu’on dénomme aussi « complexe de Capelo » ou « Complexe volcanique de Faial ». Le seul lieu qui ne semble pas avoir trop changé depuis le début du 2 -ème millénaire c’est le restaurant « Bela Vista » à Capelo/Areeiro – et si bien comme ça- on y trouve encore une très bonne cuisine açorienne traditionnel !

Il y eu beaucoup de changements à Faial, – mais les grands traits de la géographie sont les mêmes depuis des décennies, des centenaires, des millénaires – l’atlantique, le volcanisme, les tremblements de terre et les tempêtes & ouragans. Volcans, tremblements de terres, les dégâts des tempêtes ont assez souvent poussé les habitants de Faial vers l’émigration (USA, Canada, Brésil)  – mais d’une  autre partie Faial est aussi une terre d’immigration ….. pour des nouveaux arrivants du continents – qui pour des tas de raisons tentent  leur s« chances » ou simplement cherchent  « le calme » sur cette nouvelle terre – en attendant la prochaine éruption d’un volcan, d’un nouveau coup de séisme, d’une nouvelle tempête qui s’abat sur l’île.

« le jour se lève à Horta » 25.09.2019
« le jour se lève à Horta » , © Christophe Neff, 25.09.2019

Je tâcherai de revenir à Faial pour encore observer la dynamique de la végétation pionnière du Capelinhos. Peut-être aussi tenter enfin de faire depuis Faial le voyage vers Sao Jorge, une des rares iles des Azores que je ne connais pas encore[18] ! Sao Jorge, est à ma connaissance le seul endroit en Europe où on cultive le Café. Et naturellement, ramener des T-Shirts, des Polos de chez Peters, – pour mes enfants. Depuis 1999 de chaque voyage j’ai ramené des T-Shirts, des Polos de chez Peter’s pour mes enfants, – et si possible aussi d’ailleurs aussi un peu de thé des Açores. Le thé des Açores  de nos jours provient de l’ile de Sao Miguel, mais la culture du thé fut aussi pratiquée à Faial,  – les théiers font leur apparition à partir de 1872 à Faial comme produit de substitution aux orangeries des Faial, -l’orange  fut au 19 -ème siècle un des principales ressources économiques de Faial (voir aussi Rudel 2002, p.73/74). Toute cette histoire on peut la lire,  la relire dans le magnifique ouvrage de Christian Rudel sur les Açores « Les Açores: Un archipel au cœur de l’Atlantique » – et même si le livre a été déjà écrit en 2002, je pense, qu’ il présente encore de nos jours les principaux traits de l’histoire et de la géographie de l’Archipel des Açores. Concernant la Culture du thé aux Açores, on trouve une description très exhaustive dans le chapitre «  The Azores and Brazil (pages 713 – 718)» du livre « The Tale of Tea (la sage du thé)» de George van Driem (2019).  D’ailleurs ce livre est un véritable chef-d’œuvre sur le thé, je l’impression que l’auteur a réussi de réunir toute l’histoire, je dirais même tous le savoir sur le thé et sa culture, son histoire, sa géographie, oui même l’ethnolinguistique du thé, dans un seul livre.

Aufsetzten TAP Airbus Horta Castelo Branco Sept. 2000
Atterrissage d’un vol TAP en provenance de Lisbonne en Septembre 2000 a l’aéroport de Horta,  © Christophe Neff 09/2000

Pour les lecteurs de ce billet, qui aimerait savoir plus sur la nature, la géologie & géographie physique, l’environnement des Açores, je recommande la lecture du livre « Natural History of the Azores », livre dont je parle dans un des mes derniers billet ! Pour finir – et vue qu’on trouve des photos d’avion (ou prises d’avion) – sans avion il est quasiment impossible d’arriver à Faial. L’aéroport de Horta est un aéroport très spécial, – une piste ultra courte [19] – et surtout pas de ILS. Donc les conditions météorologiques peuvent souvent retarder même annuler un vol de ou vers Horta. Naturellement on peut aussi venir en bateau, voiliers à Faial,   mais il faut du temps pour traverser cette partie de l’atlantique.

Vulkan Sukz. Erica azorica Capelo September 2002
Pousse de « Erica azorica (bruyère des Açores)», une plante endémique des  Açores, sur les champs de cendres de Capelo, © Christophe Neff 09/2002

Concernant les images dans ce billet  – durant mes voyages aux Açores 1999 à 2008 j’ai principalement fait des « diapos » – une très grande partie de ces images attendent encore d’être scannées et digitaliseées[20].  En utilisant ces images on pourrait aussi construire aussi un « inventaire » des changements de paysages du « complexe de Capelo ». Mais ceci est une autre histoire, un autre défi. Donc presque pas d’images de mes premiers voyages vers Faial dans ce billet.

Je confie que j’ai écrit ce billet à partir de mes souvenirs, – je n’ai pas utilisé mes notes de voyages pour ce billet – ni de mon « Feldbuch » – il s’agit donc d’un récit personnel écrit en Octobre 2019, sorte de mémoires personnels sur mes voyages à Faial entre 1999 – 2019.

Photos toutes © Christophe Neff, sauf la photo « Avec les étudiants du KIT sur la paysages des cônes volcaniques du Capelinhos en Septembre 2019 » de © Carmen Schrötel

Livres & articles cités :

Bussmann, Michael (1999) : Azoren. Orignalausgabe 1999, Erlangen (Michael Müller Verlag),ISBN 3-932410-23-8

Bussmann, Michael (2019): Azoren. 7. komplett überarbeitete und aktualisierte Auflage , Erlangen, (Michael Müller Verlag), 978-3-95654-568-9

Driem, George van (2019): The Tale of Tea : A Comprehensive History of Tea From Prehistoric Times to the Present Day. Leiden, Brill, ISBN 978-9004386259

Forjaz, V.H (Ed.)(1997): Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1. [The Capelinhos Volcano: retrospectives Vol.1. ] Ponta Delgada: Observatório Vulcanológico e Geotermico dos Açores

Marrou, L. (2016): Insularité et dépeuplement : le cas de l’île de Flores aux Açores (Portugal). In : Espaces, Population, Sociétés.

Neff, C. (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288.

Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.

Neff, C. (2019): Observations de la dynamique végétale sur le volcan des Capelinhos (Île de Faial/ Açores /Portugal) , soumis/submitted to Finisterra le 02.09.2019 for Special number Finisterra, “Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions” edited by Carlos Neto.

Neff, C.; Bassing, S; Frankenberg, P. (2001): Das Bild der Azoren in Reiseführern – Klischee oder Realität? S. 165–174. In: Stier, B. (Hrsg.): Stadt und Land: Bilder, Inszenierungen und Visionen in Geschichte und Gegenwart; Wolfgang von Hippel zum 65. Geburtstag.

Pereira, Jorge Alberto da Costa; Calvet, Nuno (1995): Peter Café Sport. Texte en français. Lisboa

Rudel, C. (2002): Les Açores: Un archipel au cœur de l’Atlantique. Paris, (Karthala), ISBN 2-84586-254-7

Tabucchi, A. (1983): Donna di Porto Pim e altre storie. Palermo,  (Sellerio)

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2018) : Natural History of the Azores. Second revised updated edition. Ponta Delgada, Geotrota – Unipessoal Lda. ISBN 978-989-54137-0-6

Christophe Neff, écrit en Octobre 2019 à Grünstadt, publié le 3. Novembre 2019.

[1] Voir aussi le billet « Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn »

[2] L’article reprend les principaux traits d’un exposé du même titre que j’ai tenu durant la conférence « Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Praia, Cabo Verde, November 5-7, 2017 » à Praia au Cap Vert en 2017. Voir aussi « « Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017 ». Finalement, l’article a été publié en 2021 sous le titre « Observations de la dynamique végétale sur le Volcan des Capelinhos (Île de Faial, Açores, Portugal) » dans :  Finisterra, 56(117), pp.107- 126 . doi.org/10.18055/Finis18523 .

[3] De nos jours l’Hôtel s’appelé « AZORIS FAIAL GARDEN », ici le lien vers la présence web en portugais et en anglais. Malheureusement il n’y a pas de « page web » en français!

[4] Il n’y pas beaucoup de sources sur l’histoire de la base française à Flores – on trouve quelques lignes dans l’article de Louis Marrou  (2016): « Insularité et dépeuplement : le cas de l’île de Flores aux Açores (Portugal). In : Espaces, Population, Sociétés. »

[5] Voir aussi Neff, C: “ (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288.

[6] Le tenant du Bar « Fim do Mondo » c’était Domingos Andrade, qui fut parfois épaulé par son épouse Patricia.

[7] Si je me souviens bien, Patricia fut aussi le correspondant du Cape Code Times.

[8] Voir la description dans  “60 years of Capelinhos and the Azorean Refugee Act”, et “Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.”

[9] Voir aussi « Blognotice 10.12.2014: L’éruption du Pico do Fogo du 23.11.2014 – l’éruption oubléie …. »

[10] Un trouve un souvenir du « Bar Fim do Mondo » sur la page Facebook de Solange Viera – un petit film(en portugais) sur Domingos et Patracia Andrade les tenants du fameux « café des géographes ».

[11] En 2001 j’ai publié avec deux collègues (Sascha Bassing et Peter Frankenberg)  une petite analyse sur l’image et la perception des paysages des Açores dans le guide de voyage « Das Bild der Azoren in Reiseführern – Klischee oder Realität? S. 165–174. In: Stier, B. (Hrsg.): Stadt und Land: Bilder, Inszenierungen und Visionen in Geschichte und Gegenwart; Wolfgang von Hippel zum 65. Geburtstag. »

[12] „Hier da dort“ est le site des «journalistes de voyage » « Michael Bussmann & Grabriele Tröger ».

[13] Bussmann 1999, p. 326 «  Restaurante O Esconderijo, wie der Name schon sagt versteckt gelegen. Wurde 1997 von dem Schweizer Nick Stump eröffnet. Das Lokal ist bekannt für seine saftigen Steaks und ein ausgezeichnetes Lamm. Innen sehr gemütlich und liebevoll eingerichtet. Außen schöne Terrasse über einen Bach, der nur im Winter Wasser führt.“

[14] O Esconderijo = en français = la cachette

[15] Bussmann 2019, p.303 « Restaurante O Esconderijo ….. Für 20 Euro bekommt man ein Wahnsinns-4-Gänge Menu (angerichtet wie in der Sternegastronomie) inkl. Wasser und Getränk des Tages“. Vieles ist bio und von der Insel, manches aus dem eigenen Garten“

[16] On trouve aussi une belle description du O Esconderijo de Hans dans un billet de blog (en allemand) de 2016 du Weckenblog « O Esconderijo: Bei Hans gibt es das beste Essen der Azoren (le meilleur repas des Acores c’est chez Hans).

[17] Je pense publier les résultats des prospections botaniques & écologiques dans une revue scientifique

[18] En fait je connais ou je suis passé en escale à Flores, Pico, Terceira, Faial et Sao Miguel.

[19] La longueur de la piste à Horta est de 1595 m d’après l’article de wiki.en sur l’aéroport d’Horta (dernière consultation 30.10.2019).

[20] Dans ce contexte voir aussi « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. »

« Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017

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Les excursionnistes botanistes du „European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions“ devant le panneau d’entrée du Parc naturel de Fogo (8.11.2017)

Lorsque j’écrivais les lignes pour le petit post „retour sur le viel homme“ après avoir vu le film «Alcindo et ses frères » en regardant l’émission « faut pas rêver » en avril 2015 – juste quelques semaines  après la fin de l’éruption du Pico do Fogo de 2014/15 je n’aurais jamais pu imaginer qu’un jour je mettrais mes pieds au Chã das Caldeiras, que je monterais au sommet du Pico do Fogo, – et que’ j’admirerais le travail de reconstruction de « Alcindo et ses frères ». Alcindo et ses frères ont reconstruit leur hôtel. La « Pensão alcindo e laetitia[1] » peut de nouveau recevoir « randonneurs & hôtes du Monde » entier.

Salvador Rivas Martínez by_Pedro Arsénio_
Salvador Rivas Martínez

Cet au début  de l’été 2017 que j’avais découvert qu’ une conférence botanique &  de phytosociologie aurait  lieu aux Cap Vert qui inclurait aussi diverses excursions botaniques, dont une vers l’ile de Fogo, ascension du Pico do Fogo inclus[2]. Après avoir dû surmonter l’épreuve d’un accident cérébral en hiver/printemps 2017 (voir aussi le billet « Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn »), j’ai saisi l’occasion

Salvador Rivas Martínez en action (5.11.2017)
Salvador Rivas Martínez en action (5.11.2017)

en proposant une communication orale sur mes travaux de terrain sur le volcan du Capelinhos sur l’ile de Faial aux Açores. Enfin une occasion de présenter mes travaux sur la dynamique de la végétation pionnière sur ce volcan sorti de l’océan Atlantique en Septembre 1957. Je me disais, – si la communication orale serait acceptée, – je participerais à la conférence et aux excursions scientifiques proposées– et j’aurais peut-être la chance de monter au Pico do Fogo.   Ma contribution fut finalement acceptée[3] – et donc

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photo de groupe devant Echium vulcanorum

j’étais un des heureux participants du   « European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions  ».

J’avais donc la chance de participer à congrès très bien organisé avec des interventions intéressantes, de belles excursions botaniques durant lesquelles j’avais l’opportunité de découvrir une nouvelle flore – mais aussi de revenir à un des débuts de

Inflorescence d' Echium vulcanorum (8.11.2017)
Inflorescence d‘ Echium vulcanorum (8.11.2017)

mon parcours professionnel car ma première publication scientifique fut un petit article sur Acacia albida (Faidherbia albida) au Sénégal[4]. En descendant de l’avion début Novembre à l’aéroport de Praia j’avais un peu l’impression de débarquer quelques parts entre Dakar et St. Louis au Sénégal. Il manquait juste les Baobabs, – qui sont d’ailleurs présents aux Cap Vert –  nous les avons vus sur l’Ile de Fogo. Et Acacia albida est présente aux iles du Cap Verts sous une

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le sommet du Pico de Fogo – arrivée et pause

forme de sous- espèces  Acacia albida var. caboverdeana endémique  (ou Acacia caboverdeana Rivas Mart., Lousá, J.C. Costa & Maria Duarte)[5]. Concernant les congrès j’aimerais simplement remarquer deux faits qui m’ont marqué, pour le reste je ne peux que  conseiller de lire le book of Abstracts et le guide des excursions[6]. Premièrement le congrès m’a permis de faire la connaissance d’un des derniers grands monuments de la phytosociologie encore en vie – Salvadore Rivaz Martinez – un personnage fascinant qui peut être nommé dans une lignée de personnalités botanistes, phyotgeographes et phytosociologues comme Charles Flahaut, Martin Rilkli,  Josias Braun-Blanquet, Henri Gaussen, Louis Emberger, Georges Kuhnholtz-Lordat, Pierre Quézel – tous ces noms qui m’ont fait rêver durant mes années étudiantes.

vue sur Portela depuis le sommet du Pico do Fogo 9.11.2017
Vue depuis le sommet du Pico do Fogo sur les Chã das Caldeiras (Portela, )

Deuxièmement ce congrès fut dans une certaine mesure aussi une réunion de langues romanes, de la latinité –   rarement on entendait un mot d’anglais. On avait l’impression d’assister à la résurrection de la lingua franca dans une version occidentale où le Portugais, le Français et l’Espagnol s’entremêlaient[7]. Sept mois avant, en février 2017 après l’attaque cérébrale j’avais des doutes sur mes capacités linguistiques et motrices, – mais après ce congrès botanique j’ai la certitude de pouvoir encore suivre un suivre un discours  scientifique en portugais. Et après avoir grimpé jusqu’ au sommet du Pico do Fogo le jeudi 9.11.2017, même si ce fut un « long combat » j’ai l’impression d’avoirparcouru un très long chemin depuis février 2017.

Le matin du vendredi 10.11.2017 en attendant le petit bus qui devrait nous emmener pour notre prochaine étape de l’excursion botanique – je faisais une promenade avec une collègue botaniste à travers le petit hameau de Portela – et c’est là que nous tombions sur Laetitia la compagne de Azindo  – et elle nous montra son nouvel Hôtel reconstruit – la « Casa alcindo e laetitia »  – la belle fresque de la grande salle de l’intérieur – et c’est la en écoutant les récits de Laetitia que je compris que nous avions « atterri » dans cet Hôtel qui fut encore une ruine – que Acindo et ses frères commençait a reconstruire – dans le film « Acindo et ses frères » que j’avaisdécrit dans le billet « retour sur le vielle homme ».  Naturellement il n’y a pas seulement la Casa Acindo & Laetitia – je pourrais aussi parler de la Casa Marisa aussi reconstruite après l’éruption du Pico do Fogo de 2014/15 où on

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la descente dans les champs de Lapilli

parle toutes les langues, l’allemand, le français, le portugais ….. et l’histoire de   « Mustafa Kerim Eren » qui après un long voyage depuis le Kirghizstan traversant la Turquie, l’Allemagne et la France pour atterrir ici aux Chã das Caldeiras au milieux des laves du Pico do Fogo. Marisa, Mustafa, Laetitia, Azindo et ses frères – comme les vignerons qui arrachent aux laves les gouttes du vin de Chã das Caldeiras,  tous ces hommes et femmes se sont

notre Bus à Portela (10.11.2017)
notre bus d’excursion sur l’ile de Fogo

attachés avec un acharnement remarquable aux terres de laves des Chã  face aux rumeurs & vomissement du Pico do Fogo.

Avec ce billet j’aimerais exprimer mon admiration envers le courage des habitants des Chã das Caldeiras et remercier les organisateurs et responsables scientifiques du European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions November 5 – 7, University of Cape Verde

Casa d'Alzindo & Laetitia (Fogo 10.11.2017)
Vendredi 10.11.2017: le jour se lève et les brumes se les brumes se dissipent sur la Casa Acindo & Laetitia

Chã das Caldeiras - Casa Acindo & Laetitia – Fresques 10.11.2017
Les Fresques dans la Casa Acindo & Laetitia

– (Santiago Island) 2017 pour cet extraordinaire congrès scientifique et ces fabuleuses sorties botaniques à travers le monde végétal des iles du Cap du Vert. Je crois que les participants qui ont eu la chance de participer à l’excursion géobotanique de l’Ile de Fogo, de découvrir le Pico do Fogo cette grande pyramide noire s’élevant des fonds des Chã das Caldeiras vers la lune[8] et les étoiles, qui ont participé à l’ascension du Pico do Fogo ont vécu des moments  inoubliables !

Eduardo_Dias_nascer da Lua_Caldeira-Pico do Fogo
Lua Nha Testemunha/Lune mon temoin – les Chã das Caldeiras et les Pico do Fogo sous les Lumières célestes

Bibliographie :

Capelo, J. (2017): Origem da vegetação de Cabo Verde. IN: Quercetea 11: 21- 24 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal

Costa, J.C ; Capelo, J.; Neto, C.; Duarte, C.; Vitoria, S. ; Romeiras, M.; Rivas-Marinez, S..; Guia da excursão geobotânica à Ilha de Santiago. In: : Quercetea 11: 101- 170 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal

Costa, J.C.; Neto, C.; Romeiras, M.; Dinis, H.; Duarte, M.C.; Capelo, J.; Guia da excursão geobotânica à Ilha do Fogo. In: : Quercetea 11: 101- 170 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal

Neto, C. et al (Eds)(2017) : Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Books of Abstracts. Centro de Estudos Geográficos, Lisboa

Victória, S.S. ; Medina do Nascimento, J. ; Semedo, J.M. (2017): Geologie e Geomorfologia do Arquipélago de Cabo Verde. IN: Quercetea 11: 5- 19 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal,

Photos: Pedro Arsénio, Eduardo Dias, Christophe Neff,  ;

Christophe Neff, Grünstadt/Karlsruhe 22 Novembre 2017

[1] Ou plus simplement “ Casa Alcindo”; –  liens vers la page Facebook de la Casa Alcindo, actuellement il n’existe pas de “homepage” hors Facebook.

[2] European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions November 5 – 7 (2017), University of Cape Verde – (Santiago Island) (http://www.ceg.ulisboa.pt/european-phytos/)

[3] Titre de la communication orale : « Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos (Ile de Faial/ Açores/ Portugal) » .  Un résumé de la communication se trouve aussi dans le book of Abstract de la Conférence (vor Neto et al 2017)

[4] Anhuf, D., Frankenberg, P., Nef, C. (1993): Evaluation of changes in the vegetation cover by photo-interprétation in western Senegal – Cap Vert region. In: GASTON, A.; KERNICK, M.; LE HOUREOU, H.N. (Eds.): Actes du quatrième congrès international des terres de parcours – Proceedings of the fourth International Rangeland Congress, Volume 1 communications/papers, 27-31, Montpellier 1993. (ISBN 2-87614-102-7)

[5] Voir aussi Costam J.C. et al (2017) : Guia da excursão geobotânica à Ilha de Santiago/ Geobotanical excursion guide of Santiago Island (Cape Verde). IN : Quercetea 11: 25-100 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal, p. 52 Taxa List/Liste des Taxon.

[6] Le Book of Abstract = Neto, C. et al (Eds)(2017) : Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Books of Abstracts. Centro de Estudos Geográficos, Lisboa; et dans la Quercetea , Revista da Associacao Portuguesa de Ciencia de Vegetação , V. 11,  Novembre 2017 se trouve le guide des excursions géobotaniques (   4 articles).

[7] En ce qui concerne ma personne ce fut surtout un mix entre français, italien et portugais – car je n’ai jamais appris l’espagnol.

[8] La photo d’Eduardo Diaz montre le lever de la lune sur les Chã das Caldeiras et le Pico do Fogo que j’utilise dans ce billet me rappellent un peu la chanson «Lua nha testemunha /Lune mon termoin »  de Francisco Xavier da Cruz (nommé Beléza ou B.Leza  ) qui dans l’interprétation d’ Cesária Évora (Album Miss Perfumado) a fait le tour du monde. «Lua nha testemunha » interprété par  Cesaria Évora sur YouTube.

Blognotice 26.04.2015: retour sur le vieil homme – le Pico do Fogo

Bildschirmschnappschuss- Vue sur la coulée de lave refroidi du Pico du Fogo, extrait du film L'ILE DU FEU de l?emission «  Cap-Vert, les îles aux trésors » du 24.04.2015 »
Photo de l’écran de mon poste de télévision : – la coulée de lave refroidi du Pico du Fogo, extrait du film L’ILE DU FEU de l’emission « Cap-Vert, les îles aux trésors » du 24.04.2015 »

Retour sur l’éruption du vieil hommele Pico do Fogo –qui dura à peu près trois mois et demi, le vielle homme de l’ile de Fogo semble s’être endormit depuis le début du printemps. Apres 77 jours d’éruptions[1] l’Observatório Vulcanológico de Cabo Verde nous annonces la fin de l’éruption[2] du Pico do Fogo. Donc le vieil homme depuis 08.02.2015 est retombé en veille, maintenant il s’endort lentement, -jusque a la prochaine éruption. Compare a aux autres éruptions volcaniques qui ont lieux dernièrement, par exemple en ce moment les volcans Calbuco[3] et Villarica[4] aux Chili,- la phase éruptive assez prolonge du Pico do Fogo n’a reçu un couvert médiatique très limite. Dans ce contexte j’ai moi-même parle de l’éruption oubliée – et le géologue David Rothery avait aussi publié un article intéressant sous le titre « Why have we heard so little about the devastating Cape Verde volcano? ». L’éruption finie, la vie reprend lentement ses droits dans les Chã das Caldeiras. On pouvait s’apercevoir dans le magnifique reportage « L’île du feu » produit par Clémentine Arnaud et Arnaud Mansir dans l’émission « Faut pas rêver : Cap-Vert, les îles aux trésors » du 24.04.2015. La coulée de lave a recouvert un grande partie des habitations de Chã das Caldeiras, – mais ici et là – la reprise végétale s’annonce –les premiers plantes sont à apercevoir – « Alcindo et ses freres[5] » – les « fils du volcan » ont commencé à tenter de reconstruire leurs Hôtel ensevelit sous la coulée de lave. Bientôt les premiers randonneurs arriveront de l’Europe lointaine (France, Allemagne etc.) pour appréhender le Pico do Fogo a la recherche de sensations volcanique forte, – oui la vie reprends – et cela sans grande « compassion » médiatique,- et peut être c’est même mieux commença !

Finissons cette petite notice avec un petit B-Mol, – malheureusement il est impossible de revoir aussi bien les émissions « Faut pas rever », mais aussi « Thalassa », – revoir l’émission « Algérie, la mer retrouvée » – dont j’ai consacré le billet « Algérie, la mer retrouvée » ou par exemple la « la route australe » d’Emilio Pacull dans l’émission Thalassa du vendredi 26.11.2010 » c’est tout simplement impossible depuis l’Allemagne. Parfois on a la chance, de retrouver ici et là un ombre de vestige d’un anciens épisode Thalassa sur YouTube, – vestige permet qui de revoir ces remarquables reportages, comme par exemple « SAO TOME – Les Îles Chocolat » sur la fabuleuse histoire du « cacao » senso Claudio Corallo.

Pour revenir à l’ile Fogo, au reportage « L’île du feu » Clémentine Arnaud et Arnaud Mansir, ce film mériterait largement qu’on puisse le revoir (depuis étranger), – car je pense que c’est aussi- dans une certaine mesure un document historique, – ce sont surement une des premières images de documentaires télévisées qui nous montrent les paysagées des Chã das Caldeiras ensevelit sous la coulée des lavées datant de l’éruption 2014/15 – d’une durée de 77 jours, du Pico du Fogo, de ce vieil homme qui est pour une fois de plus s’endormit un petit peu !

Photo: © Christophe Neff 24.04.2015, Photo de l’écran de mon poste de télévision : – la coulée de lave refroidi du Pico du Fogo, extrait du film L’ILE DU FEU de l’emission «  Cap-Vert, les îles aux trésors » du 24.04.2015 »

Christophe Neff, le 26.06.2015

[1] Nous trouvons un compte rendu chronologique assez détaillée (en allemand) de l’évolution de l’éruption du Pico do Fogo sur la page « Vulkanausbruch auf der Insel Fogo – Republik Cabo Verde » du site « Informação Turística Lucete Fortes ».

[2] Voir „Erupção do vulcão da Ilha cabo-verdiana do Fogo chega ao fim”.

[3] Voir le reportage « Au chili, le redoutable volcan Calbuco reste instable ».

[4] Voir le reportage « Le volcan chilien Villarrica est entré en éruption ».

[5] On trouve un petit extrait de l’émission « Cap-Vert, les îles aux trésors : l’île du feu » dans YouTube.

Blognotice 10.12.2014: L’éruption du Pico do Fogo du 23.11.2014 – l’éruption oublie ….

Le volcan Pico do Fogo (Cap Vert) est entré en éruption depuis quelques semaines[1]. Le Pico do Fogo est un stratovolcan situé sur l’île de Fogo . Le Pico de Fogo est aussi le  point culminant du Cap Vert avec 2 829 mètres d’altitude. Cette éruption qui débuta le 23.11.2014 – est un peu oubliée par les medias internationaux et donc par une grande partie du monde.

L’évènement se situant  sur une ile perdue dans l’océan atlantique, appartenant au monde lusophone, cette éruption n’a guère intéressé les medias internationaux. Comme la République de Cabo Verde fait aussi partie de la « Francophonie », ici et là quelques rares medias francophones ont  parlé de l’évènement[2]. En Allemagne les nouvelles sur l’éruption de « Homi Grande (L’homme Grand)[3] » comme on dénomme aussi le volcan sont arrivées le 9.12.2014 avec un article du SPON « Kapverdische Inseln: Lavamassen löschen Dörfer aus (Illes du Cap Vert – les masses de Lava ont detruisent deux villages) », donc avec deux semaines de retard.

Pour les vulcanologues c’est un évènement spectaculaire, – donc l’analyse peut agrandir notre savoir sur le volcanisme. Pour les amateurs de  volcanisme ce sont des frissons et des belles photos et vidéos[4]. Pour l’écologie terrestre un site extraordinaire pour observer la reconquête et  la dynamique végétale après une éruption volcanique. Mais pour les habitants c’est tout simplement une catastrophe. Même si jusqu’ à présent il n’y a eu aucun mort à déplorer, – pour les habitants des villages de la  Chã das Caldeiras c’est tout simplement une catastrophe. Il suffit de regarder les différentes vidéos de la télévision Capverdienne et Portugaise[5].

Visionnant ces  différentes vidéos, j’ai beaucoup du pense à Capelo sur l’ile de Faial, totalement ensevelit par l’éruption du Capelinhos en 1957/58. D’abord à mes propres travaux sur la reconquête végétale après l’éruption du Capelinhos, – travaux et documents qui attendent depuis 2008 leur rédaction et publication. Mes deux publications sur les Azores, ne parlent que très brièvement de la reconquête végétale sur le site du Capelinhos à Capelo[6]. Peut-être le jour viendra où je pourrai enfin publier les résultats de ces analyses sur la dynamique végétale à Capelo.

Mais en visionnant ces images de désolation, les larmes des habitants de Portela qui ont tout perdu, j’ai surtout pensé au  Pastore-Kennedy Act de 1958 – acte aussi dénommé Azorean Refugee Act of 1958 – cet acte qui ouvre les portes des Etats Unis pour les refugiés de l’éruption du Capelinhos de Capello, de Praia do Norte,  Norte Pequeno, etc. sur l’ile de Faial. Les initiateurs de ce acte furent le sénateur démocrate John O. Pastore de Rhode Island, et le sénateur démocrate John F. Kennedy du Massachusetts.

Les iles du Cap Vert font bien partie de la francophonie – et en visionnant les images parvenant de la  Chã das Caldeiras, –  je me suis demandé où sont les hommes et femmes politiques francophones (française, suisses, belges, québécoise etc.) qui pourraient être le fer de lance t’une telle initiative courageuse – comme le fut John Pastore ou John F. Kennedy en 1958. C’est en France que débuta la véritable carrière internationale de Cesária Evora, – pourquoi la France ne prendrait pas le devant d’une telle initiative. Le Portugal, l’ancien pays colonisateur, – pays qui souffre encore  énormément des suites de la crise financière,  – un pays où la pauvreté fait rage –  fait ce qu’il peut – a  envoyé la Frégate Álvares Cabral – pour une première aide – sur place.  Mais la France a sûrement les moyens de faire plus que le Portugal.

Peut-être les hommes et femmes politiques avec le courage d’un John O Pastore ou John F. Kennedy en France sont devenus rares. Et en plus on a tellement peur du FN en France.

Quelle personnalité politique en France de nos jours aurait le courage d’ouvrir la porte d’entrée pour les refugiés de l’éruption du Pico do Fogo, – des villages de la Chã das Caldeiras. Le petit village de de Portela a quasiment disparu sous la rivière de lave  en provenance de la « bouche » de  l’Homme grand. Et l’éruption continue de sévir, d’après les dernières publications du Publico, l’éruption est même en train de se renforcer!

Je finis ce petit billet avec une pensée pour Orlando Ribeiro, grand maitre de la géographie portugaise. Le livre « A Ilha do Fogo e as suas erupções[7] (l’ile de Fogo et ses éruptions)» fut un de ses chefs-d’œuvre. Le quotidien Público le rappelle bien dans sa couverture de l’éruption du Pico du Fogo, en honneur de Orlando Ribeiro un des cônes du Pico du Fogo s’appelle Monte Orlando!

Christophe Neff, 10.12.2014


[1] Le billet est une version élaborée de la notice bilingue (fr/en)  « Le volcan Pico do Fogo (Cap Vert) est entrée en éruption depuis quelques semaines » sur mon site Google+.

[6] Mes deux publications traitant des Acores sont „ Neff, C. (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288. » et   Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.

[7] Orlando Ribeiro „A Ilha do Fogo e as suas erupções”. 12ª ed. – Lisboa : Junta de Investigações do Ultramar, 1960. – 319 p. : 61 est. – Memórias / Junta de Investigações do Ultramar.Série Geográfica.