Blognotice 30.05.2013: le Grand Cap – on peut mieux faire!

Signalisation „Le Grand Cap“ au site de la falaise de Leucate/Cap Leucate © C. Neff 26.05.2013

Le « Grand Cap » est le site touristique sur la Falaise du Cap Leucate qui comprend  le restaurant gastronomique Klim & Ko  et un point d’information sur le plateau et la falaise (plateau de Leucate ; site de la falaise du Cap Leucate = sites natura 2000). L’ouverture du Klim & Ko fut célèbre en «  grand pompe » le 26.05.2012, le site d’information ne fut jusqu’à présent jamais ouvert. Pendant de longs mois on avait droit à une petit affiche sur le grillage du sous-sol du Klim & Ko où devrait se situer le fameux point d’information sur le site Natura 2000; il y était écrit « le point d’information sur la plateau et la falaise ouvrira prochainement » (photo + article dans la Blognotice 20.10.2012: les violettes du Cap Leucate n’ont pas disparu); entre temps cette petite

Le point d’info sur le site natura 2000 de la Falaise de Leucate, situation 22.05.2013© C. Neff 22.05.2013

affiche sur le grillage a disparu. Seul  témoin visible de cette promesse est la pancarte « ici la ville de Leucate investit pour vous » – devant le site du « Grand Cap »  pancarte qui a tendance à disparaitre sous les chardons. Peut-être l’équipe municipale aimerait bien faire oublier cette promesse avant les élections municipales 2014,  car avec cette promesse on avait fait avaler la pilule amère d’avoir construit un restaurant gastronomique sur un site protégé  Natura 2000 (voir entre autre ici). Le maire de Leucate, Monsieur Py,  nous avait promis en plus une table étoilée  pour Leucate.  Dans le dernier guide rouge Michelin – ces étoiles  sont

Ici, la ville investit pour vous, acceuil et promotion du site de la Falaise, situation 22.05.2013© C. Neff 22.05.2013

encore restées  invisibles pour Leucate,  nous retrouvons juste un restaurant deux fourchettes ,donc comparable au  Jardin  des Filoche à Leucate Village (Michelin 2013, p. 853 (Jardin des Filoche), p. 854 (Klim & Ko)) (le KLIM&KO sur le site Michelin.fr , le Jardin des Filoche sur le site Michelin.fr) . Ceci rejoint ce que j’avais écrit sur les connaissances en géographie gastronomique de Monsieur Py en juin 2012. La table étoilée  promise  pour le grand Cap  n’a pas encore vu le jour  mais j’espère bien que ce macaron Michelin va arriver un beau jour sans quoi  l’argent du contribuable aurait été dépensé pour rien,  quant  à l’ouverture du site d’information natura 2000 ce sera pour des lustres,  difficile de croire que site ouvrira prochainement. Peut-être  qu’à la marie de Leucate on a

Vue sur le Grand Cap/Klim&Ko sur le site de la falaise de Leucate/Cap Leucate © C. Neff 26.05.2013

simplement oublie cette petite promesse.  L’année 2014 on aura droit à deux échéances électorales – les élections communales et les élections européennes,  ce sera le temps de demander des comptes, où est passé l’argent du contribuable? Quels fonds ont été utilisés  pour construire le site du Grand Cap, des fonds, aides régionales ou nationales, voire  européennes ? Pourquoi le point d’information sur le site de la falaise du Cap Leucate tarde-t- il à ouvrir ? Des questions qui méritent bien d’être discutées   et d’y  trouver une réponse.

Le mal est fait ; pour le Klim &Ko, j’espère que l’affaire tournera  bien, je me rejouirais même d’un macaron Michelin,  cela serait sûrement un + pour la commune de Leucate, – et si ce macaron pouvait bien arriver, on pourrait enfin améliorer  le chemin d’accès au site du Cap Leucate qui est une  vraie  catastrophe. Concernant les choix en aménagement de la station touristique de Leucate pour un développement durable,  on aurait mieux fait d’ utiliser « l’énergie  investie» pour  promouvoir un Hôtel trois ou quatre étoiles, ouvert toute l’année et  trouver un site aménageable pour un tel hôtel à la Franqui, au village ou à Port Leucate  plutôt que de gaspiller l’argent du contribuable pour la construction d’un restaurant gastronomique sur un site protégé Natura 2000.

Vue sur le Lido de Leucate depuis le Cap Leucate/site de la Falaise de Leucate © C. Neff 26.05.2013

Sources :

Michelin & Cie. (2013) : France, – le guide Michelin 2013, Hotels & Restaurants. Nanterre

Photos : Toutes © C. Neff

Christophe Neff, le 30.5.2013

 

Blognotice 01.04.2013 – billet de Week-end Pasqual

Il y a deux ans j’avais écrit un billet nommé « Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr » , – et depuis sur wikipedia.fr  la situation n’a guère changé – à part les quelques mots sur les cloches de pâques dans l’article Pâques , l’article Lapin de Pâques et l’article Œuf de Pâques – on ne trouve pas grand-chose. Par contre dernièrement la Rheinpfalz a consacré tout un article aux cloches de pâques (françaises) sous le titre « Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben (Quand les cloches d’église restent muettes) (Die Rheinpfalz Nr. 74, 2013) ». Dans cet article on nous explique que cette coutume « cloches muettes des églises catholiques » n’est pas tellement franco-française, mais se rencontre dans beaucoup de pays avec de forts liens avec la tradition catholique, – même en Allemagne dans les régions catholiques du Sud les cloches des églises restent muettes entre Vendredi saint (Jeudi Saint/Gründonnerstag) et le Dimanche de pâques – le silence rappelle le calvaire de Jésus Christ, mort crucifié pour « sauver l’humanité du mal ». Le retour des cloches le Dimanche de pâques, – ces cloches de pâques qui ramènent les petites friandises aux enfants, – ces cloches qui sonnent à grand éclat le dimanche matin dans les églises catholiques du monde entier – nous rappellent que « le mal » a été vaincu par le sacrifice de Jésus Christ et sa résurrection le Dimanche de Pâques. Même ici, dans le Leiningerland – le dimanche matin – les cloches sonnaient à grand éclat – un vrai paysage sonore – et il n’y avait pas seulement les cloches des églises catholiques qui sonnaient. Je me demande, combien de temps il faudra encore attendre un bon article, bien documenté et recherché  sur la wikipedia.fr sur les racines des cloches de pâques.

Personnellement, durant mon enfance franco-allemande, ce fut à Eckbolsheim, rue des pommes – sous le grand cerisier et sous les groseilliers que  j’avais fait avec mon frère et ma  sœur (et une partie de mes cousins et cousines)(voir aussi 1, 2) mes premières rencontres avec les cloches de pâques. Et après ce fut au château d’Aubord, – suivi de la villa l’olivette aux impasse de Pins à Aubord, – et d’innombrables fois ces cloches de pâques à la Griffoulière, la petite maison de vacances de mes grands-parents avec ses deux magnifiques palmiers, à Port Leucate. C’est à la Griffoulière, que mes propres enfants ont fait il y a quelques années leurs « premières rencontres » avec ces fameuses cloches franco-françaises, – naturellement c’étaient des cloches de pâques qui rapportaient aussi bien des « œufs de pâques » que des « Osterhasen ».

Vu cet hiver long et sombre en Allemagne , – surtout le manque de luminosité – même si nous avons eu droit à quelques belles éclaircies ce matin, – mais notre petit étang de jardin (Gartenteich) était encore recouvert de glace ce matin et une grande partie de l’Allemagne était encore revêtue par un manteau neigeux durant ce week-end pascal 2013 – je peux très bien comprendre mes parents, qui partaient avec leurs enfants vers le Midi,  où fleurissaient les arbres fruitiers, les Arbres de judées – où le printemps ne se faisait pas attendre comme à Schramberg.  A Schramberg l’hiver, durant mon enfance durait parfois de fin octobre jusqu’au début Mai. Pâques à Port Leucate, ce fut naturellement les cloches de pâques, beaucoup de luminosité avec encore plus de Tramontane, – et parfois le début de la floraison des Pittospores (Pittosporum tobira) dans les espaces verts et jardins de Port Leucate – avec cette senteur spéciale des fleurs des Pittospores qui ressemble fortement à la fleur d’oranger. D’ailleurs ces Pittospores qu’on plantait presque dans tous les espaces verts durant les années 1970 à Port Leucate se sont bien naturalisé depuis les années 1970 dans les paysages Leucatois (voire  aussi (Neff & Scheid 2005)).

Sources etc :

Die Rheinpfalz 2013: Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben. Die Rheinpfalz – Nr. 74, Zeitgeschehen, Donnerstag 28. März 2013

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Christophe Neff, le 01.04.2013

Blognotice 06.01.2013: sur les fleurs d’amandiers

Le dernier posting sur paysages, – mes vœux de bonne année 2013 pour les lecteurs de paysages–  ont reçu une attention exceptionnelle de la part de mes visiteurs/lecteurs.  La photo des fleurs d’amandiers utilisée dans ces vœux je l’avais déjà publiée dans la Blognotice du 17.3.2012. Personnellement j’aurais aussi souhaité un tel intérêt pour la « Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff », qui parle du déclin du français en Allemagne et de l’allemand en France, mais hélas les lecteurs ont préféré les vœux de nouvel an. La floraison d’amandiers  (Mandelblüte) de la Weinstrasse en Allemagne est considérée comme  le début du printemps en Allemagne. Paradoxalement il n’existe pas d’article Wikipedia.de sur la Mandelblüte, mais seulement sur le Gimmeldinger Mandelblütenfest.  Les fleurs d’amandiers sur la photo prise durant le printemps 2013 entre Herxheim am Berg et Kallstadt montre les fleurs d’une Dürkheimer Krachmandel, une variété d’amandiers à fleur blanche. La plupart de Amandiers fleurissant sur la « Weinstraße » ont des fleurs roses – et en réalité ce ne sont pas de  vrais Amandiers – mais des hybrides entre Amandiers & Pêches – les Mandelpfirsiche (Prunus amygdalo-persica (West) Rehd.). Ces hybrides qu’on rencontre aussi assez rarement à l’état spontané où on trouve les deux parents sont cultivés de nos jours pour les belles fleurs roses. Durant le printemps, – normalement en Mars, les allées de la région de la Weinstrasse sont donc plongées dans un bain de fleurs roses des Mandelpfirsische. Notons que la plupart des habitants de la Weinstrasse ne sont pas au courant de ce que les fleurs d’amandiers roses proviennent des Mandelspfirsiche, mais depuis que la culture d’amandiers a perdu toute importance économique, les amandiers avec à fleurs blanches (les vraies comme la Dürkheimer Krachmandel) se raréfient  de plus en plus. Notons en fin de cette petite blognotice sur les fleurs d’amandiers, qu’il y a un petit pays en France,  où dans les endroits abrités de la Tramontane glacée de janvier on peut trouver ici et là les premiers amandiers en fleurs dès le début du mois janvier – c’est le plateau de la presqu’ile de Leucate. Les premières fleurs d’amandier apparaissent durant le mois de janvier, et en février une véritable « neige florale » baigne le plateau de Leucate. Dans le livre « Leucate – plein cadre (Hautemanière & Hiron(2004) » – on trouve quelques photos des amandiers en fleurs sur le plateau de Leucate. La vue sur les amandiers et les vignes du plateau de Leucate avec l’étang de Leucate et le massif du Canigou couvert d’un épais manteau de neige en arrière-plan est sûrement un des (de mon point vue) plus beaux paysages d’hiver méditerranéen que je connaisse. Dommage que je n’en possède (sauf peut-être dans les fonds de mes cartons d’archive de diapositives) pas de photos de ce paysage  hivernal méditerranéen exceptionnel, paysage de pierre, vignes et fleurs d’amandiers. Notons aussi que les vignobles Cap Leucate (anciennement les vignerons du Cap Leucate) fête annuellement une Fête des amandiers en fleurs, mais cet évènement à caractère local, régional n’est pas comparable aux Gimmeldinger Mandelblütenfest qui est un évènement national, – car la Mandelbüte de la Weinstrasse est traitée chaque année dans la presse nationale allemande comme le début du « véritable printemps » en Allemagne !

Pour finir, – en attendant le printemps et la floraison  des amandiers sur la Weinstrasse  j’espère que l’hiver ne sera pas trop rude ici dans la Unterhaardt – car même si la neige manque assez souvent ici entre Bad Dürkheim et Grünstadt – il peut aussi y avoir des périodes de grands froids, en février 2012 nous avons eu droit à des nuits entre – 18 et- 22° (1,2) !

Œuvres citées :

Hautemanière, Nöel ; Hiron, Jacques (2004): Leucate : plein cadre ; livre de photographies. Toreilles, ISBN 2-9516053-3-1

Christophe Neff, le 6.1.2013

Blognotice 20.10.2012: les violettes du Cap Leucate n’ont pas disparu

Viola arborescens B.1 Cap Leucate 07.10.2012
Viola arborescens au Cap Leucate © Christophe Neff 07.10.2012

Les violettes du Cap Leucate (Viola arborescens, Violette ligneuse) n’ont heureusement pas disparu. La construction d’un restaurant gastronomique sur le site de la Falaise du Cap Leucate (voir aussi: Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois), avait fait craindre le pire pour cette espèce rare, qui est certainement une des plantes énigmatiques du site du Cap Leucate. Mais l’espèce a encore perdu du terrain,  ce sont les impressions d’une sortie de terrain (7.10.2012) sur le site.  Naturellement l’espèce avait déjà à subir avant la construction du Klim & Co un important impact humain,  je pense surtout au piétinement. Ce piétinement avait déjà pris des impressionnantes dimensions, – telles que je l’ai dit il y a quelques années : j’avais tenu un cours avec comme  titre « Loki Schmidt und die Viola arborescens vom Cap Leucate/Loki Schmidt et les violettes ligneuse du Cap Leucate) où j’expliquais aux étudiants en géobotanique du KIT, qu’en France une personnalité comme Loki Schmidt manquait cruellement, car le grand public en France ignore la richesse botanique, la valeur des plantes, la valeur des paysages.

 

extraits cours géobotanique Violette Cap Leucate WS 2010-11

C’est grâce à son initiative qu’en Allemagne, chaque année la « Blume des Jahres (fleur de l’année) est désignée, ce qui a servi à une considérable prise de conscience de ce qu’apportent les plantes rares à la société. Malheureusement en France, il manque une telle initiative. La « Blume des Jahres » 2013 en Allemagne est l’Hépatique noble (Hepatica nobilis).  Peut-être bien qu’on pourrait, avec une initiative comparable à la Blume des Jahres en France, sensibiliser le grand public envers les menaces qui pèsent sur certaines espèces végétales. Et pour cela il faut déjà connaitre les plantes qui nous entourent. J’ai l’impression que la plupart des promeneurs qui visitent le site du Cap Leucate, qu’il s’agissent des promeneurs du dimanche, des touristes estivaux, des parapentistes, ou des randonneurs,  la plupart de ceux qui fréquent le site, ne sont pas au courent, du fait que c’est un des derniers sites français, et peut-être même européens de Viola arborescens.

le point d'information sur le plateau et la falaise ouvrira proc
Pancarte d’informations sur le point d’information sur le site de la Falaise au sous-sol du  restaurant gastronomique du site de la falaise au Cap Leucate,  © Christophe Neff 07.10.2012

Il était initialement prévu d’ouvrir d’un point d’information sur le plateau et la Falaise du Cap Leucate au sous-sol  du restaurant Klim & Co, car il faut peut – être le rappeler :il s’agit d’un terrain Natura 2000, mais jusqu’ à présent ce point d’info n’a pas encore été ouvert. Juste une petite pancarte qui nous informe que prochainement le point d’info s’ouvrira. Si je me souviens bien, cette petite pancarte était déjà visible en Juin 2012, date de l’ouverture du restaurant du site de la falaise de Leucate. Quand donc ce point d’info s’ouvrira-t-il réellement ses portes – en 2012, – en 2013, en 2014 – ou peut-être jamais ? Comme le panneau l’indique, le site de la falaise est un site européen majeur pour la conservation de la biodiversité  mais apparemment les responsables de la Marie de Leucate semblent avoir oublié cette responsabilité aussi bien envers le site et ses espèces rares et protégées ainsi qu’envers les citoyens.

Photos : Toutes © C. Neff : 1.) Viola arborescens au Cap Leucate 7.10.2012, 2.) transparent PowerPoint extrait de cours de géobotanique WS2010/11 sur Loki Schmidt et les violettes du Cap Leucate, 3.) Pancarte d’informations sur le point d’information sur le site de la Falaise au sous-sol du  restaurant gastronomique du site de la falaise au Cap Leucate 7.10.2012.

Lien externe: Inventaire ZNIEFF Région Languedoc-Roussillon – Plateau de Leucate

Christophe Neff, le 20.10.2012

Blognotice 14.10.2012: encore une nouvelle librairie à Leucate

Durant mon dernier séjour à Leucate j’ai découvert la librairie L’An Demain à Leucate-village. En fait, la librairie existe déjà depuis juillet 2012, – mais apparemment je ne l’avais pas encore découverte. Donc à Leucate village, nous avons déjà trois librairies – la librairie Adamus, la librairie Entrez libres – au clos de Ninon, – et maintenant la librairie galerie l’An Demain. Avec la librairie du Centre Commercial de Port Leucate, la commune de Leucate est donc en train de devenir un vrai centre du livre, – « Leucate – capitale du livre des Corbières maritimes ?».

J’admire le courage des deux nouveaux libraires à Leucate (Entrez libres – au clos de Ninon, L’An Demain), car le métier de librairie devient de plus en plus difficile. La librairie galerie l’An Demain est une librairie spécialisée dans les secteurs « nature, écologie, paysages » secteurs qui ne sont pas les branches principales des autres librairies à Leucate. Une bonne place pour trouver un livre spécial sur l’écologie des paysages méditerranéens hors d’une librairie universitaire. En plus c’est aussi une librairie bloggeur, – le libraire Martin Guillemot publie aussi un petit blog, – « le blog de la librairie L’An demain ». Je pense que vu la spécialisation des trois librairies à Leucate-village, il y aura assez de place pour les trois (Librairie Adamus petite librairie générale avec un grand rayon presse incluant aussi la presse internationale (allemande, anglaise etc.) ;  Entrez libres – au clos de Ninon librairie spécialisée dans les livres pour enfants, livres de poches et livres de poésie, beaux livres – et l’An Demain avec la spécialisation déjà décrite et de plus un rayon de livres d’occasion en anglais.). Donc si tout va bien,  Leucate,  Leucate village pourrait devenir  une véritable capitale du livre dans les Corbières maritimes, – une cité du livre et de la lecture – entre Montagne, Etang et Mer. La seule chose qui manque un peu, c’est un véritable guide naturaliste du pays  Leucatois,  un guide qui décrit aux intéressés les beautés des paysages Leucatois et de ses environs,  un guide qui parle aussi des problèmes et dangers environnementaux, car ces dangers existent  et cela ne sert à rien de les balayer sous le tapis. Un tel guide devrait être si possible un guide bilingue (anglais/Français) pour pouvoir se trouver une clientèle internationale.  Si un jour j’atteins l’âge de  ma retraite, je pourrais moi-même écrire un tel guide naturaliste (Titre potentiel: Guide naturaliste des paysages du Leucatois/naturalist guide of the landscapes of Leucate), – mais j’atteindrai mon âge de retraite dans une vingtaine d’années. Il faut donc espérer, si on veut voir naître un tel guide naturaliste des paysages du pays Leucatois dans un plus bref délai, qu’un autre auteur s’attaque à l’écriture de l’ouvrage.

Photo:  © C. Neff – Vue sur la Librairie Galerie d’art l’Ain demain, Leucate, rue de l’Eglise, 5.10.2012

 

Christophe Neff, 14.10.2012

Commentaire sur les évènements de la journée du 14.09.2012 à Tunis.

Le vendredi 14.09.2012 fut une journée de colère dans le Monde Musulman, la vidéo «L’innocence des musulmans » avait provoqué une réaction vive, manifestations, émeutes, mises à sac d’ambassades, destruction de l’école américaine de Tunis.  En Allemagne le réveil fut particulièrement rude, car on se croyait être hors de cible, mais la mise à sac de l’ambassade allemande au Soudan montrait bien que tous l’occident était ciblé – et que cette mise à sac de l’ambassade à Khartoum ne fut pas l’œuvre d’un évènement de colère spontané, mais  bien préparé et orchestré en avance. La même chose semble avoir lieu à Benghazi.

Naturellement on pourrait se demander pourquoi cette vidéo, ce brûlot  islamophobe, déchaîne tant de  passion,   et en même temps la guerre civile en Syrie, où les bourreaux du boucher de Damas, tuent, massacrent jour après jour, n’ont  jusqu’à présent engendré  aucune démonstration de solidarité visible et audible  dans le monde arabe avec les victimes des massacres commis par les troupes de Bachar el-Assad. Cette question mériterait surement une réflexion approfondie (voire aussi ici).

La destruction des mausolées et de mosquées de Tombouctou par Ansar ed-Dine  en Juin/Juillet dernier n’a que je ne sache pas provoqué une telle indignation furieuse dans le monde islamique! En fait qui encore pense aux destins de manuscrits millénaires, qui fut le trésor de cette ville, qui de nos jours sont menacées par l’obscurantisme le plus arriérée !

On pourrait aussi demander à qui réellement profite la mise en circulation de la vidéo?

Personnellement la mort de John Christopher Stevens à Benghazi, et de voir l’ambassade américaine de Tunis saccagée, de voir partir l’école américaine partir en fumée, m’ont fortement touché. J’avais suivit les évènements de Tunis via le „live“ du Monde, et quelques sources twitter et j’étais littéralement foudroyé  par ce que j’ai pu suivre via twitter etc. Voici des extrais du reportage de Isabelle Mandraud (2012b) paru dans la version papier du Monde du 16.09.2012 : « Fenêtres brisées sur toute une façade, drapeau arraché, sol jonché de pierres mais aussi de douilles de balles et de cartouches de chevrotine, voitures en feu sur le parking… Des annexes continuaient à brûler, tandis que montait de l’école américaine toute proche, entièrement pillée et incendiée, un épais nuage noir visible à plusieurs kilomètres. …. A Tunis, avec une violence inouïe, des groupes de salafistes et de casseurs ont tenté de prendre d’assaut le bâtiment diplomatique américain aux cris d’«Allah Akbar» et «Obama, nous sommes tous des Oussama ». (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Pendant mes années tunisiennes, entre 2005 et 2008, – il y avait des périodes, où je passais plusieurs fois par jour devant les bâtiments de l’ambassade U.S., et devant l’école américaine, la  «American Cooperative School of Tunis» en faisant le trajet la Marsa – Tunis Ville et retour en voiture, car souvent  pendant cette période tunisienne j’habitais à la Marsa-Corniche.  La destruction de l’école américaine, est d’ailleurs un symbole très fort, car c’est un symbole du savoir qui fut mis à feu. Les lieux du savoir étant depuis tout temps cibles des violences déclenchées par l’obscurantisme de tout bord. Néanmoins, même si je considère que les évènements de Tunis du vendredi 14.09.2012 sont très graves, je pense, et là je rejoins l’analyse et le cri de cœur d’Isabelle Mandraud –« Sur la Tunisie, halte au feu ! » (Article réservé aux abonnés Le Monde/payant), que la Tunisie a encore toutes les chances d’évoluer vers une vraie démocratie, comme je l’avais déjà écrit dans les lumières du Fohrenbühl. Naturellement le danger salafiste a pris de l’ampleur, mais cela était prévisible. En plus, depuis le début du printemps arabe l’environnement géopolitique a fortement changé, la désintégration du Mali met en danger aussi bien l’Afrique subsaharienne et le Grand Maghreb, même l’Egypte et le Machrek, et je dirais même que l’Europe n’est pas à l’abri des conséquences des évènements dans le Nord du Sahel. La désintégration du Mali, l’infiltration de la mouvance  Touareg par AQMI au Nord du Sahel n’est d’ailleurs pas liée aux évènements en Lybie, car ceci s’est annoncé longtemps avant la chute du régime de Khadafi,  j’y avais même dédié un petit billet en février 2010. La chute du régime de Khadafi a peut-être précipité les choses, mais les failles et les structures annonçant des lourds problèmes au Nord du Sahel, la désintégration du Mali etc., étaient déjà bien visibles  avant,  il suffisait d’avoir un œil géopolitique attentif. La présence accrue d’AQMI dans le Nord du Sahel, la désintégration du Mali  font de cette partie du Monde un véritable « porte d’avion », un « terrain de refuge » pour AQMI  et les mouvances salafistes, d’où il est possible de s’infiltrer dans les états avoisinants pour les déstabiliser.

Donc depuis le début de la révolution jasmin en Tunisie, l’environnement géopolitique s’est nettement assombri pour la Tunisie. En plus à la question socio-économique, cette question fondamentale pour la survie durable d’un état démocratique, à cette question, le nouveau gouvernement tunisien, ce premier gouvernement tunisien issu d’une vraie élection démocratique, n’a jusqu’à présent trouvé aucune réponse significative. Ajoutons à cela que le dernier hiver fut , de plus, particulièrement  rude  dans le Nord de la Tunisie, par endroits il y avait plus de neige qu’ en Allemagne, par surcroît  il y avait une pénurie de bouteilles de gaz (voir aussi Blognotice 22.12.2011) : donc une grande partie de la population n’a guère l’impression que les changements politiques aient engendré une amélioration de leur situation socio-économique personnelle , bien au contraire. Et si par malchance la Tunisie devait encore affronter un hiver rude comme l’hiver 2011/12 on aurait vraiment  à se faire des soucis.

Mais je pense que l’avenir du printemps arabe en Tunisie  se jouera principalement sur l’évolution socio-économique du pays. Pendant mes années tunisiennes, j’avais aussi la chance de travailler dans les ruraux tunisiens, du Sud au Nord, et toutes ces fortes impressions que les ruraux tunisiens m’avaient  laissé je les avais inclus dans mes cours sur la géographie du Maghreb, spécialement dans le chapitre que j’avais dénommé « le Djebel a faim ». En fait j’avais emprunté le titre de ce chapitre au livre de Serge Moati « Du Côté des vivants », livre que j’avais acheté à la librairie Milles-feuilles à la Marsa, – et dont la lecture m’accompagnait pendant mes travaux dans les ruraux brûlants de Tunisie. Je me permets de citer quelques passages d’un chapitre qui m’a fortement marqué, car j’avais l’impression qu’ en fait les choses n’avaient guère changé loin des côtes qui s’étaient enrichies avec le tourisme, mais qu’une grande partie de l’intérieur du pays, n’avait guère profité des retombées du tourisme. L’intérieur de terres tunisiennes, c’était des pays  bien loin des côtes touristiques,  de véritables planètes à part.

Précisons que ce que Serge Moati fils nous raconte se passe pendant le protectorat français.

« Il y avait aussi parmi eux quelques évadés politiques, je vous le concède. Beaucoup venaient de Tripolitaine. Ceux-là ont composé le premier noyau de ces bandes armées. Et puis, ils ont recruté ce qu’ils ont pu et comme ils ont pu, y compris des gamins excités et désœuvrés… – Ils ont trouvé des volontaires dans les bleds les plus perdus … Ils leur disaient : « Tu n’es pas content de ton sort, la récolte a été mauvaise ou il y de la sécheresse, ton patron, ce salaud de colon, t’a renvoyé, viens avec nous dans le maquis… » L’action pourrait se passer à l’identique en Calabre, en Sicile, en Corse…

Rejoindre les fellaghas devient pour des types paumés une façon de s’opposer de manière forte et, si j’ose dire, romantique, à la présence française…

– Je me permets de vous donner une preuve de ce que j’avance, enchaine Papa. Au printemps dernier, vous le savez, le recrutement des fellaghas s’est accru. Pourquoi, selon vous ? …

Parce que c’était la période de chômage la plus terrible ! Entre la récolte de l’alfa et la moisson. On rejoint les rangs des fellaghas aussi parce que l’on a faim et que l’on se sent abandonné ! Voilà !

-« Voilà ! » Dites-moi, Monsieur Moati, vous pourriez écrire une thèse sur les fellaghas! Vous semblez si bien les connaître ! Curieux, d’ailleurs ce savoir presque intime…

– Je sens les choses. Je connais mon pays. Je suis Tunisien, après tout…

– Je vous croyais Français ?

– Je suis franco-tunisien. Voilà ce que je suis. Et juif

– Je sais

– Et livournais. Et arabe.

– Tout ça ?

– Tout ça. Et j’en suis fier !

Le problème est social ! Il faut reclasser les fellaghas, leur trouver du travail, leur donner de quoi manger ! Ce serait tout à l’honneur de l’administration française et des nouveaux pouvoirs tunisiens! Comme dit le secrétaire général de mon parti, Elie Cohen-Hadria : « Rendre nourricière la steppe brûlante, c’est en fin de compte en arracher pour l’éternité, la semence des fellaghas ! »

-C’est beau comme l’antique.

– C’est surtout vrai » (Citations extraites des pages 253-257 du livre « Du côté des vivants » de Serge Moati).

Cette conversation entre Serge Moati père et un colonel de l’armée française, dont nous parle Serge Moati fils dans son roman autobiographique « Du Côté des Vivants », s’est passée  durant les années cinquante du dernier siècle et depuis beaucoup de choses ont changé: la présence française, les colons français ont disparu, les fellaghas pour ainsi dire aussi. Le récit de Moati, – fiction ou réalité vécue, – cela n’a aucune importance – car ce fut ce fut une des réalités vécues des ruraux tunisiens d’après-guerre.

Mais la steppe est restée aussi brûlante de nos jours,  et je crois que ces professions  de foi de Serge Moati père rapportées par son fils Serge – sont toujours valables  c’est au moins ce que je ressentais pendant mes séjours dans les ruraux tunisiens. Et je me disais, si un jour la Tunisie devenait  par chance un état véritablement démocratique,  se débarrassant  de son lourd historique autocratique, il faudra absolument trouver une solution pour les populations des ruraux marginaux, les faire participer à la richesse nationale!

Car si la « steppe brûlante » pour utiliser les mots de Serge Moati père et de Elie Cohen-Hadria, si la faim, les sentiments d’abandon,  tous ces maux persistent en Tunisie,  ne disparaissent pas aussi bien du Djebel, des bleds, que des quartiers pauvres du grand Tunis,  l’avenir pour la jeune démocratie tunisienne s’annonce  plutôt sombre. Ceci dit, cela ne se limite pas au cas tunisien, mais ces problèmes se posent dans tous les états du Maghreb et bien au-delà !

C’est vraiment un grand défi,  et franchement l’actuel gouvernement, premier gouvernement tunisien issu  d’une élection libre et démocratique, le Gouvernement Hamadi Jebali semble avoir des grandes difficultés à trouver des réponses adéquates à  ces problèmes difficiles et cruciaux pour l’avenir de la Tunisie. Mais à ceux qui voient le printemps arabe tourner au  cauchemar, – il faudrait peut-être rappeler que la voie vers la démocratie de nos états occidentaux fut aussi un chemin long, périlleux, plein de dangers, de déceptions, de violences … tout cela ce ne s’est pas construit du jour au lendemain. Cela a pris du temps, même beaucoup de temps, de grandes lenteurs!

Personnellement, je crois que la société tunisienne peut réussir sa transition démocratique même si le chemin à parcourir sera long et difficile. Même très difficile, – voir partir l’American Cooperative School of Tunis en fumée  cela affecte d’une certaine manière mon optimisme, mais néanmoins je veux bien croire aux mots que je prononçais dans les lumières du Fohrenbühl : « je ne suis pas voyant, je ne partage pas le pouvoir clairvoyant de tant d‘ « experts du monde arabe » mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien . »

Je me permets de finir ce billet avec une citation d’Isabelle Mandraud « Les islamistes n’ont pas pris le pouvoir avec le couteau entre les dents: ils ont été élus, démocratiquement. Ils ne sont d’ailleurs pas majoritaires, ce qui les a contraints à nouer une triple alliance pour gouverner un pays encore déstabilisé, qui tâtonne et qui se cherche aujourd’hui une identité. Comment pourrait-il en être autrement dans une petite république qui n’a jamais connu la démocratie, même au temps de Bourguiba? Oui, l’islamisation de la société est un sujet sensible, mais qui mérite mieux que des caricatures. (Mandraud, I. 2012a, p.1) ». Oui je pense, que ces mots écrits par Isabelle Mandraud, même après les évènements d’hier, n’ont rien perdu de leur signification – bien au contraire !

Œuvres & sources citées :

Mandraud, Isabelle (2012a) : Sur la Tunisie, halte au feu! Le Monde Géopolitique, N˚ 21038 daté Dimanche 9 – Lundi 10 septembre 2012, page 1. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Mandraud, Isabelle (2012b) : Tunis touchée par les violences anti américaines – Trois personnes sont décédées dans l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis par des groupes salafistes et des casseurs. Le Monde, Dimanche16- Lundi 17 septembre 2012, page 3. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Moati, Serge (2006) : Du côté des vivants. Paris, Librairie Artheme Fayard, ISBN 2-213-63087-9

Christophe Neff, écrit le 15.09.2012, publié le 16.09.2012

Été 2012: foudres et orages sur le Fohrenbühl

Nous passions la nuit du 28 au 29 juin 2012 à l’hôtel Adler au Fohrenbühl. Nous, c’était un petit groupe d’étudiants et moi en tournée de prospection pour un petit projet de recherche de dynamique végétale & dynamique de paysages dans la Raumschaft Schramberg. Le soir du 28 juin il faisait assez lourd, – et déjà ici et là  les premiers orages éclataient sur la partie nord de la Forêt Noire. Nous regardions avec le « Stammtisch » de l’Adler le match Allemagne – Italie. L’ambiance était électrique – le Stammtisch avait assez vite « découvert » que « Mario Balotelli » était une menace pour la Mannschaft. En  fin de match c’était une certitude, – Super Mario  avait littéralement achevé la Mannschaft. Le Stammtisch se levaient, déprimés – fatigués, – et prirent  le chemin vers les fermes isolées entre Windkapf, Fohrenbühl, Schondelhöhe et Moosenmättle. Une dernière bière, – un dernier Willi, – et la lourde nuit s’étalait sur les cimes des Pins sylvestres et  des Sapins du Fohrenbühl. Il faisait chaud et lourd. Lentement le sommeil s’emparait du paysage. A deux heures et demie  du matin, 2.30 exactement les fermes isolées du Fohrenbühl furent réveillées par un énorme coup de tonnerre, – la foudre venait  pour une fois de plus d’atterrir sur les sommets du Fohrenbühl. C’est ainsi que débuta une vague d’orages et une période de mauvais temps sur le Sud de l’Allemagne, qui depuis perdure plus ou moins. Orages, averses orageuse depuis sont à l’ordre du jour, et ici et la foudre tue – comme le 1.7.2012 – quand la foudre atteignit un groupe de « golfeuses » dans le land de Hesse. En Allemagne on  redécouvrait une fois de plus que la foudre  peut être mortelle , car les sociétés industrielles  ont tendance à sous-estimer les risques  que peuvent engendrer les orages. Le matin du 29.6 au Fohrenbühl, – Mario Balotelli, la défaite de la Mannschaft, – la crise de l’euro – tout cela semblait être oublié – reculait au second plan devant la force de la nature. On se téléphonait, pour savoir si tout allait bien, – pour s’assurer que ni ferme, étable et bêtes n’ étaient touchés par la foudre. En fait la foudre était descendue  dans une des forêts limitrophes , la terre avait tremblé, – le tonnerre avait déchiré le ciel et la lourdeur de l’air. Le Adlerwirt m’expliquait que depuis l’électrification de la Schwarzwaldbahn, et  la construction d’une ligne de Haute tension pour alimenter cette ligne de chemins de fer en électricité, les trajets de ces fameux orages remontant de France par la vallée de la Kinzig ( Orages dont j’avais déjà un peu parlé entre autres dans la Blognotice 19.5.2012: décidément la météo  ! ) avaient changé de trajectoire. La ligne de Haut-tension construite pour l’alimentation en énergie électrique de la Schwarzwaldbahn, d’après son impression, attirait systématique les orages et la foudre. En plus la Schondelhöhe essuyait de plus en plus de « foudre ».

Depuis cette nuit du 28 au 29. Juin 2012 – orages, averses orageuses etc. se succédaient dans le Sud de l’Allemagne- et en ce moment même où j’écris ces lignes une nouvelle bande orageuse traverse la Forêt noire. Orages, averses orageuses et beaucoup de pluies ,ce pluies qui  font ressurgir le souvenir d’un livre que j’avais dévoré dans ma jeunesse adolescente –  A Farewell to Arms – et qui vient d’être réédité dans une version bibliophile qui contient en version facsimilée une partie des manuscrits originaux et la couverture originale du livre de Hemingway, – dont un article de Julie Bosmann de la NYT et un billet de la RDL nous annonce l’existence. Cette nouvelle édition pourrait peut-être me rafraîchir la mémoire,  et de voir si vraiment ce roman d’inspiration autobiographique de Hemingway se passe réellement  sous la pluie comme les souvenirs de mes lectures me le font croire. J’avais lu le livre dans sa traduction allemande – In einem anderem Land – et il y a quelques années quelques chapitres dans la version originale.

En attendant la sortie de cette version « bibliophile » de « A Farewell to Arms » –  une fois de plus –pendant que j’écris ces mots, le tonnerre gronde sur le Leiningerland et je pense à un autre pays actuellement submergé par des pluies et flots diluviens –  le Sud-Ouest du Japon. On n’en parle guère ici en Europe. Apres le Tsunami, Fukushima – même si cette « catastrophe naturelle » n’a pas le même ordre de grandeur que le Tsunami et la catastrophe de Fukushima – le Japon est une fois de plus confronté aux « démons » de la nature. Je me rappelle  encore ces images parvenant du Japon juste après le Tsunami – un pays en détresse – couvert par des chutes des neiges incessantes – me rappelant d’autres lectures,  aux « pays de neige » de Kawabata. L’orage gronde encore sur le Leinigerland, – le DWD vient de sortir une « Amtliche WARNUNG vor GEWITTER mit STARKREGEN“ pour l’arrondissement de Bad Dürkheim ; le ciel s’assombrit, la période de mauvais temps sur le Sud de l’Allemagne semble perdurer  encore pour  quelque temps. Même dans nos sociétés post-industrielles, nous ne  sommes jamais à l’abri des caprices de la météo, de l’humeur de la nature.

Ecrit pendant un orage de juillet à Grünstadt, le 15.07.2012, publié le 15.07.2012

Christophe Neff.

Blognotice 12.6.2012

Vue sur le lido entre Leucate - Plage et Port Leucate depuis la
Vue sur le lido entre Leucate – Plage et Port Leucate depuis la pinède de la Falaise du Cap Leucate,  © C. Neff 30.5.2012

Pour en revenir à ma dernière blognotice sur les changements de paysages dans le pays Leucatois, à peine une journée après sa publication le 7 juin 2012 je tombe, en lisant le premier chapitre du Hors-Série N.1 de la revue le Palmier  sur le Chamaerops humilis ( livre édite par l’association „Les Fous de Palmiers“ dont j’écrirai sûrement plus tard  une critique un peu plus détaillée ):« un petit palmier qui ne perd pas le nord » chapitre écrit par Fréderic Tournay – encore une fois de plus une remarque sur la situation géobotanique exceptionnelle de Leucate.

Concernant les « peuplements résiduels » du palmier nain en France, nous trouvons dans ce petit chapitre de F. Tournay, la phrase – « Elle est enfin beaucoup plus rare à l’ouest du Rhône, où elle est très localement recensée dans le massif  de la Clape au Sud de Narbonne et à Leucate dans l’Aude (Noble, com. pers.) (Tournay, F. 2012, 8) ». Cette petite phrase, montre une fois de plus la singularité géobotanique et paysagère des différentes parties de la presqu’île de Leucate, plateau de Leucate, falaises, Cap Leucate etc. est très bien connue dans les milieux scientifiques (des sciences de la terre, du vivant et du paysage) – mais cette notoriété écologique des paysages de Leucate semble échapper à une partie des élus communaux. Ceci pourrait être une des raisons pour expliquer la construction d’un restaurant gastronomique sur un site Natura 2000 (Plateau de Leucate), – construction dont je parlais dans mon dernier billet.

Concernant les Chamaerops humilis de Leucate, je ne peux que confirmer la phrase de Tournay, car j’ai personnellement travaillé un peu  sur les palmiers et d’autres plantes exotiques (ou rares)  sur le territoire de la commune de Leucate (Neff1998,  1999, 2003). Dans la publication de 1999 il se trouve même une petite carte répertoriant les différents sites où  on trouvait des  palmiers nains. Le site du petit mini-golf abandonné, qui était un des sites de départ de naturalisation du palmier nain, a fait place à un nouveau rond-point de la D. 627 au sud-est de Leucate – Village (ancien Moural) – et a donc disparu.

Mais par contre dans les Pinèdes longeant la falaise aussi bien à La Franqui qu’à Leucate-Plage on peut trouver ici et là des Chamaerops humilis. Mais il faut préciser que je n’ai plus fait moi-même de prospections/relevés dans ces pinèdes depuis 2006. Par contre  à Port Leucate, j’ai pu observer dernièrement de jeunes pousses de Chamaerops humilis, – mais ceux-ci (comme les pousses assez fréquentes  de Phœnix canariensis (cf. Neff 1998))  sont assez souvent systématiquement « éliminées» par les services des espaces verts ou des jardiniers privés.

Leucate, avec le développement touristique des dernières décennies est aussi devenu  un paysage de palmiers, les palmiers les plus fréquemment plantés  sont Phœnix canariensis, Sabal palmetto (surtout à Port Leucate), et Chamaerops humilis. Notons qu’à la Franqui on trouve aussi quelques beaux exemplaires de Trachycarpus fortunei.

Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’actuelle équipe municipale et son maire « Michel Py »,  qu’ il faut essayer d’étendre la saison touristique si possible à une grande partie de l’année. Mais ceci nécessite une politique d’aménagement touristique raisonnable et durable qui ne dilapide pas le capital  naturel  du pays Leucatois:  son formidable paysage !

Bibliographie et sources citées :

Les Fous de Palmiers (2012)(Ed): Chamaerops humilis. Les Fous de Palmier, Hors – Série N. 1, Janvier 2012.(plus d’info ici)

Neff, C. (1998): Kulturlandschaftswandel, Fremdenverkehr und Biodiversität auf der Halbinsel Leucate (Dept. Aude/ Frankreich). In: Fremdenverkehrsgebiete des Mittelmeerraumes im Umbruch. Beiträge der Tagung des Arbeitskreises „Geographische Mittelmeerländer- Forschung“ vom 11.-13. Oktober 1996 in Regensburg. Regensburger Geographische Schriften, H. 27, 99-135, Regensburg. (ISBN 3-88 246-193-4)

Neff, C. (1999): Observation géographique  et floristique sur la presqu’île de Leucate. In: Bul. Soc. Et. Sc. Nat. Nimes et Gard, T. 62, 1999, 23-34. DOI: 10.5445/IR/1000121552 (Download sur KITopen) .

Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3)

Tournay, F.(2012): Un petit palmier qui ne perd pas le nord. In : Les Fous de Palmiers (2012)(Ed): Chamaerops humilis. Les Fous de Palmier, Hors- Série N. 1, Janvier 2012, p.6-9

Photo:  © C. Neff – Vue sur le lido entre Leucate-Plage et Port Leucate depuis la pinède de la falaise du Cap Leucate 30.5.2012

Christophe Neff, le 12.6.2012

Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois

Vue sur la Franqui 31.5.2012
Vue sur la Franqui,  © C. Neff  31.5.2012

Cela fait presque 20 ans déjà que je fais des  cours pratiques  sur les paysages méditerranéens, géobotanique et dynamiques des changements de paysages, souvent dans le « Midi méditerranéen français », – mais aussi au Portugal, en Italie etc.  Pour une fois de plus, avec 20 étudiants en géographie & écologie du paysage, nous avons passé une semaine (du 26.5 au 3.6.2012) à la découverte des changements de paysages et de la géobotanique dans les Corbières maritimes et le pays Leucatois. Et des changements de paysages, petits et grands, étaient au rendez-vous.

la gare de Leucate - la Franqui 31.5.2012
la gare de Leucate – la Franqui, © C. Neff  31.5.2012

La petite gare de Leucate-La Franquia eu droit à une nouvelle horloge. J’inclus toujours la petite gare de Leucate la Franqui dans mes cours, car d’une part on peut très bien expliquer le développement du premier tourisme balnéaire à la Franqui et à Leucate Plage, développement touristique qui était dans ses débuts très lié aux chemins de Fer. La petite  station balnéaire de la Franqui, fut une des premières stations balnéaires de la côte du Languedoc, et ceci déjà au 19eme siècle. En plus la gare de Leucate est un site privilégié pour observer les cigales, – les arbres longeant voie et quais de la petit gare sont, pendant l’été, « couverts » de cigales. Malheureusement cette année, le chant des cigales n’était pas au rendez-vous, l’été n’ayant pour ainsi dire pas encore réellement commencé !

Entrez libres - au clus de Ninon 2.6.2012
Entrez libres – au clos de Ninon 2.6.2012, © C. Neff 1.6.2012

Au village, – à Leucate village, – découverte d’une nouvelle librairie indépendante « entrez libres – au clos de Ninon », – en fait  c’est une librairie salon de thé. Belle idée, – je cite le texte sur le site de cette nouvelle librairie Leucatoise « „Entrez Libres“ est une librairie pour se retrouver entre amis, mais aussi  faire de nouvelles rencontres, autour des mots et des idées. Elle se veut un lieu de paroles et d’expression, où pourront se mêler les styles, les cultures et les générations. »  Ainsi Leucate village, possède donc deux librairies, la librairie Adamus, – dont j’ai déjà parlé ici et et maintenant la librairie « entrez libres – au clos de Ninon ». Fait remarquable, car autre-part assez souvent les librairies, surtout les librairies indépendantes sont plutôt une « espèce en voie de disparition ».

Cap Leucate - vignes et sémaphore du Cap Leucate
Cap Leucate – vignes et sémaphore du Cap Leucate, © C. Neff 1.6.2012

Autre découverte, – le Mas des Caprices, un nouveau producteur de vins, qui s’est installé à Leucate, depuis quelques années déjà, mais que je viens de découvrir seulement maintenant.  Mireille et Pierre Mann, d’origine alsacienne, ont  tenté  en 2005 leur aventure vigneronne bio sur le plateau de Leucate.  Une partie de leurs vignes, se situe juste en face du sémaphore du Cap Leucate, pas loin de la parcelle sur laquelle je « suis » attentivement depuis de  longue années la dynamique végétale (Neff, C. 1999). Le blanc de l’œuf, Corbières blanc délicieux, provient de ce vignoble du Cap Leucate, à quelques pas, du sémaphore, de la falaise et de la fameuse plagette, et naturellement de la parcelle dont je suis la dynamique depuis de longues années. De voir  la « vigne » renaitre entre plateau et falaise de Leucate  et en même temps, il faut le noter, la reprise du pâturage sur une partie du plateau de Leucate,  laisse espérer  que la dynamique du paysage a pris, au moins sur cette partie de la « presqu’ile de Leucate » la bonne direction.

Cap Leucate – vue sur le Klim & Ko et le phare du Cap Leucate, © C. Neff 1.6.2012

Mais le changement de paysages le plus visible dans le pays Leucatois est certainement le restaurant Klim & Ko sur la falaise pas loin du Phare du Cap Leucate.  Comme une surcoupe volante le Klim & Ko, – disons le bâtiment conçu par Éric Raffy, survole  les vignes et garrigues du Cap Leucate. Esthétiquement parlant  le bâtiment est plutôt une réussite – pour le reste on dirait que c’est  un « vestige » bien visible du « Sarkozistan »  qui garnira pendant longtemps le paysage visuel du Cap Leucate. On pourrait naturellement se demander légitimement comment une telle construction – en pleine  zone Natura 2000 – peut obtenir un permis de construction. Et ceci dans un des derniers sites en France où  l’on trouve encore  la  Violette ligneuse (Viola arborescens) (cf. Neff 2003),espèce protégée au niveau national  français (fiche sur Viola arborescens sur le réseau telabotanica)  – qui en dehors du site entre le phare du Cap Leucate et le Sémaphore du Cap Leucate a presque entièrement disparu en France. Mais dans la France du Sarzkozistan, – et malheureusement même avant l’ère Sarkozistan – on a toujours eu une grande liberté avec les lois environnementales.

Ici la ville de Leucate investit pour vous Site de la falaise/Cap Leucate, © C. Neff 28.05.2012

En plus, sur les panneaux encore en place devant le Klim & Ko nous apprenons que la ville de Leucate a investi ici pour un « site d’accueil et promotion de la falaise » ,mais en fait il s’agit d’un restaurant gastronomique, ce qui n’est pas mentionné sur le panneau d’autopromotion de la marie de Leucate. On pourrait aussi légitimement se demander si l’argent de du contribuable doit servir à faire démarrer un « restaurant gastronomique » sur un site protégé ?!

Cette histoire du Klim & Ko, construite sur une des dernières perles sauvages de la méditerranée, un des derniers sites où  on trouve encore des Violettes  ligneuses, n’est certainement pas une référence pour le Maire de Leucate, Michel Py, qui en ce moment se présente pour la députation de la deuxième circonscription de l’Aude. Peut-être Michel Py entrera –t-il dans l’histoire politique, pour y avoir arraché cette circonscription historique, – ce fut la circonscription de Leon Blum pendant la troisième république, à la gauche, et ceci grâce  aux rivalités et guerres  de clan de la gauche Audoise. Notons que l’Indépendant pense que Michel Py na guerre de chance de prendre place sur le « fauteuil de Léon Blum ». Mais Monsieur Py, avec cette obscure idée  d’utiliser l’argent du contribuable, pour valoriser le site de la falaise de Leucate, en y construisant un restaurant gastronomique, dans un site classe Natura 2000, risque bien de trouver sa place dans les livre d’histoire du paysage français, comme le maire, ayant sacrifié  un des derniers  sites  de « Viola arborescens » françaises ,en fait  ce fut la plus grande station de Viola arborescens en France !

Concernant le Klim & Ko, étant entre autre aussi amateur de  bonne cuisine & de bons restaurant, – je vais certainement un jour y rendre visite, – le mal est déjà fait, – et donc pourquoi pas en profiter pour un bon repas gastronomique, en espérant  que les travaux de construction (qui  vont bientôt atteindre leurs fins) et les piétinements en plus que va certainement occasionner ce restaurant sur la falaise, ne vont pas sonner le glas pour les derniers viola arbustives. Concernant le cadre et le site du restaurant, – il est certes très exceptionnel, – mais de croire comme l’a fait Michel Py durant l’inauguration du Klim & Ko, je cite la dépêche du Midi « Leucate ; le restaurant Klim and Co inauguré : Enfin, Michel Py, maire de Leucate, a félicité tous les partenaires de ce projet qui offrira un nouveau haut lieu de la gastronomie ouvert à l’année afin d’ouvrir davantage le tourisme aux quatre saisons, en espérant également que ce site magnifique mènera ces nouveaux chefs vers toutes les étoiles.» – que le seul fait d’avoir un cite exceptionnel  pourrait être un  gage pour recevoir une  des fameuses  étoiles Michelin montre que Monsieur le Maire n’a que de piètres  connaissances de la géographie gastronomique française. Une très grande partie des tables étoilées françaises ne se trouvent pas sur un  site paysage exceptionnel,  bien au contraire. Il y en a, – mais c’est plutôt rare. Les tables étoilées, ont eu droit à leur(s) étoile(s) grâce au génie de leurs « grands chefs » – mais le cadre paysages n’y est pour rien !

Le grand virtail de St. Jacques de Port Leucate, © C. Neff 2.6.2012

Je finis donc  ce petit tour d’horizon  des changements de paysages dans le pays leucatois, – avec le constat, qu’une fois de plus  les hommes et le temps ont modifié le paysage. La gare a une nouvelle horloge, le village a maintenant  une libraire de plus et un nouveau domaine viticole bio. Le nouveau restaurant Klim & Ko sur la falaise, – est certes une réussite au niveau architectural, – concernant la géographie gastronomique des Corbières cela pourrait  enrichir le paysage culinaire régional, – pour le volet environnemental ce projet de valorisation de la falaise de Leucate pourrait bel et bien sonner le glas pour un site qui fut considéré comme la plus grande  et plus belle station de Viola arborecens en France. Pour enfin finir ce tour d’horizon de changements de paysage récent dans le pays Leucatois, notons que le premier des vitraux crée par  Jacques Loire du Centre international du vitrail de Chartres pour l’Eglise St. Jacques à Port Leucate vient d’arriver à destination. Le nouveau vitrail montre St. Jacques arrivant en bateau baigné par les couleurs et lumières en plein nef de la nouvelle église de Port Leucate. Là, enfin, – une vraie réussite !

Je viens donc de passer une très belle semaine de cours sur  la dynamique & géobotanique des paysages méditerranéens avec un groupe d’étudiants très engagé. Semaine riche en observations dont j’ai décrit quelques impressions ici même. Ce fut aussi une semaine avec une météo estivale, – sur le plateau de Leucate les températures oscillaient entre 29 et 34 C., presque pas de vent, ce qui est assez exceptionnel pour Leucate. Qui, même sans chant de cigales, cette semaine fut une vraie semaine de paysages estivaux dans le pays Leucatois entre Mer, Falaise et Corbières.

Bibliographie:

Neff, C. (1999): Observation géographiques et floristiques sur la presqu’île de Leucate. In: Bul. Soc. Et. Sc. Nat. Nimes et Gard, T. 62, 1999, 23-34. DOI: 10.5445/IR/1000121552, (Download KITopen).

Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3)

Photos : Toutes © C. Neff; 1. Vue sur la Franqui (31.5.2012), 2. La Gare de Leucate – la Franqui (31.5.2012), 3. Entrez libre – le Clos de Ninon à Leucate Village (2.6.2012), 4. Vignes et Sémaphore du Cap Leucate (1.6.2012),  5. Vue sur le Klim & Ko et le phare du Cap Leucate depuis le plateau de Leucate (16.2012), 6. Ici la ville investit pour vous (Site de la Falaise/Cap Leucate 28.5.2012), 7. le grand virtail de St. Jacques de Port Leucate (2.6.2012)

Christophe Neff, le 7.6.2012

Blognotice 5.5.2012 : – la géographie le grand gagnant du scrutin des présidentielles 2012

Le matin du mercredi deux mai, le jour où la France se préparait au fameux débat présidentiel, le face en face du second tour de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, je préparais un cours sur les changements de paysages et  la géobotanique en Outre-Forêt. Les orages matinaux  se dissipaient, la chaussée encore mouillée, – avant de me mettre au travail je déposai ma procuration de vote pour le deuxième tour des présidentielles à la (nouvelle) gendarmerie de Lauterbourg. En fait, je voulais faire une prospection botanique dans le delta de la Sauer à Munchhausen, – faire une reconnaissance géobotanique & phénologique pour voir quelles plantes était déjà en fleurs,  si les orchidées avaient déjà commencé leur floraison. La route entre Mothern et Munchhausen était coupée, j’ai dû prendre la route de déviation via Neewiller-près-Lauterbourg, Wintzenbach pour accéder à Munchhausen, et c’est ainsi que je découvris une fois de plus la géographie de la France, – cette petite face d’Outre-Forêt que je ne connais guère. La grotte de lourdes, la soi-disant grotte du curé Heitz à Mothern, – un petit restaurant de campagne pittoresque  à Neewiller-près-Lauterbourg, le restaurant de la République, une allée de platane, la D. 468 entre   Neewiller-près-Lauterbourg   et Wintzenbach digne des plus belles allées de platanes dans le midi français, ici et là quelques vestiges du vignoble nord-alsacien, qui autrement a presque disparu du nord de l’Alsace, sauf dans les environs de Cleebourg ou la viticulture subsiste encore (le fameux vignoble de Cleebourg qui s’étend sur les communes de Cleebourg, Rott, Oberhoffen les Wissembourg, Steinseltz et de Riedseltz),  et dans la tranche que la route creuse entre Wintzenbach et Munchhausen à travers les dépôts limoneux et quelques vestiges de lœss les muscaris à toupet en pleine floraison. Arrivé  à  Munchhausen, après avoir traversé le pont de la Sauer à pied, – les Euphorbe des marais en fleurs, le paysage acoustique des chants du Coucou et des Cigognes claquetant.  De loin, parfois le lointain bruit résonnant d’un train sur la ligne Strasbourg-Lauterbourg.  Autrement c’est presque calme, – un paysage acoustique qui a presque disparu en Allemagne. Par vent d’est on peut entendre les vibrations de moteurs diesel des chalands du Rhin. Je fais quelques photos,  en fait j’ai déjà une vraie petite collection  de photos des paysages de Munchhausen, à travers les diverses saisons. Retravesant le pont de la Sauer, le clocher de Munchhausen en face de moi, je constate qu’on a beaucoup parlé de géographie durant cette campagne présidentielle – de paysages, des ruraux, de désindustrialisation – toute cette campagne elle etait pleine de géographie – un vrai tableau géographique de la France 2012.

Décidemment la « géographie » semble être le grand gagnant de cette élection présidentielle, et ceci grâce au petit livre gris du géographe Christophe Guilluy « fractures françaises » – livre qui a été écrit en 2010 et qui essaye de nous expliquer la perception de la mondialisation par les couches populaires françaises. Le livre a remis la géographie à la une des journaux (p.Ex « Intellectuels et politiques, une planète en recomposition dans le Monde.fr, ou «Au fond, la gauche pense que les électeurs du FN sont stupides» sur slate.fr ), et l’auteur Christophe Guilluy a eu droit à quelques interviews dans la presse nationale, dernièrement dans le Nouvel Observateur sous le titre « Le FN à une sociologie de gauche ». Le livre nous propose une lecture intéressante de la « géographie sociale actuelle de la France » et il a certainement le mérite de parler des milieux populaire dans l’espace rural français. Parfois je me demande, si les journalistes qui aiment tant citer le livre de Christophe Guilluy ont vraiment lu ce petit livre gris. La vote FN, en fait n’est ni une fatalité, ni un phénomène nouveau, – je renvoie  à l’élection présidentielles en 1995 et le score exceptionnel du FN en Alsace.

Les saisons d’Alsace avait consacré un fort intéressant numéro « Réinventer l’Alsace – face aux dérives extrémistes et au repli identitaire » – livre qui mériterait certainement la relecture   et la comparaison avec l’ouvrage de Christophe Guilluy. La France périphérique dont nous parle le livre de Guilluy, c’est cette France rurale & périphérique dans laquelle je travaille depuis vingt ans, – embroussaillement, fermeture du paysage, risque croissant des incendies de forêt, mais aussi « californisation » des paysages ruraux – engrenage de l’habitat avec la forêt croissante   – c’est l’autre image de ces ruraux périphériques. Et cette image ne se limite pas à la France, en fait elle se rencontre aussi bien dans l’Alentejo au Portugal, qu’en Forêt Noire en Allemagne. Le désert médical est une autre facette de cet abandon des ruraux européens, – le petit pays où j’ai grandi en Forêt-Noire en Allemagne, la Raumschaft Schramberg,  qui depuis quelque mois ne dispose plus d’hôpital ! Si j’ai une remarque critique envers le livre « fractures françaises » c’est  qu’il ne nous présente pas la dimension européenne du problème, car si nous voulons trouver des solutions durables  pour les multiples problèmes que subissent les ruraux périphériques européens face aux conséquences d’une « mondialisation dérapant » il  faut les trouver au niveau européen. Repliés  sur eux-mêmes, ni la France, ni l’Allemagne ne pourront pas y faire face. Néanmoins je trouve que le livre de Christophe Guilluy nous propose une lecture intéressante de la géographie de la France, – même si je n’adhère pas aux « interprétations marxistes » ou « néo-marxistes » de l’auteur. Mais le livre de Guilluy a déjà le mérite d’exister et de rappeler que la géographie a aussi son mot à dire. En Allemagne, la géographie, comme science universitaire et comme science applique se rétrécit de plus en plus.

Finissons avec une autre image d’outre-foret: en traversant la voie ferrée qui relie la gare Sncf de Lauterbourg au port rhénan de Lauterbourg  et en voyant le début d’une reprise végétale sur la voie ferrée, suggérant qu’il n’y a plus beaucoup de trains qui circulent entre le port rhénan de Lauterbourg et la gare Sncf, si il y en circule encore de trains et l’observation  qu’ il y a quelques années sur les faisceaux de voies sur la gare de Lauterbourg étaient encore garés des longs trains de marchandises – aujourd’hui ce faisceaux de voies la plus part du temps il est vide; l’abandon des ruraux français par la Sncf est une très bonne image de la désindustrialisation de tout un pays. Le fait que la voie ferrée reliant le port de Lauterbourg au réseau Sncf est de plus en plus recouverte  par l’herbe –ce n’ est certainement pas un drame – mais de voir comment la ligne des Causses et la ligne des Cévennes sont de plus vouées à un lent abandon – on pourrait se demander  si dans cinq ans le massif central  sera aussi un désert ferroviaire. Fermeture des paysages par la reprise végétale massive, (et dans le midi cette fermeture du paysages est toujours équivalente de  l’augmentation des risques d’incendies des forêts), désindustrialisation, abandon du service publique (fermeture d’hôpitaux, de ligne de chemins de fer, de classes d’écoles) sont souvent les conséquences de ce que j’appelle les « changements globaux » dans mes cours – et dans beaucoup de paysages ruraux – la population qui subit ces conséquences  se sent trop souvent à l’abandon. Ce sentiment d’abandon il se manifestera surement dans les résultats des prochaines législatives de juin 2012. Le livre de Christophe Guilluy nous propose une intéressante lecture de cette France que se sent à l’abandon – et il nous donne  des explications pour pouvoir comprendre  le vote FN.

Pourquoi avoir combiné les impressions d’une reconnaissance de terrain pour un cours de géographie dans un terroir français, un pays français qui se nomme Outre-Forêt avec l’analyse d’un livre de géographie sur dynamique de la géographie humaine française et les conséquences territoriales des effets de la mondialisation? Comme géographe, j’observe les changements des paysages, je les analyse et je les interprète;  je suis pour ainsi dire à l’écoute des paysages et  surtout à l’écoute de la dynamique du manteau végétal, de géographe agraire, de la géographie des paysages. C’est mon métier!

Les élus devraient aussi investir plus de temps pour être à l’écoute des ruraux français et de chercher des solutions pour l’attente des habitants de « ruraux français ». Naturellement des solutions miracles, comme le précise Christophe Guilluy dans son livre n’existent  pas – mais le fameux « alternativlos » – le soi-disant « sans-alternative » – qu’on entend si facilement sortir de bouches de hommes & femmes politiques, que ce soit en France ou en Allemagne, – cette politique peut entraîner une (grande)  partie de l’électorat rural dans les bras des parties extrémistes ! Etre à l’écoute permanente de ses électeurs –pas seulement avant une échéance électorale, trouver des solutions, même si cela n’est pas toujours facile, – c’est aussi le métier d’un élu!

Photos: toutes © C. Neff  1.) Vue sur Munchhausen (2.5.2012), 2.) le restaurant de la République à Neewiller-près-Lauterbourg (2.5.2012), 3.) Fleur de Muscari comosum bordant la D. 80 entre Munchhausen & Wintzenbach (2.5.2012).

Livres et articles citées :

Guilluy, Christophe (2010) : Fractures françaises. Paris, ( François Bourin Editeur), ISBN 978-2-84941-201-5

Le Nouvel Observateur (2012) : Le FN a une sociologie de gauche. Une interview  de Christophe Guilluy. Propos recueillis par Herve Algalarrondo. Le Nouvel Observateur, 3 mai 2012, p.44, n. 2478

Reumaux, Bernard (Éd.)(1995) : Réinventer l’Alsace. Face aux dérives extrémistes et au repli identitaire. Les Saisons d’Alsace, Automne 1995, n. 129.

Christophe Neff, le 5.5.2012