Blognotice 12.6.2011

Voici le 200 ème article du blog paysages, – plutôt une petite notice, une blognotice. C’est donc depuis un plus de deux ans, après avoir vécu un grave accident, en prenant un peu comme modèle  le blog franco-allemand « Berlin en parle » de Claire Lis Buis (Blog ayant malheureusement cessé de fonctionner le 3 février 2010), que j’ai débuté le 24.5.2009  avec l’article « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? » D’écrire paysages. Depuis donc, 200 articles et petites notices ont été écrits, et  55.558 visiteurs (d’après les statistiques wordpress) ont rendu visite à paysages. Dans le petit tableau suivant on trouve les cinq articles ayant, depuis la création de paysages ,reçu le plus de visites.

Pl. Article %
1.) Sturm Xynthia : Blick von der Unterhaardt auf La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon und Port Leucate 6,96%
2.) 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes 6,55%
3.) De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka 3,90%
4.) Ein paar Worte zur Resonanz des Buches „Indignez- vous!“ von Stéphane Hessel in der Rheinpfalz vom 4.1.2011 3,69%
5.) Das Biafrakind 2,77%
23,87%

 

Si on en croit l’outil ClustrMaps la plus grande partie des lecteurs provient de France et d’Allemagne (voire le Tab. suivant) ce qui confirmerait un peu le caractère franco-allemand du blog paysages. Surprenant de voir la Tunisie dans le lectorat de paysages, – mais notons que « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir » est , je crois, le seul article de paysage ayant reçu des recommandations Facebook, et l’article « Les lumières du Fohrenbühl et la révolution tunisienne » semble aussi avoir trouvé certains lecteurs en Tunisie, et bien sûr  les neiges de Jendouba, qui se retrouvent aussi dans les articles les plus lus de paysages.

Pl. Pays %
1.) France 44,93
2.) Allemagne 27,75
3.) Suisse 4,61
4.) U.S.A. 4,21
5.) Tunisie 3,31
84,81%

 

Je finis cette petite blognotice avec deux photos. L’une montre la RB 188881  assure par une BR 643 004 (Br 643 Bombardier Talent) entrant en gare de Lauterbourg à 17.36, juste quelques minutes après le départ du TER 830741 à 17.32 vers Strasbourg, donc pour la prochaine correspondance vers Strasbourg,il faut attendre presque une heure. Décidément, les deux entreprises ferroviaires la Sncf et la DB auraient pu se mettre d’accord sur ces quatre minutes de correspondances transfrontalières. Petit pépin de la réalité transfrontalière franco-allemande loin des grands discours symboliques de l’amitié franco-allemande. L’autre photo nous montre le reste de la rivière Sauer, presque à sec, dans le delta de la Sauer à Munchhausen, – la sécheresse sévissant dans une grande partie de la France et en Allemagne a réussi à mettre à sec une grande partie du delta de Sauer ; si cette sécheresse continue de sévir nous allons rencontrer dans les deux pays des scénarios d’ incendies de forêts comme ils sont decoutume dans le midi français,  et en plus les deux pays auront de sévères difficultés à refroidir leurs centrales thermiques électriques,  qu’ il s’agisse de centrales nucléaires ou de centrales classiques thermiques (charbon, gaz, mazout) ; nous risquerons donc bientôt d’avoir de sérieux problèmes d’approvisionnement en électricité dans les deux pays.

Je finis cette petite notice franco-allemande en renvoyant aux remarquables nécrologies de Pierre Assouline et de Herta Müller pour Jorge Semprún. Et pour enfin trouver la fin de cette petite blognotice, pourquoi la presse française, voire francophone ne nous parle pas plus du prochain Friedenspreis des deutschen Buchhandels, qui sera décerné durant la prochaine Buchmesse de Frankfurt à Boualem Sansal, – juste une petite notice dans el Watan, – mais autrement c’est  plutôt le silence complet. Comme le rappelle le SPON –   Wichtigste deutsche Kulturauszeichnung  – Boualem Sansal erhält Friedenspreis – le Friedenspreis des deutschen Buchhandels – est considèré en Allemagne comme le plus prestigieux prix culturel allemand – mais apparemment en France cela ne semble pas être connu.

Photos toutes © C. Neff 2011

Christophe Neff le 12.06.2011

Quelques mots sur le billet « Gracq en guerre ou comment Louis devient écrivain » de la République des livres

Les vastes paysages du Pfälzerwald en tête, revenant de la sortie avec la Pollichia au Grünstadter Berg dimanche le 15.5.2011 je découvris un billet de la République de livres rempli de paysages et de géographie. Naturellement la caravane des commentateurs sur la RDL s’est déplacée depuis vers d’autre lieux – en ce moment chez un libraire en colère dans un quartier du bas des Champs Elysées. Mais le billet « Gracq en guerre ou comment Louis devient écrivain » était tellement rempli de « paysages » que le verbe en tremble; que j’ai laissé les mots suivants dans les commentaires « Revenant d’une longue ballade à travers le Grünstadter Berg – avec ces beaux panoramas qui s’ouvrent vers l’Ouest, le Mont Tonnerre, le Pfälzer Wald et tout au fond à l’ouest la Lorraine et la France – cette lecture paysagère parachevait un beau matin de dimanche ! Belle Phrase « Au fond, l’œuvre de Julien Gracq Français viscéralement attaché à l’Ouest, ne serait-elle pas la démonstration que « la géographie, ça sert aussi à faire la littérature ? ». Et toujours cette guerre, partout cette guerre …. » –

« Et c’est ainsi que le billet de Pierre Assouline commence « La guerre, la guerre, la guerre. Il est peu de visiteurs de Julien Gracq , à Paris comme à Saint-Florent-le-Vieil, qui ne se souviennent l’avoir écouté parler de la guerre. Ou plutôt des guerres, la grande et la dernière. La première fois, il avait 8 ans lorsqu’il entendit les volées de cloches et les sonneries de clairons annonçant la signature de l’armistice à travers tout le pays et, partant, le début du XXème siècle ; la seconde fois, il avait 29 ans lorsqu’il assista impuissant et les armes à la main à l’effondrement de son pays et de son peuple. Comment la guerre aurait-elle jamais pu le lâcher ? » – toujours cette guerre, le soir même de ce dimanche 15 mai je remontai vers le Grünstadter Berg, pour prendre encore quelques photos, et en voyant le Donnersberg, le Mont Tonnerre en français , lieu qui donna son nom au Département historique du Mont Tonnerre, je me souvenais qu‘ une semaine avant, le 8.5.2011, j’avais participé à la cérémonie d’honneur pour Libéro Casciola à Hussigny, Libéro Casciola mort en déportation dans un camp en Allemagne, toujours ces souvenirs de guerre que je n’ai pas vécu mais qui sont toujours omniprésents.

Il y a quelques jours en revenant d’une sortie en Alsace , précisément le delta de la Sauer, roulant sur la Weinstraße, quelques kilomètres avant Grünstadt, entre les villages de Herxheim an der Weinstraße et de Kirchheim an der Weinstraße, je découvris perdu dans les vignes le petit cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. Il n y a plus de communauté juife à Kirchheim depuis la période tragique de 1933 – 1945 ; au milieu des tombes, une petite plaque commémorative de 1947 rappelle l’existence de la petite commune juive de Kirchheim.

„Durch Menschenhand wurde auch dieser jüdische Friedhof im Nov. 1938 vollständig zerstört. Selbst den Toten nahm man ihren Frieden.

Dieses Monument wurde durch die Gemeinde Kirchheim A.D. Eck im Jahr 1947 als Wiedergutmachung errichtet. Es soll eine ewige Mahnung sein, dass eine Schändung des Menschenantlitzes wie in den Jahren 1933- 1945 geschehen, sich niemals wieder ereignen möge, denn alle Menschen sind doch Brüder und haben einen Gott„.

« Par la main de l’homme ce cimetière juif fut complètement détruit en Novembre 1938. Même aux morts on vola leur paix.

Ce monument fut érigé par la commune de Kirchheim A.D. Eck (aujourd’hui Kirchheim an der Weinstraße) comme acte de repentance. Le monument veut servir d’appel éternel, pour qu’une profanation de l‘ « humain « comme cela eut lieu pendant les années 1993 – 45 ne se répéte plus jamais, car tous les hommes sont frères et ils ont un seul dieu ». (trad. C.Neff)

Ceux qui sont en train de fossoyer le rêve d’une Europe citoyenne unie et sans frontière devraient peut- être un jour se souvenir du « jamais plus cela » et traverser les vignes de la Unterhaardt en silence pour retrouver le vieux cimetière juif de Kirchheim et se rappeler pourquoi Konrad Adenauer, Charles de Gaulle, Willy Brandt, François Mitterrand et Helmut Kohl (et tant d’autres) ont tant œuvré pour ce rêve d’une Europe sans frontières.

Photos :

Vue sur le Mont Tonnerre. © C. Neff 15.5.2011

Plaque commémorative au vieux cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. Vue sur le Mont Tonnerre. © C. Neff 17.5.2011

Au coeur des vignes – les tombes du vieux cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. © C. Neff 17.5.2011

Christophe Neff, Grünstadt le 22.5.2011

P.S : Très bon interview de Franz Walther Steinmeier dans le SPON sur l’etat actuelle de l‘ Europe politique.

Blognotice 6.5.2011 : – souvenir d’une longue attente pour un enfant du Pays-Haut mort en déportation

Le 8 mai 2011 une stèle en l’honneur de Monsieur CASCIOLA LIBERO, enfant de Hussigny-Godbrange décédé en déportation, sera inaugurée à Hussigny-Godbrange devant le groupe scolaire.

La semaine dernière, vers le mercredi le 27.4.2011 je m’apercevais que l’article, Quelques nouvelles de Grünstadt (26.9.2009), était d’un jour à l’autre visité plusieurs fois par jours, alors qu‘ avant cette date cette petite notice de blog ne recevait presque pas de visite (15 depuis la création le 26.9.2009 jusqu’au 27.4.2011). Je m’aperçus donc sur mon wordpress « dashboard » dans la rubrique « Mots clefs utilisés pour trouver votre blog » que le mot « Libéro Casciola » était de plus en plus présent, – et effectivement dans la petite notice de blog du 26.9.2010 je parlais entre autres de Libéro Casciola, – cousin de mon grand père Jean Migliori – Libéro Casciola mort en déportation en Allemagne. Après une petite recherche Google je découvris sur la homepage de la commune d‘ Hussigny-Godbrange, qu’en fait la commune de Hussigny allait commémorer le sort tragique du cousin de mon grand-père Jean Migliori avec une petite cérémonie le dimanche 8.5.2011.Cérémonies du 8 mai 1945

„Le Maire et son Conseil Municipal invitent toute la population à participer aux cérémonies du 8 mai 1945 ainsi que celle des victimes de la déportation qui auront lieu le dimanche 8 mai 2011 à 10h30 au sein de l’école Jacques Prévert.

A cette occasion, une stèle en l’honneur de Monsieur CASCIOLA LIBERO, enfant de Hussigny-Godbrange décédé en déportation, sera inaugurée devant le groupe scolaire.

A l’issue de ces cérémonies, un vin d’honneur sera offert dans le cour de l’école.„

(Source: Site officiel de la Mairie de Hussigny-Godbrange , dernière consultation le 6.5.2011 vers 7:00)

Et comme on ne trouve pas grand-chose dans le web sur Libéro Casciola – une copie de la déclaration de décès du journal officiel du 7 aout 2007 dans le site morts dans les camps – les quelques internautes qui cherchent à en savoir plus sur l’histoire de Libéro Casciola atterrissent chez paysages, la plupart du temps dans le billet du 26.9.2009. C’est ainsi que je découvris la cérémonie d’honneur que la mairie de Hussigny préparait pour le 8.5.2011. Cette découverte je la fis, – il y a parfois vraiment d’étranges coïncidences – en lisant les derniers chapitres du roman « Lutetia » de Pierre Assouline qui décrit  les jours de 1945 où l’hôtel Lutetia fut un centre de « rapatriés ». « « Ne dites pas « déporte » mais « rapatrié ». C’est le terme que nous avons adopté dans nos rapports, lettres et circulaires. Alors dites « rapatrié » vous aussi, sinon vous ne vous comprendrez pas (Assouline, P. 2006, p. 336). » Les souvenirs d’enfance d‘ Eckbolsheim, c’est ici que j’appris la première fois l’histoire tragique de Libéro Casciola, par la voix de mes grands-parents, – histoire qui depuis m’a poursuivi comme une ombre invisible – se mêlaient avec le récit, les yeux, les impressions du personnage fictif d‘ « Édouard Kiefer » – voyant les « déportées » arrivées au Lutetia – et voyant les proches, les familles, les amis attendre l’arrivée d’un proche. L’attente infinie d’un proche – qui ne reviendra peut être jamais. Comme gamin en 1968 à Eckbolsheim, j’avais eu le sentiment que dans ma famille, comme dans la fameuse chanson J’attendrai interprétée par Rina Ketty, on attendait encore le retour de Libéro.

J’attendrai,

Le jour et la nuit,

j’attendrai toujours

Ton retour …

J’attendrai

Car l’oiseau qui s’enfuit vient chercher l’oubli

Dans son nid

Le temps passe et court

En battant tristement

Dans mon coeur plus lourd

Et pourtant, j’attendrai

Ton retour

(Dino Olivieri (music), Nino Rastelli (paroles italiennes de l’originale italien Tornerai),  Louis Potérat (paroles françaises)).

Et depuis, cette histoire du « cousin Libéro Casciola » mort en déportation à Bergen-Belsen n’a cessé de me poursuivre.  C‘ est comme petit gamin dans la rue de pommes à Eckbolsheim que je compris qu’il y avait eu durant les années 1940 un triste événement qui avait déchiré l’Europe, – une barbarie sans précédent – et que le responsable de cette barbarie était l’Allemagne nazie. C’est là (et à Schramberg – Sulgen et à Saulgau) que j’entendis la première fois les mots, camps, déportation, résistance, le Struthof, Bergen-Belsen, Dachau, le Heuberg  – mais aussi des noms comme Stalingrad et Tambov – le camp N° 188 dit camps des français. Et c’est peut-être encore une coïncidence de plus,  le vendredi 29.4.2011 le soir sur Arte je regardai le film policier « Hunkeler et l’affaire Livius » de Stefan Jäger avec Matthias Gnädiger dans le rôle principal du commissaire Peter Hunkeler – film qui se base de sur le roman de Hansjörg Schneider « Hunkeler und der Fall Livius » – et c’est encore une fois de plus les ombres de l’histoire franco-allemandes, les ombres personnelles de ma famille qui réapparaissent. En regardant le film,  je me demande pourquoi les réalisateurs ont transformé le nom de Baldersdorf en Balderskirch dans le film. Car c’est  bien le massacre de Baldersdorf qui est au cœur du roman de Hansjörg Schneider.

Er schob das eiserne Tor zum Friedhof auf. Die Gräber lagen in Reih und Glied. Viele von Ihnen waren kürzlich besucht worden, die Querwege waren gepfadet. Hinten an der Rückwand stand ein großes Kreuz. A la mémoire de nos enfants fusilles au camp de Struthof war zu lesen, in Erinnerung an unsere Kinder, die im Lager Struthof fusiliert worden sind. Zehn Namen waren aufgelistet, es waren die Namen der Burschen aus Ballersdorf. Die Schneefläche davon war unberührt, niemand hatte den Fuß hineingesetzt. (Schneider, HJ. 2009, p. 189)

Il remua la porte en fer du cimetière. Les tombes étaient allongées une après l’autre. Beaucoup de tombes avait reçu des visites récemment, les chemins couverts de neige ressemblaient à des sentiers. Derrière il y avait une grande croix. On pouvait lire « A la mémoire de nos enfants fusillés au camp de Struthof ». Il y avait dix noms, c’était les noms des garçons de Ballersdorf. La neige devant la croix était vierge, personne n’avait mis le pied. (Traduction C. Neff d’après «Hunkeler und der Fall Livius» de Hansjörg Schneider).

Pourquoi le film cache- t-il le nom de Baldersdorf ? Pourquoi tant de morts, pourquoi Libéro Casciola n’est il pas revenu ? En fait je ne connais pas l’histoire de Libéro Casciola, je connais seulement l’histoire d’une immense attente sans fin, que ma grand-mère me racontait encore durant les années 1990. Des peurs, des angoisses, des souvenirs :  Libéro Casciola mourut en déportation en Allemagne en 1945, la fin d’un long voyage depuis l’Italie dans le Pays-Haut , pour finir dans un camp en Allemagne. « Ils s’en allèrent mourir au fonds de camps allemands sans avoir revu le cœur vert de l’Italie » comme l’écrit Aurélie Filippetti (2003 :26) dans son roman autobiographique en mémoire a l’immigration italienne dans le Pays-Haut. Ils mouraient dans les camps allemands sans revoir ceux qu’ils les aimaient, qui les attendaient dans le Pays-Haut, – que se soit à Hussigny, à Godbrange, à Villerupt – qui les attendaient même encore beaucoup plus tard à Eckbolsheim, Aubord, Port Leucate et ailleurs dans des lieux inconnus.

« Dans un murmure, que la nuit transformait en une longue plainte, des absents demandaient juste qu’on les oublie pas. (Assouline, P. 2006, p. 362). Libéro Casciola n’est pas retourné au Pays-Haut, mais nous ne l’avons jamais oublies, même moi qui connaissais simplement l’ombre invisible que son souvenir a laissée sur notre famille.

Bibliographie & Sources :

Assouline, Pierre (2006): Lutetia. Folio Poches/Gallimard, Paris, ISBN  978-2-07-032097-4

Filippetti, Aurélie (2003) : Les derniers Jours de la classe ouvrière. (Stock – Le Livre de Poche), ISBN 2-253-10859-6

Schneider, Hansjörg (2009): Hunkeler und der Fall Livius. Bastei Lübbe, ISBN 978-3-404-15983-3 (Taschenbuchversion)

Christophe Neff, Grünstadt le 6.5.2011

Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr (24.4.2011)

En écrivant mon dernier billet je me rendais compte qu’en fait il y n’avait pas d’article dans la Wikipedia.fr sur les cloches de Pâques. Il y a une petite ébauche sur le film de Louis Feuillade éponyme, mais pas d’article sur les cloches de Pâques. Dans l’article Pâques on trouve dans le chapitre « Fêtes et traditions populaires » les phrases suivantes (dernière consultation 24.4.2011 21:15): « En Belgique et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques. Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu’elles sont parties pour Rome, et qu’elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu’elles sèment à leur passage. En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l’occasion de partager un gigot d’agneau rôti accompagné de flageolets ». Ce n’est pas grand-chose, aucune source indiquée et en plus, concernant le repas de Pâques en Allemagne, c’est faux,  le gigot d’agneau pour le repas de Pâques n’est pas une tradition allemande,  peut être est-ce en train de le devenir sous l’impulsion de « live-style » magazine, mais ce que les auteurs de wikipedia – en fait l’auteur Gwalarn le 27.3.2005  à 19 :10  révèlent, relève en ce qui concerne l’Allemagne de la pure fiction. Donc ce qu’on trouve dans la wikipedia sur les cloches de Pâques est bien maigre ! C’est un peu dommage, car personnellement je crois qu’autrefois il y avait en effet un vrai fossé culturel – une sorte de röschti-graben qui séparait la culture francophone (catholique) – celle des cloches de Pâques – et allemande (protestante) celle du lièvre de Pâques – le fameux Osterhase. Déjà comme petit gamin durant les week-ends pascaux à Eckbolsheim, je m’apercevais de cette différence fondamentale entre l’Allemagne et la France. En fait, qu’on parlait français à Strasbourg, – grandissant dans un ménage bilingue cela ne m’a pas étonné, en plus le dialecte alsacien qu’on entendait ici et la dans la rue ne m’était pas étranger, car le Schramberger Schwäbisch est linguistiquement relativement proche du dialecte alsacien comme on le pratique à Strasbourg et dans une partie du Bas – Rhin. C’est la tradition des cloches de Pâques qui n’existait pas en Allemagne, qui m’a fait ressentir comme gamin de 4 ou 5 ans que Strasbourg et la France étaient donc un autre univers, l’univers où les œufs de pâques étaient rapportés par les cloches. En plus pour mes copains du Kindergarten St. Maria au Sulgen, – aussi bien qu’à la Grundschule Sulgen – la tradition de cloches était totalement inconnue. C’est Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach qui a très bien décrit ce phénomène de frontière culturelle entre cloches de pâques et lièvre de pâques que j’ai moi-même connu comme gamin. « Le lièvre de Pâques, c’est comme la cigogne et Saint Nicolas, mes copains francs-comtois ne le connaissent pas, ils disent que les œufs sont apportes par les cloches, ce qui est difficile ä croire – comment feraient les cloches pour les retenir sous leur jupe et comment feraient les œufs pour ne pas se casser en tombant ? En Alsace, on est quand même plus sérieux, le jour de Pâques, après la grand-messe, mes Cousins, mon petit frère et moi, nous faisions chacun notre nid de paille dans le verger de grand-mère, puis nous passions à table en attendant que le lièvre distribue les trésors de sa hotte. » et quelques phrases plus tard « Nous courions vers les nids, ils étaient pleins d’œufs, de poissons, de lapins et de cocottes en sucre, en frangipane, en chocolat, il y avait aussi un agneau pascal en génoise et de véritables œufs durs qu’en temps ordinaire nous aurions dédaignés mais que nous engloutissions jusqu’ä l’étouffement parce qu’ils étaient peints en rouge ou en bleu » (Egen, Jean 1992, p.142-143). Chez mes grands-parents à Eckbolsheim, cela se passait semblablement, – sauf à un détail près, très important, – ma grand mère de souche lorraine, – qui avait déjà intégré avec grande habileté toutes ces pâtes italiennes (capeletti , gniocchi, etc. etc.) (dans ce contexte voir ici et ici) dans son ménage,  et ces pâtes- la elle les faisait encore elle-même jusque à la fin des années 1990, – elle intégra les lièvres de pâques alemano-alsaciens dans les cloches franco – françaises. Naturellement c’était les cloches qui nous rapportaient les lièvres rouges en sucre que nos parents transportaient depuis Schramberg pour approvisionner les cloches d’Eckbolsheim. Les cloches qui lâchaient toutes ces friandises dans le grand jardin de la maison familiale rue des pommes à Eckbolsheim, sous le grand cerisier, sous les buissons de groseilliers – et il y en avait des groseilliers – des noirs (cassis), des rouges, et même des Groseilliers à maquereau.

Au début des années 1970 mes grand – parents déménagèrent vers le Midi français, – un pays où le lièvre de pâques était un vrai inconnu,  sauf naturellement dans notre famille où les cloches franco-allemandes avaient toujours un « Osterhase » dans leurs bagages, que se soit à Aubord ou à Port Leucate. Si je me souviens bien, je crois avoir aperçu les premiers lièvres de pâques en chocolat dans le midi, au début des années 1980 – juste quelque temps avant l’élection de François Mitterrand, chez quelques pâtissiers-confiseurs. C’était pour ainsi dire un des avant-signes de la mondialisation. Entre-temps le « Osterhase » allemand devenait un article de la consommation de masse , le lièvre de pâques en chocolat qu’on trouve en Allemagne de nos jours dès début février dans les Supermarchés a presque failli faire disparaitre les rote Zuckerhasen de mon enfance. C’est devenu tellement rare que les rares pâtissiers-confiseurs qui prennent encore le temps de faire des rote Zuckerhasen, sont présenté dans des articles de presse (p.Ex. ici) – les rote Zuckerhasen autrefois une spécialité de l’Allemagne du Sud-  sont de nos jours une espèce en voie de disparition.

Dans notre monde mondialisé  où les coutumes disparaissent ou se transforment en mode de consommation de masse,  l’histoire du père noël en chocolat qui finit en lièvre de chocolat et qui est présent dans les étalages de supermarchés allemands de début Septembre jusque début mai est un triste exemple, il est clair que les différences culturelles, ce röschti-graben culturel entre le monde germanophone et francophone que j’ai moi-même encore connu entre le Osterhase et les cloches et qui est si bien décrit par Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach se rétrécit de plus en plus.

Je pense quand même que les cloches de pâques mériteraient un bon article dans la wiki.fr. – si même le lièvre de pâques en a un (même si l’article se dénomme lapin de pâques – ce qui est historiquement faux – car c’est  bien le lièvre de pâques qui fut le premier à s’établir dans le vocabulaire, puisque c’est bien la traduction littérale du terme Osterhase  et  par la porte de l’Alsace le lièvre de pâques débarquait donc dans la langue française); mais un article bien sourcé qui nous raconte l’origine historique et religieux des cloches de pâques qui ramenaient les œufs de pâques serait certainement le bienvenu. Naturellement il reste la question de savoir si ces fameuses cloches de pâques sont simplement une tradition franco-française, ou si on trouve cette tradition dans la partie francophone de la Belgique, au Québec, en Suisse romande, ou même en Afrique francophone, – où la France n’a pas seulement laissé sa langue mais aussi partiellement le catholicisme comme par exemple dans le Sud de la Côte d‘ Ivoire.

Source & Citations :

Egen, Jean (1992) : Les tilleuls de Lautenbach. Mémoires d‘ Alscae. T 1. 3ème édition. Paris, Stock, ISBN 2-234-02523-0.

Joyeuses Pâques à tous mes lecteurs et toutes mes lectrices

Christophe Neff, Grünstadt le  24.4.2011

Billet de Gründonnerstag 2011

Gründonnerstag est le nom utilisé pour Jeudi saint en Allemagne. En Alsace autrefois le terme « Greendonnerschdaa » était aussi utilisé en Alsace. Comme en Allemagne c’était le Jour des Epinards – la Unterhaardter Rundschau y consacre aujourd’hui même un article sous le titre « Heute ist der Spinattag des Jahres  – Einem alten Brauch zufolge gibt es bei fast allen Familien, am Gründonnerstag Spinat, Kohl, Salate oder grüner Kräuter (Aujourd’hui c’est le jour des épinards – d’après une vielle tradition dans presque toutes les familles on sert des Epinards, Choux, Salades ou herbes vertes»).  Cette tradition est encore pratiquée en Allemagne dans certaines familles. Concernant les traditions pascales alsaciennes – il faudrait aussi mentionner que c’est ici que la tradition du lièvre de pâques est née, – même si la wikipedia francaise l’ignore (l’article wiki.fr est consacré au lapin de Pâques), – mais dans l’article de wikipedia.de sur l’Osterhase – l’histoire est bien décrite en citant même le récit de Georg Franck von Franckenau (De Ovis Paschalibus. Von Oster-Eyern (= Satyrae medicae, 18) (Heidelberg 1682, Dissertation des Johannes Richier)  qui décrivait la coutume (Volksglaube) des « Osterhasen » et des « Ostereier » dans certaines régions protestantes alsaciennes. Personnellement, pour revenir sur mon dernier billet, – j’ai passé beaucoup de week-ends pascaux en Alsace – car je n’ai pas seulement grandi dans la Raumschaft Schramberg, – à vrai dire avant que mes grands parents n’aient déménagé dans le Midi français au début des années 1970 – mon enfance, je la partageais entre Eckbolsheim et Schramberg-Sulgen. Je suivais le rhythme des saisons sous le grand cerisier dans le grand jardin de mes grand-parents à Eckbolsheim – et le chant des forêts du Feuerenmoos au Schoren à Schramberg – Sulgen en Forêt Noire. Mais cette histoire d’une enfance entre paysages de plaines alsaciennes pleins d’urbanité et les paysages ruraux de montagne de la Forêt Noire de la Raumschaft Schramberg, ce sera pour un autre billet. A Eckbolsheim c’était les cloches qui apportaient aussi bien des œufs de pâques et naturellement des „Osterlaemmele “ ainsi que des grands lièvres de pâques en sucre rouge. En fait ces grands lièvres en sucre rouge (rote Zuckerhasen ) étaient une spécialité de la maison « Café – Konditorei Brandtner » à Schramberg ( maison qui a disparu au moins dans sa formule pâtissier-salon de thé » depuis longtemps du paysage urbain de Schramberg) que mes parents rapportaient de Schramberg pour les cloches catholiques de Eckbolsheim.

Sources :

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau : Heute ist der Spinattag des Jahres  – Einem alten Brauch zufolge gibt es bei fast allen Familien, am Gründonnerstag Spinat, Kohl, Salate oder grüne Kräuter. Donnerstag 21. April 2011

Christophe Neff, Grünstadt le 21.4.2011

Dimanche des rameaux 2011 à Grünstadt

Ici à Grünstadt le « Palmsonntag », le Dimanche des rameaux, se fête avec des petits bouquets de buis, comme dans une grande partie de l’Allemagne (catholique). Dans la Raumschaft Schramberg, où j’ai grandi, il y avait une autre tradition, là c’était (et c’est encore) des branches de Houx qui accompagnaient la procession des fidèles du dimanche des rameux. Des houx, il y en a assez dans le Raumschaft Schramberg, la région est connue pour les belles forêts de Sapins et de houx – parfois même on trouve de tres beaux houx dans les rares prés encore entretenus sur les hauteurs entre le Fohrenbühl et la vallée de la Kinzig, – par exemple au lieudit « auf der Grub » ,duquel on a une magnifique vue sur les Grinden de la Forêt Noire du Nord et le Brandenkopf ; Brandenkopf le nom témoigne d’un vaste incendie que décima la montagne en 1730. Le Palmsonntag, -que ce soit à Schramberg ou au Sulgen se passait souvent dans la neige. Dans la vallée de la Kinzig les cerisiers étaient déjà en fleurs et dans la Raumschaft Schramberg les montagnes portaient encore leur manteau de neige. Il faut dire que je n’ai pas trop de souvenir des Palmsonntage à Schramberg, car assez souvent nous passions pâques dans le Midi, où le dimanche des rameux se dénomme aussi Dimanche des palmes ( ce qui est la traduction littérale de Palmsonntag , des mots allemand du Dimanche des rameaux). La visite de la messe dominicale c’était en plus le domaine de ma mère, – qui comme vraie catholique de gauche et membre de la SPD (Linkskatholikin) y allait régulièrement. Par contre mon père ayant reçu un surdosage de catholicisme traditionnel souabe était un des vrais et rares laïques allemands que j’aie connus. Il faut préciser que le catholicisme traditionnel du Württemberg en Oberschwaben, même si il fut extrêmement conservateur (ce qu’il est en plus certainement encore) , il a eu quand même a le mérite de ne pas se compromettre aves le nazisme, durant les plus sombres années de l’Allemagne. Les accusations publiques de Joann Baptist Sproll contre le programme de l’action T 4 qui se déroula à Grafeneck fut un des rares actes de résistance publique pendant le troisième Reich en Allemagne. Soit, personnellement je vais occasionnellement aussi bien en Allemagne qu’en France à la messe. Et je constate que les messes se vident, au moins dans les paysages ruraux, de plus en plus. Il faut admettre qu’aujourd’hui la messe du Palmsonntag á St. Peter était assez bien remplie, et que j’ai déjà participé a des messes pleine à craquer à St. Jacques de Port Leucate . Les messes se vident, et les messes se vidant de plus en plus en plus, c’est une certaine ruralité qui s’endort : Messe und Frühschoppen ,ces traditions se perdent de plus en plus dans le Sud de l’Allemagne catholique. Et il y a des régions, où non seulement les messes se vident, mais où les infrastructures qui sont cruciales pour la survie de la vie rurale se perdent de plus en plus, bureau de postes, postes de gendarmerie, hôpital etc. Ainsi la Raumschaft Schramberg va sauf miracle perdre son hôpital – les grand houx dans les Sapinières entourant les montagnes de Schramberg vont perdurer et produire encore des bouquets de houx pour les dimanches des rameaux , mais sans hôpital ,sans le Kreiskrankenhaus Schramberg la vie quotidienne dans la Raumschaft Schramberg deviendra sûrement plus difficile. Oui, les messes se vident, et cette ruralité que ce soit en France ou en Allemagne s’endort de plus en plus.

Coïncidence , mais en revenant de la messe des rameux comme j’allais autrefois durant mes années étudiantes avec des amis au Frühschoppen(l’apéro, assez souvent on y allait sans détours par l’église) je me branche sur la république de livres – et je retrouve une phrase dans le billet sur les mémoires de Bernard Pivot – qui résume fort bien le petit microcosmes de cette ruralité en voie de disparition : « C’est un homme du centre du centre de la France, héritier d’une lignée de paysans au cul de plomb, enracinés sur leur terre au point de ne jamais s’interroger sur l’au-delà de leur ligne d’horizon, qui en concevra une secrète fascination pour les cosmopolites, les apatrides, les gens et les esprits venus d’ailleurs, ceux dont il dit joliment qu’ils sont nés dans les pliures de la géographie et qu’ils ont grandi dans les codicilles de l’Histoire. » – c’est très franco – français – mais c’est aussi valable pour les paysages ruraux du Sud de l’Allemagne.

Je finis ce petit billet de dimanche des rameaux en me rappelant la collecte faite à l’église de St. Peter de Grünstadt lors de la messe des rameaux , collecte pour les chrétiens de Terre sainte. Terre sainte cela veux dire Israël et Palestine : dans ces pays lointains les rares chrétiens n’ont pas la vie facile ,la communauté chrétienne se rétrécit comme une peau de chagrin.

Christophe Neff, Grünstadt le 18.4.2011

Ein paar Worte zur Resonanz des Buches „Indignez- vous!“ von Stéphane Hessel in der Rheinpfalz vom 4.1.2011

Gestern wurde das Buch „Indignez- vous“ von Stéphane Hessel , von dem es ja bis jetzt nicht einmal eine deutsche Übersetzung gibt, auf der ersten Seite der Rheinpfalz unter dem Titel  „Empört euch! – Der Résistance-Kämpfer Stéphane Hessel beklagt den Zustand der Welt – und landet einen Bestseller“ in einem Artikel von Hans – Hagen Bremer vorgestellt. Ein französisches Buch, von dem es bisher nicht einmal eine deutsche Übersetzung gibt, auf Seite eins einer überregionalen deutschen Tageszeitung zu finden, das hat schon Seltenheitswert . Das Buch von Hessel ist zwar ein Beststeller in Frankreich geworden, – aber das Buch ist nicht unumstritten. Bemerkenswert ist die „bitterböse Kritik“ von Pierre Assouline in der Bücherrepublik.

Ich kenne, das Buch noch nicht. Ich habe das Buch vor der Jahreswende bestellt, und warte immer noch darauf es lesen zu können. Es scheint de facto in Frankreich quasi ausverkaut zu sein. Was mich überrascht ist auch der Umstand, dass es wohl bisher keine „belastbare Begründung“ gibt weshalb das Buch von Hessel in Frankreich solch einen Erfolg hat. Der Artikel von Hans Hagen Bremer bietet keine stichhaltige Begründung, und ich habe auch anderswo ich keine nachvollziehbare Begründung für den Erfolg des Buches gefunden.  Die schon erwähnte Buchkritik von Assouline hat auch schon zu intensiven Diskussionen, ja regelrechten Aufregerdiskussionen auf dem Bücherblog von Assouline geführt. Und wenn ich schon vom „Aufregen“ spreche – der Aufreger, den ich ja auch ganz gern lese hat kurz vor Weihnachten mal wieder einen kleinen Beitrag geschrieben. Den Aufreger lese ich gern, aber leider kann man von ihm viel zu wenig lesen. Besonders originell fand ich übrigens den Beitrag „ein Hauch von Monarchie„. Der Beitrag ist übrigens schon über zwei Monate alt – aber die Lektüre lohnt immer noch – da erscheint mir noch immer noch einiges „aktuell“ zu sein.

Abschliessend noch – während man sich in der Bücherrepublik über Pierre Assoulines bitterböse Kritik des kleinen Büchleins „Indignez-vous“ von Stéphane Hessel aufregt – hierzulande man sich berechtigterweise die Gemüter über den neuerlichen „Dioxinskandal erregen, regt sich anscheinend niemand über Tod von Mohammed Bouaziziz auf, der gestern abend 4.1.2011 in Tunesien so Isabelle Madraud in Le Monde.fr an den Folgen seiner Brandverletzung starb. Die sogenannten „événements de  Sidi Bouzid“ über die ich in der gestrigen Blognotiz (in frz.) ein paar Worte schrieb sind offensichtlich (bis auf den lesenswerten Beitrag „Aufruhr der Bürger im deutschen Ferienparadies“ in der Welt) nicht in der deutschen Medienlandschaft angekommen. Schon erstaunlich, denn immerhin sah sich der tunesische Präsident Ben Ali durch die „événements de  Sidi Bouzid“ genötig sein Kabinett umzubilden.

Wahrscheinlich blendet uns das fahle Licht der Wintersonne zu sehr als das wir uns darüber noch aufregen könnten?

Quelle:

Bremer, Hans – Hagen (4.1.2011): Empört euch ! Der Résistance-Kämpfer Stéphane Hessel beklagt den Zustand der Welt – und landet einen Bestseller. In: Die Rheinpfalz –  Unterhaardter Rundschau, Dienstag 4. Januar 2011

Christophe Neff, Grünstadt le 5.1.2011

Indignez- vous ! – Empört euch ! Sur la une de la Rheinpfalz du Mardi 4. Janvier 2011

Il est assez rare, même rarissime de voir un livre français, livre même pas encore traduit en allemand, sur la une d’un journal allemand. En fait je ne me souviens pas d’avoir vu cela avant. La Rheinpfalz (Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau Dienstag 4. Januar 2011) consacre à peu près d`’un quart de sa première page au petit livre „Indignez – vous!“ de Stéphane Hessel sous le titre « Empört euch! – Der Résistance-Kämpfer Stéphane Hessel beklagt den Zustand der Welt – und landet einen Bestseller ». L‘ article signé Hans – Hagen Bremer nous décrit le phénomène du Bestseller „Indignez-Vous !“ – mais ne donne pas de véritable raisons pour le succès du petit livre (élu livre de l’année par les internautes du Monde.fr) . J’ai trouvé un essai d’explication de Philippe Boggio sur slate. Personnellement j’ai découvert le livre grâce à la lecture du billet de l‘ indignation sur le blog « les panissières » – et j‘ ai commandé le livre quelques jours après la lecture du billet des panissières – et depuis j’attends que le livre arrive enfin ici en Allemagne. Donc même si je n’ai pas encore lu le petit livre de Stéphane Hessel – le fait de voir un livre français même pas encore traduit en allemand à l’une d’un journal allemand mérite ce petit billet !

Source:

Bremer, Hans – Hagen (4.1.2011): Empört euch ! Der Résistance-Kämpfer Stéphane Hessel beklagt den Zustand der Welt – und landet einen Bestseller. In: Die Rheinpfalz –  Unterhaardter Rundschau, Dienstag 4. Januar 2011

Christophe Neff, Grünstadt le 4.1.2011

Vue depuis Grünstadt – Cathleen, le Kommissär Hunkeler et la voix de Hölderlin

Beaucoup d’orages et de pluies cet été.  Pendant que je lisais le nouveau roman policier de Hansjörg Schneider «Hunkeler und die Augen des Ödipus» Cathleen ravageait une partie de l’Allemagne, – surtout la région de Münster.  Même ici, dans le Leiningerland, il y a eu des dégâts considérables, – une route entière fut emportée par un glissement de terrain à Neuleiningen  (Die Rheinpfalz Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010) – et  la sortie de l‘ Autoroute (BAB 6 ) à Grünstadt fut submergée par les pluies d‘ orages du 26 au 27.8.2010.

A Grünstadt et dans l’Unterhaardt l’orage débuta  le jeudi  26.8.2010 vers 23.00 pour se terminer  le vendredi  après- midi 27.8.2010 vers 18 :00.  Parfois quelques  lueurs de soleil – et l’orage reprenait. Dans ces rares heures de soleil on a parfois l’impression de se trouver sur les Açores. Mais la pluie et l’orage reviennent beaucoup plus vite qu’aux Azores. On a plus souvent l’impression de se trouver au début d’un automne précoce.  J’ai une amie qui fait le Westweg à travers la forêt noire en ce moment, on y annonce des températures maximales en dessous les 10 dégrés.  Avec les nuages bas, les brouillards des hauteurs sont déchirés par les premières bourrasques des tempêtes venues de l’ouest cela  doit être déjà très automnal. Dans les sombres hauteurs de la Forêt Noire les premiers flocons de neige ne doivent pas être très loin.

Ici dans le Sud de l’Allemagne on a bien l’impression que nous sommes au début d’un automne précoce.

„Mit gelben Birnen hänget

Und voll mit wilden Rosen

Das Land in den See,

Ihr holden Schwäne,

Und trunken von Küssen

Tunkt ihr das Haupt

Ins heilignüchterne Wasser »

Weh mir, wo nehm‘ ich, wenn

Es Winter ist, die Blumen, und wo

Den Sonnenschein,

Und Schatten der Erde?

Die Mauern stehn

Sprachlos und kalt, im Winde

Klirren die Fahnen. .

buchdeckel-hunkeler-und-die-augen-des-odipus.1283098634.JPGC’est «Hälfte des Lebens» un poème d’automne de Hölderlin. Je l’ai  redécouvert en lisant le dernier roman policier de Hansjörg Schneider « Hunkeler und die Augen des Ödipus ». Le dernier roman sorti de la série des «Kömmissär Hunkeler». Un roman plein de citations, un peu de Brecht, mais surtout du Hölderlin.  Un roman qui joue dans le milieu du théâtre à Bâle , sur les quais du port de Bâle, et naturellement, comme si souvent chez Hunkeler ,cela se passe dans le Sundgau avoisinant. Même si dans ce Hunkeler le Sundgau ne joue plus le rôle qu’il jouait dans les autres Hunkeler, on peut aussi  découvrir les paysages du Sundgau avec ce roman-ci.  Oui, les romans de Hunkeler sont une vraie initiation à  la géographie, aux paysages du Sundgau – et parfois même aux  moments les plus sombres de l’histoire franco-allemande.  Dans «Hunkeler und der Fall Livius » Schneider fait ressurgir le souvenir  du massacre de Ballersdorf, un épisode tragique de la deuxième guerre mondiale, presque oublié, sauf peut être dans le Sundgau et à Ballersdorf. Je me demande pourquoi les « Kommissär Hunkeler » n’ont été pas encore traduits en français. La description de la nature, des paysages, des villages et même des brasseries, auberges et restaurants du Sundgau mériteraient déjà une traduction en français.  Donc dans ce dernier « Hunkeler » un peu moins de paysages du Sundgau, mais beaucoup d’atmosphère de quais, de port et de théâtre. Hunkeler est parti en retraite et nous apprenons qu’il rêve d‘ une retraire paisible, d‘ un bateau péniche pour faire les fleuves et canaux français. Peut être nous pourrions rencontrer  Hunkeler comme « détective privé » – il y aura certainement un public de lecteurs attentifs.

Même si les critiques ne sont pas unanimes en Allemagne (p.ex. ici dans le Kulturspiegel), j’ai lu le roman avec beaucoup de plaisir. Et quoi de  plus beau que d‘ entendre la voix du messager (du König Ödipus) faire résonner sur la Unterhaardt et la plaine du Rhin par temps de gros orage les mots de Sophocle traduits par Hölderlin, Hölderlin Passeur (pour utiliser l‘ expression de P. Assouline pour les traducteurs littéraires)  de Sophocle pour les pays de langue allemande :

Die goldnen Nadeln riß er vom Gewand,

Mit denen sie geschmückt war, tat es auf

Und stach ins Helle seiner Augen sich und sprach,

So ungefähr, es sei, damit er sie nicht säh

Und was er leid und was er schlimm getan,

Damit in Finsternis er anderer in Zukunft,

Die er nicht sehen dürft, ansichtig werden mög

Und denen er bekannt sei, unbekannt.

Und so frohlockend stieß er öfters, einmal nicht,

Die Wimpern haltend, und die blutigen

Augäpfel färbten ihm den Bart, und Tropfen nicht,

Als wie von Mord vergossen, rieselten, sondern schwarz

Vergossen ward das Blut, ein Hagelregen.

Aus einem Paare kam’s, kein einzeln Übel,

Ein Übel zusammen erzeugt von Mann und Weib.

Ihr alter Reichtum, wahrhaft war’s vor diesem

Ein Reichtum. Aber jetzt, an diesem Tage,

Geseufz und Irr und Tod und Schmach, so viel

Von allen Übeln Namen sind, es fehlet keins.

Livres et sources cités:

Schneider, Hansjörg (2009):Hunkeler und der Fall Livius. Bastei Lübbe, ISBN 978-3-404-15983-3 (Taschenbuchversion)

Schneider, Hansjörg (2010): Hunkeler und die Augen des Ödipus. Diogenes Verlag Zürich. ISBN 978-3-257-0661-3

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010 : Unwetter: Erdrutsch in Neuleinigen.

La citation du König Ödipus dans la version traduite par Friedrich Hölderlin provient du site „Projekt Gutenberg.De„. Même chose pour le poème «Hälfte des Lebens».

Christophe Neff, Grünstadt le 29.8.2010

Vue de Grünstadt – mardi 24.8.2010 –

Apres avoir consacré mon dernier jour de vacances – le mercredi 18.8. à l‘ écriture d‘ une ébauche sur Éric Fottorino pour la Wikipedia.de et une petite ébauche sur la Eistalbahn pour la wikipedia.fr. ,j’ai repris mon travail au KIT le 19.8.2010.  Le 17.8, un ICE avait heurté un camion de poubelles sur la Pfälzische Ludwigsbahn – et bloqué tout le trafic ferroviaire pendant trois jours dans le Pfälzerwald – avec comme conséquence que les ICE et TGV Frankfurt – Paris et vice versa ont du être déviés via Strasbourg.  La Eistalbahn qui autrefois reliait Grünstadt à Kaiserslautern  aurait bien pu servir comme parcours de déviation beaucoup plus commode – mais malheureusement la section Eiswoog – Enkenbach est neutralisée depuis le 31.12.1988.

Parfois j’essaie un peu de rétrécir le fossé culturel qui sépare l’Allemagne et la France en écrivant des petites ébauches wikipedia, en espérant que quelqu‘ un améliore ces petits débuts d’article. On pourrait naturellement se demander pourquoi un  personnage comme Éric Fottorino , Directeur de la publication du Journal le Monde  n’avait jusqu’au 18.8.2010 pas son article dans la wikipedia allemande ni anglaise. Parfois les choses se bousculent : donc le 18.8 j’avais créé l’article en allemand  sur Fottorino et le 20.8 l’utilisateur accotink2 a créé l’article anglais . Pour moi , le moment qui a déclanché ma décision d’écrire l’ébauche sur Fottorino fut d’une part la présentation du nouveau livre de Fottorino «Questions à mon père »  dans la république des livres et l’édito de Fottorino «L’amour de soi et la haine des autres » dans le Monde du 17.08.2010. Dans ce contexte – pour les lecteurs germanophones – l’excellent analyse de Gero von Randow «Der Hass der Vergessenen «  dans la dernière « Zeit ». Gerow von Randow, Heiko Engelkes, Evi Seibert, Carlo Schmid, Robert Ditter, Konstantin Hank et beaucoup d’autres  – oui même ma propre mère – mériteraient un article dans la wikipedia.fr dans le contexte franco-allemand –  a voir qui crèera les premières ébauches ou articles.

uber-den-dachern-grunstadts-temps-dorage-et-arc-en-ciel-1882010.1282655655.jpgCe dernier jour de vacances – il pleuvait encore une fois de plus – car cet été jusque maintenant nous avons eu beaucoup de pluie & d’orages dans le palatinat. Et décidément le carillon et l’horloge de St. Martin de Grünstadt sont encore en panne, même si ,comme on pouvait lire dans la Unterhaardter Rundschau , les travaux de réparation du carillon on bien repris.

Pendant les derniers jours de vacances  il y avait une journaliste de radio qui m’a téléphoné pour me demander mon avis sur la situation des incendies de forêt en Russie. Je ne me sentais pas trop compétent pour dire quelque chose de valable sur la situation en Russie et j’ai conseillé à la journaliste de faire une interview avec Johann Georg Goldammer qui est considèré comme un des rares spécialistes occidentaux de feux de forêts en Russie.  On devrait écrire un livre sur l‘ écologie politique des incendies des forêts de l‘ été 2010 en Russie à l‘ instar de « Isle of Fire  – the political ecology of landscape Burning in Madagscar »  de Christian A. Kull , on pourrait nommer un tel ouvrage « Russia in flammes – the political ecology of the firesummer 2010 in Russia » – à voir si un telle livre sera réellement écrit.  Je me demande pourquoi la journaliste ne m’a demandé mon avis sur la situation des incendies au Portugal ? Le Nord du Portugal est une fois de plus en flammes – mais les medias allemands ne sont pas particulièrement intéressé par la situation de feux de forêts au Portugal.

J’ai donc repris le travail le jeudi 19.8 – et le vendredi 20.8.2010 j’ai visité la maison de l‘ histoire à Stuttgart – Haus der Geschichte Baden Württemberg – une fois pour voir l’exposition « „Ihr und Wir. Integration der Heimatvertriebenen in Baden-Württemberg“ – et d‘ autre part pour évaluer  les possibilités d‘ intégrer la partie paysages – la partie forêt noire – de l’exposition permanente dans mes cours. A part quelques arbres – la partie paysages, paysages culturels (Kulturlandschaft) – ne m’a pas trop  impressionné. Par contre la partie dédiée à l‘ histoire économique du Bade-Würrtemberg est très réussie. Dommage qu’il n’y a pas d’explications en français (si je me souviens bien). Dommage que la présentation du musée sur le web existe seulement en allemand, – sans page web en français ni même en anglais !

Mais il faut dire que j’ai  une vraie « découverte » dans l’exposition permanente ! Il y a une partie qui est entièrement dédie à la vie privée. Cette partie est principalement constituée de photos de famille, photos de mariage, photos d’enfants du Baden – Württemberg (et de ses prédécesseurs politique – car le Baden Württemberg n’existe que depuis 1952). Et quelle surprise – je dirais que 30 – 40% de photos proviennent de Schramberg et ses environs. Grace au « Photo-Archiv-Kasenbacher » on a l’impression que Schramberg fut et est le centre du Baden – Wurtemberg. Schramberg – « das gefühlte Zentrum der Welt » , c’est assez impressionnant.

ice-513-am-2082010-in-stuttgart-hbf.1282656600.jpgPour finir – comme si souvent pendant mes déplacements professionnels – j’ai fait des photos de voyage, de trains, de gare, de paysages : la gare de Stuttgart – le fameux Bonatzbau – va surement changer d’une manière ou d’une autre dans cette décennie.  Donc dans un certain sens ces  photos auront déjà une certaine valeur historique.stuttgart-hbf-nordausgang-innenseite-2082010-10-uhr-12.1282656107.jpg

Stuttgart Hbf – Nordausgang – Innenseite 24.8.2012 10:12 – Stuttgart Gare centrale – sortie nord – vue d‘ interieur  © C.Neff

Photos – tous © C.Neff :

1.) Sur les toits de Grünstadt – orage et arc-en-ciel le 18.8.2010 vers 20:00 © C.Neff

2.) Arrivée du ICE 513 à Stuttgart Hbf en provenance de Mannheim le 20.8.2010  © C.Neff

3.)  Stuttgart Hbf – Nordausgang – Innenseite 24.8.2012 10:12 – Stuttgart Gare centrale – sortie nord – vue d‘ interieur  © C.Neff

Ouvrages et sources cités :

Kull, C. A. (2004) : Isle of Fire. The political Ecology of Landscape Burning in Madagascar. Chicago (The University of Chicago Press), ISBN 0-226-46141-6

Christophe Neff, Grünstadt le 24.8.2010