Quelques mots sur le billet « Gracq en guerre ou comment Louis devient écrivain » de la République des livres

Les vastes paysages du Pfälzerwald en tête, revenant de la sortie avec la Pollichia au Grünstadter Berg dimanche le 15.5.2011 je découvris un billet de la République de livres rempli de paysages et de géographie. Naturellement la caravane des commentateurs sur la RDL s’est déplacée depuis vers d’autre lieux – en ce moment chez un libraire en colère dans un quartier du bas des Champs Elysées. Mais le billet « Gracq en guerre ou comment Louis devient écrivain » était tellement rempli de « paysages » que le verbe en tremble; que j’ai laissé les mots suivants dans les commentaires « Revenant d’une longue ballade à travers le Grünstadter Berg – avec ces beaux panoramas qui s’ouvrent vers l’Ouest, le Mont Tonnerre, le Pfälzer Wald et tout au fond à l’ouest la Lorraine et la France – cette lecture paysagère parachevait un beau matin de dimanche ! Belle Phrase « Au fond, l’œuvre de Julien Gracq Français viscéralement attaché à l’Ouest, ne serait-elle pas la démonstration que « la géographie, ça sert aussi à faire la littérature ? ». Et toujours cette guerre, partout cette guerre …. » –

« Et c’est ainsi que le billet de Pierre Assouline commence « La guerre, la guerre, la guerre. Il est peu de visiteurs de Julien Gracq , à Paris comme à Saint-Florent-le-Vieil, qui ne se souviennent l’avoir écouté parler de la guerre. Ou plutôt des guerres, la grande et la dernière. La première fois, il avait 8 ans lorsqu’il entendit les volées de cloches et les sonneries de clairons annonçant la signature de l’armistice à travers tout le pays et, partant, le début du XXème siècle ; la seconde fois, il avait 29 ans lorsqu’il assista impuissant et les armes à la main à l’effondrement de son pays et de son peuple. Comment la guerre aurait-elle jamais pu le lâcher ? » – toujours cette guerre, le soir même de fruhsommerlicher-blick-vom-grunstadter-berg-auf-den-donnersberg-1552011.1306045731.jpgce dimanche 15 mai je remontai vers le Grünstadter Berg, pour prendre encore quelques photos, et en voyant le Donnersberg, le Mont Tonnerre en français , lieu qui donna son nom au Département historique du Mont Tonnerre, je me souvenais qu‘ une semaine avant, le 8.5.2011, j’avais participé à la cérémonie d’honneur pour Libéro Casciola à Hussigny, Libéro Casciola mort en déportation dans un camp en Allemagne, toujours ces souvenirs de guerre que je n’ai pas vécu mais qui sont toujours omniprésents.

Il y a quelques jours en revenant d’une sortie en Alsace , précisément le delta de la Sauer, roulant sur la Weinstraße, quelques kilomètres avant Grünstadt, entre les villages de Herxheim an der Weinstraße et de Kirchheim an der Weinstraße, je découvris perdu dans les vignes le petit cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. Il n y a plus de communauté juife à Kirchheim depuis la période tragique de 1933 – 1945 ; au milieu des tombes, une petite plaque commémorative de 1947 rappelle l’existence de la petite commune juive de Kirchheim.

durch-menschenhand-inschrift-gedenkstein-judischer-friedhof-kirchheim-ad-weinstrase-17052011.1306045992.JPG

Durch Menschenhand wurde auch dieser jüdische Friedhof im Nov. 1938 vollständig zerstört. Selbst den Toten nahm man ihren Frieden.

Dieses Monument wurde durch die Gemeinde Kirchheim A.D. Eck im Jahr 1947 als Wiedergutmachung errichtet. Es soll eine ewige Mahnung sein, dass eine Schändung des Menschenantlitzes wie in den Jahren 1933- 1945 geschehen, sich niemals wieder ereignen möge, denn alle Menschen sind doch Brüder und haben einen Gott„.

« Par la main de l’homme ce cimetière juif fut complètement détruit en Novembre 1938. Même aux morts on vola leur paix.

Ce monument fut érigé par la commune de Kirchheim A.D. Eck (aujourd’hui Kirchheim an der Weinstraße) comme acte de repentance. Le monument veut servir d’appel éternel, pour qu’une profanation de l‘ « humain « comme cela eut lieu pendant les années 1993 – 45 ne se répéte plus jamais, car tous les hommes sont frères et ils ont un seul dieu ». (trad. C.Neff)

au-coeur-des-vignes-der-judische-friedhof-kirchheim-ad-weinstrase-1752011.1306046640.jpgCeux qui sont en train de fossoyer le rêve d’une Europe citoyenne unie et sans frontière devraient peut- être un jour se souvenir du « jamais plus cela » et traverser les vignes de la Unterhaardt en silence pour retrouver le vieux cimetière juif de Kirchheim et se rappeler pourquoi Konrad Adenauer, Charles de Gaulle, Willy Brandt, François Mitterrand et Helmut Kohl (et tant d’autres) ont tant œuvré pour ce rêve d’une Europe sans frontières.

Photos :

Vue sur le Mont Tonnerre. © C. Neff 15.5.2011

Plaque commémorative au vieux cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. Vue sur le Mont Tonnerre. © C. Neff 17.5.2011

Au coeur des vignes – les tombes du vieux cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. © C. Neff 17.5.2011

Christophe Neff, Grünstadt le 22.5.2011

P.S : Très bon interview de Franz Walther Steinmeier dans le SPON sur l’etat actuelle de l‘ Europe politique.

Ein Kommentar zu „Quelques mots sur le billet « Gracq en guerre ou comment Louis devient écrivain » de la République des livres

  1. le week end dernier, je suis allé à Roermond, aux Pays Bas, à quelques kms de la frontière allemande. Après avoir quitté la Suisse, j’ai donc longé la frontière avec la France sur une autoroute que je soupçonne être en pérpétuels travaux… Je n’ai bien sûr pas votre connaissance précise des lieux et ne connaisssant de la langue allemande que quelques mots de base, je suis bien incapable de citer le moindre nom des provinces traversées; quelques noms de villes, Fribourg, Karlsruhe, Stuttgart, Baden Baden, Koln, mais aussi Leverkusen ou Monchengladbach, ces deux dernières étant, dans ma mémoire, rattachées au foot et à leurs clubs.
    Pour revenir à un de vos précédents billets, je confirme avoir vu des champs entiers d’asperges, asperges que des dizaines et des dizaines d’ouvriers sortaient de terre. Ces asperges, si elles sont appréciées des allemands, le sont aussi des hollandais où elles sont quasiment dans tous les plats proposés par les restaurants. D’ailleurs, notre amie hollandaises n’a pas manqué de nous en fournir quelques kilos…
    Une des grands vertus de l’Europe est celle d’abolir les frontières: nous nous sommes retrouvés aux Pays Bas sans même nous en apercevoir. Et je rejoins la conclusion de votre article du jour: les fous qui osent réclamer le retour des frontières seraient bien avisés de se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, les frontières étaient synonymes de replis identitaires et de nationalismes étroits.

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