Il y maintenant un peu plus de sept ans, débutait le 24.05.2009 avec le post « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? » le blog paysages sur le Monde.fr /les blogs le Monde. Depuis 383 articles ont vu le jour, la plupart écrits en français, occasionnellement en allemand et très rarement des articles publiés en anglais[1]. 383 articles, lus par approximativement 182.615 lecteurs[2]. Sept ans de billets et petites notices écrits entre Rhin et Danube, Seine et Neckar, Aude, Moselle et Kinzig, sur les rives de la Méditerranée ….. Lectures de paysages et des livres ….. Souvenirs personnels franco-allemands – le temps passe et les paysages changent.
Voyantle Zouave du Pont de l’Alma à Paris les Pieds dans l’eau, résistant aux flots de la Seine, pas loin de boire sa Tasse d’eau de Seine comme en 1910, je me souviens d’une lecture d’hiver de 1995/1996 – sur Paris l’Atlantide.
« Je devais avoir à l’époque presque le même âge que vous. C’était en hiver 1910. La Seine s’était transformée en une vraie mer. Les Parisiens naviguaient en barque.
Les rues ressemblaient à des rivières, les places -à de grands lacs. Et ce qui m’étonnait le plus, c’était le silence … Sur notre balcon, nous entendions ce silence sommeillant de Paris inondé. Quelques clapotis de vagues au passage d’une barque, une voix assourdie au bout d’une avenue noyée. La France de notre grand-mère, telle une Atlantide brumeuse, sortait des flots » (Makine, 1995, p.25-26)
D’ailleurs ces pluies orageuses, elles ne se déversent pas seulement en France, sur le bassin de la Seine, – mais sur toute une partie de l’Europe centrale dont l’Allemagne. Et en Allemagne on découvre que la gestion de risques ne semble pas toujours à la hauteur des défis[3].
Mais ce n’était pas seulement le Zouave du Pont de l’Alma résistant aux flots de la Seine[4], – ou les souvenirs de lecture du Testament français de Makine, – ses description de Paris l’Atlantide – qui m’ont fait ressurgir la France de mes grands-parents. Il y a exactement quatre-vingts ans, le 04.06.1936 – que Léon Blum fut nommé président du Conseil par le Président de la République Albert Lebrun. Cet évènement politique avait fortement marqué les souvenirs de mes grandparents – les souvenirs du gouvernement Blum, du Front Populaire – combien de fois je fus auditeur des récits des toutes les couleurs les plus vivantes – dans la maison familiale à Aubord et aussi à la Griffoulière à Port Leucate[5].
En 1936 ma Grand-Mère avait 20ans, – vivant sa jeunesse bourgeoise dans une belle demeure de la place Place Broglie à Strasbourg – en 1936 elle n’aurait sûrement jamais osé rêver épouser un « Macaroni » et en plus « un Macaroni dit d’extrême gauche ». Quelques mois plus tard tout changeait …. Mais en fait ceci une autre histoire[6].
Livres cités :
Makine, Andreï (1995) : Le Testament français. Paris, ISBN 2-7152-1936-9
Billet écrit le 04.06.2016 à Grünstadt, 80 ans après que Léon Blum fut nommé président du Conseil par le Président de la République Albert Lebrun – et publié le Dimanche le 05.06.2016.
Le journaliste Hasnain Kazim de l’hebdomadaire allemand der Spiegel en Turquie a été contraint de partir car son accréditation de presse n’a pas été prolongée par les autorités turques. Un signe de plus qui témoigne de la dérive autoritaire de l’actuel gouvernement turc. Même en France ce triste évènement a été repris par les médias comme par exemple par le Monde.fr « Le correspondant du magazine allemand « Spiegel » contraint de quitter la Turquie ». Si les autorités turques commencent à se débarrasser des correspondants étrangers un peu trop critiques envers le gouvernement turc on peut que craindre le pire pour la liberté de la presse, la liberté tout court en Turquie. Ce qui semble être sûr, c’est que les medias critiques en Turquie en ce moment n’ont pas la vie facile.
J’avais déjà parlé de Hasnain Kazim dans paysages, en avril 2010, car son livre « Grünkohl und Curry. Die Geschichte einer Einwanderung » – fut déjà sujet de bac allemand en France. Dans son livre, histoire d’une intégration réussie – mais aussi d’une enfance entre Inde, Pakistan et Allemagne du Nord (Norddeutschland), – nous trouvons dans les dernières pages un chaleureux témoignage de l’auteur envers son ancienne enseignante de français « Manon Maliszewski » passage que je me permets de citer et de traduire ici « Es war eine merkwürdige, von Angst bestimmte Zeit. In der Schule vertraute ich mich einer Lehrerin an, Manon Maliszewski, selbst Ausländerin, Französin. Ich erzählte ihr von den Anrufen und von meiner Sorge, meine Eltern könnten sich für einen Wegzug aus Deutschland entscheiden. In ihr fand ich eine Verbündete/ Ce fut une période étrange dominée par la peur. A l’école je me confiais à une enseignante Manon Maliszewski, un française, étrangère comme moi-même. Je lui parlais des appels téléphoniques et de mes craintes que mes parents puissent décider de quitter l’Allemagne. Dans la personne de Manon Maliszweski j’ai ainsi trouvé une alliée contre mes peurs (libre traduction de l’allemand C.Neff 20.03.2016) (Kazim, H, 2009, 250, 251). Ce livre, dont je tire cette petite citation mériterait certainement une traduction française. Et pour finir, l’article « Ein schmerzlicher Abschied » mériterait une large distribution, – et comme le Spon a aussi publié une version anglaise sous le titre « A Painful Farewell » on peut au-moins espérer que cette fine analyse très personnelle de l’évolution politique en Turquie de 2013 à 2016 trouve aussi une résonance internationale plus large.
Sources :
Kazim, Hasnain (2009) : Grünkohl und Curry. Die Geschichte einer Einwanderung. München, DTV, ISBN 978-3-423-24739-9
Kazim, Hasnain (2016): Ein schmerzlicher Abschied. Der Spiegel-Korrespondent Hasnain Kazim über seine Erfahrungen mit der Pressefreiheit unter Präsident Erdogan- und seine unfreiwillige Ausreise aus dem Land. In: Der Spiegel, 12/2016, pp. 106 – 107. Version www de l’article dans le SPON: „Hasnain Kazim über die Türkei: Ein schmerzlicher Abschied“, version anglaise „A Painful Farewell“.
Christophe Neff, écrit le 20.03.2016 publié le 21.03.2016
« Adieu, la France, welcome America» c’est le titre d’un petit billet dans le SPON du 02.03.2016, qui annonce qu’après que la France fut pendant 40 ans le premier partenaire commercial de l’Allemagne, ce sont maintenant le Etats-Unis qui jouissent du privilège d’être le premier partenaire commercial de l’Allemagne[1]. Cette nouvelle se retrouvait dans une grande partie des journaux allemands parus le jeudi 03.03.2016. Dans les journaux et medias français que je consulte régulièrement, apparemment, on ne parlait pas de ce petit changement de place dans balance commerciale allemande. Le journal die Welt nous livre une intéressante analyse sur ce changement de position dans la balance commerciale allemande sous le titre « Was hat Amerika, was Frankreich fehlt ( Ce que les Etats-Unis ont qui manque à la France ? » résumant clairement que c’est la « réindustrialisation des Etats-Unis » qui est le principale responsable pour le retour en force des USA dans la balance commerciale allemande.
En-dehors de tous aspects commerciaux, et c’est la raison pour laquelle parle ici dans paysages, ce petit changement de place dans la balance commerciale allemande est aussi un coup dur pour l’apprentissage du français en Allemagne. Car jusqu’à présent l’argument principal des professeurs de français dans les écoles allemandes pour inciter les élèves à apprendre le français, était le fait que la France était le principal partenaire commercial de l’Allemagne – et que sans connaissances approfondies de français il était difficile de faire du commerce en France (Geschäfte machen in Frankreich). Une argumentation, qui après tout avait jusqu’ à présent encore assez de charme pour les parents du Bildungsbürgertum, qui incitait donc leurs enfants à apprendre le français. Avec ce changement de place dans la balance commerciale allemande cette argumentation en faveur du français est donc en train de devenir intenable. Oui pour l’apprentissage du français en Allemagne, la relégation de la France à la deuxième place de la balance commerciale allemande est plutôt une mauvaise nouvelle ! Et en plus malheureusement en France, on ne semble même pas prendre conscience de ce que cela pourrait avoir comme conséquences – aussi bien sur le plan socio-économique et que en ce qui concerne les relations culturelles ainsi que la place du français dans le Monde.
Je lis assez régulièrement les „Zungenknoten“ de Martin Graff dans la Rheinpfalz. Dommage qu’ ils n’apparaissent pas sur la toile. Véritable « Kabinettstückchen bilingue (pièce rare bilingue)» franco-allemand ils mériteraient un lectorat beaucoup plus large que la zone atteinte par le quotidien Rheinpfalz. J’ai d’ailleurs déjà plusieurs fois commenté les Zungenknoten dans paysages[1]. Ce matin je tombe sur les Zungenknoten du 20.02.2012 intitulé « Nicht an allem ist Frau Merkel schuld /non Madame Merkel n’est pas coupable pour tout», dont je reprends les dernières phrases ici, car je partage les sentiments de Martin Graf exprimés dans ses Zungenknoten, je vais même au-delà.
« J’en veux particulièrement à Manuel Valls de faire le malin à Munich, in dem er eiskalt mitteilte que la France n’acceptera que 30.000 réfugiés. Er ist einfach unverschämt. Seine Familie flüchtete vor Franco. Vater Katalane, Mutter italienische Schweizerin. Er selbst wurde erst im Alter von 20 Jahren Franzose. Seine Sturheit hat etwas avec le Bekehrungseifer des disciples de la dernière heure zu tun. Valls liebt Frankreich so sehr, dass er es für sich behalten will. » (Graff, Martin 2016)
Je suis assez d’accord avec ces Zungenkonten du 20.02.2016, car le discours de Manuel Valls à Munich fut une douche froide pour Madame Merkel, une véritable gifle à la figure de Madame Merkel. Comme je l’ai déjà écrit dans la Blognotice du 06.09.2015[2] il faut trouver une solution européenne pour le drame des refugiées syriens.
En dehors de toute considération humanitaire, – pour des raisons de simple « realpolitik », de géopolitique, – il faut absolument trouver une solution pour que la Jordanie et surtout le Liban ne coule pas sous les flots des refugié/es syrien/ne/s. Un Liban qui serait englouti par le maelström de la guerre civile en Syrie serait une catastrophe de plus pour le proche orient, – mais aurait aussi des conséquences dramatiques pour la France. Les conséquences d’une contamination par la guerre civile en Syrie d’un état déjà tellement fragilisé que le Liban ne semble pas encore être entré entièrement dans le diagnostic géopolitique parisienne.
L’Allemagne, ne pourra pas accueillir tous les refugiés syriens,- c’est impossible. Il faut une solution européenne[3],- et si cette solution européenne n’est pas praticable, vu toutes les oppositions des Etats membres l’Union européenne se situant à l’est de l’Allemagne, il faut au moins trouver une solution franco-allemande ! La France a les capacités de prendre en charge plus que 30.000 réfugiés, la France peut aider l’Allemagne à gérer la crise de réfugiés, elle a largement les moyens d’épauler un peu l’Allemagne, c’est juste la volonté politique en France qui manque un peu.
Mais aussi le rappel du fait que ce fut le gouvernement de Vichy, qui prononça les premières déchéances de nationalité …. « Par ailleurs, le champ du symbole peut receler d’imprévisibles embûches. Ainsi les seules déchéances de nationalité ayant frappé des Français de naissance ont été prononcés par le pouvoir d’Etat du maréchal Pétain, contre le général de Gaulle et ses compagnons exilés à Londres pour organiser la Résistance, contre Pierre Mendes France, contre le général Leclerc, contre Felix Eboué, contre René Cassin, contre Pierre Brossolette (Taubira, Ch. 2016, 43). Ou ces mots « Un temps c’est le Juif, un autre c’est l’Arabe, puis le Négre, puis le musulman, après ou avant c’est la femme, ensuite l’homosexuel, puis le binational ….(Taubira, Ch. 2016, 78) ». Mais hors de cette argumentation contre la déchéance de la nationalité, qui était déjà la mienne avant la lecture de ce petit livre, – la mélodie de ce livre, qui rappelle le chant des oiseaux de printemps, mais aussi les tempêtes de printemps qui débarrassent les cimes des montagnes de leur manteau de neige hivernale c’est aussi un hymne d’amour à la république,à une certaine image de la France…. image de la France, que je retrouvais dans les récits de mes grand – parents[2] dont j’avais presque entièrement perdu les traces – et dont par la lecture des « murmures à la jeunesse » je retrouve cette image d’un lointain souvenir pleine d’actualité.
Ce livre mériterait, – déjà par le fait de multiples citations de génération des poètes, d’écrivains de figurer dans la grille de lecture des « Grundkurse & Leistungskurse Französisch » – ces classes de français en Allemagne dans la Oberstufe (classes terminales du système d’éducation allemand), dans lesquelles on retrouve les élèves allemands qui ont décidé des poursuivre leur apprentissage de la langue française. Dans ce livre ils trouveraient un riche terreau de vision sur la France, qui invite à la discussion, l’écoute, la réflexion …
Au-delà des bancs des classes de français terminales en Allemagne, – ce livre mériterait aussi d’être traduit en allemand, anglais etc. ….
Je finis avec une citation, que j’ai particulièrement appréciée dans ce petit livre …. « Ainsi est-il aisé de se souvenir que le drapeau aux trois couleurs fut, à sa naissance, l’emblème de la révolte contre l’oppression et l’inégalité, la bannière de l’espoir d’une société meilleure, l’étendard des valeurs éternelles qu’il faut chaque jour reconquérir : fraternité, égalité, liberté. (Taubira, Ch.2016, 80).»
Et finalement ce livre nous parle aussi, de valeurs, – des valeurs universelles !
Madame Taubira, Madame la député, même si je ne partage pas toutes vous opinions politiques, – je vous remercie vivement d’avoir écrit ce petit livre – dont la lecture ressemblait à une « tempête de printemps qui débarrasse les cimes de montagnes de leur manteau de neige hivernale » !
Source:
Taubira, Christiane (2016) : Murmures à la jeunesse. Paris, Éditions Philippe Rey. ISBN 978-2-84876-529-7
Christophe Neff, écrit le 09.02.2016, publié le 10.02.2016
J’aurais bien aimé voir « Profession socialiste » film de Henry Marquis et Jean-Baptiste Predali, dont j’ai retrouvé les traces durant mes lectures du week-end du Monde dans une critique du film par Antoine Flandrin intitulé « Le PS désavoué par ses électeurs ». Dans cette critique je retrouve le post de blog de Michèle Delaunay « Le tunnel, ou comment faire carrière sans mettre un pied dans la vraie vie», post de blog que j’avais mis à la une de mon compte Google + le 14.09.2014. Mais malheureusement, depuis l’Allemagne il m’est impossible de visionner ce film – sur l’écran s’affiche le titre « pour des raisons de droits concédés à France Télévision, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique ». Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Je ne suis pas un grand fan de la télévision, – les rares émissions que je regarde régulièrement hors les infos sont Thalassa[1], la Grande librairie …. Peut être ici ou là une émission scientifique ou historique, – je préfère largement la lecture à la télé. Parfois il m’arrive de louper une émission de Thalassa, et mes essais de revoir une émission se heurtent toujours à cette phrase que je retrouve sur francetv pluzz « pour des raisons de droits concédés à France Télévision, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique ». Mêmes les bandes d’annonces de Thalassa sont depuis quelques temps invisibles depuis le Web en Allemagne.
Comme je n’ai pas vu le film « Profession socialiste » je ne peux pas écrire de commentaire sur le film, – mais la situation qui était décrite dans le post de blog « Le tunnel, ou comment faire carrière sans mettre un pied dans la vraie vie » existe aussi en Allemagne, – peut être un peu moins qu’en France, mais cela existe aussi, – et le phénomène ne se limite pas aux partis de gauche. Dernier exemple est le jeune Mdb Johannes Steiniger de la CDU, qui n’a même pas fini sa formation de professeur de Lycée (Studienrat) il lui manque le « zweite Staatsexamen ». C’est vraiment le cas d’école que Michèle Delaunay décrit dans blog, un député qui n’a aucune expérience professionnelle, qui n’a même pas fini sa « Berufsausbildung (formation professionnelle) », car en Allemagne la Berufsausbildung pour devenir professeur de Lycée est seulement terminée avec le zweite Staatsexamen. Naturellement des cas semblables se trouvent aussi dans les autres partis présents au Bundestag, – par exemple le député SPD Michael Hartmann, – qui n’a jamais fini ses études – et qui n’a jamais travaillé hors de la planète SPD, il est depuis 2002 député (MDB) au Bundestag. Si un parti politique, que ce soit en Allemagne ou en France, est trop dominé par des élus loin de la vie réelle, des élus sans vraie expérience professionnelle hors du monde politique, la chance est grande qu’ un jour ce parti découvre avec stupéfaction que ses électeurs s’éloignent de plus en plus !
Concernant la phrase « pour des raisons de droits concédés à France Télévision, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique »[2] j’aimerais bien que les élus, membres de l’Assemblée nationale – je pense particulièrement aux Députés représentant les Français établis hors de France, s’occupent du problème, car je pense que ce problème concerne certainement une très grande partie d’expats français désirant voir ou revoir une émission de télévision dont France Télévision détient les droits !
Le matin du samedi 14.11.2015 j’ai pris ma petite Peugeot blanche pour enfin me rendre à la Bibliothèque française de Spire. Il y a quelques années, au tout début de mon aventure comme bloggeur sur le monde.fr[1], j’ai reçu un email d’ Agnès Wittner la fondatrice de cette bibliothèque[2] et quelques années plus tard je suis devenu membre de l’association Französische Bibliothek Speyer e. V. sans avoir jamais mis les pieds dans ladite bibliothèque. Mais l’idée courageuse de vouloir créer un espace francophone dans une Allemagne où le français se voit de plus en plus rétrogradé comme langue étrangère – et en plus une bibliothèque où le livre et la lecture se livrent aussi une bataille de retraite – cette idée m’avait beaucoup séduit. Depuis un moment la Bibliothèque ouvre ses portes les samedis, – et début novembre je me suis dit qu’il faudrait bien un jour visiter la Bibliothèque française à Speyer – en plus mon épouse aimerait bien que j’achète un peu moins de livres : la place pour ranger les livres manque de plus en plus, j’avais donc décidé au milieu de la semaine de me rendre à Speyer le samedi 14.11.2015 pour enfin visiter cette bibliothèque.
Mais le matin du Samedi 14.11.2015, le lendemain de l’attaque terroriste de la soirée du vendredi 13 novembre 2015 – véritable déclaration de guerre L’État islamique à la France et au monde libre – j’avais passé une bonne partie de la nuit à écouter France Info et à suivre les évènements tragiques à Paris – j’avais simplement éprouvé le besoin de me plonger dans un monde francophone, – d’échanger quelques mots en français, cette langue française qui fut pour moi à la différence de ma fratrie langue maternelle. Concernant l’attaque terroriste du 13.11.2015 je n’ai pas été trop surpris – je m’attendais même à voir surgir une telle attaque en France, à Paris. En fait il y a maintenant plus de 22 ans, je préparais mes épreuves finales universitaires et un des thèmes que je préparais était l’épreuve « der islamische Fundamentalismus als Bedrohung für die westlichen Demokratien (le fondamentalisme islamique comme menace pour les démocraties occidentales) chez le Professeur Wildenmann[3] . Depuis j’ai lu d’une part par nécessité professionnelle, mais aussi par intérêt personnel[4] car je considère tous les intégrismes religieux comme menace pour les démocraties – une grande partie de la littérature scientifique traitant le sujet du fondamentalisme islamique. Concernant l’Etat islamique – je pense qu’outre qu’il est une menace pour nos démocraties occidentales, une menace d’ailleurs trop longtemps sous-estimée , l’Etat islamique[5] veut tout simplement faire anéantir la liberté. Dans ce contexte, il faut malheureusement s’attendre à des nouvelles attaques djihadistes de l’Etat islamique sur le sol français, à Paris, – car la France et la ville de Paris sont dans un certain sens considérées dans une très grande partie du monde comme les symboles de la liberté. Mais même si je n’étais pas surpris par l’attaque terroriste qu’a dû subir la France durant la soirée du 13.11.2015, j’en fus profondément ému et bouleversé.
En arrivant à la bibliothèque française de Spire, je fus donc très heureux de pouvoir me plonger dans un milieu francophone, – de retrouver ces livres que me sont si chers – et naturellement de parler français avec les deux dames de l’association Französische Bibliothek Speyer e. V. qui tenaient la permanence du samedi matin. De voir « Une rage d’enfant » – l’autobiographie de André Glucksmann dans l’étagère des livres à la une – ce livre que j’avais lu il y a quelque temps, qui est aussi une hymne pour la liberté , m’a en plus réchauffé un peu le cœur. Et dans un coin de fenêtre, quelle coïncidence je découvris l’album « Paris – vue du ciel ».
En partant, – de retour dans ma 208 blanche, je me disais qu’Agnès Wittner et son équipe devraient peut-être essayer d’ouvrir un deuxième samedi et peut être aussi combiner cela avec une sorte de « salon de thé francophone » – un lieu d’échange libre des francophones de la Metropol region Rhein – Neckar. Pas un conversationszirkel a l’allemande, durant mes études j’avais fréquenté deux ou trois fois de tels « conversationszirkel » français et italien à Mannheim et j’ai trouvé cela assez lourd et même pénible. Donc plutôt un « salon de thé francophone libre » où les francophones de Metropol region Rhein-Neckar peuvent s’échanger librement.
En roulant sur l’Autoroute envers le Haardtrand, j’ai aussi pensé qu’ une bibliothèque, c’est aussi un signe fort de la liberté – car les obscurantistes (et cela depuis fort longtemps) – avant de s’attaquer directement aux hommes, brûlaient les livres – d’ailleurs en Allemagne il n’y a pas si longtemps qu’on brûlait des livres – et de nos jours c’est à Mossoul et à Racca qu’on brûle des livres et qu’ on assassine la liberté.
Si j’avais visité la bibliothèque française de Spire un autre jour, j’aurais certainement écrit un autre billet, vu les évènements dramatiques du 13.11.2015/14.11.2015 – j’ai simplement noté ce que je pensais durant cette petite visite. Mais en dehors de ces circonstance dramatiques des attentats de Paris du 13.11.2015,- j’aimerais aussi faire passer le message qu’Agnès Wittner et son équipe font un travail admirable pour la langue et la littérature françaises et pour la francophonie. Au moins en ce qui concerne l’Allemagne du Sud-Ouest (Südwestdeutschland) à ma connaissance il n’existe pas de bibliothèque française semblable. Dans ce contexte ce lieu de la francophonie et du livre me semble être déjà remarquable !
Christophe Neff, écrit le Dimanche 15.11.2015 à Grünstadt, publié le 16.11.2015
In Schramberg hat es in wieder einmal einen Waldbrand gegeben – diesmal am Rappenfelsen im Norden der Talstadt Schramberg. Es war, nach dem Waldbrand am oberen Göttelbach[1], schon der zweite Waldbrand in diesem Sommer in Schramberg und wenn die trocken-warme Witterung anhält, könnte es in der Raumschaft Schramberg noch mehr Waldbrände geben.
Ein zentraler Punkt ist natürlich auch, dass bei größeren Waldbränden „Luftunterstützung“ bei der Waldbrandbekämpfung nötig ist, – in Schramberg ist es dank dem professionellen Eingreifen der Schramberger Feuerwehr und ihrer Kommandantin Annette Melvin nicht dazu gekommen, dass der Waldbrand sich ausbreiten konnte.
Generell sind große Waldbrände vom Boden aus nicht mehr kontrollierbar und erfordern die Bekämpfung aus der Luft mit Löschflugzeugen wie z.B. in Frankreich, Schweiz oder Italien. Dass sollte natürlich geübt werden bzw. vorab die Koordination (Alarmierung, Meldewege, Einsatzleitung etc.) abgesprochen werden und vor allem müssen die entsprechenden Löschflugzeuge bzw. Hubschrauber auch vorhanden sein. Beim Waldbrand in der Lüneburger Heide vor genau dreißig Jahren lieh man sich zwei Canadair CL-215 beim französischen Zivilschutz aus. Sollte es in Deutschland wieder einen großen Waldbrand, wie damals in der Lüneburger Heide geben, wird man wohl das Nachfolgemodell die Canadair CL-415 bei den französischen Nachbarn ausborgen müssen – oder entsprechende zur Waldbrandbekämpfung ausgerüstete Hubschrauber in der Schweiz ausleihen müssen. Soweit die Klimaprognosen über eine Temperaturerhöhung in Mitteleuropa zutreffen, – wird man wohl auch damit rechnen können, dass es auch hierzulande zu einer Zunahme der Waldbrandaktivität kommt[4], und daher sollte man sich im Zuge der Daseinsvorsorge Gedanken darüber machen, inwiefern es ratsam wäre sich mit der Beschaffung von Löschflugzeugen vom Typ CL-415 zu befassen.
Wobei ich es schon erstaunlich finde, dass der große Waldbrand in der Lüneburger Heide[5], immerhin einer der größten Naturkatastrophen im Nachkriegsdeutschland – ich schrieb schon hier (und hier in Französisch) darüber – so komplett aus dem kollektiven Gedächtnis gefallen ist. Festhalten kann man auf jeden Fall, dass es auch ohne Klimawandel in Mitteleuropa zu großen, vor allem auch gefährlichen Waldbränden kommen kann, denn der Waldbrand in der Lüneburger Heide kostete 5 Feuerwehrmännern das Leben.
Abschließend ein paar Worte in Kürze zu dem im Artikel des Schwarzwälder Boten erwähnten „Californisationsprozessen“. Ich habe im vorherigen Blogbeitrag[6] das Thema, d.h. die californisation von Landschaften im feuerökologischen Sinne (californisation du paysage) relativ ausführlich behandelt. Daher an dieser Stelle nur zusammenfassend die wichtigsten Fakten: Californisation bedeutet die enge Verzahnung von Vegetationsdecke mit Siedlungseinheiten (Wohnbebauung, Bebauung allgemein, Infrastruktur). Waldbrandtechnisch heißt das die enge Verzahnung von Brandgut (frz. „masse combustible“, engl. „fuel load“[7]) mit der Wohnbebauung. In solch einer californisierten Landschaft kann es sehr schwierig werden Waldbrände effektiv zu kontrollieren und gleichzeitig die Wohnbebauung vor dem Feuer zu schützen. Zum ersten Mal hat man das Phänomen wohl in Südkalifornien rund um Los Angeles beobachtet – daher auch die Bezeichnung „Californisation“. Ich selbst habe die Begrifflichkeit nach dem großen Waldbrand von Collobrières 1990 in Südfrankreich, während der Arbeiten für meine Diplomarbeit[8] zum ersten Mal wahrgenommen[9]. Vor einigen Jahren schon habe ich den Californisationsprozessen rund um Schramberg einen französischsprachigen Blogbeitrag mit dem Titel „La Forêt progresse à Schramberg – et les risques d‘ incendies aussi“ gewidmet. Selbst wenn man nur wenig, oder sogar gar kein Französisch liest, – die Bilder in dem Beitrag sprechen eine eindeutige Sprache. Californisationsprozesse findet man naturgemäß vor allem in allen mediterranen Biomen, Regionen in den Vegetationsfeuer und Waldbrände im Sommerhalbjahr an der Tagesordnung sind. Aber man findet diese auch hier in Südwestdeutschland, – beispielsweise in den Randlagen des Pfälzer Waldes an der Unterhaardt, im Schwarzwald wie z.B. in der Raumschaft Schramberg, – und nicht nur in der Talstadt Schramberg. Die enge Verzahnung von Vegetationsdecke mit der Wohnbesiedlung findet sich bei genauer Betrachtung auch in vielen anderen Schwarzwaldgemeinden (Bilder dazu u.a hier in meinem letzten Blogbeitrag, dort findet sich z.b. ein rezentes Photo zur Californisation aus der Schwarzwaldgemeinde Lauterbach). Soweit es nicht zu Waldbrandereignissen in diesen Gegenden kommt, ist die Verzahnung eigentlich kein Problem. Dort wo Waldbrände quasi ausgeschlossen sind, eigentlich hervorragende Wohnlagen – wer wollte nicht in solch einer Lage mitten im Grünen wohnen?
Wenn es aber zu Waldbränden kommt, dann kann diese Verzahnung schnell zu gefährlichen Situationen führen. Die zwei kleinen Waldbrände, die diesen Sommer in Schramberg ausbrachen haben gezeigt, dass es sehr wohl auch im Schwarzwald zu Waldbränden kommen kann. In der Vergangenheit- und man sollte dies auch nicht vergessen – hat es auch im Schwarzwald verheerende Waldbrände gegeben, wie z.b. der große Brand von Baiersbronn – Schönmünzach der im Jahre 1800 einen Teil des Nordschwarzwaldes heimsuchte.
[3] Ich hatte am 10.11.2010 bei der Kommandantentagung des Kreisfeuerwehrverband Rottweil einen Vortrag mit dem Titel „Waldbrände in Mitteleuropa – Bestandsaufnahme und Zukunftsszenarien Was kommt auf die Feuerwehren im Lkr. Rottweil zu?“ gehalten, – und dabei auch mit Vehemenz auf die Notwendigkeit von geeignenten Waldbrandlöschfahrzeuge hingeweisen. Die entsprechende Folie hatte den Titel „Camion citerne feux de forêts CCF – auch für den Lkr. Rottweil ?“. Das war ein öffentlicher Vortrag, – die Presse war auch anwesend, aber der Vortrag bzw. der Inhalt des Vortrages hinterließ wohl offensichtlich keinen Widerhall in den Medien.
[8] Die Ergebnisse meiner Diplomarbeit wurden zeitversetzt in dem Büchlein « Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) : eine geographische Analyse. Mannheim 1995. ISBN: 3-923750-50-1“ veröffentlicht.
L’esplanade du Wasserturm, les jets d’eau qui ouvrent la vue vers la Augustaanlage, le Rosengarten, les Planken, – l’univers de mes années étudiantes à Mannheim, de mes années d’assistant de géographie à l’Institut de Géographie de l’Université de Mannheim[1], de Postdoc, – jamais je n’aurais cru voir flotter le drapeau tricolore devant le Wasserturm, d’ entendre, de chanter moi- même la Marseillaise …..
Cela s’est produit pendant la très émouvante cérémonie en hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et du supermarché casher de la porte de Vincennes au Rosengartenplatz devant le Rosengarten, à Mannheim ce Dimanche 11 Janvier à quinze heures de l’après-midi[2]. La Manifestation fut organisée à l’initiative „Deutsch-Französische Vereinigung Rhein-Neckar“ et du „Deutsch-Französischer Kulturkreis Heidelberg“. Cette manifestation réunissait à peu près 1200 personnes d’après le Rhein-Neckar Blog. Allemands, Français, – et diverses personnalités politiques régionales. Le président du Deutsch-Französischer Kulturkreis Michel Maugé tint un discours émouvant rappelant les trois piliers de la révolution française, de la république française – « La France unie, unie avec tous ceux qui croient à la Liberté, l’égalité et la Fraternité. Nous sommes Charlie! »[3] . Le Maire de Mannheim, Peter Kurz tint aussi un discours très vibrant, – en citant noms par noms les 17 victimes des attentats sanglants de la semaine dernière à Paris[4]. Et entre les divers discours c’est la chanteuse Barbara Zechel qui entonna la Marseillaise avec verve et émotion – et une partie du public la suivait en chantant, – les chants et paroles révolutionnaires de la Marseillaise baignaient le Rosengartenplatz. Après quelques discours de divers hommes politiques régionaux et locaux, notons aussi la « fausse note » du conseiller municipal Thomas Trüper de la Linke, qui essaya une récupération politique assez maladroite, – récompensée par les sifflements et des huées du public, la cérémonie fut clôturée par un le discours de Dr. Erika Mursa, la présidente du Deutsch-Französischen Kulturkreises Heidelberg qui nous rappela la valeur des libertés de paroles, de critiques ….
La cérémonie de Mannheim, entre Rosengarten et Wasserturm fut close par cette vielle chanson de liberté allemande – die Gedanken sind frei – les pensées sont librées – c’est la dame au parapluie Charlie qui était à côté de moi qui entonna la chanson, – et depuis cet endroit, cette chanson de liberté commença à résonner parmi les manifestants venus au Rosengarten de Mannheim pour soutenir la France et les Français, et les valeurs universelles de liberté.
J’étais très ému par cette cérémonie, – de voir à quel point la ville de Mannheim, -qui m’avait accueilli pour mes années étudiantes à l’Université de Mannheim[5], mes années de jeunesse, mais aussi mes premières années de vie professionnelle comme géographe universitaire ….. adressait ce message de soutien à la France, au peuple français, mais aussi aux valeurs universelles qui sont la Liberté, l’Egalite, et la Fraternité – pendant que la France entière se levait à Paris, en Province, et même dans mon port d’attache en France, – dans le pays Leucatois, à Port Leucate où le cortège solennel défilait depuis l’espace Henry de Monfreid jusque au Kyklos face à la mer[6] – pour cette gigantesque marche républicaine pour dire non à l’ obscurantisme, dire non à la peur, pour dire non à ces prédicateurs de la mort et de la haine!
Grünstadt tauchte gerade aus dem Novembermorgenlicht, als ich die Traueranzeige, die ein Herr Dr. Michael Stahl, im Feuilleton der Frankfurter Allgemeinen Zeitung des 14.11.2014 veröffentlichte, entdeckte. „Wanderer kommst du nach Sparta, verkündige dorten, du habest uns hier liegen gesehen, wie das Gesetz es befahl (1795)[1]“ „Den Gefallenen unserer Familie zum ehrenden Gedächtnis, den Lebenden zur Mahnung“. Es folgen 6 Namen der Familie Stahl, Namen von Soldaten die zwischen 1914- 18 und 1939 – 45 in Frankreich, Russland, und der Ukraine gefallen sind ….. Am Schluss der Anzeige kann man lesen, Dr. Michael Stahl, geboren 1959, lebt seit 55 Jahren in Frieden und Freiheit.
Die Worte des mir unbekannten Dr. Michael Stahl hatten mich beeindruckt, – auch ich lebe nun schon seit 50 Jahren in Frieden und Freiheit, – vor allem weckten die Worte der Traueranzeige Kindheitserinnerungen. Erinnerungen an die herbstlichen und winterlichen Reisen zur Familie meines Vaters ins oberschwäbische Saulgau. Damals in den 1960er und 1970er Jahren, hieß das heutige Bad Saulgau[2] noch einfach Saulgau. Die Familie meines Vaters stammte aus Saulgau[3], und wir fuhren natürlich nicht nur in den Herbst- und Wintermonaten nach Saulgau, – aber aus einem mir unbekannten Grund häuften sich die Besuche in den Monaten November und Dezember[4]. In meiner Erinnerung haben sich zwei Ereignisse aus diesen „Herbst & Winterreisen“ nach Saulgau eingeprägt, – zum einen die Eisenbahn, – die kleine Modellbahn, – die Märklinbahn die man uns vom „Pischl“ mitbrachte, – damals war in Südwestdeutschland der Name Märklin das Synonym für Spielzeug & Modelleisenbahnen – und natürlich die große Bahn, – meine Großeltern wohnten in der Karlstraße genau gegenüber dem Saulgauer Bahnhof. Mein Großvater Anton Neff war Geschäftsführer einer Spedition, der Wilhelm Schramm KG, die ursprünglich aus einer Bahnspedition hervorging, – und die noch in den 1970 Jahren die Kohlen und das Heizöl, welches rund um Saulgau vertrieben wurde, per Bahn im „Wagenladungsverkehr“ erhielt. Ich kann mich noch daran erinnern, wie ich meinen Onkel Ewald beim „Entladen“ der Kohlewagen begleitete, – wie wir dann im Mercedeslaster (wahrscheinlich ein Kurzhauber L322) die Kohlen ins Lager fuhren. Die Großeltern zogen dann später in ein Haus in der Hindenburgstraße nahe dem Saulgauer Friedhof, und danach in eine Wohnung in einem der Hochhäuser an der Bad Buchauer Straße überhalb des Friedhofes. Von der Wohnung in der Bad Buchauerstraße hatte man fast einen Rundumblick über das Städtchen Saulgau, im Süden hatte man einen Blick auf die Bahnlinie nach Altshausen/Aulendorf und im Norden/Nordosten blickte man über den Saulgauer Friedhof Richtung Bussen. Die Tage, soweit ich mich erinnern kann, begannen mit dem Einfahrt des Güterzuges aus Aulendorf, meist von einer 50 (oft mit Kabinentender) gezogen, eine lange Dampffahne hinter sich herziehend. Der Tag endete dann meist, mit der Abfahrt des abendlichen Güterzuges nach Aulendorf, der in den frühen 1970er Jahren von einer 211 oder 212 gezogen wurde. Ja, und abends, wenn die Nacht einbrach, schweifte dann der Kinderblick, über den von Grablichtern erleuchteten Friedhof zum Bussen. Die Grablichter Oberschwabens haben mich als Kind so beindruckt, – dass ich viele Jahre später, bei einem Flug über Sibirien, zwischen dem Blick auf die unendlichen Wald- und Schneelandschaften und der Lektüre von Pierre Michons Buch (2010): „Le roi vient quand il veut. Propos sur la littérature“, an die roten leuchtenden Grablichter in Oberschwaben, dem Blick über den Saulgauer Friedhof denken musste[5].
Die Toten, die Vermissten, die Gefallen der Weltkriege, – aber auch die Gespräche über die, die als für immer Gezeichnete aus dem Krieg zurückkamen, – das waren die Gespräche, die mir aus diesen Kindheitstagen, den Herbsttagen in Saulgau in Erinnerung geblieben sind. Er war eine Welt zwischen Eisenbahnen, Gefallenen, Kriegsgezeichneten, Kriegsversehrten ….
Manchmal fielen auch solche Worte wie, – nach Stalingrad, da wussten wir, dass der Krieg verloren waren, – und dann fiel manchmal eine beklemmende Stimmung über die Familienrunde, – Opa und Oma[6], der Paul, die Vroni, die Rita …. Was ich damals noch nicht wusste war, dass der „Verlobte“ meiner Tante Rita, eigentlich meiner Großtante Rita Schramm, in Stalingrad vermisst wurde. Er gehörte der 305 Infanteriedivision an, einem Wehrmachtsgroßverband der im Raum Ravensburg ab Dezember 1940 aufgestellt wurde, der sogenannten Bodenseedivision, – einer Division die im Winter 1942/43 in der Schlacht von Stalingrad unterging. Die 305 Infanteriedivison wurde in Stalingrad vollständig vernichtet, – nur ein paar wenige, eine kleine Handvoll Soldaten kehrten nach dem Krieg nach Süddeutschland zurück. Als die 305 ID vor Stalingrad unterging, – als es keine Lebenszeichens mehr von den Männern aus Stalingrad gab, wusste man in Saulgau (und in vielen anderen Orten Deutschlands auch), dass der Krieg verloren war. Viele Jahre später, nach diesen Herbstbesuchen in Saulgau in den frühen 1970er, begann mein Vater in den Jahren 1984/1985 mit den Arbeiten an dem Buch „Briefe aus dem Osten“[7], – Buch welches er dann letztendlich im Selbstverlag im Januar 1990 herausbrachte. Es enthält die kommentieren Briefwechsel meiner Großtante Rita Schramm mit dem Leutnant der Reserve Hans Lehmann der am 4.1.1943 vor Stalingrad vermisst wurde. Hans Lehmann gehörte der Divisions Nachrichtenabteilung 305, der 305 Infanteriedivision an. Während mein Vater mit den Arbeiten an dem Buch „Briefe aus dem Osten“ beschäftigt war, begann ich in Calw beim Fallschirmjägerbataillon 251[8] meine Ausbildung zum Reserveoffizier[9]. Mein Vater hat sich sehr schwer damit getan, dass ich mich zum Reserveoffizier habe ausbilden lassen. Die Arbeiten zum Buch „Briefe aus dem Osten“ hatte er, so lässt sich aus dem Anhang des Buches entnehmen, im Jahre 1985 weitgehend abgeschlossen, – der Druck erfolgte jedoch erst im Januar 1990. Wieso entzieht sich meiner Kenntnis. Ich hielt das Buch, zum ersten Mal als Leutnant d. R. der Bundeswehr im Herbst 1990 in den Händen.
Im November und Dezember, den Nebeltagen, die im Herbst und zum Winterbeginn in Grünstadt doch recht zahlreich sind, diese grauen Tage lassen mich an die Herbsttage meiner Kindheit in Saulgau erinnern, an die Geschichte von Rita Schramm und des Leutnant Lehmann, – und die seiner tausenden von Kameraden die nicht aus Stalingrad zurückgekommen sind.
Ja, bei den Herbstgesprächen, sowie ich sie als Kind erlebte, – und so wie diese mir in Erinnerung geblieben sind, – war der Krieg, bzw. die Kriegsgeschehnisse, – die Gefallenen, die äußeren und inneren Verwundungen, – dieses Krieges, bzw. dieser Kriege, denn manchmal hallten auch noch die Erinnerung an die „Verwundungen“ des ersten Weltkriegs bei diesen Herbstgesprächen durch. Der Krieg war in diesen Tag immer noch in Saulgau zuhause, genauso wie er meine französische Familie jenseits des Rheins in Eckbolsheim, in Aubord nie ganz verlassen hatte[10].
Die Traueranzeige & Gedenkanzeige von Dr. Michael Stahl, hat mich auch daran erinnert, dass der Krieg damals als ich noch Kind war Ende der 1960, Anfang der 1970 Jahre, doch noch im Gedächtnis der Familien weiterlebte, immer und unter der Oberfläche weiternagte – und irgendwann bei den Familiengesprächen wieder auftauchte. Die Gefallenen, die Vermissten, die Heimkehrer waren noch nicht vergessen. Von den dreizehn Kindern, meiner Urgroßmutter Augustine Neff aus Munderkingen, von den 11 Kindern die sie großgezogen hat, haben manche zwei Weltkriege erleben müssen. Bei den Herbstaufenthalten in Saulgau, war auch manchmal vom Joseph Neff die Rede. Joseph Neff, Redemptoristenbruder, der soweit ich weiß, an der Folgen der im ersten Weltkrieg erlitten Verletzungen, verstorben ist[11]. Manchmal fielen auch die Worte, – Christophe du siehst dem Joseph so ähnlich. Den Joseph habe ich nie gekannt, -geblieben sind die Erinnerungen an ein paar Familiengespräche, über einen Menschen der auch Opfer eines dieser Kriege wurde, der Mitteleuropa in den letzten hundert Jahren heimgesucht hatte. Wer erinnert sich noch heute an den Redemptoristenbruder Joseph Neff, der an den Folgen seiner im ersten Weltkrieg erlittenen Kriegsverletzungen verstarb? Auch daran musste ich denken, als ich die Trauer & Gedenkanzeige für die in beiden Weltkriegen gefallenen Mitglieder der Familie Stahl aus Göppingen gelesen habe. An den Joseph, – aber auch an den Paul, – einem der zahlreichen Brüder des Joseph Neff, – dem Paul hatte der zweite Weltkrieg das Augenlicht geraubt.
Ähnlich wie der Auftraggeber der Todes & Gedenkanzeige Herr Dr. Michael Stahl, für die in den beiden Weltkriegen gefallenen Mitglieder der Familie Stahl aus Göppingen bzw. Süßen, habe ich das Glück seit nun fünfzig Jahren, in der Mitte Europas in Frieden und Freiheit zu leben.
[2] Einen gelungen Internetauftritt über das heutige Bad Saulgau des 21 Jahrhunderts findet man unter den Seiten „Schönes Bad Saulgau“.
[3] Im Grunde genommen waren die Saulgauer Neffs, ursprünglich eine Munderkinger Familie.
[4] Einer der Gründe dürfte bestimmt die Adventszeit vor Heiligabend gewesen sein, aber das war für meine Eltern denke ich, bestimmt nicht der Hauptgrund für die herbstlichen Saulgaufahrten gewesen sein, vor allem erklärt das nicht die häufigen Fahrten Ende Oktober/Anfang/Mitte November.
[6] Oma und Opa, das war das Ehepaar Anton Neff (1904- 1977) und Blanka Neff geborene Schramm (1912-1992).
[7] Das bemerkenswerte an dem von meinen Vater herausgegebene Buch „Briefe aus dem Osten“ist, dass das Buch sich dem Medium der „Feldpostbriefe“ widmete, und zwar lange bevor die historische Forschung den „Feldpostbrief“ als Forschungsgegenstand entdeckte. Weiterhin erwähnenswert erscheint mir, dass das Buch einer der wenigen (deutschsprachigen) Werke ist, welches Angaben, über die fast vergessene 305 Infanteriedivision, die sogenannte „Bodenseedivision“ enthält.
[8] Das Fallschirmjägerbataillon 251 war Teil der Luftlandebrigade 25, der sogenannten „Schwarzwaldbrigade“.
[13] Mein Vater hat die meisten Exemplare dieses Buches in seinem persönlichen Freundes & Bekanntenkreis verteilt. Ein Exemplar befindet sich im Bestand der Universitätsbibliothek Mannheim. Nach seinem plötzlichen Tod im Januar 1992 wurden ein paar Exemplare im weiteren Freundeskreis der Familie Neff Schramberg verteilt. Nach dem Verkauf des elterlichen Hauses im Lärchenweg 63, in Schramberg-Sulgen im Jahre 2005, wurden die wenigen verbliebenen Restexemplare zusammen mit dem Privatarchiv meines Vaters dem Stadtarchiv Schramberg übergeben.