Vue de Grünstadt – mardi 24.8.2010 –

Apres avoir consacré mon dernier jour de vacances – le mercredi 18.8. à l‘ écriture d‘ une ébauche sur Éric Fottorino pour la Wikipedia.de et une petite ébauche sur la Eistalbahn pour la wikipedia.fr. ,j’ai repris mon travail au KIT le 19.8.2010.  Le 17.8, un ICE avait heurté un camion de poubelles sur la Pfälzische Ludwigsbahn – et bloqué tout le trafic ferroviaire pendant trois jours dans le Pfälzerwald – avec comme conséquence que les ICE et TGV Frankfurt – Paris et vice versa ont du être déviés via Strasbourg.  La Eistalbahn qui autrefois reliait Grünstadt à Kaiserslautern  aurait bien pu servir comme parcours de déviation beaucoup plus commode – mais malheureusement la section Eiswoog – Enkenbach est neutralisée depuis le 31.12.1988.

Parfois j’essaie un peu de rétrécir le fossé culturel qui sépare l’Allemagne et la France en écrivant des petites ébauches wikipedia, en espérant que quelqu‘ un améliore ces petits débuts d’article. On pourrait naturellement se demander pourquoi un  personnage comme Éric Fottorino , Directeur de la publication du Journal le Monde  n’avait jusqu’au 18.8.2010 pas son article dans la wikipedia allemande ni anglaise. Parfois les choses se bousculent : donc le 18.8 j’avais créé l’article en allemand  sur Fottorino et le 20.8 l’utilisateur accotink2 a créé l’article anglais . Pour moi , le moment qui a déclanché ma décision d’écrire l’ébauche sur Fottorino fut d’une part la présentation du nouveau livre de Fottorino «Questions à mon père »  dans la république des livres et l’édito de Fottorino «L’amour de soi et la haine des autres » dans le Monde du 17.08.2010. Dans ce contexte – pour les lecteurs germanophones – l’excellent analyse de Gero von Randow «Der Hass der Vergessenen «  dans la dernière « Zeit ». Gerow von Randow, Heiko Engelkes, Evi Seibert, Carlo Schmid, Robert Ditter, Konstantin Hank et beaucoup d’autres  – oui même ma propre mère – mériteraient un article dans la wikipedia.fr dans le contexte franco-allemand –  a voir qui crèera les premières ébauches ou articles.

uber-den-dachern-grunstadts-temps-dorage-et-arc-en-ciel-1882010.1282655655.jpgCe dernier jour de vacances – il pleuvait encore une fois de plus – car cet été jusque maintenant nous avons eu beaucoup de pluie & d’orages dans le palatinat. Et décidément le carillon et l’horloge de St. Martin de Grünstadt sont encore en panne, même si ,comme on pouvait lire dans la Unterhaardter Rundschau , les travaux de réparation du carillon on bien repris.

Pendant les derniers jours de vacances  il y avait une journaliste de radio qui m’a téléphoné pour me demander mon avis sur la situation des incendies de forêt en Russie. Je ne me sentais pas trop compétent pour dire quelque chose de valable sur la situation en Russie et j’ai conseillé à la journaliste de faire une interview avec Johann Georg Goldammer qui est considèré comme un des rares spécialistes occidentaux de feux de forêts en Russie.  On devrait écrire un livre sur l‘ écologie politique des incendies des forêts de l‘ été 2010 en Russie à l‘ instar de « Isle of Fire  – the political ecology of landscape Burning in Madagscar »  de Christian A. Kull , on pourrait nommer un tel ouvrage « Russia in flammes – the political ecology of the firesummer 2010 in Russia » – à voir si un telle livre sera réellement écrit.  Je me demande pourquoi la journaliste ne m’a demandé mon avis sur la situation des incendies au Portugal ? Le Nord du Portugal est une fois de plus en flammes – mais les medias allemands ne sont pas particulièrement intéressé par la situation de feux de forêts au Portugal.

J’ai donc repris le travail le jeudi 19.8 – et le vendredi 20.8.2010 j’ai visité la maison de l‘ histoire à Stuttgart – Haus der Geschichte Baden Württemberg – une fois pour voir l’exposition « „Ihr und Wir. Integration der Heimatvertriebenen in Baden-Württemberg“ – et d‘ autre part pour évaluer  les possibilités d‘ intégrer la partie paysages – la partie forêt noire – de l’exposition permanente dans mes cours. A part quelques arbres – la partie paysages, paysages culturels (Kulturlandschaft) – ne m’a pas trop  impressionné. Par contre la partie dédiée à l‘ histoire économique du Bade-Würrtemberg est très réussie. Dommage qu’il n’y a pas d’explications en français (si je me souviens bien). Dommage que la présentation du musée sur le web existe seulement en allemand, – sans page web en français ni même en anglais !

Mais il faut dire que j’ai  une vraie « découverte » dans l’exposition permanente ! Il y a une partie qui est entièrement dédie à la vie privée. Cette partie est principalement constituée de photos de famille, photos de mariage, photos d’enfants du Baden – Württemberg (et de ses prédécesseurs politique – car le Baden Württemberg n’existe que depuis 1952). Et quelle surprise – je dirais que 30 – 40% de photos proviennent de Schramberg et ses environs. Grace au « Photo-Archiv-Kasenbacher » on a l’impression que Schramberg fut et est le centre du Baden – Wurtemberg. Schramberg – « das gefühlte Zentrum der Welt » , c’est assez impressionnant.

ice-513-am-2082010-in-stuttgart-hbf.1282656600.jpgPour finir – comme si souvent pendant mes déplacements professionnels – j’ai fait des photos de voyage, de trains, de gare, de paysages : la gare de Stuttgart – le fameux Bonatzbau – va surement changer d’une manière ou d’une autre dans cette décennie.  Donc dans un certain sens ces  photos auront déjà une certaine valeur historique.stuttgart-hbf-nordausgang-innenseite-2082010-10-uhr-12.1282656107.jpg

Stuttgart Hbf – Nordausgang – Innenseite 24.8.2012 10:12 – Stuttgart Gare centrale – sortie nord – vue d‘ interieur  © C.Neff

Photos – tous © C.Neff :

1.) Sur les toits de Grünstadt – orage et arc-en-ciel le 18.8.2010 vers 20:00 © C.Neff

2.) Arrivée du ICE 513 à Stuttgart Hbf en provenance de Mannheim le 20.8.2010  © C.Neff

3.)  Stuttgart Hbf – Nordausgang – Innenseite 24.8.2012 10:12 – Stuttgart Gare centrale – sortie nord – vue d‘ interieur  © C.Neff

Ouvrages et sources cités :

Kull, C. A. (2004) : Isle of Fire. The political Ecology of Landscape Burning in Madagascar. Chicago (The University of Chicago Press), ISBN 0-226-46141-6

Christophe Neff, Grünstadt le 24.8.2010

Retour à Grünstadt – le carillon de Sankt Martin reste muet – et autres potpourris des vacances d’été 2010 passées à Port Leucate

Après deux semaines de vacances familiales à Port Leucate, retour à Grünstadt où je découvre que le carillon de l’église protestante St. Martin est encore muet. En fait, un coup de foudre avait eu raison d’un des rares carillons du palatinat le 6. Juin 2010. Depuis, les habitants de Grünstadt attendent la réparation du carillon avec impatience, – mais la communauté protestante de Grünstadt doit d‘ abord se consacrer à réparer la toiture de l’église qui a souffert de la tempête Xynthia. Mais le jour viendra, une fois la toiture réparée, où on pourra  s’attaquer à la réparation du carillon de Grünstadt. Peut être l’automne entendra de nouveau le son du carillon. En fait j’avais cru pendant les deux semaines de vacances sur les rives de la méditerranée que le carillon de Grünstadt serait réparé pendant cette période de vacances – et  que,de retour à Grünstadt, j’aurais pu à nouveau entendre le son familier du carillon qui baigne cette petite ville du palatinat dans un paysage de sons. Reste le bruit de l’autoroute qui par vent du Sud envahit la ville – et qui donne au paysages des notes plutôt désagréables.

Les vacances familiales à Port Leucate se sont bien passées. Beau temps, beaucoup de tramontane – deux orages – et parfois des Canadairs rechargeant leur réservoir d’eau dans l’étang de Leucate (De très belles photos de Canadairs rechargeant leur réservoirs d’eau se trouvent  dans le billet Des canadairs pour Eric Woerth du blog le chasse-clou ). Pas de grands incendies de forêts dans les environs, sauf l’incendie dans le massif de la Clape . Vent, soleil et plage – et parfois des services de taxis pour la famille – pour les leçons de planches à voile, stage de cheval, courses à Perpignan. Petit sortie vers Port la Nouvelle faire voir les bateaux de commerce et les chemins  de fers portuaires aux enfants. Cela me rappelle ma propre enfance – quand mon grand père Jean Migliori m’emmenait sur le port du Rhin à Strasbourg voir les grands chalands rhénans – ou m’amenait à la gare de la Franqui chercher ou déposer la famille qui venait en train à Leucate – car Port Leucate c’est une vielle histoire de famille qui débuta en 1968. Souvent c’était l’Oncle Jean Pierre qui arrivait en train – c’est lui qui me donna le goût de la lecture de la vie du rail que je lis encore de nos jours. Les installations ferroviaires de la gare de Leucate étaient plus importantes que de nos jours – deux voies d’évitement ,qui donne 4 voies, plusieurs voies de garage – et jusqu’en 1973 les locomotives à vapeur – les braves américaines, les 141 R. Mais tout cela est une histoire d’un autre temps.

Ces vacances d’été à Port Leucate se composèrent de quelques sorties qu’on ne trouve guère dans les guides. Croisières avec la belle Aude entre le Barcarès et Collioure. Ce petit voyage en mer  (très houleux par temps de forte tramontane ) fait découvrir une rare partie de la côte languedocienne pas encore complètement bétonnée – la partie entre l’embouchure de l’Agly et du Têt.

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Autrefois royaume du Bordigou – on se demande combien de temps cette partie du littoral résistera à la littoralisation, la  californisation, au bétonnage tout court.  Autres visites qui ne se trouvent dans aucun guide : les chemins de la liberté dans la vallée de la Baillaury à Banyuls , ou le mémorial Walter Benjamin à Port Bou en Espagne. Peut être en parlerai-je dans un autre billet ultérieurement.

St. Jacques – der helige Jacobus – Namenspatron von St. Jacques de Port Leucate, photographiert bei der Fête de Saint Jacques, – erster Jahrestag der consecration von St. Jacques de Port Leucate/ Jacques – Saint Jacques – Patron de St Jacques de Port Leucate, photographié lors de la Fête de Saint Jacques, – premier anniversaire de la consécration de St Jacques de Port Leucate, © Christophe Neff, 25.07.2010

Une chose qui m’a particulièrement plû pendant ces vacances – c’était le premier anniversaire  de la consécration de l’église St. Jacques de Port Leucate en présence de l’évêque Alain Planet. St. Jacques de Port Leucate est une église dont l‘ architecture qui me plaît particulièrement bien  – et dont je parlais  déjà  ici : Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009)   et ici  « St. Jacques de Port de Leucate – au clair de la lune de mai 2010 ». Surtout l’ensemble carillon, nefs de l’église – et les vergers d’olivier -forment un paysage très spécifique. Notons aussi puisque nous parlons de carillon que le Carillon de St. Jacques de Port Leucate est un des rares carillons dans le midi méditerranéen.

Pas beaucoup de temps de lecture. Quelques chapitres dans Luc Guerre « Leucate – histoire de mon village » – livre dont je parlai un peu dans « Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village »  – et lecture très intensive de „La France a un problème avec la Bible“ dans la RDL – J‘ aurais bien aimer avoir le temps de lire « Les cornes de Moïse. Faire entrer la Bible dans l’histoire » – car La France a un problème avec la Bible m’a beaucoup donné envie de lire ce livre. Mais jusqu’à présent je n’ai pas encore  eu l’occasion de le faire.

Lecture : cela fut pendant les vacances la lecture du monde version papier – et même si je suis abonné à la version électronique -J’aime bien lire pendant les périodes de temps la version traditionnelle sur  papier du Monde. Je pense que le Monde devrait même pour ses lecteurs à l’étranger proposer  un abonnement version électronique + Version Week End élargie contenant le monde du vendredi + le monde des livres, le Monde du Samedi + le  Monde Magazine  + le Monde du Dimanche. Peut être le jour viendra-t-il  où les services d’abonnement du Monde proposeront une telle version d’abonnement pour ses fidèles  lecteurs vivant hors du territoire français.

Je fus ému, attristé et choqué par la fin tragique et brutale de Michel Germaneau. Michel Germaneau essayait de faire parvenir de l’aide humanitaire dans un des pays les plus pauvres de la planète : le Niger,  qui une fois de plus menacé par une famine. Au moins peut être les quelques observateurs politiques qui s’intéressent encore à l‘ Afrique noire francophone comprendront-ils  que le « Sahel » pourrait devenir la nouvelle proie d’Al Quida ?

Mais c’est grâce à la lecture intensive du Monde version papier traditionnelle  durant mes deux semaines de vacances à Port Leucate  que je découvre une France de plus en plus dans le doute, sans réel repère républicain, un gouvernement ébranlé par les scandales (Karachi, Bettencourt), qui cherche son salut dans un discours que je qualifierais de « pseudo-sécuritaire »  et de « bouc émissaire ». Pseudo -sécuritaire car la déchéance potentielle de la nationalité pour les « Intensivstrafttäter » issus de l’immigration – les concernés s’en moquent totalement ,ils vivent déjà dans un autre univers.  Cela ne résoudra certainement pas le problème de l’insécurité grandissant dans les grandes agglomérations urbaines , qui sera certainement un des grands défis pour les grandes démocraties européennes – car c’est un problème européen, problème qui est aussi en train de s’élargir en Allemagne.

Le succès du livre de la défunte juge pour adolescents Kirsten Heisig « Das Ende de Geduld – Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter » – le livre s’empara de la sortie de la première édition la premier place de la Spiegel Bestsellerliste  (Spiegel Bestellerliste 32/10 Hardcover). Le problème défie nos sociétés et malheureusement les solutions simples n’existent pas.  L‘ objectif  primaire de cette campagne publicitaire – car c‘ est ainsi que je la perçois- a été largement atteint :  le gouvernement gagne quelques points favorables dans l‘ opinion publique (voire les résultats de divers sondages), les affaires Bettencourt & Karachi tombent presque dans l‘ oubli médiatique ( voir aussi  le commentaire de  TKT  du 10.8.2010 23 :07 dans Pour saluer Tony Judt  de la RDL   «Avez vous remarqué que les propos de Grenoble de N. Sarkozy et le surenchérissement d’Hortefeux, ont fait taire les médias sur l’affaire Bettencourt-Bettencourt? Les médias ont besoin d’un sujet du jour, il faut bien vendre, c’est légitime. Je préférais le haro sur Woerth, que les propos débiles, peut-être même dangereux, sur la nationalité qui se retirerait comme on retire une couette.  «) l’affaire est gagnée. Mais l’insécurité dans les banlieues chaudes ne changera pas d’un jota. Comme je l‘ ait déjà écrit dans « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) » ,si ,en particulier en France, on ne trouve pas bientôt des réponses au problème de l’insécurité dans les banlieues – nous risquerons bientôt de nous trouver en face de situation mexicaine , où la drogue et la violence sèment la gangrène  surtout les classes moyennes. Malheureusement ni le gouvernement de Monsieur Sarkozy ni l’opposition de gauche en France (même situation en Allemagne) ne se sont lancés dans une vraie discussion de fonds, une vraie recherche de solution valable et praticable sur le terrain.  Peut -être devrait-on  conseiller  à  l’oreille et la plume de Monsieur Sarkozy Henri Guaino à condition qu’il maîtrise l’allemand la lecture « das Ende der Geduld ».

Mais ce que j‘ ai aussi découvert en revenant de mes vacances, que ce virage « pseudo-sécuritaire », cette direction et la vitesse qu’elle a pris  suggère qu‘ on voudrait bien doubler le FN sur certaines positions pour gagner quelques voix électorales de plus – ceci n‘ a provoqué dans les medias allemands aucune réaction, à l‘ exception d‘ un commentaire très engagé de Gerow von Randow   «Sarkozy rückt mit repressiver Rhetorik nach rechts » -.  Ma réponse à ce vide médiatique concernant la dérive « pseudo-sécuritaire » de la politique intérieure française en Allemagne est le sujet du billet  « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) – òu j‘ ai  inclus le titre de l‘ éditorial du New York Times du  5.8.2010 – éditorial que j‘ approuvé à 100 % ! Ajoutons que Stefan Simons du Spiegel publiait aujourd’hui (13.8) un commentaire intéressant sur les événements de la politique intérieure française sous le titre « Sommertheater à la Sarkozy »  – et Simons a bien raison – il s‘ agit vraiment d‘ un vraie « Sommertheater » !

Il me reste quelque jours de paisibles vacances à Grünstadt, – si le soleil veut bien revenir il me reste encore du temps pour quelques randonnées en Forêt Noire, sur le Haardtrand, – quelques lectures ,  les deux derniers billets de la RDL «On peut aimer deux pères » sur le nouveau livre d‘ Eric Fottorino et     « pour saluer Tony Judt »  un billet de nécrologie sur Tony Judt  m‘ ont particulièrement bien plu.  Dans ce contexte le lecteur maîtrisant l’allemand découvrira l’interview de Tony Judt avec Jörg Lau  « Wir brauchen eine ethische Weltsicht »  de la Zeit – cet interview fut enregistré quelques jours avant le décès de Tony Judt.

Et peut- être trouverai-je aussi le temps et le repos nécessaire pour pouvoir enfin lire un livre entier.  La lecture de « l’homme qui m’aimait tous bas » de Eric Fottorino durant mon long congé de maladie après mon accident de mai 2009 m’avait particulièrement bien plu – et la lecture de «  On peut aimer deux pères  m’a donné aussi envie de lire « Questions à mon père ».  Notons que ce fut cet accident de mai 2009 – et la longue période de reconvalescence qui donna naissance à ce blog (les dépêches du grand bouleau )- et après tout jusqu’à présent le blog (et son auteur) se portent bien.

Jeudi prochain , c’est  la rentrée pour l’auteur du blog paysages . finis les temps libres de lectures et de l’écriture de longs billet de blogs. Après la rentrée, le carillon de la Martinskirche de Grünstadt résonnera -t- il peut -être à  nouveau dans les rues et ruelles de Grünstadt, sur les vignobles et paysages de la Unterhaardt.

Livres et sources cités :

Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3

Heisig, Kirsten (2010) : Das Ende der Geduld. Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter. Freiburg (Herder), ISBN 978-3-451-30204-6

Photos – tous © C.Neff :

1.) Panneau „chemins de la liberté“ dans la vallée de la Baillaury (Banyuls) 29.07.2010.

2.) St. Jacques à Port Leucate (Eglise Saint Jacques de Port Leucate) 25.07.2010.

Christophe Neff,  Grünstadt le 13.8.2010

P.S. (13.8.2010 13:39): Ce Post Scriptum pour signaler le petit billet de blog «Retour aux fondamentaux » d’Alain Juppé, que j’ai découvert grâce à l’article « Alain Juppé critique le virage sécuritaire de la majorité » du Monde.fr. . Des propos très bien argumentées – qui pourrait enfin un peu calmer les esprits et d’entamer une vraie discussion de fond sur l’insécurité.

Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village

Durant la saison d’été (2010) il y a trois journées de marché  à Leucate Village. Les dimanche, mardi et vendredi matin durant l’été sous la statue de Françoise de Cezelly et dans la rue de l‘ église nous trouvons un marché méditerranéen bien animé et bien fréquenté. Quel contraste avec l’image décrite dans Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009). Je ne sais pas comment on définit la saison d’été à Leucate – (15.7 – 30.8 ? )  – mais pendant  cette période estivale le marché de Leucate mérite certainement la visite.

Luc guerre -leucate - histoire de mon village Buchdeckel VorderseiteOn y trouve les produits du terroir, produits bios, fromages et charcuteries locales et régionales.  Les cafés sur la place de la république ont leurs terrasses ouvertes, la petite place de marché  sous le regard de  Françoise de Cezelly est pleine de vie. La libraire Adamus pleine à craquer.  Dans cette librairie pleine à craquer j’ai aussi par hasard trouvé le premier volume  1. Karl de la trilogie de BD de ArroyoHiron « le paquebot des sables ».  Notons en passant que l’article Le Paquebot des sables (bande dessinée) de wikipedia.fr mériterait une révision complète car le contenu est plutôt maigre. Dans la librairie Adamus on trouve aussi une petite histoire de Leucate écrite par Luc Guerre. Le livre de Luc Guerre (Leucate – Histoire de mon village) peut être une lecture intéressante pour tout lecteur  vacancier (et autres) intéressé par l’histoire de son lieu de vacances et de villégiature.

Livres cités :

Arroyo-Hiron (2004) : Le paquebot des sables. 1. Karl. Joker Editions, Bruxelles, ISBN 2-87265-267-1

Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3

Christophe Neff 29.7.2010

Conseils pour dévoreurs de gares et passionnés de photographie : l‘ exposition Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 dans la Kunststiftung Baden-Württemberg à Stuttgart

Il y a actuellement une exposition passionnante pour tous les dévoreurs de gare et passionnes de photographies – l‘ exposition Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 dans la Kunststiftung Baden-Württemberg – exposition  d’ont j’ai déjà parlé dans mon dernier billet en allemand –  Eindruck eines Ausstellungsbesuches : Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 in der Kunststiftung Baden-Württemberg.  Cette exposition est un lutz-schelhorn-in-der-kunststiftung-baden-wurttemberg-1672010.1279612221.jpghommage de Lutz Schelhorn à la gare centrale de Stuttgart – gare conçue  par l‘ architecte Paul Bonatz – gare condamnée, car elle sera, grâce au projet Stuttgart 21 , bientôt démolie partiellement. Dommage que ce symbole d‘ urbanisme de Paul Bonatz soit  condamné à disparaitre -gare dont le monde parlait il y a quelques années  dans un article de Gerard Albouy et où fut utilisée l‘ expression lyrique pour désigner le Stuttgarter Hbf  «  la bonne étoile de Stuttgart ».

En ce qui concerne l‘ expression « dévoreur de gares » – c‘ est une expression que j‘ ai empruntée au blog de Montaigne à cheval – blog & bloggeur malheureusement disparu de la toile – bloggeur admirateur de Hölderlin et de la langue allemande – dont les vestiges réapparaissent parfois sur la république des livres comme dernièrement dans les commentaires de Christiane  dans « Les leçons du professeur Bachmann » de la RDL (16 eme commentaires des 176 commentaires en ligne actuellement).

lutz-schelhorn-stuttgart-hbf-1-vor-21-kunststiftung-baden-wurttemberg.1279612258.jpgDonc pour les dévoreurs de gare – une exposition à conseiller – et pour les passionnés de beaux livre de photographie en noir et  blanc, photographie des hommes & des gares – le livre « Stuttgart Hauptbahnhof – Eins vor 21 ».

Livres cités :

Schelhorn, Lutz: Stuttgart Hauptbahnhof – Eins vor 21. EditionRandgruppe, Stuttgart 2010, ISBN ISBN 978-3-9813728-0-9

Photos :

Noirs et blancs: Stuttgart Hbf © Lutz Schelhorn   (postée dans le blog paysage avec l‘ autorisation de  L. Schelhorn)

Couleur: © Christophe  Neff  16.7.2010 : Lutz Schelhorn explique son œuvre artistique devant les élèves d‘ une classe photo d’un centre de formation professionnel.

Christophe Neff 20.7.2010

La Forêt progresse à Schramberg – et les risques d‘ incendies aussi

En Forêt Noire la forêt progresse – et en conséquence les risques d’incendies aussi. Le vendredi 2.7.2010 j’étais avec deux de mes collègues (Janet Maringer & Julia Baum ) invité par la commandante des sapeurs pompiers de Schramberg Annette Melvin (Abteilungskommandantin Talstadt Schramberg) à faire une premiers analyse de risques. En plus je préparais aussi une sortie de géobotanique en Forêt Noire pour les étudiants en bachelor de géo-écologie du KIT. Et naturellement analyser les changements de paysages, la dynamique des paysages de la ville ou j’ai grandit.

Notons d‘ abord qu’Annette Melvin est une des rares femmes chefs de corps de pompiers en Allemagne. Sachant que depuis des années déjà j’avertissais les pouvoirs publics des risques grandissant de feu de forêts en Forêt noire, Annette Melvin m’avait contacté) pour faire une sortie de terrain commune pour faire une premier évaluation des risques d‘ incendies dans le forêts entourant la ville de Schramberg ;comme nous avons grandi à Schramberg, nous fréquentions le même lycée, nous nous connaissons depuis longtemps. De plus ; Annette Melvin est aussi la petit fille de Moritz Mayer le fondateur de la SMF, dont je parlais, dans La Schramberger Majolika Fabrik – la Céramique de Schramberg sur wikipedia.fr. Elle nous présenta quelques terrains potentiels pour des chantiers de brûlage dirigé.qui aurait comme but d‘ une part de seconder la ville de Schramberg dans son effort de limiter l’embroussaillage et la reprise sauvage de la forêt, d‘ autre part d’utiliser un tel chantier de brûlage dirigé pour entrainer les pompiers de Schramberg à la lutte anti-incendie de forêt – donc un exercice de combat anti-incendie sous conditions quasi réelles.

En faite Annette Melvin craint de plus en plus les risques grandissant de feux de forêts qui pourraient être une conséquence de la progression galopante de la forêt en Foret Noire, risque de voir des feux éclater qui pourrait aussi en plus être accentué dans le futur proche par les conséquences des changements climatiques. Mais même sans changements climatique les risques de voir des feux de forêts éclater avec la progression de la forêt est considérable, car la forêt noire est une ancienne terre de feux de forêts, même si la mémoire collective a depuis longtemps oublié ce fait historique. Un des éléments de paysages les plus marquants de la moyenne forêt noire (mittlerer Schwarzwald) étaient les Besenginsterweidfelder (Neff et al. 2004 ) – les landes à genêts de balais (Cytisus scoparius) qui formaient un mosaïque avec les Sapinières riches en Houx (Ilex aquifolium) – un paysage qui fut autre fois entretenu par les feux pastoraux – élément de paysage aujourd’hui malheureusement en voie de disparition grâce à l‘ embroussaillement. C’est le vif jaune de landes de genêts qui a tant influencé les couleurs dans l’œuvre de Wilhelm Kimmich qu’on parle aussi de Kimmichginster . Les paysages changent, la forêt progresse et les Kimmichginster disparaissent de plus en plus de la Raumschaft Schramberg, du Fohrenbühl (une petite géographie gastronomique du Fohrenbühl se trouve ici) et du reste du mittlerer Schwarzwald. (Quelques mots sur ce paysages de forêts et de landes ouvertes se trouvent aussi dans la notice – les cartes postales du Bäslecarl )

J’étais vraiment surpris de découvrir à quel point la forêt domine la ville où j’ai grandi ! Les habitations, les maisons sont réellement encerclées par la végétation et on pourrait même parler de phénomène de californisation dans la Talstadt de Schramberg. Sauf qu’en ce qui concerne le terme californisation dans le sens de l’écologie du feu, c’est plutôt l’habitat qui progresse et s’entrecroise avec les paysages abandonnés où garrigue, maquis et forêts reprennent leurs droits, ce qui provoque en cas de feux de forêts des situations difficilement gérables par les pompiers. Situation bien connue aussi dans les milieux méditerranéens européens, nord-africains, australiens et nord-américains (Californie). En langage scientifique anglo-américain le phénomène est désigné comme « forest – urban interface » car la californisation dans la géographie agraire américaine est utilisée pour désigner les processus d’intensification de l’agriculture méditerranéenne. A ma connaissance le terme de californisation fut pour la première fois utilisée dans l’agro géographie anglo-américaine par David B. Grigg pour désigner l’intensification de l’agriculture dans le Bas – Languedoc (dans le Livre the agricultural systems of the world – an evolutionary approach p. 129) en 1974. A Schramberg ce n’est pas l’habitat qui progresse, dans la Talstadt de Schramberg l’habitat a plutôt tendance à se rétracter. Ici c’est principalement la Foret qui progresse. Annette Melvin a bien raison de craindre le risque grandissant de feux de forêts à Schramberg. Naturellement ce phénomène de progression de la forêt et de l’augmentation des risques de feux de forêts en période de forte chaleur et de sécheresse accentuée ne se limite pas à la ville de Schramberg, – mais touche une grande partie de la Forêt noire. Notons que si Météo France ne se trompe pas trop ( voir l‘ article « L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud » paru dans le Monde du mardi 6 juillet et mon billet « L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud – et devrait se préparer en conséquence à un été avec un très fort risque d’incendies de forêts » qui se réfère a cet article du Monde) cet été pourrait devenir un été particulièrement propice aux incendies de forêts, que ce soit sur la péninsule ibérique, en France ou en Allemagne.

Verwaldung und Verbuschung in Schramberg 2.7.2010

Les risques de feux de forêts, (la mémoire collective a totalement oublié qu’historiquement la Forêt noire a aussi eu son lot d’incendie) ne sont certainement pas une des préoccupations principales des habitants de Schramberg. Pour eux , la progression de la forêt prend surtout la lumière en hiver et plonge la ville encaissée dans le vallon étroit de la Schiltach dans une ombre obscure que les habitants ne semblent pas trop apprécier. Le manque de lumière dû à la progression de la forêt est perçu comme une des principales nuisances environnementales à Schramberg.

Blick vom Tössberg auf die Geißhalde 2.7.2010

La commune de Schramberg (Stadtverwaltung) est bien obligée de réagir et on emploie donc des troupeaux de brebis ou de chèvres pour endiguer l’invasion de la Talstadt Schramberg par la forêt sauvage. Le jour où on reverra des chèvres brouter sur les falaises de la Geißhalde (allemand souabe = collines des chèvres) après plus d’un siècle d’absence semble être proche. Dans des autres secteurs pour créer des couloirs respiratoires (Frischluftschneisen), on procède même à des coupes blanches en pleines forêts. Et on pense à entretenir ces coupes par le pâturage (chèvres & brebis) et par endroit même par l’utilisation de chantiers de feu dirigée. Il faut dire que la nature du terrain ,les fortes pentes du Schramberger Talkessel font que l’entretien par moyens mécaniques de ces coupes est financièrement quasiment impossible ,très difficile , rappelle beaucoup les situations de haute-montagne.

Freischlagfläche Steighäusle Juli 2010

En 1984 j’ai passé mon bac au lycée de Schramberg ,1984 fut l’année du Waldsterben – l’année où le Spiegel annonçait la disparition de la Sapinière de la Forêt Noire. On nous annonçait un paysage désertique – sans arbre – Wolf Hockenjos publia son livre énigmatique « Tännlefriedhof – Bilder einer Verwandlung » (cimetière des sapins – images d’une métamorphose) .Qui aurait cru en 1984 que presque 25 ans plus tard la progression « sauvage » de la forêt pourrait être perçue comme un problème environnemental majeur dans certaines parties de la Forêt Noire. Comme bachelier nous pensions que les sapins pourraient disparaitre des horizons des montagnes. Quels changements ! Notons en fin de billet que le même Wolf Hockenjoos en 2008 publia un magnifique livre sur l’arbre mythique de la Forêt Noire, – le Sapin blanc (Abies alba) (Tannenbäume – eine Zukunft für Abies alba) – un livre qui ne parle pas seulement du Sapin en Forêt Noire – mais qui nous décrit aussi le sapin blanc dans son aire naturelle européenne.

Qui à Schramberg en 1984 aurait cru que 25 ans plus tard la progression de la forêt pourrait être perçue comme un problème environnemental ?

Verwaldung am Sonnenberg - Stadtpark in der Talstadt Schramberg Juli 2010

Photo: Progression de la forêt dans la Talstadt Schramberg © C.Neff 2.7.2010

Même de nos temps, la dynamique des paysages peut encore nous surprendre !

Cela me rappelle les mots d’Éric Lambin dans l’introduction de son livre « la terre sur un fil » où il écrit : « Ainsi fonctionne la planète Terre: en constante évolution, toujours éloignée de l’équilibre et s’adaptant par des mécanismes subtiles à la configuration du moment pour assurer sa viabilité. Les grands cycles climatiques, l’évolution biologique et les changements naturels des paysages font partie de ce mouvement de balancier qui maintient la Terre sur son fil. (Lambin, 2004, 13) »

Photos : toutes © C. Neff 2.7.2010

La Villa Fink envahit par la forêt, Vue sur la Geißhalde depuis le Tössberg, Progression de la foret à Schramberg – Sulgen et coupe blanche du Steighäusle comme couloir respiratoire, Vue sur le Stadtpark et le Sonnenberg (sous titre dans le texte = Progression de la forêt dans la Talstadt Schramberg)

Sources et littérature citée:

Grigg, D.B. (1974): The Agricultural systems of the world. An Evolutionary Approach. Cambridge (Cambridge University Press), ISBN 0-521-20269-8 (1976 Reprint)

Hockenjos, W (1984): Tännlefriedhof. Bilder einer Verwandlung. Hinterzarten (Gerhard schillinger verlag), ISBN 3-924838-02

Hockenjos, W (2008): Tannenbäume – eine Zukunft für Abies alba. (DRW-Verlag Weinbrenner), ISBN 978-3-87181-723-6

Lambin, E. (2004): La Terre sur un fil. (Le Pommier). Paris, ISBN 2-7465-0198-8

Neff, C. Bassing, S., Scheid, A., Jentsch, C., Franger, S. (2004): Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage – observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire /Allemagne). In:., Scheid, A., Neff, C., Jentsch, C (Eds): Flächenextensivierung im Mittleren Schwarzwald. Ergebnisse und Diskussion der in der Raumschaft Schramberg durchgeführten geographischen und landschafts – feuerökologischen Untersuchungen. Materialien zur Geographie, B. 34, Mannheim, 89 – 107. (ISBN 3-923750-92-7), (DOI: 10.5445/IR/1000014804).

Christophe Neff, Grünstadt le 14.7.2010

St. Jacques de Port de Leucate – au clair de la lune de mai 2010

St. Jacques Port Leucate 29.5.2010 0H35

Dans les régions des  religions du livre – là où  l’homme taille le paysage comme le tailleur de pierres taille la pierre ,les lieux de cultes , que ce soit église, mosquée ou synagogue  marquent  les paysages d’une manière très spéciale : l’hommen, en vénérant son dieu , prend possession du paysage d’une manière éternelle.  C’est  le dernier pas du processus de transformation du paysage  sauvage en paysage humanisé, la Kulturlandschaft  (fr. paysage culturel, en. Cultural landscape) pour employer  ce terme issu  de la géographie allemande.

Un des paysages qui fut jusqu’au début des années 1960 un des plus sauvages  de France était le lido entre Leucate Plage et le Barcarès – j‘ en parlais  déjà dans  « Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009) » , cordon dunaire séparant la mer ouverte avec l‘ étang de Leucate – troué par des graus permanents et épisodiques , cordon dunaire toujours en proie à  des submersions  marines répétées . Sur ce lido se trouvent  de nos jours les nouvelles stations touristiques de  Port Barcarès et de Port Leucate. A Port Leucate depuis quelques mois déjà ,une nouvelle église a vu le jour   – St. Jacques de Port Leucate – (j’en parlais aussi ici ) – signalant ainsi que l’homme a pris possession du paysage – et a ainsi transformé la côte sauvage en paysage humanisé.

Ayant assez souvent  un appareil de photo sur moi, que ce soit pour des  voyages professionnels  ou  personnels ,j’eus l’occasion en revenant d’un meeting avec les étudiants durant le LÖP SS 2009 Leucate de découvrir  le carillon de St. Jacques de Port Leucate baignant  dans les lumières d’un clair de lune  dans un ciel où la tramontane balaye  les sombres  nuages  nocturnes vers la mer. Je fis donc deux séries  de photos- une série avec un vieux reflex Minolta 7000 utilisant un Kodachrome C- 64 (le film de diapositives  dont je parlais ici) mais que je n’ai pas encore fait développer ,et une autre avec un petit revue DC80sz (emprunté à ma mére)  en mode manuel  dont une des photos est utilisée pour illustrer ce petit billet.

C’est  tout simplement une belle photo – le carillon de St. Jacques illuminé par le clair de lune de la fin mai 2010 – photo et paysage que j’aimerais partager  avec les lecteurs du blog paysages.

Photo : Le carillon de St. Jacques de Port Leucate illuminé par le clair de lune.  ©Christophe Neff, 30.5.2010 (Revue DC80sz)

Christophe Neff, Grünstadt le 12.7.2010

P.S. : Dans le contexte sur la perception de lieux dans l‘ évolution des paysages historiques   j‘ aimerais aussi conseiller la lecture du dernier billet «A l’Est de la Turquie : Sylvie Lasserre à la rencontre des derniers chrétiens d’Orient » du blog sur les routes d‘ Asie Centrale de Sylvie Lasserre – Blog que  j‘ ai aussi mis dans mon blogroll.

Georges Kuhnholtz – Lordat sur wikipedia.fr

En préparant la semaine dernière une intervention majeure sur les perspectives de recherche en écologie du feu pour un colloque sur l‘ écologie des perturbations (all. Störungsökologie, ang. Disturbance ecology ) à l’université de Bayreuth ,par curiosité, j’ai fait une demande Google pour savoir ce que la toile savait sur Georges Kuhnholtz-Lordat, que je considère personnellement comme un des pères-fondateurs de l’écologie du feu , et qui est systématiquement cité comme tel par la littérature scientifique anglo-américaine , mais qui est presque oublié en France et en Europe. Dernièrement par exemple dans „Fire ecology and fire politics in Mali and Madagascar » de Christian A. Kull et Paul Laris (Kull & Laris 2009) ou dans le mémorable livre de Christian A. Kull sur l‘ écologie politique du feu sur l’ile de Madagascar – « Isle of Fire » (Kull 2004),ou même dans le chapitre de l’historien du feu et de l’écologie du feu Stephen J. Pyne „Eternal Flame: An Introduction to the Fire History of the Mediterranean “ qui écrit « The one great innovation that emerged was the stimulus Greater France gave to the first systematic attempt to tabulate fire throughout the Earth, Georges Kuhnholtz-Lordat’s Le Terre Incendiée (1938) (Pyne 1997) » dans le livre „Earth Observation of wildland fires in Mediterranean Ecosystems“ édité par E. Chuvieco. En fait il s’agit d’un essay qui résume un chapitre beaucoup plus large sur les feux dans le monde méditerranéen dans le livre « Vestal fire » que Pyne publia déjà en 1997. Donc grande surprise de trouver un article dans la wikipedia.fr sur Kuhnholtz-Lordat, car personnellement j’ai l’impression que la wikipedia francophone a parfois un caractère anti- scientifique et anti-intelectuel. Chaque petite starlette de télés & cinémas, les footballeurs de 3 eme classe etc., ont droit à leur articles – mais il est rarissime de trouver un bon article sur un scientifique – sans parler de géographes, biogéographes ou écologues du paysage :rien ou presque rien , rien sur Pierre Quezel le grand maitre de la biogéographie des forêts méditerranéennes, rien sur Louis Trabaud qui fit renaitre l‘ écologie du feu en France et qui contribua ainsi à l‘ établissement d‘ une écologie du feu européenne et méditerranéenne, rien sur Marco Conedera qui a introduit l‘ écologie du feu en suisse et qui est reconnu internationalement comme un des premier écologues du feu européen , la même chose vaut pour Eric Rigolot : rien sur Eric Rigolot qui actuellement contribue au niveau européen au développement de l‘ écologie du feu et ainsi de suite – donc j‘ étais agréablement surpris de découvrir le petit article sur Georges Kuhnholtz – Lordat dans la wikipedia francophone. Malheureusement on ne trouve rien sur l’importance des travaux de Kuhnholtz-Lordat sur le développement de l’écologie du feu, – ni sur la valeur de son ouvrage la terre incendie ,premier livre traitant des feux végétaux au niveau global et mondial. Dans ce sens on pourrait même dire que le livre fut une des premières monographies de « global change ecology ». Vu sa valeur fondamentale pour le développement de la « Fire ecology » et la « disturbance ecology » anglo-américaine (et des citations dans les publications scientifiques internationales)- le livre lui-même vaudrait certainement aussi un article dans la wikipedia. Moi – même dans une de mes premiers publications scientifiques (Neff 1995) j‘ avais décrit la Terre incendiée comme la première monographie francophone dédiée entièrement aux Feux de forêts : « Kuhnholtz-Lordat’s « la Terre incendiée » war die erste französischsprachige Monographie, die sich auschließlich mit landschaftsökologischen Folgen und Risiken von Waldbränden auseinandersetzte ». (Neff 1995, 9).

Titelfolie für Blog - Ökologie der Wandels 21.6.2010 Bewerbungsvortrag W -2 Professur für Störungsökologie

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Pour préparer la conférence sur les perspectives de rechecherche en écologie du feu – je me suis donc procuré un exemplaire de « la terre incendiée (la Bibliothèque universitaire Mannheim a une photocopie du livre) » – et j’ai relu quelques chapitres – car l’expose à préparer contenait une section sur l’histoire du développement de l’écologie du feu en tant que science. Et là ,quelle surprise ;je découvre que Kuhnholtz – Lordat ,comme je l’avais fait dans Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens cite Maria Chapdelaine , cite le roman de Louis Hémon dans la terre incendiée. Cet ainsi que la première partie du livre , « le feu et la culture ,A. les incendies préculturaux sur Forêt » débute avec comme introduction un extrait du roman de Maria Chapdelaine – « Un beau morceau de terre qui a été plein de bois er de chicots et de racines et qu’on revoit une quinzaine après, nu comme la main, prêt pour la charrue, je suis sûre qu‘ il ne peut rien y avoir au monde de plus beau et plus aimable que ca » , disait la mère de Maria Chapdelaine. Louis Hémon » (Louis Hémon cité dans Kuhnholtz-Lordat 1939, p. 79). Même si Kuhnholtz-Lordat cite une autre partie de Maria Chapdelaine que celle citée par moi dans Feux de forêts et lectures de paysages , je ne me suis guère trompé en écrivant que le roman de Hémon était « certainement à ma connaissance une des premières descriptions « littéraires » de la dynamique végétale après incendies de forêts ».

71 années après son édition, la lecture du livre «la terre incendiée» de Kuhnholtz-Lordat, même si certain concepts d’un point de vue scientifique sont certainement dépassés , reste encore une lecture enrichissante et ce n’est pas sans raison que l’ouvrage est encore systématiquement cité dans la littérature scientifique internationale , même si je doute que tous les auteurs qui citent le livre aient réellement lu l’ouvrage. Néanmoins ,ce livre peut être considèré comme l‘ ouvrage fondamental qui donna naissance à ce qui s‘ appelle de nos jours dans le langage scientifique international « fire-ecology ».

Ouvrages et sources cités :

Kuhnholtz-Lordat, G. (1939) : La Terre incendiée. Essai d‘ agronomie comparée. Nîmes (Éditions de la Maison carrée)

Kull, C. A. (2004) : Isle of Fire. The political Ecology of Landscape Burning in Madagascar. Chicago (The University of Chicago Press), ISBN 0-226-46141-6

Kull, C.A., Laris, P. (2009): Fire ecology and fire politics in Mali and Madagascar. In : Cochrane, M.A. (Ed): Tropical Fire Ecology. Climate Change, Land-Use and Ecosystem Dynamics. Berlin, p. 171 – 226 (Springer), ISBN 978-3-540-77380-1

Neff, C. (1995): Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) – eine geographische Analyse. Mannheim, ISBN 3-923750-50-1

Pyne, S.F (2009): Eternal Flame: An Introduction to the Fire History of the Mediterranean . In: Chuvieco, E. (Ed.): Earth Observation of wildland fires in Mediterranean Ecosystems, pp. 11- 26, (Springer), ISBN 978-3-642-01753-7.

Christophe Neff, Grünstadt le 27.6.2010

Vue depuis Grünstadt – Leuchtturm der Kultur in Metz – Phare de la culture à Metz – le centre Pompidou-Metz (11.5.2010)

Aujourd’hui, mardi le 11.5.2010 ou la presse allemande parle surtout du débâcle électoral de la CDU en Nordrhein-Westphalen et de la crise de l’euro & de la Grèce – la Rheinpfalz nous surprend avec le rayonnement culturel de la France en titre « Leuchturm der Kultur in Metz (Phare de la culture à Metz) » sur la premier page  –  garnie d’une splendide photo pleine de lumière du nouveau centre Pompidou- Metz.  Sur la page trois Dagmar Gilcher nous présente le centre Pompidou- Metz sous le titre « die Haupstadt schickt ein Ufo (la capitale envoie un OVNI) » – article qui donne l’envie de visiter ce nouveau centre culturel – article qui nous parle d’un nouvelle véritable Mecque culturel en Lorraine.   Madame Gilcher a tout à fait raison quand elle critique que les TGV/ICE venant d’Allemagne et filant vers Paris ne s’arrêtent pas à Metz .  Fait  qui  complique la venue de visiteurs allemands désirant de se rendre en train au centre Pompidou- Metz. Notons aussi que dans le SWR2, la radio culturel du Sud-ouest allemand – on parlait aussi toute la journée du nouveau temple de la culture qui s’ouvre à Metz.  Dans un paysage médiatique où tout le monde parle de crise l’opération est plutôt réussi – le centre Pompidou Metz brille comme les premiers rayons du soleil levant dans une Allemagne pleine de grisaille et de souci de crise.

Christophe Neff, Grünstadt le 11.5.2010

P.S. (13.5.2010 11 :25): Et voici ce que Stefan Simons du Spiegel écrit sous le titre de «Centre Pompidou in Metz: Meisterwerke in der Schlumpf-Hütte»  dans le SPON.

P.S. (13.5.2011 13 :30): Et aussi un très beau article de Karin Finkenzeller «Metz, oh, là, là!» sur Metz et le centre Pompidou- Metz dans la Zeit-online .

Vue de Grünstadt – et encore les cendres du Eyjafjöll (9.5.2010)

L‘ Eruption du Eyjafjöll se poursuit et un nouveau nuage de cendres s’est dirigé vers l’Europe. En Allemand d‘ ailleurs le volcan s’écrit Eyjafjallajökull.  Le dernier nuage de cendre de l’Eyjafjöll qui atteignit une grande partie de l’Europe durant le week-end du 16-17. Avril , provoqua un chaos dans le trafic aérien européen ,mais nous laissa un merveilleux ciel d’avril sans traînées de condensations. J’ai  même consacré un petit billet écrit en allemand – Ein Himmel ohne Kondensstreifen – der Himmel über Grünstadt am 17-18.4.2010–  à ce phénomène presque séculaire , mais qui apparemment ne fut pas remarqué par grand monde.  Naturellement , j’espère que le nuage de cendres se dissipera dans les prochains jours, car je serai obligé pour des raisons professionnelles de rejoindre les pays du sud,( rives de la méditerranée) par avion. nonni L’éruption de Eyjafjöll m’a aussi fait penser a mes livres et lectures de jeunesse – à  Nonni – aux romans d’enfants de Jón Sveinsson.  Particulièrement à Nonni – Erlebnisse eines jungen Isländers von ihm selbst erzählt – encore édité en Fraktur, livre hérité de la bibliothèque de jeunesse de mon père – mais en fait un livre qui doit être issu d‘ une bibliothèque familiale Neff ou Schramm des années 1920 – car le livre fut édite en 1920 par les éditions Herder (11eme – 14 eme éditions). Autrefois les livres « Nonni » du Jésuite  Jón Sveinsson furent assez populaires en Allemagne,mais je crains qu’au moment où j’écris ces mots  l’auteur et son œuvre sont  plus au moins tombés en oubli en Allemagne. nonniherderLes conséquences de l’éruption de Eyjafjöll nous apprennent beaucoup sur la perception de la nature par nos sociétés.  Aéroports clos – vols annulés- mais qui a vraiment retenu  le souffle pour admirer ce ciel limpide sans traînées de condensations. Même si certains medias ont la tendance de nous présenter l’éruption du Eyjafjöll comme une mégacatastrophe ce n’en est pas une – une simple éruption volcanique, un événement naturel qui peut ici et là bouleverser notre train de vie habituel ,sans rien de plus. La vraie mégacatastrophe , c’est l’explosion de la  plate-forme pétrolière Deepwater Horizon  et de la marée noire qui suivit cette explosion (Deepwater Horizon oil spill ), marée noire qui jusqu‘ à  ce joursn’est pas encore stoppée  et qui continue à polluer le golf de mexico et le delta du Mississipi. Sonnenaufgang über dem Odenwald 19.4.2010Cette marée noire, qui est en train de dépasser les dimensions de la catastrophe de l’Exxon Valdez et qui a malheureusement toute les chances d’atteindre les dimensions désastreuses de la marée noire qui suivit le naufrage de l’Amoco Cadiz sur les côtes bretonnes.  Quels désastres pour les bayous de Louisiane. Quels désastres pour les pécheurs de Louisiane.  Et même si la marée noire actuellement (voir la carte ici ) ne menace pas directement le pays des Cadiens – la nouvelle Acadie née du grand dérangement , – derniers vestiges de l’Acadie française – que deviendra ce pays perdu ,oublié et francophone de la Louisiane quand la marée noire se déferlera dans les bayous ?

Photo: Un ciel sans traînées de condensations – Levée de soleil sur le Odenwald – vue depuis Grünstadt © C.Neff (Canon Powershot A720IS) 19.4.2010

Christophe Neff, Grünstadt le 9.52010

Vue de Grünstadt : – la saison des feux de forêts 2010 vient de commencer

Apparemment la saison 2010 de feux de forêts en France vient de commencer. Un incendie a détruit 135  ha de forêts de Pins et de chablis à Garrosse dans la Forêt des  Landes du 12 au 13.4.2010. Apparemment il s’agit de chablis de la tempête Klaus, chablis dont je parlais déjà dans 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes, et qui ont apparemment pas encore disparue de cette endroit de la Forêt de Landes. Chablis et bois mort – peuvent dans le contexte de la gestion de risque de feux forêts se relever comme de vrais bombes à retardement.

totholtzakkumulation-unter-pinus-sylvestris-leistadt-mai-2007.1271190250.jpgJe me suis une fois fait violemment attaqué par la presse locale et régionale de la Unterhaardt et les forestiers car j’avais osé de montrer du doigt le risque qui courrait les forêts de la Unterhaardt due à la grande quantité de bois mort et de chablis dans les environs de Bad Dürkheim (Die Rheinpfalz 2007). En plus, je me suis permis de rappeler qu’autre fois les Forêts du Haardtrand étaient considérées comme propice aux risques d’incendie – et qu’avec les scenarios de changements climatiques le risque de voir augmenter les feux de forêts du Haardtrand pourraient considérablement augmenter. Ces propos, que j’ai réitérés aussi dans divers exposées scientifiques (p.ex. Neff 2008), n’étaient guerre appréciés ici dans la région. Avec ou sans changement climatiques, – et indépendamment de la valeur écologique incontestable des bois mort et chablis – une charge considérable de bois mort et de chablis augmente l’inflammabilité et la combustibilité d’un massif forestier.

Sources :

Die Rheinpfalz Mittwoch 6.6.2007 (Aus der Region): Dürkheimer Wald durch Klimawandel gefährdet ? Bad Dürkheim: Geograf der Uni Karlsruhe nennt Totholz großes Risiko.

Neff, C. (2008): Waldbrände in Westeuropa (Mittelmeerraum, Mitteleuropa) – Bestandsaufnahme und Zukunftsszenarien. Vortrag im Rahmen der Tagung Naturgefahren/Naturrisiken an der PH Heidelberg 6-7.6.2008

Photo: © C.Neff. Débris de bois mort dans une Pinède de Pins sylvestre dans la forêt du Haardtrand à Leistadt-Bad Dürkheim 2.5.2007

Christophe Neff, Grünstadt le 13.4.2010