Lundi 11 octobre 2010 – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate

 

la mer sur la plage du Kyklos 11.10.2010 (Port Leucate)
submersion marine le 10.10.2010 Port Leucate 9:51 Plage du Kyklos © C.Neff

La mer déferle sur la plage de Port Leucate . La tempête qui a déjà provoque des dégâts considérables en Algérie, en Catalogne a atteint depuis hier après- midi le Languedoc-Roussillon. L’Agly qui était presque à sec avant-hier est devenue un fleuve menaçant les habitations de la Salanque. Grande houle, forte mer, – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate.  Je connais Port Leucate depuis plus de 40 ans, mais j’admets que je n’ai jamais vu cela. C’est vraiment un spectacle impressionnant – la mer qui monte jusqu’à la jetée, la promenade de la mer de Port Leucate, jusqu’ au Kyklos. Mais les habitués du coin me précisent que cela arrive assez souvent durant les tempêtes d’hiver. Cela me rappelle que j’ avais déjà écrit –  (ici (en allemand) & ici) que je pensais que les  submersions marines sur le lido séparant l’ étang de Leucate et la mer où se trouve les sites  de Port Leucate et de Port Barcarès sont un risque naturel à prendre en considération. Cela s’est produit avant l’aménagement touristique du lido durant les années 1960, et je suis  persuadé que cela se reproduira.

Suivent quelques photos sur la plage prises  ce matin sur la plage de Port Leucate

Sturm Port Leucate Blog1b

Land unter - der Kyklosstrand in Port Leucate 11.10.2010

la mer sur la plage de Port Leucate 11.10.2010 9 Uhr 52

(Photos ©toutes Christophe Neff)

Christophe Neff, Port Leucate 11.10.2010

Vue de Grünstadt – clocher et carillon de Sankt Martin résonnent de nouveau sur l’Unterhaardt

 L’automne arrive – après de longues semaines sans carillon et sans clocher de St. Martin de Grünstadt – nous avons droit de nouveau à  cette petite musique qui baigne les vignes des environs de Grünstadt dans un paysage de sons. De  plus, l’horloge de l’église de St. Martin Grünstadt nous donne enfin l’heure exacte. 

Petite tournée virtuelle dominicale – dans la RDL , nous apprenons par la voix de Passou que la grande majorité des commentaires proviennent des bureaux de lecteurs, donc le week-end le débat reste plutôt calme pour ainsi-dire.   a des obligations professionnelles j’ai passé la semaine en Forêt Noire, loin des mondes virtuels : il y  a même des endroits là- haut où on n’a toujours  pas accès au réseau de téléphone portable. Incroyable mais vrai : dans l’Allemagne de 2010, il y a des localités où l’utilisation de téléphone portable  n’est pas possible.  

Ayant travaillé pendant une semaine sur les changements globaux (un séminaire sur la « global change ecology »& sortie sur le terrain) et sur la dynamique des paysages dans la Raumschaft Schramberg (préparation d’un chantier de brûlage dirigé), même si il reste quelques trouées de communication pour les téléphones cellulaires , je me suis rendu compte à quel degré les changements globaux affectent  la région où j’ai  grandi. La Forêt progresse de plus en plus  et l’état, la ville et  la région  ont de plus en plus de mal à financer les infrastructures publiques. Il y a cinq ans Je n’aurais j’aimais cru que le jour viendrait où la question  de la survie de l’Hôpital de Schramberg se poserait !

Hier la petite ligne de chemins de fer reliant Schramberg au réseau ferroviaire (neutralisation 1989, dépos des voies 1992)- demain l’hôpital ,  quand parlera –t- on de la fermeture du lycée ? Sans Hôpital, sans lycée – la Raumschaft Schramberg, la ville de Schramberg sont programmées  pour  entrer dans une longue phase d’agonie socio-économique. Est-ce que les hommes et femmes politiques locaux et régionaux sauront stopper ce processus ? A voir, en attendant on peut observer la lente progression de la Forêt, comment  elle envahît lentement les paysages.  Pour les amoureux de la Forêt c’est certes une bonne chose, mais les habitants « du coin » préfèrent plutôt un paysage ouvert avec une mosaïque de forêts, de prés et de champs.

 Il y avait aussi un petit événement historique dans ce coin perdu de la Forêt Noire – Zinelli le rouge – Herbert Zinell  fêtait ses  vingt ans de Bourgmestre de Schramberg. Un maire de gauche – dans un fief traditionnellement  de droite, et cela depuis vingt ans , c’est vraiment remarquable .En ce moment,  Herbert Zinell a entamé un dur combat pour essayer de  sauver ce qui reste de l’Hôpital de Schramberg. Combat qui réunit tous les hommes et femmes politiques locales, quelle que soit leur appartenance politique, car ils savent tous qu’une fois l’Hôpital perdu, le déclin socio-économique de Schramberg, la perte du rôle de statut de Mittelzentrum sera inévitable. 

Zinelli le rouge aura besoin de beaucoup de courage et de sagesse pour gagner ce combat vital pour la Raumschaft Schramberg. Comme on parle de figure politique de la gauche,  dans le dernier billet « Retour de vacances » du blog Au jour le jour nous apprenons le décès d’un figure emblématique « marieausoleil, une femme de tête, fille de la mer et de la tramontane » de la gauche audoise, Marie-Claude Gleizes.  Je ne pourrais pas décrire son action politique en détail, mais dans les domaines où je me sens compétent je pense qui il faut rappeler qu’ elle a bien su mettre à l’ordre du jour  politique un des plus grands risques naturels  et environnementaux qui pourraient fortement mettre en danger  le territoire  de la commune de Leucate, submersion marine, rentrées  de mer, raz  de marée  etc. sont certainement les forces dynamiques  naturelles qui pourraient dans un proche futur  fortement perturber la vie des Leucatois (J’ en parlais ici et ici ).

Finissons avec le décès d’une autre personnalité – Bärbel Bohley vient de décéder – sans Bärbel Bohley, il n’y aurait pas eu de Neues Forum et en conséquences, pas de réunification allemande.

Photo: Les horloges des clochers de St. Martin et St. Peter de Grünstadt parfaitement synchronisées © C.Neff 11.9.2010 19.41.

Christophe Neff, Grünstadt le 12.9.2010

Les premières neiges de l‘hiver 2010-2011 sur le Feldberg

On pourrait croire qu’en écrivant dans mon dernier billet les phrases suivantes – « Avec les nuages bas, les brouillards des hauteurs sont déchirés par les premières bourrasques des tempêtes venues de l’ouest cela doit être déjà très automnal. Dans les sombres hauteurs de la Forêt Noire les premiers flocons de neige ne doivent pas être très loin. » – on pourrait croire que je puisse sentir la neige. Eh bien la neige est bien arrivée le matin du lundi 30.8.2010 sur le sommet du Feldberg en Forêt Noire. Le Spon a même saisi ce phénomène météorologique assez exceptionnel pour consacrer une note spéciale à cet été qui fut particulièrement arrosé (pluvieux) en Allemagne. Le mois d’aout 2010 fut l’aout le plus humide depuis l’installation des séries climatologiques en 1881. Le SPON se base sur les donnés du DWD et nous donne une moyenne de 157 mm de précipitations pour ce mois d’aout 2010.

Fait aussi exceptionnel que ces aléas météorologiques, lisant assez régulièrement la république des livres ,j’avais posté un petit commentaire dans le billet sur « „Walden“, une Bible pour les seuls écologistes ? » : « Très beau billet qui donne envie de lire Walden. Merci d’avoir aussi pensé aux traducteurs, les fameux passeurs d’une hémisphère linguistique à l’autre. Mais quel intérêt de lire la version françaises et pas la v.o. en anglais ? « On a juste envie de (re)lire Walden, de préférence dans cette édition désormais car elle apporte un supplément d’âme » – est ce qu‘ il y a vraiment un supplément d’âme dans cette nouvelle édition française – préface ou annexe n’existant pas dans la v.o. ? La postface succinte mais éclairante de Michel Granger peut – être ? « (Commentaire de cneffpaysages 28.8.2010 19 :58) – et j’ai même reçu une petite réponse de Pierre Assouline qui normalement ne réagit que de façon très éphémère aux commentaires sur son blog. « Cneff paysages, Vous vous demandez quel intérêt de lire cette édition plutôt que la V.O. ? J’en vois un, assez évident, pour tous ceux qui ne lisent pas l’anglais du tout ou suffisamment bien. » (Commentaire de Passouline le 28.08.2010 23.50). Supposant que ce ne soit pas un troll qui abuse de Passouline – je me suis un peu réjoui de recevoir un feed-back pour mon commentaire. Il faut dire que la question de la langue de lecture me traque depuis des décennies, je lis couramment 5 peut être 6 langues – mes en fait quand je suis fatigué je n’en lis que deux – l’allemand et le français. Et quand je suis très fatigué après des heures de travail passées à la lecture d’articles scientifiques ,le soir, il m’arrive facilement de ne lire ni en allemand ni en français car mes yeux sont trop fatigués tout simplement après tant de lecture et de travail devant un écran. Le centre de gravité des discussions sur la RDL se déplace vers le dernier livre de Michel Houellebecq « la carte et le territoire ». En Allemagne nous n’avons pas Michel Houellebecq mais nous avons Thilo Sarrazin – qui fait scandale avec son nouveau livre « Deutschland schafft sich ab : Wie wir unser Land aufs Spiel setzen »-tellement scandale que la SPD aimerait bien se débarrasser de Sarrazin – et la Bundesbank aussi aimerait bien se débarrasser de Sarrazin si seulement elle pourrait ! Sarrazin actuellement avec ou sans neige sur le Feldberg , le livre de Sarrazin Deutschland schafft sich ab est le grand scandale de la rentrée 2010 en Allemagne.

Photo:  Les horloges des clochers de St. Martin et St. Peter parfaitement synchronisés. © C.Neff

Christophe Neff, Grünstadt le 31.8.2010

Vue depuis Grünstadt – Cathleen, le Kommissär Hunkeler et la voix de Hölderlin

Beaucoup d’orages et de pluies cet été.  Pendant que je lisais le nouveau roman policier de Hansjörg Schneider «Hunkeler und die Augen des Ödipus» Cathleen ravageait une partie de l’Allemagne, – surtout la région de Münster.  Même ici, dans le Leiningerland, il y a eu des dégâts considérables, – une route entière fut emportée par un glissement de terrain à Neuleiningen  (Die Rheinpfalz Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010) – et  la sortie de l‘ Autoroute (BAB 6 ) à Grünstadt fut submergée par les pluies d‘ orages du 26 au 27.8.2010.

A Grünstadt et dans l’Unterhaardt l’orage débuta  le jeudi  26.8.2010 vers 23.00 pour se terminer  le vendredi  après- midi 27.8.2010 vers 18 :00.  Parfois quelques  lueurs de soleil – et l’orage reprenait. Dans ces rares heures de soleil on a parfois l’impression de se trouver sur les Açores. Mais la pluie et l’orage reviennent beaucoup plus vite qu’aux Azores. On a plus souvent l’impression de se trouver au début d’un automne précoce.  J’ai une amie qui fait le Westweg à travers la forêt noire en ce moment, on y annonce des températures maximales en dessous les 10 dégrés.  Avec les nuages bas, les brouillards des hauteurs sont déchirés par les premières bourrasques des tempêtes venues de l’ouest cela  doit être déjà très automnal. Dans les sombres hauteurs de la Forêt Noire les premiers flocons de neige ne doivent pas être très loin.

Ici dans le Sud de l’Allemagne on a bien l’impression que nous sommes au début d’un automne précoce.

„Mit gelben Birnen hänget

Und voll mit wilden Rosen

Das Land in den See,

Ihr holden Schwäne,

Und trunken von Küssen

Tunkt ihr das Haupt

Ins heilignüchterne Wasser »

Weh mir, wo nehm‘ ich, wenn

Es Winter ist, die Blumen, und wo

Den Sonnenschein,

Und Schatten der Erde?

Die Mauern stehn

Sprachlos und kalt, im Winde

Klirren die Fahnen. .

buchdeckel-hunkeler-und-die-augen-des-odipus.1283098634.JPGC’est «Hälfte des Lebens» un poème d’automne de Hölderlin. Je l’ai  redécouvert en lisant le dernier roman policier de Hansjörg Schneider « Hunkeler und die Augen des Ödipus ». Le dernier roman sorti de la série des «Kömmissär Hunkeler». Un roman plein de citations, un peu de Brecht, mais surtout du Hölderlin.  Un roman qui joue dans le milieu du théâtre à Bâle , sur les quais du port de Bâle, et naturellement, comme si souvent chez Hunkeler ,cela se passe dans le Sundgau avoisinant. Même si dans ce Hunkeler le Sundgau ne joue plus le rôle qu’il jouait dans les autres Hunkeler, on peut aussi  découvrir les paysages du Sundgau avec ce roman-ci.  Oui, les romans de Hunkeler sont une vraie initiation à  la géographie, aux paysages du Sundgau – et parfois même aux  moments les plus sombres de l’histoire franco-allemande.  Dans «Hunkeler und der Fall Livius » Schneider fait ressurgir le souvenir  du massacre de Ballersdorf, un épisode tragique de la deuxième guerre mondiale, presque oublié, sauf peut être dans le Sundgau et à Ballersdorf. Je me demande pourquoi les « Kommissär Hunkeler » n’ont été pas encore traduits en français. La description de la nature, des paysages, des villages et même des brasseries, auberges et restaurants du Sundgau mériteraient déjà une traduction en français.  Donc dans ce dernier « Hunkeler » un peu moins de paysages du Sundgau, mais beaucoup d’atmosphère de quais, de port et de théâtre. Hunkeler est parti en retraite et nous apprenons qu’il rêve d‘ une retraire paisible, d‘ un bateau péniche pour faire les fleuves et canaux français. Peut être nous pourrions rencontrer  Hunkeler comme « détective privé » – il y aura certainement un public de lecteurs attentifs.

Même si les critiques ne sont pas unanimes en Allemagne (p.ex. ici dans le Kulturspiegel), j’ai lu le roman avec beaucoup de plaisir. Et quoi de  plus beau que d‘ entendre la voix du messager (du König Ödipus) faire résonner sur la Unterhaardt et la plaine du Rhin par temps de gros orage les mots de Sophocle traduits par Hölderlin, Hölderlin Passeur (pour utiliser l‘ expression de P. Assouline pour les traducteurs littéraires)  de Sophocle pour les pays de langue allemande :

Die goldnen Nadeln riß er vom Gewand,

Mit denen sie geschmückt war, tat es auf

Und stach ins Helle seiner Augen sich und sprach,

So ungefähr, es sei, damit er sie nicht säh

Und was er leid und was er schlimm getan,

Damit in Finsternis er anderer in Zukunft,

Die er nicht sehen dürft, ansichtig werden mög

Und denen er bekannt sei, unbekannt.

Und so frohlockend stieß er öfters, einmal nicht,

Die Wimpern haltend, und die blutigen

Augäpfel färbten ihm den Bart, und Tropfen nicht,

Als wie von Mord vergossen, rieselten, sondern schwarz

Vergossen ward das Blut, ein Hagelregen.

Aus einem Paare kam’s, kein einzeln Übel,

Ein Übel zusammen erzeugt von Mann und Weib.

Ihr alter Reichtum, wahrhaft war’s vor diesem

Ein Reichtum. Aber jetzt, an diesem Tage,

Geseufz und Irr und Tod und Schmach, so viel

Von allen Übeln Namen sind, es fehlet keins.

Livres et sources cités:

Schneider, Hansjörg (2009):Hunkeler und der Fall Livius. Bastei Lübbe, ISBN 978-3-404-15983-3 (Taschenbuchversion)

Schneider, Hansjörg (2010): Hunkeler und die Augen des Ödipus. Diogenes Verlag Zürich. ISBN 978-3-257-0661-3

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010 : Unwetter: Erdrutsch in Neuleinigen.

La citation du König Ödipus dans la version traduite par Friedrich Hölderlin provient du site „Projekt Gutenberg.De„. Même chose pour le poème «Hälfte des Lebens».

Christophe Neff, Grünstadt le 29.8.2010

Vue de Grünstadt – mardi 24.8.2010 –

Apres avoir consacré mon dernier jour de vacances – le mercredi 18.8. à l‘ écriture d‘ une ébauche sur Éric Fottorino pour la Wikipedia.de et une petite ébauche sur la Eistalbahn pour la wikipedia.fr. ,j’ai repris mon travail au KIT le 19.8.2010.  Le 17.8, un ICE avait heurté un camion de poubelles sur la Pfälzische Ludwigsbahn – et bloqué tout le trafic ferroviaire pendant trois jours dans le Pfälzerwald – avec comme conséquence que les ICE et TGV Frankfurt – Paris et vice versa ont du être déviés via Strasbourg.  La Eistalbahn qui autrefois reliait Grünstadt à Kaiserslautern  aurait bien pu servir comme parcours de déviation beaucoup plus commode – mais malheureusement la section Eiswoog – Enkenbach est neutralisée depuis le 31.12.1988.

Parfois j’essaie un peu de rétrécir le fossé culturel qui sépare l’Allemagne et la France en écrivant des petites ébauches wikipedia, en espérant que quelqu‘ un améliore ces petits débuts d’article. On pourrait naturellement se demander pourquoi un  personnage comme Éric Fottorino , Directeur de la publication du Journal le Monde  n’avait jusqu’au 18.8.2010 pas son article dans la wikipedia allemande ni anglaise. Parfois les choses se bousculent : donc le 18.8 j’avais créé l’article en allemand  sur Fottorino et le 20.8 l’utilisateur accotink2 a créé l’article anglais . Pour moi , le moment qui a déclanché ma décision d’écrire l’ébauche sur Fottorino fut d’une part la présentation du nouveau livre de Fottorino «Questions à mon père »  dans la république des livres et l’édito de Fottorino «L’amour de soi et la haine des autres » dans le Monde du 17.08.2010. Dans ce contexte – pour les lecteurs germanophones – l’excellent analyse de Gero von Randow «Der Hass der Vergessenen «  dans la dernière « Zeit ». Gerow von Randow, Heiko Engelkes, Evi Seibert, Carlo Schmid, Robert Ditter, Konstantin Hank et beaucoup d’autres  – oui même ma propre mère – mériteraient un article dans la wikipedia.fr dans le contexte franco-allemand –  a voir qui crèera les premières ébauches ou articles.

uber-den-dachern-grunstadts-temps-dorage-et-arc-en-ciel-1882010.1282655655.jpgCe dernier jour de vacances – il pleuvait encore une fois de plus – car cet été jusque maintenant nous avons eu beaucoup de pluie & d’orages dans le palatinat. Et décidément le carillon et l’horloge de St. Martin de Grünstadt sont encore en panne, même si ,comme on pouvait lire dans la Unterhaardter Rundschau , les travaux de réparation du carillon on bien repris.

Pendant les derniers jours de vacances  il y avait une journaliste de radio qui m’a téléphoné pour me demander mon avis sur la situation des incendies de forêt en Russie. Je ne me sentais pas trop compétent pour dire quelque chose de valable sur la situation en Russie et j’ai conseillé à la journaliste de faire une interview avec Johann Georg Goldammer qui est considèré comme un des rares spécialistes occidentaux de feux de forêts en Russie.  On devrait écrire un livre sur l‘ écologie politique des incendies des forêts de l‘ été 2010 en Russie à l‘ instar de « Isle of Fire  – the political ecology of landscape Burning in Madagscar »  de Christian A. Kull , on pourrait nommer un tel ouvrage « Russia in flammes – the political ecology of the firesummer 2010 in Russia » – à voir si un telle livre sera réellement écrit.  Je me demande pourquoi la journaliste ne m’a demandé mon avis sur la situation des incendies au Portugal ? Le Nord du Portugal est une fois de plus en flammes – mais les medias allemands ne sont pas particulièrement intéressé par la situation de feux de forêts au Portugal.

J’ai donc repris le travail le jeudi 19.8 – et le vendredi 20.8.2010 j’ai visité la maison de l‘ histoire à Stuttgart – Haus der Geschichte Baden Württemberg – une fois pour voir l’exposition « „Ihr und Wir. Integration der Heimatvertriebenen in Baden-Württemberg“ – et d‘ autre part pour évaluer  les possibilités d‘ intégrer la partie paysages – la partie forêt noire – de l’exposition permanente dans mes cours. A part quelques arbres – la partie paysages, paysages culturels (Kulturlandschaft) – ne m’a pas trop  impressionné. Par contre la partie dédiée à l‘ histoire économique du Bade-Würrtemberg est très réussie. Dommage qu’il n’y a pas d’explications en français (si je me souviens bien). Dommage que la présentation du musée sur le web existe seulement en allemand, – sans page web en français ni même en anglais !

Mais il faut dire que j’ai  une vraie « découverte » dans l’exposition permanente ! Il y a une partie qui est entièrement dédie à la vie privée. Cette partie est principalement constituée de photos de famille, photos de mariage, photos d’enfants du Baden – Württemberg (et de ses prédécesseurs politique – car le Baden Württemberg n’existe que depuis 1952). Et quelle surprise – je dirais que 30 – 40% de photos proviennent de Schramberg et ses environs. Grace au « Photo-Archiv-Kasenbacher » on a l’impression que Schramberg fut et est le centre du Baden – Wurtemberg. Schramberg – « das gefühlte Zentrum der Welt » , c’est assez impressionnant.

ice-513-am-2082010-in-stuttgart-hbf.1282656600.jpgPour finir – comme si souvent pendant mes déplacements professionnels – j’ai fait des photos de voyage, de trains, de gare, de paysages : la gare de Stuttgart – le fameux Bonatzbau – va surement changer d’une manière ou d’une autre dans cette décennie.  Donc dans un certain sens ces  photos auront déjà une certaine valeur historique.stuttgart-hbf-nordausgang-innenseite-2082010-10-uhr-12.1282656107.jpg

Stuttgart Hbf – Nordausgang – Innenseite 24.8.2012 10:12 – Stuttgart Gare centrale – sortie nord – vue d‘ interieur  © C.Neff

Photos – tous © C.Neff :

1.) Sur les toits de Grünstadt – orage et arc-en-ciel le 18.8.2010 vers 20:00 © C.Neff

2.) Arrivée du ICE 513 à Stuttgart Hbf en provenance de Mannheim le 20.8.2010  © C.Neff

3.)  Stuttgart Hbf – Nordausgang – Innenseite 24.8.2012 10:12 – Stuttgart Gare centrale – sortie nord – vue d‘ interieur  © C.Neff

Ouvrages et sources cités :

Kull, C. A. (2004) : Isle of Fire. The political Ecology of Landscape Burning in Madagascar. Chicago (The University of Chicago Press), ISBN 0-226-46141-6

Christophe Neff, Grünstadt le 24.8.2010

Retour à Grünstadt – le carillon de Sankt Martin reste muet – et autres potpourris des vacances d’été 2010 passées à Port Leucate

Après deux semaines de vacances familiales à Port Leucate, retour à Grünstadt où je découvre que le carillon de l’église protestante St. Martin est encore muet. En fait, un coup de foudre avait eu raison d’un des rares carillons du palatinat le 6. Juin 2010. Depuis, les habitants de Grünstadt attendent la réparation du carillon avec impatience, – mais la communauté protestante de Grünstadt doit d‘ abord se consacrer à réparer la toiture de l’église qui a souffert de la tempête Xynthia. Mais le jour viendra, une fois la toiture réparée, où on pourra  s’attaquer à la réparation du carillon de Grünstadt. Peut être l’automne entendra de nouveau le son du carillon. En fait j’avais cru pendant les deux semaines de vacances sur les rives de la méditerranée que le carillon de Grünstadt serait réparé pendant cette période de vacances – et  que,de retour à Grünstadt, j’aurais pu à nouveau entendre le son familier du carillon qui baigne cette petite ville du palatinat dans un paysage de sons. Reste le bruit de l’autoroute qui par vent du Sud envahit la ville – et qui donne au paysages des notes plutôt désagréables.

Les vacances familiales à Port Leucate se sont bien passées. Beau temps, beaucoup de tramontane – deux orages – et parfois des Canadairs rechargeant leur réservoir d’eau dans l’étang de Leucate (De très belles photos de Canadairs rechargeant leur réservoirs d’eau se trouvent  dans le billet Des canadairs pour Eric Woerth du blog le chasse-clou ). Pas de grands incendies de forêts dans les environs, sauf l’incendie dans le massif de la Clape . Vent, soleil et plage – et parfois des services de taxis pour la famille – pour les leçons de planches à voile, stage de cheval, courses à Perpignan. Petit sortie vers Port la Nouvelle faire voir les bateaux de commerce et les chemins  de fers portuaires aux enfants. Cela me rappelle ma propre enfance – quand mon grand père Jean Migliori m’emmenait sur le port du Rhin à Strasbourg voir les grands chalands rhénans – ou m’amenait à la gare de la Franqui chercher ou déposer la famille qui venait en train à Leucate – car Port Leucate c’est une vielle histoire de famille qui débuta en 1968. Souvent c’était l’Oncle Jean Pierre qui arrivait en train – c’est lui qui me donna le goût de la lecture de la vie du rail que je lis encore de nos jours. Les installations ferroviaires de la gare de Leucate étaient plus importantes que de nos jours – deux voies d’évitement ,qui donne 4 voies, plusieurs voies de garage – et jusqu’en 1973 les locomotives à vapeur – les braves américaines, les 141 R. Mais tout cela est une histoire d’un autre temps.

Ces vacances d’été à Port Leucate se composèrent de quelques sorties qu’on ne trouve guère dans les guides. Croisières avec la belle Aude entre le Barcarès et Collioure. Ce petit voyage en mer  (très houleux par temps de forte tramontane ) fait découvrir une rare partie de la côte languedocienne pas encore complètement bétonnée – la partie entre l’embouchure de l’Agly et du Têt.

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Autrefois royaume du Bordigou – on se demande combien de temps cette partie du littoral résistera à la littoralisation, la  californisation, au bétonnage tout court.  Autres visites qui ne se trouvent dans aucun guide : les chemins de la liberté dans la vallée de la Baillaury à Banyuls , ou le mémorial Walter Benjamin à Port Bou en Espagne. Peut être en parlerai-je dans un autre billet ultérieurement.

St. Jacques – der helige Jacobus – Namenspatron von St. Jacques de Port Leucate, photographiert bei der Fête de Saint Jacques, – erster Jahrestag der consecration von St. Jacques de Port Leucate/ Jacques – Saint Jacques – Patron de St Jacques de Port Leucate, photographié lors de la Fête de Saint Jacques, – premier anniversaire de la consécration de St Jacques de Port Leucate, © Christophe Neff, 25.07.2010

Une chose qui m’a particulièrement plû pendant ces vacances – c’était le premier anniversaire  de la consécration de l’église St. Jacques de Port Leucate en présence de l’évêque Alain Planet. St. Jacques de Port Leucate est une église dont l‘ architecture qui me plaît particulièrement bien  – et dont je parlais  déjà  ici : Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009)   et ici  « St. Jacques de Port de Leucate – au clair de la lune de mai 2010 ». Surtout l’ensemble carillon, nefs de l’église – et les vergers d’olivier -forment un paysage très spécifique. Notons aussi puisque nous parlons de carillon que le Carillon de St. Jacques de Port Leucate est un des rares carillons dans le midi méditerranéen.

Pas beaucoup de temps de lecture. Quelques chapitres dans Luc Guerre « Leucate – histoire de mon village » – livre dont je parlai un peu dans « Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village »  – et lecture très intensive de „La France a un problème avec la Bible“ dans la RDL – J‘ aurais bien aimer avoir le temps de lire « Les cornes de Moïse. Faire entrer la Bible dans l’histoire » – car La France a un problème avec la Bible m’a beaucoup donné envie de lire ce livre. Mais jusqu’à présent je n’ai pas encore  eu l’occasion de le faire.

Lecture : cela fut pendant les vacances la lecture du monde version papier – et même si je suis abonné à la version électronique -J’aime bien lire pendant les périodes de temps la version traditionnelle sur  papier du Monde. Je pense que le Monde devrait même pour ses lecteurs à l’étranger proposer  un abonnement version électronique + Version Week End élargie contenant le monde du vendredi + le monde des livres, le Monde du Samedi + le  Monde Magazine  + le Monde du Dimanche. Peut être le jour viendra-t-il  où les services d’abonnement du Monde proposeront une telle version d’abonnement pour ses fidèles  lecteurs vivant hors du territoire français.

Je fus ému, attristé et choqué par la fin tragique et brutale de Michel Germaneau. Michel Germaneau essayait de faire parvenir de l’aide humanitaire dans un des pays les plus pauvres de la planète : le Niger,  qui une fois de plus menacé par une famine. Au moins peut être les quelques observateurs politiques qui s’intéressent encore à l‘ Afrique noire francophone comprendront-ils  que le « Sahel » pourrait devenir la nouvelle proie d’Al Quida ?

Mais c’est grâce à la lecture intensive du Monde version papier traditionnelle  durant mes deux semaines de vacances à Port Leucate  que je découvre une France de plus en plus dans le doute, sans réel repère républicain, un gouvernement ébranlé par les scandales (Karachi, Bettencourt), qui cherche son salut dans un discours que je qualifierais de « pseudo-sécuritaire »  et de « bouc émissaire ». Pseudo -sécuritaire car la déchéance potentielle de la nationalité pour les « Intensivstrafttäter » issus de l’immigration – les concernés s’en moquent totalement ,ils vivent déjà dans un autre univers.  Cela ne résoudra certainement pas le problème de l’insécurité grandissant dans les grandes agglomérations urbaines , qui sera certainement un des grands défis pour les grandes démocraties européennes – car c’est un problème européen, problème qui est aussi en train de s’élargir en Allemagne.

Le succès du livre de la défunte juge pour adolescents Kirsten Heisig « Das Ende de Geduld – Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter » – le livre s’empara de la sortie de la première édition la premier place de la Spiegel Bestsellerliste  (Spiegel Bestellerliste 32/10 Hardcover). Le problème défie nos sociétés et malheureusement les solutions simples n’existent pas.  L‘ objectif  primaire de cette campagne publicitaire – car c‘ est ainsi que je la perçois- a été largement atteint :  le gouvernement gagne quelques points favorables dans l‘ opinion publique (voire les résultats de divers sondages), les affaires Bettencourt & Karachi tombent presque dans l‘ oubli médiatique ( voir aussi  le commentaire de  TKT  du 10.8.2010 23 :07 dans Pour saluer Tony Judt  de la RDL   «Avez vous remarqué que les propos de Grenoble de N. Sarkozy et le surenchérissement d’Hortefeux, ont fait taire les médias sur l’affaire Bettencourt-Bettencourt? Les médias ont besoin d’un sujet du jour, il faut bien vendre, c’est légitime. Je préférais le haro sur Woerth, que les propos débiles, peut-être même dangereux, sur la nationalité qui se retirerait comme on retire une couette.  «) l’affaire est gagnée. Mais l’insécurité dans les banlieues chaudes ne changera pas d’un jota. Comme je l‘ ait déjà écrit dans « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) » ,si ,en particulier en France, on ne trouve pas bientôt des réponses au problème de l’insécurité dans les banlieues – nous risquerons bientôt de nous trouver en face de situation mexicaine , où la drogue et la violence sèment la gangrène  surtout les classes moyennes. Malheureusement ni le gouvernement de Monsieur Sarkozy ni l’opposition de gauche en France (même situation en Allemagne) ne se sont lancés dans une vraie discussion de fonds, une vraie recherche de solution valable et praticable sur le terrain.  Peut -être devrait-on  conseiller  à  l’oreille et la plume de Monsieur Sarkozy Henri Guaino à condition qu’il maîtrise l’allemand la lecture « das Ende der Geduld ».

Mais ce que j‘ ai aussi découvert en revenant de mes vacances, que ce virage « pseudo-sécuritaire », cette direction et la vitesse qu’elle a pris  suggère qu‘ on voudrait bien doubler le FN sur certaines positions pour gagner quelques voix électorales de plus – ceci n‘ a provoqué dans les medias allemands aucune réaction, à l‘ exception d‘ un commentaire très engagé de Gerow von Randow   «Sarkozy rückt mit repressiver Rhetorik nach rechts » -.  Ma réponse à ce vide médiatique concernant la dérive « pseudo-sécuritaire » de la politique intérieure française en Allemagne est le sujet du billet  « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) – òu j‘ ai  inclus le titre de l‘ éditorial du New York Times du  5.8.2010 – éditorial que j‘ approuvé à 100 % ! Ajoutons que Stefan Simons du Spiegel publiait aujourd’hui (13.8) un commentaire intéressant sur les événements de la politique intérieure française sous le titre « Sommertheater à la Sarkozy »  – et Simons a bien raison – il s‘ agit vraiment d‘ un vraie « Sommertheater » !

Il me reste quelque jours de paisibles vacances à Grünstadt, – si le soleil veut bien revenir il me reste encore du temps pour quelques randonnées en Forêt Noire, sur le Haardtrand, – quelques lectures ,  les deux derniers billets de la RDL «On peut aimer deux pères » sur le nouveau livre d‘ Eric Fottorino et     « pour saluer Tony Judt »  un billet de nécrologie sur Tony Judt  m‘ ont particulièrement bien plu.  Dans ce contexte le lecteur maîtrisant l’allemand découvrira l’interview de Tony Judt avec Jörg Lau  « Wir brauchen eine ethische Weltsicht »  de la Zeit – cet interview fut enregistré quelques jours avant le décès de Tony Judt.

Et peut- être trouverai-je aussi le temps et le repos nécessaire pour pouvoir enfin lire un livre entier.  La lecture de « l’homme qui m’aimait tous bas » de Eric Fottorino durant mon long congé de maladie après mon accident de mai 2009 m’avait particulièrement bien plu – et la lecture de «  On peut aimer deux pères  m’a donné aussi envie de lire « Questions à mon père ».  Notons que ce fut cet accident de mai 2009 – et la longue période de reconvalescence qui donna naissance à ce blog (les dépêches du grand bouleau )- et après tout jusqu’à présent le blog (et son auteur) se portent bien.

Jeudi prochain , c’est  la rentrée pour l’auteur du blog paysages . finis les temps libres de lectures et de l’écriture de longs billet de blogs. Après la rentrée, le carillon de la Martinskirche de Grünstadt résonnera -t- il peut -être à  nouveau dans les rues et ruelles de Grünstadt, sur les vignobles et paysages de la Unterhaardt.

Livres et sources cités :

Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3

Heisig, Kirsten (2010) : Das Ende der Geduld. Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter. Freiburg (Herder), ISBN 978-3-451-30204-6

Photos – tous © C.Neff :

1.) Panneau „chemins de la liberté“ dans la vallée de la Baillaury (Banyuls) 29.07.2010.

2.) St. Jacques à Port Leucate (Eglise Saint Jacques de Port Leucate) 25.07.2010.

Christophe Neff,  Grünstadt le 13.8.2010

P.S. (13.8.2010 13:39): Ce Post Scriptum pour signaler le petit billet de blog «Retour aux fondamentaux » d’Alain Juppé, que j’ai découvert grâce à l’article « Alain Juppé critique le virage sécuritaire de la majorité » du Monde.fr. . Des propos très bien argumentées – qui pourrait enfin un peu calmer les esprits et d’entamer une vraie discussion de fond sur l’insécurité.

Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village

Durant la saison d’été (2010) il y a trois journées de marché  à Leucate Village. Les dimanche, mardi et vendredi matin durant l’été sous la statue de Françoise de Cezelly et dans la rue de l‘ église nous trouvons un marché méditerranéen bien animé et bien fréquenté. Quel contraste avec l’image décrite dans Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009). Je ne sais pas comment on définit la saison d’été à Leucate – (15.7 – 30.8 ? )  – mais pendant  cette période estivale le marché de Leucate mérite certainement la visite.

Luc guerre -leucate - histoire de mon village Buchdeckel VorderseiteOn y trouve les produits du terroir, produits bios, fromages et charcuteries locales et régionales.  Les cafés sur la place de la république ont leurs terrasses ouvertes, la petite place de marché  sous le regard de  Françoise de Cezelly est pleine de vie. La libraire Adamus pleine à craquer.  Dans cette librairie pleine à craquer j’ai aussi par hasard trouvé le premier volume  1. Karl de la trilogie de BD de ArroyoHiron « le paquebot des sables ».  Notons en passant que l’article Le Paquebot des sables (bande dessinée) de wikipedia.fr mériterait une révision complète car le contenu est plutôt maigre. Dans la librairie Adamus on trouve aussi une petite histoire de Leucate écrite par Luc Guerre. Le livre de Luc Guerre (Leucate – Histoire de mon village) peut être une lecture intéressante pour tout lecteur  vacancier (et autres) intéressé par l’histoire de son lieu de vacances et de villégiature.

Livres cités :

Arroyo-Hiron (2004) : Le paquebot des sables. 1. Karl. Joker Editions, Bruxelles, ISBN 2-87265-267-1

Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3

Christophe Neff 29.7.2010

Conseils pour dévoreurs de gares et passionnés de photographie : l‘ exposition Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 dans la Kunststiftung Baden-Württemberg à Stuttgart

Il y a actuellement une exposition passionnante pour tous les dévoreurs de gare et passionnes de photographies – l‘ exposition Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 dans la Kunststiftung Baden-Württemberg – exposition  d’ont j’ai déjà parlé dans mon dernier billet en allemand –  Eindruck eines Ausstellungsbesuches : Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 in der Kunststiftung Baden-Württemberg.  Cette exposition est un lutz-schelhorn-in-der-kunststiftung-baden-wurttemberg-1672010.1279612221.jpghommage de Lutz Schelhorn à la gare centrale de Stuttgart – gare conçue  par l‘ architecte Paul Bonatz – gare condamnée, car elle sera, grâce au projet Stuttgart 21 , bientôt démolie partiellement. Dommage que ce symbole d‘ urbanisme de Paul Bonatz soit  condamné à disparaitre -gare dont le monde parlait il y a quelques années  dans un article de Gerard Albouy et où fut utilisée l‘ expression lyrique pour désigner le Stuttgarter Hbf  «  la bonne étoile de Stuttgart ».

En ce qui concerne l‘ expression « dévoreur de gares » – c‘ est une expression que j‘ ai empruntée au blog de Montaigne à cheval – blog & bloggeur malheureusement disparu de la toile – bloggeur admirateur de Hölderlin et de la langue allemande – dont les vestiges réapparaissent parfois sur la république des livres comme dernièrement dans les commentaires de Christiane  dans « Les leçons du professeur Bachmann » de la RDL (16 eme commentaires des 176 commentaires en ligne actuellement).

lutz-schelhorn-stuttgart-hbf-1-vor-21-kunststiftung-baden-wurttemberg.1279612258.jpgDonc pour les dévoreurs de gare – une exposition à conseiller – et pour les passionnés de beaux livre de photographie en noir et  blanc, photographie des hommes & des gares – le livre « Stuttgart Hauptbahnhof – Eins vor 21 ».

Livres cités :

Schelhorn, Lutz: Stuttgart Hauptbahnhof – Eins vor 21. EditionRandgruppe, Stuttgart 2010, ISBN ISBN 978-3-9813728-0-9

Photos :

Noirs et blancs: Stuttgart Hbf © Lutz Schelhorn   (postée dans le blog paysage avec l‘ autorisation de  L. Schelhorn)

Couleur: © Christophe  Neff  16.7.2010 : Lutz Schelhorn explique son œuvre artistique devant les élèves d‘ une classe photo d’un centre de formation professionnel.

Christophe Neff 20.7.2010

La Forêt progresse à Schramberg – et les risques d‘ incendies aussi

En Forêt Noire la forêt progresse – et en conséquence les risques d’incendies aussi. Le vendredi 2.7.2010 j’étais avec deux de mes collègues (Janet Maringer & Julia Baum ) invité par la commandante des sapeurs pompiers de Schramberg Annette Melvin (Abteilungskommandantin Talstadt Schramberg) à faire une premiers analyse de risques. En plus je préparais aussi une sortie de géobotanique en Forêt Noire pour les étudiants en bachelor de géo-écologie du KIT. Et naturellement analyser les changements de paysages, la dynamique des paysages de la ville ou j’ai grandit.

Notons d‘ abord qu’Annette Melvin est une des rares femmes chefs de corps de pompiers en Allemagne. Sachant que depuis des années déjà j’avertissais les pouvoirs publics des risques grandissant de feu de forêts en Forêt noire, Annette Melvin m’avait contacté) pour faire une sortie de terrain commune pour faire une premier évaluation des risques d‘ incendies dans le forêts entourant la ville de Schramberg ;comme nous avons grandi à Schramberg, nous fréquentions le même lycée, nous nous connaissons depuis longtemps. De plus ; Annette Melvin est aussi la petit fille de Moritz Mayer le fondateur de la SMF, dont je parlais, dans La Schramberger Majolika Fabrik – la Céramique de Schramberg sur wikipedia.fr. Elle nous présenta quelques terrains potentiels pour des chantiers de brûlage dirigé.qui aurait comme but d‘ une part de seconder la ville de Schramberg dans son effort de limiter l’embroussaillage et la reprise sauvage de la forêt, d‘ autre part d’utiliser un tel chantier de brûlage dirigé pour entrainer les pompiers de Schramberg à la lutte anti-incendie de forêt – donc un exercice de combat anti-incendie sous conditions quasi réelles.

En faite Annette Melvin craint de plus en plus les risques grandissant de feux de forêts qui pourraient être une conséquence de la progression galopante de la forêt en Foret Noire, risque de voir des feux éclater qui pourrait aussi en plus être accentué dans le futur proche par les conséquences des changements climatiques. Mais même sans changements climatique les risques de voir des feux de forêts éclater avec la progression de la forêt est considérable, car la forêt noire est une ancienne terre de feux de forêts, même si la mémoire collective a depuis longtemps oublié ce fait historique. Un des éléments de paysages les plus marquants de la moyenne forêt noire (mittlerer Schwarzwald) étaient les Besenginsterweidfelder (Neff et al. 2004 ) – les landes à genêts de balais (Cytisus scoparius) qui formaient un mosaïque avec les Sapinières riches en Houx (Ilex aquifolium) – un paysage qui fut autre fois entretenu par les feux pastoraux – élément de paysage aujourd’hui malheureusement en voie de disparition grâce à l‘ embroussaillement. C’est le vif jaune de landes de genêts qui a tant influencé les couleurs dans l’œuvre de Wilhelm Kimmich qu’on parle aussi de Kimmichginster . Les paysages changent, la forêt progresse et les Kimmichginster disparaissent de plus en plus de la Raumschaft Schramberg, du Fohrenbühl (une petite géographie gastronomique du Fohrenbühl se trouve ici) et du reste du mittlerer Schwarzwald. (Quelques mots sur ce paysages de forêts et de landes ouvertes se trouvent aussi dans la notice – les cartes postales du Bäslecarl )

J’étais vraiment surpris de découvrir à quel point la forêt domine la ville où j’ai grandi ! Les habitations, les maisons sont réellement encerclées par la végétation et on pourrait même parler de phénomène de californisation dans la Talstadt de Schramberg. Sauf qu’en ce qui concerne le terme californisation dans le sens de l’écologie du feu, c’est plutôt l’habitat qui progresse et s’entrecroise avec les paysages abandonnés où garrigue, maquis et forêts reprennent leurs droits, ce qui provoque en cas de feux de forêts des situations difficilement gérables par les pompiers. Situation bien connue aussi dans les milieux méditerranéens européens, nord-africains, australiens et nord-américains (Californie). En langage scientifique anglo-américain le phénomène est désigné comme « forest – urban interface » car la californisation dans la géographie agraire américaine est utilisée pour désigner les processus d’intensification de l’agriculture méditerranéenne. A ma connaissance le terme de californisation fut pour la première fois utilisée dans l’agro géographie anglo-américaine par David B. Grigg pour désigner l’intensification de l’agriculture dans le Bas – Languedoc (dans le Livre the agricultural systems of the world – an evolutionary approach p. 129) en 1974. A Schramberg ce n’est pas l’habitat qui progresse, dans la Talstadt de Schramberg l’habitat a plutôt tendance à se rétracter. Ici c’est principalement la Foret qui progresse. Annette Melvin a bien raison de craindre le risque grandissant de feux de forêts à Schramberg. Naturellement ce phénomène de progression de la forêt et de l’augmentation des risques de feux de forêts en période de forte chaleur et de sécheresse accentuée ne se limite pas à la ville de Schramberg, – mais touche une grande partie de la Forêt noire. Notons que si Météo France ne se trompe pas trop ( voir l‘ article « L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud » paru dans le Monde du mardi 6 juillet et mon billet « L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud – et devrait se préparer en conséquence à un été avec un très fort risque d’incendies de forêts » qui se réfère a cet article du Monde) cet été pourrait devenir un été particulièrement propice aux incendies de forêts, que ce soit sur la péninsule ibérique, en France ou en Allemagne.

Verwaldung und Verbuschung in Schramberg 2.7.2010

Les risques de feux de forêts, (la mémoire collective a totalement oublié qu’historiquement la Forêt noire a aussi eu son lot d’incendie) ne sont certainement pas une des préoccupations principales des habitants de Schramberg. Pour eux , la progression de la forêt prend surtout la lumière en hiver et plonge la ville encaissée dans le vallon étroit de la Schiltach dans une ombre obscure que les habitants ne semblent pas trop apprécier. Le manque de lumière dû à la progression de la forêt est perçu comme une des principales nuisances environnementales à Schramberg.

Blick vom Tössberg auf die Geißhalde 2.7.2010

La commune de Schramberg (Stadtverwaltung) est bien obligée de réagir et on emploie donc des troupeaux de brebis ou de chèvres pour endiguer l’invasion de la Talstadt Schramberg par la forêt sauvage. Le jour où on reverra des chèvres brouter sur les falaises de la Geißhalde (allemand souabe = collines des chèvres) après plus d’un siècle d’absence semble être proche. Dans des autres secteurs pour créer des couloirs respiratoires (Frischluftschneisen), on procède même à des coupes blanches en pleines forêts. Et on pense à entretenir ces coupes par le pâturage (chèvres & brebis) et par endroit même par l’utilisation de chantiers de feu dirigée. Il faut dire que la nature du terrain ,les fortes pentes du Schramberger Talkessel font que l’entretien par moyens mécaniques de ces coupes est financièrement quasiment impossible ,très difficile , rappelle beaucoup les situations de haute-montagne.

Freischlagfläche Steighäusle Juli 2010

En 1984 j’ai passé mon bac au lycée de Schramberg ,1984 fut l’année du Waldsterben – l’année où le Spiegel annonçait la disparition de la Sapinière de la Forêt Noire. On nous annonçait un paysage désertique – sans arbre – Wolf Hockenjos publia son livre énigmatique « Tännlefriedhof – Bilder einer Verwandlung » (cimetière des sapins – images d’une métamorphose) .Qui aurait cru en 1984 que presque 25 ans plus tard la progression « sauvage » de la forêt pourrait être perçue comme un problème environnemental majeur dans certaines parties de la Forêt Noire. Comme bachelier nous pensions que les sapins pourraient disparaitre des horizons des montagnes. Quels changements ! Notons en fin de billet que le même Wolf Hockenjoos en 2008 publia un magnifique livre sur l’arbre mythique de la Forêt Noire, – le Sapin blanc (Abies alba) (Tannenbäume – eine Zukunft für Abies alba) – un livre qui ne parle pas seulement du Sapin en Forêt Noire – mais qui nous décrit aussi le sapin blanc dans son aire naturelle européenne.

Qui à Schramberg en 1984 aurait cru que 25 ans plus tard la progression de la forêt pourrait être perçue comme un problème environnemental ?

Verwaldung am Sonnenberg - Stadtpark in der Talstadt Schramberg Juli 2010

Photo: Progression de la forêt dans la Talstadt Schramberg © C.Neff 2.7.2010

Même de nos temps, la dynamique des paysages peut encore nous surprendre !

Cela me rappelle les mots d’Éric Lambin dans l’introduction de son livre « la terre sur un fil » où il écrit : « Ainsi fonctionne la planète Terre: en constante évolution, toujours éloignée de l’équilibre et s’adaptant par des mécanismes subtiles à la configuration du moment pour assurer sa viabilité. Les grands cycles climatiques, l’évolution biologique et les changements naturels des paysages font partie de ce mouvement de balancier qui maintient la Terre sur son fil. (Lambin, 2004, 13) »

Photos : toutes © C. Neff 2.7.2010

La Villa Fink envahit par la forêt, Vue sur la Geißhalde depuis le Tössberg, Progression de la foret à Schramberg – Sulgen et coupe blanche du Steighäusle comme couloir respiratoire, Vue sur le Stadtpark et le Sonnenberg (sous titre dans le texte = Progression de la forêt dans la Talstadt Schramberg)

Sources et littérature citée:

Grigg, D.B. (1974): The Agricultural systems of the world. An Evolutionary Approach. Cambridge (Cambridge University Press), ISBN 0-521-20269-8 (1976 Reprint)

Hockenjos, W (1984): Tännlefriedhof. Bilder einer Verwandlung. Hinterzarten (Gerhard schillinger verlag), ISBN 3-924838-02

Hockenjos, W (2008): Tannenbäume – eine Zukunft für Abies alba. (DRW-Verlag Weinbrenner), ISBN 978-3-87181-723-6

Lambin, E. (2004): La Terre sur un fil. (Le Pommier). Paris, ISBN 2-7465-0198-8

Neff, C. Bassing, S., Scheid, A., Jentsch, C., Franger, S. (2004): Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage – observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire /Allemagne). In:., Scheid, A., Neff, C., Jentsch, C (Eds): Flächenextensivierung im Mittleren Schwarzwald. Ergebnisse und Diskussion der in der Raumschaft Schramberg durchgeführten geographischen und landschafts – feuerökologischen Untersuchungen. Materialien zur Geographie, B. 34, Mannheim, 89 – 107. (ISBN 3-923750-92-7), (DOI: 10.5445/IR/1000014804).

Christophe Neff, Grünstadt le 14.7.2010

St. Jacques de Port de Leucate – au clair de la lune de mai 2010

St. Jacques Port Leucate 29.5.2010 0H35

Dans les régions des  religions du livre – là où  l’homme taille le paysage comme le tailleur de pierres taille la pierre ,les lieux de cultes , que ce soit église, mosquée ou synagogue  marquent  les paysages d’une manière très spéciale : l’hommen, en vénérant son dieu , prend possession du paysage d’une manière éternelle.  C’est  le dernier pas du processus de transformation du paysage  sauvage en paysage humanisé, la Kulturlandschaft  (fr. paysage culturel, en. Cultural landscape) pour employer  ce terme issu  de la géographie allemande.

Un des paysages qui fut jusqu’au début des années 1960 un des plus sauvages  de France était le lido entre Leucate Plage et le Barcarès – j‘ en parlais  déjà dans  « Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009) » , cordon dunaire séparant la mer ouverte avec l‘ étang de Leucate – troué par des graus permanents et épisodiques , cordon dunaire toujours en proie à  des submersions  marines répétées . Sur ce lido se trouvent  de nos jours les nouvelles stations touristiques de  Port Barcarès et de Port Leucate. A Port Leucate depuis quelques mois déjà ,une nouvelle église a vu le jour   – St. Jacques de Port Leucate – (j’en parlais aussi ici ) – signalant ainsi que l’homme a pris possession du paysage – et a ainsi transformé la côte sauvage en paysage humanisé.

Ayant assez souvent  un appareil de photo sur moi, que ce soit pour des  voyages professionnels  ou  personnels ,j’eus l’occasion en revenant d’un meeting avec les étudiants durant le LÖP SS 2009 Leucate de découvrir  le carillon de St. Jacques de Port Leucate baignant  dans les lumières d’un clair de lune  dans un ciel où la tramontane balaye  les sombres  nuages  nocturnes vers la mer. Je fis donc deux séries  de photos- une série avec un vieux reflex Minolta 7000 utilisant un Kodachrome C- 64 (le film de diapositives  dont je parlais ici) mais que je n’ai pas encore fait développer ,et une autre avec un petit revue DC80sz (emprunté à ma mére)  en mode manuel  dont une des photos est utilisée pour illustrer ce petit billet.

C’est  tout simplement une belle photo – le carillon de St. Jacques illuminé par le clair de lune de la fin mai 2010 – photo et paysage que j’aimerais partager  avec les lecteurs du blog paysages.

Photo : Le carillon de St. Jacques de Port Leucate illuminé par le clair de lune.  ©Christophe Neff, 30.5.2010 (Revue DC80sz)

Christophe Neff, Grünstadt le 12.7.2010

P.S. : Dans le contexte sur la perception de lieux dans l‘ évolution des paysages historiques   j‘ aimerais aussi conseiller la lecture du dernier billet «A l’Est de la Turquie : Sylvie Lasserre à la rencontre des derniers chrétiens d’Orient » du blog sur les routes d‘ Asie Centrale de Sylvie Lasserre – Blog que  j‘ ai aussi mis dans mon blogroll.