Un dimanche matin gris à Grünstadt. Le froid est revenu, même si les premiers cerisiers commencent à fleurir dans l’Unterhaardt, mais la météo nous apprend que la neige sera de retour sur les « Deutsche Mittelgebirge ». Le dimanche matin il reste un peu de temps pour un voyage virtuel à travers le web. Apparemment en France, le monde.fr nous en informe, Alain Juppé se prépare pour une potentielle candidature aux présidentielles en 2012. Visite virtuelle matinale sur quelques blogs de mon blogroll. Dans la Bücherrepublik – „HHhH“ : 2000 ème ! – 2000 billet de Pierre Assouline – et décidément c’est encore l’ombre ténébreuse de l’Allemagne qui surgit – Himmlers Hirn heißt Heydrich. Apres une brève visite chez Lichtbild et son billet sur les coutumes de pâques alsaciennes en voie de disparition, petite visite chez KTK et son billet sur le travail de lumières qui crée un univers d’ombres et de reflets urbain. Un petit coup d’oeil chez le Aufreger, et puis après chez Jean Stubenzweig. Ainsi le matin passe – et on attend que le printemps revienne. Et je me replonge dans la lecture de « Grünkohl und Curry – die Geschichte einer Einwanderung » de Hasnain Kazim. Hasnain Kazim, journaliste du Spiegel, qui a entre autres couvert les événements sanglants de Kunduz pour le Spiegel. Grünkohl und Curry, un livre qui nous raconte l’histoire d’une intégration en Allemagne. Le texte de base du livre qui fut déjà publié dans un Spiegel Spezial (4/2007) fut déjà sujet de bac allemand en France (voir ici et ici ). Le livre, 259 pages et quelques photos personnelles de l’auteur mérite la lecture, car nous découvrons là une autre Allemagne, une Allemagne inconnue. Le soleil de printemps a enfin réussi à traverser la grisaille rhénane, et c’est sur ces premiers reflets de soleil que je finis mon billet dominical.
Kazim, Hasnain (2009) : Grünkohl und Curry. Die Geschichte einer Einwanderung. München, DTV, ISBN 978-3-423-24739-9
Christophe Neff, Grünstadt le 11.4.2010
P.S. (11. 4. 2010 17:00): Pour en revenir aux ombres ténébreuses de l’Allemagne, il y a 65 ans, la 3ème D.B. U.S. libérait liberait le camp de Buchenwald et ramenait un premier brin de printemps pour les prisonniers et déportés du Etterberg.
J‘ ai déjà plusieurs fois consacre de billets dans ce blog à l‘ hiver 2009/10 qui nous semble particulièrement long (et pour beaucoup d’allemands semble être aussi particulièrement dur), dont les Les premières neiges de l’hiver 2009/10 sont arrivées à Grünstadt , De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka, et surtout l‘ analyse L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010). Et l’hiver perdure encore ici en Allemagne – et le printemps semble vraiment se laisser attendre. A Grünstadt nous avons encore quelques centimètres de neige, presque 5 centimètres à Karlsruhe, – ce qui est un phénomène météorologique assez rare en début de mars. Souvent dans le « Oberrheingraben » début mars c’est le printemps qui commence – vers la mi -mars les amandiers roses de la Weinstraße entre Bad Dürkheim commencent à fleurir. La neige mi -mars dans l’Unterhaardt c’est rare, mais cela arrive. Mais de la neige sur la plage de Port Leucate, cela me semble être vraiment exceptionnel (Voici un lien vers une photo du Lydia en neige ). Une vraie couverture neigeuse qui couvre l’ensemble de la plage – si je me souviens bien – et je connais les lieux depuis 1968 – cela ce n’est jamais produit dans les derniers 50 années. Pour une fois nous assistons à un phénomène météorologique vraiment exceptionnel, les chutes de neiges sur la zone que Henri Gaussen dénommée la zone de l’Oranger cela arrive ici et là, mais la plage de Port Leucate entièrement enneigée cela mérite d’être noté.
Digital StillCamera
Photo : la plage de Port Leucate blanchit par les neiges de mars et la houle grise de la méditerranée Lundi 10 mars 2010 (Photo Evelyne Marie France Neff auteur de blog Au jour le jour)
En observant les évolutions des demandes sur mon wordpress dashboard j‘ ai remarqué qu‘ il y avait assez de lecteurs francophones s‘ intéressant au carnaval traditionnel de la Forêt Noire – la Fasnet – et même spécialement au Schramberger Hansel, figure traditionnelle de la Schramberger Fasnet dont je parlais dans les « Lectures matinales de „Aschermittwoch“ 2010 ». Le Schramberger Hansel n’est donc pas inconnu dans le monde francophone. En faisant moi-même une recherche sur google sur ces mots clefs je suis tombé sur un très beau billet « sarabande-de-carnavals » de blog les cinq sens selon christian parlant aussi du Schramberger Hansel. « Goûtez à pleines dents à ces savoureux bretzels que vous offre si chaleureusement ce “ Hansel “ goguenard à Schramberg en Forêt -Noire. » Malheureusement la photo montrant le soi – disant Hansel de Schramberg dans sarabande-de-carnavals est en réalité un Sulgener Hansel un Krattenmacher. Le Krattenmacher est comme le Schramberger Hansel un « Weißnarr »(fou blanc). Le Krattenmacher est un « Weißnarr » assez récent – il fut créé après 1945 et son nom « Krattenmacher » est le mot du Sulgener Schwäbisch(souabe de Sulgen) pour les vanniers.
La vannerie fut autrefois une des principales activités à Sulgen – et sur le costume du Krattenmacher nous trouvons les peintures montrant les vanniers en action. Comme le Schramberger Hansel,le Krattenmacher participe aux traditionnel s Brezelsegen(la bénédiction des Brezel) à Schramberg. Le Schramberger Brezelsegen est une ancienne tradition qui remonte à la tradition féodale des seigneurs de Schramberg : distribuer des vivres après les diverses intempéries, qui frappèrent si souvent la région de Schramberg. Ainsi, après les intempéries de 1816 où des mois de pluies plus ou moins ininterrompues ont provoqué de très mauvaise récoltes dans la Raumschaft Schramberg, les seigneurs de Schramberg, les ducs de von Bissingen – Nippenburg ont commencé à distribuer pains et petit pains « Brot & Weckenverteilung » (Kindler, 2007 : 16). C’est donc cette tradition féodale qui est reprise dans le « Brezelsegen » où les Hansel distribuant les Brezel à petits et grands chantant le Schramberger Narrenmarsch (Kindler, 2007 : 16 – 17.) Les Schramberger Hansel du 19 siècle étaient plus au moins des copies adaptées aux mœurs de Schramberg, des masques et costumes de la Villinger Fastnacht (Kindler, 2007 : 15). C’est sur ces bases que le premier vrai « Schramberger Hansel » fut crée en 1925 (Kindler 2007 : 26 + Narrenzunft Schramberg – der Schramberger Hansel ) – le masque en bois de tilleul fut sculpté par Cajetan Schaub. Le Hanselsprung avec le Brezelsegen sont donc une ancienne tradition à Schramberg. Personnellement c’est cette partie de la Schramberger Fasnet qui m’est chère depuis mon enfance. Presque tous les gamins, les jeunes, le vieux et les moins vieux à Schramberg ont des grands yeux quand la fanfare se met à souffler d‘ Hoorig Katz et que les Hansel arrivent avec leurs Brezels. Mais il faut aussi trouver des acteurs qui font vivre les Hansel, Narro etc. Ce n’est pas toujours si facile que ça – car masque en bois et costumes sont chers – je me souviens d’un ami qui a payé plus de 2500 euros rien pour un masque de Narro. Naturellement costumes et masques s’héritent dans les anciennes familles de Schramberg. A part le lourd fardeau financier , le Sprung ou das Springen , le saut nécessite aussi un effort physique considérable – masque, costumes et les Gschell (les grandes cloches) sont assez lourds. Etre un vrai « Hansel » n‘ est donc pas donné à tout le monde.
Les infos historiques que je cite sont principalement tirées du livre « mit Kummer und mit Sorgen … » de Sven Kindler. Ce livre qui est consacré à la da Bach na Fahrt dont je parlais déjà dans « Schau, ein Philosoph geht da de Bach na – Schau eine Schriftstellerin geht da de Bach na » – car c‘ est la da Bach na Fahrt – qui fut créée en 1936 – qui attire les foules (et les medias) – comporte aussi un chapitre sur l‘ histoire de la Fasnet traditionnelle à Schramberg – les Hansel et les Brezelsegen. Le Hanselsprung avec le Brezelsegen , Fasnetssonntag (Dimanche de Carnaval) à Schramberg est plutôt une chose familiale – les foules viennent pour la da Bach na Fahrt le lundi des roses. Mais les Hansel , Lächler et Narro ne sont pas seulement visibles dans les Hanselsprung, mais durant tout le mois de février jusqu’au soir de mardi gras : il sont partout pour distribuer leurs Brezel – dans les crèches, les jardins d‘ enfant, les écoles, les bals de carnavals, les maison de retraites, les hôpitaux – et parfois ils vont même au chevet des mourants pour leurs apporter leur Brezel – car la Brezel et la sonnerie lourde des Gschell (les lourdes cloches) annoncent la venue du printemps – car comme je l‘ écrit dans « L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010)» – la Forêt Noire fut un pays de neige et de longs hivers.
Pour tous les ceux qui s’intéressent à une analyse profonde de la Schramberger Fasnet – et lisant l’allemand – je ne peux que recommander la lecture du livre «mit Kummer und mit Sorgen« de Sven Kindler, même si le livre est surtout consacré à l’histoire de la Da Bach‘ na Fahrt. L’ouvrage nous livre une riche documentation historique qui nous permet de dénicher les origines de la Da Bach na Fahrt – et aussi un peu de percer les mystères de la création de la Schramberger Fasnet. Je reconnais volontiers que sans le livre de Kindler je n’aurais jamais su – qu’une des origines du Schramberger Brezelsegen sont les divers crises de faim due aux nombreuse intempéries qui sévissait au début du 19 ème siècle dans cette partie de la Forêt Noire.
En fait un vestige d’une herrschaftliche Armenspeisung – une soupe populaire seigneuriale. Vu le débat sévissant en ce moment sur Hartz IV en Allemagne – on a bien l’impression que certains aimeraien t bien revenir aux Armenspeisung d’antan . Le Brezelsegen nous transporte la mémoire d’un temps où après des intempéries ou simplement des long hivers, le destin des « sujets » de la Herrschaft Schramberg dépendaient de la charité seigneuriale. Les intempéries n‘ on pas disparu – la Raumschaft Schramberg est de temps en temps victimes de telles intemperies – mais heureusement les conditions socio-économiques on bien évolué – et pour avoir droit à sa « Fasnachtsbrezel » il faut simplement bien chanter le Schramberger Narrenmarsch, la fameuse d‘ Horrig Katz.
Sources :
Kindler, Swen (2007) : „…mit Kummer und mit Sorgen…“ Junges Parlament – Kanalfahrt – Da-Bach-na-Fahrt. Norderstadt, (Books on Demand), ISBN 978-3-8334-7265-7
Christophe Neff, Grünstadt le 21.2.2010
P.S.: L‘ auteur du blogpaysage a lui-même participé avec un costume et un masque de Schramberger Hansel prêté par une amie à un Schramberger Hanselsprung et Brezelsegen il y a quelques années.
Aschermittwoch, – die Fasnet ist vorüber – Mercredi des cendres , la fasnet est finie. Grünstadt a aussi son carnaval, son défilé de mardi gras, sein Faßnachtsumzug, mais comparé à la Schwäbisch-Alemannische Fasnet (voir aussi Schau, ein Philosoph geht da de Bach na – Schau eine Schriftstellerin geht da de Bach na) ce n‘ est guère une vraie tradition – le Grünstadter Faßnachtsumzug a à peine 25 ans – ce qui n’est rien, comparé aux 200 ans de Fasnet à Schramberg. Mais personnellement je ne suis pas un Fasnetsnarr (fou de carnaval)- nous avions prévu de passer les vacances de carnaval dans les neiges du Champ du Feu – mais un rhume m’a cloué à la maison :donc ni Fasnet, ni plaisir de neige, simplement la lecture de Tee , eine Kulturgeschichte de Martin Krüger et de quelques pages de blog. Pour finir ce chapitre de la Fasnet, même si je ne suis pas un Fasnetsnarr , j’ai depuis mon plus jeune enfance rêvé de devenir un Hansel, – un vrai Schramberger Hansel – et le Schramberger Narro est aussi un figure qui fait rêver – mais lui, il ne distribue pas de Bretzel comme le Hansel – mais jusqu’à présent acquérir un masque (larve comme on dit en allemand-souabe) et un costume de Hansel (Kleidle) est resté un rêve.
Hier soir en intervenant directement sur « Malraux, l’éternelle épouse» de la République des livres j’ai découvert un très beau texte de montaigneàcheval sur la géographie de la ville et de son fleuve la Garonne « SI LA GARONNE, ELLE AVAIT VOULU ». Concernant Clara Malraux, née Goldschmidt, j’ai l’impression que le livre Clara Malraux « Nous avons été deux » de Josette Clotis décrit par la RDL « Il est si agréable qu’il encourage à flâner dans cette vie dont l’intérêt ne semblait pas a priori mériter 474 pages. A posteriori non plus. » pourrait en fait valoir la lecture, même si j’ai des difficultés à cerner les sens des mots d’Assouline cités ci dessus. On va voir si les 474 pages méritent le temps de la lecture.
La mental map de géographie de montaigneàcheval sur la ville de Bordeaux et son fleuve la Garonne invitent le lecteur à découvrir un autre visage de Bordeaux. Personnellement, car je ne connais pas Bordeaux « SI LA GARONNE, ELLE AVAIT VOULU » me fait envie de découvrir là-bas fleuve, ville et paysages proches.
Source :
Krieger, Martin (2009): Tee – eine Kulturgeschichte . Böhlau Verlag Köln, ISBN 978-3-412-20427-3
Toujours ces ombres du passé franco-allemand qui ressurgissent – Clara Malraux (1897-1982) née Goldschmidt – l’épouse éternelle Malraux – il y un peu de tout dans cette histoire franco-allemande. Hier c’était de Paul Celan, dans le contexte d’un délit de citation qu’on parlait dans la RDL. On ne parle presque plus de Paul Celan en Allemagne, en ce moment c’est plutôt de Helene Hegeman et de son « romanplagiat » Axolot Roadkill qu’on parle et de Werner Herzog qu’on redécouvre pour la Berlinale 2010, comme président du jury de la 60 ème Berlinale. L’Allemagne avait presque complètement oublié le réalisateur de Fitzcarroldo, de Cobra Verde, et d’Aguirre, la colère de Dieu.
Dans Régionales, Languedoc Roussillon: Les tribulations d’une française en France nous retrouvons une autre facette de l’histoire franco-allemande. Apres avoir passe 40 ans en pays de Germanie, une carrière politique dans la SPD qui fut entre autre récompensée par le BundesverdienstkreuzMadame Neff découvre les réalités de la vie politique française – surtout celle d’une gauche socialiste en pleine déconfiture – au Languedoc en plus, où le phénomène Georges Frêche complique encore la chose. Mais la SPD à Schramberg, le Kreisverband Schramberg, la SPD du Baden-Württemberg tout court , la Social-démocratie locale n’était et n‘ est sûrement pas représentative pour le reste de la Social-démocratie allemande. Le OV Schramberg était et est un modèle de démocratie interne, mais malheureusement pas représentative pour le reste de SPD ; ce qui explique en partie la débâcle électorale de la SPD aux dernières élections au Bundestag. Et des baronnies locales à l’image du P.S. et de adhérent /es exclues, inclus etc., il en existe aussi .Ainsi par exemple ici à Grünstadt, où les barons locaux ont accompli l’exploit de réduire les sièges de la SPD de 16 (de 27 sièges potentielles) à 8 sièges – et ils continuaient pendant les diverses campagnes à se livrer des guerres de tranchées pour des postes virtuels d’adjoint etc…Entre temps les électeurs ont cherché d’autres alternatives et ils les ont bien trouvées. Les postes d’adjoint ont disparu par faute d’un électorat s’étant évaporé , mais les guerres de tranchées continuent … on ne sait même pas pourquoi !
De plus dans les années 70-80, 80 on (l’auteure du blog au jour le jour ) était encore jeune et pleine d’espoir social démocrate ,il y avait le souffle charismatique d’un Willy Brandt, d’un Ehrhard Eppler et au niveau local de Pius Kopp, Werner Klank et Herbert Zinell le sien et d’autres- tout cela a disparu, pas seulement pour des raisons politiques mais aussi parce que les temps changent et que nous prenons de l’âge. Pour finir , Herbert Zinell a accompli l‘ exploit de se tenir presque 20 ans à la tête de la ville de Schramberg, exploit remarquable pour un « rouge » dans les terres noires catholiques de la Moyenne Forêt Noire – car les soi- disantes terres noires catholique de la Moyenne Forêt noire, surtout celles de la Raumschaft Schramberg, héritière culturelle de la tradition catholique de l‘ Autriche antérieure, la Herrschaft Schramberg, sont de fait un bassin naturel d‘ électorat de la CDU – une terre historiquement rude pour la Social-démocratie et mise à part la ville de Schramberg , haut lieu de l‘ industrie horlogère , la Social-démocratie était pratiquement inexistante. Historiquement ce catholicisme avait au moins une chose positive, ces terres ne furent jamais des territoires complètement conquis par la NSDAP .
Il neige encore à Grünstadt et il neige aussi en Kroumirie. Apres avoir laissé sur le dernier billet de la République des livres nous présentant le livre « un de nous deux » de Jean-Noël Jeanneney un petit commentaire en allemand ,je viens de m’apercevoir sur le wordpress Dashboard que le blog paysage a reçu de la visite de lecteurs utilisant le mot clef « neige à Tabarka ». Donc en recherchant « neige à Tabarka », on atterrit chez « paysages » – même si je n’ai jamais rien écrit sur de la neige à Tabarka . Donc en observant discussions et commentaires dans « Quelques saisons tout près de l’enfer» de la RDL qui sont entre autre à la recherche d‘ un poème disparu des commentaires, j‘ entame une petite recherche sur la toile sur la soi- disant neige à Tabarka. Notons au début que des chutes de neige dans les environs de Ain Draham n‘ ont absolument rien d‘ exceptionnel , je me souviens encore bien lorsque j’ai visité la première fois Ain Draham avec des collègues tunisiens : ils me précisaient qu’à Ain Draham il y avait à peu prés une ou deux semaines de neige par an dans les montagnes entourant Ain Draham ,principalement en Janvier ou en Février (sur la neige à Aïn Draham voir aussi ici et ici ) . Je me rappelle bien avoir pensé au mimosa en fleurs, avec des paysages de neige, la Subéraie et Zéenaie cela pourrait donner de belles photos de paysages. Eh bien il a réellement neigé ces derniers jours entre Jendouba , Ain Draham et Tabarka – la Presse.tn nous annonce cela sous le titre «Manteau blanc sur Jendouba ». Nous apprenons, je cite, « Des chutes de neige, en quantités importantes, persistent, depuis la nuit de jeudi, dans les différentes délégations de la région de Jendouba. Les quantités enregistrées jusqu’à hier matin varient entre 10 cm, sur les hauteurs de Aïn Draham, et 6 cm, dans la délégation de Balta Bouaouane, au niveau des hauteurs de Béni Mohamed, Chouawla, El Awaoudhna et Kasseb…. » .En outre, si j’interprète bien l’article on a bien dû déneiger la route n°17 entre Fernana, Aïn Draham et Tabarka – et vu que les internautes arrivent sur « paysages » il y bien eu de la neige à Tabarka. En divaguant sur le web à la recherche de la neige à Tabarka ,j‘ ai fait quelques découvertes- dans cette page intitulée simplement Tabarka, page qui doit être plutôt une page de promotion touristique on découvre la phrase suivante : « Tabarka est relié à Tunis par la voie ferrée, mais les trains y sont irréguliers » c’est une étrange affirmation vu que la ligne de chemin de Fer Mateur-Sedjenene-Tabarka n‘ existe que sous forme de vestiges. Depuis la construction du barrage de Sidi El Barraq la voie ferrée est coupée à la hauteur de Nefza, – le chemin de fer a été littéralement noyé par les flots du lac artificiel de Sidi El Barraq. Je précise car j’ai moi-même plaidé dans un document sur les perspectives et potentialités de production de biocarburant en Tunisie pour la reconstruction de cette ligne de chemin de Fer. Finissons le tour du web avec cette page de blog «les paysages entre Tunis et Tabarka» avec de très belles images de paysages, paysages de montagnes et forêts méditerranéenne en Kroumirie et dans les Mogods que j’aimerais beaucoup revoir.
Je finis mon billet, – il neige encore à Grünstadt, le SPON nous apprends «Eiswinter und Hitzesommer El Niño macht Europa kalt » que c’est a cause de EL Nino que l’Europe et les Etats Unis ont froid – et aussi au fait que pendant un hiver froid il y a une forte probabilité de fortes chutes de neige. Nous avons simplement oublié qu’en hiver il y a parfois des risques de fortes chutes de neige – comme je l’avais déjà écrit dans L‘ Allemagne fatiguée de son hiver.
Il neige donc à Grünstadt, entre Tabarka et Aïn Draham, même à Port Leucate il y a eu quelque flocons qui sont tombés , ce qui est vraiment exceptionnel pour le coin – mais les flocons de neige de Port Leucate n‘ ont même pas perduré quelques minutes avant de disparaître – comme le soi -disant poème disparu dans les commentaires de Quelques saisons tout près de l’enfer.
En me levant le mardi 9.2.2010 j’avais encore le très bel essai de Ferdinand von Schirach paru dans le dernier Spiegel (6/2010) « was übrig bleibt » en tête. Un texte décrivant la jeunesse de von Schirach dans chez les Jésuites à St. Blasien . Comme par hasard il parlait aussi de ces paysages de neige de forêt noire comme je le faisais dans «L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010) » en évoquant mes mémoires de paysages de neige de la Raumschaft Schramberg. Von Schirach écrit « In meiner Erinnerung ist St. Blasien ein kalter Ort. Vier Monate lag Schnee, an den Bäumen hingen Eiszapfen, und weil nachts die Fenster offen blieben, wurde es so kalt, dass wir uns morgens unter der Bettdecke anziehen mussten (Dans ma mémoire St. Blasien est un lieu froid. Quatre mois de neiges, des arbres plein de stalactite de glace, et comme de nuits les fenêtres restaient ouvert, il devenait tellement froid, que au petit matin nous étions oblige de nous habiller sous nos couvertures tellement il faisait froid «. Décidément les paysages d’hiver de la forêt noire des 1970-1980 ont bien marqué nos mémoires. La jeunesse décidément c’est aussi une période de lecture intense – von Schirach nous parle beaucoup de livres et de lectures. Très beau texte, qui mérite à lui seul l’achat du Spiegel. Ce matin même je découvrais dans la république des livres « Désolé mais Botul-Henri Lévy a encore frappé » en quelques heures plus tard l’affaire arrive en Allemagne sous le titre « Bernard-Henri Lévy – Dandy-Philosoph fällt auf Satire rein“ dans le SPON. Je ne savais même pas qu’ici en Allemagne BHL était qualifié de Dandy-Philosoph. Avant avoir lu l’article j’avais jamais entendu le mot « Dandy-Philosoph ». BHL donne la vie un nouveau mot – ein neues Wort – le « Dandy-Philosoph » a la langue allemande. La nuit tombe, deux journées sont passés, il fait encore gris à Grünstadt , – mais les chutes de neiges on reprit – lassaient du duvet blanc dans la grisaille hivernale du Oberrheingraben. Je me souviens aussi du dernier billet de Berlin en parle – les Mots de la Fin – dommage que ce blog franco-allemand va cesser de parler. J’ai beaucoup aimé lire cette voix française de Berlin. En plus c’était pour moi, qui lisait longtemps avant de m’attaquer à l’écriture du blog paysage régulièrement le blog franco – allemand Berlin en parle de Claire -Lise Buis, un sorte de model pour le blog franco-allemand « paysages ». Sans Berlin en parle il n’aurait jamais eu de blog paysages.
En lisant les 542 commentaires sur « Victor Hugo, Notre-Homme de Paris » sur la république des livres le temps passe – même par temps gris. Parfois on a le sentiment d’entrer dans un salon de voix virtuelles et souvent incompréhensible, parfois aussi des voix se perdent. Une très belle intervention de Dexter en citant le discours d’Hugo à l’Assemblée Nationale en 1848. Il y avait aussi une intervention intéressante d’un Monsieur Benhabiles que je ne retrouve plus mais qui a quand même laissé de traces comme cette belle phrase de KTK« @ Benhabiles: J’ai bien aimé lire votre commentaire, revigorant et comme un vent frais » . Malheureusement ce vent frais ne souffle plus dans les commentaires sur « Victor Hugo, Notre-Homme de Paris » comme nous laisse remarquer montaigneàcheval avec agacement. Mais en lisant ces presque 550 commentaires et plus, le temps manque nécessairement pour lire des vrais livres – comme cette excellent histoire culturelle du Thé de Martin Krieger (Tee- eine Kulturgeschichte) qui m’attend.
Le dernier billet de la république des livres « TV : tout pour l’Histoire ! » a jusqu’à présent seulement 12 commentaires. En lisant ce billet + commentaires on est un peu laissé sur sa soif car on aurait bien aimé savoir quand et sur quelle chaine ces productions de télévision seront montrés. Eh bien maintenant je peux donc retourner chez « Martin Krieger » et son histoire du Thé. En fait en complément de mon dernier billet «L‘ Allemagne fatiguée de son hiver » je voulais écrire un billet « un pays sans printemps » – car en effet dans la Forêt Noire de mon enfance – après les long mois de neige on se retrouvait d‘ un coup entre fin avril et mi mai en pleine été sans véritable printemps – mais vue la grisaille rhénane et le vent frais disparu des commentaires de la républiques des livres se sera pour une autre fois. Notons qu’à Grünstadt les premières Perce-neige font leur apparition.
Sources :
Krieger, Martin (2009): Tee – eine Kulturgeschichte . Böhlau Verlag Köln, ISBN 978-3-412-20427-3
L‘ Allemagne est fatiguée de son hiver -relativement long et dur – pendant presque cinq semaines la plus grande partie de l’Allemagne a été recouverte d’un manteau de neige. Phénomène assez rare qui remonte à l’hiver 1978-79. Le DWD (Deutscher Wetterdienst = Météo national allemand) résume dans une info presse pour Janvier 2010 – „Ganz Deutschland unter geschlossener Schneedecke„.
Les premières neiges à Grünstadt sont apparues durant la nuit du 12-13.12.2009 et après quelques petites périodes de redoux, la neige est réellement réapparue fin décembre pour couvrir les vignes et villages de l’Unterhaardt jusqu’à la nuit du 2 au 3 février. Dans la Unterhaardt cela s’est plutôt bien passé – mais le reste de l’Allemagne, surtout le land de Mecklenburg-Vorpommern souffre énormément de cet hiver. Même ici en Rheinland-Pfalz on a dû fermer beaucoup d’écoles car dans beaucoup d’endroits le ramassage scolaire ne fonctionnait plus.
Est-ce que l’hiver actuel fut vraiment si exceptionnel ? Même si le phénomène que toute l‘ Allemagne du nord au sud, de l‘ ouest à l‘ est soit couvert d‘ un manteau de neige -plus de 4 semaines – est assez rare, je ne crois pas que nous avons vécu en Allemagne un hiver exceptionnel. Je crois plutôt que l’Allemagne a tout simplement pour diverses raisons oublié ce qui signifie un vrai hiver de moyenne Europe (Mitteleuröpäischer Winter). Parfois on a même l’impression qu‘ une grande partie de la société a pris les divers scenarios de réchauffement climatiques pour les années 2020-2050, donc pour les décennies à venir , pour une réalité, et on a tout à fait oublié de se préparer pour de vrais hivers. On pourrait peut être même dire « hier war der Wunsch der Vater des Gedanken » on a pris ses désirs pour des réalités : on préférerait vivre sans hiver, sauf naturellement pour la fameuse « weiße Weihnacht »( Noël sous son blanc manteau).
Personnellement j’ai grandi dans un pays de neige, – et je suis vraiment perplexe de voir à quel point l’Allemagne se laisse paralyser par si peu de neige (voir ici les divers articles publiés par le SPON ; Kälte, Glätte, Schnee – Können wir Winter?; Viel Eis, kein Salz Niedersachsen rät zum Verzicht aufs Autofahren; Eisglatte Straßen – FDP fordert nationale Streusalzreserve ; Luftbrücke – Bundeswehrhubschrauber versorgen Hiddensee mit Lebensmitteln ). Durant mon enfance la Forêt Noire, la Raumschaft Schramberg fut un vrai pays de neige – des hivers qui duraient parfois de début décembre jusqu‘ en avril voire Mai , des masses impressionnantes de neige telles que mon père , natif de Saulgau en Oberschwaben où les hivers sont beaucoup moins enneigés qu’en forêt noire, nous a légué une impressionnante documentation photographique des paysages du Feurenmoos, du Fohrenbühl enneigé , tellement il était impressionné par la quantité de neige dans les alentours de Schramberg . A partir du début des années 1980 les chutes de neige devenaient de plus en plus irrégulières ; un couvert de neige ininterrompu de décembreà avril cela n’a plus existé, je crois, depuis l’hiver 1985/86 .Dans ce pays de neige , on vivait avec la neige (et on y vit encore) on se préparait, on prenait ses précautions. Le long des routes exposées au vent on construisait en automne de longues grilles de congères car on savait bien que le vent peut rendre une route même avec un couvert neigeux assez mince impraticable en une ou deux heures , ou même moins. Ce savoir apparemment a été oublie dans ¾ de l’Allemagne.
Même ici à Grünstadt il y a eu des routes devenues impraticables par des congères – même si nous n’avons jamais eu plus de 20 cm de neige dans les environs de Grünstadt. A force de parler toujours de scénarios de changements climatiques, de réchauffement planétaire, j’ai bien l’impression qu‘ on a tout simplement oublié la réalité d’un hiver banal. Il y a aussi des facteurs aggravants :durant les années 1969,70 et même encore dans les années 1980, une partie du trafic marchandises était encore assurée par les chemins de fer en Allemagne – le trafic marchandise régional aujourd’hui est exclusivement assuré par la route en Allemagne (voir aussi St. Genis – Pouilly à bientôt) avec pour effet que si un seul camion se met en travers ,rien ne va plus ,et les routes sont coupées pendant des heures. Durant 4 semaines on pouvait dans les radios trafics entendre les litanies – wg. Querstehender LKW gesperrt – Route coupée à cause de camions en travers. C’est aussi une des conséquences d’une politique de transport « tout-camion » – un prix à payer durant un vrai hiver européen.
En ce qui concerne les changements climatiques, on peut constater que la durée du couvert neigeux a certainement diminué durant les dernières deux décennies. Un très bon exemple pour ce fait est le « Weihnachtstauwetter ou Weihnachtsdepression » qui affecte une grande partie de la moyenne Europe. En moyenne 7 sur 10 hivers sont concernés par ce phénomène qui fait fondre une grande partie des neiges en décembre – et ce phénomène et responsable que la weiße Weihnacht (noël dite blanche = paysage de noël couvert de neige) est un événement assez rare en Allemagne. La Forêt Noire connaissait naturellement aussi le phénomène du « Weihnachtstauwetter » mais avec une couverture moyenne de 50 – 100 cm de neige, les 30 à 40 centimètres qui fondait pendant le Weihnachtstauwetter n’avaient aucune conséquence pour les paysages hivernaux. De nos temps la couverture neigeuse de décembre n’atteint souvent même pas les 40 à 50 centimètres et disparaît donc logiquement entre Noel et la St. Sylvestre. C’est la un signe incontestable d’un changement climatique.
Mais tout ne semble pas lié aux changements climatiques. J’avais longtemps cru savoir que le téléski du Fohrenbühl a dû être fermé pour cause de manque de neige dû aux changements climatiques durant les années 1990. Le Fohrenbühl qui fut aussi l’endroit où je pris mes premiers cours de ski il y a plus 40 ans, et que j’ai déjà décrit brièvement dans la notice géo gastronomique « une forêt noire étoilée ». Effectivement un des scenarios courants pour le tourisme d‘ hiver et les changements climatiques pour les deutsche Mittelgebirge prévoit que dans un proche futur le couvert neigeux nécessaire pour le « tourisme de ski » va faire défaut et mettre l‘ industrie du tourisme d‘ hiver en péril, – les « climatologues-scénaristes » ne partagent pas tous cet avis pessimiste (pour plus de matériel online , voir ; Folgen des Klimawandels für den Wintersport im Mittelgebirge; IfL Nationalatlas: Klimawandel ; Klimawandel und Wintersport in Mittelgebirgen ; Klimawandel im Schwarzwald und an der Nordsee) mais c’est en tous cas l‘ avis prédominant de la récherche climatologique appliquée en Allemagne. Donc jusqu‘ au 15 janvier 2010, je croyais que la fin du téléski du Fohrenbühl était due aux conséquences des changements climatiques, au « global warming ».
Du 15 au 17. Janvier je tenais mon séminaire annuel « Global Change » auquel la presse locale, en occurrence le Schwarzwälder Bote, consacra même un petit article « Wie wirkt sich der weltweite Klimawechsel im Schwarzwald aus? ». Pendant ce séminaire, j‘ ai appris par des sources locales – que la fermeture du téléski du Fohrenbühl (Fohrenbühllift) n‘ avait rien à voir avec des problèmes d‘ enneigement et changements climatiques, mais est dû à des problèmes de bail entre les propriétaires du téléski et les propriétaires des pistes de ski – et que le lift (téléski) de Tennenbronn à quelques kilomètres de là et qui se situait à une altitude inferieure fonctionnait encore bel et bien. (Voire aussi les articles dans le Schwarzwälder Bote Tennenbronner Skilift in Betrieb & Der Schnee kann auch ein Vergnügen sein ? In Tennenbronn sind die Wintersportbedingungen optimal). En regardant la carte des « certitude de neige » du IFL (Schneesicherheit) se basant sur des données de 1980- 1999 ou voit que 60 – 80 jours de neige avec plus de 10 cm de couverture neigeuse y sont données pour la région entre Schramberg – St. Georgen. Donc assez de couverture neigeuse pour exploiter convenablement un téléski. Naturellement exploiter un téléski dans un tel environnement n’est certainement pas une mine d’or – mais cela peut fonctionner. Donc des simples disputes ont sonné le glas du „Fohrenbühllift“ – pas le réchauffement climatiques comme on aurait pu le croire. On aurait tellement aimé raconter l’histoire de la fin du Fohrenbühllift – le téléski du Fohrenbühl une des premiers victimes du réchauffement planétaire ….. mais hélas les réalités sont beaucoup moins spectaculaires.
Je ne sais pas si l‘ hiver en Allemagne va encore perdurer et a quel point cet hiver particulièrement rigoureux et surtout particulièrement inattendu pour une grande partie de la société allemande va encore perturber la vie quotidienne de beaucoup d’Allemands, même le monde a récemment consacré une petit note à cet hiver particulier « La neige paralyse les transports dans le nord-est de l’Allemagne » , mais au moins dans la vallée du Rhin, le fameux Oberrheingraben, la neige a disparu et dans les espaces vert de l‘ université de Karlsruhe je viens de découvrir le jeudi 4.2.2010 les premiers Hellébore d’hiver (Eranthis hyemalis ) ou en langue populaire les roses de noël, les fameux Winterlinge en fleur. En plus les premières cigognes vient d’arriver en Palatinat (Die Rheinpfalz 6.2.2010) – le printemps s‘ s’annonce timidement l’Allemagne fatigué par cinq semaines de neige pourra enfin reprendre son souffle.
Mercredi 6.1.2010 jour de l’épiphanie je viens de lire l’intéressant reportage de Francis Gouge« Baiersbronn, refuge de restaurants étoilés au cœur de la Forêt-Noire » sur Baiersbronn, haut-lieux gastronomique allemand. Baiersbronn peut certainement être considéré comme le centre géographique de la gastronomie allemande – et l’envoyé spécial du Monde Francis Gouge nous décrit merveilleusement les noms célèbres, la Schwarzwaldstube de la Traube à Tonbach, le restaurant Bareiss à l’Hôtel Bareiss et le Schloßberg à l‘ Hotel Sackmann – mais l’envoyé spécial du monde se trompe certainement en écrivant que Baiersbronn est le refuge de restaurant étoilés. Francis Gouge aurait peut dû regarder un plus attentivement les cartes du guide Michelin « Deutschland 201 1910- 2010 100 Jahre » et il aurait certainement remarque que le Forêt Noire est la région naturelle allemande avec la plus forte concentration d’étoiles Michelin (Michelin Editions de Voyage 2009) – il y en a une quinzaine . Et ne parlons pas de Bib Gourmand, – la moyenne Forêt Noire (mittlerer Schwarzwald) a même droit à un carre séparé dans la carte des Bib Gourmand ou se trouve la petite somme d’une quarantaine de Bib Gourmand. La concentration des table étoilée à Baiersbronn n’est donc pas tombée du ciel, – mais ceci est dû aussi entre autre à l’héritage d’une longue et riche tradition gastronomique qu’on trouve dans beaucoup de vallées de la Forêt noire. Durant mes temps d’assistant à l’Université de Mannheim avec l’aide de Michelin Deutschland, qui nous avait donné je crois 20 années d’anciens guides gastronomiques Michelin pour l’étude, nous nous sommes (moi et quelques étudiants en géostatistiques) mis ensemble pour essayer d‘ expliquer par des méthodes de géostatistiques la forte concentration des maisons étoilées en Forêt Noire et en Bade. Ceci en essayant de tester l’hypothèse d‘ une relation entre « terroirs catholiques avec traditions vigneronnes » et forte concentration en restaurants gastronomiques dans les diverses régions naturels allemandes. C’était surtout la tradition vigneronne qui avait une forte valeur explicative – les anciennes confessions de territoires étaient par contre moins significatives – nous avions fait l’étude pour toute l’Allemagne – surtout à cause du Altwürrtemberg protestant – qui est d‘ une part une région vinicole ancienne et aussi une région gastronomique de premier lieu en Allemagne (8 maisons étoilées). Comme région vinicole nous ne considérions pas les régions où on cultive actuellement la vigne, – mais les régions dans lesquelles il y avait une tradition du vin et de la vigne entre 18ème- 20ème siècle- donc des régions viticoles soit disant historiques. Dans beaucoup de ces régions pratiquant la vigne et le vin, les vignobles ont disparu depuis à cause des changements socio-économiques, du phylloxera, etc. Donc durant le 19ème siècle le vignoble montait encore la Vallée de la Kinzig et de la Schiltach jusque à Schramberg, les vignobles du Neckar montaient jusqu‘ à Rottweil. Ici et là on trouve encore des vestiges de ce vignoble dans les jardins des fermes de la vallée de la Kinzig. Concernant les vignobles historiques du Württemberg, Christine Krämer (2006) aujourd’hui‘ hui copropriétaire de la Weinhandlung Bernd Kreis à Stuttgart a publié sa thèse de doctorat sur l’histoire des cépages du Wurtemberg du moyen âge au 19 siècle, – un livre à recommander à toute personne désirant en savoir un peu plus sur la riche histoire vinicole de cette partie de l’Allemagne du Sud.
Revenons à la géographie gastronomique de la Forêt Noire. A part les restaurants étoilés et les restaurant bib gourmands il y en Forêt Noire presque dans chaque village une auberge (Gaststube), un restaurant où on peut souvent à un prix très modique déguster de très bons repas gastronomiques. En plus, – il y le « Wirtschaften » « Vesperstuben » : une espèce d’Auberge très simple ,en voie de disparation ; à part une vesperplatte, un « Wurstsalat » – et la « Metzelsuppe » de l’automne ,on peut aussi goûter aux Schnaps de tradition locale comme le Rossler issue de Topinambour ou le Zibärtle issue de la distillation de la Zibarte – une prune sauvage ou demi-sauvage (Prunus domestica subsp. Prisca) de la Forêt Noire. Les Wirtschaften ou les Bauernwirtschaften de la Forêt Noire sont une espèce en voie de disparition ce ne sont certes pas des hauts lieux de la gastronomie ,mais avec un peu de chance on peut encore y retrouver un peu l’authenticité de la vie rurale de la Forêt Noire en goutant un Speckvesper avec un bon Schnaps.
Revenons à la bonne gastronomie rurale, qu’ont peut retrouver presque dans chaque village de la forêt noire (et des paysage limitrophes). Ces maisons n’ont pas l’aspiration de se voir attribuer un bib gourmand (et ne parlons pas de macarons Michelin) la plupart d’elle ne se retrouve même pas dans le guide Michelin, sauf exception comme le Landhaus Lauble (Hornberg) au Fohrenbühl. Comme il m’est impossible de faire une sélection des nombreux « Schwarzwälder Landgasthäuser » dans l’entière forêt noire, – je m’arrêterai simplement pour une petite visite au Fohrenbühl.
Le Fohrenbühl est un Col en Forêt Noire entre Schramberg et Hornberg où on trouve 4 Landgasthäuser, : le Landhaus Lauble, le Landgasthaus Schwanen, le Höhengasthof Adler, le Gedächtnishaus Fohrenbühl – et pas loin du Fohrenbühl on trouve à la Sommerecke encore le Naturfreundehaus du même nom qui a encore un véritable caractère d’une simple « Wirtschaft ». Le Fohrenbühl est connu dans une grande partie de la Forêt Noire pour ses lumières (pour les lumières du Fohrenbühl voire aussi le billet Mannemer Dreck (en all.)), surtout ses lumières hivernales – car quand les vallées de la Kinzig sont inondées pas les brouillards hivernaux, le soleil d’hiver baigne les paysage de neige du Fohrenbühl dans une lumière argentée. Dans les 4 Landgasthäuser du Fohrenbühl le Landhaus Lauble, le Schwanen, le Adler, le Gedächntishaus Fohrenbühl on peut trouver des très bons menu gastronomiques – en plus les chefs des 4 lieux proposent tous les vendredis un menu gastronomique commun (voir Schlemmen & Spazieren).
D’un point de vue touristique c’est certainement le Turm comme on dit dans la Raumschaft Schramberg pour le Gedächtnishaus Fohrenbühl qui vaut déjà le voyage. Le Gedächtnishaus Turm fut construit en 1923 sur la base de la vieille Turmhütte du Mooswaldkopf en hommage aux morts du Schwarzwaldverein du Württemberg („Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein“) (Architecte = Paul Bonatz). En montant la Tour en pierre du Gedächnishaus (par bon temps) on a une vue splendide sur les Vosges, les Alpes et le Jura souabe (Schwäbische Alb). Trônant magnifiquement sur la mer des forêts – le Gedächntnishaus est surtout un lieu calme – les chambres du Gedächntnishaus on été récemment rénovées – pour tout être en quête de solitude et de repos – quelques journées passées au Turm dans la mer des Sapins – peuvent être un véritable délice. La nuit, – il n’y a que les bruit des cimes des sapins remue par les vents qui résonne.
Personnellement, quant je suis en moyenne foret noire pour des raisons professionnelles – je préfère passer mes nuits au Adler . Il y un point d’accès pour réseaux sans fil au Adler (WLAN), l’en ai simplement besoin pour travailler – et en plus l’accueil par la famille Moosmann est très chaleureux. Notons, ce qui est certainement important pour le lecteur francophone que Michaela Moosmann et son époux Harti parlent un peu français, de plus si je me souviens bien les Moosmann proposent même une carte écrite en français.
Je finis ainsi ce billet, – Baiersbronn est certainement le centre gastronomique de l’Allemagne avec ces 7 étoiles et deux bib gourmands – mais cette « pléiade de restaurants étoilés » est aussi le résultat d‘ une forte tradition gastronomique des Landgasthöfe en Forêt Noire – il ne faudrait pas l‘ oublier – car c’est en greffant sur cette souche que les nombreuses maisons étoiléeq de la Forêt Noire, à Baiersbronn, Bad Griesbach-Peterstal, Gernsbach, Saasbachwalden, Durbach etc. ont pu se développer !
Krämer, Christine (2006) : Rebsorten in Württemberg. Herkünfte, Einführung, Verbreitung und die Qualität der Weine vom Spätmittelalter bis ins 19. Jahrhundert. Tübingen (Jan Thorbecke Verlag). ISBN 978-3-7995-5507-4
Michelin Editions des Voyages (2009) : Deutschland 2010. 1910-2010 100 Jahre. Karlsruhe. ISBN 978-2-06-714677-8
Christophe Neff, Grünstadt le 7.1.2010
P.S. : Malheureusement les résultats de cette étude géostatistique entre facteurs environnementales, facteurs socio-historiques et répartition géographiques des restaurants étoilés (ou muni d’un Bib Gourmand) en Allemagne n’ont jamais été publiés ! Il faudrait peut- être avec 15 ans de recul, recommencer l’analyse avec un outil géostatistique plus sophistiqué, pour voir quels facteurs pourraient de nos jours expliquer la répartition géographique des étoiles Michelin en Allemagne.