Blognotice 4.1.2011

Toujours l‘ hiver et  la neige à  Grünstadt et dans la Unterhaardt. Il a même fait très froid dernièrement – la Rheinpfalz (29.12.2010) nous parle de – 22,2 C (24,7) dans le nuit du 25 au 26.12.2010 à Friedelsheim où les vignes ont commencé à geler. Depuis le 29.11.2010 un manteau de neige couvre Grünstadt, la Unterhaardt et le Linage. Nous avons eu quelques périodes de redoux, – mais ces périodes de redoux n’ont jamais suffi à  faire fondre toute la neige. La prochaine période de redoux nous est annoncée pour Jeudi le 6.01.2011 – jour de l’épiphanie. A voir si cette période de redoux sera assez longue et assez douce pour faire disparaître la couverture de neige de la Unterhaardt. Peut – être, mais habituellement la période des grands froids arrive plutôt vers la fin janvier et début  février.

Froid et neige, il n’y en a pas seulement eu ici dans la vallée du Rhin mais aussi sur les rivages du sud de la méditerranée, il fait froid en Algérie et en Tunisie ; j’en parlais dans ma blognotice du 20.12.2010. ,mais derrière le froid et la neige se cachent de véritables tragédies. Les événements de fin de décembre à Jendouba qui ont fait venir du monde sur le blog paysages – ont été, je le suppose, les manifestations de solidarité à Jendouba pour Mohamed Bouazizi qui a tenté de mettre fin à ses jours par immolation à Sidi Bouzid. Combien de désespoir se cache derrière ce geste ! Oui le froid et la neige dans le Djebel cachent beaucoup de désespoir. Ici en Allemagne on est tellement occupé par l’hiver et la neige que les événements de  Sidi Bouzid n’ont trouvé aucun reflet dans les medias. Même le remaniement ministériel qui suivit les événements de Sidi Bouzid est passé quasiment inaperçu dans le paysage médiatique allemand.

Pour finir – comme je parle de paysage médiatique allemand – dans le dernier Spiegel (1/2011) on trouve une très belle critique « Vorsicht mit Urgoßmutter » signée Romain Leick de la traduction allemande du « Portrait » de Pierre Assouline. Pierre Assouline qui nous est présenté comme auteur (Schriftsteller), Kritiker (Critique), Biograf (biographe) – fait parler le portrait de Betty de Rothschild – « Er läßt das Gemälde sprechen, Bettys Seele ist in ihr Bild gewandert, von der Leinwand herab erzählt sie, sich an die Vergangenheit ihres erfüllten Lebens nachsichtig erinnernd und das Treiben der Gegenwart scharfsinnig beobachtend ». Le critique de Romain Leik donne envie de lire le Portrait (en version française) – et je dirais avec le temps la traduction allemande – pour comparer l’original et la traduction de Maja Ueberle Pfaff.  Traduction et Traducteurs (les passeurs) qui ont toujours leur place dans la république des livres. Pour finir , comme la République des livres nous parle d’un père manquant dans  « La déchirante lettre à une ombre d’Héctor Abad »  , j’aimerais signaler un livre qui nous raconte aussi l’histoire d’un père manquant : « Apostoloff » de Sibylle Lewitscharoff. Pour ce livre Lewitscharoff fut récompensée en 2009 par le « Preis der Leipziger Buchmesse ». Un livre qui joue à Stuttgart Degerloch et en Bulgarie. C’est aussi un portrait d’une Bulgarie inconnue. Le livre de Lewitscharoff nous dévoile un paysage inconnu et nous rappelle un paysage de dialecte de langue allemande en voie de disparation – le Herrgottzack et le Heilandzack – qui connait encore ses deux expression archaïques souabes ? C’est dans ce langage souabe que je grandis dans la Raumschaft Schramberg: Stuttgart était la capitale économique  et Tübingen « Hauptstadt des Geistes » le centre intellectuel du Württemberg  et la Bulgarie un pays inconnu derrière le « eiserne Vorhang », le rideau de fer. Apostoloff mériterait sûrement d’être traduit en français – mais comment traduire le « Herrgottzack » et le « Heilandzack »?

Sources citées :

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau – Mittwoch 29. Dezember 2010: Frostschäden in Pfälzer Weinbergen

Leick, Romain (2011): Vorsicht mit Urgroßmutter ! Literaturkritik: Pierre Assouline historischer Roman über Baronin Betty de Rothschild. In: Der Spiegel 1/2011, p. 114.

Lewitscharoff, Sybille (2010): Apostoloff. Suhrkamp Taschenbuch 4180, Frankfurt am Main, ISBN 978-3-518-46180-8

Christophe Neff, Grünstadt le 4.1.2011

Blognotice 20.12.2010: partout de la neige – en France, en Allemagne et même à Jendouba en Tunisie

Chamaerops humilis couvert de neige Grünstadt 17.12.2010
le doum de Grünstadt couvert par la neige de decembre 2010

Le « Doum » (Chamaerops humilis) de Grünstadt couvert par les neiges de décembre 2010 © C. Neff 17.12.2010

Pendant que la neige couvre une bonne partie de l‘ Europe, semant souvent le chaos , – surtout en Allemagne où il y  a eu des scènes tumultueuses  à  l’aéroport de Francfort  – mes craintes formulées dans mon dernier billet concernant la situation en Cote d‘ Ivoire sont malheureusement en train de devenir une triste réalité.  Mais ici en Europe c’est surtout la neige qui semble nous couper le souffle. Aéroports partiellement bloques, Autoroutes fermées  pour cause de camions bloquant la chaussée – et en Allemagne même les chemins de Fer ont de grandes difficultés à maintenir le trafic.  On pourrait croire que nous avions perdu tout simplement l’habitude d’un hiver normal comme les hivers de mon enfance en Forêt Noire.  A en croire les  commentaires de presse (en Allemagne et en France) on pourrait croire que nous sommes en face d’un véritable «Jahrhundertwinter – Hiver du siècle» – mais cela montre à quel point la mémoire collective est d’assez courte durée. Le dernier hiver assez long et relativement rude pour l’Allemagne ne date pas d’une vingtaine d’années – mais ce fut tout simplement le dernier hiver – l’hiver 2009-2010 – j’avais même écrit un petit billet sur cet hiver – l’Allemagne fatiguée de son hiver . Quelques mois d’été passent et tout est oublié. En ce qui concerne les Autoroutes bloquées par de longues  files de camions, nos sociétés payent le prix du choix d’une société « tout camion » – et en ce qui concerne les difficultés des trains de la DB-Ag je me demande pourquoi les trains de mon enfance  durant les hivers souvent  plus rudes que ce que vivions en ce moment  circulaient sans grands problèmes. Mais pendant cette période là- les aiguilles étaient encore chauffées pendant les hivers et il y avait aussi assez de personnel et de chasse-neiges à  socs et rotatives pour faire circuler les trains pendant les périodes de fortes chutes de neige. Naturellement dans une société « 100% camion » on n‘ a naturellement plus besoin de telles précautions.  Mais quand la neige arrive on paie l’addition. En moyenne Europe un hiver avec de la neige est tout à fait normal et n’a rien d’anodin.

Et tout cela va surement  empirer  avec les « Super Camions » – les fameux Jumbolaster  ou Gigalaster– qui seront testés à  partir de l’année prochaine en Allemagne.  Il n’y a pas seulement de la neige en Europe en ce moment. Le blog paysages a subit un véritable assaut de visites  grâce à l’article « De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka ».  En observant ce rush vers ce billet – je me suis dit – il neige sûrement en Kroumirie en ce moment. Eh bien, oui, c‘ est ainsi – j‘ ai trouvé une dépêche de Agence Tunis Afrique Presse datée du 16.12.2010 « Jendouba sous la neige » – où  on lis – je cite « JENDOUBA, 16 déc. 2010 (TAP) – La quantité de neige tombée, au cours des dernières 24 heures, sur les hauteurs de Ghardimaou, Balta Bouaouan et Fernana dans le gouvernorat de Jendouba est de 15 à 20 cm. » 20 cm c‘ est un peu plus qu’à Grünstadt en ce moment.

Les neiges tombent et sous leur blanc manteau le paysage devient silencieux. Très silencieux même sur  certains événement – nous apprenons tant sur les révélations de wikileaks – mais quel  silence sur l’éviction de Éric Fottorino du directoire du Monde.  Ici et là quelques révélations ou réactions  – mais jusqu’à  présent je n’ai pas reçu une explication cohérente de l’événement. Les abonnés du Monde, les lecteurs du Monde, tous les lecteurs du Monde, ont  le droit de savoir – de recevoir une explication cohérente pour comprendre ce qu’il se passe au sein  de leurs journal. Je ne juge pas ,mais on aimerait tout  simplement comprendre. Actuellement on a plutôt le sentiment que ce changement à la tète du Monde se perd sous le neiges hivernales.

A titre personnel  j‘ appréciais  les éditos de Fottorino – dernièrement  L’amour de soi et la haine des autres – c‘ était je crois son dernier éditos avant la révocation datant du mercredi 15.12.2010. En plus, j‘ ai beaucoup aimé  son avant dernier livre «L’Homme qui m’aimait tout bas »  qui nous parle, comme je le fais ici dans cette petite notice sur les paysages tunisiens, parfois sur les paysages de Tunisie- et quelle  coïncidence le 15.12.2010 le jour de la révocation de Éric Fottorino le blog «Enfin livre » – blog littéraire de Nicole Volle nous présente une très belle et chaleureuse critique du livre « L’Homme qui m’aimait tout bas »  dont je cite la phrase concernant les paysages tunisiens « De  sa Tunisie natale, il avait gardé le teint mat et l’amour du soleil, une certaine nostalgie aussi. ».

Et comme je parlais de voyage dans mon dernier billet – un voyage que j’aimerais bien faire – et cela en dehors de toute  considérations professionnelle , c’est de revoir cette  magnifique forêt de Kroumirie, de Chêne Zeen, de Chêne liège – et visiter le parc national de El Feija – parc national que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter. Par manque de photo de la Kroumirie couvert de manteau neigeux j’ai présenté comme photo d’introduction notre Chamaerops humilis  – le doum de Grünstadt – couvert de neige. Pour les petits palmiers de chine (Trachycarpus fortunei) je ne crains pas trop – mais lui, le palmier nain – un vrai palmier méditerranéen, va-t-il survivre à  cet hiver ? Dans les anciens textes phytosociologiques  on nous présentait le palmier nain comme l’espèce thermomediterranéenne  typique ne supportant guerre les fortes gelées, mais de nos jours la littérature horticole nous donne  d’autres  données. Albano écrit dans son livre sur la culture des palmiers «D’une façon générale, les premiers dégâts sur le feuilles sont observés entre – 9 C. et – 12 C, mais certaines plantes sont capables de supporter des gels brefs de – 15. (Albano 2002, 132) ».  Dans « Winterharte Palmen », la véritable bible pour les amoureux de palmier de pleine terre en Moyenne Europe de Stähler & Spanner on trouve – 10 à – 13 C. (Stähler & Spanner 2007 155).  Jusqu’àprésent  le thermomètre ici à Grünstadt et la Unterhaardt n‘ est pas encore descendu en dessous de  – 10.

Photo © C.Neff: Le « Doum » (Chamaerops humilis) de Grünstadt couvert par les neiges de décembre 2010 © C. Neff 17.12.2010

Livres et sources citées :

Agence Tunis Afrique  Presse 16.12.2010 « Jendouba sous la neige »

Albano, P.-O. (2002) : La connaissance des palmiers. Culture et utilisation. Les principales espèces utiles et ornementales pour jardins tempérés et tropicaux. Aix – en-  Provence, EDISUD, ISBN 2-85744-0303-5

Fottorino, Éric (2009) : L‘ Homme qui m‘ aimait tout bas. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-012463-3

Stähler, M, Spanner, T.W. (2007) : Winterharte Palmen. In Mitteleuropa erfolgreich auspflanzen, pflegen und überwintern. Medemia Verlag Berlin, ISBN 978-3-940033-01-7

Christophe Neff, Grünstadt le 20.12.2010

Quelques mots sur le reportage „la route australe“ d’Emilio Pacull dans l’émission Thalassa du vendredi 26.11.2010

Même si l’émission est passée sur l’écran il y a maintenant déjà plus d’une semaine je consacre quelques mots  à ce beau reportage de Emilio Pacull sur la Carretera Austral. Par mes obligations professionnelles je suis obligé de voyager beaucoup, et je serais prêt à travailler dans la plupart des pays, sauf dans les pays où je juge que le régime politique est vraiment inadmissible du point de vue de leur « gestion des droits de l’homme » comme par exemple actuellement l’Iran ou la Corée du Nord – et naturellement les pays qui sont simplement trop dangereux comme en ce moment la Somalie etc. Donc voyage professionnel  pour ce que le « Dienstherr » ou le « Drittmittelprojektgeber »  finance. Pour mes voyages privés je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. J’aime l’Allemagne, la France, la Suisse & Mitteleuropa – le monde méditerranéen – le mare nostrum – der altweltliche Mittelmeerraum dans le sens large incluant aussi le Portugal et les iles macaronésiennes mais en dehors de cela je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. Peut être que j‘ aimerais  refaire le voyage que j’ai fait comme étudiant à travers la Cote d‘ Ivoire en hiver-printemps 1990 – mais j‘ aimerais refaire ce voyage à travers ces magnifiques paysages de forêts et de savannes dans un pays démocratique et libre où les vieux démons de l‘ Afrique ne seraient qu‘ un malheureux souvenir lointain. Vu les actuels événements à Abidjan, – l’auto proclamation de Laurent Gbagbo comme président de la République de la Côte d‘ Ivoire – je crains vraiment le pire pour ce pays que j’ai connu étant la perle de Afrique de l’Ouest.

Un des voyage de j’aimerais bien faire en dehors de toute obligation professionnelle – c’est la Carretera austral – la route australe qui traverse la Patagonie chilienne du Nord au Sud. Naturellement je sais que la route australe a été un des projets phare du gouvernement de Pinochet. J’ai grandi dans un environnement de vieille tradition de gauche et dans notre demeure famille du Lärchenweg à Schramberg figurait en bonne place dans le salon un tableau de Uwe Rettkowski  en mémoire de Salvadore Allende. Le 11. Septembre 1973, j’avais juste 9 ans, m’avait terriblement marqué.  Cela m’avait tellement marqué  que 14 ans plus tard pendant mes études de géographie à Mannheim je me suis inscrit dans un séminaire de Ludwig Spielmann sur le putsch de Pinochet et les années Pinochet. Je me suis même mis à apprendre l’espagnol pour pouvoir lire les analyses et textes en version originale, car je voulais comprendre pourquoi le héros de mon enfance fut la victime d’un terrible putsch. Mais les plans de la route australe ne date pas des années Pinochet, – l’idée d’une route reliant le Sud du Chili a été déjà débattue durant les années 1950 à ce que je sache. Mais c’est le gouvernement de Pinochet qui réalisa enfin l’idée. Cela rappelle  un peu les Reichsautobahnen qui furent déjà projetées   et même partiellement construites durant la République de Weimar en Allemagne, mais qui fut un des grands succès de la Propagande du 1000 jährige Reich.

Cette  route australe, la nationale 7 chilienne qui traverse la Patagonie chilienne sur près de 1000 km est au centre du  reportage d‘Emilio Pacull de 37 minutes montré  dans l’émission du 26.11.2010 de Thalassa. Cette route, d‘ après ma géographie imaginaire qui se forge sur lectures et reportage & documentations de films, doit traverse un des plus magnifiques paysages du monde. Forêts, fjords, glaciers et volcans longeant les milles kilomètres de cette route à travers la Patagonie chilienne. Mais si on suit le reportage cette route qui amena progrès et civilisation dans cette partie de la Patagonie devient de plus en plus une menace pour ce formidable paysage (barrages hydroélectriques, prolifération des fermes d‘ élevage en mer, réchauffement climatique, changements globaux). Donc il faudrait plutôt faire vite pour réaliser  mon rêve de traverser  la Patagonie chilienne en empruntant la N.7, la ruta siete. Pas seulement la Patagonie chilienne, – mais en fait toute la Patagonie, – qu’elle soit Chilienne ou Argentine.  Donc pour conclure – ce reportage d’Emilio Pacull fut vraiment un des rares bijoux de la télévision publique. Un reportage qui renforçait mon désir de partir un jour en Patagonie pour découvrir ce paysage mystérieux.

« Une des images les plus impressionnantes  des Andes est la formidable ossature granitique du mont Fitz-Roy, en Argentine, semblable à une baleine qui sillonnerait le ciel, son dos ocre et neigeux émergeant des nuages. Les rayons des nuages dorent ses sommets, mais sur une des pentes les plus basses de la montagne, la nuit est tombée. Sa charge dramatique et son sens, cependant, ne viennent pas de l’écrasante puissance de  ce monde naturel, mais, par comparaison, de la fragilité  et de l’insignifiance  de l’être humain, cet invisible habitant d’un minuscule hameau surgissant, comme à la dérobée, au pied de la cordillère cyclopienne, sous la forme d’une trainée de maisons presque indiscernables, qu’on prendrait pour des flocons de neige tombés de la haut. Ce contraste est d’un grand effet plastique ; mais il souligne aussi quel esprit indomptable, quelle volonté de fer et quel héroïsme silencieux il a fallu aux êtres humains pour prendre racines dans les Andes. Et combien la vie, dans certaines régions andines, malgré les progrès de la modernité, demeure un combat  quotidien. » (Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, Chapitre Andes, p. 40)

La route australe – progrès de la modernité – ou menace pour ces magnifiques et fragiles paysages  de la Patagonie ? Je n’ai pas de réponse !

Je ferme les yeux, – et je vois l’ossature de la baleine de Mario Vargas Llosa surgissant des nuages à l’horizon formant un étrange paysage de neige et de roches, comme une montagne magique.

Sources :

Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l‘ Amerique latine. Paris (Plon), ISBN 978-2-259-202258-9.

Christophe Neff, Grünstadt le 5.12.2010

Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate

Tramontane et soleil sont revenus sur les plages de Leucate – la tempête du 10 au 11.10.2010 est presque déjà oubliée. Il y a des voix qui disent que c’était la tempête la plus violente depuis 50 ans. Ils ont la mémoire courte.

blick-auf-den-ponton-von-port-leucate-bei-schwerem-oktobersturm-11102010.1287431981.JPGIl y a eu la tempête du 12 au 13 novembre 1999  qui jeta  le Danube Voyager sur la plage des Coussoules, la tempête du 16 au 17 décembre 1997 où on mesurait des rafales  de vent de 180 km au Cap Leucate. Mais tout cela s’oublie très vite. Le seul événement qui semble s’être  gravé  dans la mémoire collective régionale est l’Aiguat de 1940 dans le Roussillon. Autrement tout souvenir de ces tempêtes et inondations semble avoir disparu de la mémoire collective. Si on considère que de nos jours Wikipedia reproduit dans un certain sens la mémoire collective, on ne sera pas trop surpris que même l’ inondation de Nîmes du 3 octobre 1988 n’ ait pas d’article dans la Wikipedia française,  ni la tempête du 12 au 13 novembre 1999 dans l’ Aude et les départements  avoisinants  qui pourtant  a laissé  un bien  lourd bilan de 19 morts ,l’ histoire du Danube Voyager qui fut jeté sur la plage des Coussoules entre la Franqui et Port la Nouvelle fut seulement une petite parenthèse pittoresque de cet événement tragique oublié de nos jours.  Notons que l’événement du 12-13. Novembre 1999 est aussi le thème du livre remarquable de Freddy Vinet «Géographie des risques. Crues et inondations dans la France méditerranéenne. Les crues torrentielles des 12 et 13. novembre 1999».

Sources :

Vinet, F. (2003) : Géographie des risques. Crues et inondations dans la France méditerranéenne. Les crues torrentielles des 12 et 13. novembre 1999 (Aude, Tarn, Pyrénées – Orientales, Hérault).  Nantes, Editions du Temps. ISBN 2-84274-252- 4.

Photo © Christophe Neff: Le Ponton de Port Leucate pendant la tempête du 11.10.2010 vers 16:18

Christophe Neff, Port Leucate 17.10.2010

Blognotizen 10.10.2010 – zum Literaturnobelpreis 2010 und zum Friedensnobelpreis 2010 –

Mit meiner Vorhersage zum Literaturnobelpreis 2010 „Wer wird den Literaturnobelpreis 2010 verliehen bekommen?“  habe ich voll daneben gelegen. So wie wohl alle Literaturexperten – Literaturexperten und Wettexperten – „ils l’ont dans le baba“ – wie es Pierre Assouline in der Bücherrepublik schön formuliert hat.  Ich bin natürlich kein Literaturexperte, sondern nur ein Blogautor, der ein meist in französischer Sprache verfasstes Blog zu Landschaften und Büchern schreibt. Mit der Vergabe des Literaturnobelpreises 2010 für Mario Vargas Llosa hat das Nobelpreiskomitee ein eindeutiges politisches Zeichen gesetzt, – es ist ein Zeichen für den politischen Autor, für das politische Buch. In Deutschland (und nicht nur dort) ist kaum bekannt, dass Vargas der auch ein regelmäßiger Leser  der französischen Tageszeitung  Le Monde ist   und auch Teile des Jahres in Paris lebt (neben Lima, London, Madrid und New York) -, nicht nur in Spanisch schreibt sondern ab und zu auch Bücher in Französisch verfasst hat bzw. Bücher geschrieben hat die zuerst auf Französisch verlegt wurden, so z.B. –  Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine  –  eine literarische Geographie und Landekunde Lateinamerikas die gleichzeitig auch autobiographische Züge trägt.  Das Buch wurde 2005 von Plon verlegt (ISBN 9782259202589) – und erschien 2006 dann in Spanisch als Diccionario del amante de América Latina (Ediciones Paidos Iberica; Tra edition  ISBN 978-8449319631). Wer sich für die Rezeption von Mario Vargas Llosa in Frankreich interessiert der sollte unbedingt die derzeit  (noch bis 6.11.2010) in der Maison de l‘ Amerique latine in Paris gezeigte Ausstellung „Mario Vargas Llosa. La liberté et la vie“ besuchen. Llosa der ja ca. ein Drittel des Jahres in Paris lebt ist in Frankreich ein bekannter Schriftsteller, – der auch schon vor der Bekanntgabe des Literaturnobelpreises im literarischen und intellektuellen Leben Frankreichs mitmischte  und sich Gehör verschaffte.  In diesem Sinne, weise ich die francophonen Leser meines Blogs auf ein Interview von Mario Vargas Lllosa im Blog „Mauvais Esprit“ des Le Monde Journalisten Frédéric Joignot über die französische Identitätskrise anlässlich des Französischen Neins zum Vertrag von Lissabon. Die Kurzversion des Interviews erschien im Le Monde Magazine 8/2005. Für die Spanisch lesenden Leser des Paysagesbloges erlaube ich mir noch den Hinweis auf die lesenswerte Sonderausgabe von EL Pais  – Mario Vargas Llosa Nobel de Literatura.

Mit der Vergabe des Friedensnobelpreis an Liu Xiaobo hat das Nobelpreiskomite für den Friedensnobelpreis auch ein wichtiges Zeichen gesetzt. Vor fast einem Jahr schrieb ich ein kleines Billet über Literatur und Meinungsfreiheit in China „Quelques réflexions sur l’invité d’honneur de la Buchmesse 2009 à Frankfurt“ anlässlich der letztjährigen Buchmesse, damals im Jahr 2009 war China und die chinesische Literatur Gast der Buchmesse. Soweit ich das beurteilen kann,  hat sich seit Oktober 2009 die Lage der Meinungsfreiheit in China kaum merklich gebessert.

Christophe Neff, Port Leucate le 10.10.2010

Wer wird den Literaturnobelpreis 2010 verliehen bekommen?

Einen Tag bevor der Literaturnobelpreisträger 2009 bekannt gegeben wurde hatte ich « Le Nobel à Herta Müller ? Der Literaturnobelpreis für Herta Müller ?“ gepostet und damit einen Volltrefer gelandet, wobei ich mich im wesentlichen auf die Bücherrepublik von Pierre Assouline, den Literary saloon und meinen eigenen literarischen Instinkt verlassen hatte. Im engsten Freundeskreis hatte ich vor dem Beginn des Blogzeitalters „Vorraussagen zu literarischen Preisen“ getätigt, und dabei auch eine beachtliche Trefferqoute erzielt, sodass ich mich heute Abend nochmals an einer „Vorhersage“ versuchen möchte. Wenn man dem Literary saloon von heute und gestern glauben mag, dann haben Cormac Mc Carthy und Ngugi wa Thiong’o die größten Chancen den Nobelpreis für Literatur 2010 verliehen zu bekommen. Auch wenn die Wetten bei Ladbrokes eher für Cormac Mc Carthy sprechen, – hält M.A.Orthofer Ngugi wa Thiong’o für den Favoriten, wobei Orthofer auch noch den Namen Péter Nádas ins Spiel bringt. Pierre Assouline’s Bücherrepublik hat gestern ein kleines Billet mit dem Titel „Le Nobel à Ngugi ?“ gepostet – und damit auch schon eigentlich alles gesagt. Wobei Assouline darauf hinweist, daß soweit Ngugi wa Thiong’o wirklich den Nobelpreis bekommen sollte, man den „Nobelpreis fürs literarische Blog“ (wortwörtlich le nobel du blog) an Michael Orthofer verleihen müsste, denn dieser hatte ja wiegesagt schon letztes Jahr mit großer Präzision die Verleihung des Literaturnobelpreises 2009 für Herta Müller vorhergesagt. Abschließend will ich mich selbst an eine Vorhersage für den Literaturnobelpreis 2010 wagen, – nach allem was ich gelesen habe glaube ich, dass Cormac Mc Carthy und Ngugi wa Thiong’o beide sehr große Chancen haben, – wobei ich glaube, dass letztendlich dann das Pendel für die afrikanische Literatur also Ngugi wa Thiong’o ausschlagen wird. Aus ähnlichem Grund (afrikanische Literatur), – glaube ich, dass Assia Djebar auch gewisse Chancen auf den Preis haben dürfte. Zwar dürfte es doch recht unwahrscheinlich sein, daß Djebar den Preis gewinnt, aber falls es doch so wäre, dann wäre das auch ein schönes und hoffnungsvolles Zeichen für das francophone Afrika und für die Francophonie. Ich bin sowieso davon überzeugt, dass die Zukunft der französischen Sprache & Literatur u.a. irgendwo zwischen Dakar, Abidjan und Kinshasa im Herzen Afrikas vergraben liegt.

Was den Literaturnobelpreis 2010 betrifft, – morgen Nachmittag – da werden wir mehr wissen !

 

Christophe Neff, Grünstadt le 6.10.2010 (21:55 heure de Grünstadt)

 

P.S. (7.10.2010 13:02): Der Nobelpreis2010 geht tatsächlich an Mario Vargas Llosa !“The Nobel Prize in Literature 2010 was awarded to Mario Vargas Llosa „for his cartography of structures of power and his trenchant images of the individual’s resistance, revolt, and defeat“. Der Nobelpreis für Literatur 2010 geht an Mario Vargas Llosa “ für seine Katrographie der Struckturen der Macht und seine messerscharf schneidenden Bilder des individuellen Widerstandes, der Revolte und der Niederlage” (Übers. C.Neff Englisches Original = Presseverlautbarung des Nobelpreiskomitees ).

 

 

Les premières neiges de l‘hiver 2010-2011 sur le Feldberg

On pourrait croire qu’en écrivant dans mon dernier billet les phrases suivantes – « Avec les nuages bas, les brouillards des hauteurs sont déchirés par les premières bourrasques des tempêtes venues de l’ouest cela doit être déjà très automnal. Dans les sombres hauteurs de la Forêt Noire les premiers flocons de neige ne doivent pas être très loin. » – on pourrait croire que je puisse sentir la neige. Eh bien la neige est bien arrivée le matin du lundi 30.8.2010 sur le sommet du Feldberg en Forêt Noire. Le Spon a même saisi ce phénomène météorologique assez exceptionnel pour consacrer une note spéciale à cet été qui fut particulièrement arrosé (pluvieux) en Allemagne. Le mois d’aout 2010 fut l’aout le plus humide depuis l’installation des séries climatologiques en 1881. Le SPON se base sur les donnés du DWD et nous donne une moyenne de 157 mm de précipitations pour ce mois d’aout 2010.

Fait aussi exceptionnel que ces aléas météorologiques, lisant assez régulièrement la république des livres ,j’avais posté un petit commentaire dans le billet sur « „Walden“, une Bible pour les seuls écologistes ? » : « Très beau billet qui donne envie de lire Walden. Merci d’avoir aussi pensé aux traducteurs, les fameux passeurs d’une hémisphère linguistique à l’autre. Mais quel intérêt de lire la version françaises et pas la v.o. en anglais ? « On a juste envie de (re)lire Walden, de préférence dans cette édition désormais car elle apporte un supplément d’âme » – est ce qu‘ il y a vraiment un supplément d’âme dans cette nouvelle édition française – préface ou annexe n’existant pas dans la v.o. ? La postface succinte mais éclairante de Michel Granger peut – être ? « (Commentaire de cneffpaysages 28.8.2010 19 :58) – et j’ai même reçu une petite réponse de Pierre Assouline qui normalement ne réagit que de façon très éphémère aux commentaires sur son blog. « Cneff paysages, Vous vous demandez quel intérêt de lire cette édition plutôt que la V.O. ? J’en vois un, assez évident, pour tous ceux qui ne lisent pas l’anglais du tout ou suffisamment bien. » (Commentaire de Passouline le 28.08.2010 23.50). Supposant que ce ne soit pas un troll qui abuse de Passouline – je me suis un peu réjoui de recevoir un feed-back pour mon commentaire. Il faut dire que la question de la langue de lecture me traque depuis des décennies, je lis couramment 5 peut être 6 langues – mes en fait quand je suis fatigué je n’en lis que deux – l’allemand et le français. Et quand je suis très fatigué après des heures de travail passées à la lecture d’articles scientifiques ,le soir, il m’arrive facilement de ne lire ni en allemand ni en français car mes yeux sont trop fatigués tout simplement après tant de lecture et de travail devant un écran. Le centre de gravité des discussions sur la RDL se déplace vers le dernier livre de Michel Houellebecq « la carte et le territoire ». En Allemagne nous n’avons pas Michel Houellebecq mais nous avons Thilo Sarrazin – qui fait scandale avec son nouveau livre « Deutschland schafft sich ab : Wie wir unser Land aufs Spiel setzen »-tellement scandale que la SPD aimerait bien se débarrasser de Sarrazin – et la Bundesbank aussi aimerait bien se débarrasser de Sarrazin si seulement elle pourrait ! Sarrazin actuellement avec ou sans neige sur le Feldberg , le livre de Sarrazin Deutschland schafft sich ab est le grand scandale de la rentrée 2010 en Allemagne.

Photo:  Les horloges des clochers de St. Martin et St. Peter parfaitement synchronisés. © C.Neff

Christophe Neff, Grünstadt le 31.8.2010

Vue depuis Grünstadt – Cathleen, le Kommissär Hunkeler et la voix de Hölderlin

Beaucoup d’orages et de pluies cet été.  Pendant que je lisais le nouveau roman policier de Hansjörg Schneider «Hunkeler und die Augen des Ödipus» Cathleen ravageait une partie de l’Allemagne, – surtout la région de Münster.  Même ici, dans le Leiningerland, il y a eu des dégâts considérables, – une route entière fut emportée par un glissement de terrain à Neuleiningen  (Die Rheinpfalz Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010) – et  la sortie de l‘ Autoroute (BAB 6 ) à Grünstadt fut submergée par les pluies d‘ orages du 26 au 27.8.2010.

A Grünstadt et dans l’Unterhaardt l’orage débuta  le jeudi  26.8.2010 vers 23.00 pour se terminer  le vendredi  après- midi 27.8.2010 vers 18 :00.  Parfois quelques  lueurs de soleil – et l’orage reprenait. Dans ces rares heures de soleil on a parfois l’impression de se trouver sur les Açores. Mais la pluie et l’orage reviennent beaucoup plus vite qu’aux Azores. On a plus souvent l’impression de se trouver au début d’un automne précoce.  J’ai une amie qui fait le Westweg à travers la forêt noire en ce moment, on y annonce des températures maximales en dessous les 10 dégrés.  Avec les nuages bas, les brouillards des hauteurs sont déchirés par les premières bourrasques des tempêtes venues de l’ouest cela  doit être déjà très automnal. Dans les sombres hauteurs de la Forêt Noire les premiers flocons de neige ne doivent pas être très loin.

Ici dans le Sud de l’Allemagne on a bien l’impression que nous sommes au début d’un automne précoce.

„Mit gelben Birnen hänget

Und voll mit wilden Rosen

Das Land in den See,

Ihr holden Schwäne,

Und trunken von Küssen

Tunkt ihr das Haupt

Ins heilignüchterne Wasser »

Weh mir, wo nehm‘ ich, wenn

Es Winter ist, die Blumen, und wo

Den Sonnenschein,

Und Schatten der Erde?

Die Mauern stehn

Sprachlos und kalt, im Winde

Klirren die Fahnen. .

buchdeckel-hunkeler-und-die-augen-des-odipus.1283098634.JPGC’est «Hälfte des Lebens» un poème d’automne de Hölderlin. Je l’ai  redécouvert en lisant le dernier roman policier de Hansjörg Schneider « Hunkeler und die Augen des Ödipus ». Le dernier roman sorti de la série des «Kömmissär Hunkeler». Un roman plein de citations, un peu de Brecht, mais surtout du Hölderlin.  Un roman qui joue dans le milieu du théâtre à Bâle , sur les quais du port de Bâle, et naturellement, comme si souvent chez Hunkeler ,cela se passe dans le Sundgau avoisinant. Même si dans ce Hunkeler le Sundgau ne joue plus le rôle qu’il jouait dans les autres Hunkeler, on peut aussi  découvrir les paysages du Sundgau avec ce roman-ci.  Oui, les romans de Hunkeler sont une vraie initiation à  la géographie, aux paysages du Sundgau – et parfois même aux  moments les plus sombres de l’histoire franco-allemande.  Dans «Hunkeler und der Fall Livius » Schneider fait ressurgir le souvenir  du massacre de Ballersdorf, un épisode tragique de la deuxième guerre mondiale, presque oublié, sauf peut être dans le Sundgau et à Ballersdorf. Je me demande pourquoi les « Kommissär Hunkeler » n’ont été pas encore traduits en français. La description de la nature, des paysages, des villages et même des brasseries, auberges et restaurants du Sundgau mériteraient déjà une traduction en français.  Donc dans ce dernier « Hunkeler » un peu moins de paysages du Sundgau, mais beaucoup d’atmosphère de quais, de port et de théâtre. Hunkeler est parti en retraite et nous apprenons qu’il rêve d‘ une retraire paisible, d‘ un bateau péniche pour faire les fleuves et canaux français. Peut être nous pourrions rencontrer  Hunkeler comme « détective privé » – il y aura certainement un public de lecteurs attentifs.

Même si les critiques ne sont pas unanimes en Allemagne (p.ex. ici dans le Kulturspiegel), j’ai lu le roman avec beaucoup de plaisir. Et quoi de  plus beau que d‘ entendre la voix du messager (du König Ödipus) faire résonner sur la Unterhaardt et la plaine du Rhin par temps de gros orage les mots de Sophocle traduits par Hölderlin, Hölderlin Passeur (pour utiliser l‘ expression de P. Assouline pour les traducteurs littéraires)  de Sophocle pour les pays de langue allemande :

Die goldnen Nadeln riß er vom Gewand,

Mit denen sie geschmückt war, tat es auf

Und stach ins Helle seiner Augen sich und sprach,

So ungefähr, es sei, damit er sie nicht säh

Und was er leid und was er schlimm getan,

Damit in Finsternis er anderer in Zukunft,

Die er nicht sehen dürft, ansichtig werden mög

Und denen er bekannt sei, unbekannt.

Und so frohlockend stieß er öfters, einmal nicht,

Die Wimpern haltend, und die blutigen

Augäpfel färbten ihm den Bart, und Tropfen nicht,

Als wie von Mord vergossen, rieselten, sondern schwarz

Vergossen ward das Blut, ein Hagelregen.

Aus einem Paare kam’s, kein einzeln Übel,

Ein Übel zusammen erzeugt von Mann und Weib.

Ihr alter Reichtum, wahrhaft war’s vor diesem

Ein Reichtum. Aber jetzt, an diesem Tage,

Geseufz und Irr und Tod und Schmach, so viel

Von allen Übeln Namen sind, es fehlet keins.

Livres et sources cités:

Schneider, Hansjörg (2009):Hunkeler und der Fall Livius. Bastei Lübbe, ISBN 978-3-404-15983-3 (Taschenbuchversion)

Schneider, Hansjörg (2010): Hunkeler und die Augen des Ödipus. Diogenes Verlag Zürich. ISBN 978-3-257-0661-3

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010 : Unwetter: Erdrutsch in Neuleinigen.

La citation du König Ödipus dans la version traduite par Friedrich Hölderlin provient du site „Projekt Gutenberg.De„. Même chose pour le poème «Hälfte des Lebens».

Christophe Neff, Grünstadt le 29.8.2010

Retour à Grünstadt – le carillon de Sankt Martin reste muet – et autres potpourris des vacances d’été 2010 passées à Port Leucate

Après deux semaines de vacances familiales à Port Leucate, retour à Grünstadt où je découvre que le carillon de l’église protestante St. Martin est encore muet. En fait, un coup de foudre avait eu raison d’un des rares carillons du palatinat le 6. Juin 2010. Depuis, les habitants de Grünstadt attendent la réparation du carillon avec impatience, – mais la communauté protestante de Grünstadt doit d‘ abord se consacrer à réparer la toiture de l’église qui a souffert de la tempête Xynthia. Mais le jour viendra, une fois la toiture réparée, où on pourra  s’attaquer à la réparation du carillon de Grünstadt. Peut être l’automne entendra de nouveau le son du carillon. En fait j’avais cru pendant les deux semaines de vacances sur les rives de la méditerranée que le carillon de Grünstadt serait réparé pendant cette période de vacances – et  que,de retour à Grünstadt, j’aurais pu à nouveau entendre le son familier du carillon qui baigne cette petite ville du palatinat dans un paysage de sons. Reste le bruit de l’autoroute qui par vent du Sud envahit la ville – et qui donne au paysages des notes plutôt désagréables.

Les vacances familiales à Port Leucate se sont bien passées. Beau temps, beaucoup de tramontane – deux orages – et parfois des Canadairs rechargeant leur réservoir d’eau dans l’étang de Leucate (De très belles photos de Canadairs rechargeant leur réservoirs d’eau se trouvent  dans le billet Des canadairs pour Eric Woerth du blog le chasse-clou ). Pas de grands incendies de forêts dans les environs, sauf l’incendie dans le massif de la Clape . Vent, soleil et plage – et parfois des services de taxis pour la famille – pour les leçons de planches à voile, stage de cheval, courses à Perpignan. Petit sortie vers Port la Nouvelle faire voir les bateaux de commerce et les chemins  de fers portuaires aux enfants. Cela me rappelle ma propre enfance – quand mon grand père Jean Migliori m’emmenait sur le port du Rhin à Strasbourg voir les grands chalands rhénans – ou m’amenait à la gare de la Franqui chercher ou déposer la famille qui venait en train à Leucate – car Port Leucate c’est une vielle histoire de famille qui débuta en 1968. Souvent c’était l’Oncle Jean Pierre qui arrivait en train – c’est lui qui me donna le goût de la lecture de la vie du rail que je lis encore de nos jours. Les installations ferroviaires de la gare de Leucate étaient plus importantes que de nos jours – deux voies d’évitement ,qui donne 4 voies, plusieurs voies de garage – et jusqu’en 1973 les locomotives à vapeur – les braves américaines, les 141 R. Mais tout cela est une histoire d’un autre temps.

Ces vacances d’été à Port Leucate se composèrent de quelques sorties qu’on ne trouve guère dans les guides. Croisières avec la belle Aude entre le Barcarès et Collioure. Ce petit voyage en mer  (très houleux par temps de forte tramontane ) fait découvrir une rare partie de la côte languedocienne pas encore complètement bétonnée – la partie entre l’embouchure de l’Agly et du Têt.

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Autrefois royaume du Bordigou – on se demande combien de temps cette partie du littoral résistera à la littoralisation, la  californisation, au bétonnage tout court.  Autres visites qui ne se trouvent dans aucun guide : les chemins de la liberté dans la vallée de la Baillaury à Banyuls , ou le mémorial Walter Benjamin à Port Bou en Espagne. Peut être en parlerai-je dans un autre billet ultérieurement.

St. Jacques – der helige Jacobus – Namenspatron von St. Jacques de Port Leucate, photographiert bei der Fête de Saint Jacques, – erster Jahrestag der consecration von St. Jacques de Port Leucate/ Jacques – Saint Jacques – Patron de St Jacques de Port Leucate, photographié lors de la Fête de Saint Jacques, – premier anniversaire de la consécration de St Jacques de Port Leucate, © Christophe Neff, 25.07.2010

Une chose qui m’a particulièrement plû pendant ces vacances – c’était le premier anniversaire  de la consécration de l’église St. Jacques de Port Leucate en présence de l’évêque Alain Planet. St. Jacques de Port Leucate est une église dont l‘ architecture qui me plaît particulièrement bien  – et dont je parlais  déjà  ici : Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009)   et ici  « St. Jacques de Port de Leucate – au clair de la lune de mai 2010 ». Surtout l’ensemble carillon, nefs de l’église – et les vergers d’olivier -forment un paysage très spécifique. Notons aussi puisque nous parlons de carillon que le Carillon de St. Jacques de Port Leucate est un des rares carillons dans le midi méditerranéen.

Pas beaucoup de temps de lecture. Quelques chapitres dans Luc Guerre « Leucate – histoire de mon village » – livre dont je parlai un peu dans « Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village »  – et lecture très intensive de „La France a un problème avec la Bible“ dans la RDL – J‘ aurais bien aimer avoir le temps de lire « Les cornes de Moïse. Faire entrer la Bible dans l’histoire » – car La France a un problème avec la Bible m’a beaucoup donné envie de lire ce livre. Mais jusqu’à présent je n’ai pas encore  eu l’occasion de le faire.

Lecture : cela fut pendant les vacances la lecture du monde version papier – et même si je suis abonné à la version électronique -J’aime bien lire pendant les périodes de temps la version traditionnelle sur  papier du Monde. Je pense que le Monde devrait même pour ses lecteurs à l’étranger proposer  un abonnement version électronique + Version Week End élargie contenant le monde du vendredi + le monde des livres, le Monde du Samedi + le  Monde Magazine  + le Monde du Dimanche. Peut être le jour viendra-t-il  où les services d’abonnement du Monde proposeront une telle version d’abonnement pour ses fidèles  lecteurs vivant hors du territoire français.

Je fus ému, attristé et choqué par la fin tragique et brutale de Michel Germaneau. Michel Germaneau essayait de faire parvenir de l’aide humanitaire dans un des pays les plus pauvres de la planète : le Niger,  qui une fois de plus menacé par une famine. Au moins peut être les quelques observateurs politiques qui s’intéressent encore à l‘ Afrique noire francophone comprendront-ils  que le « Sahel » pourrait devenir la nouvelle proie d’Al Quida ?

Mais c’est grâce à la lecture intensive du Monde version papier traditionnelle  durant mes deux semaines de vacances à Port Leucate  que je découvre une France de plus en plus dans le doute, sans réel repère républicain, un gouvernement ébranlé par les scandales (Karachi, Bettencourt), qui cherche son salut dans un discours que je qualifierais de « pseudo-sécuritaire »  et de « bouc émissaire ». Pseudo -sécuritaire car la déchéance potentielle de la nationalité pour les « Intensivstrafttäter » issus de l’immigration – les concernés s’en moquent totalement ,ils vivent déjà dans un autre univers.  Cela ne résoudra certainement pas le problème de l’insécurité grandissant dans les grandes agglomérations urbaines , qui sera certainement un des grands défis pour les grandes démocraties européennes – car c’est un problème européen, problème qui est aussi en train de s’élargir en Allemagne.

Le succès du livre de la défunte juge pour adolescents Kirsten Heisig « Das Ende de Geduld – Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter » – le livre s’empara de la sortie de la première édition la premier place de la Spiegel Bestsellerliste  (Spiegel Bestellerliste 32/10 Hardcover). Le problème défie nos sociétés et malheureusement les solutions simples n’existent pas.  L‘ objectif  primaire de cette campagne publicitaire – car c‘ est ainsi que je la perçois- a été largement atteint :  le gouvernement gagne quelques points favorables dans l‘ opinion publique (voire les résultats de divers sondages), les affaires Bettencourt & Karachi tombent presque dans l‘ oubli médiatique ( voir aussi  le commentaire de  TKT  du 10.8.2010 23 :07 dans Pour saluer Tony Judt  de la RDL   «Avez vous remarqué que les propos de Grenoble de N. Sarkozy et le surenchérissement d’Hortefeux, ont fait taire les médias sur l’affaire Bettencourt-Bettencourt? Les médias ont besoin d’un sujet du jour, il faut bien vendre, c’est légitime. Je préférais le haro sur Woerth, que les propos débiles, peut-être même dangereux, sur la nationalité qui se retirerait comme on retire une couette.  «) l’affaire est gagnée. Mais l’insécurité dans les banlieues chaudes ne changera pas d’un jota. Comme je l‘ ait déjà écrit dans « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) » ,si ,en particulier en France, on ne trouve pas bientôt des réponses au problème de l’insécurité dans les banlieues – nous risquerons bientôt de nous trouver en face de situation mexicaine , où la drogue et la violence sèment la gangrène  surtout les classes moyennes. Malheureusement ni le gouvernement de Monsieur Sarkozy ni l’opposition de gauche en France (même situation en Allemagne) ne se sont lancés dans une vraie discussion de fonds, une vraie recherche de solution valable et praticable sur le terrain.  Peut -être devrait-on  conseiller  à  l’oreille et la plume de Monsieur Sarkozy Henri Guaino à condition qu’il maîtrise l’allemand la lecture « das Ende der Geduld ».

Mais ce que j‘ ai aussi découvert en revenant de mes vacances, que ce virage « pseudo-sécuritaire », cette direction et la vitesse qu’elle a pris  suggère qu‘ on voudrait bien doubler le FN sur certaines positions pour gagner quelques voix électorales de plus – ceci n‘ a provoqué dans les medias allemands aucune réaction, à l‘ exception d‘ un commentaire très engagé de Gerow von Randow   «Sarkozy rückt mit repressiver Rhetorik nach rechts » -.  Ma réponse à ce vide médiatique concernant la dérive « pseudo-sécuritaire » de la politique intérieure française en Allemagne est le sujet du billet  « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) – òu j‘ ai  inclus le titre de l‘ éditorial du New York Times du  5.8.2010 – éditorial que j‘ approuvé à 100 % ! Ajoutons que Stefan Simons du Spiegel publiait aujourd’hui (13.8) un commentaire intéressant sur les événements de la politique intérieure française sous le titre « Sommertheater à la Sarkozy »  – et Simons a bien raison – il s‘ agit vraiment d‘ un vraie « Sommertheater » !

Il me reste quelque jours de paisibles vacances à Grünstadt, – si le soleil veut bien revenir il me reste encore du temps pour quelques randonnées en Forêt Noire, sur le Haardtrand, – quelques lectures ,  les deux derniers billets de la RDL «On peut aimer deux pères » sur le nouveau livre d‘ Eric Fottorino et     « pour saluer Tony Judt »  un billet de nécrologie sur Tony Judt  m‘ ont particulièrement bien plu.  Dans ce contexte le lecteur maîtrisant l’allemand découvrira l’interview de Tony Judt avec Jörg Lau  « Wir brauchen eine ethische Weltsicht »  de la Zeit – cet interview fut enregistré quelques jours avant le décès de Tony Judt.

Et peut- être trouverai-je aussi le temps et le repos nécessaire pour pouvoir enfin lire un livre entier.  La lecture de « l’homme qui m’aimait tous bas » de Eric Fottorino durant mon long congé de maladie après mon accident de mai 2009 m’avait particulièrement bien plu – et la lecture de «  On peut aimer deux pères  m’a donné aussi envie de lire « Questions à mon père ».  Notons que ce fut cet accident de mai 2009 – et la longue période de reconvalescence qui donna naissance à ce blog (les dépêches du grand bouleau )- et après tout jusqu’à présent le blog (et son auteur) se portent bien.

Jeudi prochain , c’est  la rentrée pour l’auteur du blog paysages . finis les temps libres de lectures et de l’écriture de longs billet de blogs. Après la rentrée, le carillon de la Martinskirche de Grünstadt résonnera -t- il peut -être à  nouveau dans les rues et ruelles de Grünstadt, sur les vignobles et paysages de la Unterhaardt.

Livres et sources cités :

Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3

Heisig, Kirsten (2010) : Das Ende der Geduld. Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter. Freiburg (Herder), ISBN 978-3-451-30204-6

Photos – tous © C.Neff :

1.) Panneau „chemins de la liberté“ dans la vallée de la Baillaury (Banyuls) 29.07.2010.

2.) St. Jacques à Port Leucate (Eglise Saint Jacques de Port Leucate) 25.07.2010.

Christophe Neff,  Grünstadt le 13.8.2010

P.S. (13.8.2010 13:39): Ce Post Scriptum pour signaler le petit billet de blog «Retour aux fondamentaux » d’Alain Juppé, que j’ai découvert grâce à l’article « Alain Juppé critique le virage sécuritaire de la majorité » du Monde.fr. . Des propos très bien argumentées – qui pourrait enfin un peu calmer les esprits et d’entamer une vraie discussion de fond sur l’insécurité.

Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village

Durant la saison d’été (2010) il y a trois journées de marché  à Leucate Village. Les dimanche, mardi et vendredi matin durant l’été sous la statue de Françoise de Cezelly et dans la rue de l‘ église nous trouvons un marché méditerranéen bien animé et bien fréquenté. Quel contraste avec l’image décrite dans Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009). Je ne sais pas comment on définit la saison d’été à Leucate – (15.7 – 30.8 ? )  – mais pendant  cette période estivale le marché de Leucate mérite certainement la visite.

Luc guerre -leucate - histoire de mon village Buchdeckel VorderseiteOn y trouve les produits du terroir, produits bios, fromages et charcuteries locales et régionales.  Les cafés sur la place de la république ont leurs terrasses ouvertes, la petite place de marché  sous le regard de  Françoise de Cezelly est pleine de vie. La libraire Adamus pleine à craquer.  Dans cette librairie pleine à craquer j’ai aussi par hasard trouvé le premier volume  1. Karl de la trilogie de BD de Arroyo–Hiron « le paquebot des sables ».  Notons en passant que l’article Le Paquebot des sables (bande dessinée) de wikipedia.fr mériterait une révision complète car le contenu est plutôt maigre. Dans la librairie Adamus on trouve aussi une petite histoire de Leucate écrite par Luc Guerre. Le livre de Luc Guerre (Leucate – Histoire de mon village) peut être une lecture intéressante pour tout lecteur  vacancier (et autres) intéressé par l’histoire de son lieu de vacances et de villégiature.

Livres cités :

Arroyo-Hiron (2004) : Le paquebot des sables. 1. Karl. Joker Editions, Bruxelles, ISBN 2-87265-267-1

Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3

Christophe Neff 29.7.2010