Aout 2023: vacances, pluies, soleil et livres

Aout, – le mois des Grandes vacances! Je vais profiter des vacances pour enfin essayer, –  de « délester » un peu ma bibliothèque ! Comme je suis en possession d’une liseuse Tolino depuis quelques mois, j’essaie donc de plus en plus lire des « livres numériques », – mais naturellement il m’arrive de temps en temps d’acheter et lire des « livres traditionnelles » en papier[1]! Et comme il pleut énormément depuis des semaines,- les nappes phréatiques du Oberrheingraben ont certainement dû se recharger assez facilement  – je pense que je pourrais enfin un peu « vider les lieux ». Pendant les rares apparitions du soleil je fais un peu de train spotting – et comme je n’aurais pas l’occasion de voir la mer ou simplement une plage de lac ou d’un fleuve – je me suis rapproché de la mer et des plages par la lecture du livre « Éloge de la plage » – un véritable «Strandbuch/livre de plage » écrit par Grégory le Floch. J’avais découvert le livre par la critique de Virginie François dans le Monde des livres[2].

J’ai d’ailleurs lu le livre, après l’avoir acheté à libraire « à livre ouvert » chez « Willy Hahn » à Wissembourg, en version traditionnel en papier.  J’avais pensé de donner/prêter le livre à la « famille » ou des amis comme lecture estivale,-  et pour cela le livre numérique n’est pas trop adapté ! Si par hasard j’aurais toute la place du Monde pour ranger tous mes livres, je n’aurai certainement pas acheté une « liseuse » ! Concernant le livre de Grégory Le Floch, je dirai simplement, que c’était une belle lecture estivale qui m’a bien rapproché un peu à la mer, que je n’aurais certainement pas l’occasion de la côtoyer pendant ces vacances ! J’ai particulièrement aimé le chapitre «  faire renaitre les plages d’Ukraine » –  et naturellement la fin – car je retrouve l’œuvre de Thomas Mann. Etrange coïncidence, avant d’entamer « L’Éloge de la plage » je venais juste finir la lecture du livre impressionnant de  Volker Weidermann sur Thomas Mann et la Mer « Mann vom Meer. Thomas Mann und die Liebe seines Lebens (non traduit) (Homme de la mer – Thomas Mann et l’amour de sa vie), – un essai sublime sur l’œuvre de Thomas et la mer, qui mériterait surement une traduction en français ! Et pour continuer, – pour le lecteur de plages & rivages – le livre de Menget Lucas « Nages Libres », que j’ai lu pendant mes derniers « grandes » vacances en aout 2022[3] – est certainement aussi une lecture estivale à déguster !

Comme le décrit merveilleusement Olivier Rolin dans « vider les lieux » – se séparer d’une partie de ses livres, – cela réveille de souvenirs. C’est ainsi que je suis tombé sur le petit livre de Philippe de Baleine « le petit train de la brousse » que j’avais acheté en 1989 à la librairie de France à Abidjan. Le livre décrit un voyage en train en Afrique francophone, en occurrence la fameuse ligne de chemin de fer Abidjan à Ouagadougou, tout simplement le Abidjan-Niger , – à laquelle Clive Lamming vient de consacrer un billet de blog sous le titre « L’Abidjan-Niger : Niamey attend toujours son train. ».

Dans ce petit livre de poche, – qui a parcouru les forêts de la région de Man, le mont Tonkoui dans mes « poches » on retrouve même encore la fiche libraire de la librairie de France d’Abidjan de 1989 que j’avais oubliée de retirer et de renvoyer à Abidjan ! Ce livre, plein de souvenirs, – car c’est en Afrique francophone entre Abidjan et les montagnes de Man pour ainsi dire que j’avais commencé ma carrière de « géographe de terrain & universitaire»  – il ne partira surement pas dans une « Librairie de livres anciens et d’occasion » dénommé « Antiquariat » en allemand ! Et même si mon parcours professionnel a pris un autre chemin, – depuis ce séjour en Côte d’Ivoire et même avant – je suis avec attention les « évènements » en Afrique francophone » ! Dans ce contexte je n’étais pas trop surpris par le pronunciamiento[4] de Niamey au Niger du 26 juillet 2023 !

En dehors de mes livres, cet été pas de voyages, peut-être si la météo veut un petit séjour dans les Vosges ou en Forêt-Noire. Ce temps que nous avons depuis à peu près mi-juillet, – beaucoup de pluie, – qui permet au nappe phréatiques de la plaine du Rhin de ce recharger, – me rappellent un peu des conditions météorologiques des étés de mon enfance en Forêt-Noire. Il pleuvait beaucoup, – de voir un ciel bleu, limpide en pleine été sans craindre un prochain orage était plutôt rare ! Ces étés pluvieux étaient surement aussi un des facteurs de la rue vers le Sud[5] des vacanciers Allemands (Belges, Hollandais et c’est surement aussi valable pour les vacanciers du  Nord-est de la France) durant les années 1970, 1980 ….….

Et comme je ne voyagerai pas, ou presque pas comme en 2022[6], pendant ce vacances d’été je lis le blog de voyage de Vivian Pons « Viviane Voyage… Écrire le monde » que j’ai découvert via Mastodon ! Un blog de voyage qui est présent sur la toile depuis 2005, ce qui est vraiment remarquable, car comme je l’ai déjà décrit l’ère « d’or » des blogs et de la blogosphère est certainement déjà dépasse depuis longtemps, éditer régulièrement un blog cela appartient en réalité déjà un peu au « passé », fait déjà partie de l’histoire contemporaine  ! Donc je découvre par la plume de Vivian Pons les paysages, les ours, les aigles, les Wapiti de « Yurok Country » sur la côte pacifique du Nord de la Californie !

Et naturellement j’essaierai de finir la lecture de « Pour une juste cause » de Vassili Grossman. Mes cours reprennent le vendredi 25 aout, – et j’aimerais bien finir ce grand ouvrage de Grossman dans la traduction de Luba Jurgenson avant ma rentrée ! Et peut-être commencer à relire le Docteur Jivago dans la nouvelle traduction d’Hélène Henry [7]!

Bibliographie :

Baleine, Philippe de (1985) : le petit train de la brousse. Paris, © Librairie Plon, 1982, presses pocket 1985, ISBN 2-266-01654-7

Le Floch, Grégory (2023) : Éloge de la plage, Paris, © Éditions Payot & Rivages, Paris 2023, ISBN 978-2-7436-5993-6

Grossman, Vassili ; Jurgenson, Luba (traduction)  (2023) : Pour une juste cause. Traduit du russe par Luba Jurgenson.. Édition établie et préfacée par Luba Jurgenson. Postface de Robert Hugh Chandler. Paris, За правое дело (For a just cause), © Ekaterina Vasilyevna Korotkova et Yelena Fedoronvna Kozhichkina, 2019, Postface © Robert Hugh Chandler, pour la traduction français © Calmann-Levy 2023, ISBN 978-2-7021-8035-8

Menget, Lucas (2022): Nages Libres. Paris, Éditions des Equateurs, ISBN 978-2-3828-4334-5

Pasternak, Boris: Herny, Hélène (trad.)(2023): Le Docteur Jivago. Nouvelle traduction. Roman. Traduction du russe, note et postface d’Hélène Henry. Éditions Gallimard, 4 mai 2023, Paris. ISBN 978-2-07-292533-7

Rolin, Olivier (2022) : Vider les lieux. Paris, © Éditions Gallimard, ISBN 978-2-07-284499-7

Weidermann, Volker (2023) : Mann vom Meer. Thomas Mann und die Liebe seines Lebens. © 2023, Verlag Kiepenheuer & Witsch, Köln, ISBN 978-3-462-30394-0 (epub)

Photo: © Christophe Neff 05.08.2023, Gare de Lauterbourg les X73908 et X73906 filent vers Strasbourg.

Christophe Neff, aout 2023, publié le 13.08.2023


[1] Voir : « Une liseuse „Tolino“ pour délester ma bibliothèque » et « « Willy Hahn – Aïcha et les 40 lecteurs – Scènes d’une vie de libraire » notices de lecture, voyages et souvenirs d’un habitué de la librairie « à Livre ouvert » à Wissembourg ».

[2] Voir: Le Monde des livres – Récits francophones « « Eloge de la plage » : Grégory Le Floch en bordure du monde. L’écrivain dit tout le bien qu’il pense des rivages sableux, de leur histoire et de leur sensualité. Par Virginie François(Collaboratrice du « Monde des livres »). Publié le 30 juillet 2023 à 17h00

[3] Voir : « Se ressourcer – auftanken, – über versteckte Orte in der Zeit vom 14. Juli 2022 – und andere Ferne und Nahe „Aufladestationen“ ».

[4] Coup d’etat militaire, voir aussi Pronunciamiento dans la wiki.fr!

[5] Italie, Espagne, le Midi de la France

[6] Voir: « Paysages d’été – pays de Gex, Genève et autres paysages d’été (Aout 2022) »

[7] Voir aussi : « « Le Docteur Jivago » : retrouver la musique de Pasternak. Une nouvelle traduction du chef-d’œuvre de l’écrivain soviétique paraît enfin. On le redécouvre, au-delà des péripéties qu’a connues ce roman dans les années 1950. Par Elena Balzamo(Collaboratrice du « Monde des livres »). Publié le 08 juillet 2023 à 20h00, modifié le 10 juillet 2023 à 10h05.

Au jardin avec le pasteur Oberlin  – sur les traces de Jean Fréderic Oberlin 

Mercredi 5 juillet j’ai fait une sortie avec les étudiants de mon cours de Master « Biotoptypen » sur les traces de pasteur Oberlin – visitant l’exposition des  Archives de la ville et de l’eurométropole de Strasbourg « Au jardin avec le pasteur Oberlin », le Musée Oberlin à Waldersbach – et naturellement les paysages et biotopes du « Ban de la Roche » et de ses environs que le pasteur Oberlin a décrits dans ses « écrits ».  Une des priorités[1] de ce cours fut naturellement  « l’herbier » du Pasteur Oberlin, que l’exposition à Strasbourg ressuscite pour le grand public.

Très belle exposition que met bien en valeur l’herbier d’Oberlin. Notons que les Archives de la ville et de l’eurométropole de Strasbourg ont publié un petit livre qui porte le même titre que l’exposition qui permet d’avoir une approche plus scientifique de l’œuvre naturaliste du pasteur Oberlin[2]. Notons que le livre reproduit quelques planches de l’herbier d’Oberlin dans une qualité d’impression vraiment exceptionnelle !

au Signal de Grendelbruch avec les étudiants en master de la LV Biotopentypen, © Christophe Neff 05.07.2023

Apres avoir visité l’exposition « au jardin avec le pasteur Oberlin » – nous avons consacré le reste de la journée aux paysages & biotopes & forêts entre Grendelbruch, le Champ du Feu, le Col de la Charbonnière et naturellement pour finir le musée Oberlin à Waldersbach.

Hêtraie-sapinière, croisement D.66 – route forestièreu Magelrain , © Christophe Neff 05.07.2023

Sans entrer dans les détails, les étudiants ont découvert les hêtraies-sapinières assez impressionnantes entre Grendelbruch et le Champ du Feu. Et naturellement le site fabuleux du Champ du Feu où nous avons botanisé un peu[3]. J’ai expliqué aux étudiants que le nom « Champ du feu » est assez récent, – et que anciennement le lieu était dénommé « Hochfeld »  -et que cette grande espace ouverte ressemble dans beaucoup d’aspect aux « Grinden » et aux « Weidfelder » de la Forêt-noire  qui ont une historie environnementale commune mêlant pâturage et utilisation du feu pour ouvrir le milieu et le maintenir ouvert[4] ! En fait le site du Champ du Feu sensu largo réunit trois quatre types de biotopes  –  les hêtraies-sapinières  et les Hêtraie d’altitude acide, les landes et les tourbières[5]  – et on peut donc montrer une vaste typologie de mosaïques de paysages et de biotopes.

Turquoise sur Knautia arvensis, Champ du feu, © Maria Chalupsky 05.07.2023

Comparé à la Schwarzwaldhochstraße qui longe les « Grinden »  du « Nordschwarzwald » – on a l’impression de baigner dans un bain de silence, – ici et là quelques randonneurs – des naturalistes qui nous montrent leurs  récoltes de  « Myrtilles » et nous racontent leurs vécu d’une rencontre hivernale avec un « loup » dans les environs du Champs du Feu.

Champ du feu 05.07.2023, © Maria Chalupsky 05.07.2023

On a vraiment l’impression d’être immergé dans un autre monde. Nous finissons notre sortie de terrain, avec la visite du Musée Oberlin à Waldersbach.

Entrée de la rèserve biologique Forêt domaniale du Champ du Feu, © Sofía Larrandart 05.07.2023

 Bibliographie:

Beil, Marie; Egiemme, Albane; Jordan, Benoît (Eds) (2021) : Au jardin avec le pasteur Oberlin. exposition, Archives de la ville et de l’eurométropole de Strasbourg, 14 mars – 16 juillet 2023. Strasbourg, Archives Archives de la ville et de l’eurométropole de Strasbourg

Boeuf, Richard (2001) : La lande à Lycopodes du Hochfeld (Bas-Rhin) : quelques éléments essentiels pour la gestion d’un milieu remarquable. Rev. For. Fr. LIII – numéro spécial 2001, page 252- 262

NEFF, C.  BASSING, S., SCHEID, A., JENTSCH, C., FRANGER, S. (2004): Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage –  observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire /Allemagne). (DOI: 10.5445/IR/1000014804) In:., SCHEID, A., NEFF, C., JENTSCH, C (Eds): Flächenextensivierung im Mittleren Schwarzwald. Ergebnisse und Diskussion der in der Raumschaft Schramberg durchgeführten geographischen und landschafts – feuerökologischen Untersuchungen. Materialien zur Geographie, B. 34, Mannheim, 89 – 107. (ISBN 3-923750-92-7).

Photos : Christophe Neff © 05.07.2023, Maria Chalupsky © 05.07.2023 et Sofía Larrandart © 05.07.2023

Scan de la couverture du livre „Au jardin avec le pasteur Oberlin“.

Christophe Neff, Grünstadt 09.07.2023


[1] Concernant les herbiers et la pratique de la botanique de terrain/écologie de terrain  voir aussi le billet « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati » »

[2] L’œuvre naturaliste de Jean Fréderic Oberlin a certainement laissé de traces dans la vie de l’auteur de « paysages » – voir aussi le billet « « Willy Hahn – Aïcha et les 40 lecteurs – Scènes d’une vie de libraire » notices de lecture, voyages et souvenirs d’un habitué de la librairie « à Livre ouvert » à Wissembourg »

[3] Une liste de la flore du champ de feu a été publie récemment par la Société Botanique d’Alsace (2020) : Flore du massif du Champ du Feu et de la Réserve Biologique Domaniale du Champ du Feu (Belmont, Bellefosse et Le Hohwald – Bas-Rhin) Société Botanique d’Alsace, 18 septembre 2020.

[4] Voir aussi Neff, C. et al (2004) : Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage – observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire/Allemagne). In : Scheid, A. (Ed.) : Flächenextensivierung im Mittleren Schwarzwald, p. 89-107. DOI: 10.5445/IR/1000014804.

[5] Boeuf, R. (2001) : La lande à Lycopodes du Hochfeld (Bas-Rhin) : quelques éléments essentiels pour la gestion d’un milieu remarquable. Rev. For. Fr. LIII – numéro spécial 2001, page 252- 262.

Wie einst Maria Chapdelaine in Péribonka: Erinnerungen an Birthe Geitmann’s Zeit  im Lärchenweg in Schramberg – Sulgen – mit Vorwort vom 30.01.2022

Vorwort

Nachfolgenden Text habe ich am 3.6.2021 für den achtzigsten Geburtstag von Birthe Geitmann[1] verfasst. Der Text ist Bestandteil eines Geburtstagsbuches welches die Kinder von Birthe und Roland ihrer Mutter zum achtzigsten Geburtstag geschenkt haben.

Mein Textbeitrag für dieses Geburtstagsbuch ist dieser persönliche Rückblick auf die 1970 er Jahre in Schramberg. Ich habe diesen Text sozusagen in einem „Atemzug“ an Fronleichnam 2021 heruntergeschrieben. Ich habe bei der Familie Geitmann zu Anfang des Jahres 2022 nachgefragt, ob ich den Text auch in meinem Paysagesblog veröffentlich dürfte. Diese Genehmigung liegt inzwischen vor.

Im Text selbst habe ich ein paar kleinere redaktionelle Änderungen vorgenommen. Davon abgesehen, entsprechen Text und die Bilder im Wesentlichen dem im Juni 2021 verfassten Original.

Was mich dazu bewog diesen doch sehr persönlichen und auch subjektiven Text, der gar nicht für eine größere Öffentlichkeit bestimmt war, hier in meinem Blog zu veröffentlichen?

Gute Frage, dies sich nicht so einfach beantworten lässt.

Vielleicht war es ja die Diskussionen um die Wiedereröffnung der Bahnstrecke Schiltach – Schramberg, die mich dazu bewogen haben. Denn die im Text erwähnte Rhododendronblüte im Stadtpark Schramberg war ja der Grund für die letzten Personenzüge die Schramberg erreichten, – Sonderzüge zur Rhododendronblüte.

Es war vielleicht auch die Lektüre des Textes „Nachhaltigkeit und Geographie – Eine autobiographische Notiz[2]“ und hier das Unterkapitel „Entfremdung“– meines Kollegen Hans-Jürgen Böhmer im Oktober 2021, über die Entwicklung des Faches, welches ich studierte, – und in dem auch jetzt noch zuhause bin. Ja, so wie Hans Jürgen Böhmer habe ich auch das Gefühl, dass sich Geographie, Landschaftsökologie, Feldökologie und Geobotanik immer mehr vom „Gelände“ entfernen. „Feldökologen“ alten Schlages, wie ich auch selbst zweifelsohne einer bin, scheinen eine „aussterbende Art“ zu sein[3], oder wie ich es einmal vor Jahren in einem Interview äußerte, ein „Dinosaurier im deutschen Universitätsbetrieb[4]“. Landschaften verändern sich und die Wissenschaft nimmt es oftmals immer weniger wahr.

Der nachfolgende Text entstand ja auch nach einem Geländeaufenthalt in der Raumschaft Schramberg im Schwarzwald im Juni 2021. Im gewissen Sinn auch eine persönliche geographische Rückblende auf die Landschaften in Schramberg und der Raumschaft Schramberg in den 1970ern, frühen 1980 er.

Christophe Neff, Grünstadt den 30.01.2022

Wie einst Maria Chapdelaine in Péribonka: Erinnerungen an Birthe Geitmann’s Zeit  im Lärchenweg in Schramberg – Sulgen[5]

Von Christophe Neff[6] (einem ehemaligen Lärchenwegler)[7]!

Blick auf die Waldbrandfläche Schiltach-Kirchberg. Zustand am 01.06.2021. Waldbrand vom August 2018. Man beachte die blühenden Besenginster.

Die email von „Didi[8]“ erreichte mich wohl gerade auf der Waldbrandfläche „Kirchberg“ in Schiltach. Bemerkt hatte ich es aber erst später, als ich Mittagspause auf dem Fohrenbühl machte. Im Kirchberg kletterte ich mit Studierenden in der Waldbrandfläche vom Waldbrand 2018 herum, weil ich dort für meine letzten Jahre am KIT „Dauerbeobachtungsflächen“ einrichten wollte. Dauerbeobachtungsflächen zur Beobachtung  – oder auf „Neudeutsch“  -Monitoring  der Vegetationsdynamik dieser Waldbrandfläche. Später kam noch der Förster Holger Wöhrle[9] vorbei und wir unterhielten uns darüber, ob ich mit Mitte/Ende Sechzig überhaupt noch in der Lage wäre auf allen vieren zu den „Dauerbeobachtungsflächen“ hinaufzuklettern.  Die Beobachtungsflächen sollten einerseits möglich repräsentativ sein, aber andrerseits auch für nachfolgende „Studierendengenerationen“ und „Wissenschaftler“ wieder auffindbar und ohne „Kletterei“ erreichbar sein. Gar nicht so einfach in einem Steilhang!

Der Verfasser in der Waldbrandfläche Schiltach – Kirchberg bei einer Arbeitspause, 01.06.2021

Später bin ich dann noch nach Schramberg gefahren um ein paar Fotos von der Rhododendronblüte im Stadtpark, der jetzt Park der Zeiten heißt, zu machen. Die „Rhododendronblüte“ im Schramberger Stadtpark, – das war für mich als Kind das Zeichen, dass der Sommer naht, – und die dunkle graue Winterzeit nun endlich zu Ende war. Ja früher gab es ja sogar Sonderzugfahrten zur Rhododendronblüte im Schramberger Stadtpark, – so ein bemerkenswertes Ereignis war das noch Anfang der 1970er Jahre[10]. Ein richtiges Frühjahr, wie man es in der Pfalz kennt, das gab es ja in Schramberg in den 197ern in diesem Sinne gar nicht. Es war ewig Winter, – und dann sozusagen fast schlagartig kurz nach der Rhododendronblüte  Sommer und die Zeit der Gewitter und Unwetter[11]

Rhododendronblüte im Stadtpark Schramberg, 01.06.2021

Anschließend bin ich dann hoch auf den Fohrenbühl zur großen Weidbuche,  um dort Mittagspause zu machen – und dort bemerkte ich die mail von Didi respektive Anja. Hatte ich mich noch vorher auf der Kirchberg Brandfläche darüber unterhalten, ob ich mit Mitte sechzig,  in nicht einmal zehn Jahre noch in der Lage wäre meine Geländearbeiten im Schwarzwald und vor allem auf dem Capelinhos auf den Azoren durchzuführen[12], – so warf mich das Lesen dieser email viele Jahrzehnte zurück in unser Wohnzimmer in den Lärchenweg.

Wahlkampfzeiten ! Es muss wohl 1973 oder 74 gewesen sein – und ab und zu wohnte der „Roland“ bei uns im Lärchenweg – und manchmal kam an den Wochenenden die „Birthe“ auch bei uns vorbei – und spielte auch mit uns, den Neff Kindern. Daran kann ich mich noch erinnern. Eine junge, etwas schüchterne sehr sehr blonde Frau. Ja und dann geschah das „Ungeheuerliche“ – der „Roland“ hatte es tatsächlich geschafft die Wahl zu gewinnen, das schwarze Schramberg  den „Schwarzen“ zu entreißen. Ungeheuerlich weil man in diesem Teil des Schwarzwaldes wie ich früher oft im Scherz sagte „schwarz geboren, schwarz gelebt, und schwarz gestorben“  und die „CDU Herrschaft“ quasi ein inhärenter Landschaftsbestandteil der Raumschaft Schramberg war. Nicht nur in der Raumschaft Schramberg, – der ganze Südweststaat war fest in CDU Hand, – der Ministerpräsident hieß Hans Filbinger –  und ein Ministerpräsident  der nicht von der CDU gestellt wurde – erschien undenkbar – und von den Grünen sprach damals niemand, – denn die gab es noch nicht! Der Südweststaat, das war der CDU Staat in Reinform,  politische Ämter wurde geradezu „weiter vererbt“. Ja und nach gewonnener Wahl zogen die Geitmann’s dann auch in den Lärchenweg, – sie wohnten ein paar hundert Meter weiter östlich von uns, d.h. kurz vor dem Beginn Atriumhäusersiedlung im Lärchenweg[13].

Roland hat in meiner Erinnerung viel in Schramberg bewegt, aber die „Schwarzen“ haben es ihm nicht verziehen, dass er ihnen die „Wahl geraubt hatte“. Die Schramberger Jahre, das  müssen soweit meine Erinnerung, auch sehr harte Jahre für Roland und Birthe gewesen sein. Leserbriefschlachten, Verleumdungen, persönliche Angriffe gegen die Familie, – diese unrühmliche Phalanx gegen die Geitmanns wurden vom Trommelfeuer des Chefredakteur der Lokalausgabe der Schwäbischen Zeitung Julius Viel angeführt. Viele Jahre später stellte sich heraus, dass Viel ein Kriegsverbrecher war, – und er wurde im Ravensburger Kriegsverbrecherprozess zu einer langen Haftstrafe verurteilt. In meiner Erinnerung führten Viel und seine Weggefährten einen regelrechten Kreuzzug gegen Roland und seine Familie.

Das ist natürlich alles schon sehr sehr lange her, – und wahrscheinlich schon längst vergessen. Aber mir hat sich das eingeprägt, weil ich das Ganze als sehr verletzend für Roland und Birthe wahrgenommen habe. Ich habe mich auch damals immer gefragt wie die beiden es schaffen, – diese „bleierne, aggressive ja fast  feindliche Stimmung“ von ihren Kindern fernzuhalten. Irgendwann stand dann die Wiederwahl an, – aber das war nicht mehr zu gewinnen – so ist es dann auch gekommen, – die Schramberger holten sich den Bernd Reichert in den Schwarzwald aber mit dem wurden sie dann erst recht nicht glücklich. Vielen Schramberger wurde eigentlich erst unter „Bernd Reicherts“ Regentschaft klar was, sie an Roland Geitmann hatten, aber da war es schon zu spät. Und irgendwann waren die Geitmanns dann auch weg aus dem Lärchenweg und sind nach Kehl gezogen.

Abgesehen vom gesellschaftlichen Umfeld, – war das Schramberg der 1970er auch eine Welt mit wenig Farben. „Keine Welt ohne Farben“, wie es der Kinderbuchautor Eric Carle einmal beschrieben hat[14], – aber zumindest eine Welt mit wenig Farben. Ein langer oft grauer Winter, – kein nennenswerter Frühling, – in den dunklen Tannenwälder musste man die Farben schon suchen. Farbenfroh waren da vor allem die schon erwähnte Rhododendronblüte im Stadtpark, fast zeitgleich blüht der Besenginster, – und taucht hier und da die Weidfelder in leuchtendes Gelb. Diese gelben Farbtupfer in der Schwarzwaldlandschaft waren ein beliebtes Motiv des Schwarzwaldmalers Wilhelm Kimmich, deshalb wurden ja die gelb blühenden „Besenginsterweidfelder“ zwischen Windkapf, Fohrenbühl und Moosenmättle auch gern als „Kimmichginster“ bezeichnet. Ja und wenn man genau in die Wiesen schaute, – sich an der Blütenfarben orientierte, dann gab es auch hier und da interessante Farbspiele – ich kann mich noch an Trollblumen, Arnika, Wiesenbocksbart und Wiesenschaumkraut  erinnern – die man in den Wiesen in den 1970er rund um Schramberg  noch antreffen konnte, – die man sehen konnte wenn man „sehend  war“.  Ich schreibe sehend, denn ich bin immer wieder erstaunt, wie wenige Studierende bei meinen „feldökologischen Exkursion“ sehen können. Farbnuancen in einer Blumenwiese sehen, – und dann mit dem „Schmeil-Fitschen“ die blühenden Pflanzen bestimmten – das scheint doch eine aussterbende Kunst zu werden. Aber vielleicht braucht man das als angehender Feldökologe unabhängig ob man nun Geographie, Geoökologie oder Biologie studiert auch nicht mehr. Vielleicht macht das auch irgendwann alles „Plantnet“, wer weiß[15]? Die Hoffnungen, die Pflanzenidentifikation im Feld per „Barcoding“ durchzuführen, haben sich jedenfalls bisher nicht erfüllt, – man wird zumindest in den nächsten Jahren wohl immer noch mit einer wie auch immer gearteten Feld & Exkursionsflora  im Gelände arbeiten müssen.

Hat Birthe Geitmann das Farbenspiel der Blumenwiesen rund um Schramberg auch erkannt, vielleicht sogar gemalt ? Denn in meiner Erinnerung hat sie ja auch gemalt. Aber vielleicht täuscht mich die Erinnerung auch. Die Blumenwiesen rund um Schramberg sind nicht verschwunden, – nur Trollblumen und Arnika gibt es nicht mehr – aber ansonsten gibt es sie noch diese Blumenwiesen aus meinen Kindheitstagen. Ich habe diese „Blumenwiesen“ als ich die email von Didi las noch auf dem Fohrenbühl gesehen, ja regelrecht „gerochen“ – denn hier und da wurde ja schon „Heu gemacht“.

In der Erinnerung waren die 1970er Jahre in Schramberg doch schon eine sehr raue Welt. Ein langer, oft auch sehr schneereicher (und oft auch sonnenreicher) Winter, ein fast nicht vorhandenes Frühjahr – ein kurzes Sommer, ein etwas längerer Herbst, – mit den „Kilbesängern“ erstarrten die Wiesen im weißen Rauhreif, – und der erste Schnee war nicht mehr fern. Das war der Lauf der Jahreszeiten wie ich ihn als Kind und Jugendlicher im Lärchenweg wahrnahm, – und es war auch die Zeit in der die Geitmanns im Lärchenweg wohnten.

Deshalb musste ich, als die email von Didi oben auf dem Fohrenbühl las, an Maria Chapdelaine in Péribonka denken. Birthe Geitmann, viel zu Zart für diese raue Schramberg Welt, sucht ihren Weg durch die „Schramberger Schneewinter[16]“ wie Maria Chapdelaine  im Titelbild von Gilbert Raffin auf meiner Taschenbuchausgabe von „Maria Chapdelaine“[17].  Als Birthe nach Schramberg kam war sie ja noch eine junge Frau Anfang dreißig, aber mir kam sie damals und auch jetzt in der Erinnerung doch viel viel jünger vor, und vor allem so zart und verletzlich!

Für Birthe Geitmann zum 80 Geburtstag auf Anregung von Anja Geitmann am 1 Juni 2021 auf dem Fohrenbühl aus der Erinnerung gehoben, niedergeschrieben an Fronleichnam (03.06.2021) in Grünstadt!

Bilder alle © Christophe  Neff 01.06.2021

Buchcover der Taschenbuchausgabe  von Hémon, Louis (1954): Maria Chapdelaine, récit du Canada français. Paris (Grasset, le livre de Poche).

Christophe Neff, Grünstadt den 03.06.2021


[1] Birthe Geitmann, in Hamburg geboren, wohnhaft in Kehl ist die Witwe des ehemaligen Schramberger Oberbürgermeisters Dr. Roland Geitmann.  In dieser Zeit als Roland Geitmann Oberbürgermeister von Schramberg war, wohnten die Familie Geitmann im Lärchenweg auf dem Sulgen, – so wie der Verfasser dieser Zeilen.

[2] Böhmer, Hans-Jürgen (2021): Nachhaltigkeit und Geographie – Eine autobiographische Notiz. In: Dickel, Mirka; Böhmer, Hans-Jürgen (Hrsg): Die Verantwortung der Geographie : Orientierungen für eine reflexive Forschung. Bielefeld, pp. 173- 188.

[3] Hierzu siehe auch (auf französisch) – „Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati » “

[4] Siehe „Schramberger Auswärts: Wissenschaftler Christophe Neff, Feuer und Flamme für Waldbrände“  -von Martin Himmelheber am 06.10.2017 für den Schramberger Stadtwerker verfasst.

[5] Für Birthe Geitmann zum 80 Geburtstag auf Anregung von Anja Geitmann am 1 Juni 2021 auf dem Fohrenbühl aus der Erinnerung gehoben, niedergeschrieben an Fronleichnam (03.06.2021) in Grünstadt!

[6] Geograph, Wochendblogger auf „Paysages“, jetzt in Grünstadt in der Unterhaardt wohnhaft, arbeitet als Wissenschaftler am KIT in Karlsruhe.

[7] Der Lärchenweg in Schramberg – Sulgen, also oben in der Bergvorstadt Sulgen, wurde in den 1970 Jahren auch als geheimes Regierungsviertel von Schramberg bezeichnet, – siehe u.a. „Blognotiz 14.12.2011 – Erinnerung an die fünf Platanen vom Schramberger Rathausplatz“ Blogbeitrag vom 11.12.2011 in „Paysages: paysages et livres – Landschaften und Bücher – Landscapes and Books.

[8] Klaus-Dieter Ströhle, – auch einer aus dem Lärchenweg. Wir sind sozusagen Tür an Tür zusammen im Lärchenweg aufgewachsen – und haben trotz großer „geographischer“ Distanz immer noch Kontakt.

[9] Holger Wöhrle hat so wie ich selbst seine Schulzeit auf „Gymi“ in Schramberg, also dem Gymnasium Schramberg verbracht

[10] Siehe auch „Schramberg             – Park der Zeiten feiert Geburtstag“, von Stephan Wegener, Schwarzwälder Bote.

[11] Siehe auch: „Über den Zuaven vom Pont d’Alma in Paris und Kindheitserinnerungen an Unwetterereignisse in Schramberg“, Blogbeitrag vom 25.06.2021 in „Paysages: paysages et livres – Landschaften und Bücher – Landscapes and Books“ .

[12] Zu meinen Geländearbeiten auf dem Vulkan Capelinhos auf den Azoren siehe auch“ Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores)“, Blogbeitrag vom 3.11.20219 in „Paysages: paysages et livres – Landschaften und Bücher – Landscapes and Books“.

[13] Zu den Atriumshäusern im Lärchenweg siehe auch: „Erinnerungen an die „märklinModerne“ , Blogbeitrag vom in Paysages: paysages et livres – Landschaften und Bücher – Landscapes and Books.

[14] „In meiner Kindheit gab es keiner Farben – Kinderbuchautor Eric Carle“ , SWR Produktion 2004 von Ursula Junk (Zweitausstrahlung 28.5.2021)

[15] Über den Bedeutungsverlust der Feldökologie siehe u.a.:  „Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati », Blogbeitrag vom 23.12.2021 in „Paysages: paysages et livres – Landschaften und Bücher – Landscapes and Books“.

[16] Die Wintermonate Dezember 2019/Januar 2020 erinnerten mit ihrem Schneereichtum deutlich an die „Schneewinter“ in Schramberg, in den 1970 Jahren. Siehe auch: „Schramberg Janvier 2021 – pays de neige / Schramberg Januar 2021 – Schneeland“, Blogbeitrag vom 8.02.2021 in „Paysages: paysages et livres – Landschaften und Bücher – Landscapes and Books“

[17] Das Titelbild dieser Taschenbuchausgabe von Maria Chapdelaine habe ich im Blogbeitrag  « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité) » reproduziert.

Schramberg Janvier 2021 – pays de neige / Schramberg Januar 2021 – Schneeland

Voyant les paysages enneigés de  Schramberg et de la Raumschaft Schramberg, qui me parvenaient via Facebook et d’autres voies de communication durant le mois de janvier 2021, me réveillèrent les souvenirs d’enfance, ma scolarité au Gymnasium Schramberg. Des images d’hiver ressemblant aux hivers de Forêt-Noire des années 1960,70 et 80 comme je l’ai connue durant les années d’enfance et de jeunesse à Schramberg. Ici à Grünstadt par contre le mois de janvier fut plutôt marqué par le « Dauerregen » pluies et grisailles plus ou moins permanentes.

La transformation du paysage par les chutes de neiges de janvier 2021 fut d’une telle intensité que la ville de Schramberg a même ouvert un concours de photos sur Facebook – « Winter in Schramberg ». Sur cet album « Facebook » on trouve des photos des paysages de neiges qui semblent ressurgir d’un passé lointain !

Je reproduis ici sur paysages deux photos selectionées de Rainer Langenbacher publié par la ville de Schramberg sur Facebook. Voyant ces photos, – je me replongeais dans mon enfance, je reprenais mon chemin d’écolier des hauteurs du Sulgen à la Talstadt Schramberg à travers les forêts de Sapins couvertes par un épais manteau de neige. Je descendais le Steighäusle pour rejoindre le Gymnasium Schramberg, en face le Schlossberg couvert de neige, les sapinières élançant leurs cimes blanches argentées dans le ciel limpide d’hiver bleu azur. Les photos de Rainer Langenbacher ne reproduisent pas le regard que j’avais comme écolier descendant le Steighäusle et la Charlottenhöhe vers la ville basse de Schramberg, – mais ils me replongent dans les souvenirs de l’atmosphère de long hivers de Forêt-Noire, des forêts et des paysages de neiges l Les deux photos de Rainer Langenbacher que je reproduis ici sur paysages montrent pour la premier le Schloßberg avec la ruine Hohenschramberg et des Pins sylvestres et Sapins couverts de neige, la deuxième est une vue sur le Sulgen avec son Wasserturm (château-d’eau) caractéristique et en arrière-plan  le Château de Hohenzollern.

Der Anblick der Schneelandschaften in Schramberg und der der Raumschaft Schramberg, welche mich via Facebook und über andere Wege während des Januar 2021 erreichten, weckten Kindheitserinnerungen, Erinnerungen an die Schulzeit im Gymnasium Schramberg. Diese Winterbilder erinnerten mich an die Schwarzwaldwinter die ich in den 1960,70 und 80 Jahre während meiner Kindheits und Jugendjahre in Schramberg erleben konnte. In Grünstadt war der Januar 2021 hingegen von Dauerregen und grauem Winterwetter geprägt.

Die Verwandlung der Landschaften durch den Januarschnee rund um Schramberg hat die Stadt Schramberg sogar dazu bewegt einen Photowettbewerb namens „Winter in Schramberg“ auszurufen. Auf diesem „Facebookalbum“ findet man Bilder von Schneelandschaften die wie aus einer fernen Vergangenheit auferstanden zu sein scheinen. Ich gebe hier auf paysages ein paar ausgewählte Bilder von Rainer Langenbacher die von der Stadt Schramberg auf Facebook veröffentlicht wurden wieder. Als ich diese Photos sah, tauchte ich in meiner Kindheit ein, – ich begann meinen Schulweg von den Höhen des Sulgens durch die tief verschneiten Tannenwälder in die Talstadt Schramberg. Ich lief das Steighäusle hin ab Richtung Gymnasium Schramberg, und auf der anderen Talseite gegenüber breitet sich der Schloßberg mit seinen Tannen aus. Tannen deren silbrig weiße Wipfel in den klaren azurblauen Winterhimmel ragten. Die Bilder von Rainer Langenbacher haben nicht den „Regard“, den Blick den ich als Schüler auf dem Schulwegs über Steighäusle über die Charlottenhöhe in die Talstadt Schramberg hatte, – und doch haben sie in mir die Erinnerung an die Atmosphäre der langen Schwarzwaldwinter geweckt, Erinnerungen an tief verschneite Wälder und Schneelandschaften. Die beiden Bilder von Rainer Langenbacher, die ich hier in paysages wiedergebe, zeigen zum einen den Schloßberg mit der Ruine Hohenschramberg und schneebedeckten Kiefern und Tannen, zum anderen einen Blick auf den Sulgen mit seinem charakteristischen Wasserturm und im Hintergrund die Burg Hohenzollern.

Photos: toutes/alle © Rainer Langenbacher/ Autorisation obtenue le 29.01.2021 par courrier électronique. Genehmigung am 29.1.2021 per email eingeholt.

Blognotice 11.07.2015: Commentaire sur la réapparition du Loup au Bade – Wurtemberg après 150 d’ans d’absence

Eh bien, il vient de réapparaitre au Bade-Wurtemberg, après 150 d’années d’absence, le loup vient de faire parler de lui au Bade-Wurtemberg[1]. J’avais déjà parlé de la réapparition en 2012, même annoncé le retour du Loup en Forêt – Noire dans le billet « Changements de Paysages dans la Raumschaft Schramberg » – donc personnellement je ne suis pas très surpris de voir réapparaitre les Loups au Bade – Wurtemberg, – même si dans ce cas spécial, il s’agit d’un Loup écrasé retrouve sur le bord de l’Autoroute A 5 à la hauteur de la ville de Lahr – vraisemblablement un Loup de provenance française ou même helvétique, mais en tous cas il s’agit d’un loup de provenance alpine[2]. Concernant la Forêt Noire, on ne sait pas encore si le retour du Loup a déjà commencé, mais je pense que si il n’est vraiment pas encore là – se sera seulement une question de temps pour retrouver des traces du Loup en Forêt Noire. C’est la même chose pour le Pfälzerwald, qui est la prolongation naturelle du massif vosgien. Massif vosgien dans lequel une population de loup (autoreproductrice) est confirmée. En fait aucune barrière naturelle ou artificielle ne sépare les Vosges et le Pfälzerwald. Rien de plus facile pour les loups de migrer des Vosges dans le Pfälzerwald. Peut-être les loups sont-ils- déjà arrivés dans le Pfälzerwald, -mais à cause de la faible densité de la population du Pfälzerwald on ne s’est tout simplement pas encore aperçu de sa présence. Comme en Forêt Noire c’est plutôt une question de temps pour retrouver des traces de sa présence dans la Pfälzerwald.

Quant à la réapparition probable du Loup en Forêt – Noire, j’avais en 2004 fait une excursion avec des étudiants en géographie de Mannheim, à la recherche des habitats propices à la réapparition du Loup en Forêt Noire. Le journaliste Moni Marcel avait écrit un joli reportage pour la NRWZ, – mais ce reportage a disparu-ce qui reste dans les fonds de la bibliothèque du KIT – c’est l’info de presse que j’avais écrite –sous le titre de Kimmichginster und Global Change. Donc maintenant le loup semble vraiment arriver en Forêt – Noire, – et la cohabitation, – si il doit y avoir cohabitation, sera compliquée et complexe. Dans ce contexte je me permets de citer deux phrases d’un petit livre de Jean Marc Moriceau « Ni ange, ni démon, le loup échappe à toute vision réductrice. Notre perception, souvent uniformatrice, ne s’encombre guère de nuance et encore moins de d’une contextualisation spatiotemporelle »[3].

Concernant la société allemande, j’ai l’impression qu’il y a une grande tendance à une angélification du Loup, – le Loup est un Loup et ce n’est pas une figure de dessin animé, -parfois même le Loup attaque l’homme, cela arrive, même si cela arrive très rarement dans des pays occidentaux, – Candice Berger[4] attaqué par un Loup en 2010 fut à ma connaissance la dernière victime d’un attaque de loup dans un pays occidental[5]. Dans ce contexte je renvoie à l’interview fort intéressante de Kurt Kotrschal dans le Spiegel. Il pense que le loup peut très bien avoir sa place dans l’Europe contemporaine –d’après Kotrschal ils ont même un droit de vivre en Europe[6] , – mais dans les rares cas où le loup attaque l’homme, il préconise cependant d’abattre toute la meute[7]. Concernant aussi bien la Forêt -Noire que le Pfälzerwald – l’élevage extensif comme il est pratiqué dans un grande partie du Sud Est français n’existe presque plus –donc à priori nous ne serons pas confrontés aux mêmes problèmes de cohabitation – sauf dans les rares cas d’élevage extensif où elle a été introduite dans deux massifs forestiers allemands pour les besoins de la maintenance de l’ouverture du paysage. La « Landschaftspflege » (maintien des paysages) par troupeau de chèvre ou de mouton, comme il est par exemple pratiqué dans la Raumschaft Schramberg[8], est très difficilement compatible avec la présence du Loup. Mais dans les régions allemandes où une tradition d’élevage d’ovins existe, comme par exemple dans en Basse-Saxe nous commençons à être confronté aux mêmes problèmes que connaissent les éleveurs de montagne du midi français. Julia Koch du Spiegel vient de consacrer récemment un reportage à la cohabitation problématique ente Loup et élevage ovin en Basse – Saxe sous le titre « Lämmchen zum Dessert (petit agneau comme dessert) »[9][10].

A titre professionnel j’ai toujours un peu travaillé sur les changements des milieux environnementaux et sur la ré(apparition) des Loups, – mais jusqu’à présent je n’ai presque rien publié sur le sujet- sauf l’article[11] «Der rezente Landschaftswandel im westlichen Mediterranraum – Herausforderungen für Natur- und Landschaftsschutz » publié en 2001   – ou je me focalise sur les différentes perceptions des différents acteurs sur « les feux de forêts, les loups, les ours » – et je dirai même que depuis que l’article a été publié en 2001 les perceptions (et les problèmes) n’ont guère évolué. Concernant la présence du Loup dans le Pfälzerwald et dans la Forêt – Noire, je pense qu’il y beaucoup de risque que cela s’avére complexe et compliqué même si les administrations concernées prétendent y être excellemment préparées! Le Loup est un Loup, – c’est un super prédateur et ce n’est surtout pas un « Kuscheltier » (mots allemand pour Doudou, Peluche), même si certains medias et organisations de protection de la nature ont tendance à nous raconter de telles fables. La coexistence entre deux « super prédateurs » comme le Loup et l’homme n’est pas toujours facile, – il faut le reconnaitre. Personnellement je me sens proche de l’opinion de Kurt Kotrschal, le Loup a sa place en Europe, -mais il faut toujours maintenir son respect devant le prédateur (Raubtier dans le texte du Spiegel) – sans ce respect, la cohabitation peut tourner au drame.

Pour finir ce billet, pour ceux qui s’intéressent au sujet, je ne peux que recommander la lecture de ces deux livres :

Le petit livre « le loup en question » (livre cité dans ce texte ci-dessus) écrit par Jean Marc Moriceau réunit à peu les principales informations concernant la situation actuelle du Loup en France. Sachant bien que certains défenseurs du loup contestent la neutralité de Jean Marc Moriceau, je pense quand même que c’est un livre objectif qui met très bien en lumière la complexité du sujet.

L’histoire du Loup en Alsace et dans les Vosges est décrite dans le livre de Thomas Pfeiffer « Alsace le retour du Loup ». Concernant l’Allemagne jusqu’à présent, la cohabitation entre Homme et Loup, n’a pas (encore) provoqué de débats passionnels comme en France, et à ma connaissance, il n’existe pas encore d’ouvrage (livre) sur la réapparition du Loup en Allemagne.

Sources et ouvrages cités :

Becker, Markus (2012): Verhaltensforschung: Der Wolf offenbart die Natur des Menschen. (Dans le SPON du 21.09.2012). Reportage/Interviev avec Kurt Kotrschal.

Koch, Julia (2015): Lämmchen zum Dessert. Tiere. In Niedersachsen geht die Angst um: Der Wolf ist wieder da. Zwar haben die Räuber dort noch nie einen Menschen verletzt – aber sie töten Schafe. Vom richtigen Umgang mit einem alten Feind. In: Der Spiegel 28/2015, 108 – 110.

Moriceau, Jean Marc (2015) : Le Loup en question. Fantasme et réalité. Paris, (Libella/Buchet&Chastel), ISBN 978-2- 283-02791-2

Neff, Christophe (2000): MEDGROW. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftswandel im Mittelmeerraum. Mannheim (Mannheimer Geographische Arbeiten), ISBN 3-923750-80-3

Neff, Christophe (2001): Der rezente Landschaftswandel im westlichen Mediterranraum – Herausforderungen für Natur- und Landschaftsschutz. In Petermanns Geographische Mitteilungen 145, 72 – 83.

Pfeiffer, Thomas (2011): Alsace le retour du Loup. Un siècle après son éradication il revient, faut –il en avoir peur. Strasbourg, (la Nuée bleue), ISBN 978-2-7165-0796-7

Christophe Neff,   le 11.07.2015

P.S. : L’auteur de paysage et les Loups, c’est une vieille histoire[12], une vieille affaire de famille – souvenirs de débats passionnels avec mon grand- père Jean Migliori sur la présence de Loup en France et en Italie, sur la Bête des Vosges, sur les loups de Cévennes et le réalisme du téléfilm La Tuile à loups – durant les années 1970. Ce fut aussi un débat sur la perception de paysages et de la nature, mais aussi sur la pauvreté en milieux rurale en France et en Italie. Les souvenirs de ces débats, de ces discussions passionnées seront peut-être rassemblés dans un autre billet avant qu’ils ne tombent en oubli !

[1] Voir p. ex: « Raubtier: Wolf in Baden-Württemberg nachgewiesen“ dans le SPON, ou „Lahr Totes Tier war wirklich ein Wolf“ dans le Schwarzwälder Bote.

[2] Voir « Überfahrenes Tier bei Lahr war ein alpiner Wolf“.

[3] Moriceau, Jean Marc (2015) : Le Loup en question. Fantasme et réalité, p. 27. Paris

[4] Voir Wikipedia « List of wolf attacks in North America

[5] Pour les attaques de Loup sur les humains avant 2001 on consultera le document « The fear of wolves – a review on wolfattaks on humans » edité pas John Linell et al en 2001 , document chargeable sur Internet ici : http://www.wwf.de/fileadmin/fm-wwf/Publikationen-PDF/2002.Review.wolf.attacks.pdf

[6]Wölfe waren immer da“, sagt Kotrschal. „Sie haben das Recht, hier zu leben. Punkt./Les Loup etaient toujours la“ dit Kotrschal“ils ont le droit de vivre ici. Point ! (Traduction C.Neff)

[7]Sollte ein Wolf Menschen angreifen, kann das das Ende seines gesamten Rudels bedeuten. „Wölfe geben ihr Verhalten stark über Traditionen weiter“, sagt Kotrschal. „Wird ein Wolf übergriffig, ist es meist das Beste, das ganze Rudel abzuschießen./ Si un loup attaque un homme, cela peut mettre en péril l’ existence de toute la meute. „ Les loup transmettent leur comportement par tradition“, dit Kotrschal.“ Si le comportement d’un loup devient dangereux (übergriffig werden) – il faut dans la plupart des cas abattre toute la meute » (Traduction C.Neff)

[8] Dans la Raumschaft Schramberg ce sont surtout de troupeaux de chèvres qui sont utilisés pour le maintien du paysage (Landschaftsoffenhaltung.).

[9] Koch, Julia (2015): Lämmchen zum Dessert. Tiere. In Niedersachsen geht die Angst um: Der Wolf ist wieder da. Zwar haben die Räuber dort noch nie einen Menschen verletzt – aber sie töten Schafe. Vom richtigen Umgang mit einem alten Feind. In: Der Spiegel 28/2015, 108 – 110.

[10] Julia Koch a aussi publiée un interview intéressant avec Luigi Boitani (Professeur d’ecologie animale à l’Université de Rom) dans le SPON « Who’s Afraid of the Big Bad Wolf? Fears As Predator Returns To Europe – Interview with Luigi Boitani conducted by Julia Wolf »

[11] Et un demi-chapitre sur les dynamiques de paysages – voir les relations entre fermeture du paysage, risques de feux de forêts et réapparition du Loup dans les massifs des montagnes méditerranéennes françaises (Neff 2000).

[12] Jusqu’à présent dans paysages je n’ai écrit que très rarement sur le Loup, – quelque mots dans « Blognotice 01.09.2012: Commentaire sur la « modeste et provisoire » ristourne sur le prix des carburants » et le billet « Blognotice 10.09.2012: Changements de Paysages dans la Raumschaft Schramberg » dans le quelle j’annonce le retour du Loup en Forêt Noire et dans le Pfälzerwald.

Blognotiz 12.01.2014: „Blick auf die alte und die neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen“ – Zeitreise durch die Bergvorstadt Sulgen – anhand einer Neujahrspostkarte von Uwe Rettkowski

Die Graphik „Blick auf die alte und die neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen“  des Schramberger Künstler und Graphikers Uwe Rettkowski entdeckte ich letzthin in einem kleinen Artikel der NRWZ.  Beim Betrachten der Graphik, auf der die alte und neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen deutlich  den Vordergrund des Bildes beherrschen, und im Hintergrund auf dem Sulgener Berg  das Haus Marienberg, der  Wasserturm und das Hotel Drei Könige zu erkennen sind, musste ich an den Beginn des Paysagesblogs im Mai 2009, vor nun schon fast fünf Jahren, denken. In den ersten zwei Artikeln[1] [2] von paysages schrieb ich auch vom „Sulgen“,  diesem manchmal etwas vergessenen Stadtteil der großen Kreisstadt Schramberg. Einen Teil meiner ersten Lebensjahre, von ca. 1967 bis 1972, verbrachte ich auf dem Schoren [3], – nahe der Hutneck und dem Feurenmoos.

Vor allem in diesen Jahren – bestand mein Mikrokosmos aus dem Wasserturm auf dem Sulgener Berg, dem Haus Marienberg, der alten St. Laurentiuskirche (und der im Bild nicht sichtbaren Grundschule am Kirchplatz), der neuen St. Laurentiuskirche, der Marienkapelle sowie dem Feuernmoos. Rettkowski’s Graphik trifft das Bild meiner Kindheitserinnerungen recht gut. Die Silberburg am Schönblick läßt sich erahnen. Der Blick auf den “Pfauen“ an der Hardter Straße wird durch den Turm der neuen St. Laurentiuskirche verdeckt.  Die Marienkapelle am Anstieg des Sulgener Berges ist durch die Dächer und Giebel des alten Dorfkernes des Sulgens versteckt. Mit etwas Phantasie kann man sich beim Anblick der Graphik auf den Sulgen der 1970 Jahre zurückdenken, – die Gärtnerei  Flaig gegenüber dem Gasthof Linde, – das Café Munz an der Berggasse, – und wenn man gedanklich die Berggasse hochmaschiert, an der Pension Rapp vorbei, bevor man die Hardter Straße zum Schoren überquert wird, wendet der Blick sich nochmals nach unten zum Bissingschem Forsthaus, damals das Reich des Forstmeisters Erwin Wagner[4] , und dann empfangen einen schon die Fichten und Kiefern des Feurenmooses.  Der Blick wandert dann nach Osten und vor einem erstreckt sich der Schoren. In Verlängerung des Schorens eröffnet sich über dem Hochwald ein gewaltiger Blick auf die Gipfel [5] bzw. Landschaften der Schwäbischen Alb. Soweit man sich dann wieder zurück wendet, – Richtung Sulgener Berg – hat man den Sulgener Wasserturm (Schramberger Wasserturm) im Blick. Er wurde  1960 auf dem Sulgener Berg, der mit 764 m höchsten Erhebung des Sulgens, nach Plänen des Dornstetter Architekten Alwin Eppler gebaut. In meinen Kindertagen konnte man die Aussichtsplattform des Wasserturm gegen eine geringe Eintrittsgebühr von ein paar Pfennig besichtigen, – von dort aus konnte man bei guter Fernsicht die schneebedeckten Gipfel der Alpen erkennen[6].  Das war zumindest in meiner Erinnerung der Sulgen der frühen 1970 Jahre.

Als ich Rettkowski’s Bild sah, musste ich unwillkürlich an diese Zeit auf dem Schoren denken. 1972 zogen wir vom Schoren ins sogenannte Neubaugebiet „Eckenhof[7]“ und spätestens mit der Einschulung in die weiterführende Schule, dem Gymnasium Schramberg, – verlor der Mikrokosmos „Sulgen mit Schoren, Feuermoos und Hutneck“ für mich an Bedeutung.  Vergessen habe ich diese „Welt“ noch nie ganz, vor allem – und daran musste ich auch bei der „Formulierung“ meines letzten Blogbeitrages  denken –  die langen schneereichen Winter, die ich dort oben auf dem Schoren erlebte, wie man diese heute so kaum noch kennt[8].  Die Graphik von Uwe Rettkowski zeigt übrigens den heutigen Sulgen, – das Hotel Drei Könige gab es damals zu Beginn der 70 Jahre noch nicht, – nur hat der Blick auf Rettkowskis Graphik bei mir die Erinnerung an diese Zeit geweckt. Andere Betrachter der Graphik von Rettkwoski, werden andere „Zeitreisen“ zwischen dem Sulgener Berg und den beiden St. Laurentius Kirchen, machen. Auch ich kann andere Zeitreisen beim Betrachten des Bildes erzählen, – wahrscheinlich bin ich fast zehn Jahre lang an beiden Kirchen St.Laurentius Kirchen  (Hörnlestraße/Kirchplatz/Mariazeller Straße) vorbei mit dem Rad zum Reitstall auf den Beschenhof gefahren.  Damals  befand sich auf dem Beschenhof die Reitanlage des Reit & Fahrverein Schramberg, – auf der ich als Jugendlicher viele ungezählte Stunden verbrachte. Der Beschenhof und der Reit & Fahrverein Schramberg, das war wahrlich auch ein eigener Mikrokosmos.

Und wenn ich schon vom Beschenhof schreibe, kommt mir die Erinnerung an die alte Schmiede auf dem Sulgen. Es gab an der Ecke Saulgauerstraße/Brunnengasse, gegenüber dem Hasen, also im alten württembergischen „Sulgau“, eine Schmiede – eine echte alte Dorfschmiede,  die eine gewisse Ähnlichkeit mit der  Simon’schen Schmiede in Schabbach  aus dem Heimat-Filmkosmos von  Edgar Reitz – ich denke da besonders an   Heimat – Eine deutsche Chronik  und Die andere Heimat – Chronik einer Sehnsucht – hatte. Nur dass die Schmiede an der Kreuzung „Brunnengasse Sulgauerstraße“ keine filmische Fiktion sondern ganz einfach ein lebendiges Relikt aus der dörflichen Realität des alten Sulgau war.  An Herbst – und Winterabenden konnte man dort noch bei offenem Tor das Schmiedefeuer brennen sehen. Als ich das Reiten auf dem Beschenhof begann, da wurden dort in dieser Dorfschmiede manchmal die Pferde noch beschlagen. Das Schmiedefeuer erlosch im Jahre 1984, das Gebäude, die sogenannte alte Schmiede, wurde im Mai 2010 abgerissen[9].  In der Sulgauer Straße befand sich auch die Schreib – und Buchwarenhandlung Klaus Simon. In dieser Buchhandlung erwarb ich meine ersten Bücher bzw. wurden mir meine ersten Bücher gekauft[10]. Wie gesagt, beim Betrachten der Graphik „Blick auf die alte und die neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen“ kann jeder Betrachter seine eigene Zeitreise durch das alte und neue Sulgen starten. Wahrscheinlich könnte ich auch weit mehr über den Sulgen als ich hier geschrieben habe, niederschreiben. Jedes Mal wenn ich auf die Zeichnung von Rettkowski schaue, fällt mir eine neue Geschichte aus der Zeit von 1967 bis 2006[11] ein.

Die Stadt Schramberg sollte sich nicht nur die Motive der „Neujahrseinladungen“ von Uwe Rettkowski gestalten lassen, sondern darüber nachdenken, über das Stadtarchiv/Stadtmuseum ein kommentiertes Werkverzeichnis des künstlerischen  Werkes von Uwe Rettkowski zu publizieren. Er hat nicht nur Stadtansichten gestaltet, sondern auch andere in der großen Öffentlichkeit nicht so bekannte Werke, die aber durchaus großen künstlerischen Wert haben.

Ich denke da unter anderem an das Bildnis von Salvador Allende[12], welches Rettkowski im Jahre 1981 erstellte. Als sich der blutige Militätputsch gegen Salvador Allende am 11.9.2013 zum vierzigsten Mal jährte musste ich an dieses beeindruckende Bild denken. Die Graphik ist Teil einer ganzen Bildserie, die ich als „le cri de liberté des affamés et opprimes“ (der Schrei nach Freiheit der Ausgehungerten und Unterdrückten) bezeichnen würde. Das Bild bzw. die ganze Bildserie von Uwe Rettkowski hing jahrelang im Wohnzimmer meines Elternhauses im Lärchenweg.

Ein kommentiertes Werkverzeichnis würde es erlauben, die gesamte künstlerische Breite des Werkes von Uwe Rettkowski zu erfassen und darzustellen, und dieses sowohl kunstgeschichtlich, als auch wirkungsgeschichtlich zu würdigen.

Graphik/Photo: Blick auf die alte und die neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen.  ©Uwe Rettkowski. (Abdruckgenehmigung für das Paysagesblog  per email am 10.1.2014 bei  Uwe Rettkowski eingeholt)

Christophe Neff, le 12.1.2014


[1] Im ersten Blogbeitrag des Paysagesblog « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? » wird der Sulgener Dialekt, das Sulgenerisch, die Grundschule und der kastanienumsäumte Kirchplatz, sowie die „Wälder“ des Feurenmoos beschrieben.  Ferner auch ein Verweis auf die Wald und Landschaftsbeschreibungen in Vincenz Erath Roman „Größer als des Menschen Herz“ der größtenteils im benachbarten Waldmössingen (Tunersdorf) spielt.

[2] Im zweiten Blogbeitrag des Paysagesblog „II. Un blog sur les paysages: ein kleiner Prolog auf Deutsch“ geht es u.a. auch über den Sulgen, die Darstellung der Bergvorstadt Sulgen in Wikipedia, sowie die Bedeutung des „Sulgens“ im Werk der Kriminalschriftstellerin Uta Maria Heim, – die ja auch auf dem Sulgen aufgewachsen ist.

[3] Der Schoren ist eine Flurbezeichnung auf dem Sulgen, die die große Feldflur zwischen Sulgener Berg, Hutneck, und Hintersulgen bezeichnet. Darin befanden sich u.a. drei Einzelhöfe, zu denen sich im Laufe der Jahre vier weitere Wohnhäuser gesellten. In einem dieser Wohnhäuser (Schoren Hausnummer 7) wohnten wir von 1967 bis 1972 zur Miete. Die Feldflur des Schoren wird im Süden durch das Waldgebiet Feurenmoos abgegrenzt. Im Norden durch den Altbaukern des vorderösterreichischen Sulgen. In den 1960 Jahre wurde im nördlichen Bereich des Schorens ein Neubaugebiet (Panoramastraße, Schorenweg) errichtet (genannt Schoren). In diesem Neubaugebiet wurde auch das erste Hochhaus in Schramberg gebaut. Daran schließt das Neubaugebiet Schoren-Süd  an, welches seit ein paar Jahren erschlossen wird.

[4] Über Erwin Wagner, siehe u.a hier in der NRWZ und hier und hier im Schwarzwälder Boten.

[5] Bei gutem Wetter kann man vom Schoren den u.a den Hohenzollern, den Plettenberg und das Klippeneck sehen.

[6] Die Aussichtsplattform des Wasserturms läßt sich nicht mehr besichtigen. Dafür gibt es eine Webcam, – die in den Nordschwarzwald ausgerichtet ist.

[7] In der d’Kräz 30 und 31 (2010 + 2011) befindet sich eine von Hermann Körner verfasste Dokumentation (Vierzig Jahre Wohngebiet Eckenhof; Ein Rückblick auf die Jahre des Baubooms in Schramberg ) über die Geschichte des Neubaugebietes Eckenhof auf dem Sulgen.

[8] Mein aus Saulgau im schwäbischen Oberland stammender Vater, war so von den schneereichen Winterlandschaften der Raumschaft Schramberg so beindruckt, dass er eine kleine Diadokumentation darüber anlegte, dort findet man zahlreiche „Schneelandschaften“ vom Feurenmoos, vom Fohrenbühl und vom Sulzbach (wird u.a. auch hier beschrieben L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010)).

[9] Über den Abriß der alten Schmiede in der Brunnengasse auf dem Sulgen hier mehr aus dem Schwarzwälder Boten „Schramberg – „Alte Schmiede“ weicht dem Bagger

[10] Mehr dazu u.a. in diesem Blogbeitag „Nachtrag zum Mannemer Dreck – Mannheims Bücherwelten (21.7.2009)“ nachzulesen.

[11] 2006 verkaufte meine Mutter, das elterliche Wohnhaus im Lärchenweg.

[12] Im Blogbeitrag « Quelques mots sur le reportage « la route australe » d’Emilio Pacull dans l’émission Thalassa du vendredi 26.11.2010 » hatte ich schon ein paar Sätze über das Allendeporträt  von Uwe Rettkowski geschrieben.

Blognotice 06.01.2014: ces flocons de neiges qui manquent

Depuis les débuts de paysages, je note la première apparition de la neige à Grünstadt, – mais décidément nous n’avons pas eu droit,cet hiver, à un seul flocon de neige. Début Décembre, les hauteurs du Grünstadter Berg étaient couvertes d’un léger duvet  blanc de givre mou, – mais la neige jusqu’à présent n’était pas en vue ici, ni sur les hauteurs du Grünstadter Berg ni ici en ville. En 2012 la neige est arrivée à Grünstadt le 27.10.2012, en 2011 le 18.12.2011, en  2010 vers la fin novembre, et en 2009 dans la nuit du 12 au 13.decembre 2009. D’ailleurs, l’hiver 2012 fut particulièrement long à  Grünstadt, un important manque de luminosité comme partout en Allemagne, et des importantes chutes de neige en Mars, – le Märzschnee, – et finalement ce long hiver 2012-2013 se termina  enfin mi-avril avec la floraison des amandiers de la Weinstrasse. Ayant grandi, en Forêt Noire dans la Raumschaft Schramberg, – petit pays qui fut jusque vers les années 1980 un véritable pays de neiges, j’étais toujours fasciné par ces hivers, ce paysages de neige ,de lumières et de silence,  même si parfois vers les mois de mars, avril on attendait avec impatience le printemps qui ne voulait pas arriver. D’ailleurs les printemps dans ce pays étaient plutôt courts, assez souvent une dernière chute de neige couvrant les premiers fleurs de notre Cerisiers de Japon dans notre jardin du Lärchenweg à Schramberg-Sulgen, – et quelques jours plus tard les orages montant la vallée de la Kinzig nous annonçaient l’arrive de l’été. Les hivers rhénans de Grünstadt, n’ont rien de commun avec les hivers de neige de la Forêt Noire, – parfois occasionnellement un peu de neige ici et là, – et surtout beaucoup de grisaille , les rares journées de plein soleil se comptent à bout de doigts. Par contre nous avons droit ici dans l’Unterhaardt, comme dans tous l’Oberrheingraben à un beau printemps plein de couleurs florales. C’est peut être ce manque de neige, de luminosité (la nostalgie de mes hivers d’enfance) des hivers rhénanes qui ma’ inspiré de noter la première apparition de la neige d’un hiver à Grünstadt.

Dernièrement j’ai lu dans le SPON un article sur le mythe de la noël blanche en Allemagne de Axel Bojanowski (Festtagswetter: Mythos von der weißen Weihnacht), dans lequel Bojanowski cite la climatologue suisse Martine Rebetez, qui prétend que la mythe de la « weiße Weihnacht », que cette image d’un noël sous la neige, proviennent des cartes postales que les immigrés européens aux Etats-Unis, spécialement aux états de nouvelle Angleterre, envoyaient à leurs familles en Europe. J’ai un peu de doute, si ces observations « suisses » peuvent être sans nuance appliquées à l’Allemagne. La géographie de l’Allemagne dans les frontières de 1937, cette Allemagne longeait une grande partie de la mer baltique, – et dans ces régions les hivers étaient plutôt rudes, froids et bien enneigés. Pas besoin d’images provenant de la famille lointaine dans la nouvelle Angleterre pour une ambiance de neige pendant les jours de noël. Peut être le « mythe de la weisse Weihnachten » en Allemagne s’est aussi forgé par les souvenirs de Heimatvertriebenen (voir aussi Expulsion des Allemands d’Europe de l’Est), ces souvenirs des paysages perdus de Prusse orientale, de Pomeranie  etc. – tous des vrais pays d’hivers longs et rigoureux. Ces pays et paysages perdus ont  trouvé une belle représentation littéraire dans le roman « Heimatmuseum » de Siegfried Lenz. Et même dans l’ancienne RDA, dans beaucoup de régions, surtout sur les bords de la baltique et les  régions frontalièress avec la Pologne on avait droit à des quantités de neiges durant les hivers. On peut encore retrouver cette atmosphère des longs hivers de neige à Dresde en compagnie de Meno Rohde dans le roman « der Turm, Geschichte aus einem versunkenen Land »  de Uwe Tellkamp, roman récemment traduit en français et publie sous le titre « La Tour » chez Grasset[1].

La neige, les hivers de neige ce fut une réalité dans une grande partie des régions orientales de l’Allemagne, – et c’est peut-être en nostalgie de ces pays, qu’on croyait en grande partie perdus pour toujours (entre 1945- 1989)  entre Lübeck et Königsberg, entre les dunes du Darß balayé par les vents de la mer baltique et les toits enneigés de Dresden, c’est peut être grâce au souvenir de ces images d’un pays perdu, d’un hiver de neiges – qui en Allemagne de l’Ouest n’existait pas, à l’exception des Alpes et des rares Mittelgebirge comme la Forêt Noire, la Forêt de Baviere, le Fichtelgebirge et la Rhön que s’est peut être forgée cette image de la weisse Weihnachten dans l’Allemagne contemporaine. Assez récemment, en lisant le premier chapitre de la biographie de Willy Brandt de Hélène Miard-Delacroix, je suis tombé sur un tel souvenir de pays  de neige – «  Vers midi, le 18 decembre  1913, un petit Herbert est né au numero 16 de la Meierstrasse, dans un quartier ouvrier de Lübeck…La cité vit des industries de transformation de fer et du bois, et de l’activité du port, relie a la mer Baltique par la Trave. En décembre 1913, cette  rivière est, comme tous les hivers, blanche de neige ».  Est-ce que l’auteur de cette biographie française de Willy Brandt a vraiment consulté les archives météorologiques, pour pouvoir écrire avec certitude que la Trave fut glacée et couverte de neige…, j’en doute, – mais l’image persiste. Ce sont ces images de paysages de neige, – ces lourdes neiges qui engloutissent les toits de Dresde,  et que nous découvrons avec les yeux de Meno Rodhe, – les longs hivers de la Prusse orientale, de la Mazurie de Siegfried Lenz (Heimatmusuem) – le silence des paysage de froid et de neige, qui ont formé ce souvenir de noël blanc et qui au fil des jours ont contribué  au mythe de la noël blanche en Allemagne.

Pour finir ce petit texte sur le mythe de pays de neige dans les pays germanophones, je renvoie à l’interview de Günther Aigner dans la Zeit du „Skisport wird zum Luxus“ – et où nous apprenons que ce n’est pas le changement climatique qui met  les stations de ski alpines des en danger. Monsieur Aigner nous apprend qu’au moins dans les Alpes orientales , les hivers ont plutôt tendance à se refroidir lentement, mais que c’est la stagnation des salaires des couches moyennes  en Allemagne – qui met beaucoup de stations de ski en danger. « Früher war es ganz normal, dass der Fließbandarbeiter bei Opel mit seiner Familie in den Skiurlaub fuhr. Das ist immer seltener möglich geworden. (Autrefois l’ouvrier à la chaine chez Opel pouvait faire de vacances de ski avec sa familie. De nos jours c’est de moins en moins le cas. Trad. C.Neff)» Les vacances de ski pour une grande partie des couches moyennes allemandes, deviennent un luxe de moins en moins abordable,  et ce n’est pas la neige qui manque,  mêmes si les medias (die veröffentlichtete Meinung) assez souvent nous décrivent une autre image.

Je finis ce petit post sur les mythes et les souvenirs des pays de neige:quand les premiers flocons de l’hiver 2013-14 arriveront ils finalement à Grünstadt et la Unterhardt ?

Blick auf Grünstadt im Märzschnee 2013/Vue sur Grünstadt couvert par les neiges de mars 2013, © C. Neff 13.3.2013
Blick auf Grünstadt im Märzschnee 2013/Vue sur Grünstadt couvert par les neiges de mars 2013, © C. Neff 13.3.2013

Sources et livres citées :

Lenz, Siegfried (1988): Heimatmuseum. Roman. DTV, 7. Auflage 1988, ISBN 3-455-04222-8

Miard-Delacroix, Hélène (2013) : Willy Brandt. Paris (Librairie Arthème Fayard), ISBN 978-2-213-67250-2

Tellkamp, Uwe (2010): Der Turm. Geschichte aus einem versunkenen Land. (Suhrkamp Taschenbuch 4160), Frankfurt a. Main, ISBN 978-3-518-46160-0

Photo: © C. Neff «Blick auf Grünstadt im Märzschnee 2013/Vue sur Grünstadt couvert par les neiges de mars 2013 (13.3.2013)».

Christophe Neff, le 06.01.2014

 

Aschermittwochsblognotiz 2013 – eine bemerkenswerte Begegnung beim Schramberger Hanselsprung am Fasnetssonntag 2013 (10.2.2013)

Narro + Hansel, Hanselsprung Schramberg 2013
Narro + Hansel, Hanselsprung Schramberg 2013, © C. Neff 2013

Wie so viele Schramberger Expatriierte komme ich relativ regelmäßig, – zwar nicht jedes Jahr, aber dennoch relativ oft, zuletzt im Jahr 2011 zur Fasnet nach Schramberg zurück. Die „Da-Bach-na-Fahrt“ und der danach stattfindende Rosenmontagsumzug ist bestimmt  der überregionale bekannteste  Höhepunkt der Schramberger Fasnet, – wobei es auch andere „Highlights“ gibt die den Vergleich mit der Da-Bach-na-Fahrt nicht scheuen brauchen.  Aus meiner Sicht ist das immer noch der Hanselsprung mit anschließendem Brezelsegen welcher  traditionell am Fasnetssonntag stattfindet. Die NRWZ  hat das, mit der Schlagzeile „Hanselsprung für tausende Besucher ein rezeptfreies Antidepressivum – Hoorig, hoorig – Schramberg im Glückstaumel“  zum diesjährigen Hanselsprung sehr sehr gut getroffen. Ja, dieses Jahr hat es mich auch wieder auf die Fasnet nach Schramberg gezogen, – Hanselsprung am Fasnetssonntag,  die Da-Bach-na-Fahrt und der Rosenmontagsumzug standen wieder auf dem Programm.

Winterhimmel und Februarschnee in Schramberg
Winterhimmel und Februarschnee in Schramberg, © C. Neff 2013

Am Fasnetssonntag 2013 lachte die Sonne über Schramberg, – beglückte die Kleidlesträges und Zuschauer mit einem stahlblauen Winterhimmel. Das Februarlicht wurde von den Schneekristallen auf den Fichten und Tannen der Bergwälder des Schramberger Talkessels  vielfach reflektiert und tauchte die Talstadt in ein fast gleißendes Licht.  Und irgendwann gegen 14:30 ertönte dann die „Hoorig Katz“, – der Schramberger Narrenmarsch,- und vermischt mit dem Geschell der Hansel und Narros –  wurde die Talstadt zu einem einzigartigen akustischen Amphitheater – Hoorigkatz und Geschellenläuten verdichten sich im engen Schramberger Talkessel zu dieser einzigartigen Klanglandschaft –  die man nur an der Fasnet erleben kann. The unique „soundscape“ of the „Schramberger Hanselsprung“ so  könnte man  einen noch zu schreibenden wissenschaftlicher Artikel über den Schramberger Hanselsprung  und dessen (Klang)- Landschaften betiteln. Diese „Tonlandschaften & Klangwelten“ kann man übrigens auch erleben, wenn die „Wintersonne“ nicht gar so strahlt wie am Fasnetssonntag 2013.

Ja, und am Hanselsprung des Fasnetssonntag 2013, hatte ich während des Brezelsegens eine bemerkenswerte Begegnung mit einem „großen Hansel“.  Wir (.d.h. meine Tochter und meine Nichte) hatten uns schon ein paar Brezeln und Guzzle ersungen, da bemerkten wir einen sehr großen Hansel , der auf uns zukam.  Wir begann zu springen und die „Hoorig Katz“ zu singen. Der Hansel unterbrach mich per Handzeichen und unter der Maske erklang eine Männerstimme – „auf Französisch bitte“ – worauf ich so perplex war, – dass ich erst einmal verstummte. Dann ertönte es unter der Maske “en français Christophe“ – und ich erwiderte „die Hoorig Katz auf Französisch?“ – worauf der große Hansel nickte. Und so begann ich zur Melodie der Hoorig Katz  zur ersten Strophe anzusetzen „le chat n’a pas de poils“ – doch gleich wies mich der große Hansel mit einer Handbewegung an zu stoppen –  denn er hatte erkannt das das falsch war – denn richtiger weise heißt es „le chat a des poils“. Also versuchte ich dann mit „le chat a des poils“ – und bekomme dann endlich auch meine Brezel.  Die Brezel in der Hand, fällt mir ein, dass es eigentlich ganz korrekt „le chat poilu, le chat poilu, le chat poilu – et si le chat n’est pas poilu il ne plait guère aux filles – le chat poilu“ – aber da war der große Hansel schon längst wieder im Gewühl verschwunden. Ja, da waren wir (d.h. ich und meine zwei Begleiterinnen) doch alle sehr sehr überrascht, – ein großer Hansel (bestimmt ein Kopf größer als ich)  – der sich die „Hoorig Katz“ auf Französisch vorsingen lässt. Die Schramberger Fasnet ist wirklich für Überraschungen gut. Wer der große Hansel war, der mich die Hoorig Katz auf Französisch vorsingen ließ, weiß ich nicht, – die Stimme habe ich nicht zuordnen können, und unter Larve und Häs ist es sowieso sehr schwer jemanden zu erkennen.

großer Hansel - Hanselsprung Schramberg 2013
großer Hansel – Hanselsprung Schramberg 2013, © C. Neff 2013

Wer es auch immer gewesen sein mag, – das war wirklich ein gelungener „Fasnetsstreich“ – ein Fasnetsstreich der mir fast die Sprache verschlug – ich hatte wirklich Schwierigkeiten die Hoorigkatz aus dem Stehgreif zu übersetzten. Weiterhin hatte dieser „Fasnetsstreich“ auch einen gewissen Esprit, – die Hoorig-Katz auf Französisch auf singen zu lassen – denn  immerhin feierte man 2013 die 50 Jahre Élysée-Vertrag  (hierzu auch die Beiträge: Blognotice 22.01.2013: pensées personnelles franco-allemandes sur le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée; Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff;  Blognotice 22.09.2012: Commémoration du discours historique de Charles de Gaulle du 9.9.1962 à Ludwigsburg). Weiterhin gehört Schramberg, dank der Initiative und Tatkraft des Bürgermeister Konstantin Hank, zu den ersten deutschen Städten die nach dem zweiten Weltkrieg, eine Städtepartnerschaft mit einer französischen Stadt aufnahmen. Im Jahres 1958, also schon fünf Jahre vor dem Abschluß des Élysée-Vertrages, wurde diese Städtepartnerschaft zwischen Hirson und Schramberg geschlossen.

Diese Begegnung mit dem großen Hansel auf dem Schramberger Hanselsprung am Fasnetssonntag 2013 wird mir wohl sehr lange in Erinnerung bleiben.  Soweit es die Schramberger Narrenzunft erlaubt, werde ich den gesamten Schramberger Narrenmarsch, – die berühmte „Hoorig Katz“ komplett ins Französische übersetzten und hier im Paysagesblog veröffentlichen.

Die Fasnet ist nun wieder vorbei, – der Aschermittwoch kündigt das Osterfest und die dazwischen liegende „Fastenzeit“ an. Nun wird es wieder ein Jahr dauern bis der Schramberger Talkessel von Schellenlärm und d’Hoorig Katz in sein sonderbares Klangbad eingetaucht werden wird. Ein Klangbad, welches das Ende des Winters und den baldigen Frühlingsbeginn ankündigt.

kleiner Hansel + Da Bach na Fahrer, Hanselsprung Schramberg 2013
kleiner Hansel + Da Bach na Fahrer, Hanselsprung Schramberg 2013, © C. Neff 2013

Die Begegnung mit dem großen Hansel, erinnerte mich an meine frühen Kindheitstage, – als ich, noch als ganz kleiner „Bua“ den Großeltern von den tollen Schramberger Hanseln erzählte. In Saulgau (damals noch ohne Bad) bei den Großeltern väterlichseits gab es zwar die auch sehr schönen „Dorausschreier“  mit ihrem bekannten  Narrenruf „Doraus, detnaus, bei der alte Linda naus.“  aber mit den Schramberger Hanseln und auch den Sulgener Krattenmacher konnten diese Saulgauer Narrenfiguren  in meinen damaligen Kinderaugen nicht bestehen. Bei den Großeltern mütterlicherseits, dem französischen Teil der Familie, – die Großeltern Migliori wohnten damals noch in Eckbolsheim bei Strasbourg – da waren es einfach die „ les fabuleux Hansel de Schramberg“.

Eh, oui – parfois ces fabuleux Schramberger Hansel comprennent  et parlent  même un peu de français.

Photos: alle © C. Neff 2013 ; Narro + Hansel; Winterhimmel und Februarschnee in Schramberg; großer Hansel; kleiner Hansel + Da – Bach – na-Fahrer; (alle vom Schramberger Hanselsprung 2013)

Christophe Neff, 13.02.2013

Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr (24.4.2011)

En écrivant mon dernier billet je me rendais compte qu’en fait il y n’avait pas d’article dans la Wikipedia.fr sur les cloches de Pâques. Il y a une petite ébauche sur le film de Louis Feuillade éponyme, mais pas d’article sur les cloches de Pâques. Dans l’article Pâques on trouve dans le chapitre « Fêtes et traditions populaires » les phrases suivantes (dernière consultation 24.4.2011 21:15): « En Belgique et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques. Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu’elles sont parties pour Rome, et qu’elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu’elles sèment à leur passage. En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l’occasion de partager un gigot d’agneau rôti accompagné de flageolets ». Ce n’est pas grand-chose, aucune source indiquée et en plus, concernant le repas de Pâques en Allemagne, c’est faux,  le gigot d’agneau pour le repas de Pâques n’est pas une tradition allemande,  peut être est-ce en train de le devenir sous l’impulsion de « live-style » magazine, mais ce que les auteurs de wikipedia – en fait l’auteur Gwalarn le 27.3.2005  à 19 :10  révèlent, relève en ce qui concerne l’Allemagne de la pure fiction. Donc ce qu’on trouve dans la wikipedia sur les cloches de Pâques est bien maigre ! C’est un peu dommage, car personnellement je crois qu’autrefois il y avait en effet un vrai fossé culturel – une sorte de röschti-graben qui séparait la culture francophone (catholique) – celle des cloches de Pâques – et allemande (protestante) celle du lièvre de Pâques – le fameux Osterhase. Déjà comme petit gamin durant les week-ends pascaux à Eckbolsheim, je m’apercevais de cette différence fondamentale entre l’Allemagne et la France. En fait, qu’on parlait français à Strasbourg, – grandissant dans un ménage bilingue cela ne m’a pas étonné, en plus le dialecte alsacien qu’on entendait ici et la dans la rue ne m’était pas étranger, car le Schramberger Schwäbisch est linguistiquement relativement proche du dialecte alsacien comme on le pratique à Strasbourg et dans une partie du Bas – Rhin. C’est la tradition des cloches de Pâques qui n’existait pas en Allemagne, qui m’a fait ressentir comme gamin de 4 ou 5 ans que Strasbourg et la France étaient donc un autre univers, l’univers où les œufs de pâques étaient rapportés par les cloches. En plus pour mes copains du Kindergarten St. Maria au Sulgen, – aussi bien qu’à la Grundschule Sulgen – la tradition de cloches était totalement inconnue. C’est Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach qui a très bien décrit ce phénomène de frontière culturelle entre cloches de pâques et lièvre de pâques que j’ai moi-même connu comme gamin. « Le lièvre de Pâques, c’est comme la cigogne et Saint Nicolas, mes copains francs-comtois ne le connaissent pas, ils disent que les œufs sont apportes par les cloches, ce qui est difficile ä croire – comment feraient les cloches pour les retenir sous leur jupe et comment feraient les œufs pour ne pas se casser en tombant ? En Alsace, on est quand même plus sérieux, le jour de Pâques, après la grand-messe, mes Cousins, mon petit frère et moi, nous faisions chacun notre nid de paille dans le verger de grand-mère, puis nous passions à table en attendant que le lièvre distribue les trésors de sa hotte. » et quelques phrases plus tard « Nous courions vers les nids, ils étaient pleins d’œufs, de poissons, de lapins et de cocottes en sucre, en frangipane, en chocolat, il y avait aussi un agneau pascal en génoise et de véritables œufs durs qu’en temps ordinaire nous aurions dédaignés mais que nous engloutissions jusqu’ä l’étouffement parce qu’ils étaient peints en rouge ou en bleu » (Egen, Jean 1992, p.142-143). Chez mes grands-parents à Eckbolsheim, cela se passait semblablement, – sauf à un détail près, très important, – ma grand mère de souche lorraine, – qui avait déjà intégré avec grande habileté toutes ces pâtes italiennes (capeletti , gniocchi, etc. etc.) (dans ce contexte voir ici et ici) dans son ménage,  et ces pâtes- la elle les faisait encore elle-même jusque à la fin des années 1990, – elle intégra les lièvres de pâques alemano-alsaciens dans les cloches franco – françaises. Naturellement c’était les cloches qui nous rapportaient les lièvres rouges en sucre que nos parents transportaient depuis Schramberg pour approvisionner les cloches d’Eckbolsheim. Les cloches qui lâchaient toutes ces friandises dans le grand jardin de la maison familiale rue des pommes à Eckbolsheim, sous le grand cerisier, sous les buissons de groseilliers – et il y en avait des groseilliers – des noirs (cassis), des rouges, et même des Groseilliers à maquereau.

Au début des années 1970 mes grand – parents déménagèrent vers le Midi français, – un pays où le lièvre de pâques était un vrai inconnu,  sauf naturellement dans notre famille où les cloches franco-allemandes avaient toujours un « Osterhase » dans leurs bagages, que se soit à Aubord ou à Port Leucate. Si je me souviens bien, je crois avoir aperçu les premiers lièvres de pâques en chocolat dans le midi, au début des années 1980 – juste quelque temps avant l’élection de François Mitterrand, chez quelques pâtissiers-confiseurs. C’était pour ainsi dire un des avant-signes de la mondialisation. Entre-temps le « Osterhase » allemand devenait un article de la consommation de masse , le lièvre de pâques en chocolat qu’on trouve en Allemagne de nos jours dès début février dans les Supermarchés a presque failli faire disparaitre les rote Zuckerhasen de mon enfance. C’est devenu tellement rare que les rares pâtissiers-confiseurs qui prennent encore le temps de faire des rote Zuckerhasen, sont présenté dans des articles de presse (p.Ex. ici) – les rote Zuckerhasen autrefois une spécialité de l’Allemagne du Sud-  sont de nos jours une espèce en voie de disparition.

Dans notre monde mondialisé  où les coutumes disparaissent ou se transforment en mode de consommation de masse,  l’histoire du père noël en chocolat qui finit en lièvre de chocolat et qui est présent dans les étalages de supermarchés allemands de début Septembre jusque début mai est un triste exemple, il est clair que les différences culturelles, ce röschti-graben culturel entre le monde germanophone et francophone que j’ai moi-même encore connu entre le Osterhase et les cloches et qui est si bien décrit par Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach se rétrécit de plus en plus.

Je pense quand même que les cloches de pâques mériteraient un bon article dans la wiki.fr. – si même le lièvre de pâques en a un (même si l’article se dénomme lapin de pâques – ce qui est historiquement faux – car c’est  bien le lièvre de pâques qui fut le premier à s’établir dans le vocabulaire, puisque c’est bien la traduction littérale du terme Osterhase  et  par la porte de l’Alsace le lièvre de pâques débarquait donc dans la langue française); mais un article bien sourcé qui nous raconte l’origine historique et religieux des cloches de pâques qui ramenaient les œufs de pâques serait certainement le bienvenu. Naturellement il reste la question de savoir si ces fameuses cloches de pâques sont simplement une tradition franco-française, ou si on trouve cette tradition dans la partie francophone de la Belgique, au Québec, en Suisse romande, ou même en Afrique francophone, – où la France n’a pas seulement laissé sa langue mais aussi partiellement le catholicisme comme par exemple dans le Sud de la Côte d‘ Ivoire.

Source & Citations :

Egen, Jean (1992) : Les tilleuls de Lautenbach. Mémoires d‘ Alscae. T 1. 3ème édition. Paris, Stock, ISBN 2-234-02523-0.

Joyeuses Pâques à tous mes lecteurs et toutes mes lectrices

Christophe Neff, Grünstadt le  24.4.2011

Blog notice Dimanche 28.11.2010: chutes de neige de fin novembre 2010 en Forêt Noire et dans la Raumschaft Schramberg

Pour revenir sur mon dernier billet Blognotice- les premiers flocons de neige 2010  à Grünstadt et dans la Unterhaardt.  Pour le reste du Sud de l’Allemagne les prévisions météorologiques ont été par contre plutôt correctes. Il y a eu beaucoup de neige, surtout en Forêt Noire. A Schramberg , entre Schramberg et Schramberg -Sulgen , – il y a eu tellement de neige que le port de chaînes pour les poids-lourds était devenu obligatoire , d’après les annonces des divers radios trafics. Des chaines neiges fin  novembre , même pour la forêt noire c’est assez exceptionnel. Ces fortes chutes de neige de fin novembre en Forêt Noire me font poser la question aux forces politiques qui veulent à tout  prix fermer l’Hôpital de Schramberg (Kreiskrankenhaus Schramberg). Qui assura la couverture médicale durant les longs hivers de montagne, qui prendra en charge les accidentés de la Raumschaft Schramberg , si comme cela arrive si souvent, la route B 462 entre Sulgen et Dunningen est coupée pour cause de neige verglaçante ?

Cet hôpital fut pendant des décennies une des composantes majeures du paysage de la Talstadt Schramberg. Combien de jours lui reste-t-il ? Combien d’hivers encore ?

Il y a dix-neuf ans, fin novembre 1991 mon propre père  sortit de cet hôpital de campagne avec le diagnostic mortelle d’un cancer généralisé. Les premières neiges étaient déjà tombées ,même dans la Talstadt(vallée) Schramberg. Un hiver assez rude s’annonçait. Le médecin de famille le Dr. Gäckle et un ami de la Famille Werner Klank , lui aussi médecin étaient prêts à assurer les soins pendant les dernières semaines que mon père avaient encore à vivre et cela lui permit de passer ce temps chez lui avec sa famille. Mais Werner le rouge par conviction politique n’avait pas de voiture. Je lui prêtai donc la mienne, une petite Peugeot rouge 205, que j’avais financé avec l’argent gagné durant mes périodes de réserve militaire. Dans le coffre il y avait les chaînes  neige. En lui remettant la voiture Je lui disais, « Werner hier sind die Schneeketten, vielleicht  wirst du die ja brauchen ». En fait ce fut un hiver, rude, assez long, – Werner a été obligé, je crois, de mettre deux ou trois fois les chaînes. Quelques semaines plus tard, en Janvier 1992 nous enterrions notre père au cimetière de Sulgen sous un épais manteau de neige. C’était un vrai hiver de Forêt Noire. Dunkle Tannen (sombre sapins) et belles lumières, beaucoup de chutes de neige, à tel point que les croix en bois des morts  récents au cimetière du Sulgen disparaissaient sous la couverture neigeuse.

Christophe Neff, Grünstadt le 28.11.2010