Vue de Grünstadt 02.04.2015: Vue sur le paysage urbain de Grünstadt

Vue de Grünstadt 16  21.03.2015 7.04Confiné pendant plusieurs jours dans une chambre de l’Hôpital de Grünstadt (Kreiskrankenhaus Grünstadt) après une opération chirurgicale au genou, j’ai essayé de prendre tous les jours une photo du paysage urbain de Grünstadt depuis mon lit d’Hôpital. Tous les jours, même tous les heures des couleurs différentes, la lumière changeant dans un paysages structuré urbain, structuré par le « Westring » – l’autoroute A 6 (d’ailleurs une des plus anciennes autoroutes allemandes), les deux églises – l’église protestante de St.Martin (clocher couleur brun-rouge de grès) et l’église catholique St. Peter (clocher couleur blanc) – au fond, les vignobles de la Unterhaardt, et parfois même à l’horizon, on peut même reconnaitre les cheminées du Großkraftwerk (centrale electrique) à Mannheim-Neckarau et ainsi que la ville de Ludwigshafen avec le grand complexe industriel de la BASF. Dans cette vue du paysage urbain de Grünstadt, la vue d’ensemble est séparée par une ligne imaginaire, où on peut reconnaitre avec un peu de « Ortskenntnis » (connaissance des lieux) la ligne de chemin de fer Grünstadt – Bad Dürkheim.

Vue de Grünstadt 9  22.03.2015 17.27

Notons que la Unterhaardt, ces coteaux à caractère subméditerranéen entre Grünstadt et Bad Dürkheim, qui est un des rares paysages allemands presque entièrement dominés par le vignoble, n’a jusqu’à présent pas d’article sur la wikipedia allemande. On trouve un peu de tout sur la Wikipédia allemande, mais sur la Unterhaardt on ne trouve absolument rien, ceci me semble assez étrange[1].

En regardant les lumières et couleurs changeantes du paysage urbain de Grünstadt, je pensais aussi à Christoph Jentsch, professeur de géographie humaine, récemment décédé qui fut un de mes maitres. Je me souviens, qu’il disait – „Landschaft ist ein Bildauschnitt, ein Blickwinkel“ – le paysage est une partie d’un tableau, un angle de vue. Donc la notion de paysage est toujours liée à l’homme, à l’inverse de l’écosystème – qui existe et qui existera sans l’intervention de l’homme. Sans la vue de l’homme sur un espace – pas de Landschaft, pas de paysage, pas de landscape. Ces paroles furent, si je me souviens bien, prononcées pendant la préparation du projet de recherche « Neuscape » – « Nested ecological understanding of changing cultural landscapes”. Comme assistant de Peter Frankenberg, à la chaire de géographie physique de l’Université de Mannheim[2], je fus chargé de préparer pour Peter Frankenberg et Christoph Jentsch en collaboration avec Shivcharn S. Dhillion[3], James Aronson, François Romane, Edouard Le Floc’h et Anne Grossmann[4] une demande de financement de la Communauté européenne pour un projet de recherche sur un transecte de paysages européens allant de la Norvège à l’Espagne du Sud, incluant des paysages en Norvège, Allemagne (Palatinat et Forêt Noire), France (Midi français incluant les garrigues de Nîmes, les Costières de Nîmes, les site Cazarils du CEFE, Corbières et Cap Leucate,) – les paysages de Montado au Portugal et des paysages espagnols de l’Andalousie méridionale. Finalement le projet ne fut jamais financé par la communauté européenne, mais à titre personnel, en préparant cette demande de financement j’ai beaucoup appris sur les paysages européens et aussi sur le fonctionnement de la fameuse DG XII pendant les années Cresson. L’acronyme du projet « Neuscape » étaient d’ailleurs librement inspiré du Netscape navigator, – qui était durant les années 1990 le navigateur web dominant. Tout cela maintenant appartient à l’histoire, mais les mots du Professeur Jentsch sur la « Landschaft » me semblent inoubliables.

Donc en prenant en photo les différents couleurs des paysages urbains de Grünstadt avec mon smartphone, je pensais à ces mots que le Professeur Jentsch avait exprimés durant les années 1990 sur les paysages et Landschaften. Beaucoup de lecture aussi, durant ces jours dans mon lit d’hôpital. Je finissais les derniers chapitres du « dictionnaire amoureux du Brésil », dont j’avais déjà parle dans Bala l’homme de la forêt. Je traversais le paysages de cimetières sous-marins avec « Edgar Bentler dit Ed » entre Hiddensee, Rügen et le Danemark (l’ile de Møn) , – dernier chapitre du roman « Kruso » de Lutz Seiler, dans lequel est thématisé le destin tragique de « Republikflüchtlinge», qui essayèrent de traverser la mer baltique pour fuir la DDR et de rejoindre le Danemark à la nage, en planche à voile, etc. et dont la fuite pour la plus grande majorité trouva une fin tragique dans les fonds de la mer baltique. Le roman de Lutz Seiler qui fut récompensé par le Uwe Johnson Literaturpreis et le Deutsche Buchpreis 2014, mériterait certainement une traduction en français.

Un autre paysage que je traversais avec l’aide d’une lecture fort intéressante, fut la carte cognitive des fonds philosophiques des pensées Poutinienes, que je découvris dans le petit livre de Michel Eltchaninoff[5] qui porte le titre programmatique « Dans la tête de Vladimir Poutine ». Ayant comparé dans une petite notice de blog publié en décembre 2013, Monsieur Poutine avec Nicolas Ier de Russie, cette lecture du livre de Michel Eltchaninoff, semble confirmer mes pensées (et même au-delà) assez sceptiques envers la politique neo-imperialiste du nouveau Tsar. Le livre finit avec ces phrases remarquables « Désormais, grâce au plan le plus nationaliste et pseudoscientifique de la philosophie russe, Poutine rend à la Russie sa vocation idéologique internationale. Le conservatisme identitaire doit devenir un phare pour tous les peuples du monde.  La mobilisation conservatrice, initiée et dirigée par le Kremlin, n’a plus de frontières. L’URSS n’était pas un pays, mais un concept. Avec Poutine, la Russie est à nouveau le nom d’une idée. » Un livre intéressant, -un livre qui mériterait une traduction anglaise, allemande, – et même au-delà. En ce qui concerne une traduction allemande potentielle du livre de Michel Eltchaninoff, celle-ci devrait être lue par tous les membres du Auswärtiger Ausschuss du Bundestag. Et pour finir je commençai les premiers chapitres de « Schubert’s Winter Journey » de IAN Bostridge, livre que j’avais découvert il y a quelques semaines dans la République des Livres – grâce au billet au titre prometteur « Schubert tel que vous ne l’avez jamais lu » – ce billet, et cela mérite d’être signalé, est ,si je suis bien renseigné, un des rares billets de Pierre Assouline, qui nous présente un livre anglais dont la traduction française se fait attendre. Mais peut être le billet enthousiaste de P.A. incitera un éditeur français ou francophone de se lancer dans la traduction de l’ouvrage.

Le jour où je sortais de l’Hôpital je découvre les premiers Forsythia de Paris (Mimosa de Paris) en fleurs à Grünstadt, -et dans mon jardin je découvre les premières branches de notre Abricotier qui commence à fleurir – le printemps semble réellement s’installer dans les paysages de la Unterhaardt. Mais ce même jour je découvrais aussi à quel point la tragédie du vol vol 4U9525 Germanwings qui s’est écrasé dans le Massif des Trois-Évêchés avait traumatisé l’Allemagne. Mais ceci est une autre histoire. D’ailleurs Dirk Kurbjuweit dans le dernier Spiegel (14/2015) a écrit un commentaire intéressant sous le titre « Ohne festen Boden – Das Flugzeugunglück beendet den Mythos von deutscher Sicherheit ». Depuis quelques jours ont passé, – l’ouragan Niklas vient de traverser l’Allemagne, mais notre Abricotier en pleines fleurs maintenant a bien résisté, – le printemps est maintenant bel et bien arrivé sur les coteaux de la Unterhaardt, même si nous risquons peut être encore de voir tomber quelques flocons de neiges pendant le week-end pascal. Mon radius d’action est encore assez limité, je viens de commencer un nouveau livre … –  « le dictionnaire amoureux de l’Alsace » de Gilles Pudlowski. C’est un livre qui nous parle avec amours des paysages alsaciens, de ses villes et villages, de ses écrivains et artistes, de son art gastronomique … un livre qui mérite encore la lecture et qui mériterait aussi une traduction et adaptation allemande, même si il y déjà été édité en 2010 – je crois même qu’une édition allemande pourrait devenir un succès commercial dans le « Buchhandel » allemand. C’est aussi un livre plein de découvertes, – au moins pour moi, – et c’est ainsi que j’ai découvert le poète-écrivain-résistant Jean Paul de Dadelsen.

Dans ce livre de Gilles Pudlwoski j’ai particulièrement savouré le chapitre dédie à la ville de Wissembourg. Passer une belle journée a Wissembourg, voir ce qu’il y de nouveau dans la librairie «à livre ouvert» chez Willy Hahn, est ce que je trouverai « Goethe en Alsace » de Jean Paul de Dadelsen ? Déjeuner au Cygne – peut être une Grumbeeredetchl » au saumon fumé, chantilly au raifort et petite salade de saison – et après passer chez la pâtisserie – chocolaterie Rebert pour quelques gourmandises avant de faire une belle promenade entre Rott, Cleebourg et Drachenbronn longeant les vignes et les lisières des belles forêts des Vosges du Nord. Naturellement je rêve, – en ce moment je marche avec des béquilles, et pour le Week-end les services météorologiques allemands nous annoncent des chutes de neige même en plaine … mais le dictionnaire amoureux de l’alsace est un livre qui nous invite à rêver de ce beau paysage, ce beau jardin l’Alsace !

Photos sélectionnées du paysage urbain de Grünstadt prise depuis ma chambre d’hôpital entre le 20.3 – 26.3.2015.

Vue de Grünstadt 1  21.03.2015 6.44Vue  sur Grünstadt, 21.03.2015  6:44

Vue de Grünstadt 4  21.03.2015 6.48Vue  sur Grünstadt, 21.03.2015  6:48

Vue de Grünstadt 5  21.03.2015 16.28Vue  sur Grünstadt, 21.03.2015  16:28

Vue de Grünstadt 7  22.03.2015 8.43Vue  sur Grünstadt, 22.03.2015  8:43

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Vue de Grünstadt 9  22.03.2015 17.27Vue  sur Grünstadt, 22.03.2015  17:27

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Vue de Grünstadt 13  23.03.2015 19.01Vue  sur Grünstadt, 23.03.2015  19:01

Vue de Grünstadt 14  25.03.2015 15.37Vue  sur Grünstadt, 25.03.2015 15.37

Vue de Grünstadt 15  26.03.2015 7.06Vue  sur Grünstadt, 26.03.2015  7:06

Photos: toutes © Christophe Neff 2015

Sources, livres etc. :

Bostridge, Ian (2015) : Schubert’s Winter Journey. Anatomy of an Obsession. London, (Faber & Faber), ISBN 978-0-571-28280-7

Eltchaninoff, Michel (2015): Dans la tête de Vladimir Poutine. Essai. Arles (Solin/Actes Sud), ISBN 978-2-330-03972-1

Lapouge, Gilles (2011):   Dictionnaire amoureux du Brésil, Paris, (Plon), ISBN 978-2-259-20925-0

Kurbujuweit, Dirk (2015): Ohne festen Boden – das Flugzeugunglück beendet den Mythos von deutscher Sicherheit. In: Der Spiegel, 14/2015, p. 14

Pudlowski, Gilles (2010): Dictionnaire amoureux de l’Alsace. Dessin d’Alain Bouldouyre. Paris, (Plon), ISBN 978-2-259-20947-2

Seiler, Lutz (2014): Kruso. Roman. Berlin (Suhrkamp Verlag Berlin), ISBN 978-3-518-42447-6

Christophe Neff, le 02.04.2015

P.S. (05.04.2015 11:00): Le billet fut publié le 02.04.2015, depuis le 04.04.2015 nous trouvons dans la Wikipédia française un article sur « Michel Eltchaninoff ».

[1] On trouve une description des paysages de la Unterhaardt sur le site Lanis (Landschaftsinformationssystems der Naturschutzverwaltung Rheinland-Pfalz) ici.

[2] L’institut de géographie de l’Université de Mannheim fut fermé du au mesure de restructuration universitaire entame pas le rectorat Arndt. Christoph Jentsch en 2009 à édite un livre sur l’histoire de la géographie à l’Université de Mannheim sous le titre: « Das Fach Geographie an der Mannheimer Hochschule 1907 bis 2006. Eine Dokumentation von Christoph Jentsch ». Dans paysages j’ai consacré en 2009 un article (en allemand) a cette documentation édité pas Christophe Jentsch sous le titre « Das Fach Geographie an der Mannheimer Hochschule ».

[3] Durant la préparation de Neuscape Shivcharn S. Dhillion était chercheur – enseignant à l’université de Oslo en Norvège.

[4] James Aronson, François Romane, Edouard Le Floc’h et Anne Grossmann étaient à cette époque membres du CNRS-CEFE à Montpellier. Dans les années le CEFE s’appelait encore Centre d’Ecologie Fonctionnelle & Evolutive, CEPE Louis Emberger en mémoire du phytogéographe Louis Emberger.

[5] En écrivant ce texte, je découvre qu’il n’existe pas d’article sur Michel Eltchaninoff dans la Wikipedia française. Dommage, – car Eltchaninoff aurait surement mérité un article dans la wikipedia.fr

Blognotice 07.12.2014: Dagmar Gilcher – à nouveau sur les traces de Johnny/ Dagmar Gilcher – wieder auf den Spuren von Johnny

Scan rester vivant IMG-b-3 (2)Le matin du mercredi 3. Décembre 2014, jour où Grünstadt se réveillait couvert par un  léger manteau de neige, je découvris dans la Rheinpfalz, – un petit article de Dagmar Gilcher « 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig ( 50 lignes de chanson – la légende et les légendes – en très bonne santé (trad. C. Neff)).  Eh bien, oui dans ce petit article, Dagmar Gilcher, une fois de plus se balade sur les traces de Johnny Hallyday[1], – elle nous parle de son nouvel album « rester vivant » – elle nous raconte le succès du show commun avec Eddy Mittchell et Jacques Dutronc « vieilles canailles ». Concernant le nouvel album « rester vivant » –  Dagmar Gilcher écrit « Auf dem neuen Album rockt er fast besser als jemals zuvor, mit der altbekannten Mischung aus Blues und Country …. (Sur le nouvel album il rocke  presque mieux que jamais avant, avec le mix bien connu de Blues et Country (trad. C. Neff). Dagmar Gilcher  semble manifestement bien aimer la musique de Johnny, et ainsi tient les fans  de Johnny qui se trouvent dans la zone de diffusion de la Rheinpfalz au courant des exploits artistiques de Johnny. Mais dans son joli petit article sur Johnny elle a quand même oublié une information essentielle – dans le cadre de la tournée « rester vivant » – Johnny donne un concert à Strasbourg, –  le vendredi 3. Novembre 2015 au Zénith Europe de Strasbourg. Cette information pourrait certainement intéresser les lecteurs (fans de Johnny) de la Rheinpfalz car Strasbourg ne se situe pas trop loin de l’aire de couverture de la Rheinpfalz. C’est pour cette raison, – que j’écris cet article dans une version bilingue  (française-allemande).

Et l’auteur de ces  lignes trouve que « rester vivant [2]» c’est un bel album, – très belles paroles, bon rythme. Peut-être que j’essaierai d’assister à un des concerts de la tournée, – peut être Strasbourg – mais disons que pour des raisons « biographiques » – j’aimerais voir Monsieur Smet aux arènes de Nîmes le jeudi 02.2015. Mais je sais bien, que pour de raisons professionnelles, ce sera quasiment impossible de partir à Nîmes, en pleine semaine. Mais il reste le concert de Strasbourg en Novembre,- cela me semble plutôt être réalisable.

Scan rester vivant IMG-b-3 (3)Am Morgen des Mittwoch 3. Dezembers 2014, als Grünstadt vom ersten Schnee bedeckt erwachte, entdeckte ich in der Rheinpfalz, einen kleinen Artikel von Dagmar Gilcher mit dem Titel „« 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig“. Hier spaziert also Dagmar Gilcher wieder auf den Spuren von Johnny Hallyday[3]. Sie erzählt uns von seinem neuem Album „rester vivant“, vom Erfolg der gemeinsam mit Eddy Mitchell und Jacques Dutronc gestalteten show „vieilles canailles (dt. = alte Knacker)“. Über das neue Album von Johnny schreibt sie u.a. folgendes „Auf dem neuen Album rockt er fast besser als jemals zuvor, mit der altbekannten Mischung aus Blues und Country (Gilcher 2014)“. Offensichtlich scheint Dagmar Gilcher die Musik von Johnny zu mögen, -und so hält sie die Leser (und Fans) von Johnny die sich im Verbreitungsgebiet der Rheinpfalz befinden über die künstlerische Entwicklung Johnny Hallydays auf dem Laufenden.  Doch in ihrem netten kleinen Artikel über Johnny Hallyday hat Frau Gilcher eine wesentliche Information vergessen, nämlich, dass Johnny im Rahmen seiner Tournee „rester vivant“ auch ein Konzert in Strasbourg veranstaltet, – und zwar am Freitag den 3. November im Zénith  Europe. Diese Information könnte Rheinpfalzleser durchaus interessieren, da sich ja Strasbourg nicht allzu weit vom Verbreitungsgebiet der Rheinpfalz befindet. Das ist auch der Grund weshalb ich diesen Artikel in einer bilingualen Version (französisch-deutsch)verfasst habe.

Und der Verfasser  dieser Zeilen, – ja der Verfasser dieser Zeilen findet, dass das Album „rester vivant (dt. = am Leben bleiben bzw. weiterleben)[4] ein durchaus gelungenes Album ist, schöne Texte und Worte, guter Rhythmus. Vielleicht werde ich versuchen ich eines der Konzerte der Tourne zu besuchen, vielleicht in Strasbourg. Aber soweit möglich, sozusagen aus biographischen Gründen, würde ich gern Monsieur Smet in der Arena von Nîmes am Donnerstag den 2 Juli 2015 sehen. Aber das wird sich u.a. auch aus beruflichen Gründen kaum realisieren lassen, –  bleibt also noch der Novemberauftritt in Strasbourg.

Sources/Quellen:

Gilcher, Dagmar (2014): 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig. In: Die Rheinpfalz, Nr. 280 Mittwoch, 3. Dezember 2014 (Kultur)

Scans de la couverture de l‘ album rester vivant.

Christophe Neff, le 07.12.2014

 


[1] Voir le billet  «Johnny vu par Dagmar Gilcher»

[2] Une tres belle critique de l’album se trouve dans le monde.fr « Johnny Hallyday, pris en flagrante envie » malheuresement ce texte est reserve aux abonnées du Monde.fr.

[3] Siehe u.a.  den Post «Johnny vu par Dagmar Gilcher (in frz.)», oder auch Gilcher, Dagmar (2013): Immer noch da – Frankreichs Rock Idol Johnny Hallyday wird 70 – ein (fast) unerklärbares Phänomen. In: Die Rheinpfalz, Nr. 136, – Ihr Wochenende – Balkon: Über Grenzen. Samstag 15. Juni 2013

[4]   Eine sehr schöne Kritik des Albums befindet sich auf lemonde.fr  unter dem Titel« Johnny Hallyday, pris en flagrante envie ». Leider ist der gesamte Text nur den Abonnenten von le  Monde.fr. vorbehalten.

Blognotiz 16.11.2014: Novembererinnerungen an Saulgau – Gedanken zum Volkstrauertag 2014

Grünstadt im Novembermorgennebellicht 15.11.2014
Grünstadt im Novembermorgennebellicht © C.Neff 15.11.2014

Grünstadt tauchte gerade aus dem Novembermorgenlicht, als ich die Traueranzeige, die ein Herr Dr. Michael Stahl, im Feuilleton der Frankfurter Allgemeinen Zeitung des 14.11.2014 veröffentlichte, entdeckte. „Wanderer kommst du nach Sparta, verkündige dorten, du habest uns hier liegen gesehen, wie das Gesetz es befahl (1795)[1]Den Gefallenen unserer Familie zum ehrenden Gedächtnis, den Lebenden zur Mahnung“. Es folgen 6 Namen der Familie Stahl, Namen von Soldaten die zwischen 1914- 18 und 1939 – 45 in Frankreich, Russland, und der Ukraine gefallen sind ….. Am Schluss der Anzeige kann man lesen, Dr. Michael Stahl, geboren 1959, lebt seit 55 Jahren in Frieden und Freiheit.

Die Worte  des mir unbekannten Dr. Michael Stahl hatten mich beeindruckt, – auch ich lebe nun schon seit 50 Jahren in Frieden und Freiheit, – vor allem weckten die Worte der Traueranzeige Kindheitserinnerungen. Erinnerungen an die herbstlichen und winterlichen Reisen zur Familie meines Vaters ins oberschwäbische Saulgau. Damals in den 1960er und 1970er Jahren, hieß das heutige Bad Saulgau[2] noch einfach Saulgau. Die Familie meines Vaters stammte aus Saulgau[3], und wir fuhren natürlich nicht nur in den Herbst- und Wintermonaten nach Saulgau, – aber aus einem mir unbekannten Grund häuften sich die Besuche in den Monaten November und Dezember[4]. In meiner Erinnerung haben sich zwei Ereignisse aus diesen „Herbst & Winterreisen“ nach Saulgau eingeprägt, – zum einen die Eisenbahn, – die kleine Modellbahn, – die Märklinbahn die man uns vom „Pischl“ mitbrachte, – damals war in Südwestdeutschland der Name Märklin das Synonym für Spielzeug & Modelleisenbahnen – und natürlich die große Bahn, – meine Großeltern wohnten in der Karlstraße genau gegenüber dem Saulgauer Bahnhof. Mein Großvater Anton Neff war Geschäftsführer einer Spedition, der Wilhelm Schramm KG, die ursprünglich aus einer Bahnspedition hervorging, – und die noch in den 1970 Jahren die Kohlen und das Heizöl, welches rund um Saulgau vertrieben wurde, per Bahn im „Wagenladungsverkehr“ erhielt. Ich kann mich noch daran erinnern, wie ich meinen Onkel Ewald beim „Entladen“ der Kohlewagen begleitete, –  wie wir dann im Mercedeslaster (wahrscheinlich ein Kurzhauber L322) die Kohlen ins Lager fuhren. Die Großeltern zogen dann später in ein Haus in der Hindenburgstraße nahe dem Saulgauer Friedhof, und danach in eine Wohnung in einem der Hochhäuser an der Bad Buchauer Straße überhalb des Friedhofes. Von der Wohnung in der Bad Buchauerstraße hatte man fast einen Rundumblick über das Städtchen Saulgau, im Süden hatte man einen Blick auf die Bahnlinie nach Altshausen/Aulendorf und im Norden/Nordosten blickte man über den Saulgauer Friedhof Richtung Bussen. Die Tage, soweit ich mich erinnern kann, begannen mit dem Einfahrt des Güterzuges aus Aulendorf, meist von einer 50 (oft mit Kabinentender) gezogen, eine lange Dampffahne hinter sich herziehend. Der Tag endete dann meist, mit der Abfahrt des abendlichen Güterzuges nach Aulendorf, der in den frühen 1970er Jahren von einer 211 oder 212 gezogen wurde. Ja, und abends, wenn die Nacht einbrach, schweifte dann der Kinderblick, über den von Grablichtern erleuchteten Friedhof zum Bussen. Die Grablichter Oberschwabens haben mich als Kind so beindruckt, – dass ich viele Jahre später, bei einem Flug über Sibirien, zwischen dem Blick auf die unendlichen Wald- und Schneelandschaften und der Lektüre von  Pierre Michons Buch  (2010): „Le roi vient quand il veut. Propos sur la littérature“, an die roten leuchtenden Grablichter in Oberschwaben, dem Blick über den Saulgauer Friedhof denken musste[5].

Die Toten, die Vermissten, die Gefallen der Weltkriege, – aber auch die Gespräche über die, die als für immer Gezeichnete aus dem Krieg zurückkamen, – das waren die Gespräche, die mir aus diesen Kindheitstagen, den Herbsttagen in Saulgau in Erinnerung geblieben sind. Er war eine Welt zwischen Eisenbahnen, Gefallenen, Kriegsgezeichneten, Kriegsversehrten ….

scan briefe aus dem ostenManchmal fielen auch solche Worte wie, – nach Stalingrad, da wussten wir, dass der Krieg verloren waren,  – und dann fiel manchmal eine beklemmende Stimmung über die Familienrunde, – Opa und Oma[6], der Paul, die Vroni, die Rita …. Was ich damals noch nicht wusste war, dass der „Verlobte“ meiner Tante Rita, eigentlich meiner Großtante Rita Schramm, in Stalingrad vermisst wurde. Er gehörte der   305 Infanteriedivision an, einem Wehrmachtsgroßverband der im Raum Ravensburg ab Dezember 1940 aufgestellt wurde, der sogenannten Bodenseedivision, – einer Division die im Winter 1942/43 in der Schlacht von Stalingrad unterging. Die 305 Infanteriedivison wurde in Stalingrad vollständig vernichtet, – nur ein paar wenige, eine kleine Handvoll Soldaten kehrten nach dem Krieg nach Süddeutschland zurück. Als die 305 ID vor Stalingrad unterging, – als es keine Lebenszeichens mehr von den Männern aus Stalingrad gab, wusste man in Saulgau (und in vielen anderen Orten Deutschlands auch), dass der Krieg verloren war. Viele Jahre später, nach diesen Herbstbesuchen in Saulgau in den frühen 1970er, begann mein Vater in den Jahren 1984/1985 mit den Arbeiten an dem Buch „Briefe aus dem Osten“[7], – Buch welches er dann letztendlich im Selbstverlag im Januar 1990 herausbrachte. Es enthält die kommentieren Briefwechsel meiner Großtante Rita Schramm mit dem Leutnant der Reserve Hans Lehmann der am 4.1.1943 vor Stalingrad vermisst wurde. Hans Lehmann gehörte der Divisions Nachrichtenabteilung 305, der 305 Infanteriedivision an. Während mein Vater mit den Arbeiten an dem Buch „Briefe aus dem Osten“ beschäftigt war, begann ich in Calw beim Fallschirmjägerbataillon 251[8] meine Ausbildung zum Reserveoffizier[9]. Mein Vater hat sich sehr schwer damit getan, dass ich mich zum Reserveoffizier habe ausbilden lassen. Die Arbeiten zum Buch „Briefe aus dem Osten“ hatte er, so lässt sich aus dem Anhang des Buches entnehmen, im Jahre 1985 weitgehend abgeschlossen, –  der Druck erfolgte jedoch erst im Januar 1990. Wieso entzieht sich meiner Kenntnis. Ich hielt das Buch, zum ersten Mal als Leutnant d. R. der Bundeswehr im Herbst 1990 in den Händen.

Im November und Dezember, den Nebeltagen, die im Herbst und zum Winterbeginn in Grünstadt doch recht zahlreich sind, diese grauen Tage lassen mich an die Herbsttage meiner Kindheit in Saulgau erinnern,  an die Geschichte von Rita Schramm und des Leutnant Lehmann, – und die seiner tausenden von Kameraden die nicht aus Stalingrad zurückgekommen sind.

Ja, bei den Herbstgesprächen, sowie ich sie als Kind erlebte, – und so wie diese mir in Erinnerung geblieben sind, –  war der Krieg, bzw. die Kriegsgeschehnisse, – die Gefallenen, die äußeren und inneren Verwundungen, – dieses Krieges, bzw. dieser Kriege, denn manchmal hallten auch noch die Erinnerung an die „Verwundungen“ des ersten Weltkriegs bei diesen Herbstgesprächen durch. Der Krieg war in diesen Tag immer noch in Saulgau zuhause, genauso wie er meine französische Familie jenseits des Rheins in Eckbolsheim, in Aubord nie ganz verlassen hatte[10].

Die Traueranzeige & Gedenkanzeige von Dr. Michael Stahl, hat mich auch daran erinnert, dass der Krieg damals als ich noch Kind war Ende der 1960, Anfang der 1970 Jahre, doch noch im Gedächtnis der Familien weiterlebte, immer und unter der  Oberfläche weiternagte – und irgendwann bei den Familiengesprächen wieder auftauchte. Die Gefallenen, die Vermissten, die Heimkehrer waren noch nicht vergessen. Von den dreizehn Kindern, meiner Urgroßmutter Augustine Neff aus Munderkingen, von den 11 Kindern die sie großgezogen hat, haben manche zwei Weltkriege erleben müssen. Bei den Herbstaufenthalten in Saulgau, war auch manchmal vom Joseph Neff die Rede. Joseph Neff, Redemptoristenbruder, der soweit ich weiß, an der Folgen der im ersten Weltkrieg erlitten Verletzungen, verstorben ist[11]. Manchmal fielen auch die Worte, – Christophe du siehst dem Joseph so ähnlich. Den Joseph habe ich nie gekannt, -geblieben sind die Erinnerungen an ein paar Familiengespräche, über einen Menschen der auch Opfer eines dieser Kriege wurde, der Mitteleuropa in den letzten hundert Jahren heimgesucht hatte. Wer erinnert sich noch heute an den Redemptoristenbruder Joseph Neff, der an den Folgen seiner im ersten Weltkrieg erlittenen Kriegsverletzungen verstarb? Auch daran musste ich denken, als ich die Trauer & Gedenkanzeige für die in beiden Weltkriegen gefallenen Mitglieder der Familie Stahl aus Göppingen gelesen habe. An den Joseph, – aber auch an den Paul, – einem der zahlreichen Brüder des Joseph Neff, – dem Paul hatte der zweite Weltkrieg das Augenlicht geraubt.

Ähnlich wie der Auftraggeber der Todes & Gedenkanzeige Herr Dr. Michael Stahl, für die in den beiden Weltkriegen gefallenen Mitglieder der Familie Stahl aus Göppingen bzw.  Süßen, habe ich das Glück seit nun fünfzig Jahren, in der Mitte Europas in Frieden und Freiheit zu leben.

Dieses Glück ist jedoch nicht vom Himmel gefallen, – dieses Glück haben wir solchen Frauen und Männern zu verdanken die nach dem zweiten Weltkrieg bereit waren über ihren Schatten zu springen, das Erlebte und Erlittene am Wegesrand zurückzulassen …. und ein neues Europa auf den Trümmern die der zweite Weltkrieg hinterlassen hatte, aufzubauen. Das sollte man anlässlich der Gedenkfeierlichkeiten zum Volkstrauertag[12] nicht ganz vergessen. Dies waren u.a.  Simone Veil, Charles de Gaulle, Konrad Adenauer, Robert Schuman, Jean Monnet, Carlo Schmid, Willy Brandt, François Mitterrand, Helmut Kohl, Michail Gorbatschow , Robert Ditter, Konstantin Hank – und viele andere mehr bekannte und weniger bekannte Persönlichkeiten ….

Quellen:

Neff, Winfried (Hrsg) (1990): Briefe aus dem Osten. Herausgegeben und Kommentiert von Winfried Neff. Graphik Uwe Rettkowski. Schramberg 1990[13].

Photos & Scans:

Grünstadt im Novembermorgennebellicht © C.Neff 15.11.2014

Voderseite Buchdeckel „Briefe aus dem Osten (Neff, W. 1990)“

Christophe Neff,  Grünstadt geschrieben am Volkstrauertag 2014 (16.11.2014)


[1] Zu diesen Zeilen von Friedrich Schillers Gedicht «Der Spaziergang» (1795) siehe auch die empfehlenswerte Lektüre des von Lukas Thommen vor über zehn Jahren in der NZZ veröffentlichten Aufsatzes „Wanderer, kommst du nach Sparta . . . Rückblick auf einen Mythos

[2] Einen gelungen Internetauftritt  über das heutige Bad Saulgau des 21 Jahrhunderts findet man unter den Seiten „Schönes Bad Saulgau“.

[3] Im Grunde genommen waren die Saulgauer Neffs, ursprünglich eine Munderkinger Familie.

[4] Einer der  Gründe dürfte bestimmt die Adventszeit vor Heiligabend gewesen sein, aber das war für meine Eltern denke ich, bestimmt nicht der Hauptgrund für die herbstlichen Saulgaufahrten gewesen sein, vor allem erklärt das nicht die häufigen Fahrten Ende Oktober/Anfang/Mitte November.

[6] Oma und Opa,  das war das Ehepaar Anton Neff (1904- 1977)  und Blanka Neff geborene Schramm (1912-1992).

[7] Das bemerkenswerte an dem von meinen Vater herausgegebene Buch „Briefe aus dem Osten“ist, dass das Buch sich dem Medium der „Feldpostbriefe“ widmete, und zwar lange bevor die historische Forschung den „Feldpostbrief“ als Forschungsgegenstand entdeckte. Weiterhin erwähnenswert erscheint mir, dass das Buch einer der wenigen (deutschsprachigen) Werke ist, welches Angaben, über die fast vergessene 305 Infanteriedivision, die sogenannte „Bodenseedivision“ enthält.

[8] Das Fallschirmjägerbataillon 251 war Teil der Luftlandebrigade 25, der sogenannten „Schwarzwaldbrigade“.

[13] Mein Vater hat die meisten Exemplare dieses Buches in seinem persönlichen Freundes & Bekanntenkreis verteilt. Ein Exemplar befindet sich im Bestand der Universitätsbibliothek Mannheim. Nach seinem plötzlichen Tod im Januar 1992 wurden ein paar Exemplare im weiteren Freundeskreis der Familie Neff Schramberg verteilt. Nach dem Verkauf des elterlichen Hauses im Lärchenweg 63, in Schramberg-Sulgen im Jahre 2005, wurden die wenigen verbliebenen Restexemplare zusammen mit dem Privatarchiv meines Vaters dem Stadtarchiv Schramberg übergeben.

Blognotice 16.04.2014: Langsamer! Plus lentement !

Langsamer! (Plus lentement!)

Vue sur le Clocher de St. Martin de Grünstadt 4.4.2014
Photo: © C. Neff «Vue sur le clocher de l’eglise St. Martin à Grünstadt (04.4.2014)

Langsamer – gegen Atemlosigkeit, Akzeleration und andere Zumutungen“  est un livre publié par Ilma Rakusa, – un petit essai qui nous démontre à quel point l’accélération permanente nous coupe le souffle dans notre quotidien. En fait c’est un des rares livres que j’ai lus, depuis ma dernière blognotice datant du 18 janvier 2014. Dernièrement, durant un voyage en train entre Hambourg et Mannheim, j’apprends par l’éditorial du Monde du 21. Mars 2014 « Et, pourtant, les Français lisent[1] » que les français lisent encore de livres – et ils lisent même une quinzaine de livre par an! Pour lire une quinzaine de livres par an, – il faut déjà une bonne portion de temps libre, – du temps sans accélération permanente. En plus en France, il y a encore cette obsession du livre et de la lecture – qui disparaît de plus dans le Bildungsbürgertum allemand. On pourrait même dire, que l’accélération permanente met en danger le concept du Bildungsbürgertum – et avec lui le concept de la lecture des livres. Pour la lecture il faut aussi un minimum de temps libre, du repos … de la tranquillité. L’obsession du livre et de la lecture en France, – je l’ai  encore retrouvée il y a quelque jours en lisant les premières pages de Medium de Philippe Sollers, livre que j’ai découvert grâce à cette petite note sympathique de Paul Edel et que j’ai acheté début mars à la libraire « à livre ouvert » à Wissembourg – « Il n’y pas si longtemps, un président de la République française se fait photographier officiellement en train de lire les Essais devant une bibliothèque, photo exposée ensuite dans toutes les administrations et les commissariats  de police. L’Histoire est plus comique qu’on ne croit, et son successeur socialiste, petit homme tenace et ironique, très « troisième République » ne lit jamais aucun livre (Sollers, P. 2014, 18)».

En France on se réjouit de la fameuse loi « anti-amazon » mais j’ai bien l’impression qu’en votant cette loi on s’est trompé de cible[2]. A fur à mesure que le Bildungsbürgertum, – les couches moyennes pour utiliser un terme français se rétrécissent – que l’accélération du quotidien, la densification de la cadence du travail, des loisirs s’intensifient – le temps libre pour la lecture, la solitude librement choisie pour se plonger dans les paysages de lectures devient un bien cher et rare – nos concepts de lecture et de livre  sont top ou tard condamné à disparaitre. Pour arriver à la « Riviera » de Sollers (Médium), pour revivre la charge des Dragon a Montfabert (Waltenberg), – pour découvrir le Monde avec les yeux de V.S. Naipul (India, Letters), pour citer quelques exemples aléatoires  – il faut surtout avoir la liberté de pouvoir choisir des moments de solitude pour naviguer librement dans le Monde des livres. Fermer les yeux et partir en voyage. Ceux qu’ils ont fait durant les dernières décennies, qu’on les dénomme Bildungsbürger ou couches moyennes – qui ont soutenu par leurs achats et lectures ce mode de lecture  – perdent de plus en plus cette liberté. L’accélération du quotidien, toujours presse – à bout de souffle – leur regard fatigué ne touche guère une page de livre.

Depuis mon dernier billet dans paysages, – presque trois mois sont passées, – on quitte la maison en pleine nuit – et après une longue journée de travail on retourne chez soi – et la nuit retombe déjà.  Les journées passent, – le printemps arrive –  les évènements passent – élections municipales en France, – l’annexion de la Crimée par la Russie – et on court toujours …. Courir – ou passer de heures en voiture, derrière le volant – pendant la nuit écoutant Melody Gardot, le dernier CD de Ute Lemper (Forever – The Love Poems of Pablo Neruda), Maria Gadú ou parfois Eddy Mitchell. Et comme pour la lecture, – pour l’écriture d’un blog, – il faut aussi du temps, – solitude, silence – liberté de réflexion.

Concernant l’annexion de la Crimée par la Russie, – personnellement cela ne m’a pas trop surpris – dans la notice du « 22.12.2013: De Dostoïevski à Mikhaïl Khodorkovski » j’avais comparé la Russie de Monsieur Putin  à la Russie de  Nicolas Ier de Russie.  Cela dit j’étais plutôt surpris par la surprise des « occidentaux » devant le « fait accompli » – le règne de Nicolas Ier de Russie il faut peut-être le rappeler,  est  jusqu’ à nos jours synonyme d’un politique expansionniste forte, il fit entre autres  déclencher la Guerre de Crimée .  Et c’est  en écrivant trois novelles sur cette guerre, publiée sous le nom « Récits de Sébastopol » que Léon Tolstoï rapportera un de ses premier succès littéraires. Mais tout ce savoir littéraire, semble être tombé en oubli dans les cercles des dirigeants occidentaux (et de leurs consultants).

Pour finit ce petit billet, – tranquillité, repos, – réflexion ne concerne pas seulement le domaine du livre et de lecture, – mais cela concerne aussi une partie de notre citoyenneté. Sans liberté de réflexion approfondie, – le Bildungsbürgertum, les couches moyenne risquent de devenir une proie facile des « Cavaliere Cipolla[3] » de nos jours, –  ces magiciens des solutions simples et miraculeux – comme par exemple en France Marine Le Pen,  Jean-Luc Mélenchon – ou en Italie Beppe Grillo – pour simplement citer quelques noms !

Notons en fin de billet,  que le paysage médiatique français – nous offre un nouvel hebdomadaire  Le 1[4] –  lancé par Éric Fottorino et Laurent Greilsamer dont la lecture nécessite tranquillité de lecture, liberté et temps de réflexion …

Malheureusement ce nouveau hebdomadaire n’est pas distribué en Allemagne, – Samedi  je fais les 100 km depuis Grünstadt pour me procurer le N.1 du l’un a la Librairie Papeterie Fetsch à Lauterbourg – et je découvre le titre prometteur  – « la France fait – Elle encore rêver ?[5] ».  Apparemment oui, – autrement je n’aurais pas fait presque 200km pour me procurer ce journal francophone – et découvrir a la une le point de vue de Jean-Marie Gustave Le Clézio – de me souvenir du visage d’Aline – résurrection de souvenirs par la plume de Duong Thu Huong (Tombe la neige) quand je chantais cette chanson il a plus de vingt voire trente ans dans les bars de Schramberg ; –   dans les années 1970 & 1980 cette chanson de Christophe était pour une partie de la jeunesse bachelière & étudiante du Sud de l’Allemagne aussi une « image de rêve d’une certaine France » – et apparemment paroles et mélodie de cette chanson ont aussi laissés des traces dans un Vietnam traumatisé par des décennies de guerre.

Dans la présentation de ce nouvel hebdomadaire sur le net – écrite par Éric Fottorino – j’ai trouvé cette belle devise « Lire court pour penser longtemps. »  …..

Livres citées :

Kaddour, Hédi (2007): Waltenberg, (Folio/Gallimard), Paris, ISBN 978-2-07-034347-8

Naipul, V.S. (1976): India – a wounded Civilization. New York, Vintage Books, ISBN 0- 1-400-3075-7

Naipul, V.S. (2007): Between Father and Son. Family Letters. New York, Vintage Books, ISBN 0-375-70726-3

Rakusa, Ilma (2012) : Langsamer ! Gegen Atemlosigkeit, Akzeleration und andere Zumutungen.  Literaturverlag Droschl Essay 54, Wien, 6. Ergänzte Auflage 2012, ISBN 978-3-85420-692-7

Sollers, Philippe (2014): Médium. Éditions Gallimard, Paris, ISBN 978-2-07-013760-2

Tolstoï, Léon (2005): Les récits de Sébastopol. Traduit du russe par Louis Jousserandot. Petite Bibliotheque Payot, Paris,  ISBN 978-2-228-89967-3

Photo: © C. Neff «Vue sur le clocher de l’eglise St. Martin à Grünstadt (04.4.2014)/Blick auf den Martinsturm Grünstadt (04.04.2014) ».

Christophe Neff, écrit le 15.04.2014, publié le 16.4.2014

 


[1] Et, pourtant, les Français lisent. ÉDITORIAL du Monde, Vendredi 21 mars 2014 – 70e année – N˚21515, download en version électronique pour les abonnées du Monde ici.

[3] Le Cavaliere Cipolla est un personnage clef de le nouvelle « Mario et le Magicien » de Thomas Mann.

[4] Le site du „le un“ se trouve ici.

[5] Sur le thème de la France « pays de rêves » j’avais publié en 2006 une petite notice personnelle « Zinedine Zidane – et nous les macaronis de « basse Italie » » – download ici.

Blognotice 15.07.2013: Images d’Outre-Forêt

Vue sur l'Église de Munchhausen 28.06.2013
Vue depuis le delta de la Sauer sur l’Église Saint-Pantaléon de Munchhausen © C. Neff 28.6.2013

Comme depuis déjà plusieurs années  j’ai passé quelques jours en Outre-Forêt pour un cours de géobotanique & écologie des paysages (voir aussi 1, 2, 3). Cours de géobotanique dédié à la végétation de la Réserve naturelle nationale du delta de la Sauer, des fleurs & plantes du village de Munchhausen et des paysages d’Outre-Forêt.  Comme je passe régulièrement au rythme des saisons dans les petits pays alsaciens longeant le Rhin et la frontière allemande, j’observe l’évolution  de ces paysages. En gare de Lauterbourg, on découvre encore des trains de marchandises à destination de l’Allemagne. La voie de chemins de fer reliant le Port de Lauterbourg au réseau SNCF semble avoir eu droit à des travaux de débroussaillement cela laisse penser que peut être les trains vont à nouveau desservir le Port de Lauterbourg.

BB475111 en gare de Lauterbourg attendant la voie libre vers l'A
BB475111 en gare de Lauterbourg attendant la voie libre vers l’Allemagne, © C. Neff 28.6.2013

A Munchhausen le delta de la Sauer se présentait d’une manière exceptionnelle – un paysage lacustre – la Sauer s’était transformée par les crues des dernières semaines en véritable lac longeant le village Munchhausen. Le chant des oiseaux, les Cigognes claquetant,  le sifflement flûté du Loriot d’Europe produisent un paysage acoustique devenu rare dans une grande partie de la moyenne Europe – du vieux Mitteleuropa. Ce véritable « soundscape » est parfois interrompu par les vibrations émises par les moteurs des chalands du Rhin et du bruit des rares trains circulent encore sur la ligne  de chemins de fer Strasbourg – Lauterbourg.

Le Lac de Munchhausen - la Sauer en crue 6.7.2013
Le Lac de Munchhausen – la Sauer en crue, © C. Neff 6.7.2013

A part cela fin, juin, début juillet, on n’entend que le chant des oiseaux et le concert des Batraciens. Et avec un peu de chance on peut même découvrir des véritables colonies de la Rainette verte. En Allemagne la Rainette verte – le fameux Laubfrosch est devenue très très rare, – elle a même disparu de beaucoup de paysages allemands. Avant cette rencontre avec les Rainettes vertes de Munchhausen dernièrement – ma dernière rencontre avec le Laubforsch date de plus de quarante ans : ce fut au Broghammerweiher à Schramberg.  Pour le naturaliste, amateurs de paysages naturels, – le delta de la Sauer est une véritable petite perle de l’Outre-Forêt.

Rainette verte (Hyla arborea) Delta de Sauer Munchhausen, © Selina Große 6.7.2013
Photo d’une Rainette verte (Hyla arborea) dans le Delta de la Sauer (Photo © Selina Große 6.7.2013)

Photos : Toutes © C. Neff,  sauf la photo de la Rainette verte © Selina Große

Christophe Neff, le 15.07.2013

Blognotiz 07.04.2013: Er ist’s – ist er es auch wirklich?

„Er ist’s –

Frühling läßt sein blaues Band

wieder flattern durch die Lüfte“ –

so beginnt eines der bekanntesten Gedichte von Eduard Mörike, – und es scheint fast so, als hätte ich heute auf dem Grünstadter Berg, die ersten Frühlingsboten in der Weinbergsflora erkannt. Am Freitagnachmittag (05.04.2013) hatte ich schon, bei einer Fahrt durch das Elsass die ersten Forsythien blühen sehen, – und nun scheint der Frühlingseinzug auch im Leiningerland ganz langsam Einzug zu halten – wobei man auf die Forsythienblüte wohl noch ein paar Tage warten muss. Hier und da blühen auch schon die ersten Mandelbäume, – wohlgemerkt die echten Mandelbäume, die weißblühenden – so blüht der weißblühende Mandelbaum zwischen Herxheim am Berg und Kallstadt dessen Blüten ich in der Blognotice vom 17.3.2012 abgebildet hatte seit letzten Freitag (05.4.2013). Die rosa blühenden Exemplare blühen meist etwas später, da es sich oftmals um Mandel-Pfirsiche (Prunus × amygdalopersica) handelt die eine etwas größere Wärmesumme brauchen um zur Blüte zu gelangen als die eigentlichen meist weißblühenden Mandelbäume. Wer aufmerksam durch die Weinberge des Leiningerlandes geht kann jedoch dort auch in der Weinbergsflora die ersten Frühlingsboten erkennen. Es wird ja auch langsam Zeit, – denn heute konnte man im SPON lesen, dass der lange Winter 2012-13 dazu geführt hat, dass viele deutsche Erdgasspeicher sich angeblich auf einem historischen Tiefstand befinden. Wie dem auch sei, – in den Rebhängen des Grünstadter Berges blühen die ersten Acker – Gelbsterne, – und kündigen damit die Ankunft des Frühlings im Leiningerland an. Hier im Leiningerland ist der Frühling nun endlich angekommen.

Photo: © C. Neff 7.4.2013 Gagea villosa (Ackergoldstern), Weinbergsflora Grünstadter Berg/am Bergel

Frühling, ja du bist’s! – Dich hab’ ich vernommen!“ (Mörike 1949,26).

Quelle:

Mörike, Eduard (1949): Eduard Mörike Werke. Sammlung Leins. Rainer Wunderlich Verlag Hermann Leins Tübingen und Stuttgart

Photo: © C. Neff 7.4.2013

Christophe Neff

Blognotice 01.04.2013 – billet de Week-end Pasqual

Il y a deux ans j’avais écrit un billet nommé « Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr » , – et depuis sur wikipedia.fr  la situation n’a guère changé – à part les quelques mots sur les cloches de pâques dans l’article Pâques , l’article Lapin de Pâques et l’article Œuf de Pâques – on ne trouve pas grand-chose. Par contre dernièrement la Rheinpfalz a consacré tout un article aux cloches de pâques (françaises) sous le titre « Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben (Quand les cloches d’église restent muettes) (Die Rheinpfalz Nr. 74, 2013) ». Dans cet article on nous explique que cette coutume « cloches muettes des églises catholiques » n’est pas tellement franco-française, mais se rencontre dans beaucoup de pays avec de forts liens avec la tradition catholique, – même en Allemagne dans les régions catholiques du Sud les cloches des églises restent muettes entre Vendredi saint (Jeudi Saint/Gründonnerstag) et le Dimanche de pâques – le silence rappelle le calvaire de Jésus Christ, mort crucifié pour « sauver l’humanité du mal ». Le retour des cloches le Dimanche de pâques, – ces cloches de pâques qui ramènent les petites friandises aux enfants, – ces cloches qui sonnent à grand éclat le dimanche matin dans les églises catholiques du monde entier – nous rappellent que « le mal » a été vaincu par le sacrifice de Jésus Christ et sa résurrection le Dimanche de Pâques. Même ici, dans le Leiningerland – le dimanche matin – les cloches sonnaient à grand éclat – un vrai paysage sonore – et il n’y avait pas seulement les cloches des églises catholiques qui sonnaient. Je me demande, combien de temps il faudra encore attendre un bon article, bien documenté et recherché  sur la wikipedia.fr sur les racines des cloches de pâques.

Personnellement, durant mon enfance franco-allemande, ce fut à Eckbolsheim, rue des pommes – sous le grand cerisier et sous les groseilliers que  j’avais fait avec mon frère et ma  sœur (et une partie de mes cousins et cousines)(voir aussi 1, 2) mes premières rencontres avec les cloches de pâques. Et après ce fut au château d’Aubord, – suivi de la villa l’olivette aux impasse de Pins à Aubord, – et d’innombrables fois ces cloches de pâques à la Griffoulière, la petite maison de vacances de mes grands-parents avec ses deux magnifiques palmiers, à Port Leucate. C’est à la Griffoulière, que mes propres enfants ont fait il y a quelques années leurs « premières rencontres » avec ces fameuses cloches franco-françaises, – naturellement c’étaient des cloches de pâques qui rapportaient aussi bien des « œufs de pâques » que des « Osterhasen ».

Vu cet hiver long et sombre en Allemagne , – surtout le manque de luminosité – même si nous avons eu droit à quelques belles éclaircies ce matin, – mais notre petit étang de jardin (Gartenteich) était encore recouvert de glace ce matin et une grande partie de l’Allemagne était encore revêtue par un manteau neigeux durant ce week-end pascal 2013 – je peux très bien comprendre mes parents, qui partaient avec leurs enfants vers le Midi,  où fleurissaient les arbres fruitiers, les Arbres de judées – où le printemps ne se faisait pas attendre comme à Schramberg.  A Schramberg l’hiver, durant mon enfance durait parfois de fin octobre jusqu’au début Mai. Pâques à Port Leucate, ce fut naturellement les cloches de pâques, beaucoup de luminosité avec encore plus de Tramontane, – et parfois le début de la floraison des Pittospores (Pittosporum tobira) dans les espaces verts et jardins de Port Leucate – avec cette senteur spéciale des fleurs des Pittospores qui ressemble fortement à la fleur d’oranger. D’ailleurs ces Pittospores qu’on plantait presque dans tous les espaces verts durant les années 1970 à Port Leucate se sont bien naturalisé depuis les années 1970 dans les paysages Leucatois (voire  aussi (Neff & Scheid 2005)).

Sources etc :

Die Rheinpfalz 2013: Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben. Die Rheinpfalz – Nr. 74, Zeitgeschehen, Donnerstag 28. März 2013

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Christophe Neff, le 01.04.2013

Aschermittwochsblognotiz 2013 – eine bemerkenswerte Begegnung beim Schramberger Hanselsprung am Fasnetssonntag 2013 (10.2.2013)

Narro + Hansel, Hanselsprung Schramberg 2013
Narro + Hansel, Hanselsprung Schramberg 2013, © C. Neff 2013

Wie so viele Schramberger Expatriierte komme ich relativ regelmäßig, – zwar nicht jedes Jahr, aber dennoch relativ oft, zuletzt im Jahr 2011 zur Fasnet nach Schramberg zurück. Die „Da-Bach-na-Fahrt“ und der danach stattfindende Rosenmontagsumzug ist bestimmt  der überregionale bekannteste  Höhepunkt der Schramberger Fasnet, – wobei es auch andere „Highlights“ gibt die den Vergleich mit der Da-Bach-na-Fahrt nicht scheuen brauchen.  Aus meiner Sicht ist das immer noch der Hanselsprung mit anschließendem Brezelsegen welcher  traditionell am Fasnetssonntag stattfindet. Die NRWZ  hat das, mit der Schlagzeile „Hanselsprung für tausende Besucher ein rezeptfreies Antidepressivum – Hoorig, hoorig – Schramberg im Glückstaumel“  zum diesjährigen Hanselsprung sehr sehr gut getroffen. Ja, dieses Jahr hat es mich auch wieder auf die Fasnet nach Schramberg gezogen, – Hanselsprung am Fasnetssonntag,  die Da-Bach-na-Fahrt und der Rosenmontagsumzug standen wieder auf dem Programm.

Winterhimmel und Februarschnee in Schramberg
Winterhimmel und Februarschnee in Schramberg, © C. Neff 2013

Am Fasnetssonntag 2013 lachte die Sonne über Schramberg, – beglückte die Kleidlesträges und Zuschauer mit einem stahlblauen Winterhimmel. Das Februarlicht wurde von den Schneekristallen auf den Fichten und Tannen der Bergwälder des Schramberger Talkessels  vielfach reflektiert und tauchte die Talstadt in ein fast gleißendes Licht.  Und irgendwann gegen 14:30 ertönte dann die „Hoorig Katz“, – der Schramberger Narrenmarsch,- und vermischt mit dem Geschell der Hansel und Narros –  wurde die Talstadt zu einem einzigartigen akustischen Amphitheater – Hoorigkatz und Geschellenläuten verdichten sich im engen Schramberger Talkessel zu dieser einzigartigen Klanglandschaft –  die man nur an der Fasnet erleben kann. The unique „soundscape“ of the „Schramberger Hanselsprung“ so  könnte man  einen noch zu schreibenden wissenschaftlicher Artikel über den Schramberger Hanselsprung  und dessen (Klang)- Landschaften betiteln. Diese „Tonlandschaften & Klangwelten“ kann man übrigens auch erleben, wenn die „Wintersonne“ nicht gar so strahlt wie am Fasnetssonntag 2013.

Ja, und am Hanselsprung des Fasnetssonntag 2013, hatte ich während des Brezelsegens eine bemerkenswerte Begegnung mit einem „großen Hansel“.  Wir (.d.h. meine Tochter und meine Nichte) hatten uns schon ein paar Brezeln und Guzzle ersungen, da bemerkten wir einen sehr großen Hansel , der auf uns zukam.  Wir begann zu springen und die „Hoorig Katz“ zu singen. Der Hansel unterbrach mich per Handzeichen und unter der Maske erklang eine Männerstimme – „auf Französisch bitte“ – worauf ich so perplex war, – dass ich erst einmal verstummte. Dann ertönte es unter der Maske “en français Christophe“ – und ich erwiderte „die Hoorig Katz auf Französisch?“ – worauf der große Hansel nickte. Und so begann ich zur Melodie der Hoorig Katz  zur ersten Strophe anzusetzen „le chat n’a pas de poils“ – doch gleich wies mich der große Hansel mit einer Handbewegung an zu stoppen –  denn er hatte erkannt das das falsch war – denn richtiger weise heißt es „le chat a des poils“. Also versuchte ich dann mit „le chat a des poils“ – und bekomme dann endlich auch meine Brezel.  Die Brezel in der Hand, fällt mir ein, dass es eigentlich ganz korrekt „le chat poilu, le chat poilu, le chat poilu – et si le chat n’est pas poilu il ne plait guère aux filles – le chat poilu“ – aber da war der große Hansel schon längst wieder im Gewühl verschwunden. Ja, da waren wir (d.h. ich und meine zwei Begleiterinnen) doch alle sehr sehr überrascht, – ein großer Hansel (bestimmt ein Kopf größer als ich)  – der sich die „Hoorig Katz“ auf Französisch vorsingen lässt. Die Schramberger Fasnet ist wirklich für Überraschungen gut. Wer der große Hansel war, der mich die Hoorig Katz auf Französisch vorsingen ließ, weiß ich nicht, – die Stimme habe ich nicht zuordnen können, und unter Larve und Häs ist es sowieso sehr schwer jemanden zu erkennen.

großer Hansel - Hanselsprung Schramberg 2013
großer Hansel – Hanselsprung Schramberg 2013, © C. Neff 2013

Wer es auch immer gewesen sein mag, – das war wirklich ein gelungener „Fasnetsstreich“ – ein Fasnetsstreich der mir fast die Sprache verschlug – ich hatte wirklich Schwierigkeiten die Hoorigkatz aus dem Stehgreif zu übersetzten. Weiterhin hatte dieser „Fasnetsstreich“ auch einen gewissen Esprit, – die Hoorig-Katz auf Französisch auf singen zu lassen – denn  immerhin feierte man 2013 die 50 Jahre Élysée-Vertrag  (hierzu auch die Beiträge: Blognotice 22.01.2013: pensées personnelles franco-allemandes sur le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée; Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff;  Blognotice 22.09.2012: Commémoration du discours historique de Charles de Gaulle du 9.9.1962 à Ludwigsburg). Weiterhin gehört Schramberg, dank der Initiative und Tatkraft des Bürgermeister Konstantin Hank, zu den ersten deutschen Städten die nach dem zweiten Weltkrieg, eine Städtepartnerschaft mit einer französischen Stadt aufnahmen. Im Jahres 1958, also schon fünf Jahre vor dem Abschluß des Élysée-Vertrages, wurde diese Städtepartnerschaft zwischen Hirson und Schramberg geschlossen.

Diese Begegnung mit dem großen Hansel auf dem Schramberger Hanselsprung am Fasnetssonntag 2013 wird mir wohl sehr lange in Erinnerung bleiben.  Soweit es die Schramberger Narrenzunft erlaubt, werde ich den gesamten Schramberger Narrenmarsch, – die berühmte „Hoorig Katz“ komplett ins Französische übersetzten und hier im Paysagesblog veröffentlichen.

Die Fasnet ist nun wieder vorbei, – der Aschermittwoch kündigt das Osterfest und die dazwischen liegende „Fastenzeit“ an. Nun wird es wieder ein Jahr dauern bis der Schramberger Talkessel von Schellenlärm und d’Hoorig Katz in sein sonderbares Klangbad eingetaucht werden wird. Ein Klangbad, welches das Ende des Winters und den baldigen Frühlingsbeginn ankündigt.

kleiner Hansel + Da Bach na Fahrer, Hanselsprung Schramberg 2013
kleiner Hansel + Da Bach na Fahrer, Hanselsprung Schramberg 2013, © C. Neff 2013

Die Begegnung mit dem großen Hansel, erinnerte mich an meine frühen Kindheitstage, – als ich, noch als ganz kleiner „Bua“ den Großeltern von den tollen Schramberger Hanseln erzählte. In Saulgau (damals noch ohne Bad) bei den Großeltern väterlichseits gab es zwar die auch sehr schönen „Dorausschreier“  mit ihrem bekannten  Narrenruf „Doraus, detnaus, bei der alte Linda naus.“  aber mit den Schramberger Hanseln und auch den Sulgener Krattenmacher konnten diese Saulgauer Narrenfiguren  in meinen damaligen Kinderaugen nicht bestehen. Bei den Großeltern mütterlicherseits, dem französischen Teil der Familie, – die Großeltern Migliori wohnten damals noch in Eckbolsheim bei Strasbourg – da waren es einfach die „ les fabuleux Hansel de Schramberg“.

Eh, oui – parfois ces fabuleux Schramberger Hansel comprennent  et parlent  même un peu de français.

Photos: alle © C. Neff 2013 ; Narro + Hansel; Winterhimmel und Februarschnee in Schramberg; großer Hansel; kleiner Hansel + Da – Bach – na-Fahrer; (alle vom Schramberger Hanselsprung 2013)

Christophe Neff, 13.02.2013

Blognotice 22.01.2013: pensées personnelles franco-allemandes sur le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée

Le couple franco-allemand fête le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée en grande  pompe à Berlin. Les medias français et allemands nous présentent  « éditons spéciales » sur cet anniversaire si spécial. Partout des « Symboles-Franco-Allemands » – récemment même un petit livret écrit par Andreas Rittau (2012 : Symboles Franco-allemands 1963-2013 – Construction d’un champ transnational) fut consacré au sujet. Durant une de ces Sondersendungen de la Télévision allemande, – nous fut présentée l’histoire des époux  Klinger, Francette et Gérard Klinger (1,2) qui se marièrent en 1966 et formèrent  depuis un couple franco-allemand. Quand Francette raconta la grande solitude des débuts du couple, cette histoire me rappela des souvenirs personnels. Mes parents formaient aussi un tel couple franco-allemand, mais ils n’eurent pas la chance de vivre une retraite paisible, de connaitre leurs petits-enfants franco-allemands, car mon père décéda des suites d’un cancer en janvier 1992. Mais la grande solitude, comme beaucoup de couples franco-allemands qui ont eu le courage d’affronter  les dures réalités d’un ménage franco-allemand, au début des années 1960 ils l’ont  aussi connue. Mes parents se sont mariés en 1962 à Dijon. Les parents de mon père, mes futurs grand parents allemands, n’avait pas participé à la cérémonie de mariage à Dijon. Ils n’apprécèrent pas trop, que leurs fils se marient avec une fille française. En fait, le rapprochement  ne se fit qu’à ma naissance à Tübingen en Juin 1964, à peu près 1 ½  ans après la signature du traité de l’Elysée. Dans le vieil album de photos familial qui se trouve encore chez ma mère,  mon père avait écrit quelques mois avant sa mort sous les photos de mon baptême – « und dann kamen Sie doch   (et ils arrivèrent tout de même) » ces photos sur lesquelles  on me voit entouré de mes grands-parents, les oncles et tantes allemandes. Ce fut ma naissance qui rapprocha enfin vraiment les deux familles. Avant ma naissance mes parents,  partiellement « boycottés» par la famille allemande, surtout ma mère, qui débarquait en Allemagne, sans comprendre ou parler un mot d’allemand avait dû faire face à des temps durs. Après cette naissance, – les choses s’arrangèrent  lentement. Les grands-parents allemands, Anton et Blanka Neff étaient aussi fiers de leur petit fils franco-allemand que les grands-parents français Jean et Germaine Migliori. Christophe Neff, – un petit franco-allemand, – avec une double nationalité franco-allemande – ce fut enfin le moment où la famille de mon père accepta le mariage de mon père avec une française. Un des premiers souvenirs de ma petite enfance, – c’est mon grand-père Anton Neff qui m’a amené voir les trains à la gare de Saulgau. Comme mon père m’amenait à la gare de Tübingen regarder les trains. Comme mon grand-père français Jean Migliori m’amenait au port du Rhin à Strasbourg voir les péniches et chalands du Rhin, – le Lookheed Constellation à Strasbourg-Neuhof (un ancien Constellation d’Air France transformé en bar (F-BHMJ / L1049G-82-98)), les visites de la gare de Strasbourg quand on allait chercher les tantes, ou les visites de aérodrome de Entzheim pour chercher la famille, qui arrivait d’ Angleterre ou des Etats-Unis. C’est ainsi que mes grand-pères, français et allemands en me faisant visiter gares, ports & aéroports m’avaient fait découvrir le monde de transports, – plus particulièrement le monde du Chemin de Fer, – le Monde du Chemins de Fer, qui fut dans un certain sens, aussi un de mes premiers amours.

De nos jours, – les couples franco-allemands n’ont plus affronté les dures réalités des années 1950, 1960, de fonder une famille franco-allemands quelques années après les douleurs de la guerre – c’était insensé. Aujourd’hui, 50 ans après la signature du traité de l’Elysée – fonder un couple franco-allemand n’a plus à faire face aux vieux démons de la guerre, des souvenirs de morts, de la déportation …… Un couple franco-allemand de nos jours n’a plus rien de spécial, – il doit faire face aux risques  de la vie normale de nos jours, – divorce, chômage, maladie … – mais grâce aux traités de l’Elysée les vieux démons de la guerre, des guerres (1870, 1914-18,1939-45) des souvenirs de guerre ont  disparu. D’avoir fait disparaitre ces vieux démons …. « Le bruit des bottes des SS qui résonne sur la cours de l’école de Hussigny » c’est aussi un des grands mérites du traité de l’Elysée. Parfois de nos jours, en critiquant l’état des relations franco-allemands, on oublie trop vite cette réalité …. Mes grands-parents n’ont jamais oublié Libéro Casciola mort en déportation à Bergen-Belsen, – mais ils ont quand même accepté que leur fille se marie avec un allemand. Ce fut en 1962, – le traité de l’Elysée n’était pas encore signé …. 41 ans plus tard, leur fille, en 2003 reçut  le Bundesverdienstkreuz, une des plus hautes décorations allemandes,  pour son travail politique au sein de la SPD, le travail pour les enfants en danger (Kinderschutzbund) – et la réconciliation franco-allemande.

Dommage, que mon père n’ait pas eu la chance de participer à cette cérémonie, lui qui avait risqué il y a maintenant 51 ans la rupture avec sa famille pour le simple fait d’épouser une jeune française.

Ouvrages et sources cités :

Rittau, Andreas(2012): Symboles franco-allemands. 1963-2013. Construction d’un champ transnational. Paris, L’Harmattan, Allemagne d’hier et d’aujourd’hui. ISBN 9788-2-296-99598-7

Christophe Neff, le 22.01.2013

P.S.: Les souvenirs très personnels franco-allemands de ma mère se trouvent dans le petit billet  «Cinquante ans … déjà! » du blog  Au jour le jour.

Blognotice 01.09.2012: Commentaire sur la „modeste et provisoire“ ristourne sur le prix des carburants

Cette semaine le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a décidé de faire une  ristourne „modeste et provisoire“ sur le prix des carburants. Le carburant devrait baisser approximativement de six centimes pour trois mois, si tout va bien: donc,  si le marché du pétrole restait durant ces trois mois à l’abri de tout choc extérieur. Le prix pour l’état :environ 300 millions d’euros. Le Monde avait dédié un très bon éditorial « Un coup d’épée dans l’essence » à cette mesure qui se veut être une mesure phare de l’actuel gouvernement. 300 millions de manque à gagner pour l’état français, 300 millions avec lesquels on aurait pu engager quelques enseignants de plus, quelques chercheurs de plus quelques policiers de plus, car ce qui manque en France ce sont des enseignants, des chercheurs et des policiers. Les 300 millions auraient surtout pu être engagés  pour investir durablement dans l’infrastructure ferroviaire, car  c’est le seul moyen d’abaisser durablement la dépendance énergétique du pétrole de la « mobilité » française. Cette mesure qui  est « la bienvenue pour les ménages modestes des zones périurbaines dont le budget est grevé par la flambée des prix des carburants » rendra encore plus vulnérables ces ménages vis-à-vis du cours du pétrole, car la seule alternative à moyen terme de se libérer de la dépendance pétrolière et de maintenir une certaine mobilité c’est d’avoir la possibilité d’utiliser un système de transport un commun, un système ferroviaire digne de ce nom, comme par exemple on le trouve en Suisse.

Avec ces 300 millions on aurait pu enfin mettre une fin à  la lente agonie des lignes de chemins de fer dans le Massif Central, en  revitalisant la ligne des Cévennes (la ligne du fameux train «Le Cévenol» voire aussi Razemon 2012);  et des Causses, sortir de l’oubli le fameux « plan  Jean-Claude GAYSSOT » pour la modernisation de ligne de l’Aubrac. On aurait pu enfin rouvrir la ligne du Vallespir  comme le prévoit un plan des cheminots CGT (Les Cheminots pour le retour du train au Vallespir), rétablir un service voyageur entre Perpignan et Céret, et peut être même ultérieurement jusqu’ à Arles – sur – Tech, l’ancien terminus de cette ligne de Chemin de Fer tombé à l’oubli. On aurait pu enfin électrifier & moderniser la ligne Strasbourg-LauterbourgBerg- Wörth, – en y incluant le rétablissement et  la modernisation de l’ancienne ligne Roeschwoeg- Rastatt.

On aurait pu enfin reconstruire le pont ferroviaire entre Neuf-Brisach et Breisach et enfin créer une liaison ferroviaire entre Freiburg im Breisgau et Colmar. On aurait pu, enfin, ce sont que des exemples  de ce qu’on aurait pu faire, en investissant dans l’infrastructure ferroviaire, réduire a moyen terme la dépendance énergétique de la société française.  Le gouvernement a tranché et a en fait décidé de prolonger encore cette dépendance énergétique dans la durée. Où est la voix des verts, du mouvement  Europe Écologie Les Verts dans tout cela? En fait réduire la dépendance énergétique devrait être un des objectifs majeurs des verts, mais là s c’est plutôt « Funkstille » silence radio ou on se résigne à crier « Harro sur le Loup » comme dernièrement José Bové. En exprimant son « Haro sur le Loup » José Bové, a surtout démontré qu’il  ne comprenait ni grand-chose sur l’écologie, ni grand-chose sur le mal de vivre de la France rurale. Car même si on chassait tous les Loups du territoire français, les vrais maux des ruraux français ne  seraient pas éliminés, même pas à ses marges. Un de leurs maux est qu’il manque une vraie infrastructure  qui pourrait nous libérer de notre dépendance de la voiture particulière et avec elle  de notre dépendance énergétique. Le grand défi des prochaines décennies sera d’une part réduire la dépendance énergétique et ceci en proposant de solutions de « mobilité » pour les territoires périurbains et ruraux, des vraies alternatives à la voiture.  Le Monde écrit –  « Le litre d’essence à 2 euros est sans doute pour demain. Le seul remède qui vaille tient en un mot d’ordre : plus de sobriété énergétique» je rajouterai et le litre d’essence à trois euro, peut-être déjà après-demain. Il faut donc préparer la société française (et les autres sociétés européennes) à ce défi,  car si on se prépare pas, une grande partie des ruraux français et européens  ne pourront plus participer à cette mobilité individuelle, qui nous est à tous si chère. Rouler en voiture, pourrait devenir un luxe, même pour les fameuses couches moyennes. Et j’aimerais aussi le préciser,  il ne s’agit pas de diaboliser la « voiture » mais il faut trouver des solutions, qui nous permettent  de maintenir un degré de mobilité dans l’espace rural, sans être à 100% dépendant de la voiture, ce qui est actuellement le cas dans une grande partie des espaces ruraux français. Le débat sur le Loup est un faux débat, car l’avenir des ruraux français ne dépend pas d’un iota de l’existence d’une population de Loups. Par contre, si l’espace rural (français & européen) ne pouvait plus profiter de la mobilité, les distances deviendront de plus en plus longues,le temps pour parcourir ces distances prendra une telle ampleur que ces terroirs périphériques seront voués à une longue agonie économique, sociale et culturelle. Cette périphérisation d’une partie des terroirs ruraux, elle a déjà commencé, il faut simplement savoir lire le livre du paysage  (voir p.Ex. Les retraités pauvres, un vote-clé une analyse de Serge Guérin & Christophe Guilluy).

J’aurai aimé voir le gouvernement utiliser ces 300 Mio. d’Euros à trouver des solutions intelligentes, à relever ce défi :réduire la dépendance énergétique en maintenant la mobilité dans l’espace périurbain et rural,mais malheureusement le gouvernement a choisi une mesure  qui ne permet même pas de gagner du temps. Car le prix du pétrole va augmenter,  et ceci durablement!

Source:

Razemon, Olivier (2012): Inquiétude autour de l’avenir du mythique train Cévenol. Le 2 septembre, la ligne reliant Clermont-Ferrand à Marseille s’interrompt pour cause de travaux. Reprendra-t-elle dans les mêmes conditions ? In : Le Monde,  Dimanche 2 – Lundi 3 September 2012, p. 18.

Christophe Neff, le 1.9.2012