Blognotice 11.01.2022 : les liens perdus du blog paysages

En postant mon dernier billet, – une rétrospective sur les billets de paysage les plus visités en 2021, – je découvre, que une très grande partie des liens des « articles  & billets » publies durant la décennies ou « paysages » fut un Blog abonné le Monde semble avoir disparu[1], ou disons menant au néant. Ca va être très dure ou même impossible de « restaurer » tous ces liens morts. Donc après avoir « perdu » une très grande partie des images pendant le transfert des blogs abonnées Le Monde.fr, dont entre-temps j’ai au moins partiellement réussi de les restaurer, – donc je me vois confronté au fait de la disparition d’un grand nombre de liens des articles publiés durant les années le Monde.fr. . Il me reste le constant « amer » que le transfert depuis les blogs le Monde.fr sur wordpress.com, –  était et est plutôt une chose compliqué. Chose compliquée, parsemé d’obstacles et de déceptions !

Photo : Paysages de éoliennes à l’est de Grünstadt, © Christophe Neff 31.12.2021

Photo : Paysages de éoliennes à l’est de Grünstadt, © Christophe Neff 31.12.2021

Christophe Neff, 11.01.2022


[1] Voir aussi:  « La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr », « La fin du blog paysages sur les blogs LeMonde.fr – Das Ende des Blog « paysages » auf den Blogs von Le Monde.fr », « Nouveau départ pour le blog paysages », « Paysages – douzième année d’existence sur la toile donc déjà deux ans sur wordpress.com (billet trilingues français, allemand, anglais) ».

L’année 2021 sur le blog paysages – une rétrospective

Vue sur le Grünstadter Berg, © Christophe Neff 09.01.2022Grünstadter Berg 09.01.2022

Comme les années précédentes, je publie une petite rétrospective sur l’année passée sur paysages présentant les billets les plus lus de paysages durant l’année 2021. En 2021, paysages qui fut un blog abonné Le Monde.fr depuis Mai 2009 jusque à la fin Mai 2019, entra dans sa douzième année d’existence[1].

J’ai d’ailleurs publié une petite rétrospective historique trilingue (français, allemand, anglais) sur douze années d’existence du blog paysages fin juin 2021 «  Paysages – douzième année d’existence sur la toile donc déjà deux ans sur wordpress.com (billet trilingues français, allemand, anglais) ».

Comme en 2019 et 2020  j’ai essayé de restituer les images perdues de l’ancien blog le Monde.fr. Même si j’ai déjà réussi à en restituer une bonne partie mais, il reste encore du travail à faire.

L’article le plus consulté en 2020 fut l’article « Encore une déception avec le Monde – La suppression du format PDF du journal numérique du Monde » (7,15 % des consultations sur paysages en 2021). Un billet sur encore énième déception que j’ai subi comme abonné  du Monde.  Article qui semble être un des rares « sources » disponibles et gratuites sur la disparation du format PDF du journal numérique du Monde.

En deuxième position on trouve l’article « Blognotiz 18.4.2012: Kommentar zu Dirk Kurbjuweit „Die Freiheit der Wölfe – Wird das Internet zu einer neuen Schule der Barbarei?“ » (3,03 % des consultations sur paysages en 2021, douzième position en 2020) . Assez surpris de trouver ce billet datant de 2012 en deuxième position. Ce peut être aussi le titre assez prophétique qu’on pourrait traduire « La liberté des loups – Internet va-t-il devenir une nouvelle école de la barbarie ? » qui a contribué aux succès de l’article.

Enfin au troisième rang le billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » (2,98 % des consultations sur paysages en 2021, premier place en 2020). Ce billet écrit en juillet 2009 nous rappelle l’Incendie de la forêt des Landes de 1949.

En quatrième position l’article « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) » (2,34 % des consultations sur paysages en 2021, troisième place en 2020).  Ce billet est une rétrospective personnelle sur vingt ans de voyage de recherche sur l’ile de Faial.

En  cinquième position on trouve l’article « Les belles de Tunis sont en deuil » (2,33 % des consultations sur paysages en 2021). Evocation mémorielle contenant des références biographiques de Nine Moaiti et quelques souvenirs personnels de mes années tunisiennes.

En sixième position on trouve le billet « La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr » (2,30 % des consultations sur paysages en 2021, quatrième place en 2020). C’est dans cet article que j’ai aussi reproduit (un scan) le courrier reçu par email de la part du Monde, annonçant la fin des blogs abonnés du Monde. Je crois que cet article assez régulièrement consulté, a déjà un peu le caractère d’un document historique, – un document sur l’histoire du Journal le Monde.

En septième position on trouve  l’article « Erinnerungen an die „märklinModerne“ » (2,28 % des consultations sur paysages en 2021, quatrieme place en 2020). Billet autobiographique qui à partir d’une analyse d’un livre «märklin Moderne. Vom Bau zum Bausatz und zurück »  sur la relation entre modélisme ferroviaire et architecture en Allemagne dans la période d’après-guerre, retrace aussi la relation que l’auteur avait pour les trains miniature, et plus spécialement les trains de la marque Märklin.

En huitième position on trouve   « Pour saluer Martin Graff/Erinnerungen an den Gedankenschmuggler Martin Graff». Une nécrologie alscaco-franco-allemand pour saluer Martin Graff.

En neuvième position le billet « Fukushima pays de neige – Souvenirs du Vendredi 11 Mars 2011 » (1,73 % des consultations sur paysages en 2021). Des souvenirs très personnels sur le Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku et de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Enfin en dixième position l’article « Paysages – douzième année d’existence sur la toile donc déjà deux ans sur wordpress.com (billet trilingues français, allemand, anglais) » (1,60 % des consultations sur paysages en 2021). Une petite rétrospective trilingue sur l’histoire du blog paysages.

Donc beaucoup de changements par rapport en 2020. Plus de billet anglophone dans les premiers dix, mais trouve « Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018 » sur la onzième place ((1,55 % des consultations sur paysages en 2021, treizième position en 2020).

Dans le tableau suivant on retrouve l’origine géographique d’une majeure partie des lecteurs de paysages. Comme je l’ai déjà écrit dans le billet « Paysages – douzième année d’existence sur la toile donc déjà deux ans sur wordpress.com (billet trilingues français, allemand, anglais) ». Depuis que paysages vole de ses propres ailes sur wordpress.com une grande partie lecteurs de paysages provient maintenant majoritairement de pays non francophones. 86% des lecteurs sont  Allemand, Français et US-américain – où plus précisément ont lu « paysages » depuis un support internet basé en Allemagne, en France ou aux Etats-Unis !

Pays%
Allemagne60,03%
France20,98%
USA5,68%
Portugal1,15%
Suisse1,12%
Belgique1,03%
Canada0,96%
Tunisie0,95%
Royaume-Uni0,62%
Espagne0,57%
total93,10%
Provenances géographiques des lecteurs du blog paysages en 2021

Ceci fut donc l’année 2021 sur paysages. 2022 s’annonce être une année assez sombre. A part la maladie du  COVID-19 dont on ne sait pas trop quelle surprise elle nous prépare – le spectre d’une guerre, de guerres régionales près où loin de nos frontières se prépare. Comme dernièrement Alain Frachon dans une chronique « En Ukraine, en Iran et au large de Taïwan, la possibilité d’une guerre en 2022 » dans le Monde[2], je crains que nous nous pouvons être confrontées avec la possibilité de voir éclater des guerres pas si loin de nos frontières comme par exemple en Ukraine. Et ne parlons pas des élections présidentielles en France, – la on n’est pas à l’abri de mauvaise surprise, par exemple de voir atterrir Éric Zemmour au deuxième tour.

En attend, en espérant une meilleure année que les « pronostics » assez sombre d’Alain Frachon (et des miennes presque aussi sombres)  il me reste de me balader sur le Grünstadter Berg en espérant des meilleures temps ….

Photo : Vue sur le Grünstadter Berg, © Christophe Neff 09.01.2022

Christophe Neff, écrit à Grünstadt le 09.01.2022, publié le 09.01.2022


[1] Voir :  « Rétrospective sur le blog paysages en 2020 », « Rétrospective sur le blog paysages en 2019 », « Rétrospective sur le blog paysages en 2018 – les billets les plus lus de « paysages » en 2018 », « Rétrospectives sur le blog paysages en 2017 – les billets les plus lus de « paysages » en 2017 », « Rétrospectives sur le blog paysages en 2016 – les billets les plus lus de « paysages » , « Rétrospectives sur le blog paysages en 2015 – les billets les plus lus de paysages en 2015 » et « Rétrospectives sur le blog paysages en 2014 – les billets les plus lus de paysages en 2014 »

[2] Frachon, Alain: « En Ukraine, en Iran et au large de Taïwan, la possibilité d’une guerre en 2022 »Trois grandes puissances – les Etats-Unis, la Chine et la Russie – conservent l’hypothèse de la guerre dans les rapports de force entre nations, avertit Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique. Publié le 06 janvier 2022, Le Monde.fr

Blognotiz 21.11.2021: Irrlichternd in die vierte Coronawelle

Die vierte Coronawelle baut sich bedrohlich auf, und schon gibt es Stimmen die vor einer fünften Coronawelle warnen, wie zuletzt der RKI Präsident Lothar Wieler[1]. Die sich jetzt aktuell aufbauende Coronawelle, deren Scheitelpunkt soweit man dem Leitartikel des aktuellen Spiegel glaubt[2], um Weihnachten erreicht werden wird, ist ja nicht vom „Himmel gefallen“. Sie war eigentlich relativ treffsicher von zahlreichen Experten prognostiziert worden[3], und man fragt sich was, die letzte Bundesregierung – die ja zur Zeit immer noch im geschäftsführend im Amt ist – aber auch die 16 Landesregierungen den Sommer über getan haben um die „angekündigte Katastrophe“ zu verhindern. Man ist sozusagen sehenden Auges in die „Welle“ hereingefahren. Die neue, designierte Bundesregierung, die sogenannte Ampel, die ich selbst ja auch gewählt habe[4], scheint wohl die „Coronakrise“ noch gar nicht richtig „verinnerlicht“ zu haben, denn leider beschleicht einem das Gefühl, dass die „neue“ Regierung es auch nicht besser hinbekommen wird, als die alte. Ich zitiere hier den schon erwähnten Leitartikel des Spiegel von Martin Knobbe „ Die Ampel hätte die Chance, das Land zu verändern und es krisenfester zu machen. Dafür müsste sie einmal selbst lernen, mit Krisen umzugehen.[5]“  Das Land krisenfester zu machen, – das hatte ich mir auch gewünscht, als ich meine beiden Stimmen bei der Bundestagswahl für die SPD abgegeben hatte. Jetzt angesichts der sich zuspitzenden Coronalage, muss ich leider feststellen, das was die designierten Ampelkoalitionäre da bisher vorgelegt haben, überzeugt mich leider nicht. Ich habe, große Zweifel, dass die Maßnahmen ausreichen werden. Und ich befürchte, dass wir nach einer verheerenden vierten Welle die um die Weihnachtszeit über das Land schwappen wird auch von einer fünften Welle im nächsten Herbst heimgesucht werden, soweit sich das Cornamanagement der Regierung sich nicht ändert. Ich wünsche mir für diese vierte Welle, dass die angehende Regierung, sich an dem Maßnahmenkatalog von Viola Priesemann und Kollegen orientiert[6] – um zumindest das schlimmste für diesen Winter zu verhindern[7].

Langfristig wird man sich auch endlich den Problemen in der „Pflege“ stellen. Die Probleme waren auch schon vor der Coronakrise gravierend, aber nun erreichen sie einen gefährlichen Kulminationspunkt. Die Erfahrungsberichte, die der Spiegel in der Ausgabe 47/2021 veröffentlichte, sprechen eine eindeutige Sprache[8]. Die Arbeitsbedingungen in der Pflege müssen mittelfristig substantiell verbessert werden. Und die Politik sollte dann auch den Mut haben, nicht zu verschweigen, dass man diese „substantielle Verbesserungen“ nicht zu Nulltarif bekommt. Eine Lösung bietet hierbei das Pflegepersonalbedarfsbemessungsinstrument welches von der deutschen Krankenhausgesellschaft, Verdi und dem deutschen Pflegerat entwickelt wurde[9]. Bisher wurde dieses „Instrument“ vom amtierenden Gesundheitsminister geflissentlich ignoriert. Man kann nur hoffen, dass die zukünftige Regierung das Problem der „Pflege“ endlich konsequent und ehrlich angeht. Bisher habe ich dazu nicht viel Erhellendes vernommen!

Und was Corona betrifft, werden wir uns wohl, so sieht es augenscheinlich danach aus, daran gewöhnen, dass man wohl jährlich eine „Auffrischungsimpfung“ brauchen wird[10]. Aber eine jährliche Auffrischungsimpfung scheint mir immer noch besser zu sein als überlaufenden Intensivstationen, geschlossene Schulen, etc.

Christophe Neff, Grünstadt 21.11.2021


[1] Hierzu „Wenn das Impfen nicht gelingt“ RKI-Chef Wieler warnt schon jetzt vor fünfter Welle

[2] Knobbe, Martin „Krise? Muß warten! Leitartikel: Die künftige Bundesregierung gibt in der Coronakrise ein äußert dürftiges Bild ab. Der Zauber des Anfangs ist schon verflogen“ In: Der Spiegel, Nr. 47/20.11.2021, S.8

[3] Hierzu „Dem unerhörten RKI-Chef platzt der Kragen Plötzlich gibt es einen neuen Lothar Wieler

[4] Hierzu „Meine Erststimme für Isabel Mackensen-Geis!

[5] Knobbe, Martin Krise? Muß warten! Leitartikel: Die künftige Bundesregierung gibt in der Coronakrise ein äußert dürftiges Bild ab. Der Zauber des Anfangs ist schon verflogen In: Der Spiegel, Nr. 47/20.11.2021, S.8

[6] Priesemann, Viola et al.(2021): Priesemann, V. et al., Nachhaltige Strategien gegen die COVID-19-Pandemie in Deutschland im Winter 2021/2022, Positionspapier vom 11.11.2021.  Download auch hier möglich, oder hier über researchgate.

[7] Die Stellungnahme/der Maßnahmenkatalog von Viola Priesemann et al.2021 wurde auch offiziell von der Max-Plank Gesellschaft unterstützt!

[8] „Wir sind schon mitten im nächsten Albtraum“. Wenn Lebensretter nicht mehr können. Berichte von der Coronafront. Spiegel Titelstory. Der Spiegel, Nr. 47, 20.11.2021, S. 14 – 18. Sowie Großkemper, Tobias „Wo die vierte Welle bricht. Medizin. Auf der Intensivstation der Leipziger Uniklink kämpfen Pflegekräfte um schwer erkrankte Covid-Patienten, von denen viele ungeimpft sind – und die Pandemie leugnen. Wie hält man das aus?“. Der Spiegel Nr. 47, 20.11.2021, S.20 – 23.

[9] Hierzu auch die Seite  Ein Pflegepersonalbedarfsbemessungsinstrument  auf den Seiten der deutschen Krankenhausgesellschaft

[10] Hierzu „Biontech-Gründer rechnet in Zukunft mit jährlichen Corona-Auffrischungsimpfungen

C’est si bon de « redécouvrir » « Yves Montand » avec Katharina Eickhoff

Katharina Eickhoff est certainement un des bijoux de la radio culturelle allemande, – j’ai l’ai découverte il y déjà fort longtemps en écoutant en 2008 l’émission «  „La Ville Lumière“ vor und nach der Okkupation (La ville lumière pendant et après l’occupation)[1] » ou elle présentait au publique de la chaine culturelle allemande SWR2 l’histoire « du chant de partisan » ou « l’affiche rouge ». Je me souviens encore très bien comme elle expliquait l’histoire du groupe Manouchian, la genèse du poème « Strophes pour se souvenir » et puis la voix de Léo Ferré qui résonnait par les hauts parleurs de l’autoradio pendant qui je traversais le vignoble du palatinat[2].

Pendant la semaine du 18 au 22 octobre 2021 la radio culturelle SWR 2 , chaque matin entre 9 :05 et 10:00, émettait l’émission « Yves Montand zum 100. Geburtstag (1–5)  (pour le 100 ieme anniversaire d’Yves Montand )» produite et présente par avec Katharina Eickhoff. 275 minutes de chanson d’Yves Montand commente par Katharina Eickhoff. On y rencontre pas seulement Yves Montand,  – mais c’est aussi une émission qui nous rappelle tous et toutes qui ont croisé, accompagné le chemin de Yves Montand, – Edith Piaf, Simone Signoret, Norbert Glanzberg, Jacques Prévert, Joseph Kosma, Jorge Semprun pour citer seulement quelques noms. L’émission débuta (1/5) et finit (5/5) avec les feuilles mortes chanté par Yves Montand[3].

L’émission complète est encore audible sur le site du SWR 2 pendant un an, – c’est à dire jusqu’en octobre 2022. En plus on y trouve une transcription de l’émission (Alle Folgen der Reihe zum Nachlesen). L’émission, – où les cinq parties de l’émission radio  consacrées au 100ieme anniversaire de Yves Montand est certainement un des chefs d’œuvre de la radio culturelle allemande. C’est pour des émissions de ce type, que je paie volontiers ma redevance radiotélévision, – qui en Allemagne est un peu plus de 200 euro par an, – car je ne regarde presque plus de télévision, – en ce moment nous n’avons même pas un poste de télévision qui fonctionne. Sauf peut-être quelques émissions sur Arte la télévision me manque guerre.  Par contre je suis un grand « aficionado » de la radio, surtout de chaines culturelles comme SWR2 ou Deutschlandfunk.

Pour finir encore quelques « souvenirs et impressions personnelles ». Des feuilles mortes interprétés par Yves Montand j’en ai déjà parlé dans un de mes premiers post de blog de paysages, – tout au début de cette aventure, ou paysages était encore un blog le Monde.fr  dans la contribution « Mannemer Dreck- traumhafte Zeiten – eine autobiographische Zeitreise mit Musikbegleitung nach Mannheim ». Les feuilles mortes c’était aussi la fin de l’émission  de Katharina Eickhoff dont j’ai consacré ce billet. J’ai écouté cette fin de l’émission en traversant la belle forêt de chêne parsemé de Pins sylvestre entre Böhl-Ingelheim et Spire. Une très belle forêt, presque méditerranéene qui pousse sur les sables des dunes intérieures –il suffit d’y fermer les yeux – et de remplacer les chênes sessiles  et rouvre par de chênes pubescents et de chênes lièges et les pins sylvestres par des pins parasol et on s’y croirait dans une forêt méditerranne. Je traversais cette très belle forêt, des feuilles de chênes reflétaient les lumières automnales tombant sur la chaussée goudronnée …..

« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Tu vois, je n’ai pas oublié

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Les souvenirs et les regrets aussi

Et le vent du Nord les emporte

Dans la nuit froide de l’oubli

Tu vois, je n’ai pas oublié 

La chanson que tu me chantais »

Plus que trente ans en arrière, –  à Mannheim-Neckarau – « Jo » fêtait son anniversaire dans son appartement à Neckarau. J’arrivai avec un de mes amis dans une vielle golf verte, – un cheval galopait devant les cheminées du « Grosskraftwerk Mannheim ». Le printemps arrivait. Jo avait un piano dans son appartement et après avoir gouté un petit apéro ensemble, –   Jo se mettait au piano – jouant les premiers notes de « Autumn Leaves » et je suivais en chantant[4].

The falling leaves drift by the window

The autumn leaves of red and gold

I see your lips, the summer kisses

The sun-burned hands I used to hold[5]

Christophe Neff, écrit pendant la dernière semaine d’Octobre 2021, publié le 29.10.2021 à Grünstadt

P.S. : On trouvera à partir du 29 octobre un coffret cd « Yves Montand 100 ieme anniversaire » avec 12 cd réunissant 298 titres édité par Mercury.


[1] Malheuresement ont ne trouve que des vestiges de cette emission, – comme par example la  premiere emission de la serie « Schatten über Paris (1) ».

[2] Ce fut dans la partie „Schatten über Paris – „Schatten über Paris – „La Ville Lumière“ vor und nach der Okkupation (4) » – une transcription de l’emission se retrouve ici !

[3] On trouve aussi une tres belle compilation des chanson de Montand sur franceinfo culture « Centenaire d’Yves Montand : du „Far West“ à „La bicyclette“, retour sur ses dix chansons cultes »

[4] Plus de détails sur mes années étudiantes à Mannheim, voir  « Mannemer Dreck- traumhafte Zeiten – eine autobiographische Zeitreise mit Musikbegleitung nach Mannheim (en allemand)»

[5] « Automn leaves » est l’adaptation anglaise des «  le feuilles mortes » écrit par  Johnny Mercer en 1949.

Meine Erststimme für Isabel Mackensen-Geis!

Vor vier Jahren veröffentlichte ich einen kurzen französischsprachigen Blogbeitrag über mein Wahlkampfengagement für Isabel Mackensen-Geis  –  « Blognotice 21.09.2017: en campagne électorale pour Isabel Mackensen (SPD) ». Wahlkampf habe ich bei dieser Bundestagswahl keinen für Isabel  gemacht, aber das lag u.a. auch daran, dass Corona bedingt ein Großteil meiner Geländelehrveranstaltungen in den Spätsommer/Herbst gelegt werden musste, und ich seit Mitte andauernd August fast ununterbrochen  ja teilweise auch an den Wochenende unterwegs war und ich eigentlich schon wieder auf dem Sprung mitten in den Atlantik auf die Azoren bin.  Aber selbst wenn ich bei dieser Bundestagswahl keinen Wahlkampf für Isabel Mackensen-Geis gemacht habe, – meine Stimme hat sie schon bekommen.  Ich habe mit meiner Erststimme für Isabel Mackensen-Geis gestimmt, weil ich finde, dass sie den Bundestagswahlkreis Neustadt – Speyer sehr gut vertritt. Darüber hinaus fühle ich mich ihr auch politisch näher als dem 2017 direkt gewählten CDU Kandidaten Johannes Steiniger. Wer weiß, vielleicht schafft es Isabel ja sogar das Direktmandat zu erobern! Das wäre unabhängig vom Gesamtausgabe der Bundestagswahl schon eine kleine politische Sensation. Statt Straßen Wahlkampf für Isabel Mackensen-Geis zu machen, reproduziere ich hier in meinem „paysagesblog“ eben eines der „ Wahlkampfplakate“ für Isabel!

Politisch fühle ich mich den „Grünen“ eigentlich schon viel näher als der SPD,  – obwohl ich ja immer noch SPD Mitglied bin. Das Wahlkampfprogramm der Grünen überzeugt mich auf jeden Fall mehr als das der SPD. Aber letztlich wählte  ich dann doch auch mit meiner Zweitstimme SPD, denn ich denke, dass die Grünen in einer Jamaikakoalition nur Bruchteile ihres Wahlprogrammes umsetzten werden können.  Eine sozialökologische Wende wie ich sie mir wünsche – ist wohl nur mit einem Kanzler Olaf Scholz erreichbar.  Mehr „Güter“ auf die Bahn, mehr Schienenverkehr, – das ist wohl nur mit einem grünen Verkehrsminister sei das nun  Matthias Gastel, Anton Hofreiter oder Cem Özdemir in einer rotgrünen Koalition oder auch Ampelkoalition machbar.  Hier muss endlich umgesteuert werden! Dass dies möglich ist zeigt übrigens vorbildlich unser südlicher Alpennachbar die Schweiz.

Christophe Neff, Grünstadt den 18.09.2021

Blognotiz 14.08.2021: Schreiben an die Abgeordneten des Bundestagswahlkreis Neustadt – Speyer bezüglich der Lage der deutschen Ortskräfte in Afghanistan und dem Vormarsch der Taliban auf Kabul

Der heutige Samstagmorgen war ein schöner Sommermorgen. Solche schönen Sommermorgentage beginne ich oftmals damit, dass ich etwas Frühsport betreibe, – und soweit ich mich fit fühle über den Grünstadter Berg jogge. Heute wäre bestimmt auch so ein Tag gewesen, aber ich habe diesen schönen Sommermorgen genutzt, um den beiden Bundestagabgeordneten des Bundestagswahlkreis Neustadt – Speyer 209 Johannes Steiniger (CDU) und Isabel Mackensen-Geis (SPD) einen Brief zu schreiben, in dem ich die beiden Parlamentarier eindringlich Bitte, sich für die afghanischen Ortskräfte einzusetzen – „dass die Bundesregierung endlich mehr tut – um die afghanische Ortskräfte, die für Deutschland dienten, möglichst rasch nach Deutschland zu bringen, um ihnen unbürokratisch Schutz zu bieten“.  Die Art und Weise wie die Bundesregierung mit den Ortskräften in Afghanistan umgeht empfinde ich schon mehr als enttäuschend – im Grunde genommen ist es ein skandalöser Vorgang. Dazu brauchte es auch nicht die Lektüre des von Matthias Gebauer und Christoph Reuter verfassten Artikels »Ich muss in Afghanistan bleiben und auf den Tod warten« – um zu der Auffassung zu gelangen, dass die Bundesregierung sich hier nicht mit Ruhm bekleckert.

Eigentlich hatte ich erwartet, dass man die afghanischen Ortskräfte schnellst möglichst nach Deutschland bringt, denn es war und ist nicht zu erwarten, dass sich die afghanische Regierung lange ohne die Unterstützung der USA an der Macht halten würde. Ich teile auch die Meinung des französischen Afghanistanexperten Olivier Roy, dass die USA die „Einnahme von Kabul“ wohl einfach hinnehmen würden[1]. Sollte Kabul letztendlich in der Hand der Taliban fallen, wäre das Schicksal der deutschen Ortskräfte wohl besiegelt, letztlich ist es ein Todesurteil.

In meinem Schreiben bitte ich auch das bittere Schicksal der afghanischen Frauen zu berücksichtigen[2] und empfehle sich dafür an den Maßnahmen der kanadischen Regierung zu orientieren, die ein entsprechendes Hilfsprogramm für  „Frauen in Führungspositionen, Regierungsmitarbeiter, Menschenrechtsaktivisten, Journalisten und Angehöriger verfolgter Minderheiten“ aufgelegt hat. Für die afghanischen Frauen und Mädchen wird die Herrschaft der Taliban ein einziger Alptraum werden, dazu braucht man weder Hellseher noch Afghanistanexperte zu sein[3]!

Ich halte es für richtig, dass die westlichen Truppen Afghanistan verlassen. Aber die überstürzte Art des Abzuges halte ich für fatal, – für alle Afghanen die irgendwie an die westlichen Werte wie Freiheit und Menschenrechte geglaubt hatten ist es ein regelrechter Verrat. Sie – und damit meine ich nicht die unfähige korrupte afghanische Regierung – sondern die junge städtische Generation, die in Kabul und in den anderen Städten des Landes sich ein neues Leben aufgebaut haben – sie haben an den „Westen“ geglaubt! Jetzt lässt man sie leider jämmerlich  im Stich!

Christophe Neff, Grünstadt den 14.08.2021

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Den genauen Wortlaut des Schreibens an die beiden Abgeordneten gebe ich hier in Kursiv weiter:

Frau Isabel Mackensen – Geis

Herrn Johannes Steiniger

Deutscher Bundestag

Platz der Republik 1

11011 Berlin

Grünstadt, 14.08.2021

Liebe Isabel,

Sehr geehrter Herr Steiniger,

ich bin ein in Ihrem Wahlkreis wohnhafter Bürger und schreibe Sie wegen der besorgniserregenden Situation in Afghanistan an[4]!

Kennen Sie das Schicksal des afghanischen Präsidenten Mohammed Nadschibullāh ? Er wurde nach der Eroberung Kabuls durch die Taliban im September 1996 tagelang gefoltert, danach brutal ermordet und anschließend wurde sein Leichnam öffentlich zur Schau gestellt.

Dieses Schicksal droht den „afghanischen Ortskräften“ die für die Bundeswehr in Afghanistan gearbeitet haben und die das Land nicht rechtzeitig verlassen konnten. Und dies unabhängig davon, ob sie nun direkt für die Bundeswehr gearbeitet haben oder über Subunternehmen angestellt waren. Ähnliches Schicksal wird auch „Ortkräften“ drohen, die für die deutsche Botschaft, Entwicklungsorganisation wie z.B. GIZ, politische Organisationen wie z.B. die Friedrich Ebert Stiftung, oder auch westlichen NGO gearbeitet haben.

Ich möchte Sie deshalb bitten, dass Sie sich dafür einsetzen, dass man alle diese afghanischen Ortskräfte, die für die Bundesrepublik Deutschland, in was auch immer für einer Position gearbeitet haben, unverzüglich nach Deutschland bringt und ihnen Schutz bietet. Die Bundesregierung muss unverzüglich handeln, denn es ist leider abzusehen, dass die Taliban in Kürze die Macht in Afghanistan übernehmen werden.

Wenn man nichts tut, dann wird man leider damit rechnen müssen, dass den afghanischen Ortskräften, das gleiche Schicksal droht, wie damals den „Harkis“ den französische Hilfstruppen in Algerien. Mehrere 1000 dieser Harkis wurden nach der Unabhängigkeit Algeriens durch die algerischen Machthaber ermordet. Aus algerischer Sicht waren diese „Harkis“ Verräter und verdienten den Tod. Aus Sicht der Taliban sind die afghanischen Ortkräfte „Verräter“ und verdienen den Tod! Wenn die Bundesrepublik so wenig wie bisher für diese Menschen tut, – dann ist deren Schicksal besiegelt! Hier muss jetzt und unverzüglich gehandelt werden!

Kurz- und mittelfristig wünschte ich mir, dass die Bundesregierung den Afghanen hilft, die an da das westliche Versprechen von Freiheit und Demokratie geglaubt haben – und im Vertrauen darauf ihre Zukunft in Afghanistan aufgebaut hatten. Ich wünschte mir, dass  die jetzige Bundesregierung, aber auch die zukünftige Bundesregierung den Mut besitzt, ähnlich wie jetzt die kanadische Regierung, die ein Aufnahmeangebot für „Frauen in Führungspositionen, Regierungsmitarbeiter, Menschenrechtsaktivisten, Journalisten und Angehöriger verfolgter Minderheiten“ in Afghanistan macht[5]. Für diese Menschen gibt es in Afghanistan unter den Taliban keine Zukunft mehr, – viele von ihnen müssen auch um ihr Leben fürchten,  wenn die Taliban endgültig die Macht in Afghanistan übernehmen!

An das Schicksal, welches Frauen und Mädchen in einem von den Taliban beherrschten Afghanistan droht,  will ich gar nicht denken, – es wird ein Alptraum werden!

Ich bin kein „No-Border“ – und ich glaube auch nicht, dass Deutschland die Welt retten muss – ganz im Gegenteil!

Ich meine jedoch, dass die Bundesrepublik Deutschland denjenigen, die in Afghanistan für sie als Ortskräfte gearbeitet haben, Schutz bieten muss – und dies unverzüglich – denn ansonsten wird ein Großteil dieser Ortskräfte das Jahresende nicht überleben!

Ich meine auch, dass die Bundesrepublik ihren Anteil daran leisen könnte, dass man ausgewählten Mitglieder der afghanischen Zivilgesellschaft, insbesondere den Frauen in Führungs- und Funktionspositionen (Lehrerinnen, Ärztinnen, Journalistinnen etc.) Schutz bietet!

Es würde mich sehr freuen, wenn Sie sich dafür einsetzten könnten,

–          dass die Bundesregierung endlich mehr tut – um die afghanische Ortskräfte, die für Deutschland dienten, möglichst rasch nach Deutschland zu bringen, um ihnen unbürokratisch Schutz zu bieten

 –          dass die Bundesrepublik Deutschland ein ähnliches Programm – Hilfsprogramm für Mitglieder der afghanischen Zivilgesellschaft –  auflegt wie die kanadische Regierung!

Ich würde mir ggf. erlauben, dieses Schreiben im Wortlaut in meinem „paysagesblog“ zu veröffentlich, ggf. auch diesen Brief an die Regionalpresse weiterzuleiten!

Ich wünsche Ihnen bei ein schönes Wochenende und eine angenehmen und interessanten Wahlkampf!

Es würde mich freuen, wenn Sie sich beide als Abgeordnete des Deutschen Volkes, – in dieser als auch in der nächsten Legislaturperiode, – da sie ja auch beide wieder im nächsten Bundestag unseren Wahlkreis vertreten werden – sich für mein Anliegen einsetzten könnten!

Hochachtungsvoll!

Christophe Neff


[1] Afghanistan : les États-Unis „n’essaieront même pas“ d’empêcher la prise de Kaboul par les talibans, estime le politologue Olivier Roy (Afghanistan: Die USA werden „nicht einmal versuchen“, die Taliban an der Einnahme Kabuls zu hindern, sagt der Politikwissenschaftler Olivier Roy)  – Interview in France Info am 13.08.2021.

[2] Siehe auch „Afghanistan : le cruel abandon des femmes  (Afghanistan: die grausame Aufgabe der Frauen), Leitartikel des Mondes vom 28.07.2021.

[3] Hierzu auch das Video bzw. das Videotranskript „»Wir warten auf den Tod« von Janita Hämäläinen auf SPON vom 14.08.2021. Sowie Andrea Backhaus : „Frauenrechte in Afghanistan: „Die Taliban töten eine Frau nach der anderen“, die Zeit, 14.08.2021 und Women report Afghanistan „Please pray for me’: female reporter being hunted by the Taliban tells her story“, The Guardian, 10.8.2021-

[4] Mehr über meine Person können sie hier in diesen netten Artikel im Schramberger Stadtwerker „Wissenschaftler Christophe Neff, Feuer und Flamme für Waldbrände“  und in dem Wikipedia Artikel über meine Person erfahren!

[5] Canada vows to resettle 20,000 refugees from Afghanistan, as Taliban sweep country (Toronto Star, Friday 13. August 2021)  und der kanadische Einwanderungsminister Marco Mendicino  auf Twitter  “With the situation in Flagge von Afghanistan deteriorating rapidly, the humanitarian need is growing in the region. Today we announced an initial humanitarian effort to welcome over 20K refugees to a new home here in Flagge von Kanada. We will continue to do everything we can to help.”

Pour saluer Martin Graff/Erinnerungen an den Gedankenschmuggler Martin Graff

Sous le titre « Auf Wolkengang »[1] Dagmar Gilcher a écrit une mémorable nécrologie dans la Rheinpfalz pour Martin Graff qui vient de décéder à Soutlzeren dans son domicile le mercredi 4 aout[2]. Die Rheinpfalz, widmet ihm dem Autor der Zungenknoten, eine ganze Erinnerungsseite in der Wochenendausgabe des siebten August 2021. J’ai rencontré Martin Graff pour la première fois dans le costume du réformateur Jean Geiler de Kaysersberg survolant l’Alsace en Montgolfière au début des années 1990. Et depuis je suivais ses pérégrinations alsaciennes, franco-allemandes, européennes. En français, auf Hochdeutsch und auf elsässisch. Parfois même j’ai commenté ses „Zungenknoten“ paru dans la Rheinpfalz, dans paysages wie beispielsweise in „Dixit Martin Graff dans les Zungenknoten du 20.02.2016: „Nicht an allem ist Frau Merkel schuld /non Madame Merkel n’est pas coupable pour tous[3]. Im Sinne von Sprache ist die einzige Heimat, – hatte Graff, – wie ich auch selbst mehrere Heimaten. Also nicht einzig und alleine die deutsche Sprache wie beim in Paris lebenden Publizisten Stefan Troller sondern das Französische und das Deutsche[4]. Wahrscheinlich war es diese Mehrsprachigkeit die mich so mit Martin Graff verband und über den Tod hinaus verbindet. Ma langue maternelle c’est le français, c’est un fait indéniable, et les faits sont têtus, aber meine Zweitsprache war und ist das Deutsch, obwohl es natürlich längst meine Erstsprache geworden ist. Mein Deutsch das war eigentlich das Schramberger Schwäbisch, – in seiner Sulgener Ausprägung[5]. Also soweit ich weiß genau umgekehrt wie bei Martin Graff, seine Muttersprache war das in den Südvogesen gesprochen sehr alemannisch gefärbte Elsässisch des Münstertals . Aber die kindliche Mehrsprachigkeit umfasste in meiner Kindheit auch die italo-romagnolische Dialektausprägung des italienischen , – pour comprendre le „nonno[6]“ – mon arrière-grand-père franco-italien il fallait bien que j’apprenne quelque notions de romagnol. Car pour suivre les récits de voyage du « Nonno » à travers la naissance de l’Italie et l’immigration italien dans le Pays Haut et à Hussigny – j’étais bien obligé de comprendre le romagnol. Le « Nonno » parlait ni l’italien, ni le français –  non il parlait un curieux mélange de italo-romagnol et de français – une sorte de langue qu’on parlait à Hussigny-Godbrange et ses environs, – et dont certains vestiges se retrouvent dans le roman autobiographique « Les derniers Jours de la classe ouvrière »   de Aurélie Filippetti . C’est l’héritage plurilinguistique et pluriculturelle européen que je partage avec Martin Graff, – et c’est pour cela bleibt er mir ein unvergesslicher literarischer Wegbegleiter !

In diesem Sinne wiederhole ich die Worte aus seinem immer noch lesenswerten Text zum 40 Jubiläum des Elyseevertrages der in der Wochenzeitung die Zeit im Januar 2003 veröffentlicht wurde „Der Tanz der Sprachen öffnet die Seele und ermöglicht es uns, mit der Mentalität verschiedener Völker zu denken.[7]

Lire les textes et essayes de Martin Graff, – c’est aussi les souvenirs des chants du Feurenmoos de mon enfance[8], – das Singen der Schwarzwaldwälder wenn der Sturmwind aus dem Westen durch die Tannenwipfel fegte ….

 Christophe Neff, Grünstadt 08.08.2021


[1] Dagmar Gilcher „Auf Wolkengang – NACHRUF: Fast 25 Jahre hat er die Leserinnen und Leser der RHEINPFALZmit seinen zweisprachigen Texten daran erinnert, dass auch sie, wie die Elsässer, in einem Land mit Grenzen leben. Grenzen, die er so nie akzeptieren wollte. Ob als Schriftsteller, Filmautor oder Kabarettist hat er sie listig überwunden. Aber nun müssen wir ohne ihn lernen, wie man Gedanken schmuggelt.“ In, Die Rheinpfalz, Nr. 181, Balkon: Über Grenzen, Die Rheinpfalz, Samstag  7. August 2021.

[2] Voir «Martin Graff, poil à gratter saute-frontière » nécrologie de Olivier BRÉGEARD dans les Dernières Nouvelles d’Alsace.  

[3] Andere Kommentare zu den in der Rheinpfalz veröffentlichten Zungenknoten bzw. zu Martin Graff finden sich u.a. in „Blognotice 10.12.2011“, „Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff“, „Blognotice 21.02.2013: „Du bist schön Frollein“ – „tu es belle Mademoiselle“, « Blognotice 16.06.2017: Pierre-Yves Le Borgn’ député d’Allemagne et Europe centrale mène un courageux combat pour sa réélection ! »

[4] Georg Stefan Troller: „Sprache ist die einzige Heimat“  – in SWR2 Zeitgenossen, Sendung vom 08.08.2021

[5] Siehe auch : « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? ».

[6] „Nonno“ – grand père en italien. Mon arrière grand père italien François Migliori (Francesco Migliori) était originaire du hameau de Montebello à Torriana en Italie. D’apres mes souvenirs il a été naturalise francais durant les années 1930  !

[7]Je t’aime moi non plus – „Das Schweigen“ in München und ein nächtliches Schlittern auf dem Tegernsee. Der elsässische Grenzgänger Martin Graff erinnert sich an seine erste Deutschlandreise“ Die Zeit, 16. Januar 2003.

[8] Das Feurenmoos – der „Urwald“ meiner Kindheit – la forêt primaire de mon enfance –  ist ein Waldgebiet im Süden der Bergvorstadt Sulgen, – eine kleine Beschreibung dieses Waldes wurde von Erwin Wagner am Beginn der 1990 Jahre verfasst. Wagner, E.  Stützung der Auerwildpopulation im Raum Schamberg. In: Weiss, H. et al. (1990): Auerwild in Baden-Württemberg, Rettung oder Untergang? : Ergebnisse der 3. Arbeitsgruppe Auerwild, Schriftenreihe  LFV  Baden-Württemberg, 70,  23 – 27. Stuttgart.

Paysages – douzième année d’existence sur la toile donc déjà deux ans sur wordpress.com (billet trilingues français, allemand, anglais)

Paysages qui a débuté en mai 2009 comme blog abonné le Monde avec l’article « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? » entre dans sa douzième année d’existence. Durant le printemps 2019 le Monde annonce à ses abonnées bloggeur – que les blogs abonnés seraient supprimés début juin 2019et après avoir publié un dernier billet d’adieu retracant un peu l’épopée de paysages sur le monde.fr – paysages est relancé le 16 juin 2029 sur wordpress.com avec le billet « Nouveau départ pour le blog paysages ». Le transfert du Monde sur la plateforme et l’hébergeur wordpress.com s’est fait assez facilement mais début juillet 2019 un bug informatique a laissé disparaitre une grande quantité d’images et de liens – et jusqu’à présent je n’ai pas réussi à restaurer tous les images et liens de paysages. Dans les deux tableaux suivant je publie donc la liste des 10 articles les plus consultés depuis le 16 juin 2019 (jusque au 16.06.2021), date de la « relance » de paysages sur wordpress.com – et la liste des origines géographiques des consultations. Avec le passage sur wordpress.com paysages a perdu à peu près 2/3 de son lectorat – et surtout ces lecteurs proviennent maintenant majoritairement de pays non francophone ! Durant les années le Monde.fr paysages était un blog francophone, – et la plupart des lecteurs était des lecteurs franco-français ou provenait des pays francophones !

Ceci se traduit aussi dans la liste des dix articles les plus consultés depuis juin 2019, – 5 articles écrits en français, 3 en allemand, 2 en anglais. Néanmoins comme déjà durant les années le Monde.fr c’est l’article « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » décrivant l’incendie meurtrière de 1949 qui avait ravagé la forêt de landes en 1949, – feux de forêt qu’on pourrait d’ailleurs aussi caractériser comme une des rares «megafire/Mégafeu» du vingtième siècle en Europe car il respecte largement les critères des mégafeux avec ses 50.000 ha de pinedes & landes devorées  par les flammes et ses 82 morts, arrive en tête de ce petit classement des articles consultés sur paysages! On pourrait aussi ajouter que quatre des dix articles de ce classement concernant des billets traitant les incendies de forêts, l’embroussaillement du paysage et californisation des paysages!

Concernant le Monde, je ne cache pas que, que les déceptions n’ont malheureusement pas cessé après l’abandon des blogs abonnées, – le Monde vient de supprimer la version pdf du quotidien papier pour ses abonnées durant le printemps 2021 ! Encore une énième déception avec le journal le Monde – qui prétend être le journal de référence français et francophone, – j’ai d’ailleurs récemment consacré un billet « Encore une déception avec le Monde – La suppression du format PDF du journal numérique du Monde » à ce triste évènement !

Vue l’importance des lecteurs allemands (et anglophones) – suivent ici en dessous les traductions allemandes (et anglaises)!

RangTitre/Titel/titel%
11949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes3,64
2La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr3,06
3Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores)2,66
4Erinnerungen an die „märklinModerne“2,33
5Blognotiz 18.4.2012: Kommentar zu Dirk Kurbjuweit „Die Freiheit der Wölfe – Wird das Internet zu einer neuen Schule der Barbarei?“2,15
6The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)1,64
7Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 20181,47
8Ein paar Tage im November 1989: Erinnerung zum Mauerfall aus Südwestdeutschland1,19
9De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka1,18
10La Forêt progresse à Schramberg – et les risques d‘ incendies aussi1,14

 Tableau 1.  Les dix articles les plus consultés de paysages du 16 juin 2019 au 16 juin 2021.

Paysages, welches im Mai 2009  als Abonnentenblog von der Tageszeitung „Le Monde“ mit dem Artikel „I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ?“ startete, beginnt nun das zwölfte Jahr seiner Präsenz im WWW. Im Frühjahr 2019 kündigte le Monde seinen Abonnentenblogger an, dass die Abonnenten Blogs Anfang Juni 2019 aufgegeben werden würdenund nachdem ein letzter Abschiedspost auf le monde.fr die Geschichte von paysages ein wenig nachzeichnete, wurde paysages am 16. Juni 2029 auf wordpress.com mit dem Post “ Nouveau départ pour le blog paysages“ neu gestartet. Der Transfer von Le Monde auf die Plattform und den Hoster wordpress.com verlief relativ problemlos, aber Anfang Juli 2019 ließ ein Bug eine große Menge an Bildern und Links verschwinden – und bis jetzt habe ich es nicht geschafft, alle Bilder und Links von paysages wiederherzustellen. In den beiden Tabellen veröffentliche ich daher die Liste der 10 meistgesehenen Artikel seit dem 16. Juni 2019 (bis zum 16.06.2021), dem Datum des „Relaunches“ von paysages auf wordpress.com – und die Liste der geografischen Herkunft der Aufrufe. Mit dem Umzug auf wordpress.com hat paysages etwa 2/3 seiner Leserschaft verloren – und was noch wichtiger ist, diese Leser kommen nun überwiegend aus nicht französischsprachigen Ländern! Während der Jahre auf le Monde.fr war paysages ein meist in Französisch verfasster Blog, – und die meisten Leser kamen aus Frankreich oder aus der frankophonen Welt!

Dies spiegelt sich auch in der Liste der zehn am häufigsten konsultierten Artikel seit Juni 2019 wider – 5 Artikel in französischer, 3 in deutscher und 2 in englischer Sprache. Doch wie schon in den Jahren als Abonnentenblog der Tageszeitung le Monde ist es der Artikel „1949 – l’incendie meurtrier dans la Forêt des Landes“ der dieses kleine- Klassement anführt. Der Artikel beschreibt den Waldbrand in der Forêt des Landes von 1949 , – einen Waldbrand, den man auch als einen der seltenen europäischen „Megafire/Megafeuer“ des zwanzigsten Jahrhunderts könnte. Mit den 50.000 ha Kiefernwälder & Heidelandschaft die in Flammen aufgingen und den 82 Todesopfern erfüllt dieser historische Waldbrand die Kriterien von Megafeuern bei weitem. Man könnte auch hinzufügen, dass vier der zehn Artikel in diesem Ranking Beiträge sind, die sich mit Waldbränden, Landschaftsverbuschung und Californisierungstendenzen beschäftigen!

Was Le Monde betrifft, ist es leider so, dass die Enttäuschungen auch nach der Einstellung der „Abonnentenblogs“ nicht aufgehört haben, – Le Monde hat gerade im Frühjahr 2021 die pdf-Version der Papierausgabe der Tageszeitung für seine Abonnenten abgeschafft! Eine weitere Enttäuschung mit der Tageszeitung le Monde – die für sich in Anspruch nimmt, die französische und frankophone Referenzzeitung zu sein, – diesem traurigen Ereignis habe ich kürzlich diesen Beitrag „Encore une déception avec le Monde – La suppression du format PDF du journal numérique du Monde  “ gewidmet!

RangsPays/Land/state%
1Allemagne/Deutschland/Germany54,55
2France/Frankreich20,87
3États-Unis d’Amérique/ USA11,13
4Tunisie1,20
5Suisse/Schweiz1,13
6Chine/China1,02
7Canada1,01
8Belgique1,01
9Corée du Sud/South-Corea/Südkorea0,79
10Portugal0,69

Tableau 2 : Liste des origines géographiques des lecteurs de paysages du 16 juin 2019 au 16 juin 2021

Paysages which started in May 2009 as a ”Le Monde” subscriberblog  with the article“« I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir “ is entering its twelfth year of existence. During the spring of 2019 le Monde announces to its subscriber bloggers – that the subscribed blogs (blog abonnées le Monde.fr)  will be deleted at the beginning of June 2019and after having published a last farewell post retracing a bit the epic of “paysages” on le monde.fr – paysages is relaunched on June 16, 2019 on wordpress.com with the post „Nouveau départ pour le blog paysages „. The transfer from Le Monde to the wordpress.com host was quite easy but in the beginning of July 2019 a bug let disappear a large amount of images and links – and so far I have not managed to restore all the images and links of paysages which disappeared during this bug. In the following two tables I therefore publish the list of the 10 most viewed articles since June 16, 2019, (until 16.06.2021) the date of the „relaunch“ of paysages on wordpress.com – and the list of geographical origins of the views. With the move to wordpress.com paysages has lost about 2/3 of its readership – and especially these readers now come mostly from non-French speaking countries! During the years le Monde.fr paysages was a french blog, – and most of the readers came from France and the francophone world!

This is also reflected in the list of the ten most consulted articles since June 2019, – 5 articles written in French, 3 in German, 2 in English. Nevertheless as already during the years le Monde.fr it is the article „1949 – l’incendie meurtrier dans la Forêt des Landesdescribing the deadly fire of 1949 which had ravaged the forest of Landes in 1949, – forest fire which could be also characterized as one of the rare european „megafire“ of the twentieth century because it largely respects the criteria of megafires with its 50. 000 ha of pines & heathlands devoured by the flames and its 82 deaths, arrives at the head of this small classification of the articles consulted on paysages! One could also add that four of the ten articles in this ranking concern posts dealing with forest fires, bush encroachment and  californization of the landscape!

Concerning Le Monde, I don’t hide the fact that, unfortunately, the disappointments didn’t stop after the abandonment of the subscribed blogs, – Le Monde has just removed the pdf version of the daily paper for its subscribers during spring 2021! Yet another disappointment with the newspaper le Monde – which claims to be the French and francophone reference newspaper, – I have recently dedicated a post „Encore une déception avec le Monde – La suppression du format PDF du journal numérique du Monde“ to this sad event!

Photo : © Christophe Neff 13.06.2022, Vue sur le clocher de l’eglise St. Martin à Grünstadt à travers les Coquelicots !

Christophe Neff, Grünstadt 27.06.2021

Les belles de Tunis sont en deuil

Les belles de Tunis sont en deuil, Nine Moati Cariès vient de décéder début mai[1]. Je l’ai appris en écrivant mon dernier billet par diverses sources tunisiennes[2]. D’ailleurs je suis étonné, de ne retrouver aucune nécrologie sur Nine Moati dans la presse française, – dommage[3] car elle était une écrivaine reconnue et ses livres ont aussi connu un succès en librairie et dans les mains de ses lecteurs et lectrices. Oui les nouvelles de son décès me sont donc arrivées par la Tunisie, ce pays qu’elle aimait tant.

Je me vois encore descendre la colline de Sidi Dhriff pour aller chercher le Monde à la Marsa Gare, entrez dans la librairie Mille feuilles véritable « institution à la Marsa » , comme je le faisais régulièrement pendant mes années tunisiennes. Et c’est ici que j’ai acheté le roman « les belles de Tunis[4] » de Nine Moati dans une édition spéciale pour le Maghreb francophone. C’est d’ailleurs ici que j’ai aussi acheté les livres de son frère, Serge – dont « Villa Jasmin » auquel j’avais dédié un de mes premiers post de blog sur paysages « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir ». C’est grâce aux livres de Nine et de son frère Serge dont j’ai lu une très grande partie à la Marsa, pendant ces dites « mes années tunisiennes », que j’ai aussi appris à comprendre l’histoire de la Tunisie et peut être aussi un peu la mienne !  On peut retrouver d’ailleurs les souvenirs de jeunesses tunisiens de Nine et de Serge dans le livre édité par Éric Fottorino « Mille et un soleil. Paroles du Maghreb en France » en 1995. Je reprends donc quelques paroles du chapitre « la coquille de Nine Moate » :

« Je me sentais tout à la fois, se souvient Nine Moati quand elle évoque son arrive à Paris en 1957 avec son frère Serge, peu après le traumatise de la mort de leurs parents et  le départ loin de la Tunisie natale. Je me sentais Française car j’avais été éduquée dans cette culture (son père était président de la Ligue des droits de l’homme). Sentimentalement, j’étais Tunisienne. Et juive à l’évidence, sans m’en rendre compte. Je n’avais pas connu l’antisémitisme en Tunisie ! Je n’avais pas l’impression qu’il existait des juifs ailleurs. J’ai seulement ressenti cette identité en arrivant à Paris. « On pense au mots de Sartre : c’est le regard des autres qui crée le Juif ». A cette époque, continue Nine Moati, je n’avais pas les clefs de la société française (Fottorino 1995 110-111)  » 

On retrouve dans ses paroles les souvenirs de son père, – Serge Moati (1903 – 1957), journaliste, résistant, socialiste, – comme dans beaucoup d’écrits de Serge[5], – mais hélas il est vraiment difficile de retrouver des sources sur la vie du père de Serge et de Nine à part cette petite notice biographique dans le dictionnaire biographique Le Maitron on ne trouve guerre de sources scientifiques. J’écris ceci, car j’avais moi-même pour un exposé scientifique recherché des sources pertinentes sur la biographie du père de Serge et Nine –  car dans cet exposé j’avais aussi dédié un transparent entier aux « vue de Serge Moati père » sur la Tunisie des années 1940/50[6].

Je finis ce texte en mémoire de Nine Moati, en reprenant une partie de la préface de Nine Moati du roman « les belles de Tunis » de Nine Moati dans une éditions spéciale pour le Maghreb francophone que j’avais acheté durant l’année 2005 à la libraire « Mille feuilles » à la Marsa !

 « Préface à la présenté édition 

Voir Les belles de Tunis édité en Tunisie me procure une grande émotion, tant j’ai l’impression que les choses rentrent dans leur ordre naturel.

Car c’est d’abord pour répondre aux questions intéressées de mon mari sur mes ancêtres et sur mon pays, que j’ai écrit ce livre. La mémoire, chez nous en Tunisie et dans la plupart des pays méditerranéens, était transmise uniquement par la parole. 0 ‚où le rôle essentiel des conteurs et conteuses, et pas seulement des Milles et Une Nuits. Totalement différente est la conservation de la mémoire dans les pays occidentaux. Ma belle famille, par exemple, gardait des archives remontant au 17‘ siècle et des arbres généalogiques plus nombreux que nos oliviers. Chez nous, rien. Hormis quelques légendes familiales qu’on se racontait sur un ton léger, sans avoir l’air d’y toucher ni de s’apesantir: « Oui, nous avions un grand oncle ministre des finances du Bey qui avait quitté la Tunise en catimini …. Oui, c’est vrai, les Grana (Juifs d’origine livournaise) et les Tounsi ne se supportaient pas; même dans la mort, jusqu’à exiger des cimetières séparés… »

Et puis, on racontait des petites affaires de cœur, des  deuils, des mariages, des entrevues, le montant de la dot de la fille Untel… la routine. Mais jamais on ne parlait de ce qu’avait fait l’arrière grand’père ou la cause de sa venue en Tunisie depuis Livourne …

C’est en France que je me suis aperçue que je ne savais rien, mais rien de tout, de mon pays. Alors, je me suis lancée dans de longues recherchs. J’ai eu beaucoup de mal à retrouver des documents pour préparer la première partie, celle qui relate l’instauration du Protectorat français. Ensuite, pour la période commençant en 1900, je me suis empressée de recueillir certains témoignages de survivants de ces années là. Pour la dernière partie, c’est-à-dire celle de la Deuxième Guerre Mondiale et de l’Indépendance de la Tunisie, je n’ai eu qu’à plonger dans mes propres souvenirs et à consulter mes petits agendas rouges avec leur crayon accroché. je me suis souvenue, toute petite fille, de notre installation pendant la guerre dans le hammam de l’avenue de Londres. Pendant que les bombes pleuvaient sur Tunis, nous mangions du couscous en esquissant quelques mouvements de danse orientale … Puis, après, notre villa au Belvédère, les magazines achetés chez Younès avenue de Paris,  les surprises parties sur les terrasses qui sentaient bon le jasmin et le fel en bord de me, les baignades à Bikini, le T.G.M.. le Ma’sar, le poisson complet de Bichi, les bonbaloni et les cornets de frites, les frigolos et les cakis, les amandes et les glibettes ….

Je n’ai jamais coupé mes liens avec la Tunisie. J’y reviens très régulièrement comme on revient à maison ….

Nine Moati »

Cette préface dédié aux lecteurs du Maghreb francophone et surtout aux lecteurs tunisiens, écrite il y maintenant presque vingt ans est un véritable document historique qui nous montre à quel point Nine Moati était attaché à sa « Tunisie ».  En écrivant ces lettres, je me souviens, qu’à  la libraire « Mille feuilles » on me disait que les Moati frères et sœurs étaient parfois de passage à la libraire, – mais personnellement je ne les ai jamais rencontré à la Marsa. Même si je ne les  ai jamais rencontrés personnellement ni en Tunisie, ni en France c’est  à travers leurs livres qui j’ai découvert une autre image de la Tunisie, – et à travers ces livre j’ai aussi fait la connaissance de « Serge Moati père » le socialiste, – décédé beaucoup trop jeune en Aout 1957.

Le fait que « l’annonce du décès de Nine Moati » m’est parvenue par la Tunisie (par les médias tunisiens) montre à quelle point Nine Moati ne se trompait en écrivant dans les derniers lignes de préface aux lecteurs francophone « Cette nouvelle édition de « Les Belles de Tunis » m’attache encore d’avantage à mon pays, le pays de mon cœur et de ma mémoire. »

Peut-être un jour j’aurais l’occasion de retourner à la Marsa, – de descendre la colline de Sidi Dhriff, de rentrer à la librairie « Mille feuilles », d’acheter le Monde chez le marchand de journaux en proximité de la Gare du TGM, – et j’aurais certainement une pensé pour Nine Moati, la grand sœur courageuse de Serge[7], pour « les belles de Tunis » – et pour ma jeunesse. Quand je lisais «les belles de Tunis », « Villa Jasmin » j’étais un jeune père, avec de petits enfants, auxquels je rapportais toujours des pâtisseries tunisiennes (« tunesische Süßigkeiten) des me séjours professionnels en Tunisie – et depuis le temps a passé – je suis même retourne en Tunisie en 2018 – et mes enfants sont devenues des personnes adultes – mais ils n’ont pas oubliés les « tunesische Süßigkeiten » – les pâtisseries tunisiennes !

Images : Les scan de la couverture des « belles de Tunis », édition spéciale pour le Maghreb francophone, éditions Cérès Tunis avec comme illustration de couverture une aquarelle de l’artiste Victor Sarfati, – ce livre que j’ai acheté en 2005 dans la librairie « Mille feuilles » à la Marsa !

Bibliographie (livre consultés et cités) :

Fottorino, Éric (1995 ) : Mille et un soleil. Paroles du Maghreb en France. Éditions Stock, Paris., ISBN 2-234-04542-8

Moati, Nine (2004) : Les Belles de Tunis. Cérès Editions, Tunis. ISBN 9973 – 19-418-7

Moati, Serge ( 2003 ) : Villa Jasmin, Fayard, le livre de Poche, ISBN 2-253-10851-0.

Tselikas, Effy ; Hayoun, Lina (Eds.),(2004): Les lycées français du soleil. Creusets cosmopolites du Maroc, de l’Algerie et de la Tunisie. Éditions autrement, Paris, ISBN 2-7467-0435-8

Christophe Neff, écrit durant le week-end de pente cote 2021

Publié le lundi 24.05.2021 à Grünstadt


[1] Avis de décès, paru le 7. Mai 2021 sur dansnoscœurs.fr

[2] Entre autre sur le site tunisiens Kapitalis   « Décès de Nine Moati : Les « Belles de Tunis » en pleurs » et sur la page facebook du Lycée Carnot de Tunis dans le post « Nine Moati nous a quittée hier ».

[3] Apparemment l’article « « Portraits de mon père » de Félix Moat» sur le site « Véronique Chemla Informations et analyses de géopolitique, sur l’antisémitisme, la culture, les Juifs, le judaïsme, Israël, l’Histoire et l’aviation » est le seul media français que mentionne le décès de Nine Moati.

[4] Voir la critique de « Serge Koster » « Nine Moati et “ les Belles de Tunis “ » dans le Monde en mars 1983.

[5] Voir aussi « Serge Moati : „Le jour où mon père est mort“ »

[6] Exposé  « Incendies de forêts, changements climatiques, paysages et révolutions – une vue virtuelle sur une Tunisie qui change » tenu pendant la Conférence « II ème symposium international sur le thème : Territoires, Changements Globaux et développement durable. Hammamet du lundi 12 au samedi 17 novembre 2018 » dont je parle dans le billet «Impressions du « Deuxième Symposium International de l’AGT : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie ».

[7] Cette phrase parvient d’un Interview de Serge Moati dans Paris Match « Ma grande soeur, si courageuse, m’emmène à Paris où nous habitons ensemble chez des gens. La vie n’est pas facile : on passe d’une existence bourgeoise à la galère sans le sou » déjà mentionée plus haut (Serge Moati : „Le jour où mon père est mort“).

Encore une déception avec le Monde – La suppression du format PDF du journal numérique du Monde

Le‌ ‌Monde‌ ‌a‌ ‌supprimé‌ ‌le‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌du‌ ‌journal‌ ‌numérique.‌ ‌J’avais‌ ‌déjà‌ ‌reçu‌ ‌un‌ email‌ ‌annonçant‌ ‌la‌ ‌suppression‌ ‌du‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌du‌ ‌journal‌ ‌papier‌ ‌il‌ ‌y‌ ‌a‌ ‌quelques‌ ‌semaines,‌ ‌mais‌ ‌apparemment‌ ‌je‌ ‌n’avais‌ ‌pas‌ ‌bien‌ ‌compris‌ ‌ce‌ ‌que‌ ‌cette‌ ‌annonce‌ ‌entraîne‌ ‌comme‌ ‌conséquences !‌ ‌Eh‌ ‌bien‌ ‌en‌ ‌voulant‌ ‌me‌ ‌« charger »‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌du‌ ‌week-End‌ ‌du‌ ‌8‌ ‌Mai‌ ‌2021‌ ‌pour‌ ‌mon‌ ‌archive‌ ‌personnelle,‌ ‌je‌ ‌me‌ ‌rends‌ ‌compte‌ que‌ ‌désormais‌ ‌mon‌ ‌abonnement‌ ‌numérique‌ ‌avec‌ ‌lequel‌ ‌je‌ ‌lisais‌ ‌plus‌ ‌ou‌ ‌moins‌ ‌quotidiennement‌ ‌une‌ ‌partie‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌–‌ ‌et‌ ‌je‌ ‌sauvegardais‌ ‌le‌ ‌reste‌ ‌en‌ ‌copie‌ ‌PDF‌ ‌pour‌ ‌le‌ ‌lire‌ ‌pendant‌ ‌le‌ ‌week-end‌ ‌suivant,‌ ‌-‌ ‌tout‌ ‌cela‌ ‌prend‌ ‌donc‌ ‌fin.‌ ‌J’ai‌ ‌contacté‌ ‌le‌ ‌service‌ ‌client‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌et‌ ‌reçois‌ ‌comme‌ ‌réponse‌ ‌un‌ ‌petit‌ ‌courrier‌ ‌dont‌ ‌je‌ ‌reproduis‌ ‌ici‌ ‌une‌ ‌« capture‌ ‌d’écran »‌ ‌-‌ ‌eh‌ ‌bien‌ ‌oui‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌abandonne‌ ‌le‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌du‌ ‌journal‌ ‌papier,‌ ‌-‌ ‌pour‌ ‌lutter‌ ‌contre‌ ‌la‌ ‌diffusion‌ ‌gratuite‌ ‌du‌ ‌Journal.‌ ‌Je‌ ‌reprends‌ ‌la‌ ‌citation‌ ‌exacte‌ ‌« ‌Nous‌ ‌regrettons‌ ‌de‌ ‌devoir‌ ‌prendre‌ ‌une‌ ‌telle‌ ‌décision,‌ ‌mais‌ ‌la‌ ‌lutte‌ ‌contre‌ ‌la‌ ‌diffusion‌ ‌gratuite‌ ‌du‌ ‌travail‌ ‌des‌ ‌500‌ ‌journalistes‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌rédaction‌ ‌est‌ ‌un‌ ‌impératif‌ ‌pour‌ ‌notre‌ ‌collectivité ‌»‌ ‌du‌ ‌courrier‌ ‌reçu !‌ ‌ ‌

Je‌ ‌suis‌ ‌un‌ ‌peu‌ ‌étonné‌ ‌car‌ ‌j’ai‌ ‌des‌ ‌abonnements‌ ‌semblables‌ ‌chez‌ ‌les‌ ‌hebdomadaires‌ ‌allemands‌ ‌« der‌ ‌Spiegel »‌ ‌et‌ ‌« die‌ ‌Zeit »‌ ‌-‌ ‌mais‌ ‌apparemment‌ ‌« la‌ ‌fraude‌ ‌numérique »‌ ‌ne‌ ‌semble‌ ‌guère‌ ‌être‌ ‌un‌ ‌problème‌ ‌pour‌ ‌ces‌ ‌« poids-lourds »‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌presse‌ ‌écrite‌ ‌allemande.‌ ‌Cette‌ ‌fraude‌  ‌existe‌ ‌certainement‌ ‌aussi‌ ‌en‌ ‌Allemagne‌ ‌mais‌ ‌je‌ ‌pense‌ ‌que‌ ‌ceci‌ ‌est‌ ‌pris‌ ‌en‌ ‌compte‌ ‌pour‌ ‌atteindre‌ ‌une‌ ‌portée‌ ‌journalistique‌ ‌(Publizistische‌ ‌Reichweite[1])‌ ‌plus‌ ‌large‌ ‌et‌ ‌ainsi‌ ‌aussi‌ ‌augmenter‌ ‌les‌ ‌revenus‌ ‌publicitaires.‌ 

A‌ ‌part‌ ‌ma‌ ‌surprise‌ ‌personnelle,‌ ‌l’annonce‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌de‌ ‌mettre‌ ‌fin‌ ‌au‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌de‌ ‌son‌ ‌quotidien‌ ‌papier‌ ‌ne‌ ‌semble‌ ‌guère‌ ‌avoir‌ ‌produit‌ ‌de‌ ‌réactions‌ ‌médiatiques,‌ ‌à‌ ‌part‌ ‌l’article‌ ‌« ‌Le‌ ‌Monde‌ ‌met‌ ‌fin‌ ‌au‌ ‌format‌ ‌PDF‌ ‌de‌ ‌son‌ ‌quotidien‌ ‌papier‌ ‌pour‌ ‌lutter‌ ‌contre‌ ‌le‌ ‌partage‌ ‌de‌ ‌contenus‌ »‌ ‌sur‌ ‌mind.media‌‌ ‌(article‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌n’ai‌ ‌pas‌ ‌lu‌ ‌car‌ ‌accès‌ ‌restreint‌ ‌pour‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌site)‌ ‌ ‌je‌ ‌n’ai‌ ‌trouvé‌ ‌aucune‌ ‌réaction‌ ‌sur‌ ‌la‌ ‌toile francophone.‌ ‌J’en‌ ‌déduis‌ ‌que‌ ‌pour‌ ‌les‌ ‌médias‌ ‌francophones‌ ‌la‌ ‌disparition‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌papiers‌ ‌PDF‌ ‌était‌ ‌un‌ ‌« non‌ ‌évènement ».‌ ‌ ‌

Donc‌ ‌après‌ ‌avoir‌ ‌subi‌ ‌le‌ ‌mauvais‌ ‌coup‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌suppression‌ ‌des‌ ‌blogs‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Monde.fr‌ ‌durant‌ ‌le‌ ‌printemps‌ ‌2019‌ ‌voici‌ ‌une‌ ‌nouvelle‌ ‌déception‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌Monde.‌ ‌« ‌Paysages‌ »‌ ‌faisait‌ ‌partie‌ ‌de‌ ‌blogs‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌jusqu’à‌ ‌leur‌ ‌suppression‌ ‌en‌ ‌mai‌ ‌2019‌ ‌–‌ ‌et‌ ‌cette‌ ‌suppression‌ ‌assez‌ ‌brusque‌ ‌motivée‌ ‌par‌ ‌des‌ ‌raisons‌ ‌techniques‌  ‌m’avait‌ ‌pris‌ ‌par‌ ‌surprise‌ ‌–‌ ‌et‌ ‌j’avais‌ ‌même‌ ‌dédié‌ ‌deux‌ ‌billets[2]‌‌ ‌à‌ ‌cette‌ ‌suppression‌ ‌brutale‌ ‌et‌ ‌j’ai‌ ‌remis‌ ‌paysages‌ ‌sur‌ ‌rail‌ ‌chez‌ ‌l’hébergeur‌ ‌wordpress.com‌ ‌avec‌ ‌l’article‌ ‌« ‌Nouveau‌ ‌départ‌ ‌pour‌ ‌le‌ ‌blog‌ ‌paysages ‌».‌

‌En‌ ‌plus‌  ‌la‌ ‌ligne‌ ‌éditoriale‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌m’intrigue‌ ‌de‌ ‌plus‌ ‌en‌ ‌plus.‌ ‌Par‌ ‌exemple‌ ‌la‌ ‌couverture‌ ‌des‌ ‌mouvements‌ ‌des‌ ‌gilets‌ ‌jaunes‌ ‌par‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌n’avait‌ ‌aucun‌ ‌recul‌ ‌journalistique,‌ ‌-‌ ‌lisant‌ ‌les‌ ‌reportages‌ ‌d’Aline‌ ‌Leclerc‌  ‌on‌ ‌avait‌ ‌de‌ ‌plus‌ ‌en‌ ‌plus‌ ‌le‌ ‌sentiment‌ ‌que‌ ‌cette‌ ‌journaliste‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌était‌ ‌devenue‌ ‌une‌ sorte‌ ‌de‌ ‌porte-parole‌ ‌officieuse‌ ‌des‌ ‌gilets‌ ‌jaunes.‌ ‌

Autre exemple, cet « anti-macronisme » primaire qu’on peut malheureusement trouver dans nombreux articles sur la politique intérieure!  En‌ ‌lisant‌ ‌certains‌ ‌articles‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌on‌ ‌a‌ ‌l’impression‌ ‌que‌ ‌Macron‌ ‌est‌ ‌responsable‌ ‌de‌ ‌tous‌ ‌les‌ ‌malheurs‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌France,‌ ‌-‌ ‌même‌ ‌les‌ ‌« humeurs »‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌météo‌ ‌semblent‌  ‌dépendre‌ ‌de‌ ‌Macron‌ ‌–‌ ‌les‌ ‌chaleurs‌ ‌estivales‌ ‌deviennent‌ ‌insupportables,‌ ‌-‌ ‌c’est‌ ‌certainement‌ ‌Macron‌ ‌le‌ ‌responsable.‌ ‌Il‌ ‌y‌ ‌trop‌ ‌de‌ ‌neige‌ ‌en‌ ‌hiver‌ ‌c’est‌ ‌certainement‌ ‌Macron‌ ‌le‌ ‌responsable,-‌ ‌et‌ ‌si‌ ‌par‌ ‌hasard‌ ‌il‌ ‌n’y‌ ‌avait‌ ‌pas‌ ‌assez‌ ‌de‌ ‌neige‌ ‌en‌ ‌hiver‌ ‌c’est‌ ‌encore‌ ‌Macron‌ ‌le‌ ‌responsable.‌ ‌‌C’est‌ ‌un‌ ‌peu‌ ‌ce‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌ressens‌ ‌en‌ ‌lisant‌ ‌les‌ ‌pages‌ ‌de‌ ‌politique‌ ‌intérieur‌ ‌dans‌ ‌le‌ ‌Monde ‌ ‌-‌ ‌Macron‌ ‌semble‌ ‌faire‌ ‌la‌ ‌pluie‌ ‌et‌ ‌le‌ ‌beau‌ ‌temps‌ ‌sur‌ ‌les‌ ‌paysages‌ ‌de‌ ‌France !‌ ‌ ‌

Malgré‌ ‌cette‌ ‌énième‌ ‌déception[3]‌‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌je‌ ‌reste‌ ‌abonné,‌ ‌je‌ ‌ne‌ ‌pense‌ ‌même‌ ‌pas‌ ‌à‌ ‌me‌ ‌désabonner‌ ‌du‌ ‌Monde.‌ ‌Dans‌ ‌ce‌ ‌contexte,‌ ‌je‌ ‌pense‌ ‌avec‌ ‌un‌ ‌léger‌ ‌sourire‌ ‌aussi‌ ‌aux‌ ‌commentaires‌ ‌des‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Monde,‌ ‌qui‌ ‌menacent‌ ‌régulièrement‌ ‌dans‌ ‌leurs‌ ‌commentaires‌ ‌d’articles‌ ‌de‌ ‌se‌ ‌désabonner,‌ ‌mais‌ ‌qui‌ ‌finalement‌ ‌restent‌ ‌fidèles‌ ‌à‌ ‌leur‌ ‌« journal‌ ‌de‌ ‌référence ».‌ ‌Certainement‌ ‌pas‌ ‌tous,‌ ‌-‌ ‌mais‌ ‌on‌ ‌retrouve‌ ‌ces‌ ‌mêmes‌ ‌« noms‌ ‌de‌ ‌plumes »‌ ‌dans‌ ‌les‌ ‌commentaires‌ ‌et‌ ‌on‌ ‌se‌ ‌dit‌ ‌que,‌ ‌finalement‌ ‌ils‌ ‌ne‌ ‌se‌ ‌sont‌ ‌donc‌ ‌pas‌ ‌désabonnés,‌ ‌ou‌ ‌peut-être‌ ‌qu’‌ ‌ils‌ ‌sont‌ ‌revenus‌ ‌après‌ ‌avoir‌ ‌pris‌ ‌un‌ ‌congé‌ ‌provisoire‌ ‌dans‌ ‌leur‌ ‌abonnement.‌ ‌

Et précisions oblige, à la grande différence de la presse allemande écrite, – la production‌ ‌de‌ ‌commentaires‌ ‌sous‌ ‌les‌ ‌articles‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌est‌ ‌réservé‌ ‌aux‌ ‌seuls‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Monde.‌ ‌D’ailleurs‌ ‌le‌ ‌Spiegel‌ ‌essaye‌ ‌en‌ ‌ce‌ ‌moment‌ ‌d’évoluer‌ ‌vers‌ ‌le‌ ‌Modèle ‌le‌ ‌Monde,‌ ‌-‌ ‌de‌ ‌plus‌ ‌en‌ ‌d’articles‌ ‌sont‌ ‌seulement‌ ‌« commentables »‌ ‌par‌ ‌les‌ ‌abonnés‌ ‌du‌ ‌Spiegel.‌ ‌ ‌

Le‌ ‌Monde‌ ‌depuis‌ ‌mon‌ ‌enfance‌ ‌, c’est‌ ‌plutôt‌ ‌un‌ ‌environnement‌ ‌naturel‌ ‌dans‌ ‌lequel‌ ‌j’évoluais.‌ ‌Les‌ ‌lectures‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌avec‌ ‌mon‌ ‌grand-père‌ ‌tant‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌« L’Oliveraie[4]»‌ ‌a‌ ‌l’impasse‌ ‌de‌ ‌Pins‌ ‌à‌ ‌Aubord‌ ‌qu’à‌ ‌la‌ ‌Griffoulière‌ ‌à‌ ‌Port‌ ‌Leucate[5] ceci a certainement débuté à neuf ou dix ans, donc apparemment en 1974. Le premier évènement de politique internationale que je suivais et que j’essayait de comprendre par la lecture du Monde, fut la  Révolution des Œillets au Portugal pendant le printemps 1974. En 1974 je m’en doutait pas encore, que je travaillerai un jour dans ce pays au bord de l’Atlantique, aussi bien sur la Costa Vicentina[6] pour une partie de relevées de terrain pour ma thèse de doctorat (durant les années 1990) , – et depuis 1999, donc plus de vingt ans des travaux de recherches sur l’archipel des Açores, principalement sur l’île de Faial[7].

Et‌ ‌plus‌ ‌tard‌ ‌pendant‌ ‌mes‌ ‌études‌ ‌à‌ ‌l’université de Mannheim,‌ ‌je‌ ‌passais‌ ‌prendre‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌a‌ ‌la‌ ‌Gare‌ ‌de‌ ‌Mannheim,‌ ‌et‌ ‌les‌ ‌week‌ ‌-‌ ‌ends‌ ‌le‌ ‌magazine‌ ‌« Jeune‌ ‌Afrique »,‌ ‌et‌ ‌vingt-ans‌ ‌plus‌ ‌tard‌ ‌je‌ ‌descendais‌ ‌la‌ ‌colline‌ ‌de‌ ‌Sidi-Dhrif‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌Marsa‌ ‌Gare‌ (La Marsa Plage) ‌pour‌ ‌chercher‌ ‌mon‌ ‌« Monde »‌ ‌chez‌ ‌le‌ ‌marchand‌ ‌de‌ ‌journaux‌ ‌en‌ ‌face‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌gare‌ ‌du‌ ‌TGM‌[8] !‌ ‌Donc‌ ‌une‌ ‌longue‌ ‌histoire,‌ ‌je‌ ‌dirais‌ ‌presque‌ ‌familiale‌ ‌que‌ ‌j’entretiens‌ ‌avec‌  ‌le‌ ‌Monde‌ ‌depuis‌ ‌plus‌ ‌de‌ ‌45‌ ‌ans.‌ ‌

Donc‌ ‌cela‌ ‌me‌ ‌semblait‌ ‌plus‌ ‌au‌ ‌moins‌ ‌être‌ ‌une‌ ‌évolution‌ ‌naturelle‌ ‌que‌ ‌je‌ ‌me‌ ‌suis‌ ‌abonné‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌version‌ ‌numérique‌ ‌du‌ ‌Monde‌ ‌qui‌ ‌incluait‌ ‌le‌ ‌PDF‌ ‌du‌ ‌journal‌ ‌« papier »‌ ‌au‌ ‌début‌ ‌des‌ ‌années‌ ‌2000.‌ ‌Rien‌ ‌de‌ ‌comparable‌ ‌aux‌ ‌sentiments‌ ‌que‌ ‌Sabine‌ ‌Aussenac‌ ‌décrit‌ ‌dans‌ ‌son‌ ‌petit‌ ‌texte‌ ‌« ‌Le‌ ‌jour‌ ‌où‌ ‌je‌ ‌me‌ ‌suis‌ ‌abonnée‌ ‌au‌ ‌Monde ‌»,‌ ‌-‌ ‌l’abonnement‌ ‌au‌ ‌Monde,‌ ‌pour‌ ‌moi-personnellement‌ ‌c’était‌ ‌plutôt‌ ‌une‌ ‌évolution‌ ‌naturelle,‌ ‌-‌ ‌et‌ ‌certainement‌ ‌pas‌ ‌la‌ ‌découverte‌ ‌d’un‌ ‌nouveau‌ ‌Monde,‌ ‌car‌ ‌ce‌ ‌Monde‌ ‌je‌ ‌le‌ ‌connaissais‌ ‌depuis‌ ‌mon‌ ‌enfance.‌ ‌ ‌

Reste‌ ‌que‌ ‌maintenant,‌ ‌pour‌ ‌sauvegarder‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌des‌ ‌livres‌ ‌pour‌ ‌mon‌ ‌archive‌ ‌personnelle,‌ ‌-‌ ‌ce‌ ‌qui‌ ‌se‌ ‌faisait‌ ‌en‌ ‌un‌ ‌clic‌ ‌et‌ ‌quelques‌ ‌secondes,‌ ‌-‌ ‌cela‌ ‌me‌ ‌prend‌ ‌maintenant‌ ‌3‌ ‌à‌ ‌4‌ ‌minutes.‌ ‌Cette‌ ‌manœuvre‌ ‌me‌  ‌prend‌ ‌du‌ ‌temps.‌ ‌Je‌ ‌prends‌ ‌acte‌ ‌de‌ ‌ce‌ ‌changement‌ ‌de‌ ‌l’environnement‌ ‌du‌ ‌Monde,‌ ‌et‌ ‌je‌ ‌pense‌ ‌que‌ ‌peut‌ ‌être‌ ‌écrire‌ ‌un‌ ‌récit,‌ ‌un‌ ‌véritable‌ ‌récit,‌ ‌un‌ ‌livre‌ ‌comment‌ ‌j’ai‌ ‌découvert‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌avec‌ ‌le‌ ‌Monde,‌ ‌et‌ ‌comment‌ ‌le‌ ‌Monde‌ ‌m’accompagnait‌ ‌pendant‌ ‌mes‌ ‌pérégrinations‌ ‌à‌ ‌travers‌ ‌le‌ ‌Monde‌[9],‌ [10] ‌ce‌  ‌serait‌ ‌un‌ ‌jour‌ ‌un‌ ‌défi‌ ‌bienvenu‌ ‌pour‌ ‌le‌ ‌jour‌ ‌où‌ ‌j’aurai‌ ‌entamé‌ ‌ma‌ ‌retraite,‌ ‌ce‌ ‌qui‌ ‌devrait‌ ‌être‌ ‌le‌ ‌cas‌ ‌dans‌ ‌à‌ ‌peu‌ ‌près‌ ‌dix‌ ‌ans‌[11]!‌ ‌ ‌

Livres et autres sources consultées :

Fottorino, Éric (2012) : Mon tour du « Monde ». récit. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-013419-9

Saramago, José (2003): Pérégrination portugaises. Traduit du portugais par Geneviève Leibrich. Paris, Éditions du Seuil, ISBN 2-02-047424-7

Christophe Neff, Grünstadt Mai 2021


[1] ‌Pour‌ ‌la‌ ‌« publizistische‌ ‌Reichweite »‌ ‌du‌ ‌Spiegel,‌ ‌voir‌ ‌par‌ ‌exemple‌ ‌« ‌Reichweite‌ ‌des‌ ‌Nachrichtenmagazins‌ ‌ Der‌ ‌Spiegel‌ ‌in‌ ‌den‌ ‌Jahren‌ ‌2004‌ ‌bis‌ ‌2020‌“‌ ‌ ‌

[2] Voir les articles « La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr » et « La fin du blog paysages sur les blogs LeMonde.fr – Das Ende des Blog « paysages » auf den Blogs von Le Monde.fr ».

[3] Voir aussi les articles : « Blogostatistique 75.000 » et « Blognotice 11.05.2013: réactions à la Blogostatistique 75.000 ».

[4]„L’Oliveraie“‌ ‌ou‌ ‌„L’olivette“‌ ‌ainsi‌ ‌mes‌ ‌grand‌ ‌parents‌ ‌avait‌ ‌désigné‌ ‌la‌ ‌petit‌ ‌maison‌ ‌aux‌ ‌« Impasse‌ ‌des‌ ‌Pins »‌ ‌à‌ ‌Aubord,‌ ‌qui‌ ‌ils‌ ‌avaient‌ ‌achetée‌ ‌après‌ ‌avoir‌ ‌habité‌ ‌un‌ ‌certain‌ ‌temps‌ ‌au‌ ‌« château‌ ‌d’Aubord »‌ ‌-‌ ‌la‌ ‌grande‌ ‌villa‌ ‌du‌ ‌domaine‌ ‌St.‌ ‌Jean‌ ‌à‌ ‌ Aubord,‌ ‌avec‌ ‌son‌ ‌parc‌ ‌majestueux,‌ ‌qui‌ ‌d’ailleurs‌ ‌existe‌ ‌encore‌ ‌de‌ ‌nos‌ ‌jours.‌  (Voir aussi   « Blognotice 25.04.2015: premières floraisons d’Arbre de Judée à Grünstadt dans la Unterhaardt »)

[5] Mes grands-parents ont acheté une villa à Port Leucate en 1968 dans la résidence de La Griffoulière , voir aussi « Blognotice 7.08.2013: Les cigales de Port Leucate ».

[6] Voir aussi : « Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) »

[7] Voir aussi : « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) »

[8] Voir aussi: « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir »

[9] « Pérégrinations à travers le Monde » ceci ressemble un peu à « Pérégrinations portugaises» le titre français du récit de José Saramago « Viagem a Portugal », traduite du portugais par Geneviève Leibrich !

[10] Dans ce contexte je me souviens de la formidable lecture du livre « Mon tour du Monde » de Éric Fottorino, un des anciens directeurs en chefs du Monde, que j’ai lu il y exactement neufs ans en Mai 2012!

[11] L’Age de retraite légale pour la classe d’âge né en 1964 et les classes d’âge plus jeunes est de 67 ans actuellement en Allemagne !