Le prochain week-end, mes camarades bacheliers organisent une fête pour nos 30 ans d’Abitur (30 Jahre Abitur) à Schramberg. Le soleil brillera-t-il ? Ou est-ce que les hauteurs du Fohrenbühl, le Mooswaldkopf seront déjà couvertes par les premières neiges. Indépendamment de la météo je me réjouis de revoir mes anciens camarades bacheliers du Abiturjahrgang 1984 du Gymnasium Schramberg.
Et la neige à Grünstadt? Durant l’hiver dernier (l’hiver 2013-2014) – nous n’avons pas eu droit à un seul flocon de neige à Grünstadt[2]. On va voir ce que nous apportera l’hiver 2014-15 ! Mais de la neige, des paysages de neige je les ai rencontrées dernièrement. Les souvenirs de « Heimatmuseum » lors du décès de Siegfried Lenz[3], ces paysages de neiges de la Prusse orientale dans Heimatmuseum[4], ce roman qui attend encore sa traduction en français.
J’ai rencontré d’autres paysages de neige dans le roman Nicolas Mathieu « aux animaux la guerre », livre dont j’ai parlé un peu dans mon dernier billet. Paysages de sapin noir et des chutes de neiges abondantes, – c’est pour ainsi dire l’histoire de Rita dans les neiges sombres des paysages abandonnés des Vosges, – très beau roman, qui mériterait une traduction en allemand, – livre dont je parlerai peut être prochainement un peu plus dans paysages !
screenshot webcam raimartinhof 22.10.2014 12.30
Photo : Screenshot (22.10.2014 12:30) de la Webcam du Raimartihof dans massif du Feldberg – premier duvet de neige de l’hiver 2014-15 en Forêt Noire. Avec la permission (email) de la famille Andris du Raimartihof.
Bala est un homme de la forêt. Il aime écouter la forêt. Il disparaît pendant de longues heures dans le paysage pour être à l’écoute des chants du vent, des bruits des animaux dans la forêt. Bala l’homme de la forêt, je l’ai rencontré durant la lecture du « Dictionnaire amoureux du Brésil ». Ce Brésil dont nous parle Gilles Lapouge d’une voix d’enchanteur dans ce livre que je viens de découvrir[1]. Je lis beaucoup en ce moment. Livres et lectures s’enchaînent.
Le 11 juin, un jour après mon cinquantième anniversaire, pendant un cours pratique sur la dynamique de paysages du nouveau parc national de la forêt noire (Nationalpark Schwarzwald) j’ai eu un accident du travail – rupture des ligaments de la cheville gauche. Magnifiques paysages de vastes forêts d’Epicéa avec quelques Pins de montagne et Sapins, parsemés de Grinden – landes ouvertes rappelant un peu les Hautes Chaumes des Vosges; j’ai la chance de travailler dans un tel environnement et les chaussures de marche à tige haute, mes chaussures de travail, me donnant assez de stabilité, je me suis seulement présenté à l’hôpital le vendredi 13. Mais là le diagnostic des médecins était sans appel – entorse de la cheville – rupture des ligaments.
29 ans plus tôt durant l’automne 1985, à peine à quelques kilomètres à vol d’oiseau de là, je me suis déjà rompu les ligaments de la cheville. C’était durant l’exercice final du Unteroffizierslehrgang Teil I qui fut organisé par Fallschirmjägerbataillon 251 à Calw, – ce stage (Lehrgang) fut le début de ma carrière d’officier de réserve dans la Bundeswehr. Intervention chirurgicale au « Bundeswehrkrankenhaus Bad Wildbad (BWK Wildbad) »- et pendant quelques semaines le pied plâtré. Ceci fut pour moi l’automne 1985. Le Bundeswehrkrankenhaus Wildbad, l’hôpital militaire de Bad Wildbad, – qui durant la guerre froide était considéré comme le plus bel hôpital militaire d’Allemagne – est de nos jours tombé en oubli. Même dans la wikipedia.de aucun article sur le BWK Wildbad[2]. Durant les années 1980 une rupture des ligaments en Allemagne était traitée par une intervention chirurgicale, de nos jours cela ne se fait plus : l’intervention chirurgicale ne se fait que pour les « Leistungssportler »(sportifs de haut niveau) – même le Plâtre chirurgical a disparu – il est dans la plupart des cas remplacé par l’ « Orthese » (Orthèse). Beaucoup de chose ont changé en presque vingt ans, – mais une rupture des ligaments (au moins en Allemagne) provoque un arrêt maladie considérable[3]. Donc les livres, lectures passent – et durant les temps sans lecture, je suis à l’écoute des chants des paysages urbains de Grünstadt. Parfois un peu de télé, Mondial oblige, – mais après tout, ce sont surtout mes livres[4] et mes lectures[5][6] qui m’accompagnent.
Et c’est ainsi que j’ai découvert Bala l’homme de forêt, qui boit la copaïba, l’huile de Copaifera langsdorffii( Le copaïer), qui aime les fleurs et les papillons, qui observe les « barrigudos » (Lagotriches), – qui se met a l’écoute de la nature et des paysages. Et ainsi par la voix de Gilles Lapouge nous nous enfonçons dans les caféiers du Rondônia : « Nous sommes remontés à la maison. Nous voilà au milieu des poules, des cochons. Un chien fait des gambades. Seul Bala me fatigue car il n’est jamais fatigué. Il déploie son grand corps et il saute en l’air pour attraper des noix de coco. Il les éventre et jamais de ma vie je n’ai bu autant de lait de coco, et dans un moment je devrais encore boire du lait, mais le lait de la vache cette fois, et tout à l’heure, quand nous avions traversé un petit champ de café, en bas, près de la mare, il m’avait dit : « Quand les caféiers fleurissent, c’est magnifique, c’est tout blanc, c’est comme un nuage ou une mousse blanche, comme un suaire, et puis c’est comme de la neige aussi. Je connais un vieux planteur de café, il était très malade, mais il était très malin aussi, très rusé, le vieux, et il s’est arrangé pour ne pas mourir avant que les caféiers fleurissent, avant le jour où son champ est devenu tout blanc. » Je dis à Bala que ma mère est morte au printemps et qu’elle avait encore vu ses roses fleurir, c’était dans une petite ville de montagne en France, à Digne, et j’avais envie de pleurer et Seu Bala avait envie de pleurer ».
Le livre de Gilles Lapouge nous parle d’un autre Brésil loin des stades de football, – c’est le Brésil des paysages, des forêts, des abeilles, – des écrivains, – misères et grandeurs de hommes face à leurs destins – d’ Aleijadinho sculpteur du baroque, et A comme Jorge Amado à Bala l’homme de la forêt du Rondônia, en ce qui concerne les lettres de a et b. En fait jusqu’à présent je n’ai lu que les premières 112 pages, – arrivant juste à la lettre C, – finissant le chapitre sur le Café. Ces 112 pages m’ont rappelé que j’avais, il y a presque trente ans, appris le portugais pour peut-être partir vers la lointaine terre du Brésil …. Je ne sais pas si j’aurai encore l’occasion de pouvoir un jour découvrir les paysages de cette « Vera Cruz » – mais le livre de Gilles Lapouge est une merveilleuse invitation au voyage… Et en plus en lisant cette histoire de Bala l’homme de forêt, j’ai appris que je n’étais pas le seul, qui se mette à l’écoute des chants des forêts.
Etre à l’écoute des chants des forêts, – j’en ai parlé au début de ce blog, dans mon premier billet – souvenirs d’enfance – quand j’étais à l’écoute des chants des tempêtes dans les cimes de la forêt du Feurenmoos à Schramberg – Sulgen au Schoren. Même de nos jours, je suis encore à l’écoute des chants des paysages. Dernièrement juste avant mon accident de travail dans le nouveau Parc national de la forêt noire : écouter le silence de la forêt depuis le « Eutingblick », avec vue sur le Wildsee, – entendre le tonnerre gronder sur la vallée de la Murg, – voir les « Cassenoix mouchetés » s’envoler …. Parfois j’essaie d’expliquer à mes étudiants que pour comprendre un paysage, – il faut aussi développer ses capacités d’être à l’écoute du paysage, – même le silence d’un paysage peut délivrer des paroles inédites ….
Comme dit Bala l’homme de la forêt : « Je peux rester des heures là, le soir, à écouter, à sentir le vent, il coule dans forêt, le vent ».
Toutes citations sont extraites de : Gilles Lapouge « Dictionnaire amoureux du Brésil », (page 76 + page 78), Paris 2011, (Plon), ISBN 978-2-259-20925-0
[2] C’est ici à Wildbad, dans les anciens locaux du Fliegerheim de la Luftwaffe (Luftwaffenlazaret), que le Centre d’instruction du service de santé (CISS) de l’Armée de Terre est créé le 16 juin 1947. Apres le départ des troupes françaises le « Fliegerheim » fut transformé en Hôpital Militaire de la Bundeswehr (BWK Wildbad). Voir aussi « Geschichte des Fliegerheims (heute Johanneshaus) Wildbad » de Götz Bechtle dans le Wildbader Anzeigenblatt 22.8.2012.
[3] Entre 4- 6 semaines, – cela dépend des métiers.
[4] A part le Dictionnaire amoureux du Brésil de Gilles Lapouge, notons entre autres « Granatsplitter » de Karl Heinz Bohrer, le « Dictionnaire amoureux de la Résistance » de Gilles Perrault et « Aux animaux la guerre » de Nicolas Mathieu, le « Field Guide to Trees of Southern Africa » de Braam van Wyk & Pier van Wyk et « Sigmaringen » de Pierre Assouline.
« Viele Jahre später sollte der Oberst Aureliano Buendia sich vor dem Erschießungskommando an jenen fernen Nachmittag erinnern, an dem sein Vater ihn mitnahm, um das Eis kennenzulernen. Macondo war damals ein Dorf von zwanzig Häusern aus Lehm und Bambus am Ufer eines Flusses mit kristalklarem Wasser, das dahineilte durch ein Bett aus geschliffenen Steinen, weiß und riesig wie prähistorische Eier »
C’est à Aubord, petit village paisible du Gard, situé entre Costières, Petite Camargue et Vistrenque, que je me suis immergé pour la première fois dans la vie du village, dans les paysages centenaires de Macondo. Apprenant le matin du vendredi saint (18.04.2014) la nouvelle du décès de Gabriel García Márquez[1][2], – je me replongeais dans le souvenir de cette première lecture « Hundert Jahre Einsamkeit (Cent ans de solitude/Cien años de soledad) » dans la traduction allemande de Curt Meyer-Clason – sur la terrasse de la petite villa[3] de mes grands-parents à Aubord, 4 Impasse des Pins – cette villa que mon grand-père avait baptisée L’Oliveraie – il avait même pris soin d’ y aménager un verger d’oliviers avec une douzaine d’oliviers dans le jardin. Ambiance étrange, quand je tenais ce livre[4] pour enfin m’immerger dans la lecture, – c’était la version poche du DTV, avec comme couverture l’image de Celestino Piatti montrant un fleuve de couleur bleu touareg et un arrière-plan une lisière de forêt … c’était un des rares jours de marin à Aubord, – il faisait chaud et humide – humidité amplifiée par l’odeur pénétrante du Vistre – et les heures et journées passaient – jusqu’à ce qu’un fort coup de Mistral chassât cette étrange atmosphère qui semblait transformer Aubord en sorte de Aracataca – pendant que je voyageais dans l’immensité du monde de Macondo. Et ce qui fut assez étrange – parfois j’avais l’impression que le livre, l’auteur – bien qu’il s’agisse d’une traduction allemande – s’adressait à moi, le lecteur immergé de ce monde étrange en français – parfois même en espagnol. Plus tard, j’ai essayé de lire cette étrange fable dans la version originale (Cien años de soledad, Buenos Aires : Ed. Sudamericana, 1972, 30. ed.), emprunté a la Bibliothèque de l’Université de Mannheim, – mais je me suis arrêté après quelques pages seulement. Mes connaissances en espagnol – j’avais appris en autodidacte quelques bases d’espagnol pour pouvoir écrire un mémoire sur les paysages agraires et les réformes agraires chiliennes sous la présidence de Salvador Allende – étaient insuffisantes et n’étaient pas au rendez-vous de l’ouvrage. Donc les « Cien años de soledad », – c’était la traduction de Curt Meyer-Clason «Hundert Jahre Einsamkeit » dans la version DTV avec la belle couverture Celestino Piatti – qui allait devenir le livre de mes années étudiantes à Mannheim et à Montpellier. Il me suivait presque partout, – excursions, jours libres à Schramberg – Sulgen au Lärchenweg, séances de lectures dans les dunes de l’Espiguette, période de service réserviste dans le cadre des « Reserveübungen » de la Bundeswehr, petites vacances sur les sables de la plage de Port Leucate – et je crois même que le livre faisait bagages d’un de mes voyages africains – dès que j’avais assez de liberté et me replongeais dans le Monde de Macondo. A fur et à mesure des années, j’ai donc plusieurs fois lu et relu les « Hundert Jahre Einsamkeit ». J’ai aussi lu quelques autres ouvrages de Marquez, mais c’est l’histoire de Macondo – qui a laissé des traces inoubliables, – et c’est d’ailleurs un des rares livres que j’ai lus plusieurs fois. La dernière fois ce fut, je crois pendant la préparation de mon doctorat, il y a maintenant plus d’une quinzaine d’années. Peut-être reprendrai-je ce livre, la retraite arrive dans une petite vingtaine d’années, car « Cent ans de solitude » fait partie de cette catégorie de livres qui nécessitent un minimum de repos et de tranquillité pour la lecture. Comme je l’écrivais dans ma dernière notice des « moments de solitude pour naviguer librement dans le Monde des livres. Fermer les yeux et partir en voyage ».
C’est par la traduction de Curt Meyer – Clason que j’ai découvert Marquez – et d’autres grands de la littérature latino-américaine comme par exemple Jorge Amado. Je pense que sans les traductions de Meyer – Clason, une très grande partie de la littérature latino-américaine serait restée largement inconnue en Allemagne. En parlant du décès de Marquez, il faudrait donc ajouter une pensée à ses traducteurs, à ses passeurs qui ont eu le mérite de passer l’œuvre d’une sphère linguo-culturelle à une autre. Dans le cas de Curt Meyer – Clason, ce fut le passage de la civilisation latino-américaine dans l’hémisphère du Bilderbürgertum allemand. C’est grâce à Curt Meyer – Clason que j’ai pu découvrir l’immensité des paysages de Macondo[5], voyager à travers l’œuvre de Gabriel Garcia Marques. Découvrir une œuvre digne du nom « Weltliteratur » est chose rare :personnellement, je pense que « Cent ans de solitude[6] » est par soi-même une œuvre digne du nom Weltliteratur.
« Nun blätterte er vom neuem, um die Vorraussagen zu überspringen und Tag und Umstände seines Todes festzustellen. Doch bevor er zum letzten Vers kam, hatte er schon begriffen, daß er nie aus diesem Zimmer gelangen würde, da es bereits feststand, daß die Stadt der Spiegel (oder der Spiegelungen) vom Winde vernichtet und aus dem Gedächtnis der Menschen in dem Augenblick getilgt sein würde, in dem Aureliano Babilonia die Pergament entgütlig entziffert hätte, und daß alles in ihnen geschriebene seit immer und für immer unwiederholbar war, weil die zu hundert Jahren Einsamkeit verurteilten Sippen keine zweite Chance auf Erden bekam»
Sources:
Les deux citations, – en début de la notice et à la fin – sont des extraits de la traduction allemande de « Cien años de soledad » de Curt Meyer Clason – les deux premières phrases du début des « Cents ans de solitude » et les deux dernières phrases de l’ouvrage de Marquez.
Márquez, Gabriel Garcia (1984) : Hundert Jahre Einsamkeit. Roman, Deutsch von Curt Meyer – Clasen. Deutscher Taschenbuch Verlag (DTV). 5 Auflage August 1985. ISBN 3-423-10249-7
Vargas Llosa, Mario (2005): Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine. Traduit de l’Espagnol par Albert Bensoussan, Paris (Plon), 2005, ISBN 928-2-259-20258-9
Photo/Scan: Couverture du livre DTV „Hundert Jahre Einsamkeit“
Christophe Neff, écrit le 18.04.2014, publié le 19.04.2014
[6] Dans ce contexte il me semble particulièrement intéressant de relire la note sur Gabriel Garcia Marquez écrite par Mario Vargas Llosa dans le „Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine p.317 – 328“ dont je me permets de citer la première phrase: „La parution de Cents ans de solitude, de Gabriel Garcia Marques, constitue un événement littéraire d’exception : ce roman luciférien, qui a le mérite peu commun d’être à la fois traditionnel et moderne, américain et universel, fait voler en éclats les sombres affirmations selon lesquelles le roman est un genre épuisé et en voie d’extinction (Vargas Llosa 2005, 317)
Die Graphik „Blick auf die alte und die neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen“ des Schramberger Künstler und Graphikers Uwe Rettkowski entdeckte ich letzthin in einem kleinen Artikel der NRWZ. Beim Betrachten der Graphik, auf der die alte und neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen deutlich den Vordergrund des Bildes beherrschen, und im Hintergrund auf dem Sulgener Berg das Haus Marienberg, der Wasserturm und das Hotel Drei Könige zu erkennen sind, musste ich an den Beginn des Paysagesblogs im Mai 2009, vor nun schon fast fünf Jahren, denken. In den ersten zwei Artikeln[1][2] von paysages schrieb ich auch vom „Sulgen“, diesem manchmal etwas vergessenen Stadtteil der großen Kreisstadt Schramberg. Einen Teil meiner ersten Lebensjahre, von ca. 1967 bis 1972, verbrachte ich auf dem Schoren [3], – nahe der Hutneck und dem Feurenmoos.
Vor allem in diesen Jahren – bestand mein Mikrokosmos aus dem Wasserturm auf dem Sulgener Berg, dem Haus Marienberg, der alten St. Laurentiuskirche (und der im Bild nicht sichtbaren Grundschule am Kirchplatz), der neuen St. Laurentiuskirche, der Marienkapelle sowie dem Feuernmoos. Rettkowski’s Graphik trifft das Bild meiner Kindheitserinnerungen recht gut. Die Silberburg am Schönblick läßt sich erahnen. Der Blick auf den “Pfauen“ an der Hardter Straße wird durch den Turm der neuen St. Laurentiuskirche verdeckt. Die Marienkapelle am Anstieg des Sulgener Berges ist durch die Dächer und Giebel des alten Dorfkernes des Sulgens versteckt. Mit etwas Phantasie kann man sich beim Anblick der Graphik auf den Sulgen der 1970 Jahre zurückdenken, – die Gärtnerei Flaig gegenüber dem Gasthof Linde, – das Café Munz an der Berggasse, – und wenn man gedanklich die Berggasse hochmaschiert, an der Pension Rapp vorbei, bevor man die Hardter Straße zum Schoren überquert wird, wendet der Blick sich nochmals nach unten zum Bissingschem Forsthaus, damals das Reich des Forstmeisters Erwin Wagner[4] , und dann empfangen einen schon die Fichten und Kiefern des Feurenmooses. Der Blick wandert dann nach Osten und vor einem erstreckt sich der Schoren. In Verlängerung des Schorens eröffnet sich über dem Hochwald ein gewaltiger Blick auf die Gipfel [5] bzw. Landschaften der Schwäbischen Alb. Soweit man sich dann wieder zurück wendet, – Richtung Sulgener Berg – hat man den Sulgener Wasserturm (Schramberger Wasserturm) im Blick. Er wurde 1960 auf dem Sulgener Berg, der mit 764 m höchsten Erhebung des Sulgens, nach Plänen des Dornstetter Architekten Alwin Eppler gebaut. In meinen Kindertagen konnte man die Aussichtsplattform des Wasserturm gegen eine geringe Eintrittsgebühr von ein paar Pfennig besichtigen, – von dort aus konnte man bei guter Fernsicht die schneebedeckten Gipfel der Alpen erkennen[6]. Das war zumindest in meiner Erinnerung der Sulgen der frühen 1970 Jahre.
Als ich Rettkowski’s Bild sah, musste ich unwillkürlich an diese Zeit auf dem Schoren denken. 1972 zogen wir vom Schoren ins sogenannte Neubaugebiet „Eckenhof[7]“ und spätestens mit der Einschulung in die weiterführende Schule, dem Gymnasium Schramberg, – verlor der Mikrokosmos „Sulgen mit Schoren, Feuermoos und Hutneck“ für mich an Bedeutung. Vergessen habe ich diese „Welt“ noch nie ganz, vor allem – und daran musste ich auch bei der „Formulierung“ meines letzten Blogbeitrages denken – die langen schneereichen Winter, die ich dort oben auf dem Schoren erlebte, wie man diese heute so kaum noch kennt[8]. Die Graphik von Uwe Rettkowski zeigt übrigens den heutigen Sulgen, – das Hotel Drei Könige gab es damals zu Beginn der 70 Jahre noch nicht, – nur hat der Blick auf Rettkowskis Graphik bei mir die Erinnerung an diese Zeit geweckt. Andere Betrachter der Graphik von Rettkwoski, werden andere „Zeitreisen“ zwischen dem Sulgener Berg und den beiden St. Laurentius Kirchen, machen. Auch ich kann andere Zeitreisen beim Betrachten des Bildes erzählen, – wahrscheinlich bin ich fast zehn Jahre lang an beiden Kirchen St.Laurentius Kirchen (Hörnlestraße/Kirchplatz/Mariazeller Straße) vorbei mit dem Rad zum Reitstall auf den Beschenhof gefahren. Damals befand sich auf dem Beschenhof die Reitanlage des Reit & Fahrverein Schramberg, – auf der ich als Jugendlicher viele ungezählte Stunden verbrachte. Der Beschenhof und der Reit & Fahrverein Schramberg, das war wahrlich auch ein eigener Mikrokosmos.
Und wenn ich schon vom Beschenhof schreibe, kommt mir die Erinnerung an die alte Schmiede auf dem Sulgen. Es gab an der Ecke Saulgauerstraße/Brunnengasse, gegenüber dem Hasen, also im alten württembergischen „Sulgau“, eine Schmiede – eine echte alte Dorfschmiede, die eine gewisse Ähnlichkeit mit der Simon’schen Schmiede in Schabbach aus dem Heimat-Filmkosmos von Edgar Reitz – ich denke da besonders an Heimat – Eine deutsche Chronik und Die andere Heimat – Chronik einer Sehnsucht – hatte. Nur dass die Schmiede an der Kreuzung „Brunnengasse Sulgauerstraße“ keine filmische Fiktion sondern ganz einfach ein lebendiges Relikt aus der dörflichen Realität des alten Sulgau war. An Herbst – und Winterabenden konnte man dort noch bei offenem Tor das Schmiedefeuer brennen sehen. Als ich das Reiten auf dem Beschenhof begann, da wurden dort in dieser Dorfschmiede manchmal die Pferde noch beschlagen. Das Schmiedefeuer erlosch im Jahre 1984, das Gebäude, die sogenannte alte Schmiede, wurde im Mai 2010 abgerissen[9]. In der Sulgauer Straße befand sich auch die Schreib – und Buchwarenhandlung Klaus Simon. In dieser Buchhandlung erwarb ich meine ersten Bücher bzw. wurden mir meine ersten Bücher gekauft[10]. Wie gesagt, beim Betrachten der Graphik „Blick auf die alte und die neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen“ kann jeder Betrachter seine eigene Zeitreise durch das alte und neue Sulgen starten. Wahrscheinlich könnte ich auch weit mehr über den Sulgen als ich hier geschrieben habe, niederschreiben. Jedes Mal wenn ich auf die Zeichnung von Rettkowski schaue, fällt mir eine neue Geschichte aus der Zeit von 1967 bis 2006[11] ein.
Die Stadt Schramberg sollte sich nicht nur die Motive der „Neujahrseinladungen“ von Uwe Rettkowski gestalten lassen, sondern darüber nachdenken, über das Stadtarchiv/Stadtmuseum ein kommentiertes Werkverzeichnis des künstlerischen Werkes von Uwe Rettkowski zu publizieren. Er hat nicht nur Stadtansichten gestaltet, sondern auch andere in der großen Öffentlichkeit nicht so bekannte Werke, die aber durchaus großen künstlerischen Wert haben.
Ich denke da unter anderem an das Bildnis von Salvador Allende[12], welches Rettkowski im Jahre 1981 erstellte. Als sich der blutige Militätputsch gegen Salvador Allende am 11.9.2013 zum vierzigsten Mal jährte musste ich an dieses beeindruckende Bild denken. Die Graphik ist Teil einer ganzen Bildserie, die ich als „le cri de liberté des affamés et opprimes“ (der Schrei nach Freiheit der Ausgehungerten und Unterdrückten) bezeichnen würde. Das Bild bzw. die ganze Bildserie von Uwe Rettkowski hing jahrelang im Wohnzimmer meines Elternhauses im Lärchenweg.
Ein kommentiertes Werkverzeichnis würde es erlauben, die gesamte künstlerische Breite des Werkes von Uwe Rettkowski zu erfassen und darzustellen, und dieses sowohl kunstgeschichtlich, als auch wirkungsgeschichtlich zu würdigen.
[1] Im ersten Blogbeitrag des Paysagesblog « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? » wird der Sulgener Dialekt, das Sulgenerisch, die Grundschule und der kastanienumsäumte Kirchplatz, sowie die „Wälder“ des Feurenmoos beschrieben. Ferner auch ein Verweis auf die Wald und Landschaftsbeschreibungen in Vincenz Erath Roman „Größer als des Menschen Herz“ der größtenteils im benachbarten Waldmössingen (Tunersdorf) spielt.
[2] Im zweiten Blogbeitrag des Paysagesblog „II. Un blog sur les paysages: ein kleiner Prolog auf Deutsch“ geht es u.a. auch über den Sulgen, die Darstellung der Bergvorstadt Sulgen in Wikipedia, sowie die Bedeutung des „Sulgens“ im Werk der Kriminalschriftstellerin Uta Maria Heim, – die ja auch auf dem Sulgen aufgewachsen ist.
[3] Der Schoren ist eine Flurbezeichnung auf dem Sulgen, die die große Feldflur zwischen Sulgener Berg, Hutneck, und Hintersulgen bezeichnet. Darin befanden sich u.a. drei Einzelhöfe, zu denen sich im Laufe der Jahre vier weitere Wohnhäuser gesellten. In einem dieser Wohnhäuser (Schoren Hausnummer 7) wohnten wir von 1967 bis 1972 zur Miete. Die Feldflur des Schoren wird im Süden durch das Waldgebiet Feurenmoos abgegrenzt. Im Norden durch den Altbaukern des vorderösterreichischen Sulgen. In den 1960 Jahre wurde im nördlichen Bereich des Schorens ein Neubaugebiet (Panoramastraße, Schorenweg) errichtet (genannt Schoren). In diesem Neubaugebiet wurde auch das erste Hochhaus in Schramberg gebaut. Daran schließt das Neubaugebiet Schoren-Süd an, welches seit ein paar Jahren erschlossen wird.
[6] Die Aussichtsplattform des Wasserturms läßt sich nicht mehr besichtigen. Dafür gibt es eine Webcam, – die in den Nordschwarzwald ausgerichtet ist.
[7] In der d’Kräz 30 und 31 (2010 + 2011) befindet sich eine von Hermann Körner verfasste Dokumentation (Vierzig Jahre Wohngebiet Eckenhof; Ein Rückblick auf die Jahre des Baubooms in Schramberg ) über die Geschichte des Neubaugebietes Eckenhof auf dem Sulgen.
[8] Mein aus Saulgau im schwäbischen Oberland stammender Vater, war so von den schneereichen Winterlandschaften der Raumschaft Schramberg so beindruckt, dass er eine kleine Diadokumentation darüber anlegte, dort findet man zahlreiche „Schneelandschaften“ vom Feurenmoos, vom Fohrenbühl und vom Sulzbach (wird u.a. auch hier beschrieben L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010)).
[9] Über den Abriß der alten Schmiede in der Brunnengasse auf dem Sulgen hier mehr aus dem Schwarzwälder Boten „Schramberg – „Alte Schmiede“ weicht dem Bagger“
Depuis les débuts de paysages, je note la première apparition de la neige à Grünstadt, – mais décidément nous n’avons pas eu droit,cet hiver, à un seul flocon de neige. Début Décembre, les hauteurs du Grünstadter Berg étaient couvertes d’un léger duvet blanc de givre mou, – mais la neige jusqu’à présent n’était pas en vue ici, ni sur les hauteurs du Grünstadter Berg ni ici en ville. En 2012 la neige est arrivée à Grünstadt le 27.10.2012, en 2011 le 18.12.2011, en 2010 vers la fin novembre, et en 2009 dans la nuit du 12 au 13.decembre 2009. D’ailleurs, l’hiver 2012 fut particulièrement long à Grünstadt, un important manque de luminosité comme partout en Allemagne, et des importantes chutes de neige en Mars, – le Märzschnee, – et finalement ce long hiver 2012-2013 se termina enfin mi-avril avec la floraison des amandiers de la Weinstrasse. Ayant grandi, en Forêt Noire dans la Raumschaft Schramberg, – petit pays qui fut jusque vers les années 1980 un véritable pays de neiges, j’étais toujours fasciné par ces hivers, ce paysages de neige ,de lumières et de silence, même si parfois vers les mois de mars, avril on attendait avec impatience le printemps qui ne voulait pas arriver. D’ailleurs les printemps dans ce pays étaient plutôt courts, assez souvent une dernière chute de neige couvrant les premiers fleurs de notre Cerisiers de Japon dans notre jardin du Lärchenweg à Schramberg-Sulgen, – et quelques jours plus tard les orages montant la vallée de la Kinzig nous annonçaient l’arrive de l’été. Les hivers rhénans de Grünstadt, n’ont rien de commun avec les hivers de neige de la Forêt Noire, – parfois occasionnellement un peu de neige ici et là, – et surtout beaucoup de grisaille , les rares journées de plein soleil se comptent à bout de doigts. Par contre nous avons droit ici dans l’Unterhaardt, comme dans tous l’Oberrheingraben à un beau printemps plein de couleurs florales. C’est peut être ce manque de neige, de luminosité (la nostalgie de mes hivers d’enfance) des hivers rhénanes qui ma’ inspiré de noter la première apparition de la neige d’un hiver à Grünstadt.
Dernièrement j’ai lu dans le SPON un article sur le mythe de la noël blanche en Allemagne de Axel Bojanowski (Festtagswetter: Mythos von der weißen Weihnacht), dans lequel Bojanowski cite la climatologue suisse Martine Rebetez, qui prétend que la mythe de la « weiße Weihnacht », que cette image d’un noël sous la neige, proviennent des cartes postales que les immigrés européens aux Etats-Unis, spécialement aux états de nouvelle Angleterre, envoyaient à leurs familles en Europe. J’ai un peu de doute, si ces observations « suisses » peuvent être sans nuance appliquées à l’Allemagne. La géographie de l’Allemagne dans les frontières de 1937, cette Allemagne longeait une grande partie de la mer baltique, – et dans ces régions les hivers étaient plutôt rudes, froids et bien enneigés. Pas besoin d’images provenant de la famille lointaine dans la nouvelle Angleterre pour une ambiance de neige pendant les jours de noël. Peut être le « mythe de la weisse Weihnachten » en Allemagne s’est aussi forgé par les souvenirs de Heimatvertriebenen (voir aussi Expulsion des Allemands d’Europe de l’Est), ces souvenirs des paysages perdus de Prusse orientale, de Pomeranie etc. – tous des vrais pays d’hivers longs et rigoureux. Ces pays et paysages perdus ont trouvé une belle représentation littéraire dans le roman « Heimatmuseum » de Siegfried Lenz. Et même dans l’ancienne RDA, dans beaucoup de régions, surtout sur les bords de la baltique et les régions frontalièress avec la Pologne on avait droit à des quantités de neiges durant les hivers. On peut encore retrouver cette atmosphère des longs hivers de neige à Dresde en compagnie de Meno Rohde dans le roman « der Turm, Geschichte aus einem versunkenen Land » de Uwe Tellkamp, roman récemment traduit en français et publie sous le titre « La Tour » chez Grasset[1].
La neige, les hivers de neige ce fut une réalité dans une grande partie des régions orientales de l’Allemagne, – et c’est peut-être en nostalgie de ces pays, qu’on croyait en grande partie perdus pour toujours (entre 1945- 1989) entre Lübeck et Königsberg, entre les dunes du Darß balayé par les vents de la mer baltique et les toits enneigés de Dresden, c’est peut être grâce au souvenir de ces images d’un pays perdu, d’un hiver de neiges – qui en Allemagne de l’Ouest n’existait pas, à l’exception des Alpes et des rares Mittelgebirge comme la Forêt Noire, la Forêt de Baviere, le Fichtelgebirge et la Rhön que s’est peut être forgée cette image de la weisse Weihnachten dans l’Allemagne contemporaine. Assez récemment, en lisant le premier chapitre de la biographie de Willy Brandt de Hélène Miard-Delacroix, je suis tombé sur un tel souvenir de pays de neige – « Vers midi, le 18 decembre 1913, un petit Herbert est né au numero 16 de la Meierstrasse, dans un quartier ouvrier de Lübeck…La cité vit des industries de transformation de fer et du bois, et de l’activité du port, relie a la mer Baltique par la Trave. En décembre 1913, cette rivière est, comme tous les hivers, blanche de neige ». Est-ce que l’auteur de cette biographie française de Willy Brandt a vraiment consulté les archives météorologiques, pour pouvoir écrire avec certitude que la Trave fut glacée et couverte de neige…, j’en doute, – mais l’image persiste. Ce sont ces images de paysages de neige, – ces lourdes neiges qui engloutissent les toits de Dresde, et que nous découvrons avec les yeux de Meno Rodhe, – les longs hivers de la Prusse orientale, de la Mazurie de Siegfried Lenz (Heimatmusuem) – le silence des paysage de froid et de neige, qui ont formé ce souvenir de noël blanc et qui au fil des jours ont contribué au mythe de la noël blanche en Allemagne.
Je finis ce petit post sur les mythes et les souvenirs des pays de neige:quand les premiers flocons de l’hiver 2013-14 arriveront ils finalement à Grünstadt et la Unterhardt ?
« Als Willy Kanzler wurde » – quand Willy fut élu chancelier – tel est le titre de l’article de Rheinpfalz (2013) qui dresse un portrait de la candidate de la SPD Heike Mrosek-Handwerk (sur Heike Mrosek-Handwerk voir aussi mon dernier article Auf ein Glas Wein mit Heike beim Kraftsportverein Grünstadt am 12.08.2013) pour la circonscription de Neustadt – Speyer pour les Élections fédérales allemandes de 2013 du 22.9.2013. En fait Willy Brandt fut élu chancelier le 22 Octobre 1969, le premier gouvernement Brandt, commença avec cette fameuse phrase « Mehr Demokratie wagen (oser plus de democratie) » dans la « Regierungserklärung du 28.10.1969 ». Le premier gouvernement Brandt de 1969 fut donc le premier gouvernement de gauche allemand d’après-guerre. D’ailleurs dans le sympathique petit livre de Guillaume Duval (2013) sur le Modèle allemand (Made in Germany. Le Modèle allemand au-delà des Mythes) l’auteur fait une grand erreur d’approximation écrivant sur Gerhard Schröder le vainqueur de Helmut Kohl « Rien de tel en 1988 : l’alternance fut complète, la gauche était majoritaire seule, les Verts et le SPD disposant de la majorité absolue au Bundestag. Jusque-là, lorsque le SPD avait accédé au gouvernement, il avait dû le faire soit dans le cadre d’une grand coalition avec la CDU (1966-69), soit en s’appuyant sur le FDP, le petit parti libéral de centre droit (1969-1982). »
La FDP des deux gouvernements Brandt n’était pas un parti libéral de centre droit, mais c’était un parti de tendance gauche-libérale, comparé à la FDP de nos jours on pourrait même parler d’un vrai parti de gauche. La FDP d’aujourd’hui est un autre parti, – le « Social-libéralisme » est devenu une « note de bas de page » de l’histoire de la FDP, – le libéralisme de gauche , on le retrouve aujourd’hui surtout chez les Verts allemands, et aussi en partie dans la SPD. Les gouvernements de Willy Brandt, sont donc considérés dans la mémoire collective allemande (à juste titre) comme les premiers gouvernements de gauche de la Bundesrepublik Deutschland. D’ailleurs Willy Brandt avait tellement « remué » la Société allemande au début des années 1970, qu’il procura à la SPD dans les Élections fédérales allemandes de 1972 un score de 45,8% des voix (Zweitstimmen), un résulta historique, que jamais la SPD n’a atteint depuis. De nos jours on est loin de tels résultats électoraux. Oui, Willy Brandt avait réussi l’exploit de remuer profondément la société allemande durant les débuts des années 1970. Je me souviens encore bien, j’étais un petit gamin, quand mon père en 1972 avant les élections fédérale m’avait amenait à accompagner sa classe bachelière pour une visite des usines Junghans à Schramberg. Une très grande majorité des bacheliers portaient de badges « Willy Brandt» cela m’avait profondément impressionné. Le premier gouvernement Brandt avait rabaissé l’Age électoral à 18 ans, les élections du 19. Novembre 1972 furent les premières s élections au niveau fédéral où les 18-20ans pouvaient voter. Jamais depuis ce 19. Novembre 1972 la SPD n’a pu retrouver cet élan électoral. Cette véritable «onde de choc démocratique », cette « conscience sociale », qui avait touché l’Allemagne durant les années Brandt avait rapproché la jeune écolière Heike Mrosek vers le SPD. 11 ans après la démission du chancelier Brandt, en 1985, Heike Mrosek entra dans la SPD. Et maintenant 28 ans après son début dans la SPD, 44 ans après que Willy Brandt fut élu chancelier de la jeune République fédérale allemande elle essaye de gagner la circonscription de Neustadt – Speyer pour le SPD. Pas facile, – la circonscription de Neustadt – Speyer est le fief de Norbert Schindler de la CDU, sorte de Christian Jacob allemand, vice-président du très influent Deutscher Bauernverband. Gagner le « Direktmandat » contre Schindler serait presque un miracle. Reste la voie par les « Zweitstimmen » – mais pour réussir à avoir une bonne place sur les fameuses « Landeslisten » il faut convaincre les barons régionaux de la SPD. Comme l’a décrit dernièrement Karl Lauterbach (2013) lors d’une interview dans le Spiegel le système d’attribution des places sur les listes de la SPD (et des autres partis) est problématique et le procédé est complètement opaque[1]. Madame Mrosek-Handwerk n’a pas réussi à gagner une bonne place sur la Landesliste du SPD Rheinland Pfalz. Pour qu’elle puisse avoir une réelle chance d’être élue au prochain Bundestag la SPD devraient au moins dépasser les 30% de voix au niveau fédéral. Même si après le « duel télévisé entre la chancelière Meckel et le candidat Steinbrück du 1.9.2013» la cote de la SPD semble monter un peu, – entre 25 à 28% – on est très loin des 45% que Willy Brand récolta pour la SPD en 1972, – les chances pour Heike Mrosek – Handwerk de pouvoir siéger au prochain Bundestag sont assez faibles. Mais en débit de faibles chances de se voir élue au prochain Bundestag, Heike Mrosek-Handwerk ne cesse son combat électoral sur le terrain de la circonscription de Neustadt – Speyer. Avec le souffle de Willy Brandt dans le dos elle essaye de convaincre les électeurs du fief de Norbert Schindler que le SPD est encore un parti de gauche. Un parti de gauche, qui incarne encore les idées de Willy Brandt sur la justice sociale et l’égalité des chances, une gauche qui essaye d’améliorer les conditions de vie du peuple.
Sources :
Duval, Guillaume (2013): Made in Germany. Le Modèle allemand au-delà des Mythes. Paris, Éditions du Seuil janvier 2013, ISBN 978-2-02-109779-5
Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau (2013): Als „Willy“ Kanzler wurde. Die Direktkandidaten (7). Heike Mrosek-Handwerk stammt aus einer Arbeiterfamilie. Ihre Eltern ermöglichten ihr eine gute Ausbildung. Diese Erfahrung und das, was sie als Fachanwältin für Familienrecht erlebt, sind die Gründe, weshalb sich die SPD-Kandidatin für Bildung und Chancengleichheit junger Menschen einsetzt – unabhängig vom Einkommen der Eltern. In: Die Rheinpfalz Nr. 195, Freitag 23. August 2013.
Lauterbach, Karl (2013): „Illoyal, herablassend, falsch“ Spiegel – Gespräch. Der SPD-Abgeordnete Prof. Dr. Dr. Karl Lauterbach, 50, über das schwierige Verhältnis von Intelligenz und Politik, die Wandlung vom Wissenschaftler zum Politiker und seinen Widerstand gegen den damaligen SPD-Chef Kurt Beck. In: Der Spiegel, 36/2013, 46-48.
Christophe Neff, le 09.09.2013
[1] Lauterbach (2013, 47): „Das System der Listenaufstellung ist in allen Parteien, auch in der SPD, ziemlich fragwürdig, das Verfahren völlig intrasparent.“
Il y a deux ans j’avais écrit un billet nommé « Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr » , – et depuis sur wikipedia.fr la situation n’a guère changé – à part les quelques mots sur les cloches de pâques dans l’article Pâques , l’article Lapin de Pâques et l’article Œuf de Pâques – on ne trouve pas grand-chose. Par contre dernièrement la Rheinpfalz a consacré tout un article aux cloches de pâques (françaises) sous le titre « Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben (Quand les cloches d’église restent muettes) (Die Rheinpfalz Nr. 74, 2013) ». Dans cet article on nous explique que cette coutume « cloches muettes des églises catholiques » n’est pas tellement franco-française, mais se rencontre dans beaucoup de pays avec de forts liens avec la tradition catholique, – même en Allemagne dans les régions catholiques du Sud les cloches des églises restent muettes entre Vendredi saint (Jeudi Saint/Gründonnerstag) et le Dimanche de pâques – le silence rappelle le calvaire de Jésus Christ, mort crucifié pour « sauver l’humanité du mal ». Le retour des cloches le Dimanche de pâques, – ces cloches de pâques qui ramènent les petites friandises aux enfants, – ces cloches qui sonnent à grand éclat le dimanche matin dans les églises catholiques du monde entier – nous rappellent que « le mal » a été vaincu par le sacrifice de Jésus Christ et sa résurrection le Dimanche de Pâques. Même ici, dans le Leiningerland – le dimanche matin – les cloches sonnaient à grand éclat – un vrai paysage sonore – et il n’y avait pas seulement les cloches des églises catholiques qui sonnaient. Je me demande, combien de temps il faudra encore attendre un bon article, bien documenté et recherché sur la wikipedia.fr sur les racines des cloches de pâques.
Personnellement, durant mon enfance franco-allemande, ce fut à Eckbolsheim, rue des pommes – sous le grand cerisier et sous les groseilliers que j’avais fait avec mon frère et ma sœur (et une partie de mes cousins et cousines)(voir aussi 1, 2) mes premières rencontres avec les cloches de pâques. Et après ce fut au château d’Aubord, – suivi de la villa l’olivette aux impasse de Pins à Aubord, – et d’innombrables fois ces cloches de pâques à la Griffoulière, la petite maison de vacances de mes grands-parents avec ses deux magnifiques palmiers, à Port Leucate. C’est à la Griffoulière, que mes propres enfants ont fait il y a quelques années leurs « premières rencontres » avec ces fameuses cloches franco-françaises, – naturellement c’étaient des cloches de pâques qui rapportaient aussi bien des « œufs de pâques » que des « Osterhasen ».
Vu cet hiver long et sombre en Allemagne , – surtout le manque de luminosité – même si nous avons eu droit à quelques belles éclaircies ce matin, – mais notre petit étang de jardin (Gartenteich) était encore recouvert de glace ce matin et une grande partie de l’Allemagne était encore revêtue par un manteau neigeux durant ce week-end pascal 2013 – je peux très bien comprendre mes parents, qui partaient avec leurs enfants vers le Midi, où fleurissaient les arbres fruitiers, les Arbres de judées – où le printemps ne se faisait pas attendre comme à Schramberg. A Schramberg l’hiver, durant mon enfance durait parfois de fin octobre jusqu’au début Mai. Pâques à Port Leucate, ce fut naturellement les cloches de pâques, beaucoup de luminosité avec encore plus de Tramontane, – et parfois le début de la floraison des Pittospores (Pittosporum tobira) dans les espaces verts et jardins de Port Leucate – avec cette senteur spéciale des fleurs des Pittospores qui ressemble fortement à la fleur d’oranger. D’ailleurs ces Pittospores qu’on plantait presque dans tous les espaces verts durant les années 1970 à Port Leucate se sont bien naturalisé depuis les années 1970 dans les paysages Leucatois (voire aussi (Neff & Scheid 2005)).
Sources etc :
Die Rheinpfalz 2013: Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben. Die Rheinpfalz – Nr. 74, Zeitgeschehen, Donnerstag 28. März 2013
Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.
Après un hiver très gris et sombre, l’Allemagne a eu enfin droit à quelques journées de soleil, avec des pointes de température qui avoisinaient entre 15 et 17 degrés à Mannheim. Mais cette période de printemps n’est pas censée durer : on nous annonce le retour de l’hiver pour le lundi 11.3.2012 avec des températures minimales qui pourront atteindre les – 10°.
Cet hiver 2012-2013 fut particulièrement sombre et gris en Allemagne. Il a même battu le record de minimum d’ensoleillement en Allemagne : avec 96 heures d’ensoleillement (Source : DWD Pressemitteilung du 27.2.2013 ; version anglaise) l’hiver 2012-13 fut l’hiver le moins ensoleillé depuis 1951, date depuis laquelle l’ensoleillement est relevé systématiquement en Allemagne. Le soleil s’était restreint aux sommets des Alpes et de la Forêt Noire. Pour le reste de l’Allemagne, cet hiver fut donc particulièrement gris: ici, à Grünstadt, ou les hivers sont très souvent dominés par la grisaille (comme dans une grande partie du Oberrheingraben) , on avait carrément l’impression que les lumières et les couleurs du soleil avaient été englouties par la grande grisaille hivernale. Le soleil revenait à Grünstadt, avec le début du printemps météorologique le premier Mars 2013. Personnellement, le seul jour où j’ai eu droit à une journée de plein soleil d’hiver, ce fut le 10 février à Schramberg en Forêt Noire durant le « Schramberger Hanselsprung » – chez les fabuleux Hansel de Schramberg.
Wie so viele Schramberger Expatriierte komme ich relativ regelmäßig, – zwar nicht jedes Jahr, aber dennoch relativ oft, zuletzt im Jahr 2011 zur Fasnet nach Schramberg zurück. Die „Da-Bach-na-Fahrt“ und der danach stattfindende Rosenmontagsumzug ist bestimmt der überregionale bekannteste Höhepunkt der Schramberger Fasnet, – wobei es auch andere „Highlights“ gibt die den Vergleich mit der Da-Bach-na-Fahrt nicht scheuen brauchen. Aus meiner Sicht ist das immer noch der Hanselsprung mit anschließendem Brezelsegen welcher traditionell am Fasnetssonntag stattfindet. Die NRWZ hat das, mit der Schlagzeile „Hanselsprung für tausende Besucher ein rezeptfreies Antidepressivum – Hoorig, hoorig – Schramberg im Glückstaumel“ zum diesjährigen Hanselsprung sehr sehr gut getroffen. Ja, dieses Jahr hat es mich auch wieder auf die Fasnet nach Schramberg gezogen, – Hanselsprung am Fasnetssonntag, die Da-Bach-na-Fahrt und der Rosenmontagsumzug standen wieder auf dem Programm.
Am Fasnetssonntag 2013 lachte die Sonne über Schramberg, – beglückte die Kleidlesträges und Zuschauer mit einem stahlblauen Winterhimmel. Das Februarlicht wurde von den Schneekristallen auf den Fichten und Tannen der Bergwälder des Schramberger Talkessels vielfach reflektiert und tauchte die Talstadt in ein fast gleißendes Licht. Und irgendwann gegen 14:30 ertönte dann die „Hoorig Katz“, – der Schramberger Narrenmarsch,- und vermischt mit dem Geschell der Hansel und Narros – wurde die Talstadt zu einem einzigartigen akustischen Amphitheater – Hoorigkatz und Geschellenläuten verdichten sich im engen Schramberger Talkessel zu dieser einzigartigen Klanglandschaft – die man nur an der Fasnet erleben kann. The unique „soundscape“ of the „Schramberger Hanselsprung“ so könnte man einen noch zu schreibenden wissenschaftlicher Artikel über den Schramberger Hanselsprung und dessen (Klang)- Landschaften betiteln. Diese „Tonlandschaften & Klangwelten“ kann man übrigens auch erleben, wenn die „Wintersonne“ nicht gar so strahlt wie am Fasnetssonntag 2013.
Ja, und am Hanselsprung des Fasnetssonntag 2013, hatte ich während des Brezelsegens eine bemerkenswerte Begegnung mit einem „großen Hansel“. Wir (.d.h. meine Tochter und meine Nichte) hatten uns schon ein paar Brezeln und Guzzle ersungen, da bemerkten wir einen sehr großen Hansel , der auf uns zukam. Wir begann zu springen und die „Hoorig Katz“ zu singen. Der Hansel unterbrach mich per Handzeichen und unter der Maske erklang eine Männerstimme – „auf Französisch bitte“ – worauf ich so perplex war, – dass ich erst einmal verstummte. Dann ertönte es unter der Maske “en français Christophe“ – und ich erwiderte „die Hoorig Katz auf Französisch?“ – worauf der große Hansel nickte. Und so begann ich zur Melodie der Hoorig Katz zur ersten Strophe anzusetzen „le chat n’a pas de poils“ – doch gleich wies mich der große Hansel mit einer Handbewegung an zu stoppen – denn er hatte erkannt das das falsch war – denn richtiger weise heißt es „le chat a des poils“. Also versuchte ich dann mit „le chat a des poils“ – und bekomme dann endlich auch meine Brezel. Die Brezel in der Hand, fällt mir ein, dass es eigentlich ganz korrekt „le chat poilu, le chat poilu, le chat poilu – et si le chat n’est pas poilu il ne plait guère aux filles – le chat poilu“ – aber da war der große Hansel schon längst wieder im Gewühl verschwunden. Ja, da waren wir (d.h. ich und meine zwei Begleiterinnen) doch alle sehr sehr überrascht, – ein großer Hansel (bestimmt ein Kopf größer als ich) – der sich die „Hoorig Katz“ auf Französisch vorsingen lässt. Die Schramberger Fasnet ist wirklich für Überraschungen gut. Wer der große Hansel war, der mich die Hoorig Katz auf Französisch vorsingen ließ, weiß ich nicht, – die Stimme habe ich nicht zuordnen können, und unter Larve und Häs ist es sowieso sehr schwer jemanden zu erkennen.
Diese Begegnung mit dem großen Hansel auf dem Schramberger Hanselsprung am Fasnetssonntag 2013 wird mir wohl sehr lange in Erinnerung bleiben. Soweit es die Schramberger Narrenzunft erlaubt, werde ich den gesamten Schramberger Narrenmarsch, – die berühmte „Hoorig Katz“ komplett ins Französische übersetzten und hier im Paysagesblog veröffentlichen.
Die Fasnet ist nun wieder vorbei, – der Aschermittwoch kündigt das Osterfest und die dazwischen liegende „Fastenzeit“ an. Nun wird es wieder ein Jahr dauern bis der Schramberger Talkessel von Schellenlärm und d’Hoorig Katz in sein sonderbares Klangbad eingetaucht werden wird. Ein Klangbad, welches das Ende des Winters und den baldigen Frühlingsbeginn ankündigt.
Die Begegnung mit dem großen Hansel, erinnerte mich an meine frühen Kindheitstage, – als ich, noch als ganz kleiner „Bua“ den Großeltern von den tollen Schramberger Hanseln erzählte. In Saulgau (damals noch ohne Bad) bei den Großeltern väterlichseits gab es zwar die auch sehr schönen „Dorausschreier“ mit ihrem bekannten Narrenruf „Doraus, detnaus, bei der alte Linda naus.“ aber mit den Schramberger Hanseln und auch den Sulgener Krattenmacher konnten diese Saulgauer Narrenfiguren in meinen damaligen Kinderaugen nicht bestehen. Bei den Großeltern mütterlicherseits, dem französischen Teil der Familie, – die Großeltern Migliori wohnten damals noch in Eckbolsheim bei Strasbourg – da waren es einfach die „ les fabuleux Hansel de Schramberg“.
Eh, oui – parfois ces fabuleux Schramberger Hansel comprennent et parlent même un peu de français.
Pour ce week-end, on nous annonce des chutes de neige de 20-30 cm en Forêt – Noire et dans les Alpes bavaroises. Pour la Forêt-Noire les chutes de neige fin octobre n’ont rien d’exceptionnel, – les chants de Kilbe, le fameux « Kilbesingen » dans la Raumschaft Schramberg annonçaient le début de l’hiver et parfois quelques jours après que les bougies des Rübengeister et les Lanternes de la Kilbe avaient une dernière fois à la nuit tombante d’automne traversé bourgs, champs et forêts des environs de Schramberg, les premières neiges couvraient les montagnes et forêts de la Raumschaft Schramberg. Par contre ici en Palatinat, les neiges d’Octobre ont quelque chose d’assez exceptionnel. Notons pour finir cette petite note qui nous annonce le début de l’hiver dans la Unterhaardt – la Kilbe cette coutume des pays de la Raumschaft Schramberg est en train de disparaître – mais la Narrenzunft Schramberg essaie de faire revivre cette tradition – qui est aussi menacée par les potirons de Halloween , a ainsi organisé une Kilbesingen à Schramberg ce dernier mardi (23.10.2012). J’aurais bien aimé de participer à ce Kilbesingen, mais malheureusement les obligations professionnelles en ont décidé autrement. Mais d’après ce que j’ai pu lire dans la presse locale ce « Kilbesingen » organisé par la Narrenzunft Schramberg fut un grand succès. Il ne me reste que les souvenirs d’enfant,-observant à travers les vitres les petites lumières qui traversaient la nuit entre le Schoren, le Feurenmoos et la Hutneck à Schramberg – Sulgen – les chants qui traversaient le silence de la nuit – « Hit isch Kilbe, morga isch Kilbe, bis am Middwoch Obend… Ich geh’ mit meiner Laterne und meine Laterne mit mir. Dort oben leuchten die Sterne und unten leuchten wir. Mein Licht geht aus, wir geh’ n nach Haus, ra bimmel ra bammel ra bum bum bum.“ on sentait l’hiver arrivé.