La nouvelle année commença avec quelques flocons de neiges à Grünstadt le 2 janvier 2017. Depuis il fait très froid, pendant les nuits le thermomètre tombe vers les moins dix – et occasionnellement il y quelques flocons qui tombent sur Grünstadt et ses vignobles. Comparé au reste de l’Allemagne néanmoins Grünstadt et la Unterhaardt sont plus au moins à l’abri de la vague de froid et des chutes de neiges assez importantes qui ont touché une très grande partie de l’Allemagne[1] et de l’Europe de l’Est[2]. La Unterhaardt souvent dénommée la Toskana allemand fait encore une fois de plus honneur à son nom[3].
[3] La Unterhardt n’est pas la seule région que utilise le nom « Toskana Deutschlands » pour de fins touristiques, cette autoproclamation est aussi utilise par d’autre regions comme par example le Kraichgau, le Kaiserstuhl, le Markgräflerland etc..
Dans paysages je ne parle presque pas de mon métier de géographe – botaniste universitaire. Naturellement dans divers « post » on trouve des liens plus ou moins forts avec mes activités professionnelles. Il y a quelque temps, j’ai découvert le très beau billet de Fiamma Luzzati « Les fleurs qui rendent immortel » – une invitation à un voyage de découverte de l’herbier national et d’une petite initiation à l’histoire de la botanique. En lisant le père David prononcer les paroles « Mais elle ne s’enrichit pas, parce-que on n’envoie plus de botaniste comme moi sur le terrain » – je me rappelai les paroles d’un collège tunisien qui me disait « en fait Christophe, tu es une espèce en voie de disparation, tu appartiens à une espèce en danger critique d’extinction – des scientifiques comme toi, qui vont sur le terrain, étudier la végétation, les arbres, les fleurs et les hommes, les paysages et leurs descriptions littéraires,- qui essaient de comprendre l’empreinte de l’homme sur les paysages – ils n’ont plus de place dans la science moderne ». Les temps modernes ont sonné le glas pour les « Feld-Wald – und Wiesen Geographen » (les géographes des champs, des bois & forêts et des prés). L’ami tunisien avait certainement raison, même si personnellement je pense que le travail de terrain peut, même de nos jours, enrichir la science. En fait je ne suis pas botaniste pur, mais un géographe avec une formation de botaniste. Durant mes études, il y a maintenant presque trente ans, pour les géographes voulant se spécialiser dans la biogéographie et l’écologie de paysages des cours de botanique était plus ou moins obligatoires, l’objectif était d’être capable de déterminer une plante sur le terrain avec une flore comprenant un clé de détermination dichotomique, en occurrence le « Schmeil-Fitschen », – et de synthétiser ses observations de terrain dans une cartographie floristique. Ce que j’ai appris appris à faire durant la deuxième partie des années 1980 à l’université de Mannheim est très bien décrit dans le chapitre « la géographie-botanique » du livre « les botanistes – contribution à une ethnologie des passions naturalistes » de Sylvia Magnanon. Ce livre est d’ailleurs une très belle « ethnographie » de l’état de la botanique francophone actuelle et en plus il décrit l’histoire de la botanique francophone. Au-delà de la disparition des « Feld-Wald – und Wiesen Geographen » et je pense aussi à cela en visionnant le billet de Fiamma Luzzati c’est l’espèce de géographes-botanistes-explorateurs universitaires qui disparaît lentement, -au moins en Allemagne- où jadis il existait une vraie branche d’explorateurs de terres africaines – je me souviens encore bien il y a maintenant presque 25 ans, je sillonnais brousse sénégalaise, forêt ivoirienne le « Maydell[1]» en main pour approvisionne entre autres l’herbier de Dieter Anhuf. Le géographe Erhard Schulz de l’Université de Würzburg a par exemple par ses diverses publications contribué à la connaissance scientifique des terres lointaines et inconnues des Adrar des Ifoghas au Mali[2]. Tout cela me semble déjà appartenir à une autre époque comme l’histoire de l’herbier national dont nous parle Fiamma Luzzati.
Le récit de Fiamma Luzzati sur les fleurs qui rendent immortel, m’a fait revivre mes sorties avec René Jeantet[3] dans la garrigue nîmoise, découvertes des fabuleuses Gorges du Gardon, les Costières, la Vaunage. C’est lui qui m’a initié à découvrir la garrigue à travers ses plantes, – m’a fait découvrir les Costières avec leurs étranges forêts de Pins parasols, d’Arbousiers, de Chênes pubescents, des lambeaux bois de Chênes – lièges, mais aussi ses colonies de Guêpier d’Europe etc. Même si Monsieur Jeantet n’était pas botaniste au sens strict, il prenait son temps pour m’initier à la flore méditerranéenne, à l’utilisation de la flore portative de Bonnier & Layens (Flore complète portative de la France, de la Suisse et de la Belgique) sur le terrain[4], – et à réanalyser des « découvertes » avec la « Flore complète illustrée en couleurs de France, Suisse et Belgique » à la Bibliothèque du Museum d’histoire naturelle à Nîmes – et si nécessaire nous consultions les divers herbiers du muséum. Pour ainsi dire, c’est Monsieur Jeantet qui m’a donné le goût des senteurs de garrigues et de forêts méditerranéennes pendant mes années nîmoises[5]. C’est aussi grâce à ces premiers pas à travers les Garrigues de Nîmes en compagnie de Monsieur Jeantet que se traça la voie vers mon métier de géographe-botaniste universitaire.
Mais des découvertes botaniques on ne les trouve pas seulement dans les contrées lointaines, – il suffit simplement de se promener les yeux ouverts. Ainsi à Grünstadt, la ville dans laquelle j’habite depuis 1999, – pourrait aussi se dénommer « Grünstadt unter Palmen (Grünstadt sous les palmiers)» vu le nombre de Palmiers[6] dans les jardins et espaces verts publiques, mais pas seulement des Palmiers, – ici et là on y trouve des Chênes verts, des Arbousiers, des Lauriers – tins – et depuis quelques années les Bambous sacrés (Nandina domestica) se font de plus en plus remarquer. A première vue on pourrait croire que c’est peut-être le changement climatique qui en est responsable, – mais ce sont plus les diverses modes de jardins d’ornement qui sont responsables de ce goût pour les plantes exotiques à Grünstadt et dans une grande partie de la Unterhaardt. Voir un peu de vert, voir les fruits de l’arbousier, les fleurs du Laurier-tin, – pour faire oublier la tristesse des hivers rhénans. D’ailleurs même si cela n’est pas connu par le grand public, le palmier chanvre par exemple est considéré comme un des palmiers les plus rustiques – on le cultivera sans problèmes dans les régions viticoles de l’Europe centrale – à l’âge adulte il supporte sans problèmes quelques jours de grands froids (-15 à – 18, exceptionnellement – 22).
Dans une quinzaine d’années je suis supposé de prendre ma retraite. Ce ne sera certainement pas un « Feld-Wald – und Wiesen Geograph » – un géographe-botaniste qui prendra ma relève. Peut-être un géographe-écologue spécialiste en modélisation ou en télédetection, – mais je ne peux m’imaginer que ce sera un géographe-botaniste qui me succédera. Mais au fur et à mesure que cette tendance, de ne plus enseigner la botanique de terrain au niveau universitaire[7] –se développe, la biologie se transforme en life science – la géographie physique & environnementale en science de modélisation & géomatique – c’est au moins ma perception personnelle – qui dans une vingtaine d’années enseignera encore la botanique de terrain au niveau universitaire ? Comment parler d’une écologie scientifique si au fur et mesure la science de déterminer les plantes sur le terrain se perd– si ces aptitudes sont de moins en moins enseignées ? Le botaniste-géographe, on le retrouvera dans quelques années dans un coin perdu d’un musée naturaliste, près de l’herbier – un peu comme nous le raconte si délicatement Fiamma Luzzati dans son blog – le géographe-botaniste une espèce en voie de disparition comme le disait il y a quelques années l’ami tunisien.
Pour revenir au Père David, – ce que Fiamma Luzatti aura peut-être pu mentionner dans son petit billet, c’est que pour le grand public le nom du Père David est associé au Buddleia du père David aussi dénommé aux papillons (Buddleja davidii). J’en ai d’ailleurs planté un dans mon jardin pour attirer les papillons pour que mes enfants puissent les observer dans notre jardin – et ceci en sachant que cette plante est considérée par beaucoup de collègues comme une espèce envahissante.
Je finis avec cette photo des fleurs de la Violette ligneuse (Viola arborescens) , prises dans les falaises du Cap Leucate en octobre 2016, simplement pour montrer que la botanique de terrain – c’est l’art de découvrir et d’observer silencieusement son environnement – que ce soit en forêt ombrophile dans la Montagne de Man en Côte d’Ivoire, dans la laurisilvae des Azores, des falaises du Cap Leucate, les garrigues des Nîmes, les flancs du Stromboli, des forêts de Sapins de la forêt Noire dans la Raumschaft Schramberg, le delta de la Sauer, aussi bien que la flore et les fleurs des villes comme Mannheim, Grünstadt, Nîmes, Lisbonne etc. C’est aussi sortir des sentiers habituels et de découvrir l’Oiseau de paradis (Caesalpinia gilliesii) en fleurs sur les remblais du pont de la Corrège à Port Leucate[8].
Magnanon, Sylvie (2015) : Les botanistes. Contribution à une ethnologie des passions naturalistes, Paris, L’Harmattan, 978-2-343-05389-9
Maydell, Hans-Jürgen von (1990) : Arbres et Arbustes du Sahel – leurs caractéristiques et leurs utilisation. GTZ, Eschborn, ISBN 3-8236-1197-6
Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc-Roussillon. Geographische Rundschau 57(9), S. 38–44.
Schulz, E., Adamou, A., Ousseini, I. 2001. Air et Adrar des Iforas: une comparaison de deux montagnes du sud du Sahara et de leur évolution actuelle. In: Bart, F., Salomon, N.(Hrsg.) Les montagnes tropicales:identités,mutations, développement. Espaces Tropicaux 16, Talence, 219-232
P.S. : Pour en savoir plus sur l’herbier national qui est hébergé au Museum national d’histoire naturelle je suggère fortement la lecture du très beau livre «l’Herbier du Muséum » édité par Lucile Allorge et al. (2013).
[1] Le « Maydell » ainsi fut dénommé le livre de terrain – guide dendroécologique « Arbres et Arbustes du Sahel – leurs caractéristiques et leurs utilisation » écrit par Hans –Jürgen von Maydell et édité par la GTZ.
[2] Notons qu’on retrouve encore des traces de ces géographes-explorateurs dans « l’Afrikazentrum der Universität Würzburg », centre interdisciplinaire universitaire regroupant les recherches de l’Université de Würzburg où la Géographie et la Biologie sont très bien représentées !
[3] René Jeantet était Conservateur du Museum d’histoire naturelle de Nîmes de 1948 à 1995.
[4] Avant de m’acheter ma propre flore de terrain « Bonnier & Layens » , j’utilisais le « Bonnier & Layens » de ma grand-mère, Germaine Migliori (née Monasse). Dans sa jeunesse elle était intéressée par la botanique, – elle entretenait même son herbier personnel. Et elle aimait peindre les fleurs – ce qu’elle faisait encore quelques mois avant sa mort en 2011.
[7] Voir aussi ce que écrit Sylvia Magnanon (2015:102) dans son livre « les botanistes » sur la situation en France : « Mais il est vrai que le fait que les organismes de formation scientifique n’enseignent quasiment plus aujourd’hui la botanique de terrain en France et que par conséquent, aucun diplôme national de botanique soit délivré (pas plus que d’ornithologue ou d’entomologue) peut poser un problème de reconnaissance du statut de botaniste en tant que chercheur scientifique ». Ma perception personnelle est que cette situation se retrouve dans beaucoup de pays européens.
[8] Description (avec photo) dans: Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc-Roussillon. Geographische Rundschau 57(9), S. 38–44.
La mer déferle sur les plages leucatoises. Il y a six ans j’avais assisté au une tempête semblable, – à laquelle j’avais dédié deux petits billets « Lundi 11 octobre 2010 – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate [1]» et « Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate». Dans la notice du 11.10.2010 j’avais aussi signalé le risque de submersions marines sur le lido séparant l’étang de Leucate et la pleine mer où se trouvent les sites de Port Leucate et de Port Barcarès. La situation que j’ai rencontrée aujourd’hui jeudi 13 octobre 2016 ressemble beaucoup à celle que j’avais observée en octobre 2010. Ce qui m’a frappé aujourd’hui c’est de voir à quelle vitesse la mer a submergé la plage de Port Leucate. Suivent quelques impressions photographiques de la mer déferlante sur les plages leucatoises – toutes prises durant la journée du 13.10.2016.
Les images, les témoignages qui nous parviennent d’Alep et d’autres villes syriennes meurtries, villes martyrisées par des années de guerre civiles sanglantes, me font ressurgir les images de Grozny, les reportages de Natalie Nougayrède de Beslan, de Tchétchénie. La Préface d’André Glucksmann du livre « Tchétchénie le déshonneur russe » de Anna Politkovskaïa . Du déjà vu en pire … Alep, Grozny, Beslan ….
The images, the reports reaching us from Aleppo and other Syrian cities ravaged, cities tormented by years of bloody civil war, make me reappear the images of Grozny, the reports written by Natalie Nougayrède from Beslan, from Chechnya. The Preface of André Glucksmann’s of the book „Tchétchénie, le déshonneur russe (Chechnya Russian dishonour)“ written by Anna Politkovskaya. A feeling of “déjà vu » in worse … Aleppo, Grozny, Beslan ….
Référence :
Glucksmann, André (2003) : Le syndrome du chardon tchétchène. In : Politkovskaïa, Anna : Tchétchénie, le déshonneur russe, p. 9- 18, Paris, collection folio, ISBN 2-07-030551-1
Dans les années 1970 la station de Port Leucate faisait de la publicité dans toute la France avec le slogan « Port Leucate pays de la liberté » – mettant en avant des adolescents à poil[1]. Durant l’été 2013 on pouvait voir quelques unes de ces affiches dans l’exposition « Exposition centenaire Georges Candilis Architecture & Design » expo, dont j’ai parlé un petit peu dans le billet « Les cigales de Port Leucate». Leucate, pays des plages de la liberté, avec cet arrêté anti burkini , c’est définitivement du « has-been » – car avec cet arrêté municipal « anti – burkini » promulgué à Leucate (comme dans 31 autres communes françaises[2]) la liberté de profiter librement des plaisirs de la plage dans l’habit qu’on choisit est partie en fumée. Peut-être faudrait –il rappeler à Monsieur le Maire de la commune de Leucate Michel Py, qu’au début de la station de la Franqui, une des premières stations balnéaires du Languedoc, le plagiste se baignait encore tout habillé. Dans le livre « La nature et le balnéaire – le littoral de l’Aude[3], [4]» – qui est d’ailleurs une excellente étude de géographie historique sur l’évolution de la côte audoise – on trouve une très belle photo « baigneurs et pécheurs cohabitent a la Franqui vers 1910 » qui nous rappelle à quel point les tenues de bains ont changé sur la côte audoise [5] , [6]. Mais même de nos jours on voit ici et là des plagistes habillé en « vêtements de rue » profitant de la plage. Ceci parfois je l’ai déjà pratiqué moi-même pour me protéger du soleil et du vent sur les plages leucatoises. En plus on voit de plus en plus d’enfants sur les plages françaises portant une combinaison néoprène pour se protéger du soleil. Cela se rencontre aussi sur les plages Leucatoises. L’envie de choper quelques voix au FN, de voir le nom de Leucate effleurer les medias nationaux, a certainement eu sa responsabilité dans la promulgation de cet arrêté municipal malheureux. Parfois je me demande, ce que arriverait à un prêtre en soutane, qui profite des plaisirs de la plage sur les plages leucatoises en aout 2016 comme le fit mon oncle durant les années 1970 – serait-il verbalisé par les agents de la police municipale de Leucate ? Dans les années 1970 mon oncle Jean-Pierre Migliori[7], prêtre de l’Église vieille-catholique – se baladait coiffé de son bonnet ecclésiastique, la barrette, et en soutane – parfois sur les plages leucatoises. En fait il n’aimait pas trop la plage, mais il voulait faire plaisir à ses neveux et nièces en les accompagnants à la plage. Ou une jeune femme juive orthodoxe se baignant sur une plage leucatois en « maillot pudique » qui n’est rien d’autre que le « cousin juif du burkini[8]» est-ce qu’elle se ferait verbaliser à Leucate ? De vouloir faire de la tenue vestimentaire sur les plages françaises un pilier dans le combat anti-djihadiste, – là il y a certainement mieux à faire – et c’est même contreproductif si on veut vraiment combattre l’intégrisme religieux islamique! D’une certaine façon, et ceci au-delà de l’édile de Leucate, comme Monsieur Py est dénommé dans un article du Monde, tous ces maires qui ont promulgué des arrêtés anti-burkini ont ,par ignorance fait le jeu des monarchies wahhabites les plus arriérées – car en Arabie saoudite – la conduite d’une voiture ou une baignade en burkini est simplement interdite pour toutes les femmes. Olivier Roy récemment dans une interview va encore plus loin « Le groupe Etat islamique où les talibans n’autoriseraient jamais le burkini. Au contraire, cette tenue est l’exemple même de la gentrification de la pratique religieuse musulmane dans l’espace occidental. Ce maillot de bain couvrant est symboliquement lié l’ascension sociale de certaines musulmanes. Le porter représente une tentative, pour des femmes, plutôt jeunes, de poser un signe religieux sur une pratique moderne, c’est-à-dire la baignade en famille….. Non. Les débats sur le port du burkini et de la burka, par exemple, doivent être distingués, car le burkini est une invention récente [créé en 2003 en Australie], qui fait sauter les fondamentalistes au plafond. Pour ces derniers, une femme n’a pas à se promener sur la plage, et encore moins se baigner ! Donc le burkini est, au contraire, une tenue moderne, qui n’a rien de traditionnel ou de fondamentaliste. ».
Au-delà de la polémique « anti-burkini » – je crois que le maillot couvrant une partie intégrale du corps a encore de beaux jours devant lui – les risques de cancer de la peau qu’une exposition trop longue au soleil peut engendrer vont booster le port du maillot de bain intégral sur nos plages. Profiter de la plage, d’une baignade en mer sans prendre de risque d’attraper un cancer de la peau – ceci est aussi une des promesses d’un maillot de bain intégral comme le burkini ou le maillot pudique juif en sont. D’ailleurs cette sorte de maillot de bain intégral que portent les maitres-nageurs sauveteurs (féminin et masculin) de la SNSM a une forte ressemblance avec le burkini. Au Barcarès, commune avoisinante de Leucate, ces maitres-nageurs ont partiellement assuré la surveillance de plages durant l’été 2016[9].
Référence :
Andreu-Boussut, Vincent (2008) : La nature et le balnéaire. Le littoral de l’Aude. Paris, l’Harmattan, ISBN 978-2-296-07604-4
[4] Dans ce livre de Vincent Andreu-Boussut on trouve aussi un tres beau chapitre sur les debuts de la station de la Franqui , l’histoire de l’hotel Excelsior, de la familie Bertand etc. « chapitre : La Franqui-plage : un essor en demi-teinte orchestré par la famile Bertrand (Andreu-Boussut, 2008, 44-47)»
[5] Dans la version (Thèse) du livre de Vincent Andreu-Boussut on trouve sur la page 78 la planche 16 « l’essor des bains de mers : Invention de la plage et nouveaux liens – sociaux spatiaux ». Download ici.
[9] Sur le site de Martial Guerin on trouve un reportage TFI sur les sauveteurs de la SNSM au Barcarès, dans le quel la sauveteuse maitre – nageur « Laura Lanvin » en maillot intégral est interviewée! (A voir ici).
Il y a vingt ans[1], dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, vers une heure du matin furent enlevés les 7 moines de l’Abbaye Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine[2],[3]. Les têtes des sept moines assassinés furent retrouvées fin Mai 2006 dans les environs de Médéa. Vingt ans après ces crimes les circonstances de leur assassinat n’ont toujours pas été élucidées[4],[5]. Ce crime m’avait fortement marqué il y a vingt ans. Je suivais les évènements de la décennie noire en Algérie de près[6], et ce crime, ce drame reste gravé dans ma mémoire comme le symbole des drames sanglants que subissait le peuple algérien pendant la décennie noire, massacres sanglants à répétition dont souvent on ne savait pas très bien si c’étaient les bourreaux du GIA, ou bien les tortionnaires des forces de sécurité algériennes qui en étaient les responsables. Concernant les responsables de l’assassinant des moines de Tibhirine, je crois que le mystère ne sera levé (comme pour beaucoup d’autres crimes de la décennie noire), que si l’Algérie devient réellement une vraie démocratie et que les Algériens retrouvent la parole libre et la liberté. Malheureusement, on est encore bien loin de l’établissement d’une vraie démocratie en Algérie, et en outre, de nouvelles anciennes menaces semblent de plus en plus peser sur l’Algérie[7].
Comme je l’ai déjà écrit ici dans paysages, le jour viendra où je ferai le voyage vers Tibhirine pour déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des sept moines assassinés. Mais aussi en mémoire des innombrables massacres dont les algériens furent victimes durant la décennie noire. Faute de mieux, je laisse ici une photo d’une branche d’abricotier en fleurs de notre jardin à Grünstadt. En souvenir de Christian de Chergé, Luc Dochier, Christophe Lebreton, Michel Fleury, Bruno Lemarchand, Célestin Ringeard, Paul Favre Miville – mais en souvenir innombrables victimes de la décennie noire en Algérie.
Christophe Neff, Grünstadt, Pâques 2016 (publiée le 29.03.2016)
P.S : Dans le contexte de mon billet, je me permets de signaler la parution prochaine d’un livre à la mémoire et à l’héritage des moines de Tibhirine : Henning, Christophe (Ed) : Tibhirine, l’héritage. Bayard, 178 p., 14,90 €, ISBN 978-2227488700. En librairie le 7 avril.
[5] Voir aussi le chapitre « Moines de Tibhirine » dans le Dictionnaire amoureux de l’Algérie, chapitre qui débute avec les phrases suivantes : « Connaîtra-t-on jamais la vérité ? Les sept moines trappistes de Tibhirine,monastère situé non loin de Médéa, à moins de 100 kilomètres d’Alger, sont morts à une date inconnue et furent enterrés en mai 1996 (Chebel, M. 2012, p. 430).
Le journaliste Hasnain Kazim de l’hebdomadaire allemand der Spiegel en Turquie a été contraint de partir car son accréditation de presse n’a pas été prolongée par les autorités turques. Un signe de plus qui témoigne de la dérive autoritaire de l’actuel gouvernement turc. Même en France ce triste évènement a été repris par les médias comme par exemple par le Monde.fr « Le correspondant du magazine allemand « Spiegel » contraint de quitter la Turquie ». Si les autorités turques commencent à se débarrasser des correspondants étrangers un peu trop critiques envers le gouvernement turc on peut que craindre le pire pour la liberté de la presse, la liberté tout court en Turquie. Ce qui semble être sûr, c’est que les medias critiques en Turquie en ce moment n’ont pas la vie facile.
J’avais déjà parlé de Hasnain Kazim dans paysages, en avril 2010, car son livre « Grünkohl und Curry. Die Geschichte einer Einwanderung » – fut déjà sujet de bac allemand en France. Dans son livre, histoire d’une intégration réussie – mais aussi d’une enfance entre Inde, Pakistan et Allemagne du Nord (Norddeutschland), – nous trouvons dans les dernières pages un chaleureux témoignage de l’auteur envers son ancienne enseignante de français « Manon Maliszewski » passage que je me permets de citer et de traduire ici « Es war eine merkwürdige, von Angst bestimmte Zeit. In der Schule vertraute ich mich einer Lehrerin an, Manon Maliszewski, selbst Ausländerin, Französin. Ich erzählte ihr von den Anrufen und von meiner Sorge, meine Eltern könnten sich für einen Wegzug aus Deutschland entscheiden. In ihr fand ich eine Verbündete/ Ce fut une période étrange dominée par la peur. A l’école je me confiais à une enseignante Manon Maliszewski, un française, étrangère comme moi-même. Je lui parlais des appels téléphoniques et de mes craintes que mes parents puissent décider de quitter l’Allemagne. Dans la personne de Manon Maliszweski j’ai ainsi trouvé une alliée contre mes peurs (libre traduction de l’allemand C.Neff 20.03.2016) (Kazim, H, 2009, 250, 251). Ce livre, dont je tire cette petite citation mériterait certainement une traduction française. Et pour finir, l’article « Ein schmerzlicher Abschied » mériterait une large distribution, – et comme le Spon a aussi publié une version anglaise sous le titre « A Painful Farewell » on peut au-moins espérer que cette fine analyse très personnelle de l’évolution politique en Turquie de 2013 à 2016 trouve aussi une résonance internationale plus large.
Sources :
Kazim, Hasnain (2009) : Grünkohl und Curry. Die Geschichte einer Einwanderung. München, DTV, ISBN 978-3-423-24739-9
Kazim, Hasnain (2016): Ein schmerzlicher Abschied. Der Spiegel-Korrespondent Hasnain Kazim über seine Erfahrungen mit der Pressefreiheit unter Präsident Erdogan- und seine unfreiwillige Ausreise aus dem Land. In: Der Spiegel, 12/2016, pp. 106 – 107. Version www de l’article dans le SPON: „Hasnain Kazim über die Türkei: Ein schmerzlicher Abschied“, version anglaise „A Painful Farewell“.
Christophe Neff, écrit le 20.03.2016 publié le 21.03.2016
Wie schon letztes Jahr gibt es hier an dieser Stelle ein paar Zeilen zum phänologischen Geschehen an der Unterhaardt. Den ersten blühenden Mandelbaum[1] habe ich am Samstag, den 9.1.2016 zwischen Deidesheim und Meckenheim an der B 271 blühen sehen. Das liegt zwar nicht an der Unterhaardt sondern mehr im Randbereich der Mittelhaardt, aber eine derart frühe Mandelblüte ist dennoch ein für Mitteleuropa bemerkenswertes phänologisches Ereignis. Ende Januar blühten fast an der gesamten Weinstraße die Mandelbäume. So etwas kenne ich eigentlich nur aus dem mediterranen Südfrankreich. In Aubord wo ich ja einige Zeit gelebt hatte, blühten die Mandelbäume gewöhnlicher Weise gegen Ende Januar. Was ich eigentlich für viel bemerkenswerter halte als die Mandelblüte ist die frühe Blüte der Osterglocken an der Unterhaardt. Meine ersten blühenden Osterglocken in diesem Jahr habe ich am Donnerstag den 06.02.2016 auf dem Weg ins Büro zwischen am KIT entdeckt. Einmal rund um den Golfplatz in Dackenheim. Der andere Standort waren die blühenden Osterglocken in der Grünanlage der Winzergenossenschaft Herxheim am Berg. Abgesehen davon ist die Grünanlage der Winzergenossenschaft Herxheim am Berg, sowie die neue Weinlounge[2] die in diese Grünanlage eingebunden ist, ein äußerst gelungenes landschaftsarchitektonisches „Gesamtensemble“. Aber wieder zurück zu den Osterglocken, – in Karlsruhe habe ich die ersten blühenden Osterglocken erst am Donnerstag den 25.02.2016 entdeckt. Trotz Stadtklimaeffekt begann die Osterglockenblüte in Karlsruhe erst ca. 14 Tage später, – das zeigt doch beeindruckend die besondere Klimagunst der „Unterhaardt“. Das erinnert mich auch die Worte meines akademischen Lehrers Peter Frankenberg, der die Klimagunst des Haardtrandes – „Monsieur Neff le climat du Haardtrand ressemble beaucoup au climat des environs de Nîmes[3]“ – während meines Studiums und meiner Assistenzzeit an der Universität Mannheim, gern mit dem mediterranen Klima der Landschaften rund um Nîmes verglich. Mir erschien dieser Vergleich damals etwas gewagt, – aber in diesem Winter 2015-16 erscheint er doch ganz zutreffend zu sein. Ich denke, dass soweit man die phänologische Uhr des DWD für den nördlichen Oberrhein als Bezugsgröße nimmt[4], man feststellen kann – dass die phänologischen Phasen in diesem Winter ca. 2 – 3 Wochen früher als sonst im langjährigen Durchschnitt üblich eingetreten sind. In diesem Zusammenhang sei abschließend noch auf die von Heiko Himmler (2016) im Pollichia Kurier veröffentlichen phänologischen Beobachtung verwiesen. Himmler verweist, darauf dass der Dezember 2015, „der mildeste Dezember seit Beginn der Wetteraufzeichnungen in Südwestdeutschland(Himmler, H. 2016, 9) “ gewesen sein. Außerdem findet man in diesem kleinen Aufsatz eine Reihe interessanter phänologischer Beobachtungen – wie z.B. u.a. die Hinweise zur Schneeglöckchenblüte[5] am 26.12.2015 in Sandhausen und auch die Beobachtung von ersten blühende Huflattichen am 27.12.2015 bei Ludwigshafen. Aus phänologischer Sicht war der Winter 2015/16 an der Unterhaardt, sowie in Teilen Südwestdeutschlands eine interessante Jahreszeit.
Comme l’année dernière à cet endroit voici une petite notice sur la phénologie dans la Unterhaardt. Le premier amandier[6] en fleurs je l’ai vu le samedi 09.01.2016 sur les bords de la B. 271 entre Deidesheim et Meckenheim. Ce lieu n’appartient pas à la Unterhaardt, mais se situe plutôt sur les bords de la Mittelhaardt, une floraison tellement précoce d’ amandiers est certainement un phénomène phénologique rarissime pour l’Europe centrale. Fin janvier une grande partie des amandiers longeant les bords de la route du vin allemand étaient en fleurs. Des amandiers en fleurs mi/fin janvier avant cet hiver 2015/16, je n’avais vu cela que dans le Midi méditerranéen français. A Aubord qui était longtemps mon point d’attache en France, petit village de Vistrenque dans les environs de Nîmes, où j’ai aussi vécu quelque temps, la floraison des amandiers se passait normalement vers la fin janvier. Mais d’un point de vue phénologique la floraison très précoce des Narcisses jaunes dans la Unterhaardt est certainement plus remarquable que la floraison des amandiers. J’ai vu mes premiers Narcisses jaunes le jeudi 06.02.2016 pendant mon trajet au Kit, sur les bords du terrain de golf de Dackenheim et sur l’espace vert longeant la coopérative viticole de Herxheim am Berg. D’ailleurs sous l’aspect d’architecture du paysage, les espaces verts et la nouvelle « Weinlounge (bar à vins) [7]» de la coopérative viticole de Herxheim am Berg me semblent être particulièrement réussis. Mais retournons aux Narcisses jaunes. A Karlsruhe la floraison des Narcisses jaunes débuta le jeudi 25.02.2016, donc deux semaines plus tard que sur la Unterhaardt. Ce décalage montre bien la particularité climatologique de la Unterhaardt, – car même l’ Îlot de chaleur urbain de Karlsruhe n’influença pas le cycle de floraisons des Narcisses jaunes. Ceci me rappela un peu les mots de mon maitre académique le Professeur Peter Frankenberg, « Monsieur Neff le climat du Haardtrand ressemble beaucoup au climat des environs de Nîmes[8]» qui aimait, durant mes études et mes années d’assistant à l’Université de Mannheim, comparer la particularité climatologique du Haardtrand avec le climat méditerranéen des paysages des environs de Nîmes. Cette comparaison m’avait semblé être un peu osée– mais durant cet hiver 2015-16 je pense que cette comparaison décrit assez bien la situation de la saison hivernale actuelle. Je pense que si on compare la situation de cet hiver à l’horloge phénologique du DWD pour le Nördliche Oberrhein[9] (Rhin supérieur du Nord) on voit bien que les phases phénologiques sont en avance de deux à trois semaines sur le calendrier phénologique habituel. Dans ce contexte je renvoie aussi aux observations climatologiques de Heiko Himmler (2016) publiés dans le dernier Pollichia Kurier. Heiko Himmler écrit que Décembre 2015 fut le Décembre le plus doux observé en Allemagne du Sud-Ouest (Südwestdeutschland) dans les relevés météorologiques (Himmler, H. 2016, 9). En plus dans cette petite notice phénologique sont publiées quelques observations phénologiques intéressantes dont la floraison de perce- neiges[10] à Sandhausen le 26.12.2015 et le Tussilage le 27.12.2016 dans les environs de Ludwigshafen. D’un point de vue phénologique l’hiver 2015/16 dans la Unterhaardt comme dans une partie de « Südwestdeutschland » fut donc un hiver intéressant !
Bibliographie:
Himmler, Heiko (2016): Phänologische Beobachtungen im Dezember 2016 (Berichte aus den Arbeitskreisen AK Botanik). In: Pollichia Kurier, Jg. 32, H.1, S. 9- 10.
Wie ich es schon hier im Detail beschrieb, in gewisser Weise ist Paysages auch ein „Leucateblog“ geworden, denn die am meisten gelesen Beiträge in Paysages befassen sich in irgendeiner Weise mit dem in Süfrankreich gelegenenen Leucate und dessen Umgebung. Paysages wird über die Blogseiten von Le Monde.fr (Blogs le Monde.fr) publiziert, d.h. es ist natürlich naturbedingt ein französischsprachiges Blog, wobei ich hin und wieder auch in Deutsch, oder auch in Englisch[1] verfasste (manchmal auch mehrsprachige wie z.B. hier) Artikel publiziere. Erst vor ein paar Tagen habe ich in einem englischsprachigen Beitrag unter dem Titel „Her name was Ruqia“ auf das tragische Schicksal der syrischen Graswurzeljournalistin „Ruqia Hassan Mohammed“ aufmerksam gemacht. Immerhin befindet sich ein deutschsprachiger Artikel, nämlich der Artikel das Biafrakind, Text der an die Biafrakinder und den Biafra-Krieg erinnert, unter den zehn häufigsten gelesen Artikel des Paysagesblog. Wobei ich mich immer wieder Frage, wieso wird gerade dieser Artikel so häufig gelesen wird?
Ich habe hier noch ergänzend, in der folgenden Tabelle, die fünf am häufigsten deutschsprachigen Artikel in Paysages aufgeführt. Verglichen mit der in der ersten Tabelle aufgeführten Lesefrequenz der ersten zehn Artikel sind das dann doch eher bescheidene Zahlen. Wahrscheinlich entstammt ein Großteil meiner deutschsprachigen Leser doch eher dem erweiterten Freundes und Bekanntenkreis, während die französischsprachigen Artikel doch eine weit größere Reichweite erfahren.
Abschließend möchte ich noch ein auf ein kleines Detail hinweisen, – was mich als Wochenendblogger doch intensiv beschäftigt hat, sind die Zustände in Syrien und im Irak, – und zumindest in der frankophonen Welt haben manche meiner Artikel doch einen relativ hohen Zuspruch gewonnen. Der Artikel Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) ne sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert, welchen ich im Juli 2014 verfasst habe, und der 2015 immerhin auf Platz zwei der Lesehäufigkeit landete, wurde inzwischen sogar in geopolitischen (englischsprachigen Fachpublikationen) zitiert. In diesem Artikel habe ich den Zusammenbruch der durch das Sykes-Picot geopolitischen Architektur im Nahen Osten konstatiert, aber auch vor der drohenden Vernichtung des orientalischen Christentums im Nordirak und in Syrien durch den islamischen Staat gewarnt. Seitdem ich diesen Artikel verfasst habe, ist viel Zeit vergangen, – aber ich halte meine Einschätzung nach wie vor für zutreffend. Wobei auch der Text « Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien » – den ich im Sommer 2014 der irakischen Politikerin Vian Dakhil gewidmet hatte, auch schon in geopolitischen Fachpublikation zitiert wurde. In diesem Text hatte ich u.a. darauf hingewiesen, dass der islamische Staat vorhat alle religiösen Minderheiten in seinem Herrschaftsgebiet zu exterminieren[2].