Des Corbières à la Méditerranée – quelques mots sur un livre présentant une partie des paysages des Corbières maritimes.

« Des Corbières à la Méditerranée »  est un livre, plutôt un volume illustré, livre de photographie, de Jean Belondrade (Photographies) et Nicole Clodi (Textes), – présentant les paysages & hommes de la partie orientale des Corbières maritimes. Je reprends ici la couverture du livre en espérant  ne pas rencontrer les difficultés de Bob Garcia , difficultés dont un des derniers billets de la république de livres nous  informent.  Mais présenter un livre, un œuvre même d’une façon critique, c’est d’une certaine manière aussi une forme de promotion -promotion positive ou promotion négative. « Des Corbières à la Méditerranée » nous présente les paysages d’une partie de la façade orientale des Corbières maritimes. A première vue, on pourrait croire que le livre nous présente les communes du Canton de Sigean, mais il manque la commune de Peyriac-de-Mer, qui ne fait pas partie de la communauté de communes Corbières en méditerranée .

En faite le livre nous montre les paysages des dix communes Port-la-Nouvelle, Sigean, Leucate, La Palme, Portel-des-Corbières, Fitou, Roquefort-des-Corbières, Caves, Treilles, Feuilla de l‘ intercommunalité Communauté de communes Corbières en Méditerranée .  Comme le livre porte le logo Corbières méditerranées on peut penser que la Communauté de communes Corbières en Méditerranée a participé au moins partiellement au financement de ce volume illustré.  Le livre nous presente chaque commune de l’intercommunalité avec une petite partie texte et quelques photos de paysages, de scènes de vie de village etc.  On rencontre Fréderic le maréchal ferrand à La Palme, Giovanni l’heureux apiculteur de Treilles, Giovanni Palamara d’ont j’ai déjà parle dans le billet « Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009) ».  Oui, le livre nous montre hommes et paysages des Corbières maritimes, sans les clichés habituels – comme les couchers de soleil en mer, flamands roses sur les étangs, surfeurs glissant en grand formats à travers vents & vagues, le Canigou photographié à travers les amandiers fleuris du plateau de Leucate, – cela manque ou est extrêmement rare.  Le seul coucher de soleil que je remarque dans le livre est le coucher de soleil sur la Caramoun , page 73. Donc vraiment  une belle surprise dans ce livre de photographie  de ne pas rencontrer les stéréotypes d’un paysages touristique de façon mer, plage, coucher de soleil etc. Naturellement comme chaque paysage est aussi une construction sentimentale & intellectuelle – dans ce contexte je ne peux que suggérer  la lecture du livre « Vieldeutige Natur – Landschaft, Wildnis und Ökosysteme als kulturgeschichtliche Phänomene » édité par Thomas Kirchhof & Ludwig Trepl (2009) – le livre de Jean Belondrade & Nicole Clodi nous présente leur vision des paysages de la façade orientale des Corbières maritimes. Vision que je trouve personnellement assez réussie. Deux petit points mériteraient dans une réédition d’être corrigés! Chaque photo aurait gagné si la date précise – ou au moins un date approximative – comme par exemple – été 2008, avril 2007 était indiquée.  En feuilletant le livre, on a l’impression de rencontrer la mémoire photographique du paysages des Corbières maritimes entre 2005 et 2008, – mais en réalité cela reste difficile à cerner. On aurait aussi aimé avoir quelques informations bibliographiques – au moins pour les lecteurs désirant un complément d’informations sur les villages & paysages rencontrés dans ce livre. Nous retrouvons en dernière page au-dessus des informations éditoriales comme le numéro d’ISBN, un petit remerciement à Marc Pala « Remerciements à Marc Pala qui a partagé amicalement sa connaissance des lieux et de l’histoire, ainsi qu’à tous les personnages qui ont collaboré à la réalisation de ce livre. »  Qui est Marc Pala (C’est peut être lui ?)  Est-ce que les informations historiques proviennent toutes de Marc Pala – et sont-elles  sourcées et sourçables ? Un peu plus de rigueur éditoriale aurait certainement amélioré le livre.  Il reste donc un peu de regret car au moins le lecteur avisé a l’impression de lire (ou de regarder) une publicité intelligemment bien faite, mais qui reste quand même un produit de publicité pour la  Communauté de communes Corbières en Méditerranée. Néanmoins le livre me plait et je pense qu’il vaut bien le prix des 20 euros. Le livre réunit dans ses photos mes propres impressions de paysage actuelles (2005-2009) des Corbières maritimes entre Feuilla, La Palme et Leucate. C’est donc un livre à recommander pour tout lecteur désirant avoir une vision photographique + quelques informations historiques complémentaires – sur les paysages actuels caractéristiques  des Corbières maritimes, – une petite géographie visuelle de la Communauté de communes Corbières en Méditerranée.

Sources :

Belondrade, Jean ; Clodi, Nicole (2009): Des Corbières à la Méditerranée. Goanda Éditions Toulouse,  ISBN 978-2-9534366-0-0

Kirchhof, Th. ; Trepl, L. (2009) : Vieldeutige Natur, Landschaft, Wildnis und Ökosystem als kulturgeschichtliche Phänomene. Transcript Verlag Bielefeld, ISBN 978-3-89942-944-2

Christophe Neff, Grünstadt le 28.10.2009

Quelques réflexions sur l’invité d’honneur de la Buchmesse 2009 à Frankfurt

La Chine est l‘ invité d‘ honneur à la „Buchmesse de Frankfurt  » – Kunstoff Thierry sur la Toile – l’a précisé récemment « Frankfurter Buchmesse : China als Gast » pour la blogosphère francophone.  Et il a  naturellement raison en écrivant « J’espère qu’il ne viendra à personne l’idée de boycotter la littérature de Mainland China. ». Tout à fait d‘ accord. La Buchmesse 2009 a eu au moins le mérite  de mettre la lumière sur la situation peu enviable des droits de l‘ homme en Chine, surtout des écrivains non conformes au régime à  Pékin, comme par exemple l‘ article de Iris Radisch  sur « Yan Lianke », dans le dernier supplément littérature de la Zeit (déjà cité dans ce blog ) – Yan Lianke qui est personna non grata sur la Frankfurter Buchmesse surtout à cause de son roman « Rêve du village des Ding ». Persona non grata à cause de l’intervention du régime de Pékin auprès de la Buchmesse. Notons aussi l’initiative du Spiegelonline de consacrer une page spéciale aux écrivains chinois persécutés par Pékin sous le titre « Verfolgte chinesische Schriftsteller: Zehn Jahre Haft für eine Fabel » (écrivains chinois persécutés – dix ans pour une fable)».  Non, ne boycottons pas la littérature chinoise, au contraire, lisons les œuvres des écrivains chinois opprimés, car c‘ est peut- être la seule chose qui puisse les aider.

Mais en ce qui concerne la Chine, – le lecteur francophone devrait savoir aussi que l‘ Allemagne paie à la Chine de l‘ Entwicklungshilfe  (aide au développement), depuis 2004 plus de 500 Milliions d‘ Euro.  Notons que j’en suis sûr, une majorité d’allemands  l’ignorent.

500 Millions de trop ! – et là je suis d‘ accord aussi bien avec la FDP qu’avec le Spiegel « Entwicklungshilfe für China kappen »  – l‘ Allemagne doit impérativement cesser de payer de l‘ aide au développement à la Chine. 500 Millions d‘ Euros pour un gouvernement qui  ne voit  aucun inconvénient à négocier avec la junte guinéenne (Le Monde Mardi 13 octobre 2009 : La Chine négocie avec la junte guinéenne ,voir Pékin tend la main à la junte de Courrier international) – la on se demande vraiment « qui pleure les morts de Conakry »  .

Dans ce contexte, j’aimerais aussi noter que le livre « la Chinafrique » (Michel & Beuret 2009) vient de sortir en livre de poche, – une édition  livre de poche actualisée et augmentée – (2 chapitres de plus). Certainement une lecture intéressante pour tout  lecteur n’ayant  pas encore « enterré  l’Afrique  »,  un livre qui mériterait une traduction en allemand. Vu que la Chine est l’invité d’honneur à la Buchmesse, – la foire du livre la plus importante du monde (d‘ après les organisateurs) ,on aurait bien pu lancer une traduction  allemande de la « Chinafrique » pour la Buchmesse.  Il existe déjà une traduction du livre en anglais : «  China Safari: On the Trail of Beijing’s Expansion in Africa. » . Mais à ma connaissance,  il n’y a toujours pas de traduction allemande.  Une occasion manquée pour la « Buchmesse 2009  ».

Sources :

Michel, Serge; Beuret, Michel, Woods, Paolo (2009): La Chinafrique. Pékin à la conquête du continent noir. Nouvelle édition augmentée. Editons Grasset & Fasquelle. ISBN 978-2-01-279479-5

Michel, Serge; Beuret, Michel, Woods, Paolo (2009): China Safari: On the Trail of Beijing’s Expansion in Africa. Nation Books. ISBN 978-1568584263.

Radisch, Iris (2009): Chinesen weinen viel – Yan Lianke. In Zeit-Literatur, – Wozu verführt uns China, p. 35.

Christophe Neff, Port Leucate le 16.10.2009

Livres de l’automne– la sélection de la Rheinpfalz (Bücher des Herbstes)

Le Samedi 10.10.2009 la Rheinpfalz vient de sortir un supplément « Bücher des Herbstes » (livres de l’automne).  Ce supplément apporte quelques compléments d‘ information à mon dernier billet – Le monde de l’édition & libraires allemands surpris par le Nobel pour Herta  et pourrait donc aussi un peu enrichir les commentaires du billet Le Nobel de littérature à Müller, Orthofer et Ladbrokes de la république des livres.  Les commentaires sur le blog de Pierre Assouline sont toujours intéressants à lire, et nous apprenons ainsi que  Kunststoff Thierry fut un des  rares dans « le deutsche Sprachraum » (la sphère de la langue allemande) de pouvoir encore acheter un livre de Herta Müller. Il eut  la chance de trouver  un des derniers exemplaires de la « Atemschaukel » encore en vente dans le deutsche Sprachraum – et il nous en parle déjà dans son blog sous le titre de « Herta Müller: Ausverkauft! „Atemschaukel“ ihr letztes Buch, die einzige Arbeit die man kaufen kann „.

Revenons au « Bücher des Herbstes » de la Rheinpfalz. Sorti le 10.10, donc deux jours après la proclamation du Nobel de littérature 2009 – sur les cinq pages du supplément ,on n‘ y trouve pas un mot sur l‘ œuvre littéraire de Herta Müller. Ceci montre très bien à quel point l’Allemagne littéraire fut surprise par le Nobel pour Herta Müller. Par contre une vraie surprise – sur la deuxième page de ce supplément une très bonne critique du prix Goncourt 2008 de Atiq Rahimis « Syngué sabour. Pierre de patience » qui vient d’être traduit en allemand «Starke Worte – Atiq Rahimis aufrüttelnder Roman Stein der Geduld ».  Le livre de Rahimi semble être très bien accueilli par la critique littéraire allemande car nous trouvons aussi une critique très positive dans la Zeit sous le titre « Afghanistan unser aller Krieg ».  Revenons à la Rheinpfalz et son supplément – sûrement plus lue que la partie littéraire de la Zeit (au moins dans le Palatinat)- donc pour les « Bücher des Herbstes » en deux jours on semblait ne pas être capable d’écrire un mot sur le prix Nobel de littérature 2009. Etrange ? Peut -être la rédaction de la Rheinpfalz n’a-t-elle  tout simplement pas pu trouver de livres de Herta Müller, car actuellement il n’y en a  plus sur le marché du livre allemand.

Et quels livres sont donc recommandés par la rédaction de  la Rheinpfalz aux lecteurs du Palatinat ? Voici un petit listing des deux premières pages du « Bücher des Herbstes » de la Rheinpfalz.

Page 1 :

Kaluza, Stephan: Die (unsichtbare) Mauer. Dumont Verlag (Bildband)

Roberto, Bolano : « 2666 »; Roman aus dem Spanischen von Christian Hansen. Hanser Verlag München

David Foster Wallace:“Unendlicher Spaß“. Roman aus dem amerikanischen Englisch von Ulrich Blumenbach, Verlag Kiepenheuer & Witsch, Köln

Page 2:

Atiq Rahimi: „Stein der Geduld“. Roman aus dem Französischen von Liz Künzli. Ullstein, Berlin.

Petra Giloy-Hirtz und Ira Stehmann: „New York sleeps“. Prestel Verlag München.

Till Brigleb: „Die diskrete Scham“. Suhrkamp Frankfurt am Main.

Leonard Cohen: „Das Lieblingsspiel“; aus dem Englischen von Gregor Hens, Blumenbaar Verlag München.

Nick Cave: „Der Tod des Bunny Munro“;  aus dem Englischen von Stefanie Jacobs, Kiepenheuer und Witsch, Köln.

Ce petit listing nous montre bien ce qu‘ on lit réellement dans les confins du palatinat. Décidément le prix Nobel de littérature 2009 Herta Müller n’est pas encore arrivé dans « la tiefste Provinz »( la profonde province du Palatinat) – et cela pourra durer, car en ce moment en Allemagne, il n‘ y  a plus de livres de Herta Müller – les stocks des libraires, des grossistes sont vides – un phénomène vraiment extrêmement rare en Allemagne.

Sources :

Die Rheinpfalz, Bücher der Herbstes, Samstag 10 Oktober 2009

Christophe Neff, Grünstadt le 10.10.2009

Le monde de l’édition & libraires allemands surpris par le Nobel pour Herta Müller

Le prix  Nobel de littérature 2009  pour Herta Müller à complètement déboussole le monde de l‘ édition et des librairies allemandes. Les livres de Herta Müller sont devenus introuvables, même sur amazon.  Pour ce monde des lettres allemand, la décision du comité du Nobel était apparemment une vraie surprise.  Ceci à tel point que mes derniers billets allemands,  Le Nobel à Herta Müller ? Der Literaturnobelpreis für Herta Müller ? du 7.09.2009 -basé principalement sur le Nobel  à  Müller ? de la république des livres – et « der Nobelpreis geht an Herta Müller » ont  reçu une attention particulière – un veritable pic de lecteurs. Jamais depuis son existence le blog paysagen‘ a reçu autant de visites. Dans ces circonstances, on aimerait faire parvenir le message aux commentateurs de  Le Nobel de littérature à Müller, Orthofer et Ladbrokes dans la république des livres. L‘ Allemagne fut totalement surprise par le prix Nobel pour Müller, à tel point que les livres de Herta Müller sont devenus introuvables, aussi bien chez mon libraire, la librairie Frank à Grünstadt (Buchhandlung Frank ) que dans les librairies des grandes villes comme Mannheim, ou Stuttgart – et même comme je l‘ ai écrit déjà plus haut, également  chez amazon. Et les rééditions, sauf pour la « Atemschaukel », vont apparemment prendre du temps, on parle de semaines, de mois etc.

Tous ces gens qui maintenant se jettent  sur les livres de Herta Müller, – le mercredi 7.10.2009 ne connaissaient pas du tout la romancière Herta Müller, n’avaient jamais entendu parler d’elle. Et le grand guru des lettres allemands Marcel Reich – Ranicki semblait être tellement surpris  qu’il ne  voulait pas donner de commentaire « Nicht äußern zur Ehrung wollte sich übrigens Marcel Reich-Ranicki: „Ich will nicht über die Herta Müller reden.“ Dass Philip Roth den Preis wieder nicht bekommen hat, kommentierte der Literaturkritiker trocken: „Ich habe es seit vielen Jahren erlebt, dass er jedes Jahr den Preis nicht bekommt. Und ich habe damit gerechnet, dass diesmal eine Frau ihn bekommen wird.“  sur Herta Müller.

Et voici la traduction française

(traduction faite par E. Neff):

« Je ne veux pas parler de Herta Müller. »et Ranicki commente sèchement le fait que Philipp Roth n’ait encore pas, cette année, reçu  le Prix : « Je vis de nombreuses années où il ne reçoit toujours pas le Prix. Et cette année, je calculais que cette fois, ce serait une femme qui serait récompensée. »

Et pour finir, je viens de mettre the Literary Saloon dans mon blogroll.

Christophe Neff, Grünstadt le 10.10.2009

Der Literaturnobelpreis 2009 geht an Herta Müller

Es ist wirklich kaum zu fassen aber Pierre Assouline hatte einen guten Riecher, – und irgendwie habe ich mich darauf verlassen und mein gestriges Posting ja entsprechend  verfasst „Le Nobel à Herta Müller ? Der Literaturnobelpreis für Herta Müller ?“ – und weiterhin noch eine französische Wikipediaseite über Herta Müller verfasst. Eine schönes Zeichen für die deutschsprachige Literatur. Eine Auszeichnung über die man sich in Deutschland und Rumänien freuen kann !

Christophe Neff, Grünstadt le 8.10.2009

P.S. (1.): und hier gehts zur offiziellen Bekanntgabe des Literaturnobelpreis 2009 .

P.S. (2): Weiterhin noch ein interessanter und lesenswerter Kommentar „Hoffnung für ein neues Mitteleuropa “ aus dem Spiegelonline zur Preisverleihung an Herta Müller.

Le Nobel à Herta Müller ? Der Literaturnobelpreis für Herta Müller ?

Soweit man der Bücherrepublik von Pierre Assouline glauben mag, – „le Nobel  à Müller“ – hat Herta Müller wohl berichtigte Chancen den Nobelpreis für Literatur 2009 zu bekommen. Wobei sich die république des livres weitgehend auf den „the Literay Saloon“ und „Ladbroke “ bezieht.  Die Zeit hat heute nachmittag eine ähnliche Meldung abgesetzt.

Wie dem auch sei, – solchen Prognosen misstraue ich eigentlich immer, – wer hätte den letztes Jahr mit Jean-Marie Gustave Le Clézio gerechnet. Wobei für die deutschsprachige Literaturszene ein Nobelpreis für Herta Müller bestimmt eine Wohltat wäre. Da ich noch nie ein Buch von Herta Müller gelesen habe, wäre es wohl mal an der Zeit auch ein Buch von Herta Müller in die Hand zu nehmen und zu lesen. Vielleicht sollte ich es mit der „Atemschaukel“ versuchen.  Soweit man der Kritik von Michael Naumann glauben soll ist die Atemschaukel ein durchaus lesenswertes Buch  – es scheint Naumann regelrecht den Atem verschlagen haben.  Er schreibt „Wer die Bücher dieser Autorin liest, entdeckt etwas Altmodisches in der zeitgenössischen deutschsprachigen Literatur: Es gibt immer noch eine Dichtung, genauer, es gibt immer noch eine Form dichterischer Empörung, der es um so große Dinge wie Recht und Gerechtigkeit, um die Gefährdung von Menschenwürde und Freiheit geht. Herta Müller beherrscht diese Form. Sie stammt aus einem Land, aus dem diktatorischen Rumänien, das jene Tugenden mit Füßen trat, und sie kam in einem Land an, das mit dieser Katastrophe viel mehr zu tun hatte, als wir zu wissen glauben. Atemschaukel hat diesem Kritiker den Atem verschlagen.

Bei Iris Radisch dagegen wird das Buch regelrecht zerlegt. Radisch schreibt u.a. „Gulag-Romane lassen sich nicht aus zweiter Hand schreiben. Herta Müllers Buch ist parfümiert und kulissenhaft„.

Irgendwann, völlig unabhängig ob Herta Müller nun den „Nobelpreis“ für ihr literarisches Werk erhält oder nicht, irgendwann werde ich ein Buch von Müller in die Hand nehmen. Die Frage ist nur werde ich die nötige Zeit für die Lektüre finden. Werde ich den nötigen Platz in meinem Bücherregalen für ein paar Herta Müller Bücher finden ?

Hier könnte ein Kindle Abhilfe leisten, für den deutschsprachigen Büchermarkt ist der wohl ab Mitte Oktober (Termin der  Buchmesse)  zu haben, nur gibt es laut Spiegelonline Amzons E-Book Reader:  UMTS Kindle geht gratis ins Büchernetz „ noch gar keine deutschsprachigen Bücher für Kindle, nur die FAZ ist bisweilen auf deutsch lesbar. Ob es in Frankreich besser aussieht, das ist aus dem entsprechenden Le Monde Artikel „le lecteur de livres numérique d‘amazon disponible à la mi octobre “  auch nicht richtig ersichtlichDer elektronischer Reader, sei er nun von Amazon oder von Sony, erscheint zumindest für von Raumproblemen und fehlenden Regalmetern geplagten Lesern, und zu diesem „Leserstamm“ gehöre ich leider,  als eine ins Auge zu fassende Option, denn jeder Bücherkauf ist ja immer mit der lästigen Frage verbunden, – wohin nur mit dem erworbenen Buch ?

Jetzt aber gilt es erst mal abzuwarten, wer morgen tatsächlich den Nobelpreis für Literatur zuerkannt bekommt !

Christophe Neff, Grünstadt 7.10.2009

Qui pleure les morts de Conakry ?

Qui pleure les morts de Conakry   , qui pense à cette Guinée maudite ?

Apparemment pas grand monde, si je compare cela à la mobilisation mondiale lors des événements de la vague verte en Iran récemment. Naturellement l’édito du Monde Guinée maudite ? -ou l’analyse écœurée de Tierno Monénembo « La Guinée, cinquante ans d’indépendance et d’enfer » dans le Monde. Mais à part cela ? A part cela , l’opinion mondiale a depuis longtemps enterré la Guinée, comme une grande  partie de l’Afrique noire.

« Pourquoi l’Afrique meurt …

C’est désormais la seule question qui reste, l’unique qui importe, vitale pour les Africains, fondamentale pour les autres, du moins ceux  qui cherchent encore et toujours à comprendre ce continent, « Ubuland » sans frontières, terres   de massacres et de famines, mouroir des  espoirs  (Smith 2003)»

Ainsi commence l’introduction au livre « Nécrologie – pourquoi l’Afrique meurt » de Stephen Smith . Le livre date de 2003,  et depuis, j‘ ai  l’impression que les choses ont plutôt empiré. Quand j’ai des cours à donner sur l’Afrique noire , il m’est de plus en plus difficile de donner des exemples positifs pour le développement en Afrique noire, je cite donc le Sénégal, le Mali, le Botswana, pour le Benin j’hésite et pour le reste, je préfère ne rien dire. Non, depuis la sortie du livre de Smith les choses en Afrique noire  ont plutôt empiré, en plus l’influence chinoise devient de plus en plus pesante. Mais même cela, à part quelques spécialistes, n’intéresse guère grand ‘monde.  Est-ce que le livre «  la Chinafrique »( Michel & Beuret 2008) a vraiment entamé une discussion approfondie sur le sujet ?

« « Ubuland » sans frontières, terres   de massacres et de famines, mouroir de espoirs (Smith 2003)» cette phrase est encore pleine  d’actualité, vu les évènements à Conakry, vu les évènements quelque part dans la région des grand lacs dont personne ne parle. Dans ce contexte j’aimerais signaler la sortie du livre « Afrika wird armregiert » – livre de Volker Seitz , – ex- ambassadeur allemand au Cameroun – un livre qui mériterait d’être traduit en français – car se penchant beaucoup sur l’Afrique francophone – livre qui  ne se situe pas si loin de l’analyse de Smith datant de 2003.

En ce qui concerne les morts de Conakry , – il me reste pas grand-chose à dire – espérons  que le cri d’angoisse de Tierno Monéne soit réellement entendu et trouve son écho !

Malheureusement je ne me faits plus d’illusions.

Ce qui m’intéresserait beaucoup c’est l’avis de Stephen Smith,  qui en ce moment est visiting Professor  à la Duke University (Durham, North Carolina). Depuis qu’il a abandonné le Monde, on n’entend plus grand-chose de sa part. Personnellement, je le considère comme un  des rares spécialistes internationaux de l’Afrique francophone.  Est-ce que depuis « l’Afrique meurt » en 2003 les choses ont plutôt empiré comme je le pense (et je le transmets dans mes cours) – ou est ce que il y a quelque part une lueur d’espoir lointaine à découvrir ?

Sources & livres citées :

Michel, S., Beuret, M. (2008) : La Chinafrique : Pékin à la conquête du continent noir. Paris,  (Grasset), ISBN 978-2-246-73621-9

Seitz, V. : Afrika wird armregiert – oder Wie man Afrika wirklich helfen kann.  Mit einem Vorwort von Rupert Neudeck.  München, (DTV Premium), ISBN 978-3-423-24735-1.

Smith, S. (2003): Négrologie – pourqoui l‘ Afrique meurt.  Paris, (Calmann-lévy), ISBN 2-70721-3334-7

Christophe Neff, Grünstadt le 3.10.2009

P.S. (5.10.2009 21 :05) : Des compléments d‘ info sur les massacres du 28.9.2009 à Conakry se trouvent  ici sur le blog Veilleur de Jour, le blog de Eric Azan.

Les notes en bas de pages

Le weekend arrive, après une semaine pleine de bouleversement politique en Allemagne, on retient le souffle et on prend le temps de lire les derniers billets de la république des livres. Le dernier billet « Comment écrire l’Histoire désormais ? » est particulièrement intéressant, même chose pour « Editeurs, rendez-nous les index ! ».  Là, c’est surtout mon avis de chercheur qui résonne.

Une chose importante  à ajouter à la discussion sur les fameuses notes en  bas de page  dans Comment écrire l’Histoire désormais ?  Les éditeurs les aiment de moins en moins, – pas seulement en histoire ou en sciences humaines , les revues scientifiques deviennent de plus en plus réticentes  envers les notes de bas de pages, pour citer un exemple: la fameuse Erdkunde ,qui fut jadis la revue scientifique phare de la géographie et l’écologie allemande du paysage (et qui à une autre époque acceptait aussi des manuscrits en langue française) ne les aime pas trop «Footnotes should be avoided wherever possible. Where essential they must be designated in the text by superscript Arabic numerals in continuous sequence[1]. Et malheureusement la Erdkunde n’est pas le seul exemple, il y a même déjà des revues où les « notes en bas de pages » ne sont tout simplement plus acceptées !

La tendance des éditeurs à vouloir éliminer les „footnotes“ dans les revues scientifiques est un fait encore beaucoup plus grave que celles décrites dans le dernier billet de Pierre Assouline . Et dans un blog, ça marche[2]  les « footnotes » oder die « Fußnoten » comme on dit en allemand ? Ces maudits « Fußnoten » qui nous empoisonnaient la vie dans notre quotidien d’étudiants, dans l‘ ère d’avant P.C. – où nous passions des heures, assis devant nos machines à écrire avec ciseaux, papier et tippex – pour coller et recoller les « Fußnoten, den Fußnotenapparat » . C‘ était encore le paléolithique des traitements de textes, – il y a  juste une vingtaine d‘ années. Il y avait encore le mur – die Mauer – ,l’Allemagne était encore divisée en deux états ,et les « Seminararbeiten » les fameux  mémoires de séminaires – étaient encore écrits à la machine à écrire.

Le 9 novembre  1989 mur de Berlin tomba, et Word pour Dos arriva  et enfin , même si la mise en page avec Word pour DOS était encore une science pour soi ,la manipulation des « Fußnoten » devint une chose « faisable ». Aujourd’hui‘ hui avec les traitements de texte actuels, la manipulation des « notes en bas de pages » est devenue vraiment une chose facile : dommage que la « Fußnote » ait tendance à disparaitre.

Christophe Neff, Grünstadt le 2.10.2009

P.S : Apparemment les « Fußnoten » ca ne marche pas très bien dans un blog !

Fußnoten-Footnotes-Notes en bas de pages


[1] Voire Authors instruction de la Erdkunde[2] À voir ?

Un petit détail historique erroné dans le livre « je vous promets de revenir » (Dominique Missika)

Est -il important pour une historienne de connaître les détails historiques ?

Je viens de lire le livre « Je vous promets de revenir » de Dominique Missika – livre qui traite l’histoire d’amour qui liait Léon Blum à Jeanne Reichenbach entre 1940 et 1950. Dans la république des livres nous trouvons sous le titre « Quand Léon Blum était un otage de marque » une très belle critique du livre à la quelle je renvoie. Presque rien à rajouter – sauf un petit détail. En page 248 du livre de Missika nous lisons :« Acculée, l’Allemagne hitlérienne l’est. L’armée rouge a atteint la Vistule le 28 juillet, le ghetto de Varsovie s’est soulevé le 1er août, l’armée de Lattre a débarqué en Provence le 15 août 1944, Paris a été libéré le 26 août, les Alliés avancent vers la frontière allemande. » Non, Madame Missika vous vous trompez, en fait beaucoup de gens confondent les événements ,mais je pense qu’une historienne ne devrait pas se tromper dans ces « petits détails » – de l’histoire – le Soulèvement du ghetto de Varsovie eut lieu du 19 avril 1943 au 16 mai 1943 ,soulèvement dirigé par Mordechaj Anielewicz et Marek Edelman (comme par hasard, nous trouvons aujourd’hui/hier une interview avec Marek Edelman dans la Zeit ). Marek Edelmann, dernier commandant du Soulèvement du ghetto de Varsovie, participa aussi après à l’insurrection de Varsovie qui dura du 1er août au 2 octobre 1944. Un petit détail d‘ histoire polonaise et européenne que beaucoup de gens malheureusement confondent ; dans un essai de Pawel Machcewicz « Die andere Erinnerung an 1939 » nous lisons que le président allemand Roman Herzog fit la même erreur que Missika en 1994. Une petite erreur qui nous montre à quel point l’oubli a déjà commencé à nous brouiller la mémoire. Le 1er septembre 1939 – il y a juste 70 ans – l’Allemagne nazie attaqua la Pologne – Marek Edelman dans l’interview du Zeit citée en haut se souvient.

Revenons sur le livre de Dominique Missika « je vous promets de revenir » – un livre dont je recommanderai à 100% la lecture, – si il y avait une réédition on pourrait suggérer à l’auteure de corriger les petit détails sur l‘ insurrection de Varsovie. Et en fin de compte – pourquoi ne pas traduire le livre en allemand ? Toute cette histoire d’amour ,qui lia Léon Blum et Jeanne Reichenbach est étrangement liée à l’histoire allemande.

Sources:

Missika, D. (2009): Je vous promets de revenir – 1940- 1945, le dernier combat de Léon Blum. Paris, Robert Laffont, ISBN 978-2-221-10945-8.

Christophe Neff, Grünstadt le 28.8.2009

Réflexion de géographie linguistique: le reportage du « Schweizer Fernsehen » sur le tournage du film « der große Kater » à Interlaken

img_0005der-grose-kater.1250514611.jpgEn préparant ma dernière note « La disparition annoncée de l’éditeur zurichois « Ammann », – et en rédigeant un article sur Thomas Hürlimann pour Wikipedia.fr : en fait, je trouvais que cet auteur suisse manquait cruellement sur wikipedia.fr, je découvris sur le site personnel de Thomas Hürlimann (ce site est aussi hébergé par la maison d’éditioné Amman) , un reportage de la télévision suisse (Schweizer Fernsehen) sur le tournage du film « der große Kater » avec Bruno Ganz, qui est l‘ adaptation cinématographique du roman éponyme de Thomas Hürlimann. En regardant le document, je me demandais qui, en Suisse romande, peut comprendre cette documentation en « Schwyzerdütsch » ?

A mon avis ; en Allemagne, à peu près les 2/3 de la population serait incapable de comprendre la totalité du document télévisé. Le Schwyzerdytsch deviendrait -il une langue germanique à part entière comme le Hollandais ?

En fait, de plus en plus d’interviews de personnalités suisses pour les chaînes allemandes sont sous-titrées en « Hochdeutsch » , car incompréhensibles pour une grande partie des téléspectateurs allemands. Personnellement je n’ai aucun problème avec le Schwyzerdütsch – car Schramberg où j’ai grandi se trouvait à cinq kilomètres de la frontière linguistique qui se situait dans ma jeunesse à Tennenbronn en Forêt Noire qui separait le souabe et l’alémanique. A Tennenbronn, on ne parlait plus le schwäbisch (le souabe) mais l’alemannisch (L’allemand alémanique) , Tennenbronn était d’un point vue linguistique beaucoup plus proche de Bâle ou de Schaffhouse que de Schramberg ou de Stuttgart ou de Tübingen. Ceci dit ,c’était la situation des années 1970, j’ignore la situation actuelle. (Une carte de la situation de 1950 se trouve ici) . Mais comme le Schwyzerdütsch dérive de plus en plus de dialecte en langue autonome , je me demande pourquoi le Kommissär Hunkeler (Hansjörg Schneider ), der große Kater, Mademoiselle Stark, Max Meier & Marie Katz (tous des figures littéraires de Hürlimann), Melnitz, Chanele Mir, Jean Meijer, Arthur Chajim Meijer (tous des figures littéraires de Charles Lewinsky tiré du roman Melnitz) parlent-ils tous Hochdeutsch, parfois même du Hochdeutsch parsemé de mots français.

Il s’agit , précisons-bien, de productions littéraires récentes, la plus ancienne, le roman « der große Kater » a à peine plus de 12 ans. Y aurait-il une discordance entre réalité linguistique et production littéraire en suisse alémanique ?

Non, diront les experts, il s’agit seulement d’une forte diglossie en Suisse alémanique entre le Schriftdeutsch et le Schwyzerdeutsch. Mais n’étant pas expert, mais seulement simple observateur, je me demande où cela va finir !

Notons qu’à part les figures issues du roman Melnitz de Charles Lewinsky (qui existe en traduction française – la traduction française a reçu le Prix Litteraire Lipp Suisse 2009 ) – toutes les autres font partie du monde littéraire des éditons Ammann, maison d‘ édition zurichoise, qui vient d‘ annoncer sa « disparition » pour l‘ hiver 2010 – voir mon dernier billet – ou le billet Edition : chronique d’une mort annoncée de la république des livres. Notons aussi, que j’ai beaucoup de mal à suivre la discussion suivant le billet de Pierre Assouline sur la disparition de la maison d’édition Ammann. Dans certaines des contributions il m’est vraiment difficile de cerner le message, même de voir le rapport avec le billet original qui traite de la « disparition annoncée de la maison Ammann ». Peut être les contributeurs de commentaires aimeraient- ils seulement laisser des traces sur un des blogs les plus lus en France ?

Revenons sur la compréhension du Schwyzerdütsch – les Suisses romands avec ce qu’ils apprennent comme allemand à l’école sont-ils vraiment capables de comprendre leurs compatriotes de Suisse alémanique , comment font- ils si une grande partie des allemands ne comprennent plus le « Schwyzerdütsch ». Qui en suisse romande, qui en Allemagne peut encore l comprendre un reportage comme celui-ci, « Kurzreportage des Schweizer Fernsehens über die Dreharbeiten zum Film der große Kater » ? Naturellement le SF, das Schweizer Fernsehen, s’adresse seulement au public de suisse alémanique. Mais ceci n’interdit pas des questions sur l’avenir de la langue allemande , car si cela continue ainsi, le jour viendra où peut -être les habitants du Oberwallis et du Schleswig-Holstein ne pourront plus que communiquer en utilisant l’anglais ?

Que ceci ne relève pas de la fiction lointaine – nous montre Spiegel-online « Bloß nicht nach Niederbayern » les écoliers dans le District de Basse-Bavière (Niederbayern) ne peuvent plus communiquer avec leurs enseignants car les « maitres » ne comprennent plus leurs élèves parlant un allemand très dialectal ou tout simplement un bavarois tout cru !

Christophe Neff, Grünstadt le 15.8.2009