Souvenir du Samedi 14.11.2015 – visite de la Bibliothèque française de Spire

Le matin du samedi 14.11.2015 j’ai pris ma petite Peugeot blanche pour enfin me rendre à la Bibliothèque française de Spire. Il y a quelques années, au tout début de mon aventure comme bloggeur sur le monde.fr[1], j’ai reçu un email d’ Agnès Wittner la fondatrice de cette bibliothèque[2] et quelques années plus tard je suis devenu membre de l’association Französische Bibliothek Speyer e. V. sans avoir jamais mis les pieds dans ladite bibliothèque. Mais l’idée courageuse de vouloir créer un espace francophone dans une Allemagne où le français se voit de plus en plus rétrogradé comme langue étrangère – et en plus une bibliothèque où le livre et la lecture se livrent aussi une bataille de retraite – cette idée m’avait beaucoup séduit. Depuis un moment la Bibliothèque ouvre ses portes les samedis, – et début novembre je me suis dit qu’il faudrait bien un jour visiter la Bibliothèque française à Speyer – en plus mon épouse aimerait bien que j’achète un peu moins de livres : la place pour ranger les livres manque de plus en plus, j’avais donc décidé au milieu de la semaine de me rendre à Speyer le samedi 14.11.2015 pour enfin visiter cette bibliothèque.

Mais le matin du Samedi 14.11.2015, le lendemain de l’attaque terroriste de la soirée du vendredi 13 novembre 2015 – véritable déclaration de guerre L’État islamique à la France et au monde libre – j’avais passé une bonne partie de la nuit à écouter France Info et à suivre les évènements tragiques à Paris – j’avais simplement éprouvé le besoin de me plonger dans un monde francophone, – d’échanger quelques mots en français, cette langue française qui fut pour moi à la différence de ma fratrie langue maternelle. Concernant l’attaque terroriste du 13.11.2015 je n’ai pas été trop surpris – je m’attendais même à voir surgir une telle attaque en France, à Paris. En fait il y a maintenant plus de 22 ans, je préparais mes épreuves finales universitaires et un des thèmes que je préparais était l’épreuve « der islamische Fundamentalismus als Bedrohung für die westlichen Demokratien (le fondamentalisme islamique comme menace pour les démocraties occidentales) chez le Professeur Wildenmann[3] . Depuis j’ai lu d’une part par nécessité professionnelle, mais aussi par intérêt personnel[4] car je considère tous les intégrismes religieux comme menace pour les démocraties – une grande partie de la littérature scientifique traitant le sujet du fondamentalisme islamique. Concernant l’Etat islamique – je pense qu’outre qu’il est une menace pour nos démocraties occidentales, une menace d’ailleurs trop longtemps sous-estimée , l’Etat islamique[5] veut tout simplement faire anéantir la liberté. Dans ce contexte, il faut malheureusement s’attendre à des nouvelles attaques djihadistes de l’Etat islamique sur le sol français, à Paris, – car la France et la ville de Paris sont dans un certain sens considérées dans une très grande partie du monde comme les symboles de la liberté. Mais même si je n’étais pas surpris par l’attaque terroriste qu’a dû subir la France durant la soirée du 13.11.2015, j’en fus profondément ému et bouleversé.

En arrivant à la bibliothèque française de Spire, je fus donc très heureux de pouvoir me plonger dans un milieu francophone, – de retrouver ces livres que me sont si chers – et naturellement de parler français avec les deux dames de l’association Französische Bibliothek Speyer e. V. qui tenaient la permanence du samedi matin. De voir « Une rage d’enfant » – l’autobiographie de André Glucksmann dans l’étagère des livres à la une – ce livre que j’avais lu il y a quelque temps, qui est aussi une hymne pour la liberté , m’a en plus réchauffé un peu le cœur. Et dans un coin de fenêtre, quelle coïncidence je découvris l’album « Paris – vue du ciel ».

En partant, – de retour dans ma 208 blanche, je me disais qu’Agnès Wittner et son équipe devraient peut-être essayer d’ouvrir un deuxième samedi et peut être aussi combiner cela avec une sorte de « salon de thé  francophone » –   un lieu d’échange libre des francophones de la Metropol region Rhein – Neckar. Pas un conversationszirkel a l’allemande, durant mes études j’avais fréquenté deux ou trois fois de tels « conversationszirkel » français et italien à Mannheim   et j’ai trouvé cela assez lourd  et même pénible. Donc plutôt un « salon de thé francophone libre » où les francophones de Metropol region Rhein-Neckar peuvent s’échanger librement.

En roulant sur l’Autoroute envers le Haardtrand, j’ai aussi pensé qu’ une bibliothèque, c’est aussi un signe fort de la liberté –   car les obscurantistes (et cela depuis fort longtemps) – avant de s’attaquer directement aux hommes, brûlaient les livres –   d’ailleurs en Allemagne il n’y a pas si longtemps qu’on brûlait des livres – et de nos jours c’est à Mossoul et à Racca qu’on brûle des livres et qu’ on assassine la liberté.

Si j’avais visité la bibliothèque française de Spire un autre jour, j’aurais certainement écrit un autre billet,   vu les évènements dramatiques du 13.11.2015/14.11.2015 – j’ai simplement noté ce que je pensais durant cette petite visite. Mais en dehors de ces circonstance dramatiques des attentats de Paris du 13.11.2015,- j’aimerais aussi faire passer le message qu’Agnès Wittner et son équipe font un travail admirable pour la langue et la littérature françaises et pour la francophonie. Au moins en ce qui concerne l’Allemagne du Sud-Ouest (Südwestdeutschland) à ma connaissance il n’existe pas de bibliothèque française semblable. Dans ce contexte ce lieu de la francophonie et du livre me semble être déjà remarquable !

Christophe Neff, écrit le Dimanche 15.11.2015 à Grünstadt, publié le 16.11.2015

[1] Sur l’histoire de l’aventure de bloggeur sur le Monde.fr voir aussi « Six ans de Blog paysages sur le Monde.fr (31.05.2015) »

[2] La bibliothèque a été créée en 2001 par Agnès Wittner.

[3] Voir aussi le billet „Mannemer Dreck- traumhafte Zeiten – eine autobiographische Zeitreise mit Musikbegleitung nach Mannheim“.

[4] Voir aussi le billet «  F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin. »

[5] Les billets traitant l’Etat islamique dans paysages sont (liste incomplète) « Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert », «  Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien », « Blognotice 14.08.2014 : Le Film de Michel Reimon sur le pont aérien pour les Yazidis refugiés dans les Montagnes du Sinjar », « Blognotice 10.11.2014: Le miracle de Tunis – souvenirs des lumières du Fohrenbühl », « Rétrospectives sur le blog paysages en 2014 – les billets les plus lus de paysages en 2014 », « Dimanche 11 Janvier 2015 – Le drapeau tricolore qui flotte devant le Mannheimer Rosengarten en hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et du supermarché casher de la porte de Vincennes », «  Blognotice 06.09.2015: Petit commentaire sur « Les réfugiés d’aujourd’hui me rappellent mon père fuyant le nazisme » de Guy Sorman dans le Monde du Vendredi 4 septembre 2015. », « Commentaire sur « Le piège Daech – l’Etat islamique ou le retour de l’Histoire » de Pierre – Jean Luizard »,

Une reconnaissance et un encouragement pour le peuple tunisien: – le prix Nobel de la paix 2015 pour le Quartet du dialogue national tunisien

L’attribution du prix Nobel de la paix 2015 au Quartet du dialogue national tunisien est une reconnaissance pour les efforts de démocratisation et surtout un encouragement pour le peuple tunisien. Même si je suis assez souvent sceptique sur le mode d’attribution du Prix Nobel de la paix et de certains des lauréats de ce prix, – je pense que le Quartet du dialogue national entre dans la liste des personnalités ou organisations qui ont largement mérité ce prix – comme par exemple Martin Luther King (1964), Willy Brandt (1971), Andreï Sakharov (1975), Amnesty International (1977), Mikhaïl Gorbatchev (1990), Médecins sans frontières (1999), Liu Xiaobo (2010), Malala Yousafzai (2014), Kailash Satyarthi (2014) (cette petite liste de mes lauréats préférés du Prix Nobel de la paix débute en 1964, année de ma naissance – choix arbitraire et très personnel.). Je considère ce prix Nobel de la paix 2015 comme un soutien à un processus fragile – processus de démocratisation de la Tunisie qui débuta en hiver 2010/11 – et que je suis continuellement dans paysages depuis la blognotice du 4.1.2011 . Dans le billet les lumières du Fohrenbühl, – on trouve ce petit passage – « mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien » – et à la vue des évènements dans les autres sociétés arabes, je crois que ce que j’avais écrit en janvier 2011 n’a rien perdu de son actualité. Naturellement je sais très bien quels dangers et risques la société tunisienne a devant elle, – j’ai d’ailleurs à plusieurs reprises décrit ces dangers dans paysages – il faut trouver des réponses socio-économiques fortes pour les régions intérieures tunisiennes et leurs habitants qui sont à l’abandon – un défi difficile – car les solutions miracle n’existent pas[1]. Pour résoudre ce défi gigantesque la Tunisie aura besoin notre aide – comme l’écrivait Gero von Randow dans un article de la Zeit en Novembre 2014[2], – Gero von Randow que je considère d’ailleurs comme un des rares journalistes allemands qui possède une large compétence concernant la Tunisie – l’ Union européenne devrait ouvrir ses frontières pour les produits agricoles tunisiens et les services[3]. Personnellement j’irais encore beaucoup plus loin que Monsieur von Randow – je pense que l’Union européenne devrait aussi assouplir formalités d’entrée dans l’espace Schengen pour les Tunisiens.

Au niveau symbolique – on pourrait inciter les députes de l’Assemblée nationale, les députés francophones du Parlement européen, les députés francophones du Bundestag à passer un week-end, une petite semaine de vacances en Tunisie. Pour redémarrer, l’économie tunisienne aura besoin d’un secteur touristique fort – et des touristes européens qui visitent la Tunisie.

Au niveau personnel j’avais songé à y passer un week-end prolongé de vacances durant cet automne, – mais malheureusement pour des raisons personnelles ce voyage ne s’est pas fait. Dommage que ce voyage n’a pas pu se faire, –   j’avais déjà acheté le petit futé Tunisie 2015-16 – envisagé de prendre un hôtel à la Marsa,- pensé à revenir à la libraire mille feuilles en face de la gare TGM[4] de la Marsa plage comme je le faisais si souvent pendant mes années tunisiennes, voir des amis tunisiens dans les environs de Tunis, à Bizerte ….

Au niveau personnel, ne cesser de venir en Tunisie, – c’est peut -être une des rares choses que le citoyen lambda européen, qu’il soit français, allemand, italien etc. – puisse faire pour encourager le processus démocratique en Tunisie.

Pour finir ce petit billet sur l’attribution du prix Nobel de la paix 2015 au Quartet du dialogue national– oui je pense que cette attribution est une reconnaissance pour les efforts que la société tunisienne a engagés – et c’est un encouragement pour le difficile chemin que la Tunisie a encore devant elle.

Christophe Neff, billet écrit et publié à Grünstadt le 18 et 19.10.2015

P.S. : En écrivant ce petit billet très personnel sur l’attribution du prix Nobel de la paix 2015 au Quartet du dialogue national j’avais aussi une pensée pour Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010, qui croupit quelque part dans une prison chinoise, – quel peu oublié par l’opinion publique internationale.

[1] Voir par exemple les billets « Blognotice 10.11.2014: Le miracle de Tunis – souvenirs des lumières du Fohrenbühl » et « Commentaire sur les évènements de la journée du 14.09.2012 à Tunis. ».

[2] « Arabischer Frühling: Wahl der Wunder – Fast alle Länder des Arabischen Frühlings ertranken in Blut. Allein Tunesien blieb stabil. Wie ist das möglich? 11. Dezember 2014, 1:22 Uhr DIE ZEIT Nr. 49/2014, 27. November 2014“. »

[3] Citation exacte des propos de Gerow von Randow dans la Zeit du 11. Dezember 2014, 49/2014 « Wir können ihnen helfen, dass es so bleibt. Die EU sollte endlich ihren Binnenmarkt für tunesische Agrarprodukte und Dienstleistungen öffnen. Außerdem haben die Tunesier mehr als zwei Millionen libysche Flüchtlinge aufgenommen, untergebracht, verköstigt; von dieser Last sollten wir ihnen einiges abnehmen. Auch unsretwegen, übrigens: Wir mögen die Tunesier bewundern, aber dass sie auch uns schätzen, das müssen wir Europäer uns noch verdienen. »

[4] Voir aussi le billet « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir ».

Mercredi 14 Octobre 2015 6 heures 45 du matin – et la neige arriva à Grünstadt

Mercredi 14 Octobre 2015 6 heures 45 du matin – et la neige arriva à Grünstadt avec des grands flocons blancs. Avec une température avoisinant les deux dégrées, la neige tombée sur la ville de Grünstadt avait tendance à fondre assez vite, – mais les vignobles du Grünstadter Berg étaient pour quelques temps couvert d’un léger duvet blanc. Mais pas seulement à Grünstadt on découvrait ce matin, les premiers chutes de neige de l’hiver 2015-16, – une grande partie des « Mittelgebirge » se réveillait avec un temps d’hiver – le SPON nous présentait la nouvelle sous le titre « Erster Schnee: Da isser! (Premiers chutes de neiges : elles viennent d’arriver) ». En plaine la couverture de neiges a fondu durant la journée, mais sur les hauteurs de la Forêt Noire ce temps hivernal avec gel et chutes de neiges devrait au moins perdurer jusqu’au week-end prochain.

Pour finir ce petit billet de neige  –  je rappelle ici les dates des premiers chutes de neiges à Grünstadt depuis 2009,  – en 2012 la neige est arrivée à Grünstadt le 27.10.2012, en 2011 le 18.12.2011, en  2010 vers la fin novembre, et en 2009 dans la nuit du 12 au 13.decembre 2009. Le hiver 2013-2014 fut un hiver sans neige à Grünstadt, les premières neiges de l’hiver 2014-15 tomba le 2 décembre 2014.

Christophe Neff, le 15.10.2015

Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2015

Tomorrow, at 1.00 pm Stockholm time, the winner of this year Nobel Prize in Literature will be announced. As every year, paysages (see here: 1, 2, 3, 4 , 5, 6) tries to forecast the winner, or authors which seem to have good chances to get the Nobel Prize in Literature. Today and yesterday M.A. Orthofer has published a list of potential winners in the Literary Saloon. In this article Orthofer gives us also a little list of blogger speculations concerning the award for Nobel Prize in Literature. The Ladbrokes odds currently (07.10.2015 11:45) puts Svetlana Alexievich (3:1), as a potential winner for the price, followed by Haruki Murakami (6/1) and Ngũgĩ wa Thiong’o (6/1) on the third position. My personal favorite for this year Nobel Prize in Literature is Svetlana Alexievich, – followed by Ismail Kadare,  Adonis, Péter Nádas and perhaps Peter Handke and Maryse Condé. Also “nobélisable” even if their names are currently on no bedding list, – are Boualem Sansal and Hédi Kaddour. Some weeks ago Pierre Assouline in the republique des livres entitelt the critique of Hédi Kaddour last novel “Les Prépondérants“ “ Hédi Kaddour transporte sa montagne magique à Nahbès (Hedi Kaddour transports his magic mountain to Nahbès) “. Comparing a novel with the legendary Magic Mountain could be seen as promising sign – to see Hedi Kaddour under the potential “nobélisable” – perhaps not for 2015, but certainly in some years Kaddours books will get worldwide attention.

As I wrote it last year, if I would have to choose under these 8 writers, – I would choose Svetlana Alexievich, – in some hours we will know the happy winner of Nobel Prize in Literature 2015, and how precise the paysages forecast for the Nobel Prize in Literature 2015 has really been ….

Christophe Neff, le 07.10.2015

P.S.(08.10.2015 14:01): The Nobel Prize in Literature 2015 was awarded to Svetlana Alexievich.

Blognotice 30.09.2015: Vendanges dans la Unterhaardt, – les Brauds sont là / Weinlese an der Unterhaardt – die Brauds sind wieder da!

Braud -BS1, 27.09.2015 Grünstadt Sausenheim
Vendangeuse Braud dans les vignobles de la Unterhaardt, © Christophe Neff 27.09.2015

Les vendanges battent en plein dans les vignobles de la Unterhaardt, – et comme chaque année les « vendangeuses Braud » ces grands insectes bleus, qui furent jadis un fleuron de la technologie agricole française – broutent les paysages de vignes de la Unterhaardt. Mes premiers « Braud » je les ai aperçus vers le milieu des années 1970 à Aubord, – dans les vignobles des Costières entre Aubord, Générac, Beauvoisin, Vauvert et Gallician. De ce temps les vins de Costières faisaient encore partie des appellations VDQS et l’appellation s’appelait encore Costières du Gard[1], mon grand-père prenait régulièrement le volant de sa « DS » pour s’ approvisionner en rosé à la Cave pilote de Gallician sur l’autre côté de la Costière au bord du Canal, pas loin des rives de l’Etang de Scamandre. C’est ainsi en accompagnant mon grand-père dans sa « DS » traversant vignobles, maquis et bois de Pins Parasols que je découvris les paysages des Costières et de la Petite Camargue.

Chaque année, voir les « Braud[2] » vendanger les paysages de vignobles de l’Unterhaardt me rappelle mes premières rencontres avec ces grands insectes bleus dans les environs d’Aubord. Petit gamin j’étais assez impressionné par ces énormes machines, – et même de nos jours quand je voie ces insectes bleus brouter les vignobles de la Unterhaardt je trouve que ce sont encore des machines assez impressionnantes. D’un certain point de vue – les vendangeuses (il n’y pas seulement les Brauds qui sont présentes dans la Unterhaardt) sont devenues pendant la saison des vendanges un élément typique du paysage de la Unterhaardt.

In den Weinbergen der Unterhaardt ist die Weinlese im vollen Gange. Wie jedes Jahr, ziehen die Braud Traubenvollernter, diese großen blauen Insekten, die einst das Aushängeschild der französischen Landmaschinentechnologie waren, durch die Reblandschaften der Unterhaardt. Meine ersten Brauds habe ich Mitte der 1970 in Aubord, – in den Rebfläche der Costières zwischen Aubord, Générac, Beauvoisin, Vauvert und Gallician gesehen. Damals waren die Costièresweine[3] noch als VDQS Weine qualifiziert, – es auch die Zeit in der mein Großvater das Steuer seiner D.S. ergriff um sich in der Cave pilote de Gallician auf der anderen Seite der Costières am Rande des Canals nicht weit vom Etang de Scamandre mit „Rosé“ einzudecken. So entdeckte ich als Beifahrer in der großväterlichen DS die wie ein Schiff durch Rebflächen, Maquisgebüsche und Schirmpinienwälder pflügte die Landschaften der Costière und der Petite Camargue.

Und, nun fast vierzig Jahre später, – wenn ich die Braud[4] in voller in den Reblandschaften der Unterhaardt sehr, erinnert mich das an meine ersten Begegnungen mit diesen blauen Insekten in der Gegend um Aubord. Als ich noch ein kleiner Junge haben mich diese „riesigen Maschinen“ doch ziemlich beeindruckt – und auch wenn ich heut zu Tage diese großen blauen Insekten durch Weingärten der Unterhaardt ziehen sehen dann finde ich, dass es immer noch ziemlich beeindruckende Maschinen sind. In einem gewissen Sinne – sind die Traubenvollernter ( es gibt natürlich nicht nur Braud Traubenvollernter an der Unterhaardt, sondern auch Traubenvollernter anderer Landmaschinenhersteller) während der Weinlese zu einem prägenden Landschaftselement der Unterhaardt geworden.

Photo: © Christophe Neff 27.09.2015, Vendangeuse Braud dans les vignobles de la Unterhaardt, -près du lieu – dits Sausenheimer Höllenpfad à Grünstadt-Sausenheim / Braud Traubenvollernter in den Rebflächen der Unterhaardt, – (Lage Sausenheimer Höllenpfad) Grünstadt-Sausenheim.

Christophe Neff, le 30.09.2015

[1] Les Costières du Gard on intégré l’appellation AOC en 1986, en 1989 (pour des raisons de marketing) on changea le nom en Costières de Nîmes.

[2] En 1984 Braud passa sous contrôle de Fiat Agri, – mais les machines à vendanger sont encore (partiellement) commercialisées sous le nom de marque « Braud ».

[3] Die Costières du Gard wurden 1986 in die AOC Klassifikationsstufe erhoben, 1989 wurde der Name der Appelation aus Marketinggründen in Costières de Nimes umgewandelt.

[4] Seit 1984 ist Braud Bestandteil von Fiat Agri,- dennoch wird immer noch ein Teil der Traubenvollernter unter dem Namen Braud vertrieben.

Commentaire sur « Le piège Daech – l’Etat islamique ou le retour de l’Histoire » de Pierre – Jean Luizard

 

piège daech deckblatt (PJ Luizard) blog

J’ai découvert le livre « Le piège Daech – l’Etat islamique ou le retour de l’Histoire » de Pierre – Jean Luizard » dans un article du Monde intitulé « L’Etat islamique veut entraîner la France dans le piège du « choc des civilisations » signé Pierre-Jean Luizard[1], quelques jours après les attentats du 7 et 9 janvier 2015. L’article avait suscité mon intérêt, car l’auteur avait proposé une « contre-conférence de San Remo [2]» – ce qui relayait ma constatation formulée dans deux posts de blog[3] durant l’été 2014 que l’éclatement de l’architecture géopolitique des accords de Sykes-Picot embrasait une grande partie du moyen orient. En plus l’article annonçait la publication pour février 2015 d’un livre avec le titre fort prometteur « Le piège Daech – l’Etat islamique ou le retour de l’Histoire » ce qui avait éveillé ma curiosité. Finalement, après avoir acheté le livre en mai à la librairie « à livre ouvert » à Wissembourg – le livre était quasiment introuvable en Allemagne – même par amazon il était impossible de se le procurer – et enfin pendant mes petites vacances d’été passées sur les bords de la méditerranée fin août à Port Leucate j’ai trouvé le temps libre nécessaire pour me plonger dans ce livre de Pierre – Jean Luizard.

Comme depuis la publication du livre en printemps 2015 un bon nombre de critiques du livre ont été déjà publiées[4] – je ne présenterai ici que quelques idées personnelles (points faibles et forts) sur l’ouvrage. On trouvera une analyse très détaillée du livre écrite par Myriam Benraad et publiée sous le titre « le Piège Daech [5]» dans le Blog de la revue politique étrangère. D’ailleurs Myriam Benraad vient aussi de publier un livre intéressant sur une partie du sujet – « Irak, la revanche de l’histoire. De l’occupation étrangère à l’État islamique ».

Point faible :

Le livre comporte un point faible – le manque d’une orientation bibliographique. Même si l’ouvrage se comprend plutôt comme un essai historique grand public – j’estime que le livre aurait beaucoup gagné avec des repères bibliographiques. Pour trouver un aperçu bibliographique assez complet sur l’histoire contemporaine de l’Irak ou consultera le livre « Irak, la revanche de l’histoire. De l’occupation étrangère à l’État islamique [6]» récemment publié par Myriam Benraad. Pour la Syrie c’est déjà plus difficile, – je ne sais pas quel livre recommander.

Concernant la Syrie, je pense que les livres cités dans les orientations bibliographiques du nouveau livre de Jean – Pierre Filiu «  Les Arabes leur destin et le nôtre [7]» nous somme guidés vers « Infiltré dans l’enfer syrien » de Sofia Amara, en plus « la Syrie promise » de Hala Kodmani, « Carnets de Homs » de Jonathan Litell et « Syrie, la revolution orpheline » de Ziad Majed – mais j’admets que je ne connais pas ces quatre livres – pourrait peut-être se prêter à une lecture approfondie des évènements en Syrie.

A part ce manque d’orientations bibliographique – je n’ai trouvé aucun point faible dans le livre de Pierre Jean Luizard.

Points forts :

Pour commencer, et peut être bien que j’écris cela parce que je suis tellement désabusé par des écrits, des commentaires sur Internet, – comme par exemple – les américains sont responsables de tous les maux au Moyen-Orients (et du reste du monde) etc., – enfin un livre grand public qui nous dresse un grand tableau géo-historique qui débute avec la fin de l’empire ottoman et qui finit avec la naissance de l’état islamique –un livre où on n’accuse pas les Etats Unis (et Israël) d’être le seul responsable de tous les maux de la région.

Sur 178 pages l’auteur nous dresse un tableau complet de l’histoire de la région. C’est une histoire complexe, pleine de trahison, de violences sanglantes …. d’un cercle de violences qui ne semble pas vouloir finir. L’auteur a réussi l’exploit de de nous décrire le continuum historique depuis les Accords Sykes-Picot jusque la prise de Mossoul en juin 2014 par l’état islamique. Tous cela est accompagné d’une cartographie soignée, – et en fin de l’essai – car le livre se voit en essai historique – nous trouvons un tableau chronologique (Repères chronologiques pages 179- 183.) de 1914 à 2014.

Conclusions :

Un livre bien écrit qui réussit l’exploit de nous décrire l’histoire complexe de 100 ans d’histoire postcoloniale en Syrie et en Irak sur un peu plus de 170 pages. On aimerait bien prescrire la lecture de ce livre à tous les membres de l’assemblée nationale, à tous les parlementaires francophones du parlement européen, à tous les membres du Bundestag francophones. J’irai même plus loin en affirmant que ce livre devrait être traduit au moins en anglais – et pourquoi pas même en allemand – car ce livre mérite d’être lu, – et compris. Il devrait être surtout connu par les acteurs politiques en France, Angleterre, Allemagne, Etats Unis etc.

Comme j’avais déjà constaté durant l’été 2014 dans deux posts de blog la fin de structures géographiques au Moyen Orient se fondant sur les accords de Sykes-Picot[8] je me sens assez proche des conclusions politiques de Pierre – Jean Luizard, – je finis donc cet aperçu par les dernières phrases du livre de Pierre – Jean Luizard, dont je recommande la lecture à tous les lecteurs désirant connaitre le fond historiques des drames sanglants qui secouent actuellement la Syrie et l’Irak.

« Une longue période historique s’achève: on ne reviendra pas au Moyen-Orient que nous avons connu près d’un siècle. Une guerre lancée, sans perspectives politiques n’est-elle pas perdue d’avance ? C’est le piège que l’Etat islamique tend aux démocraties occidentales pour lesquelles il représente certainement un danger mortel. Les leçons de l’histoire doivent aussi servir à le combattre. (Luizard, P-J. 2015, p. 178)».

Ouvrages et sources cités :

Benraad, Myriam (2015): Irak, la revanche de l’histoire. De l’occupation étrangère à l’État islamique. Paris (Vendémaire). ISBN 978-2-36358-053-5

Filliu, Jean Pierre (2015): Les Arabes, leur destin et le nôtre. Histoire d’une libération. Paris, Éditions de la découverte. ISBN 978-2-7071-8861-4

Luizard, Pierre – Jean (2015): Le piège Daech. L’état islamique ou le retour de l‘Histoire. Paris, Éditions de la Découverte. ISBN 978-2-7071-8597-6

Christophe Neff, (Port Leucate Aout 2015 et Grünstadt Septembre 2015), 15.09.2015

[1] Pierre-Jean Luizard est considère comme un des rares spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Irak et de la Syrie.

[2] Citation exacte « Près d’un siècle plus tard, une contre-conférence de San Remo s’impose. Promettre la consultation des populations locales par voie référendaire et le respect de leur volonté dans la mesure du possible est la seule issue. C’est à ce prix qu’il sera possible de vaincre l’Etat islamique. Tout au moins en Irak et au Levant, car la liste des Etats auxquels les printemps arabes ont donné l’estocade finale est longue (Libye, Yémen) ».

[3] Voir: « Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert »   et « Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien ».

[4] Voir entre autre : «Louise Plun : « Pierre-Jean Luizard, Le piège Daech, L’Etat islamique ou le retour de l’Histoire dans Les clés du Moyen-Orient, 13.04.2014 », et l’Interview de Pierre – Jean Luizard dans Les clés du Moyen-Orient « Entretien avec Pierre-Jean Luizard – Des racines historiques à la faillite des Etats : comment l’Etat islamique (EI) est monté en puissance », Compte-rendu de lecture : Le piège Daech. L’État islamique ou le retour de l’histoire de l’IFRE, « Un livre de Pierre-Jean Luizard Le piège Daech – L’État islamique ou le retour de l’Histoire dans le Blog de Laurent Bloch », Sara Daniel dans Biblio Obs « Les deux coups de maître de Daech – L’historien Pierre-Jean Luizard montre comment l’Etat islamique a exploité les erreurs de l’Occident. » et le compte rendu de Jules Crétois dans le Monde diplomatique.

[5] Publié à l’origine dans la revue Politique étrangère 2015/2 (Été) sous le titre « Le piège Daech. L’État islamique ou le retour de l’Histoire ; Le retour des djihadistes. Aux racines de l’État islamique » –

[6] Le livre « Irak, la revanche de l’histoire » de Myriam Benraad (2015) comporte une bibliographie assez large de 7 pages (p. 279 – 285) et 332 notes (p. 259 – 272) et nombreuses cartes.

[7] On trouve un récit critique du livre écrit par Christophe Ayad dans le Monde du Samedi 5 Septembre (page 13 éclairages) sous le titre « De la Nahda aux révolutions arabes ».

[8] Voir: « Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert »   et « Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien »

Blognotice 06.09.2015: Petit commentaire sur « Les réfugiés d’aujourd’hui me rappellent mon père fuyant le nazisme » de Guy Sorman dans le Monde du Vendredi 4 septembre 2015.

En lisant le Monde il y quelques jours, je découvris la prise de position de Guy Sorman  « Les réfugiés d’aujourd’hui me rappellent mon père fuyant le nazisme »[1]. Même si je ne suis pas d’accord sur certains détails, comme par exemple l’expression « Barack Obama, ce munichois » – je pense que c’est une prise de position très remarquable – même si je pense que la situation en Syrie est un peu plus complexe que ne le laissent croire les mots de Monsieur Sorman. Le peuple syrien se trouve être coincé entre le marteau de Bachar Al-Assad et l’enclume de Daech et les autres groupuscules islamistes. Et même si « Latifa, Ali et Ahmed ne sont pas massacrés avec la même efficacité industrielle que le furent Samuel, Nathan et Rachel » j’aimerais bien rappeler que certains comportements de l’état islamique sont dignes des Einsatzgruppen du Reichsicherheithauptamtles Yazidis, les Chretiens d’Orient ont tout simplement été rayé de la carte dans les territoires tenus par ce soi – disant nouveau califat[2]. Concernant Bachar Al-Assad, il me paraît comme un mauvais cauchemar, – une ombre stalinienne – qui a survécu aux temps – et qui est prêt à toutes les atrocités pour se maintenir au pouvoir. Tant que nous ne sommes pas capables de trouver une solution pour le drame Syrien et la guerre civile en Irak – nous, les Européens, nous devrons au moins accueillir les naufragés des drames qui sévissent en Syrie et en Irak.

Donc sur le fond je suis assez près des arguments de Guy Sorman – même si je ne suis pas d’accord sur certains points clefs de son argumentation (Obama, Michel Rocard).

Monsieur Sorman, même si je ne suis pas d’accord avec vos thèses en général – je crois me souvenir que vous étiez un ardent supporter des Reaganomics, – je vous remercie pour cette position claire et nette[3] – en espérant que votre voix puisse aider à remuer la conscience publique en France.

Christophe Neff, le 06.09.2015

[1] Aussi publié dans le blog de Guy Sorman sous le titre « l’innommable ».

[2] Dans paysages, voir les articles « Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert », « Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien », « Blognotice 14.08.2014 : Le Film de Michel Reimon sur le pont aérien pour les Yazidis refugiés dans les Montagnes du Sinjar ».

[3] Dans le Monde daté DIMANCHE 6 – LUNDI 7 SEPTEMBRE 2015 dans la page « débats » nous trouvons sous le titre « Même si les indignations et les réactions se font plus nombreuses, la mobilisation pour l’accueil des migrants se heurte à la réticence, voire au rejet d’une partie des Français Réfugiés, une opinion indifférente ? » les prises de Benjamin Stora (Les ravages des idéologues du repli identitaire) et de Tété (Ces damnés de la Terre échoués en Méditerranée sont nos enfants ) – prises de positions qui mérite aussi une lecture approfondie.

Sommer 2015 – zur Waldbrandgefahrenlage in der Raumschaft Schramberg (17.08.2015)

In Schramberg hat es in wieder einmal einen Waldbrand gegeben – diesmal am Rappenfelsen im Norden der Talstadt Schramberg. Es war, nach dem Waldbrand am oberen Göttelbach[1], schon der zweite Waldbrand in diesem Sommer in Schramberg und wenn die trocken-warme Witterung anhält, könnte es in der Raumschaft Schramberg noch mehr Waldbrände geben.

Im Schwarzwälder Boten gab es einen Artikel zum Waldbrand am Rappenfelsen[2], in dem ich mit folgenden Worten zitiert werde: „“Ich halte Schramberg für eine der waldbrandgefährdesten Städte in ganz Baden-Württemberg, und zwar aus der Tatsache heraus, dass die Talstadt sozusagen vom Wald umschlossen ist ….. Annette Melvin und ihre Kameraden werden viel zu tun haben, wenn die trocken-warme Witterung so anhält„. Weiterhin findet man noch ein weiteres Zitat „“Waldbrände an unzugänglicheren Stellen erfordern schnelle, voll geländegängige spezielle Waldbrandlöschfahrzeuge“ Dem ganzen ist eigentlich nicht viel hinzufügen, außer dass die Problematik der speziellen Waldbrandlöschfahrzeugen nicht nur für die Raumschaft Schramberg gilt, – sondern für alle waldbrandgefährdeten Gebiete in Deutschland relevant ist. Darauf verweise ich in Presseinterviews, Blogbeiträgen, Vorträgen immer wieder –   zuletzt hier diesem Blogbeitrag „Blognotiz 19.07.2015: Hochsommerliche Temperaturen und Waldbrandrisiken in Südwestdeutschland“. Mindestens genauso wichtig wie das Vorhandensein von richtigen „Waldbrandlöschfahrzeugen[3]“ erscheint mir jedoch auch die Verfügbarkeit eines richtigen Waldwegenetzes – welches auch im Ernstfall für die Feuerwehr und sonstige Rettungs- und Einsatzkräfte befahrbar sein sollte. Meine Erfahrungen aus dem Schwarzwald sagen mir, dass das nicht immer der Fall ist.

Ein zentraler Punkt ist natürlich auch, dass bei größeren Waldbränden „Luftunterstützung“ bei der Waldbrandbekämpfung nötig ist,  – in Schramberg ist es dank dem professionellen Eingreifen der Schramberger Feuerwehr und ihrer Kommandantin Annette Melvin nicht dazu gekommen, dass der Waldbrand sich ausbreiten konnte.

Generell sind große Waldbrände vom Boden aus nicht mehr kontrollierbar und erfordern die Bekämpfung aus der Luft mit Löschflugzeugen wie z.B. in Frankreich, Schweiz oder Italien. Dass sollte natürlich geübt werden bzw. vorab die Koordination (Alarmierung, Meldewege, Einsatzleitung etc.) abgesprochen werden und vor allem müssen die entsprechenden Löschflugzeuge bzw. Hubschrauber auch vorhanden sein. Beim Waldbrand in der Lüneburger Heide vor genau dreißig Jahren lieh man sich zwei Canadair CL-215 beim französischen Zivilschutz aus. Sollte es in Deutschland wieder einen großen Waldbrand, wie damals in der Lüneburger Heide geben, wird man wohl das Nachfolgemodell die Canadair CL-415 bei den französischen Nachbarn ausborgen müssen – oder entsprechende zur Waldbrandbekämpfung ausgerüstete Hubschrauber in der Schweiz ausleihen müssen. Soweit die Klimaprognosen über eine Temperaturerhöhung in Mitteleuropa zutreffen, – wird man wohl auch damit rechnen können, dass es auch hierzulande zu einer Zunahme der Waldbrandaktivität kommt[4], und daher sollte man sich im Zuge der Daseinsvorsorge Gedanken darüber machen, inwiefern es ratsam wäre sich mit der Beschaffung von Löschflugzeugen vom Typ CL-415 zu befassen.

Wobei ich es schon erstaunlich finde, dass der große Waldbrand in der Lüneburger Heide[5], immerhin einer der größten Naturkatastrophen im Nachkriegsdeutschland – ich schrieb schon hier (und hier in Französisch) darüber – so komplett aus dem kollektiven Gedächtnis gefallen ist. Festhalten kann man auf jeden Fall, dass es auch ohne Klimawandel in Mitteleuropa zu großen, vor allem auch gefährlichen Waldbränden kommen kann, denn der Waldbrand in der Lüneburger Heide kostete 5 Feuerwehrmännern das Leben.

Abschließend ein paar Worte in Kürze zu dem im Artikel des Schwarzwälder Boten erwähnten „Californisationsprozessen“. Ich habe im vorherigen Blogbeitrag[6] das Thema, d.h. die californisation von Landschaften im feuerökologischen Sinne (californisation du paysage) relativ ausführlich behandelt. Daher an dieser Stelle nur zusammenfassend die wichtigsten Fakten: Californisation bedeutet die enge Verzahnung von Vegetationsdecke mit Siedlungseinheiten (Wohnbebauung, Bebauung allgemein, Infrastruktur). Waldbrandtechnisch heißt das die enge Verzahnung von Brandgut (frz. „masse combustible“, engl. „fuel load“[7]) mit der Wohnbebauung. In solch einer californisierten Landschaft kann es sehr schwierig werden Waldbrände effektiv zu kontrollieren und gleichzeitig die Wohnbebauung vor dem Feuer zu schützen. Zum ersten Mal hat man das Phänomen wohl in Südkalifornien rund um Los Angeles beobachtet – daher auch die Bezeichnung „Californisation“. Ich selbst habe die Begrifflichkeit nach dem großen Waldbrand von Collobrières 1990 in Südfrankreich, während der Arbeiten für meine Diplomarbeit[8] zum ersten Mal wahrgenommen[9]. Vor einigen Jahren schon habe ich den Californisationsprozessen rund um Schramberg einen französischsprachigen Blogbeitrag mit dem Titel „La Forêt progresse à Schramberg – et les risques d‘ incendies aussi“ gewidmet. Selbst wenn man nur wenig, oder sogar gar kein Französisch liest, – die Bilder in dem Beitrag sprechen eine eindeutige Sprache. Californisationsprozesse findet man naturgemäß vor allem in allen mediterranen Biomen, Regionen in den Vegetationsfeuer und Waldbrände im Sommerhalbjahr an der Tagesordnung sind. Aber man findet diese auch hier in Südwestdeutschland, – beispielsweise in den Randlagen des Pfälzer Waldes an der Unterhaardt, im Schwarzwald wie z.B. in der Raumschaft Schramberg, – und nicht nur in der Talstadt Schramberg. Die enge Verzahnung von Vegetationsdecke mit der Wohnbesiedlung findet sich bei genauer Betrachtung auch in vielen anderen Schwarzwaldgemeinden (Bilder dazu u.a hier in meinem letzten Blogbeitrag, dort findet sich z.b. ein rezentes Photo zur Californisation aus der Schwarzwaldgemeinde Lauterbach). Soweit es nicht zu Waldbrandereignissen in diesen Gegenden kommt, ist die Verzahnung eigentlich kein Problem. Dort wo Waldbrände quasi ausgeschlossen sind, eigentlich hervorragende Wohnlagen – wer wollte nicht in solch einer Lage mitten im Grünen wohnen?

Wenn es aber zu Waldbränden kommt, dann kann diese Verzahnung schnell zu gefährlichen Situationen führen. Die zwei kleinen Waldbrände, die diesen Sommer in Schramberg ausbrachen haben gezeigt, dass es sehr wohl auch im Schwarzwald zu Waldbränden kommen kann. In der Vergangenheit- und man sollte dies auch nicht vergessen – hat es auch im Schwarzwald verheerende Waldbrände gegeben, wie z.b. der große Brand von Baiersbronn – Schönmünzach der im Jahre 1800 einen Teil des Nordschwarzwaldes heimsuchte.

Quellen:

Fritsche, Johannes (2015): Waldbrand-Risiko ist in der Talstadt sehr hoch. In: Schwarzwälder Bote. 13.08.2015

Christophe Neff, le 17.08.2015

[1] Der erste Waldbrand fand am 16.07.2015 am oberen Göttelbach statt – dazu u.a. hier „Blognotiz 19.07.2015: Hochsommerliche Temperaturen und Waldbrandrisiken in Südwestdeutschland“ und „ Schramberg: Waldbrand löst Großeinsatz aus“, sowie „Stadt zählt zu den Risikogebieten“.

[2] Der Waldbrand am Rappenfelsen fand am Dienstag, den 11.8.2015 statt, hierzu u.a „Schramberg: Waldbrand am Rappenfelsen löst Großeinsatz aus“, sowie „Schramberg: Waldbrand am Rappenfelsen“.

[3] Ich hatte am 10.11.2010 bei der Kommandantentagung des Kreisfeuerwehrverband Rottweil einen Vortrag mit dem Titel „Waldbrände in Mitteleuropa – Bestandsaufnahme und Zukunftsszenarien Was kommt auf die Feuerwehren im Lkr. Rottweil zu?“ gehalten, – und dabei auch mit Vehemenz auf die Notwendigkeit von geeignenten Waldbrandlöschfahrzeuge hingeweisen. Die entsprechende Folie hatte den Titel „Camion citerne feux de forêts CCF – auch für den Lkr. Rottweil ?“. Das war ein öffentlicher Vortrag, – die Presse war auch anwesend, aber der Vortrag bzw. der Inhalt des Vortrages hinterließ wohl offensichtlich keinen Widerhall in den Medien.

[4] Dazu siehe u.a. « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité) ».

[5] Weitere Artikel, die sich mit dem Waldbrand in der Lüneburger Heide befassen sind : Dans paysages les notices suivantes parlent entre autre du Waldbrand de la Lüneburger Heide: « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité) », « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » ,« The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)» , « Blognotice 04.07.2015: Vague de chaleur, canicule et risques d’incendies en Europe centrale », « Blognotiz 19.07.2015: Hochsommerliche Temperaturen und Waldbrandrisiken in Südwestdeutschland », « Blognotice 10.08.2015: Cigognes, canicule et chant de cigales – vue sur l’été 2015 dans le « Oberrhein (Rhin Supérieur) ».

[6] Siehe « Blognotice 15.08.2015: Incendies de forêt à Schramberg en Forêt-Noire et processus de californisation du paysage ».

[7] Siehe u.a. in “Glossary of wildfire terms

[8] Die Ergebnisse meiner Diplomarbeit wurden zeitversetzt in dem Büchlein «  Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) : eine geographische Analyse. Mannheim 1995. ISBN: 3-923750-50-1“ veröffentlicht.

[9] Siehe « Blognotice 15.08.2015: Incendies de forêt à Schramberg en Forêt-Noire et processus de californisation du paysage ».

Blognotice 15.08.2015: Incendies de forêt à Schramberg en Forêt-Noire et processus de californisation du paysage

Vue sur la Talstadt Schramberg – 31.07.2015 – engrenage de l’habitat avec le couvert végétal, © Christophe Neff 2015

Et encore un feu de forêt à Schramberg en Forêt – Noire . Après avoir déjà subi un premier incendie de forêt le 16.7.2015 au lieu dit « oberer Göttelbach », c’est le bois du Rappenfelsen qui a pris feu le 11.8.2015. Décidément pour la commandante des pompiers de Schramberg, Annette Melvin, jusqu’à présent l’été 2015 fut déjà laborieux – et si le temps sec et chaud perdure en Forêt – Noire elle et ses camarades auront encore beaucoup de travail devant eux. Le journal régional – le Schwarzwälder Bote a d’ailleurs publié un article dans lequel on m‘a cité dans ce sens « Der Feuerökologe befürchtet: Annette Melvin und ihre Kameraden werden viel zu tun haben, wenn die trocken-warme Witterung so anhält» . Une très grande partie de l’Allemagne subit les conséquences d’un été sec et chaud[1] – certaines régions allemandes subissent une sècheresse comme on en n’a plus vue depuis 50 ans[2]. L’article du Schwarzwälder Bote m’a procuré plusieurs demandes per email & Facebook sur la signification de californisation – californisation du paysage.

En géographie, mais aussi dans les sciences traitant les feux de forêts (écologie du paysage, écologie du feu, sylviculture, génie rural etc.) le terme est utilisé pour désigner l’engrenage entre la végétation (forêts, maquis, garrigues, boisement) et l’habitat – qui rend particulièrement dangereux un incendie de forêts. Un incendie de forêts qui sévit dans un paysage « californisé » -est difficile à combattre – et il peut mettre en danger les habitations et provoquer des pertes de vies humaines.

Au-delà, en géographie humaine, par exemple le terme est utilisé pour désigner la « métropolisation » du paysage,- dans ce contexte on peut aussi parler de « californisation, soit de l’arc lémanique soit même de la totalité de la Suisse, pour décrire un mouvement de mitage, de diffusion du bâti sur le territoire, de non-création d’espaces publics voire de ségrégation des espaces résidentiels (Messer, M.A. 2014, p. 2) ».

Californisation à Lauterbach (Forêt Noire) 28.07.2015
Californisation à Lauterbach (Forêt Noire) 28.07.2015, © Christophe Neff 2015

Personnellement j’utilisé le terme pour désigner l’engrenage du combustible (masse combustible) du feu de forêt potentiel, donc l’engrenage du couvert végétal avec l’habitat. Dans ce sens la ville de Schramberg, comme beaucoup d’autres municipalités de Forêt – Noire (par exemple la commune de Lauterbach), mais aussi comme beaucoup d’autres communes dans le midi français se situe dans un paysage californisé.

Neff, C. , Baum, J. (2012) Californisation & Littoralisation in Mediterranean France, IGC Cologone 2012 SE 01-03 - Analysis of linked social-ecological systems 3, 26 – 30 August 2012  page 1
Neff, C. , Baum, J. (2012): Californisation & Littoralisation in Mediterranean France, IGC Cologone 2012 SE 01-03 – Analysis of linked social-ecological systems 3, 26 – 30 August 2012 page 1

Un incendie de forêt qui éclate dans un tel milieu « californisé » – comme on le voit dans le transparent (exemple de Treilles dans le département de l’Aude) que j’ai utilisé durant une conférence en 2012 (Neff&Baum 2012) traitant de la californisation & littoralisation de France méditerranéenne[3] – peut avoir des conséquences dramatiques. Notons qu’aux Etats – Uni dans ce contexte on parle plutôt d’Urban-Wilderness interface, Housing density patterns, Urban sprawl – le terme de californisation me semble plutôt être inconnu. Le terme est plutôt utilisé en géographie agraire pour désigner un type de paysage agraire avec une agriculture très intensive ressemblant à l’agriculture californienne (Grigg, D.B. (1974) p. 174).

Concernant la californisation à Schramberg,- j’avais déjà décrit dans paysages la situation dans la Raumschaft Schramberg dans le billet – « La Forêt progresse à Schramberg – et les risques d‘ incendies». Donc a priori rien de nouveau, – sauf que l’été 2015 a été particulièrement chaud et sec –ce qui a provoqué déjà deux départs de feu – et procuré beaucoup de travail à Annette Melvin et son équipe.

Pour finir – le terme de californisation dans ce contexte d’ analyse de risque d’incendie de forêts, – et les dangers que ces incendies peuvent induire pour l’environnement (et les hommes qui peuplent cet environnement[4]), je crois, si je me souviens bien, que c’est en 1990 après les discussions qui suivaient l’incendie de Collobrières dans le Var[5], que je l’ai aperçu ou entendu la première fois. Il me semble assez clair que le terme californisation prend comme référence cette image qu’on voit défiler devant nos écrans de télévision depuis des décennies – des belles villas dans un espace de boisement bien soigné – qui sont la proie d’un incendie de forêt devenu incontrôlable –quelque part en Californie assez souvent dans les Orange County, Riverside County, San Bernardino County, & Los Angeles County.

Littératures & sources citées :

Darques, R. (2013): Mythé et realité des « grands » incendies en Méditerranée. In : Darques, R., Sidiropoulos, G., Montiel-Molina, C. (2013) (EDS) :Les grands incendies de forêt en Méditerranée/ Great wildfires in the Mediterranean, 11-21. ISBN 978-2-85399-934-2

Fritsche, Johannes (2015): Waldbrand-Risiko ist in der Talstadt sehr hoch. In: Schwarzwälder Bote. 13.08.2015

Grigg, D.B. (1974): The Agricultural Systems of the World. An Evolutionary Approach. Cambrige, p. 129

Messer, M.A. (2014) : Peut-on encore parler d’urbanisation de la Suisse ? In : 20e Biennale de géographie d’Avignon – Géopoint 2014 – « Controverses et géographies » – 12 et 13 juin 2014. (download/chargeable ici)

Neff, C. : (1995) : Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) : eine geographische Analyse. Mannheim. ISBN: 3-923750-50-1

Neff, C. , Baum, J. (2012): Californisation & Littoralisation in Mediterranean France, IGC Cologone 2012 SE 01-03 – Analysis of linked social-ecological systems 3, 26 – 30 August 2012, Conférence/présentation publique (non publiée).

Photos :Vue sur la Talstadt Schramberg – engrenage de l’habitat avec le couvert végétal, © Christophe Neff 31.07.2015;  Californisation à Lauterbach (Forêt Noire), © Christophe Neff 28.07.2015, Premiere page de la conference/présentation: Neff, C. , Baum, J. (2012): Californisation & Littoralisation in Mediterranean France, IGC Cologone 2012 SE 01-03 – Analysis of linked social-ecological systems 3, 26 – 30 August 2012, Conférence/présentation publique (non publiée).

Christophe Neff, le 15.08.2015

[1] Situation semblable en France, voir entre autre le billet « Blognotice 10.08.2015: Cigognes, canicule et chant de cigales – vue sur l’été 2015 dans le « Oberrhein (Rhin Supérieur) »

[2] Voir „Dürre: In Deutschland ist es so trocken wie seit 50 Jahren nicht“.

[3] Neff, C., Baum, J (2012) : The Social Ecology of Californisation & Littoralisation in Mediterranean France. Conference/Presentation lors du 32nd International Geographical Congress 2012, Cologne, Session: Analysis of linked social‐ecological systems, 26 – 30 August 2012. (voir sur KITopen / DOI: 10.5445/IR/1000149710 )

[4] On lira avec intérêt l’article « Mythe et réalité des « grands » incendie en Méditerranée » de Régis Darques (Darques 2013)

[5] Pour une description de l’incendie de forêt de Collobrières de 1990 voir entre autre « Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) : eine geographische Analyse ».

Blognotice 10.08.2015: Cigognes, canicule et chant de cigales – vue sur l’été 2015 dans le « Oberrhein (Rhin Supérieur) »

Vue sur le delta de la Sauer  02.08.2015  B1
Vue sur le delta de la Sauer 02.08.2015 B1 © Christophe Neff

Dans une grand partie de l’Europe l’été 2015 est caractérisé par des vagues de chaleurs successives[1], de la sécheresse prolongée, – des incendies de forêts (même en Allemagne)[2] – d’ailleurs la Wikipédia allemande y consacre un très bon article «Hitzewelle in Europa 2015 (vague de chaleurs en Europe 2015)». Les conséquences de cette sècheresse prolongée ont déjà laissé leurs traces dans le paysage, il suffit simplement de bien ouvrir les yeux. Cette sécheresse fait déjà penser ici et là à la sécheresse de 1976[3].

A Munchhausen[4], dans le Bas – Rhin, pas loin de la frontière allemande, par exemple le delta de Sauer est tombé à demi sec. Au même endroit, quand le Rhin est en crue – les eaux de la Sauer forment un véritable lac[5] d’une étendue assez considérable.

Cigognes - Grosswoerth Delta de la Sauer 02.08.2015 B1
Cigognes – Grosswoerth Delta de la Sauer 02.08.2015 B1 © Christophe Neff

A noter que le matin de ce dimanche d’ été, quand je me baladais à travers le delta de la Sauer, – les Cigognes se rassemblaient sur les prés du Grosswoerth pour vraisemblablement se préparer à leurs migrations vers le Sud[6]. Et dans le Ciel on pouvait de loin apercevoir plus d’une centaine de Cigognes planant dans le ciel de Munchhausen, survolant le Delta de la Sauer. A vrai dire, je n’avais jamais vu une telle concentration de Cigognes. Qui aurait cru durant les années 1970, – en 1974 on ne comptait que 9 couples de Cigognes en Alsace – que l’on pourrait dans un proche futur voir réapparaitre des groupes de Cigognes d’une telle importance,- comme je l’ai vu planer au-dessus du Delta de la Sauer ce Dimanche 2 Aout 2015.

Ces Cigognes se préparant pour leur vol migratoire, m’ont rappelé le souvenir d’une image de film, d’une série de télévision. Dans le premier épisode de la série « Les Alsaciens ou les Deux Mathilde » on voit le petit Antoine interpeller l’instituteur Yerri Laugel « Storike sind fort – les cigognes, Monsieur, – elles sont parties, elles ne sont plus la ! »  Dans le film, – l’image (d’ailleurs on ne voit pas de Cigognes durant cette scène) du départ précoce de Cigognes est censé nous annoncer le malheur qui tomba sur l’Alsace avec la « Guerre franco-prussienne de 1870 ». Cet été, le début de la phase migratoire des Cigognes ne peut certainement plus être utilisé comme annonciateur de malheurs, -mais en voyant ces centaines de Cigognes planer au-dessus des toits de Munchhausen et du Delta de la Sauer, je ne peux m’empêcher de penser aux guerres actuelles et des guerres, il y en a partout dans le Monde, – AQMI qui sévit dans le Sahel, – l’état islamique qui terrorise une grande partie de la Syrie et de l’Irak[7], Boko Haram qui contrôle (et terrorise) une grande partie du Nord du Nigeria (d’ailleurs les lycéennes de Chibok kidnappées par Boko Haram n’ont à ma connaissance jamais été retrouvées) : en fait nous vivons dans un Monde en guerre. L’image paisible de Cigognes planant au-dessus du Delta de la Sauer, par ce souvenir de la scène des Cigognes dans les deux Mathilde, – m’a rappelé que nous vivons dans un monde en guerre, – et la France fait bien partie de ces guerres, parfois on a trop tendance à l’oublier. Surtout en temps de vacances.

La grande chaleur (et la sécheresse qui l’ accompagne) qui sévit (ou sévissait les dernières semaines) dans le Oberrhein (Rhin Supérieur), les cours d’eau asséchés, les prés aux couleurs brun-jaune, – les petit feux de forêts ici et là – tout cela prend un peu l’air d’un paysage de Midi méditerranéen,- à une exception près – le chant des Cigales – ce concert si caractéristique des paysages du Midi, – que ce soit un paysages de forêts, de Maquis ou de Garrigues – ce chant magique des cigales – il manque tous simplement, – que ce soit dans la plaine d’Alsace,- ou les coteaux de la Unterhaardt – les Cigales sont inaudibles.

Parlant de canicule, de sécheresse, et des incendies dans ce billet de plein été – j’aimerais aussi rappeler qu’ il y a maintenant 40 ans, le 8 Aout 1975 débuta dans la Lüneburger Heide – le grand incendie de la Lüneburger Heide[8] [9]. Ce fut une des plus grande catastrophes naturelles de l’Allemagne d’après-guerre avec un très lourd bilan (plusieurs morts – les chiffres exacts divergent). La France avait d’ailleurs envoyé plusieurs Canadairs pour donner un coup de main aux services de secours allemands – qui fut totalement débordés par l’incendie. De nos jours la mémoire collective allemande a totalement oublié l’évènement, – aucun article, aucune émission dans les medias de couverture nationale en Allemagne. Le Waldbrand de la Lüneburger Heide au niveau national allemand est de nos jours complètement tombé à l’oubli.

Photos toutes © Christophe Neff, prises le 02. Aout 2015, dans le Delta de la Sauer à Munchhausen. (1 = Vue sur le delta de la Sauer 02.08.2015 B1, 2 = Cigognes – Grosswoerth Delta de la Sauer 02.08.2015 B1 © Christophe Neff)

Christophe Neff, le 10.08.2015

[1] En Allemagne des pics de chaleurs furent atteints, avec 40,3° C. à Kitzingen en Bavière le 4 juillet et le 7 aout, – ce qui est un record de température en Allemagne. Source : Article Wikipedia.de « Hitzewelle in Europa 2015 » dans sa version du 10.08.2015 07H :15.

[2] Dans paysages voir aussi les billets: « Blognotice 31.7.2015: Retour au pays du ciel bleu et des sapins », « Blognotiz 19.07.2015: Hochsommerliche Temperaturen und Waldbrandrisiken in Südwestdeutschland », « Blognotice 04.07.2015: Vague de chaleur, canicule et risques d’incendies en Europe centrale ».

[3] Voir aussi: Courtois, Cl., Van Eeckhout,L. « Canicule, sécheresse, incendies : le spectre de 1976 » dans le Monde, mardi 28. Juillet 2015, p. 5 (planète).

[4] Autres billets de paysages consacré à Munchhausen et ses environs: « Blognotice 12.6.2011 », « Blognotice 5.5.2012 : – la géographie le grand gagnant du scrutin des présidentielles 2012 », « Blognotice 15.07.2013: Images d’Outre-Forêt ».

[5] Voir la troisième photo de l’article « Blognotice 15.07.2013: Images d’Outre-Forêt ».

[6] L’importance du Delta de la Sauer pour les vols migratoire de Cigognes du Palatinat a été récemment décrit dans un article de la Rheinpfalz « „Rhenus“ hat es weit gebracht- der erst mit Sendern ausgerüsteten Jungstörche aus der Pfalz hat die Pyrenaen überquert » (Die Rheinpfalz, Mittwoch 5. August 2015, Südwestdeutsche Zeitung). Dans l’article de la Rheinpfalz la réserve naturelle du delta de la Sauer est d’ailleurs décrite comme « urwüchsiges Naturschutzgebiet ».

[7] Voir aussi pour rappeler les faits les notices: « Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert »et « Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien ».

[8] Voir aussi dans l’article „Brand in der Lüneburger Heide“ dans la Wikipedia.de

[9] Dans paysages les notices suivantes parlent entre autre du Waldbrand de la Lüneburger Heide: « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité) », « Blognotice 04.07.2015: Vague de chaleur, canicule et risques d’incendies en Europe centrale », « Blognotiz 19.07.2015: Hochsommerliche Temperaturen und Waldbrandrisiken in Südwestdeutschland ».