Il y a vingt ans[1], dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, vers une heure du matin furent enlevés les 7 moines de l’Abbaye Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine[2],[3]. Les têtes des sept moines assassinés furent retrouvées fin Mai 2006 dans les environs de Médéa. Vingt ans après ces crimes les circonstances de leur assassinat n’ont toujours pas été élucidées[4],[5]. Ce crime m’avait fortement marqué il y a vingt ans. Je suivais les évènements de la décennie noire en Algérie de près[6], et ce crime, ce drame reste gravé dans ma mémoire comme le symbole des drames sanglants que subissait le peuple algérien pendant la décennie noire, massacres sanglants à répétition dont souvent on ne savait pas très bien si c’étaient les bourreaux du GIA, ou bien les tortionnaires des forces de sécurité algériennes qui en étaient les responsables. Concernant les responsables de l’assassinant des moines de Tibhirine, je crois que le mystère ne sera levé (comme pour beaucoup d’autres crimes de la décennie noire), que si l’Algérie devient réellement une vraie démocratie et que les Algériens retrouvent la parole libre et la liberté. Malheureusement, on est encore bien loin de l’établissement d’une vraie démocratie en Algérie, et en outre, de nouvelles anciennes menaces semblent de plus en plus peser sur l’Algérie[7].
Comme je l’ai déjà écrit ici dans paysages, le jour viendra où je ferai le voyage vers Tibhirine pour déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des sept moines assassinés. Mais aussi en mémoire des innombrables massacres dont les algériens furent victimes durant la décennie noire. Faute de mieux, je laisse ici une photo d’une branche d’abricotier en fleurs de notre jardin à Grünstadt. En souvenir de Christian de Chergé, Luc Dochier, Christophe Lebreton, Michel Fleury, Bruno Lemarchand, Célestin Ringeard, Paul Favre Miville – mais en souvenir innombrables victimes de la décennie noire en Algérie.
Christophe Neff, Grünstadt, Pâques 2016 (publiée le 29.03.2016)
P.S : Dans le contexte de mon billet, je me permets de signaler la parution prochaine d’un livre à la mémoire et à l’héritage des moines de Tibhirine : Henning, Christophe (Ed) : Tibhirine, l’héritage. Bayard, 178 p., 14,90 €, ISBN 978-2227488700. En librairie le 7 avril.
[5] Voir aussi le chapitre « Moines de Tibhirine » dans le Dictionnaire amoureux de l’Algérie, chapitre qui débute avec les phrases suivantes : « Connaîtra-t-on jamais la vérité ? Les sept moines trappistes de Tibhirine,monastère situé non loin de Médéa, à moins de 100 kilomètres d’Alger, sont morts à une date inconnue et furent enterrés en mai 1996 (Chebel, M. 2012, p. 430).
Le journaliste Hasnain Kazim de l’hebdomadaire allemand der Spiegel en Turquie a été contraint de partir car son accréditation de presse n’a pas été prolongée par les autorités turques. Un signe de plus qui témoigne de la dérive autoritaire de l’actuel gouvernement turc. Même en France ce triste évènement a été repris par les médias comme par exemple par le Monde.fr « Le correspondant du magazine allemand « Spiegel » contraint de quitter la Turquie ». Si les autorités turques commencent à se débarrasser des correspondants étrangers un peu trop critiques envers le gouvernement turc on peut que craindre le pire pour la liberté de la presse, la liberté tout court en Turquie. Ce qui semble être sûr, c’est que les medias critiques en Turquie en ce moment n’ont pas la vie facile.
J’avais déjà parlé de Hasnain Kazim dans paysages, en avril 2010, car son livre « Grünkohl und Curry. Die Geschichte einer Einwanderung » – fut déjà sujet de bac allemand en France. Dans son livre, histoire d’une intégration réussie – mais aussi d’une enfance entre Inde, Pakistan et Allemagne du Nord (Norddeutschland), – nous trouvons dans les dernières pages un chaleureux témoignage de l’auteur envers son ancienne enseignante de français « Manon Maliszewski » passage que je me permets de citer et de traduire ici « Es war eine merkwürdige, von Angst bestimmte Zeit. In der Schule vertraute ich mich einer Lehrerin an, Manon Maliszewski, selbst Ausländerin, Französin. Ich erzählte ihr von den Anrufen und von meiner Sorge, meine Eltern könnten sich für einen Wegzug aus Deutschland entscheiden. In ihr fand ich eine Verbündete/ Ce fut une période étrange dominée par la peur. A l’école je me confiais à une enseignante Manon Maliszewski, un française, étrangère comme moi-même. Je lui parlais des appels téléphoniques et de mes craintes que mes parents puissent décider de quitter l’Allemagne. Dans la personne de Manon Maliszweski j’ai ainsi trouvé une alliée contre mes peurs (libre traduction de l’allemand C.Neff 20.03.2016) (Kazim, H, 2009, 250, 251). Ce livre, dont je tire cette petite citation mériterait certainement une traduction française. Et pour finir, l’article « Ein schmerzlicher Abschied » mériterait une large distribution, – et comme le Spon a aussi publié une version anglaise sous le titre « A Painful Farewell » on peut au-moins espérer que cette fine analyse très personnelle de l’évolution politique en Turquie de 2013 à 2016 trouve aussi une résonance internationale plus large.
Sources :
Kazim, Hasnain (2009) : Grünkohl und Curry. Die Geschichte einer Einwanderung. München, DTV, ISBN 978-3-423-24739-9
Kazim, Hasnain (2016): Ein schmerzlicher Abschied. Der Spiegel-Korrespondent Hasnain Kazim über seine Erfahrungen mit der Pressefreiheit unter Präsident Erdogan- und seine unfreiwillige Ausreise aus dem Land. In: Der Spiegel, 12/2016, pp. 106 – 107. Version www de l’article dans le SPON: „Hasnain Kazim über die Türkei: Ein schmerzlicher Abschied“, version anglaise „A Painful Farewell“.
Christophe Neff, écrit le 20.03.2016 publié le 21.03.2016
« Adieu, la France, welcome America» c’est le titre d’un petit billet dans le SPON du 02.03.2016, qui annonce qu’après que la France fut pendant 40 ans le premier partenaire commercial de l’Allemagne, ce sont maintenant le Etats-Unis qui jouissent du privilège d’être le premier partenaire commercial de l’Allemagne[1]. Cette nouvelle se retrouvait dans une grande partie des journaux allemands parus le jeudi 03.03.2016. Dans les journaux et medias français que je consulte régulièrement, apparemment, on ne parlait pas de ce petit changement de place dans balance commerciale allemande. Le journal die Welt nous livre une intéressante analyse sur ce changement de position dans la balance commerciale allemande sous le titre « Was hat Amerika, was Frankreich fehlt ( Ce que les Etats-Unis ont qui manque à la France ? » résumant clairement que c’est la « réindustrialisation des Etats-Unis » qui est le principale responsable pour le retour en force des USA dans la balance commerciale allemande.
En-dehors de tous aspects commerciaux, et c’est la raison pour laquelle parle ici dans paysages, ce petit changement de place dans la balance commerciale allemande est aussi un coup dur pour l’apprentissage du français en Allemagne. Car jusqu’à présent l’argument principal des professeurs de français dans les écoles allemandes pour inciter les élèves à apprendre le français, était le fait que la France était le principal partenaire commercial de l’Allemagne – et que sans connaissances approfondies de français il était difficile de faire du commerce en France (Geschäfte machen in Frankreich). Une argumentation, qui après tout avait jusqu’ à présent encore assez de charme pour les parents du Bildungsbürgertum, qui incitait donc leurs enfants à apprendre le français. Avec ce changement de place dans la balance commerciale allemande cette argumentation en faveur du français est donc en train de devenir intenable. Oui pour l’apprentissage du français en Allemagne, la relégation de la France à la deuxième place de la balance commerciale allemande est plutôt une mauvaise nouvelle ! Et en plus malheureusement en France, on ne semble même pas prendre conscience de ce que cela pourrait avoir comme conséquences – aussi bien sur le plan socio-économique et que en ce qui concerne les relations culturelles ainsi que la place du français dans le Monde.
Wie schon letztes Jahr gibt es hier an dieser Stelle ein paar Zeilen zum phänologischen Geschehen an der Unterhaardt. Den ersten blühenden Mandelbaum[1] habe ich am Samstag, den 9.1.2016 zwischen Deidesheim und Meckenheim an der B 271 blühen sehen. Das liegt zwar nicht an der Unterhaardt sondern mehr im Randbereich der Mittelhaardt, aber eine derart frühe Mandelblüte ist dennoch ein für Mitteleuropa bemerkenswertes phänologisches Ereignis. Ende Januar blühten fast an der gesamten Weinstraße die Mandelbäume. So etwas kenne ich eigentlich nur aus dem mediterranen Südfrankreich. In Aubord wo ich ja einige Zeit gelebt hatte, blühten die Mandelbäume gewöhnlicher Weise gegen Ende Januar. Was ich eigentlich für viel bemerkenswerter halte als die Mandelblüte ist die frühe Blüte der Osterglocken an der Unterhaardt. Meine ersten blühenden Osterglocken in diesem Jahr habe ich am Donnerstag den 06.02.2016 auf dem Weg ins Büro zwischen am KIT entdeckt. Einmal rund um den Golfplatz in Dackenheim. Der andere Standort waren die blühenden Osterglocken in der Grünanlage der Winzergenossenschaft Herxheim am Berg. Abgesehen davon ist die Grünanlage der Winzergenossenschaft Herxheim am Berg, sowie die neue Weinlounge[2] die in diese Grünanlage eingebunden ist, ein äußerst gelungenes landschaftsarchitektonisches „Gesamtensemble“. Aber wieder zurück zu den Osterglocken, – in Karlsruhe habe ich die ersten blühenden Osterglocken erst am Donnerstag den 25.02.2016 entdeckt. Trotz Stadtklimaeffekt begann die Osterglockenblüte in Karlsruhe erst ca. 14 Tage später, – das zeigt doch beeindruckend die besondere Klimagunst der „Unterhaardt“. Das erinnert mich auch die Worte meines akademischen Lehrers Peter Frankenberg, der die Klimagunst des Haardtrandes – „Monsieur Neff le climat du Haardtrand ressemble beaucoup au climat des environs de Nîmes[3]“ – während meines Studiums und meiner Assistenzzeit an der Universität Mannheim, gern mit dem mediterranen Klima der Landschaften rund um Nîmes verglich. Mir erschien dieser Vergleich damals etwas gewagt, – aber in diesem Winter 2015-16 erscheint er doch ganz zutreffend zu sein. Ich denke, dass soweit man die phänologische Uhr des DWD für den nördlichen Oberrhein als Bezugsgröße nimmt[4], man feststellen kann – dass die phänologischen Phasen in diesem Winter ca. 2 – 3 Wochen früher als sonst im langjährigen Durchschnitt üblich eingetreten sind. In diesem Zusammenhang sei abschließend noch auf die von Heiko Himmler (2016) im Pollichia Kurier veröffentlichen phänologischen Beobachtung verwiesen. Himmler verweist, darauf dass der Dezember 2015, „der mildeste Dezember seit Beginn der Wetteraufzeichnungen in Südwestdeutschland(Himmler, H. 2016, 9) “ gewesen sein. Außerdem findet man in diesem kleinen Aufsatz eine Reihe interessanter phänologischer Beobachtungen – wie z.B. u.a. die Hinweise zur Schneeglöckchenblüte[5] am 26.12.2015 in Sandhausen und auch die Beobachtung von ersten blühende Huflattichen am 27.12.2015 bei Ludwigshafen. Aus phänologischer Sicht war der Winter 2015/16 an der Unterhaardt, sowie in Teilen Südwestdeutschlands eine interessante Jahreszeit.
Comme l’année dernière à cet endroit voici une petite notice sur la phénologie dans la Unterhaardt. Le premier amandier[6] en fleurs je l’ai vu le samedi 09.01.2016 sur les bords de la B. 271 entre Deidesheim et Meckenheim. Ce lieu n’appartient pas à la Unterhaardt, mais se situe plutôt sur les bords de la Mittelhaardt, une floraison tellement précoce d’ amandiers est certainement un phénomène phénologique rarissime pour l’Europe centrale. Fin janvier une grande partie des amandiers longeant les bords de la route du vin allemand étaient en fleurs. Des amandiers en fleurs mi/fin janvier avant cet hiver 2015/16, je n’avais vu cela que dans le Midi méditerranéen français. A Aubord qui était longtemps mon point d’attache en France, petit village de Vistrenque dans les environs de Nîmes, où j’ai aussi vécu quelque temps, la floraison des amandiers se passait normalement vers la fin janvier. Mais d’un point de vue phénologique la floraison très précoce des Narcisses jaunes dans la Unterhaardt est certainement plus remarquable que la floraison des amandiers. J’ai vu mes premiers Narcisses jaunes le jeudi 06.02.2016 pendant mon trajet au Kit, sur les bords du terrain de golf de Dackenheim et sur l’espace vert longeant la coopérative viticole de Herxheim am Berg. D’ailleurs sous l’aspect d’architecture du paysage, les espaces verts et la nouvelle « Weinlounge (bar à vins) [7]» de la coopérative viticole de Herxheim am Berg me semblent être particulièrement réussis. Mais retournons aux Narcisses jaunes. A Karlsruhe la floraison des Narcisses jaunes débuta le jeudi 25.02.2016, donc deux semaines plus tard que sur la Unterhaardt. Ce décalage montre bien la particularité climatologique de la Unterhaardt, – car même l’ Îlot de chaleur urbain de Karlsruhe n’influença pas le cycle de floraisons des Narcisses jaunes. Ceci me rappela un peu les mots de mon maitre académique le Professeur Peter Frankenberg, « Monsieur Neff le climat du Haardtrand ressemble beaucoup au climat des environs de Nîmes[8]» qui aimait, durant mes études et mes années d’assistant à l’Université de Mannheim, comparer la particularité climatologique du Haardtrand avec le climat méditerranéen des paysages des environs de Nîmes. Cette comparaison m’avait semblé être un peu osée– mais durant cet hiver 2015-16 je pense que cette comparaison décrit assez bien la situation de la saison hivernale actuelle. Je pense que si on compare la situation de cet hiver à l’horloge phénologique du DWD pour le Nördliche Oberrhein[9] (Rhin supérieur du Nord) on voit bien que les phases phénologiques sont en avance de deux à trois semaines sur le calendrier phénologique habituel. Dans ce contexte je renvoie aussi aux observations climatologiques de Heiko Himmler (2016) publiés dans le dernier Pollichia Kurier. Heiko Himmler écrit que Décembre 2015 fut le Décembre le plus doux observé en Allemagne du Sud-Ouest (Südwestdeutschland) dans les relevés météorologiques (Himmler, H. 2016, 9). En plus dans cette petite notice phénologique sont publiées quelques observations phénologiques intéressantes dont la floraison de perce- neiges[10] à Sandhausen le 26.12.2015 et le Tussilage le 27.12.2016 dans les environs de Ludwigshafen. D’un point de vue phénologique l’hiver 2015/16 dans la Unterhaardt comme dans une partie de « Südwestdeutschland » fut donc un hiver intéressant !
Bibliographie:
Himmler, Heiko (2016): Phänologische Beobachtungen im Dezember 2016 (Berichte aus den Arbeitskreisen AK Botanik). In: Pollichia Kurier, Jg. 32, H.1, S. 9- 10.
Je lis assez régulièrement les „Zungenknoten“ de Martin Graff dans la Rheinpfalz. Dommage qu’ ils n’apparaissent pas sur la toile. Véritable « Kabinettstückchen bilingue (pièce rare bilingue)» franco-allemand ils mériteraient un lectorat beaucoup plus large que la zone atteinte par le quotidien Rheinpfalz. J’ai d’ailleurs déjà plusieurs fois commenté les Zungenknoten dans paysages[1]. Ce matin je tombe sur les Zungenknoten du 20.02.2012 intitulé « Nicht an allem ist Frau Merkel schuld /non Madame Merkel n’est pas coupable pour tout», dont je reprends les dernières phrases ici, car je partage les sentiments de Martin Graf exprimés dans ses Zungenknoten, je vais même au-delà.
« J’en veux particulièrement à Manuel Valls de faire le malin à Munich, in dem er eiskalt mitteilte que la France n’acceptera que 30.000 réfugiés. Er ist einfach unverschämt. Seine Familie flüchtete vor Franco. Vater Katalane, Mutter italienische Schweizerin. Er selbst wurde erst im Alter von 20 Jahren Franzose. Seine Sturheit hat etwas avec le Bekehrungseifer des disciples de la dernière heure zu tun. Valls liebt Frankreich so sehr, dass er es für sich behalten will. » (Graff, Martin 2016)
Je suis assez d’accord avec ces Zungenkonten du 20.02.2016, car le discours de Manuel Valls à Munich fut une douche froide pour Madame Merkel, une véritable gifle à la figure de Madame Merkel. Comme je l’ai déjà écrit dans la Blognotice du 06.09.2015[2] il faut trouver une solution européenne pour le drame des refugiées syriens.
En dehors de toute considération humanitaire, – pour des raisons de simple « realpolitik », de géopolitique, – il faut absolument trouver une solution pour que la Jordanie et surtout le Liban ne coule pas sous les flots des refugié/es syrien/ne/s. Un Liban qui serait englouti par le maelström de la guerre civile en Syrie serait une catastrophe de plus pour le proche orient, – mais aurait aussi des conséquences dramatiques pour la France. Les conséquences d’une contamination par la guerre civile en Syrie d’un état déjà tellement fragilisé que le Liban ne semble pas encore être entré entièrement dans le diagnostic géopolitique parisienne.
L’Allemagne, ne pourra pas accueillir tous les refugiés syriens,- c’est impossible. Il faut une solution européenne[3],- et si cette solution européenne n’est pas praticable, vu toutes les oppositions des Etats membres l’Union européenne se situant à l’est de l’Allemagne, il faut au moins trouver une solution franco-allemande ! La France a les capacités de prendre en charge plus que 30.000 réfugiés, la France peut aider l’Allemagne à gérer la crise de réfugiés, elle a largement les moyens d’épauler un peu l’Allemagne, c’est juste la volonté politique en France qui manque un peu.
Wie ich es schon hier im Detail beschrieb, in gewisser Weise ist Paysages auch ein „Leucateblog“ geworden, denn die am meisten gelesen Beiträge in Paysages befassen sich in irgendeiner Weise mit dem in Süfrankreich gelegenenen Leucate und dessen Umgebung. Paysages wird über die Blogseiten von Le Monde.fr (Blogs le Monde.fr) publiziert, d.h. es ist natürlich naturbedingt ein französischsprachiges Blog, wobei ich hin und wieder auch in Deutsch, oder auch in Englisch[1] verfasste (manchmal auch mehrsprachige wie z.B. hier) Artikel publiziere. Erst vor ein paar Tagen habe ich in einem englischsprachigen Beitrag unter dem Titel „Her name was Ruqia“ auf das tragische Schicksal der syrischen Graswurzeljournalistin „Ruqia Hassan Mohammed“ aufmerksam gemacht. Immerhin befindet sich ein deutschsprachiger Artikel, nämlich der Artikel das Biafrakind, Text der an die Biafrakinder und den Biafra-Krieg erinnert, unter den zehn häufigsten gelesen Artikel des Paysagesblog. Wobei ich mich immer wieder Frage, wieso wird gerade dieser Artikel so häufig gelesen wird?
Ich habe hier noch ergänzend, in der folgenden Tabelle, die fünf am häufigsten deutschsprachigen Artikel in Paysages aufgeführt. Verglichen mit der in der ersten Tabelle aufgeführten Lesefrequenz der ersten zehn Artikel sind das dann doch eher bescheidene Zahlen. Wahrscheinlich entstammt ein Großteil meiner deutschsprachigen Leser doch eher dem erweiterten Freundes und Bekanntenkreis, während die französischsprachigen Artikel doch eine weit größere Reichweite erfahren.
Abschließend möchte ich noch ein auf ein kleines Detail hinweisen, – was mich als Wochenendblogger doch intensiv beschäftigt hat, sind die Zustände in Syrien und im Irak, – und zumindest in der frankophonen Welt haben manche meiner Artikel doch einen relativ hohen Zuspruch gewonnen. Der Artikel Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) ne sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert, welchen ich im Juli 2014 verfasst habe, und der 2015 immerhin auf Platz zwei der Lesehäufigkeit landete, wurde inzwischen sogar in geopolitischen (englischsprachigen Fachpublikationen) zitiert. In diesem Artikel habe ich den Zusammenbruch der durch das Sykes-Picot geopolitischen Architektur im Nahen Osten konstatiert, aber auch vor der drohenden Vernichtung des orientalischen Christentums im Nordirak und in Syrien durch den islamischen Staat gewarnt. Seitdem ich diesen Artikel verfasst habe, ist viel Zeit vergangen, – aber ich halte meine Einschätzung nach wie vor für zutreffend. Wobei auch der Text « Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien » – den ich im Sommer 2014 der irakischen Politikerin Vian Dakhil gewidmet hatte, auch schon in geopolitischen Fachpublikation zitiert wurde. In diesem Text hatte ich u.a. darauf hingewiesen, dass der islamische Staat vorhat alle religiösen Minderheiten in seinem Herrschaftsgebiet zu exterminieren[2].
Mais aussi le rappel du fait que ce fut le gouvernement de Vichy, qui prononça les premières déchéances de nationalité …. « Par ailleurs, le champ du symbole peut receler d’imprévisibles embûches. Ainsi les seules déchéances de nationalité ayant frappé des Français de naissance ont été prononcés par le pouvoir d’Etat du maréchal Pétain, contre le général de Gaulle et ses compagnons exilés à Londres pour organiser la Résistance, contre Pierre Mendes France, contre le général Leclerc, contre Felix Eboué, contre René Cassin, contre Pierre Brossolette (Taubira, Ch. 2016, 43). Ou ces mots « Un temps c’est le Juif, un autre c’est l’Arabe, puis le Négre, puis le musulman, après ou avant c’est la femme, ensuite l’homosexuel, puis le binational ….(Taubira, Ch. 2016, 78) ». Mais hors de cette argumentation contre la déchéance de la nationalité, qui était déjà la mienne avant la lecture de ce petit livre, – la mélodie de ce livre, qui rappelle le chant des oiseaux de printemps, mais aussi les tempêtes de printemps qui débarrassent les cimes des montagnes de leur manteau de neige hivernale c’est aussi un hymne d’amour à la république,à une certaine image de la France…. image de la France, que je retrouvais dans les récits de mes grand – parents[2] dont j’avais presque entièrement perdu les traces – et dont par la lecture des « murmures à la jeunesse » je retrouve cette image d’un lointain souvenir pleine d’actualité.
Ce livre mériterait, – déjà par le fait de multiples citations de génération des poètes, d’écrivains de figurer dans la grille de lecture des « Grundkurse & Leistungskurse Französisch » – ces classes de français en Allemagne dans la Oberstufe (classes terminales du système d’éducation allemand), dans lesquelles on retrouve les élèves allemands qui ont décidé des poursuivre leur apprentissage de la langue française. Dans ce livre ils trouveraient un riche terreau de vision sur la France, qui invite à la discussion, l’écoute, la réflexion …
Au-delà des bancs des classes de français terminales en Allemagne, – ce livre mériterait aussi d’être traduit en allemand, anglais etc. ….
Je finis avec une citation, que j’ai particulièrement appréciée dans ce petit livre …. « Ainsi est-il aisé de se souvenir que le drapeau aux trois couleurs fut, à sa naissance, l’emblème de la révolte contre l’oppression et l’inégalité, la bannière de l’espoir d’une société meilleure, l’étendard des valeurs éternelles qu’il faut chaque jour reconquérir : fraternité, égalité, liberté. (Taubira, Ch.2016, 80).»
Et finalement ce livre nous parle aussi, de valeurs, – des valeurs universelles !
Madame Taubira, Madame la député, même si je ne partage pas toutes vous opinions politiques, – je vous remercie vivement d’avoir écrit ce petit livre – dont la lecture ressemblait à une « tempête de printemps qui débarrasse les cimes de montagnes de leur manteau de neige hivernale » !
Source:
Taubira, Christiane (2016) : Murmures à la jeunesse. Paris, Éditions Philippe Rey. ISBN 978-2-84876-529-7
Christophe Neff, écrit le 09.02.2016, publié le 10.02.2016
« Elle s’appelait Ruqia » – her name was Ruqia. That’s the beginning of a very notable commemorative address for Ruqia Hassan Mohammed, written by the French journalist Alain Frachon and published in the print edition of Le Monde of Friday the 5 February 2016. Ruqia Hassan was a citizen journalist who wrote under the nom de plume of Nissan Ibrahim about here daily life in Raqqa, which is currently ruled by the jihadists of the Islamic state. She was murdered[1] by Isis because she had the courage to witness daily live in Raqqa under the rule of jihadists[2] (the online version of the Alain Frachon text begins “Elle s’appelait Ruqia et racontait son quotidien sous la botte des djihadistes” Her name was Ruqia and she told us her daily live under the rule of the jihadists).
It’s dangerous to tell the truth about daily live in Syria ….. in regions ruled by Bashar al-Assadcitizen journalists (as many other people) face torture and death – in regions ruled by jihadist’s it’s the same – citizen journalists (as many other people) face torture and death. The current geography of Syria is a map painted with the blood of innocent citizens, – a landscape of torture, murder, manslaughter …. a geography of beheading, crucifying, …. a desert of desperation, hunger and solitude.
When reading the memoir text of Alain Frachon I thought, – that the Le Monde should have had translated the text in English, – as they have done it in very rare occasions, as for example the report “Chemical warfare in Syria” in June 2013. So perhaps more people would know more about the tragic live of Ruqia, but also more people would know what the courageous citizen journalists of “Rakka is Being Silently Slaughtered” do – and for what they risk their live every day.
For copyright reasons it’s impossible to translate the full text of Alain Frachon report – but I think the last sentence of the memoir is worth to be completely translated “Peut-être y aura-t-il un jour une plaque, quelque part dans Rakka libérée, à la mémoire d’une jeune femme qui a défié les petites frappes de l’EI et qui portera ce nom : Ruqia Hassan Mohammed./ Perhaps one day, somewhere in Raqqa liberated, there will be a commemorative plaque, in honor of a young woman who challenged IS, – Ruqia Hassan Mohammed (free translation C.Neff).
P.S.: Instead of posting of photo of Ruqia (you can find photos of her in the two articles of the Guardian I mentioned in the footnotes (1,2)) I preferred to post the picture of a blooming almond tree, which I photographed today in the vineyards of the Unterhardt between Freinsheim and Herxheim am Berg. The almond tree is in almost the whole Mediterranean world a symbol for the beginning of springtime.
Source:
Frachon, Alain (2016) : Elle s’appelait Ruqia et racontait son quotidien sous la botte des djihadistes. In Le Monde, Vendredi 5 Fevrier 2016, p. 19 (for le Monde subscribers download here).
J’aurais bien aimé voir « Profession socialiste » film de Henry Marquis et Jean-Baptiste Predali, dont j’ai retrouvé les traces durant mes lectures du week-end du Monde dans une critique du film par Antoine Flandrin intitulé « Le PS désavoué par ses électeurs ». Dans cette critique je retrouve le post de blog de Michèle Delaunay « Le tunnel, ou comment faire carrière sans mettre un pied dans la vraie vie», post de blog que j’avais mis à la une de mon compte Google + le 14.09.2014. Mais malheureusement, depuis l’Allemagne il m’est impossible de visionner ce film – sur l’écran s’affiche le titre « pour des raisons de droits concédés à France Télévision, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique ». Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Je ne suis pas un grand fan de la télévision, – les rares émissions que je regarde régulièrement hors les infos sont Thalassa[1], la Grande librairie …. Peut être ici ou là une émission scientifique ou historique, – je préfère largement la lecture à la télé. Parfois il m’arrive de louper une émission de Thalassa, et mes essais de revoir une émission se heurtent toujours à cette phrase que je retrouve sur francetv pluzz « pour des raisons de droits concédés à France Télévision, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique ». Mêmes les bandes d’annonces de Thalassa sont depuis quelques temps invisibles depuis le Web en Allemagne.
Comme je n’ai pas vu le film « Profession socialiste » je ne peux pas écrire de commentaire sur le film, – mais la situation qui était décrite dans le post de blog « Le tunnel, ou comment faire carrière sans mettre un pied dans la vraie vie » existe aussi en Allemagne, – peut être un peu moins qu’en France, mais cela existe aussi, – et le phénomène ne se limite pas aux partis de gauche. Dernier exemple est le jeune Mdb Johannes Steiniger de la CDU, qui n’a même pas fini sa formation de professeur de Lycée (Studienrat) il lui manque le « zweite Staatsexamen ». C’est vraiment le cas d’école que Michèle Delaunay décrit dans blog, un député qui n’a aucune expérience professionnelle, qui n’a même pas fini sa « Berufsausbildung (formation professionnelle) », car en Allemagne la Berufsausbildung pour devenir professeur de Lycée est seulement terminée avec le zweite Staatsexamen. Naturellement des cas semblables se trouvent aussi dans les autres partis présents au Bundestag, – par exemple le député SPD Michael Hartmann, – qui n’a jamais fini ses études – et qui n’a jamais travaillé hors de la planète SPD, il est depuis 2002 député (MDB) au Bundestag. Si un parti politique, que ce soit en Allemagne ou en France, est trop dominé par des élus loin de la vie réelle, des élus sans vraie expérience professionnelle hors du monde politique, la chance est grande qu’ un jour ce parti découvre avec stupéfaction que ses électeurs s’éloignent de plus en plus !
Concernant la phrase « pour des raisons de droits concédés à France Télévision, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique »[2] j’aimerais bien que les élus, membres de l’Assemblée nationale – je pense particulièrement aux Députés représentant les Français établis hors de France, s’occupent du problème, car je pense que ce problème concerne certainement une très grande partie d’expats français désirant voir ou revoir une émission de télévision dont France Télévision détient les droits !
Comme l’année dernière je publie une petite rétrospective sur l’année passée sur paysages, – présentant les billets les plus lus de paysages durant l’année 2015.
L’article le plus consulté en 2015 fut l’article «Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate» (15,16% des consultations sur paysages en 2015), article écrit en février 2012 et décrivant les conséquences d’un hiver exceptionnel sur le pays leucatois. D’ailleurs ce billet fut aussi le billet le plus consulté en 2014.
En cinquième position on trouve le premier article écrit en allemand « Das Biafrakind (l’enfant de Biafra) » (1,36 % des consultations sur paysages en 2015) – article que j’avais écrit en janvier 2010 en souvenir de la capitulation de la république du Biafra – et aussi pour rappeler ce que signifia dans l’Allemagne des années 1970 le mot « Biafrakind » – un mot depuis tombé un peu en oubli en Allemagne.
Concernant cette série d’attaques terroristes du Novembre 2015 à Paris je renvoie au « mémorial du « Monde » aux victimes des attentats du 13 novembre» cela me semble être un souvenir touchant de la « génération Bataclan », – et comme l’écrivent Sylvie Kauffmann et Aline Leclerc dans l’article « En mémoire du 13 novembre» cette génération Bataclan, « finalement, c’est l’anti-Etat islamique. C’est tout ce que les terroristes ne sont pas, tout ce qu’ils haïssent : la beauté, l’esthétique, la musique, l’art, le plaisir, la science, l’éducation, la diversité, la mixité, la tolérance, la liberté, l’égalité… et la fraternité ».
Revenons au pays leucatois, – je ne sais pas pourquoi les lecteurs de paysages ont une préférence pour les articles traitant au-moins partiellement Leucate et ses paysages (18,81% des visites) – ceci me rappelle le manuscrit de billet « les eclairs de Leningrad sur la plage de Port Leucate » qui attend encore d’être terminé –comme c’est ainsi j’ai décidé de garnir ce billet avec quelques photos prises dans le pays Leucatois. A la une j’ai mis une photo montrant le ponton de Port Leucate un matin de fin aout 2015, – une plage quasiment vide – et quelques petites vagues qui balayent la plage et le ponton. Autre perspective (deuxième photo) – plagistes à Port Leucate, -le Cap vu depuis le ponton de Port Leucate le 27.08.2015. Pour finir une photo prise à la petite gare de Leucate-La Franqui, – une BB 26.000 avec son train de marchandises filant vers l’Espagne. Cette petite gare, je la connais depuis mon âge de gamin. Mes grands-parents m’amenaient la vers la fin des années 1960 pour chercher oncles et tantes arrivant du grand est en train à Leucate mais aussi pour admirer les fameuses 141R du dépôt de Narbonne. Et de nos jours il m’arrive de temps en temps de filer vers cette petite gare de campagne pour prendre quelques photos de trains qui passent[1].