Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores)

vol vers Horta- vue sur le Pico 21.09.2019
vol vers Horta- vue sur le Pico 21.09.2019, © Christophe Neff 2019

Il y  a maintenant déjà vingt ans que je débarquai à Castelo Branco, le petit aéroport de Horta sur l’île de Faial, pour débuter mes recherches géographiques et géobotaniques sur le complexe de Capelo à l’ouest de l’île de Faial aux  Açores. Ce fut durant la fin de l’été 1999 que je découvris l’île de Faial, en venant de l’ile de Flores et de Terceira, et depuis entre 1999 et 2008 je suis retourné quasiment chaque année. L’accident de 1999, qui engendra la naissance du blog paysages sur le Monde.fr, interrompra mes voyages jusqu’ en 2017[1]. Enfin en Septembre 2017, jusque 60 ans après la naissance du Capelinhos j’avais enfin l’occasion de revenir à Faial et de poursuivre mes recherches, que j’ai poursuivies durant la deuxième moitié de Septembre 2019 sur la dynamique

Blick auf Capelinhos Sept 1999
Vue sur le Capelinhos, Septembre 1999, © Christophe Neff, 09/1999

 

végétale dans le complexe de Capelo. Le complexe de Capelo, ou plus précisément le complexe volcanique de Capelo (complexo vulcânico do Capelo en portugais/ Capelo Volcanic Complex en anglais) désigne la partie occidentale de l’île de Faial, dénommée aussi  la péninsule de Capelo, qui est un paysages formé par volcanisme relativement récent, 11 systèmes volcaniques, formant 33 cônes, qui se sont formés durant les derniers 8000 ans, et dont le volcan Capelinhos est le dernier né.

Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos (Ile de Faial - Açores - Portugal)_Seite_02
Diapos d’introduction de la présentation « Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos » au congrès « Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions. Praia, Cabo Verde, November 5-7, 2017 » montrant la vue depuis le Cabeço Verde (aussi dénommé Pico Verde) sur le Cabeço do Canto et en arrière-plan le volcan des Capelinhos appartenant tous au complexe volcanique de “Capelo”.

Je ne vais pas trop m’attarder sur mes recherches menées sur le complexe volcanique de Capelo, – j’ai soumis début Septembre 2019 un article dénommé « Observations de la dynamique végétale sur le volcan des Capelinhos (Île de Faial/ Açores /Portugal)[2] » à la revue de géographie portugais « Finisterra » – qui résume tous mes travaux scientifiques effectués sur le site du complexe volcanique de Capelo entre 1999 et 2017 – et j’espère naturellement que l’article sera accepté (sans trop de changements). Notons que Finisterra est une des rares revues scientifiques internationales  qui accepte encore des articles écrits en français.  J’aimerais ici dans le « billet » de blog plutôt me pencher sur ma perception personnelle des changements de ces paysages  depuis 1999, surtout aussi parler de quelques rencontres personnelles faites durant tous ce voyages de recherches, rencontres qui ont laissé des traces dans mes « souvenirs de voyage à Faial ».

A mon arrivée à Faial, il n’y avait pas des « tourisme » digne de ce nom. Quelques randonneurs, des équipages des voiliers qui se réunissaient chez « Peters ». Les petits déjeuners dans la salle à manager de l’ Hôtel Faial[3], – ou j’ai toujours débarqué pendait mes voyages – se passait dans le calme – quelques touristes français & francophones, des américains, des luso-américains  à la recherche de leurs racines açoriennes.

approche à Flores (Hotel Faial 28.09.2017)
Photo des dessins de « Transalls » de l’Armée de l’Air en vol vers ancienne base française de Flores (Bar de l’Hôtel Faial 28.09.2017), © Christophe Neff, 09/2017

Cela cependant a complètement changé,  le tourisme est bien arrivé à Faial. La salle à manger de l’Hôtel Faial, le matin, pendant l’heure du petit déjeuner a perdu son calme, – il y  a du monde maintenant qui prend son petit déjeuner ici. D’ailleurs les dessins montrant la base française de Flores, l’approche des « Transall » vers le petit aéroport de Santa Cruz de Flores ont disparu de la salle à manger de l’Hôtel Faial, mais heureusement on les retrouve au Bar de l’Hôtel. Ces dessins qui rappellent les souvenirs de la présence de la base militaire française de l’ile de Flores sont aussi dans ce sens un vestige d’une période presque oubliée – la guerre froide et le développement de la « Force de Frappe »  française. Jadis c’était cette base qui faisait tourner l’économie de la petite  île de Flores, ce petit caillou perdu dans l’atlantique du Nord, – qui géologiquement appartient déjà à l’Amérique, Flores fait partie de la « Plaque nord-américaine »[4]. Flores et surtout le petit village de Fajã Grande sur la côte occidentale de l’ île sont un monde à part qui semble être oublié des grands bouleversements qui ont secoué la planète ces vingt dernières années – c’est au moins ce que je retiens de deux séjours dans ce village en 1999 et 2001[5].

peterslivrefran

Quand je descendis la première fois à l’Hôtel Faial, une grande partie du personnel était encore « francophone », cela a changé, à  part Valther le maître d’Hôtel qui maitrise parfaitement la langue de Voltaire, – l’Hôtel est devenu un lieu anglophone (comme d’ailleurs une grande partie du paysage touristique portugais). Un des rares endroits où  une partie du personnel parle encore français est le fameux « Peter Café Sport » sur le Port de Horta. C’est là par ailleurs que je fis une rencontre qui m’a montré à quel point le Portugal a souffert de la crise de 2007/08.

Vue sur Peter Café Sport (Horta 25.09.2019)
Vue sur Peter Café Sport (Horta 25.09.2019), © Christophe Neff

Une jeune femme, architecte diplômée et photographe, a dû quitter les paysages du Nord du Portugal où elle a grandi, passé ses études, pour gagner sa vie à Horta, – car ici à Faial le tourisme (qui était quasiment inexistant en 1999) a pendant les années de crises (et même après)  procuré quelques possibilités de survivre économiquement. Beaucoup de jeunes portugais ont d’ailleurs été obligés d’immigrer au Brésil, vers l’Angola et de même le « flux » de l’immigration portugais envers la France et la Suisse a repris pendant ces années de crise. Marianna la jeune photographe venue du Nord du Portugal a choisi de tenter sa chance à Faial – elle boucle ses mois en travaillant chez « Peters ».

Quand je suis arrivé sur les champs de cendres de Capelo en 1999, à Cedros il y avait le restaurant de Nick, « O’Esconderijo-Nicks Hide away » – à Capelo « l’artisanato do Capelo » de Véronique, à Norte Pequeno le Bar « Fim do Mundo (Fin du Monde) » de Domingos – et le restaurant « Bela Vista » à Capelo – oui la partie occidentale de île de Faial – en 1999 c’était encore quasiment la Fin du Monde.

Bar Fim do Mundo September 2001 Norte Pequeno
Bar Fim do Mundo September 2001 Norte Pequeno, © C.Neff 09/2001

Le Bar « Fim do Mondo[6] » était une véritable institution a Norte Pequeno (dont j’avais déjà une fois parle un peu ici). On pouvait se ravitailler, boire un café, et naturellement découvrir l’intérieur du Café, – décoré avec des cartes du National Geographic, des extraits du « Boston Globe », du « Cape Code Times »…..et les histoires de Domingos et de Patricia[7]. Un véritable « Café des Géographes » au fin du Monde où on rêvait de Nantucket , New Bedforddu Cape Code , Martha’s Vineyard  – de terres promises du Massachusetts, de Rhode Island mais aussi de Paris, Lisbonne et autres terres lointaines. Le souvenir de John Fitzgerald Kennedy, de son frère Robert était encore très présent. Ce John qui avait forgé avec le Senateur John O. Pastore le « Azorean Refugee Act » ou « Pastore-Kennedy Act of 1958 » qui avait ouvert la porte des Etats –Unis aux habitants de Faial, car l’éruption du Capelinhos, – pour les familles de Capelo, Norte Pequeno, Praia du Norte – fut une véritable catastrophe, – un phénomène terrorisant la partie occidentale de l’île de Faial[8],[9].

Et parfois un Pickup  passait devant le « Bar » vendre ses « Bananes » – car c’est presque oublié dans le grand Monde – les Açores c’est aussi un pays de Bananes. Beaucoup d’ Açoréens ont dans leurs jardins, une petite plantation de Bananes, – mais les grandes plantations  comme par exemple aux Antilles ou en Amérique centrale n’existent pas aux Açores.

Malheureusement les époux Andrade  ont fermé le « Fim do Mundo » il y a quelques années. Mais il reste le souvenir de cet endroit magique. Car c’était un peu ca – un endroit magique du bout du Monde[10].

Le fin du Monde en 1999 c’était la partie occidentale de Capelo vers le vieux phare de Capelinhos –le Farol da Ponta dos Capelinhos. Le centre du  Centro de Interpretação do Vulcão dos Capelinhos   était inexistant, aucune résidence secondaire à Capelo sur la « Rua do Canto » à Capelo ! En Septembre 1999 on descendait la « Rua do Canto » pour arriver au vieux phare du Capelinhos et après on pouvait descendre vers le vieil

Vulk. sukz. Arundo donax + Erica azorica Capelo-Capelinhos Aschefelder 2002
Vue sur la végétation des champs de cendres du Capelinhos à Capelo dominé par la Canne de Provence (Arundo donax) en Septembre 2002, © Christophe Neff, 09/2002

embarcadère de Porto Comprido. Un paysage de champs de cendres recouvert de « Canne de Provence »,  de quelques Tamaris et de Banksia côtier – et au bout de la « rua do Canto » – la rue du Canto – le Cabeço do Canto est un des Cônes volcaniques surplombant Capelo et faisant donc partie du Complexe volcanique de Capelo. Dans cette petite ruelle que fit la « Rua da Canto » en 1999, il y avait dans une petite maison en pierre volcanique où se trouvait « l’Artesanato do Capelo », le seul endroit où on pouvait trouver quelques infos sur le Capelinhos, des extraits de vieux journaux, des livres en portugais et en français. Ce centre était le premier début du « Centro de Artesanato do Capelo » qui de nos jours se trouve au soi-disant centre de Capelo.

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« L’Artesanato do Capelo » c’était le royaume de Véronique.  Je me rappelle  encore bien, quand je rentrai dans la petite maison en Septembre 1999, me débrouillant dans mon portugais approximatif avec une forte intonation française – et Véronique s’est tout de suite  mise à parler en français avec moi – et après avoir découvert mon accent alémanique/alsacien – elle passa à l’allemand. Véronique avait passé une très longue partie de sa vie comme artiste à Paris, mais elle est originaire de la Suisse alémanique des environs de Bâle – et elle avait donc tout de  suite reconnue dans ma prononciation française mes origines « alémaniques ». C’est d’ailleurs ici chez « Véronique » dans

Capelinhos retrospectivas
Couverture du livre « Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1 » édite par Victor Hugo Forjaz en 1997

« L’Artesanato » que j’ai acheté mon premier livre scientifique sur l’éruption du Capelinhos. C’était l’ouvrage « Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1 » – édite par Victor Hugo Forjaz en 1997, – un livre qui contient presque tous les articles scientifiques en fac-similé qui ont été publiés après l’Eruption du Capelinhos dans les années 1950 et 1960. Une grande partie de ces articles étaient d’ailleurs publiés en Français, – le français était encore une langue scientifique importante, – et de plus l’élite scientifique portugaise (et intellectuelle) était tout à fait francophone.

Véronique erzählt GP Azoren SS 2019
« Véronique » en Septembre 2019, © Christophe Neff, 09/2019

Et depuis cette rencontre en Septembre 1999, chaque fois que je suis retourné à Faial (sauf en 2017) j’ai rendu visite à Véronique / Verónica Scholer Brasil Alves. Au début des années 2000 elle avait encore sa petite boutique artisanale en face de sa maison  – dans laquelle j’achetais des « foulard en soie » pour mon épouse – et pour Véronique c’était naturellement aussi l’occasion de parler un peu l’allemand. Car au début du 2 eme millénaire, – les résidences secondaires appartenant à des allemands ou suisses alémaniques à Capelo cela n’existait pas encore. Ceci depuis a complètement changé. Les résidences secondaires du début du 2 eme millénaire c’était surtout les belles demeures à Varadouro  des descendants des émigrés qui avaient fui l’éruption volcanique de 1957/58 vers Rhode Island et le Massachusetts, descendants de famille qui avait « réussi » sur l’autre côté de l’atlantique dans les états de la Nouvelle -Angleterre ! Je suis repassé en Septembre 2019 chez « Véronique » – et Véronique nous aouvert son jardin pour une petite visite.

Véronique
« Bananes » dans le jardin de Véronique, © Christophe Neff, 09/2019Véronique

Bananes, Oranges, légumes et aussi quelques plantes ornementales …. un jardin idéal pour l’autosuffisance, mais aussi un jardin qui nécessite endurance et persévérance, beaucoup de travail.  Et puis Véronique nous parle de changements du paysage à Capelo, la vigne qui réapparait massivement, les résidences secondaire qui poussent par endroit comme des champignons. Et surtout le climat qui change, – les étés deviennent de plus chauds, – des semaines sans pluies – avec un soleil qui tape comme dans le Midi, – autrefois quand Véronique avait débarqué à Capelo- les étés ressemblaient plutôt aux étés de Bretagne ou de Normandie – mais pas aux étés torrides du midi méditerranéen. Véronique avait cherché une île calme avec des étés et des hivers doux pour cette deuxième vie après ces turbulentes années de vie d’artiste à Paris et à Berlin. Mais les changements climatiques semblent avoir « méditerranisé» les étés de Faial et en plus il semble attirer les touristes. Les flux touristes, qui autrefois n’existait pas, certes précise-t-elle c’est surement dû aussi au « Centro de Interpretação do Vulcão dos Capelinhos ». D’un autre côté le « tourisme » a aussi apporté un peu de « prospérité » et de « culture artistique » à Faial.

O Esconderijo à Cedros (25.09.2019)
O Esconderijo à Cedros (25.09.2019), © Christophe Neff, 09/2019

« Nick ‘s Hideway – O Esconderijo »  je l’ai découvert grâce à la première édition du guide « Azoren » de Michael Bussmann édite en 1999. Ce guide d’ailleurs est un phénomène, c’est certainement un des guides les plus complets sur les Açores – j’ai depuis 1999 acheté toutes les éditions de ce guide[11], [12].Je pense que pour tous les voyageurs lisant l’allemand et désirant découvrir les Açores, la lecture de ce guide est un véritable must pour un voyage aux Açores. D’ailleurs grâce à la 7 eme édition de 2019  de ce guide je viens de découvrir le restaurant  «Praya »  sur la plage d’Almoxarife, petit restaurant, avec une architecture remarquable, vue sur la plage, qui vaut certainement le détour. Revenons chez « Nick » à Cedros.

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Couverture du premier guide « Azoren » de Michael Bussmann

Décrite par la première édition du guide «  guide Bussmann », j’ai découvert Nick en 1999[13], – la petite terrasse penche sur un petit ruisseau lui-même ombragé par une luxuriante végétation, des « Monsteras » énormes, sous lesquelles on prenait l’apéro sur la terrasse !

Les chaumes des bambous balayées par les vents de l’atlantique, le timbre d’un curieux mélange de chansons françaises, cap verdienne, du folk et du rythme & blues baignant ce petit coin de Cedros. Dans mes souvenirs cette petit vallée était « sonorisée » par les voix de Georges Moustaki, Nicoletta, Georges Brassens, Cesária Évora, Madredeus, Joan Baez, Stephan EicherThe Doors et beaucoup d’autres voix que se perdent dans les souvenirs. Peut-être aussi du Wagner, « Tristan und Isolde », « Siefried Idyll », peut-être – mais les souvenirs lointains peuvent aussi devenir trompeurs, il y  a déjà longtemps que Nick a vendu son « restaurant » on the « wilde side ». Et comme l’écrivait le guide « Bussmann » –on trouvait le meilleur « bifteck » de l’île (voir aussi la note en bas de page 13 avec citation originale du guide « Guide Bussmann de 1999 » (en allemand)),  pas seulement les meilleurs steaks mais aussi les meilleurs Vins de l’ile de Faial. Au début du 2 IIème millénaire trouver de bons vins à Faial n’était pas si facile, les restaurateurs avaient toujours le problème de trouver un bon « importateur » pour « importer » de bons crus portugais ou français du continent vers le petit ilôt au milieu de l’atlantique. Mais depuis cela a aussi changé. Il y quelques années Nick a vendu son affaire aux néo-ruraux allemand  Hans Einwang venu du Chiemgau  – et Nick’s Hideway est redevenue «-

Relevé de végétation dans le jardin du O Esconderijo (25.09.2019 Cedros-Faial)
Relevé botanique dans le jardin du « O Esconderijo », © Christophe Neff, 09/2019

O Esconderijo [14] ». Le nouveau propriétaire a changé la formule du restaurant, fini le bon « bifteck » à la Nick, le restaurant propose une carte 100% végétarienne.  Nous n’avons pas eu la chance de déguster la nouvelle formule gastronomique propoése végétarienne par Hans, mais d’après le « Bussmann de 2019 » Hans propose une cuisine digne d’une belle table étoilé[15], [16].  Néanmoins le décor de la végétation luxuriante baignant le lieu  n’a pas changé et Hans le nouveau propriétaire nous a même permis de faire un relevé des plantes de ce décor végétal unique.

Oui, Capelo a changé, et je pourrais encore remarquer une centaine de petits détails. On pourrait aussi dire que l’ile de Faial s’est un peu plus rapprochée du continent. Au mois un, parfois deux vols par jours pour Lisboa, – en Septembre/Octobre 1999 il n’avait que 3 vols hebdomadaires pour Lisbonne. Le Jardin botanique de Faial (Jardim Botânico do Faial) qui était en 1999 un petit ilôt de jardin  minuscule est devenu un véritable centre de recherche scientifique – et en plus néanmoins c’est aussi devenu un véritable «jardin botanique », avec une très belle collection d’Orchidées, « l’Orquidário dos  Açores »  qui mérite vraiment une visite. Et si on a de la chance de tomber sur Marco Rosa on a même droit à une visite guidée en français. Je pense que pour tous les amateurs de « fleurs », de « botanique » le jardin botanique de Faial est une « étape incontournable ». Notons, que le livre « Natural History of the Azores (Histoire naturelle des Açores) » à qui j’ai consacré un billet dernièrement, est en vente dans la petite boutique du Jardin botanique.

Capelinhos Blick in die Reste des alten Zentralkraters September 2002
Le cratère principal du Capelinhos en Septembre 2002, © Christophe Neff, 09/2002

Et du fameux Capelinhos,  je n’en ai jusqu’ à présent pas parlé dans ce billet. Comme j’ai déjà écrit au début de ce billet, j’ai soumis début septembre 2019 un long article scientifique qui résume mes travaux botaniques sur le Capelions et  les champs de cendres de Capelo à la revue de géographie « Finisterra ». Mais c’était avant ce voyage à Faial de la mi-septembre 2019. L’ascension aux

Capelinhos forbidden( 23.09.2019)
accès interdit au volcan du Capelinhos/acces forbidden to the Capelinhos volcano /interdito o acesso ao vulcão dos Capelinhos , © Christophe Neff, 23.09.2019

Capelinhos est interdite depuis le dernier hiver (2018/19). Les tempêtes de l’hiver dernier ont gravement érodé le passage entre l’ancienne cote et le Capelinhos – et l’ascension du Capelinhos est devenue une dangereuse aventure. Difficile de recevoir un droit de passage – j’ai bataillé pendant une semaine pour enfin réussir d’obtenir cette autorisation.

Gruppenbild GP Azoren 2019 auf dem Capelinhos 28.09.2019
Avec les étudiants du KIT sur la paysages des cônes volcaniques du Capelinhos en Septembre 2019, © Carmen Schrötel 09/2019

Le samedi 28 septembre 2019 j’ai enfin pu faire mes relevées de plantes sur le Capelinhos avec 6 étudiants du KIT qui m’accompagnait. Du retour du Capelinhos deux rangers nous attendaient durant notre descente vers Porto Comprido. J’ai montré l’autorisation, mais les deux rangers m’avertirent que j’avais bien dû avoir deux autorisations, l’une pour pouvoir effectuer des travaux scientifiques et l’autre d’avoir la permission de « grimper » sur le Capelinhos. Donc pour la prochaine fois je saurai que j’aurais besoin de deux autorisations[17].

Mais j’ai de forts doutes qu’il y aura une prochaine fois ! J’ai quitté l’ile le Dimanche 29. Septembre. Début Octobre l’Ouragan Lorenzo (2019) a frappé les Azores de toutes forces. Je crains que cet ouragan qui frappe l’ile de Faial avec des vagues d’une hauteur d’une quinzaine de mètres ait définitivement interrompu l’accès terrestre au Capelinhos.

Dans ce billet j’ai décrit mes « impressions » très personnelles sur les changements des paysages et de la géographie de la partie occidentale de l’île de Faial, ce qu’on dénomme aussi « complexe de Capelo » ou « Complexe volcanique de Faial ». Le seul lieu qui ne semble pas avoir trop changé depuis le début du 2 -ème millénaire c’est le restaurant « Bela Vista » à Capelo/Areeiro – et si bien comme ça- on y trouve encore une très bonne cuisine açorienne traditionnel !

Il y eu beaucoup de changements à Faial, – mais les grands traits de la géographie sont les mêmes depuis des décennies, des centenaires, des millénaires – l’atlantique, le volcanisme, les tremblements de terre et les tempêtes & ouragans. Volcans, tremblements de terres, les dégâts des tempêtes ont assez souvent poussé les habitants de Faial vers l’émigration (USA, Canada, Brésil)  – mais d’une  autre partie Faial est aussi une terre d’immigration ….. pour des nouveaux arrivants du continents – qui pour des tas de raisons tentent  leur s« chances » ou simplement cherchent  « le calme » sur cette nouvelle terre – en attendant la prochaine éruption d’un volcan, d’un nouveau coup de séisme, d’une nouvelle tempête qui s’abat sur l’île.

« le jour se lève à Horta » 25.09.2019
« le jour se lève à Horta » , © Christophe Neff, 25.09.2019

Je tâcherai de revenir à Faial pour encore observer la dynamique de la végétation pionnière du Capelinhos. Peut-être aussi tenter enfin de faire depuis Faial le voyage vers Sao Jorge, une des rares iles des Azores que je ne connais pas encore[18] ! Sao Jorge, est à ma connaissance le seul endroit en Europe où on cultive le Café. Et naturellement, ramener des T-Shirts, des Polos de chez Peters, – pour mes enfants. Depuis 1999 de chaque voyage j’ai ramené des T-Shirts, des Polos de chez Peter’s pour mes enfants, – et si possible aussi d’ailleurs aussi un peu de thé des Açores. Le thé des Açores  de nos jours provient de l’ile de Sao Miguel, mais la culture du thé fut aussi pratiquée à Faial,  – les théiers font leur apparition à partir de 1872 à Faial comme produit de substitution aux orangeries des Faial, -l’orange  fut au 19 -ème siècle un des principales ressources économiques de Faial (voir aussi Rudel 2002, p.73/74). Toute cette histoire on peut la lire,  la relire dans le magnifique ouvrage de Christian Rudel sur les Açores « Les Açores: Un archipel au cœur de l’Atlantique » – et même si le livre a été déjà écrit en 2002, je pense, qu’ il présente encore de nos jours les principaux traits de l’histoire et de la géographie de l’Archipel des Açores. Concernant la Culture du thé aux Açores, on trouve une description très exhaustive dans le chapitre «  The Azores and Brazil (pages 713 – 718)» du livre « The Tale of Tea (la sage du thé)» de George van Driem (2019).  D’ailleurs ce livre est un véritable chef-d’œuvre sur le thé, je l’impression que l’auteur a réussi de réunir toute l’histoire, je dirais même tous le savoir sur le thé et sa culture, son histoire, sa géographie, oui même l’ethnolinguistique du thé, dans un seul livre.

Aufsetzten TAP Airbus Horta Castelo Branco Sept. 2000
Atterrissage d’un vol TAP en provenance de Lisbonne en Septembre 2000 a l’aéroport de Horta,  © Christophe Neff 09/2000

Pour les lecteurs de ce billet, qui aimerait savoir plus sur la nature, la géologie & géographie physique, l’environnement des Açores, je recommande la lecture du livre « Natural History of the Azores », livre dont je parle dans un des mes derniers billet ! Pour finir – et vue qu’on trouve des photos d’avion (ou prises d’avion) – sans avion il est quasiment impossible d’arriver à Faial. L’aéroport de Horta est un aéroport très spécial, – une piste ultra courte [19] – et surtout pas de ILS. Donc les conditions météorologiques peuvent souvent retarder même annuler un vol de ou vers Horta. Naturellement on peut aussi venir en bateau, voiliers à Faial,   mais il faut du temps pour traverser cette partie de l’atlantique.

Vulkan Sukz. Erica azorica Capelo September 2002
Pousse de « Erica azorica (bruyère des Açores)», une plante endémique des  Açores, sur les champs de cendres de Capelo, © Christophe Neff 09/2002

Concernant les images dans ce billet  – durant mes voyages aux Açores 1999 à 2008 j’ai principalement fait des « diapos » – une très grande partie de ces images attendent encore d’être scannées et digitaliseées[20].  En utilisant ces images on pourrait aussi construire aussi un « inventaire » des changements de paysages du « complexe de Capelo ». Mais ceci est une autre histoire, un autre défi. Donc presque pas d’images de mes premiers voyages vers Faial dans ce billet.

Je confie que j’ai écrit ce billet à partir de mes souvenirs, – je n’ai pas utilisé mes notes de voyages pour ce billet – ni de mon « Feldbuch » – il s’agit donc d’un récit personnel écrit en Octobre 2019, sorte de mémoires personnels sur mes voyages à Faial entre 1999 – 2019.

Photos toutes © Christophe Neff, sauf la photo « Avec les étudiants du KIT sur la paysages des cônes volcaniques du Capelinhos en Septembre 2019 » de © Carmen Schrötel

Livres & articles cités :

Bussmann, Michael (1999) : Azoren. Orignalausgabe 1999, Erlangen (Michael Müller Verlag),ISBN 3-932410-23-8

Bussmann, Michael (2019): Azoren. 7. komplett überarbeitete und aktualisierte Auflage , Erlangen, (Michael Müller Verlag), 978-3-95654-568-9

Driem, George van (2019): The Tale of Tea : A Comprehensive History of Tea From Prehistoric Times to the Present Day. Leiden, Brill, ISBN 978-9004386259

Forjaz, V.H (Ed.)(1997): Vulcão dos Capelinhos; retrospectivas vol. 1. [The Capelinhos Volcano: retrospectives Vol.1. ] Ponta Delgada: Observatório Vulcanológico e Geotermico dos Açores

Marrou, L. (2016): Insularité et dépeuplement : le cas de l’île de Flores aux Açores (Portugal). In : Espaces, Population, Sociétés.

Neff, C. (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288.

Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.

Neff, C. (2019): Observations de la dynamique végétale sur le volcan des Capelinhos (Île de Faial/ Açores /Portugal) , soumis/submitted to Finisterra le 02.09.2019 for Special number Finisterra, “Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions” edited by Carlos Neto.

Neff, C.; Bassing, S; Frankenberg, P. (2001): Das Bild der Azoren in Reiseführern – Klischee oder Realität? S. 165–174. In: Stier, B. (Hrsg.): Stadt und Land: Bilder, Inszenierungen und Visionen in Geschichte und Gegenwart; Wolfgang von Hippel zum 65. Geburtstag.

Pereira, Jorge Alberto da Costa; Calvet, Nuno (1995): Peter Café Sport. Texte en français. Lisboa

Rudel, C. (2002): Les Açores: Un archipel au cœur de l’Atlantique. Paris, (Karthala), ISBN 2-84586-254-7

Tabucchi, A. (1983): Donna di Porto Pim e altre storie. Palermo,  (Sellerio)

Trota, António Neves; Pereira, Maria João (2018) : Natural History of the Azores. Second revised updated edition. Ponta Delgada, Geotrota – Unipessoal Lda. ISBN 978-989-54137-0-6

Christophe Neff, écrit en Octobre 2019 à Grünstadt, publié le 3. Novembre 2019.

[1] Voir aussi le billet « Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn »

[2] L’article reprend les principaux traits d’un exposé du même titre que j’ai tenu durant la conférence « Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Praia, Cabo Verde, November 5-7, 2017 » à Praia au Cap Vert en 2017. Voir aussi « « Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017 ».

[3] De nos jours l’Hôtel s’appelé « AZORIS FAIAL GARDEN », ici le lien vers la présence web en portugais et en anglais. Malheureusement il n’y a pas de « page web » en français!

[4] Il n’y pas beaucoup de sources sur l’histoire de la base française à Flores – on trouve quelques lignes dans l’article de Louis Marrou  (2016): « Insularité et dépeuplement : le cas de l’île de Flores aux Açores (Portugal). In : Espaces, Population, Sociétés. »

[5] Voir aussi Neff, C: “ (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288.

[6] Le tenant du Bar « Fim do Mondo » c’était Domingos Andrade, qui fut parfois épaulé par son épouse Patricia.

[7] Si je me souviens bien, Patricia fut aussi le correspondant du Cape Code Times.

[8] Voir la description dans  “60 years of Capelinhos and the Azorean Refugee Act”, et “Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.”

[9] Voir aussi « Blognotice 10.12.2014: L’éruption du Pico do Fogo du 23.11.2014 – l’éruption oubléie …. »

[10] Un trouve un souvenir du « Bar Fim do Mondo » sur la page Facebook de Solange Viera – un petit film(en portugais) sur Domingos et Patracia Andrade les tenants du fameux « café des géographes ».

[11] En 2001 j’ai publié avec deux collègues (Sascha Bassing et Peter Frankenberg)  une petite analyse sur l’image et la perception des paysages des Açores dans le guide de voyage « Das Bild der Azoren in Reiseführern – Klischee oder Realität? S. 165–174. In: Stier, B. (Hrsg.): Stadt und Land: Bilder, Inszenierungen und Visionen in Geschichte und Gegenwart; Wolfgang von Hippel zum 65. Geburtstag. »

[12] „Hier da dort“ est le site des «journalistes de voyage » « Michael Bussmann & Grabriele Tröger ».

[13] Bussmann 1999, p. 326 «  Restaurante O Esconderijo, wie der Name schon sagt versteckt gelegen. Wurde 1997 von dem Schweizer Nick Stump eröffnet. Das Lokal ist bekannt für seine saftigen Steaks und ein ausgezeichnetes Lamm. Innen sehr gemütlich und liebevoll eingerichtet. Außen schöne Terrasse über einen Bach, der nur im Winter Wasser führt.“

[14] O Esconderijo = en français = la cachette

[15] Bussmann 2019, p.303 « Restaurante O Esconderijo ….. Für 20 Euro bekommt man ein Wahnsinns-4-Gänge Menu (angerichtet wie in der Sternegastronomie) inkl. Wasser und Getränk des Tages“. Vieles ist bio und von der Insel, manches aus dem eigenen Garten“

[16] On trouve aussi une belle description du O Esconderijo de Hans dans un billet de blog (en allemand) de 2016 du Weckenblog « O Esconderijo: Bei Hans gibt es das beste Essen der Azoren (le meilleur repas des Acores c’est chez Hans).

[17] Je pense publier les résultats des prospections botaniques & écologiques dans une revue scientifique

[18] En fait je connais ou je suis passé en escale à Flores, Pico, Terceira, Faial et Sao Miguel.

[19] La longueur de la piste à Horta est de 1595 m d’après l’article de wiki.en sur l’aéroport d’Horta (dernière consultation 30.10.2019).

[20] Dans ce contexte voir aussi « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. »

Botaniste – un livre qui invite à rêver de voyages, de plantes et de paysages lointains

botaniste livre couverture bandeauBotaniste – le livre écrit par Marc Jeanson et Charlotte Fauve est un beau petit livre qui invite à rêver de voyages, de plantes et de paysages lointains et même de paysages les plus proches. Des plantes qu’on peut trouver au coin de la rue chez soi. Comme Caryota angustifolia que l’auteur découvre dans la jungle urbaine de New York. « Un jour, c’est en regardant une pousse s’etirer dans cette jungle urbaine que j’ai decouvert un palmier, Caroyta angustifolia  Zumaidar & Jeanson – caroyte à feuilles étroite, tel est son nom, celui qui je lui ai donné. (Jeanson & Fauve (2019),  p. 10) »

J’ai découvert le livre dans le Monde, le 10 Juni 2019, – par la critique  de Lucien Jedwab  « Les botanistes, inlassables défricheurs  – Ecrit par Marc Jeanson et la journaliste Charlotte Fauve, un récit à l’écriture alerte explore la science du végétal sous toutes les coutures. ». Comme je fus immobilisé chez moi à Grünstadt à la suite d’une blessure de sport depuis fin juin, ce livre m’a permis de faire des extraordinaires voyages à travers le monde végétal des pays lointains, mais aussi faire revivre quelques souvenirs personnels de ma jeunesse étudiante, de ma vie professionnelle, de mes voyages. Naturellement ce n’était pas le seul livre qui m’a accompagné et qui m’accompagnait pendant ce long arrêt de travail de maladie. J’en n’ai même dévoré une quantité assez impressionnante.

Mais ce livre, me rappelait pendant que mon « rayon d’action se limitait à notre jardin, l’hôpital de Grünstadt, les sessions de kinésithérapie », à quel point j’aime la partie « terrain » de mon travail de scientifique, de géographe-écologue de l’ancienne école naturaliste (allemande). Et parfois je rencontre des phrases, qui me rappelaient ce que j’écrivais il y a quelques années dans paysages. «  Malgré d’appels d’éminents scientifiques un renouveau de de la taxonomie,  les naturalistes à l’ancienne, qui savent reconnaître  une plante, mais aussi reconnaître et expliquer son écologie et son fonctionnement deviennent une espèce en voie de disparition (Jeanson & Fauve (2019),  p. 115, 116)». Malheureusement c’est vrai, et cela devient de pire en pire, – j’avais écrit des lignes semblables, il y a maintenant presque trois ans dans le billet « Flâneries d’un phytogéographe sur le billet « Les fleurs qui rendent immortel » du blog « l’Aventura – le BD blog scientifique de Fiamma Luzzati ».

J’ai lu « botaniste » en utilisant ma petite bibliothèque « phytogéographique/botanique » privée, que je me suis constituée pendant presque trente ans de carrière, – j’ai surtout consulté « Field Guide to Trees of North America[1], Field Guide to  Trees of Southern Africa[2] et Guide to Trees introduced into Southern Africa[3] » – et je me suis rendu compte que le livre que je voulais m’acheter il y presque vingt-cinq ans « Palms throuhgout the World » ne figurait, n’existait pas dans ma bibliothèque privée.

Naturellement on peut bien lire botaniste, sans bibliothèque privée « phytogéographique /géobotanique » grâce à « Dr. Google, ou en utilisant Wikipedia. Dans ce contexte je me suis aperçu, que certains articles « botanique » sur Wikipédia sont parfois dans un triste état. Même chose sur les personnalités botaniques – sur Maurice Schmid dont les auteurs « dédient quelques fleurs écloses sur la  page 216 », – on trouve un petit article dans la Wikipédia  espagnole, mais malheureusement pas un mot dans la Wikipedia.fr . Mais enfin on trouve un arcticle assez complet sur Gérard-Guy Aymonin dans le Wikipedia.fr,  – dont le livre de Jeanson & Fauve porte le souvenir – et nous rappelle que Monsier Aymonin fut la mémoire vivante de l’herbier (p.64).

En lisant les lignes de « Botaniste », en consultant ma bibliothèque, en voyageant à travers plantes, jardins et paysages je me disais qu’on pourrait aussi éditer une version « Beau- livre » de Botaniste, avec une deuxième partie traitant chaque plante décrite dans le livre, avec un petit résumé décrivant taxonomie et écologie, carte de répartition historique et de répartition actuelle. Photos & images historiques, photo de planche d’herbier etc. Naturellement un tel livre, couterait le double voire le triple du livre actuel, et de plus cela serait peut-être là un autre livre. Naturellement le livre mériterait une traduction anglaise pour trouver aussi un public international. Peut-être même le beau livre dont je parlais gagnerait d’être édité dans une version bilingue français/anglais, car cela élargirait certainement le public pour un tel livre. En plus une traduction allemande du livre dans l’édition actuelle s’imposerait aussi, – même si les botanistes de terrains professionnels en Allemagne se rétrécit comme une peau de chagrin, nous avons ici une très large communauté de botaniste amateurs (pharmaciens, professeurs de lycée et de collèges, jardiniers &paysagistes etc.) qui s’intéressent aussi à l’histoire botanique.

J’ai beaucoup aimé ce livre, mais il faut être conscient qu’il nous parle d’un univers qui est de plus menacé. Je me demande parfois, qui dans quelques années sera capable de reconnaitre et identifier la « Valériane rouge (Centranthus ruber)» au coin de ma rue à Grünstadt, des Palmiers qui poussent dans mon jardin (Trachycarpus fortunei), les Pourpiers de Cooper (Delosperma cooperi) qui risquent un jour de s’échapper des jardins de la Unterhaardt, les violettes du Cap Leucate (Viola arborescens  Violette ligneuse), l’oiseau du Paradis (Caesalpinia gilliesii) qu’on retrouve ici et là dans le pays Leucatois[4] etc.. Et naturellement dans le livre de Marc Jeanson, on a parlé beaucoup de palmiers, car Marc Jeanson est un spécialiste des palmiers. Donc c’est aussi une lecture très enrichissante pour tous les amateurs de palmiers.

Et pour finir, – dès le début « Botaniste » m’avait émerveillé car il parlait de Michel Adanson. En Septembre dernier lors du dernier congrès Floramac à Madère j’ai tenu un exposé sur la description de la végétation de l’ile de Faial (Acores) par Michel Adanson[5]. Michel Adanson est un de ces grands botanistes, presque tombé à l’oubli de nos jours, dont nous parle ce petit livre avec une charmante légèreté. C’est peut-être même le grand exploit de ce petit livre, – il nous laisse revivre le monde des anciens botanistes de terrains, des jardins disparus et des herbiers, ces archives du vivant, du monde végétal.

Et pour finir, – Marc Jeanson est un des heureux botanistes qui a trouvé un poste de botaniste scientifique au Museum d’histoire naturelle, – il est responsable de l’herbier[6] et en plus il a découvert et décrit une nouvelle espèce de palmier « Caroyta angustifolia  Zumaidar & Jeanson[7] ». C’est une belle réussite professionnelle.

Personnellement, j’ai aussi eu de la chance, je suis un des rares géographes naturalistes, géobotanistes, même si je ne fais presque plus de recherche, mais beaucoup de travail d’administration et des cours, mais c’est le système allemand, qui peuvent bien vivre de leur travail, payer des études à leurs enfants etc…. Mais pour les jeunes doctorants, les Post – doc en botanique traditionnelle, écologie de paysages etc., – que ce soit en France, ou en Allemagne, hélas les perspectives professionnelles, je n’en vois pas trop actuellement! Nos sociétés parlent tellement de biodiversité, d’écologie de paysages, des bouleversements des écosystèmes, des changements climatiques …. Mais en réalité, à part quelques beaux discours du dimanche, nos sociétés ne sont pas prêtes à financer les postes de recherche nécessaires. Et en France, même si la situation n’est pas brillante, elle est encore meilleure qu’en Allemagne. De ces choses-là, qui font malheureusement partie du système de recherche actuelle, le livre ne parle presque pas. Mais ce n’était certainement pas son objectif.

A part cela, ce petit livre, est une merveilleuse lecture, qui permet de découvrir le fabuleux pays des botanistes, des herbiers et du monde végétal.

Bibliographie

Glen, Hugh; Van Wyk, Braam (2016): Guide to the Trees Introduced into Southern Africa. Cape Town, 2016, Struik Nature, ISBN 978-1-77584-125-8

Jeanson, M.L. ; Zumaidar, Y., Labat, J.-N. (2011). A New Species Of Caryota (Arecaceae, Coryphoideae) From Central And North Sulawesi. Systematic Botany Vol. 36, No. 3 (July-September 2011), pp. 600-604

Jeanson, Marc; Fauve, Charlotte (2019): Botaniste. Paris, Bernard Grasset, ISBN 978-2-246-85745-7

Jones, David L. (1995):        Palms : throughout the world. Washington D.C., Smithsonian Inst. Press, ISBN 1-56098-616-6

Kershner, Bruce; Mathews, Daniel; Neslon, Gil; Spellenberg, Richard (2008  ): National Wildlife Federation field guide to trees of North America. Foreword by  Craig Tufts, NWF Chief Naturalist. New York, Andrew Stewart Publishing, INC, ISBN 978-1-4027-3875-3

Wyk, Braam van; Wyk, Piet van (2016): Field Guide to Trees of Southern Africa. Second edition, fully revises and greatly expanded. Cape Town, 2013, Struik Nature, ISBN 978-1-77007-911-3.

Christophe Neff, ecrit et publie en aout 2019 à Grünstadt.

[1] Kershner, et al. (2008  ): National Wildlife Federation field guide to trees of North America. New York.

[2] Wyk & Wyk(2016): Field Guide to Trees of Southern Africa. Second edition. Cape Town.

[3] Glen & Van Wyk (2016): Guide to the Trees Introduced into Southern Africa. Cape Town.

[4] Concernant « Caesalpinia gilliesii » dans le pays leucatois voir aussi : Neff & Scheid (2005) Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, H. 9, 38-44.

[5] «Un premier aperçu de l’histoire de la description géographique, naturaliste et botanique des Açores : De Michel Adanson  à  la « « História Natural dos Açores » », communication orale, par Christophe Neff (KIT-IFGG), “FloraMac 2018, Funchal, Madeira, 12-15 September, 2018“

[6] Voir aussi « Marc Jeanson, une nouvelle espèce de botaniste. La trentaine toute juste passée, Marc Jeanson réinvente le métier de botaniste au sein de l’herbier du Muséum national d’histoire naturelle à Paris » Dans le Monde.fr (21.8.2014).

[7] Voir Jeanson, M.L. ; Zumaidar, Y., Labat, J.-N. (2011). A New Species Of Caryota (Arecaceae, Coryphoideae) From Central And North Sulawesi. Systematic Botany Vol. 36, No. 3 (July-September 2011), pp. 600-604

La fin du blog paysages sur les blogs LeMonde.fr – Das Ende des Blog « paysages » auf den Blogs von Le Monde.fr

Vue sur Leucate plage et Lido de Leucate (22.05.2018)
Vue sur Leucate plage et Lido de Leucate/Blick auf Leucate plage und den Lido von Leucate © Christophe Neff, 22.05.2018

Paysages prend fin, au moins dans sa version les blogs Le Monde.fr. Comme je l’ai déjà décrit dans mon avant dernier billet « La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr » le Monde a annoncé à ses abonnés bloggeurs que les blogs abonnés seront fermés le 5 juin  2019. Le blog paysages débuta le 24. Mai 2009 avec le billet « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? », suivit par « II. Un blog sur les paysages: ein kleiner Prolog auf Deutsch». Suivaient un peu plus de 420 articles, ceci est le 429ième, dont la plupart fut publiés en français, quelques billets aussi en allemand, et très très rarement aussi des billets en anglais, comme l’été dernier la notice « Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018 ». Donc paysages sur le Monde.fr fut principalement un blog francophone reflétant mes prises de positions, mes idées, mes lectures, mes paysages, et parfois même simplement une photo d’un train traversant un paysages….. Au début j’avais eu le projet de faire de paysages, – un vrai blog franco-allemand bilingue (français-allemand), mais au fil du temps, par manque de temps (obligations professionnelles, famille), je n’ai pas réussi à réaliser cette idée.  Rédiger un texte et ceci en plus dans deux langues nécessite du temps ! Le dernier texte édité en allemand fut le billet « Erinnerungen an die „märklinModerne“».

Les années « le Monde.fr » du blog paysages furent une aventure intéressante, enrichissante, – et je trouve dommage, que le Monde ferme ses blogs quasiment en catimini.  Des blogs intéressants, comme « près, loin » de Paul Edel, que je suis depuis son début en 2008, vont peut-être disparaitre de la blogosphère francophone, – et on  ne peut qu’espérer que des blogs comme « près, loin » pourront redémarrer sous un autre formule, sur une autre plateforme. D’ailleurs dans ce contexte, je suggère la lecture de « Virginia Woolf, sa dernière lumière d’été » de Paul Edel, un billet particulièrement réussi et peut-être le dernier billet de Paul Edel dans les blogs le Monde.

On peut toujours se demander pourquoi le Monde ferme-il ses blogs abonnés. Les raisons techniques (voir ici) données par le Monde ne me semblent guère convaincantes. Ce qui me semble sûr c’est que les blogs et la blogosphère ont énormément évolué depuis les débuts des blogs le Monde. Les réseaux sociaux, Facebook en première, ont sûrement changé une très grande partie du paysage médiatique  francophone des dernières années. Pas seulement le paysage médiatique francophone, mais ceci est certainement un phénomène global,  cela concerne d’autres pays, et aussi l’Allemagne – et concerne aussi tous les domaines de la presse écrite.

Le blog paysages prend fin sur le Monde.fr. On trouvera à la fin de ce petit billet (après la partie allemand) un tableau des cinq articles les plus consultés de paysages durant la période le Monde.fr. Après avoir sauvé le contenu de mon blog je tenterai de relancer « paysages » sur une autre plateforme durant les prochaines semaines.

Et pour finir, – après 10 ans de blogs paysages sur le Monde.fr, blog qui au moins au début voulait aussi témoigner des relations franco- allemandes, je constate que le fossé qui sépare la France et l’Allemagne, en dépit de tous ces discours de Dimanche (Sonntagsreden en allemand) sur l’importance de l’amitié franco-allemande, ne cesse de s’agrandir. J’ai  l’impression qu’en fait, il ne fut jamais si grand qu’en ce moment. En écrivant mon dernier post sur ma première rencontre avec Notre-Dame de Paris en 1981, j’avais  l’impression que c’était bien au temps de François Mitterrand et de Helmut Kohl que les relations franco-allemandes avaient certainement atteint leur sommet, et ce fossé culturel qui sépare la France de l’Allemagne était alors certainement beaucoup plus étroit que de nos jours. Parfois il me semble que de nos jours ce n’est pas un fossé culturel qui sépare l’Allemagne et la France, mais un océan d’incompréhension mutuelle.

622 034 file vers Ramsen (19.02.2019)
622 034 file vers Ramsen/622 034 fährt in Richtung Ramsen (Herxheim am Berg), © Christophe Neff, 19.02.2019

Paysages geht zu Ende, zumindest in der Version les „blogs le Monde“. Wie ich es schon zuletzt in „« La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr » beschrieb, hat le Monde seinen Bloggern mitgeteilt, dass die Abonnentenblogs auf le Monde.fr zum 5. Juni 2019 geschlossen werden. Paysages begann am 24.Mai 2009 mit dem Beitrag „« I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? », gefolgt von « II. Un blog sur les paysages: ein kleiner Prolog auf Deutsch». Danach folgen etwas mehr als 420 Artikel, dies hier der 429. Die meisten dieser Artikel wurden auf Französisch verfasst, einige auf Deutsch, und sehr sehr wenige auch auf Englisch, wie beispielsweise der im Sommer 2018 verfasste Beitrag „Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018“.

Damit war paysages ein vorzugsweise französischsprachiger, ein francophoner Blog, in den ich meine persönlichen (manchmal politischen) Ansichten (prises de position), meine Ideen, meine Lektüren, meine Landschaften beschrieb und manchmal nur ein Bild eines durch eine Landschaft fahrenden Zuges zeigte. Am Anfang von paysages stand eigentlich die Idee, aus paysages ein deutsch-französischen Blog, einen zweisprachigen Blog zu gestalten, aber diese Idee konnte ich letztlich aus Zeitmangel (berufliche Zwänge, Familie etc.) nicht umsetzten. Einen Text in zwei Sprachen zu verfassen braucht einfach Zeit. Der letzte in Deutsch verfasste Beitrag auf paysages war „Erinnerungen an die „märklinModerne“.

Die Le Monde Jahre von paysages waren ein interessantes Abenteuer, eine bereichernde Zeit, und ich finde es schade, dass der Monde seine Blogs quasi im Verborgenen schließt. Lesenswerte Blogs wie beispielsweise « pres, loin » von Paul Edel, dem ich seit seinem Beginn 2008  folge, werden vielleicht von der frankophonen Blogosphäre verschwinden. Man kann eigentlich nur hoffen, dass Blogs wie « pres, loin » von Paul Edel unter einer anderen Form, auf einer anderen Plattform wiederauferstehen werden. In diesem Zusammenhang empfehle ich die Lektüre von „Virginia Woolf, sa dernière lumière d’été“ ein bemerkenswerter und vielleicht der letzte Blogbeitrag von Paul Edel auf le Monde.fr.

Die Frage wieso Le Monde.fr seine Blogs einstellt bleibt unbeantwortet. Die Gründe die Le Monde.fr angibt (siehe hier auf frz,), d.h. technische Gründe durch geplante Veränderungen in der Internetpräsenz von Le Monde.fr, erscheinen nicht überzeugend zu sein. Was sicher zu sein scheint ist, dass die Blogosphäre seit dem Beginn der Blogs auf Le Monde.fr sich sehr verändert hat. Die sozialen Netzwerke, insbesondere Facebook, haben die francophone Medienlandschaft erheblich verändert. Das betrifft, d.h. die Dominanz der sozialen Netzwerke, natürlich nicht nur die francophone Medienlandschaft, sondern auch andere  Länder wie z.B. Deutschland. Es ist ein globales Phänomen, welches vor allen den Printmedien weltweit zu schaffen macht.

Die Zeit von paysages auf le Monde.fr geht zu Ende. Am Ende dieses zweisprachigen Blogbeitrages befindet sich eine Zusammenstellung der fünf Artikel von paysages die am häufigsten konsultiert, ja ggf. sogar gelesen wurden.

Ich werde in den nächsten Wochen versuchen die Inhalte von paysages zu erhalten – und paysages in anderer Form auf einer anderen Plattform neu zu starten.

le Rhin - frontière franco-allemande à Lauterbourg (17.08.2017)
le Rhin – frontière franco-allemande à Lauterbourg / der Rhein – deutsch-französische Grenze bei Lauterbourg © Christophe Neff 17.08.2017

Und am Ende noch eine Bemerkung zu den deutsch-französischen Beziehungen. Nach zehn Jahren paysages auf Le Blogs le Monde – und paysages wollte zumindest in den Anfängen auch ein deutsch französischer Blog sein – muss ich feststellen, dass der Graben der Frankreich und Deutschland trennt, trotz aller Sonntagsreden über die wichtige, gar lebensnotwendige Bedeutung der deutsch-französischen Beziehungen, noch nie so groß war wie heute. Als ich meinen letzten Blogbeitrag über meine erste Begegnungen mit Notre Dame de Paris im Jahre 1981, als ich mit dem Fahrrad von Schramberg fuhr, verfasste, kam ich zum Schluss, dass die deutsch-französischen Beziehungen in den Zeiten von Helmut Kohl und François Mitterrand wohl am besten gediehen, dass der Graben der beide Länder trennt, zu dieser Zeit wohl am engsten war. Zurzeit will es mir manchmal so erscheinen, als würde unsere beiden Länder Frankreich und Deutschland nicht von einem kulturellen Graben getrennt, sondern von einem Ozean von gegenseitigen Un- und Missverständnissen.

Et voici les cinq articles les plus lus sur paysages. Und hier die 5 am häufigsten gelesenen Artikel auf paysages

Photos/Bilder toutes/alle © Christophe Neff

Christophe Neff, Grünstadt 23.04.2019

De Schramberg à Paris en vélo – souvenirs de ma première rencontre avec « Notre – Dame de Paris»

Detail Notre-Dame -de-Paris (Westportal)

Je venais juste d’avoir dix-sept ans. J’arrivais en vélo, depuis Schramberg en Forêt-Noire,  après avoir traversé la Forêt-Noire, les Vosges via le Col de la Steige, la Lorraine en passant par Colombey les Deux Églises. En fait c’était un pari avec mes camardes cavaliers du club d’équitation de Schramberg  du Beschenhof à Schramberg-Sulgen, – que j’arriverais  à faire le trajet « Schramberg- Paris » en trois jours en vélo. La nuit tombant, longeant la Seine, Quai de la Tournelle, Quai de Montebello je découvris la silhouette de la Cathédrale Notre-Dames de Paris. J’en fu ébloui, et ébloui je continuais à forcer les pédales, j’avais encore  les Champs-Élysées  devant moi, avant d’enfin arriver à la Place de l’Etoile. En fait, je ne me rappelle plus très bien si les frères et sœur Laetitia & Bruno M., m’avaient cherché en voiture  avec leur père, à la Place de l’étoile ou à la Porte Maillot, mais je pense que ce fut la Porte Maillot. Mais je me rappelle encore très bien les pavés des Champs-Élysées, j’étais crevé il faisait nuit, et comparé à la Haupstrasse de Schramberg, il y avait une circulation assez dense.

Laetitia et Bruno, que je les ’avais connus au camping de Mus, dans le Gard pas loin de Vergèze. C’est au camping du Mus, ce camping qui longeait la voie ferrée Nîmes – Montpellier, qu’on avait passé l’été 1980 en famille avec la tante et l’oncle alsacien, – mon grand-père Jean Migliori était malade, mourant – et nous passions les journées soit à l’hôpital à Nîmes, soit chez la grand-mère à Aubord, – soit parfois à la plage au Grau – du – Roi ou à La Grande Motte, ou simplement à la petite piscine de Calvisson. C’était en 1980 et il y avait encore des trains de marchandise sur la ligne de Chemins de Fer Nîmes- Sommières -Le Vigan. On pouvait voir passer le train du soir vers Le Vigan, en fin d’après-midi depuis la piscine de Calvisson.  D’une part ce fut un été triste, car je perdais mon grand-père, – mais le chagrin n’était pas trop douloureux, grâce aux amitiés de vacances de camping comme Bruno et Laetitia. Donc en été 1981 je leurs rendis visite en faisant le trajet Forêt-Noire – Paris en vélo.

Voyant « Notre Dame » en flammes, ce soir du lundi 15 avril 2019 sur mon écran notebook, je me suis souvenu comment j’ai aperçu dans les derniers rayons de soleil d’un soir d’été en 1981 depuis mon vélo la vielle « Dame ». Mes visites de « Notre Dame », la première tout de suite après avoir débarqué à vélo à Paris, où j’avais entre autres visité une partie de la charpente, cette forêt de poutres. Je suis revenu plusieurs fois depuis rendre visite à la vielle dame, la dernière fois je pense ce fut durant un congrès en 2002[1]. En fait je  ne logeais qu’à quelques pas de l’Île de la Cité , le congrès se tenait à la Sorbonne. C’était d’ailleurs aussi la dernière fois que je mis les pieds à Paris intra-muros. Depuis j’ai vu assez souvent Notre Dame et aussi la tour Eiffel depuis l’avion traversant le ciel de Paris, les avions reliant Francfort à Lisbonne survolent assez souvent Paris. Et naturellement beaucoup de changements d’avion à CDG ou à Orly, sans mettre les pieds en dehors de l’aéroport. Le contact avec Bruno & Laetitia s’endormit pendent mon bac, le service militaire, -mes stages d’application d’officier de réserve à la Bundeswehr etc. Les flammes de Notre Dame ont fait ressurgir les souvenirs de ma première rencontre avec Notre Dame en 1981, de l’été passé chez Laetitia & Bruno – et ceci après presque 38 longues années.

Voyant la toiture de Notre Dame dévorée par les flammes j’avais l’impression que le cœur de la France éternelle saignait. Notre Dame de Paris n’est certainement pas la seule église avec laquelle j’ai disons un lien affectif spécial. La Cathédrale de Strasbourg certes, – pour diverses raisons familiales & personnelles, mais aussi historiques comme par exemple le serment de Koufra « « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg » ou pour ainsi dire où souvenirs personnels et histoires convergent, – pour ma grand-mère Germaine Migliori, qui décéda en 2011, c’était certainement son église, sa cathédrale. Dans mes souvenirs d’enfance[2] – la cathédrale de Strasbourg fut certainement la plus grande, la plus impressionnante et certainement la plus belle des Cathédrales.

Ou la petit église St.Nickolaus à Buchenberg (Königsfeld), église presque millénaire, certainement une des plus anciennes églises de Forêt – Noire, qui est tellement inconnue, dont on ne trouve même pas d’article Wikipédia, et je parle ici de wikipedia.de. Perdue au fond de la Forêt – Noire elle attend d’être découverte par le pèlerin à la recherche d’églises romanes dans le Sud de l’Allemagne. Ou par exemple les vitraux de la Cathédrale Saint-Paul d’Abidjan m’ont laissé un souvenir inoubliable. Ou  le silence du Prieuré de Serrabone sur les contreforts du Canigou,- mais apparemment je dirais que dans ma géographie imaginaire- Notre Dame de Paris et l’Ile de la Cité est le cœur de la France éternelle – ou le centre de ma géographie imaginaire de la France.

En voyant les blessures et les séquelles que l’incendie de dimension dantesques a laissées derrière soi, je disais à ma fille Viola, que je ne pensai pas voir de mon vivant la Cathédrale de Notre Dame reconstruite, – en tous cas pas la « forêt » de la charpente de la toiture. Dans ce contexte les annonces du gouvernement, de reconstruire la cathédrale en cinq ans, me semble être très ambitieuses, et parfois je me demande si en dehors des travaux de stabilisation et de sécurisation où la vitesse s’impose,- il  ne serait peut-être pas nécessaire de prendre plus de  temps de réflexion, à réfléchir à ce que l’on veut reconstruire[3]. La reconstruction d’un bâtiment millénaire, où l’histoire, l’imaginaire[4], le temps et même divers architectes on laissé leurs traces[5], nécessite je pense un temps d’analyses, de réflexion. Consolider avant de rebâtir à la hâte, me semble être une meilleure option[6].

Peut-être me suis-je trompé en disant à ma fille que je ne verrai pas de mon vivant Notre Dame de Paris reconstruite. Je ne le sais pas. Je sais par contre, que grâce à la formidable action des pompiers de Paris, le pire a été évité, – « Fluctuat nec mergitur » – battue par les flots de l’histoire elle ne sombre pas !

La Cathédrale de Notre Dame en flammes m’a fait ressurgir le souvenir, de l’été 1981 – une aventure en bicyclette entre Schramberg et Paris, l’Île de la Cité, le quai de Montebello, la  charpente dite la « forêt »  de Notre Dame. En 1981, c’était déjà un monument très apprécié par les touristes, mais l’affluence n’était en aucun cas comparable aux masses de touristes de nos jours. On pouvait encore, après avoir gravi les 387 marches pour attendre le sommet de la tour sud paisiblement regarder les flots de la Seine s’écoulant sous le petit pont, les bouquinistes sur les quais de la Seine, –  c’était un peu le paysage – dont nous parlait notre livre de français au Gymnasium Schramberg. Le livre s’appelait « Salut »,  et entre 1975 -1985 de milliers de lycéens allemands du Bade-Wurtemberg apprenaient leurs premiers mots de français, dans un paysage imaginaire que ce livre d’apprentissage de français dessinait  entre « Boul  Mich » et l’Île de la Cité. C’était très loin de l’image du roman de Victor Hugo sur Notre Dame de Paris. Mais ce fut aussi une découverte des paysages de Paris. La plupart de mes collègues bacheliers ont surement découvert « Notre Dame de Paris », comme d’ailleurs moi-même par le film de  Jean Delannoy  sur le scenario de Jean Autrèche et de Jacques Prévert se basant sur le roman de Victor Hugo avec l’interprétation inoubliable de Gina Lollobrigida dans le rôle d’Esméralda[7].  Plus tard j’ai lu des extraits du livre dans la bibliothèque de mes grands-parents à Aubord. C’était un volume des Œuvres complètes de Victor Hugo du Club français du livre édité par Jean Massin. Peut-être un jour relirai- je le roman de Victor Hugo – sûrement en version poche – car Œuvres complètes de Victor Hugo du Club français du livre édité par Jean Massin dans leurs reliures rouges si caractéristiques semble avoir disparu dans les méandres du temps de l’héritage familial.

Et naturellement je reviendrai sur les lieux de ma jeunesse, pour voir comment progressent les travaux de reconstruction de « Notre-Dame de Paris », et pour me souvenir d’un voyage en vélo de Schramberg à Paris à travers la Forêt – Noire et les Vosges, l’ascension du Col de la Steige. C’était 1981, quelques semaines après l’élection de François Mitterrand, le peuple de gauche fêtait la victoire (on a gagné !!!)[8]  – et moi j’étais jeune – et je fêtais surtout ma jeunesse.

Quelques 15 années plus tard je suivais les obsèques de Mitterrand à Notre Dames de Paris à la télé[9], – la voix de Barbara Hendricks, les mots du Cardinal Lustiger,  les larmes de Helmut Kohl résonnaient dans Notre Dame et sur nos écrans de téléviseurs et ceci même en Allemagne….[10]

Photo(s) prise(s) par ma fille, Viola Veronika durant une visite de Notre Dame, en aout 2015  (© V.V. Neff 2015, © blog paysages 2019)

 

Sources & Ouvrages citées :

Filippetti, Aurélie (2003) : Les derniers Jours de la classe ouvrière. (Stock – Le Livre de Poche), ISBN 2-253-10859-6

En plus différentes versions de « Notre-Dame de Paris. 1482 » de Victor Hugo.

Christophe Neff, écrit pendant la semaine sainte 2019, publie le Samedi 20.04.2019

P.S. : C’est certainement un des derniers billets de paysages dans sa formule « Les Blogs Le Monde ». Comme je l’ai déjà décrit dans le précédent billet, le Monde va fermer les blogs abonnés le 5. Juin 2019.

[1] Ce fut la participation au Congrés „Environmental dynamics and history in Mediterranean areas, Paris, Universite de Paris-Sorbonne, 24-26 avril 2002

[2] Avant de déménager à Aubord dans le Gard, mais Grand-parents habitait à Eckbolsheim près de Strasbourg, – et je passais beaucoup de temps chez eux, voir aussi : « Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr (24.4.2011) » et « Blognotice 22.01.2013: pensées personnelles franco-allemandes sur le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée ».

[3] Voir aussi le tweet d’Aurélie Fillipetti  « Reconstruire…bien sûr. Mais pourquoi tant de hâte? Pour nous rassurer de quoi? Serions-nous incapables d’accepter une part d’irrémédiable? Même refaite à l’identique NotreDame ne sera jamais la même; cet incendie est inscrite dans son histoire. Prenons le temps de la tristesse. »

[4] Voir aussi par exemple Anne-Marie Thiesse « Avec Hugo, Notre-Dame est devenue la cathédrale de la nation » dans le Monde (MERCREDI 17 AVRIL 2019,p.14) (version électronique ici), ou Raphaëlle Leyris « Une « cathédrale de poésie » devenue source d’inspiration pour la littérature  D’innombrables écrivains, à la fois français et étrangers, ont chanté dans leurs écrits les louanges du majestueux édifice, à l’image de Victor Hugo »  (MERCREDI 17 AVRIL 2019,p.13) (version électronique ici).

[5] Voir aussi l’article de Laurent Carpentier « Viollet – le – Duc, restaurateur de mythes. L’architecte français réinventa Notre Dame de Paris au XIXe siècle, en se référant à un Moyen Age revisité » dans le Monde, SAMEDI 20 AVRIL 2019, p.24, version électronique voir ici.

[6] Dans se contexte je suggere de lire « Notre-Dame : pour une cathédrale du XXIe siècle », l’editorial du Monde du 18.04.2019 (Éditorial du Vendredi 19 avril 2019,p.30 dans la version imprimée du Monde)

[7] Sur le rôle du cinéma dans l’imaginaire de Notre Dame, voir aussi « Au cinéma, le joyau gothique piégé dans le rôle que lui a écrit Hugo La cathédrale parisienne doit l’essentiel de sa carrière – essentiellement hollywoodienne – au roman de l’écrivain » de Thomas Sotinel dans le Monde du MERCREDI 17 AVRIL 2019, p.13.

[8] Très belle description de l’ambiance festive après la victoire de François Mitterrand en 1981 dans le chapitre« Le Grand Soir » du roman autobiographique « les derniers jours de la classe ouvrière » de Aurélie Filipetti. Au début de paysages j’avais déjà écrit quelques mots sur ce roman dans les billets «I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? », «  Blogroll : Aurélie Filippetti »,  et puis pour la sortie de la traduction allemande du livre ceci « Blognotice 03.12.2014: La traduction allemande de « La fin de la classe ouvrière » d’Aurèlie Filippetti dans les 20 livres à lire du Literaturherbst 2014 du Spiegel-online ».

[9] Sur le rôle de Notre Dame dans l’histoire de France voir par exemple « Une cathédrale dans l’histoire Construit il y a plus de 850 ans, l’édifice a été témoin des grands événements qui ont marqué le pays » le récit de Jérôme Gautheret dans le Monde (MERCREDI 17 AVRIL 2019, p.12)(version électronique ici)

[10] Document Ina sur les obsèques de François Mitterrand à la Cathédrale Notre-Dame de Paris. A voir ici !

La fin annoncée des blogs abonnées du Monde.fr, la fin du blog paysages sur les blogs leMonde.fr

Le Monde fin du blogLe lundi 10 avril 2019 je recevais un email, comme apparemment tous les bloggeurs abonnés du monde, annonçant la fermeture prévue pour des blogs abonnés du Monde pour le 5. Juin. « « Chère abonnée, cher abonné, Vous recevez cet e-mail parce que vous avez ouvert en tant qu’abonné un blog hébergé sur le site du Monde. Ce service prendra fin le 5 juin 2019. Cette fermeture est liée aux évolutions techniques de notre site Internet. A compter du 5 juin, votre blog ne sera plus accessible, et ses contenus, y compris les photos et textes, seront supprimés. Vous disposez de deux mois pour sauvegarder vos contenus et nos équipes vous accompagneront dans cette démarche. Vous recevrez dans les prochains jours un e-mail expliquant de façon détaillée la procédure à suivre pour sauvegarder l’ensemble de vos contenus. Nous vous remercions pour votre fidélité, L’équipe abonnement du Monde »»

J’étais assez étonné de recevoir cet email, – et je me demande encore pourquoi le Monde ferme ses blogs abonnés. D’ailleurs, à une exception près – le billet « 10/04/2019 : Le blog du droit électoral en attente… le Monde.fr va-t-il fermer les blog abonnés ? » du blog « le blog du droit électoral » les bloggeurs le Monde ne semblent pas avoir réagi jusqu’ aujourd’hui. Dans les médias traditionnels, et même dans la blogosphère francophone, on ne trouve que de rares réactions éphémères sur la fin annoncée des blogs abonnés le Monde.fr. Le fameux email qui nous explique comment sauvegarder l’ensemble de nos contenus, – je ne l’ai jusqu’à présent jamais reçu, mais je viens de trouver une page « Mode d’emploi pour sauvegarder les contenus de votre blog » sur le Monde.

Dans ce « Mode d’emploi », il est suggéré de créer un nouveau blog chez wordpress.com et d’y importer le contenu de l’ancien blog leMonde.fr sur le nouveau blog.  J’avais déjà songé à cette possibilité, de redémarrer paysages (ou un nouveau blog) sur wordpress.com, mais il y aussi la possibilité à laquelle j’ai  aussi pensé ; de redémarrer avec le système de gestion de contenu wordpress.org chez un autre hébergeur de site. En fait en Allemagne, et je pense en France aussi, il y assez d’ hébergeurs de blogs, qui se sont spécialisés pour  héberger des blogs (et autres produits) sur les bases de wordpress.org. Mais comme le suggère le Monde il me semble que la solution la plus facile est la création d’un nouveau blog chez wordpress.com et d’importer le contenu de l’ancien blog le Monde.fr.

Je me demande pourquoi la direction de Monde vont abandonner les blogs. Dans l’email qui nous annonce la fermeture des blogs le Monde,  la fermeture est censée être due aux évolutions technologiques des sites internet le Monde. Si je me souviens bien, le début des blogs étaient bien une décision rédactionnelle du Monde, – et pendant les premières années des blogs abonnés,  on essayait même d’attirer des nouveaux lecteurs vers Le Monde avec les blogs le Monde. En fait il y a à peu près dix années, dans la médiasphère francophone, on  parlait beaucoup des blogs le Monde. Vu cela, l’annonce de la fermeture des blogs le Monde, ressemble bien à une action en catimini.

Paysages va donc, après presque dix années d’existence sur le blog le Monde, – paysages débutait avec « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? »  le 24. Mai 2009, disparaitre, au moins dans sa version leMonde.fr. J’espère que je pourrai le faire revivre sous une autre forme.

Je trouve assez dommage de fermer ce formidable « paysage » que formaient les blogs le Monde, quasiment en catimini sans aucune explication rédactionnelle.  Un des blogs que je lisais régulièrement depuis son début « C’est partie » est le Blog  « les panissières » de Claude Bachelier, et dont le dernier billet  « la France et la mort de Iossif Vissarionovitch Djougachvili » mérite qu’on s’y arrête pour une lecture approfondie. Tout ce paysage va disparaitre avec la fin annoncée des blogs le Monde.fr, même si dans le cas de Claude Bachelier, on trouve une partie des billets publiés dans « les panissières » dans son second blog « claude bachelier ». Mais retrouvera-t-on  les billets de « Citoyen et Cie » après la disparation des blogs le Monde ? Est-ce que l’auteur de ce blog le Monde aura le courage et la patience de redémarrer son blog chez wordpress.com ?

Dans ce contexte, j’aimerais aussi rappeler le départ de la République des livres des blogs le Monde, – même si cela concerne un autre registre, car si je me rappelle bien il s’agissait d’un blog invité. Tous les billets écrits par Pierre Assouline durant la période des Blogs le Monde.fr de la république des livres, ont disparu de la blogosphère. Parfois atterrissent sur paysages des lecteurs qui recherchent les traces de « Visconti, une vie de condottiere » la critique de Pierre Assouline sur la réédition de la biographie en version folio de Visconti de Laurence Schifano. Ce sont apparemment les seules traces qui restent des années de la République des livres sur les blogs le Monde.

Concernant la suite de paysages, je ne sais pas encore, comment entamer la suite. Les (rares) réponses des bloggeurs le Monde sur leurs efforts de transférer leurs blogs sur la page réactions ne sont jusque à présent pas très encourageantes. En plus en rédigeant ses lignes je découvre que « paysages » vient d’être victime d’un content scraping (a voir ici) par readtiger.com.

Et enfin, j’aimerais comme tant d’autres bloggeurs abonnés du Monde.fr savoir pour quelles raisons ce service est-il supprimé?

Néanmoins,  je ne sais pas encore trop comment poursuivre « paysages », – et même si je trouve la façon dont le Monde met fins aux blogs abonnés les Monde assez étrange, ces presque dix années de bloggeur sur le Monde.fr étaient après tout aussi une expérience assez enrichissante.

Livres cités :

Schifano, Laurence (2009): Visconti – une vie exposée. Édition augmentée. (Collection Folio/Éditions Gallimard), Paris ISBN 978-2-07-034808-4

Christophe Neff, le 14.04.2019

Frühlingsbeginn und Mandelblüte 2019 an der Unterhaardt/ Début de printemps 2019 et floraisons des amandiers dans la Unterhaardt

Mandelbüte Grünstadt- Sausenheim 02.03.2019
Mandelbüte Grünstadt- Sausenheim 02.03.2019, © Christophe Neff

Wie schon in den Jahren zuvor (2015, 2016, 2017, 2018) folgt hier eine kurze Notiz über das phänologische Frühjahrsgeschehen in  Grünstadt, der Unterhaardt und dem Leiningerland. Den ersten blühenden Mandelbaum dieses Jahres entdeckte ich in Grünstadt in der Sausenheimer Strasse, am Freitag den ersten März[1]. Ein paar Tage später konnte man in Herxheim am Berg und auch in Grünstadt die ersten blühenden Osterglocken entdecken.

Mandelblüte (Grünstadt, Sausenheimerstr.), 10.03.2019
Mandelblüte (Grünstadt, Sausenheimerstr.), 10.03.2019

Comme déjà dans les années (2015,2016, 2017, 2018 ) voici quelques observations phénologiques sur le début du printemps à Grünstadt, la Unterhaardt et le Leiningerland. Mon premier  amandier en fleurs je le découvris le vendredi premier mars à Grünstadt dans la Sausenheimer Strasse[2]. Quelques jours plus tard on pouvait observer les premières narcisses en fleurs à Herxheim am Berg et à Grünstadt.

Photos :  Alle/Toutes © Christophe Neff

Christophe Neff le 11.03.2019

[1] Zu Mandelbaumblüten findet man in paysages noch folgende Beiträge: „Blognotice 17.3.2012“, „Blognotice 06.01.2013: sur les fleurs d’amandiers“, „Blognotice 13.04.2013 – le printemps est arrivé dans la Unterhaardt, Blognotiz 02.03.2015: Erste Mandelblüten in Grünstadt/premières fleurs d’amandiers à Grünstadt (zweisprachige Blognotiz/billet bilingue dt./fr.)“, „Blognotiz 01.03.2016: Phänologische Betrachtungen an der Unterhaardt/ Observations phénologiques dans la Unterhaardt (zweisprachige Blognotiz/billet bilingue dt./fr.)“ , „Blognotiz 29.03.2017: Phänologische Betrachtungen zum Einzug des Frühlings im Leiningerland/ Observations phénologiques sur le début du printemps dans le Leiningerland (zweisprachige Blognotiz/billet bilingue dt./fr.)“, sowie „Märzwinter und Frühlingsbeginn 2018 an der Unterhaardt/ Hiver de Mars et début de printemps 2018 dans la Unterhaardt“.

[2] Concernant la floraison d’amandiers on trouve les billets suivants dans paysages: « Blognotice 17.3.2012“, „Blognotice 06.01.2013: sur les fleurs d’amandiers“, „Blognotice 13.04.2013 – le printemps est arrivé dans la Unterhaardt, Blognotiz 02.03.2015: Erste Mandelblüten in Grünstadt/premières fleurs d’amandiers à Grünstadt (zweisprachige Blognotiz/billet bilingue dt./fr.) » « Blognotiz 01.03.2016: Phänologische Betrachtungen an der Unterhaardt/ Observations phénologiques dans la Unterhaardt (zweisprachige Blognotiz/billet bilingue dt./fr.) », « Blognotiz 29.03.2017: Phänologische Betrachtungen zum Einzug des Frühlings im Leiningerland/ Observations phénologiques sur le début du printemps dans le Leiningerland (zweisprachige Blognotiz/billet bilingue dt./fr.) » et « Märzwinter und Frühlingsbeginn 2018 an der Unterhaardt/ Hiver de Mars et début de printemps 2018 dans la Unterhaardt».

Et finalement les premières neiges sont arrivées à Grünstadt durant la nuit du 15 au 16 décembre 2018

Neiges sur fleurs et fruits d'Arbousier Grünstadt WR 16.12.2018
Neiges sur fleurs et fruits d’Arbousier Grünstadt WR © Christophe Neff 16.12.2018

Et finalement les premières neiges sont arrivées à Grünstadt durant la nuit du 15 au 16 décembre 2018. De retour d’un petit weekend end de vacances en Forêt Noire, où les neiges d’hiver recouvraient déjà  sols et toits de la ville de Freudenstadt et  les Grinden du Nordschwarzwald  je découvrais mes arbousiers couvert des premières neiges le dimanche 16 décembre à Grünstadt. A Grünstadt pour une fois de plus la couverture neigeuse n’était que d’une durée éphémère,- le mardi 18 tout avait déjà disparu. Pour finir ce petit billet de neige  –  je rappelle ici les dates des premières chutes de neiges à Grünstadt depuis 2009,  – en 2012 la neige est arrivée à Grünstadt le 27.10.2012, en 2011 le 18.12.2011, en  2010 vers la fin novembre, et en 2009 dans la nuit du 12 au 13.decembre 2009. L’hiver 2013-2014 fut un hiver sans neige à Grünstadt, les premières neiges de l’hiver 2014-15 tombèrent le 2 décembre 2014. Les premières neiges de l’hiver 2015/16 sont déjà apparues en Octobre, c’est-à-dire le 14 Octobre 2015, – mais à part cette apparition assez précoce de  neige, l’hiver 2015-2016 fut plutôt un hiver où les apparitions de flocons de neiges furent un évènement éphémère – et d’ailleurs le printemps débuta déjà en janvier 2015 avec les floraisons des premiers amandiers sur la Unterhaardt. Les premiéres neiges de l’hiver 2017/18 sont arrivées le 4. Decembre 2017, mais à part ces premières neiges l’hiver 2017/18 était comme si souvent dans la Unterhaardt un hiver sans neige. A voir ce que donnera l’hiver 2018-2019 à Grünstadt et sur la Unterhaardt !

Neiges sur fruits d'Arbousier Grünstadt WR 16.12.2018
Neiges sur fruits d’Arbousier Grünstadt WR © Christophe Neff 16.12.2018

Photos: toutes © Christophe Neff 16.12.2018

Christophe Neff, Grünstadt le 23.12.2018

Blognotice 08.11.2018: Quelle surprise : le Goncourt 2018 attribué à Nicolas Mathieu pour « Leurs enfants après eux »

les enfants apres euxJ’étais assez surpris d’apprendre que le Goncourt 2018  est attribué à Nicolas Mathieu pour « Leurs enfants après eux ». Je suis en train de lire le livre et je trouve que c’est un très bon choix. J’ai découvert le livre par la critique de Macha Sery[1] dans le Monde des livres, pendant un séjour professionnel à Madère. Comme je fus déjà passionné par la lecture de son premier livre « Aux animaux la guerre »[2], j’avais commandé cet ouvrage après mon retour à Grünstadt à la librairie « à livre ouvert » à Wissembourg chez Willy Hahn. Celui-ci n’apparemment pas trop aimé la lecture du deuxième livre de Nicolas Mathieu comme on peut le découvrir sur la page Facebook de la librairie « à livre ouvert ».  Personnellement la lecture des quelques 270 pages que j’ai déjà lus m’a fortement impressionné et je pense que le livre mérite bien le prix Goncourt. Je ne vais pas aventurer dans la description et la critique dans ce livre que je n’ai pas encore fini, mais je pense  qu’il mériterait une traduction en allemand et anglais comme d’ailleurs aussi « Aux animaux la guerre ».  Pour Nicolas Mathieu qui évolue loin des cercles littéraires et intellectuels parisiens, – il partage sa vie à Nancy entre l’écriture et le salariat – ce prix est une belle récompense – et avec ce prix ce livre pourrait même avoir la chance d’être traduit et de trouver nouveaux lecteurs hors hexagone !

Mathieu, Nicolas (2014) : Aux animaux la guerre. Roman. Arles, Actes Sud, ISBN 978-2-330-03037-7

Mathieu, Nicolas (2018): Leurs enfants après eux. Roman. Arles,  Actes Sud, ISBN  978-2-330-10871-7

Christophe Neff, le 08.11.2018

[1] « Nicolas Mathieu Les vies désœuvrées Avec « Leurs enfants après eux », le romancier accompagne des adolescents sans perspectives au cœur de la Lorraine désindustrialisée. Sensible et juste » dans le Monde des livres, Vendredi 14 septembre 2018, p.1, (en version electronique voir ici)

[2] Voir aussi dans  « Blognotice 15.10.2014: Gare de Gallician 27.09.2014 13 heures 20 »

Blognotice 27.10.2018: Le réveil du lendemain de l’élection présidentielle aux Brésil, sera un réveil difficile, amer et douloureux !

Le réveil du lendemain de l’élection présidentielle aux Brésil, sera un réveil difficile, amer et douloureux !  D’après tous les sondages, sauf miracle Jair Bolsonaro va remporter les élections présidentielles au Brésil. Avec Bolsonaro dans son lit, la démocratie brésilienne va vivre un cauchemar, et comme Maud Chirio l’a récemment dit dans une interview dans le Monde je suis « très inquiète pour la démocratie brésilienne».  Personnellement d’après tout ce que j’ai lu sur « Bolsonaro » je ne le considère pas comme un « Trump brésilien » mais j’ai l’impression qu’il ressemble plutôt à une version brésilienne de Rodrigo Duterte. Difficile de faire des analyses politiques sur un pays que je ne connais que par mes lectures et par ses écrivains. Il y a plus de trente ans, j’avais pris des cours de portugais en fac (à l’Université de Mannheim), pour pouvoir un jour voyager au Brésil, – mais je ne suis jamais arrivé à amarrer sur les côtes brésiliennes bien que j’aie découvert d’autres pays lusophones, -le Portugal, les Azores, la Cap Vert. Bien sûr que je sais, que la faillite de  la classe politique entière[1], la corruption, la criminalité incontrôlée et galopante sont des fléaux qui deviennent de plus en plus menaçants pour une très grande partie de la population brésilienne. Mais je ne crois pas que Jair Bolsonaro  possède un seul véritable remède contre tous ces fléaux qui ravagent la société brésilienne. Et en plus , on peut aussi craindre le pire pour la situation environnementale du Brésil, l’Amazonie, les restes de la Mata Atlântica.. Si certains écrivains comme par exemple Milton Hatoum en cas de victoire de Jair Bolsonaro songent à faire leur valise et d’émigrer en France ou au Portugal[2] la situation est grave. Tout cela me rappelle étrangement la situation de l’Allemagne en 1933.

Oui, le réveil du lendemain de l’élection présidentielle aux Brésil, sera un réveil difficile, amer et douloureux !

Christophe Neff, le 27.03.2018

[1] Voir l’article « Brésil : Bolsonaro, ou la faillite de la classe politique » de Claire  Gatinois, Rérolle dans le Monde, Samedi 27. Octobre 2018, p. 2-4,  (version electronique  voir ici) .

[2] Voir l’article « Les intellectuels s’élèvent contre le candidat d’extrême droite » de Raphaëlle Rérolle dans le Monde, Samedi 27. Octobre 2018, p. 3.  (version electronique voir ici).

Pyrotragedies – a critical retrospective on the wildfire situation in Europe during July 2018

July 2018 was the month in which Europe was heavily affected by wildfire events. There where forest fires in Sweden, in Greece and even in Germany there was one major forest fire event in July 2018.  A Scots Pine Forest near Fichtenwalde was heavily affected by a fire[1], thus remembering German authorities that Germany can also  be concerned by forest fires, – and recalling the terrible souvenirs of the Forest fires of the Lüneburger Heide in summer 1975. But it was Greece which was so heavily hit by several fire events, –the 2018 Attica wildfires – the city of Mati had to face a real “pyrotragedy” to use the words of Paulo Fernandes a portugese wild fire researcher[2]. Mati has been more or less completely erased by the wildfires, a landscape of ruins and desolation and a very high dead toll – about 88 people were killed by the fires in Mati[3]. For me the pictures of the landscape of ruins of Mati called up the souvenirs of the terrible fire event of  Pedrógão Grande[4] in Portugal last year.

Working on forest fires since the beginning of my academic career in 1992, I have been one of those scientists, who are continuously warning that climate change will also increase forest fire risks[5],[6]. But I also warn, since the beginning 1990’s, when I was mapping wild fire risks in the “Garrigues de  Nîmes”[7] under the guidance of Louis Trabaud[8], Peter Frankenberg and Rainer Joha Bender[9] that californisation & rural abandonment & bushencroachment are making the coming generation of forest fires so dangerous.

Californisation[10]  is the “terminus technicus” used in francophone geography, spatial planning and forestry for urban sprawl, housing, urban – forest interface, urban wild – interface etc. But I think the difference between the different English terms is that californisation also designs  the intermix of housing and extremely high inflammable forest (or bushformations like Garrigues, Maquis, Matoral, Chaparal etc. ) and high fuel loading[11].

However what term you use, I prefer californisation, because I think it describes the landscape scenery we can see in many Mediterranean regions of the world perfectly. People want to live like “Californians” constructing their house into a “green scenery” of forests & parks, like in Santa Barbara in California. In fire prone ecosystems, and all Mediterranean ecosystems are fire prone ecosystems, housing in such scenery is just like living on “powder – keg”. A forest fire occurring in this environment is a deadly trap for people, – and this exactly happened in Mati[12]. And what happened in Mati can happen in the suburbs of Lisbon, in the suburbs of Barcelona, Nîmes, Montpellier, Marseille, in La Marsa near Tunis ,- or in California or in Australia (even in the Mediterranean part of Chile and in the Cap region in South Africa). Working since the beginning of the 1990 in western European Mediterranean basin, I known so many locations in this area, where catastrophes like these which devasted Mati in Greece could also happen.

The combination of the consequences of climate change with the cocktail of californisation & rural abandonment will provide us more deadly fires in the Mediterranean regions of Europe (and perhaps also in Central Europe, Scandinavia etc.) – and I think society should react and force the governments to adapt their spatial planning to this enforced risk to see deadly forest fires spread up in that environment, to avoid situations that can lead to such fatal forest fires scenarios as the 1949 Landes Forest Fire which was the most deadly single fire which ever happened in Europe[13]. Concerning the 2018 Attica wildfires, this was a run of different fires, according to informations I could get about the fire.

What happened in Greece in the Attica region in July 2018, what happened in Pedrógão Grande in June 2017, but also in October 2017 in Portugal, these are (or were) real “pyrotragedies” and I hope that the fire season, which is going on until the End of October (in European Mediterranean regions) will not provide us other “pyrotragedies” in the Mediterranean (or elsewhere).

But the real question is if the governments in Greece or in Portugal will learn something from these “pyrotragedies”? The 1949 Landes Forest Fire with is high dead toll of 82 people killed by the fire, – provide a real shock in France – and after this shock France has made an enormous effort of systematic planning and construction of system of “Defending Forest against Wildfire” – “Défense de la forêt contre les incendies (DFCI)[14]” – which is now considered being one of the most effective “Anti Forest Fire Defence System” of the world. Perhaps someone should write down the history of the establishment of the French anti forest fire defense system, – as I know this has never been done – because this was not only success story, but the French responsible were able to learn from their different “failures”[15]– and that is very important.

In this context also associations, like the “Forêt Méditerranéenne”, have a very important role, – just remembering all the conferences dedicated to “fire prevention & wild fire management” and also all the articles dealing with forest fire published in the revue  “Forêt Méditerranéenne”[16]. Articles published in this revue are read by the people working in the forests, – the technicians, the forest engineer in direct contact, at the “frontline” with the “wildfires”. But even this relatively effective system of forest fire management, which has been established in France, is now challenged by “climate change” as recently Thomas Curt and Thibaut Frejaville showed in a study about “Wildfire Policy in Mediterranean France”[17].

My personal opinion is that science and research cannot alone provide the solution, at least perhaps applied geography and spatial planning, because it is a societal problem – how do we deal with californisation (urban sprawl, forest & urban interface, whatever you call it) in a highly inflammable environment – environment which also has a notable charge of fuel loading.  How can we manage this highly inflammable environment including climate change processes. It seems to be very difficult to find consistent solutions for that mix of problems. I personally, after working more or less since the beginning 1990s with forest fire risks, I have not “the solution”- but at least we should be honest to people living in this environment, to tell them, that they are living on a “powder – keg”. If there are no evacuation plans (and evacuation has to be trained), if fire brigades are not well trained and have a good equipment living & housing in such a fire prone environment can become very rapidly a  deadly trap if a fire outbreak is not under control very very fast.  Very very fast means to control the fire 30 minutes after outbreak, – after that threshold of 30 minutes it’s a very hard task to avoid the fire to run out of control and evolve into a large deadly fire event.

Concerning climate change, – I guess, that what I described here for Mediterranean regions, –  we will have to face such scenarios also in Central Europe – because the californisation of landscape is also existing in Central Europe, – the intermix of vegetation with housing – and if climate change scenarios provided by climatologists are correct we will also be confronted with an higher risk of fire eclosion in Central Europe.

And what about climate change and fire risks in old world Mediterranean basin? I think it is very difficult to prove that climate change is responsible for the current fire situation in summer 2018 – or for the 2017 fires in Portugal or the Maghreb[18] – but after all the paper I have read for my profession and also my own research work[19], I am convinced that climate change will make future wild fires more dangerous for people in the Mediterranean regions all over the world in the coming years.

Christophe Neff, Grünstadt 07.08.2018

P.S.: This blogpost is a revised and augmented version of a facebook post called “some words about the current forest fire situation in Greece” which I posted on Facebook on 25.07.2018.

[1] See also „Waldbrand in Fichtenwalde. Das Inferno nebenan“ on Spiegelonline.

[2] Original citation « No dia de 23 de julho o mundo foi surpreendido por mais uma pirotragédia, desta vez nos arredos de Atenas » ,  Paulo Fernandes, published in the « Jornal de Notícias » on Monday the 30 of July 2018.

[3] See also „Grèce : un ministre démissionne après les incendies meurtriers » in Le Monde.fr

[4] See „Incendie de Pedrógão Grande“ in wiki.fr, or „ Incêndio florestal de Pedrógão Grande em 2017” in wiki.pt.

[5] In the blogpost „Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité) »,published in juin2009, I remembered that i was one the first scientists, warning that climate change could lead to in increase in Forest Fire risks in Central Europe.

[6] In the blogpost “ The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)”,published in July2009,  I wrote concerning the “1949 Landes forest fire”, that this fire event could be seen as a “historical model for expected forest fires due to global warming in non-mediterranean European forests”

[7] The results of the fire risk mapping were published as a litte book in 1995 in German “Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) : eine geographische Analyse“ (ISBN 3-923750-50-1).

[8] Louis Trabaud was of the pioniers of Mediterranean Fire Ecology. He passed away in april 2017, – July Pausas has written a necrology on this personal blog – “Homage to Louis Trabaud”.

[9] Concerning Reiner Joha Bender see also “Blognotice 08.09.2014: Quatre jours de vacances à Leucate, de très petites vacances …. »

[10] See also „Blognotice 15.08.2015: Incendies de forêt à Schramberg en Forêt-Noire et processus de californisation du paysage »

[11] See also „Californisation“ in Wiki.fr

[12] See also the video published by SPON, showing the devastated Mati after the fire event. The video was taken by an UAV.

[13] See also „The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)

[14] See also „Défense de la forêt contre les incendies » on wiki.fr, even if this article is very poor.

[15] For example see  the special number of the revue forestière francaise dedicated to the fire year 1975 “RFF – SPECIAL – Les incendies de forêts – 1975 (http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/20010) or in 1990  the special number “RFF – SPECIAL – Espaces forestiers… – 1990 (http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/19854) of the same revue, entirely dedicated to forest fire management.

[16] Just to name two examples – in  1990 the French Mediterranean Forests were heavily affected by forest fires, especially the “Massif de Maures” had hard price to pay in this“wildfireseason”. Thus the “Forêt Méditerranéenne” dedicated special numbers of their revue “Incendies & Pin d’Alep T. XIII, n°3, 1992 (Forest fire and Aleppo Pine) and  “Feux et forêts  – Les feux de forêt et la sécheresse en 1990 T. XIII, n°1, 1992 (Fire and Forest – the forest fires and the drought of 1990) to this crucial fire year. Not only to understand what really happened on the terrain during the fire events – but also to improve “prevention”, “forest management” and “Fire defense”.

[17] See „Curt, T. & Frejaville, T: Wildfire Policy in Mediterranean France: How Far is it Efficient and Sustainable?” in “Risk       Analysis ·July 2017 DOI: 10.1111/risa.12855”

[18] See also: Blognotice 14.08.2017: Sècheresse, canicule et feux de forêts – au Maghreb aussi !

[19] Together with some colleagues we analyzed forest fire risks and climate change scenarios and the consequences for Tunisian ecosystems, see :  Neff, C., Aloui, A., El Hamrouni, A., Souissi, A., Grossmann, A. (2007): Ecosystèmes. S. 33–43. In: République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Hrsg.): Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques, Cahier 7, Rapport des groupes d’ experts.