L’esplanade du Wasserturm, les jets d’eau qui ouvrent la vue vers la Augustaanlage, le Rosengarten, les Planken, – l’univers de mes années étudiantes à Mannheim, de mes années d’assistant de géographie à l’Institut de Géographie de l’Université de Mannheim[1], de Postdoc, – jamais je n’aurais cru voir flotter le drapeau tricolore devant le Wasserturm, d’ entendre, de chanter moi- même la Marseillaise …..
Cela s’est produit pendant la très émouvante cérémonie en hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et du supermarché casher de la porte de Vincennes au Rosengartenplatz devant le Rosengarten, à Mannheim ce Dimanche 11 Janvier à quinze heures de l’après-midi[2]. La Manifestation fut organisée à l’initiative „Deutsch-Französische Vereinigung Rhein-Neckar“ et du „Deutsch-Französischer Kulturkreis Heidelberg“. Cette manifestation réunissait à peu près 1200 personnes d’après le Rhein-Neckar Blog. Allemands, Français, – et diverses personnalités politiques régionales. Le président du Deutsch-Französischer Kulturkreis Michel Maugé tint un discours émouvant rappelant les trois piliers de la révolution française, de la république française – « La France unie, unie avec tous ceux qui croient à la Liberté, l’égalité et la Fraternité. Nous sommes Charlie! »[3] . Le Maire de Mannheim, Peter Kurz tint aussi un discours très vibrant, – en citant noms par noms les 17 victimes des attentats sanglants de la semaine dernière à Paris[4]. Et entre les divers discours c’est la chanteuse Barbara Zechel qui entonna la Marseillaise avec verve et émotion – et une partie du public la suivait en chantant, – les chants et paroles révolutionnaires de la Marseillaise baignaient le Rosengartenplatz. Après quelques discours de divers hommes politiques régionaux et locaux, notons aussi la « fausse note » du conseiller municipal Thomas Trüper de la Linke, qui essaya une récupération politique assez maladroite, – récompensée par les sifflements et des huées du public, la cérémonie fut clôturée par un le discours de Dr. Erika Mursa, la présidente du Deutsch-Französischen Kulturkreises Heidelberg qui nous rappela la valeur des libertés de paroles, de critiques ….
La cérémonie de Mannheim, entre Rosengarten et Wasserturm fut close par cette vielle chanson de liberté allemande – die Gedanken sind frei – les pensées sont librées – c’est la dame au parapluie Charlie qui était à côté de moi qui entonna la chanson, – et depuis cet endroit, cette chanson de liberté commença à résonner parmi les manifestants venus au Rosengarten de Mannheim pour soutenir la France et les Français, et les valeurs universelles de liberté.
J’étais très ému par cette cérémonie, – de voir à quel point la ville de Mannheim, -qui m’avait accueilli pour mes années étudiantes à l’Université de Mannheim[5], mes années de jeunesse, mais aussi mes premières années de vie professionnelle comme géographe universitaire ….. adressait ce message de soutien à la France, au peuple français, mais aussi aux valeurs universelles qui sont la Liberté, l’Egalite, et la Fraternité – pendant que la France entière se levait à Paris, en Province, et même dans mon port d’attache en France, – dans le pays Leucatois, à Port Leucate où le cortège solennel défilait depuis l’espace Henry de Monfreid jusque au Kyklos face à la mer[6] – pour cette gigantesque marche républicaine pour dire non à l’ obscurantisme, dire non à la peur, pour dire non à ces prédicateurs de la mort et de la haine!
L’article le plus consulté en 2014 fut l’article « Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate » (9,49% des consultations sur paysages en 2014), article écrit en février 2012 et décrivant les conséquences d’un hiver exceptionnel sur le pays leucatois.
En quatrième position on trouve le premier article écrit en allemand « Das Biafrakind (l’enfant de Biafra) » (1,42 % des consultations sur paysages en 2014) – article que j’avais écrit en janvier 2010 en souvenir de la capitulation de la république du Biafra – et aussi pour rappeler ce que signifia dans l’Allemagne des années 1970 le mot « Biafrakind » – un mot depuis tombé un peu à l’oubli en Allemagne.
Donc au fil des années le blog paysages est aussi devenue un blog sur Leucate et le pays leucatois. Notons aussi que le pic des 500 consultations (en effet 481 consultations) le dimanche 30 novembre 2014 est dû aux consultations des articles « Lundi 11 octobre 2010 – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate » et « Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate » – chaque fois qu’une tempête sévit sur les rivages leucatois – ces deux articles subissent un pic de consultations. Je ne peux que répéter ce que j’ai déjà écrit dans plusieurs billets dans paysages[3], – le jour viendra où une partie de la commune de Leucate, que ce soit la Franqui, Leucate-Plage ou Port Leucate sera gravement endommagée par un coup de mer, – les risques des aléas de submersions marines à Leucate sont assez bien connus[4] – mais au niveau de la prévention de tels aléas c’est plutôt sombre. Parfois j’ai l’impression que les responsables politiques, – quel que soit le niveau hiérarchique politique (Commune, Département, Région etc.) – ont plutôt tendances à fermer les yeux !
Mais je ne l’ai pas écrit ce billet, – cet année 2014 fut une année assez difficile pour moi, – deux accidents de travail, un accident privé, interventions chirurgicales, maladies réplétives etc. – une grande partie de mes billets fut écrite en lit de malade (Krankenbett) – espérons que l’année 2015 se présente sous de meilleures augures – donc cette année fut aussi une année de lectures à partir du « Krankenbett » – peut-être parlerai-je plus tard de quelques-uns de ces livres dans un de mes futurs billets, – je reviens simplement au billet « Bala l’homme de la forêt » – ce beau chapitre du merveilleux livre sur le Brésil de Gilles Lapouge ce « Dictionnaire amoureux du Brésil » qui invite à voyager à travers ce mystérieux Brésil – où j’ai trouvé cette belle phrase « Je peux rester des heures là, le soir, à écouter, à sentir le vent, il coule dans forêt, le vent » pleine de poésie et de vie.
Pour finir, – et ne pas oublier – en Mai 2014 j’avais participé à la campagne « #RamenezNosFilles #BringBackOurGirls » – avec une petite notice « Blognotice 11.05.2014: #RamenezNosFilles #BringBackOurGirls[6][7]» – aujourd’hui en Janvier 2015, donc plus de 6 mois après, une grande partie des lycéennes de Chibok se trouvent encore dans les mains de leurs ravisseurs – comme une grande partie des femmes & jeunes filles Yazidis, réduites à l’esclavage sexuel par Daech – dans ce contexte – on ne peut que recommander la lecture de article « Les noces barbares de Daech » de Annick Cojean. Malheureusement cet article est réservé aux abonnés du Monde[8],-il devrait trouver une large distribution, – même au-delà du Monde francophone, – je pense même après près de trois semaines après sa publication cet article mériterait une traduction en Anglais. Dommage que le Monde n’ait pas fait l’effort – de rendre l’accès libre à l’article « Les noces barbares de Daech » et de le traduire en anglais. Rappelons qu’en Mai 2013 le Monde avait une fois fait l’effort de traduire un article en Anglais – ce fut l’article « Chemical warfare in Syria (l’original français portait le titre Guerre chimique en Syrie – Sur le front de Damas 1/5) » – mais ce fut une première sans suite, – malheureusement! Dommage que Natalie Nougayrède n’a pas réussi à établir une version anglophone du Monde – comme le fait par exemple le SPON pour une sélection d’articles qui sont régulièrement traduits en anglais dans la partie « Spiegel-online international ».
Et pour vraiment clore ce billet, – comme parfois j’aime aussi illustrer mes notices avec des photos, avec mes photographies – le Z 27861-62 (Sncf) AGC en Gare de Leucate (voir ici) – et ces vestiges de la gare de Gallician (voir ici) – sont parmi ses photos de 2014 publiées dans paysages auxquelles je me sens particulièrement attachées. Et dans ce billet j’utilise comme photo en première – un vue de plage de Port Leucate – photo prise par la famille leucatoise – le week- end de tempête du 28.-30.11.2014 – week- end que j’avais du passé à l’hôpital de Grünstadt.
Livre cité :
Gilles Lapouge « Dictionnaire amoureux du Brésil », (page 76 + page 78), Paris 2011, (Plon), ISBN 978-2-259-20925-0
Le volcan Pico do Fogo (Cap Vert) est entré en éruption depuis quelques semaines[1]. Le Pico do Fogo est un stratovolcan situé sur l’île de Fogo . Le Pico de Fogo est aussi le point culminant du Cap Vert avec 2 829 mètres d’altitude. Cette éruption qui débuta le 23.11.2014 – est un peu oubliée par les medias internationaux et donc par une grande partie du monde.
Pour les vulcanologues c’est un évènement spectaculaire, – donc l’analyse peut agrandir notre savoir sur le volcanisme. Pour les amateurs de volcanisme ce sont des frissons et des belles photos et vidéos[4]. Pour l’écologie terrestre un site extraordinaire pour observer la reconquête et la dynamique végétale après une éruption volcanique. Mais pour les habitants c’est tout simplement une catastrophe. Même si jusqu’ à présent il n’y a eu aucun mort à déplorer, – pour les habitants des villages de la Chã das Caldeiras c’est tout simplement une catastrophe. Il suffit de regarder les différentes vidéos de la télévision Capverdienne et Portugaise[5].
Visionnant ces différentes vidéos, j’ai beaucoup du pense à Capelo sur l’ile de Faial, totalement ensevelit par l’éruption du Capelinhos en 1957/58. D’abord à mes propres travaux sur la reconquête végétale après l’éruption du Capelinhos, – travaux et documents qui attendent depuis 2008 leur rédaction et publication. Mes deux publications sur les Azores, ne parlent que très brièvement de la reconquête végétale sur le site du Capelinhos à Capelo[6]. Peut-être le jour viendra où je pourrai enfin publier les résultats de ces analyses sur la dynamique végétale à Capelo.
Mais en visionnant ces images de désolation, les larmes des habitants de Portela qui ont tout perdu, j’ai surtout pensé au Pastore-Kennedy Act de 1958 – acte aussi dénommé Azorean Refugee Act of 1958 – cet acte qui ouvre les portes des Etats Unis pour les refugiés de l’éruption du Capelinhos de Capello, de Praia do Norte, Norte Pequeno, etc. sur l’ile de Faial. Les initiateurs de ce acte furent le sénateur démocrate John O. Pastore de Rhode Island, et le sénateur démocrate John F. Kennedy du Massachusetts.
Les iles du Cap Vert font bien partie de la francophonie – et en visionnant les images parvenant de la Chã das Caldeiras, – je me suis demandé où sont les hommes et femmes politiques francophones (française, suisses, belges, québécoise etc.) qui pourraient être le fer de lance t’une telle initiative courageuse – comme le fut John Pastore ou John F. Kennedy en 1958. C’est en France que débuta la véritable carrière internationale de Cesária Evora, – pourquoi la France ne prendrait pas le devant d’une telle initiative. Le Portugal, l’ancien pays colonisateur, – pays qui souffre encore énormément des suites de la crise financière, – un pays où la pauvreté fait rage – fait ce qu’il peut – a envoyé la Frégate Álvares Cabral – pour une première aide – sur place. Mais la France a sûrement les moyens de faire plus que le Portugal.
Peut-être les hommes et femmes politiques avec le courage d’un John O Pastore ou John F. Kennedy en France sont devenus rares. Et en plus on a tellement peur du FN en France.
Quelle personnalité politique en France de nos jours aurait le courage d’ouvrir la porte d’entrée pour les refugiés de l’éruption du Pico do Fogo, – des villages de la Chã das Caldeiras. Le petit village de de Portela a quasiment disparu sous la rivière de lave en provenance de la « bouche » de l’Homme grand. Et l’éruption continue de sévir, d’après les dernières publications du Publico, l’éruption est même en train de se renforcer!
[6] Mes deux publications traitant des Acores sont „ Neff, C. (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288. » et Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.
[7] Orlando Ribeiro „A Ilha do Fogo e as suas erupções”. 12ª ed. – Lisboa : Junta de Investigações do Ultramar, 1960. – 319 p. : 61 est. – Memórias / Junta de Investigações do Ultramar.Série Geográfica.
Le matin du mercredi 3. Décembre 2014, jour où Grünstadt se réveillait couvert par un léger manteau de neige, je découvris dans la Rheinpfalz, – un petit article de Dagmar Gilcher « 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig ( 50 lignes de chanson – la légende et les légendes – en très bonne santé (trad. C. Neff)). Eh bien, oui dans ce petit article, Dagmar Gilcher, une fois de plus se balade sur les traces de Johnny Hallyday[1], – elle nous parle de son nouvel album « rester vivant » – elle nous raconte le succès du show commun avec Eddy Mittchell et Jacques Dutronc « vieilles canailles ». Concernant le nouvel album « rester vivant » – Dagmar Gilcher écrit « Auf dem neuen Album rockt er fast besser als jemals zuvor, mit der altbekannten Mischung aus Blues und Country …. (Sur le nouvel album il rocke presque mieux que jamais avant, avec le mix bien connu de Blues et Country (trad. C. Neff). Dagmar Gilcher semble manifestement bien aimer la musique de Johnny, et ainsi tient les fans de Johnny qui se trouvent dans la zone de diffusion de la Rheinpfalz au courant des exploits artistiques de Johnny. Mais dans son joli petit article sur Johnny elle a quand même oublié une information essentielle – dans le cadre de la tournée « rester vivant » – Johnny donne un concert à Strasbourg, – le vendredi 3. Novembre 2015 au Zénith Europe de Strasbourg. Cette information pourrait certainement intéresser les lecteurs (fans de Johnny) de la Rheinpfalz car Strasbourg ne se situe pas trop loin de l’aire de couverture de la Rheinpfalz. C’est pour cette raison, – que j’écris cet article dans une version bilingue (française-allemande).
Et l’auteur de ces lignes trouve que « rester vivant [2]» c’est un bel album, – très belles paroles, bon rythme. Peut-être que j’essaierai d’assister à un des concerts de la tournée, – peut être Strasbourg – mais disons que pour des raisons « biographiques » – j’aimerais voir Monsieur Smet aux arènes de Nîmes le jeudi 02.2015. Mais je sais bien, que pour de raisons professionnelles, ce sera quasiment impossible de partir à Nîmes, en pleine semaine. Mais il reste le concert de Strasbourg en Novembre,- cela me semble plutôt être réalisable.
Am Morgen des Mittwoch 3. Dezembers 2014, als Grünstadt vom ersten Schnee bedeckt erwachte, entdeckte ich in der Rheinpfalz, einen kleinen Artikel von Dagmar Gilcher mit dem Titel „« 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig“. Hier spaziert also Dagmar Gilcher wieder auf den Spuren von Johnny Hallyday[3]. Sie erzählt uns von seinem neuem Album „rester vivant“, vom Erfolg der gemeinsam mit Eddy Mitchell und Jacques Dutronc gestalteten show „vieilles canailles (dt. = alte Knacker)“. Über das neue Album von Johnny schreibt sie u.a. folgendes „Auf dem neuen Album rockter fast besser als jemals zuvor, mit der altbekannten Mischung aus Blues und Country (Gilcher 2014)“. Offensichtlich scheint Dagmar Gilcher die Musik von Johnny zu mögen, -und so hält sie die Leser (und Fans) von Johnny die sich im Verbreitungsgebiet der Rheinpfalz befinden über die künstlerische Entwicklung Johnny Hallydays auf dem Laufenden. Doch in ihrem netten kleinen Artikel über Johnny Hallyday hat Frau Gilcher eine wesentliche Information vergessen, nämlich, dass Johnny im Rahmen seiner Tournee „rester vivant“ auch ein Konzert in Strasbourg veranstaltet, – und zwar am Freitag den 3. November im Zénith Europe. Diese Information könnte Rheinpfalzleser durchaus interessieren, da sich ja Strasbourg nicht allzu weit vom Verbreitungsgebiet der Rheinpfalz befindet. Das ist auch der Grund weshalb ich diesen Artikel in einer bilingualen Version (französisch-deutsch)verfasst habe.
Und der Verfasser dieser Zeilen, – ja der Verfasser dieser Zeilen findet, dass das Album „rester vivant (dt. = am Leben bleiben bzw. weiterleben)[4] ein durchaus gelungenes Album ist, schöne Texte und Worte, guter Rhythmus. Vielleicht werde ich versuchen ich eines der Konzerte der Tourne zu besuchen, vielleicht in Strasbourg. Aber soweit möglich, sozusagen aus biographischen Gründen, würde ich gern Monsieur Smet in der Arena von Nîmes am Donnerstag den 2 Juli 2015 sehen. Aber das wird sich u.a. auch aus beruflichen Gründen kaum realisieren lassen, – bleibt also noch der Novemberauftritt in Strasbourg.
Sources/Quellen:
Gilcher, Dagmar (2014): 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig. In: Die Rheinpfalz, Nr. 280 Mittwoch, 3. Dezember 2014 (Kultur)
[2] Une tres belle critique de l’album se trouve dans le monde.fr « Johnny Hallyday, pris en flagrante envie » malheuresement ce texte est reserve aux abonnées du Monde.fr.
[3] Siehe u.a. den Post «Johnny vu par Dagmar Gilcher (in frz.)», oder auch Gilcher, Dagmar (2013): Immer noch da – Frankreichs Rock Idol Johnny Hallyday wird 70 – ein (fast) unerklärbares Phänomen. In: Die Rheinpfalz, Nr. 136, – Ihr Wochenende – Balkon: Über Grenzen. Samstag 15. Juni 2013
[4] Eine sehr schöne Kritik des Albums befindet sich auf lemonde.fr unter dem Titel« Johnny Hallyday, pris en flagrante envie ». Leider ist der gesamte Text nur den Abonnenten von le Monde.fr. vorbehalten.
Après une absence de presque deux ans, l’hiver 2013-14 à Grünstadt était un hiver sans neige, – les premiers flocons de neige arrivaient donc avec la tombée du soir, le mardi 2.12.2014. Et la neige tomba toute la nuit du mardi au mercredi, – la ville de Grünstadt se réveilla le 3. Décembre 2014 couvert avec un léger manteau de neige. A la radio, – comme toujours – quand les premiers neiges apparaissent dans une grande partie de l’Allemagne du Sud – les habituelles bouchons et accidents due au chutes de neiges – parfois lors de ces début d’hiver on a l’impression que le Süddeutschland aurait tout simplement oublie que l’hiver dans l’Allemagne du Sud, c’est aussi un pays de neige (au moins dans les Mittelgebirge) – avec des chutes de neige, qui parfois même peuvent être abondant – et donc provoquer des difficultés de circulation sur le réseaux routier[1]. C’est peut – être une coïncidence mais ce matin même je découvrait sur « Facebook » l’album « „Winter und Weihnachten in Schramberg(Hiver et Noël à Schramberg)„» – Album édite par la rédaction Facebook de la ville de Schramberg – a partir d’une conférence de Werner Klank[2] – et les photos du Archiv Kasenbacher. Comme je l’avais décrit déjà antérieurement, la Raumschaft Schramberg, – petit pays de Forêt – Noire dans lequel que j’ai grandi, fut jusque vers les années 1980 un véritable pays de neiges. L’album « Winter und Weihnachten in Schramberg » donne une très belle impression ce qui fut l’hiver à Schramberg (des années 1938 jusqu’à maintenant), – et même de nos jours – ce type d’hiver se rencontre assez couramment à Schramberg et dans les environs. On pourrait peut-être prendre cet Album comme base pour un livre – « Winterlandschaften in Schramberg » – car qui sait combien de temps « Facebook » durera – et je pense que ces photos des paysages d’hiver de Schramberg ont d’une part une valeur comme document des changements de paysages à Schramberg et ses environs – mais d’une autre part aussi une certain valeur artistique.
En Allemagne nous avons le Bücherherbst ou Literaturherbst, – l’automne des livres. Cette saison de lecture débute avec la Frankfurter Buchmesse – et finit pendant l’Avent quand les journaux (quotidiens et hebdomadaires) nous inondent avec leurs pernicieux conseils pour les « livres-cadeaux » pour les fêtes de noël. D’ailleurs la Zeit a déjà fait un début cette année en publiant dans le dernier Zeit Literatur – 20 Schriftsteller empfehlen Bücher zu Weihnachten (20 écrivains nous recommandent des livres pour noël)(2014). Mais avant noël et pendant l’Avent il y a donc ce fameux Bücherherbst. A Grünstadt, – véritable trou de brouillard (Nebelloch) où pendant les mois d’automne le soleil ne se montre que très rarement – cette saison est vraiment une saison particulièrement propice pour la lecture. Naturellement toute l’Allemagne n’est pas couverte de brouillard pendant les mois, d’automne, – personnellement la région où j’ai grandi la Raumschaft Schramberg dans la Forêt – Noire connaissait et connaît aussi pendant l’automne de belles éclaircies, – même parfois de véritables périodes de chaleurs automnales, pendant que la plaine rhénane, la vallée de la Kinzig sont couvertes de brumes et de brouillards. Mais même dans cette région plutôt ensoleille pendant l’automne, – le Bücherherbst invite le lecteur a la lecture.
C’est donc au début de ce Bücher & Literaturherbstes 2014 que je découvris début octobre 2014 dans l’article de Sebastian Hammelehle « Hits des Literaturherbstes: Die 20 wichtigsten neuen Bücher » du SPON dans le 17 eme des 20 livres à lire pendant le Bücherherbst 2014 (d’après le SPON) la traduction allemande de . Der Untergang einer ganzen Welt, geschildert mit Pathos und Melancholie: In „Das Ende der Arbeiterklasse“ schildert Aurélie Filippetti am Beispiel der eigenen Familie den Niedergang der stolzen Französischen Linken. Lesen Sie hier die Rezension des Buches (La fin de tout un monde, nous est racontée avec pathos et mélancolie. Dans « La fin de classe ouvrière » Aurélie Filippetti nous raconte à travers l’exemple de sa propre famille le déclin de la gauche française, de la fiiére gauche française (trad. C.Neff) »[1].
Donc je retrouve dans les critiques du SPON la traduction allemand du livre « la fin de la classe ouvrière » les souvenirs de mes premiers billets de paysages[2] – dans lesquels le livre d’Aurèlie Filippetti et le monde qu’elle décrivait prenait une place considérable. Quand je lisais le livre d’Aurèlie Filippetti à la fin du printemps 2009, – débutant dans les blogs le monde, – encore traumatisé par un accident grave, – en mai 2009 je n’étais pas sûr de retrouver mes capacités motrices pour enfin pouvoir remarcher de mes propres pieds.
Dans le livre de Filippetti je retrouvais le monde dans lequel j’avais grandi,- ces histoires du Pays-Haut – de mineurs, de la minette, du fer – de l’Italie – même si tous ces paysages d’enfance ne se passaient pas à Villerupt mais dans un village un peu plus à l’ouest, – à Hussigny-Godbrange, donc à peine quelques kilomètres près de Villerupt. Des autres noms, des autres villages de souvenirs en Italie, un décor et des paysages semblables – mais le même monde, – qui était en train de disparaitre. En lisant la critique de Felix Bayer sur la traduction allemande du livre, je me disais qu’enfin je pourrais faire cadeau de ce livre à des amis, aux amis allemand de la Famille Neff, pour qu’ils découvrent ce monde, – dont on parlait aussi bien à Eckbolsheim, qu’à Aubord et à Port Leucate dans la famille des Migliori – et que ma mère avait importé dans les profondeurs de la Forêt Noire et de l’aile gauche de la SPD à Schramberg, dans les Kreisverband Rottweil et même dans le « Landesvorstand » de SPD du Bade-Wurtemberg des années 1970. En quelque sorte les souvenirs de ce monde, – Hussigny – centre d’un paysage virtuel oublié – ressurgissait durant la lecture du livre de Filippetti – pendant le printemps 2009 – même si le centre littéraire du livre se situe plutôt entre Villerupt et Audun-le-Tiche.
La traduction d’Angela Sanman me semble être correcte, redonnant un peu le rythme du livre, même si personnellement je préfère la version originale écrite en français avec ces minuscules incursions en italien. D’ailleurs la traduction allemande contient un glossaire où les incursions italiennes sont traduites en allemand, et en plus quelques lieux géographiques et historiques sont expliqués au lecteur allemand. Bonne idée, mais on aurait pu un peu mieux détailler certaines explications. Dommage qu’on ne trouve pas de « Vorwort » ou de « Nachwort » d’Aurèlie Filippetti pour cette traduction. Lisant régulièrement les blogs littéraires de Paul Edel et de Pierre Assouline, – on y rencontre assez souvent des discussions de commentateurs des deux blogs sur la qualité de traduction des œuvres littéraires. Je me demande, comment peuvent-ils juger sur la qualité littéraire d’une traduction – ont-ils lu la version originale et la traduction ? Comment pouvoir donner un jugement sans connaitre l’original et la traduction ? Cela me semble assez difficile.
Concernant la traduction du livre d’Aurèlie Filippetti j’ai le sentiment que c’est assez réussi et vais certainement faire cadeaux du livre (pour noël ? ou un anniversaire ?) à un de mes amis.
Pour finir, – personnellement j’aurais préféré voir Aurèlie Filippetti rester au gouvernement comme ministre de la culture. Je comprends ses raisons d’avoir préféré retrouver de son siège de parlementaire – personnellement je suis plutôt favorable au tournant social-libéral du nouveau gouvernement Valls II – même se je crains que le réseau ferré français, ce qu’ il reste des lignes de chemins de fers traversant les ruraux français auront un fort prix à payer – oui je pense, que si le gouvernement ne change pas de politique de transports – le chemin de fer va tout simplement disparaitre des paysages français, des campagnes françaises – combien de temps encore les trains circuleront encore sur la ligne des Causses – est-ce que dans dix ans il y aura encore de trains empruntant le viaduc du Garabit pour simplement citer un exemple.
Le livre « la fin de la classe ouvrière » écrit par Aurèlie Filippetti il y a presque quinze ans est un peu tombé à l’oubli en France. C’est un peu dommage – car ce livre est d’une part un voyage dans les paysages oubliés du Pays Haut « du Texas français, redevenu désert (Filippetti 2003, 11) » – d’une autre part la lecture de ce livre permet de mieux comprendre les récentes choix politiques d’Aurélie Filippetti.
Notons à la fin de ce billet, que la FAZ, quotidien allemand de tendance assez conservateur, nous livre une très bonne critique du livre par la plume de Lena Bopp – « Der Schatten eines Unterschiedes – In der Mine ist man solidarisch oder tot- : Wie die einstige französische Kulturministerin Aurélie Filippetti ihrer lothringischen Heimat ein Denkmal setzt (L’ombre d’une différence – dans la mine on est solidaire ou on est mort – comment l’ancienne ministre de la culture française Aurélie Filippetti a écrit un livre mémoire pour sa lorraine natale (trad. C. Neff).
Oui, on peut aussi lire ce livre, aussi bien dans sa traduction allemande comme dans l’originale français comme une géographie historique des paysages disparus du Pays Haut entre Longwy et Metz et partir en voyage.
Relire ce livre[3], personnellement pour moi, – c’est une sorte de voyage de retour de à Hussigny, – dans le pays des mineurs de fer, le pays des hauts-fourneaux, le pays de de la petite Italie – encaisse entre la France et le Luxembourg – un voyage que j’ai fait le 8.5.2011 en mémoire d’un lointain cousin mort en déportation à Bergen – Belsen ……. voyage que je referai certainement un jour – dans mes bagages le livre « Les Derniers Jours de la classe ouvrière » – qui m’accompagnera comme guide à travers les paysages oubliées du Pays Haut , et des ces hommes et femmes venue d’Italie pour en extraire de ses entrailles, le minerai de fer de la minette pour les besoins de l’industrie de l’acier français ….. Les paroles « Angelo, filio mio, quanto mi ha mancato ! sono fiero de te, sai, di tutto quel che hai fatto. Adesso, viene col babo, che ti aspetto da tanti anni ….. (Filippetti 2003, 47) » qui résonnent comme souvenir d’une lecture, d’un livre, – et la mémoire du gout des Gnocchi du Dimanche qui m’ont accompagné durant ma jeunesse à Eckbolsheim, à Aubord, à Port Leucate, à Schramberg-Sulgen ….
Bopp, Lena (2014) : Der Schatten eines Unterschiedes – In der Mine ist man solidarisch oder tot- : Wie die einstige französische Kulturministerin Aurélie Filippetti ihrer lothringischen Heimat ein Denkmal setzt. In: Frankfurter Allgemeine Zeitung, Literatur 1.6, Samstag, 29. November 2014, Nr. 278
Filippetti, Aurélie (2003) : Les derniers Jours de la classe ouvrière. (Stock – Le Livre de Poche), ISBN 2-253-10859-6
Filippetti, Aurélie (2014) : Das Ende der Arbeiterklasse. Ein Familienroman. Aus dem Französischen von Angela Sanmann, S. Fischerverlag Frankfurt am Main, ISBN 978-3-10-002213-4
Zeit Literatur (2014): Schriftsteller empfehlen Bücher zu Weihnachten. N. 49, November 2014
La Tunisie est devenue le principal bassin recruteur pour Da’ech. Le jour où tous ces apprentis djihadistes retourneront au pays en Tunisie, – la Tunisie devra faire face à une terrible menace, – des milliers des bombes à retardement qui pourront mettre en péril la jeune démocratie tunisienne. Mais je crois que ce péril dangereux est maîtrisable. A moyen terme l’avenir de la démocratie tunisienne se jouera principalement sur des questions socio-économiques. Comme je j’écrivais déjà dans le billet de 16.09.2012, tant que le djebel à faim, – . L’avenir pour la jeune démocratie tunisienne s’annonce plutôt sombre. Et les solutions miracles socio-économiques pour la Tunisie n’existent pas.
Dommage que les medias internationaux n’ont pas beaucoup parlé de ces élections historiques en Tunisie. Dans les medias français on en parlait un peu, – mais malheureusement les évènements à la une des medias était plutôt le départ forcé de Blaise Compaoré au Burkina Faso et les évènements tragiques du barrage de Sivens du 26.10.2014.
Pour le titre de ce billet j’ai choisi le titre « le miracle de Tunis » – emprunté au titre – disons à la traduction française du titre de l’article de Josef Joffe – das Wunder von Tunis – même si personnellement je ne crois pas que ces élections et leurs résultats ont quelque chose de miraculeux.
Les Tunisiens nous ont simplement montré qu’ ils sont capables de choisir eux même leurs chemins et leurs destins ! Sans ingérence extérieure !
Mais il il ne faut pas non plus se faire d’illusions – le chemin vers une société civile libre et entièrement démocratique sera lent et difficile.
Mais la Tunisie, les Tunisiennes et les Tunisiens peuvent réussir, s’ils prennent leur destin en mains, comme la France y a réussi il y a à peine deux siècles ! Ou l’Allemagne, du 9. Novembre 1989, jour de la chute du mur de Berlin, jour où l’Allemagne prit son destin en main. Qui aurait parié en 1980, quelques années avant 1989, sur la réunification des deux Allemagnes ?
Le prochain week-end, mes camarades bacheliers organisent une fête pour nos 30 ans d’Abitur (30 Jahre Abitur) à Schramberg. Le soleil brillera-t-il ? Ou est-ce que les hauteurs du Fohrenbühl, le Mooswaldkopf seront déjà couvertes par les premières neiges. Indépendamment de la météo je me réjouis de revoir mes anciens camarades bacheliers du Abiturjahrgang 1984 du Gymnasium Schramberg.
Et la neige à Grünstadt? Durant l’hiver dernier (l’hiver 2013-2014) – nous n’avons pas eu droit à un seul flocon de neige à Grünstadt[2]. On va voir ce que nous apportera l’hiver 2014-15 ! Mais de la neige, des paysages de neige je les ai rencontrées dernièrement. Les souvenirs de « Heimatmuseum » lors du décès de Siegfried Lenz[3], ces paysages de neiges de la Prusse orientale dans Heimatmuseum[4], ce roman qui attend encore sa traduction en français.
J’ai rencontré d’autres paysages de neige dans le roman Nicolas Mathieu « aux animaux la guerre », livre dont j’ai parlé un peu dans mon dernier billet. Paysages de sapin noir et des chutes de neiges abondantes, – c’est pour ainsi dire l’histoire de Rita dans les neiges sombres des paysages abandonnés des Vosges, – très beau roman, qui mériterait une traduction en allemand, – livre dont je parlerai peut être prochainement un peu plus dans paysages !
screenshot webcam raimartinhof 22.10.2014 12.30
Photo : Screenshot (22.10.2014 12:30) de la Webcam du Raimartihof dans massif du Feldberg – premier duvet de neige de l’hiver 2014-15 en Forêt Noire. Avec la permission (email) de la famille Andris du Raimartihof.
Dans un de mes derniers billets, j’ai déjà un peu parlé de la ligne de chemin de ferd’Arles à Lunel, des vestiges qui en restent. Le dernier train de marchandise Sncf, desservant la distillerie de St. Gilles est passé en gare de Gallician durant l’année 2008[1]. Donc la gare de Gallician, depuis quelques années ne voit plus les trains passer. Même chose au passage à niveau N. 19 à quelques kilomètres a l’est, à Franquevaux. D’un point de vue géobotanique c’est sûrement une belle image, de voir avec quelle vitesse la nature reprends ses droits, – l’Inule visqueuse (Dittricha viscosa) en fleurs, ici et là les premiers petit Pins parasol (Pinus pinea) qui occupent la voie ferrée – une belle image … d’un point de vue de géographie humaine, – c’est l’image d’une France rurale à l’abandon, – une France périphérique qui se sent oubliée. C’est peut être une coïncidence, – mais le fait que cette ligne de chemin de Fer se situe dans la Deuxième circonscription du Gard – dont le député élu est Gilbert Collard apparenté FN, – est une image assez parlante. Peut-être dans quelques années retrouvera-t-on en France les lignes de chemins de fer de campagne surtout dans les maquettes de amateurs de modélisme ferroviaire[2], dans les trains miniatures, – peut être même à Hambourg au Miniatur – Wunderland. Comme je l’écrivais dernièrement, « depuis des décennies, les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, laissent mourir ce qui fut une fois le réseau européen Nr. 1 de chemin de Fer, à petit feu. ….», – le récent abandon de l’écotaxe par le Gouvernement Manuel Valls (2) ne fait que renforcer cette impression. Pour le réseau ferré hors TGV français, cette annonce était tout, sauf une bonne nouvelle. L’image actuelle des installations ferroviaires de l’ancienne ligne SNCF Arles – Lunel, comme beaucoup d’autres lignes de chemins fers en France[3], c’est l’image d’une France périphérique qui se sent oubliée, à l’abandon – une France qu’on retrouve dans les livres de Christophe Guilly[4], – et dans un autre registre dans le roman de Nicolas Mathieu « aux animaux la guerre »[5]. Même si ce roman de Nicolas Mathieu joue dans les Vosges, en plein hiver, dans un décor de paysage de neige, il nous décrit ces paysages périphériques de ruraux français qu’on trouve aussi bien dans les Vosges que dans le Gard, en bordure des Costières du Gard, -où la nature reprend ses droits sur une ligne de chemins de Fer tombée en oubli, comme dans beaucoup d’autres endroits en France.