Blognotice 11.7.2011 – quelques mots sur le « Gedächtnishaus Fohrenbühl »

En écrivant mon dernier billet j’ai pensé instinctivement au Turm (dont je parlais  déjà ici), plus correctement au„Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein“ – ou Gedächtnishaus Fohrenbühl comme on dit dans la Raumschaft Schramberg. En fait en 1923, le württembergische Schwarzwaldverein fit construire sur la base de la vielle Turmhütte (alte Turmhütte) sur le Mooswaldkopf le « Gedächtnishaus Fohrenbühl (Maison du souvenir du Fohrenbühl) à la mémoire des morts des régiments du Württemberg durant la guerre de 1914-18. La décision de construire un tel monument fut prise lors de l’ assemblée générale , Hauptversammlung ,du württembergische Schwarzwaldverein le 17.6.1923. Le Gedächtnishaus fut construit à partir des plans et de la conception de Paul Bonatz et fut inauguré en août 1924. Dans le formidable livre de  Wolfgang Voigt & Roland May sur Paul Bonatz (Paul Bonatz 1877 – 1956    ), livre avec un « komplettes Werkverzeichnis » nous trouvons en page 208 les mots „Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein“ Lauterbach Fohrenbühl. Malheureusement on ne trouve pas plus d’info sur le Turm dans cette véritable bible de l’œuvre de Paul Bonatz, qui est en plus un livre bilingue (allemand-anglais).  En fait le Fohrenbühl était une des rares place de l’ancien Württemberg depuis laquelle on pouvait voir la chaîne des Vosges, la ligne des crêtes, – mais surtout le Sud de la chaîne des Vosges – Hohneck, Petit Ballon, Grand Ballon etc. Le Sud des Vosges, là où durant la guerre de 1914-18 la bataille des Vosges fit rage,  et où une partie des régiments  du« royaume du Württemberg » périrent. C’est ici sur les Mooswaldkopf que les anciens combattants du royaume du Wurttemberg se recueillaient, entourés des forêts du Fohrenbühl avec la vue imprenable sur la ligne des crêtes vosgiennes, pour se souvenir de leurs camarades tombés sur le front des Vosges et ailleurs. De nous jours la plupart des visiteurs du Gedächtnishaus Fohrenbühl ont oublié le sens des mots «Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein (maison du souvenir des morts de la guerre mondiale 1924-18 du Schwarzwaldverein du Württemberg)» mais le site, les paysages n’ont guère changé. Le Gedächtnishaus est entouré de sapinières majestueuses, la vue (par temps clair) sur la chaîne des Alpes et les Vosges est toujours imprenable. Et c’est surtout un site silencieux, le vent qui bouge les branches des arbres, les oiseaux chantant  , et surtout le soir et la nuit , on n’ entend que le chant des forêts. Depuis le Turm, la tour du Gedächtnishaus  immergé en pleine forêt, immergé dans les silencieux chants des sapinières, en voyant la ligne bleue des crêtes des Vosges enneigée on peut encore très bien ressentir cette ambiance de derniers adieux et de mémoire que les anciens combattants du royaume du Wurtemberg ressentaient quand ils se souvenaient ,leurs regards tournés vers l’ouest, de leurs camarades tombés sur le front des Vosges (et ailleurs) !

En dehors de toute considérations historique – les paysages du Fohrenbühl, le Mooswaldkopf, – le Gedächtnishaus Fohrenbühl, le col du Fohrenbühl avec ses trois restaurant Adler, Schwanen et le Landhaus Lauble  sont des paysages typiques de la Moyenne Forêt Noire  avec des belles Sapinières pleines de Houx et des belles clairières, prés de vaches garnie d’ éoliennes , les « Kimmichginster » véritables paysages de promenade de moyenne montagne  qui valent sûrement quelques jours de vacances , surtout quand on recherche détente et paysages silencieux.

Photos :

Vue sur le Turm, – la Tour du Gedächtnishaus Fohrenbühl.  © C. Neff. 24.8.2008

Lumières matinales dans les Sapinières du Mooswaldkopf. © Car. Weiß-Neff. 24.8.2008

Sources :

a.) Sources ecrites – livres, articles etc.

Neff, C. (2004): Kimmichginster und Global Change. Presseinfo zur Global Change Exkursion der Universität Mannheim am 28.5.2004.

Scherfling, Karlheinz (2007): Das Gedächtnishaus auf dem Fohrenbühl. Ein gastliches Haus am Mittelweg gelegen.  In: Der Schwarzwald, 6 – 9, 2007-1, (download ici)

Voigt, Wolfgang ; May, Roland (Eds.) (2010): Paul Bonatz 1877 – 1956 . Tübingen ; Berlin : Wasmuth, ISBN: 978-3-8030-0729-2 ; 978-3-8030-0730-8.

b.: liens internet

Chronologie du Gedächtnishaus sur le site du Schwarzwaldverein Ortsgruppe Schramberg (en allemand)

Histoire du Gedächtnishaus Fohrenbühl sur le site de la Famille King les actuelle gérant du Gedächtnishaus Turm (en allemand).

Les lumières du Fohrenbühl et la révolution tunisienne sur le paysages-blog

Paysages et géographie gastronomique du Fohrenbühl sur le paysages-blog

Christophe Neff, Grünstadt le 11.7.2011

Quelques mots sur „die Jahrhundertversöhnung“ de Stefan Simons (6.7.2011)

Le matin du mardi 5.7.2011 en lisant le SPON j’ai découvert le texte „die Jahrhundertversöhnung“  de Stefan Simons, correspondant du Spiegel à Paris,  publiéle 1.7.2011 dans « einesTages » – le site d’histoire contemporaine du Spiegel (Zeitgeschichten auf Spiegelonline).  Die Jahrhundertversöhnung c’est l’histoire d’une rencontre tragique entre deux officiers durant la grand guerre de 1914-18 dans le Sud de l’Alsace pas loin du Hilsenfirst – l’un des deux fut l’officier français, le Capitaine André Vacquier – l’autre l’officier allemand, le sous-lieutenant Johannes Richter : les ombres ressurgissent du passé .  Le capitaine Vacquier ne rentrera pas de cette rencontre tragique – il mourut comme des milliers d’autres soldats français et allemands dans le terres du Sud de l’Alsace quelques part entre Vosges et Sundgau. Vers la fin du récit Stefan Simons nous  raconte comme après 89 ans  le petit fils du sous-lieutenant  Johannes Richter rapporte les dernières affaires personnelles au petit fils du  Capitaine Vacquier et c’est ici, à la fin du récit que nous apprenons que le petit fils du Capitaine Vacquier  est devenu lui – même Grand père d’une petite fille franco – allemande. Ce texte émouvant de Stefan Simons, mériterait d’être traduit en français, pour être connu par un très large public en France. Car dans ce récit, nous retrouvons l’âme de la réconciliation franco-allemande, – cette âme du « jamais plus cela » qui fut aussi le début de la construction européenne. L’espoir de ne « plus jamais » voir les champs & forêts de la Lorraine, de l’Alsace, des Flandres etc. tremper par le sang d’innombrables guerres  fut il n’y a pas si longtemps  le moteur de la construction européenne. De nos jours, ce souvenir de  ce que furent les espoirs de la construction s’oublie trop souvent.  Pour finir, ce récit d’un long chemin de réconciliation avec les douleurs de l’histoire franco-allemande, que Stefan Simons nous raconte, m’a une fois de plus réveillé les souvenirs de ma propre-histoire familial franco allemande (voir par exemple 1, 2, 3, 4, 5 ).

Christophe Neff, Grünstadt le 6.7.2011

Blognotice 1.7.2011 – l‘Allemagne vote le „Ausstieg“

Le jeudi 30 Juin 2011 fut une véritable journée historique en Allemagne. Le Bundestag vota « le Ausstieg » la sortie du nucléaire. 513 parlementaires de la CDU, de la FDP, de la SPD et des verts ont voté pour le Ausstieg, – 79 parlementaires – surtout issus de la Linke ont voté contre – et 8 parlementaires se sont abstenus.  Le chef de file de l’opposition social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, en salue ce jour „historique“, tout en égratignant le gouvernement d’Angela Merkel : „Nous soutenons cette décision par conviction, vous seulement par opportunisme » a bien raison, car il faut le rappeler qu’il y a à peine quelques mois le gouverment Merkel  avait aboli la sortie du nucléaire (Ausstieg aus dem Ausstieg) voté par le premier Gouvernement Schröder en 2002.  La sortie du nucléaire allemand, le virage à 90% du gouvernement  Merkel,  c’était déjà prévisible quelques jours après la catastrophe de Fukushima, je l’avais déjà écrit dans la Blognotice du 14.3.2011. La sortie du nucléaire de l’Allemagne comme le premier Ministerpräsident vert Winfried Kretschmann en Bade-Würtemberg sont en première ligne dûs aux retombées politiques de la catastrophe de Fukushima en Allemagne.  Cette catastrophe a provoqué un véritable raz-marée politique en Allemagne, car les images venant du Japon meurtri ont touché profondément l’Allemagne.  L’ ampleur de cette blessure qu’une grande partie de l’Allemagne a ressentie  en voyant les conséquences du tsunami meurtrier au Japon est à l’origine du petit livret de Daniel de Roulet « Tu n’as rien vu à Fukushima » (voir le petit résumé dans le Blog de TKT et la critique détaillée de Pierre Assouline « Fukushima mon amour »)  qui vient d’être traduit en Allemand (traduction: Maria Hoffmann-Dartevelle) sous le titre « Fukushima mon amour. Brief an eine japanische Freundin  » (ce qui est la traduction littérale du titre de la critique du livre dans la république de livres.), quelques semaines après sa parution en France. Qu’un livre français soit aussi rapidement traduit en Allemand après sa première parution n’est vraiment pas coutume – si je ne me trompe , « indignez vous » de Stéphane Hessel ne fut pas traduit en allemand dans le même délai court que « Tu n’as rien vu à Fukushima ».  Le Fallout politique de la catastrophe nucléaire de Fukushima a profondément bouleversé, touché l’Allemagne, est -ce pour cela que le Bundestag a voté la sortie du nucléaire le jeudi 30 juin2011. Apparemment ce « fallout politique » de la catastrophe de Fukushima s’est arrêté juste au-dessus du Rhin, – comme jadis durant l’accident de Tchernobyl il y a juste 25 ans – car un veritable débat politique sur la sortie du nucléaire de la France  ne semble pas être à l’ordre du jour en France.

Livres cités

De Roulet, Daniel (2011): Fukushima mon amour. Brief an eine japanische Freundin. Hoffmann und Campe, Hamburg, ISBN 978-3-455-40352-7 (Übersetzung: Hoffmann-Dartevelle, Maria)

De Roulet, Daniel (2011): Tu n’as rien vu à Fukushima. Paris. Buchet & Castell. ISBN 978-2-283-02528-4

Christophe Neff, Grünstadt le 1.7.2011

BB 67422 traçant le TER 830734 entre Mothern et Lauterbourg

BB 67422 vor TER 830734 zwischen Mothern und Lauterbourg 27.5.2011
BB 67422 entre Mothern et Lauterbourg traçant le TER 830734 vers le terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Ciel orageux en Outre – Forêt sur la ligne Strasbourg – Lauterbourg, – photo prise le vendredi 27.5.2011 en revenant d’une sortie dans le delta de la Sauer à  Munchhausen. En prenant diverses photos (en numérique et en diapositive) du TER 830734, – je me demandais, quand on verra de nouveau des trains de voyageurs directs entre Strasbourg et Woerth en Allemagne. Il y a à peu près 40 ans il y avait un express reliant Ludwigshafen via Spire, Woerth, Lauterbourg à Strasbourg, qui permettait aux familles des soldats français en garnison au Palatinat de passer la journée à Strasbourg et de rentrer le soir au Palatinat. Le nouveau gouvernement rouge-vert de Rheinland-Pfalz nous annonce dans le Koalitionsvertrag que la Bienwaldautobahn (Hagenbachvariante) ne sera définitivement pas construite (« B 9 – Bienwaldautobahn: Die beim Bund zur Linienbestimmung eingereichte Hagenbachvariante wird nicht weiter verfolgt. An der bestehenden B 9 zwischen Scheibenhard und der A 65 erfolgen lediglich Maßnahmen zur Verbesserung der Verkehrssicherheit.“ Source : Koalitionsvertrag Rheinlandpfalz 2011-2026 – den sozial-ökologischen Wandel gestalten, p. 64 ), – mais en contrepartie rien n’est dit sur la revalorisation des liaisons ferroviaires entre le Palatinat et l’Alsace.  Même si normalement je suis contre le bétonnage du paysage par des autoroutes, voies rapides etc.,  je pense que le Lückenschluß à travers le Bienwald entre Kandel et l’autoroute Lauterbourg – Strasbourg est vraiment nécessaire, car emprunter la Bundesstraße B. 9 entre Kandel et Lauterbourg en voiture particulière devient de plus en plus dangereux vu le flot incessant de camions empruntant cette route frontalière. Une vraie politique de transport « durable » aurait enfin tenté de construire ce raccord entre l’autoroute allemande et française, car la situation est vraiment intenable, et aurait surtout investi massivement dans la relation ferroviaire Woerth-Lauterbourg-Strasbourg. Dans un premier temps construction d’une deuxième voie entre Lauterbourg et Woerth, – et à moyenne échéance électrification de cette relation ferroviaire transfrontalière. La ligne de Chemins de Fer entre Karlsruhe et Bâle, la fameuse Rheintalbahn est complètement saturée, et même si cette ligne sera partiellement dédoublée par la Neu- und Ausbaustrecke Karlsruhe–Basel, – les forts problèmes de capacité sur cette magistrale ligne ferroviaire ne vont pas disparaitre.

Rücklichter TER 830734 zw. Mothern und Lauterbourg 27.5.2011
Les lanternes rouges du TER 839734 arrivant dans quelques minutes au terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Si on veut vraiment limiter les flots de camions entre Kandel, Lauterbourg et Strasbourg , il faut massivement investir dans la ligne de chemins de fer Strasbourg-Lauterbourg-Woerth, pour mettre à disposition cette ligne sous-utilisée, où actuellement quelques TER entre Strasbourg et Lauterbourg et quelques rare trains de marchandise circulent, pour un transport européen écologique et durable. Malheureusement nous ne trouvons pas un mot sur l’amélioration du trafic ferroviaire transfrontalier dans le Koaltionsvertrag du Cabinet Beck V. A priori si les données ne changent pas , les lignes de chemins de fer Strasbourg-Lauterbourg et Lauterbourg – Woerth resteront les lanternes rouges du trafic ferroviaires européen. Dommage que le nouveau gouvernement rouge vert de Rheinland-Pfalz n’ait pas saisi l’occasion de s’engager pour un véritable changement dans les transports transfrontaliers.

Photos:

BB 67422 entre Mothern et Lauterbourg traçant le TER 830734 vers le terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Les lanternes rouges du TER 839734 arrivant dans quelques minutes au terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Christophe Neff, Grünstadt le 30.5.2011

Quelques mots sur le billet « Gracq en guerre ou comment Louis devient écrivain » de la République des livres

Les vastes paysages du Pfälzerwald en tête, revenant de la sortie avec la Pollichia au Grünstadter Berg dimanche le 15.5.2011 je découvris un billet de la République de livres rempli de paysages et de géographie. Naturellement la caravane des commentateurs sur la RDL s’est déplacée depuis vers d’autre lieux – en ce moment chez un libraire en colère dans un quartier du bas des Champs Elysées. Mais le billet « Gracq en guerre ou comment Louis devient écrivain » était tellement rempli de « paysages » que le verbe en tremble; que j’ai laissé les mots suivants dans les commentaires « Revenant d’une longue ballade à travers le Grünstadter Berg – avec ces beaux panoramas qui s’ouvrent vers l’Ouest, le Mont Tonnerre, le Pfälzer Wald et tout au fond à l’ouest la Lorraine et la France – cette lecture paysagère parachevait un beau matin de dimanche ! Belle Phrase « Au fond, l’œuvre de Julien Gracq Français viscéralement attaché à l’Ouest, ne serait-elle pas la démonstration que « la géographie, ça sert aussi à faire la littérature ? ». Et toujours cette guerre, partout cette guerre …. » –

« Et c’est ainsi que le billet de Pierre Assouline commence « La guerre, la guerre, la guerre. Il est peu de visiteurs de Julien Gracq , à Paris comme à Saint-Florent-le-Vieil, qui ne se souviennent l’avoir écouté parler de la guerre. Ou plutôt des guerres, la grande et la dernière. La première fois, il avait 8 ans lorsqu’il entendit les volées de cloches et les sonneries de clairons annonçant la signature de l’armistice à travers tout le pays et, partant, le début du XXème siècle ; la seconde fois, il avait 29 ans lorsqu’il assista impuissant et les armes à la main à l’effondrement de son pays et de son peuple. Comment la guerre aurait-elle jamais pu le lâcher ? » – toujours cette guerre, le soir même de ce dimanche 15 mai je remontai vers le Grünstadter Berg, pour prendre encore quelques photos, et en voyant le Donnersberg, le Mont Tonnerre en français , lieu qui donna son nom au Département historique du Mont Tonnerre, je me souvenais qu‘ une semaine avant, le 8.5.2011, j’avais participé à la cérémonie d’honneur pour Libéro Casciola à Hussigny, Libéro Casciola mort en déportation dans un camp en Allemagne, toujours ces souvenirs de guerre que je n’ai pas vécu mais qui sont toujours omniprésents.

Il y a quelques jours en revenant d’une sortie en Alsace , précisément le delta de la Sauer, roulant sur la Weinstraße, quelques kilomètres avant Grünstadt, entre les villages de Herxheim an der Weinstraße et de Kirchheim an der Weinstraße, je découvris perdu dans les vignes le petit cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. Il n y a plus de communauté juife à Kirchheim depuis la période tragique de 1933 – 1945 ; au milieu des tombes, une petite plaque commémorative de 1947 rappelle l’existence de la petite commune juive de Kirchheim.

Durch Menschenhand wurde auch dieser jüdische Friedhof im Nov. 1938 vollständig zerstört. Selbst den Toten nahm man ihren Frieden.

Dieses Monument wurde durch die Gemeinde Kirchheim A.D. Eck im Jahr 1947 als Wiedergutmachung errichtet. Es soll eine ewige Mahnung sein, dass eine Schändung des Menschenantlitzes wie in den Jahren 1933- 1945 geschehen, sich niemals wieder ereignen möge, denn alle Menschen sind doch Brüder und haben einen Gott„.

« Par la main de l’homme ce cimetière juif fut complètement détruit en Novembre 1938. Même aux morts on vola leur paix.

Ce monument fut érigé par la commune de Kirchheim A.D. Eck (aujourd’hui Kirchheim an der Weinstraße) comme acte de repentance. Le monument veut servir d’appel éternel, pour qu’une profanation de l‘ « humain « comme cela eut lieu pendant les années 1993 – 45 ne se répéte plus jamais, car tous les hommes sont frères et ils ont un seul dieu ». (trad. C.Neff)

Ceux qui sont en train de fossoyer le rêve d’une Europe citoyenne unie et sans frontière devraient peut- être un jour se souvenir du « jamais plus cela » et traverser les vignes de la Unterhaardt en silence pour retrouver le vieux cimetière juif de Kirchheim et se rappeler pourquoi Konrad Adenauer, Charles de Gaulle, Willy Brandt, François Mitterrand et Helmut Kohl (et tant d’autres) ont tant œuvré pour ce rêve d’une Europe sans frontières.

Photos :

Vue sur le Mont Tonnerre. © C. Neff 15.5.2011

Plaque commémorative au vieux cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. Vue sur le Mont Tonnerre. © C. Neff 17.5.2011

Au coeur des vignes – les tombes du vieux cimetière juif de Kirchheim an der Weinstraße. © C. Neff 17.5.2011

Christophe Neff, Grünstadt le 22.5.2011

P.S : Très bon interview de Franz Walther Steinmeier dans le SPON sur l’etat actuelle de l‘ Europe politique.

Blognotice 18.5.2011: Observations sur le Grünstadter Berg

Himantoglossum hircinum Grünstadter Berg 14.05.2011
Himantoglossum hircinum sur le Grünstadter Berg / Gemeindeberg; Himantoglossum hircinumauf dem Grünstadter Berg / Gemeindeberg,  © C. Neff 14.5.2011

Pour préparer un cours de géobotanique et une sortie botanique de la Pollichia je fis durant les derniers jours plusieurs « sorties d’éclaireur » sur le Grünstadter Berg, colline surplombant la ville de Grünstadt, dont je parlais déjà dans la notice Balade d’été sur le Grünstadter Berg. Le Grünstadter Berg est connu pour sa richesse floristique,  beaucoup d’Orchidées et en plus c’est pour quelques plantes une des rares stations connues en Allemagne, comme par exemple la Scorsonère pourpre (Scorzonera purpurea) – que l’on trouve encore assez couramment dans les pelouses sèches du Grünstadter Berg.

 

Scorzonera purpurea auf dem Grünstadter Berg 13.5.2011
La scorsonère pourpre (Scorzonera purpurea) sur le Grünstadter Berg. /Die violette Schwarzwurz (Scorzonera purpurea) auf dem Grünstadter Berg, © C. Neff 13.5.2011

En France nous retrouvons la Scorsonère pourpre à peu près 800 km plus au Sud, dans les collines calcaires sèches du Gard, de l’Hérault, de l’Aveyron et de la Lozère. Malheureusement ce site botanique particulièrement intéressant qui est partiellement protégé, présente aussi des mauvaises surprises. Vandalisme et dégradations, – qui ne sont pas seulement monnaie courante dans les sites protègés du Grünstadter Berg, mais qu’on retrouve de plus en plus dans les autres sites classés du Palatinat (Naturschutzgebiete). Je me rappelle bien que quand j’ai débuté mon parcours professionnel il y a plus de 15 ans, des dégradations des sites classé par vandalisme étaient presque inconnues en Allemagne, pour rencontrer ces phénomènes il fallait bien franchir le Rhin , car en France ces phénomènes de dégradations étaient déjà assez courants.

Bierflaschen, Partyreste und Vandalismus auf dem Grünstadter Berg Mai 2011
Traces de vandalisme sur le Grünstadter Berg, © C. Neff 13.5.2011

Mais j’avoue que je préfère constater ces phénomènes loin de mon lotissement sur le Grünstadter Berg que devant mon propre jardin. Car les petites et moyennes villes allemandes sont de plus en plus confrontées à un phénomène de vandalisme et de dégradations – dont il y a vingt ans dans les paisibles campagnes allemandes on pensait que cela ne pouvait seulement arriver en France. Les Feux de Poubelles durant les week – ends de plein été sont malheureusement devenus dans de nombreuses petites et moyennes villes allemandes des phénomènes récurrents. Que ce soit à Grünstadt, à Schramberg (ou ici à Schramberg – Sulgen)  ou dans des autres villes moyennes , même si l’on n’aime pas trop en parler ,ce phénomène est en augmentation constante dans beaucoup de petite et moyenne villes de l’Allemagne du Sud. Et parfois cela touche au cœur de l’Allemagne du Bildungsbürgertum – le « Gymnasium » – ainsi le Leininger-Gymnasium, un des plus anciens lycées du Palatinat est de plus en plus confronté aux actes de vandalisme, poubelles en feux, etc. – ce qui une fois de plus fut confirmé par le proviseur du Lycée Madame Knopp durant la sortie de la Pollichia sur le Grünstadter Berg le dimanche 15.5.2011.

Bunias orientalis am Wegrand auf dem Grünstadter Berg 15.5.2011
Bunias d’Orient (Bunias orientalis) sur le Grünstadter Berg/ Bunias Orientalis auf dem Grünstadter Berg, © C. Neff 15.5.2011

Revenons aux paysages du Grünstadter Berg,  un autre aspect des paysages du Grünstadter Berg, – aspect que certains puristes écologistes désigneraient comme nuisance, est la population de bords de chemins, friches etc. par le Bunias d’Orient (Bunias orientalis) sur une grande partie du Grünstader Berg. Personnellement je considère cela plutôt comme un phénomène de dynamique de paysages naturelle sans grand danger pour la fonctionnalité de l’écosystème, mais notons qu’en Suisse le Bunias d’ Orient est considéré comme une espèce invasive qui est mentionnée dans la Watch-Liste de la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages. Notons aussi que dans la Hesse rhénane la dynamique de population du Bunias d’ Orient a pris une telle ampleur qu’ une association environnementale (Gesellschaft Mensch und Natur) a organisé une campagne de sensibilisation. Personnellement je ne crois pas que la forte progression du Bunias d’Orient est un danger pour les paysages du Grünstadter Berg, là je vois comme je l’ai écrit plus haut d’autres dangers plus préoccupants : d’ une part le vandalisme décrit plus haut, d’autre part l’embroussaillement progressif dû à l’abandon du pâturage de brebis. Même si les associations écologiques qui gérent un peu le milieu met de temps un temps sous contrat un berger avec son troupeau , l’embroussaillement gagne de plus en plus du terrain. Peut être un chantier de brûlage dirigé pourrait- il dans certains endroits donner des résultats un peu plus encourageants que le pâturage trop éphémère.

Photos:

Orchis bouc (Himantoglossum hircinum) sur le Grünstadter Berg. © C. Neff 14.5.2011

Scorsonère pourpre (Scorzonera purpurea) sur le Grünstadter Berg. © C. Neff 13.5.2011

Traces de vandalisme sur le Grünstadter Berg.  © C. Neff 13.5.2011

Bunias d’Orient (Bunias orientalis) sur le Grünstadter Berg. © C. Neff 15.5.2011

Des très belles photos de la flore du Grünstadter Berg se trouvent aussi sur le site de Günther Blaich dédie au lieu-dit Gemeindeberg du Grünstadter Berg.

Christophe Neff, Grünstadt le 18.5.2011

Blognotice 6.5.2011 : – souvenir d’une longue attente pour un enfant du Pays-Haut mort en déportation

Le 8 mai 2011 une stèle en l’honneur de Monsieur CASCIOLA LIBERO, enfant de Hussigny-Godbrange décédé en déportation, sera inaugurée à Hussigny-Godbrange devant le groupe scolaire.

La semaine dernière, vers le mercredi le 27.4.2011 je m’apercevais que l’article, Quelques nouvelles de Grünstadt (26.9.2009), était d’un jour à l’autre visité plusieurs fois par jours, alors qu‘ avant cette date cette petite notice de blog ne recevait presque pas de visite (15 depuis la création le 26.9.2009 jusqu’au 27.4.2011). Je m’aperçus donc sur mon wordpress « dashboard » dans la rubrique « Mots clefs utilisés pour trouver votre blog » que le mot « Libéro Casciola » était de plus en plus présent, – et effectivement dans la petite notice de blog du 26.9.2010 je parlais entre autres de Libéro Casciola, – cousin de mon grand père Jean Migliori – Libéro Casciola mort en déportation en Allemagne. Après une petite recherche Google je découvris sur la homepage de la commune d‘ Hussigny-Godbrange, qu’en fait la commune de Hussigny allait commémorer le sort tragique du cousin de mon grand-père Jean Migliori avec une petite cérémonie le dimanche 8.5.2011.Cérémonies du 8 mai 1945

Le Maire et son Conseil Municipal invitent toute la population à participer aux cérémonies du 8 mai 1945 ainsi que celle des victimes de la déportation qui auront lieu le dimanche 8 mai 2011 à 10h30 au sein de l’école Jacques Prévert.

A cette occasion, une stèle en l’honneur de Monsieur CASCIOLA LIBERO, enfant de Hussigny-Godbrange décédé en déportation, sera inaugurée devant le groupe scolaire.

A l’issue de ces cérémonies, un vin d’honneur sera offert dans le cour de l’école.

(Source: Site officiel de la Mairie de Hussigny-Godbrange , dernière consultation le 6.5.2011 vers 7:00)

Et comme on ne trouve pas grand-chose dans le web sur Libéro Casciola – une copie de la déclaration de décès du journal officiel du 7 aout 2007 dans le site morts dans les camps – les quelques internautes qui cherchent à en savoir plus sur l’histoire de Libéro Casciola atterrissent chez paysages, la plupart du temps dans le billet du 26.9.2009. C’est ainsi que je découvris la cérémonie d’honneur que la mairie de Hussigny préparait pour le 8.5.2011. Cette découverte je la fis, – il y a parfois vraiment d’étranges coïncidences – en lisant les derniers chapitres du roman « Lutetia » de Pierre Assouline qui décrit  les jours de 1945 où l’hôtel Lutetia fut un centre de « rapatriés ». « « Ne dites pas « déporte » mais « rapatrié ». C’est le terme que nous avons adopté dans nos rapports, lettres et circulaires. Alors dites « rapatrié » vous aussi, sinon vous ne vous comprendrez pas (Assouline, P. 2006, p. 336). » Les souvenirs d’enfance d‘ Eckbolsheim, c’est ici que j’appris la première fois l’histoire tragique de Libéro Casciola, par la voix de mes grands-parents, – histoire qui depuis m’a poursuivi comme une ombre invisible – se mêlaient avec le récit, les yeux, les impressions du personnage fictif d‘ « Édouard Kiefer » – voyant les « déportées » arrivées au Lutetia – et voyant les proches, les familles, les amis attendre l’arrivée d’un proche. L’attente infinie d’un proche – qui ne reviendra peut être jamais. Comme gamin en 1968 à Eckbolsheim, j’avais eu le sentiment que dans ma famille, comme dans la fameuse chanson J’attendrai interprétée par Rina Ketty, on attendait encore le retour de Libéro.

J’attendrai,

Le jour et la nuit,

j’attendrai toujours

Ton retour …

J’attendrai

Car l’oiseau qui s’enfuit vient chercher l’oubli

Dans son nid

Le temps passe et court

En battant tristement

Dans mon coeur plus lourd

Et pourtant, j’attendrai

Ton retour

(Dino Olivieri (music), Nino Rastelli (paroles italiennes de l’originale italien Tornerai),  Louis Potérat (paroles françaises)).

Et depuis, cette histoire du « cousin Libéro Casciola » mort en déportation à Bergen-Belsen n’a cessé de me poursuivre.  C‘ est comme petit gamin dans la rue de pommes à Eckbolsheim que je compris qu’il y avait eu durant les années 1940 un triste événement qui avait déchiré l’Europe, – une barbarie sans précédent – et que le responsable de cette barbarie était l’Allemagne nazie. C’est là (et à Schramberg – Sulgen et à Saulgau) que j’entendis la première fois les mots, camps, déportation, résistance, le Struthof, Bergen-Belsen, Dachau, le Heuberg  – mais aussi des noms comme Stalingrad et Tambov – le camp N° 188 dit camps des français. Et c’est peut-être encore une coïncidence de plus,  le vendredi 29.4.2011 le soir sur Arte je regardai le film policier « Hunkeler et l’affaire Livius » de Stefan Jäger avec Matthias Gnädiger dans le rôle principal du commissaire Peter Hunkeler – film qui se base de sur le roman de Hansjörg Schneider « Hunkeler und der Fall Livius » – et c’est encore une fois de plus les ombres de l’histoire franco-allemandes, les ombres personnelles de ma famille qui réapparaissent. En regardant le film,  je me demande pourquoi les réalisateurs ont transformé le nom de Baldersdorf en Balderskirch dans le film. Car c’est  bien le massacre de Baldersdorf qui est au cœur du roman de Hansjörg Schneider.

Er schob das eiserne Tor zum Friedhof auf. Die Gräber lagen in Reih und Glied. Viele von Ihnen waren kürzlich besucht worden, die Querwege waren gepfadet. Hinten an der Rückwand stand ein großes Kreuz. A la mémoire de nos enfants fusilles au camp de Struthof war zu lesen, in Erinnerung an unsere Kinder, die im Lager Struthof fusiliert worden sind. Zehn Namen waren aufgelistet, es waren die Namen der Burschen aus Ballersdorf. Die Schneefläche davon war unberührt, niemand hatte den Fuß hineingesetzt. (Schneider, HJ. 2009, p. 189)

Il remua la porte en fer du cimetière. Les tombes étaient allongées une après l’autre. Beaucoup de tombes avait reçu des visites récemment, les chemins couverts de neige ressemblaient à des sentiers. Derrière il y avait une grande croix. On pouvait lire « A la mémoire de nos enfants fusillés au camp de Struthof ». Il y avait dix noms, c’était les noms des garçons de Ballersdorf. La neige devant la croix était vierge, personne n’avait mis le pied. (Traduction C. Neff d’après «Hunkeler und der Fall Livius» de Hansjörg Schneider).

Pourquoi le film cache- t-il le nom de Baldersdorf ? Pourquoi tant de morts, pourquoi Libéro Casciola n’est il pas revenu ? En fait je ne connais pas l’histoire de Libéro Casciola, je connais seulement l’histoire d’une immense attente sans fin, que ma grand-mère me racontait encore durant les années 1990. Des peurs, des angoisses, des souvenirs :  Libéro Casciola mourut en déportation en Allemagne en 1945, la fin d’un long voyage depuis l’Italie dans le Pays-Haut , pour finir dans un camp en Allemagne. « Ils s’en allèrent mourir au fonds de camps allemands sans avoir revu le cœur vert de l’Italie » comme l’écrit Aurélie Filippetti (2003 :26) dans son roman autobiographique en mémoire a l’immigration italienne dans le Pays-Haut. Ils mouraient dans les camps allemands sans revoir ceux qu’ils les aimaient, qui les attendaient dans le Pays-Haut, – que se soit à Hussigny, à Godbrange, à Villerupt – qui les attendaient même encore beaucoup plus tard à Eckbolsheim, Aubord, Port Leucate et ailleurs dans des lieux inconnus.

« Dans un murmure, que la nuit transformait en une longue plainte, des absents demandaient juste qu’on les oublie pas. (Assouline, P. 2006, p. 362). Libéro Casciola n’est pas retourné au Pays-Haut, mais nous ne l’avons jamais oublies, même moi qui connaissais simplement l’ombre invisible que son souvenir a laissée sur notre famille.

Bibliographie & Sources :

Assouline, Pierre (2006): Lutetia. Folio Poches/Gallimard, Paris, ISBN  978-2-07-032097-4

Filippetti, Aurélie (2003) : Les derniers Jours de la classe ouvrière. (Stock – Le Livre de Poche), ISBN 2-253-10859-6

Schneider, Hansjörg (2009): Hunkeler und der Fall Livius. Bastei Lübbe, ISBN 978-3-404-15983-3 (Taschenbuchversion)

Christophe Neff, Grünstadt le 6.5.2011

Vue de Grünstadt : – la saison des feux de forêts 2011 vient de commencer

Apparemment la saison 2011 des feux de forêts dans l’Europe francophone vient de commencer. (En 2010 cela débuta avec un feu de forêt dans les Landes à Garrosse). Durant l’après- midi du lundi de pâques (25.4.2011) un incendie s’est déclaré dans la réserve de Hautes Fanges en Belgique. On estime qu‘ à peu près 2400 ha de landes & tourbières ont été victimes des flammes. Cet incendie a aussi eu un effet médiatique en Allemagne – la Rheinpfalz (2011)lui a consacré une demie page – et même la Zeit-online y a contribué avec un article. C’est ainsi que j’appris que l’expression française de « Hohe Venn  (allemand)» était les Hautes Fanges – ou Fanges tout simplement. J’ai fait une petite recherche Google, – mais apparemment dans la presse française on ne trouve pas grand-chose sur cet incendie assez considérable pour la Moyenne-Europe (Mitteleuropa). Comme je l’ai déjà écrit dans un de mes premiers billets de blog, – si les scénarios des modèles climatiques s‘ avéraient corrects nous pourrions nous attendre à une plus forte probabilité de risques de feux de forêts aussi bien dans les midi français, la péninsule ibérique  que dans la Moyenne Europe, Grand Est de la France, Belgique, Allemagne, Suisse et Autriche. En plus, même sans changements climatiques  la moyenne Europe connait ses feux de forêts,  même si la mémoire collective les a plus ou moins oubliés. Le plus spectaculaire fut certainement le grand feu de la Lüneburger Heide durant l’été 1975  mais qui a disparu de la mémoire collective allemande , le seul souvenir en est la couverture du Spiegel « Das große Feuer – wer hat versagt ? (le grand feu – qui est responsable ?)». Lors d’un exposé sur les risques de feux de forêts pour le commandant de sapeurs – pompiers du Landkreis Rottweil, j’avais rappelé aux responsables  des sapeurs – pompiers que même la Forêt Noire et les Vosges avaient leur histoire de feu, qu’on a peut être un peu oubliée ; mais il suffirait juste d’une période de sécheresse un peu plus prononcée pour que l’historique des feux en forêts se réveille. Et comme ce fut durant l’incendie de Fanges cette semaine en Belgique – ou a Leuk-Albinen en août 2003, se serait certainement un réveil assez dur.

Sources citées :

Der Spiegel (1975): Das große Feuer, wer hat versagt ? Nr. 34, 18 August 1975.

Die Rheinpfalz (2011) : Brand wütet im deutsch-belgischen Naturpark. Die Rheinpfalz Nr. 97, Zeitgeschehen, Mittwoch 27. April 2011.

Die Zeit-Online (2011) : Hochmoor – Großfeuer im Naturschutzgebiet Hohes Venn. Ein Feuer hat ein Fünftel des geschützten deutsch-belgischen Hochmoors Hohes Venn zerstört. Die Brandursache ist noch unklar. Zeit-online. 26.4.2011 15:07.

Neff., C.: Waldbrände in Mitteleuropa Bestandsaufnahme und Zukunftsszenarien. Was kommt auf die Feuerwehren im Landkreis Rottweil zu? Vortrag beim Kreisfeuerwehrverband Rottweil/Kommandantentagung 10.11.2010 Rottweil.

Christophe Neff, Grünstadt le 29.4.2011

Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr (24.4.2011)

En écrivant mon dernier billet je me rendais compte qu’en fait il y n’avait pas d’article dans la Wikipedia.fr sur les cloches de Pâques. Il y a une petite ébauche sur le film de Louis Feuillade éponyme, mais pas d’article sur les cloches de Pâques. Dans l’article Pâques on trouve dans le chapitre « Fêtes et traditions populaires » les phrases suivantes (dernière consultation 24.4.2011 21:15): « En Belgique et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques. Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu’elles sont parties pour Rome, et qu’elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu’elles sèment à leur passage. En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l’occasion de partager un gigot d’agneau rôti accompagné de flageolets ». Ce n’est pas grand-chose, aucune source indiquée et en plus, concernant le repas de Pâques en Allemagne, c’est faux,  le gigot d’agneau pour le repas de Pâques n’est pas une tradition allemande,  peut être est-ce en train de le devenir sous l’impulsion de « live-style » magazine, mais ce que les auteurs de wikipedia – en fait l’auteur Gwalarn le 27.3.2005  à 19 :10  révèlent, relève en ce qui concerne l’Allemagne de la pure fiction. Donc ce qu’on trouve dans la wikipedia sur les cloches de Pâques est bien maigre ! C’est un peu dommage, car personnellement je crois qu’autrefois il y avait en effet un vrai fossé culturel – une sorte de röschti-graben qui séparait la culture francophone (catholique) – celle des cloches de Pâques – et allemande (protestante) celle du lièvre de Pâques – le fameux Osterhase. Déjà comme petit gamin durant les week-ends pascaux à Eckbolsheim, je m’apercevais de cette différence fondamentale entre l’Allemagne et la France. En fait, qu’on parlait français à Strasbourg, – grandissant dans un ménage bilingue cela ne m’a pas étonné, en plus le dialecte alsacien qu’on entendait ici et la dans la rue ne m’était pas étranger, car le Schramberger Schwäbisch est linguistiquement relativement proche du dialecte alsacien comme on le pratique à Strasbourg et dans une partie du Bas – Rhin. C’est la tradition des cloches de Pâques qui n’existait pas en Allemagne, qui m’a fait ressentir comme gamin de 4 ou 5 ans que Strasbourg et la France étaient donc un autre univers, l’univers où les œufs de pâques étaient rapportés par les cloches. En plus pour mes copains du Kindergarten St. Maria au Sulgen, – aussi bien qu’à la Grundschule Sulgen – la tradition de cloches était totalement inconnue. C’est Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach qui a très bien décrit ce phénomène de frontière culturelle entre cloches de pâques et lièvre de pâques que j’ai moi-même connu comme gamin. « Le lièvre de Pâques, c’est comme la cigogne et Saint Nicolas, mes copains francs-comtois ne le connaissent pas, ils disent que les œufs sont apportes par les cloches, ce qui est difficile ä croire – comment feraient les cloches pour les retenir sous leur jupe et comment feraient les œufs pour ne pas se casser en tombant ? En Alsace, on est quand même plus sérieux, le jour de Pâques, après la grand-messe, mes Cousins, mon petit frère et moi, nous faisions chacun notre nid de paille dans le verger de grand-mère, puis nous passions à table en attendant que le lièvre distribue les trésors de sa hotte. » et quelques phrases plus tard « Nous courions vers les nids, ils étaient pleins d’œufs, de poissons, de lapins et de cocottes en sucre, en frangipane, en chocolat, il y avait aussi un agneau pascal en génoise et de véritables œufs durs qu’en temps ordinaire nous aurions dédaignés mais que nous engloutissions jusqu’ä l’étouffement parce qu’ils étaient peints en rouge ou en bleu » (Egen, Jean 1992, p.142-143). Chez mes grands-parents à Eckbolsheim, cela se passait semblablement, – sauf à un détail près, très important, – ma grand mère de souche lorraine, – qui avait déjà intégré avec grande habileté toutes ces pâtes italiennes (capeletti , gniocchi, etc. etc.) (dans ce contexte voir ici et ici) dans son ménage,  et ces pâtes- la elle les faisait encore elle-même jusque à la fin des années 1990, – elle intégra les lièvres de pâques alemano-alsaciens dans les cloches franco – françaises. Naturellement c’était les cloches qui nous rapportaient les lièvres rouges en sucre que nos parents transportaient depuis Schramberg pour approvisionner les cloches d’Eckbolsheim. Les cloches qui lâchaient toutes ces friandises dans le grand jardin de la maison familiale rue des pommes à Eckbolsheim, sous le grand cerisier, sous les buissons de groseilliers – et il y en avait des groseilliers – des noirs (cassis), des rouges, et même des Groseilliers à maquereau.

Au début des années 1970 mes grand – parents déménagèrent vers le Midi français, – un pays où le lièvre de pâques était un vrai inconnu,  sauf naturellement dans notre famille où les cloches franco-allemandes avaient toujours un « Osterhase » dans leurs bagages, que se soit à Aubord ou à Port Leucate. Si je me souviens bien, je crois avoir aperçu les premiers lièvres de pâques en chocolat dans le midi, au début des années 1980 – juste quelque temps avant l’élection de François Mitterrand, chez quelques pâtissiers-confiseurs. C’était pour ainsi dire un des avant-signes de la mondialisation. Entre-temps le « Osterhase » allemand devenait un article de la consommation de masse , le lièvre de pâques en chocolat qu’on trouve en Allemagne de nos jours dès début février dans les Supermarchés a presque failli faire disparaitre les rote Zuckerhasen de mon enfance. C’est devenu tellement rare que les rares pâtissiers-confiseurs qui prennent encore le temps de faire des rote Zuckerhasen, sont présenté dans des articles de presse (p.Ex. ici) – les rote Zuckerhasen autrefois une spécialité de l’Allemagne du Sud-  sont de nos jours une espèce en voie de disparition.

Dans notre monde mondialisé  où les coutumes disparaissent ou se transforment en mode de consommation de masse,  l’histoire du père noël en chocolat qui finit en lièvre de chocolat et qui est présent dans les étalages de supermarchés allemands de début Septembre jusque début mai est un triste exemple, il est clair que les différences culturelles, ce röschti-graben culturel entre le monde germanophone et francophone que j’ai moi-même encore connu entre le Osterhase et les cloches et qui est si bien décrit par Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach se rétrécit de plus en plus.

Je pense quand même que les cloches de pâques mériteraient un bon article dans la wiki.fr. – si même le lièvre de pâques en a un (même si l’article se dénomme lapin de pâques – ce qui est historiquement faux – car c’est  bien le lièvre de pâques qui fut le premier à s’établir dans le vocabulaire, puisque c’est bien la traduction littérale du terme Osterhase  et  par la porte de l’Alsace le lièvre de pâques débarquait donc dans la langue française); mais un article bien sourcé qui nous raconte l’origine historique et religieux des cloches de pâques qui ramenaient les œufs de pâques serait certainement le bienvenu. Naturellement il reste la question de savoir si ces fameuses cloches de pâques sont simplement une tradition franco-française, ou si on trouve cette tradition dans la partie francophone de la Belgique, au Québec, en Suisse romande, ou même en Afrique francophone, – où la France n’a pas seulement laissé sa langue mais aussi partiellement le catholicisme comme par exemple dans le Sud de la Côte d‘ Ivoire.

Source & Citations :

Egen, Jean (1992) : Les tilleuls de Lautenbach. Mémoires d‘ Alscae. T 1. 3ème édition. Paris, Stock, ISBN 2-234-02523-0.

Joyeuses Pâques à tous mes lecteurs et toutes mes lectrices

Christophe Neff, Grünstadt le  24.4.2011

Billet de Gründonnerstag 2011

Gründonnerstag est le nom utilisé pour Jeudi saint en Allemagne. En Alsace autrefois le terme « Greendonnerschdaa » était aussi utilisé en Alsace. Comme en Allemagne c’était le Jour des Epinards – la Unterhaardter Rundschau y consacre aujourd’hui même un article sous le titre « Heute ist der Spinattag des Jahres  – Einem alten Brauch zufolge gibt es bei fast allen Familien, am Gründonnerstag Spinat, Kohl, Salate oder grüner Kräuter (Aujourd’hui c’est le jour des épinards – d’après une vielle tradition dans presque toutes les familles on sert des Epinards, Choux, Salades ou herbes vertes»).  Cette tradition est encore pratiquée en Allemagne dans certaines familles. Concernant les traditions pascales alsaciennes – il faudrait aussi mentionner que c’est ici que la tradition du lièvre de pâques est née, – même si la wikipedia francaise l’ignore (l’article wiki.fr est consacré au lapin de Pâques), – mais dans l’article de wikipedia.de sur l’Osterhase – l’histoire est bien décrite en citant même le récit de Georg Franck von Franckenau (De Ovis Paschalibus. Von Oster-Eyern (= Satyrae medicae, 18) (Heidelberg 1682, Dissertation des Johannes Richier)  qui décrivait la coutume (Volksglaube) des « Osterhasen » et des « Ostereier » dans certaines régions protestantes alsaciennes. Personnellement, pour revenir sur mon dernier billet, – j’ai passé beaucoup de week-ends pascaux en Alsace – car je n’ai pas seulement grandi dans la Raumschaft Schramberg, – à vrai dire avant que mes grands parents n’aient déménagé dans le Midi français au début des années 1970 – mon enfance, je la partageais entre Eckbolsheim et Schramberg-Sulgen. Je suivais le rhythme des saisons sous le grand cerisier dans le grand jardin de mes grand-parents à Eckbolsheim – et le chant des forêts du Feuerenmoos au Schoren à Schramberg – Sulgen en Forêt Noire. Mais cette histoire d’une enfance entre paysages de plaines alsaciennes pleins d’urbanité et les paysages ruraux de montagne de la Forêt Noire de la Raumschaft Schramberg, ce sera pour un autre billet. A Eckbolsheim c’était les cloches qui apportaient aussi bien des œufs de pâques et naturellement des „Osterlaemmele “ ainsi que des grands lièvres de pâques en sucre rouge. En fait ces grands lièvres en sucre rouge (rote Zuckerhasen ) étaient une spécialité de la maison « Café – Konditorei Brandtner » à Schramberg ( maison qui a disparu au moins dans sa formule pâtissier-salon de thé » depuis longtemps du paysage urbain de Schramberg) que mes parents rapportaient de Schramberg pour les cloches catholiques de Eckbolsheim.

Sources :

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau : Heute ist der Spinattag des Jahres  – Einem alten Brauch zufolge gibt es bei fast allen Familien, am Gründonnerstag Spinat, Kohl, Salate oder grüne Kräuter. Donnerstag 21. April 2011

Christophe Neff, Grünstadt le 21.4.2011