Réflexion de géographie linguistique: le reportage du « Schweizer Fernsehen » sur le tournage du film « der große Kater » à Interlaken

img_0005der-grose-kater.1250514611.jpgEn préparant ma dernière note « La disparition annoncée de l’éditeur zurichois « Ammann », – et en rédigeant un article sur Thomas Hürlimann pour Wikipedia.fr : en fait, je trouvais que cet auteur suisse manquait cruellement sur wikipedia.fr, je découvris sur le site personnel de Thomas Hürlimann (ce site est aussi hébergé par la maison d’éditioné Amman) , un reportage de la télévision suisse (Schweizer Fernsehen) sur le tournage du film « der große Kater » avec Bruno Ganz, qui est l‘ adaptation cinématographique du roman éponyme de Thomas Hürlimann. En regardant le document, je me demandais qui, en Suisse romande, peut comprendre cette documentation en « Schwyzerdütsch » ?

A mon avis ; en Allemagne, à peu près les 2/3 de la population serait incapable de comprendre la totalité du document télévisé. Le Schwyzerdytsch deviendrait -il une langue germanique à part entière comme le Hollandais ?

En fait, de plus en plus d’interviews de personnalités suisses pour les chaînes allemandes sont sous-titrées en « Hochdeutsch » , car incompréhensibles pour une grande partie des téléspectateurs allemands. Personnellement je n’ai aucun problème avec le Schwyzerdütsch – car Schramberg où j’ai grandi se trouvait à cinq kilomètres de la frontière linguistique qui se situait dans ma jeunesse à Tennenbronn en Forêt Noire qui separait le souabe et l’alémanique. A Tennenbronn, on ne parlait plus le schwäbisch (le souabe) mais l’alemannisch (L’allemand alémanique) , Tennenbronn était d’un point vue linguistique beaucoup plus proche de Bâle ou de Schaffhouse que de Schramberg ou de Stuttgart ou de Tübingen. Ceci dit ,c’était la situation des années 1970, j’ignore la situation actuelle. (Une carte de la situation de 1950 se trouve ici) . Mais comme le Schwyzerdütsch dérive de plus en plus de dialecte en langue autonome , je me demande pourquoi le Kommissär Hunkeler (Hansjörg Schneider ), der große Kater, Mademoiselle Stark, Max Meier & Marie Katz (tous des figures littéraires de Hürlimann), Melnitz, Chanele Mir, Jean Meijer, Arthur Chajim Meijer (tous des figures littéraires de Charles Lewinsky tiré du roman Melnitz) parlent-ils tous Hochdeutsch, parfois même du Hochdeutsch parsemé de mots français.

Il s’agit , précisons-bien, de productions littéraires récentes, la plus ancienne, le roman « der große Kater » a à peine plus de 12 ans. Y aurait-il une discordance entre réalité linguistique et production littéraire en suisse alémanique ?

Non, diront les experts, il s’agit seulement d’une forte diglossie en Suisse alémanique entre le Schriftdeutsch et le Schwyzerdeutsch. Mais n’étant pas expert, mais seulement simple observateur, je me demande où cela va finir !

Notons qu’à part les figures issues du roman Melnitz de Charles Lewinsky (qui existe en traduction française – la traduction française a reçu le Prix Litteraire Lipp Suisse 2009 ) – toutes les autres font partie du monde littéraire des éditons Ammann, maison d‘ édition zurichoise, qui vient d‘ annoncer sa « disparition » pour l‘ hiver 2010 – voir mon dernier billet – ou le billet Edition : chronique d’une mort annoncée de la république des livres. Notons aussi, que j’ai beaucoup de mal à suivre la discussion suivant le billet de Pierre Assouline sur la disparition de la maison d’édition Ammann. Dans certaines des contributions il m’est vraiment difficile de cerner le message, même de voir le rapport avec le billet original qui traite de la « disparition annoncée de la maison Ammann ». Peut être les contributeurs de commentaires aimeraient- ils seulement laisser des traces sur un des blogs les plus lus en France ?

Revenons sur la compréhension du Schwyzerdütsch – les Suisses romands avec ce qu’ils apprennent comme allemand à l’école sont-ils vraiment capables de comprendre leurs compatriotes de Suisse alémanique , comment font- ils si une grande partie des allemands ne comprennent plus le « Schwyzerdütsch ». Qui en suisse romande, qui en Allemagne peut encore l comprendre un reportage comme celui-ci, « Kurzreportage des Schweizer Fernsehens über die Dreharbeiten zum Film der große Kater » ? Naturellement le SF, das Schweizer Fernsehen, s’adresse seulement au public de suisse alémanique. Mais ceci n’interdit pas des questions sur l’avenir de la langue allemande , car si cela continue ainsi, le jour viendra où peut -être les habitants du Oberwallis et du Schleswig-Holstein ne pourront plus que communiquer en utilisant l’anglais ?

Que ceci ne relève pas de la fiction lointaine – nous montre Spiegel-online « Bloß nicht nach Niederbayern » les écoliers dans le District de Basse-Bavière (Niederbayern) ne peuvent plus communiquer avec leurs enseignants car les « maitres » ne comprennent plus leurs élèves parlant un allemand très dialectal ou tout simplement un bavarois tout cru !

Christophe Neff, Grünstadt le 15.8.2009

La disparition annoncée de l’éditeur zurichois « Ammann »

Le Monde des livres devient encore plus petit, je l‘ avais déjà décrit le 12.8.2009 dans le billet allemand Die deutschsprachige Bücherwelt wird kleiner: Ammann schließt 2010 – l‘ éditeur zurichois Ammann a annoncé sa fermeture pour 2010.

Même si l´éditeur Zurichois Ammann , fondé par Egon Ammann et Marie-Luise Flammersfeld en 1981 – est peut être inconnu en France ou dans les pays francophones – pour le monde des livres des pays germanophones, la disparition de Amman est une vraie perte.

Les raisons de la disparition : je cite l‘ info presse officielle de Amman – in eigener Sache : „Die Gründe für diesen Entschluss liegen im fortgeschrittenen Alter der Verleger und in einer Marktsituation, die für Literatur zunehmend schwieriger wird“ – les motifs pour cette décision est l‘ âge avancé des éditeurs et l‘ état du marché qui devient de plus en plus difficile pour la littérature.

Notons que Ammann, c’est aussi un peu la maison mère d’écrivains suisses comme Thomas Hürlimann et Hansjörg Schneider : deux auteurs qui sont presqu’inconnus en France ou dans le reste du monde francophone ; à part « Mademoiselle Stark », aucune traduction des deux n’est, à ma connaissance, actuellement disponible en français. C’est dommage, ! Notons aussi que « der große Kater » de Hürlimann est cours d’adaptation pour le cinéma avec « Bruno Ganz » dans le rôle principal.

Peut être cela pourra-t-il persuader un éditeur français de traduire « la grand matou – der große Kater » de Thomas Hürlimann en français.

Avec la disparition annoncée de la maison d’édition zurichoise « Ammann » – la littérature helvétique, la littérature de langue allemande, le monde des livres devient encore plus petit.

Christophe Neff, Grünstadt le 14.8.2009

P.S : Je viens de découvrir le billet de la république de livres sur la fermeture d’Ammann sous le titre : chronique d‘ une mort annoncée.

Les images qui se ressemblent

Comme les images se ressemblent – Clotilde Reiss devant ses juges – les victimes du nazismes (comme par exemple les martyres du 20.7.1944 , les martyres de la rose blanche ), devant le Volksgerichtshof . Nazak Afshar en pleurs, – Hossein Rassam en angoisse – et les aveux naturellement, ces fameux aveux .

Comme l’écrit Ulrike Putz « erst die Folter, dann der Prozess » d‘ abord la torture après le procès.Je ne sais pas s‘ il y a réellement eu torture, ou si ce sont « seulement » les circonstances particulièrement dures de la prison de Evin , les pressions psychologiques qui ont abouti aux aveux. La seule chose que je sais réellement , c’est que la peur et l’angoisse sur le visage de Clotilde Reiss et des autres détenus me rappellent étrangement les visages des victimes du Volksgerichtshof.

Pour les lecteurs qui aimeraient exprimer leur solidarité envers Clotilde Reiss je suggère de visiter le site soutien à Clotilde Reiss . En outre n’oublions pas les autres accusées du Volksgerichtshof iranien – comme je l’avais déjà écrit le 20.6.2009 « F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin ». Et je crois sincèrement que les victimes de la répression du régime de Téhéran auront besoin de portes largement ouvertes en France, en Europe, au Canada, aux Etats-Unis :dans le Monde libre !

Christophe Neff, Grünstadt le 9.8.2009

P.S.: Et voici le site « Signons la pétition pour libérer Clotilde Reiss»

Blogostatistiques 3000

Le Jeudi 6 aout 2009 vers 13.00 heures le blog paysages vient de franchir la barre des 3000 visiteurs-lecteurs.

Je remercie vivement mes lecteurs. Les trois articles les plus visités sont répertoriés dans le tableau ci-dessous. Notons que c’est encore l’article sur l’incendie de la Forêt des Landes en 1949 qui est la tête du soi- disant palmarès.

Article Place % Visites estimées
1949 – l‘incendie meurtrier 1 21,969 659
I. Un blog sur les paysages : un petit début 2 15,340 460
Nachtrag zum Mannemer Dreck 3 5,592 168
    42,901 1287

Christophe Neff, Grünstadt le 7.8.2009

La Schramberger Majolika Fabrik – la Céramique de Schramberg sur wikipedia.fr

Pour une fois Wikipedia.fr fait mieux que Wikipedia.de, ce qui est assez rare – donc cela mérite d‘ être noté dans un petit billet. Je viens de découvrir un article sur la Schramberger Majolika – l’article est nommé « Céramique de Schramberg » – mais on aurait dû plutôt l’intituler Schramberger Majolika Fabrik – SMF – ce fut le sigle officiel de la marque. L’article que l’utilisateur Patrik Charpiat a crée est encore un peu maigre, – il y a des informations importantes qui manquent,mais après tout un tel article sur la Schramberger Majolika jusqu’à ce jour manquait cruellement sur wikipedia.de – et il manque encore jusque à présent. (6.8.2009 10:20)

Le début de la Schramberger Majolika en 1820 comme Schramberger Steingut Fabrik (Faiences de Schramberg) fut le début de l’Industrialisation à Schramberg , – industrialisation qui amena les horloges et les montres Junghans et plus tard les chemins de Fer à Schramberg. La Schramberger Steingut fut fondée en 1820 par Isidor Faißt, en 1883 la Fabrique est achetée par Villeroy & Boch Mettlach und Utzschneider & Co , Sarreguemines – et en 1911 la Steingutfabrik est vendue aux chemins de Fer du Würtemberg (Königliche Württembergische Staatseisenbahn ) qui utilise une part du terrain de la Steingutfabrik pour agrandir la gare de marchandises de Schramberg. En 1912 ce fut Moritz Meyer qui racheta les terrains restants des chemins de fer du Würtemberg pour fonder une nouvelle société, une nouvelle fabrique – la Majolikafabrik Gebr. Meyer, qui fut renommée Schramberger Majolikafabrik GmbH en 1918. C’est avec Moritz Mayer que l’épopée de la Céramique de Schramberg débuta, – des noms comme Eva Zeisel , Eugenie Roth porteront le nom de la SMF autour du Monde. Mais l’histoire rattrapa les Gebrüder Meyer, étant juifs ils furent obligés de vendre la SMF au cours de campagne d‘Aryanisation en 1938 – et ils furent obligés à quitter Schramberg et à émigrer vers l’Angleterre. Moritz Meyer fut un des rares entrepreneur s juifs qui osèrent rentrer en Allemagne après la shoah – il reprendra la Schramberger Majolika en 1949. Moritz Mayer est décédé en 1970. La SMF malheureusement fut mise en liquidation judiciaire en 1988/89 – mais quelques restes de l‘usine subsistent dans le Schramberger Majolika Firmenpark. La fin de la SMF fut aussi décisive pour la ligne de chemins de Fers reliant Schramberg, à Schiltach et au reste du Monde -ayant perdu un de ses principaux clients, – la D.B. ferma la ligne de chemin de Fer Schramberg – Schiltach quelques mois plus tard. C‘ est ainsi qu’un chapitre d’histoire industrielle de la Forêt noire fut clos. Mais d’une certaine manière la SMF a quand même survécu – les céramiques de Schramberger Majolika – la SMF – sont des objets appréciés et recherchés par les collectionneurs de céramiques.

Sources :

Museums und Geschichtsverein Schramberg, Grosse Kreisstadt Schramberg (Eds.): Schramberg – Adelsherrschaft – Marktflecken- Industriestadt. Schramberg, ISBN 3-98077406-3-3

Stadt Schramberg (Ed): Das ist Schramberg. Die Uhren und Fünftälerstadt im Schwarzwald. Schramberg 1967

Christophe Neff, Grünstadt le 6.8.2009

Incendies et sécheresses répétés menacent les forêts – quelques mots sur l’article paru dans Le Monde.fr du 3.8.09

« Incendies et sécheresses répétés menacent les forêts » est le titre d’un article sur le Monde.fr, – un article de presse, à mon avis ,pour une fois de bonne qualité, ce qui est rare pour un article de presse sur les feux de forêts. Un article qui propose une petite esquisse assez complète sur l’état actuel de la recherche scientifique sur les feux de forêts. Néanmoins je trouve qu‘ on aurait pu ajouter une ou deux phrases sur le phénomène de « californisation », « suburbanisation et feux », « forest & urban interface » – car ce phénomène va devenir un des grand défis pour les pays du nord du pourtour méditerranéen comme la France ou l’Espagne ( Neff & Scheid 2005) et même pour les pays riverains de la façade sud méditerranéenne ne sont pas à l’abri du phénomène de californisation comme par exemple la Tunisie (Neff 2006) .

Un petit regret :la très bonne carte qui est présente sur l’article de la version papier ( Monde mardi 4 août p. 4 planète – ou version pdf) du Monde (p.4 Planète) manque dans la version le Monde.fr, ce que je considère comme une grande perte. La carte a le mérite de montrer aussi que l’Algérie est touchée par une série d’incendies cet été, une information qui est et reste jusqu’à présent presque confidentielle. En ce qui concerne l‘ article « En Espagne, résidus de bois et arbres calcinés servent à produire de l’électricité » sur la première usine thermoélectrique à base de biomasse forestière (sur la même page du Monde mardi 4 août p. 4 planète) ceci est à peu près sur la même longueur d‘ ondes que nos propositions (Neff & Scheid 2008, Neff 2007) pour la production de biocarburant en Tunisie. En faite deux articles de presse sur les incendies des forêts qui valent la peine d’être lu !

Sources et documents cités:

Neff, C. (2006) : Projections Ecosystèmes tunisiens 2030. Karlsruhe.

Neff, C. (2007): Note personnelle sur les perspectives et potentialités de production de biocarburants en Tunisie (21.12.2007), Grünstadt.

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Neff, C., Scheid, A. (2008) : Les Biocarburants – Analyse du potentiel de production de biocarburants à l’échelle internationale et en Tunisie. Executive summary/sommaire exécutif. „Orientations pour la production de biocarburants en Tunisie“. Karlsruhe, Tunis, GTZ.

Christophe Neff, Grünstadt le 4.8.2009

P.S. (5.8.2009 9:45): A noter que le Monde / le journaliste signant l’article Pierre Le Hir ont même interviewé un chercheur compétent (Michel Vennetier du CEMAGREF ) dans le domaine du feu , ce qui est loin d’être courant pour la presse française. Pour mes conseils personnels en ce qui concerne la prévention des feux de forêt et la gestion de paysages méditerranéens je renvoie au billet « Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines » : « Et si le lecteur en passant ses vacances dans le Midi français veut activement contribuer à la gestion de ces paysages du Midi potentiellement extrêmement « combustible », je ne peux que conseiller : buvez le vin des terroirs de vacances, mangez les produits du terroir, achetez chez les producteurs locaux, que se soit coopératives vinicoles ou exploitants producteurs indépendants, préférez les restaurateurs qui ont recours aux produits locaux et régionaux – car un paysage méditerranéen, un terroir méditerranéen vivant de ses terres, c’est déjà un facteur important pour réduire les risques de feux de forêts »

Blogroll : El Watan

Dans mon billet « Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines » j’avais décrit le quotidien algérien EL Watan comme ma petite fenêtre vers l’Algérie – et depuis j‘ ai aussi mis le site internet de EL Watan sur mon blog roll pour permettre lecteurs de mon blog « paysage » d’ouvrir cette fenêtre vers l’Algérie. Dans ce contexte notons l’éditorial mémorable de Tayeb Belghiche « La responsabilité du wahhabisme » du 1.8.2009. L‘ édito rejoint un peu ce que j‘ avais décrit dans « F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin.» où j‘ avais écrit « C’était juste en revenant d’un séjour en Afrique, où j’avais remarqué comment l’argent wahhabite plantait des mosquées partout dans le Sahel, dans le Soudan. En ce temps- là, cela m’avait beaucoup impressionné, ce changement de paysage dans le Soudan le «bilâd as-sûdân» des géographes arabes qui annonçaient déjà le retour de l’islamisme sur la scène politique. En plus, avec la lecture de « la revanche de dieu » de Gilles Kepel qui sortait en 1991 en tête, je sentais que la géographie humaine, dans un arc allant de l’océan atlantique jusqu’à l’océan indien, allait subir un changement dramatique ». Ma première rencontre avec le wahhabisme fut vers les années 1990 quelque part en Afrique francophone – et depuis beaucoup d’eau a coulé dans le « Sassandra » et je crois que le wahhabisme a encore de beaux jours devant lui – beaucoup d’eau va encore couler dans les lits du Niger , du Sénégal , du Sassandra , et du Nil avant que cela ne puisse changer.

Christophe Neff, Grünstadt le 2.8.2009

Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines

Les médecins ont décidé – il y aura encore au moins 2 semaines de dépêches du grand bouleau – ou encore deux semaines de confinement à Grünstadt – cela dépend de la perspective d’angle de vue. Après le semestre d’été perdu, qui est ,pour un géographe classique aimant les cours de terrain, les prospectives géobotaniques, les paysages, tout simplement la saison universitaire préférée ; ce sont les vacances au cœur de la famille sur les rives de la méditerranéenne, qui ont subi le même sort que les sorties géobotaniques avec mes étudiants – adieu les cigales, adieu les canadairs, adieu les pizzas de chez Marco, adieu les moules frites au Fort de l’eau. Restent les balades sur le Grünstadter Berg, – une de ces balades qui j’ai déjà décrite dans balade d’été sur le Grünstadter Berg. En ce qui concerne le Grünstadter Berg , je viens de lui contribuer enfin un article sur wikipedia.de – c’est quand même un patrimoine naturel considérable du palatinat. Mais comme je l’avais déjà écrit – les articles naturalistes dans Wikipedia sont plutôt problématiques ,ou ils sont souvent d’une qualité discutable , ou tout simplement il en manque carrément sur un sujet. A quand enfin un article wikipedia.fr sur le Zinnkoepfle ou sur le Zotzenberg – deux sites naturalistes et grand cru en Alsace – qui mériteraient largement une mention, un article dans wiki.fr – en particulier le « Zotz » à Mittelbergheim , car le seul Grand Cru AOC Alsace ou le cépage « Sylvaner » (après de maintes batailles des vignerons de Mittelbergheim) est accepté comme cépage de Grand Cru. Les Sylvaner Grand Cru Zotz pourront il peut être atteindre la notoriété et la qualité des grands Johannisberg du Valais – ou d’un Silvaner de Franconie ?

En ce qui concerne les nouvelles du blog paysages – l‘ article (allemand) Madame Courage: Loubna – en fait j‘ avais volontairement adapté le titre de EL Watan , ma petite fenêtre sur l‘ Algérie, le courage de Loubna , – mais l‘ affaire a aussi fait du bruit sur le Monde ((par ex. l’article Une jeune Soudanaise arrêtée pour port du pantalon défie la justice de son pays ) et autres medias français, m’a rapporté une citation « Madame Courage » dans le Blog de Daniel Buchta. Mais définitivement l’affaire Loubna, – le fait que les femmes portant un pantalon au Soudan risquent la flagellation publique – ceci n’intéresse personne en Allemagne – là,l’indignation publique s’abat surtout sur la « Dienstwagenaffäre » d‘Ulla Schmidt . Mais l’article sur Loubna m’a encore procuré des lecteurs allemands de plus pour mon blog paysages. Donc plus de lecteurs que l‘ info presse que j‘ avais publiée il y déjà cinq ans avec l‘ aide de du service de presse de l‘ Université de Mannheim sur la situation au Darfour, « Menschen im Sudan brauchen unsere Hilfe », – mais décidément ce Darfour – il n‘ intéressait et n’intéresse encore vraiment pas grand monde en Allemagne, – car en même temps que l‘ université de Mannheim lançait l‘ info presse sur la situation au Darfour , Foaud Ibrahim le géographe egypto-allemand, le grand spécialiste reconnu internationalement pour les recherches géographiques au Darfour, le scientifique qui introduisit le terme de désertification dans la géographie allemande – le terme était un concept anglo-français – essayait lui aussi de remuer la conscience publique allemande, et son info presse « Ideas on the Background of the Present Conflict in Darfur » divague encore dans les lointains recoins de la toile virtuelle – mais à eu peu prés avec le même succès que l‘ info provenant de ma part – donc zéro attention publique pour le Darfour hier et aujourd’hui. Le lynchage public d’Ulla Schmidt par les medias allemands et le fait qu‘ aucun organe de presse de référence allemand ne parle des droits de l‘ homme au Soudan ,montre que les choses n‘ ont guère évolué depuis 2004 !

En ce qui concerne les feux de forêts – dans mon blog « paysage » – l’attente des lecteurs semble être grand en ce domaine, je reçois des nombreux emails me demandant plus d’infos sur la situation des feux de forêts, – et le succès de l’article «1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » sur le feu des forêts de 1949 dans la Forêt de Landes parle tout seul!

Est-ce que la presse écrite française serait – en dehors de la question permanente du « coupable » – en train de livrer une vraie analyse de fond sur les feux de forêts ?
Malheureusement un «écologe du feu», – un « fire ecologist » – ein « Feuerökologe » ne peut pas dire grand-chose sur les feux actuels, – surtout s’il est confiné à une chambre de malade avec seule vue sur un grand bouleau -l ‘ analyse du combat anti-incendie est plutôt une affaire de pompiers – et je considère les pompiers français en ce qui concerne leurs actions anti-incendie comme les professionnels Numéro 1 en même temps que les pompiers des états pacifiques des U.S.A et que les pompiers Canadiens – en fait il n’y a rien de meilleur au monde actuellement. L’écologue du feu intervient avant et après un feu – il peut donner des avis scientifiques – parfois personnels et engagées sur la dynamique réciproque entre feux et paysages – et pourrait, à condition qu’on veuille bien l’entendre -,donner des conseils sur la gestion de paysage intégrant le « management » du feu. Pour les lecteurs intéressés par une analyse plus approfondie du phénomène « feux » pour les paysages méditerranéens français ,je ne peux que recommander la lecture du livre « le feu dans la nature – mythes et réalité » édité par Benoît Garrone comme je l’ai déjà fait dans « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens »

Ce livre qui comporte des chapitres historiques, écologiques, forestiers et même pour les lecteurs désirant en savoir plus sur la lutte anti-feu – un chapitre entier y est dédié à la lutte anti -incendie. Un livre complet sur les feux de forets en milieu méditerranéen français, qui mériterait sûrement une réédition augmentée – un livre dont je recommande ardemment la lecture !

Et si le lecteur en passant ses vacances dans le Midi français veut activement contribuer à la gestion de ces paysages du Midi potentiellement extrêmement « combustible », je ne peux que conseiller :

buvez le vin des terroirs de vacances, mangez les produits du terroir, achetez chez les producteurs locaux, que se soit coopératives vinicoles ou exploitants producteurs indépendants, préférez les restaurateurs qui ont recours aux produits locaux et régionaux – car un paysage méditerranéen, un terroir méditerranéen vivant de ses terres, c’est déjà un facteur important pour réduire les risques de feux de forêts . Mais soyons clair : la meilleure des gestions des paysages méditerranéens ne pourra jamais exclure le feu à 100% – y croire serait même une erreur fatale – je l‘ avais déjà écrit en 1995 dans « Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes » – donc il faut absolument d‘ un côté essayer de faire vivre les paysages méditerranéens de leurs terres (en buvant leurs vins – et en mangeant leurs produits) – d‘ un autre apprendre à gérer les risques , car comme je le dis si souvent à mes étudiants – il y deux facteurs majeurs qui façonnent les paysages méditerranéens – l‘ homme (la pression anthropozoïque) et le feu.

Ouvrages et littérature cités :

Garrone, B. (2004) : Le feu dans la nature mythes et réalité. Prades -le- Lez (Les Ecologistes de l‘ Euzière).(ISBN 2-906128-17-1)

Ibrahim, F. (1980): Desertification in Nord-Darfur: Untersuchung zur Gefährdung des Naturpotentials durch nicht angepasste Landnutzungsmethoden in der Sahelzone der Republik Sudan / von Fouad N. Ibrahim. In Verbindung mit d. Inst. für Geographie u. Wirtschaftsgeographie d. Univ. Hamburg. Hamburg: Hirt, 1980. – XIII, 175 S.: 16 Ill., 42 graph. Darst. u. Kt. & Kt.-Beil (6 Bl.); (deutsch) (Hamburger geographische Studien; 35)

Neff, C. (1995): Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) – eine geographische Analyse. Materialien zur Geographie 27, Mannheim. (ISBN 3-923750-50-1)

Christophe Neff , Grünstadt le 1.8.2009

Blogroll : Aurélie Filippetti

cv-les-derniers-jours-fili.1248682145.jpgEn écrivant le 25.7 mini-billet signalant le billet « Jean Miglirori le socialiste » dans le blog famillenounouneff – je me disais qu‘ il faudrait peut – être mettre le Blog d‘Aurélie Filippetti sur mon blogroll. J’avais déjà signalé son livre „les derniers jours de la classe ouvrière“ dans I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? – je cite : « Revenant aux paysages, en lisant il y a quelques jours les Les Derniers Jours de la Classe ouvrière de Aurélie Filippetti, je commence à replonger dans les paysages imaginaires de mon enfance, les paysages des histoires de mes grand parents, de l‘ immigration italienne en Lorraine, de la résistance, du combat politique de la classe ouvrière. Je n‘ ai jamais mis les pieds dans ce pays, mais en lisant le livre d’Aurélie Fillppetti, j‘ avais l‘ impression de connaître chaque ruelle de la Basse – Italie d‘ Hussigny, la cour de l‘ ecole d‘ Hussigny , les cheminées du four crématoire du camp de Thil , les mines de fer, les peurs de la gestapo, des SS, – à vrai dire une géographie imaginaire qui n‘ existait que dans ma mémoire d‘ enfant, mais qui a survécu à l‘ enfance et qui ressurgit pendant la lecture du livre de Fillipetti. C’est en fait aussi la lecture du roman autobiographique de Fillipetti, qui m’a donné le courage de m’attaquer à ce blog sur les paysages, – même si je n’ai pas encore résolu le problème de la langue d’écriture adéquate. « – donc pourquoi ne pas mettre en blogroll son blog comme je sympathise un peu avec ses idées politiques. En plus, je trouve assez sympathique qu’elle ne renie pas ses souches originaires. Notons que la 7ème circonscription de Meurthe-Moselle où se situe Hussigny n’est pas la circonscription de Filippetti – mais celle du député Christian Eckert (P.S.). Filippetti , mais cela doit être bien connu, est député de la 8ème circonscription de Moselle. Son roman, qui est plutôt un documentaire historique, qu’un roman & récit autobiographique m‘ avait tellement impressionné que je me suis même aventuré avec les quelques mots d‘ italien qui me restaient d‘ écrire un petit article sur wikipedia.it sur l‘ auteur de « Les Derniers Jours de la classe ouvrière ». Je ne vais pas faire une critique du livre de Filippetti, se sera peut être pour un autre billet. Mais le livre nous montre bien qu’il faudrait absolument s’attaquer à une vraie documentation scientifique, – sorte de livre de mémoire – avant que les souvenirs de l’immigration italienne dans le « Haut-Pays » se dissipe à tout jamais dans le temps et l’oubli. Un livre que retrace la vie des italiens du Haut-Pays, leurs angoisses et les peurs, leurs petite joie de gnocchi et cappelletti du dimanche, mais aussi leurs espoirs vers un meilleur avenir, – en fait leurs espoirs étaient rouges – rouge comme communistes, rouge comme socialistes !

Et mon grand – père Jean Migliori , lui surnommé le sorcier rouge de Hussigny, lui il croyait encore au rêve socialiste rouge, à l‘ école républicaine laïque – au changement vers un meilleur monde par l‘ éducation et la connaissance – et il y a même de nos jours encore des personnalités politiques de gauche qui croient à ces idées et rêveries socialistes d‘ antan – comme nous le montre par exemple Frank Walter Steinmeier dans un interview publie dans la Zeit – « Jede Mark zählt » le 23.07.2009.

En ce qui concerne le Blog d‘Aurélie Filippetti, c’est fait, il se trouve depuis hier sur mon blogroll.

Sources & Ouvrages citées :

Filippetti, Aurélie (2003) : Les derniers Jours de la classe ouvrière. (Stock – Le Livre de Poche), ISBN 2-253-10859-6

Christophe Neff, Grünstadt le 27.6.2009

Petite note personnelle sur une ancienne photo de Hussigny (25.7.2009)

Une petite note personnelle pour reprendre une citation du billet « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir » du 2.6.2009 ou j‘ ai aussi en quelques lignes fait revivre les souvenirs de mon grand -père Jean Migliori.

« J’ai lu l’ouvrage dans les trois nuits suivantes à l hôtel, – et pendant la lecture je retrouvais un peu le monde perdu de mon enfance quand mon grand – père me racontait sa gauche. Les mémoires d’une gauche, d’un monde meilleur, mais aussi cette vision d’une France- pays des droits de l’homme, pays du progrès, – ceci fut le monde de Jean Migliori, mon grand père, immigré italien, macaroni, rêveur marxist, résistant, socialiste, mitterrandiste avant que le mot « génération Mitterrand » fut invente. Monde, idées et histoires de mon grand père qui il me racontait, – le Journal Le Monde à l’appui, – et qui ressurgissait pendant ma lecture de l’ouvrage de Moati sur la colline de Sidi Dhrif surplombant Marsa la Corniche et Marsa Plage. »

Sur le blog de famillenounouneff on trouve un minuscule billet titré « pour les Migliori – Jean Migliori le socialiste », on y trouve quelques mots biographiques, une citation de Léon Blum, et deux photos. Une des photos montre Jean Migliori le « sorcier rouge » comme il fut appeler par ses élevés, devant son école de Hussigny

Christophe Neff, Grünstadt le 25.7.2009