L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010)

L‘ Allemagne est fatiguée de son hiver -relativement long et dur – pendant presque cinq semaines la plus grande partie de l’Allemagne a été recouverte d’un manteau de neige. Phénomène assez rare qui remonte à l’hiver 1978-79. Le DWD (Deutscher Wetterdienst = Météo national allemand) résume dans une info presse pour Janvier 2010 – „Ganz Deutschland unter  geschlossener Schneedecke„.

grunstadt-im-winter-3112010blog.1265444251.jpgLes premières neiges à Grünstadt sont apparues durant la nuit du 12-13.12.2009 et après quelques petites périodes de redoux, la neige est réellement réapparue fin décembre pour couvrir les vignes  et villages de l’Unterhaardt jusqu’à la nuit du 2 au 3 février.  Dans la Unterhaardt cela s’est plutôt bien passé – mais le reste de l’Allemagne, surtout le land de Mecklenburg-Vorpommern souffre énormément de cet hiver. Même ici en Rheinland-Pfalz on a dû fermer beaucoup d’écoles car dans beaucoup d’endroits le ramassage scolaire ne fonctionnait plus.

Est-ce que l’hiver actuel fut vraiment si exceptionnel ? Même si le phénomène que toute  l‘ Allemagne du nord au sud, de l‘ ouest à l‘ est soit couvert d‘ un manteau de neige -plus de  4 semaines – est assez rare, je ne crois pas que nous avons vécu en Allemagne un hiver exceptionnel.  Je crois plutôt que l’Allemagne a tout simplement pour diverses raisons oublié ce qui signifie un vrai hiver de moyenne  Europe (Mitteleuröpäischer Winter). Parfois on a même l’impression qu‘ une grande partie de la société a pris les divers scenarios de réchauffement climatiques pour les années 2020-2050, donc pour les décennies à venir , pour une réalité, et on a tout à fait oublié de se préparer pour de vrais  hivers. On pourrait peut être même dire «  hier war der Wunsch der Vater des Gedanken » on a pris ses désirs pour des réalités : on préférerait  vivre sans hiver, sauf naturellement pour la fameuse « weiße Weihnacht »( Noël sous son blanc manteau).

hanfpalmen-im-schnee-bad-durkheim-jan-2010-kopie.1265440779.jpgPersonnellement j’ai grandi dans un pays de neige, – et je suis vraiment perplexe de voir à quel  point l’Allemagne se laisse paralyser  par si peu de neige (voir ici les divers articles publiés par le SPON ; Kälte, Glätte, Schnee – Können wir Winter?;  Viel Eis, kein Salz Niedersachsen rät zum Verzicht aufs Autofahren;  Eisglatte Straßen – FDP fordert nationale Streusalzreserve ;  Luftbrücke – Bundeswehrhubschrauber versorgen Hiddensee mit Lebensmitteln ).  Durant mon enfance la Forêt Noire, la Raumschaft Schramberg fut un vrai pays de neige – des hivers qui duraient parfois de début décembre jusqu‘ en avril voire Mai , des masses impressionnantes de neige  telles que mon père , natif de Saulgau en Oberschwaben où les hivers sont beaucoup moins enneigés  qu’en forêt noire, nous a légué une impressionnante documentation photographique des paysages du Feurenmoos, du Fohrenbühl enneigé , tellement il était impressionné par la quantité de neige dans les  alentours de Schramberg .  A partir du début des années 1980 les chutes de neige devenaient de  plus en plus irrégulières ; un couvert de neige ininterrompu  de décembreà avril cela n’a plus existé,  je crois, depuis l’hiver 1985/86 .Dans ce pays de neige , on vivait avec la neige  (et on y vit encore) on se préparait, on prenait ses précautions. Le long des routes exposées  au vent on construisait en automne de longues grilles de congères car on savait bien que le vent peut rendre une route même avec un couvert neigeux assez mince impraticable en  une ou deux heures , ou même moins. Ce savoir apparemment a été oublie dans ¾ de l’Allemagne.

winterlandschaft-grunstadter-berg-3112010blog.1265444907.jpgMême ici à Grünstadt il y a eu des routes devenues impraticables par des congères – même si nous n’avons jamais eu plus de 20 cm de neige dans les environs de Grünstadt. A force de parler toujours de scénarios de changements climatiques, de réchauffement planétaire, j’ai bien l’impression qu‘ on a  tout simplement oublié la réalité d’un hiver banal. Il y a aussi des facteurs aggravants :durant les années 1969,70 et même encore dans les années 1980, une partie du trafic marchandises  était encore assurée par les chemins de fer en Allemagne – le trafic marchandise régional  aujourd’hui est exclusivement assuré  par la route en Allemagne (voir aussi St. Genis – Pouilly à bientôt) avec pour  effet que si un  seul camion se met en travers ,rien ne va plus ,et les routes sont coupées pendant des heures. Durant 4 semaines on pouvait dans les radios trafics entendre les litanies – wg. Querstehender LKW gesperrt – Route coupée à cause de camions en travers. C’est aussi une des conséquences d’une politique de transport « tout-camion » – un prix à payer durant un vrai hiver européen.

En ce qui concerne  les changements climatiques, on peut constater que la durée du couvert neigeux a certainement diminué durant les dernières deux décennies. Un  très bon exemple pour ce fait  est le « Weihnachtstauwetter ou Weihnachtsdepression » qui affecte une grande partie de la moyenne Europe. En moyenne 7 sur 10 hivers sont concernés par ce phénomène qui fait fondre une grande partie des neiges en  décembre – et ce phénomène et responsable que la weiße Weihnacht (noël dite blanche = paysage de noël couvert de neige) est un événement assez rare en Allemagne. La Forêt Noire connaissait naturellement aussi le phénomène du « Weihnachtstauwetter » mais avec une couverture moyenne de 50 – 100 cm de neige, les 30 à 40 centimètres qui fondait pendant le Weihnachtstauwetter n’avaient aucune conséquence pour les paysages hivernaux. De nos temps la couverture neigeuse de décembre n’atteint souvent même pas les  40 à 50 centimètres  et disparaît donc logiquement entre Noel et la St. Sylvestre. C’est  la un signe incontestable d’un changement climatique.

Mais tout ne semble pas lié aux changements climatiques. J’avais longtemps cru savoir que le téléski du Fohrenbühl a dû être fermé pour  cause de manque de neige dû aux changements climatiques durant les années 1990. Le Fohrenbühl qui  fut aussi l’endroit où je pris mes premiers cours de ski il y a plus 40 ans, et que j’ai déjà décrit brièvement dans la notice géo gastronomique « une forêt noire étoilée ».  Effectivement un des scenarios courants pour le tourisme d‘ hiver et les changements climatiques pour les deutsche Mittelgebirge prévoit que dans un proche futur  le couvert neigeux nécessaire pour le « tourisme de ski »  va faire défaut et mettre l‘ industrie du tourisme d‘ hiver en péril, – les « climatologues-scénaristes » ne partagent pas tous cet avis pessimiste (pour plus de matériel online , voir ; Folgen des Klimawandels für den Wintersport im Mittelgebirge; IfL Nationalatlas: Klimawandel ; Klimawandel und Wintersport in Mittelgebirgen ; Klimawandel im Schwarzwald und an der Nordsee) mais c’est en tous cas l‘ avis prédominant de la récherche climatologique appliquée en Allemagne. Donc jusqu‘ au 15 janvier 2010, je croyais que la fin du téléski du Fohrenbühl était due  aux conséquences des changements climatiques, au « global warming ».

verschneite-waldweide-bei-sommerecke-161.1265440014.jpgDu 15 au 17. Janvier je tenais mon séminaire annuel « Global Change » auquel la presse locale, en occurrence le Schwarzwälder Bote, consacra même un petit article « Wie wirkt sich der weltweite Klimawechsel im Schwarzwald aus? ». Pendant ce séminaire, j‘ ai appris par des sources locales – que la fermeture du téléski du Fohrenbühl  (Fohrenbühllift) n‘ avait rien à voir avec des problèmes d‘ enneigement  et  changements climatiques, mais est dû à des problèmes de bail entre les propriétaires du téléski et les propriétaires des pistes de ski – et que le lift (téléski) de Tennenbronn à quelques kilomètres de là et qui se situait à une altitude inferieure fonctionnait encore bel et bien. (Voire aussi les articles dans le Schwarzwälder Bote Tennenbronner Skilift in Betrieb & Der Schnee kann auch ein Vergnügen sein ? In Tennenbronn sind die Wintersportbedingungen optimal).  En regardant la carte des « certitude de neige » du IFL  (Schneesicherheit) se basant sur des données de 1980- 1999 ou voit que 60 – 80 jours de neige avec plus de 10 cm de couverture neigeuse y sont données pour la région entre Schramberg – St. Georgen. Donc assez de couverture neigeuse pour exploiter convenablement un téléski.  Naturellement exploiter un téléski dans un tel environnement n’est certainement pas une mine d’or – mais cela peut fonctionner. Donc des simples disputes ont sonné le glas du „Fohrenbühllift“ – pas  le réchauffement climatiques comme on aurait pu  le croire. On aurait tellement aimé raconter l’histoire de la fin du Fohrenbühllift – le téléski du Fohrenbühl une des premiers victimes du réchauffement planétaire  ….. mais hélas les réalités sont beaucoup moins spectaculaires.

Je ne sais pas si l‘ hiver en Allemagne va encore perdurer  et a quel point cet hiver particulièrement rigoureux et surtout particulièrement inattendu pour une grande partie de la société allemande va encore perturber la vie quotidienne  de beaucoup d’Allemands, même le monde a récemment consacré  une petit note à cet hiver particulier « La neige paralyse les transports dans le nord-est de l’Allemagne » , mais au moins dans la vallée du Rhin, le fameux Oberrheingraben, la neige a disparu et dans les espaces vert de l‘ université de Karlsruhe je viens de découvrir le jeudi  4.2.2010 les premiers  Hellébore d’hiver (Eranthis hyemalis ) ou en langue populaire les roses de noël, les fameux  Winterlinge en fleur. En plus les premières cigognes vient d’arriver en Palatinat (Die Rheinpfalz 6.2.2010) – le printemps s‘ s’annonce timidement l’Allemagne fatigué par cinq semaines de neige pourra enfin reprendre son souffle.

Photos :

1.) Grünstadt en hiver:  Photo © C.Neff 31.1.2010 (Canon Powershot A720IS)

2.) Le Grünstadter Berg en manteau d‘ hiver:  Photo © C.Neff 31.1.2010 (Canon Powershot A720IS)

2.)  Neige & Palmiers (Trachycarpus fortunei) à Bad Dürkheim : Photo © C.Neff 27.1.2010

3.) Paysage d’hiver entre Sommerecke & Fohrenbühl pris pendant le seminaire Global Change 15-17.1.2010 : Photo ©C. Banfield 16.1.2010

Source :

Die Rheinpfalz (6.2.2010) : Aus der Pfalz – Erste Störche in der Pfalz eingetroffen. Die Rheinpfalz, Sonntag 6. Februar 2010, Jahrgang 66, Nr. 31

Christophe Neff, Grünstadt le 6.2.2010

P.S. (6.2.2010 12:05): Et les Etats-Unis aussi redécouvre ses neiges et tempêtes d’hiver (East Coast Is Hit by ‘Potentially Epic Snowstorm ;  L’est des Etats-Unis pris dans une tempête de neige ; US-Ostküste ruft den Winternotstand aus)!

Saint-Genis-Pouilly à bientôt – quelques réflexions sur l‘ après Copenhague – et quelques aspects de la politique des transports en Allemagne, en France et en Suisse

« Saint-Genis-Pouilly à bientôt » est une pancarte publicitaire que j’ai découverte pendant les fêtes de noël que j’ai passées dans le pays de Gex.

Le panneau annonce donc la réactivation de ligne de chemins de fer Collonges – Divonne, – c’est au moins mon interprétation personnelle.st-genis-pouilly-a-bientot-weihnachten-2009-pregnin-27122009.1262525880.jpg C’est un projet dont on parle depuis longtemps, – mais qui, d‘ après mes informations, n’a jamais pris une forme réelle. En plus, depuis quelques mois on parle aussi d’intégration dans le système RER genevois en construisant une nouvelle ligne St. Genis Pouilly – Genève- Mont Fleury .  Je ne sais pas si le panneau peut être interprété comme un réel signal, que ces projets aboutissent vraiment et qu’on pourrait dans les mois et les années à venir voir un résultat positif ;  on peut au moins espérer. Pour le bilan environnemental cela serait sûrement une bonne chose.

Pourquoi parler  de ce projet de renaissance ferroviaire dans le Pays de Gex en relation avec le sommet de Copenhague ? Nous avons dans nos pays, aussi bien en Allemagne qu’en France  attribué l‘ échec de Copenhague a la Chine, les pays en voie de développement etc. (voir  aussi mon billet Copenhague 2009 et après) , et nous pensons que nous sommes les champions de l‘ économie climatique (dans ce contexte, je signale le billet la «chancelière verte » de Berlin en parle), mais les réalités du terrain ont souvent un aspect beaucoup moins glorieux. Il se trouve que pour arriver en pays de Gex, j’avais pris le train depuis Mannheim pour la gare de Genève aéroport. Notons que si les projets (nouvelle ligne Genève – St. Genis) étaient réalité j’aurais aussi pu me rendre directement à St. Genis, ou même à la gare de Crozet, l’actuelle gare de terminus des trains de marchandise (déchets ménagers, graviers) de la partie de la ligne Collonges – Divonne encore en service.

Quand on circule en train, la différence d’image entre l’Allemagne et la Suisse (et on pourrait facilement constater la même chose entre la France et la Suisse) est vraiment crispante. En Allemagne, sauf quelques exceptions où des sous-traitants ont repris le wagon isolé (comme par exemple la HZL ), le wagon isolé a disparu (en France il est en train de disparaitre), – une grande partie d‘ embranchements particuliers  ne sont plus exploités. Tous ces trafics on été repris par la route en Allemagne et France. En Suisse une grande partie de ces trafics est encore un domaine des chemins de Fer. Cela se voit déjà aux installations de gare dans les gares suisses, – installations de voie complexes, – voie d‘ évitement encore en service, voie de garage et de chargements entretenue, embranchements particuliers  en exploitation ,tout cela fait encore partie du monde ferroviaire suisse , et est en voie de disparition en Allemagne en France. En Allemagne on a tellement enleve d‘ infrastructures ferroviaires, que ces  sites sont devenus  des portes d‘ entrées pour les plantes néophytes ;dans le Sud de l‘ Allemagne ce sont surtout Solidago canadensis et Buddleja davidii qui ont profité de l‘ abandon massif des installations ferroviaires. L‘ image qui se présente au voyageur traversant le Jura Suisse du Nord au Sud en train est qu’en pays helvétique les installations ferroviaires sont bien soignées :elles  servent encore à faire circuler des trains !

adam-11-in-horb-2792009.1262526314.jpgLe Jour de l’élection au Bundestag le 27.9.2009 j’avais pris le train depuis Mannheim à Sulz – et entr‘ autre emprunté la Gäubahn entre Stuttgart et Sulz am Neckar . La Gäubahn –  à travers  le Gäu – le Korngäu qui fut jadis le grenier du Württemberg (Korngäu = pays du ble) :dans presque dans chaque gare se trouvait un embranchement particulier desservant les silos des WLZ (aujourd’hui‘ hui Baywa)  , – les Silos sont bien encore là ,mais les embranchements particuliers ont  tous disparu – il n‘ y plus de trafic marchandises  local ni régional sur la Gäubahn au Sud de Böblingen (au moins entre Böblingen et Sulz) ,il reste le train de fret international de la DB transitant vers la Suisse ou l‘ Italie – et quelques trains de travaux et  infrastructures. Tous ces trafics ont été transférés  sur la route.

Même constat pour beaucoup de lignes  de la Sncf, – la ligne Nîmes – Sommières – Le Vigan (un très beau site décrivant cette ligne de chemin de Fer se trouve ici) connaissant encore un trafic considérable durant les années 1970 à 1980 a été dabandonnée  (cette ligne est tellement oubliée qu‘ il existe même pas d‘ article wikipedia) , – les lignes du Massif central, qu‘ il s‘ agisse de la ligne dite des Cévennes (Nîmes – Clermont) ou des Causses (Béziers – Clermont) sont agonisantes  et ,sauf miracle, vont bientôt s‘ endormir faute d‘ entretien raisonnable. Quelle  différence en Suisse – l’embranchement particulier vit encore, le trafic local marchandise est encore assuré ,même le wagon isolé a survécu! Même le transport des betteraves sucrières vers les centres de raffinage est assuré par voie ferrée en Suisse (et on prévoit même d’intensifier ce mode de transport en Suisse). En Allemagne, la DB depuis presque 20 ans n’assure plus le transport de betteraves sucrières.  (Une série d’images historiques sur le transport par voie ferrée des betteraves sucrières en Allemagne se trouve ici.)  La Suisse,  du moins en ce qui concerne  les modes de transport avec un bilan environnemental positif, nous montre l’exemple – un chemin à suivre, aussi bien en Allemagne qu‘ en France. Mais pour cela il faut une volonté politique bien affichée  et il ne suffit pas de montrer du doigt les soit- disant coupables de l’échec de Copenhague. En attendant un nouvel accord international pour la réduction des  gaz  à effet de serre nous pourrions en France, en Allemagne,  en Europe nous orienter vers une politique de transports plus écologique : la Suisse  nos montre l’exemple.

Notons en fin de billet, qu’en ce qui concerne une politique transport écologique, il n‘ y pas seulement le transport ferroviaire mais aussi le transport fluvial , un mode de transport complètement oublié – avec un bilan d‘ épargne de  Co² considérable – une péniche émet  trois à six fois moins de CO² qu’un camion (voir aussi – Les Pays-Bas, champions de la batellerieLe canal Seine-Nord, clé de la renaissance du transport fluvial , deux articles dans le Monde.fr.). Nous avons donc encore beaucoup de potentiel pour de développement de modes de transport écologiques en Allemagne et France : cela réduit le bilan Co², cela réduit la facture et la dépendance énergétique (aussi un argument à ne pas perdre de vue, l‘ Allemagne par exemple devient de plus en plus dépendant des importations énergetique de la Russie ) – et au moins pour la France – met  aussi à  l‘ abri de la mauvaise humeur des transporteurs routiers.

En attendant, j’essaierai de suivre le développement du projet de renaissance de la ligne  Collonges – Divonne , en espérant que ce projet ambitieux  de transport régional réussisse réellement !

Photos : Tous C. Neff ; 1.) panneau publicitaire sur la D. 35 Saint-Genis-PouillyFernay – Voltaire (27.12.2009) annoncent l’arrive du future train voyageur à St. Genis ;    2.) Train d’infrastructure sur la Gäubahn à  Horb am Neckar avec la diesel  Adam 11 (une ex  202 DR/DB) de la compagnie Uwe Adam (27.9.2009).

Christophe Neff, Grünstadt le 3.1.2010

P.S.: Pour les ferriophiles et autres intéresse, – le 24.12.2009 j‘ ai pris un ICE 3 de la DB assurant la liaison Mannheim – Basel SBB – et un RABDe 500 des CFF assurant la liaison ICN Basel SS- Genève aéroport via Delémont, Moutiers, Neuchâtel.

Some words concerning Eryngium campestre (field Eryngium) on Wikipedia.en

When I was writing Balade d’été sur le Grünstadter Berg (19.7.2009) and linking „panicaut champetre „(the French word for field Ernygium) to wikipedia.fr – I had also a look to the English article on Wikipedia.en describing field eryngium . About 70- 80 % of the article was wrong, – as for example „A member of the carrot family“ – (Eryngium campestre is member of the Apiacea) – and the editing of the wrong family affiliation went back to 15. March 2007 (see revision history). I corrected the sentence, and linked the article to the article describing Eryngium campestre on webpage’s of the Botanical Society of the British Isle and the distribution map on telabotanica showing the distribution of the plant in continental France. I have not corrected the sentence concerning the gall fly, but I think that the celery fly (Acidia heraclei = Philophylla heraclei = Euleia heraclei) should be better on in the article concerning the celery (Apium graveolens). But you will not find anything concerning the celery fly in the celery articles, neither in en, de, fr. This shows clearly the problem of the reliableness of articles concerning traditional naturalist or botany articles on wikipedia. This is only one example; I guess I would find many other examples to demonstrate the problem.

The other problem is that many articles of traditional naturalist interest (botany, physical geography etc. ) are simply missing – as I wrote in the Balade d’été sur le Grünstadter Berg (19.7.2009) no article in Wikipedia.fr about the Zinnkoepfle, which is not only a very interesting naturalistic site but also à notable french „Grand Cru“ (AOC Alsace Grand Cru Zinnkoepfle) ! Neither nor there is an article about the „Grünstadter Berg“ in Wikipedia.de. Noting that the „Grünstadter Berg“ would also merit an English Wikipedia article – because it was during the cold war an important U.S. Missile Basis, – (the 887th Tactical Missile Squadron was based on the Grünstadter Berg ). I think most people in Grünstadt have forgotten the importance which the Grünstadter Berg had during the „cold war“ – or perhaps never known – or never wanted to know

I am not only critizeing Wikipedia – sometimes I’ll try to contribute to .de ,.fr , .en , to improve articles, sometimes even create new one. But not too much on topics where a I have a professional competence – writing on Wikipedia is not very interesting – its not valorizationing scientific competence – that’s the reason why I never intervened in Article Feuer (Umweltfaktor) – the article about fire ecology in the German Wikipedia – which in my opinion is a very good example for a bad article, an article which would need in-depth clean-up. Unlike the German fireecology article the English fireecology articel seems to be very well done, accurate citation of sources etc, – perhaps a little bit to much focused on the U.S. – because we have also forestfires outside the U.S. (and also fireecologist outside the U.S.) – but all in all a good introduction into Fire ecology.

Concerning the „Grünstadter Berg“, perhaps in some days or weeks, if until then, not some other has started an article, I will write a stub for Wikipedia.de. But I prefer to collect material for a regional geography paper presenting the „Grünstadter Berg“ and to submit to a regional geography or naturalistic journal as for example Pollichia, than to write a stub for Wikipedia.

Concerning the Zinnkoeple the French botanist Emil Issler (1951, 1975) has published some papers about the Zinnkoepfle. But even Emil Issler, the French botanist who has done so much for the research of flora & vegetation of the Vosges and the Alsatian plain – he is unknown in the French Wikipedia – and in the other wikis of course too. For (germanreading) readers more interested in a new approach of the Zinnkoepfle and the vallée noble, the can read the pages 48- 51 in my MEDGROW (Neff 2000), – the book version of my PHD-Thesis, but most of the chapter is dedicated to the „Cedrus atlanitca“ (Atlas cedar) experimental plantations done by French foresters in the 1960 not far away from the „Zinnkoepfle“ – in the „forêt du Osenbühr“. And this „Cedrus atlantica“ site, where Cedrus has begun to regenerate without any human intervention, would also merit a botanical & dendroecological revisitation by myself or colleagues – because we could win some interesting findings for global change research and adaption of Mediterranean forest trees in Middle-European forestry, – but this of course has nothing to do with Wikipedia.

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Field eryngium (Eryngium campestris) on xérothermique subméditerranéen grassland on the Grünstadter Berg (Photo C.Neff 19.7.2009 (Canon Powershot A720 IS)).

Literature cited:

Issler, E. (1951): Trockenrasen – und Trockenwaldgesellschaften der oberelsässischen Niederterrasse und ihre Beziehung zu denjenigen der Kalkhügel und der Silikatberge des Osthanges der Vogesen. In: Berichte der Schweizerischen Botanischen Gesellschaft, p. 664- 659.

Issler, E. (1975): Forêts et garides de la plaine haut-rhinoise. In : Saison d‘ Alsace, 61-62, p.94-113.

Neff, C. (2000): MEDGROW – Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftswandel im Mittelmeerraum. Mannheimer Geographische Arbeiten, H. 52, Mannheim (Dissertation/PHD-Thesis). (ISBN 3-923750-80-3)

Christophe Neff, Grünstadt

The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)

In August 1949 the „Forêt des Landes“ in Southwest France near the Atlantic coast between Bordeaux and Arcachon was destroyed by a mega-forest fire – 50.000 ha of forest land were burnt – and 82 people killed. This was the most deadly forest fire in Europe in modern times (and perhaps also in historical times). Some days ago I dedicated a posting in French with the title „1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes “ to this notable fire event. The fatal fire event burnt the Forêt the Landes (in English sometimes called Landes Forest ),a large forest ranging the Atlantic coast from the Gironde estuary to Arcachon in the South, – a forest dominated by 90% of Maritime Pine (Pinus pinaster). This forest fire has been completely forgotten by the collective memory in France (and also in the rest of Europe). Till today there is no article neither in the French nor English Wikipedia describing this notable forest fire event.

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For people reading French and interested in European fire history I would suggest to read the new book of Joan Deville« L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949 » retracing the fire history of this murderous fire. In my French billet there is a more detailed résumé of the book. The book is not a „fireecolgy reader“ – its written from the view point of the fire-fighters – it’s a fire fighter perspective – and most of the 82 victims of the fire were firefighters (voluntary fire brigade men, and service men from the French army) but also a fire ecologist, a geographer, a forester can learn much about the behavior of such a fire, which I would call a „Mega fire“ or „Mega forest fire event“ from reading the book. This fire had also another quality than most other European forest fires – which are mostly Mediterranean fires – a very high fuelloading in some way comparably to what we knew from pacific coast fires in the U.S. (Washington, Oregon, Montana) and Canada. A European mega fire – causing 82 dead, 50.000 ha of Maritime Pine forest and 700 ha of prairies burnt – and not linked to any „Global Warming Discussion“. This shows clearly that in dry and hot weather conditions large fire events also happened in non-mediterranean European forests – and that this could happen occasionally – or has happened occasionally in historical times – as to take another example the 1975 Lüneburger Forest Fire in Lower Saxony (Germany) (see my posting Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité ) which the German collective memory has also forgot. But as I wrote in l’incendie meurtrier , – if global warming scenarios for Europe are correct, we would have more dry and hot weather conditions – and the probability to have increasing forest fire risks in non-mediterranean Europe would increase. In the French posting I wrote that « Je pense même que l‘ incendie des Landes, ou le feu de la Lüneburger Heide pourrait être un peu le modèle de feu de forêts auxquels nous devrons peut être de plus en plus faire face avec les changements climatiques en dehors de écosystèmes méditerranéens » which means basically that the forest fire of the Landes 1949 or the forest fire in Lüneburger Heide could be a model for coming fire events in non-mediterranean european forests linked to global warming. So the book of Joan Deville, even if it’s in French would merit a large audience.

This is a blog posting – not an scientific paper – for an actual scientific approach concerning future fire risks in Europe read the new paper of Krawchuk et al (2009) „Global Pyrogeography: the Current and Future Distribution of Wildfire “ . I have myself written a little paper in 2003 (Neff 2003) forecasting increasing fire risks linked to global warming for some middle European forest region . Concerning „the fatal Mega fire of the Forêt des Landes“ – one should perhaps write a scientific review paper of this historical fire – because if more fire experts will share my conviction that the „Grand Incendie de la Forêt des Landes“ as the 1949 fire is often called in French, is really a historical model for expected forest fires due to global warming in non-mediterranean European forests – we should know more about this historical fire event on the South-West Atlantic coast of France. Perhaps I should start something like this with interested colleagues after recovery from my accident – because I am still lying in my sickbed in Grünstadt – locking out on the big birch in our garden – and wiriting my bedside blog „Dépêches du grand bouleau“.

Sources:

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Krawchuk MA, Moritz MA, Parisien M-A, Van Dorn J, Hayhoe K (2009): Global Pyrogeography: the Current and Future Distribution of Wildfire. PLoS ONE 4(4): e5102. oi:10.1371/journal.pone.0005102

Neff, C., Scheid, A. (2003): Kontrollierte Feuer in Natur und Landschaftspflege: – Erfahrungen aus dem Mittleren Schwarzwald (Raumschaft Schramberg) und den mediterranen Pyrenäen (Pyrénées Orientales/Region Prades) Südfrankreichs. In: Venturelli, R.C., Müller, F. (Eds): Paesaggio culturale e biodiversità. Principi generali, metodi, proposte operative. Giardini e Paesaggio, 7, Firenze, 163 – 177, (ISBN 88-222-5272-1).

Christophe Neff, Grünstadt le 13.7.2009

P.S.: For French reading readers of this „fatal fire“ article interested in natural hazards & risks I would also suggest to have look on the Gestion des Risques et Crises Blog . This seems to be a very professional blog!

1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes

La saison d‘ incendie 2009 en France a commencé par un incendie dans les Landes à Meilhan où à peu près 200 ha de pins maritimes ont brûlé. Ceci était à prévoir, car la Forêt des Landes est, après les dégâts provoqués par la tempête Klaus , particulièrement propice aux départs d’incendies. Personnellement, je pense qu’à cause des conséquences de la tempête Klaus la Forêt des Landes est même une des régions françaises les plus menacées par les risques d’incendies. Beaucoup plus que les forêts, maquis et garrigues méditerranéens, – même si le risque, comme chaque été, est particulièrement élevé dans les écosystèmes méditerranéens, il n’est pas comparable aux risques encourus par les forêts des Landes, car celles-ci accumulent un très grand potentiel de « masse combustible »qui dépasse largement la moyenne des forêts, maquis et garrigues méditerranéens. Les incendies de forêt qui menacent les forêts de pins maritimes peuvent être particulièrement meurtriers, même si la mémoire collective en France l’a presque oublié. Cela rappelle un peu les souvenirs du feu de la Lüneburger Heide en Allemagne en 1975 ( voir mon billet Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens du 4.6.2009). Il y a juste 60 ans que la Forêt des Landes fut parcourue par les plus terribles feux de forêts français- ce qui coûta la vie à 82 personnes. Je pense même qu’au niveau européen ,ce fut un des plus meurtriers feux de forêts des dernières décennies.(Les feux de l‘ été 2007 en Grèce ne firent que d’après les sources divergeantes, entre 60 et 70 morts) Le feu dura du 19.8.1949 au 27.8.1949 dans un triangle entre Cestas , Le Barp , et Mios ; – plus de 50.000 ha de forêt de pins furent brulés, 710 ha de Landes, plusieurs centaines de blessés, 82 décès (Deville, J. 2009 p. 137) : . Jamais depuis les forêts françaises n’ont dû subir d‘ incendie d’une ampleur comparable. Espérons qu’un tel drame, surtout au niveau des pertes humaines ne se reproduira pas. Comme je l’ai écrit cet événement a été oublié du grand public. On ne trouve même pas d’article sur le feu de forêts meurtier des Landes de 1949 sur wikipedia.fr – par comparaison, l’événement du feu de la Lüneburger Heide qui à lui, son article dans wikipedia.de – on se rend compte à quel point l’incendie des Landes de 1949 a disparu de la mémoire collective française.

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Signalons qu’un livre récemment publié par Joan Deville sous le titre « L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949 » – permet de sortir cette partie de l’histoire des incendies des forêts françaises de l’oubli. Le livre est divisé en deux parties. Dans la première partie, nommée « contexte du drame » après une brève description de la forêt landaise de 1949 l’organisation et l’équipement de la lutte contre les feux forestiers en 1949 sont expliqués. La seconde partie du livre intitulée « du 19 au 27 aout 1949 – l’incendie meurtrier – la chronologie de l’incendie est rapportée minutieusement. En plus, les chapitres sont enrichis par de nombreux témoignages d’époque (sapeurs-pompiers, militaires, gendarmes etc). Dans le chapitre 13 intitulé « les registres de l’état civil » sont énumérés par noms, fonctions et lieux de décès – les morts de l’incendie. Le livre de Joan Deville a le mérite de nous retirer de l’oubli ce feux gigantesque qui ravagea les Landes il y 60 ans. Il devrait aussi nous rappeler, même si on peut penser qu‘ au niveau secours nous sommes beaucoup mieux organisés aujourd’hui‘ hui, que de tels drames pourront, ressurgir en France, en Europe. Je pense même que l‘ incendie des Landes, ou le feu de la Lüneburger Heide pourrait être un peu le modèle de feu de forêts auxquels nous devrons peut être de plus en plus faire face avec les changements climatiques en dehors de écosystèmes méditerranéens, – en France (forêts des collines sous-vosgiennes par E.) ,en Allemagne (Fôret noire, forêts seches de la Haardt en Palatinat par E.) – des feux difficilement maitrisables à cause de leurs grandes charges de masse combustible, avec risque de formation de feux convective, tornade de feux (comme décrite dans le livre Deville), donc des feux rappelant plutôt les feux de forêts boréales, ou les feux de forêt de l‘ arc pacifique américain (British Columbia, Oregon, Montana, Californie, Washington), que les feux méditerranéens.

Revenons à l’incendie des Landes en 1949 – pour tout lecteur qui s’intéresse un peu aux détails et à la chronologie de l’incendie des Landes , surtout en ce qui concerne le point de vue des pompiers, – la lecture du livre de Joan Deville « l‘ incendie meurtrier – dans les forêts des Landes en août 1949 » est certainement très enrichissant .

Source :

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Christophe Neff, Grünstadt le 6.7.2009

P.S. (17.8.2009) : Dans le billet « Le 19 août 1949 – le drame de la Forêt des Landes » on trouve des infos complémentaires sur l’incendie de la Forêt des Landes en 1949.

P.S. (15.03.2023) : Puisque le billet « 1949 – l’incendie meurtrier dans la forêt des Landes » est certainement l’un des billets les plus consultés du blog Paysages, j’ai décidé de déposer une capture d’écran de l’article/ Pdf impression dans la bibliothèque KIT-Open. DOI: 10.5445/IR/1000131914

As the post „1949 – l‘ incendie meurtrier dans la forêt des Landes “ is certainly one of the most consulted posts of the blog paysages I decided to deposit a screenshot/ Pdf printout of the post in the KIT-Open library. DOI: 10.5445/IR/1000131914

Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité)

Attention au Feu Cap Leucate Mai 1996 bearb

Attention au feu : photo prise au Cap Leucate Mai 2006 (Photo: C.Neff )

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En voyageant depuis mon infirmerie au-dessus des toits de Grünstadt, avec le Père Chapdelaine, sa fille Maria et le cheval Charles-Eugène à travers les terres incendies de la forêt québécoise longeant la rivière Péribonka : » les Maisons depuis le village s’espaçaient dans la plaine s’évanouirent d’un seul coup, et la perspective ne fut plus qu’une cité de troncs nus sortant du sol blanc. Même l’eternel vert foncé des sapins, des épinettes et des cyprès se faisait rare ; les quelques jeunes arbres vivant se perdaient parmi les innombrables squelettes couchées à terre et recouvert de neige, ou ces autres squelettes encore debout, décharnés et noircis. Vingt ans plus tôt les grands incendies avaient passé par là, et la végétation nouvelle ne faisait que poindre entre les troncs morts et les souches calcinées. » Hémon (1954, 21), – en lisant cette partie du roman de Hémon, qui est, à ma connaissance une des premières descriptions « littéraires » de la dynamique végétale après incendies de forêts , quelques images et pensées me viennent à l’esprit.

Buchdeckel Nils Holgerson

A ce que je sache, le « Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède » de Selma Lagerlöf, paru en 1906/1907 – qui était conçu comme manuel de géographie pour l’école primaire en Suède, ce qui est souvent oublié de nos jours – était une des premières œuvres littéraires, manuel scolaire (et dans ce sens aussi un document scientifique) traitant des feux de forêts. Dans « Nils Holgersson » nous trouvons donc une description d’un feu de forêt (dans l’original = XLII. En morgon i Ångermanland Skogsbranden ), mais si je me souviens bien, pas de description ou image de la reconquête végétale après incendies comme dans le roman de Hémon, paru la première fois en 1914 sous forme de feuilleton, mais une description de l’ incendie, du feu de forêt ravageur, de la mer de flammes meurtrières qui menace forêt, animaux et les hommes.

 

Squelettes de Pins sylvestre sur le site de l’incendie de Leuk – Albinen. (Photo C.Neff Juillet 2007)

Les images des brûlis, ou « brûlés » comme Hémon les nomme, que l’ auteur peint, ils ne se réduisent pas aux phrase citées, mais d’ autres exemples suivent dans le livre, me rappellent un peu les images & impressions sur le site de l’ incendie de Leuk – Albinen (Aout 2003), – où presque chaque printemps – été après l’ incendie, je donne des cours sur la dynamique végétale après incendies (cours & travaux pratique d’ écologie terrestre – le dernier cours fut tenu en août 2008 en collaboration avec Barbara Moser de la WSL ) où Thomas Wohlgemuth de la WSL a établi un formidable site de recherche , d’ observation écologique à long terme des processus écologique & dynamique végétale après incendies, – ce site scientifique (LTER = Long Term Ecological Research Site) est à ma connaissance assez unique en Europe – et je me demande pourquoi dans les pays méditerranéens à ce que je sache jusque a présent un tel site d’ observation écologique à long terme des conséquences écologiques de feu de forêt n’ existe pas. On pourrait au moins croire (ou espérer) que certains pays riverains de la méditerranée devrait avoir un plus grand intérêt à mener des recherches approfondies sur les conséquences écologiques des feux de forêts que la fédération hélvétique.

Notons aussi dans ce contexte que Marco Conedera (WSL Bellinzona ) est en train de monter un site de recherche d’observation écologique à long terme de la reconquête végétale après incendie, semblable au site de WSL de Leuk – Albinen, mais de dimension plus réduite sur les « brûlis » d’une forêt mixte composée de « châtaigneraies, hêtraies et chênaies » de Cugnasco dans le Tessin. Mais d’un point de vue méditerranéen, ce site se trouverait aussi dans la confédération helvétique, – et même si on peut retrouver des couleurs méditerranéennes dans le Tessin, – c’est une réalité écologique entièrement à part du monde méditerranéen, – c’est le monde des écosystèmes insubriques (insubrische Ökosysteme). La WSL à Bellinzona a même consacré un groupe de recherche entier sous la direction de Marco Moretti à l’étude des écosystèmes insubriques .

Les images rencontrées dans le roman de Hémon me font aussi penser que dans trois – quatre semaines quand les premiers grand incendies éclateront quelque part sur les rivages de la méditerranée les journalistes allemands commenceront à frapper a ma porte pour se faire accorder une interview. Dans ce contexte je me demande pourquoi en France, durant les saisons des incendies, on ne voit guère d’experts, de vrais scientifiques experts en écologie du feu dans les medias. Je me souviens bien avoir vu un ministre de l’intérieur nommé Nicolas Sarkozy dans un cockpit de Canadair, mais je me rappelle pas avoir vu le Monde (ou un autre quotidien) accorder un page ou même une demi page d’interview à Louis Trabaud, François Romane, ou Eric Rigolot – de même aucun des trois dans un journal télévisé. Ma mémoire me tromperait-elle ?

Revenons en Allemagne, – oui les journalistes viendront certainement, – et ce seront toujours les mêmes questions, – pourquoi tellement d’incendies cette année, les autorités sont- elles bien préparées – ont-elles bien réagi, – et surtout la question cruciale – omniprésente à laquelle je réponds toujours de la même manière. Les incendies sur le pourtour sont il déjà dûs aux changements climatiques ? – et je réponds qu’actuellement on n’aurait pas encore assez d’indices pour pourvoir prouver scientifiquement que les changements climatiques pourraient être responsables des les incendies actuels au Portugal, en Espagne, en France, en Italie, en Grèce. Après j’ essaye de leur expliquer que les paysages méditerranéens ont beaucoup changé ces derniers 50 ans, garrigues, maquis et forêts progressent énormément, qu’ il y de plus en plus de masse combustible dans une grande partie des paysages méditerranéens – paysages qui, de fait, subissent un vrai changement global, – un vrai « global change » – mais là normalement la plupart des journalistes décrochent, – des analyses complexe, cela ne les intéresse guère, et en plus c’est difficile à vendre au grand public. Parfois j’ essaie de retenir leur attention en leur expliquant que si le scénario de changement climatique émis par les modeleurs se révélait être correct, on pourrait en fait s’ attendre à une augmentation de feux de forêt chez nous en Allemagne, en Moyenne Europe, même dans les forêts de l’ Est de la France, – en fait je crois, si je me souviens bien, que j’ étais (dans une petite publication commune avec Alexander Scheid (Neff & Scheid 2003) un des premiers scientifiques allemands à évoquer le fait qu’avec les changements climatiques les incendies de forêts en moyenne Europe (Mitteleuropa) pourraient considérablement augmenter dans un assez proche futur. Avant 2003 il y avait déjà diverses déclarations publiques et publications de Friedrich-Wilhelm Gerstengarbe du PIK qui prévoyait qu’avec les changements climatiques dans certaines régions allemandes le risque d’incendies de forêts pourrait considérablement augmenter.

Spiegel 1975 Das große Feuer - wer hat versagt!

Notons dans ce contexte que les incendies de forêts existent et ont toujours existé sans changements climatiques en Moyenne Europe, mais comme ils se manifestent tout de même assez rarement, la mémoire collective les oublie assez vite. Par exemple le dernier incendie important en Forêt noire a eu lieu à Hornberg en avril 1997 . Les feux de forêts en Moyenne Europe peuvent, à cause des stocks de masse combustible considérable, devenir particulièrement meurtriers, comme par exemple le grand incendie de la Lüneburger Heide en 1975 qui a coûté la vie à 5 pompiers, (un numéro du « der Spiegel » fut même consacré à cet événement particulièrement meurtrier (Der Spiegel 1975)) mais qui de nos jours n’a plus de place dans la mémoire collective allemande.

Parfois on peut retenir avec de tels arguments l’intérêt d’un journaliste. Revenons aux paysages méditerranéens, -mis à part le journaliste free-lance et parfaitement francophone « Joachim Budde » , – je n’ai jamais ressenti aucun intérêt de la plupart des journalistes pour aller au fond du problème. Des questions comme, quelle étude approfondie vous suggérez de lire pour comprendre le problème, quel livre lire – peut être véhiculé-je là une fausse image en moi – qui provient du journalisme investigatif américain, – je n’ai jamais entendu une telle question de la part d’un journaliste, sauf de la part de Joachim Budde, qui a fait articles et émissions de radio sur les profonds changements que subissaient les paysages méditerranéens. Donc comme la question à laquelle j’aurais aimé répondre, – quel livre lire pour avoir une plus grande compréhension des changements de paysages , au moins en partie responsables de l’augmentation des feux de forêts, – ne m’a jusqu’à présent jamais été posée – je me la pose maintenant moi-même !

Je pense à deux livres – Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen de Quézel & Medail – et le livre The Nature of Mediterranean Europe. An Ecological History de Grove & Rackham. Le premier titre, le livre de Pierre Quézel et Frédéric Médail est une véritable bible de l’écologie des forêts méditerranéennes, – je pense qu’actuellement il n ‘y a rien de meilleur sur le marché. Je vais sûrement consacrer un billet spécial à ce livre. L’ouvrage mériterait d’être au moins traduit en anglais pour trouver une audience internationale encore plus grande. Naturellement en ce qui concerne les journalistes allemands il est quasiment illusoire de croire qu’ils pourraient ou voudraient lire un ouvrage de plusieurs centaines de pages sur l’écologie des forêts méditerranéennes, – écrit de plus en français.

L’autre livre que je considèrerais comme un des ouvrages fondamentaux pour la compréhension des paysages méditerranéens, est The Nature of Mediterranean Europe. An Ecological History de Grove & Rackham. L’ouvrage de Grove & Rackham est plutôt une approche géographique, – « landscape oriented « c’est donc l’aspect de l’évolution du paysage, surtout la dimension historique de l’évolution des paysage méditerranéens qui est au centre du livre, contrairement au livre de Quezel & Medail qui privilègie clairement l’approche biogéographique et géobotanique. Ce qui rend à mes yeux le livre de Grove & Rackham particulièrement intéressant – est qu’ils introduisent un nouveaux concept dans l’analyse de l’écologie des écosystèmes méditerranéens, de l’histoire écologique des paysages méditerranéens – le concept de « mediterranean tree savanna », concept repris par Rackham (2008) dans son article récent sur l’histoire holocène des paysages des iles méditerranéennes. Le livre de Grove & Rackham mériterait certainement un grand public de lecteurs, – je pense qu’il faudrait que j’écrive un billet spécifique pour faire connaître ce livre à un plus grand public en dehors du public scientifique.

Malheureusement l’environnement scientifique d’aujourd’hui est aussi soumis à de multiples pressions et je me demande en ce qui concerne les deux livres présentés brièvement, si réellement un des mes collègues a envie ou a simplement le temps nécessaire pour le faire, de lire des ouvrages de 200 ou 300 pages. Donc si les chercheurs, scientifiques commencent déjà à manquer de temps pour lire des livres un peu volumineux en pages, ce que je considère déjà comme grave, – comment espérer qu’un journaliste lise un livre scientifique des plusieurs centaines de pages.

deckblatt le feu dans la nature

Pour en finir, pour le lecteur avec des ressources de temps plus restreintes, qui aimerait quand même avoir un aperçu scientifiquement fondé sur les changements de paysage et des feux de forêts dans les paysages méditerranéens je recommande donc de lire le livre « le feu dans la nature » édité par Benoit Garrone. Ce livre, au contraire des deux autres livres, est d’une taille agréable pour un lecteur en manque de temps, mais il ne couvre soit disant que la zone méditerranéenne française. Par contre les deux ouvrages Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen et The Nature of Mediterranean Europe. An Ecological History couvrent plus ou moins une très grande partie du bassin méditerranéen, la couverture géographique de l’ouvrage de Quezel & Medail s’étend lui du Maroc jusqu’ au Liban.

Je termine ce billet de la même façon que je l’avais commencé, avec une citation du roman de Hémon, une citation qui me rappelle le brûlis de Leuk-Albinen dans le Valais des premiers années avec ses larges étendues de saponaire et épilobe en épi sous les troncs squelettiques des Pins sylvestre brûlés, image qui fut nommée « Märchenwald » (forêt féérique ) par Thomas Wohlgemuth & Barbara Moser. Suivons donc Hémon sur les traces de la reconquête végétale d’une forêt jadis incendiée du Québec » Dans les brûlés, au flanc des coteaux pierreux, partout où les arbres plus rares laissent passer le soleil, le sol avait été jusque-là presque uniformément rose, du rose vif des fleurs qui couvraient les touffes de bois de charme ; les premiers bleuet, roses aussi, s’ étaient confondus avec ces fleurs ; mais sous la chaleur persistante ils prirent lentement une teinte bleu pâle, puis bleu de roi, enfin bleu violet, et quand juillet ramena la fête de sainte Anne , leurs plants chargés de grappes formaient des larges taches bleues au milieu du rose des fleurs de bois de charme qui commençaient à mourir.

Les forêts du pays de Québec sont riches en baies sauvages ; les atocas, les grenades, les raisins de cran, la salsepareille ont poussé librement dans le sillage des grands incendies ; mais le bleuet, qui est la luce ou myrtille de France est la plus abondante de tous les baies et la plus savoureuse». : Hémon ( 1954: 55 )

Sources et ouvrages cités :

Der Spiegel (1975): Das große Feuer, wer hat versagt ? Nr. 34, 18 August 1975.

Garrone, B. (2004) : Le feu dans la nature mythes et réalité. Prades -le- Lez (Les Ecologistes de l‘ Euzière).

Grove, A.T., Rackham, O. (2001): The Nature of Mediterranean Europe. An Ecological History. New Haven (Yale University Press).

Hémon, L. (1954): Maria Chapdelaine, récit du Canada français. Paris (Grasset, le livre de Poche).

Lagerlöf, Selma (1948): Wunderbare Reise des kleinen Nils Holgersson mit den Wildgänsen. München (Nymphenburger) (Original = Nils Holgerssons underbara resa genom = chargeable ici (en Suédois)).

Neff, C., Scheid, A. (2003): Kontrollierte Feuer in Natur und Landschaftspflege: – Erfahrungen aus dem Mittleren Schwarzwald (Raumschaft Schramberg) und den mediterranen Pyrenäen (Pyrénées Orientales/Region Prades) Südfrankreichs. In: Venturelli, R.C., Müller, F. (Eds): Paesaggio culturale e biodiversità. Principi generali, metodi, proposte operative. Giardini e Paesaggio, 7, Firenze, 163 – 177, (ISBN 88-222-5272-1).

Quézel, P., Médail, F. (2003) : Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen. Paris (Elsevier France).

Rackham, O. (2008): Holocene History of Mediterranean Island Landscapes. In: Vogitzakis, I.N., Pungetti, G., Mannion, A.M. (eds): Mediterranean Island Landscapes Natural and Cultural Approaches. New York, (Springer Landscape Series V 9), p. 36 – 60.

Christophe Neff, Grünstadt le 4.6.2009

Sturmfront über Deutschland – vor 50 Jahren meldete Schramberg Land unter

Heute 26.5.2009 meldet uns Spiegelonline , daß eine Sturmfront über Deutschland gezogen ist, die wohl regional für starke Unwetter gesorgt hat, die teilweise erhebliche Sachschäden verursachten. Eigentlich nichts ungewöhnliches, das kann im Monat Mai hin und wieder mal vorkommen. Erfreulich dabei ist, daß man uns ausnahmsweise nicht mit der Klimakatastrophe droht. Vor 50 Jahren als noch niemand das Wort Klimakatastrophe bzw. Klimawandel im Munde hatte, am 21.5.1959 wurde die Talstadt Schramberg von einem verheerenden Unwetter heimgesucht. Die Neue Rottweiler Zeitung am Wochenende hat dazu am 16.5. und 23.5 zwei schöne Artikel verfaßt die sich anbei im Posting befinden. Zum Hochwasserereignis selbst hat das Stadtmuseum eine kleine Ausstellung zusammengestellt die man im Rathaus der Stadt Schramberg besuchen kann. In Zusammenhang mit der Ausstellungen wurde auch eine virtuelle Bildergalerie aus dem Bestand des Photoarchiv Kasenbacher und ein virtueller Pressespiegel erstellt. Überschwemmungen dieser Größenordnung waren übrigens für Schramberg nichts ungewöhnliches. Wenn man die Zeittafel in „Das ist Schramberg“ auf den Seiten 184- 203 (Stadt Schramberg 1967) aufmerksam durchliest fällt einem gleich auf, daß die Überschwemmungsereignisse in Schramberg durchaus periodischen Charakter haben. Übrigens hatte nicht nur Schramberg mit diesen periodischen Überschwemmungen zu kämpfen, sondern weite Teile des Nordschwarzwald und des mittleren Schwarzwald wurden immer wieder mit solchen periodisch wiederkehrenden Hochwasserereignissen konfrontiert. Das obere Nagoldtal und die Stadt Altensteig wurde beispielsweise immer wieder von periodischen Hochwässern heimgesucht, andererseits gab es auch durchaus Jahre in denen die Bewohner des oberen Nagoldtales mit längeren Trockenperioden im Sommer zu rechnen hatten. Das Bestreben den verheerenden Hochwässern im oberen Nagoldtal ein Ende zu setzten, als auch durch Wasserregulierung genügend Wasser für trockenere Sommer vorzuhalten, war übrigens der Grund, zwischen 1965- 70 die Nagoldtalsperre zu bauen. Abschliessend noch die Empfehlung an das durchaus publikationserfahrene Stadtmuseum Schramberg. Die virtuelle Bildergalerie etc. wird ja bestimmt irgendwann aus dem Netz verschwinden. Wäre es nicht möglich, aus den für die Ausstellung zusammengetragenen Materialien, der virtuellen Bildergalerie etc. ein kleines Büchlein zu gestalten. Ich denke, daß das Hochwasserereignis vom 21.5.1959 in Schramberg ein solch zentrales Ereignis in der Geschichte der Stadt Schramberg war, aber auch durchaus ein markantes Datum der neueren Landschafts – und Umweltgeschichte des mittleren Schwarzwaldes war, daß man dem ganzen durchaus aus ein gut gemachtes, wissenschaftlich fundiertes Buch, widmen könnte. So ein Buch hätte auch den Vorteil der Volatilität unseres virtuellen Kollektivgedächtnisses entgegen zuwirken.

 Petit Résumée français: Le billet décrit une inondation remarquable qui dévasta la ville de Schramberg le 21.5.1959. Le billet remarque aussi qu’historiquement Schramberg comme une grande partie de la moyenne forêt noire et le nord de foret noire fut périodiquement touche par des inondations dévastatrices. Remarquons la photo galerie virtuel et l’ archive de presse virtuel. Le Posting suggère d’éditer un petit livre (scientifique) sur l’inondation du 21.5.1959 pour agir contre la volatilité de notre mémoire collective virtuelle.

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 Quellen & Sources:

Stadt Schramberg (Ed): Das ist Schramberg. Die Uhren und Fünftälerstadt im Schwarzwald. Schramberg 1967

Neue Rottweiler Zeitung zum Wochenende, Ausgaben vom 16.5.2009, 23.5.2009

 

Christophe Neff, Grünstadt le 26.5.2009