Vue depuis Grünstadt – Cathleen, le Kommissär Hunkeler et la voix de Hölderlin

Beaucoup d’orages et de pluies cet été.  Pendant que je lisais le nouveau roman policier de Hansjörg Schneider «Hunkeler und die Augen des Ödipus» Cathleen ravageait une partie de l’Allemagne, – surtout la région de Münster.  Même ici, dans le Leiningerland, il y a eu des dégâts considérables, – une route entière fut emportée par un glissement de terrain à Neuleiningen  (Die Rheinpfalz Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010) – et  la sortie de l‘ Autoroute (BAB 6 ) à Grünstadt fut submergée par les pluies d‘ orages du 26 au 27.8.2010.

A Grünstadt et dans l’Unterhaardt l’orage débuta  le jeudi  26.8.2010 vers 23.00 pour se terminer  le vendredi  après- midi 27.8.2010 vers 18 :00.  Parfois quelques  lueurs de soleil – et l’orage reprenait. Dans ces rares heures de soleil on a parfois l’impression de se trouver sur les Açores. Mais la pluie et l’orage reviennent beaucoup plus vite qu’aux Azores. On a plus souvent l’impression de se trouver au début d’un automne précoce.  J’ai une amie qui fait le Westweg à travers la forêt noire en ce moment, on y annonce des températures maximales en dessous les 10 dégrés.  Avec les nuages bas, les brouillards des hauteurs sont déchirés par les premières bourrasques des tempêtes venues de l’ouest cela  doit être déjà très automnal. Dans les sombres hauteurs de la Forêt Noire les premiers flocons de neige ne doivent pas être très loin.

Ici dans le Sud de l’Allemagne on a bien l’impression que nous sommes au début d’un automne précoce.

„Mit gelben Birnen hänget

Und voll mit wilden Rosen

Das Land in den See,

Ihr holden Schwäne,

Und trunken von Küssen

Tunkt ihr das Haupt

Ins heilignüchterne Wasser »

Weh mir, wo nehm‘ ich, wenn

Es Winter ist, die Blumen, und wo

Den Sonnenschein,

Und Schatten der Erde?

Die Mauern stehn

Sprachlos und kalt, im Winde

Klirren die Fahnen. .

buchdeckel-hunkeler-und-die-augen-des-odipus.1283098634.JPGC’est «Hälfte des Lebens» un poème d’automne de Hölderlin. Je l’ai  redécouvert en lisant le dernier roman policier de Hansjörg Schneider « Hunkeler und die Augen des Ödipus ». Le dernier roman sorti de la série des «Kömmissär Hunkeler». Un roman plein de citations, un peu de Brecht, mais surtout du Hölderlin.  Un roman qui joue dans le milieu du théâtre à Bâle , sur les quais du port de Bâle, et naturellement, comme si souvent chez Hunkeler ,cela se passe dans le Sundgau avoisinant. Même si dans ce Hunkeler le Sundgau ne joue plus le rôle qu’il jouait dans les autres Hunkeler, on peut aussi  découvrir les paysages du Sundgau avec ce roman-ci.  Oui, les romans de Hunkeler sont une vraie initiation à  la géographie, aux paysages du Sundgau – et parfois même aux  moments les plus sombres de l’histoire franco-allemande.  Dans «Hunkeler und der Fall Livius » Schneider fait ressurgir le souvenir  du massacre de Ballersdorf, un épisode tragique de la deuxième guerre mondiale, presque oublié, sauf peut être dans le Sundgau et à Ballersdorf. Je me demande pourquoi les « Kommissär Hunkeler » n’ont été pas encore traduits en français. La description de la nature, des paysages, des villages et même des brasseries, auberges et restaurants du Sundgau mériteraient déjà une traduction en français.  Donc dans ce dernier « Hunkeler » un peu moins de paysages du Sundgau, mais beaucoup d’atmosphère de quais, de port et de théâtre. Hunkeler est parti en retraite et nous apprenons qu’il rêve d‘ une retraire paisible, d‘ un bateau péniche pour faire les fleuves et canaux français. Peut être nous pourrions rencontrer  Hunkeler comme « détective privé » – il y aura certainement un public de lecteurs attentifs.

Même si les critiques ne sont pas unanimes en Allemagne (p.ex. ici dans le Kulturspiegel), j’ai lu le roman avec beaucoup de plaisir. Et quoi de  plus beau que d‘ entendre la voix du messager (du König Ödipus) faire résonner sur la Unterhaardt et la plaine du Rhin par temps de gros orage les mots de Sophocle traduits par Hölderlin, Hölderlin Passeur (pour utiliser l‘ expression de P. Assouline pour les traducteurs littéraires)  de Sophocle pour les pays de langue allemande :

Die goldnen Nadeln riß er vom Gewand,

Mit denen sie geschmückt war, tat es auf

Und stach ins Helle seiner Augen sich und sprach,

So ungefähr, es sei, damit er sie nicht säh

Und was er leid und was er schlimm getan,

Damit in Finsternis er anderer in Zukunft,

Die er nicht sehen dürft, ansichtig werden mög

Und denen er bekannt sei, unbekannt.

Und so frohlockend stieß er öfters, einmal nicht,

Die Wimpern haltend, und die blutigen

Augäpfel färbten ihm den Bart, und Tropfen nicht,

Als wie von Mord vergossen, rieselten, sondern schwarz

Vergossen ward das Blut, ein Hagelregen.

Aus einem Paare kam’s, kein einzeln Übel,

Ein Übel zusammen erzeugt von Mann und Weib.

Ihr alter Reichtum, wahrhaft war’s vor diesem

Ein Reichtum. Aber jetzt, an diesem Tage,

Geseufz und Irr und Tod und Schmach, so viel

Von allen Übeln Namen sind, es fehlet keins.

Livres et sources cités:

Schneider, Hansjörg (2009):Hunkeler und der Fall Livius. Bastei Lübbe, ISBN 978-3-404-15983-3 (Taschenbuchversion)

Schneider, Hansjörg (2010): Hunkeler und die Augen des Ödipus. Diogenes Verlag Zürich. ISBN 978-3-257-0661-3

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010 : Unwetter: Erdrutsch in Neuleinigen.

La citation du König Ödipus dans la version traduite par Friedrich Hölderlin provient du site „Projekt Gutenberg.De„. Même chose pour le poème «Hälfte des Lebens».

Christophe Neff, Grünstadt le 29.8.2010

Vue de Grünstadt – mardi 24.8.2010 –

Apres avoir consacré mon dernier jour de vacances – le mercredi 18.8. à l‘ écriture d‘ une ébauche sur Éric Fottorino pour la Wikipedia.de et une petite ébauche sur la Eistalbahn pour la wikipedia.fr. ,j’ai repris mon travail au KIT le 19.8.2010.  Le 17.8, un ICE avait heurté un camion de poubelles sur la Pfälzische Ludwigsbahn – et bloqué tout le trafic ferroviaire pendant trois jours dans le Pfälzerwald – avec comme conséquence que les ICE et TGV Frankfurt – Paris et vice versa ont du être déviés via Strasbourg.  La Eistalbahn qui autrefois reliait Grünstadt à Kaiserslautern  aurait bien pu servir comme parcours de déviation beaucoup plus commode – mais malheureusement la section Eiswoog – Enkenbach est neutralisée depuis le 31.12.1988.

Parfois j’essaie un peu de rétrécir le fossé culturel qui sépare l’Allemagne et la France en écrivant des petites ébauches wikipedia, en espérant que quelqu‘ un améliore ces petits débuts d’article. On pourrait naturellement se demander pourquoi un  personnage comme Éric Fottorino , Directeur de la publication du Journal le Monde  n’avait jusqu’au 18.8.2010 pas son article dans la wikipedia allemande ni anglaise. Parfois les choses se bousculent : donc le 18.8 j’avais créé l’article en allemand  sur Fottorino et le 20.8 l’utilisateur accotink2 a créé l’article anglais . Pour moi , le moment qui a déclanché ma décision d’écrire l’ébauche sur Fottorino fut d’une part la présentation du nouveau livre de Fottorino «Questions à mon père »  dans la république des livres et l’édito de Fottorino «L’amour de soi et la haine des autres » dans le Monde du 17.08.2010. Dans ce contexte – pour les lecteurs germanophones – l’excellent analyse de Gero von Randow «Der Hass der Vergessenen «  dans la dernière « Zeit ». Gerow von Randow, Heiko Engelkes, Evi Seibert, Carlo Schmid, Robert Ditter, Konstantin Hank et beaucoup d’autres  – oui même ma propre mère – mériteraient un article dans la wikipedia.fr dans le contexte franco-allemand –  a voir qui crèera les premières ébauches ou articles.

uber-den-dachern-grunstadts-temps-dorage-et-arc-en-ciel-1882010.1282655655.jpgCe dernier jour de vacances – il pleuvait encore une fois de plus – car cet été jusque maintenant nous avons eu beaucoup de pluie & d’orages dans le palatinat. Et décidément le carillon et l’horloge de St. Martin de Grünstadt sont encore en panne, même si ,comme on pouvait lire dans la Unterhaardter Rundschau , les travaux de réparation du carillon on bien repris.

Pendant les derniers jours de vacances  il y avait une journaliste de radio qui m’a téléphoné pour me demander mon avis sur la situation des incendies de forêt en Russie. Je ne me sentais pas trop compétent pour dire quelque chose de valable sur la situation en Russie et j’ai conseillé à la journaliste de faire une interview avec Johann Georg Goldammer qui est considèré comme un des rares spécialistes occidentaux de feux de forêts en Russie.  On devrait écrire un livre sur l‘ écologie politique des incendies des forêts de l‘ été 2010 en Russie à l‘ instar de « Isle of Fire  – the political ecology of landscape Burning in Madagscar »  de Christian A. Kull , on pourrait nommer un tel ouvrage « Russia in flammes – the political ecology of the firesummer 2010 in Russia » – à voir si un telle livre sera réellement écrit.  Je me demande pourquoi la journaliste ne m’a demandé mon avis sur la situation des incendies au Portugal ? Le Nord du Portugal est une fois de plus en flammes – mais les medias allemands ne sont pas particulièrement intéressé par la situation de feux de forêts au Portugal.

J’ai donc repris le travail le jeudi 19.8 – et le vendredi 20.8.2010 j’ai visité la maison de l‘ histoire à Stuttgart – Haus der Geschichte Baden Württemberg – une fois pour voir l’exposition « „Ihr und Wir. Integration der Heimatvertriebenen in Baden-Württemberg“ – et d‘ autre part pour évaluer  les possibilités d‘ intégrer la partie paysages – la partie forêt noire – de l’exposition permanente dans mes cours. A part quelques arbres – la partie paysages, paysages culturels (Kulturlandschaft) – ne m’a pas trop  impressionné. Par contre la partie dédiée à l‘ histoire économique du Bade-Würrtemberg est très réussie. Dommage qu’il n’y a pas d’explications en français (si je me souviens bien). Dommage que la présentation du musée sur le web existe seulement en allemand, – sans page web en français ni même en anglais !

Mais il faut dire que j’ai  une vraie « découverte » dans l’exposition permanente ! Il y a une partie qui est entièrement dédie à la vie privée. Cette partie est principalement constituée de photos de famille, photos de mariage, photos d’enfants du Baden – Württemberg (et de ses prédécesseurs politique – car le Baden Württemberg n’existe que depuis 1952). Et quelle surprise – je dirais que 30 – 40% de photos proviennent de Schramberg et ses environs. Grace au « Photo-Archiv-Kasenbacher » on a l’impression que Schramberg fut et est le centre du Baden – Wurtemberg. Schramberg – « das gefühlte Zentrum der Welt » , c’est assez impressionnant.

ice-513-am-2082010-in-stuttgart-hbf.1282656600.jpgPour finir – comme si souvent pendant mes déplacements professionnels – j’ai fait des photos de voyage, de trains, de gare, de paysages : la gare de Stuttgart – le fameux Bonatzbau – va surement changer d’une manière ou d’une autre dans cette décennie.  Donc dans un certain sens ces  photos auront déjà une certaine valeur historique.stuttgart-hbf-nordausgang-innenseite-2082010-10-uhr-12.1282656107.jpg

Stuttgart Hbf – Nordausgang – Innenseite 24.8.2012 10:12 – Stuttgart Gare centrale – sortie nord – vue d‘ interieur  © C.Neff

Photos – tous © C.Neff :

1.) Sur les toits de Grünstadt – orage et arc-en-ciel le 18.8.2010 vers 20:00 © C.Neff

2.) Arrivée du ICE 513 à Stuttgart Hbf en provenance de Mannheim le 20.8.2010  © C.Neff

3.)  Stuttgart Hbf – Nordausgang – Innenseite 24.8.2012 10:12 – Stuttgart Gare centrale – sortie nord – vue d‘ interieur  © C.Neff

Ouvrages et sources cités :

Kull, C. A. (2004) : Isle of Fire. The political Ecology of Landscape Burning in Madagascar. Chicago (The University of Chicago Press), ISBN 0-226-46141-6

Christophe Neff, Grünstadt le 24.8.2010

Nordausgang Stuttgart Hbf Innenseite – und da tickt sie doch wieder die alte Bahnhofsuhr (20.8.2010)

Durch den Nordausgang des Stuttgarter Hauptbahnhofs bin ich schon oft gegangen. Viele Erinnerungen sind an diesem Ort verhaftet. Nicht nur an den Nordausgang verhaftet, sondern eigentlich am ganzen Bahnhof, – sodass ich diesem Bahnhof bestimmt noch mehr Zeilen widmen werde. Der Nordausgang war zumindest während meines Studiums mein häufigster Zugang zu  Bahnhof und Gleisanlagen. Am 16.7 habe ich wohlwissend (siehe auch Eindruck eines Ausstellungsbesuches : Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 sowie Conseils pour dévoreurs de gares et passionnés de photographie ), dass soweit das Projekt Stuttgart 21 wirklich kommt, bald nichts mehr so sein wird, wie es einstmals war, das Bahnhofsgebäude, den sogenannten Bonatzbau nochmals photographiert – und dabei aus den oben genannten Gründen eine ganze Bildserie vom Nordausgang geschossen. Dabei fiel mir auf, dass die Uhr der Innenseite des Nordausganges permanent auf 12:00 Uhr stand. Ich ging eigentlich davon aus, dass man diese, auch wg. der anstehenden Abrissarbeiten am Nordflügel so schnell nicht mehr reparieren würde. Da habe ich mich wohl getäuscht. Tatsächlich habe ich heute feststellen dürfen, dass die Uhr sich wieder bewegt und die Zeit richtig anzeigt.

stuttgart-hbf-nordausgang-16072010-926.1282370907.JPGDie Aussenseite des Nordausganges am 16.07.2010 um 9: 26 – noch ist das Licht etwas morgentlich und fahl. Photo: © C.Neff

stillstand-und-bewegung-am-nordausgang-des-stuttgarter-hbf-1672010.1282337505.jpgStillstand und Bewegung an der Innenseite des Nordausganges des Stuttgarter Haupbahnhofes am 16.7.2010 um 9 Uhr 18. Photo: © C.Neff

stuttgart-hbf-nordausgang-innenseite-die-uhr-lauft-wieder-2082010.1282369852.jpgStuttgart Hbf Nordausgang Innenseite 20.08.2010 – und die Uhr läuft wieder – es ist 10:13 ! Photo: © C.Neff

Auf den schönen Bildband über den Stuttgarter Hbf von Lutz Schelhorn hatte ich ja schon in Eindruck eines Ausstellungsbesuches : Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 hingewiesen. In diesem Bildband, der ein Jahr Innenlebens des Bonatzbaues proträtiert, befindet sich ein eindrucksvolles Bild der Innenseite des Nordausganges an prominenter Stelle auf Seite 8, gleich nach dem Vorwort von Uli Schwinge, und vor dem Vorwort von Manfred Rommel . Ein schönes Buch mit hervoragenden Schwarzweißbildern mit hohem dokumentarischem Wert. Denn wie ich es schon zu Anfangs dieser kleinen Blognotiz schrieb – „bald nichts mehr so sein wird, wie es einstmals war„.

 

Zitierte Literatur:

Schelhorn, Lutz: Stuttgart Hauptbahnhof – Eins vor 21. EditionRandgruppe, Stuttgart 2010, ISBN ISBN 978-3-9813728-0-9

Christophe Neff, Grünstadt le 20.8.2010

Retour à Grünstadt – le carillon de Sankt Martin reste muet – et autres potpourris des vacances d’été 2010 passées à Port Leucate

Après deux semaines de vacances familiales à Port Leucate, retour à Grünstadt où je découvre que le carillon de l’église protestante St. Martin est encore muet. En fait, un coup de foudre avait eu raison d’un des rares carillons du palatinat le 6. Juin 2010. Depuis, les habitants de Grünstadt attendent la réparation du carillon avec impatience, – mais la communauté protestante de Grünstadt doit d‘ abord se consacrer à réparer la toiture de l’église qui a souffert de la tempête Xynthia. Mais le jour viendra, une fois la toiture réparée, où on pourra  s’attaquer à la réparation du carillon de Grünstadt. Peut être l’automne entendra de nouveau le son du carillon. En fait j’avais cru pendant les deux semaines de vacances sur les rives de la méditerranée que le carillon de Grünstadt serait réparé pendant cette période de vacances – et  que,de retour à Grünstadt, j’aurais pu à nouveau entendre le son familier du carillon qui baigne cette petite ville du palatinat dans un paysage de sons. Reste le bruit de l’autoroute qui par vent du Sud envahit la ville – et qui donne au paysages des notes plutôt désagréables.

Les vacances familiales à Port Leucate se sont bien passées. Beau temps, beaucoup de tramontane – deux orages – et parfois des Canadairs rechargeant leur réservoir d’eau dans l’étang de Leucate (De très belles photos de Canadairs rechargeant leur réservoirs d’eau se trouvent  dans le billet Des canadairs pour Eric Woerth du blog le chasse-clou ). Pas de grands incendies de forêts dans les environs, sauf l’incendie dans le massif de la Clape . Vent, soleil et plage – et parfois des services de taxis pour la famille – pour les leçons de planches à voile, stage de cheval, courses à Perpignan. Petit sortie vers Port la Nouvelle faire voir les bateaux de commerce et les chemins  de fers portuaires aux enfants. Cela me rappelle ma propre enfance – quand mon grand père Jean Migliori m’emmenait sur le port du Rhin à Strasbourg voir les grands chalands rhénans – ou m’amenait à la gare de la Franqui chercher ou déposer la famille qui venait en train à Leucate – car Port Leucate c’est une vielle histoire de famille qui débuta en 1968. Souvent c’était l’Oncle Jean Pierre qui arrivait en train – c’est lui qui me donna le goût de la lecture de la vie du rail que je lis encore de nos jours. Les installations ferroviaires de la gare de Leucate étaient plus importantes que de nos jours – deux voies d’évitement ,qui donne 4 voies, plusieurs voies de garage – et jusqu’en 1973 les locomotives à vapeur – les braves américaines, les 141 R. Mais tout cela est une histoire d’un autre temps.

Ces vacances d’été à Port Leucate se composèrent de quelques sorties qu’on ne trouve guère dans les guides. Croisières avec la belle Aude entre le Barcarès et Collioure. Ce petit voyage en mer  (très houleux par temps de forte tramontane ) fait découvrir une rare partie de la côte languedocienne pas encore complètement bétonnée – la partie entre l’embouchure de l’Agly et du Têt.

.

Autrefois royaume du Bordigou – on se demande combien de temps cette partie du littoral résistera à la littoralisation, la  californisation, au bétonnage tout court.  Autres visites qui ne se trouvent dans aucun guide : les chemins de la liberté dans la vallée de la Baillaury à Banyuls , ou le mémorial Walter Benjamin à Port Bou en Espagne. Peut être en parlerai-je dans un autre billet ultérieurement.

St. Jacques – der helige Jacobus – Namenspatron von St. Jacques de Port Leucate, photographiert bei der Fête de Saint Jacques, – erster Jahrestag der consecration von St. Jacques de Port Leucate/ Jacques – Saint Jacques – Patron de St Jacques de Port Leucate, photographié lors de la Fête de Saint Jacques, – premier anniversaire de la consécration de St Jacques de Port Leucate, © Christophe Neff, 25.07.2010

Une chose qui m’a particulièrement plû pendant ces vacances – c’était le premier anniversaire  de la consécration de l’église St. Jacques de Port Leucate en présence de l’évêque Alain Planet. St. Jacques de Port Leucate est une église dont l‘ architecture qui me plaît particulièrement bien  – et dont je parlais  déjà  ici : Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009)   et ici  « St. Jacques de Port de Leucate – au clair de la lune de mai 2010 ». Surtout l’ensemble carillon, nefs de l’église – et les vergers d’olivier -forment un paysage très spécifique. Notons aussi puisque nous parlons de carillon que le Carillon de St. Jacques de Port Leucate est un des rares carillons dans le midi méditerranéen.

Pas beaucoup de temps de lecture. Quelques chapitres dans Luc Guerre « Leucate – histoire de mon village » – livre dont je parlai un peu dans « Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village »  – et lecture très intensive de „La France a un problème avec la Bible“ dans la RDL – J‘ aurais bien aimer avoir le temps de lire « Les cornes de Moïse. Faire entrer la Bible dans l’histoire » – car La France a un problème avec la Bible m’a beaucoup donné envie de lire ce livre. Mais jusqu’à présent je n’ai pas encore  eu l’occasion de le faire.

Lecture : cela fut pendant les vacances la lecture du monde version papier – et même si je suis abonné à la version électronique -J’aime bien lire pendant les périodes de temps la version traditionnelle sur  papier du Monde. Je pense que le Monde devrait même pour ses lecteurs à l’étranger proposer  un abonnement version électronique + Version Week End élargie contenant le monde du vendredi + le monde des livres, le Monde du Samedi + le  Monde Magazine  + le Monde du Dimanche. Peut être le jour viendra-t-il  où les services d’abonnement du Monde proposeront une telle version d’abonnement pour ses fidèles  lecteurs vivant hors du territoire français.

Je fus ému, attristé et choqué par la fin tragique et brutale de Michel Germaneau. Michel Germaneau essayait de faire parvenir de l’aide humanitaire dans un des pays les plus pauvres de la planète : le Niger,  qui une fois de plus menacé par une famine. Au moins peut être les quelques observateurs politiques qui s’intéressent encore à l‘ Afrique noire francophone comprendront-ils  que le « Sahel » pourrait devenir la nouvelle proie d’Al Quida ?

Mais c’est grâce à la lecture intensive du Monde version papier traditionnelle  durant mes deux semaines de vacances à Port Leucate  que je découvre une France de plus en plus dans le doute, sans réel repère républicain, un gouvernement ébranlé par les scandales (Karachi, Bettencourt), qui cherche son salut dans un discours que je qualifierais de « pseudo-sécuritaire »  et de « bouc émissaire ». Pseudo -sécuritaire car la déchéance potentielle de la nationalité pour les « Intensivstrafttäter » issus de l’immigration – les concernés s’en moquent totalement ,ils vivent déjà dans un autre univers.  Cela ne résoudra certainement pas le problème de l’insécurité grandissant dans les grandes agglomérations urbaines , qui sera certainement un des grands défis pour les grandes démocraties européennes – car c’est un problème européen, problème qui est aussi en train de s’élargir en Allemagne.

Le succès du livre de la défunte juge pour adolescents Kirsten Heisig « Das Ende de Geduld – Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter » – le livre s’empara de la sortie de la première édition la premier place de la Spiegel Bestsellerliste  (Spiegel Bestellerliste 32/10 Hardcover). Le problème défie nos sociétés et malheureusement les solutions simples n’existent pas.  L‘ objectif  primaire de cette campagne publicitaire – car c‘ est ainsi que je la perçois- a été largement atteint :  le gouvernement gagne quelques points favorables dans l‘ opinion publique (voire les résultats de divers sondages), les affaires Bettencourt & Karachi tombent presque dans l‘ oubli médiatique ( voir aussi  le commentaire de  TKT  du 10.8.2010 23 :07 dans Pour saluer Tony Judt  de la RDL   «Avez vous remarqué que les propos de Grenoble de N. Sarkozy et le surenchérissement d’Hortefeux, ont fait taire les médias sur l’affaire Bettencourt-Bettencourt? Les médias ont besoin d’un sujet du jour, il faut bien vendre, c’est légitime. Je préférais le haro sur Woerth, que les propos débiles, peut-être même dangereux, sur la nationalité qui se retirerait comme on retire une couette.  «) l’affaire est gagnée. Mais l’insécurité dans les banlieues chaudes ne changera pas d’un jota. Comme je l‘ ait déjà écrit dans « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) » ,si ,en particulier en France, on ne trouve pas bientôt des réponses au problème de l’insécurité dans les banlieues – nous risquerons bientôt de nous trouver en face de situation mexicaine , où la drogue et la violence sèment la gangrène  surtout les classes moyennes. Malheureusement ni le gouvernement de Monsieur Sarkozy ni l’opposition de gauche en France (même situation en Allemagne) ne se sont lancés dans une vraie discussion de fonds, une vraie recherche de solution valable et praticable sur le terrain.  Peut -être devrait-on  conseiller  à  l’oreille et la plume de Monsieur Sarkozy Henri Guaino à condition qu’il maîtrise l’allemand la lecture « das Ende der Geduld ».

Mais ce que j‘ ai aussi découvert en revenant de mes vacances, que ce virage « pseudo-sécuritaire », cette direction et la vitesse qu’elle a pris  suggère qu‘ on voudrait bien doubler le FN sur certaines positions pour gagner quelques voix électorales de plus – ceci n‘ a provoqué dans les medias allemands aucune réaction, à l‘ exception d‘ un commentaire très engagé de Gerow von Randow   «Sarkozy rückt mit repressiver Rhetorik nach rechts » -.  Ma réponse à ce vide médiatique concernant la dérive « pseudo-sécuritaire » de la politique intérieure française en Allemagne est le sujet du billet  « Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010) – òu j‘ ai  inclus le titre de l‘ éditorial du New York Times du  5.8.2010 – éditorial que j‘ approuvé à 100 % ! Ajoutons que Stefan Simons du Spiegel publiait aujourd’hui (13.8) un commentaire intéressant sur les événements de la politique intérieure française sous le titre « Sommertheater à la Sarkozy »  – et Simons a bien raison – il s‘ agit vraiment d‘ un vraie « Sommertheater » !

Il me reste quelque jours de paisibles vacances à Grünstadt, – si le soleil veut bien revenir il me reste encore du temps pour quelques randonnées en Forêt Noire, sur le Haardtrand, – quelques lectures ,  les deux derniers billets de la RDL «On peut aimer deux pères » sur le nouveau livre d‘ Eric Fottorino et     « pour saluer Tony Judt »  un billet de nécrologie sur Tony Judt  m‘ ont particulièrement bien plu.  Dans ce contexte le lecteur maîtrisant l’allemand découvrira l’interview de Tony Judt avec Jörg Lau  « Wir brauchen eine ethische Weltsicht »  de la Zeit – cet interview fut enregistré quelques jours avant le décès de Tony Judt.

Et peut- être trouverai-je aussi le temps et le repos nécessaire pour pouvoir enfin lire un livre entier.  La lecture de « l’homme qui m’aimait tous bas » de Eric Fottorino durant mon long congé de maladie après mon accident de mai 2009 m’avait particulièrement bien plu – et la lecture de «  On peut aimer deux pères  m’a donné aussi envie de lire « Questions à mon père ».  Notons que ce fut cet accident de mai 2009 – et la longue période de reconvalescence qui donna naissance à ce blog (les dépêches du grand bouleau )- et après tout jusqu’à présent le blog (et son auteur) se portent bien.

Jeudi prochain , c’est  la rentrée pour l’auteur du blog paysages . finis les temps libres de lectures et de l’écriture de longs billet de blogs. Après la rentrée, le carillon de la Martinskirche de Grünstadt résonnera -t- il peut -être à  nouveau dans les rues et ruelles de Grünstadt, sur les vignobles et paysages de la Unterhaardt.

Livres et sources cités :

Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3

Heisig, Kirsten (2010) : Das Ende der Geduld. Konsequent gegen jugendliche Gewalttäter. Freiburg (Herder), ISBN 978-3-451-30204-6

Photos – tous © C.Neff :

1.) Panneau „chemins de la liberté“ dans la vallée de la Baillaury (Banyuls) 29.07.2010.

2.) St. Jacques à Port Leucate (Eglise Saint Jacques de Port Leucate) 25.07.2010.

Christophe Neff,  Grünstadt le 13.8.2010

P.S. (13.8.2010 13:39): Ce Post Scriptum pour signaler le petit billet de blog «Retour aux fondamentaux » d’Alain Juppé, que j’ai découvert grâce à l’article « Alain Juppé critique le virage sécuritaire de la majorité » du Monde.fr. . Des propos très bien argumentées – qui pourrait enfin un peu calmer les esprits et d’entamer une vraie discussion de fond sur l’insécurité.

Vue de Grünstadt-Von Grünstadt aus gesehen: „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ (NYT 5.8.2010)

Xenophobia : Casting Out the Un-French – so lautet das Editiorial der New York Times vom 5.8.2010 zum aktuellen Recchtsaussenruck der Regierung Sarkozy. Irgendwie hatte ich erwartet ähnliches bei uns in der Presse zu lesen. Erstaunt musste ich jedoch  nach der Rückkehr aus dem Sommerurlaub, aber auch feststellen, dass sich der medienkulturelle Graben zwischen Frankreich und Deutschland doch breiter ist als ich es selbst angenommen hatte.

Über das tragische Ende Michel Germaneau berichteten die Medien in Deutschland noch relativ ausführlich. Die Wahlen in Ruanda, werden auch immer kritischer reflektiert (hierzu auch die letzte Zeit:  Der eiserne Griff von Matteo Fagotto ), was ja durchaus positiv zu beurteilen ist, denn für viele in Deutschland gilt das Ruanda von Paul Kagame immer noch als mustergültiges Entwicklungsland.  Aber die Brandrede Sarkozy’s zur Einwanderung, Integration und Kriminalitäsproblematik in den Banlieues, Rede die Sarkozy vorherigen Freitag (30.7.2010)  bei der offiziellen Amtseinführung des neuen Präfekten Éric Le Douaron des Departements Isere in Grenoble hielt, – diese Rede fand bei uns in der Bundesrepublikanischen Medienlandschaft keinen Widerhall. Das ist in der Tat bemerkenswert, weil sich Sarkozy in dieser Rede bewusst rechts außen positionierte – ja teilweise den FN rechts überholte

Nichts zu hören, nichts zu finden bei uns in den Medien. .Hingegen hat die New York Times beispielsweise am 5. August ein bemerkenswertes Editorial unter dem Titel „Xenophobia: Casting Out the Un-French„ veröffentlicht. Man fragt sich weshalb der in der Tat bemerkenswerte Rechtsruck des französischen Präsidenten bei uns nicht wahrgenommen und kommentiert wird.

In Frankreich hat diese Rede zu heftigen politischen Reaktionen geführt, –  die UMP solidarisierte sich wie erwartet hinter Sarkozy – nur Rachida Dati erlaubt sich Kritik an der aktuellen Kriminalitätsbekämpfungspolitik der Regierung Fillion – die politische Mitte, die Medien und natürlich die Linke reagieren mit Ablehnung. Besonders bemerkenswert waren die Reaktionen von Bernard-Henri Lévy, von Robert Badinter, Patrik Weil, Michel Rocard und natürlich auch das Edito des Mondes vom 2.8 mit dem Titel „Le président, l’escalade et l’amalgame„.  Die Perzeption des Sarkozy Rede im Ausland wurde auch reflektiert „Pour la presse anglo-saxonne, Nicolas Sarkozy reprend son rôle de „super-flic„“, und weil es in Deutschland kein nenneswertes Medienecho auf die Rede von Sarkozy Rede und Rechtsruck gab, konnte dieses natürlich nicht reflektiert werden.  Wieso kam diese Rede, – und daran anfügen könnte man auch Sarkozys Spitze gegen die „Gens du voyage„, die Reaktion auf diesen Rechtsruck nicht in Deutschland an?

Nichts im Spiegel, – der neue Spiegelkorrespondent in Paris Stefan Simons hat wohl nichts bekommen (oder ist in Urlaub), – in der letzen Printausgabe der Zeit vom 5.8 auch nichts – eine nette kurzweilige mail mit dem Titel „Gebrauchsanweisungen“ von Gero von Randow – also da ist offensichtlich Funkstille.

Der Themenkomplex „Vorstädte, Intensivstraftäter, Einwanderung“  wird ja auch in Deutschland immer mehr zum Problem – das zeigen u.a. die Diskussionen über das Buch „das Ende der Geduld“ der verstorbenen Jugendrichterin Kirsten Heisig . Noch sind die Verhältnisse in Deutschland nicht mit den französischen Banlieues vergleichbar, – aber soweit man den Text „Angst ist ein schlechter Ratgeber“ im Spiegel 29/2010 liest dann erreichen die Verhältnisse in Neukölln durchaus das „Qualitätsniveau“ gewisser „Banlieues chaudes“ in französischen Großstädten.  Schon aus diesem Grund lohnt es sich die politische Diskussion zum Thema in Frankreich näher zu betrachten.  Was die Rede Sarkozys betrifft, – die Androhung „eingebürgertern Intensivstrafttätern“ die französischen Staatsbürgerschaft abzuerkennen, – was wohl ohne Verfassungsänderung in Frankreich laut Robert Badinter und anderen Rechtsexperten nicht möglich wäre – das wird die Betroffenen Intensivstrafttäter sowieso wenig stören – ob als französischer Staatsbürger, Staatenloser oder was auch immer – soweit man diese nicht Dingfest macht, aburteilt und bestraft werden sie weitermachen wie bisher.  Die Staatsbürgerschaftfrage stellt sich für die Betroffenen erst gar nicht. Diese leben in einer Parallelwelt weit außerhalb der französischen Gesellschaft.

Die französische Innenpolitik  à la Sarkozy hat erhebliche Fehlschläge hinnehmen müssen,  – die Gewalttaten gegen Menschen – „Depuis trois ans, les atteintes aux personnes augmentent et elles sont encore plus violentes qu’avant (Rachida Dati)“  nehmen zu und die Gewalttaten (schwere Körperverletzung etc.) werden immer brutaler – dies hat unlängst auch Rachida Dati in einem Interview zugegeben müssen, – und damit ist Dati wohl die einzige Politikerin aus dem Regierungslager die sich Kritik an der aktuellen „Innenpolitik“ der Regierung Sarkozy übt, wobei hier vor allem der amtierende Innenminister Brice Hortefeux im Visier der Kritik Datis steht.

Die Regierung Sarkozy ist mit der Bekämpfung der sich immer mehr ausweitenden Gewalt in den sogenannten Banlieues chaudes gescheitert, wobei man auch zugeben muss, dass die französische Oppositionsparteien bisher kaum glaubhafte Konzepte vorgelegt haben, wie man dieser gewaltigen Herausforderung Herr werden könnte. Mit mehr Lehrern und Sozialarbeitern, sowie sich dass große Teile der französischen Linken vorstellt, wird man das Problem bestimmt nicht lösen können. Man wird auch mehr und besser ausgerüstete und vor allem besser ausgebildete Polizisten brauchen. Wahrscheinlich weit mehr als bisher !

Die Aberkennung der französischen Staatsbürgerschaft wird die betroffenen Intensivstraftäter kaum beeindrucken – und damit wird auch keine Ruhe in die banlieue chaudes einziehen – aber das war auch nicht das Hauptziel von Sarkozy’s Rede. Nicolas Sarkozy hat sein Hauptziel schon erreicht – die Umfragewerte der Regierung Sarkozy sind nachdem diese wg. divereser Skandale (Affaire Bettencourt, Affaire Karachi, etc.) sich auf einem absoluten Tiefpunkt befanden wieder kräftig im Steigen. Die Rede hat aus der Sicht der UMP sich schon gelohnt.

Das Problem der hemmungslosen Vorstadtkriminalität ist ein gewaltiges Problem welches nicht nur die französische Gesellschaft herausfordert, auch wir in Deutschland sind davon betroffen, – es ist ein europäisches Problem – und wir brauchend dringend Antworten um dieses Problem zu lösen – unabhängig ob in Berlin Neuköln  oder in Grenoble Villeneuve – wenn wir es nicht schaffen dort in diesen „rechtsfreien“ Räumen das staatliche Gewaltmonopol wiederherzustellen, werden wir bald mexikanische Verhältnisse in unseren Vorstädten haben – mexikanische Verhältnisse die auf kurz oder lang den Mittelstand, der diese rechtsfreuen Räume ja schon längst verlassen hat, auch wieder einholen wird.  Grenoble Villeneuve war übrigens einmal vor vielen Jahren eine Vorzeige Modellstadt mit einer breiten Mittelschicht, ja sogar die Oberschicht war dort vorhanden – aber das erscheint heute wie ein Märchen aus der fernen Vergangenheit  (« Les nuits d’émeutes ont mis en évidence ce que les habitants savaient depuis longtemps, mais que les pouvoirs publics n’avaient pas forcément envie de voir : la Villeneuve, citée imaginée et mise en oeuvre dans les années 1970 pour faire vivre ensemble des classes sociales très différentes, n’est plus le quartier modèle. La mixité sociale a pratiquement disparu, les classes moyennes et supérieures ayant été progressivement remplacées par des familles en difficulté ou issues de l’immigration » Zitat aus : Dans le quartier de la Villeneuve, la dérive violente de jeunes en complète rupture ).

Pauschalisiertes „Immigrant Bashing“ à la Sarkozy wird das Problem kaum lösen. Der Entzug der französischen Staatsbürgerschaft wird die betroffenen Intensivgewalttäter nicht beindrucken, diese werden auch als Staatenlose die Vorstädte terrorisieren. Die französische Regierung hätte auch die Möglichkeit mehr Polizisten einzustellen, – denn wider aller Reden Wortlaut spart die französische Regierung im Polizeiapparat . Es werden immer mehr Stellen abgebaut. In vielen französischen Vorstädten gibt es Nachts kein dauerbesetztes Polizeikommissariat mehr. Die Polizei dringt dort nur noch in sogenannten „Kommandoaktionen“ vor. Letzthin in einer spektakulären Medieninszenierung in Grenoble Villeneuve mitsamt dem Innenminister Hortefeux. Ansonsten aber herrscht dort Nachts vor allem eins – der Terror. Die Gesetze der französischen Republik gelten dort nur tagsüber. Nicolas Sarkozy hat am 16.5.2007 seine Amtsgeschäfte übernommen – und seitdem nicht viel getan – damit Nachts in den Vorstädten die Gesetze der Französische Republik „les lois de la république“ wie man im französischen so schön sagt wieder gelten! Und vor dieser Zeit war er übrigens auch schon Innenminister, das wird gern vergessen. Es wurde viel geredet, sehr viel angekündigt, – aber sehr wenig getan. Zeit war genug vorhanden.

Abschließend noch – ich wundere mich wirklich – dass man über diese doch bedeutende Fraktur in der französischen Innenpolitik in Deutschland kaum etwas in den Medien mitbekommt. Ich hätte mir gewünscht in einer bedeutenden deutschen Tages oder Wochenzeitung einen Kommentar zur dezeitigen französischen Innenpolitik im Sinne der New York Times „Xenophobia: Casting Out the Un-French „ zu finden. Aber offensichtlich scheint das Thema zurzeit nicht „medienrelevant“ zu sein, – oder habe ich vielleicht auch etwas übersehen.

Wie auch immer – das Thema wird auch uns in Deutschland einholen!

Christophe Neff, Grünstadt le 7.8.2010

P.S. (7.8.2010 15:40): Die Perzeption des Leitartikels „Xenophobia: Casting Out the Un-French“ aus der NYT  in der französischen Medienlandschaft kann man u.a. hier „Le „New York Times“ critique vivement la politique sécuritaire de Sarkozy“ finden.

P.S. (8.8.2010 17:30): In einer Sache muß ich mich korrigieren – Gero von Randow hat tatsächlich am 2.8. in der „Onlineausgabe der Zeit “ unter dem Titel „Sarkozy rückt mit repressiver Rhetorik nach rechts“ einen hervorragenden Kommentar zum aktuellen Rechtsruck von Sarkozy geschrieben. Als altmodischer Mensch und Zeitabonnent habe ich mich bei meinen Recherchen für diesen Blogbeitrag auf die Printversion der Zeit vom 5.8.2010 verlassen.

P.S. (13.8.2010 9:00) Inzwischen hat der SPON mit dem Titel „Sommertheater à la Sarkozy “ auch etwas zum Thema beigetragen !

Grünstadt Martinskirche 12 Uhr 17 und der Zeiger der Kirchturmuhr rückt nicht mehr von Strich zu Strich

morgentlicher Blick auf St. Martin Grünstadt (ev.) - es ist 6.17 aber die Kirchturmuhr zeigt seit dem 6.6.2010 immer12 Uhr 17 an ! Im Hintergrund sieht man St. Peter (kath) mit der richtigen Uhrzeit, © C.Neff  4.8.2010
morgentlicher Blick auf St. Martin Grünstadt (ev.) – es ist 6.17 aber die Kirchturmuhr zeigt seit dem 6.6.2010 immer12 Uhr 17 an ! Im Hintergrund sieht man St. Peter (kath) mit der richtigen Uhrzeit, © C.Neff  4.8.2010

Ich steh‘ im Regen und warte auf Dich, auf Dich

Auf allen Wegen erwart‘ ich nur Dich, immer nur Dich

Der Zeiger der Kirchturmuhr rückt von Strich zu

Strich, ach, wo bleibst Du denn nur? 

Denkst Du nicht mehr an mich?“ so lautet die erste  Textstrophe  des alten Filmschlagers „ich steh im Regen“  von Ralph Benatzky  aus dem Film „Zu neuen Ufern“ , Filmschlager der Zarah Leander  weltberühmt machte, aber heutzutage in unseren Landen so  vergessen ist, dass man selbst auf youtube nur noch die französische Fassung des Liedes „il pleut sans trêve“  findet (hier findet man ein alte Gramophonaufnahme des deutschen Originals) .  Der Zeiger der Martinskirche in Grünstadt , rückt schon seit geraumer Zeit nicht mehr von Strich zu Strich. Um genau zu sein, seit dem 6. Juni 2010 steht der Zeiger der Kirchturmuhr von St. Martin auf 12 Uhr 17. Auch das für die Pfalz so einzigartige Turmglockenspiel ist seitdem verstummt. Am 6.6 schlug der Blitz in die Martinskirche, danach in der Nacht vom 10 auf 11 Juni fegte ein verheerender Gewittersturm  über Grünstadt und die Unterhaardt, – wobei  die Kirche wie man aus der Unterhaardter Rundschau vom Dienstag  3. August 2010 erfahren konnte (Xynthias Schäden werden behoben) schon vom Sturm Xynthia angeschlagen wurden – und soweit es die Reparatur des Glockenspieles betrifft man sich noch wohl etwas gedulden muss.

Als ich Anfang der Woche von einer zweieinhalb wöchigen Urlaubsreise aus Südfrankreich zurück kehrte, hatte ich ja irgendwie geglaubt man hätte  zwischenzeitlich Kirchturmuhr und Glockenspiel repariert, aber erstaunlicherweise ist das bis dato nicht geschehen. Schade eigentlich – das Glockenspiel von St. Martin gibt Grünstadt und der Unterhaardt ein gewisses Etwas – ich würde es in Anlehnung „les lycées francais du soleil“ als la petite musique de Grünstadt bezeichnen.  Ich habe das Glockenspiel zum ersten Mal zu Beginn der 1990 Jahre gehört – und für mich ist es so etwas wie ein unverwechselbares Landschaftselement – sozusagen ein „musikalisches Landschaftselement“  von Grünstadt und der Unterhaardt geworden. Schade, dass  man das Grünstadter Carrillon zur Zeit nicht mehr hören kann.

Abschließend möchte ich noch darauf verweisen, – dass es in Port Leucate  – eine neue Kirche gibt –  die Eglise St. Jacques – die auch ein hervorragendes Glockenspiel besitzt -und damit einer der wenigen südfranzösischen Kirchen ist, die über ein großes Turmglockenspiel  (17 Glocken)  ein Carrillon verfügen (Im Artikel St. Jacques de Port de Leucate – au clair de la lune de mai 2010 befindet sich ein Bild des Carrillon von St. Jacques de Port Leucate).

Zitierte Literatur :

Die Rheinpfalz-Unterhaardter Rundschau (3.8.2010) : Xynthias Schäden werden behoben. Grünstadt: Glockenspiel noch nicht repariert. Unterhaardter Rundschau, Dienstag 3. August 2010.

Tselikas, Effy; Hayoun, Lina (2004): Les Lycees francais du soleil. Creusets cosmopolites du Maroc, de l‘ Algerie et de la Tunisie, Paris (les édtions autrement) ISBN  2-7467-0435-8

Photo : © C.Neff morgentlicher Blick auf St. Martin Grünstadt am 4.8.2010 um 6 Uhr 17.

Christophe Neff, Grünstadt le 5.8.2010

Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village

Durant la saison d’été (2010) il y a trois journées de marché  à Leucate Village. Les dimanche, mardi et vendredi matin durant l’été sous la statue de Françoise de Cezelly et dans la rue de l‘ église nous trouvons un marché méditerranéen bien animé et bien fréquenté. Quel contraste avec l’image décrite dans Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009). Je ne sais pas comment on définit la saison d’été à Leucate – (15.7 – 30.8 ? )  – mais pendant  cette période estivale le marché de Leucate mérite certainement la visite.

Luc guerre -leucate - histoire de mon village Buchdeckel VorderseiteOn y trouve les produits du terroir, produits bios, fromages et charcuteries locales et régionales.  Les cafés sur la place de la république ont leurs terrasses ouvertes, la petite place de marché  sous le regard de  Françoise de Cezelly est pleine de vie. La libraire Adamus pleine à craquer.  Dans cette librairie pleine à craquer j’ai aussi par hasard trouvé le premier volume  1. Karl de la trilogie de BD de ArroyoHiron « le paquebot des sables ».  Notons en passant que l’article Le Paquebot des sables (bande dessinée) de wikipedia.fr mériterait une révision complète car le contenu est plutôt maigre. Dans la librairie Adamus on trouve aussi une petite histoire de Leucate écrite par Luc Guerre. Le livre de Luc Guerre (Leucate – Histoire de mon village) peut être une lecture intéressante pour tout lecteur  vacancier (et autres) intéressé par l’histoire de son lieu de vacances et de villégiature.

Livres cités :

Arroyo-Hiron (2004) : Le paquebot des sables. 1. Karl. Joker Editions, Bruxelles, ISBN 2-87265-267-1

Guerre, Luc (2009) : Leucate – Histoire de mon Village. Béziers, Imprimerie du Sud Offset et continue, ISBN 978-2-917212-10-3

Christophe Neff 29.7.2010

Conseils pour dévoreurs de gares et passionnés de photographie : l‘ exposition Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 dans la Kunststiftung Baden-Württemberg à Stuttgart

Il y a actuellement une exposition passionnante pour tous les dévoreurs de gare et passionnes de photographies – l‘ exposition Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 dans la Kunststiftung Baden-Württemberg – exposition  d’ont j’ai déjà parlé dans mon dernier billet en allemand –  Eindruck eines Ausstellungsbesuches : Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 in der Kunststiftung Baden-Württemberg.  Cette exposition est un lutz-schelhorn-in-der-kunststiftung-baden-wurttemberg-1672010.1279612221.jpghommage de Lutz Schelhorn à la gare centrale de Stuttgart – gare conçue  par l‘ architecte Paul Bonatz – gare condamnée, car elle sera, grâce au projet Stuttgart 21 , bientôt démolie partiellement. Dommage que ce symbole d‘ urbanisme de Paul Bonatz soit  condamné à disparaitre -gare dont le monde parlait il y a quelques années  dans un article de Gerard Albouy et où fut utilisée l‘ expression lyrique pour désigner le Stuttgarter Hbf  «  la bonne étoile de Stuttgart ».

En ce qui concerne l‘ expression « dévoreur de gares » – c‘ est une expression que j‘ ai empruntée au blog de Montaigne à cheval – blog & bloggeur malheureusement disparu de la toile – bloggeur admirateur de Hölderlin et de la langue allemande – dont les vestiges réapparaissent parfois sur la république des livres comme dernièrement dans les commentaires de Christiane  dans « Les leçons du professeur Bachmann » de la RDL (16 eme commentaires des 176 commentaires en ligne actuellement).

lutz-schelhorn-stuttgart-hbf-1-vor-21-kunststiftung-baden-wurttemberg.1279612258.jpgDonc pour les dévoreurs de gare – une exposition à conseiller – et pour les passionnés de beaux livre de photographie en noir et  blanc, photographie des hommes & des gares – le livre « Stuttgart Hauptbahnhof – Eins vor 21 ».

Livres cités :

Schelhorn, Lutz: Stuttgart Hauptbahnhof – Eins vor 21. EditionRandgruppe, Stuttgart 2010, ISBN ISBN 978-3-9813728-0-9

Photos :

Noirs et blancs: Stuttgart Hbf © Lutz Schelhorn   (postée dans le blog paysage avec l‘ autorisation de  L. Schelhorn)

Couleur: © Christophe  Neff  16.7.2010 : Lutz Schelhorn explique son œuvre artistique devant les élèves d‘ une classe photo d’un centre de formation professionnel.

Christophe Neff 20.7.2010

Eindruck eines Ausstellungsbesuches : Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 in der Kunststiftung Baden-Württemberg

Lutz Schelhorn in der Kunststiftung Baden - Württemberg 16.7.2010

Gestern bin ich mit zwei Photoapparaten ausgerüstet über die Gerokstaffel und andere Staffeln vom Suttgarter Hauptbahnhof zur Kunststiftung Baden-Württemberg in der Gerokstraße marschiert um dort die Photoausstellung Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 von Lutz Schelhorn anzusehen.  Die Photoapparate (eine kleine digitale Canon Powershot – und eine analoge Minolta Spiegelreflex) hatte ich dabei um den Bonatzbau der mir in vielen Jahren so ans Herz gewachsen ist,  noch einmal vor dem Teilabriss photographisch festzuhalten. Als ich dann endlich oben in der Gerokstraße 37 mit vielen Bahnhofsperspektiven im Kasten (Digital und auf Film) triefend wie eine Ochse ankam – es war ein wahrlich heißer Sommertag  in Suttgart – da hatte ich das Glück den Künstler dort selbst anzutreffen. Lutz Schelhorn erklärte gerade einer Berufsschulklasse des Faches Photographie sein künstlerisches Werk.  Das war natürlich ein glücklicher Zufall.

Völlig unabhängig wie man zum Projekt Stuttgart 21 stehen mag, die Photoausstellung lohnt auf jeden Fall die Reise. Leider ist diese nur noch bis zum 24.7.2010 zu sehen.  Da hätte man sich gewünscht, dass man die Ausstellungsdauer doch verlängert – denn die Bilder haben ja schon fast historischen Charakter – denn in ein paar Wochen soweit nicht noch ein Wunder geschieht wird dann wohl mit dem Abriss des Nordflügels des Hauptbahnhofes das Projekt Stuttgart 21 in die Realisierungsphase gehen.

Schelhorn dokumentiert in seinen Bildern 1 Jahr Stuttgarter Bahnhofsatmosphäre, 1 Jahre Leben in und um den Stuttgarter Hbf.

Die Stuttgarter Zeitung schrieb hierzu relativ emotionslos : „Lutz Schelhorn dokumentiert in nüchternem Schwarzweiß das architektonisch bedeutsame Bauwerk und zeigt die Menschen, die sich darin bewegen. Ein Jahr lang ist er mit einer Großformatkamera aus den 60er Jahren auf dem Bahnhofsgelände unterwegs gewesen und hat Stimmungen, Besonderheiten, Blickwinkel festgehalten, ohne sich in die aktuelle politische Debatte einzumischen„.

Ich sehe das Ganze etwas anderes – wohl weit subjektiver – ich kann auch der Stuttgarter Zeitung nicht folgen die den Bonatzbau nur  als „das architektonisch bedeutsame Bauwerk“ bezeichnet, ich halte den Stuttgarter Hauptbahnhof, den sogenannten Bonatzbau für einen der gelungensten und schönsten Bahnhöfe in Europa überhaupt.  Und weiterhin gibt es natürlich auch eine gewisse Seelenverwandtschaft zu einem anderen Bonatzbau den ich persönlich auch für ein sehr gelungenes Bauwerk halte – das Gedächtnishaus Fohrenbühl auf dem Mooswaldkopf am Fohrenbühl in der Raumschaft Schramberg (Eine geographisch-gastronomische Beschreibung des Fohrenbühl in Französisch  findet man im billet Une forêt noire étoilée – quelques réflexions de géographie gastronomique au début de l’an 2010) .  Auf Grundlage der alten Turmhütte hat Paul Bonatz in den Jahren 1923/24 das Gedächtnishaus Fohrenbühl völlig neu konstruiert – als  Gedächtnishaus zur Ehren der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 des Württembergischen Schwarzwaldvereines.

Lutz Schelhorn Stuttgart Hbf 1 vor 21 Kunststiftung Baden-WürttembergLutz Schelhorn hat dem Stuttgarter Hauptbahnhof, – den zumindest ich für einen der schönsten Bahnhöfe in Europa halte – ein eindrucksvolles photographisches Denkmal geschaffen – er hat es geschafft in seinen klar strukturierten nüchternen schwarz-weiß Bildern den Geist des alten Bonatzbaues weiterleben zu lassen.

Begleitend zu Ausstellung hat Schelhorn auch noch einen schönen Photoband  herausgegeben den ich auch sehr empfehlen kann.

Wie schon zu Anfangs gesagt, – die Ausstellung Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 in der Kunststiftung Beden-Württemberg ist eine Reise wert – und der sehr schöne schwarz-weiße Photoband ist ein historisches und künstlerisches Photodokument über ein Jahr Leben im und um den Stuttgarter Hauptbahnhof.

Photoband zur Ausstellung:

Schelhorn, Lutz: Stuttgart Hauptbahnhof – Eins vor 21. EditionRandgruppe, Stuttgart 2010, ISBN ISBN 978-3-9813728-0-9

Photos:

Schwarzweißphoto: Stuttgart Hbf © Lutz Schelhorn   (mit Genehmigung von L. Schelhorn ins paysages-blog eingefügt)

Farbe:  © Christophe  Neff  16.7.2010 :Lutz Schelhorn erklärt Berufsschülern sein Werk Stuttgart Hauptbahnhof 1 vor 21 in der Kunststiftung Baden-Württemberg.

Christophe Neff, Grünstadt le 17.7.2010

La Forêt progresse à Schramberg – et les risques d‘ incendies aussi

En Forêt Noire la forêt progresse – et en conséquence les risques d’incendies aussi. Le vendredi 2.7.2010 j’étais avec deux de mes collègues (Janet Maringer & Julia Baum ) invité par la commandante des sapeurs pompiers de Schramberg Annette Melvin (Abteilungskommandantin Talstadt Schramberg) à faire une premiers analyse de risques. En plus je préparais aussi une sortie de géobotanique en Forêt Noire pour les étudiants en bachelor de géo-écologie du KIT. Et naturellement analyser les changements de paysages, la dynamique des paysages de la ville ou j’ai grandit.

Notons d‘ abord qu’Annette Melvin est une des rares femmes chefs de corps de pompiers en Allemagne. Sachant que depuis des années déjà j’avertissais les pouvoirs publics des risques grandissant de feu de forêts en Forêt noire, Annette Melvin m’avait contacté) pour faire une sortie de terrain commune pour faire une premier évaluation des risques d‘ incendies dans le forêts entourant la ville de Schramberg ;comme nous avons grandi à Schramberg, nous fréquentions le même lycée, nous nous connaissons depuis longtemps. De plus ; Annette Melvin est aussi la petit fille de Moritz Mayer le fondateur de la SMF, dont je parlais, dans La Schramberger Majolika Fabrik – la Céramique de Schramberg sur wikipedia.fr. Elle nous présenta quelques terrains potentiels pour des chantiers de brûlage dirigé.qui aurait comme but d‘ une part de seconder la ville de Schramberg dans son effort de limiter l’embroussaillage et la reprise sauvage de la forêt, d‘ autre part d’utiliser un tel chantier de brûlage dirigé pour entrainer les pompiers de Schramberg à la lutte anti-incendie de forêt – donc un exercice de combat anti-incendie sous conditions quasi réelles.

En faite Annette Melvin craint de plus en plus les risques grandissant de feux de forêts qui pourraient être une conséquence de la progression galopante de la forêt en Foret Noire, risque de voir des feux éclater qui pourrait aussi en plus être accentué dans le futur proche par les conséquences des changements climatiques. Mais même sans changements climatique les risques de voir des feux de forêts éclater avec la progression de la forêt est considérable, car la forêt noire est une ancienne terre de feux de forêts, même si la mémoire collective a depuis longtemps oublié ce fait historique. Un des éléments de paysages les plus marquants de la moyenne forêt noire (mittlerer Schwarzwald) étaient les Besenginsterweidfelder (Neff et al. 2004 ) – les landes à genêts de balais (Cytisus scoparius) qui formaient un mosaïque avec les Sapinières riches en Houx (Ilex aquifolium) – un paysage qui fut autre fois entretenu par les feux pastoraux – élément de paysage aujourd’hui malheureusement en voie de disparition grâce à l‘ embroussaillement. C’est le vif jaune de landes de genêts qui a tant influencé les couleurs dans l’œuvre de Wilhelm Kimmich qu’on parle aussi de Kimmichginster . Les paysages changent, la forêt progresse et les Kimmichginster disparaissent de plus en plus de la Raumschaft Schramberg, du Fohrenbühl (une petite géographie gastronomique du Fohrenbühl se trouve ici) et du reste du mittlerer Schwarzwald. (Quelques mots sur ce paysages de forêts et de landes ouvertes se trouvent aussi dans la notice – les cartes postales du Bäslecarl )

J’étais vraiment surpris de découvrir à quel point la forêt domine la ville où j’ai grandi ! Les habitations, les maisons sont réellement encerclées par la végétation et on pourrait même parler de phénomène de californisation dans la Talstadt de Schramberg. Sauf qu’en ce qui concerne le terme californisation dans le sens de l’écologie du feu, c’est plutôt l’habitat qui progresse et s’entrecroise avec les paysages abandonnés où garrigue, maquis et forêts reprennent leurs droits, ce qui provoque en cas de feux de forêts des situations difficilement gérables par les pompiers. Situation bien connue aussi dans les milieux méditerranéens européens, nord-africains, australiens et nord-américains (Californie). En langage scientifique anglo-américain le phénomène est désigné comme « forest – urban interface » car la californisation dans la géographie agraire américaine est utilisée pour désigner les processus d’intensification de l’agriculture méditerranéenne. A ma connaissance le terme de californisation fut pour la première fois utilisée dans l’agro géographie anglo-américaine par David B. Grigg pour désigner l’intensification de l’agriculture dans le Bas – Languedoc (dans le Livre the agricultural systems of the world – an evolutionary approach p. 129) en 1974. A Schramberg ce n’est pas l’habitat qui progresse, dans la Talstadt de Schramberg l’habitat a plutôt tendance à se rétracter. Ici c’est principalement la Foret qui progresse. Annette Melvin a bien raison de craindre le risque grandissant de feux de forêts à Schramberg. Naturellement ce phénomène de progression de la forêt et de l’augmentation des risques de feux de forêts en période de forte chaleur et de sécheresse accentuée ne se limite pas à la ville de Schramberg, – mais touche une grande partie de la Forêt noire. Notons que si Météo France ne se trompe pas trop ( voir l‘ article « L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud » paru dans le Monde du mardi 6 juillet et mon billet « L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud – et devrait se préparer en conséquence à un été avec un très fort risque d’incendies de forêts » qui se réfère a cet article du Monde) cet été pourrait devenir un été particulièrement propice aux incendies de forêts, que ce soit sur la péninsule ibérique, en France ou en Allemagne.

Verwaldung und Verbuschung in Schramberg 2.7.2010

Les risques de feux de forêts, (la mémoire collective a totalement oublié qu’historiquement la Forêt noire a aussi eu son lot d’incendie) ne sont certainement pas une des préoccupations principales des habitants de Schramberg. Pour eux , la progression de la forêt prend surtout la lumière en hiver et plonge la ville encaissée dans le vallon étroit de la Schiltach dans une ombre obscure que les habitants ne semblent pas trop apprécier. Le manque de lumière dû à la progression de la forêt est perçu comme une des principales nuisances environnementales à Schramberg.

Blick vom Tössberg auf die Geißhalde 2.7.2010

La commune de Schramberg (Stadtverwaltung) est bien obligée de réagir et on emploie donc des troupeaux de brebis ou de chèvres pour endiguer l’invasion de la Talstadt Schramberg par la forêt sauvage. Le jour où on reverra des chèvres brouter sur les falaises de la Geißhalde (allemand souabe = collines des chèvres) après plus d’un siècle d’absence semble être proche. Dans des autres secteurs pour créer des couloirs respiratoires (Frischluftschneisen), on procède même à des coupes blanches en pleines forêts. Et on pense à entretenir ces coupes par le pâturage (chèvres & brebis) et par endroit même par l’utilisation de chantiers de feu dirigée. Il faut dire que la nature du terrain ,les fortes pentes du Schramberger Talkessel font que l’entretien par moyens mécaniques de ces coupes est financièrement quasiment impossible ,très difficile , rappelle beaucoup les situations de haute-montagne.

Freischlagfläche Steighäusle Juli 2010

En 1984 j’ai passé mon bac au lycée de Schramberg ,1984 fut l’année du Waldsterben – l’année où le Spiegel annonçait la disparition de la Sapinière de la Forêt Noire. On nous annonçait un paysage désertique – sans arbre – Wolf Hockenjos publia son livre énigmatique « Tännlefriedhof – Bilder einer Verwandlung » (cimetière des sapins – images d’une métamorphose) .Qui aurait cru en 1984 que presque 25 ans plus tard la progression « sauvage » de la forêt pourrait être perçue comme un problème environnemental majeur dans certaines parties de la Forêt Noire. Comme bachelier nous pensions que les sapins pourraient disparaitre des horizons des montagnes. Quels changements ! Notons en fin de billet que le même Wolf Hockenjoos en 2008 publia un magnifique livre sur l’arbre mythique de la Forêt Noire, – le Sapin blanc (Abies alba) (Tannenbäume – eine Zukunft für Abies alba) – un livre qui ne parle pas seulement du Sapin en Forêt Noire – mais qui nous décrit aussi le sapin blanc dans son aire naturelle européenne.

Qui à Schramberg en 1984 aurait cru que 25 ans plus tard la progression de la forêt pourrait être perçue comme un problème environnemental ?

Verwaldung am Sonnenberg - Stadtpark in der Talstadt Schramberg Juli 2010

Photo: Progression de la forêt dans la Talstadt Schramberg © C.Neff 2.7.2010

Même de nos temps, la dynamique des paysages peut encore nous surprendre !

Cela me rappelle les mots d’Éric Lambin dans l’introduction de son livre « la terre sur un fil » où il écrit : « Ainsi fonctionne la planète Terre: en constante évolution, toujours éloignée de l’équilibre et s’adaptant par des mécanismes subtiles à la configuration du moment pour assurer sa viabilité. Les grands cycles climatiques, l’évolution biologique et les changements naturels des paysages font partie de ce mouvement de balancier qui maintient la Terre sur son fil. (Lambin, 2004, 13) »

Photos : toutes © C. Neff 2.7.2010

La Villa Fink envahit par la forêt, Vue sur la Geißhalde depuis le Tössberg, Progression de la foret à Schramberg – Sulgen et coupe blanche du Steighäusle comme couloir respiratoire, Vue sur le Stadtpark et le Sonnenberg (sous titre dans le texte = Progression de la forêt dans la Talstadt Schramberg)

Sources et littérature citée:

Grigg, D.B. (1974): The Agricultural systems of the world. An Evolutionary Approach. Cambridge (Cambridge University Press), ISBN 0-521-20269-8 (1976 Reprint)

Hockenjos, W (1984): Tännlefriedhof. Bilder einer Verwandlung. Hinterzarten (Gerhard schillinger verlag), ISBN 3-924838-02

Hockenjos, W (2008): Tannenbäume – eine Zukunft für Abies alba. (DRW-Verlag Weinbrenner), ISBN 978-3-87181-723-6

Lambin, E. (2004): La Terre sur un fil. (Le Pommier). Paris, ISBN 2-7465-0198-8

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Christophe Neff, Grünstadt le 14.7.2010