Matinée de Mardi Gras 2010 à Grünstadt

Les chutes de neiges ont enfin cessé et le soleil est de retour à Grünstadt. Lecture matinale du dernier billet de la République de livres « Malraux, l’épouse éternelle » et de « Régionales, Languedoc Roussillon: Les tribulations d’une française en France » dans au jour le jour.

Toujours ces ombres  du passé franco-allemand qui ressurgissent  – Clara Malraux (1897-1982) née Goldschmidt – l’épouse éternelle Malraux – il y un peu de tout dans cette histoire franco-allemande. Hier c’était de Paul Celan, dans le contexte d’un délit de citation qu’on parlait dans la RDL. On ne parle presque plus de Paul Celan en Allemagne, en ce moment c’est plutôt de Helene Hegeman et de son « romanplagiat  »  Axolot Roadkill qu’on parle et de Werner Herzog qu’on redécouvre pour la Berlinale 2010, comme président du jury de la 60 ème Berlinale. L’Allemagne avait presque complètement oublié le réalisateur de Fitzcarroldo, de Cobra Verde, et d’Aguirre, la colère de Dieu.

Dans Régionales, Languedoc Roussillon: Les tribulations d’une française en France  nous retrouvons une autre facette de l’histoire franco-allemande. Apres avoir passe 40 ans en pays de Germanie, une carrière politique dans  la SPD qui fut entre autre récompensée par le Bundesverdienstkreuz Madame Neff découvre les réalités de la vie politique française – surtout celle d’une gauche socialiste en pleine déconfiture – au  Languedoc en plus, où   le phénomène Georges Frêche complique encore la chose. Mais la SPD à Schramberg, le Kreisverband Schramberg, la SPD du Baden-Württemberg tout court , la Social-démocratie locale  n’était et n‘ est sûrement pas représentative pour le reste de la Social-démocratie allemande.  Le OV Schramberg était et est un modèle de démocratie interne, mais malheureusement pas représentative pour le reste de SPD ; ce qui explique en partie la débâcle électorale de la SPD aux dernières  élections au Bundestag. Et des baronnies locales à l’image du P.S. et de adhérent /es exclues, inclus etc., il en existe aussi .Ainsi  par exemple ici à  Grünstadt, où les barons locaux ont  accompli  l’exploit de réduire les sièges de la SPD de 16 (de 27 sièges potentielles) à 8 sièges – et ils  continuaient pendant les diverses campagnes à  se livrer des  guerres de tranchées pour des postes virtuels d’adjoint  etc…Entre temps les électeurs ont cherché d’autres alternatives  et ils les ont bien trouvées. Les postes d’adjoint ont  disparu par faute  d’un électorat s’étant évaporé , mais les guerres de tranchées continuent … on ne  sait même pas pourquoi !

De  plus dans les années 70-80, 80 on (l’auteure  du blog au jour le jour )  était encore jeune et pleine d’espoir social démocrate  ,il y avait le souffle charismatique d’un Willy Brandt, d’un Ehrhard Eppler  et au niveau local de Pius Kopp, Werner Klank et Herbert Zinell  le sien et d’autres- tout  cela a disparu, pas seulement pour des raisons politiques  mais aussi parce que les  temps changent  et  que nous prenons de l’âge.  Pour finir , Herbert Zinell a accompli l‘ exploit de se tenir presque 20 ans à la tête de la ville de Schramberg, exploit remarquable pour un « rouge »  dans les terres noires catholiques  de la Moyenne Forêt Noire – car les soi- disantes  terres noires catholique de la Moyenne Forêt noire, surtout celles de la Raumschaft Schramberg, héritière culturelle   de la tradition catholique de l‘ Autriche antérieure, la Herrschaft Schramberg,  sont de fait un bassin naturel d‘ électorat de la CDU – une terre historiquement rude pour la Social-démocratie et mise à part  la ville de Schramberg , haut lieu de l‘ industrie horlogère , la Social-démocratie était pratiquement inexistante. Historiquement ce catholicisme avait au moins une chose positive, ces terres ne furent jamais des  territoires complètement conquis  par la NSDAP .

Christophe Neff, Grünstadt le 16.2.2010

P.S : Pour en revenir à mon billet d‘ hier Schau, ein Philosoph geht da de Bach na – Schau eine Schriftstellerin geht da de Bach na – ici on trouve des très belles photos de la da Bach na Fahrt et du Rosenmontagsumzug à Schramberg.

Vue de Grünstadt – encore de la grisaille (10.2.2010)

En me levant le mardi 9.2.2010 j’avais encore le très bel essai de Ferdinand von Schirach paru dans le dernier Spiegel (6/2010) « was übrig bleibt » en tête. Un texte décrivant la jeunesse de von Schirach dans chez les Jésuites à St. Blasien . Comme par hasard il parlait aussi de ces paysages de neige de forêt noire comme je le faisais dans «L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010) » en évoquant mes mémoires de paysages de neige de la Raumschaft Schramberg. Von Schirach écrit « In meiner Erinnerung ist St. Blasien ein kalter Ort. Vier Monate lag Schnee, an den Bäumen hingen Eiszapfen, und weil nachts die Fenster offen blieben, wurde es so kalt, dass wir uns morgens unter der Bettdecke anziehen mussten (Dans ma mémoire St. Blasien est un lieu froid. Quatre mois de neiges, des arbres plein de stalactite de glace, et comme de nuits les fenêtres restaient ouvert, il devenait tellement froid, que au petit matin nous étions oblige de nous habiller sous nos couvertures tellement il faisait froid «. Décidément les paysages d’hiver de la forêt noire des 1970-1980 ont bien marqué nos mémoires. La jeunesse décidément c’est aussi une période de lecture intense – von Schirach nous parle beaucoup de livres et de lectures. Très beau texte, qui mérite à lui seul l’achat du Spiegel. Ce matin même je découvrais dans la république des livres « Désolé mais Botul-Henri Lévy a encore frappé » en quelques heures plus tard l’affaire arrive en Allemagne sous le titre « Bernard-Henri Lévy – Dandy-Philosoph fällt auf Satire rein“ dans le SPON. Je ne savais même pas qu’ici en Allemagne BHL était qualifié de Dandy-Philosoph. Avant avoir lu l’article j’avais jamais entendu le mot « Dandy-Philosoph ». BHL donne la vie un nouveau mot – ein neues Wort – le « Dandy-Philosoph » a la langue allemande. La nuit tombe, deux journées sont passés, il fait encore gris à Grünstadt , – mais les chutes de neiges on reprit – lassaient du duvet blanc dans la grisaille hivernale du Oberrheingraben. Je me souviens aussi du dernier billet de Berlin en parle – les Mots de la Fin – dommage que ce blog franco-allemand va cesser de parler. J’ai beaucoup aimé lire cette voix française de Berlin. En plus c’était pour moi, qui lisait longtemps avant de m’attaquer à l’écriture du blog paysage régulièrement le blog franco – allemand Berlin en parle de Claire -Lise Buis, un sorte de model pour le blog franco-allemand « paysages ». Sans Berlin en parle il n’aurait jamais eu de blog paysages.

Source :

Von Schirach, Ferdinand (2010) : Was übrig bleibt – Eine Jugend im Jesuiten-Internat St. Blasien . In: Der Spiegel 6/2010, 136 – 137.

Grünstadt le 10.2.2010

L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010)

L‘ Allemagne est fatiguée de son hiver -relativement long et dur – pendant presque cinq semaines la plus grande partie de l’Allemagne a été recouverte d’un manteau de neige. Phénomène assez rare qui remonte à l’hiver 1978-79. Le DWD (Deutscher Wetterdienst = Météo national allemand) résume dans une info presse pour Janvier 2010 – „Ganz Deutschland unter  geschlossener Schneedecke„.

grunstadt-im-winter-3112010blog.1265444251.jpgLes premières neiges à Grünstadt sont apparues durant la nuit du 12-13.12.2009 et après quelques petites périodes de redoux, la neige est réellement réapparue fin décembre pour couvrir les vignes  et villages de l’Unterhaardt jusqu’à la nuit du 2 au 3 février.  Dans la Unterhaardt cela s’est plutôt bien passé – mais le reste de l’Allemagne, surtout le land de Mecklenburg-Vorpommern souffre énormément de cet hiver. Même ici en Rheinland-Pfalz on a dû fermer beaucoup d’écoles car dans beaucoup d’endroits le ramassage scolaire ne fonctionnait plus.

Est-ce que l’hiver actuel fut vraiment si exceptionnel ? Même si le phénomène que toute  l‘ Allemagne du nord au sud, de l‘ ouest à l‘ est soit couvert d‘ un manteau de neige -plus de  4 semaines – est assez rare, je ne crois pas que nous avons vécu en Allemagne un hiver exceptionnel.  Je crois plutôt que l’Allemagne a tout simplement pour diverses raisons oublié ce qui signifie un vrai hiver de moyenne  Europe (Mitteleuröpäischer Winter). Parfois on a même l’impression qu‘ une grande partie de la société a pris les divers scenarios de réchauffement climatiques pour les années 2020-2050, donc pour les décennies à venir , pour une réalité, et on a tout à fait oublié de se préparer pour de vrais  hivers. On pourrait peut être même dire «  hier war der Wunsch der Vater des Gedanken » on a pris ses désirs pour des réalités : on préférerait  vivre sans hiver, sauf naturellement pour la fameuse « weiße Weihnacht »( Noël sous son blanc manteau).

hanfpalmen-im-schnee-bad-durkheim-jan-2010-kopie.1265440779.jpgPersonnellement j’ai grandi dans un pays de neige, – et je suis vraiment perplexe de voir à quel  point l’Allemagne se laisse paralyser  par si peu de neige (voir ici les divers articles publiés par le SPON ; Kälte, Glätte, Schnee – Können wir Winter?;  Viel Eis, kein Salz Niedersachsen rät zum Verzicht aufs Autofahren;  Eisglatte Straßen – FDP fordert nationale Streusalzreserve ;  Luftbrücke – Bundeswehrhubschrauber versorgen Hiddensee mit Lebensmitteln ).  Durant mon enfance la Forêt Noire, la Raumschaft Schramberg fut un vrai pays de neige – des hivers qui duraient parfois de début décembre jusqu‘ en avril voire Mai , des masses impressionnantes de neige  telles que mon père , natif de Saulgau en Oberschwaben où les hivers sont beaucoup moins enneigés  qu’en forêt noire, nous a légué une impressionnante documentation photographique des paysages du Feurenmoos, du Fohrenbühl enneigé , tellement il était impressionné par la quantité de neige dans les  alentours de Schramberg .  A partir du début des années 1980 les chutes de neige devenaient de  plus en plus irrégulières ; un couvert de neige ininterrompu  de décembreà avril cela n’a plus existé,  je crois, depuis l’hiver 1985/86 .Dans ce pays de neige , on vivait avec la neige  (et on y vit encore) on se préparait, on prenait ses précautions. Le long des routes exposées  au vent on construisait en automne de longues grilles de congères car on savait bien que le vent peut rendre une route même avec un couvert neigeux assez mince impraticable en  une ou deux heures , ou même moins. Ce savoir apparemment a été oublie dans ¾ de l’Allemagne.

winterlandschaft-grunstadter-berg-3112010blog.1265444907.jpgMême ici à Grünstadt il y a eu des routes devenues impraticables par des congères – même si nous n’avons jamais eu plus de 20 cm de neige dans les environs de Grünstadt. A force de parler toujours de scénarios de changements climatiques, de réchauffement planétaire, j’ai bien l’impression qu‘ on a  tout simplement oublié la réalité d’un hiver banal. Il y a aussi des facteurs aggravants :durant les années 1969,70 et même encore dans les années 1980, une partie du trafic marchandises  était encore assurée par les chemins de fer en Allemagne – le trafic marchandise régional  aujourd’hui est exclusivement assuré  par la route en Allemagne (voir aussi St. Genis – Pouilly à bientôt) avec pour  effet que si un  seul camion se met en travers ,rien ne va plus ,et les routes sont coupées pendant des heures. Durant 4 semaines on pouvait dans les radios trafics entendre les litanies – wg. Querstehender LKW gesperrt – Route coupée à cause de camions en travers. C’est aussi une des conséquences d’une politique de transport « tout-camion » – un prix à payer durant un vrai hiver européen.

En ce qui concerne  les changements climatiques, on peut constater que la durée du couvert neigeux a certainement diminué durant les dernières deux décennies. Un  très bon exemple pour ce fait  est le « Weihnachtstauwetter ou Weihnachtsdepression » qui affecte une grande partie de la moyenne Europe. En moyenne 7 sur 10 hivers sont concernés par ce phénomène qui fait fondre une grande partie des neiges en  décembre – et ce phénomène et responsable que la weiße Weihnacht (noël dite blanche = paysage de noël couvert de neige) est un événement assez rare en Allemagne. La Forêt Noire connaissait naturellement aussi le phénomène du « Weihnachtstauwetter » mais avec une couverture moyenne de 50 – 100 cm de neige, les 30 à 40 centimètres qui fondait pendant le Weihnachtstauwetter n’avaient aucune conséquence pour les paysages hivernaux. De nos temps la couverture neigeuse de décembre n’atteint souvent même pas les  40 à 50 centimètres  et disparaît donc logiquement entre Noel et la St. Sylvestre. C’est  la un signe incontestable d’un changement climatique.

Mais tout ne semble pas lié aux changements climatiques. J’avais longtemps cru savoir que le téléski du Fohrenbühl a dû être fermé pour  cause de manque de neige dû aux changements climatiques durant les années 1990. Le Fohrenbühl qui  fut aussi l’endroit où je pris mes premiers cours de ski il y a plus 40 ans, et que j’ai déjà décrit brièvement dans la notice géo gastronomique « une forêt noire étoilée ».  Effectivement un des scenarios courants pour le tourisme d‘ hiver et les changements climatiques pour les deutsche Mittelgebirge prévoit que dans un proche futur  le couvert neigeux nécessaire pour le « tourisme de ski »  va faire défaut et mettre l‘ industrie du tourisme d‘ hiver en péril, – les « climatologues-scénaristes » ne partagent pas tous cet avis pessimiste (pour plus de matériel online , voir ; Folgen des Klimawandels für den Wintersport im Mittelgebirge; IfL Nationalatlas: Klimawandel ; Klimawandel und Wintersport in Mittelgebirgen ; Klimawandel im Schwarzwald und an der Nordsee) mais c’est en tous cas l‘ avis prédominant de la récherche climatologique appliquée en Allemagne. Donc jusqu‘ au 15 janvier 2010, je croyais que la fin du téléski du Fohrenbühl était due  aux conséquences des changements climatiques, au « global warming ».

verschneite-waldweide-bei-sommerecke-161.1265440014.jpgDu 15 au 17. Janvier je tenais mon séminaire annuel « Global Change » auquel la presse locale, en occurrence le Schwarzwälder Bote, consacra même un petit article « Wie wirkt sich der weltweite Klimawechsel im Schwarzwald aus? ». Pendant ce séminaire, j‘ ai appris par des sources locales – que la fermeture du téléski du Fohrenbühl  (Fohrenbühllift) n‘ avait rien à voir avec des problèmes d‘ enneigement  et  changements climatiques, mais est dû à des problèmes de bail entre les propriétaires du téléski et les propriétaires des pistes de ski – et que le lift (téléski) de Tennenbronn à quelques kilomètres de là et qui se situait à une altitude inferieure fonctionnait encore bel et bien. (Voire aussi les articles dans le Schwarzwälder Bote Tennenbronner Skilift in Betrieb & Der Schnee kann auch ein Vergnügen sein ? In Tennenbronn sind die Wintersportbedingungen optimal).  En regardant la carte des « certitude de neige » du IFL  (Schneesicherheit) se basant sur des données de 1980- 1999 ou voit que 60 – 80 jours de neige avec plus de 10 cm de couverture neigeuse y sont données pour la région entre Schramberg – St. Georgen. Donc assez de couverture neigeuse pour exploiter convenablement un téléski.  Naturellement exploiter un téléski dans un tel environnement n’est certainement pas une mine d’or – mais cela peut fonctionner. Donc des simples disputes ont sonné le glas du „Fohrenbühllift“ – pas  le réchauffement climatiques comme on aurait pu  le croire. On aurait tellement aimé raconter l’histoire de la fin du Fohrenbühllift – le téléski du Fohrenbühl une des premiers victimes du réchauffement planétaire  ….. mais hélas les réalités sont beaucoup moins spectaculaires.

Je ne sais pas si l‘ hiver en Allemagne va encore perdurer  et a quel point cet hiver particulièrement rigoureux et surtout particulièrement inattendu pour une grande partie de la société allemande va encore perturber la vie quotidienne  de beaucoup d’Allemands, même le monde a récemment consacré  une petit note à cet hiver particulier « La neige paralyse les transports dans le nord-est de l’Allemagne » , mais au moins dans la vallée du Rhin, le fameux Oberrheingraben, la neige a disparu et dans les espaces vert de l‘ université de Karlsruhe je viens de découvrir le jeudi  4.2.2010 les premiers  Hellébore d’hiver (Eranthis hyemalis ) ou en langue populaire les roses de noël, les fameux  Winterlinge en fleur. En plus les premières cigognes vient d’arriver en Palatinat (Die Rheinpfalz 6.2.2010) – le printemps s‘ s’annonce timidement l’Allemagne fatigué par cinq semaines de neige pourra enfin reprendre son souffle.

Photos :

1.) Grünstadt en hiver:  Photo © C.Neff 31.1.2010 (Canon Powershot A720IS)

2.) Le Grünstadter Berg en manteau d‘ hiver:  Photo © C.Neff 31.1.2010 (Canon Powershot A720IS)

2.)  Neige & Palmiers (Trachycarpus fortunei) à Bad Dürkheim : Photo © C.Neff 27.1.2010

3.) Paysage d’hiver entre Sommerecke & Fohrenbühl pris pendant le seminaire Global Change 15-17.1.2010 : Photo ©C. Banfield 16.1.2010

Source :

Die Rheinpfalz (6.2.2010) : Aus der Pfalz – Erste Störche in der Pfalz eingetroffen. Die Rheinpfalz, Sonntag 6. Februar 2010, Jahrgang 66, Nr. 31

Christophe Neff, Grünstadt le 6.2.2010

P.S. (6.2.2010 12:05): Et les Etats-Unis aussi redécouvre ses neiges et tempêtes d’hiver (East Coast Is Hit by ‘Potentially Epic Snowstorm ;  L’est des Etats-Unis pris dans une tempête de neige ; US-Ostküste ruft den Winternotstand aus)!

Das Biafrakind

„Des Biafrakind  vom Schoren“ so nannte man mich als Kleinkind in der Kinderschule (so wurde in der Raumschaft Schramberg der Kindergarten genannt), in der Grundschule und auch in den ersten Klassen des Gymnasiums (obwohl ich da schon längst nicht mehr auf dem Schoren wohnte). Ich wurde so genannt, weil ich damals so dünn war – so schwindsüchtig dürr war, dass einige Erwachsene damals den Ausdruck „Biafrakind“ für richtig hielten.  Inzwischen sind fast schon vierzig Jahre vergangen und ich bin in ganz andere Gewichtskategorien aufgestiegen.

Biafrakinder wurden damals auch Kleinkinder genannt, die ihr Essen nicht aufessen wollte bzw. man drohte mit dem schlechten Gewissen – „denke an die armen Biafrakinder„.  Nur was ein Biafrakind war – das wusste von uns Kleinkinder Anfang der 1970 eigentlich niemand so genau. Eine Krankheit die man sich irgendwie auf der Straße aufschnappt – und von der man immer dünner wird und einen riesigen Hungerbauch bekommt? Natürlich hatten wir die „Biafrabilder“ gesehen – denn diese waren bis Mitte der 1970 Jahre durchaus präsent.  Bilder die ich wohl nie vergessen werde – aber erfahren und verstanden was eigentlich damals in Biafra geschah, das habe ich eigentlich erst viel später als Oberstufenschüler und später als Student.

Vor 40 Jahren am 12.01.1970 kapitulierte die Republik Biafra, – die letzten Kämpfe endeten am 15.01.1970 – die Republik Biafra, das Land der aufgehenden Sonne, wurde wieder in die Bundesrepublik Nigeria integriert. 

Der Biafrabürgerkrieg hat das Afrikabild in den westlichen Gesellschaften wie kaum ein anderer Konflitk nachhaltig geprägt. In Frankreich und im frankophonen Raum waren die Auswirkungen des Biafrakrieges bestimmt nachhaltiger und tiefgehender als bei uns in Deutschland, denn in Folge des Biafrabürgerkrieges wurde die Hilfsorganisation Médecins sans frontières (MSF ) die sogenannten French Doctors (oder auch Doctors without borders)   durch Bernard Kouchner und seine Mitstreiter gegründet. Aber auch bei uns Deutschland hat der Biafrakonflikt unser Afrikabild durchaus geprägt. Biafra ist aber heute hier zulande fast vergessen – wobei der Deutschlandfunk heute dem Untergang der Republik Biafra ein Kalenderblatt widmete – aber ansonsten wird man wohl annehmen müssen, dass kaum noch jemand weiß was sich hinter dem Begriff „Biafra, Biafrakind“ verbirgt. Dennoch nach über 40 Jahren sind die Biafrabilder immer noch aktuell – andere Jahre, andere Namen, andere Orte – Kivu, Darfur, Südsudan, Somalia, Ogaden, etc. – die Liste ließe sich noch weiter endlos fortführen – aber die Bilder sind eigentlich immer noch dieselben  – das Biafrakind ist zu einem zeitlosen Symbol des zerfallenden Afrika‘ s geworden.  Die ursprünglichen Bilder der Biafrakinder haben uns noch schockiert und zu einem regelrecht Aufschrei in der Weltöffentlichkeit geführt. Die Zeiten ändern sich; im Nordkivu gibt es nicht einmal Reporter (von Fernsehenteams ganz zu schweigen) die hinschauen. Nur MSF ist präsent, wie damals in Biafra, als alles anfing. Die Bilder sind die gleichen – nur sehen wir diese nicht mehr.  Die „Biafrakinder“ sind vierzig Jahre nach der Kapitulation der Republik Biafra nicht vom afrikanischen Kontinent verschwunden -ganz im Gegenteil diese sind noch immer allzu präsent – auch wenn wir diese nicht sehen – oder nicht mehr sehen wollen – oder nicht mehr sehen können !

Christophe Neff, Grünstadt le 12.1.2010

P.S. (13.1.2010 21:05): Unter dem Titel „Il y a quarante ans, le Biafra renonçait à l’indépendance “ veröffentlichte heute le Monde.fr ein kleines Bilderportfolio zu den wichtigsten Ereignissen des Biafrakrieges.

Une forêt noire étoilée – quelques réflexions de géographie gastronomique au début de l’an 2010 (6.1.2010)

Mercredi 6.1.2010 jour de l’épiphanie je viens de lire l’intéressant reportage de Francis Gouge« Baiersbronn, refuge de restaurants étoilés au cœur de la Forêt-Noire » sur Baiersbronn, haut-lieux gastronomique allemand. Baiersbronn peut  certainement être considéré comme le centre géographique de la gastronomie allemande – et l’envoyé spécial du Monde Francis Gouge nous décrit  merveilleusement les noms célèbres, la Schwarzwaldstube de la Traube à Tonbach, le restaurant Bareiss à l’Hôtel Bareiss et le Schloßberg à l‘ Hotel Sackmann – mais l’envoyé spécial du monde se trompe certainement en écrivant que Baiersbronn est le refuge de restaurant étoilés. Francis Gouge aurait peut dû regarder un plus attentivement les cartes du guide Michelin « Deutschland 201 1910- 2010 100 Jahre » et il aurait certainement remarque que le Forêt Noire est la région naturelle allemande avec la plus forte concentration d’étoiles Michelin (Michelin Editions de Voyage 2009) – il y en a une quinzaine . Et ne parlons pas de Bib Gourmand, – la moyenne Forêt Noire (mittlerer Schwarzwald) a même droit à un carre séparé dans la carte des Bib Gourmand ou  se trouve la petite somme d’une quarantaine de Bib Gourmand. La concentration des table étoilée à Baiersbronn n’est donc pas tombée du ciel, – mais ceci  est dû aussi entre autre à l’héritage d’une longue et riche tradition gastronomique qu’on trouve dans beaucoup de vallées de la Forêt noire. Durant mes temps d’assistant à l’Université de Mannheim avec l’aide de Michelin Deutschland, qui nous avait  donné  je crois 20 années d’anciens guides  gastronomiques  Michelin pour l’étude, nous nous sommes (moi et quelques étudiants en géostatistiques) mis ensemble pour essayer d‘ expliquer par des méthodes de géostatistiques  la forte concentration des maisons étoilées en Forêt Noire et en Bade. Ceci en essayant  de tester l’hypothèse d‘ une relation entre « terroirs catholiques avec traditions vigneronnes » et forte concentration en restaurants gastronomiques dans les diverses régions naturels allemandes.  C’était surtout la tradition vigneronne qui avait une forte valeur explicative – les anciennes confessions de territoires étaient par contre moins significatives – nous avions fait l’étude pour toute l’Allemagne – surtout à cause du Altwürrtemberg protestant – qui est d‘ une part une région vinicole ancienne et aussi une région gastronomique de premier lieu en Allemagne (8 maisons étoilées). Comme région vinicole nous ne considérions pas les régions où   on cultive actuellement la vigne, – mais les régions dans lesquelles il y avait une tradition du vin et de la vigne entre 18ème- 20ème siècle- donc des régions viticoles soit disant historiques. Dans beaucoup de ces régions pratiquant la vigne et le vin, les vignobles ont disparu depuis à cause des changements socio-économiques, du phylloxera, etc.  Donc durant le 19ème siècle le vignoble montait encore la Vallée de la Kinzig et de la Schiltach jusque à Schramberg, les vignobles du Neckar montaient jusqu‘ à Rottweil.  Ici et  là on trouve encore des vestiges de ce vignoble dans les jardins des fermes de la vallée de la Kinzig. Concernant les vignobles historiques du Württemberg, Christine Krämer (2006) aujourd’hui‘ hui copropriétaire de la Weinhandlung Bernd Kreis à Stuttgart a publié sa thèse de doctorat sur l’histoire des cépages du Wurtemberg du moyen âge au 19 siècle, – un livre à recommander à toute personne désirant en savoir un peu plus sur la riche histoire vinicole de cette partie de l’Allemagne du Sud.

Revenons à la géographie gastronomique de la Forêt Noire. A part les restaurants étoilés et les restaurant bib gourmands il y en Forêt Noire presque dans chaque village une auberge (Gaststube), un restaurant où on peut souvent à un prix très modique déguster de très bons repas gastronomiques. En plus, – il y le « Wirtschaften » « Vesperstuben » : une espèce d’Auberge très simple ,en voie de disparation ; à part une vesperplatte, un « Wurstsalat » – et la « Metzelsuppe » de l’automne ,on peut aussi goûter  aux Schnaps de tradition locale comme le Rossler issue de Topinambour ou le Zibärtle issue de la distillation de la Zibarte – une prune sauvage ou demi-sauvage (Prunus domestica subsp. Prisca) de la Forêt Noire.  Les Wirtschaften ou les Bauernwirtschaften de la Forêt Noire sont une espèce en voie de disparition  ce ne sont certes pas des hauts lieux de la gastronomie ,mais avec un peu de chance on peut encore y retrouver un peu l’authenticité de la vie rurale de la Forêt Noire en goutant un Speckvesper avec un bon Schnaps.

Revenons à  la bonne gastronomie rurale, qu’ont peut retrouver presque dans chaque village de la forêt noire (et des paysage limitrophes). Ces maisons n’ont pas l’aspiration de se voir attribuer un bib gourmand (et ne parlons pas de macarons Michelin) la plupart d’elle ne se retrouve même pas dans le guide Michelin, sauf exception comme le Landhaus Lauble (Hornberg) au Fohrenbühl. Comme il m’est impossible de faire une sélection des nombreux « Schwarzwälder Landgasthäuser » dans l’entière forêt noire, – je m’arrêterai  simplement pour une petite visite au Fohrenbühl.

Le Fohrenbühl est un Col en Forêt Noire entre Schramberg et Hornberg où on trouve 4 Landgasthäuser, : le Landhaus Lauble, le Landgasthaus Schwanen, le Höhengasthof Adler, le Gedächtnishaus Fohrenbühl – et pas loin du Fohrenbühl on trouve à la Sommerecke encore le Naturfreundehaus du même nom qui a encore un véritable caractère d’une simple « Wirtschaft ».  Le Fohrenbühl est connu  dans une grande partie de la Forêt Noire pour ses lumières (pour les lumières du Fohrenbühl voire aussi le billet Mannemer Dreck (en all.)), surtout ses lumières hivernales – car quand les vallées de la Kinzig sont inondées pas les brouillards hivernaux, le soleil d’hiver baigne  les paysage de neige du Fohrenbühl dans une lumière argentée. Dans les 4 Landgasthäuser du Fohrenbühl  le Landhaus Lauble, le Schwanen, le Adler, le Gedächntishaus Fohrenbühl on peut  trouver des très bons menu gastronomiques – en plus les chefs des 4 lieux proposent tous les vendredis un menu gastronomique commun (voir Schlemmen & Spazieren).

D’un point de vue touristique c’est  certainement le Turm comme on dit dans la Raumschaft Schramberg pour le Gedächtnishaus Fohrenbühl qui vaut déjà le voyage. Le Gedächtnishaus Turm fut  construit en 1923 sur la base de   la vieille Turmhütte du Mooswaldkopf en hommage aux  morts du Schwarzwaldverein du Württemberg („Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein“) (Architecte = Paul Bonatz). En montant la Tour en pierre du Gedächnishaus (par bon temps) on a une vue splendide sur les Vosges, les Alpes et le Jura souabe (Schwäbische Alb). Trônant magnifiquement sur la mer des forêts – le Gedächntnishaus est surtout un lieu calme – les chambres du Gedächntnishaus on été récemment rénovées – pour tout être en quête de solitude et de repos – quelques journées passées au Turm dans la mer des Sapins – peuvent être un véritable délice. La nuit, – il n’y a que les bruit des cimes des sapins remue par les vents qui résonne.

Personnellement, quant je suis en moyenne foret noire pour des raisons professionnelles – je préfère  passer mes nuits au Adler . Il y un point d’accès pour réseaux sans fil au Adler (WLAN), l’en ai  simplement besoin pour travailler – et en plus l’accueil par la famille Moosmann est très chaleureux. Notons, ce qui est certainement important pour le lecteur francophone que Michaela Moosmann et son époux Harti parlent un peu français, de plus si je me souviens bien les  Moosmann proposent même une carte écrite en français.

Je finis ainsi ce billet, – Baiersbronn est certainement le centre gastronomique de l’Allemagne avec ces 7 étoiles et deux bib gourmands – mais cette « pléiade de restaurants étoilés » est aussi le résultat d‘ une forte tradition gastronomique des Landgasthöfe en Forêt Noire – il ne faudrait pas l‘ oublier – car c’est en greffant sur cette souche que les nombreuses maisons étoiléeq de la Forêt Noire, à Baiersbronn, Bad Griesbach-Peterstal, Gernsbach, Saasbachwalden, Durbach etc. ont pu se développer !

Photos :

Paysages du Fohrenbühl Janvier 2009  ; Waldhäuser am Moosenwald, lumières du Fohrenbühl, Gedächtnishaus Fohrenbühl dit Turm (© C.Neff 9.1.2009 Olympus OM 4 Sensia 100), Lebkuchenhaus Gasthof Adler, Fabrication Maison Karl – Josef Moosmann (© C.Neff 13.1.2008 Canon EOS 500 Sensia 100)

Sources :

Krämer, Christine (2006) : Rebsorten in Württemberg. Herkünfte, Einführung, Verbreitung und die Qualität der Weine vom Spätmittelalter bis ins 19. Jahrhundert. Tübingen (Jan Thorbecke Verlag). ISBN 978-3-7995-5507-4

Michelin Editions des Voyages (2009) : Deutschland 2010. 1910-2010 100 Jahre. Karlsruhe. ISBN 978-2-06-714677-8

Christophe Neff, Grünstadt le 7.1.2010

P.S. : Malheureusement les résultats de cette étude géostatistique entre facteurs environnementales, facteurs socio-historiques et répartition géographiques des restaurants étoilés (ou muni d’un Bib Gourmand) en Allemagne n’ont jamais été publiés ! Il faudrait peut- être avec 15 ans de recul, recommencer l’analyse avec un outil géostatistique plus sophistiqué, pour voir quels facteurs pourraient de nos jours expliquer  la répartition géographique des étoiles Michelin en Allemagne.

Les cartes postales du Bäslecarl

Les cartes postales du Bäslecarl me font revenir au billet « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. », – où j’ai eu droit à deux commentaires intéressants sur la mémoire photographique et le stockage des données numériques. Naturellement 2 commentaires ce n’est rien à côté des 205 commentaires sur « Le petit prince à la triste figure » dans la république des livres, ce sont à peine 1%. Indépendamment des commentaires des foristes sur le « Le petit prince à la triste figure » je crois que l‘ avenir du livre sera le beau livre de qualité, édité avec soin, – comme le suggère Pierre Assouline dans ce posting pour le Petit prince (j‘ en parle déjà dans un autre contexte dans « Les premières neiges de l’hiver 2009/10 sont arrivées à Grünstadt » ). Une grande partie du reste de l’édition des livres, deviendra au fur et à mesure  des éditions électronique. Et ses livres électroniques naturellement comme toutes les autres « données numériques » auront le problème du stockage des données numériques, qui jusqu‘ aujourd’hui n’est pas encore bien résolu. Mais soyons clairs, – les livres ont aussi besoin de leur place quelque part et  leur trouver cette place devient pour certains lecteurs un problème insurmontable. Même chose pour les diapositives – les diapositives sont un support idéal pour l’archivage  à longue  durée – à condition de trouver une place bien abritée de trop de lumière et abritée d’un excès de humidité elles ont  donc aussi besoin de leur place bien choisie.  Dans des conditions idéales les diapositives peuvent être un support idéal pour nos mémoires photographiques. Mais tout le monde n’a pas la chance de réunir ces conditions, – et même souvent dans les archives d’état (Staats & Körperschaftsarchive) ces conditions font défaut !

neues-bild-kraz-29.1260903144.JPGDans « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. » je parlais de quelques articles de la nouvelle Kräz. Dans ce numéro on trouve aussi un article intitule « Bäslecarl ein vielseitig begabter Tennenbronner » de Heinz Nienhaus. Le Bäslecarl fut entre autre un des premiers photographes de la Forêt Noire et en 1900 il fonda l’édition « Verlag Carl Hermann Tennenbronn » ,une maison d’édition des cartes postales,  cartes postales dédiées à Tennenbronn et aux paysages de moyenne forêt noire (mittlerer Schwarzwald). Cartes postales et photos du Bläsecarl, qui sont reproduites dans l‘ article de Nienhaus nous font découvrir un paysage de forêt noire, aujourd’hui‘ hui presque disparu et oublié , petits hameaux , grand espaces de prés et de champs ainsi que les forêts sombres des sommets ; aujourd’hui‘ hui la forêt est presque partout :une grande partie des espaces ouverts ont littéralement été  dévorés par la forêt (pour une analyse un peu plus scientifique sur le problème de la fermeture des paysages en Forêt noire voir aussi  Neff et al. 2004 ). Notons aussi que dans le même numéro de la Kräz le même auteur nous présente un article sur Schramberg et la Raumschaft Schramberg comme destination de l’organisation Kraft durch Freude (Nienhaus, H. (2009) : « Kraft durch Freude » (KDF) in Schramberg. Auf den Spuren der Nationalsozialistischen Sonderorganisation der „Deutschen Arbeitsfront” (DAF).). Cet article est aussi très bien illustré et nous présente une image de Schramberg et  de ses environs durant les années 1933 – 39. Donc ici la mémoire des paysages a survécu grâce aux archives photographiques, comme par exemple l‘ Archiv Kasenbacher – et dans le cas des articles de Nienhaus aux archives privées de l’auteur Heinz Nienhaus.

En ce qui concerne la durabilité des photos de paysages, je viens (en utilisant entre autres le Kodachrome C-64) de recevoir un petite lettre (en allemand) de Kodak que je reprends comme scan ici – Kodak me suggère donc d‘ utiliser le Ektachrome 100G pour remplacer le C – 64 – mais auparavant faudrait-il déjà trouver un nouveau reflex (ou faire réparer les anciens). Avec le Ektachrome 100G, qui est présenté par Kodak comme le successeur du C-64, et  un nouveau reflex analogique, en fait il ne reste que la Leica, la photographie du paysage version traditionnelle est hors de prix : à la longue il ne  restera que le reflex numérique.

kodak.1260903539.jpgDonc pour en finir aujourd’hui – la révolution numérique est partout – elle change nos habitudes de regarder, de lire ,de nous souvenir et de nous construire notre mémoire et notre imaginaire. Heureusement il reste encore le livre,  mais comme je l’ai écrit déjà plus haut – je pense qu’au moyen terme une grande partie du livre et du monde de l’édition se trouvera sur support numérique. Mais peut être je me trompe ? Qui sait ?

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Vue d’automne sur la Martinskirche (eglise St. Martin) de Grünstadt dépuis la « Tiefenthaler Hohl » (C. Neff 18.10.2008 Film Kodakchrome C- 64 ; Camera Olympus OM-4 ; Scan Nikon 8800F)

Sources :

NEFF, C.  BASSING, S., SCHEID, A., JENTSCH, C., FRANGER, S. (2004): Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage –  observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire /Allemagne). In:., SCHEID, A., NEFF, C., JENTSCH, C (Eds): Flächenextensivierung im Mittleren Schwarzwald. Ergebnisse und Diskussion der in der Raumschaft Schramberg durchgeführten geographischen und landschafts – feuerökologischen Untersuchungen. Materialien zur Geographie, B. 34, Mannheim, 89 – 107. (ISBN 3-923750-92-7).

Nienhaus, H. (2009) : Bäslecarl – ein vielseitig begabter Tennenbronner. In: D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, 29, 57 – 65.

Nienhaus, H. (2009) : « Kraft durch Freude » (KDF) in Schramberg. Auf den Spuren der Nationalsozialistischen Sonderorganisation der „Deutschen Arbeitsfront“ (DAF). In: D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, 29, 10 – 22.

Christophe Neff, Grünstadt le 15.12.2009

P.S : Et voici un billet très intéressant sur le sujet (commentaire sur l’évolution de la photographie numérique) de Konrad Lischka sur SPON.

Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle.

la vielle om-4 dez. 2009Le reflex, l’Appareil photographique reflex mono-objectif (analogique) est en train de disparaitre, mais cette disparition ne semble pas trop intéresser le grand public. Le vieil Olympus Om-4 que j’avais utilisé pendant les deux dernières années est tombé en panne, auparavant, mon Canon EOS 500, appareil qui m’avait accompagné pendant plus de 15 ans, était déjà tombé en panne, – je me suis mis à la recherche d’un nouveau reflex analogique, un appareil photographique reflex mono-objectif encore en production et en vente. Sauf le haut de gamme (Nikon F- 6) ou le très haut de gamme (Leica R), il n’y plus de nouveau reflex analogique sur le marche. Pour être sûr j’ai même fait un posting sous le titre « Frage zu analogen Spiegelreflexkameras ? » dans le Forum de APHOG, – les « foristes » de ce forum /site de photographie analogique ont confirmé mes observations – le reflex analogique est en train de mourir. Naturellement il y a un marché d’occacasion florissant, où on peut trouver un reflex entre 200- 300 Euro, – mais pour les nouveaux appareils reflex il ne reste que le Nikon F- 6 dont on ne sait pas combien de temps il sera encore produit comme le Leica Série R. La photographie analogique avec Reflex devient donc un domaine pour les ultra-professionnels et un hobby très élitiste, car une Leica R n’est pas à la portée de Monsieur et Madame tout le monde. En écrivant le 24.6.2009 le billet « Un certain regard sur le paysage disparaît : Kodak arrête la production du Kodachrome – Kodak kills kodachrome » je n’imaginais pas que la situation pour la photographie analogique allait se détériorer d’une telle manière. La dominance du tout numérique va complètement bouleverser notre mémoire photographique – car jusqu’à présent le problème de l’archivage long terme des images numériques est loin d’être résolu (voire aussi Après le kangouru de Grünstadt ). La révolution numérique nous a produit un véritable raz de marée d’images, – mais nul ne sait si ces images pourront être encore regardées dans dix ans. Des livres comme par exemple « Hitler dans mon salon. Photos privées d’Allemagne 1933 à 1945 » dont nous parle un billet de la république des livres « Un historien est demandé au salon, Hitler est arrivé » du 6 novembre qui se basent sur nos mémoires photographiques individuelles & collectives (dans ce contexte il me semble aussi important de signaler « Fremde im Visier – Fotoalben aus dem Zweiten Weltkrieg » de Petra Bopp – un livre que nous déchiffre la mémoire photographique des soldats de la Wehrmacht ) ces livres ne pourront peut être plus être écrits car les images numériques auront peut être disparu dans le nomansland numérique. Ou pour citer un autre exemple – l’article de Karin Becker dans la dernière D’Kräz sur les inondations catastrophique de 1959 à Schramberg – article qui se base principalement sur les Archives photographique Kasenbacher (Archiv Kasenbacher) – un tel travail historique deviendra très difficile dans les années qui viennent. Même chose pour l’article de Hans Hekler sur Alicia Nitecki et le camp des déportés qui se trouvaient de 1944 – 45 à Lauterbach en Forêt Noire dans le même numéro de la Kräz.

Ce problème d’archivage de photos numériques ne concerne pas seulement une mémoire photographique collective historique qui ne semble peut être pas concerner de prime abord une grande majorité . Mais c’est faux, – tout cela nous concerne au niveau individuel. Les parents qui voudraient peut être regarder dans une dizaine ou une vingtaine d’années les photos des premières années de leurs enfants auront ,si ils ne se sont pas mis a un vrai travail d’archivage systématique – très bien décrit dans l’article « So archivieren Sie Digitalfotos richtig » du SPON – un vrai problème – les données numériques seront probablement devenues illisibles. La lisibilité à long terme de notre mémoire photographique est certainement un des grands problèmes non résolus de la photographie numérique. Une diapositive Kodachrome peut encore briller dans ses couleurs originales 50 ou 60 ans après le développement. Quid de nos photographies numériques dans 50 ou 60 ans ?

Sources citées :

Becker, Karin (2009) : Unwetterkatastrophe am 21. Mai 1959. In: D’Kräz‘ 29, 71 – 80.

Bopp, Petra (2009): Fremde im Visier – Fotoalben aus dem zweiten Weltkrieg. Kerber Verlag Bielefeld, ISBN 978-3-86678-294-5

Hekler, Hans (2009): Nach über 45 Jahren Lauterbach wieder entdeckt, ungewöhnlicher Blick in eine schwierige Zeit. In: D’Kräz 29, 2-9.

Riss (2009): Hitler dans mon salon. Photos privées d’Allemagne 1933 à 1945. Paris : Les Echappés, ISBN 9782357660144

Photo: © C. Neff 12/2009

Christophe Neff, Grünstadt le 3.12.2009

Neues im Paysages-Blogroll: Aus dem Leben eines Geographen

Ich habe „Aus dem Leben eines Geographen„, – die Webseite bzw. das Blog von Frank Schüssler ins Blogroll aufgenommen. Ich bin auf die Seite gestoßen, als ich aus beruflichen Gründen ein paper über die Potentiale von Solarenergie in Nordafrika suchte.  Hingegegen werde ich wahrscheinlich Hans555 sowie den Aufreger irgendwann aus dem Blogroll nehmen. Beides Blogs aus der erweiterten Raumschaft Schramberg – aber leider gibt es bei beiden recht wenig zu lesen – sprich da tut sich nicht viel. Hans555 ist hingegen als Wikipediaautor sowohl auf der deutschsprachigen,  englischsprachigen Wikipedia, ja selbst der französischsprachigen Wikipedia sehr aktiv. In der französischen Wikipedia hat er beispielswiese einen bemerkenswerten Artikel über die deutsch-französische Dichterin „Emma Guntz“ verfasst. Hans555 hat einige lesenswerte Artikel zu Schramberg und Umgebung in der Wikipedia begründet, verfasst, ergänzt und verbessert und damit auch dazu beigetragen, dass die Artikelqualität bezüglich „Schramberg Artikel“ in der Wikipedia vergleichsweise gut ist, – was bei Wikipedia nicht immer der Fall ist. Der Grünstadtartikel ist beispielsweise im Vergleich zum Schrambergartikel doch sehr bescheiden in der Qualität. Nur tut sich leider nicht viel im Blog von Hans555, da wünschte man sich doch etwas mehr Lesefutter. Ähnliches gilt auch für den Aufreger. Hingegen gibt es bei in der Bücherrepublik – der république des livres – von Pierre Assouline immer was zu lesen.  Allein die Kommentare zu diversen Postings sind „Bücherfüllend„.  Im Posting „Foin de notre devoir de réserve !“ wo es um die  in Berlin lebende Goncourt Preisträgerin Marie NDiaye die durch den UMP Abgeordneten Éric Raoult heftig angegriffen wurde ging, finden sich aktuell 426 Kommentare (16.11.2009 ca. 19:00) – die Diskussion um Marie NDiaye  hat sich übrigens in Frankreich längst zu einer veritablen „Staatsaffäre “ ausgeweitet. Im kleinen Posting „Marchons sur la tête !„, welches auf  die Verdrängung der kleine Buchhändler in Frankreich durch Amazon aufmerksam macht, finden sich auch schon 193 Kommentare (16.11.2009 ca. 19:00). Versehen mit guten Französischkenntnissen, einem ausreichenden Zeitbudget soweit man die Kommentare mitliest, erlauben einem die Postings & Diskussionen in der Bücherrepublik einen tiefen Einblick in die literarischen Landschaften Frankreichs. Verabschieden wir uns von den literarischen Landschaften in der Bücherrepublik, wobei ich mir noch erlaube auf die Besprechung von Jean-Paul Kauffmann „Courlande“ – durch Assouline im Posting „Kauffmann se construit des châteaux en Courlande“ aufmerksam zu machen. Das Kurland, die kurische Nehrung, das kurische Haff –  das waren ja auch mal Landschaften deutscher Literaturen – die dank Günther Grass und Siegfried Lenz nicht ganz vergessen sind, aber deren Geographieen man längst im Unterbewußtsein verloren hat.  Vielleicht sollte man deshalb die „Courlande“ von Kauffmann auch mal zur Hand nehmen. Wer weiß, vielleicht wird das Buch auch mal ins Deutsche übersetzt werden.  Kommen wir von den literarischen Landschaften wieder zu „Aus dem Leben eines Geographen“ zurück – ein wahrlicher Eichendorffscher Titel für einen Geographieblog. Ich weiß zwar nicht inwiefern Joseph von Eichendorff bei der Titelfindung für Frank Schüsslers Blog Pate stand, – aber unabhängig davon ist das Blog lesens & bemerkenswert.  Bemerkenswert auch deshalb weil sich das Blog mit Fragen der „Geographischen Energieforschung“ befasst, die Energieforschung die ich für eine der zentralen  Zukunftsfragen halte.  Die „Energiefrage“ wird nicht nur die Geographie immer mehr beschäftigen, – die Energiediskussion wird m.E. vielleicht mittelfristig zu einer der zentralen  Zukunftsfragen unserer modernen Industriegesellschaft werden.  Ohne die Ressource Energie kann eine moderne Industriegesellschaft überhaupt nicht leben. In diesem Sinn lohnt es sich da bestimmt hin und wieder beim Blog „aus dem Leben eines Geographen “ hineinzuschauen.

Christophe Neff, Grünstadt le 16.11.2009

Hinweis auf drei deutsch-französische Innenansichten zum 9. November

Im Blog „au Jour le Jour„, dem Blog von Evelyne Marie France Neff kann man zwei durchaus bemerkenswerte Texte zum 9. November finden. Es handelt sich sozusagen um deutsch- französische Innenansichten zum Fall der Berliner Mauer am 9.11.1989 und Gedanken & Erinnerungen zur Reichskristallnacht. In Vingt ans, déjà vingt ans… wird der lange Weg zum Fall der Mauer aus einer sehr persönlichen deutsch-französischen Perspektive dargestellt. Im Text „Nuit du 9 au 10 novembre 1938, il y a 71 ans“ werden auch sehr persönliche Reflektionen & Erinnerungen, – diese wiederum im deutsch-französischen Kontext – über die Reichskristallnacht vorgestellt. Diese Erinnerungen sind auch verwoben mit Erinnerungen aus Tübingen und der Raumschaft Schramberg – ville des 5 vallées en Forêt Noire – der Fünftälerstadt im Schwarzwald – eine etwas vergessene Bezeichnung für Schramberg . Die Begegnung mit der Witwe Kurt Gersteins in Tübingen, Begegnung die in“ Nuit du 9 au 10 novembre 1938, il y a 71 ans „ beschrieben wird hat auch bei mir Spuren hinterlassen. Die Erstausgabe der Gerstein Biographie von Saul Friedländer „Kurt Gerstein – ou l’ambiguité du bien“ hatte schon in meinen Schramberger Jugendzeiten den Weg in mein Bücherregal gefunden, das Buch steht nun in meiner Bibliothek in Grünstadt. Der dritte Text auf den ich im Zusammenhang mit dem 9. November hinweisen möchte, ist der Beitrag „Avenue Lénine“ in Berlin en parle dem Blog von Claire-Lise BUIS. Auch dieser Text ist eine persönliche deutsch-französische Innenansicht, – eine kleine Zeitreise von Blanc Mesnil mit einem Umweg über Oranienburg ins freie ungeteilte Berlin. Mein Hinweis auf diese drei Texte erscheint etwas spät, – aber eigentlich sind es „zeitlose Texte“ – die völlig unabhängig von Daten, Datum, Gedenk – und Jahrestagen gelesen werden können. „Vingt ans, déjà vingt ans…,   “ Nuit du 9 au 10 novembre 1938, il y a 71 ans „  sowie „Avenue Lénine„ sind soweit ausreichend Französischkenntnisse vorhanden – eine durchaus lohnende Lektüre zum 9 November, eine Innenansicht deutsch-französischer Geschichte, eine kleine deutsch-französische Zeitreise die von Lothringen, Blanc Mesnil über Tübingen, Schramberg, Oranienburg zu Erinnerungen an den Mauerfall nach Berlin führt.

Christophe Neff, Grünstadt le 10.11.2009