Blognotice 5.5.2012 : – la géographie le grand gagnant du scrutin des présidentielles 2012

Le matin du mercredi deux mai, le jour où la France se préparait au fameux débat présidentiel, le face en face du second tour de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, je préparais un cours sur les changements de paysages et  la géobotanique en Outre-Forêt. Les orages matinaux  se dissipaient, la chaussée encore mouillée, – avant de me mettre au travail je déposai ma procuration de vote pour le deuxième tour des présidentielles à la (nouvelle) gendarmerie de Lauterbourg. En fait, je voulais faire une prospection botanique dans le delta de la Sauer à Munchhausen, – faire une reconnaissance géobotanique & phénologique pour voir quelles plantes était déjà en fleurs,  si les orchidées avaient déjà commencé leur floraison. La route entre Mothern et Munchhausen était coupée, j’ai dû prendre la route de déviation via Neewiller-près-Lauterbourg, Wintzenbach pour accéder à Munchhausen, et c’est ainsi que je découvris une fois de plus la géographie de la France, – cette petite face d’Outre-Forêt que je ne connais guère. La grotte de lourdes, la soi-disant grotte du curé Heitz à Mothern, – un petit restaurant de campagne pittoresque  à Neewiller-près-Lauterbourg, le restaurant de la République, une allée de platane, la D. 468 entre   Neewiller-près-Lauterbourg   et Wintzenbach digne des plus belles allées de platanes dans le midi français, ici et là quelques vestiges du vignoble nord-alsacien, qui autrement a presque disparu du nord de l’Alsace, sauf dans les environs de Cleebourg ou la viticulture subsiste encore (le fameux vignoble de Cleebourg qui s’étend sur les communes de Cleebourg, Rott, Oberhoffen les Wissembourg, Steinseltz et de Riedseltz),  et dans la tranche que la route creuse entre Wintzenbach et Munchhausen à travers les dépôts limoneux et quelques vestiges de lœss les muscaris à toupet en pleine floraison. Arrivé  à  Munchhausen, après avoir traversé le pont de la Sauer à pied, – les Euphorbe des marais en fleurs, le paysage acoustique des chants du Coucou et des Cigognes claquetant.  De loin, parfois le lointain bruit résonnant d’un train sur la ligne Strasbourg-Lauterbourg.  Autrement c’est presque calme, – un paysage acoustique qui a presque disparu en Allemagne. Par vent d’est on peut entendre les vibrations de moteurs diesel des chalands du Rhin. Je fais quelques photos,  en fait j’ai déjà une vraie petite collection  de photos des paysages de Munchhausen, à travers les diverses saisons. Retravesant le pont de la Sauer, le clocher de Munchhausen en face de moi, je constate qu’on a beaucoup parlé de géographie durant cette campagne présidentielle – de paysages, des ruraux, de désindustrialisation – toute cette campagne elle etait pleine de géographie – un vrai tableau géographique de la France 2012.

Décidemment la « géographie » semble être le grand gagnant de cette élection présidentielle, et ceci grâce au petit livre gris du géographe Christophe Guilluy « fractures françaises » – livre qui a été écrit en 2010 et qui essaye de nous expliquer la perception de la mondialisation par les couches populaires françaises. Le livre a remis la géographie à la une des journaux (p.Ex « Intellectuels et politiques, une planète en recomposition dans le Monde.fr, ou «Au fond, la gauche pense que les électeurs du FN sont stupides» sur slate.fr ), et l’auteur Christophe Guilluy a eu droit à quelques interviews dans la presse nationale, dernièrement dans le Nouvel Observateur sous le titre « Le FN à une sociologie de gauche ». Le livre nous propose une lecture intéressante de la « géographie sociale actuelle de la France » et il a certainement le mérite de parler des milieux populaire dans l’espace rural français. Parfois je me demande, si les journalistes qui aiment tant citer le livre de Christophe Guilluy ont vraiment lu ce petit livre gris. La vote FN, en fait n’est ni une fatalité, ni un phénomène nouveau, – je renvoie  à l’élection présidentielles en 1995 et le score exceptionnel du FN en Alsace.

Les saisons d’Alsace avait consacré un fort intéressant numéro « Réinventer l’Alsace – face aux dérives extrémistes et au repli identitaire » – livre qui mériterait certainement la relecture   et la comparaison avec l’ouvrage de Christophe Guilluy. La France périphérique dont nous parle le livre de Guilluy, c’est cette France rurale & périphérique dans laquelle je travaille depuis vingt ans, – embroussaillement, fermeture du paysage, risque croissant des incendies de forêt, mais aussi « californisation » des paysages ruraux – engrenage de l’habitat avec la forêt croissante   – c’est l’autre image de ces ruraux périphériques. Et cette image ne se limite pas à la France, en fait elle se rencontre aussi bien dans l’Alentejo au Portugal, qu’en Forêt Noire en Allemagne. Le désert médical est une autre facette de cet abandon des ruraux européens, – le petit pays où j’ai grandi en Forêt-Noire en Allemagne, la Raumschaft Schramberg,  qui depuis quelque mois ne dispose plus d’hôpital ! Si j’ai une remarque critique envers le livre « fractures françaises » c’est  qu’il ne nous présente pas la dimension européenne du problème, car si nous voulons trouver des solutions durables  pour les multiples problèmes que subissent les ruraux périphériques européens face aux conséquences d’une « mondialisation dérapant » il  faut les trouver au niveau européen. Repliés  sur eux-mêmes, ni la France, ni l’Allemagne ne pourront pas y faire face. Néanmoins je trouve que le livre de Christophe Guilluy nous propose une lecture intéressante de la géographie de la France, – même si je n’adhère pas aux « interprétations marxistes » ou « néo-marxistes » de l’auteur. Mais le livre de Guilluy a déjà le mérite d’exister et de rappeler que la géographie a aussi son mot à dire. En Allemagne, la géographie, comme science universitaire et comme science applique se rétrécit de plus en plus.

Finissons avec une autre image d’outre-foret: en traversant la voie ferrée qui relie la gare Sncf de Lauterbourg au port rhénan de Lauterbourg  et en voyant le début d’une reprise végétale sur la voie ferrée, suggérant qu’il n’y a plus beaucoup de trains qui circulent entre le port rhénan de Lauterbourg et la gare Sncf, si il y en circule encore de trains et l’observation  qu’ il y a quelques années sur les faisceaux de voies sur la gare de Lauterbourg étaient encore garés des longs trains de marchandises – aujourd’hui ce faisceaux de voies la plus part du temps il est vide; l’abandon des ruraux français par la Sncf est une très bonne image de la désindustrialisation de tout un pays. Le fait que la voie ferrée reliant le port de Lauterbourg au réseau Sncf est de plus en plus recouverte  par l’herbe –ce n’ est certainement pas un drame – mais de voir comment la ligne des Causses et la ligne des Cévennes sont de plus vouées à un lent abandon – on pourrait se demander  si dans cinq ans le massif central  sera aussi un désert ferroviaire. Fermeture des paysages par la reprise végétale massive, (et dans le midi cette fermeture du paysages est toujours équivalente de  l’augmentation des risques d’incendies des forêts), désindustrialisation, abandon du service publique (fermeture d’hôpitaux, de ligne de chemins de fer, de classes d’écoles) sont souvent les conséquences de ce que j’appelle les « changements globaux » dans mes cours – et dans beaucoup de paysages ruraux – la population qui subit ces conséquences  se sent trop souvent à l’abandon. Ce sentiment d’abandon il se manifestera surement dans les résultats des prochaines législatives de juin 2012. Le livre de Christophe Guilluy nous propose une intéressante lecture de cette France que se sent à l’abandon – et il nous donne  des explications pour pouvoir comprendre  le vote FN.

Pourquoi avoir combiné les impressions d’une reconnaissance de terrain pour un cours de géographie dans un terroir français, un pays français qui se nomme Outre-Forêt avec l’analyse d’un livre de géographie sur dynamique de la géographie humaine française et les conséquences territoriales des effets de la mondialisation? Comme géographe, j’observe les changements des paysages, je les analyse et je les interprète;  je suis pour ainsi dire à l’écoute des paysages et  surtout à l’écoute de la dynamique du manteau végétal, de géographe agraire, de la géographie des paysages. C’est mon métier!

Les élus devraient aussi investir plus de temps pour être à l’écoute des ruraux français et de chercher des solutions pour l’attente des habitants de « ruraux français ». Naturellement des solutions miracles, comme le précise Christophe Guilluy dans son livre n’existent  pas – mais le fameux « alternativlos » – le soi-disant « sans-alternative » – qu’on entend si facilement sortir de bouches de hommes & femmes politiques, que ce soit en France ou en Allemagne, – cette politique peut entraîner une (grande)  partie de l’électorat rural dans les bras des parties extrémistes ! Etre à l’écoute permanente de ses électeurs –pas seulement avant une échéance électorale, trouver des solutions, même si cela n’est pas toujours facile, – c’est aussi le métier d’un élu!

Photos: toutes © C. Neff  1.) Vue sur Munchhausen (2.5.2012), 2.) le restaurant de la République à Neewiller-près-Lauterbourg (2.5.2012), 3.) Fleur de Muscari comosum bordant la D. 80 entre Munchhausen & Wintzenbach (2.5.2012).

Livres et articles citées :

Guilluy, Christophe (2010) : Fractures françaises. Paris, ( François Bourin Editeur), ISBN 978-2-84941-201-5

Le Nouvel Observateur (2012) : Le FN a une sociologie de gauche. Une interview  de Christophe Guilluy. Propos recueillis par Herve Algalarrondo. Le Nouvel Observateur, 3 mai 2012, p.44, n. 2478

Reumaux, Bernard (Éd.)(1995) : Réinventer l’Alsace. Face aux dérives extrémistes et au repli identitaire. Les Saisons d’Alsace, Automne 1995, n. 129.

Christophe Neff, le 5.5.2012

Blognotice 28.4.2012

la mer, le cap – vue sur la mer depuis le Cap Leucate, © C. Neff 16.6.2011

En complément de ma dernière blognotice voici les résultats du premier tour des élections présidentielles à Leucate (voire Tab. 1). D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi les services du monde (ou les modérateurs WordPress) avaient fermé les commentaires de cette petite blognotice électorale. A Leucate Nicolas Sarkozy dépasse largement sa moyenne nationale, – mais en comparant aux résultats de 2007 il perd presque 6 %.  Néanmoins Leucate est certainement un des fiefs de l’UMP dans L’Aude. Leucate c’est surtout le fief du président départemental de l’UMP Michel Py.  Michel PY est le maire UMP de Leucate et il est candidat à la députation sur la 2e circonscription de l’Aude (Narbonne-Sigean) aux prochaines élections législatives. François Hollande obtient à peu près le même nombre de voix que Ségolène Royal en 2007. Marine Le Pen gagne à peu près 10,5% de voix de plus que son père en 2007, -et c’est elle en en fait la grande gagnante du premier tour des élections présidentielles à Leucate.

TAB. 1 résultats des élections présidentielles du 22.4.2012 à Leucate

 %Voix
Nicolas Sarkozy  (UMP)29,67987
François Hollande (PS)24,23806
Marine Le Pen (FN)23,90795
Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)10,24341
François Bayrou (MOUVEMENT DÉMOCRATE)6,76225
Eva Joly (EUROPE ECOLOGIE LES VERTS)2,40 80
Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)1,2642
Philippe Poutou  (NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE)0,9030
Nathalie Arthaud (LUTTE OUVRIÈRE)0,3913
Jacques Cheminade (SOLIDARITÉ ET PROGRÈS)0,248

INSCRITS  4 106, ABSTENTIONS 725 (17,66%), VOTANTS  3381 (82,34%), BLANCS ET NULS 54 (1,32%), EXPRIMÉS 3327 (81,03%) Source : Services le Monde Elections présidentielles 2012 23.4.2012 (http://www.lemonde.fr/resultats-election-presidentielle/leucate,11370/)

Concernant le score du Front national aussi bien au niveau local qu’au niveau national, ce n’était pas une grande surprise. Le matin du dimanche 22.4.2012 j’ai téléphoné avec une ancienne dirigeante de la social-démocratie franco- allemande en lui annonçant en très fort score pour le FN – bien au-dessus des estimations des « sondeurs » – oui que je craignais même « And who knows – perhaps today we will have a « Wiedersehen » avec le 21.4.2002”. Que les sondeurs aient systématiquement sous-estimé le vote du Front national est une chose. Mais qu’une grande partie de la classe politique ait été tellement surprise par les résultats de Marine le Pen, cela montre à quel point une grande partie des élus se sont éloignés des soucis quotidiens des français. De mes voyages, – de mes observations des paysages français – de mes lectures – j’ai l’impression d’être le témoin d’un important changement de la « géographie de la France » (voir aussi le billet  « La vie à la « campagne-galère », une lecture géographique du vote Le Pen » du Blog Sucy – en – Brie Terminus Pavillion), mais ce changement profond de la géographie français, les élites politiques françaises ont apparemment encore du mal à le percevoir  .  A propos lectures  un ouvrage  qui aide à déchiffrer cette nouvelle géographe française, à comprendre le vote du 22.4.2012 est le livre du géographe Christophe Guilluy « Fractures françaises ». Et pour finir, cet instructif chapitre « cultiver son jardin » sur les changements profonds qu’ont subi les paysages agricoles français depuis les années 1960 dans le nouveau livre de Eric Fottorino « Mon tour du Monde » (les pages 92-106).

Ouvrages cités :

Fottorino, Éric (2012) : Mon Tour du « Monde » – récit. Paris, (Gallimard), ISBN 978-2-07-013419-9

Guilluy, Christophe (2010) : Fractures françaises. Paris, ( François Bourin Editeur), ISBN 978-2-84941-201-5

Christophe Neff, le 28.4.2012

Commentaire sur le «Guide des plantes invasives» de Guillaume Fried (20.4.2012)

couverture guide plantes invasives fried

Le «Guide des plantes invasives» de Guillaume Fried est certainement une première pour la France métropolitaine. A ma connaissance même pour le reste de l’Europe un tel guide n’existe pas. Pour l’Allemagne j’en suis sûr, – actuellement il n’existe pas d’ouvrage sur les « plantes invasives » en Allemagne – la « Feldflora  zu den invasiven Pflanzenarten Mitteleuropas » attend encore sa naissance. Le livre de Guillaume Fried, – préfacée par Jacques Maillet nous présente sur 272 pages cent seize espèces invasives ou potentiellement invasives en France (France métropolitaine + Corse) et pays limitrophes. Le guide s’adresse au grand public. Après une petite introduction – les 116 espèces reconnues comme invasives ou potentiellement invasives sont décrites  dans des fiches de deux pages avec photos d’indentification. La fiche des plantes comprend 5 sections : impact, origine, répartition, habitat & risque de confusion.  Ces fiches sont relativement détaillées. Ils comprennent tous les informations nécessaires pour identifier ces « plantes exotiques » sur le terrain. L’introduction d’une dizaine de pages est une sorte de « review article » pour le grand public – où l’auteur nous rassemble les connaissances  actuelles de la recherche internationale sur les plantes invasives – et surtout les transpose aux réalités géographiques & environnementales de France métropolitaine et des pays limitrophes. Ainsi l’auteur nous présente une définition très utiles et applicables pour l’écologiste de terrain pour un premier « diagnostique de terrain » des « plantés invasives ». Je cite : « Une part plus restreinte des plantes introduites parvient à se reproduire de façon autonome et à persister sans intervention humaine. Après vingt-cinq ans de présence, elles sont considère par les botanistes comme naturalisées. Les plantes invasives sont un sous-ensemble de ces plantes naturalisées qui sont capables d’étendre rapidement leur aire de distribution ou elles sont introduites. Cette extension ce manifeste souvent par des populations de taille importante, qui s’accompagnent parfois d’impacts environnementaux ou économiques (Fried, 2012, 9). L’introduction finit par un remarquable chapitre final dénommé « Faut–il lutter contre les plantes invasives ? ».  Ce chapitre est un résumée sur notre responsabilité envers les écosystèmes – et il n’a rien à voir avec la « hystérie » de certain mouvement écologiste envers les  « néophytes invasives/invasive Néophyten » en Allemagne durant la décennie entre 1990 et 2000 – cette hystérie « anti néophytes » qui fut remarquablement bien analysé par Ute Eser dans son livre « Der Naturschutz und das Fremde » – bien au contraire. Je cite « En réalité, tout le monde s’accorde pour reconnaître que la grande majorité des introductions ont été bénéfiques. Il suffit de penser aux nombreuses plantes alimentaires tellement présentées dans notre quotidien que l’on oublie parfois qu’elles ont un jour été introduites (Tomates, Pomme de terre, Noyer etc.). Inversement, on peut noter qu’il existe aussi des plans de lutte contre des espèces indigènes comme la Fougère-aigle ou le Prunellier, qui peuvent envahir les milieux ouverts suite à l’abandon d’activités pastorales (la nécessité de lutter contre la fermeture naturelle des milieux est un autre débat … ). Cela montre bien que le critère déclenchant une intervention n’est pas le caractère étranger de la plante, mais bien son impact (mesurable) sur les milieux (Fried, 2012, 28).

Au niveau de plantes traitées, je crois que l’auteur a vraiment le mérite de décrire presque toutes les plantes invasives ou potentiellement invasives de France métropolitaine et des pays limitrophes. Je pense qu’en considérant que le guide s’adresse en partie aussi au pays francophones européens – (partie francophones de la Belgique, Luxembourg, Suisse romande, Val d’Aoste en Italie) – ou aux pays où le français est encore pratiqué par une partie considérable de la population – je pense au Tessin (suisse italienne) – il manque au moins le palmier de Chine (ou palmier à chanvre) (Trachycarpus fortunei). D’ailleurs dans le langage courant le palmier de Chine est aussi dénommée Palmier du Tessin. Concernant mes propres recherches dans le midi méditerranéen français je pense qu’il faudrait rajouter aux espèces traitées par Guillaume Fried – Phormium tenax, Saccharum spontaneum, Nicotiana glauca (Neff 2003), Aptenia cordifolia et Caesalpinia gilliesii (Neff & Scheid 2005). Ces espèces pourraient certainement être introduites dans une deuxième édition révisée et augmentée de l’ouvrage de Fried, édition qui serait certainement « une bienvenue ».

Critiques – en fait je ne trouve pas beaucoup de point de critique. On aurait pu ci et là – nommer les synonymes de certains noms scientifique – car si le livre est destiné au grand public il faudrait peut-être aussi faire apparaitre les synonymes scientifiques sous lesquelles les espèces sont peut être connues d’un plus grand public. Je pense par exemple au « Cyano »  Acacia cyanophylla Lindley – qui nous e présente sous « Acacia saligna (Labill.) H.L. Wendl.  Ce qui est certainement correct d’après la nomenclature botanique actuelle en service – mais le grand public – est-il vraiment au courant de cette nomenclature botanique? Et ne parlons pas – du nom vernaculaire utilisé pour Acacia saligna, – le Mimosa bleuâtre –  mais peut-être j’ai simplement trop longtemps travaillé en Afrique du Nord – ou disons-le – l’espèce c’est tout le simplement « le Cyano ». Mais tout ça, ce sont, comme par exemple le fait de traiter les cinq espèces de PhyllostachysPhyllostachys aurea, Phyllostachys viridiglaucens, Phyllostachys nigra, Phyllostachys pubescens et Phyllostachys bambusoides dans un seul fichier ne tache guerre l’impression très positives de l’ouvrage. Concernant Phyllostachys – je crois les diffèrent espèces de bambous  (Phyllostachys spec.) – très difficile à déterminer pour les non spécialistes sont peut-être les espèces avec un « potentiel invasive » sous- estimé. C’est mon impression que je rapporte aussi bien du Tessin, du pays de Gex, de l’Alsace (Neff 2007) et du Pays de Bade. Autre petit b-Moll que je rajouterai, – c’est la petite Bibliographie d’une page que je considère comme largement insuffisante. Un ouvrage grand public devrait aussi donner une orientation bibliographique plus large. Le nouveau Kowarik (2010)  « Biologische Invasionen – Neophyten und Neozoen in Mitteleuropa »  la soi-disant bible pour les espèces invasive en Moyenne Europe (Mitteleuropa) – devrait y être mentionnée – c’est une référence qui avec une bibliographie d’une cinquantaine de pages est une véritable mine d’or pour l’analyse des espèces invasives en Europe Centrale. Même si le livre est écrit en allemand – et les connaissances d’allemand se rétrécissent de plus en plus en France – je crois que l’ait encore assez de « botanistes de terrain » avec de solides connaissances d’allemand. Même chose pour le nouvel ouvrage de Rotherham & Lambert (2011) sur la perception des espèces invasives par l’homme. Je pense aussi que l’un ou l’autre article scientifique aurait certainement enrichit la bibliographie du livre. Vue de la médiatisation de L’ Ambrosie (Ambrosia artimisiifolia) en France (et en Suisse romande) – on aurait certainement y inclure l’article de Bruno Chauvel & Émilie Cadet « Introduction et dispersion d’une espèce envahissante : le cas de l’ambroisie  à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) en France » paru dans Acta botanica gallica. Mais ces petit b-Moll ne tache guerre l’impression positive du guide des espèces invasives écrit par Guillaume Fried.

Ce petit livre, – qui a aussi le mérite d’être « léger » et de trouver de la place dans un équipement de travail de terrain – est une prestigieuse aide pour le « géographe, botaniste, écologue  » professionnels travaillant (encore sur le terrain)  – ou tout simplement un bon guide de terrain pour toute amateur de la nature désirant savoir un peu plus sur les milieux qu’il fréquent.

Le guide s’adresse au grand publique de la France métropolitaine et des pays limitrophes – (partie francophones de la Belgique, Luxembourg, Suisse romande, Val d’Aoste) – ou au pays où le français est encore pratiqué par une partie considérable de la population – mais je pense que ce « guide & livre » peut très bien être utilisé en Espagne et au Portugal et même en Italie. Même chose pour le Maghreb. Connaissant assez bien la Tunisie, – je pense que c’est un guide idéal pour travailler sur l’impact des plantes invasives sur les écosystèmes tunisiens. Concernant la Suisse alémanique, – et considérant qu’en Suisse alémanique – les connaissances de français sont encore assez bonne – ce guide peut être une bonne aide de terrain pour des prospections de terrain sur les espèces invasives. Le guide de Guillaume Fried, peut aussi servir dans la partie Sud de l’Allemagne – (Baden-Würrtemberg, Rheinland –Pfalz, Hessen, Bayern) – peut-être même dans la partie septentrionale de Nordrhein Westfalen. Sachant bien que la connaissance du français en Allemagne sont en pleine dégringolade – je considère néanmoins – que le guide avec « ausreichenden Schulfranzösischkenntnissen » – faute d’une « Feldflora  zu den invasiven Pflanzenarten Mitteleuropas » actuellement disponible – peut être un aide précieuse pour la « Feldarbeit » – le travail de terrain.

Je résumé- le „Guide des plantes invasives „ de Guillaume Fried est une première pour la France métropolitaine (et peut-être pour une grand partie du reste de l’Europe). Je pense que ce petit livre est une vraie réussite, et qu’il vaut largement le prix de 18,90 Euro.

 

Fried, Guillaume (2012): Guide des plantes invasives.

Paris.  (Éditions Belin), 272 pages.  ISBN 978-2-7011-5793-1

Prix : 18,90 Euro

 

Literature et ouvrages citées :

Chauvel, Bruno; Cadet, Émilie (2011) : Introduction et dispersion d’une espèce envahissante : le cas de l’ambroisie  à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) en France. In : Acta Botanica Gallica, 158 (3), 309-327, 2011.

Eser, Ute (1999): Der Naturschutz und das Fremde. Ökologische und normative Grundlagen der Umweltethik. Frankfurt/New York (Campus Verlag). ISBN 3-593-36250-3.

Fried, Guillaume (2012): Guide des plantes invasives. Paris (Éditions Belin), 272 pages.  ISBN 978-2-7011-5793-1

Kowarik, Ingo (2010): Biologische Invasionen. Neophyten und Neozoen in Mitteleuropa. Mit Beiträgen von Wolfgang Rabitsch. 2. Wesentlich erweiterte Auflage. Stuttgart, (Eugen Ulmer), ISBN 978-3-8001-5889-8

Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3).

Neff, C. (2007) : Naturkundliche Beobachtungen in Munchhausen (Frankreich) Sauerdelta und Laurophyllisation in Munchhausen.. In: VOGT, J., D. BURGER, T.K. BUTTSCHARDT, A. MEGERLE (Eds): Karlsruhe, Stadt und Region. Ein Landeskundlicher Führer zu bekannten und unbekannten Exkursionszielen. Karlsruhe, Regionalwissenschaftlicher Fachverlag, p. 201 – 215, ISBN 978-3-9811189-2-6

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Rotherham, I.D., Lambert, R.A. (Eds) (2011): Invasive & Introduced Plants & Animals. Human Perceptions, Attitudes and Approaches to Management. London, (Earthscan), ISBN 978-1-84971-071-8

Christophe Neff, le 20.4.2012

7 Apr 2011 to 7 Apr 2012: – one year of Clustrmaps in paysages. (16.4.2012)

ClustrMaps  is a hit counter map widget which allows showing the locations of the visitors of one specific site in a map. Geographer by education, I was interested to know, where the visitors of “Paysages” come from, so I installed the widget on 7 of April 2011. And since this date its running, providing me and the visitors of paysages nice maps with yellow and red dots. In one year Clustrmaps counted about 13877 readers visiting paysages. Most of the visitors of paysages come from France, followed by visitors from Germany and Tunisia. About more than 80 % of the visitors come from France, Germany, Tunisia, USA & Switzerland (Details see Tab 1.). The fact that a large part of the visitors came from France is not surprising, paysages is a francophone Blog, mainly written in French,  a blog written mostly for readers in the “francophone world”. Some articles are written in German, and very rarely paysages provides “posts” in English, – in fact this article is the tenth post written in English. To finish this blogostatistique – the mostly visited article – (as told by the wordpress – Le Monde dashboard) is – 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes. I have also written an English version of this post called “The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)” but this article has not got the audience of the “incendie meurtrier”, this perhaps due to the fact that the “drama of the 19 août 1949” is still present in the collective memory of France, – mainly in South West France. Concerning posts written in German, it seems that “Sturm Xynthia : Blick von der Unterhaardt auf La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon und Port Leucate” and “Das Biafrakind” have got a broader audience.  Currently since the beginning of paysages – in May 2009 (first English article published on 29 of May 2009) – paysages received 76,477 visitors.

Tab. 1:  The geographical provenance of visitors of paysages from 7.4.2011 – 7.4.2012 (source Clustrmaps 7.4.2012)

Country Visitors absolute Visitors %
France

6450

46,47%

Germany

3003

21,64%

Tunisia

765

5,51%

USA

644

4,64%

Switzerland

504

3,63%

Belgium

477

3,43%

Canada

338

2,79%

Austria

160

1,15%

Algeria

142

1,02%

Netherlands

110

0,79%

total

91,07%

 

Pictures = screenshots from paysages-clustrmaps 7.4.2012

Christophe Neff,  16.4.2012

Adieu – grand bouleau (7.4.2012)

Vue sur le grand bouleau, © C. Neff 25.9.2011

Nous avons été  obligés d’abattre le grand bouleau de notre jardin. C’est en face de cet arbre que j’avais commencé à écrire les premiers billets de paysages. Les suites d’un grave accident m’avaient collé pendant des semaines, des mois au lit  et mon angle de vision c’étaient les livres que je lisais, la république des livres, la radio et le manteau vert clair du grand bouleau. Même si on aime les arbres, on est parfois obligé d’en abattre un.  Je cite une phrase du petit livre que Francis Hallée a consacré aux Arbres « Je tiens à être très clair : malgré toute la sympathie que m’inspirent les arbres, malgré toute l’admiration que j’éprouve à leur égard, je serai toujours pleinement d’accord avec l’abattage d’un arbre devenu dangereux ; respecter l’arbre en Ville, ce peut être de l’abattre au bon moment, puisqu’il est là pour améliorer notre existence, pas pour nous tuer. (Hallée, F. 2011, 45)»

Notre bouleau, qui en partie dépérissait  déjà « côté sud » risquait par jour d’orage ou de tempête de  s’écraser sur un terrain de jeux d’enfants avoisinant. Une voisine avait déjà fait la remarque que le bouleau par temps de tempête avait tendance à se pencher dangereusement, à perdre de branches mortes.  Nous avons eu pendant quelques années un couple de Faucons crécerelle (Falco tinnunculus) qui nichait dans un ancien nid de pie dans la cime du « grand bouleau ». Le couple de Faucon a délaissé le nid l’été dernier,  et comme nous craignons la saison de orages  qui va bientôt débuter dans le « Oberrheingraben », – nous nous sommes résigné à abattre le grand bouleau avant qu’il ne s’écrase par jour de tempête sur l’espace jeux – ou tout simplement sur une partie de notre maison.

Mais en fin de compte c’est toujours triste de devoir abattre un arbre. Reste le souvenir d’un temps, -où j’étais collé au lit et à mes livres , ne sachant pas au moins pendant les premiers semaines – si je me remettrais véritablement  des suites de l’accident – une fracture de colonne vertébrale. L’accident se produisit le 2. Mai 2009, – cela m’avait procuré un voyage en hélicoptère à la clinique à Ludwigshafen (BG-Unfallklinik Ludwigshafen), – et le 24. Mai j’écrivais mon premier billet de paysages.

Vue automnale sur le grand bouleau, © C. Neff 3.10.2011

Le grand bouleau, disons la vue que j’avais depuis ma chambre de malade, – j’en parlais dans un billet datant du premier juin 2009. Depuis presque 3 ans ont passé, – je me suis remis de l’accident ;à cette époque,pendant mes lectures , je faisais parfois des photos dont quelques unes furent même publiées ici dans paysages. Maintenant le grand bouleau a disparu, laissant un grand vide dans le jardin , une véritable « trouée ». Je ne sais pas pourquoi ce bouleau, les bouleaux en général me rappellent les paysages de Tolstoï et de Pasternak, me font parfois aussi penser  à Selma Lagerlöf.

Sources :

Halle, Francis (2011) : Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques. Arles (Actes Sud), ISBN 978—2-330-00005-9.

Photos: toutes © C. Neff

1.) Vue sur le „grand bouleau“ 25.9.2011

2.) Vue automnale sur le „grand bouleau“  3.10.2011

Christophe Neff, le 7.4.2012

P.S : Une très belle chanson de Felix Léclerc « Notre sentier près du ruisseau » nous parle aussi d’un vieux bouleau!

Blognotice 4.4.2012

Les incendies d‘hêtraie-chênaie- pinède sont assez rare, – à ma connaissance on ne trouve quasiment pas de travaux scientifiques sur les conséquences écologiques  des feux de forêts dans les hêtraies-chênaies acidophiles. Pour de raisons professionnels j’ai donc prospecté avec le Garde Forestier Monsieur Grill (Revierförster Jägerthal/Revier Jägerthal) le site de l’incendie de forêt du 25.3.2012 (Jagdstein  Limburg- Dürkheimer Wald) d’ont je parlais hier.  J’étais assez étonné de constater, que la reprise végétale avait déjà débuté sur la surface incendie, – les plantules d’hêtres sortent de la terre incendie – et ceci à peine plus d’une semaine après le passage du feu. Sur les surfaces non brulées presque pas de plantules d’hêtres, – l’épaisse couverture du sol par les myrtilles et les feuilles d’hêtres semble freiner le développement des plantules d’hêtres. C’est peut être dû au simple hasard, mais l’observation me semble quand même intéressant. Notons aussi, que la pluie intense de la dernière nuit (3/4.4.2012) fût la première pluie depuis six semaines dans cet endroit, car les dernières semaines ici le temps fût sec et froid.

Photos: toutes © C. Neff

1.) Waldbrandfläche/Site de l’incendie de forêt Jagdstein 4.4.2012

2.) Plantules de Hêtre sur brûlis du site de l’incendie de forêt Jagdstein 4.4.2012

P.S. 5.4.2012 (10:15): Décidément en Allemagne la saison des feux de forêts a bien démarrée, – près d’Amorbach en Franconie un incendie de 24 ha a eu lieu les premiers jours d’avril, – un ami m’a fait parvenir ce lien.

Blognotice 17.3.2012

Mandelblüten/Fleurs d'amandier 15.3.2012 Kallstadt/Weinstraße © C. Neff

Après un long hiver froid et rigoureux, – et concernant le Palatinat presque sans neige (à Grünstadt on a eu droit à quelques flocons de neige le 18.12.2012) – le printemps arrive. Les premiers amandiers ici et là commencent à fleurir.  Deux, trois spécimens sur la Weinstraße entre Herxheim am Berg et Kallstadt ont commencé leurs floraisons, – un amandier à Grünstadt en fleure – le printemps vient enfin de commencer. Notons qu’en même temps le printemps littéraire en Allemagne vient aussi débuter avec la Leipziger Buchmesse, – Wolfgang Herrndorf c’est vu décerner  le « Preis der Leipziger Buchmesse 2012 » pour son roman « Sand » dans la catégorie Belletristik.  L’œuvre littéraire de Herrndorf reste encore à découvrir en France, – je pense a « Tschick » véritable « road movie litteraire » qui mériterait surement une traduction française – et naturellement au blog de Wolfgang Herrndorf – Arbeit und Struktur.  Arbeit und Struktur est un blog littéraire où Wolfgang Herrndorf nous raconte sa vie, ses paysages,  ses souvenirs. C’est  que la maladie lui laisse comme reste de vie. Wolfgang Herrndorf est atteint d’un  Glioblastome multiforme. Il  n’a pas pu participer à la remise du prix  « Preis der Leipziger Buchmesse  2012». Dans son dernier billet de « Arbeit und Struktur » Wolfgang Herrndorf se souvient de son chemin d’écolier.

Les autres lauréats 2012 du Preis der Leipziger Buchmesse sont ;  – Jörg Baberowski  « Verbrannte Erde. Stalins Herrschaft der Gewalt » dans la catégorie essai et dans la catégorie traduction – Christina Viragh pour la traduction allemande de Parallelgeschichten (Histoires parallèles (Párhuzamos történetek)) de Péter Nádas.

Christophe Neff, 17.3.2012

Blognotice 22.2.2012

Le modèle allemand est en vogue en ce moment en France, ce fameux modèle allemand est même entré en grande pompe dans les discussions des élections présidentielles! Et naturellement les medias français en parlent, dernièrement Agnès Verdier-Molinié nous vantait le modèle allemand dans le Monde.  Même si les chiffres publiés par Madame Verdier sont corrects – je trouve l’analyse publiée par Michaël Foessel beaucoup plus proche de la réalité allemande, politiquement beaucoup plus pertinente.  Personnellement, j’ai l’impression que depuis le début du quinquennat du Président Sarkozy,  la fosse « socio-économique » qui sépare la France et l’Allemagne s’est élargie sensiblement, – oui, s’élargit de plus en plus au détriment de la France.  Si les diverses équipes gouvernementales de Monsieur Sarkozy ont vraiment essayé de réduire l’écart socio-économiques entre les deux pays, ils étaient fort « malchanceux » – ou peut être n’ont-ils jamais vraiment tenté l’effort de réduire cet écart. Mais parfois les réalités sont beaucoup plus complexes –  et c’est qu’en France on connait  le« Wissenschaftsprekariat »  allemand? Cette réalité allemande est très bien décrite dans l‘ Analyse « Enorm leidensfähig – Arbeitsbedingungen an Unis » dans la Zeit du 8.12.2011.  Mais j’aimerais faire découvrir une autre réalité aux lecteurs de paysages. Il y a en France encore des domaines – où la France – en dehors de toute querelle politicienne – peut encore servir de modèle: par exemple la politique de la Défense de la Forêt contre les Incendies – la DFCI. C’est ainsi que depuis des années je propose un cours universitaire sur la DFCI où nous descendons avec une quinzaine d’étudiants allemands dans le Sud de la France pour nous informer sur cette Défense de la Forêt contre les incendies,  pour participer à des chantiers de brûlage dirigé.  Ce cours est monté grâce à l’aide d’Eric Rigolot de l’INRA Avignon et de Jean-Paul Baylac de la cellule feu de forêt de l’ONF 11. Ce cours, ou disons la politique de la DFCI française a une telle renommée un Allemagne,  que le cours a déjà été couvert par une émission de radio (Deutschlandfunk – Feuerschutz mit Flammen en février 2006) et en 2011 nous avons été accompagnés par la commandante des pompiers de Schramberg Annette Melvin, qui craint les risques de feux de forets pour Schramberg et la Moyenne Forêt Noire. Donc dans le domaine de la défense de la Forêt contre l’incendie la France est un modèle incontestable.  L’Allemagne par contre, a oublié son histoire de feux de forêts, – l’incendie meurtrier de la Lüneburger Heide est tous simplement tombé à l’oubli –  a disparu de la mémoire collective.  Concernant le cours 2012 « brulage dirigé » nous fûmes un peu victimes des aléatoires météorologiques : le grand froid qui régnait sur le Midi méditerranéen – froid exceptionnel qui provoqua le blocage du Port de Leucate par la glace, donc  malheureusement nous n’ avons pas eu la chance de pouvoir participer à un chantier de brûlage dirigé. Mais nous avons quant même eu la chance de pouvoir visiter le centre de secours de Lézignan et le centre de secours de Leucate.  Les étudiants étaient impressionnés par les moyens et le matériel mis à disposition de la DFCI. La plupart d’eux n’avaient jamais vu un CCF (Camion citerne feux de forêts) car une grande partie des unités de pompiers allemand ne dispose pas d’un tel matériel.

Je finis donc  avec ce constat – à force de s’obstiner sur le fameux modèle allemand – on oublie parfois les réalités réelles qui se cachent derrière ces images  et phantasmes de l’autre. En Allemagne il n’existe pas de DFCI digne de ce nom, et en France heureusement il n’y a pas de Wissenschaftsprekariat, – le fameux Dr. Hartz IV – ou Privatdozent Dr. Hartz IV est encore un illustre inconnu en France.

Photos :

1.) © C. Neff:  CCF 6 Leucate du centre de secours de Leucate 17.2.2012

2.) © J.-F. Heger : Le cours chantiers de brûlage dirigé/ DFCI février 2012 du IFGG-KIT devant le CCF 6 Leucate 17.2.2012

Christophe Neff, le 22.2.2012

Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate

La banquise bloque le Port de Port Leucate 11.2.2012Il fait froid en Europe – et même en Afrique du Nord le froid sévit.  Oui l’Afrique du Nord est sévèrement touchée même si les medias en Europe n’en parlent pas – situation dramatique dans la Wilaya de Tizi Ouzou en Algérie –  beaucoup de neige aussi dans la délégation d’Aïn Draham en Tunisie. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois qu’il fait froid en Tunisie mon billet «De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka» est pris d’assaut. Et comme je l’écrivais dans la Blognotice 22.12.2011 «la faim et le froid sont un des dangers les plus redoutables  pour une jeune démocratie, pour une société que se reconstruit».  Mais aussi ici en Europe on subit les conséquences du froid. A Grünstadt – la piscine- tous temps – le fameux Allwetterbad Grünstadt – fut victime du grand froid et de l’incompétence des « édiles politiques locaux » (voir mon dernier billet (en allemand)). La nuit du mardi 7 au mercredi 8 février fut la nuit la plus froide de cet hiver à Grünstadt – avec – 18° – ce qui provoqua l’éclatement d’une partie de l’alimentation en eau de l’Hôpital. Et ces – 18 ° ont eu apparemment raison de mon petit Chamaerops humilis. On verra  si au printemps il reprendra de la souche. Par contre mes trois Trachycarpus fortunei  ont  assez bien supporté  cette vague de froid.  Mais c’est  dans le midi méditerranéen qu’on peut actuellement découvrir un des témoins les plus bizarres  de cette vague de froid qui sévit en Europe et Afrique du Nord – l’Etang de Leucate partiellement gelé, – « la banquise » qui bloque le Port de Leucate. Le froid et la neige dans les Montagnes de l’Afrique du Nord, en réalité ceci est phénomène naturel qui se reproduit de temps en temps.

La banquise au Port de Port Leucate 1 10.2.2012

La banquise au Port de Port Leucate 2 10.2.2012

La banquise au Port de Port Leucate 3 10.2.2012

Mais voir le Port de Port Leucate bloqué par la glace, formant une sorte de banquise, cela est assez exceptionnel, un véritable  événement centenaire. J’avoue n’avoir jamais vu cela, et je connais le site depuis plus de quarante ans !

Photos : Toutes © C. Neff 10.2.2012 & 11.2.2012  Série banquise à Port Leucate

Christophe Neff, le 12.2.2012

Blognotiz 14.1.2012

Im Bahnhofsgebäude des Stuttgarter Hbf, dem sogenannten „Bonatzbau“ gibt es einen Ort, an dem ich während der Advents & Weihnachtszeit gern mal für ein paar Augenblicke verweile und dem Bahnhofsgeschehen in Stille zuschaue. Es ist der Ort des Weihnachtsbaumes. Die meisten Zeitgenossen eilen meist geschäftig vorbei, manch einer hebt den Blick kurz an, aber hin und wieder bleibt ein Mensch stehen. Verbleibt in Stille, blickt auf Baum und Krippe – und geht dann irgendwann weiter. Gehen, Rauschen, im Takt der Zeit – immer weiter ziehen die Reisenden von den Zügen in die Stadt, von der Stadt zu den Zügen. Nur an diesem Ort herrscht manchmal für ein paar Augenblick Stille. Nachdenklichkeit und Stille in der „Salle des pas-perdus“ – dem Saal der verlorenen Schritte, wie Bahnhofshallen im Französischen manchmal benannt werden. „Saale des pas-perdus“ ist auch ein heute fast vergessenes Chanson von Maxime Le Forestier, welches uns die Geschichte eines Mannes erzählt der vergeblich in einer großen Bahnhofshalle auf die ferne Geliebte wartet. Kein Zug bringt die Ersehnte, – es bleibt im nur die Erinnerung an ferne Ziele und der Widerhall der Schritte in der Halle der „verlorenen Schritte“.

„Zugig“ ist es in der Stuttgarter Bahnhofshalle  geworden, seit dem der Nordflügel  abgerissen wurde, – auch der Widerhall der Schritte ist wenn nicht verstummt leiser geworden. Wie das erst werden wird, wenn der „Südflügel“ abgerissen sein wird. Dann wird’s erst recht „Zugig werden“, – der Weihnachtsbaum und die wenigen Reisenden, die kurz ihre Schritte bremsen – um den Baum mit einem stillen Blick zu würdigen – sie werden dann wohl voll „im Zug“ stehen wie man so auf „Schwäbisch“ zu sagen pflegt. Wo der Christbaum wohl während der Arbeiten zu Stuttgart 21 stehen mag?  Vielleicht gibt es auch während der „Bauphase“ einfach keinen Platz mehr für Baum und Krippe in der Halle der verlorenen Schritte des Stuttgarter Hbf. La salle des pas-perdus du Bonatzbau sans „Sapin de Noël“  (die Halle der verloren Schritte ohne « Christbaum ») – eigentlich unvorstellbar!

Photo:  © C. Neff. „Christbaum mit Krippe, Stuttgart Hbf 4.1.2011“

Christophe Neff, le 14.1.2012