Blognotice 7.1.2012

L’année 2012 a commencé avec deux tempêtes, Ulli et Andrea ont balayé le Sud de l’Allemagne, provoquant ici et là quelques dégâts, mais ici dans le Leiningerland à première vue cela s’est plutôt bien passé.  La neige nous manque ici, depuis les quelques flocons du 18.12.2011  rien,   mais beaucoup de pluie. L’Allemagne politique en ce moment est balayée par une autre tempête politique, – et je ne parle pas du déclin de la FDP ou de la fin de la Jamaikakoalition (coalition noir-verte-jaune) (Cabinet Kramp-Karrenbauer) dans la Sarre mais c’est bien l’affaire Wulff qui occupe l’Allemagne politique à presque 100%.  Même les « Zungenknoten »(baragouins embarrassés) de Martin Graff du 7.1.2012 nous en parle sous le titre de « Président oder Präsident – … erzählt von Präsidentengeschichten, über die man sich in Frankreich eher weniger aufregt (Président ou Präsident – … nous raconte des histoires présidentielles, sur lesquelles  en France on s’emballe moins) – sur l’affaire Wulff, et compare l’affaire Wulff aux  différentes affaires  de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac.  Si on suit Martin Graff, – on croirait qu’ en France les différents méandres de l’affaire Wulff seraient  tombés  dans le grand silence.  La, je ne suis pas si sûr  que ça  je crois même que Graff se trompe.  Pendant que l’Allemagne était plutôt occupée par ses différents tempêtes,  – la  Hongrie elle dérive de plus en plus vers un régime autoritaire – et  l’Europe politique préfère rester silencieuse.  Ici et là quelques exceptions positives, comme par exemple l’intervention d’ Alain Juppé « Il appartient à la Commission européenne de vérifier que ces nouveaux textes constitutionnels respectent ce qui fait le bien commun de tous les pays de l’Union européenne, c’est-à-dire l’Etat de droit et le respect des grandes valeurs démocratiques ». Si l’Europe politique se résumait simplement au sauvetage de l’Euro et fermait silencieusement les yeux sur ces dérives autoritaires du gouvernement Orban en Hongrie elle risquerait de perdre ce qu’il lui reste de sa légitimité politique. Même si le paysage médio-politique allemand était très pris cette première semaine de janvier 2012 par l’affaire Wulf, – la presse allemande, – (dernièrement le SPON « Orbáns Rechtsruck in Ungarn – autokratisch durchgeknallt ») et même la Rheinpfalz nous en parle de temps en temps, couvre largement les événements politique en Hongrie, –  car il n’y a pas seulement l’autoritarisme du  Fidesz de Victor Orban qui  pose problème, mais à droite de Victor Orban c’est le mouvement « Jobbik » qui s’étend de plus en plus. En plus la politique économique désastreuse du Gouvernement Orban est en train de mener la Hongrie au bord de la faillite économique.  2012 s’annonce d’être une année difficile pour la Hongrie   et une année cruciale pour l’Europe citoyenne ! Finissons cette petite blognotice avec les prévisions littéraires de Pierre Assouline pour 2012 – En 2012, demain sera un autre jour  et j’en retiens que  l’ebook a de beaux jours devant lui , l’avenir du livre de poche s’assombrit plutôt et naturellement quelques anniversaires  littéraires pour 2012 – entre autres le 200ème anniversaire de Charles Dickens , la Zeit lui a déjà consacré un tres belle article sous le titre « Schwarz wie die Kindheit (Noir comme l’enfance) » signé Bernadette Conrad.

Christophe Neff, le 7.1.2012

Blognotice 30.12.2011 – la BB 475068 en gare de Crozet

En attendant la réouverture de la ligne de chemins  de fer Collonges – Fort-l’Écluse à Divonne-les-Bains  au service voyageur dont nous parle la vie du rail  nr 3324 du 17 aout 2011, voici une photo de la BB 475068 devant le train des déchets ménagers dans la gare du Crozet au matin du 27.12.2011.  Notons que la gare de Crozet reçoit aussi de temps en temps des trains de graviers & granulats. Les infos concernant la potentielle réouverture de la ligne au service me proviennent du tableau « les réouvertures de lignes » publiées dans la Vie du Rail Nr. 3324 du 17 aout 2011 sur la page 16. Dans la rubrique « d’autres opérations sont à des stades plus ou moins avancés – on trouve 15 lignes de chemins de fer dont la ligne Ligne de Collonges – Fort-l’Écluse à Divonne-les-Bains ou il existe des plans de réouverture au traffic voyageur. Notons qu’on trouve entre autre dans cette liste les lignes Oloron- Canfranc, Bollwiller – Guebwiller – Lautenbach, ou Laveline – Geradmer pour en citer seulement trois.  A voire quelle de ses 15 lignes de chemins de fer mentionnées par la LVDR Nr. 3324 sera réellement réouverte pour un service de trains de voyageurs régulier.

Photo: © C. Neff. 27.12.2011

Christophe Neff, le 30.12.2011

18.12.2011 les premiers flocons de neige de l’hiver 2011-12 arrivent à Grünstadt.

Le dimanche matin le 18.12.2011 nous avons eu droit aux premiers flocons de neige de cet hiver. En fait deux trois flocons de neige pas plus – pas à comparer à la situation en Forêt Noire où  à certains endroits la saison de ski vient de débuter. Aucune trace de neige dans les vignobles dans l’Unterhaardt. En 2009 nous avons eu droit aux premières neiges dans la nuit du 12 au 13 décembre, et en 2010 les premiers flocons arrivaient le 27. Novembre, les réelles chutes de neige qui couvraient les vignobles d’un grand manteau neigeux débutèrent le lundi 29. Novembre 2010. A vrai dire les deux derniers hivers furent particulièrement rigoureux  dans le Palatinat. A voir ce que cet hiver nous apportera ici dans le Leiningerland. Comment mes quatre palmiers vont-ils s’en tirer (un Chamerops humilis et trois Trachycarpus fortunei) ? Le doum de Grünstadt va-t-il  encore devoir affronter de jours de grands froids comme en début de janvier 2011 ?  Ou peut être   que nous n’aurons pas droit cet  hiver  ni à la neige, ni aux  grands froids. Les grand froids, je m’en passerais volontairement, mais ayant grandi dans les montagnes enneigées de la Forêt Noire, j’aime encore assez bien la neige!

Christophe Neff, le 18.12.2011

Blognotiz 14.12.2011 – Erinnerung an die fünf Platanen vom Schramberger Rathausplatz

In Schramberg gab es bis vor kurzem einen von Platanen beschatteten Rathausplatz. Am Freitag den 9.12.2011 wurden die Platanen gefällt um Platz zu machen für „Schrambergs Neue Mitte“.  Die NRWZ berichtete unter dem Titel „Schrambergs neue Mitte – Platanen gefällt“, der Schwarzwälder Bote schreibt „Aus Platanen werden Holzhackschnitzel“. Einen Leserbrief von Jörg Birkel mit dem Titel „Glückwunsch zur gelungen Sägeaktionen“ gibt es dazu noch in der NRWZ.

Als ich mitbekam, dass man die Platanen auf dem Rathausplatz in Schramberg  „Schrambergs neuer Mitte“  weichen mussten, hatte ich  gerade in Robert Schneiders  Familienbiographie „les Mitterrand“  ein paar Seiten über die Bedeutung von Bäume und Landschaften im Leben von François Mitterrands gelesen.  Landschaften und Bäume hatten für eine François Mitterrand eine tiefe Symbolik, – sie verkörperten für ihn in gewisser Weise –  das  „Wesen der Landschaft“  im Sinne von Karlheinz Paffen (1973). Wald und Bäume waren, soweit man dem Biographen Schneider folgt, Bestandteile der „paysages géographiques“ von François  Mitterrand.  In diesem Sinne ist die Familienbiographie „les Mitterrands“ von Robert Schneider auch eine „geographisch -landeskundliche“  Beschreibung der französischen Kulturlandschaften, der „Wesenheit“ der France profonde  des 20 Jahrhunderts.  François Mitterrand war so mit der althergebrachten Symbolik der Bäume vertraut, dass  er bei der Editierung der Briefmarke die seiner Heimatstadt  Jarnac 1983 gewidmet wurde, dafür sorgte, dass die Palme als Symbol des Katholischen Glaubens in der Briefmarke verewigt wurde (siehe Schneider, R. 2011, p.90).  Auf der Briefmarke von Jarnac sieht man einen einsamen Palmwedel hinter den Patrizierhäusern der Cognachändler am Ufer der Charente,  dem ruhigen Flußufer an dem François Mitterrand in Jugendjahren so gern spazieren ging, in den Himmel über Jarnac ragen.  Die Schramberger Platanen werden es wohl, jetzt wo es sie nicht mehr gibt, nie auf eine Briefmarke schaffen, – wobei man dazu sagen muss, dass es  soweit ich informiert bin „die Palme von Jarnac“ auf der Jarnac gewidmeten Briefmarke so in Realiter nie gegeben hatte, die Palme war nur ein Symbol für den Katholischen Glauben, in dieser von vor hunderten von Jahren von Religionskriegen erschütterten Landschaft Westfrankreichs.

Die Schramberger Platanen hingegen haben natürlich mit Erinnerungen an vergangen Glaubenskriege nichts zu tun, auch wenn im Artikel des Schwarzwälderboten unverholen auf Stuttgart 21 angespielt wird, wobei ja die Diskussionen und Auseinandersetzung um Stuttgart 21 manchmal einem „Glaubenskrieg“ ähnelt.

Für mich verkörperten die fünf Platanen auf dem Schramberger Rathausplatz immer einen gewissen Hauch Mediterranität im ansonsten nicht gerade sonnenverwöhnten Schwarzwald. Vor allem als Student bin ich an warmen Frühsommertag, – oder auch im Herbst  bei Strahlungswetter gern über den Wochenmarkt unter dem Platanendach flaniert – welches dem kleinen Platz hinter dem Schramberger Rathaus schon einen gewissen mediterranen Flair verlieh.  Nun, diesen Hauch von Mediterranität hat Schramberg nun verloren, nachdem der historische Weinbau schon fast in Vergessenheit geraten ist. Der in Königsfeld geborene Geograph Erdmann Gormsen berichtet mir vor nun fast 15 Jahren  fernmündlich von  „Privatforschungen“ und „Exkursionen“  die er auf den kulturlandschaftlichen Spuren  des Weinbaues in Schramberg als junger Wissenschaftler durchgeführt hatte.  Es gibt noch ein anderes seltenes mediterranes Element im Pflanzenkleid der Raumschaft Schramberg. Es ist die Edelkastanie, – Castanea sativa – die man zwischen Schloßberg und Lauterbach noch vereinzelt im Wald finden kann.  Und auf dem Moosenmättle befindet sich wohl einer der am höchstgelegensten Edelkastanien in Baden-Württemberg.  Im Lärchenweg steht übrigens auch eine schöne Edelkastanie, – sozusagen als Relikt aus Zeiten als Eckenhof und insbesondere der Lärchenweg als geheimes Regierungsviertel von Schramberg gegolten hat. Was der von Hermann Körner (2011) zitierte Theobald der Wochenendausgabe des Schwarzwälder Boten vom 18 Februar 1978 „ Wehe, wehe, alle einflussreichen Politiker einmal eine Meinung gemeinsam und verlangen beispielsweise eine Untergrundbahn oder beheizte Gehwege oder teppichbelegte Fahrbahnen im Lärchenweg“  jedoch nicht wusste – beheizte Gehwege wurden zwar im Lärchenweg nicht angelegt, aber um sich etwas mediterranen Flair auf den Sulgen zu holen, – auf dem es ja damals noch richtig lange Winter gab – hatte sich die damalige SPD – Vorsitzende des SPD OV Schramberg einen Judasbaum (Cercis siliquastrum) in den Garten gepflanzt – und später wurde vom angehenden Geographen der anselbiger Stelle große Teile von Kindheit und Jugend verbrachte zwei Edelkastanien (Castanea sativa) gepflanzt. Der Judasbaum hat es fast fünfundzwanzig Jahre dort oben ausgehalten und hin und wieder auch geblüht. Die Edelkastanienbäume stehen soweit,  ich weiß immer noch an Ort und Stelle wo diese vor fast 25 Jahren vom Verfasser dieser Blognotiz gepflanzt wurden.  Die fünf Schramberger Rathausplatzplatanen sind zwar unwiderruflich verschwunden, aber vielleicht findet sich ja irgendwo in der Stadt ein anderer Platz auf den man wieder ein paar Platanen pflanzen könnte. Wenn nicht dann, verbleiben vorerst die wenigen Edelkastanien (Castanea sativa) die in der Raumschaft als Park, Garten oder als Waldbaum in der Raumschaft Schramberg wachsen, als letzte mediterrane Vorposten im Pflanzenkleid, im Landschaftbild & Stadtbild der Raumschaft Schramberg.

Zitierte Quellen:

Körner, Hermann (2011) : Vierzig Jahre Wohngebiet Eckenhof, ein Rückblick auf Jahre des Baubooms in Schramberg (Teil 2, Schluss). In:D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, B. 31, 2 – 10.

Paffen, K.H. (1973) : Das Wesen der Landschaft. Darmstadt (Wissenschaftliche Buchgesellschaft)

Schneider, Robert (2011): Les Mitterrand. Édition revue et augmentée. Paris, Collection Tempus, (Éditions Perrins), ISBN 978-2-262-03604-1

Christophe Neff, le 14.12.2011

Blognotice 2.11.2011

Survolant les sommets du Altai, les vastes plaines sibériennes déjà couverts de neige – une image qui me rappela d’un coup les descriptions de l’immensité de la Sibérie dans Docteur Jivago de Boris Pasternak, mais aussi les paysages des steppes , d’une plaine infinie dans « le testament français » de Andrei Makine, surtout ces mots :

« Avec une sérénité amère qui l’étonna elle-même, Charlotte entendit naître et résonner dans son esprit cette pensée transparente : « Il y eu cet enfer des villes brûlées et quelques heures plus tard – ce cheval qui broute l’herbe de rosée, dans la fraîcheur de la nuit. Ce pays et trop grand pour qu’ils puissent le vaincre. Le silence de cette plaine infinie résistera à leurs bombes … ».

Jamais encore elle ne s’était sentie aussi proche de cette terre ».(Makine 1995, 127).

J’avais lu ce livre il y a presque 16 ans  et en voyant l’immensité du paysage russe, ces mots du roman de Makine me revenaient à l’esprit.  Mais ce panorama de la Sibérie vue a vol de l’oiseau se referma brusquement, car une vaste étendue de nuages m’obstrua la vue  et je me replongeai dans le livre que j’avais choisi comme lecture pour ces 12 heures de vol Nanjing – Frankfurt –  « le roi vient quand il veut » de Pierre Michon – livre que j’ai découvert grâce a la critique de Pierre Assouline dans la RDL. Et dans ce livre je tombe sur un paragraphe à la page 83 qui me transposait dans ma propre enfance :  les voyages de la Toussaint à Saulgau en Oberschwaben, les cimetières illuminés par les « bougies et lumignons rouges » du jour de la Commémoration des fidèles défunts (Allerseelen / In Commemoratione Omnium Fidelium Defunctorum), le jour des morts, qui en fait était déjà célèbré le jour de la toussaint.  « La lanterne des morts m’a beaucoup marqué, c’est une pratique disparue que je n’ai jamais directement connue, mais qui m’a beaucoup fait rêver, enfant. Lorsque quelqu’un était mort, jadis, me disait-on en me montrant la lanterne de Saint-Goussaud — mais il y en a d’autres ailleurs —, on allumait dedans un grand feu, et dans la nuit on la voyait de Benevent, de Grand¬Bourg, de Chätelus. Saint-Goussaud est sur une butte, les autres villages dans la vallée. C’était ma région maternelle, la région des cimetières, où l’on visitait les tombes. C’était comme si la mort de ces gens dont je venais de voir les tombes illuminait le pays. Et bien sûr il y a quelque chose de funèbre dans tout cela, de funèbre mais de… J’ai beaucoup de mal ä le formuler. C’est un don, partagé visuellement avec les communes environnantes. Une petite flamme qui fait penser ä une petite âme. (Michon, P., 2010 p.83)» La petit flamme qui fait penser à une petite âme, quand j’étais gamin  on m’avait raconté  que le Seigneur regardait depuis le Bussen, montagne sacrée de Oberschwaben – et voyant ces paysages de novembre éclairés par les lanternes rouges des paysages de cimetières d’Oberschwaben, commençait à récolter les âmes perdues des défunts pour les places dans son royaume eternel.

Cette coutume est encore pratiquée dans une grande partie de l’Allemagne catholique de nos jours.  Ce ne sont plus ces paysages de cimetières illuminés par les lanternes rouges mais on en trouve encore de ces lanternes ici et là dans les cimetières de l’Allemagne du Sud. Et chaque fois que vois de telles lanternes, cela me penser a cette histoire du Bussen.

En listant ce mots de Michon, – je pensai aussi au temps où je vivais à Aubord dans le Gard chez ma grand – mère  et que j’allais acheter les chrysanthèmes pour la Toussaint  et nous nous occupions ensemble, ma grand-mère et moi, de la tombe familiale au vieux cimetière d’Aubord.  Depuis cet été ma grand mère a rejoint les habitants de la tombe familiale et donc maintenaient il n’y aura plus personne pour s’occuper du caveau familial, ni Chrysanthèmes  ni lanterne de mort  allumée par un membre la famille, un proche.  Naturellement il aura des Chrysanthèmes, cela peut s’organiser, mais il y a la présence personnelle qui manque. En survolant la Sibérie, en lisant les mots de Pierre Michon qui me rappellent les paysages des cimetières de novembre de Oberschwaben et de Forêt Noire illuminés, je pensai que l’éclatement des familles nous éloigne parfois douloureusement de nos morts.

En arrivant en Allemagne, le soir du 31. Octobre  2011 je redécouvre aussi que ces paysages  de novembre illuminés par les lumières rouges des lanternes des morts si caractéristiques des parties catholiques du Sud de l’Allemagne  sont en train d’être  de plus en plus remplacés par les citrouilles de Halloween.  Personnellement je préfère l’histoire de la petite flamme qui fait penser à la petite âme  aux citrouilles d’Halloween!

Livres cités :

Makine, Andrei (1995) : Le testament français. Paris, Mercure de France. ISBN 2-7152-1936-9

Michon, Pierre (2010) : Le roi vient quand il veut. Propos sur la littérature. Textes  réunis par Agnès Castigione avec la participation de Pierre Marc de Biasi.  Paris, Le livre de Poche/Albin Michel, ISBN 978-2-253-13434-3

Christophe Neff,  le  2.11.2011

Blognotice 16.09.2011

Belles journées de fin d’été (Spätsommer) dans l’Unterhaardt. Les vendanges battent à plein, – les vendangeuses sillonnent les vignes de la Unterhaardt. Les vendangeuses – ces grandes machines  – véritables araignées sur roues – qui récoltent les raisins de vignobles deviennent de plus en plus un élément du paysage des vendages de l’Unterhaardt entre Bad Dürkheim et Grünstadt. La campagne de betteraves sucrières vient aussi de commencer, – la sucrerie de Neu-Offstein tourne à plein régime et bientôt le traffic des trains de sucres sur la untere Eistalbahn va recommencer et redonner un peu de vie à cette petite ligne de chemin de fer. Mais l’automne est proche – les prévisions métrologiques nous promettent les premiers pluies d’automnes et un net refroidissement pour les jours suivants. Finissons ce petit billet avec une prévision culturel, – hier Edgar Reitz a annoncé que si le land de Rheinland-Pfalz voudrait bien lui boucler le financement pour un nouveaux film de la triologie  Heimat  – qui deviendrait  tétralogie avec « die andere HeimatHeimat 4 – Die Auswanderer » , en fait il manque encore 800.000 Euro ( à peu près 10% du financement nécessaire) il allait bientôt commencer avec le tournage de ce film qui jouera comme les autres filmes de « Heimat » à Schabbach dans le Hunsrück. En attendant die « andere Heimat » de Edgar Reitz regardons les rythmes des saisons changer les couleurs des paysages de la Unterhaardt et du Leiningerland. Bientôt l’automne baignera les vignes dans des couleurs jaunes- dorées, – et plus tard peut être les premiers flocons de neiges annonceront l’arrive de l’hiver.

Christophe Neff 16.09.2011

Blognotice 11.7.2011 – quelques mots sur le « Gedächtnishaus Fohrenbühl »

En écrivant mon dernier billet j’ai pensé instinctivement au Turm (dont je parlais  déjà ici), plus correctement au„Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein“ – ou Gedächtnishaus Fohrenbühl comme on dit dans la Raumschaft Schramberg. En fait en 1923, le württembergische Schwarzwaldverein fit construire sur la base de la vielle Turmhütte (alte Turmhütte) sur le Mooswaldkopf le « Gedächtnishaus Fohrenbühl (Maison du souvenir du Fohrenbühl) à la mémoire des morts des régiments du Württemberg durant la guerre de 1914-18. La décision de construire un tel monument fut prise lors de l’ assemblée générale , Hauptversammlung ,du württembergische Schwarzwaldverein le 17.6.1923. Le Gedächtnishaus fut construit à partir des plans et de la conception de Paul Bonatz et fut inauguré en août 1924. Dans le formidable livre de  Wolfgang Voigt & Roland May sur Paul Bonatz (Paul Bonatz 1877 – 1956    ), livre avec un « komplettes Werkverzeichnis » nous trouvons en page 208 les mots „Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein“ Lauterbach Fohrenbühl. Malheureusement on ne trouve pas plus d’info sur le Turm dans cette véritable bible de l’œuvre de Paul Bonatz, qui est en plus un livre bilingue (allemand-anglais).  En fait le Fohrenbühl était une des rares place de l’ancien Württemberg depuis laquelle on pouvait voir la chaîne des Vosges, la ligne des crêtes, – mais surtout le Sud de la chaîne des Vosges – Hohneck, Petit Ballon, Grand Ballon etc. Le Sud des Vosges, là où durant la guerre de 1914-18 la bataille des Vosges fit rage,  et où une partie des régiments  du« royaume du Württemberg » périrent. C’est ici sur les Mooswaldkopf que les anciens combattants du royaume du Wurttemberg se recueillaient, entourés des forêts du Fohrenbühl avec la vue imprenable sur la ligne des crêtes vosgiennes, pour se souvenir de leurs camarades tombés sur le front des Vosges et ailleurs. De nous jours la plupart des visiteurs du Gedächtnishaus Fohrenbühl ont oublié le sens des mots «Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein (maison du souvenir des morts de la guerre mondiale 1924-18 du Schwarzwaldverein du Württemberg)» mais le site, les paysages n’ont guère changé. Le Gedächtnishaus est entouré de sapinières majestueuses, la vue (par temps clair) sur la chaîne des Alpes et les Vosges est toujours imprenable. Et c’est surtout un site silencieux, le vent qui bouge les branches des arbres, les oiseaux chantant  , et surtout le soir et la nuit , on n’ entend que le chant des forêts. Depuis le Turm, la tour du Gedächtnishaus  immergé en pleine forêt, immergé dans les silencieux chants des sapinières, en voyant la ligne bleue des crêtes des Vosges enneigée on peut encore très bien ressentir cette ambiance de derniers adieux et de mémoire que les anciens combattants du royaume du Wurtemberg ressentaient quand ils se souvenaient ,leurs regards tournés vers l’ouest, de leurs camarades tombés sur le front des Vosges (et ailleurs) !

En dehors de toute considérations historique – les paysages du Fohrenbühl, le Mooswaldkopf, – le Gedächtnishaus Fohrenbühl, le col du Fohrenbühl avec ses trois restaurant Adler, Schwanen et le Landhaus Lauble  sont des paysages typiques de la Moyenne Forêt Noire  avec des belles Sapinières pleines de Houx et des belles clairières, prés de vaches garnie d’ éoliennes , les « Kimmichginster » véritables paysages de promenade de moyenne montagne  qui valent sûrement quelques jours de vacances , surtout quand on recherche détente et paysages silencieux.

Photos :

Vue sur le Turm, – la Tour du Gedächtnishaus Fohrenbühl.  © C. Neff. 24.8.2008

Lumières matinales dans les Sapinières du Mooswaldkopf. © Car. Weiß-Neff. 24.8.2008

Sources :

a.) Sources ecrites – livres, articles etc.

Neff, C. (2004): Kimmichginster und Global Change. Presseinfo zur Global Change Exkursion der Universität Mannheim am 28.5.2004.

Scherfling, Karlheinz (2007): Das Gedächtnishaus auf dem Fohrenbühl. Ein gastliches Haus am Mittelweg gelegen.  In: Der Schwarzwald, 6 – 9, 2007-1, (download ici)

Voigt, Wolfgang ; May, Roland (Eds.) (2010): Paul Bonatz 1877 – 1956 . Tübingen ; Berlin : Wasmuth, ISBN: 978-3-8030-0729-2 ; 978-3-8030-0730-8.

b.: liens internet

Chronologie du Gedächtnishaus sur le site du Schwarzwaldverein Ortsgruppe Schramberg (en allemand)

Histoire du Gedächtnishaus Fohrenbühl sur le site de la Famille King les actuelle gérant du Gedächtnishaus Turm (en allemand).

Les lumières du Fohrenbühl et la révolution tunisienne sur le paysages-blog

Paysages et géographie gastronomique du Fohrenbühl sur le paysages-blog

Christophe Neff, Grünstadt le 11.7.2011

Quelques mots sur „die Jahrhundertversöhnung“ de Stefan Simons (6.7.2011)

Le matin du mardi 5.7.2011 en lisant le SPON j’ai découvert le texte „die Jahrhundertversöhnung“  de Stefan Simons, correspondant du Spiegel à Paris,  publiéle 1.7.2011 dans « einesTages » – le site d’histoire contemporaine du Spiegel (Zeitgeschichten auf Spiegelonline).  Die Jahrhundertversöhnung c’est l’histoire d’une rencontre tragique entre deux officiers durant la grand guerre de 1914-18 dans le Sud de l’Alsace pas loin du Hilsenfirst – l’un des deux fut l’officier français, le Capitaine André Vacquier – l’autre l’officier allemand, le sous-lieutenant Johannes Richter : les ombres ressurgissent du passé .  Le capitaine Vacquier ne rentrera pas de cette rencontre tragique – il mourut comme des milliers d’autres soldats français et allemands dans le terres du Sud de l’Alsace quelques part entre Vosges et Sundgau. Vers la fin du récit Stefan Simons nous  raconte comme après 89 ans  le petit fils du sous-lieutenant  Johannes Richter rapporte les dernières affaires personnelles au petit fils du  Capitaine Vacquier et c’est ici, à la fin du récit que nous apprenons que le petit fils du Capitaine Vacquier  est devenu lui – même Grand père d’une petite fille franco – allemande. Ce texte émouvant de Stefan Simons, mériterait d’être traduit en français, pour être connu par un très large public en France. Car dans ce récit, nous retrouvons l’âme de la réconciliation franco-allemande, – cette âme du « jamais plus cela » qui fut aussi le début de la construction européenne. L’espoir de ne « plus jamais » voir les champs & forêts de la Lorraine, de l’Alsace, des Flandres etc. tremper par le sang d’innombrables guerres  fut il n’y a pas si longtemps  le moteur de la construction européenne. De nos jours, ce souvenir de  ce que furent les espoirs de la construction s’oublie trop souvent.  Pour finir, ce récit d’un long chemin de réconciliation avec les douleurs de l’histoire franco-allemande, que Stefan Simons nous raconte, m’a une fois de plus réveillé les souvenirs de ma propre-histoire familial franco allemande (voir par exemple 1, 2, 3, 4, 5 ).

Christophe Neff, Grünstadt le 6.7.2011

BB 67422 traçant le TER 830734 entre Mothern et Lauterbourg

BB 67422 vor TER 830734 zwischen Mothern und Lauterbourg 27.5.2011
BB 67422 entre Mothern et Lauterbourg traçant le TER 830734 vers le terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Ciel orageux en Outre – Forêt sur la ligne Strasbourg – Lauterbourg, – photo prise le vendredi 27.5.2011 en revenant d’une sortie dans le delta de la Sauer à  Munchhausen. En prenant diverses photos (en numérique et en diapositive) du TER 830734, – je me demandais, quand on verra de nouveau des trains de voyageurs directs entre Strasbourg et Woerth en Allemagne. Il y a à peu près 40 ans il y avait un express reliant Ludwigshafen via Spire, Woerth, Lauterbourg à Strasbourg, qui permettait aux familles des soldats français en garnison au Palatinat de passer la journée à Strasbourg et de rentrer le soir au Palatinat. Le nouveau gouvernement rouge-vert de Rheinland-Pfalz nous annonce dans le Koalitionsvertrag que la Bienwaldautobahn (Hagenbachvariante) ne sera définitivement pas construite (« B 9 – Bienwaldautobahn: Die beim Bund zur Linienbestimmung eingereichte Hagenbachvariante wird nicht weiter verfolgt. An der bestehenden B 9 zwischen Scheibenhard und der A 65 erfolgen lediglich Maßnahmen zur Verbesserung der Verkehrssicherheit.“ Source : Koalitionsvertrag Rheinlandpfalz 2011-2026 – den sozial-ökologischen Wandel gestalten, p. 64 ), – mais en contrepartie rien n’est dit sur la revalorisation des liaisons ferroviaires entre le Palatinat et l’Alsace.  Même si normalement je suis contre le bétonnage du paysage par des autoroutes, voies rapides etc.,  je pense que le Lückenschluß à travers le Bienwald entre Kandel et l’autoroute Lauterbourg – Strasbourg est vraiment nécessaire, car emprunter la Bundesstraße B. 9 entre Kandel et Lauterbourg en voiture particulière devient de plus en plus dangereux vu le flot incessant de camions empruntant cette route frontalière. Une vraie politique de transport « durable » aurait enfin tenté de construire ce raccord entre l’autoroute allemande et française, car la situation est vraiment intenable, et aurait surtout investi massivement dans la relation ferroviaire Woerth-Lauterbourg-Strasbourg. Dans un premier temps construction d’une deuxième voie entre Lauterbourg et Woerth, – et à moyenne échéance électrification de cette relation ferroviaire transfrontalière. La ligne de Chemins de Fer entre Karlsruhe et Bâle, la fameuse Rheintalbahn est complètement saturée, et même si cette ligne sera partiellement dédoublée par la Neu- und Ausbaustrecke Karlsruhe–Basel, – les forts problèmes de capacité sur cette magistrale ligne ferroviaire ne vont pas disparaitre.

Rücklichter TER 830734 zw. Mothern und Lauterbourg 27.5.2011
Les lanternes rouges du TER 839734 arrivant dans quelques minutes au terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Si on veut vraiment limiter les flots de camions entre Kandel, Lauterbourg et Strasbourg , il faut massivement investir dans la ligne de chemins de fer Strasbourg-Lauterbourg-Woerth, pour mettre à disposition cette ligne sous-utilisée, où actuellement quelques TER entre Strasbourg et Lauterbourg et quelques rare trains de marchandise circulent, pour un transport européen écologique et durable. Malheureusement nous ne trouvons pas un mot sur l’amélioration du trafic ferroviaire transfrontalier dans le Koaltionsvertrag du Cabinet Beck V. A priori si les données ne changent pas , les lignes de chemins de fer Strasbourg-Lauterbourg et Lauterbourg – Woerth resteront les lanternes rouges du trafic ferroviaires européen. Dommage que le nouveau gouvernement rouge vert de Rheinland-Pfalz n’ait pas saisi l’occasion de s’engager pour un véritable changement dans les transports transfrontaliers.

Photos:

BB 67422 entre Mothern et Lauterbourg traçant le TER 830734 vers le terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Les lanternes rouges du TER 839734 arrivant dans quelques minutes au terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Christophe Neff, Grünstadt le 30.5.2011