La cérémonie franco – allemande du 11.11.2009 : un beau symbole ?

Le 11 novembre – le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel  devant l’Arc de Triomphe. Une belle image – un beau symbole – mais en dehors des apparences quelle est la réalité de l‘ amitié franco -allemande  ?

Je pense que cette réalité est très bien décrite dans l’édito du Monde du 11.11.2009 « Cette anémie s’explique également par un malaise profond depuis vingt ans : les sociétés allemande et française deviennent chaque jour plus étrangères l’une à l’autre. Le volontarisme des années 1960 – jumelages et échanges linguistiques – a fait long feu. On ignore de plus en plus la langue et la culture de l’autre. Le Rhin ne doit pas devenir la frontière d’une morne indifférence. »

Très belle analyse aussi dans « Nicolas et Angela, chien et chat » de Marion Van Renterghem. Dans ce contexte le lecteur francophone peut trouver dans « Comme Goethe à Valmy » de « Berlin en parle  »un résumé des voix de quelques journaux allemands sur l’événement. La Rheinpfalz (par exemple dans  l’article de Axel Veiel « Hineintasten in eine neue Zeit » ) n’est pas si critique que les voix qui résonnent  dans le billet de Claire – Lise Buis , mais ceci est peut être dû à l’effet de voisinage – la Pfalz, la Lorraine et l‘ Alsace ont une frontière commune – et c’est ici le long de Moselle et Rhin que l’on commença  la construction européenne. Même chose pour le commentaire de Martin Graff « Zungenknoten  alles zu seiner Zeit » dans la Rheinpfalz du Samedi 14 Novembre – Martin Graff le Gedankenschmuggler nous présente la plutôt une analyse positive de l‘ image symbole du 11.11.2009.

Pour en revenir aux réalités franco- allemandes, le degré de compétence de la langue de l’autre , de lire, de comprendre, d’écrire dans la langue du voisin allemand ou vice versa dans langue du voisin français montre très bien où nous en sommes. Le commentaire « Toutes les réactions précédentes disent que cet article est intéressant. Dommage que je ne puisse pas (ainsi sans doute que 95% ou plus des lecteurs du Monde) en profiter. Traduction SVP. Merci. » de Claude Guillier dans Deutsch-französisches Brot montre où on se situe en France. J’ai bien le sentiment que l’enseignement de l’allemand en France est en plein déclin. Durant mes diverses sorties professionnelles en Tunisie, j’avais remarqué dans certains secteurs touristiques  que le personnel  tunisien maîtrisait particulièrement bien  les langues étrangères – italien, anglais, allemand -et  parfois on a le sentiment que dans  certaines «  zones touristiques tunisiennes » il y plus de personnel capable de s’exprimer dans la langue de Goethe que sur toute la côte du Languedoc.  En Allemagne , l’enseignement du français et aussi la pratique du français est en pleine dégringolade.  Je dirais même qu’il existe une certaine phobie de la langue française en Allemagne. Quelle révolte au Baden-Württemberg quand les ministres Annette Schavan et surtout Helmut Rau  tentèrent sans succès d’entériner le français comme première  langue étrangère dans les arrondissements frontaliers voisinant la France. Rau devra abandonner le projet face au tollé des parents qui pensaient que leur progéniture pourrait  être en retard face aux autres élèves qui débutent  en anglais ou  en latin comme première  langue étrangère. Et cette francophobie, je la ressens chaque fois que, dans mes cours, je demande à lire un texte en français sur l’Afrique francophone. L’Afrique francophone est peu- être le seul domaine où le français soit resté la référence scientifique, – déjà en ce qui concerne géographie et écosystème méditerranéens le français comme langue scientifique est en pleine dégradation. Reste donc l’Afrique francophone – je dirais même qu‘ il est vraiment rarissime de trouver un article scientifique non francophone  valable traitant  de la géographie ou des écosystèmes des pays de l’Afrique francophone et j’ajoute qu’en dehors du domaine scientifique, c’est au sud du Sahara que le français est le plus vivant, le plus dynamique – qui sait , ce sera peut -être entre Sénégal, Mali, Burkina Faso et le Benin que la langue françaises retrouvera une deuxième jeunesse.

Mais revenons au sujet, demander à certains de mes étudiants de lire un  texte français sur les conséquences des changements globaux sur le delta du Sénégal, la Casamance etc. consiste  à demander un effort presque insurmontable, pour certains même cela ressemble à une sorte de torture psychologique. Naturellement il y a encore une petite minorité qui est attachée au français, qui essaie  de suivre, certains même prennent des cours particuliers  payants pour s’approprier un bon niveau de français. J’en connais même personnellement. Mon ancienne collaboratrice Anna Viola Mai qui débute maintenant une carrière de professorat de lycée de Maths et Géographie en commençant le referendariat a pris des  cours payants de français pendant plusieurs années durant ses études. Et naturellement il y en a d’autres. Mais c’est une petite minorité qui se rétrécit comme une peau de chagrin. Pour le reste la phrase de l’édito du monde  « On ignore de plus en plus la langue et la culture de l’autre » dit tout. Personnellement je vois très bien le problème, – mais je ne vois pas comment on pourrait vraiment fondamentalement changer la donne. En dehors des Sonntagsreden (beaux discours du dimanche)  et des symboles forts  comme la cérémonie commune à  l‘ Arc de Triomphe du 11.11.2009 – je pense qu‘ il faudrait de vrais hommes et femmes de terrain  de la chose franco-allemande  comme ce fut  le cas de Monsieur Latou (Neff, W. 1990) , Robert Ditter, Konstantin Hank, Carlo Schmid (et je pense même à notre famille – car notre mère ne  fut pas seulement récompensée  avec  le Bundesverdienstkreuz pour son travail dans le Kinderschutzbund et la SPD mais aussi pour le raprochement franco-allemand dans ce contexte la lecture de « vingt ans, déjà vingt ans » et de « Sonntag, den 15.November: Volkstrauertag Dimanche 15 novembre: journée de deuil national en Allemagne »  est certainement une lecture éclairante ). Ce sont eux qui ont bâti sur les idées prononcées  par les grands –  de Gaulle, Adenauer, Schumann, Monet, Brandt etc. – ce que l‘ on nomme l‘ amitié franco-allemande, le début de la construction européenne. Et ceci durant les années 1950 et 1960 , ce n‘ était pas toujours chose facile.

Non,je n’ai  pas de solution miracle à proposer, mais si au quotidien nous ne voulons pas sombrer dans l’ignorance et l‘  indifférence réciproque, les sociétés allemandes et françaises auront besoin des hommes et  des  femmes qui reconstruisirent et construisent ,comme les Ditters, les Hanks, les Schmids et tous les autres de la sphère franco-allemande,  les liens entre les deux pays.

Sources :

Neff, W. (1990): Bonjour – Schulblatt der Oberschule Schramberg. In:  Gymnasium Schramberg (Ed): 1840, 1940, 1990 – Festschrift zum Doppeljubiläum 150 Jahre Geschichte, 50 Jahre Abitur , p.74 – 81.

Graff, M (2009): Zungenknoten – Alles zu seiner Zeit – Martin Graff der Gedankenschmuggler aus dem Elsass … träumt davon, wie am 11. November deutsche und französische Traditionen verschmelzen könnten. In: Die Rheinpfalz nr. 265 Balkon über Grenzen Samstag  14 November

Veiel, A. (2009): Hereintasten in eine neue Zeit. Frankreichs Staatschef Nicolas Sarkozy huldigt am Tag des Gedenkens an das Ende des Ersten Weltkrieges mit Bundeskanzlerin Angela Merkel der deutsch-französischen Freundschaft und dem Zusammenwachsen Europas. Doch nicht alle Franzosen sind glücklich darüber. In: Die Rheinpfalz nr. 263 Hintergrund Donnerstag 12 November Seite 3

Christophe Neff, Grünstadt le 16.11.2009

Blogostatistique 9000

Le samedi 7.11.2009, le blog „paysage“ vient de dépasser le seuil des 9000 visites. Je remercie mes lecteurs pour leur fidélité. Les quatre articles ayant jusqu‘ au samedi 7.11.2009 reçu le plus de visites et dépassé la fameuse barre des 5% comme pour les élections au Deutsche Bundestag, se retrouvent dans le tableau suivant.

Pl. Article %
1.) 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes 15,83%
2.) Les images qui se ressemblent 12,32%
3.) Le Nobel à Herta Müller ? Der Literaturnobelpreis für Herta Müller ? 11,46%
4.) Der Literaturnobelpreis 2009 geht an Herta Müller 6,16%
45,77%

Pas de grands changements par rapport à la  dernière  blogostatistique. Clotilde Reiss est toujours enfermée à l‘ ambassade de France – donc N’oublions pas Clotilde Reiss, – n’oublions pas les prisonniers politiques en Iran, – « et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin » comme je l’avais déjà écrit le 20.6.2009. » Dans ce contexte, surtout en ce qui concerne Clotilde Reiss,le petit billet de PlapperstorchFalsches Spiel“ vaut certainement la lecture – même si j‘ avais déjà écrit la même chose dans le blogostatistique 8000 – mais les choses n‘ ont malheureusement pas évolué.

En ce qui concerne la blogosphère – j’ai mis le blog de KunstStoff Thierry Kron sur toile Traube sur mon blog roll. Intervenant régulier sur la « république des livres » – Kunststoff Thierry Kron semble lui-même – on en a l’impression en lisant ses commentaire – être comme moi même le produit d‘ un couple franco-allemand . Notons aussi que le livre décrit dans son derniers billet « Kein Recht – nirgends -Breslauer Tagebücher 1933- 1941  » vaut certainement la lecture. Même si on a on un peu tendance, à cause de l‘ anniversaire de la chute de mur de Berlin (9.11.1989), de l‘ oublier – il y a 71 ans dans la nuit du 9 au 10 novembre – ce fut la « Reichskristallnacht  ». Grünstadt jadis hébergeait jadis une des plus grandes communautés israélites du Palatinat – après les persécutions nazies, cette communauté a cessé d’exister. Il reste un vieux cimetière juif, -et une plaque commémorative sur le cimetière communale. Il n‘ y a plus de communauté juive à Grünstadt. Le vent a dissipé les verres brisés, les cendres et les souvenirs.

En ce qui concerne la chute du mur de Berlin, et nous restons ici dans le contexte franco-allemand – un texte qui mérite fortement d‘ être lu, se trouve dans le blog « Au jour le jour  ». Evelyne Marie France Neff ancienne grand dame franco-allemande de Social-démocratie du Bade-Wurtemberg nous présente dans « Vingt ans, déjà vingt ans  » un souvenir très personnel des événements de Berlin du 9.11.1989.

Christophe Neff, Grünstadt le 9.11.2009

P.S. : Concernant la communauté juive de Grünstadt – Kyra Schilling & Odilie Steiner & Elisabeth  Weber ont édité en 2007 un livre de souvenir sous le titre: « Jüdisches Leben in Grünstadt ».

Après le kangourou de Grünstadt, la panthère des Ardennes ?

Vendredi matin (6.11.2009), à la radio (SWR1RP ) nous apprîmes la nouvelle. La panthère des Ardennes , après avoir traversé la France, le Luxembourg, la Belgique est arrivée en Allemagne. On croit que le grand félin, après avoir fait un tour vers Aix la Chapelle, est en train de pénétrer dans l’Eifel, ce qui fait croire que la panthère est bien arrivée en Rheinland-Pfalz. Une panthère apparemment francophone – venue des sombre forêts des Ardennes et de l‘ Argonne qui font un peu peur, arrivée en territoire germanophone. Le périple de la panthère est documenté dans ce petit film. Donc après le kangourou de Grünstadt , le palatinat est maintenant confronté à la panthère des Ardennes. Sinon, ce fut surtout la Schweinegrippe – le nom vernaculaire donné à la Grippe A (H1N1) en Allemagne – qui provoqua quelques scènes de désorganisation ,car apparemment à Grünstadt on n’était jusqu‘ à présent pas préparé à ce que la maladie puisse arriver ici , et touche en plus une école. On est loin de la soi-disant organisation parfaite allemande à la prussienne car les premiers vaccins pour les personnels médicaux arrivèrent avec plus d‘ une semaine de retard le mardi 3.11.2009. C‘ était le jour où les lecteurs de la Unterhaardter Rundschau decouvrirent avec stupéfaction les premiers cas de la nouvelle grippe dans l‘ école primaire – la Dekan Ernst Schule – de Grünstadt. On aurait pu croire se trouver dans un pays du tiers monde vu le degré de désorganisation des milieux publiques sanitaires. Le Gesundheitsamt( l’office de santé) n‘ était même pas capable de publier une liste correcte des Impfärzte, les médecins chargés de la vaccination. Vendredi matin avec l‘ apparition de la panthère des Ardennes, la Unterhaardter Rundschau avec un long article de Klaus Stemler (6.11.2009) « Steht das Allwetterbad vor dem Aus » nous étions informés que la ville de Grünstadt risque de perdre sa piscine pour cause de coûts de rénovation exorbitants. Mauvais nouvelle pour les Grünstadter Delphine, – un des meilleurs clubs de natation du palatinat.

Une autre mauvaise nouvelle qui risque bien d‘ avoir des répercussions dans le Leiningerland et à Grünstadt est l‘ affaire Opel. Au moins , cela nous vaut un Kurt Beck qui charge – ein kämpferischer Kurt Beck – une image rarement vue – et un son rarement entendue. Si Kurt Beck réussit vraiment à sauver l‘ Usine Opel de Kaiserslautern, les chances sont grandes qu’il gagnera les prochaines « Landtagswahlen » – mais le combat sera certainement rude.

Une petite bonne nouvelle, – la Rheinpfalz (Lietsch 6.11.2009) nous apprend que Dirk Niebel (voir aussi mes billets la gare de Leucate – La Franqui et Quelques réflexions sur l’invité d’honneur de la Buchmesse 2009 à Frankfurt ) veut vraiment couper l‘ aide au développement à la Chine. Pour finir ce billet j‘ aimerais signaler un des derniers billets de la république des livres « Un historien est demandé au salon, Hitler est arrivé » qui nous ouvre les entrailles de l‘ Allemagne des années 30/40 – et qui nous procure des discussions et commentaires fort intéressants. Sans pouvoir entrer dans le fond de la discussion, car je ne connais pas le livre, il me semble important de noter qu‘ avec la numérisation de notre mémoire photographique (voir mon billet Un certain regard sur le paysage disparaît ) -il sera très difficile dans quelques années d‘ éditer un tel livre. La photo comme archive de notre mémoire collective et individuelle risque fort de disparaître si nous ne songeons pas à trouver des solutions pour l‘ archivage à long terme des photos et films numerique. Combien de temps est- ce que le petit film sur la panthère des Ardennes sera-t -il consultable ? Est qu il survivra dans des archives – ou disparaitra-t-il simplement dans quelque temps. Est-ce que le petit film montrant « Kurt Beck » devant les usines de Opel le 5.11.2009 à Kaiserlautern survivra au temps ?

Sources :

Stemler, Klaus (6.11.2009) : Steht das Allwetterbad vor dem Aus. In: Unterhaardter Rundschau – Die Rheinpfalz , Freitag 6. November 2009.

Lietsch, Jutta (6.11.2009): Danke Deutschland – die angekündigte Streichung der Entwicklungshilfe hat die Chinesen überrascht. In: Die Rheinpalz 6. November 2009, Nr.2598, Jg. 65.

Unterhaardter Rundschau – Die Rheinpfalz Dienstag 3. November 2009: An Schweinegrippe erkrankt – Grünstadt – Bestätigter Fall an der Dekan Ernst Schule – dem Kind geht es gut.

Unterhaardter Rundschau – Die Rheinpfalz Mittwoch 4. November 2009: Langer Weg bis zur Diagnose -Grünstadt – junge Schweinegrippe-Patientin auf dem Weg der Besserung – Mutter eine Odysse.

Unterhaardter Rundschau – Die Rheinpfalz Samstag 7. November 2009: „Erste Anlaufstelle immer der Hausarzt“- Grünstadt: Bei Verdacht auf Schweinegrippe vorher anmelden – Abstand zu anderen Personen halten.

Christophe Neff, Grünstadt le 8.11.2009

Des Corbières à la Méditerranée – quelques mots sur un livre présentant une partie des paysages des Corbières maritimes.

« Des Corbières à la Méditerranée »  est un livre, plutôt un volume illustré, livre de photographie, de Jean Belondrade (Photographies) et Nicole Clodi (Textes), – présentant les paysages & hommes de la partie orientale des Corbières maritimes. Je reprends ici la couverture du livre en espérant  ne pas rencontrer les difficultés de Bob Garcia , difficultés dont un des derniers billets de la république de livres nous  informent.  Mais présenter un livre, un œuvre même d’une façon critique, c’est d’une certaine manière aussi une forme de promotion -promotion positive ou promotion négative. « Des Corbières à la Méditerranée » nous présente les paysages d’une partie de la façade orientale des Corbières maritimes. A première vue, on pourrait croire que le livre nous présente les communes du Canton de Sigean, mais il manque la commune de Peyriac-de-Mer, qui ne fait pas partie de la communauté de communes Corbières en méditerranée .

En faite le livre nous montre les paysages des dix communes Port-la-Nouvelle, Sigean, Leucate, La Palme, Portel-des-Corbières, Fitou, Roquefort-des-Corbières, Caves, Treilles, Feuilla de l‘ intercommunalité Communauté de communes Corbières en Méditerranée .  Comme le livre porte le logo Corbières méditerranées on peut penser que la Communauté de communes Corbières en Méditerranée a participé au moins partiellement au financement de ce volume illustré.  Le livre nous presente chaque commune de l’intercommunalité avec une petite partie texte et quelques photos de paysages, de scènes de vie de village etc.  On rencontre Fréderic le maréchal ferrand à La Palme, Giovanni l’heureux apiculteur de Treilles, Giovanni Palamara d’ont j’ai déjà parle dans le billet « Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009) ».  Oui, le livre nous montre hommes et paysages des Corbières maritimes, sans les clichés habituels – comme les couchers de soleil en mer, flamands roses sur les étangs, surfeurs glissant en grand formats à travers vents & vagues, le Canigou photographié à travers les amandiers fleuris du plateau de Leucate, – cela manque ou est extrêmement rare.  Le seul coucher de soleil que je remarque dans le livre est le coucher de soleil sur la Caramoun , page 73. Donc vraiment  une belle surprise dans ce livre de photographie  de ne pas rencontrer les stéréotypes d’un paysages touristique de façon mer, plage, coucher de soleil etc. Naturellement comme chaque paysage est aussi une construction sentimentale & intellectuelle – dans ce contexte je ne peux que suggérer  la lecture du livre « Vieldeutige Natur – Landschaft, Wildnis und Ökosysteme als kulturgeschichtliche Phänomene » édité par Thomas Kirchhof & Ludwig Trepl (2009) – le livre de Jean Belondrade & Nicole Clodi nous présente leur vision des paysages de la façade orientale des Corbières maritimes. Vision que je trouve personnellement assez réussie. Deux petit points mériteraient dans une réédition d’être corrigés! Chaque photo aurait gagné si la date précise – ou au moins un date approximative – comme par exemple – été 2008, avril 2007 était indiquée.  En feuilletant le livre, on a l’impression de rencontrer la mémoire photographique du paysages des Corbières maritimes entre 2005 et 2008, – mais en réalité cela reste difficile à cerner. On aurait aussi aimé avoir quelques informations bibliographiques – au moins pour les lecteurs désirant un complément d’informations sur les villages & paysages rencontrés dans ce livre. Nous retrouvons en dernière page au-dessus des informations éditoriales comme le numéro d’ISBN, un petit remerciement à Marc Pala « Remerciements à Marc Pala qui a partagé amicalement sa connaissance des lieux et de l’histoire, ainsi qu’à tous les personnages qui ont collaboré à la réalisation de ce livre. »  Qui est Marc Pala (C’est peut être lui ?)  Est-ce que les informations historiques proviennent toutes de Marc Pala – et sont-elles  sourcées et sourçables ? Un peu plus de rigueur éditoriale aurait certainement amélioré le livre.  Il reste donc un peu de regret car au moins le lecteur avisé a l’impression de lire (ou de regarder) une publicité intelligemment bien faite, mais qui reste quand même un produit de publicité pour la  Communauté de communes Corbières en Méditerranée. Néanmoins le livre me plait et je pense qu’il vaut bien le prix des 20 euros. Le livre réunit dans ses photos mes propres impressions de paysage actuelles (2005-2009) des Corbières maritimes entre Feuilla, La Palme et Leucate. C’est donc un livre à recommander pour tout lecteur désirant avoir une vision photographique + quelques informations historiques complémentaires – sur les paysages actuels caractéristiques  des Corbières maritimes, – une petite géographie visuelle de la Communauté de communes Corbières en Méditerranée.

Sources :

Belondrade, Jean ; Clodi, Nicole (2009): Des Corbières à la Méditerranée. Goanda Éditions Toulouse,  ISBN 978-2-9534366-0-0

Kirchhof, Th. ; Trepl, L. (2009) : Vieldeutige Natur, Landschaft, Wildnis und Ökosystem als kulturgeschichtliche Phänomene. Transcript Verlag Bielefeld, ISBN 978-3-89942-944-2

Christophe Neff, Grünstadt le 28.10.2009

La gare de Leucate – La Franqui – rétrospectives & observations de « trainspotter » dans une petite gare de campagne (25.10.2009)

De retour à Grünstadt, de retour dans les brumes rhénanes, les premières gelées blanches- c’est déjà  le  « Spätherbst » avec ses lumières d’hiver qui débute.  Aujourd’hui dimanche, le soleil a enfin assez de force pour percer la couche épaisse de brouillard. L’Allemagne a depuis quelques heures un nouveau gouvernement, – et j’étais particulièrement surpris de voir Dirk Niebel promu ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement. Surpris comme beaucoup d’autres allemands aussi, car Dirk Niebel est surtout  considéré  comme un  spécialiste du marché du travail (Arbeitsmarkt), – mais certainement pas comme un  spécialiste du développement. Dirk Niebel et moi – nous avons passé quelques mois ensembles à  Calw, chez les Fallschirmjäger, les paras allemands, – en été 1985, nous passions ensemble le « Unteroffizierlehrgang Teil I » -il y a  maintenant 24 ans. (Nous somme tous les deux officiers de réserve de la Bundeswehr de nos jours, – Dirk Niebel d‘ après Wikipedia.de comme Capitaine (Hauptmann d.R.) et moi Commandant (Major d. R.).

On devrait peut-être lui rappeler que la FDP était le parti qui militait pour l’annulation de l’aide au développement pour la Chine (voir aussi mon billet Quelques réflexions sur l’invité d’honneur de la Buchmesse 2009 à Frankfurt). Mais peut-être ce vœu pieux de la période électorale est-il déjà oublié ?  On devrait peut être lui le rappeler ? Autrement presque pas de surprise, sauf de voir Karl-Theodor zu Guttenberg au ministère de la défense et peut etre d‘ apprende que Günther Oettinger l’actuelle ministre-président du Land de Bade-Wurtemberg a été désigné par le gouvernement allemand pour le prochain commissaire européen de nationalité allemande.

L’Allemagne a donc repris son souffle politique – nous avons un nouveau gouvernement –  et une opposition jusqu’à présent presqu‘ invisible.

le-vieux-panneau-oct-2009.1256478474.jpgPhoto 1: Le vieux panneau d‘ un autre temps – en direction de la gare de Leucate la Franqui.  (Photo C.Neff Canon Powershot A720IS 15.10.2009)

Mais je voulais écrire sur la gare de Leucate – La Franqui . En fait Leucate possède une petite gare de campagne. Je la connais depuis au moins 40 ans – le temps où la ligne Narbonne-Port Pou était encore un des derniers refuges de la traction à vapeur en France, –  la ligne où les belles américaines, les 141 R tiraient de longs convois de trains de marchandise jusqu’en 1973. Et donc depuis ma plus jeune enfance ,je suis devenu un « trainspotter » – et depuis que je fais de la photo – j’ai eu mon premier appareil de photo en 1974- je fais des images des paysages de train. Malheureusement j’ai eu mon premier appareil de photo après la disparation des 141 R sur la ligne Narbonne – Port Bou. Mais régulièrement, depuis mon enfance, j’ai fait des  photos de trains à la Gare de Leucate-La Franqui.  Notons que je ne suis pas le seul, car la ligne Narbonne-Port Bou traversant mer & étangs entre Narbonne, Port La Nouvelle, Leucate et Salses est un spot assez renommé pour les trainspotters  européens.  Sur la commune de Leucate c’est surtout le petit pont sur l’étang de Lapalme , sur l’ancien grau de la Franqui qui reliait  la mer ouverte avec l’étang de Lapalme, qui est un site apprécié par les trainsspotters.  Mais comme j’ai quelques souvenirs personnels, je préfère faire du trainspotting à la petite gare de Leucate.  En plus, on peut y  faire des observations intéressantes. La crise économique est aussi perceptible pour le trainspotter – là où il y  a quelques années on pouvait encore voir toutes les 20 à 30 minutes un train de marchandise – on en voit peut être un toutes les deux heures. La maigre fréquentation de la ligne  Narbonne – Port Bou par des trains de marchandise est peut être donc  une retombée de la crise – ou peut être la Sncf, le rail a tout simplement perdu tout son  trafic vers la route, vue l’armada des camions sur l’A 9.  Deuxième observation – le voyageur arrivant à la gare de Leucate – la Franqui hors saison n’ayant pas la chance d’être récupéré  par un proche, a surtout besoin de temps et de patience, car il n’y a ni bus, ni taxis pour le voyageur désirant se rendre à la Franqui, Leucate-Village, Port Leucate, etc.  C’est pour ainsi dire le désert.  On pourrait peut être – comme je L’avais déjà écrit en 1998 (Neff 1998)  revitaliser l’idée d’un chemin de fer reliant la Gare de Leucate-La  Franqui à Port Leucate.  Car aujourd’hui‘ hui – comme je l’aie perçu  la semaine dernière pendant mes sessions de trainspotting, – le voyageur malchanceux arrivant à la gare de Leucate, doit prendre son mal en patience en espérant qu’un taxi finisse par  arriver ou prendre ses bagages en main et faire le trajet à pied.

mit-22-minuten-verspatung-fahrt-der-ter-nach-perpignan-weiter-17102009.1256479011.jpgSamedi 17.10 vers 16.59 ; le TER de 16.37 assure par une rame AGC partant pour Perpignan – avec 22 minutes de retard. (Photo C.Neff Canon Powershot A720IS 17.10.2009)

tgv-durchbraust-leucate-la-franqui-17102009.1256479461.jpgSamedi 17.10 vers 16.52; un TGV traversant la Gare de Leucate – La Franqui en filant vers Perpignan. (Photo C.Neff Canon Powershot A720IS 17.10.2009)

Sources :

Neff, C. (1998): Kulturlandschaftswandel, Fremdenverkehr und Biodiversität auf der Halbinsel Leucate (Dept. Aude/ Frankreich). In: Fremdenverkehrsgebiete des Mittelmeerraumes im Umbruch. Beiträge der Tagung des Arbeitskreises „Geographische Mittelmeerländer- Forschung“ vom 11.-13. Oktober 1996 in Regensburg. Regensburger Geographische Schriften, H. 27, 99-135, Regensburg. (ISBN 3-88 246-193-4)

Christophe Neff, Grünstadt le 25.10.2009

Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009)

Vendredi c‘ est la journée  du marché  à Leucate , au vieux village, marché décrit dans un billet précédent. Dimanche, c‘ est la journée de marché à Port Leucate. Marché avec déjà plus d‘ ambiance que le marché de vendredi de Leucate village.

marche-du-dimanche-port-leucate-18102009.1255896796.jpgPhoto 1: Ambiance de marché dominical à Port Leucate (C.Neff Canon Powershot A720IS 18.10.2009)

Mais le grand marché du dimanche, c‘ est à Saint-Laurent-de-la-Salanque qu‘ on le trouve. La Salanque, riche terre agricole, terre maraichère, terre de l‘ abricotier, des jardins d‘ orangers, – tous cela se trouve au marché de St. Laurent de la Salanque. Sauf peut -être les Oranges, qui proviennent à quelques exception près d‘ Espagne. Vraiment un marché à découvrir ! Nous trouvons un joli portrait du marché de St. Laurent de la Salanque dans le Blog « Book-Catalogne  » sous le titre de «Le Marché de Saint Laurent de la Salanque ».  Donc un marché vivant qui vaut le détour. Revenons à Port Leucate, avec une nouvelle église catholique (St. Jacques), un petit marché du dimanche, une librairie papeterie ouverte à l’année, deux trois brasseries & restaurants ouverts  à l‘ année, un article wikipedia (de qualité plutôt moyenne) – Port Leucate est devenue un petit centre économique considerable.

eglise-st-jacques-port-leucate-14102009.1255897290.jpgPhoto 2 : La nouvelle église St. Jacques à Port Leucate (C.Neff Canon Powershot A720IS 14.10.2009)

Un centre économique considérable qui persiste hors saison touristique.  Peut être le jour viendra où Port Leucate, – la nouvelle station touristique des années 1960-70 – née entre  sables dunaires, étangs et mers – nommé le désert français, ou l’Afrique française par les géographes (Neff & Scheid 2005)  supplantera un jour le vieux village.  Pour le préciser – c’est le cordon littoral transpercé par divers grau permanents et épisodiques, le lido entre la presque‘ île de Leucate et l‘ embouchure de l‘ Agly qui fut appelé l’Afrique française par les géographes et botanistes ( Conill 1933, Neff & Scheid 2005     ).  Pour les lecteurs intéressés par l‘ histoire écologique du lido entre Leucate et le Barcarès  et lisant l‘ allemand je pense que l’article de Neff & Scheid «Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon »  peut être une lecture intéressante.  Dans ce cadre, – mais dans une approche régionaliste & historique se place le livre de Jacques Hiron «Il était une fois Leucate » sur l’histoire de Leucate, où on trouve quelques détails (et photos intéressantes) sur l’histoire de la nouvelle station de Port Leucate.  Donc Port Leucate vu l’affluence hors saison de son marché dominical ne se porte pas si mal que ca !

herbstansicht-kyklos-18102009.1255897992.jpgPhoto 3 : Vue automnale sur le Kyklos – quasiment le berceau de Port Leucate. ((C.Neff Canon Powershot A720IS 18.10.2009)

Sources citées :

Conill, L. (1933) : Végétation de la Salanque et des Corbières orientales Roussionnaises. Commentaires botaniques de la Carte des productions végétales, Feuille XXV – 48, Perpignan N.W. Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire  des Pyrénnées Orientales. Perpignan, p. 189 – 261.

Hiron, Jacques (2005) : Il était une fois Leucate. Leucate,  Ed. du Cap Leucate, 2005. (reprint) (Des infos sur le livre se trouvent sur le site de Jacques Hiron.)

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In:  Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Christophe Neff, Port Leucate le 18.10.2009

Quelques remarques sur Thalassa : escale à Tunis (émission du 16.10.2009)

Presqu’un mois après mon  billet sur une émission de Thalassa – Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) , voici à nouveau quelques remarques sur une émission de Thalassa, donc l‘ émission du 16.10.2009 intitulée « Escale à Tunis ». Une émission qui m’a rappelé quelques souvenirs personnels. J’ai particulièrement remarqué le reportage sur la Kroumirie. C’est une des régions tunisiennes presqu’inconnues du  grand public, mais que personnellement j’apprécie beaucoup pour ses paysages et  ses forêts. Au niveau forêts je pense même, naturellement cela est très subjectif ,  n’avoir durant mes multiples voyages  à travers les forêts méditerranéennes rencontré de si belles forêts de Chênes zeen (Quercus canariensis) et de Chênes lièges (Quercus suber). Je pense que rien que pour pouvoir visiter et voir  le patrimoine forestier de la Kroumirie, des Mogods – le voyage vers Tabarka  en vaut la peine.

Très bonne idée aussi de faire le voyage  avec le TGM en compagnie de Férid Boughedir. Mais pourquoi le voyage s’arrête- il déjà à Sidi Bou Said ? Pourquoi ne  pas prolonger le voyage à la Marsa Gare, jeter un coup d’œil à la librairie mille feuille  (en ce qui concerne la Marsa on trouve quelques mots dans le billet « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir ») , prolonger la randonnée vers la Sebkha d’Ariana. La Sebkha d‘ Ariana où on parle de faramineux projets de développement, où un investisseur des émirats aimerait réconcilier développement urbain & écologie. Un projet, ou plutôt une idée qui aurait sûrement intéressé les spectateurs de Thalassa.  Une idée de valorisation qui mériterait le débat.

Naturellement j’ai aussi lu les critiques sur le forum de Thalassa sur l’émission du 16.10.2009. Mais ce n’est pas l’objectif de la série Thalassa de faire une analyse sur le développement démocratique au Maghreb.  Ceci serait un autre format. En ce qui concerne l’état écologique des côtes tunisiennes, en les comparant simplement à l’état des côtes espagnoles méditerranéennes, à la densité du bétonnage des côtes espagnoles, la Tunisie se tire plutôt bien de l’affaire. Naturellement la littoralisation pose aussi problème pour la Tunisie, mais jusqu’à maintenant sûrement moins que pour d’autres pays méditerranéens. Donc je réitère ici ce que j’avais déjà écrit dans Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) :

« Personnellement. je crois que cette littoralisation est pour nos côtes européennes un danger aussi important que ces fameux changements climatiques qui remplissent les pages des médias. En ce qui concerne la méditerranée, je l’ai démontré pour la Tunisie (2006, 2007) – mais le diagnostic est à mon avis aussi valable pour une très grande partie des côtes méditerranéennes. Je considère la littoralisation massive (et dans une moindre mesure la californisation) des côtes méditerranéennes comme un des principaux risques environnementaux des décennies à venir. (Je viens de tenir une conférence sur le sujet à Karlsruhe au sein de la Tüxen-Gesellschaft (5.9.2009) sur le sujet (Neff 2009)) On nous parle beaucoup de changements climatiques, :la littoralisation galopante des côtes de l’Europe du Sud, le début de ce processus dans les pays du Maghreb est aussi un sujet environnemental alarmant – et si on finit par se réveiller quand le dernier centimètre de côte méditerranéenne sera bétonné , il sera trop tard. »

Donc globalement l’émission Thalassa – escale à Tunis (émission du 16.10.2009) m’a bien plu, – même si c’était un peu superficiel par endroits. Un bravo sur les quelques minutes sur la Kroumirie.

Sources :

Neff, C. (2000): MEDGROW – Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftswandel im Mittelmeerraum. Mannheimer Geographische Arbeiten, H. 52, Mannheim (Dissertation/PHD-Thesis). (ISBN 3-923750-80-3)

Neff, C. (2006) : Projections Ecosystèmes tunisiens 2030, (Resumé révisé de L’EXPOSE <<Projections Ecosystèmes tunisiens 2030>> tenu le 6.7.2006 à Sidi Bou Said) Karlsruhe.

NEFF, C., ALOUI, A., EL HAMROUNI, A., SOUISSI, A. , GROSSMANN, A. (2007) : Ecosystèmes. In : République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Eds.) : « Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques », Cahier 7, Rapport des groupes d‘ experts, p. 33- 43.

Neff, C. (2009): Global Change Prozesse in Tunesien – eine Vorschau auf 2030. Vortrag im Rahmen des 9. Workshop des Arbeitskreises Biomonitoring/ Global Change der Reinhold – Tüxen-Gesellschaft vom 04. – 06. September 2009 in der Pädagogischen Hochschule Karlsruhe unter dem Thema: Biomonitoring und Global Change – Arten, Biotope und Landschaften im Wandel -.

Christophe Neff, Port Leucate le 18.10.2009

Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009)

Vendredi c’est la journée du marché à Leucate, à Leucate Village comme on dit ici. Hors saison estivale, un vrai petit  marche typique d’arrière- pays méridional. Rien de touristique,  un petit marche local. Parfois ,quand je tiens de cours d’écologie terrestre dans les environs de Leucate et des Corbières maritimes j’amène parfois les étudiants pour leur montrer un marché vivant. Donc ce matin, je passe au village faire un tour à la Librairie de la Presse, la dénommée  librairie Adamus, et je vais faire un tour au marché de Leucate. Mais quelle déception !  Est-ce que l’air glacé de la tramontane a fait  disparaître le marché de Leucate. Je ne retrouve que 4 – 5 stands sur la place de la république face à  la statue de Françoise de Cezelly. Un stand de  fleuriste, -3 à 4 quatre stands de vente de légumes, et le stand de vente du miel de l‘ apiculteur de Treilles tenu par Madame Palamara. Eh bien , les pots de  miel de Giovanni Palamara,( Giovanni immortalisé dans le livre de Belondrade & Clodi (2009) sur la page 154 sous le titre « Giovanni se définit lui-même comme un « happy culteur » ), avec quelques fleurs et légumes – les derniers mohicans du marché de Leucate.  Giovanni Palamara, apiculteur à Treilles dans les Corbières maritimes, qui nous a –  à moi et mes étudiants donné  de  vrais cours pratiques sur l’apiculture et la Flore mellifère des Corbières.

Un marché qui meurt, c’est un paysage qui meurt. Il a y à peu prés  15 ans, le géographe allemand Fred Scholz (1994) montrait en citant l’exemple du marché d’Uzès comment la vitalité d’un paysage culturel se reflétait dans l’image de son marché. Apparemment ,vu  l’impression que j’ai eu aujourd’hui‘ hui du marché de Leucate, le paysage culturel, la « Kulturlandschaft » des Corbières maritimes ne se porte pas très bien. Peut être était-ce simplement le souffle glacé de  la tramontane  qui a fait fuir les « marchands » ,espérons -le.  En tous cas, même avec une tramontane glacée,  l’épouse de Giovanni Palamara avec  ses petits pots de Miel et ses sacs d’amandes tient encore bien la garde !

Photo 1: Sacs d’Amandes et pots de Miel de Giovanni Palamara. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)
Photo 2: Vue sur une partie du marché du vendredi 16.10.2009 à Leucate (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)
Photo 3 : Les petit pots de miel de Giovanni Palamara – les derniers mohicans du petit marché de Leucate. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009
Photo 4 : Vue sur la Libraire de la Presse à Leucate, la nommée Librairie Adamus. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)

Sources :

Belondrade, J.; Clodi, N. (2009): Des Corbières à la Méditerranée. Goanda Éditions Toulouse,  ISBN 978-2-9534366-0-0

Scholz, Fred: Funktion und Dynamik von Wochenmärkten im Süden Frankreichs: Uzès (Gard) als Beispiel. In: Die Erde, 125 (1994), p. 15-35.

Christophe Neff, Port Leucate le 16.10.2009

Blogostatistique 7000

Le mardi 13.10.2009, le blog „paysage “ vient de dépasser le seuil des 7000 visites. Je remercie mes lecteurs pour leur fidélité. Les trois articles ayant jusqu‘ au mardi 13.10.2009 reçu le plus de visites et dépassé la fameuse barre des 5% comme pour les élections au Deutscher Bundestag, se retrouvent dans le tableau suivant. Pas de grands changements par rapport au blogostatistique 6000, sauf qu’avec Le Nobel à Herta Müller ? Der Literaturnobelpreis für Herta Müller ? un billet écrit en allemand se retrouve dans ce classement. Cela montre bien à quel point le prix de Nobel de Littérature pour Herta Müller a surpris l’Allemagne.

Remarquons que, comme je l‘ avais déjà écrit dans le Blogostatistique 5000 – «  L’article « les images qui se ressemblent » qui traite de l’affaire Clotilde Reiss – a fait un très bon score mais notons cependant  que l’affaire est loin d’être close – même si Clotilde a pu heureusement sortir de la prison d’Evin : je ne vois donc aucune raison pour tomber dans l’euphorie , tout cela peut encore durer, peut- être même très longtemps. » N’oublions pas Clotilde Reiss – et là, je rejoins le commentaire du Plapperstorch du 11.9.2009 « Gutes Gedächtnis »! Donc ici les choses n’ont guère changé, à ce que je sache , Clotilde Reiss n’a pas encore pu rejoindre le sol français. Et de plus, en Iran les choses empirent de jour en jour, les premières condamnations à mort sont tombées, et d’autres vont malheureusement sûrement suivre. Notons qu’à peu près, le seul à parler de Clotilde Reiss dans la blogosphère allemande est le « Plapperstorch », récemment avec le billet « Ohne Kopftuch ». N’oublions pas Clotilde Reiss, – n’oublions pas les prisonniers politiques en Iran, – « et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin » comme je l’avais déjà écrit le 20.6.2009.

Pl. Article %
1.) 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes 17,16
2.) Les images qui se ressemblent 15,13
3.) Le Nobel à Herta Müller ? Der Literaturnobelpreis für Herta Müller ? 11,15
43,44%

Blogostatistique : Placement et pourcentages 7000 du Blog paysage

les-premiers-lumieres-du-levant-13102009.1255608597.jpgPhoto : les premières lumières du levant sur la plage de  Port Leucate vers 8.03 13.10.2009 (C.Neff Canon Powershot A720IS)

Christophe Neff,  Port Leucate le15.10.2009

Livres de l’automne– la sélection de la Rheinpfalz (Bücher des Herbstes)

Le Samedi 10.10.2009 la Rheinpfalz vient de sortir un supplément « Bücher des Herbstes » (livres de l’automne).  Ce supplément apporte quelques compléments d‘ information à mon dernier billet – Le monde de l’édition & libraires allemands surpris par le Nobel pour Herta  et pourrait donc aussi un peu enrichir les commentaires du billet Le Nobel de littérature à Müller, Orthofer et Ladbrokes de la république des livres.  Les commentaires sur le blog de Pierre Assouline sont toujours intéressants à lire, et nous apprenons ainsi que  Kunststoff Thierry fut un des  rares dans « le deutsche Sprachraum » (la sphère de la langue allemande) de pouvoir encore acheter un livre de Herta Müller. Il eut  la chance de trouver  un des derniers exemplaires de la « Atemschaukel » encore en vente dans le deutsche Sprachraum – et il nous en parle déjà dans son blog sous le titre de « Herta Müller: Ausverkauft! „Atemschaukel“ ihr letztes Buch, die einzige Arbeit die man kaufen kann „.

Revenons au « Bücher des Herbstes » de la Rheinpfalz. Sorti le 10.10, donc deux jours après la proclamation du Nobel de littérature 2009 – sur les cinq pages du supplément ,on n‘ y trouve pas un mot sur l‘ œuvre littéraire de Herta Müller. Ceci montre très bien à quel point l’Allemagne littéraire fut surprise par le Nobel pour Herta Müller. Par contre une vraie surprise – sur la deuxième page de ce supplément une très bonne critique du prix Goncourt 2008 de Atiq Rahimis « Syngué sabour. Pierre de patience » qui vient d’être traduit en allemand «Starke Worte – Atiq Rahimis aufrüttelnder Roman Stein der Geduld ».  Le livre de Rahimi semble être très bien accueilli par la critique littéraire allemande car nous trouvons aussi une critique très positive dans la Zeit sous le titre « Afghanistan unser aller Krieg ».  Revenons à la Rheinpfalz et son supplément – sûrement plus lue que la partie littéraire de la Zeit (au moins dans le Palatinat)- donc pour les « Bücher des Herbstes » en deux jours on semblait ne pas être capable d’écrire un mot sur le prix Nobel de littérature 2009. Etrange ? Peut -être la rédaction de la Rheinpfalz n’a-t-elle  tout simplement pas pu trouver de livres de Herta Müller, car actuellement il n’y en a  plus sur le marché du livre allemand.

Et quels livres sont donc recommandés par la rédaction de  la Rheinpfalz aux lecteurs du Palatinat ? Voici un petit listing des deux premières pages du « Bücher des Herbstes » de la Rheinpfalz.

Page 1 :

Kaluza, Stephan: Die (unsichtbare) Mauer. Dumont Verlag (Bildband)

Roberto, Bolano : « 2666 »; Roman aus dem Spanischen von Christian Hansen. Hanser Verlag München

David Foster Wallace:“Unendlicher Spaß“. Roman aus dem amerikanischen Englisch von Ulrich Blumenbach, Verlag Kiepenheuer & Witsch, Köln

Page 2:

Atiq Rahimi: „Stein der Geduld“. Roman aus dem Französischen von Liz Künzli. Ullstein, Berlin.

Petra Giloy-Hirtz und Ira Stehmann: „New York sleeps“. Prestel Verlag München.

Till Brigleb: „Die diskrete Scham“. Suhrkamp Frankfurt am Main.

Leonard Cohen: „Das Lieblingsspiel“; aus dem Englischen von Gregor Hens, Blumenbaar Verlag München.

Nick Cave: „Der Tod des Bunny Munro“;  aus dem Englischen von Stefanie Jacobs, Kiepenheuer und Witsch, Köln.

Ce petit listing nous montre bien ce qu‘ on lit réellement dans les confins du palatinat. Décidément le prix Nobel de littérature 2009 Herta Müller n’est pas encore arrivé dans « la tiefste Provinz »( la profonde province du Palatinat) – et cela pourra durer, car en ce moment en Allemagne, il n‘ y  a plus de livres de Herta Müller – les stocks des libraires, des grossistes sont vides – un phénomène vraiment extrêmement rare en Allemagne.

Sources :

Die Rheinpfalz, Bücher der Herbstes, Samstag 10 Oktober 2009

Christophe Neff, Grünstadt le 10.10.2009