Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009)

Vendredi c’est la journée du marché à Leucate, à Leucate Village comme on dit ici. Hors saison estivale, un vrai petit  marche typique d’arrière- pays méridional. Rien de touristique,  un petit marche local. Parfois ,quand je tiens de cours d’écologie terrestre dans les environs de Leucate et des Corbières maritimes j’amène parfois les étudiants pour leur montrer un marché vivant. Donc ce matin, je passe au village faire un tour à la Librairie de la Presse, la dénommée  librairie Adamus, et je vais faire un tour au marché de Leucate. Mais quelle déception !  Est-ce que l’air glacé de la tramontane a fait  disparaître le marché de Leucate. Je ne retrouve que 4 – 5 stands sur la place de la république face à  la statue de Françoise de Cezelly. Un stand de  fleuriste, -3 à 4 quatre stands de vente de légumes, et le stand de vente du miel de l‘ apiculteur de Treilles tenu par Madame Palamara. Eh bien , les pots de  miel de Giovanni Palamara,( Giovanni immortalisé dans le livre de Belondrade & Clodi (2009) sur la page 154 sous le titre « Giovanni se définit lui-même comme un « happy culteur » ), avec quelques fleurs et légumes – les derniers mohicans du marché de Leucate.  Giovanni Palamara, apiculteur à Treilles dans les Corbières maritimes, qui nous a –  à moi et mes étudiants donné  de  vrais cours pratiques sur l’apiculture et la Flore mellifère des Corbières.

Un marché qui meurt, c’est un paysage qui meurt. Il a y à peu prés  15 ans, le géographe allemand Fred Scholz (1994) montrait en citant l’exemple du marché d’Uzès comment la vitalité d’un paysage culturel se reflétait dans l’image de son marché. Apparemment ,vu  l’impression que j’ai eu aujourd’hui‘ hui du marché de Leucate, le paysage culturel,la « Kulturlandschaft » des Corbières maritimes ne se porte pas très bien. Peut être était-ce simplement le souffle glacé de  la tramontane  qui a fait fuir les « marchands » ,espérons -le.  En tous cas, même avec une tramontane glacée,  l’épouse de Giovanni Palamara avec  ses petits pots de Miel et ses sacs d’amandes tient encore bien la garde !

newsacs-miel.1255722242.jpgPhoto 1: Sacs d’Amandes et pots de Miel de Giovanni Palamara. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)

vue-sur-le-marche-du-vendredi-leucate-16102009.1255720121.jpgPhoto 2: Vue sur une partie du marché du vendredi 16.10.2009 à Leucate (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)

les-petit-pots-de-miel-de-giovanni-palmara-19102009-marche-de-leucate.1255721568.jpgPhoto 3 : Les petit pots de miel de Giovanni Palamara – les derniers mohicans du petit marché de Leucate. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)

librairie-de-la-presse-leucate-16102009.1255721864.jpgPhoto 4 : Vue sur la Libraire de la Presse à Leucate, la nommée  Librairie Adamus. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)

Sources :

Belondrade, J.; Clodi, N. (2009): Des Corbières à la Méditerranée. Goanda Éditions Toulouse,  ISBN 978-2-9534366-0-0

Scholz, Fred: Funktion und Dynamik von Wochenmärkten im Süden Frankreichs: Uzès (Gard) als Beispiel. In: Die Erde, 125 (1994), p. 15-35.

Christophe Neff, Port Leucate le 16.10.2009

Quelques réflexions sur l’invité d’honneur de la Buchmesse 2009 à Frankfurt

La Chine est l‘ invité d‘ honneur à la „Buchmesse de Frankfurt  » – Kunstoff Thierry sur la Toile – l’a précisé récemment « Frankfurter Buchmesse : China als Gast » pour la blogosphère francophone.  Et il a  naturellement raison en écrivant « J’espère qu’il ne viendra à personne l’idée de boycotter la littérature de Mainland China. ». Tout à fait d‘ accord. La Buchmesse 2009 a eu au moins le mérite  de mettre la lumière sur la situation peu enviable des droits de l‘ homme en Chine, surtout des écrivains non conformes au régime à  Pékin, comme par exemple l‘ article de Iris Radisch  sur « Yan Lianke », dans le dernier supplément littérature de la Zeit (déjà cité dans ce blog ) – Yan Lianke qui est personna non grata sur la Frankfurter Buchmesse surtout à cause de son roman « Rêve du village des Ding ». Persona non grata à cause de l’intervention du régime de Pékin auprès de la Buchmesse. Notons aussi l’initiative du Spiegelonline de consacrer une page spéciale aux écrivains chinois persécutés par Pékin sous le titre « Verfolgte chinesische Schriftsteller: Zehn Jahre Haft für eine Fabel » (écrivains chinois persécutés – dix ans pour une fable)».  Non, ne boycottons pas la littérature chinoise, au contraire, lisons les œuvres des écrivains chinois opprimés, car c‘ est peut- être la seule chose qui puisse les aider.

Mais en ce qui concerne la Chine, – le lecteur francophone devrait savoir aussi que l‘ Allemagne paie à la Chine de l‘ Entwicklungshilfe  (aide au développement), depuis 2004 plus de 500 Milliions d‘ Euro.  Notons que j’en suis sûr, une majorité d’allemands  l’ignorent.

500 Millions de trop ! – et là je suis d‘ accord aussi bien avec la FDP qu’avec le Spiegel « Entwicklungshilfe für China kappen »  – l‘ Allemagne doit impérativement cesser de payer de l‘ aide au développement à la Chine. 500 Millions d‘ Euros pour un gouvernement qui  ne voit  aucun inconvénient à négocier avec la junte guinéenne (Le Monde Mardi 13 octobre 2009 : La Chine négocie avec la junte guinéenne ,voir Pékin tend la main à la junte de Courrier international) – la on se demande vraiment « qui pleure les morts de Conakry »  .

Dans ce contexte, j’aimerais aussi noter que le livre « la Chinafrique » (Michel & Beuret 2009) vient de sortir en livre de poche, – une édition  livre de poche actualisée et augmentée – (2 chapitres de plus). Certainement une lecture intéressante pour tout  lecteur n’ayant  pas encore « enterré  l’Afrique  »,  un livre qui mériterait une traduction en allemand. Vu que la Chine est l’invité d’honneur à la Buchmesse, – la foire du livre la plus importante du monde (d‘ après les organisateurs) ,on aurait bien pu lancer une traduction  allemande de la « Chinafrique » pour la Buchmesse.  Il existe déjà une traduction du livre en anglais : «  China Safari: On the Trail of Beijing’s Expansion in Africa. » . Mais à ma connaissance,  il n’y a toujours pas de traduction allemande.  Une occasion manquée pour la « Buchmesse 2009  ».

Sources :

Michel, Serge; Beuret, Michel, Woods, Paolo (2009): La Chinafrique. Pékin à la conquête du continent noir. Nouvelle édition augmentée. Editons Grasset & Fasquelle. ISBN 978-2-01-279479-5

Michel, Serge; Beuret, Michel, Woods, Paolo (2009): China Safari: On the Trail of Beijing’s Expansion in Africa. Nation Books. ISBN 978-1568584263.

Radisch, Iris (2009): Chinesen weinen viel – Yan Lianke. In Zeit-Literatur, – Wozu verführt uns China, p. 35.

Christophe Neff, Port Leucate le 16.10.2009