Récemment, quelques jours avant le début de mes très petites vacances que je passe chez moi dans la Unterhaardt à Grünstadt je découvris un joli petit texte sur les bibliophiles des sables dans le Monde. « Armé de son pavé » il fréquente les plages françaises, de préférence les plages de la Manche, ou les plages de la façade atlantique, – mais on le trouve aussi sur les rives de la Méditerranée. En lisant ce charmant billet, je me disais que jadis j’appartenais aussi à cette étrange espèce qui vient à la plage pour lire et se baigner. Depuis que mes enfants ont grandi, je ne fréquente qu’occasionnellement les plages, et ceci surtout pour me baigner – car après tout et à la différence du plagiste bibliophile décrit dans le Monde j’aime beaucoup la baignade en mer. Pour la lecture je préfère en fait des endroits plus calmes qu’une plage de vacances en plein été. Mais autrefois dans ma jeunesse, les heures de plages, c’était aussi des heures de lecture et ceci même en dehors de la saison estivale, – protégé du Mistral par les dunes de la plage de l’Espiguette au Grau du Roi j’ai dévoré maints livres dans les années 1980 – et ceci même en dehors la saison estivale. Il y a longtemps, j’étais étudiant et l’Allemagne était encore un pays divisé par un mur quasi infranchissable. Beaucoup plus tard quand je fréquentais les plages de Leucate avec mes enfants, j’avais l’impression que la lecture sur la plage était en régression, – mais d’après le Monde, le bibliophile plagiste ne semble pas encore avoir complètement disparu. Mes petites vacances d’été seront en partie occupées à la lecture (non professionnelle) comme je le fis déjà l’année dernière – finir la lecture du roman « L’insouciance » de Karine Tuil. La traduction allemande[1] de ce roman fait beaucoup parler d’elle, – car une partie de la critique littéraire allemande croit que le roman permet de déchiffrer les maux de la société française contemporaine[2]. L’autre livre qui attend d’être enfin lu en entier est la biographie de « Giuseppe Tomasi de Lampedusa – Leben und Werk des letzten Gattopardo » de Jochen Trebesch. Même si je n’ai pas encore lu le livre entier, je pense que cette biographie mériterait d’être traduite en français – peut être avec une préface spéciale pour les lecteurs francophones – car à ma connaissance une véritable biographie exhaustive de Lampedusa en français fait malheureusement défaut. Un autre livre, qui mériterait une traduction en français, est le livre que j’ai lu pendant mes dernières vacances d’été en 2016 – la biographie familiale de la famille Mann – « Die Manns – Geschichte einer Familie » – de Tilmann Lahme. Déjà traduit en italien[3] et en hollandais[4] une traduction française de ce magnifique ouvrage que nous ouvre une nouvelle vue sur l’ étrange paysage de la famille Mann serait très souhaitable. En attendant on pourra dans le « Dictionnaire amoureux des Ecrivains et de la Littérature » écrit par Pierre Assouline lire les excellent chapitres « Mann Père & Fils (p.510- 511) » et « Mann Klaus (1906-1949) » dédié a une partie de la Familie Mann. Pour finir ce petit billet bibliophile,- peut – être tenterais-je, même si cela revient déjà a une lecture professionnelle – de lire des extraits du magnifique livre « Geogfrafias de Suzanne Daveau », édité par Maria Fernanda Alegria en hommage à la géographe franco-portugaise Suzanne Daveau. Ayant déjà feuilleté ce livre – et lu aussi quelques minuscules parties – je peux déjà conclure que rien que pour ces magnifiques illustrations dont des croquis de paysages, peintures de la main de Suzanne Daveau, ce livre mérite une attention particulière pour tous les lecteurs s’intéressant à l’histoire de la géographie franco- portugaise.
Livres & Ouvrages cités :
Alegria, Maria Fernanda (2015)(Ed) : Geografias de Suzanne Daveau. Centro de Estudos Geograficos, Lisboa, ISBN 978-972-636-252-4
Assouline, Pierre (2016) : Dictionnaire amoureux des Écrivains et de la Littérature. Dessins d’ Alain Bouldouyre. Paris, Plon, ISBN 978-2-259-22818-3
Lahme, Tilmann (2015) : Die Mann Geschichte einer Familie. Frankfurt am Main, S.Fischer Verlag, ISBN 978-3-10-043209-4
Trebesch, Jochen (2013): Giuseppe Tomasi de Lamedusa – Leben und Werk des letzten Gattopardo. Berlin, Nora Verlagsgemeinschaft, Dyk & Westerheide, ISBN978-3-86557-289-9
Tuile, Karine (2016): L’insouciance.Roman. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-014619-2
Christophe Neff, Grünstadt le 06.08.2017
[1] Tuil, Karine (2017): Die Zeit der Ruhelosen. Aus dem Französischen übersetzt von Maja Ueberle-Pfaff. Ullstein Buchverlage, ISBN 978-3-5500-8175-0
[3] Lahme, Tilmann (2017): I Mann : storia di una famiglia. Traduzione dal tedesco di Elisa Leonzio. Torino : EDT, ISBN 978-88-5923-187-5;
[4] Lahme, Tilmann (2017): De familie Mann : geschiedenis van een gezin. vertaald [uit het Duits] door Ria van Hengel. Uitgeverij De Arbeiderspers, ISBN 978-90-295-0733-2
« IL timbro cromatico era quello degli sterminati semineri attorno a Donnafugata, Estatici, imploranti clemenza sotto la tirannia del sole: anche in questa sala come nei feudi a metà agosto, il raccolto era stato compiuto da tempo, immagazzinato altrove e, come là, ne rimaneva soltanto il ricordo nel colore delle stoppie; arse d’altronde e inutili. Il valzer le cui note traversavano l’aria calda gli sembrava solo una stilizzazione di quell’incessante passaggio dei venti che arpeggiavano il proprio lutto sulle superfici assetate, ieri, oggi, domani, sempre, sempre, sempre (Tomasi di Lampedusa, 2011, p. 282.)
« Le timbre des couleurs lui rappelait les champs de blé sans fin à Donnafugata en extase, implorant grâce face à la tyrannie du soleil ; dans cette salle comme sur les fiefs de la mi-août la moisson était déjà récoltée depuis longtemps, emmagasinée ailleurs. Reste le souvenir des couleurs des chaumes brulées et inutiles. La valse dont les notes traversaient l’air chaud ne lui semblait qu’un lointain souvenir du passage éternel des vents qui font des arpèges de leur deuil sur les surfaces assoiffées, hier, aujourd’hui, demain, toujours, toujours, toujours[1]» (traduction C.Neff)
J’ai pensé à ces phrases de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, dans le Guépard, quand j’ai pris ces photos, pendant la tournée Sicile 2017 de l’association forêt méditerranéenne, quelque part entre Capizzi, Gangi et Petralia Sottana. La Sicile éternelle comme elle est décrite par Tomasi di Lampedusa,- des paysages à perte de vue …. la tyrannie du soleil, – la tyrannie du climat, des feux de forêts, – voyant les images qui me parvenaient de l’Incendie de Pedrógão Grande …. J’ai souvent pensé aux mots de Tomasi, ses descriptions des paysages siciliens, paysages méditerranéens… ces paysages marqués par les lumières du soleil, maudit par ses sècheresses, ses inondations. il ne parle pas d’incendies de forêt dans son roman, car la Sicile de Tomasi di Lampedusa n’était pas une terre de forêts. Mais les brûlures du soleil sur les paysages siciliens sont omniprésentes dans le Guépard.
Il y maintenant un peu plus de huit ans, débutait le 24.05.2009 avec le post « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? » le blog paysages sur le Monde.fr /les blogs le Monde. Depuis 401 articles ont vu le jour, la plupart écrits en français, occasionnellement en allemand et très rarement des articles publiés en anglais[1]. 401 articles, lus par approximativement 199.520 lecteurs[2]. Huit ans de billets et petites notices écrits entre Rhin et Danube, Seine et Neckar, Aude, Moselle et Kinzig, sur les rives de la Méditerranée[3] ….. Lectures de paysages et des livres ….. Souvenirs personnels franco-allemands – le temps passe et les paysages changent – et en France les présidences se suivent. Depuis que j’ai écrit mes premiers mots sur paysages, j’ai vécu la présidence de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, et maintenant c’est le début du règne d’Emmanuel Macron. En Allemagne, Madame Merkel est chancelière depuis le 22 novembre 2005, et il semble – c’est au moins ce que je perçois, qu’elle pourrait encore gagner les Élections fédérales allemandes le 24 septembre 2017 et remporter un quatrième mandat. Une grande majorité d’allemands ont le sentiment que ça va bien en Allemagne, – et sauf si une nouvelle crise d’immigration – une nouvelle Flüchtlingskrise – se dessinait durant l’été/automne 2017 – Angela Merkel a toutes les chances de gagner les prochaines « Bundestagswahlen ».
Personnellement je préférerais que Martin Schulz gagne les prochaines élections fédérales, – mais je ne vois pas comment il pourrait persuader une majorité d’allemands de voter pour la SPD, même si le SPON dans un commentaire de Horand Knaup publie aujourd’hui dimanche 25.06.2017 pense que Martin Schultz et la SPD peuvent encore l’emporter. Pour finir, – Angela Merkel est souvent perçu comme la chancelière éternelle – où le « weiterso » domine – mais sous sa « regnance » les paysages allemands changent, – le Atomaustieg (sortie du nucléaire) – la transition énergétique vers les énergies renouvelables laisse des traces dans les paysages allemands, – la photo des éoliennes sur le Grünstadter Berg sont une image parlante, car depuis le « Atomaustieg » décidé par Angela Merkel après les évènements de Fukushima, l’ Accident nucléaire de Fukushima – les éoliennes sont devenues dans diverses parties de l’Allemagne un trait marquant du paysage. Pas partout, mais par endroit ici et là les éoliennes en Allemagne sont un élément bien visible du paysage allemand. Cette « floraison » sur une partie des paysages allemands c’est pour ainsi dire une trace bien visible de la politique énergétique des deux derniers gouvernements d’Angela Merkel.
Christophe Neff, (écrit le 25.06.2017), publié le 26.06.2017
P.S.: Pour préparer/revoir la tournée Sicile 2017 de l’association forêt méditerranéenne j’avais lu le Gattopardo dans la version de la Universalbibliothek Reclam. C’est le texte intégral en italien, avec dans chaque page une explication du vocabulaire clefs (5-10 mots par page) – et en fin du livre une postface écrite et éditée par Kerstin Marfordt. Cette version est seulement distribuée en Allemagne, Autriche et en Suisse.
Im Vorfeld der französischen Präsidentschaftswahlen 2017 gab es ja bei uns in Deutschland ein vertieftes Medieninteresse am Zustand des Nachbarlandes. Aufgefallen ist sind mir u.a. der Bericht von Ullrich Fichtner & Julia Amalia Heyer „Außer Atem“ im Spiegel (2017, 16, pp.84-90) und die Diskussionsrunde „Was ist bloß los mit uns“ von der Georg Blume und Gero von Randow in der Zeit berichten (die Zeit, 12. April 2017, pp. 8 – 9.) sowie die bemerkenswerte Kooperation der Zeit mit Le Monde „Frankreichs-Wahl – Bonne Chance Frankreich“. Allerdings hat le Monde nur einen kleinen Teil der in der Zeit abgedruckten Beiträge übernommen. Bei diesen vom Monde übernommen Beiträgen ist mir vor allem der von Martin Walser aufgefallen:„Les Français, le peuple d’Europe le plus difficile à gouverner“ . Er ist der einzige der Beiträge, der nicht übersetzt wurde, d.h. er wurde von Walser selbst auf Französisch verfasst. Das ist schon mehr als bemerkenswert, denn diesseits des Rheines gehen die französischen Sprachkenntnisse immer mehr zurück – und manchmal frage ich mich wie kann man das „Land westlich der Rheins lesen“ – wenn man nicht mal mehr die Sprache kennt. So wundert es einen kaum, dass von unseren „Frankreichexperten“ – der Begriff „la France périphérique“, ein Begriff der vom Geographen Christophe Guilluy in seinen diversen Büchern[1] thematisiert und popularisiert wurde, unbekannt zu sein scheint. Der Geograph Christophe Guilluy ist ein freiberuflicher Geograph und Publizist, der schon seit Jahren in seinen Büchern auf die wachsende Zweiteilung Frankreich, d.h. den wachsenden Metropolen mit den Globalisierungsgewinnern (dabei rechnet er die Banlieues durchaus auch zu den Globalisierungsgewinnern) und andererseits den Globalisierungsverlierern in den ländlichen Regionen Frankreichs verweist. So erklärt Guilluy schon seit Jahren den nachhaltigen Wahlerfolg des Front national mit dieser Zweiteilung der französischen Geographie. In dem Beitrag von Heinz Bude „Nirgendwo ist das Volk so weit weg von den Eliten“ in dem Zeit Special „Frankreichs-Wahl – Bonne Chance Frankreich“ wird das Problem thematisiert – auch wenn Bude die „France périphérique“ nicht beim Namen nennt. Bude scheint mir in diesem Sinne der einzige Experte, der den Dingen auf den Grund geht und der das Problem beim Namen nennt: die immer mehr fortschreitende Entfremdung zwischen einem Großteil der französischen Bevölkerung und den politischen Eliten.
Ich kenne diese France périphérique, die Christophe Guilluy in seinen Büchern immer wieder thematisiert, sehr gut da ich genau in den Landschaften dieser France périphérique seit fast dreißig Jahren arbeite. Landflucht, Biomassenakkumulation, Waldbrände und Waldbrandrisiken so stellt sich diese France périphérique im mediterranen Südfrankreichs in den Augen des physischen Geographen, des Landschaftsökologen, des Geobotanikers dar. Manchmal ist die Wirklichkeit komplexer: einerseits verbuscht die Landschaft und andererseits weitet sich die Siedlung im Sog der prosperierenden Großstädte wie Marseille, Nîmes, Montpellier. Die Pavillionärzonen (im frz. zone pavillonnaire) greifen immer mehr um sich – man nennt das u.a californisation, pérurbanisation, reurbanisation, periurbanisation etc. (im amerikanischen Englischen auch als wild-urban interface/forest –urban interface, urban sprawl bezeichnet)). Das macht das Ganze dann im Sommer, in der Waldbrandsaison, so gefährlich. Durch die Verzahnung von Vegetation und Siedlung können die Waldbrände dann tödlich enden.
Das ist das andere Gesicht der sogenannten France périphérique im mediterranen Südfrankreich. Ich möchte mich jedoch gar nicht damit aufhalten, sondern auf ein anderes Phänomen hinweisen mit dem sich die „France périphérique“ für den aufmerksamen Beobachter im Gelände manifestiert. Es ist der Zerfall des französischen Eisenbahnwesens. Wir kennen in Deutschland vor allem den TGV und die TGV Strecken, aber außerhalb dieser TGV-Strecken gibt es weite Teile Frankreichs, in denen es überhaupt keine funktionierenden Eisenbahnsysteme mehr gibt – bzw. wo das Streckennetz, mangels Investitionen in die Infrastruktur einen langsamen, aber scheinbar unaufhaltsamen Tod stirbt. Die beiden ersten Bilder, die ich hier veröffentliche, die Streckeneindrücke, die ich im Herbst 2014 entlang der Bahnstrecke Lunel – Aimargues – Le Caylar – St.Gilles – Arles festgehalten habe, habe ich schon im Blogartikel Gare de Gallician 27.09.2014 13 heures 20 veröffentlicht (einer der vielen französischsprachigen Blogbeiträge in denen der Landschaftswandel in dieser France périphérique thematisiert wird). Es ist die Momentaufnahme des Niederganges einer Eisenbahnstrecke auf der vor ein paar Jahren noch mehrmals am Tag Güterzüge fuhren. Güterzüge die u.a. das Städtchen St.Gilles bedienten, sowie die Industrie- und Hafenanlagen in Arles – la Trinquetaille.
Ähnliche Bilder findet man wohl in großen Teilen des periphären Frankreichs. Hierzu braucht man nicht bis ans Mittelmeer fahren, es reicht der Weg über die Pfalz nach Lothringen oder ins Elsass. Jenseits der Grenze verfällt der Bahnhof von Bitche langsam vor sich hin -um nur ein Beispiel zu nennen – und dort, wo noch Züge fahren hat man angesichts der sichtbaren Verfalls der Eisenbahninfrastruktur das Gefühl, sich irgendwo im „wilden Westen“ aber nicht im Land der TGV’s zu befinden. Das letzte Bild zeigt eine Baleine (Sncf X73500), die an einem beschaulichen Sommer – Sonntagmorgen den Bahnhof Lauterbourg mit dem ersten Zug Richtung Strasbourg verlässt.
Soweit die Wähler in der France péripherique tatsächlich zu den Wahlurnen finden und wählen entscheiden sie sich in der Regel für die Parteien mit den einfachen Antworten. Bei diesen Präsidentschaftswahlen sind das Marine Le Pen und Jean-Luc Mélenchon. Wobei es gar nicht um die einfache Antworten geht, sondern um die Tatsache, dass sich die Menschen in der France péripherique von den traditionelle Parteien einfach nicht mehr wahrgenommen fühlen. Marine Le Pen und in Teilen auch Jean-Luc Mélenchon geben den Menschen in der France périphérique das Gefühl, ernst genommen zu werden. Deshalb werden sie auch gewählt. Vom Rest der Republik fühlen sie sich schlichtweg verraten und vergessen. Zu Wahlzeiten kommt mal ein Reporter aus Paris aufs Land gefahren -oder sogar ausländische Journalisten, wie letzthin der Spiegel in Hayange (Frankreich vor der Wahl Ein Leben unterm Front National) im Land der Minette – wo früher die Hochofen glühten und das Erz der Minette zu Stahl verschmolzen, und jetzt nachdem der letzte Hochofen schon längst erkaltet ist, auf lokaler Ebene der Front National schon regiert. Und immer scheint es seit Jahren das gleiche Lied zu sein, der FN gewinnt wieder ein paar Prozent dazu- und der Sommer wird wieder übers Land ziehen, in Südfrankreich werden wieder die „Cigallen“ singen und es wird, dank Mehrheitswahlrecht, wieder nicht viel geschehen.
Wenn die politischen Eliten der traditionellen Parteien ihren „Winterschlaf“ weiter fortführen und die Sorgen der France périphérique schlichtweg ignorieren bzw. verschlafen wird irgendwann der mathematische Damm des Mehrheitswahlrechts brechen und dann wird es ungemütlich werden. Soweit es nochmals ein gemäßigter Kandidat ins Präsidentenamt schafft, dann sollte er sich an eine echte Reform der Institutionen der 5. Republik wagen. Die Verfassung der 5. Republik hat der französischen Republik wertvolle Dienste geleistet, in dem sie u.a. Frankreich im Zuge der Wirren um die Unabhängigkeit Algeriens vor einem Bürgerkrieg bewahrt hat. Aber nun stehen andere Herausforderungen an. Ich denke, im Sinne von mehr Bürgerbeteiligung, auch an die Reform des Wahlrechtes für die Nationalversammlung, d.h. Einführung eines Verhältniswahlrechtes nach deutschem Vorbild (Koppelung von Verhältnis- und Mehrheitswahlrecht wie bei deutschen Bundestagswahlen). Das wäre bestimmt ein Schritt in die richtige Richtung. Und dann gilt es endlich auch an die France périphérique zu denken und endlich auch dort wieder in die öffentliche Infrastruktur zu investieren. Wobei ich da nicht nur an das Wiederbeleben des Eisenbahnnetzes hors TGV, sondern auch an die Einrichtung des schnellen Internets auch in den Corbières, den Nordvogesen etc. denke. Es gäbe wahrlich viel zu tun. Dazu braucht es natürlich auch einen dezidierten politischen Willen.
Ich habe diesen Beitrag schon vor der ersten Runde der französischen Präsidentschaftswahlen verfasst. Inzwischen liegen die Ergebnisse dieser ersten Runde vor, – Emmanuel Macron und Marine le Pen werden in die Stichwahl am 7. Mai kommen. Legt man eine Karte der Eisenbahnstreckenstilllegungen über die Karte der Gemeinden in denen Le Pen die Mehrheit der Stimmen erhalten hat, wird man feststellen, dass es Übereinstimmungen gibt. Die „France périphérique“ im Sinne der Definition von Christophe Guilluy hat vor allem Marine Le Pen, aber auch in Teilen Jean Luc Melenchon gewählt. Der Bahnhof von Gallician, den ich im Herbst 2014 abgelichtet hatte, liegt auf der Gemarkung Vauvert. Dort hat am Wahlsonntag Marine Le Pen 37, 02% der Wahlstimmen erhalten und ist damit Wahlsieger vor Jean-Luc Mélenchon mit 21,86% geworden. Der PN 19, d.h. der Bahnübergang 19 befindet sich in Franquevaux, was wiederum zur Gemarkung Beauvoisin gehört. Dort hat Marine Le Pen 37,23% der Wahlstimmen vor Jean-Luc Mélenchon (17,93%) bekommen. Wenn man den Verlauf der besagten Bahnstrecke Lunel – Aimargues – Le Caylar – St.Gilles – Arles weiter nach Osten verfolgt kommt man nach St. Gilles. Auch dort hat Marine Le Pen mit 40,01% der Stimmen vor Jean-Luc Mélenchon mit 19,24% gewonnen[2]. Die anderen Kandidaten folgen weit abgeschlagen hinter den beiden. Man könnte das Gedankenexperiment an anderen stillgelegten Eisenbahnstrecke in der France périphérique wiederholen – ich vermute man würde wohl ähnliche Ergebnisse erhalten.
Ich denke, dass, wenn die französische Politik der France périphérique nicht mehr Gehör schenkt, dies irgendwann zur Katastrophe führen wird. Es gibt ein anderes Zeichen, welches man auch als „Nichtgeograph“ durchaus lesen und daraus erkennen kann, dass irgendetwas in dieser sogenannten France périphérique nicht stimmt. Ich habe das Gefühl, dass abseits der touristischen Zentren, – im ländlichen Frankreich – die Bistro’s und Cafés immer seltener werden. Ich wünschte mir es wäre anders!
Guilluy, Christophe (2015): La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires. Paris, Flammarion –Champs Actuel, ISBN 978-2-0813-4751-9
Guilluy, Christophe ( 2016 ): Le Crépuscule de la France d’en Haut. Paris, Flammarion, ISBN 978-2-0813-7534-5
[1] Guilluy, (2013): Fractures francaises. ; Guilluy (2015): La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires. Paris, ; Guilluy, ( 2016 ): Le Crépuscule de la France d’en Haut. Genaue Bibliographische Angabe sind im Bücherverzeichnis zu finden.
Dans paysages je ne parle presque pas de mon métier de géographe – botaniste universitaire. Naturellement dans divers « post » on trouve des liens plus ou moins forts avec mes activités professionnelles. Il y a quelque temps, j’ai découvert le très beau billet de Fiamma Luzzati « Les fleurs qui rendent immortel » – une invitation à un voyage de découverte de l’herbier national et d’une petite initiation à l’histoire de la botanique. En lisant le père David prononcer les paroles « Mais elle ne s’enrichit pas, parce-que on n’envoie plus de botaniste comme moi sur le terrain » – je me rappelai les paroles d’un collège tunisien qui me disait « en fait Christophe, tu es une espèce en voie de disparation, tu appartiens à une espèce en danger critique d’extinction – des scientifiques comme toi, qui vont sur le terrain, étudier la végétation, les arbres, les fleurs et les hommes, les paysages et leurs descriptions littéraires,- qui essaient de comprendre l’empreinte de l’homme sur les paysages – ils n’ont plus de place dans la science moderne ». Les temps modernes ont sonné le glas pour les « Feld-Wald – und Wiesen Geographen » (les géographes des champs, des bois & forêts et des prés). L’ami tunisien avait certainement raison, même si personnellement je pense que le travail de terrain peut, même de nos jours, enrichir la science. En fait je ne suis pas botaniste pur, mais un géographe avec une formation de botaniste. Durant mes études, il y a maintenant presque trente ans, pour les géographes voulant se spécialiser dans la biogéographie et l’écologie de paysages des cours de botanique était plus ou moins obligatoires, l’objectif était d’être capable de déterminer une plante sur le terrain avec une flore comprenant un clé de détermination dichotomique, en occurrence le « Schmeil-Fitschen », – et de synthétiser ses observations de terrain dans une cartographie floristique. Ce que j’ai appris appris à faire durant la deuxième partie des années 1980 à l’université de Mannheim est très bien décrit dans le chapitre « la géographie-botanique » du livre « les botanistes – contribution à une ethnologie des passions naturalistes » de Sylvia Magnanon. Ce livre est d’ailleurs une très belle « ethnographie » de l’état de la botanique francophone actuelle et en plus il décrit l’histoire de la botanique francophone. Au-delà de la disparition des « Feld-Wald – und Wiesen Geographen » et je pense aussi à cela en visionnant le billet de Fiamma Luzzati c’est l’espèce de géographes-botanistes-explorateurs universitaires qui disparaît lentement, -au moins en Allemagne- où jadis il existait une vraie branche d’explorateurs de terres africaines – je me souviens encore bien il y a maintenant presque 25 ans, je sillonnais brousse sénégalaise, forêt ivoirienne le « Maydell[1]» en main pour approvisionne entre autres l’herbier de Dieter Anhuf. Le géographe Erhard Schulz de l’Université de Würzburg a par exemple par ses diverses publications contribué à la connaissance scientifique des terres lointaines et inconnues des Adrar des Ifoghas au Mali[2]. Tout cela me semble déjà appartenir à une autre époque comme l’histoire de l’herbier national dont nous parle Fiamma Luzzati.
Le récit de Fiamma Luzzati sur les fleurs qui rendent immortel, m’a fait revivre mes sorties avec René Jeantet[3] dans la garrigue nîmoise, découvertes des fabuleuses Gorges du Gardon, les Costières, la Vaunage. C’est lui qui m’a initié à découvrir la garrigue à travers ses plantes, – m’a fait découvrir les Costières avec leurs étranges forêts de Pins parasols, d’Arbousiers, de Chênes pubescents, des lambeaux bois de Chênes – lièges, mais aussi ses colonies de Guêpier d’Europe etc. Même si Monsieur Jeantet n’était pas botaniste au sens strict, il prenait son temps pour m’initier à la flore méditerranéenne, à l’utilisation de la flore portative de Bonnier & Layens (Flore complète portative de la France, de la Suisse et de la Belgique) sur le terrain[4], – et à réanalyser des « découvertes » avec la « Flore complète illustrée en couleurs de France, Suisse et Belgique » à la Bibliothèque du Museum d’histoire naturelle à Nîmes – et si nécessaire nous consultions les divers herbiers du muséum. Pour ainsi dire, c’est Monsieur Jeantet qui m’a donné le goût des senteurs de garrigues et de forêts méditerranéennes pendant mes années nîmoises[5]. C’est aussi grâce à ces premiers pas à travers les Garrigues de Nîmes en compagnie de Monsieur Jeantet que se traça la voie vers mon métier de géographe-botaniste universitaire.
Mais des découvertes botaniques on ne les trouve pas seulement dans les contrées lointaines, – il suffit simplement de se promener les yeux ouverts. Ainsi à Grünstadt, la ville dans laquelle j’habite depuis 1999, – pourrait aussi se dénommer « Grünstadt unter Palmen (Grünstadt sous les palmiers)» vu le nombre de Palmiers[6] dans les jardins et espaces verts publiques, mais pas seulement des Palmiers, – ici et là on y trouve des Chênes verts, des Arbousiers, des Lauriers – tins – et depuis quelques années les Bambous sacrés (Nandina domestica) se font de plus en plus remarquer. A première vue on pourrait croire que c’est peut-être le changement climatique qui en est responsable, – mais ce sont plus les diverses modes de jardins d’ornement qui sont responsables de ce goût pour les plantes exotiques à Grünstadt et dans une grande partie de la Unterhaardt. Voir un peu de vert, voir les fruits de l’arbousier, les fleurs du Laurier-tin, – pour faire oublier la tristesse des hivers rhénans. D’ailleurs même si cela n’est pas connu par le grand public, le palmier chanvre par exemple est considéré comme un des palmiers les plus rustiques – on le cultivera sans problèmes dans les régions viticoles de l’Europe centrale – à l’âge adulte il supporte sans problèmes quelques jours de grands froids (-15 à – 18, exceptionnellement – 22).
Dans une quinzaine d’années je suis supposé de prendre ma retraite. Ce ne sera certainement pas un « Feld-Wald – und Wiesen Geograph » – un géographe-botaniste qui prendra ma relève. Peut-être un géographe-écologue spécialiste en modélisation ou en télédetection, – mais je ne peux m’imaginer que ce sera un géographe-botaniste qui me succédera. Mais au fur et à mesure que cette tendance, de ne plus enseigner la botanique de terrain au niveau universitaire[7] –se développe, la biologie se transforme en life science – la géographie physique & environnementale en science de modélisation & géomatique – c’est au moins ma perception personnelle – qui dans une vingtaine d’années enseignera encore la botanique de terrain au niveau universitaire ? Comment parler d’une écologie scientifique si au fur et mesure la science de déterminer les plantes sur le terrain se perd– si ces aptitudes sont de moins en moins enseignées ? Le botaniste-géographe, on le retrouvera dans quelques années dans un coin perdu d’un musée naturaliste, près de l’herbier – un peu comme nous le raconte si délicatement Fiamma Luzzati dans son blog – le géographe-botaniste une espèce en voie de disparition comme le disait il y a quelques années l’ami tunisien.
Pour revenir au Père David, – ce que Fiamma Luzatti aura peut-être pu mentionner dans son petit billet, c’est que pour le grand public le nom du Père David est associé au Buddleia du père David aussi dénommé aux papillons (Buddleja davidii). J’en ai d’ailleurs planté un dans mon jardin pour attirer les papillons pour que mes enfants puissent les observer dans notre jardin – et ceci en sachant que cette plante est considérée par beaucoup de collègues comme une espèce envahissante.
Je finis avec cette photo des fleurs de la Violette ligneuse (Viola arborescens) , prises dans les falaises du Cap Leucate en octobre 2016, simplement pour montrer que la botanique de terrain – c’est l’art de découvrir et d’observer silencieusement son environnement – que ce soit en forêt ombrophile dans la Montagne de Man en Côte d’Ivoire, dans la laurisilvae des Azores, des falaises du Cap Leucate, les garrigues des Nîmes, les flancs du Stromboli, des forêts de Sapins de la forêt Noire dans la Raumschaft Schramberg, le delta de la Sauer, aussi bien que la flore et les fleurs des villes comme Mannheim, Grünstadt, Nîmes, Lisbonne etc. C’est aussi sortir des sentiers habituels et de découvrir l’Oiseau de paradis (Caesalpinia gilliesii) en fleurs sur les remblais du pont de la Corrège à Port Leucate[8].
Magnanon, Sylvie (2015) : Les botanistes. Contribution à une ethnologie des passions naturalistes, Paris, L’Harmattan, 978-2-343-05389-9
Maydell, Hans-Jürgen von (1990) : Arbres et Arbustes du Sahel – leurs caractéristiques et leurs utilisation. GTZ, Eschborn, ISBN 3-8236-1197-6
Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc-Roussillon. Geographische Rundschau 57(9), S. 38–44.
Schulz, E., Adamou, A., Ousseini, I. 2001. Air et Adrar des Iforas: une comparaison de deux montagnes du sud du Sahara et de leur évolution actuelle. In: Bart, F., Salomon, N.(Hrsg.) Les montagnes tropicales:identités,mutations, développement. Espaces Tropicaux 16, Talence, 219-232
P.S. : Pour en savoir plus sur l’herbier national qui est hébergé au Museum national d’histoire naturelle je suggère fortement la lecture du très beau livre «l’Herbier du Muséum » édité par Lucile Allorge et al. (2013).
[1] Le « Maydell » ainsi fut dénommé le livre de terrain – guide dendroécologique « Arbres et Arbustes du Sahel – leurs caractéristiques et leurs utilisation » écrit par Hans –Jürgen von Maydell et édité par la GTZ.
[2] Notons qu’on retrouve encore des traces de ces géographes-explorateurs dans « l’Afrikazentrum der Universität Würzburg », centre interdisciplinaire universitaire regroupant les recherches de l’Université de Würzburg où la Géographie et la Biologie sont très bien représentées !
[3] René Jeantet était Conservateur du Museum d’histoire naturelle de Nîmes de 1948 à 1995.
[4] Avant de m’acheter ma propre flore de terrain « Bonnier & Layens » , j’utilisais le « Bonnier & Layens » de ma grand-mère, Germaine Migliori (née Monasse). Dans sa jeunesse elle était intéressée par la botanique, – elle entretenait même son herbier personnel. Et elle aimait peindre les fleurs – ce qu’elle faisait encore quelques mois avant sa mort en 2011.
[7] Voir aussi ce que écrit Sylvia Magnanon (2015:102) dans son livre « les botanistes » sur la situation en France : « Mais il est vrai que le fait que les organismes de formation scientifique n’enseignent quasiment plus aujourd’hui la botanique de terrain en France et que par conséquent, aucun diplôme national de botanique soit délivré (pas plus que d’ornithologue ou d’entomologue) peut poser un problème de reconnaissance du statut de botaniste en tant que chercheur scientifique ». Ma perception personnelle est que cette situation se retrouve dans beaucoup de pays européens.
[8] Description (avec photo) dans: Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc-Roussillon. Geographische Rundschau 57(9), S. 38–44.
Dans les années 1970 la station de Port Leucate faisait de la publicité dans toute la France avec le slogan « Port Leucate pays de la liberté » – mettant en avant des adolescents à poil[1]. Durant l’été 2013 on pouvait voir quelques unes de ces affiches dans l’exposition « Exposition centenaire Georges Candilis Architecture & Design » expo, dont j’ai parlé un petit peu dans le billet « Les cigales de Port Leucate». Leucate, pays des plages de la liberté, avec cet arrêté anti burkini , c’est définitivement du « has-been » – car avec cet arrêté municipal « anti – burkini » promulgué à Leucate (comme dans 31 autres communes françaises[2]) la liberté de profiter librement des plaisirs de la plage dans l’habit qu’on choisit est partie en fumée. Peut-être faudrait –il rappeler à Monsieur le Maire de la commune de Leucate Michel Py, qu’au début de la station de la Franqui, une des premières stations balnéaires du Languedoc, le plagiste se baignait encore tout habillé. Dans le livre « La nature et le balnéaire – le littoral de l’Aude[3], [4]» – qui est d’ailleurs une excellente étude de géographie historique sur l’évolution de la côte audoise – on trouve une très belle photo « baigneurs et pécheurs cohabitent a la Franqui vers 1910 » qui nous rappelle à quel point les tenues de bains ont changé sur la côte audoise [5] , [6]. Mais même de nos jours on voit ici et là des plagistes habillé en « vêtements de rue » profitant de la plage. Ceci parfois je l’ai déjà pratiqué moi-même pour me protéger du soleil et du vent sur les plages leucatoises. En plus on voit de plus en plus d’enfants sur les plages françaises portant une combinaison néoprène pour se protéger du soleil. Cela se rencontre aussi sur les plages Leucatoises. L’envie de choper quelques voix au FN, de voir le nom de Leucate effleurer les medias nationaux, a certainement eu sa responsabilité dans la promulgation de cet arrêté municipal malheureux. Parfois je me demande, ce que arriverait à un prêtre en soutane, qui profite des plaisirs de la plage sur les plages leucatoises en aout 2016 comme le fit mon oncle durant les années 1970 – serait-il verbalisé par les agents de la police municipale de Leucate ? Dans les années 1970 mon oncle Jean-Pierre Migliori[7], prêtre de l’Église vieille-catholique – se baladait coiffé de son bonnet ecclésiastique, la barrette, et en soutane – parfois sur les plages leucatoises. En fait il n’aimait pas trop la plage, mais il voulait faire plaisir à ses neveux et nièces en les accompagnants à la plage. Ou une jeune femme juive orthodoxe se baignant sur une plage leucatois en « maillot pudique » qui n’est rien d’autre que le « cousin juif du burkini[8]» est-ce qu’elle se ferait verbaliser à Leucate ? De vouloir faire de la tenue vestimentaire sur les plages françaises un pilier dans le combat anti-djihadiste, – là il y a certainement mieux à faire – et c’est même contreproductif si on veut vraiment combattre l’intégrisme religieux islamique! D’une certaine façon, et ceci au-delà de l’édile de Leucate, comme Monsieur Py est dénommé dans un article du Monde, tous ces maires qui ont promulgué des arrêtés anti-burkini ont ,par ignorance fait le jeu des monarchies wahhabites les plus arriérées – car en Arabie saoudite – la conduite d’une voiture ou une baignade en burkini est simplement interdite pour toutes les femmes. Olivier Roy récemment dans une interview va encore plus loin « Le groupe Etat islamique où les talibans n’autoriseraient jamais le burkini. Au contraire, cette tenue est l’exemple même de la gentrification de la pratique religieuse musulmane dans l’espace occidental. Ce maillot de bain couvrant est symboliquement lié l’ascension sociale de certaines musulmanes. Le porter représente une tentative, pour des femmes, plutôt jeunes, de poser un signe religieux sur une pratique moderne, c’est-à-dire la baignade en famille….. Non. Les débats sur le port du burkini et de la burka, par exemple, doivent être distingués, car le burkini est une invention récente [créé en 2003 en Australie], qui fait sauter les fondamentalistes au plafond. Pour ces derniers, une femme n’a pas à se promener sur la plage, et encore moins se baigner ! Donc le burkini est, au contraire, une tenue moderne, qui n’a rien de traditionnel ou de fondamentaliste. ».
Au-delà de la polémique « anti-burkini » – je crois que le maillot couvrant une partie intégrale du corps a encore de beaux jours devant lui – les risques de cancer de la peau qu’une exposition trop longue au soleil peut engendrer vont booster le port du maillot de bain intégral sur nos plages. Profiter de la plage, d’une baignade en mer sans prendre de risque d’attraper un cancer de la peau – ceci est aussi une des promesses d’un maillot de bain intégral comme le burkini ou le maillot pudique juif en sont. D’ailleurs cette sorte de maillot de bain intégral que portent les maitres-nageurs sauveteurs (féminin et masculin) de la SNSM a une forte ressemblance avec le burkini. Au Barcarès, commune avoisinante de Leucate, ces maitres-nageurs ont partiellement assuré la surveillance de plages durant l’été 2016[9].
Référence :
Andreu-Boussut, Vincent (2008) : La nature et le balnéaire. Le littoral de l’Aude. Paris, l’Harmattan, ISBN 978-2-296-07604-4
[4] Dans ce livre de Vincent Andreu-Boussut on trouve aussi un tres beau chapitre sur les debuts de la station de la Franqui , l’histoire de l’hotel Excelsior, de la familie Bertand etc. « chapitre : La Franqui-plage : un essor en demi-teinte orchestré par la famile Bertrand (Andreu-Boussut, 2008, 44-47)»
[5] Dans la version (Thèse) du livre de Vincent Andreu-Boussut on trouve sur la page 78 la planche 16 « l’essor des bains de mers : Invention de la plage et nouveaux liens – sociaux spatiaux ». Download ici.
[9] Sur le site de Martial Guerin on trouve un reportage TFI sur les sauveteurs de la SNSM au Barcarès, dans le quel la sauveteuse maitre – nageur « Laura Lanvin » en maillot intégral est interviewée! (A voir ici).
Il y a vingt ans[1], dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, vers une heure du matin furent enlevés les 7 moines de l’Abbaye Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine[2],[3]. Les têtes des sept moines assassinés furent retrouvées fin Mai 2006 dans les environs de Médéa. Vingt ans après ces crimes les circonstances de leur assassinat n’ont toujours pas été élucidées[4],[5]. Ce crime m’avait fortement marqué il y a vingt ans. Je suivais les évènements de la décennie noire en Algérie de près[6], et ce crime, ce drame reste gravé dans ma mémoire comme le symbole des drames sanglants que subissait le peuple algérien pendant la décennie noire, massacres sanglants à répétition dont souvent on ne savait pas très bien si c’étaient les bourreaux du GIA, ou bien les tortionnaires des forces de sécurité algériennes qui en étaient les responsables. Concernant les responsables de l’assassinant des moines de Tibhirine, je crois que le mystère ne sera levé (comme pour beaucoup d’autres crimes de la décennie noire), que si l’Algérie devient réellement une vraie démocratie et que les Algériens retrouvent la parole libre et la liberté. Malheureusement, on est encore bien loin de l’établissement d’une vraie démocratie en Algérie, et en outre, de nouvelles anciennes menaces semblent de plus en plus peser sur l’Algérie[7].
Comme je l’ai déjà écrit ici dans paysages, le jour viendra où je ferai le voyage vers Tibhirine pour déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des sept moines assassinés. Mais aussi en mémoire des innombrables massacres dont les algériens furent victimes durant la décennie noire. Faute de mieux, je laisse ici une photo d’une branche d’abricotier en fleurs de notre jardin à Grünstadt. En souvenir de Christian de Chergé, Luc Dochier, Christophe Lebreton, Michel Fleury, Bruno Lemarchand, Célestin Ringeard, Paul Favre Miville – mais en souvenir innombrables victimes de la décennie noire en Algérie.
Christophe Neff, Grünstadt, Pâques 2016 (publiée le 29.03.2016)
P.S : Dans le contexte de mon billet, je me permets de signaler la parution prochaine d’un livre à la mémoire et à l’héritage des moines de Tibhirine : Henning, Christophe (Ed) : Tibhirine, l’héritage. Bayard, 178 p., 14,90 €, ISBN 978-2227488700. En librairie le 7 avril.
[5] Voir aussi le chapitre « Moines de Tibhirine » dans le Dictionnaire amoureux de l’Algérie, chapitre qui débute avec les phrases suivantes : « Connaîtra-t-on jamais la vérité ? Les sept moines trappistes de Tibhirine,monastère situé non loin de Médéa, à moins de 100 kilomètres d’Alger, sont morts à une date inconnue et furent enterrés en mai 1996 (Chebel, M. 2012, p. 430).
Die Triebwagen der DB Baureihe 628 (628.2/4/5) das waren über Jahrzehnte die Träger des Personenverkehrs auf den Eisenbahnstrecken der Unterhaardt[1]. Die verkehrsroten Triebwägen prägten auf der Pfälzischen Nordbahn und der Eistalbahn quasi schon das Landschaftsbild an der Unterhaardt, aber auch des Eistales (ähnlich wie die „Caravelles“ das Landschaftsbild vieler Eisenbahnstrecken in Frankreich über Jahrzehnte prägten). Bald wird dieses „Landschaftsbild“ Geschichte sein, denn zum Fahrplanwechsel am 13.12.2015 ist geplant, dass die Lint-Triebwägen (Alstom Coradia LINT 41 (9580 0623 001 bis 014) und Alstom
Coradia LINT 54 (9580 0622 021 bis 044)) die Fahrleistungen der 628 übernehmen, vereinzelt werden diese schon heute in einigen Umläufen eingesetzt. Anbei noch ein paar Bilder die ich über die Jahre hinweg mit verschiedenen Kameras von 628 rund um Grünstadt erstellt habe. Eines der Bilder ( Ph.2 628 bei Bockenheim ) hat auch einen gewissen photogeschichtlichen Wert, da das Originaldia von einem Kodachrome C-64 Film stammt.
Abschliessend noch eine kleine Randbemerkung, – leider ist es mir nie gelungen einen roten 628 für meine HO – Modelleisenbahn zu erstehen,- während man die mintgrünen 628 immer mal wieder auf dem „Modellbahnmarkt“ findet – scheint es keine roten 628 mehr zu geben.
Les Autorails de la Baureihe 628 (628.2/4/5) – c’était durant des décennies les porteurs du trafic voyageur sur les lignes de chemins de fer de l’Unterhaardt[2]. Les autorails rouges faisaient quasiment partie des paysages de la Pfälzische Nordbahn et de la Eistalbahn (semblables aux « Caravelles » qui faisaient partie du paysage de nombreuses lignes de chemin de fer en France). Bientôt cette image du paysage va faire partie de l’histoire, – avec le changement d’horaires au 13.12.2015 les Alstom Coradia Lint vont prendre la relève des 628, d’ailleurs les « Lint » ont déjà repris une partie des roulements des 628.
Dans ce petit billet on trouve quelques photos des 628 dans les environs de Grünstadt que j’ai prises avec divers appareils de photos. Une des photos (Ph.2 628 bei Bockenheim ) a d’ailleurs une certaine valeur dans le sens de l’histoire de la photo, – la diapositive originale est issue d’un film Kodachrome C-64. Pour finir encore cette remarque –malheureusement je n’ai jamais réussi à me procurer une 628 rouge pour ma collection de trains miniatures HO – on trouve parfois encore des 628 vert menthe mais les 628 semblent avoir disparu du marché des trains miniatures.
[1] Nicht nur an der Unterhaardt, sondern auch in großen Teilen der Pfalz und Kurpfalz waren und sind die 628 unterwegs. Im Blogbeitrag „Blogpaysages – 100.000 lecteurs“ aus dem Jahre 2013 befindet sich beispielsweise ein Photo auf dem man einen 628 mit einem TGV im Mannheimer HBF sehen kann.
[2] Pas seulement dans la Unterhaardt, mais les 628 on les trouvait aussi dans une grande partie de la Pfalz et de la Kurpfalz. Dans le billet « Blogpaysages – 100.000 lecteurs » on trouve par example une photo reunissant un 628 avec un TGV.
Au niveau symbolique – on pourrait inciter les députes de l’Assemblée nationale, les députés francophones du Parlement européen, les députés francophones du Bundestag à passer un week-end, une petite semaine de vacances en Tunisie. Pour redémarrer, l’économie tunisienne aura besoin d’un secteur touristique fort – et des touristes européens qui visitent la Tunisie.
Au niveau personnel j’avais songé à y passer un week-end prolongé de vacances durant cet automne, – mais malheureusement pour des raisons personnelles ce voyage ne s’est pas fait. Dommage que ce voyage n’a pas pu se faire, – j’avais déjà acheté le petit futé Tunisie 2015-16 – envisagé de prendre un hôtel à la Marsa,- pensé à revenir à la libraire mille feuilles en face de la gare TGM[4] de la Marsa plage comme je le faisais si souvent pendant mes années tunisiennes, voir des amis tunisiens dans les environs de Tunis, à Bizerte ….
Au niveau personnel, ne cesser de venir en Tunisie, – c’est peut -être une des rares choses que le citoyen lambda européen, qu’il soit français, allemand, italien etc. – puisse faire pour encourager le processus démocratique en Tunisie.
Pour finir ce petit billet sur l’attribution du prix Nobel de la paix 2015 au Quartet du dialogue national– oui je pense que cette attribution est une reconnaissance pour les efforts que la société tunisienne a engagés – et c’est un encouragement pour le difficile chemin que la Tunisie a encore devant elle.
Christophe Neff, billet écrit et publié à Grünstadt le 18 et 19.10.2015
P.S. : En écrivant ce petit billet très personnel sur l’attribution du prix Nobel de la paix 2015 au Quartet du dialogue national j’avais aussi une pensée pour Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010, qui croupit quelque part dans une prison chinoise, – quel peu oublié par l’opinion publique internationale.
En lisant le Monde il y quelques jours, je découvris la prise de position de Guy Sorman « Les réfugiés d’aujourd’hui me rappellent mon père fuyant le nazisme »[1]. Même si je ne suis pas d’accord sur certains détails, comme par exemple l’expression « Barack Obama, ce munichois » – je pense que c’est une prise de position très remarquable – même si je pense que la situation en Syrie est un peu plus complexe que ne le laissent croire les mots de Monsieur Sorman. Le peuple syrien se trouve être coincé entre le marteau de Bachar Al-Assad et l’enclume de Daech et les autres groupuscules islamistes. Et même si « Latifa, Ali et Ahmed ne sont pas massacrés avec la même efficacité industrielle que le furent Samuel, Nathan et Rachel » j’aimerais bien rappeler que certains comportements de l’état islamique sont dignes des Einsatzgruppen du Reichsicherheithauptamt – les Yazidis, les Chretiens d’Orient ont tout simplement été rayé de la carte dans les territoires tenus par ce soi – disant nouveau califat[2]. Concernant Bachar Al-Assad, il me paraît comme un mauvais cauchemar, – une ombre stalinienne – qui a survécu aux temps – et qui est prêt à toutes les atrocités pour se maintenir au pouvoir. Tant que nous ne sommes pas capables de trouver une solution pour le drame Syrien et la guerre civile en Irak – nous, les Européens, nous devrons au moins accueillir les naufragés des drames qui sévissent en Syrie et en Irak.
Donc sur le fond je suis assez près des arguments de Guy Sorman – même si je ne suis pas d’accord sur certains points clefs de son argumentation (Obama, Michel Rocard).
Monsieur Sorman, même si je ne suis pas d’accord avec vos thèses en général – je crois me souvenir que vous étiez un ardent supporter des Reaganomics, – je vous remercie pour cette position claire et nette[3] – en espérant que votre voix puisse aider à remuer la conscience publique en France.
Christophe Neff, le 06.09.2015
[1] Aussi publié dans le blog de Guy Sorman sous le titre « l’innommable ».
[3] Dans le Monde daté DIMANCHE 6 – LUNDI 7 SEPTEMBRE 2015 dans la page « débats » nous trouvons sous le titre « Même si les indignations et les réactions se font plus nombreuses, la mobilisation pour l’accueil des migrants se heurte à la réticence, voire au rejet d’une partie des Français Réfugiés, une opinion indifférente ? » les prises de Benjamin Stora (Les ravages des idéologues du repli identitaire) et de Tété (Ces damnés de la Terre échoués en Méditerranée sont nos enfants ) – prises de positions qui mérite aussi une lecture approfondie.
Retour au pays du ciel bleu et des sapins – le pays où j’ai grandi la Raumschaft Schramberg a dernièrement subi un petit incendie de forêt. La ville de Schramberg qui est entièrement entourée de forêts est particulièrement sensible au risque d’incendie de forêts[1] et la vague de chaleur et de sècheresse qui sévit sur le Sud de l’Allemagne[2] ont donc contribué à l’éclatement de ce feu de forêts entre la Talstadt Schramberg et le Sulgen[3]. L’inspection du site de feux de forêt du « obere Göttelbach » avec la commandante des pompiers de la Talstadt Schramberg Annette Melvin et l’ ingénieur forestier Christoph Eberle était donc au centre d’une petite mission de terrain de deux jours[4] en Forêt – Noire – mission de terrain qui préparait un stage pratique pour un cours sur la cartographie de la dynamique végétale sur des anciens site de feux de forêts en Forêt Noire[5]. En plus je fus invité (avec 5 autres anciens élèves[6]) par mon ancienne école le Gymnasium Schramberg pour présenter dans un mini-exposé mon parcours académique et professionnel – lors d’un colloque organisé pour le 175ème anniversaire de ce lycée – qui débuta en 1840 comme Realschule[7][8].
Brûlis, le paysage de forêt affecté par la sécheresse assez exceptionnelle (surtout les versant sud), souvenirs de lycéens, – mais après tout ce fut ce ciel bleu de Forêt Noire, – de voir une fois de plus ces magnifiques cimes de Sapins s’élancer dans le ciel bleu d’acier (stahlblau) de Forêt – Noire – couleur de ciel à laquelle nous n’avons droit que très rarement dans la Unterhaardt à Grünstadt. Le contraste des diverses touches de verts de la forêt de Sapins avec le ciel bleu – c’est une des mille images des paysages forestiers de la Forêt noire, – une image pour laquelle le retour au pays vaut toujours le voyage, – simplement pour voir et pour sentir – et même se mettre à l’écoute des chants de la forêt de sapins[9].
[6] Entre autre avec Thomas Herzog juriste de formation et maire de la ville de Schramberg, Kerstin Andreae femme politique d’ Alliance 90 / Les Verts et membre du Bundestag (Kerstin Andreae est Diplom Volkswirtin), le Journaliste Stefan Ziegler, l’artiste Daniel Roth et le Professeur d’université de Physique Jochen Weller.