Impression d‘ un dimanche d‘ automne à Port Leucate (18.10.2009)

Vendredi c‘ est la journée  du marché  à Leucate , au vieux village, marché décrit dans un billet précédent. Dimanche, c‘ est la journée de marché à Port Leucate. Marché avec déjà plus d‘ ambiance que le marché de vendredi de Leucate village.

marche-du-dimanche-port-leucate-18102009.1255896796.jpgPhoto 1: Ambiance de marché dominical à Port Leucate (C.Neff Canon Powershot A720IS 18.10.2009)

Mais le grand marché du dimanche, c‘ est à Saint-Laurent-de-la-Salanque qu‘ on le trouve. La Salanque, riche terre agricole, terre maraichère, terre de l‘ abricotier, des jardins d‘ orangers, – tous cela se trouve au marché de St. Laurent de la Salanque. Sauf peut -être les Oranges, qui proviennent à quelques exception près d‘ Espagne. Vraiment un marché à découvrir ! Nous trouvons un joli portrait du marché de St. Laurent de la Salanque dans le Blog « Book-Catalogne  » sous le titre de «Le Marché de Saint Laurent de la Salanque ».  Donc un marché vivant qui vaut le détour. Revenons à Port Leucate, avec une nouvelle église catholique (St. Jacques), un petit marché du dimanche, une librairie papeterie ouverte à l’année, deux trois brasseries & restaurants ouverts  à l‘ année, un article wikipedia (de qualité plutôt moyenne) – Port Leucate est devenue un petit centre économique considerable.

eglise-st-jacques-port-leucate-14102009.1255897290.jpgPhoto 2 : La nouvelle église St. Jacques à Port Leucate (C.Neff Canon Powershot A720IS 14.10.2009)

Un centre économique considérable qui persiste hors saison touristique.  Peut être le jour viendra où Port Leucate, – la nouvelle station touristique des années 1960-70 – née entre  sables dunaires, étangs et mers – nommé le désert français, ou l’Afrique française par les géographes (Neff & Scheid 2005)  supplantera un jour le vieux village.  Pour le préciser – c’est le cordon littoral transpercé par divers grau permanents et épisodiques, le lido entre la presque‘ île de Leucate et l‘ embouchure de l‘ Agly qui fut appelé l’Afrique française par les géographes et botanistes ( Conill 1933, Neff & Scheid 2005     ).  Pour les lecteurs intéressés par l‘ histoire écologique du lido entre Leucate et le Barcarès  et lisant l‘ allemand je pense que l’article de Neff & Scheid «Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon »  peut être une lecture intéressante.  Dans ce cadre, – mais dans une approche régionaliste & historique se place le livre de Jacques Hiron «Il était une fois Leucate » sur l’histoire de Leucate, où on trouve quelques détails (et photos intéressantes) sur l’histoire de la nouvelle station de Port Leucate.  Donc Port Leucate vu l’affluence hors saison de son marché dominical ne se porte pas si mal que ca !

herbstansicht-kyklos-18102009.1255897992.jpgPhoto 3 : Vue automnale sur le Kyklos – quasiment le berceau de Port Leucate. ((C.Neff Canon Powershot A720IS 18.10.2009)

Sources citées :

Conill, L. (1933) : Végétation de la Salanque et des Corbières orientales Roussionnaises. Commentaires botaniques de la Carte des productions végétales, Feuille XXV – 48, Perpignan N.W. Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire  des Pyrénnées Orientales. Perpignan, p. 189 – 261.

Hiron, Jacques (2005) : Il était une fois Leucate. Leucate,  Ed. du Cap Leucate, 2005. (reprint) (Des infos sur le livre se trouvent sur le site de Jacques Hiron.)

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In:  Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Christophe Neff, Port Leucate le 18.10.2009

Quelques remarques sur Thalassa : escale à Tunis (émission du 16.10.2009)

Presqu’un mois après mon  billet sur une émission de Thalassa – Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) , voici à nouveau quelques remarques sur une émission de Thalassa, donc l‘ émission du 16.10.2009 intitulée « Escale à Tunis ». Une émission qui m’a rappelé quelques souvenirs personnels. J’ai particulièrement remarqué le reportage sur la Kroumirie. C’est une des régions tunisiennes presqu’inconnues du  grand public, mais que personnellement j’apprécie beaucoup pour ses paysages et  ses forêts. Au niveau forêts je pense même, naturellement cela est très subjectif ,  n’avoir durant mes multiples voyages  à travers les forêts méditerranéennes rencontré de si belles forêts de Chênes zeen (Quercus canariensis) et de Chênes lièges (Quercus suber). Je pense que rien que pour pouvoir visiter et voir  le patrimoine forestier de la Kroumirie, des Mogods – le voyage vers Tabarka  en vaut la peine.

Très bonne idée aussi de faire le voyage  avec le TGM en compagnie de Férid Boughedir. Mais pourquoi le voyage s’arrête- il déjà à Sidi Bou Said ? Pourquoi ne  pas prolonger le voyage à la Marsa Gare, jeter un coup d’œil à la librairie mille feuille  (en ce qui concerne la Marsa on trouve quelques mots dans le billet « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir ») , prolonger la randonnée vers la Sebkha d’Ariana. La Sebkha d‘ Ariana où on parle de faramineux projets de développement, où un investisseur des émirats aimerait réconcilier développement urbain & écologie. Un projet, ou plutôt une idée qui aurait sûrement intéressé les spectateurs de Thalassa.  Une idée de valorisation qui mériterait le débat.

Naturellement j’ai aussi lu les critiques sur le forum de Thalassa sur l’émission du 16.10.2009. Mais ce n’est pas l’objectif de la série Thalassa de faire une analyse sur le développement démocratique au Maghreb.  Ceci serait un autre format. En ce qui concerne l’état écologique des côtes tunisiennes, en les comparant simplement à l’état des côtes espagnoles méditerranéennes, à la densité du bétonnage des côtes espagnoles, la Tunisie se tire plutôt bien de l’affaire. Naturellement la littoralisation pose aussi problème pour la Tunisie, mais jusqu’à maintenant sûrement moins que pour d’autres pays méditerranéens. Donc je réitère ici ce que j’avais déjà écrit dans Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) :

« Personnellement. je crois que cette littoralisation est pour nos côtes européennes un danger aussi important que ces fameux changements climatiques qui remplissent les pages des médias. En ce qui concerne la méditerranée, je l’ai démontré pour la Tunisie (2006, 2007) – mais le diagnostic est à mon avis aussi valable pour une très grande partie des côtes méditerranéennes. Je considère la littoralisation massive (et dans une moindre mesure la californisation) des côtes méditerranéennes comme un des principaux risques environnementaux des décennies à venir. (Je viens de tenir une conférence sur le sujet à Karlsruhe au sein de la Tüxen-Gesellschaft (5.9.2009) sur le sujet (Neff 2009)) On nous parle beaucoup de changements climatiques, :la littoralisation galopante des côtes de l’Europe du Sud, le début de ce processus dans les pays du Maghreb est aussi un sujet environnemental alarmant – et si on finit par se réveiller quand le dernier centimètre de côte méditerranéenne sera bétonné , il sera trop tard. »

Donc globalement l’émission Thalassa – escale à Tunis (émission du 16.10.2009) m’a bien plu, – même si c’était un peu superficiel par endroits. Un bravo sur les quelques minutes sur la Kroumirie.

Sources :

Neff, C. (2000): MEDGROW – Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftswandel im Mittelmeerraum. Mannheimer Geographische Arbeiten, H. 52, Mannheim (Dissertation/PHD-Thesis). (ISBN 3-923750-80-3)

Neff, C. (2006) : Projections Ecosystèmes tunisiens 2030, (Resumé révisé de L’EXPOSE <<Projections Ecosystèmes tunisiens 2030>> tenu le 6.7.2006 à Sidi Bou Said) Karlsruhe.

NEFF, C., ALOUI, A., EL HAMROUNI, A., SOUISSI, A. , GROSSMANN, A. (2007) : Ecosystèmes. In : République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Eds.) : « Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques », Cahier 7, Rapport des groupes d‘ experts, p. 33- 43.

Neff, C. (2009): Global Change Prozesse in Tunesien – eine Vorschau auf 2030. Vortrag im Rahmen des 9. Workshop des Arbeitskreises Biomonitoring/ Global Change der Reinhold – Tüxen-Gesellschaft vom 04. – 06. September 2009 in der Pädagogischen Hochschule Karlsruhe unter dem Thema: Biomonitoring und Global Change – Arten, Biotope und Landschaften im Wandel -.

Christophe Neff, Port Leucate le 18.10.2009

Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009)

Vendredi c’est la journée du marché à Leucate, à Leucate Village comme on dit ici. Hors saison estivale, un vrai petit  marche typique d’arrière- pays méridional. Rien de touristique,  un petit marche local. Parfois ,quand je tiens de cours d’écologie terrestre dans les environs de Leucate et des Corbières maritimes j’amène parfois les étudiants pour leur montrer un marché vivant. Donc ce matin, je passe au village faire un tour à la Librairie de la Presse, la dénommée  librairie Adamus, et je vais faire un tour au marché de Leucate. Mais quelle déception !  Est-ce que l’air glacé de la tramontane a fait  disparaître le marché de Leucate. Je ne retrouve que 4 – 5 stands sur la place de la république face à  la statue de Françoise de Cezelly. Un stand de  fleuriste, -3 à 4 quatre stands de vente de légumes, et le stand de vente du miel de l‘ apiculteur de Treilles tenu par Madame Palamara. Eh bien , les pots de  miel de Giovanni Palamara,( Giovanni immortalisé dans le livre de Belondrade & Clodi (2009) sur la page 154 sous le titre « Giovanni se définit lui-même comme un « happy culteur » ), avec quelques fleurs et légumes – les derniers mohicans du marché de Leucate.  Giovanni Palamara, apiculteur à Treilles dans les Corbières maritimes, qui nous a –  à moi et mes étudiants donné  de  vrais cours pratiques sur l’apiculture et la Flore mellifère des Corbières.

Un marché qui meurt, c’est un paysage qui meurt. Il a y à peu prés  15 ans, le géographe allemand Fred Scholz (1994) montrait en citant l’exemple du marché d’Uzès comment la vitalité d’un paysage culturel se reflétait dans l’image de son marché. Apparemment ,vu  l’impression que j’ai eu aujourd’hui‘ hui du marché de Leucate, le paysage culturel, la « Kulturlandschaft » des Corbières maritimes ne se porte pas très bien. Peut être était-ce simplement le souffle glacé de  la tramontane  qui a fait fuir les « marchands » ,espérons -le.  En tous cas, même avec une tramontane glacée,  l’épouse de Giovanni Palamara avec  ses petits pots de Miel et ses sacs d’amandes tient encore bien la garde !

Photo 1: Sacs d’Amandes et pots de Miel de Giovanni Palamara. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)
Photo 2: Vue sur une partie du marché du vendredi 16.10.2009 à Leucate (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)
Photo 3 : Les petit pots de miel de Giovanni Palamara – les derniers mohicans du petit marché de Leucate. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009
Photo 4 : Vue sur la Libraire de la Presse à Leucate, la nommée Librairie Adamus. (C.Neff Canon Powershot A720IS 16.10.2009)

Sources :

Belondrade, J.; Clodi, N. (2009): Des Corbières à la Méditerranée. Goanda Éditions Toulouse,  ISBN 978-2-9534366-0-0

Scholz, Fred: Funktion und Dynamik von Wochenmärkten im Süden Frankreichs: Uzès (Gard) als Beispiel. In: Die Erde, 125 (1994), p. 15-35.

Christophe Neff, Port Leucate le 16.10.2009

Soleil, mer et tramontane – Port Leucate 14.10.2009

Laissant les brumes rhénanes, les premières neiges allemandes  derrière moi, j’ai  débarqué hier dans les Corbières maritimes à Port Leucate pour quelques jours de vacances, quelques jours de repos, pour retrouver mer, soleil et tramontane. Soleil et tramontane sont bien là, – la tramontane souffle avec une telle force, qu’il est  même très difficile de trouver une place à l‘ abri du vent.  Mais sans tramontane pas de ciel limpide, pas de soleil, pas de lumière.  Le jour de mon accident, la première  nuit à la Berufsgenossenschaftliche Unfallklinik Ludwigshafen je craignais de ne plus jamais pouvoir accéder à la méditerranée par mes propres jambes, de la toucher, de la sentir – d’écouter le chant des cigales. Tout cela maintenant semble être le souvenir d’un mauvais rêve, j’ai repris le travail début septembre, ,et maintenant je suis ici pour quelques jours de repos et de soleil sur la côte méditerranéenne dans l’appartement familial de vacances de la famillenounouneff. Dans mes bagages, un appareil de photo numérique – un canon Powershot – et une vieux reflex Olympus classique, une OM-4 avec une pellicule Kodachrome C-64, j’ai encore pu acheter quelques pellicules C- 64 avant que ce regard photographique ne disparaisse pour  toujours.  Et dans mes bagages quatre livres comme lecture de vacances (Stephen Smith – Négrologie – pourquoi l’Afrique meurt ;   Stefan Kornelius – der unerklärte Krieg, Deutschlands Selbstbetrug in Afghanistan ; Alain Finkielkraut – un cœur intelligent ; Johannes Balve – Wie wird man exzellent ? Deutsche Universitäten im Spitzenrausch  ) – le dernier Supplément littérature de la Zeit – « Zeit-Literatur – Wozu verführt uns China ? ».  C’est tout.  Les hurlements de la tramontane dans l‘ oreille, j’écris ces quelques lignes – que je placerai comme écrites ici à Leucate , en tant que dépêches de Leucate, – en analogie aux dépêches de Grünstadt. Autrefois, quand j‘ étais plus jeune, et que  ma grand mère habitait encore à Aubord  dans le Gard, entre Vistrenque et Costière, dans le Gard pour me ressourcer – longue balades à pied à travers les vignes et les forêts de pins parasols des Costières, assez souvent je prenais le train depuis Générac pour le Grau du Roi, pour  accéder aux plages et à la mer. Le nouveau «  Rail Passion »consacre un article intéressant à cette ligne  de chemins de fer «  Etude de ligne – De Nîmes au Grau – du-Roi, une antenne à vocation balnéaire » longeant Costières et Petite Camargue, qui est un peu tombée en oubli  mais qui heureusement fonctionne encore .

Finissons ce billet, la première dépêche de Leucate, avec une  vue en arrière vers mon dernier billet intitulé « Das Fach Geographie an der Mannheimer Hochschule », – la géographie à Mannheim, vu qu’elle  n’y existe plus, semble avoir beaucoup d’amis, à en concure de  la fréquentation de l’article.  En plus, je découvre sur mon wordpress dashboard que pas mal de lecteurs provenaient du billet « Les prix d’excellence de la planète universitaire » de la république des livres. Donc il y aurait dans le cercle des lecteurs de la république de livres une partie assez considérable de lecteurs avec de forts liens envers la langue de Goethe. Au moins plus de lecteurs « germanophones » que Berlin en parle, vu  les commentaires qu’on trouve dans son dernier billet « Deutsch-Französisches Brot ».

Mais il me semble clair que la vie littéraire allemande pour  « la république des livres » n’est pas un « Fremdwort » – (un mot étranger), – le billet du 12.10.2009 est intitulé « Minetti vous attend ».  Donc je finis ce billet avec un message pour les lecteurs germanophones de «  la république de livres » hier il y avait une émission de radio sur SWR2 intitulée « Mehrfach heimatlos – Herta Müller und die rumäniendeutsche Literatur » (Serie SWR2 Forum). L’émission est chargeable comme download ou comme Podcast. L’émission est à conseiller à tout lecteur germanophone intéressé  par la « Rumäniendeutsche Literatur » et par « Herta Müller ».  Avant de finir cette première dépêche de Leucate, notons que l‘ affaire du petit prince  est bien arrivée en Allemagne – et Spiegelonline vient de lui consacrer un article savoureux  „Prinz Jean“ – Frankreich spottet über Blitzkarriere von Sarkozy junior“ – et un forum « Bonapartismus in Frankreich »  – tout  cela est naturellement à lire avec modération !

Avec ce message je finis mon billet – pour à nouveau profiter de mer, soleil et tramontane. Lire le Monde en version papier, lire mes lectures de vacances, faire quelques photographies des paysages et me ressourcer  pour le semestre prochain, la Vorlesungszeit du Wintersemester 2009/10 qui commence pour moi avec un cours magistral  de géobotanique le mercredi 21 Octobre.

strandvegetation-port-leucate-echinophora-spinosa-12102009.1255501701.jpgPhoto 1. : Végétation dunaire à Port Leucate avec Panais porte-épines (Echinophora spinosa) (C.Neff Canon Powershot A720IS 12.10.2009)

tramontanlinse-im-abendlicht-uber-port-leucate-12102009.1255501854.jpgPhoto 2 : Reflets de coucher de soleil du ciel au-dessus de Port Leucate balayé par la Tramontane (C.Neff Canon Powershot A720IS 12.10.2009).

Sources citées :

Collardey, B. (2009) : Étude de ligne. De Nîmes au Grau-du-Roi, une antenne à vocation balnéaire. In : Rail Passion, N. 144, Octobre 2009, p. 46 – 51.

Christophe Neff, Port Leucate le 14.10.2009

Quelques nouvelles de Grünstadt (26.9.2009)

Le temps passe et les paysages coulent devant mes yeux durant mes trajets entre Grünstadt et Karlsruhe. Je passe à peu près trois heures en voiture pour rejoindre mon lieu de travail . Difficile dans ces circonstances de trouver le temps pour s’occuper de son blog. La valse des voyages d’études a aussi repris, – une journée de terrain sur les risques de feux de forêts dans la forêt de Schwetzingen (Schwetzinger Wald) – plusieurs journées avec sorties de terrains sur les changements globaux en Forêt Noire (Moyenne Forêt Noire & Fohrenbühl ). Ici aussi échange de réflexions avec étudiants et experts forestiers sur « changements de paysages – abandon de l’agriculture traditionnelle » – et les conséquences pour les paysages de moyenne montagne en Europe – embroussaillement, fermeture du paysage, néophytes, changements climatiques et augementations des risques de feux de forêts. Dans ce contexte nous avons visitées le site de l‘ incendie de Hornberg de avril 1997 – un des derniers incendies de Forêt Noire ou la television allemande (Br3) avait il y a quelques années tournée un film sur les consequences écologiques des incendies de forêt . En dehors de cela , il ne reste guère de temps pour m’occuper du blog.

En ce qui concerne le blog , le billet « Petite note personnelle sur une ancienne photo de Hussigny (25.7.2009) « – a fait ressurgir des souches familiales franco-italiennes de la petite Italie de Hussigny . Il faudrait vraiment un jour que j’aille visiter ce pays imaginaire de mon enfance, – récit de paysages de mes grands-parents franco italiens, récits de mon arrière grand-père – l’oncle Quequino de J.F Gelezuinas – pour nous, c’était simplement le nono qui nous racontait aussi bien à Eckbolsheim qu’à Aubord ses aventures entre Hussigny, le lac de Constance, la Serbie et la jeune Italie. J’avais même ,pendant ma longue convalescence relu, le livre des deux Agarant (1992) sur la guerre et la résistance à Hussigny pour me rapprocher un peu de ce paysage. Dans ce petit ouvrage on les retrouve tous – les Migliori, les Casciola, – tous ces immigrés italiens réunis dans la résistance – qu’il soit communistes, de gauche ou même d’extrême gauche.

« En juin 1943, écrit A.Beyhurst, ordre me fut donné de rassembler à Hussigny, en un seul mouvement, sous ma responsabilité, tous ces résistants isolés ou groupés en petit noyaux : F.T.P., Ceux de la Résistance, Libération Nord, Mouvement Lorraine etc.

Il existait tout un noyau d’extrême gauche dont les chefs étaient Fernand Casciola et J.Migliori avec Hilaire Balducci, F.T.P., Mirgaine Léon, René Ribière, Cardinal Vincent, Vesperini etc. (Agarant & Agarant, 1992 p.93). »

Et naturellement Libéro Casciola , – l’histoire du cousin – comme ma grand mère m’avait tant de fois raconté – Libéro Casciola mort en déportation à Bergen-Belsen. Tout cela ressurgit en lisant le commentaire de J.F. Gelezuinas sur l’ancienne photo de Hussigny .

En ce qui concerne l’ancrage de gauche de mes ancêtres franco-italiens – j’ai l’impression que mon cœur politique bat encore entièrement à gauche, – gauche de tendances grand S comme Socialiste. Ayant l’impression que la section locale du SPD à Grünstadt ne faisait vraiment rien pour appuyer le candidat de la SPD pour le Bundestag Dr. Wolfgang Ressmann (Circonscription de Neustadt-Speyer) – je viens de lancer une annonce de publicité (à mes frais personnels) pour Wolfgang Ressmann – mit der roten Berta nach Berlin – dans le journal régional , la « Unterhaardter Rundschau ».

Mit der roten Berta nach Berlin – avec la Berta rouge à Berlin – mon annonce publicitaire de soutien pour le candidat SPD Dr. Wolfgang Ressmann paru dans la Unterhaardter Rundschau (pages locale du Leiningerland de la Rheinpfalz) le Samedi 26.9.2009.

La « Bundestagswahl » ne semble guère intéresser les barons locaux de la SPD à Grünstadt, – aujourd’hui‘ hui jour de la « Ré-inauguration de la zone piétonnière de Grünstadt » – on aurait pu s’attendre à un dernier stand de la SPD – mais rien – apparemment la Bundestagswahl ne méritait pas ce petit effort.

Espérons que malgré cela – la journée du 27.9.2009 ne sonnera pas le glas de la social-démocratie allemand, – die alte Tante SPD – la vielle tante SPD comme on dit en allemand. Car ce pays a besoin d’une social-démocratie forte et vivante – car les grands-prêtres de la « théocratie du libéralisme » après un petit repli stratégique dû à l’« effet Lehmannbrothers » préparent déjà leur grand retour.

Bibliographie:

Agarant, R., Agarant, D. (1992) : Un village lorrain dans la guerre – Hussigny- Godbrange 1939-1944. Pont – a – Mousson (Passe-Present-Futur), ISBN 2-9506-451-0-0.

Christophe Neff, Grünstadt le 26.9.2009

Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente)

Depuis des années déjà je, nous sommes des habitués de l’émission Thalassa sur fr3. Thalassa est aussi une sorte de fenêtre pour nous à Grünstadt vers le monde francophone. A part Thalassa, parfois « Eisenbahnromantik » sur SWR , je ne regarde presque pas de Télé : j’ai bien l’impression que la télé publique à part Arte, que se soit en Allemagne ou en France, approche malheureusement la « Volksverdummung (traduction francaise = abêtissement du peuple)» systématique – et des Télés privées n‘ en parlons pas ! Le dernier téléfilm que j’ai regardé fut Villa Jasmin, téléfilm auquel j’avais même dédié un petit billet dans ce blog. L’émission « Thalassa en expédition – escale à Lisbonne » fut vraiment réussie, le reportage « les voleuses de sable » fut particulièrement émouvant.

Une petite discordance sur le site internet Thalassa : si on veut revoir les films & reportages depuis l’Allemagne on lit « Vous ne pouvez pas visualiser ce programme – car il n’est accessible que depuis les pays membre de l’union européenne des Radio – Télévision ». Grünstadt se trouve en Allemagne, et l’Allemagne est membre de l’union européenne des Radio – Télévision – donc il devrait être possible de visualiser les reportages de Thalassa ! ( Dans ce contexte voire le commentaire de famillenounouneffFrance Télévision et l’Union europénne „)

Une petite partie des reportages fut dédiée au Cap Saint – Vincent, à Sagres et à la Costa Vicentina, région que je connais assez bien, car j’y avais effectué une partie de mes travaux de terrain (entre 1995-1999) pour ma thèse de doctorat – quelques description géobotaniques des paysages de ces régions se retrouvent dans Neff (2000). La dernière fois que j`y fis un stage de terrain, ce fut une prospection géobotanique en 2001 et depuis ,si on suit les images des reportages de Thalassa du 11.9.2009, beaucoup de choses on bien changé. Dans les années 1990, on pouvait encore considérer que la Costa Vicentina était peut être la seule côte de l’atlantique européen sans nuisances humaines – une sorte de côte vierge en marge de l’Europe de consommation : pas de tourisme, pas d’infrastructures touristiques, pas d´ infrastructures industrielles , on se croyait dans un autre monde. Décidément les choses on bien changé : Sagres ,le Cap San Vincent ,la Costa Vicentina sont maintenant aussi devenus une proie pour la littoralisation galopante. Personnellement. je crois que cette littoralisation est pour nos côtes européennes un danger aussi important que ces fameux changements climatiques qui remplissent les pages des médias. En ce qui concerne la méditerranée, je l’ait démontré pour la Tunisie (2006, 2007) – mais le diagnostique est à mon avis valable pour une très grande partie des côtes méditerranéennes. Je considère la littoralisation massive (et dans une moindre mesure la californisation) des côtes méditerranéennes comme un des principaux risques environnementaux des décennies à venir. (Je viens de tenir une conférence sur le sujet à Karlsruhe au sein de la Tüxen-Gesellschaft (5.9.2009) sur le sujet (Neff 2009)) On nous parle beaucoup de changements climatiques, :la littoralisation galopante des côtes de l’Europe du Sud, le début de ce processus dans les pays du Maghreb est aussi un sujet environnemental alarmant – et si on finit par se réveiller quand le dernier centimètre de côte méditerranéenne sera bétonné , il sera trop tard. Voir à quel point Sagres, le Capo São Vicente, la Costa Vicentina sont en train devenir une proie pour cette littoralisation galopante, cette faim incessante de bouffer, de dévorer du paysage à l’aveuglette , voir tout cela laisse perplexe. En matière d’environnement côtier on semble vraiment n´avoir rien appris pendant les dernières décennies.

Dommage !

Sources :

Neff, C. (2000): MEDGROW – Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftswandel im Mittelmeerraum. Mannheimer Geographische Arbeiten, H. 52, Mannheim (Dissertation/PHD-Thesis). (ISBN 3-923750-80-3)

Neff, C. (2006) : Projections Ecosystèmes tunisiens 2030, (Resumé révisé de L’EXPOSE <<Projections Ecosystèmes tunisiens 2030>> tenu le 6.7.2006 à Sidi Bou Said) Karlsruhe.

NEFF, C., ALOUI, A., EL HAMROUNI, A., SOUISSI, A. , GROSSMANN, A. (2007) : Ecosystèmes. In : République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Eds.) : « Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques », Cahier 7, Rapport des groupes d‘ experts, p. 33- 43.

Neff, C. (2009): Global Change Prozesse in Tunesien – eine Vorschau auf 2030. Vortrag im Rahmen des 9. Workshop des Arbeitskreises Biomonitoring/ Global Change der Reinhold – Tüxen-Gesellschaft vom 04. – 06. September 2009 in der Pädagogischen Hochschule Karlsruhe unter dem Thema: Biomonitoring und Global Change – Arten, Biotope und Landschaften im Wandel -.

Christophe Neff, Grünstadt le 13.9.2009

Des nouvelles du Kangourou de Grünstadt (22.8.2009)

Eh bien oui, le kangourou de Grünstadt semble bien exister : pour mes lecteurs allemands j’ai déjà publié un long billet « Das Grünstadter Känguru nun auch in Gerolsheim « voici une version très raccourcie pour mes lecteurs francophones.

Comme le kangourou de Grünstadt fut photographié, voici la photo dans l’article « Einsames Beuteltier der Pfalz » dans la Wormser Zeitung, les experts des jardins zoologiques de Landau et de Kaiserlautern ont pu déterminer l’espèce. Le Kangourou de Grünstadt est un Wallaby de Bennett, une sous-espèce du Wallaby à cou rouge.

En faisant un peu de recherches sur l’espèce, j’ai découvert qu’il existait en France une petite population de Wallaby de Bennett naturalisée dans la forêt de Rambouillet. Des kangourous naturalisés en France, je reconnais bien que je n’en avais jamais entendu parler ! Le Centre d’étude de Rambouillet et de sa Forêt a même dédié une page web « Enquête sur le Wallaby de Bennett en Forêt d’Yvelines » aux Wallaby de la Forêt de Rambouillet. Le Wallaby de Grünstadt n’aura certainement pas la chance d’être le début de naturalisation des Wallaby dans le Leiningerland , d‘ abord avec un individu seul on ne fonde pas une population et en plus, à en croire les medias ,ce Wallaby doit disparaître le plus vite possible des paysages des environs de Grünstadt, de la « Unterhaardt ». On se demande vraiment quel danger se cache derrière se pauvre Wallaby égaré entre vignes et forêts de la Unterhaardt !

Christophe Neff, Grünstadt le 22.8.2009

Le 19 août 1949 – le drame de la Forêt des Landes

« Le vendredi 19 août 1949 , à 14.57, la tour de guet de Biganos signale de la fumée « par 101 ». Une minute plus tard, celles de Béliet (maintenant Belin – Béliet) et de Cabanac (maintenant Cabanac-et-et-Villagrains) signalent aussi cette fumée « par 37 ». Le feu est ainsi repéré au Murat, dans la commune de Saucats (Gironde) (Deville 2009, 151)». Le début de l‘ incendie meurtrier de la Forêt des Landes, décrite dans le livre de Joan Deville « L’incendie meurtrier », livre que j‘ avais déjà décrit dans mon billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes »,incendie qui coûta la vie à 82 hommes – et dévasta plus de 50.000 ha de forêt de Pins ; cet incendie fut à mon avis le plus meurtrier de la proche histoire forestière européenne (200 ans en arrière).

Voyant sur WordPress Dashboard qu’il existe une véritable demande sur cet événement tragique , je me suis mis à écrire cette petite note. Je ne suis pas spécialiste de la forêt des Landes, je ne la connais même pas . J’aurais voulu m’y rendre durant mes vacances d’été – mais grâce à cet accident du 2.5.2009 ,il n y pas eu de vacances d’été ,ni de visite de la forêt des Landes. Les quelques petit jours de vacances qui me restent, je les passerai ici à Grünstadt en palatinat. Comme je l’ai écrit dans mon dernier bulletin « Le grand bouleau cesse d’émettre », les feux de forêts sont mon métier, je pourrais donc dire émettre un avis même si je ne connais pas les forêts des Landes. A mon avis,le livre de Joan Deville déjà décrit dans mon billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » est pour les lecteurs souhaitant un aperçu assez complet de l’incendie , le document de référence.

Pour les lecteurs souhaitant avoir une impression de témoin scientifique des années 1949/50 je suggère de lire deux articles de Revue forestière française qui a mis ses archives de 1949 – 2002 sur le web – plus précisément l‘ article « le drame de la Forêt Landaise » par P. LALLEMED et du même auteur l‘ article « la reconstitution des sols dans les landes des Gascogne ». Il serait certainement fort intéressant de voir dans quelle mesure les conseils d’aménagement forestier de Pierre Allemand de 1950, surtout en que concerne le choix des espèces, furent vraiment suivis sur le terrain. En lisant les deux articles de Pierre Allemand , on peut un peu se rendre compte à quel point ce feu de foret fut aussi un drame forestier, sylvicole – car tous ces aspects disons forestiers, environnementaux et écologiques ne sont pas le point fort du livre de Deville. Ajoutons dans ce contexte l’article d’Y.Lesgourgues sur l’incendie de Porge – Lacanau en 1989 . Donc assez de lecture de fonds disponible pour le lecteur désirant en savoir un peu plus sur l’incendie meurtrier de 1949. En ce qui concerne les conséquences , prévention anti incendie ,combat anti feu, je pense que les leçons nécessaires ont été bien appliquées en France! Personnellement je considère la DFCI (Défense contre l‘ incendie) à la française, les pompiers français, les bombardiers d‘ eau de la sécurité civile française, les patrouilles Dangel, comme un modèle de combat anti-feu pour le monde entier. Naturellement un modèle qui devrait être constamment remis en question et amélioré ! Dans ce contexte , l‘ analyse des risques d‘ incendies , (une démarche exemplaire qui pourrait aussi être mis en oeuvre dans les départements français connaissant un risque élevé de feux de forêt ) est le travail de Marco Conedera sur l‘ analyse des risques d‘ incendie de forêt dans le canton du Tessin « Implementing fire history and fire ecology in fire risk assessment: the study case of Canton Ticino (southern Switzerland) ». Ce travail publié en anglais contient aussi un résumé exhaustif en français. Je pense réellement que la « méthode Conedera » pourrait être une base pour une analyse de risque de feux de forêts pour un département français se situant dans la bande potentielle des paysages à risques de feux en France, bande qui contient les forêts des Landes, le midi méditerranéen, mais aussi les collines sous -vosgiennes, les forets rhénanes sèches de la Haardt etc.

Je finis ce billet en rappellent au lecteur que ce fut en France que l’analyse écologique du feu débuta, longtempst avant que le mot « fire-ecology » ne fusse inventé aux Etats-Unis. J’avais dans « Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Neff 1995) » consacré quelques pages à l’histoire de l’analyse scientifique des feux en France ,vers le milieu des années 1930 ,ce fut l’école de Nîmes, ce fut le livre de Kuhnholtz-Lordat (1938) « la terre incendie » qui en furent les pionniers. Tous cela semble être tombe un peu en oubli. Quant à une lecture moderne actuelle du problème de feux de forêt en France, je suggère au lecteur intéressé, comme je l‘ ai déjà fait dans, « Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines » et dans « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens » le livre édité par Benoit Garronne « le feu dans la nature ».

Je finis ce petit billet sur l’incendie de la Forêt des Landes d‘ août 1949 en espérant que les lecteurs désirant trouver des infos complémentaires sur les incendies historiques des années 1949 ne soient pas trop restés sur leur soif.

Sources et Littératures citées :

CZIKAN, M. (1990) : Historique et tactique d’emploi des aéronefs bombardiers d’eau de la sécurité civile française. In : Revue forestière française, 1990, 286 – 294.

Conedera, M. (2009): Implementing fire history and fire ecology in fire risk assessment: the study case of Canton Ticino (southern Switzerland). PHD-Thesis, Karlsruhe 2009. DOI: 10.5445/IR/1000011845

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Garrone, B. (2004) : Le feu dans la nature mythes et réalité. Prades -le- Lez (Les Ecologistes de l‘ Euzière), ISBN 2-906-128-17-1

GRELU, J.-L., MERCIER, J., RENAUD, J.-P. (1990) : Le patrouillage : une opération de prévention des incendies de forêts dans le Gard. In : Revue forestière française, 1990, 272 – 278.

Kuhnholtz-Lordat, G.(1938) : La Terre incendie – essai d‘ agronomie comparée. Nîmes.

Lallemand, P. (1949): La drame de la forêt landaise . In : Revue forestière francaise, 1949, N. 7, 305-309.

Lallemand, P. (1950) : La reconstitution des sols dans les Landes de Gascogne. In : Revue forestière française, 1950, N. 5, 274- 281.

LESGOURGUES, Y. (1990) : Réflexions concernant les problèmes DFCI des espaces forestiers landais à la lumière des incendies du Porge – Lacanau. In : Revue forestière française, 1990, 51 – 71.

Neff, C. (1995): Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) – eine geographische Analyse. Materialien zur Geographie 27, Mannheim. (ISBN 3-923750-50-1)

Christophe Neff, Grünstadt le 17.8.2009

Réflexion de géographie linguistique: le reportage du « Schweizer Fernsehen » sur le tournage du film « der große Kater » à Interlaken

img_0005der-grose-kater.1250514611.jpgEn préparant ma dernière note « La disparition annoncée de l’éditeur zurichois « Ammann », – et en rédigeant un article sur Thomas Hürlimann pour Wikipedia.fr : en fait, je trouvais que cet auteur suisse manquait cruellement sur wikipedia.fr, je découvris sur le site personnel de Thomas Hürlimann (ce site est aussi hébergé par la maison d’éditioné Amman) , un reportage de la télévision suisse (Schweizer Fernsehen) sur le tournage du film « der große Kater » avec Bruno Ganz, qui est l‘ adaptation cinématographique du roman éponyme de Thomas Hürlimann. En regardant le document, je me demandais qui, en Suisse romande, peut comprendre cette documentation en « Schwyzerdütsch » ?

A mon avis ; en Allemagne, à peu près les 2/3 de la population serait incapable de comprendre la totalité du document télévisé. Le Schwyzerdytsch deviendrait -il une langue germanique à part entière comme le Hollandais ?

En fait, de plus en plus d’interviews de personnalités suisses pour les chaînes allemandes sont sous-titrées en « Hochdeutsch » , car incompréhensibles pour une grande partie des téléspectateurs allemands. Personnellement je n’ai aucun problème avec le Schwyzerdütsch – car Schramberg où j’ai grandi se trouvait à cinq kilomètres de la frontière linguistique qui se situait dans ma jeunesse à Tennenbronn en Forêt Noire qui separait le souabe et l’alémanique. A Tennenbronn, on ne parlait plus le schwäbisch (le souabe) mais l’alemannisch (L’allemand alémanique) , Tennenbronn était d’un point vue linguistique beaucoup plus proche de Bâle ou de Schaffhouse que de Schramberg ou de Stuttgart ou de Tübingen. Ceci dit ,c’était la situation des années 1970, j’ignore la situation actuelle. (Une carte de la situation de 1950 se trouve ici) . Mais comme le Schwyzerdütsch dérive de plus en plus de dialecte en langue autonome , je me demande pourquoi le Kommissär Hunkeler (Hansjörg Schneider ), der große Kater, Mademoiselle Stark, Max Meier & Marie Katz (tous des figures littéraires de Hürlimann), Melnitz, Chanele Mir, Jean Meijer, Arthur Chajim Meijer (tous des figures littéraires de Charles Lewinsky tiré du roman Melnitz) parlent-ils tous Hochdeutsch, parfois même du Hochdeutsch parsemé de mots français.

Il s’agit , précisons-bien, de productions littéraires récentes, la plus ancienne, le roman « der große Kater » a à peine plus de 12 ans. Y aurait-il une discordance entre réalité linguistique et production littéraire en suisse alémanique ?

Non, diront les experts, il s’agit seulement d’une forte diglossie en Suisse alémanique entre le Schriftdeutsch et le Schwyzerdeutsch. Mais n’étant pas expert, mais seulement simple observateur, je me demande où cela va finir !

Notons qu’à part les figures issues du roman Melnitz de Charles Lewinsky (qui existe en traduction française – la traduction française a reçu le Prix Litteraire Lipp Suisse 2009 ) – toutes les autres font partie du monde littéraire des éditons Ammann, maison d‘ édition zurichoise, qui vient d‘ annoncer sa « disparition » pour l‘ hiver 2010 – voir mon dernier billet – ou le billet Edition : chronique d’une mort annoncée de la république des livres. Notons aussi, que j’ai beaucoup de mal à suivre la discussion suivant le billet de Pierre Assouline sur la disparition de la maison d’édition Ammann. Dans certaines des contributions il m’est vraiment difficile de cerner le message, même de voir le rapport avec le billet original qui traite de la « disparition annoncée de la maison Ammann ». Peut être les contributeurs de commentaires aimeraient- ils seulement laisser des traces sur un des blogs les plus lus en France ?

Revenons sur la compréhension du Schwyzerdütsch – les Suisses romands avec ce qu’ils apprennent comme allemand à l’école sont-ils vraiment capables de comprendre leurs compatriotes de Suisse alémanique , comment font- ils si une grande partie des allemands ne comprennent plus le « Schwyzerdütsch ». Qui en suisse romande, qui en Allemagne peut encore l comprendre un reportage comme celui-ci, « Kurzreportage des Schweizer Fernsehens über die Dreharbeiten zum Film der große Kater » ? Naturellement le SF, das Schweizer Fernsehen, s’adresse seulement au public de suisse alémanique. Mais ceci n’interdit pas des questions sur l’avenir de la langue allemande , car si cela continue ainsi, le jour viendra où peut -être les habitants du Oberwallis et du Schleswig-Holstein ne pourront plus que communiquer en utilisant l’anglais ?

Que ceci ne relève pas de la fiction lointaine – nous montre Spiegel-online « Bloß nicht nach Niederbayern » les écoliers dans le District de Basse-Bavière (Niederbayern) ne peuvent plus communiquer avec leurs enseignants car les « maitres » ne comprennent plus leurs élèves parlant un allemand très dialectal ou tout simplement un bavarois tout cru !

Christophe Neff, Grünstadt le 15.8.2009

La Schramberger Majolika Fabrik – la Céramique de Schramberg sur wikipedia.fr

Pour une fois Wikipedia.fr fait mieux que Wikipedia.de, ce qui est assez rare – donc cela mérite d‘ être noté dans un petit billet. Je viens de découvrir un article sur la Schramberger Majolika – l’article est nommé « Céramique de Schramberg » – mais on aurait dû plutôt l’intituler Schramberger Majolika Fabrik – SMF – ce fut le sigle officiel de la marque. L’article que l’utilisateur Patrik Charpiat a crée est encore un peu maigre, – il y a des informations importantes qui manquent,mais après tout un tel article sur la Schramberger Majolika jusqu’à ce jour manquait cruellement sur wikipedia.de – et il manque encore jusque à présent. (6.8.2009 10:20)

Le début de la Schramberger Majolika en 1820 comme Schramberger Steingut Fabrik (Faiences de Schramberg) fut le début de l’Industrialisation à Schramberg , – industrialisation qui amena les horloges et les montres Junghans et plus tard les chemins de Fer à Schramberg. La Schramberger Steingut fut fondée en 1820 par Isidor Faißt, en 1883 la Fabrique est achetée par Villeroy & Boch Mettlach und Utzschneider & Co , Sarreguemines – et en 1911 la Steingutfabrik est vendue aux chemins de Fer du Würtemberg (Königliche Württembergische Staatseisenbahn ) qui utilise une part du terrain de la Steingutfabrik pour agrandir la gare de marchandises de Schramberg. En 1912 ce fut Moritz Meyer qui racheta les terrains restants des chemins de fer du Würtemberg pour fonder une nouvelle société, une nouvelle fabrique – la Majolikafabrik Gebr. Meyer, qui fut renommée Schramberger Majolikafabrik GmbH en 1918. C’est avec Moritz Mayer que l’épopée de la Céramique de Schramberg débuta, – des noms comme Eva Zeisel , Eugenie Roth porteront le nom de la SMF autour du Monde. Mais l’histoire rattrapa les Gebrüder Meyer, étant juifs ils furent obligés de vendre la SMF au cours de campagne d‘Aryanisation en 1938 – et ils furent obligés à quitter Schramberg et à émigrer vers l’Angleterre. Moritz Meyer fut un des rares entrepreneur s juifs qui osèrent rentrer en Allemagne après la shoah – il reprendra la Schramberger Majolika en 1949. Moritz Mayer est décédé en 1970. La SMF malheureusement fut mise en liquidation judiciaire en 1988/89 – mais quelques restes de l‘usine subsistent dans le Schramberger Majolika Firmenpark. La fin de la SMF fut aussi décisive pour la ligne de chemins de Fers reliant Schramberg, à Schiltach et au reste du Monde -ayant perdu un de ses principaux clients, – la D.B. ferma la ligne de chemin de Fer Schramberg – Schiltach quelques mois plus tard. C‘ est ainsi qu’un chapitre d’histoire industrielle de la Forêt noire fut clos. Mais d’une certaine manière la SMF a quand même survécu – les céramiques de Schramberger Majolika – la SMF – sont des objets appréciés et recherchés par les collectionneurs de céramiques.

Sources :

Museums und Geschichtsverein Schramberg, Grosse Kreisstadt Schramberg (Eds.): Schramberg – Adelsherrschaft – Marktflecken- Industriestadt. Schramberg, ISBN 3-98077406-3-3

Stadt Schramberg (Ed): Das ist Schramberg. Die Uhren und Fünftälerstadt im Schwarzwald. Schramberg 1967

Christophe Neff, Grünstadt le 6.8.2009