Quelques nouvelles de Grünstadt (26.9.2009)

Le temps passe et les paysages coulent devant mes yeux durant mes trajets entre Grünstadt et Karlsruhe. Je passe à peu près trois heures en voiture pour rejoindre mon lieu de travail . Difficile dans ces circonstances de trouver le temps pour s’occuper de son blog. La valse des voyages d’études a aussi repris, – une journée de terrain sur les risques de feux de forêts dans la forêt de Schwetzingen (Schwetzinger Wald) – plusieurs journées avec sorties de terrains sur les changements globaux en Forêt Noire (Moyenne Forêt Noire & Fohrenbühl ). Ici aussi échange de réflexions avec étudiants et experts forestiers sur « changements de paysages – abandon de l’agriculture traditionnelle » – et les conséquences pour les paysages de moyenne montagne en Europe – embroussaillement, fermeture du paysage, néophytes, changements climatiques et augementations des risques de feux de forêts. Dans ce contexte nous avons visitées le site de l‘ incendie de Hornberg de avril 1997 – un des derniers incendies de Forêt Noire ou la television allemande (Br3) avait il y a quelques années tournée un film sur les consequences écologiques des incendies de forêt . En dehors de cela , il ne reste guère de temps pour m’occuper du blog.

En ce qui concerne le blog , le billet « Petite note personnelle sur une ancienne photo de Hussigny (25.7.2009) « – a fait ressurgir des souches familiales franco-italiennes de la petite Italie de Hussigny . Il faudrait vraiment un jour que j’aille visiter ce pays imaginaire de mon enfance, – récit de paysages de mes grands-parents franco italiens, récits de mon arrière grand-père – l’oncle Quequino de J.F Gelezuinas – pour nous, c’était simplement le nono qui nous racontait aussi bien à Eckbolsheim qu’à Aubord ses aventures entre Hussigny, le lac de Constance, la Serbie et la jeune Italie. J’avais même ,pendant ma longue convalescence relu, le livre des deux Agarant (1992) sur la guerre et la résistance à Hussigny pour me rapprocher un peu de ce paysage. Dans ce petit ouvrage on les retrouve tous – les Migliori, les Casciola, – tous ces immigrés italiens réunis dans la résistance – qu’il soit communistes, de gauche ou même d’extrême gauche.

« En juin 1943, écrit A.Beyhurst, ordre me fut donné de rassembler à Hussigny, en un seul mouvement, sous ma responsabilité, tous ces résistants isolés ou groupés en petit noyaux : F.T.P., Ceux de la Résistance, Libération Nord, Mouvement Lorraine etc.

Il existait tout un noyau d’extrême gauche dont les chefs étaient Fernand Casciola et J.Migliori avec Hilaire Balducci, F.T.P., Mirgaine Léon, René Ribière, Cardinal Vincent, Vesperini etc. (Agarant & Agarant, 1992 p.93). »

Et naturellement Libéro Casciola , – l’histoire du cousin – comme ma grand mère m’avait tant de fois raconté – Libéro Casciola mort en déportation à Bergen-Belsen. Tout cela ressurgit en lisant le commentaire de J.F. Gelezuinas sur l’ancienne photo de Hussigny .

En ce qui concerne l’ancrage de gauche de mes ancêtres franco-italiens – j’ai l’impression que mon cœur politique bat encore entièrement à gauche, – gauche de tendances grand S comme Socialiste. Ayant l’impression que la section locale du SPD à Grünstadt ne faisait vraiment rien pour appuyer le candidat de la SPD pour le Bundestag Dr. Wolfgang Ressmann (Circonscription de Neustadt-Speyer) – je viens de lancer une annonce de publicité (à mes frais personnels) pour Wolfgang Ressmann – mit der roten Berta nach Berlin – dans le journal régional , la « Unterhaardter Rundschau ».

Mit der roten Berta nach Berlin – avec la Berta rouge à Berlin – mon annonce publicitaire de soutien pour le candidat SPD Dr. Wolfgang Ressmann paru dans la Unterhaardter Rundschau (pages locale du Leiningerland de la Rheinpfalz) le Samedi 26.9.2009.

La « Bundestagswahl » ne semble guère intéresser les barons locaux de la SPD à Grünstadt, – aujourd’hui‘ hui jour de la « Ré-inauguration de la zone piétonnière de Grünstadt » – on aurait pu s’attendre à un dernier stand de la SPD – mais rien – apparemment la Bundestagswahl ne méritait pas ce petit effort.

Espérons que malgré cela – la journée du 27.9.2009 ne sonnera pas le glas de la social-démocratie allemand, – die alte Tante SPD – la vielle tante SPD comme on dit en allemand. Car ce pays a besoin d’une social-démocratie forte et vivante – car les grands-prêtres de la « théocratie du libéralisme » après un petit repli stratégique dû à l’« effet Lehmannbrothers » préparent déjà leur grand retour.

Bibliographie:

Agarant, R., Agarant, D. (1992) : Un village lorrain dans la guerre – Hussigny- Godbrange 1939-1944. Pont – a – Mousson (Passe-Present-Futur), ISBN 2-9506-451-0-0.

Christophe Neff, Grünstadt le 26.9.2009

Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente)

Depuis des années déjà je, nous sommes des habitués de l’émission Thalassa sur fr3. Thalassa est aussi une sorte de fenêtre pour nous à Grünstadt vers le monde francophone. A part Thalassa, parfois « Eisenbahnromantik » sur SWR , je ne regarde presque pas de Télé : j’ai bien l’impression que la télé publique à part Arte, que se soit en Allemagne ou en France, approche malheureusement la « Volksverdummung (traduction francaise = abêtissement du peuple)» systématique – et des Télés privées n‘ en parlons pas ! Le dernier téléfilm que j’ai regardé fut Villa Jasmin, téléfilm auquel j’avais même dédié un petit billet dans ce blog. L’émission « Thalassa en expédition – escale à Lisbonne » fut vraiment réussie, le reportage « les voleuses de sable » fut particulièrement émouvant.

Une petite discordance sur le site internet Thalassa : si on veut revoir les films & reportages depuis l’Allemagne on lit « Vous ne pouvez pas visualiser ce programme – car il n’est accessible que depuis les pays membre de l’union européenne des Radio – Télévision ». Grünstadt se trouve en Allemagne, et l’Allemagne est membre de l’union européenne des Radio – Télévision – donc il devrait être possible de visualiser les reportages de Thalassa ! ( Dans ce contexte voire le commentaire de famillenounouneffFrance Télévision et l’Union europénne „)

Une petite partie des reportages fut dédiée au Cap Saint – Vincent, à Sagres et à la Costa Vicentina, région que je connais assez bien, car j’y avais effectué une partie de mes travaux de terrain (entre 1995-1999) pour ma thèse de doctorat – quelques description géobotaniques des paysages de ces régions se retrouvent dans Neff (2000). La dernière fois que j`y fis un stage de terrain, ce fut une prospection géobotanique en 2001 et depuis ,si on suit les images des reportages de Thalassa du 11.9.2009, beaucoup de choses on bien changé. Dans les années 1990, on pouvait encore considérer que la Costa Vicentina était peut être la seule côte de l’atlantique européen sans nuisances humaines – une sorte de côte vierge en marge de l’Europe de consommation : pas de tourisme, pas d’infrastructures touristiques, pas d´ infrastructures industrielles , on se croyait dans un autre monde. Décidément les choses on bien changé : Sagres ,le Cap San Vincent ,la Costa Vicentina sont maintenant aussi devenus une proie pour la littoralisation galopante. Personnellement. je crois que cette littoralisation est pour nos côtes européennes un danger aussi important que ces fameux changements climatiques qui remplissent les pages des médias. En ce qui concerne la méditerranée, je l’ait démontré pour la Tunisie (2006, 2007) – mais le diagnostique est à mon avis valable pour une très grande partie des côtes méditerranéennes. Je considère la littoralisation massive (et dans une moindre mesure la californisation) des côtes méditerranéennes comme un des principaux risques environnementaux des décennies à venir. (Je viens de tenir une conférence sur le sujet à Karlsruhe au sein de la Tüxen-Gesellschaft (5.9.2009) sur le sujet (Neff 2009)) On nous parle beaucoup de changements climatiques, :la littoralisation galopante des côtes de l’Europe du Sud, le début de ce processus dans les pays du Maghreb est aussi un sujet environnemental alarmant – et si on finit par se réveiller quand le dernier centimètre de côte méditerranéenne sera bétonné , il sera trop tard. Voir à quel point Sagres, le Capo São Vicente, la Costa Vicentina sont en train devenir une proie pour cette littoralisation galopante, cette faim incessante de bouffer, de dévorer du paysage à l’aveuglette , voir tout cela laisse perplexe. En matière d’environnement côtier on semble vraiment n´avoir rien appris pendant les dernières décennies.

Dommage !

Sources :

Neff, C. (2000): MEDGROW – Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftswandel im Mittelmeerraum. Mannheimer Geographische Arbeiten, H. 52, Mannheim (Dissertation/PHD-Thesis). (ISBN 3-923750-80-3)

Neff, C. (2006) : Projections Ecosystèmes tunisiens 2030, (Resumé révisé de L’EXPOSE <<Projections Ecosystèmes tunisiens 2030>> tenu le 6.7.2006 à Sidi Bou Said) Karlsruhe.

NEFF, C., ALOUI, A., EL HAMROUNI, A., SOUISSI, A. , GROSSMANN, A. (2007) : Ecosystèmes. In : République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Eds.) : « Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques », Cahier 7, Rapport des groupes d‘ experts, p. 33- 43.

Neff, C. (2009): Global Change Prozesse in Tunesien – eine Vorschau auf 2030. Vortrag im Rahmen des 9. Workshop des Arbeitskreises Biomonitoring/ Global Change der Reinhold – Tüxen-Gesellschaft vom 04. – 06. September 2009 in der Pädagogischen Hochschule Karlsruhe unter dem Thema: Biomonitoring und Global Change – Arten, Biotope und Landschaften im Wandel -.

Christophe Neff, Grünstadt le 13.9.2009

Des nouvelles du Kangourou de Grünstadt (22.8.2009)

Eh bien oui, le kangourou de Grünstadt semble bien exister : pour mes lecteurs allemands j’ai déjà publié un long billet « Das Grünstadter Känguru nun auch in Gerolsheim « voici une version très raccourcie pour mes lecteurs francophones.

Comme le kangourou de Grünstadt fut photographié, voici la photo dans l’article « Einsames Beuteltier der Pfalz » dans la Wormser Zeitung, les experts des jardins zoologiques de Landau et de Kaiserlautern ont pu déterminer l’espèce. Le Kangourou de Grünstadt est un Wallaby de Bennett, une sous-espèce du Wallaby à cou rouge.

En faisant un peu de recherches sur l’espèce, j’ai découvert qu’il existait en France une petite population de Wallaby de Bennett naturalisée dans la forêt de Rambouillet. Des kangourous naturalisés en France, je reconnais bien que je n’en avais jamais entendu parler ! Le Centre d’étude de Rambouillet et de sa Forêt a même dédié une page web « Enquête sur le Wallaby de Bennett en Forêt d’Yvelines » aux Wallaby de la Forêt de Rambouillet. Le Wallaby de Grünstadt n’aura certainement pas la chance d’être le début de naturalisation des Wallaby dans le Leiningerland , d‘ abord avec un individu seul on ne fonde pas une population et en plus, à en croire les medias ,ce Wallaby doit disparaître le plus vite possible des paysages des environs de Grünstadt, de la « Unterhaardt ». On se demande vraiment quel danger se cache derrière se pauvre Wallaby égaré entre vignes et forêts de la Unterhaardt !

Christophe Neff, Grünstadt le 22.8.2009

Le 19 août 1949 – le drame de la Forêt des Landes

« Le vendredi 19 août 1949 , à 14.57, la tour de guet de Biganos signale de la fumée « par 101 ». Une minute plus tard, celles de Béliet (maintenant Belin – Béliet) et de Cabanac (maintenant Cabanac-et-et-Villagrains) signalent aussi cette fumée « par 37 ». Le feu est ainsi repéré au Murat, dans la commune de Saucats (Gironde) (Deville 2009, 151)». Le début de l‘ incendie meurtrier de la Forêt des Landes, décrite dans le livre de Joan Deville « L’incendie meurtrier », livre que j‘ avais déjà décrit dans mon billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes »,incendie qui coûta la vie à 82 hommes – et dévasta plus de 50.000 ha de forêt de Pins ; cet incendie fut à mon avis le plus meurtrier de la proche histoire forestière européenne (200 ans en arrière).

Voyant sur WordPress Dashboard qu’il existe une véritable demande sur cet événement tragique , je me suis mis à écrire cette petite note. Je ne suis pas spécialiste de la forêt des Landes, je ne la connais même pas . J’aurais voulu m’y rendre durant mes vacances d’été – mais grâce à cet accident du 2.5.2009 ,il n y pas eu de vacances d’été ,ni de visite de la forêt des Landes. Les quelques petit jours de vacances qui me restent, je les passerai ici à Grünstadt en palatinat. Comme je l’ai écrit dans mon dernier bulletin « Le grand bouleau cesse d’émettre », les feux de forêts sont mon métier, je pourrais donc dire émettre un avis même si je ne connais pas les forêts des Landes. A mon avis,le livre de Joan Deville déjà décrit dans mon billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » est pour les lecteurs souhaitant un aperçu assez complet de l’incendie , le document de référence.

Pour les lecteurs souhaitant avoir une impression de témoin scientifique des années 1949/50 je suggère de lire deux articles de Revue forestière française qui a mis ses archives de 1949 – 2002 sur le web – plus précisément l‘ article « le drame de la Forêt Landaise » par P. LALLEMED et du même auteur l‘ article « la reconstitution des sols dans les landes des Gascogne ». Il serait certainement fort intéressant de voir dans quelle mesure les conseils d’aménagement forestier de Pierre Allemand de 1950, surtout en que concerne le choix des espèces, furent vraiment suivis sur le terrain. En lisant les deux articles de Pierre Allemand , on peut un peu se rendre compte à quel point ce feu de foret fut aussi un drame forestier, sylvicole – car tous ces aspects disons forestiers, environnementaux et écologiques ne sont pas le point fort du livre de Deville. Ajoutons dans ce contexte l’article d’Y.Lesgourgues sur l’incendie de Porge – Lacanau en 1989 . Donc assez de lecture de fonds disponible pour le lecteur désirant en savoir un peu plus sur l’incendie meurtrier de 1949. En ce qui concerne les conséquences , prévention anti incendie ,combat anti feu, je pense que les leçons nécessaires ont été bien appliquées en France! Personnellement je considère la DFCI (Défense contre l‘ incendie) à la française, les pompiers français, les bombardiers d‘ eau de la sécurité civile française, les patrouilles Dangel, comme un modèle de combat anti-feu pour le monde entier. Naturellement un modèle qui devrait être constamment remis en question et amélioré ! Dans ce contexte , l‘ analyse des risques d‘ incendies , (une démarche exemplaire qui pourrait aussi être mis en oeuvre dans les départements français connaissant un risque élevé de feux de forêt ) est le travail de Marco Conedera sur l‘ analyse des risques d‘ incendie de forêt dans le canton du Tessin « Implementing fire history and fire ecology in fire risk assessment: the study case of Canton Ticino (southern Switzerland) ». Ce travail publié en anglais contient aussi un résumé exhaustif en français. Je pense réellement que la « méthode Conedera » pourrait être une base pour une analyse de risque de feux de forêts pour un département français se situant dans la bande potentielle des paysages à risques de feux en France, bande qui contient les forêts des Landes, le midi méditerranéen, mais aussi les collines sous -vosgiennes, les forets rhénanes sèches de la Haardt etc.

Je finis ce billet en rappellent au lecteur que ce fut en France que l’analyse écologique du feu débuta, longtempst avant que le mot « fire-ecology » ne fusse inventé aux Etats-Unis. J’avais dans « Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Neff 1995) » consacré quelques pages à l’histoire de l’analyse scientifique des feux en France ,vers le milieu des années 1930 ,ce fut l’école de Nîmes, ce fut le livre de Kuhnholtz-Lordat (1938) « la terre incendie » qui en furent les pionniers. Tous cela semble être tombe un peu en oubli. Quant à une lecture moderne actuelle du problème de feux de forêt en France, je suggère au lecteur intéressé, comme je l‘ ai déjà fait dans, « Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines » et dans « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens » le livre édité par Benoit Garronne « le feu dans la nature ».

Je finis ce petit billet sur l’incendie de la Forêt des Landes d‘ août 1949 en espérant que les lecteurs désirant trouver des infos complémentaires sur les incendies historiques des années 1949 ne soient pas trop restés sur leur soif.

Sources et Littératures citées :

CZIKAN, M. (1990) : Historique et tactique d’emploi des aéronefs bombardiers d’eau de la sécurité civile française. In : Revue forestière française, 1990, 286 – 294.

Conedera, M. (2009): Implementing fire history and fire ecology in fire risk assessment: the study case of Canton Ticino (southern Switzerland). PHD-Thesis, Karlsruhe 2009.

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Garrone, B. (2004) : Le feu dans la nature mythes et réalité. Prades -le- Lez (Les Ecologistes de l‘ Euzière), ISBN 2-906-128-17-1

GRELU, J.-L., MERCIER, J., RENAUD, J.-P. (1990) : Le patrouillage : une opération de prévention des incendies de forêts dans le Gard. In : Revue forestière française, 1990, 272 – 278.

Kuhnholtz-Lordat, G.(1938) : La Terre incendie – essai d‘ agronomie comparée. Nîmes.

Lallemand, P. (1949): La drame de la forêt landaise . In : Revue forestière francaise, 1949, N. 7, 305-309.

Lallemand, P. (1950) : La reconstitution des sols dans les Landes de Gascogne. In : Revue forestière française, 1950, N. 5, 274- 281.

LESGOURGUES, Y. (1990) : Réflexions concernant les problèmes DFCI des espaces forestiers landais à la lumière des incendies du Porge – Lacanau. In : Revue forestière française, 1990, 51 – 71.

Neff, C. (1995): Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) – eine geographische Analyse. Materialien zur Geographie 27, Mannheim. (ISBN 3-923750-50-1)

Christophe Neff, Grünstadt le 17.8.2009

Réflexion de géographie linguistique: le reportage du « Schweizer Fernsehen » sur le tournage du film « der große Kater » à Interlaken

img_0005der-grose-kater.1250514611.jpgEn préparant ma dernière note « La disparition annoncée de l’éditeur zurichois « Ammann », – et en rédigeant un article sur Thomas Hürlimann pour Wikipedia.fr : en fait, je trouvais que cet auteur suisse manquait cruellement sur wikipedia.fr, je découvris sur le site personnel de Thomas Hürlimann (ce site est aussi hébergé par la maison d’éditioné Amman) , un reportage de la télévision suisse (Schweizer Fernsehen) sur le tournage du film « der große Kater » avec Bruno Ganz, qui est l‘ adaptation cinématographique du roman éponyme de Thomas Hürlimann. En regardant le document, je me demandais qui, en Suisse romande, peut comprendre cette documentation en « Schwyzerdütsch » ?

A mon avis ; en Allemagne, à peu près les 2/3 de la population serait incapable de comprendre la totalité du document télévisé. Le Schwyzerdytsch deviendrait -il une langue germanique à part entière comme le Hollandais ?

En fait, de plus en plus d’interviews de personnalités suisses pour les chaînes allemandes sont sous-titrées en « Hochdeutsch » , car incompréhensibles pour une grande partie des téléspectateurs allemands. Personnellement je n’ai aucun problème avec le Schwyzerdütsch – car Schramberg où j’ai grandi se trouvait à cinq kilomètres de la frontière linguistique qui se situait dans ma jeunesse à Tennenbronn en Forêt Noire qui separait le souabe et l’alémanique. A Tennenbronn, on ne parlait plus le schwäbisch (le souabe) mais l’alemannisch (L’allemand alémanique) , Tennenbronn était d’un point vue linguistique beaucoup plus proche de Bâle ou de Schaffhouse que de Schramberg ou de Stuttgart ou de Tübingen. Ceci dit ,c’était la situation des années 1970, j’ignore la situation actuelle. (Une carte de la situation de 1950 se trouve ici) . Mais comme le Schwyzerdütsch dérive de plus en plus de dialecte en langue autonome , je me demande pourquoi le Kommissär Hunkeler (Hansjörg Schneider ), der große Kater, Mademoiselle Stark, Max Meier & Marie Katz (tous des figures littéraires de Hürlimann), Melnitz, Chanele Mir, Jean Meijer, Arthur Chajim Meijer (tous des figures littéraires de Charles Lewinsky tiré du roman Melnitz) parlent-ils tous Hochdeutsch, parfois même du Hochdeutsch parsemé de mots français.

Il s’agit , précisons-bien, de productions littéraires récentes, la plus ancienne, le roman « der große Kater » a à peine plus de 12 ans. Y aurait-il une discordance entre réalité linguistique et production littéraire en suisse alémanique ?

Non, diront les experts, il s’agit seulement d’une forte diglossie en Suisse alémanique entre le Schriftdeutsch et le Schwyzerdeutsch. Mais n’étant pas expert, mais seulement simple observateur, je me demande où cela va finir !

Notons qu’à part les figures issues du roman Melnitz de Charles Lewinsky (qui existe en traduction française – la traduction française a reçu le Prix Litteraire Lipp Suisse 2009 ) – toutes les autres font partie du monde littéraire des éditons Ammann, maison d‘ édition zurichoise, qui vient d‘ annoncer sa « disparition » pour l‘ hiver 2010 – voir mon dernier billet – ou le billet Edition : chronique d’une mort annoncée de la république des livres. Notons aussi, que j’ai beaucoup de mal à suivre la discussion suivant le billet de Pierre Assouline sur la disparition de la maison d’édition Ammann. Dans certaines des contributions il m’est vraiment difficile de cerner le message, même de voir le rapport avec le billet original qui traite de la « disparition annoncée de la maison Ammann ». Peut être les contributeurs de commentaires aimeraient- ils seulement laisser des traces sur un des blogs les plus lus en France ?

Revenons sur la compréhension du Schwyzerdütsch – les Suisses romands avec ce qu’ils apprennent comme allemand à l’école sont-ils vraiment capables de comprendre leurs compatriotes de Suisse alémanique , comment font- ils si une grande partie des allemands ne comprennent plus le « Schwyzerdütsch ». Qui en suisse romande, qui en Allemagne peut encore l comprendre un reportage comme celui-ci, « Kurzreportage des Schweizer Fernsehens über die Dreharbeiten zum Film der große Kater » ? Naturellement le SF, das Schweizer Fernsehen, s’adresse seulement au public de suisse alémanique. Mais ceci n’interdit pas des questions sur l’avenir de la langue allemande , car si cela continue ainsi, le jour viendra où peut -être les habitants du Oberwallis et du Schleswig-Holstein ne pourront plus que communiquer en utilisant l’anglais ?

Que ceci ne relève pas de la fiction lointaine – nous montre Spiegel-online « Bloß nicht nach Niederbayern » les écoliers dans le District de Basse-Bavière (Niederbayern) ne peuvent plus communiquer avec leurs enseignants car les « maitres » ne comprennent plus leurs élèves parlant un allemand très dialectal ou tout simplement un bavarois tout cru !

Christophe Neff, Grünstadt le 15.8.2009

La Schramberger Majolika Fabrik – la Céramique de Schramberg sur wikipedia.fr

Pour une fois Wikipedia.fr fait mieux que Wikipedia.de, ce qui est assez rare – donc cela mérite d‘ être noté dans un petit billet. Je viens de découvrir un article sur la Schramberger Majolika – l’article est nommé « Céramique de Schramberg » – mais on aurait dû plutôt l’intituler Schramberger Majolika Fabrik – SMF – ce fut le sigle officiel de la marque. L’article que l’utilisateur Patrik Charpiat a crée est encore un peu maigre, – il y a des informations importantes qui manquent,mais après tout un tel article sur la Schramberger Majolika jusqu’à ce jour manquait cruellement sur wikipedia.de – et il manque encore jusque à présent. (6.8.2009 10:20)

Le début de la Schramberger Majolika en 1820 comme Schramberger Steingut Fabrik (Faiences de Schramberg) fut le début de l’Industrialisation à Schramberg , – industrialisation qui amena les horloges et les montres Junghans et plus tard les chemins de Fer à Schramberg. La Schramberger Steingut fut fondée en 1820 par Isidor Faißt, en 1883 la Fabrique est achetée par Villeroy & Boch Mettlach und Utzschneider & Co , Sarreguemines – et en 1911 la Steingutfabrik est vendue aux chemins de Fer du Würtemberg (Königliche Württembergische Staatseisenbahn ) qui utilise une part du terrain de la Steingutfabrik pour agrandir la gare de marchandises de Schramberg. En 1912 ce fut Moritz Meyer qui racheta les terrains restants des chemins de fer du Würtemberg pour fonder une nouvelle société, une nouvelle fabrique – la Majolikafabrik Gebr. Meyer, qui fut renommée Schramberger Majolikafabrik GmbH en 1918. C’est avec Moritz Mayer que l’épopée de la Céramique de Schramberg débuta, – des noms comme Eva Zeisel , Eugenie Roth porteront le nom de la SMF autour du Monde. Mais l’histoire rattrapa les Gebrüder Meyer, étant juifs ils furent obligés de vendre la SMF au cours de campagne d‘Aryanisation en 1938 – et ils furent obligés à quitter Schramberg et à émigrer vers l’Angleterre. Moritz Meyer fut un des rares entrepreneur s juifs qui osèrent rentrer en Allemagne après la shoah – il reprendra la Schramberger Majolika en 1949. Moritz Mayer est décédé en 1970. La SMF malheureusement fut mise en liquidation judiciaire en 1988/89 – mais quelques restes de l‘usine subsistent dans le Schramberger Majolika Firmenpark. La fin de la SMF fut aussi décisive pour la ligne de chemins de Fers reliant Schramberg, à Schiltach et au reste du Monde -ayant perdu un de ses principaux clients, – la D.B. ferma la ligne de chemin de Fer Schramberg – Schiltach quelques mois plus tard. C‘ est ainsi qu’un chapitre d’histoire industrielle de la Forêt noire fut clos. Mais d’une certaine manière la SMF a quand même survécu – les céramiques de Schramberger Majolika – la SMF – sont des objets appréciés et recherchés par les collectionneurs de céramiques.

Sources :

Museums und Geschichtsverein Schramberg, Grosse Kreisstadt Schramberg (Eds.): Schramberg – Adelsherrschaft – Marktflecken- Industriestadt. Schramberg, ISBN 3-98077406-3-3

Stadt Schramberg (Ed): Das ist Schramberg. Die Uhren und Fünftälerstadt im Schwarzwald. Schramberg 1967

Christophe Neff, Grünstadt le 6.8.2009

Incendies et sécheresses répétés menacent les forêts – quelques mots sur l’article paru dans Le Monde.fr du 3.8.09

« Incendies et sécheresses répétés menacent les forêts » est le titre d’un article sur le Monde.fr, – un article de presse, à mon avis ,pour une fois de bonne qualité, ce qui est rare pour un article de presse sur les feux de forêts. Un article qui propose une petite esquisse assez complète sur l’état actuel de la recherche scientifique sur les feux de forêts. Néanmoins je trouve qu‘ on aurait pu ajouter une ou deux phrases sur le phénomène de « californisation », « suburbanisation et feux », « forest & urban interface » – car ce phénomène va devenir un des grand défis pour les pays du nord du pourtour méditerranéen comme la France ou l’Espagne ( Neff & Scheid 2005) et même pour les pays riverains de la façade sud méditerranéenne ne sont pas à l’abri du phénomène de californisation comme par exemple la Tunisie (Neff 2006) .

Un petit regret :la très bonne carte qui est présente sur l’article de la version papier ( Monde mardi 4 août p. 4 planète – ou version pdf) du Monde (p.4 Planète) manque dans la version le Monde.fr, ce que je considère comme une grande perte. La carte a le mérite de montrer aussi que l’Algérie est touchée par une série d’incendies cet été, une information qui est et reste jusqu’à présent presque confidentielle. En ce qui concerne l‘ article « En Espagne, résidus de bois et arbres calcinés servent à produire de l’électricité » sur la première usine thermoélectrique à base de biomasse forestière (sur la même page du Monde mardi 4 août p. 4 planète) ceci est à peu près sur la même longueur d‘ ondes que nos propositions (Neff & Scheid 2008, Neff 2007) pour la production de biocarburant en Tunisie. En faite deux articles de presse sur les incendies des forêts qui valent la peine d’être lu !

Sources et documents cités:

Neff, C. (2006) : Projections Ecosystèmes tunisiens 2030. Karlsruhe.

Neff, C. (2007): Note personnelle sur les perspectives et potentialités de production de biocarburants en Tunisie (21.12.2007), Grünstadt.

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Neff, C., Scheid, A. (2008) : Les Biocarburants – Analyse du potentiel de production de biocarburants à l’échelle internationale et en Tunisie. Executive summary/sommaire exécutif. „Orientations pour la production de biocarburants en Tunisie“. Karlsruhe, Tunis, GTZ.

Christophe Neff, Grünstadt le 4.8.2009

P.S. (5.8.2009 9:45): A noter que le Monde / le journaliste signant l’article Pierre Le Hir ont même interviewé un chercheur compétent (Michel Vennetier du CEMAGREF ) dans le domaine du feu , ce qui est loin d’être courant pour la presse française. Pour mes conseils personnels en ce qui concerne la prévention des feux de forêt et la gestion de paysages méditerranéens je renvoie au billet « Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines » : « Et si le lecteur en passant ses vacances dans le Midi français veut activement contribuer à la gestion de ces paysages du Midi potentiellement extrêmement « combustible », je ne peux que conseiller : buvez le vin des terroirs de vacances, mangez les produits du terroir, achetez chez les producteurs locaux, que se soit coopératives vinicoles ou exploitants producteurs indépendants, préférez les restaurateurs qui ont recours aux produits locaux et régionaux – car un paysage méditerranéen, un terroir méditerranéen vivant de ses terres, c’est déjà un facteur important pour réduire les risques de feux de forêts »

Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines

Les médecins ont décidé – il y aura encore au moins 2 semaines de dépêches du grand bouleau – ou encore deux semaines de confinement à Grünstadt – cela dépend de la perspective d’angle de vue. Après le semestre d’été perdu, qui est ,pour un géographe classique aimant les cours de terrain, les prospectives géobotaniques, les paysages, tout simplement la saison universitaire préférée ; ce sont les vacances au cœur de la famille sur les rives de la méditerranéenne, qui ont subi le même sort que les sorties géobotaniques avec mes étudiants – adieu les cigales, adieu les canadairs, adieu les pizzas de chez Marco, adieu les moules frites au Fort de l’eau. Restent les balades sur le Grünstadter Berg, – une de ces balades qui j’ai déjà décrite dans balade d’été sur le Grünstadter Berg. En ce qui concerne le Grünstadter Berg , je viens de lui contribuer enfin un article sur wikipedia.de – c’est quand même un patrimoine naturel considérable du palatinat. Mais comme je l’avais déjà écrit – les articles naturalistes dans Wikipedia sont plutôt problématiques ,ou ils sont souvent d’une qualité discutable , ou tout simplement il en manque carrément sur un sujet. A quand enfin un article wikipedia.fr sur le Zinnkoepfle ou sur le Zotzenberg – deux sites naturalistes et grand cru en Alsace – qui mériteraient largement une mention, un article dans wiki.fr – en particulier le « Zotz » à Mittelbergheim , car le seul Grand Cru AOC Alsace ou le cépage « Sylvaner » (après de maintes batailles des vignerons de Mittelbergheim) est accepté comme cépage de Grand Cru. Les Sylvaner Grand Cru Zotz pourront il peut être atteindre la notoriété et la qualité des grands Johannisberg du Valais – ou d’un Silvaner de Franconie ?

En ce qui concerne les nouvelles du blog paysages – l‘ article (allemand) Madame Courage: Loubna – en fait j‘ avais volontairement adapté le titre de EL Watan , ma petite fenêtre sur l‘ Algérie, le courage de Loubna , – mais l‘ affaire a aussi fait du bruit sur le Monde ((par ex. l’article Une jeune Soudanaise arrêtée pour port du pantalon défie la justice de son pays ) et autres medias français, m’a rapporté une citation « Madame Courage » dans le Blog de Daniel Buchta. Mais définitivement l’affaire Loubna, – le fait que les femmes portant un pantalon au Soudan risquent la flagellation publique – ceci n’intéresse personne en Allemagne – là,l’indignation publique s’abat surtout sur la « Dienstwagenaffäre » d‘Ulla Schmidt . Mais l’article sur Loubna m’a encore procuré des lecteurs allemands de plus pour mon blog paysages. Donc plus de lecteurs que l‘ info presse que j‘ avais publiée il y déjà cinq ans avec l‘ aide de du service de presse de l‘ Université de Mannheim sur la situation au Darfour, « Menschen im Sudan brauchen unsere Hilfe », – mais décidément ce Darfour – il n‘ intéressait et n’intéresse encore vraiment pas grand monde en Allemagne, – car en même temps que l‘ université de Mannheim lançait l‘ info presse sur la situation au Darfour , Foaud Ibrahim le géographe egypto-allemand, le grand spécialiste reconnu internationalement pour les recherches géographiques au Darfour, le scientifique qui introduisit le terme de désertification dans la géographie allemande – le terme était un concept anglo-français – essayait lui aussi de remuer la conscience publique allemande, et son info presse « Ideas on the Background of the Present Conflict in Darfur » divague encore dans les lointains recoins de la toile virtuelle – mais à eu peu prés avec le même succès que l‘ info provenant de ma part – donc zéro attention publique pour le Darfour hier et aujourd’hui. Le lynchage public d’Ulla Schmidt par les medias allemands et le fait qu‘ aucun organe de presse de référence allemand ne parle des droits de l‘ homme au Soudan ,montre que les choses n‘ ont guère évolué depuis 2004 !

En ce qui concerne les feux de forêts – dans mon blog « paysage » – l’attente des lecteurs semble être grand en ce domaine, je reçois des nombreux emails me demandant plus d’infos sur la situation des feux de forêts, – et le succès de l’article «1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » sur le feu des forêts de 1949 dans la Forêt de Landes parle tout seul!

Est-ce que la presse écrite française serait – en dehors de la question permanente du « coupable » – en train de livrer une vraie analyse de fond sur les feux de forêts ?
Malheureusement un «écologe du feu», – un « fire ecologist » – ein « Feuerökologe » ne peut pas dire grand-chose sur les feux actuels, – surtout s’il est confiné à une chambre de malade avec seule vue sur un grand bouleau -l ‘ analyse du combat anti-incendie est plutôt une affaire de pompiers – et je considère les pompiers français en ce qui concerne leurs actions anti-incendie comme les professionnels Numéro 1 en même temps que les pompiers des états pacifiques des U.S.A et que les pompiers Canadiens – en fait il n’y a rien de meilleur au monde actuellement. L’écologue du feu intervient avant et après un feu – il peut donner des avis scientifiques – parfois personnels et engagées sur la dynamique réciproque entre feux et paysages – et pourrait, à condition qu’on veuille bien l’entendre -,donner des conseils sur la gestion de paysage intégrant le « management » du feu. Pour les lecteurs intéressés par une analyse plus approfondie du phénomène « feux » pour les paysages méditerranéens français ,je ne peux que recommander la lecture du livre « le feu dans la nature – mythes et réalité » édité par Benoît Garrone comme je l’ai déjà fait dans « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens »

Ce livre qui comporte des chapitres historiques, écologiques, forestiers et même pour les lecteurs désirant en savoir plus sur la lutte anti-feu – un chapitre entier y est dédié à la lutte anti -incendie. Un livre complet sur les feux de forets en milieu méditerranéen français, qui mériterait sûrement une réédition augmentée – un livre dont je recommande ardemment la lecture !

Et si le lecteur en passant ses vacances dans le Midi français veut activement contribuer à la gestion de ces paysages du Midi potentiellement extrêmement « combustible », je ne peux que conseiller :

buvez le vin des terroirs de vacances, mangez les produits du terroir, achetez chez les producteurs locaux, que se soit coopératives vinicoles ou exploitants producteurs indépendants, préférez les restaurateurs qui ont recours aux produits locaux et régionaux – car un paysage méditerranéen, un terroir méditerranéen vivant de ses terres, c’est déjà un facteur important pour réduire les risques de feux de forêts . Mais soyons clair : la meilleure des gestions des paysages méditerranéens ne pourra jamais exclure le feu à 100% – y croire serait même une erreur fatale – je l‘ avais déjà écrit en 1995 dans « Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes » – donc il faut absolument d‘ un côté essayer de faire vivre les paysages méditerranéens de leurs terres (en buvant leurs vins – et en mangeant leurs produits) – d‘ un autre apprendre à gérer les risques , car comme je le dis si souvent à mes étudiants – il y deux facteurs majeurs qui façonnent les paysages méditerranéens – l‘ homme (la pression anthropozoïque) et le feu.

Ouvrages et littérature cités :

Garrone, B. (2004) : Le feu dans la nature mythes et réalité. Prades -le- Lez (Les Ecologistes de l‘ Euzière).(ISBN 2-906128-17-1)

Ibrahim, F. (1980): Desertification in Nord-Darfur: Untersuchung zur Gefährdung des Naturpotentials durch nicht angepasste Landnutzungsmethoden in der Sahelzone der Republik Sudan / von Fouad N. Ibrahim. In Verbindung mit d. Inst. für Geographie u. Wirtschaftsgeographie d. Univ. Hamburg. Hamburg: Hirt, 1980. – XIII, 175 S.: 16 Ill., 42 graph. Darst. u. Kt. & Kt.-Beil (6 Bl.); (deutsch) (Hamburger geographische Studien; 35)

Neff, C. (1995): Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) – eine geographische Analyse. Materialien zur Geographie 27, Mannheim. (ISBN 3-923750-50-1)

Christophe Neff , Grünstadt le 1.8.2009

Balade d’été sur le Grünstadter Berg (19.7.2009)

Le jour au Bernard-Henri Lévy a mis à mort le P.S. dans une interview du Journal du Dimanche (voire aussi l’article du Monde sur le sujet « Pour Bernard-Henri Lévy, le Parti socialiste „doit disparaître »): – moi j’ai entamé après à peu près 10 semaines de convalescence ma première balade sur le Grünstadter Berg.

Malheureusement, je partage l’analyse de BHL sur beaucoup des points, – disons à 80-90% -je l’avais déjà écrit à plusieurs endroits. L’interview de BHL mériterait sûrement un billet approfondi – mais passons – peut être à plus tard. Notons que la social-démocratie allemande ne se porte pas bien non plus, mais jusqu‘ á présent les forces d’autodestruction n’ont apparemment pas encore pris la même ampleur qu’en France.

Revenons au Grünstadter Berg , – le jour de mon accident les cerisiers étaient en fleurs nous étions un plein printemps. Depuis, presque 10 semaines ont passé, notre abricotier a donné ses premiers fruits (cueillette le 8.7.) – et la flore messicole du Grünstadter Berg est en pleine floraison – l’été est bien arrivé dans le Palatinat.

Le Grünstadter Berg est une colline surplombant la ville de Grünstadt , avec une flore spéciale à forte composante subméditerranéenne. En tout le Grünstadter Berg ressemble un peu aux collines sous-vosgiennes comme par exemple le Bollenberg, le Strangenberg ou le Zinnkoepfle longeant la vallée noble, – mais néanmoins la richesse floristique reste un peu en dessous de celle des collines sous vosgiennes citées. En plus, à ma connaissance ,il n y a pas de Lézard vert sur le Grünstadter Berg, – par contre, on en trouve encore de belles populations Lézard vert au Zinnkoepfle où je donnais des cours de géobotanique quand j’étais encore à l’université de Mannheim.

Notons aussi que jusqu’à ce jour on ne trouve pas d’article sur le Zinnkoepfle, le Bollenberg, le Grünstadter Berg – ni dans Wikipedia.fr ni dans Wikipedia.de – et ceci montre très bien l’intérêt porté aux sujets naturalistes dans l’encyclopédie virtuelle wikipedia. Même si la richesse floristique n’est pas comparable aux collines sous-vosgiennes c’est quand même assez intéressant avec les vestiges de pelouses subméditerranéennes en fleurs, – comme par exemples les panicauts champêtres – ou la flore messicole – les bleuets, coquelicots et autres plantes longeant les champs de blé ou de colza. (La section de modélisme de l’aéroclub de Grünstadt a dédié une petite photo page web au Grünstadter Berg ) En outre, depuis le Grünstadter Berg on a une très belle vue sur la plaine du Rhin avec les villes de Ludgwigshafen et de Mannheim à l’horizon. Un petit monde subméditerranéen en fleurs bien propice pour une balade de convalescence. Et après cette balade, – le cœur plein d‘ air estival – je pense que, même si la social-démocratie européenne, la gauche européenne est en pleine crise aujourd’hui,elle aura de beaux jours devant elle. Moi personnellement je ne suis pas prêt à l’enterrer précocement , cette idée d’une certaine gauche (voir mon billet Villa jasmin ). Les bleuets qu’on trouve dans les champs de blé du Grünstadter Berg – il y a 25 ans au temps de mon bac en 1984 – on les disait menacés d’extinction en Allemagne – on prédisait que vers l’an 2000 les bleuets auraient bien disparu de la flore allemande. On s’est bien trompé !

Et voici quelques photos de la balade d’été sur le Grünstadter Berg.

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Bleuets (Centaurea cyanus) dans un champ de blé sur le Grünstadter Berg (Photo C.Neff 19.7.2009 (Canon Powershot A720 IS)).

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Panicauts champêtres (Eryngium campestris) sur une pelouse xérothermique à caractère subméditerranéen sur le Grünstadter Berg (Photo C.Neff 19.7.2009 (Canon Powershot A720 IS)).

Christophe Neff, Grünstadt le 19.7.2009

ecologia mediterranea – un nouveau départ !

couvertue-ecologia_mediterranea_2008-34_01.1247218875.jpg Je viens de lire la nouvelle sur le site de telabotanica, exactement sur le petit article intitulé « Le Monde des Plantes n° 497 » présentant le résumé du dernier numéro du « monde des plantes » – la revue « Ecologia mediterranea » reprend du souffle et se lance dans un nouveau départ (voire aussi l‘ article déjà publié en Janvier par telabotanica ). Je pense que « Ecologia mediterranea » était, jusque vers la fin des années 1990, « la revue scientifique» pour les écosystèmes méditerranéens, mais à partir des années 2000 on avait l’impression que tout cela s’endormait un peu. Je me permets ici de citer le dernier éditorial du nouvel Éditeur en Chef Thierry Dutoit (Professeur à l’Université d’Avignon).

« Suite au retard de publication accumulé depuis 2005, le nombre de contributions soumises à notre revue a considérablement diminué et il faut souligner que c’est grâce aux soumissions de nos collègues d’Afrique du Nord et de Méditerranée orientale que notre revue peut continuer à exister et sortir un fascicule par année (huit articles par fascicule). Certains collègues de l’UMR IRD CNRS Institut méditerranéen d’écologie et de paléoécologie(IMEP) se sont également considérablement mobilisés pour permettre à notre revue de continuer à paraître. Ainsi, leurs articles se trouvent disséminés dans les volumes de 2006 à 2008. Qu’ils soient ici considérablement remerciés pour leur contribution à la survie d’une revue d’écologie multilangue non indexée à l’heure où toutes les évaluations convergent vers des publications internationales de langue anglaise. ecologia mediterranea reste en effet une revue scientifique d’écologie méditerranéenne de transfert entre écologie fondamentale et sciences de la conservation. Elle permet toujours la publication d’articles comprenant de nombreux tableaux d’inventaires en annexes qui seront des ressources de données historiques importantes dans les années futures comme en témoignent les nombreuses demandes de copies d’articles parus dans nos précédents numéros depuis 1975. » (Dutoit 2008)

Le dernier point me semble être très important, – enfin une revue où on trouve encore les tableaux d’inventaires – qui souvent dans les grandes revues anglophones dites « ISI » ont disparu ou se retrouvent dans des annexes électroniques – qui, avec le temps, ont tendance à disparaître dans le nirvana électronique. Ceci devrait sûrement être un argument décisif pour attirer des contributions intéressantes. Notons aussi que le prix d’abonnement 26 – 28 € pour les versions internationales me semble être plus que raisonnable, en comparaison avec les prix souvent prohibitifs des revues internationales des Maisons d‘ Editions de Springer & Co qui dépassent souvent les 1000 € pour les abonnements institutionnels. A ce prix d’abonnement on pourrait croire que les bibliothèques institutionnelles auraient plutôt intérêt à acquérir une revue comme Ecologia mediterranea. Oui, le prix invite même à réfléchir à un abonnement personnel – mais où mettre les cahiers de la revue – quand chaque nouveau livre qu’on achète devient un véritable casse-tête – où peut on encore trouver de la place dans la bibliothèque personnelle ? Je pense que une version pdf – au moins pour les abonnements personnels serait une bonne chose.

En plus je trouve la facette francophone / – multi linguale de Ecologia mediterranea plus que sympathique – cela a pour effet que les résultats de la recherche scientifique écologique peuvent être lus et compris par une grande partie des intéressés potentiels dans le monde méditerranéen, car, sauf à Chypre et en Egypte, l’anglais n’a aucune importance comme langue véhiculaire. Travaillant sur les deux rives de la méditerranée, je crois que le français reste après tout « la langue scientifique » dans le domaine forestier, environnemental et agronome (au moins dans la partie occidentale de la méditerranée) En Allemagne l‘ importance de l‘ allemand comme langue scientifique est presque descendue à zéro ,voir les 7 thèses sur la valeur de l‘ allemand comme langue scientifique, – c‘ est pour cela que moi-même j‘ ai signé ces 7 thèses pour le maintien de l‘ allemand comme langue scientifique. Même si la situation dans les pays francophone des deux bords de la méditerranée n’est pas encore comparable à la situation en Allemagne, – je pense que la revue Ecologia mediterranea – peut aussi contribuer au disséminement de résultats de recherche écologique dans un environnement méditerranéens francophone. Une seule chose que je regrette un peu, ni l’espagnol, ni l’italien ni le portugais ne sont plus acceptés comme langue de publication. Des articles en espagnol ou en italien auraient peut être pu aussi apporter un plus vaste potentiel de lecteurs pour la revue (et peut être aussi attirer des manuscrits intéressants).

Je souhaite bonne chance au nouveau départ de « Ecologia mediterranea » – en espérant que la revue retrouve son ancienne forme et redevienne la revue « biogéographique & écologique du monde méditerranéens – de la mare nostrum de l’ancien monde ».

Sources :

Dutoit, T (2008) : Éditorial. Ecologia mediterranea Revue internationale d‘ écologie méditerranéenne – Mediterranean Journal of Ecology, Vol 34, 2008.

Christophe Neff, Grünstadt le 10.7.2009

P.S. : Une partie des anciens numéros d’Ecologia mediterranea sont chargeables ici , – mais je crois, si j’ ai bien compris, qu’il ne s’agit que d’ un service temporaire.