Wie schon in den Jahren zuvor (2015, 2016, 2017) folgt hier eine kurze Notiz über das phänologische Frühjahrsgeschehen in Grünstadt, der Unterhaardt und dem Leiningerland. Der Frühlingsbeginn 2018 an der Unterhaardt wurde weitgehend vom Einzug des Märzwinters beherrscht. Schnee, Frost und Eis prägten den meteorologischen Tagesablauf. Am astronomischen Frühlingsbeginn am 20.03.2018 war unser Gartenteich in Grünstadt zugefroren.
Märzschnee das gibt es an der Unterhaardt zwar hin und wieder – aber das es Mitte März nochmals so tiefe Temperaturen gibt, dass kleinere (Still) Gewässer zufrieren – das habe ich dato hier an der Weinstraße noch nicht erlebt. Inzwischen sind Schnee und Eis an der Unterhaardt verschwunden –und der Frühling verdrängt langsam aber sicher den späten Winter.
Den ersten blühenden Mandelbaum entdeckte ich schon vor Einbruch des Spätwinters zwischen Herxheim am Berg und Kallstadt am Montag den 05.03.2018[1]. Nun wird es allmählich wärmer, immer mehr Mandelbäume beginnen zu blühen, die Osterglocken entfalten ihre Blütenpracht. Der Frühling zieht ins Land.
Comme déjà dans les années (2015,2016, 2017 ) voici quelques observations phénologiques sur le début du printemps à Grünstadt, la Unterhaardt et le Leiningerland. Le début du printemps dans la Unterhaardt fut le retour de l’hiver – le Märzwinter – l’hiver de Mars. C’est avec le terme « Märzwinter » qu’on désigne des épisodes hivernaux avec neiges et fortes gelées en Allemagne. Le début du printemps astronomique le 20.3.2018 fut donc caractérisé par un grand coup de froid, – même la petite mare dans notre jardin était couverte de glace ce jour là. Du jamais vu depuis que je vis à Grünstadt. Des flocons de neige en Mars dans la Unterhaardt cela arrive de temps en temps, – mais de si fortes gelées que les petits cours d’eau commencent à geler – ceci est vraiment exceptionnel. Entre temps, depuis mardi le printemps revient lentement. D’ailleurs j’avais déjà découvert mon premier amandier en fleurs entre Herxheim am Berg et Kallstadt le lundi 05.03.2018 – donc déjà avant le retour de ce brusque épisode hivernal de Mars. Mais entre-temps le printemps est revenu, – le bref épisode du Märzwinter est passé – et la douceur revient et les amandiers[2] et les narcisses commencent à fleurir dans les campagnes de la Unterhaardt et le Leiningerland.
Wie schon in den letzten Jahren (2016, 2015, 2014 ) , erfolgt auch nun hier ein kurzer Rückblick auf das vergangene Jahr im Paysagesblog, d.h. eine Aufzählung der Artikel des Paysagesblog, welche im Jahr 2017 am häufigsten besucht oder gelesen wurden. Da ich schon im Beitrag « Rétrospectives sur le blog paysages en 2017 – les billets les plus lus de « paysages » en 2017 » eine ausführliche Retrospektive für das Jahr 2017 veröffentlich habe, werden die Artikel hier nur in Tabellenform wiedergegeben.
Ich habe hier noch ergänzend, wie schon im letzten Jahr, in der folgenden Tabelle, die fünf am häufigsten deutschsprachigen Artikel in Paysages aufgeführt.
Verglichen mit 2016 sind 2017 auch etwas mehr deutschsprachige Beiträge in Paysages gelesen worden. Analog zur etwas detaillierten französischsprachigen Version dieses Beitrages, habe ich auch ein Bild des Pico do Fogo an den Anfang dieses kurzen Rückblickes gestellt. Den Pico do Fogo habe ich Rahmen einer pflanzensoziologischen Tagung zur Analyse der atlantischen Vegetation[2] gemeinsam mit einigen anderen Geographen, Botanikern und Pflanzensoziologen im November 2017 bestiegen. Diese Tagung auf der ich meine Azorenforschung vorgestellt habe, und die Besteigung des Pico do Fogo, war bestimmt für mich persönlich einer der bemerkenswertesten Augenblicke des Jahres 2017. Der Beitrag „« Lua Nha Testemunha »– souvenir d’un voyage « phytogéographique » aux iles du Cap Vert (Santiago/Fogo) en Novembre 2017» handelt von dieser pflanzengeographischen Reise auf die Cap Verden. Dieser Beitrag, obwohl erst im November 2017 eingestellt, gehörte im Jahr 2016 zu einem der meist gelesensten Beiträge des Paysagesblog überhaupt.
Est-ce qu’il y aura encore un peu de neige ? Est-ce que nous aurons un nouveau gouvernement en Allemagne avant la fin de l’hiver ? Est -ce qu’Angela Merkel pourra encore forger un nouveau gouvernement avant le printemps 2018 ? Quel virage prendra la Social-démocratie allemande, – « die alte Tante SPD » – la vielle tante SPD – cet hiver s’annonce particulièrement dur pour la SPD qui devra prendre des choix où elle ne peut que perdre – nouvelle grande coalition avec la CDU d’Angela Merkel, ou tolérer un gouvernement minoritaire de la CDU avec Angela Merkel siégeant à la chancellerie, – ou simplement s’affronter à des nouvelles élections fédérales – élections qui pourraient peut être devenir un véritable fiasco électoral pour la SPD. L’hiver 2017-18, devrait indépendamment des chutes de neiges sur la Unterhaardt, où la neige reste un phénomène météorologique plutôt rare, devenir un hiver politique assez rude pour l’Allemagne politique.
L’Allemagne est en pleine campagne électorale. Le 24.09.2017 le prochain Bundestag sera élu. Etant membre du SPD j’ai moi-même participé (un peu) à cette campagne électorale en essayant de soutenir la campagne d’Isabel Mackensen, candidate de la SPD pour la circonscription de Neustadt – Speyer (Bundestagswahlkreis Neustadt – Speyer, Wahlkreis Nr. 208). Faire campagne pour la SPD en ce moment est assez difficile[1], – et personnellement je crains de voir la SPD en dessous de 19%. Par contre je pense que l’AFD peut très bien atteindre les 15%. Comme je l’ai déjà écrit le 26.06.2017 Madame Merkel va probablement devenir la prochaine chancelière. Mais avec qui va -t-elle gouverner,- quelle coalition portera Madame Merkel dans le « Kanzleramt » ? Ce sera une équation difficile à résoudre.
Pour Isabel Mackensen, la jeune candidate du SPD, les chances d’être élue sont assez minimes. Mais elle essaie quand même d’y croire. On la voit partout – le matin sur les quais des gares servir un premier café aux employées de la BASF faisant la navette entre la Weinstrasse et la BASF à Ludwigshafen, – le Strassenwahhlkampf, – les fêtes de Vins, les Kerwe …… Isabel Mackensen semble être partout, infatigable. Parfois sa campagne électorale éveille en moi le souvenir d’une vielle Chanson de Patricia Kaas « Quand Jimmy dit „What’d I say I love you baby“ (paroles Didier Barbelivien / Francois Bernheim) » – Jimmy apparemment n’avais jamais pu quitter Montbéliard pour Paris pour devenir une star – mais Isabel, même si elle restera probablement casée à Niederkirchen pour cette échéance électorale, – pourra peut-être réussir aux élections du Bundestag en 2021 (ou2022 ?). Elle est jeune, elle a du talent, – et de plus elle semble être infatigable, – donc avec une longue haleine elle pourrait peut-être un jour décrocher un mandat électoral, – une place dans le Landtag ou au Bundestag –qui sait ?
Pendant qu’une partie de l’Europe est plutôt victime d’un temps d’été maussade, – à Grünstadt par exemple : depuis la nuit du Mercredi au Jeudi 9août au 10 août 2017, il a plu plus au moins sans relâche jusqu’au Dimanche matin 13.08.2017, une grande part de la partie occidentale de la Méditerranée est touchée par la sécheresse et la canicule et par une vague de feux de forêts. Le Portugal a été particulièrement touché par la vague de feux de forêt et je rappelle simplement l’incendie de Pedrógão Grande avec ses 64 morts, ce qui d’après mes connaissances semble être un des feux de forêts les plus meurtriers qui ait sévi en Europe depuis la deuxième guerre mondiale, il devrait venir jusque après « l’Incendie de la forêt des Landes de 1949 [1]», auquel j’avais dédié un billet en juillet 2009 – sous le titre « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes ». Les températures début aout 2017 ont atteint de nouvelles pointes sur la cote languedocienne, et même à Leucate le thermomètre atteignait le 37,5 le 4 aout 2017. Leucate, ce petit coin de côte sur les rives de la méditerranée que mes grands-parents avaient choisi pour échapper à la lourdeur des étés (et ses lots d’orages) dans la plaine du Rhin à Strasbourg/Eckbolsheim, et plus tard comme lieu de villégiature pour fuir les vagues de chaleurs estivales du Bas-Languedoc quand ils se sont installés à Aubod près de Nîmes dans le Gard[2]. Des grosses chaleurs à Leucate/Port Leucate dépassant les 35 : fait rarissime à mon avis ! Dans les années 1960/70 c’était surtout le pays du soleil et du vent, du sable et de la mer – mais sans chaleurs excessives. Naturellement il ne s’agit ici que des souvenirs d’enfance et de jeunesse d’un bloggeur de week-end, – pour dresser un diagnostic plus précis il faudrait réellement comparer les données météorologiques historiques à long terme. Mais on peut déjà conclure, que la première partie de l’été 2017 au Portugal, en Espagne, dans le Midi méditerranéen français, et dans le Sud de L’Italie fut particulièrement chaude, sèche et propice aux feux de forêts et les médias français – (et mêmes les médias allemands) nous en ont beaucoup parlé.
Sur la façade sud de la méditerranée, même scenario, sécheresse, chaleur et vague d’incendie touche le Maghreb surtout l’Algérie et la Tunisie, – mais dans nos médias cela ne compte pour ainsi dire pas.
La Tunisie semble particulièrement touchée par une sécheresse accrue, une vague de feux forets est en train de dévaster une partie de forêts dans un triangle entre Bizerte, Tabarka en Jendouba. Ceci me touche particulièrement car nous retrouvons un peu la situation que nous, mes collègues tunisiens et moi, avons décrite en 2005, 2006 concernant la réaction des écosystèmes tunisiens face aux changements climatiques[3]. L’augmentation des risques de feux de forêts que les changements climatiques engendreraient était certainement un des principaux résultats de ces recherches appliquées, je me permets donc de citer une phrase du document que nous avons remis au gouvernement tunisien en 2007 « La progression des incendies, surtout de grands incendies nécessitant des grands stocks de combustibles, dans le Nord tunisien, peut avoir des conséquences particulièrement négatives pour toute l’économie tunisienne car elle met en danger les systèmes des barrages et l’approvisionnement en eau d’une grande partie de la Tunisie. L’éclosion de grands feux ainsi que leur multiplication pourrait engendrer des phénomènes d’érosion et dans certains cas provoquer des glissements de terrains qui pourraient perturber le fonctionnement d’un ou même plusieurs barrages » (Neff et al 2007). On n’en n’est pas encore arrivé la , mais si la situation perdure durant les étés suivants on pourrait bien y arriver. D’ailleurs dans un papier édité dans le sillage de cette étude , voyant le risque grandissant de feux de forêts au Maghreb , j’avais conseillé :« Achats et gestion commune (Etats Maghreb) de Canadair » (Neff 2005,p. 14). J’écris ceci par rapport à ce que j’ai lu dans les réseaux sociaux sur la gestion des incendies de forêts en Algérie et en Tunisie – et surtout sur le manque cruel de matériel moderne de défense contre l’incendie – la fameuse DFCI comme on la nomme en France. Il ne s’agit pas de se souvenir de vieux papiers qui dorlotent quelque part à l’administration tunisienne et dans les quelques placards de la GIZ à Tunis ou à Eschborn, et qui n’ont certainement trouvé qu’une poignée de lecteurs attentifs durant les dernières 10 à 15 années mais bien de rappeler que de solutions existent, elles sont connues : il suffit simplement de les appliquer ! Mais naturellement il s’agit là d’un choix politique. Ces choix sont parfois difficiles, voir la discussion et la polémique sur l’état de la flotte de Canadair en France [4].
Les feux de forêts dans le Maghreb, comme je connais assez bien la situation en Tunisie je me concentre surtout sur la Tunisie, ces feux concernent aussi l’Europe, – et en premier lieu la France et l’Allemagne. Il faut donner les moyens à la jeune république Tunisienne pour faire face au défi du changement climatique[5]. La transition démocratique même sans « changements climatiques » est déjà un défi considérable. Donc ceci nous concerne aussi en Europe. Les habitants des forets entre Sejnane et Tabarka : où iront-ils une fois leurs forêts parties en fumée ? Les écosystèmes méditerranéens ont une très bonne résilience face aux incendies : dans quelques années les écosystèmes forestiers se seront reconstitués– sauf si la fréquence d’incendie devient trop intense – mais les hommes qui y habitent, qui tirent de leurs forêts une ressource (monétaire ou autre), que font-ils pendant que la forêt se régénère ?
Au-delà des problèmes de sècheresse et des incendies de forêts, la Tunisie connait également une crise de l’eau, je dirai peut – être plus une crise de gestion de l’eau – au sens du terme « good-governance » – terme qui d’ailleurs n’existe pas (ou pas encore) dans la Wikipédia française. Au sens anglais du terme « good governance » la Tunisie semble en fait être loin d’une « good-governance » de l’eau – d’une bonne gestion du bien public qui est la ressource eau ! C’est au moins l’impression que j’ai en suivant les différentes interventions publiques de Raoudha Gafrej sur la « gouvernance de l’eau » en Tunisie[6] – Raoudha Gafrej amie et collègue avec laquelle j’ai eu le plaisir de travailler ensemble pendant mes années tunisiennes[7], mes divers projets de recherches en Tunisie, dont le projet GIZ sur les changements climatiques en Tunisie.
Littérature citée :
Abaza, K. (2015) : Analyse de la régénération spontanée de la végétation post-incendie dans la forêt de Dar Chichou (Cap Bon, Tunisie Nord-Orientale). In : Rev. Roum. Géogr./Rom. Journ. Geogr., 59, (2), p. 159–172, 2015, Bucureşti (download ici)
Chriha, S., Sghari, A. (2013) : Les incendies de forêt en Tunisie – Séquelles irréversibles de la révolution de 2011. In : Méditerranée, no 121, p. 87 – 92. (download ici)
Neff, C., Aloui, A., El Hamrouni, A., Souissi, A., Grossmann, A. (2007): Ecosystèmes. S. 33–43. In: République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Hrsg.): Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques, Cahier 7, Rapport des groupes d’ experts.
Neff, C. (2005): Ecosystèmes tunisiens – une vision prospective face aux changements climatiques et globaux In: République Tunisienne. Ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, Coopération Technique Allemande – GTZ (Eds). Elaboration d’une stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques, Rapport 1ère Phase, Tunis (11.10.2005), 136 – 153.
Christophe Neff, Grünstadt le 13.08.2017, publié le 14.08.2017
[3] Dans un projet de recherches sur les conséquences du changement climatique pour l’agriculture et les écosystèmes tunisiens. Ce projet était financé par la GIZ – la coordination scientifique était assurée par Gonzague Pillet. Le titre officiel du projet était « Elaboration d’une stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques ».
[5] Concernant la dynamique récente des incendies de forêts en Tunisie on lira avec intérêt les articles suivants : « Les incendies de forêt en Tunisie – Séquelles irréversibles de la révolution de 2011 (Chriha & Sghari (2013) » et « Analyse de la régénération spontanée de la végétation post-incendie dans la forêt de Dar Chichou(Cap Bon, Tunisie Nord-Orientale) (Abaza 2015)
Wie schon in den Jahren zuvor (2015, 2016) folgt hier eine kurze Notiz über das phänologische Frühjahrsgeschehen in Grünstadt, der Unterhaardt und dem Leiningerland. Die ersten blühenden Mandelbäume[1] in diesem Jahre erblickte ich in Bockenheim am 08.03.2017. In Grünstadt setzte die Mandelblüte dann ein paar Tage später zeitversetzt ein, inzwischen blühen seit ein paar Tagen auch im gesamten Stadtbereich von Grünstadt und auf dem Grünstadter Berg die Mandelbäume– und zwar sowohl die eigentlichen Mandelbäume (Prunus dulcis) (weißblühend) als auch die rosablühenden Mandel-Pfirsiche (Prunus × amygdalopersica) (Weston) . Die ersten Forsythienblüten konnte ich am 20.03.2017 im Stadtbereich von Grünstadt entdeckten, damit setzt der vom DWD definierte Erstfrühling hier in Grünstadt am 20.03. ein (phänologische Zeigerpflanze = Forsythie)[2]. Persönlich beginnt der Frühling für mich, mit der Blüte von Anemone blanda[3] (Balkan –Buschwindröschen), und den Märzveilchen (Viola odorata). Nachdem wir den Winter 1999/2000 in unserem neu erworbenen Haus in Grünstadt verbracht hatten, entdecken wir im Frühjahr 2000 Anemone blanda in unserem Rasen blühen. Sie (Anemone blanda) scheint sich wohl selbst hier etabliert zuhaben, und zeigen seitdem mit ihrer Blüte den Beginn des Erstfrühlings in Grünstadt an.
Comme déjà dans les années (2015,2016) voici quelques observations phénologiques sur le début du printemps à Grünstadt, la Unterhaardt et le Leiningerland. Mes premiers amandiers en fleurs[4] cette année je les ai découverts à Bockenheim le 08.03.2017. A Grünstadt la floraison des amandiers débuta un peu plus tard, mais depuis quelques jours les amandiers fleurissent dans les divers jardins de Grünstadt et aussi sur le Grünstadter Berg,- aussi bien les Amandiers (Prunus dulcis) fleurissant blanc et les amandiers-pêches ((Prunus × amygdalopersica) (Weston)) avec leurs fleurs roses. La floraison des Forsythia de Paris débuta le 20.03.2017 et marque ainsi le début du premier printemps (Erstfrühling) comme il est défini par les services phénologiques[5] du DWD[6]. Personnellement le premier printemps débute avec la floraison de Anemone blanda (Anémone de Grèce)[7] , de la Violette odorante (Viola odorata) . Après avoir passé notre premier hiver 1999/2000 dans notre petite maison de Grünstadt, nous avons découvert durant le printemps 2000 Anemonaeblanda en fleurs dans le gazon du jardin, et depuis la floraison des Anémones de Grèce nous annonce le début du printemps à Grünstadt.
Parolly, Gerald; Rohwer, Jens, G. (Hg.) (2016) : Schmeil-Fitschen. Die Flora Deutschlands und angrenzender Länder. Herausgegeben von Gerald Parolly und Jens G.Rohwer. 96., völlig neu bearbeitete und erweiterte Auflage. Weibelsheim (Quelle & Meyer), ISBN 978-3-494-01562-0
Tison, Jean-Marc; Foucault, Bruno de; Société botanique de France (2014): Flora Gallica, Flore de France. Mèze (Biotope Éditions), ISBN 978-2-36662-012-2
Lauber, Konrad; Wagner, Gerhart; Gygax, Andreas (2014 ): Flora Helvetica. Flora der Schweiz. Flore de la Suisse. Flora della Svizerra. Flora de la Svizra. 3850 Farbfotos von 3000 wildwachsenden Blüten – und Farnpflanzen einschließlich wichtiger Kulturpflanzen. Artbeschreibungen und Bestimmungsschlüssel. Fünfte, vollständig überarbeitete Auflage, Bern (Haupt), ISBN 978-3-258-07700-0
[3]Anemone blanda Schott & Kotschy wird im Schmeil & Fitschen ( Parolly & Rohwer 2016 ) nicht aufgeführt, hingegen sie in der Flora Gallica vermerkt (Tison et al. 2014 p. 938), also auch in der Flora Helevtica (Lauber et al 2014, 112) „Zierpflanze, selten in Parks und Siedlungsnähe verwildert“. In Grünstadt & Umgebung taucht die Pflanze so wie in der Flora Helvetica für die Schweiz vermerkt in Parks, Gärten im Siedlungsbereich ab und zu verwildert auf.
[7]Anemona blande Schott & Kotschy n’est pas décrite dans la flore de terrain allemande que j’utilise (le Schmeil-Fitschen (Parolly & Rohwer 2016)), mais on trouve aussi bien une description dans le Flora Helvetica (Lauber et al 2014, 112) et dans la Flora Gallica (Tison et al. 2014, 938) Anemone blanda est décrit comme occasionnel.
Depuis ma chambre d’hôpital au Klinikum Worms, je voyais passer les autorails de la ligne Worms – Bingen sur la voie ferrée longeant la vallée de la Pfrimm entre Worms et Monsheim. Autrefois, si on en croit la Wikipédia, il y avait un train direct qui reliait Worms avec Paris via la Zellertalbahn, enfin c’est ce qui est écrit dans l’article de la wikipedia.de sur la Zellertalbahn. Il y avait aussi autrefois un tramway à Worms, – Ralph Häussler a écrit un beau petit livre sur les tramways de Worms (Häussler 2012). A` Worms on l’appelait l’appellaient „Die Elektrisch“. Si on avait l’audace de faire revivre les tramways de Worms (comme par exemple comme cela a été fait à Strasbourg) on pourrait brancher la clinique de Worms (Klinikum Worms) à un tel réseau de tramway réussi. La Pfrimm, d’après la wikipedia.de(et fr.) fut utilisée comme voie navigable entre Worms et Albisheim pour le transport de blé. Si on remonte la Pfrimm, on arrive à Marnheim, petite bourgade où l’ecrivain Rafik Schami s’est retiré pour écrire. Quand j’étais jeune papa je lisais les histoires de Rafik Schami à mes enfants. Je me rappelle encore bien l’histoire du cocher Salim, le conteur d’histoires[1]. Mais je me rappelle aussi sa préface lucide au livre « Schrei nach Freiheit » de Samar Yazbeck. Ce texte fut écrit en 2012, depuis les choses n’ont guère changé, la tragédie syrienne semble éternellement se poursuivre. Depuis ma chambre d’hôpital en voyant les trains défiler devant mon regard je pensais aussi à MàC, qui aimait tant les trains, qui est décédé beaucoup trop tôt, pourlequel Pierre Assouline a écrit une nécrologie émouvante « Pour saluer Montaigne à cheval ». Pendant de longues années il était (comme moi-même) un afficionado de la Vie du Rail. Dans cette chambre d’hôpital du Klinikum Worms, je me retrouvais à peu près dans la même situation qu’au début de mon aventure de bloggeur sur le Monde.fr en 2009. Je me retrouve dans une chambre d’hôpital après un accident, en 2009 j’avais subi une fracture de la colonne vertébrale, en maintenant en 2017 c’est un accident vasculaire cérébral qui me cloisonne dans une chambre d’hôpital du Klinikum Worms, et tout cela me fait ressurgir la question des langues – comme dans mon premier billet dans paysages– écrire ce blog dans ma langue maternelle qui est le français ou en allemand que je considère comme ma première langue, que j’ai en fait réellement appris en entrant au Kindergarten St. Maria sur le Sulgener Berg à Schramberg-Sulgen en 1967/68. Je me fis rapporter par mon épouse le livre « la Méditerranée – Mer de nos langues » – de Louis-Jean Calvet comme lecture de convalescence, lecture de convalescence et comme premier test pour savoir si l’accident avait eu des conséquences pour la maîtrise de ma langue maternelle, – au moins au niveau des capacités de lecture. Pour l’allemand ce fut la lecture de « Meine wundervolle Buchhandlung » de Petra Hartlieb. Le livre sur l’histoire géographique des langues bordant la méditerrané mériterait un billet entièrement consacré à ce merveilleux livre de Louis-Jean Calvet je renvoie à l’interview donné par l’auteur au journal Libération à la parution du livre – «Le bouillonnement des langues a façonné la Méditerranée» et la recension du livre sur le site Chrétiens de la Méditerranée. Le livre de Petra Hartung nous décrit l’aventure d’une reprise d’une libraire de quartier à Vienne en Autriche décrite par la libraire elle-même (Hartliebs Bücher). Dans les derniers chapitres nous apprenons aussi que les Hartlieb ont repris une deuxième librairie à Vienne – et ils se sont spécialisés dans la commercialisation de livres français & italiens. C’est la libraire Hartliebs Bücher dans la Porzellangasse 36. Tenter une telle aventure pendant que « l’Amazonie » ne cesse de s’étendre est vraiment courageux. Je me suis dit que si un jour je serai remis à 100% de mon accident, je partirai faire un voyage à Vienne pour visiter ces deux librairies, – acheter un livre allemand dans la Währingerstrasse et un livre français dans la Porzellangasse. Et naturellement aussi visiter Vienne, que je ne connais pas …. Ville dans laquelle mon père avait passé une partie de ses études , Vienne qui fut aussi pendant longtemps le terminus d’un fameux Rapide – le Mozart (Rapides 264/265) qui reliait Paris à Vienne en une journée (14 heures de voyage). On partait de Vienne vers 8 heures du matin et arrivait à Paris vers 23.00 heures. Dans ma jeunesse j’avais parfois pris ce train à partir de Strasbourg pour aller à Paris. Avant l’arrivée des TGV le Mozart était le train du soir pour Paris pour les « Strasbourgeois ».
Dans le livre de Louis-Jean Calvet j’avais trouvé quelques renvois à l’œuvre de Vassilis Alexakis – surtout à Paris-Athènes et La Clarinette. En sortant de la clinique de Worms, je me donc suis après l’avoir commandé par Amazon mis à lire le récit Paris-Athènes. Oui par Amazon, – j’acheté tous mes livres en allemand (et une grande partie de mes livres en anglais) en librairie, la plupart à la librairie de Grünstadt, la libraire Frank. Se procurer des livres français par les canaux habituels des librairies est très difficile – la librairie Frank m’a conseillé d’utiliser Amazon. En plus je suis client régulier dans des librairies du Nord de l’Alsace, – la librairie Fetsch à Lauterbourg et la librairie « à livre ouvert » à Wissembourg. Des librairies françaises, en Allemagne, on peut les compter à compte-goutte. S’il y avait une librairie française dans les environs de Grünstadt comme la librairie « Hartliebs Bücher » à Vienne ou « Zadig » à Berlin, qui en plus enverrait les livres à domicile, je serais sûrement client (comme beaucoup d’autres francophones dans la Metropolregion Rhein-Neckar). Dans une grande partie de l’Allemagne le lecteur francophone désireux d’acheter des livres édités en français n’a que le choix de se référer à Amazon. Dans Paris – Athènes je me suis donc vu replongé dans la question des langues. Langue maternelle, première langue etc. – langue de travail (qui est devenue l’anglais pour une grande partie de mon travail quotidien au KIT). Dans quelle langue on pense, dans quelle langue on rêve, dans quelle langue on écrit, on travaille, on désire …. On écoute le silence. Seule certitude, le français est bien ma langue maternelle, – mais j’ai toujours besoin d’un correcteur pour mes textes écrits, – pour mes textes allemands, ma première langue, la situation est un peu plus favorable, – mais l’orthographie allemande me semble être un peu moins compliquée que l’orthographie française.
A propos des langues, la jeune femme médecin – je n’aime pas trop le mot « doctoresse » – qui s’est occupée de moi à la clinique avait un léger accent. Je me suis permis de lui demander d’où venait son léger accent oriental – en lui expliquant qu’en fait je suis phytogéographe, mais que je m’intéressais aussi à la géographie et à l’ histoire des langues en lui montrant le livre « la Méditerranée – Mer de nos langues ». Le léger accent oriental que je croyais avoir détecté dans son allemand, qui était à part cela quasiment parfait, était donc une bonne indication. En fait la jeune femme médecin venait de Grèce, – elle avait fait ses études de Médecine en Grèce et en Roumanie. Comme elle n’avait pas appris l’allemand à l’école, ses langues étrangères étant l’anglais et le français, elle dut apprendre l’allemand avant de débarquer en Allemagne. Cela ressemble un peu, -mais seulement un peu- à l’histoire que nous raconte Vassilis Alexakis dans Paris – Athènes. Il y a naturellement une autre histoire qui se cache derrière cette histoire de langues, – sans tous ces jeunes médecins venus de l’étranger, faisant leur « Assitentenzeit (Internat dans le system français ?) » dans un hôpital allemand, – sans eux – le système hospitalier allemand aurait de grands problèmes. Tous ces jeunes médecins étrangers sont devenus un des piliers du système hospitalier allemand. Sans le courage et le professionnalisme de cette jeune dame médecin, je n’aurais pas eu la chance d’écrire ces lignes en français.
De retour de l’hôpital j’ai testé mes aptitudes orales en français avec mon épouse (qui est prof. de français) et avec ma fille, qui malheureusement n’a pas hérité du bilinguisme, mais qui est en train d’apprendre le français à l’école – et qui aime, par moment surtout parler français !
Et pour voir simplement voir si l’italien[2] n’avait pas disparu je me suis mis à feuilleter le livre « Antonio Tabucchi narratore » – eh bien l’italien n’a pas entièrement disparu – et en plus dans ce petit livre on retrouve la fascination pour Tabucchi pour les paysages, les voyages et les trains. Peut-être serai- je entièrement remis de mon accident pour monter à temps dans un des TGV de Mannheim pour Paris pour pouvoir aller voir l’exposition « Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky » au Musée d’Orsay. Je finis ce billet, il fait beau dehors, le printemps a commencé dans l’Unterhaardt, les premières fleurs commencent à fleurir, avant-hier j’ai vu (et entendu) les grues cendrées traverser le ciel de la Unterhaardt en direction du lointain Nord-Est. Le printemps vient d’arriver, la nature s’éveille et la vie continue.
Livres cités :
Alexakis, Vassilis (2013) : Paris – Athènes. Paris, (Collection folio (Gallimard)), ISBN 978-2-07-034435-2
Amado, Jorge ( 2013 ) : O Gato Malhado e a Andorinha Sinha – uma historia de amor. Ilustacoesa cores de Carybé. 22. A edicao, Alfragide (Publicacoes Don Quixote), ISBN 978-972-20-2024-4
Calvet, Louis – Jean (2016) : La Méditerranée – Mer des nos langues. Paris (CNRS Éditions), ISBN 978-2-271-08902-1
Contarini, Silvia ; Grossi, Paolo (Eds.)(2007): Antonio Tabucchi narratore. Atti della giornata di studi (17 novembre 2006), Paris, Quadernie dell’Hotel de Galliffet XI, Istituto Italiano di Cultura Parigi. ISBN 978-2-9503030-3-5
Hartlieb, Petra (2016): Meine wundervolle Buchhandlung. Köln (Dumont Buchverlag), ISBN 978-3-8321-6343-3
Häussler, Ralph (2012): Die Wormser Straßenbahn. Erfurt (Sutton Verlag), ISBN 978-3-95400-119-4
Schami, Rafik (1995): Erzähler der Nacht, Weinheim (Gulliver Taschenbuch), ISBN 3-407-78738-3
Yazbeck, S. (2013): Schrei nach Freiheit. Bericht aus dem Inneren der syrischen Revolution. Mit einem Vorwort und einem Interview mit Rafik Schami zur aktuellen Lage. Aus dem Arabischen von Larissa Bender. Erweiterte Taschenbuchausgabe, München (dtv), ISBN 978-3-423-34779-2
[2] Je fais un test équivalent pour le Portugais en feuilletant quelques pages de „O Gata Malhado e a Andorinha Sinhá – uma historia de amor » de Jorge Amado, avec la aussi un résultat positif!
La nouvelle année commença avec quelques flocons de neiges à Grünstadt le 2 janvier 2017. Depuis il fait très froid, pendant les nuits le thermomètre tombe vers les moins dix – et occasionnellement il y quelques flocons qui tombent sur Grünstadt et ses vignobles. Comparé au reste de l’Allemagne néanmoins Grünstadt et la Unterhaardt sont plus au moins à l’abri de la vague de froid et des chutes de neiges assez importantes qui ont touché une très grande partie de l’Allemagne[1] et de l’Europe de l’Est[2]. La Unterhaardt souvent dénommée la Toskana allemand fait encore une fois de plus honneur à son nom[3].
[3] La Unterhardt n’est pas la seule région que utilise le nom « Toskana Deutschlands » pour de fins touristiques, cette autoproclamation est aussi utilise par d’autre regions comme par example le Kraichgau, le Kaiserstuhl, le Markgräflerland etc..
Dans paysages je ne parle presque pas de mon métier de géographe – botaniste universitaire. Naturellement dans divers « post » on trouve des liens plus ou moins forts avec mes activités professionnelles. Il y a quelque temps, j’ai découvert le très beau billet de Fiamma Luzzati « Les fleurs qui rendent immortel » – une invitation à un voyage de découverte de l’herbier national et d’une petite initiation à l’histoire de la botanique. En lisant le père David prononcer les paroles « Mais elle ne s’enrichit pas, parce-que on n’envoie plus de botaniste comme moi sur le terrain » – je me rappelai les paroles d’un collège tunisien qui me disait « en fait Christophe, tu es une espèce en voie de disparation, tu appartiens à une espèce en danger critique d’extinction – des scientifiques comme toi, qui vont sur le terrain, étudier la végétation, les arbres, les fleurs et les hommes, les paysages et leurs descriptions littéraires,- qui essaient de comprendre l’empreinte de l’homme sur les paysages – ils n’ont plus de place dans la science moderne ». Les temps modernes ont sonné le glas pour les « Feld-Wald – und Wiesen Geographen » (les géographes des champs, des bois & forêts et des prés). L’ami tunisien avait certainement raison, même si personnellement je pense que le travail de terrain peut, même de nos jours, enrichir la science. En fait je ne suis pas botaniste pur, mais un géographe avec une formation de botaniste. Durant mes études, il y a maintenant presque trente ans, pour les géographes voulant se spécialiser dans la biogéographie et l’écologie de paysages des cours de botanique était plus ou moins obligatoires, l’objectif était d’être capable de déterminer une plante sur le terrain avec une flore comprenant un clé de détermination dichotomique, en occurrence le « Schmeil-Fitschen », – et de synthétiser ses observations de terrain dans une cartographie floristique. Ce que j’ai appris appris à faire durant la deuxième partie des années 1980 à l’université de Mannheim est très bien décrit dans le chapitre « la géographie-botanique » du livre « les botanistes – contribution à une ethnologie des passions naturalistes » de Sylvia Magnanon. Ce livre est d’ailleurs une très belle « ethnographie » de l’état de la botanique francophone actuelle et en plus il décrit l’histoire de la botanique francophone. Au-delà de la disparition des « Feld-Wald – und Wiesen Geographen » et je pense aussi à cela en visionnant le billet de Fiamma Luzzati c’est l’espèce de géographes-botanistes-explorateurs universitaires qui disparaît lentement, -au moins en Allemagne- où jadis il existait une vraie branche d’explorateurs de terres africaines – je me souviens encore bien il y a maintenant presque 25 ans, je sillonnais brousse sénégalaise, forêt ivoirienne le « Maydell[1]» en main pour approvisionne entre autres l’herbier de Dieter Anhuf. Le géographe Erhard Schulz de l’Université de Würzburg a par exemple par ses diverses publications contribué à la connaissance scientifique des terres lointaines et inconnues des Adrar des Ifoghas au Mali[2]. Tout cela me semble déjà appartenir à une autre époque comme l’histoire de l’herbier national dont nous parle Fiamma Luzzati.
Le récit de Fiamma Luzzati sur les fleurs qui rendent immortel, m’a fait revivre mes sorties avec René Jeantet[3] dans la garrigue nîmoise, découvertes des fabuleuses Gorges du Gardon, les Costières, la Vaunage. C’est lui qui m’a initié à découvrir la garrigue à travers ses plantes, – m’a fait découvrir les Costières avec leurs étranges forêts de Pins parasols, d’Arbousiers, de Chênes pubescents, des lambeaux bois de Chênes – lièges, mais aussi ses colonies de Guêpier d’Europe etc. Même si Monsieur Jeantet n’était pas botaniste au sens strict, il prenait son temps pour m’initier à la flore méditerranéenne, à l’utilisation de la flore portative de Bonnier & Layens (Flore complète portative de la France, de la Suisse et de la Belgique) sur le terrain[4], – et à réanalyser des « découvertes » avec la « Flore complète illustrée en couleurs de France, Suisse et Belgique » à la Bibliothèque du Museum d’histoire naturelle à Nîmes – et si nécessaire nous consultions les divers herbiers du muséum. Pour ainsi dire, c’est Monsieur Jeantet qui m’a donné le goût des senteurs de garrigues et de forêts méditerranéennes pendant mes années nîmoises[5]. C’est aussi grâce à ces premiers pas à travers les Garrigues de Nîmes en compagnie de Monsieur Jeantet que se traça la voie vers mon métier de géographe-botaniste universitaire.
Mais des découvertes botaniques on ne les trouve pas seulement dans les contrées lointaines, – il suffit simplement de se promener les yeux ouverts. Ainsi à Grünstadt, la ville dans laquelle j’habite depuis 1999, – pourrait aussi se dénommer « Grünstadt unter Palmen (Grünstadt sous les palmiers)» vu le nombre de Palmiers[6] dans les jardins et espaces verts publiques, mais pas seulement des Palmiers, – ici et là on y trouve des Chênes verts, des Arbousiers, des Lauriers – tins – et depuis quelques années les Bambous sacrés (Nandina domestica) se font de plus en plus remarquer. A première vue on pourrait croire que c’est peut-être le changement climatique qui en est responsable, – mais ce sont plus les diverses modes de jardins d’ornement qui sont responsables de ce goût pour les plantes exotiques à Grünstadt et dans une grande partie de la Unterhaardt. Voir un peu de vert, voir les fruits de l’arbousier, les fleurs du Laurier-tin, – pour faire oublier la tristesse des hivers rhénans. D’ailleurs même si cela n’est pas connu par le grand public, le palmier chanvre par exemple est considéré comme un des palmiers les plus rustiques – on le cultivera sans problèmes dans les régions viticoles de l’Europe centrale – à l’âge adulte il supporte sans problèmes quelques jours de grands froids (-15 à – 18, exceptionnellement – 22).
Dans une quinzaine d’années je suis supposé de prendre ma retraite. Ce ne sera certainement pas un « Feld-Wald – und Wiesen Geograph » – un géographe-botaniste qui prendra ma relève. Peut-être un géographe-écologue spécialiste en modélisation ou en télédetection, – mais je ne peux m’imaginer que ce sera un géographe-botaniste qui me succédera. Mais au fur et à mesure que cette tendance, de ne plus enseigner la botanique de terrain au niveau universitaire[7] –se développe, la biologie se transforme en life science – la géographie physique & environnementale en science de modélisation & géomatique – c’est au moins ma perception personnelle – qui dans une vingtaine d’années enseignera encore la botanique de terrain au niveau universitaire ? Comment parler d’une écologie scientifique si au fur et mesure la science de déterminer les plantes sur le terrain se perd– si ces aptitudes sont de moins en moins enseignées ? Le botaniste-géographe, on le retrouvera dans quelques années dans un coin perdu d’un musée naturaliste, près de l’herbier – un peu comme nous le raconte si délicatement Fiamma Luzzati dans son blog – le géographe-botaniste une espèce en voie de disparition comme le disait il y a quelques années l’ami tunisien.
Pour revenir au Père David, – ce que Fiamma Luzatti aura peut-être pu mentionner dans son petit billet, c’est que pour le grand public le nom du Père David est associé au Buddleia du père David aussi dénommé aux papillons (Buddleja davidii). J’en ai d’ailleurs planté un dans mon jardin pour attirer les papillons pour que mes enfants puissent les observer dans notre jardin – et ceci en sachant que cette plante est considérée par beaucoup de collègues comme une espèce envahissante.
Je finis avec cette photo des fleurs de la Violette ligneuse (Viola arborescens) , prises dans les falaises du Cap Leucate en octobre 2016, simplement pour montrer que la botanique de terrain – c’est l’art de découvrir et d’observer silencieusement son environnement – que ce soit en forêt ombrophile dans la Montagne de Man en Côte d’Ivoire, dans la laurisilvae des Azores, des falaises du Cap Leucate, les garrigues des Nîmes, les flancs du Stromboli, des forêts de Sapins de la forêt Noire dans la Raumschaft Schramberg, le delta de la Sauer, aussi bien que la flore et les fleurs des villes comme Mannheim, Grünstadt, Nîmes, Lisbonne etc. C’est aussi sortir des sentiers habituels et de découvrir l’Oiseau de paradis (Caesalpinia gilliesii) en fleurs sur les remblais du pont de la Corrège à Port Leucate[8].
Magnanon, Sylvie (2015) : Les botanistes. Contribution à une ethnologie des passions naturalistes, Paris, L’Harmattan, 978-2-343-05389-9
Maydell, Hans-Jürgen von (1990) : Arbres et Arbustes du Sahel – leurs caractéristiques et leurs utilisation. GTZ, Eschborn, ISBN 3-8236-1197-6
Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc-Roussillon. Geographische Rundschau 57(9), S. 38–44.
Schulz, E., Adamou, A., Ousseini, I. 2001. Air et Adrar des Iforas: une comparaison de deux montagnes du sud du Sahara et de leur évolution actuelle. In: Bart, F., Salomon, N.(Hrsg.) Les montagnes tropicales:identités,mutations, développement. Espaces Tropicaux 16, Talence, 219-232
P.S. : Pour en savoir plus sur l’herbier national qui est hébergé au Museum national d’histoire naturelle je suggère fortement la lecture du très beau livre «l’Herbier du Muséum » édité par Lucile Allorge et al. (2013).
[1] Le « Maydell » ainsi fut dénommé le livre de terrain – guide dendroécologique « Arbres et Arbustes du Sahel – leurs caractéristiques et leurs utilisation » écrit par Hans –Jürgen von Maydell et édité par la GTZ.
[2] Notons qu’on retrouve encore des traces de ces géographes-explorateurs dans « l’Afrikazentrum der Universität Würzburg », centre interdisciplinaire universitaire regroupant les recherches de l’Université de Würzburg où la Géographie et la Biologie sont très bien représentées !
[3] René Jeantet était Conservateur du Museum d’histoire naturelle de Nîmes de 1948 à 1995.
[4] Avant de m’acheter ma propre flore de terrain « Bonnier & Layens » , j’utilisais le « Bonnier & Layens » de ma grand-mère, Germaine Migliori (née Monasse). Dans sa jeunesse elle était intéressée par la botanique, – elle entretenait même son herbier personnel. Et elle aimait peindre les fleurs – ce qu’elle faisait encore quelques mois avant sa mort en 2011.
[7] Voir aussi ce que écrit Sylvia Magnanon (2015:102) dans son livre « les botanistes » sur la situation en France : « Mais il est vrai que le fait que les organismes de formation scientifique n’enseignent quasiment plus aujourd’hui la botanique de terrain en France et que par conséquent, aucun diplôme national de botanique soit délivré (pas plus que d’ornithologue ou d’entomologue) peut poser un problème de reconnaissance du statut de botaniste en tant que chercheur scientifique ». Ma perception personnelle est que cette situation se retrouve dans beaucoup de pays européens.
[8] Description (avec photo) dans: Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc-Roussillon. Geographische Rundschau 57(9), S. 38–44.