Blognotice 06.01.2013: sur les fleurs d’amandiers

Le dernier posting sur paysages, – mes vœux de bonne année 2013 pour les lecteurs de paysages–  ont reçu une attention exceptionnelle de la part de mes visiteurs/lecteurs.  La photo des fleurs d’amandiers utilisée dans ces vœux je l’avais déjà publiée dans la Blognotice du 17.3.2012. Personnellement j’aurais aussi souhaité un tel intérêt pour la « Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff », qui parle du déclin du français en Allemagne et de l’allemand en France, mais hélas les lecteurs ont préféré les vœux de nouvel an. La floraison d’amandiers  (Mandelblüte) de la Weinstrasse en Allemagne est considérée comme  le début du printemps en Allemagne. Paradoxalement il n’existe pas d’article Wikipedia.de sur la Mandelblüte, mais seulement sur le Gimmeldinger Mandelblütenfest.  Les fleurs d’amandiers sur la photo prise durant le printemps 2013 entre Herxheim am Berg et Kallstadt montre les fleurs d’une Dürkheimer Krachmandel, une variété d’amandiers à fleur blanche. La plupart de Amandiers fleurissant sur la « Weinstraße » ont des fleurs roses – et en réalité ce ne sont pas de  vrais Amandiers – mais des hybrides entre Amandiers & Pêches – les Mandelpfirsiche (Prunus amygdalo-persica (West) Rehd.). Ces hybrides qu’on rencontre aussi assez rarement à l’état spontané où on trouve les deux parents sont cultivés de nos jours pour les belles fleurs roses. Durant le printemps, – normalement en Mars, les allées de la région de la Weinstrasse sont donc plongées dans un bain de fleurs roses des Mandelpfirsische. Notons que la plupart des habitants de la Weinstrasse ne sont pas au courant de ce que les fleurs d’amandiers roses proviennent des Mandelspfirsiche, mais depuis que la culture d’amandiers a perdu toute importance économique, les amandiers avec à fleurs blanches (les vraies comme la Dürkheimer Krachmandel) se raréfient  de plus en plus. Notons en fin de cette petite blognotice sur les fleurs d’amandiers, qu’il y a un petit pays en France,  où dans les endroits abrités de la Tramontane glacée de janvier on peut trouver ici et là les premiers amandiers en fleurs dès le début du mois janvier – c’est le plateau de la presqu’ile de Leucate. Les premières fleurs d’amandier apparaissent durant le mois de janvier, et en février une véritable « neige florale » baigne le plateau de Leucate. Dans le livre « Leucate – plein cadre (Hautemanière & Hiron(2004) » – on trouve quelques photos des amandiers en fleurs sur le plateau de Leucate. La vue sur les amandiers et les vignes du plateau de Leucate avec l’étang de Leucate et le massif du Canigou couvert d’un épais manteau de neige en arrière-plan est sûrement un des (de mon point vue) plus beaux paysages d’hiver méditerranéen que je connaisse. Dommage que je n’en possède (sauf peut-être dans les fonds de mes cartons d’archive de diapositives) pas de photos de ce paysage  hivernal méditerranéen exceptionnel, paysage de pierre, vignes et fleurs d’amandiers. Notons aussi que les vignobles Cap Leucate (anciennement les vignerons du Cap Leucate) fête annuellement une Fête des amandiers en fleurs, mais cet évènement à caractère local, régional n’est pas comparable aux Gimmeldinger Mandelblütenfest qui est un évènement national, – car la Mandelbüte de la Weinstrasse est traitée chaque année dans la presse nationale allemande comme le début du « véritable printemps » en Allemagne !

Pour finir, – en attendant le printemps et la floraison  des amandiers sur la Weinstrasse  j’espère que l’hiver ne sera pas trop rude ici dans la Unterhaardt – car même si la neige manque assez souvent ici entre Bad Dürkheim et Grünstadt – il peut aussi y avoir des périodes de grands froids, en février 2012 nous avons eu droit à des nuits entre – 18 et- 22° (1,2) !

Œuvres citées :

Hautemanière, Nöel ; Hiron, Jacques (2004): Leucate : plein cadre ; livre de photographies. Toreilles, ISBN 2-9516053-3-1

Christophe Neff, le 6.1.2013

Blognotice 9.12.2012: Regards d’Allemagne – un nouveau blog lemonde.fr sur L’Allemagne

Sur les Blogs lemonde.fr on trouve depuis début Decembre un nouveau blog sur l’Allemagne. Frédéric Lemaître, correspondant du Monde à Berlin nous promet  dans « Regards d’Allemagne » de suivre la campagne électorale pour le prochain Bundestag. Cette campagne dont l’issue sera décisive non  seulement pour l’Allemagne mais pour  l’ensemble de l’Union européenne et notamment pour la France. Regards d’Allemagne  rappelle un peu le blog « Berlin en parle » de Claire- Luis Buis, l’ancienne correspondante du Monde à Berlin : c’est en fait ce blog qui avait inspiré mes début de bloggeur sur paysages. « Berlin en parle » a depuis longtemps disparu de la blogosphère,  nous lisons à l’adresse du blog  – http://clbuis.blog.lemonde.fr/ – « WordPress» Erreur – Ce site a été archivé ou suspendu » – Claire Luis publie sur son propre site « Ideenlab » depuis Février 2010, un site franco-allemand dédié aux idées  et aux  livres politiques et philosophiques.  La disparition du contenu  de « Berlin en parle » – révèle  un grave problème de la Blogosphère. Ici c’est aussi mon esprit  professionnel de chercheur qui s’exprime: comment la recherche peut-elle  restituer les paysages médiatiques d’une certaine aire si les contenus disparaissent. Est-ce-que le Monde archive ses blogs ? Ou est-ce que le contenu de ces blogs disparait pour toujours ? Berlin en parle était dans un certain dégré le reflet de la grande coalition, le début de l’ère « Merkel ». Die Ära-Merkel  qui se poursuivra peut –être au-delà du 23.9.2013. Mais comme je l’ai déjà écrit le 29.09.2012 « Peer Steinbrück pourra redresser la SPD de la dure défaite des dernières Bundestagswahlen,  et peut être au-delà ouvrir de nouveaux  choix stratégiques pour reconquérir le « Bundeskanzleramt » ». « Les regards d’Allemagne » nous promettent donc de suivre de près cette campagne électorale qui pourrait ouvrir à Angela Merkel, la Mutti comme elle est souvent désignée dans les medias allemands, une troisième période au Bundeskanzleramt.  Mais c’est  peut être moins la cote de grands partis comme la CDU et de la SPD, qui va décider du destin de Madame Merkel ou de Monsieur Steinbrück , ce seront peut-être le score des pirates, de la FDP et des Verts aux Bundestagswahlen qui seront les « Kanzlermacher ».

Concernant les blogs le Monde.fr un autre évènement est à signaler – la République des livres a quitté les blogs du Monde – depuis le 26. Novembre 2012la République des livres navigue sous son propre pavillon. Et durant les premiers jours de la République des livres  sous son propre pavillon – pendants quelques heures, le contenu de l’ancien site sur le Monde avait disparu. Même si depuis, les billets et commentaires de l’ancien blog de la République de livres  ont réapparu, cela montre que l’archivage des contenus  des blogs,  mais aussi de tous les medias électroniques (livres, musiques, films) reste un grand défi. Car si nous ne faisons pas attention  de  cette ère super médiatisée il risque de ne rester qu’un souvenir vide de contenu!

Les regards d’Allemagne pourront donc permettre aux lecteurs français et  francophones un regard rapproché sur la campagne électorale pour le 18 eme Bundestag. Personnellement j’espère que les lettres d’Allemagne que Frédéric Lemaître publie régulièrement sur le journal le Monde – ne disparaissent  pas, car j’aimais et j’aime beaucoup  lire ces prises de vue françaises sur l’Allemagne contemporaine!

Photo: © C. Neff Winterblick auf Grünstadt/Vue d’hiver sur Grünstadt 2.11.2012

Christophe Neff, le 9.12.2012

Blognotice 25.11.2012: la 47ème semaine – une semaine des petits et grands conflits géopolitiques

Pendant que le Monde médiatique se penchait une fois de plus sur le drame de Gaza, – Monsieur Morsi arrivait à se faire une certaine renommée internationale en méditant un cessez le feu entre le Hamas et Israël. Mais en même temps il s’octroyait des pleins pouvoirs quasiment pharaoniques. L’Egypte semble de plus en plus  se transformer en Etat autoritaire version frères musulmans. En Tunisie Ennahda essaye de plus en plus de verrouiller le droit d’expression, mais jusqu’à présent on semble encore être loin des dérives autoritaires du régime de Monsieur Morsi. Pendant le drame de Gaza la guerre civile en Syrie poursuivait son chemin sanglant. Combien de morts, de disparus en Syrie – pendant les jours dramatiques à Gaza. Pendant que le monde médiatique penchait ses yeux sur Gaza,  le régime syrien, les bouchers de Damas continuaient sans états d’âme leur travail sanglant.  Mais c’est au cœur de l’Afrique, très très loin de toute attention médiatique, aux confins de la région des grand lacs qu’un véritable drame eut lieu – le M23 (Mouvement du 23 Mars) progresseGoma, Saké tombée – et bientôt peut-être Bukavu , qui sait. Le M23 est responsable des crimes de guerres à grande échelle,  mais malheureusement leurs adversaires, pour le dire diplomatiquement, ne sont pas des enfants de chœur. Il est intéressant de noter que dans la version anglaise de l’article Wikipédia sur le M.23 le rapport (francophone) « RD Congo : Les rebelles du M23 commettent des crimes de guerre » de Human Rights Watch n’est pas mentionné. La Guerre du Kivu, le conflit le plus meurtrier depuis la fin de la seconde guerre mondiale, semble une fois de plus  s’éveiller comme un vieux volcan sans que nous en prenions note. La région des grands lacs semble une fois de plus être un pays où la mort et la violence gratuite ont encore un bel avenir devant eux. Mais croire que le sang qui a coulé à flot dans la région des grands lacs, qui coule encore dans cette région ne nous regarde pas est une erreur !

Le téléphone mobile, le Smartphone que nous utilisons tous les jours, cet outil devenu si indispensable dans notre vie – contient du Coltan  et dans la plupart des cas ce minerai rare (il est presque indispensable pour la hardware supportant notre vie virtuelle) provient de la région des grands lacs, du Kivu. Le trafic du Coltan, n’est certes pas la seule cause des interminables violences à l’est de la RDC,  mais une des questions clefs géopolitiques pour comprendre un peu ce qui se passe  là- bas, loin de nos yeux, est le contrôle du trafic de ce minerai rare et indispensable pour la fabrication des « mobiles ». Le téléphone mobile, le Smartphone,  ce petit outil, qui est devenu si indispensable dans notre quotidien contemporain, dans ce petit outil il y a pour ainsi dire le sang du Kivu qui coule. Il y a deux ans, il y avait même un film documentaire danois intitulé « Blood in the Mobile » (voir ici la critique du Guardian : a shocking connection – film makers uncovers blood in the mobile) qui avait essayé de sensibiliser le grand public sur ces liens « inconnus » entre l’Est de la RDC et le Mobile que nous tenons dans nos mains. Le conflit et les conflits du Kivu se réveillent comme un vieux volcan, annoncent une énième guerre sanglante… et les capitales occidentales, une grande partie des medias internationaux  semblent préférer imiter la Monusco, bien fermer les yeux, ne  rien voir et ne rien entendre!

Christophe Neff, le 25.11.2012

Blognotice 10.11.2012: back sight on a rainy November Wednesday morning in South West Germany

Daybreak in Grünstadt: 7. November 2012, 5.50 am. local time,  raindrops were falling on the roofs of a sleepy German town. Some minutes later I turned my notebook on to get news from the results of presidential election in the U.S. The first info I got was an alert message by email from le Monde.fr – sent by le Monde.fr  at 5.21 – “   “Barack Obama réélu président des Etats-Unis (Barack Obama reelected as President of the United Staates) . At the same moment my wife shouted, – Barack Obama wiedergewählt (Barack Obama reelected) – it was six a clock in the morning – she heard the message in the regional radio news.

At 6.22 am. I received an electronic message from U.S., from a former schoolmate now living in California “looks like Obama won”. At 6.30 arrived the New York Times Alarm – “Breaking News Alert – The New York Times Wednesday, November 7, 2012 — 12:13 AM EST Breaking News: President Obama Wins Re-election, The New York Times Projects”. At 7.01 I read the Le monde.fr alert messages announcing  Mitt Romney conceded (Mitt Romney reconnaît sa défaite face à Barack Obama) – and got the same info’s on the NYT live coverage.

At 7.15 am. I mailed back to California “Good Night in California, – ich freue mich für Amerika, – I feel glad for the U.S.!” In Grünstadt the black colors of night changed to diming grey daylight, and it was still raining. The projection of the victory of Barack Obama done in Blognotice 05.11.2012, – had become reality, – but the reelection was much more impressive than I projected it in paysages – because I thought (and wrote) that it could very narrow – similar as the reelection of Gerhard Schröder in 2002 as Chancelor in Germany after the Elbhochwasser . But the political impact of the Hurricane Sandy can’t be compared to situation in Germany in 2002 following the Elbhochwasser, – after all I have read the political impact of the Hurricane Sandy on Obamas Victory seemed to have been minimal – but without the Elbhochwasser Gerhard Schröder would have had enormous difficulties to be reelected as Chancellor . Being sure that Barack Obama was reelected I also remembered my souvenirs of the first election of Barack Obama four years ago. I had to work in Tunis in November 2008 and I followed the historical moment of Barak Obama election in French TV and on CNN. It was an unbelievable atmosphere in Tunisia at that time. I remember a rainy November week in Tunis and la Marsa – on one hand a beginning “fin de règne” ambience in Tunisia – and on the other hand – the United States people for the first time elected an Afro-American to hold the presidential office. Now four years later we know that this November 2008 election of Barack Obama was not an historical accident.

At about 7.50 am. I started my car ride to Office in Karlsruhe, – and it was still raining. Some hours later I learned that Jérôme Ferrari had won the 2012 Prix Goncourt for his novel “Le Sermon sur la chute de Rome” („The Sermon on the Fall of Rome“). So unfortunately the second forecast in paysages  Blognotice 05.11.2012 for the Prix Goncourt winner in 2012 was not as good as the projection for the U.S. presidential election. Neither «La vérité sur l’affaire Harry Quebert »  (Joël Dicker)   nor   « Lame de fond » ( Linda Lê) won the Prix Goncourt. Following Pierre Assouline in the Republique des Livres the novel of the Swiss-French writer Joel Dicker is a great American novel describing the 2008 electoral America. A great American novel written in French by a Swiss-French author – this sounds very strange. I have not read the book, but after all what Pierre Assouline wrote about the novel (see here; in French) it would merit a translation into English.

On that last Wednesday morning I also read in our local News Paper, die Rheinpfalz, in an article signed Dagmar Gilcher (Gilcher, D. 2012: Aber die Bilder bleiben) that the novel “L’Art français de la guerre” (Alexis Jenny), the Prix Goncourt winner 2011, has now been translated into German. “Die französische Kunst des Krieges” is the German title of the war novel written by Alexis Jenny . I have read the book in July 2012 and I think it was one of the best French novels I read in the last years. Of course this book would also merit an English translation. The German translation (translator = Uli Wittmann) was released in October 2012 on the German Book market.  L’Art français de la Guerre („The French art of war“) immerges deeply into the recent military past of France – and in that recent military past France had to suffer hard in Indochina and Algeria. In Indochina – as did the U.S. forces some years later what now was called Vietnam. The name of the region had changed, – but the place, the geography remained unchanged – Vietnam (and Laos & Cambodia). For both, the French colonial troupes in Indochina and the US-Forces in Vietnam it was a terrible experience – a war in foreign land. Indochina – or as we call it now – Vietnam – confronted the French – and later the U.S. Soldiers with a strange and unfamiliar geography, and an alien people – far away from European – French or U.S. American culture.  A very detailed critic of the “L’Art français de la guerre” can be read in “Le grand art si français d’Alexis Jenni (in French)” published in the Pierre Assouline book blog la Republique des livres in August 2011. It sounds strange that this book has not been translated into English, – it is an impressive novel which describes us how war scares over our cultural heritage and interior landscapes – I am sure that the story of Victorien Salagon would find a large audience in the English-speaking world, particularly in the U.S.A.

The morning of the Wednesday 7.11.2012 was a grey November morning in Southwest Germany. All over the morning we heard the rain falling on the autumn leaves. Now four days later as I write down this blognotice it’s still raining. Yesterday we have had some hours of sun shine, – but except this little time of sunshine – I have the feeling that the week of the reelection of Barak Obama for four more years – was a very rainy week – as it was in Tunis in November 2008.

Sources:

Gilcher, Dagmar (2012): Aber die Bilder bleiben. „Die französische Kunst des Krieges“: Alexis Jenny gefeiertes Romandebüt ist jetzt auf Deutsch erschienen. In: Die Rheinpfalz, Nr. 259, Kultur, Mittwoch, 7 November 2012.

Christophe Neff, 10. November 2012

Blognotice 05.11.2012:

Les neiges d’octobre dans le Leiningerland (1,2) ont fait place aux pluies et brumes de Novembre. Un vrai temps de Brumaire,-  digne du calendrier républicain, des mots  «des brouillards & des brumes basses qui sont la transudation de la nature d’octobre en novembre » que le poète Fabre d’Églantine avait choisi pour désigner la période du 22. Octobre au 20. Novembre dans le Calendrier républicain français. Parfois pendant  de courts instants, le soleil de Novembre illumine vignobles et villages de la Unterhaardt. Mais à part ces quelques minutes de lumières et couleurs,  ce sont des paysages de brumes, des ondées,  les feuilles mortes emportées  par le vent de Novembre qui dominent les paysages de la Unterhaardt. Ce matin même via Facebook, je découvre mon cousin  Charles Sluznis accompagnant les feuilles mortes de Joseph Kosma dans une vidéo Daily motion, – me rappelant mes propres années étudiantes – des vraies années chantant – où nous chantions entre amis étudiants aussi bien des chansons françaises comme par exemple les feuilles mortes (ou en version anglaise automn leaves) – ou des blues américains (voire aussi Manne mer Deck (en allemand)) – ou même des chansons & blues allemands (Joey Fleming, Wolle Kriwanek  etc). Depuis, beaucoup de saisons ont passé, beaucoup de tempêtes se sont épanouies dans les paysages automnaux. Mais même de nos jours,  la nature des paysages, le temps,le  soleil et les  tempêtes peuvent encore influencer nos destins. Je crois que si Barack Obama réellement emporte un deuxième mandat à l’élection présidentielle aux U.S.A., ceci sera aussi du grâce à son management des conséquences dramatiques  de l’Ouragan Sandy. Je suis de très près la campagne présidentielle  aux U.S.A dans les medias allemands, français, et U.S. ,je pensais sincèrement que Mitt Romney avait toutes les chances d’ emporter les élections.  Encore mercredi dernier  après avoir lu le chat de Alain Frachon sur les derniers jours de la campagne présidentielles aux U.S.A je pensais que Mitt Romney allait gagner les élections présidentielles aux U.S.A d’une courte manche. Maintenant avec  les conséquences de l’ouragan Sandy, le soutien du maire de New York Michael Bloomberg, – Obama a peut encore une chance de gagner son second mandat présidentiel aux Etats-Unis. Tout cela ressemble un peu à la situation de Bundestagswahlen 2002 où le chancelier Schröder gagne son deuxième mandat d’un courte manche grâce à son management remarquable des conséquences du Elbhochwasser face à son adversaire Edmund Stoiber. Quoi qu’il arrive, – les années Obama ont déjà laissé leurs traces dans le paysage littéraire français – La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker –  roman qui a grande chance de remporter le prochain Prix Goncourt, – et qui semble être un grand roman sur l’Amérique contemporaine. Personnellement je crois plutôt que sera Lame de fond de Linda Lê qui pourrait remporter le Goncourt. Mais comme pour les élections américaines – wait and see – en attendant les résultats des deux évènement j’observe le vent du Nord emporter les feuilles mortes des vignobles de la Unterhaardt, des forêts du Leiningerland..et le vent du nord les emporte

Photo: . © C. Neff Couleurs et ciel de Novembre à Grünstadt 2.11.2012

Christophe Neff, le 5.11.2012

Blognotiz 31.10.2012: Oktoberschnee im Leiningerland

Oktoberschnee in Höningen, © C. Neff 27.10.2012

Am Samstag, den 27.10.2012 wurde das Leiningerland vom frühen Wintereinbruch und vor allem vom nachhaltigen Schneefällen überrascht. Ich hatte schon am 27.10.2012 eine kleine französischsprachige Blognotiz  über diese ungewöhnlichen Schneefälle verfasst. Im Stadtbereich von Grünstadt gab es den ganzen Samstagmorgen heftige Schneefälle, aber der Schnee blieb nicht liegen. Aber außerhalb des Stadtbereiches von Grünstadt hatte sich im Laufe des Samstagmorgens eine beachtliche Schneedecke gebildet. Rund um Grünstadt waren die Weinberge schneebedeckt und im Leiningertalzug konnte man entlang des Eckbaches, des Hönigerbaches den stillen Kontrast zwischen den herbstlich gefärbten Buchenwäldern und der weißen Schneedecke beobachten.

Oktoberschnee im Leiningerland – Buchen unter Oktoberschnee bei Höningen, © C. Neff 27.10.2012

Ein seltenes Bild, – die herbstlichen gefärbten Buchenwälder des Leiningerlandes vom Schnee bedeckt zu sehen. In der Raumschaft Schramberg, Gegend in der ich aufgewachsen bin, kam das schon mal vor, daß es Ende Oktober/Anfang November zu den ersten Schneefällen kam. Im Grunde genommen ging man dort davon aus, daß man nach Abschluss der Kilbe mit den ersten Schneefällen rechnen konnte. Aber für den Oberrheingraben sind solche Oktoberschneefälle schon etwas Besonderes. Laut der Rheinpfalz (29.10.2012), welche die Aussage von Christian Müller vom Wetterbüro Palatina wiedergibt, hat es solche nachhaltigen Schneefälle in den Niederungen der Oberrheinebene seit über 60 Jahren nicht mehr gegeben, – zuletzt am 26. Oktober 1947.

Quellen:

Die Rheinpfalz (29.10.2012): Aus der Pfalz – Schnee und Eis schon im Oktober.Montag 29 Oktober 2012. Jahrgang 68. Nr. 252.

Photos: Alle © C. Neff 27.10.2012; 1.) Oktoberschnee in Höningen 2.) Buchenwaldrand im Oktoberschnee bei Höningen.

Christophe Neff, 31.10.2012

27.10.2012: les premiers flocons de neige de l’hiver 2012-13 arrivent à Grünstadt

Le matin  de ce samedi 27.10.2012 nous avons eu droit aux premiers flocons de neige de cet hiver (2012-13) à Grünstadt. En 2009 nous avons eu droit aux premières neiges dans la nuit du 12 au 13 décembre, et en 2010 les premiers flocons arrivaient le 27. Novembre, en 2011 les premières neiges arrivent à Grünstadt le 18.12.2011, mais c’était quasiment le seul jour de neige de l’hiver dernier, car l’hiver 2011-12 fut ici dans la Unterhaardt un hiver exceptionnellement froid mais un hiver sans neige.

Pour ce week-end, on nous annonce des chutes de neige de 20-30 cm en Forêt – Noire et dans les Alpes bavaroises. Pour  la Forêt-Noire les chutes de neige fin octobre n’ont rien d’exceptionnel, – les chants de Kilbe, le fameux « Kilbesingen » dans la Raumschaft Schramberg  annonçaient le début de l’hiver et parfois quelques jours après que les bougies des Rübengeister et les Lanternes de la Kilbe avaient une dernière fois à la nuit tombante  d’automne   traversé  bourgs, champs et forêts des environs de Schramberg, les premières neiges couvraient les montagnes et forêts de la Raumschaft Schramberg. Par contre ici en Palatinat, les neiges d’Octobre ont quelque chose d’assez exceptionnel. Notons pour finir cette petite note qui nous annonce le début de l’hiver dans la Unterhaardt – la Kilbe cette coutume des pays de la Raumschaft Schramberg est en train de disparaître – mais la Narrenzunft Schramberg essaie de faire revivre cette tradition – qui est aussi menacée par les potirons de Halloween , a ainsi organisé  une Kilbesingen à Schramberg ce dernier mardi (23.10.2012). J’aurais bien aimé de participer à ce Kilbesingen, mais malheureusement les obligations professionnelles en  ont décidé autrement. Mais d’après ce que j’ai pu lire dans la presse locale ce « Kilbesingen » organisé par la Narrenzunft Schramberg fut un grand succès. Il ne me reste que les souvenirs d’enfant,-observant à travers les vitres  les petites lumières  qui traversaient la nuit entre le Schoren, le Feurenmoos et la Hutneck à Schramberg – Sulgen – les chants qui traversaient le silence de la nuit – « Hit isch Kilbe, morga isch Kilbe, bis am Middwoch Obend… Ich geh’ mit meiner Laterne und meine Laterne mit mir. Dort oben leuchten die Sterne und unten leuchten wir. Mein Licht geht aus, wir geh’ n nach Haus, ra bimmel ra bammel ra bum bum bum.“   on sentait l’hiver arrivé.

Photos: 1.) Neiges d’Octobre dans le Linange entre Grünstadt et Höningen 27.10.2012/Oktoberschnee im Leiningerland zwischen Grünstadt und Höningen 27.10.2012. © C. Neff 2.) Flyer de la Narrenzunft Schramberg pour le „Kilbesingen“ du 23.10.2012. Flyer der Narrenzunft Schramberg für das „Kilbesingen“ am 23.10.2012. © Narrenzunft Schramberg.

Christophe Neff, le 27.10.2012

Blognotice 20.10.2012: les violettes du Cap Leucate n’ont pas disparu

Viola arborescens B.1 Cap Leucate 07.10.2012
Viola arborescens au Cap Leucate © Christophe Neff 07.10.2012

Les violettes du Cap Leucate (Viola arborescens, Violette ligneuse) n’ont heureusement pas disparu. La construction d’un restaurant gastronomique sur le site de la Falaise du Cap Leucate (voir aussi: Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois), avait fait craindre le pire pour cette espèce rare, qui est certainement une des plantes énigmatiques du site du Cap Leucate. Mais l’espèce a encore perdu du terrain,  ce sont les impressions d’une sortie de terrain (7.10.2012) sur le site.  Naturellement l’espèce avait déjà à subir avant la construction du Klim & Co un important impact humain,  je pense surtout au piétinement. Ce piétinement avait déjà pris des impressionnantes dimensions, – telles que je l’ai dit il y a quelques années : j’avais tenu un cours avec comme  titre « Loki Schmidt und die Viola arborescens vom Cap Leucate/Loki Schmidt et les violettes ligneuse du Cap Leucate) où j’expliquais aux étudiants en géobotanique du KIT, qu’en France une personnalité comme Loki Schmidt manquait cruellement, car le grand public en France ignore la richesse botanique, la valeur des plantes, la valeur des paysages.

 

extraits cours géobotanique Violette Cap Leucate WS 2010-11

C’est grâce à son initiative qu’en Allemagne, chaque année la « Blume des Jahres (fleur de l’année) est désignée, ce qui a servi à une considérable prise de conscience de ce qu’apportent les plantes rares à la société. Malheureusement en France, il manque une telle initiative. La « Blume des Jahres » 2013 en Allemagne est l’Hépatique noble (Hepatica nobilis).  Peut-être bien qu’on pourrait, avec une initiative comparable à la Blume des Jahres en France, sensibiliser le grand public envers les menaces qui pèsent sur certaines espèces végétales. Et pour cela il faut déjà connaitre les plantes qui nous entourent. J’ai l’impression que la plupart des promeneurs qui visitent le site du Cap Leucate, qu’il s’agissent des promeneurs du dimanche, des touristes estivaux, des parapentistes, ou des randonneurs,  la plupart de ceux qui fréquent le site, ne sont pas au courent, du fait que c’est un des derniers sites français, et peut-être même européens de Viola arborescens.

le point d'information sur le plateau et la falaise ouvrira proc
Pancarte d’informations sur le point d’information sur le site de la Falaise au sous-sol du  restaurant gastronomique du site de la falaise au Cap Leucate,  © Christophe Neff 07.10.2012

Il était initialement prévu d’ouvrir d’un point d’information sur le plateau et la Falaise du Cap Leucate au sous-sol  du restaurant Klim & Co, car il faut peut – être le rappeler :il s’agit d’un terrain Natura 2000, mais jusqu’ à présent ce point d’info n’a pas encore été ouvert. Juste une petite pancarte qui nous informe que prochainement le point d’info s’ouvrira. Si je me souviens bien, cette petite pancarte était déjà visible en Juin 2012, date de l’ouverture du restaurant du site de la falaise de Leucate. Quand donc ce point d’info s’ouvrira-t-il réellement ses portes – en 2012, – en 2013, en 2014 – ou peut-être jamais ? Comme le panneau l’indique, le site de la falaise est un site européen majeur pour la conservation de la biodiversité  mais apparemment les responsables de la Marie de Leucate semblent avoir oublié cette responsabilité aussi bien envers le site et ses espèces rares et protégées ainsi qu’envers les citoyens.

Photos : Toutes © C. Neff : 1.) Viola arborescens au Cap Leucate 7.10.2012, 2.) transparent PowerPoint extrait de cours de géobotanique WS2010/11 sur Loki Schmidt et les violettes du Cap Leucate, 3.) Pancarte d’informations sur le point d’information sur le site de la Falaise au sous-sol du  restaurant gastronomique du site de la falaise au Cap Leucate 7.10.2012.

Lien externe: Inventaire ZNIEFF Région Languedoc-Roussillon – Plateau de Leucate

Christophe Neff, le 20.10.2012

Commentaire sur les évènements de la journée du 14.09.2012 à Tunis.

Le vendredi 14.09.2012 fut une journée de colère dans le Monde Musulman, la vidéo «L’innocence des musulmans » avait provoqué une réaction vive, manifestations, émeutes, mises à sac d’ambassades, destruction de l’école américaine de Tunis.  En Allemagne le réveil fut particulièrement rude, car on se croyait être hors de cible, mais la mise à sac de l’ambassade allemande au Soudan montrait bien que tous l’occident était ciblé – et que cette mise à sac de l’ambassade à Khartoum ne fut pas l’œuvre d’un évènement de colère spontané, mais  bien préparé et orchestré en avance. La même chose semble avoir lieu à Benghazi.

Naturellement on pourrait se demander pourquoi cette vidéo, ce brûlot  islamophobe, déchaîne tant de  passion,   et en même temps la guerre civile en Syrie, où les bourreaux du boucher de Damas, tuent, massacrent jour après jour, n’ont  jusqu’à présent engendré  aucune démonstration de solidarité visible et audible  dans le monde arabe avec les victimes des massacres commis par les troupes de Bachar el-Assad. Cette question mériterait surement une réflexion approfondie (voire aussi ici).

La destruction des mausolées et de mosquées de Tombouctou par Ansar ed-Dine  en Juin/Juillet dernier n’a que je ne sache pas provoqué une telle indignation furieuse dans le monde islamique! En fait qui encore pense aux destins de manuscrits millénaires, qui fut le trésor de cette ville, qui de nos jours sont menacées par l’obscurantisme le plus arriérée !

On pourrait aussi demander à qui réellement profite la mise en circulation de la vidéo?

Personnellement la mort de John Christopher Stevens à Benghazi, et de voir l’ambassade américaine de Tunis saccagée, de voir partir l’école américaine partir en fumée, m’ont fortement touché. J’avais suivit les évènements de Tunis via le „live“ du Monde, et quelques sources twitter et j’étais littéralement foudroyé  par ce que j’ai pu suivre via twitter etc. Voici des extrais du reportage de Isabelle Mandraud (2012b) paru dans la version papier du Monde du 16.09.2012 : « Fenêtres brisées sur toute une façade, drapeau arraché, sol jonché de pierres mais aussi de douilles de balles et de cartouches de chevrotine, voitures en feu sur le parking… Des annexes continuaient à brûler, tandis que montait de l’école américaine toute proche, entièrement pillée et incendiée, un épais nuage noir visible à plusieurs kilomètres. …. A Tunis, avec une violence inouïe, des groupes de salafistes et de casseurs ont tenté de prendre d’assaut le bâtiment diplomatique américain aux cris d’«Allah Akbar» et «Obama, nous sommes tous des Oussama ». (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Pendant mes années tunisiennes, entre 2005 et 2008, – il y avait des périodes, où je passais plusieurs fois par jour devant les bâtiments de l’ambassade U.S., et devant l’école américaine, la  «American Cooperative School of Tunis» en faisant le trajet la Marsa – Tunis Ville et retour en voiture, car souvent  pendant cette période tunisienne j’habitais à la Marsa-Corniche.  La destruction de l’école américaine, est d’ailleurs un symbole très fort, car c’est un symbole du savoir qui fut mis à feu. Les lieux du savoir étant depuis tout temps cibles des violences déclenchées par l’obscurantisme de tout bord. Néanmoins, même si je considère que les évènements de Tunis du vendredi 14.09.2012 sont très graves, je pense, et là je rejoins l’analyse et le cri de cœur d’Isabelle Mandraud –« Sur la Tunisie, halte au feu ! » (Article réservé aux abonnés Le Monde/payant), que la Tunisie a encore toutes les chances d’évoluer vers une vraie démocratie, comme je l’avais déjà écrit dans les lumières du Fohrenbühl. Naturellement le danger salafiste a pris de l’ampleur, mais cela était prévisible. En plus, depuis le début du printemps arabe l’environnement géopolitique a fortement changé, la désintégration du Mali met en danger aussi bien l’Afrique subsaharienne et le Grand Maghreb, même l’Egypte et le Machrek, et je dirais même que l’Europe n’est pas à l’abri des conséquences des évènements dans le Nord du Sahel. La désintégration du Mali, l’infiltration de la mouvance  Touareg par AQMI au Nord du Sahel n’est d’ailleurs pas liée aux évènements en Lybie, car ceci s’est annoncé longtemps avant la chute du régime de Khadafi,  j’y avais même dédié un petit billet en février 2010. La chute du régime de Khadafi a peut-être précipité les choses, mais les failles et les structures annonçant des lourds problèmes au Nord du Sahel, la désintégration du Mali etc., étaient déjà bien visibles  avant,  il suffisait d’avoir un œil géopolitique attentif. La présence accrue d’AQMI dans le Nord du Sahel, la désintégration du Mali  font de cette partie du Monde un véritable « porte d’avion », un « terrain de refuge » pour AQMI  et les mouvances salafistes, d’où il est possible de s’infiltrer dans les états avoisinants pour les déstabiliser.

Donc depuis le début de la révolution jasmin en Tunisie, l’environnement géopolitique s’est nettement assombri pour la Tunisie. En plus à la question socio-économique, cette question fondamentale pour la survie durable d’un état démocratique, à cette question, le nouveau gouvernement tunisien, ce premier gouvernement tunisien issu d’une vraie élection démocratique, n’a jusqu’à présent trouvé aucune réponse significative. Ajoutons à cela que le dernier hiver fut , de plus, particulièrement  rude  dans le Nord de la Tunisie, par endroits il y avait plus de neige qu’ en Allemagne, par surcroît  il y avait une pénurie de bouteilles de gaz (voir aussi Blognotice 22.12.2011) : donc une grande partie de la population n’a guère l’impression que les changements politiques aient engendré une amélioration de leur situation socio-économique personnelle , bien au contraire. Et si par malchance la Tunisie devait encore affronter un hiver rude comme l’hiver 2011/12 on aurait vraiment  à se faire des soucis.

Mais je pense que l’avenir du printemps arabe en Tunisie  se jouera principalement sur l’évolution socio-économique du pays. Pendant mes années tunisiennes, j’avais aussi la chance de travailler dans les ruraux tunisiens, du Sud au Nord, et toutes ces fortes impressions que les ruraux tunisiens m’avaient  laissé je les avais inclus dans mes cours sur la géographie du Maghreb, spécialement dans le chapitre que j’avais dénommé « le Djebel a faim ». En fait j’avais emprunté le titre de ce chapitre au livre de Serge Moati « Du Côté des vivants », livre que j’avais acheté à la librairie Milles-feuilles à la Marsa, – et dont la lecture m’accompagnait pendant mes travaux dans les ruraux brûlants de Tunisie. Je me permets de citer quelques passages d’un chapitre qui m’a fortement marqué, car j’avais l’impression qu’ en fait les choses n’avaient guère changé loin des côtes qui s’étaient enrichies avec le tourisme, mais qu’une grande partie de l’intérieur du pays, n’avait guère profité des retombées du tourisme. L’intérieur de terres tunisiennes, c’était des pays  bien loin des côtes touristiques,  de véritables planètes à part.

Précisons que ce que Serge Moati fils nous raconte se passe pendant le protectorat français.

« Il y avait aussi parmi eux quelques évadés politiques, je vous le concède. Beaucoup venaient de Tripolitaine. Ceux-là ont composé le premier noyau de ces bandes armées. Et puis, ils ont recruté ce qu’ils ont pu et comme ils ont pu, y compris des gamins excités et désœuvrés… – Ils ont trouvé des volontaires dans les bleds les plus perdus … Ils leur disaient : « Tu n’es pas content de ton sort, la récolte a été mauvaise ou il y de la sécheresse, ton patron, ce salaud de colon, t’a renvoyé, viens avec nous dans le maquis… » L’action pourrait se passer à l’identique en Calabre, en Sicile, en Corse…

Rejoindre les fellaghas devient pour des types paumés une façon de s’opposer de manière forte et, si j’ose dire, romantique, à la présence française…

– Je me permets de vous donner une preuve de ce que j’avance, enchaine Papa. Au printemps dernier, vous le savez, le recrutement des fellaghas s’est accru. Pourquoi, selon vous ? …

Parce que c’était la période de chômage la plus terrible ! Entre la récolte de l’alfa et la moisson. On rejoint les rangs des fellaghas aussi parce que l’on a faim et que l’on se sent abandonné ! Voilà !

-« Voilà ! » Dites-moi, Monsieur Moati, vous pourriez écrire une thèse sur les fellaghas! Vous semblez si bien les connaître ! Curieux, d’ailleurs ce savoir presque intime…

– Je sens les choses. Je connais mon pays. Je suis Tunisien, après tout…

– Je vous croyais Français ?

– Je suis franco-tunisien. Voilà ce que je suis. Et juif

– Je sais

– Et livournais. Et arabe.

– Tout ça ?

– Tout ça. Et j’en suis fier !

Le problème est social ! Il faut reclasser les fellaghas, leur trouver du travail, leur donner de quoi manger ! Ce serait tout à l’honneur de l’administration française et des nouveaux pouvoirs tunisiens! Comme dit le secrétaire général de mon parti, Elie Cohen-Hadria : « Rendre nourricière la steppe brûlante, c’est en fin de compte en arracher pour l’éternité, la semence des fellaghas ! »

-C’est beau comme l’antique.

– C’est surtout vrai » (Citations extraites des pages 253-257 du livre « Du côté des vivants » de Serge Moati).

Cette conversation entre Serge Moati père et un colonel de l’armée française, dont nous parle Serge Moati fils dans son roman autobiographique « Du Côté des Vivants », s’est passée  durant les années cinquante du dernier siècle et depuis beaucoup de choses ont changé: la présence française, les colons français ont disparu, les fellaghas pour ainsi dire aussi. Le récit de Moati, – fiction ou réalité vécue, – cela n’a aucune importance – car ce fut ce fut une des réalités vécues des ruraux tunisiens d’après-guerre.

Mais la steppe est restée aussi brûlante de nos jours,  et je crois que ces professions  de foi de Serge Moati père rapportées par son fils Serge – sont toujours valables  c’est au moins ce que je ressentais pendant mes séjours dans les ruraux tunisiens. Et je me disais, si un jour la Tunisie devenait  par chance un état véritablement démocratique,  se débarrassant  de son lourd historique autocratique, il faudra absolument trouver une solution pour les populations des ruraux marginaux, les faire participer à la richesse nationale!

Car si la « steppe brûlante » pour utiliser les mots de Serge Moati père et de Elie Cohen-Hadria, si la faim, les sentiments d’abandon,  tous ces maux persistent en Tunisie,  ne disparaissent pas aussi bien du Djebel, des bleds, que des quartiers pauvres du grand Tunis,  l’avenir pour la jeune démocratie tunisienne s’annonce  plutôt sombre. Ceci dit, cela ne se limite pas au cas tunisien, mais ces problèmes se posent dans tous les états du Maghreb et bien au-delà !

C’est vraiment un grand défi,  et franchement l’actuel gouvernement, premier gouvernement tunisien issu  d’une élection libre et démocratique, le Gouvernement Hamadi Jebali semble avoir des grandes difficultés à trouver des réponses adéquates à  ces problèmes difficiles et cruciaux pour l’avenir de la Tunisie. Mais à ceux qui voient le printemps arabe tourner au  cauchemar, – il faudrait peut-être rappeler que la voie vers la démocratie de nos états occidentaux fut aussi un chemin long, périlleux, plein de dangers, de déceptions, de violences … tout cela ce ne s’est pas construit du jour au lendemain. Cela a pris du temps, même beaucoup de temps, de grandes lenteurs!

Personnellement, je crois que la société tunisienne peut réussir sa transition démocratique même si le chemin à parcourir sera long et difficile. Même très difficile, – voir partir l’American Cooperative School of Tunis en fumée  cela affecte d’une certaine manière mon optimisme, mais néanmoins je veux bien croire aux mots que je prononçais dans les lumières du Fohrenbühl : « je ne suis pas voyant, je ne partage pas le pouvoir clairvoyant de tant d‘ « experts du monde arabe » mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien . »

Je me permets de finir ce billet avec une citation d’Isabelle Mandraud « Les islamistes n’ont pas pris le pouvoir avec le couteau entre les dents: ils ont été élus, démocratiquement. Ils ne sont d’ailleurs pas majoritaires, ce qui les a contraints à nouer une triple alliance pour gouverner un pays encore déstabilisé, qui tâtonne et qui se cherche aujourd’hui une identité. Comment pourrait-il en être autrement dans une petite république qui n’a jamais connu la démocratie, même au temps de Bourguiba? Oui, l’islamisation de la société est un sujet sensible, mais qui mérite mieux que des caricatures. (Mandraud, I. 2012a, p.1) ». Oui je pense, que ces mots écrits par Isabelle Mandraud, même après les évènements d’hier, n’ont rien perdu de leur signification – bien au contraire !

Œuvres & sources citées :

Mandraud, Isabelle (2012a) : Sur la Tunisie, halte au feu! Le Monde Géopolitique, N˚ 21038 daté Dimanche 9 – Lundi 10 septembre 2012, page 1. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Mandraud, Isabelle (2012b) : Tunis touchée par les violences anti américaines – Trois personnes sont décédées dans l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis par des groupes salafistes et des casseurs. Le Monde, Dimanche16- Lundi 17 septembre 2012, page 3. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Moati, Serge (2006) : Du côté des vivants. Paris, Librairie Artheme Fayard, ISBN 2-213-63087-9

Christophe Neff, écrit le 15.09.2012, publié le 16.09.2012

Blognotice 10.09.2012: Changements de Paysages dans la Raumschaft Schramberg

Schramberg - Blick auf die Steighäuslefläche 16.8.2012Des changements des paysages, il y en a aussi dans la Raumschaft Schramberg, petit terroir de la Forêt Noire dans lequel j’ai passé une grande partie de mon enfance. J’ai eu  dernièrement, durant un cours pratique sur les changements de paysages dans le « Mittlerer Schwarzwald », cours pratique qui eut lieu du 15 au 19.8.2012,  l’occasion de le constater. Le but de ce cours était d’initier les étudiants à la pratique de la cartographie du paysage et de la dynamique végétale. Nous avons donc travaillé sur deux chantiers distincts – l’un sur la reprise végétale du feu de forêt de Hornberg-Niederwasser –  et l’autre sur la coupe blanche du Steighäusle à Schramberg (voir aussi la notice: La Forêt progresse à Schramberg). Donc deux chantiers dédiés à la dynamique végétale et à la fermeture du paysage.

La Forêt Noire est aussi une terre de Feux de Forêts, même si cela a presque disparu complètement de la mémoire collective  et la recherche scientifique jusqu’ à présent n’a pas encore écrit l’histoire des incendies de forêts en Forêt Noire. Le Brandenkopf, – la tête brûlée, porte le souvenir du grand incendie de 1730 dans son nom, avant il s’appelait Varnlehenskopf. Le plus grand incendie fut certainement le grand incendie de Baiersbronn-Schönmünzach qui dévasta une grande partie des forêts du Grindenschwarzwald et de la Murg en 1800. Le nouveau livre de Wolfgang Schlund & Georg Jehle & Charly Ebel,  „100 Jahre Bannwald Wilder See„, dédié au centenaire de la réserve forestière du « Bannwald Wilder See »  a le mérite de dédier un chapitre entier à l’incendie oublié de Baiersbronn-Schönmünzach. En dehors de l’aspect feu de forêt, le livre est aussi une magnifique initiation aux paysages du nord de la Forêt Noire.

L’incendie de Hornberg – Niederwasser, éclata en Avril 1997 le long de la Schwarzwaldbahn, – dû à un blocage de freins d’un train de marchandise – il  brûla à peu près 100 ha de Forêt de Montagne (voir aussi ici). Depuis, la reconquête végétale a repris ses droits  et une nouvelle forêt émerge lentement des brûlis. Cette reconquête naturelle, seulement une partie infime du terrain incendié, fut replantée par des Sapins de Douglas (Pseudotsuga mensziesii), de la végétation que j’observe depuis avec l’aide des étudiants. Des connaissances approfondies sur l’historique de feux de forêts de la Forêt-Noire ou des Vosges avoisinantes pourraient aussi nous donner des enseignements précieux sur ce qui nous attend, car si les prévisions climatologiques s’avèrent être correctes, il y aura de plus en plus d’incendies de forêts dans ces deux massif montagneux.

Le site du Steighäusle à Schramberg est une coupe blanche que la ville de Schramberg a établie entre la Talstadt Schramberg et le Sulgen pour gagner de l’espace ouvert, lumière et air frais pour la ville de Schramberg, qui, encaissée dans le Talkessel de la Schiltach, entourée de forêts et de montagnes, manque d’air et de lumière.  Dans le livre de Cornelia Stubbe sur la géographie industrielle de la Forêt Noire on trouve une belle phrase sur la structure géographique de Schramberg – «Une répartition des rôles semble s’effectuer : Schramberg la vielle ville, rassemble les fonctions administratives, commerciales et sanitaires, donc l’ensemble du tertiaire, tandis que Sulgen, sur les hauteurs, avec une belle vue et davantage de soleil, offres des espaces à vocations industrielles, résidentielles et récréatives.» (Cornelia Stubbe:« L’Industrie en Forêt Noire », Paris 2005, p. 12) même si depuis, le rôle sanitaire de la vielle ville, la Talstadt, se beaucoup rétréci car l’Hôpital de Schramberg, le Kreiskrankenhaus Schramberg a disparu.

La coupe blanche du Steighäusle, est entretenue périodiquement par un petit troupeau de chèvres pour freiner la reprise de la forêt. Il était prévu d’installer un chantier de brûlage dirigé pour pouvoir plus efficacement gérer la reconquête végétale, mais il y avait tellement d’obstacles bureaucratiques, que l’entretien de ce terrain se résume à  des passages périodiques d’un troupeau de chèvres. Comme pour le terrain de Hornberg-Niederwasser, nous observons sur la « Steighäuslefläche» la dynamique végétale. Cette fois ci, nous avons surtout travaillé sur des relevés témoins à gauche et à droite de la « Steighäuslefläche » – le long du Steighäusleweg et de la Charlottenhöhe. Le Steighäusleweg,  chemin pédestre entre la Bergvorstadt Sulgen et la Talstadt Schramberg, ce fut pendant 9 ans mon chemin d’écolier, chemin que je descendais presque tous les jours pour descendre au Gymnasium Schramberg, lycée où j’ai passé le bac (Abitur) en 1984. Pour le retour, les 5 km de chemin, ont un dénivelé de presque 400metres, c’était la voiture de mon père, qui était enseignant dans ce même lycée, ou dans des voitures d’un de  ces collègues qui en majorité résidaient aussi au Sulgen, ou parfois le bus, mais je  faisais à pied assez souvent le retour en hauteur au Sulgen. Ces kilomètres de marche à pied, c’était surement une bonne préparation pour mon service militaire et la formation d’officier de réserve chez les paras de la Bundeswehr au sein de la Luftlandebrigade 25 à Nagold et à Calw. Donc beaucoup de souvenirs personnels pour dresser un tableau subjectif des changements de paysages depuis que j’ai quitté l’école en 1984. En plus, nous avons exploré le « Broghammerweiher » – ou les vestiges du Broghammerweiher car, en fait, il  ne reste que quelques vestiges de l’étang de mon enfance. C’est sur les falaises entourant l’étang que j’avais découvert mes premières salamandres de feu, capturé des tritons dans la mare d’eau, observé les grenouilles. C’est grâce à mon ami d’enfance, Dirk S., qui habitait aussi comme moi jadis au Lärchenweg au Sulgen, qui m’avait fait découvrir le Broghammerweiher durant l’été 1972. Donc depuis que j’ai quitté le Gymnasium Schramberg, le paysage le long de mon chemin d’écolier a manifestement changé, la forêt, sauf sur la coupe blanche du Steighäusle, a progressé, le paysage s’est renfermé, le Broghammerweiher étouffe sous un manteau végétal, la forêt s’est visiblement refermée, là où l’homme l’a laissée se développer librement. Et des nouvelles espèces apparaissent, – les châtaignes (Castanea sativa), qu’on ne trouvait pas sur les flancs est de la vallée de la Schiltach, mis à part les trois exemplaires que j’avais plantés dans notre jardin au Lärchenweg, mais il y avait de beaux exemplaires entre Schramberg et Lauterbach au Schloßberg sur la façade ouest de la vallée de la Schiltach, font  partie de la dynamique végétale entre Schramberg et Sulgen. Et les espèces exogènes – les « Neophyten » comme on dit en allemand, sont en nette progression, dont le Laurier-cerise (Prunus laurocerasus)  et surtout la Balsamine de l’Himayala (Impatiens glandulifera). Mais il y  a aussi des plantes qui semblent avoir disparu, – les échappés de jardins de Rhododendron ponticum du « Stadtpark » de Schramberg sur la Charlottenhöhe – je ne les ai plus retrouvées. Ils ont peut-être disparu à cause de l’entretien du paysage par les chèvres, – car ici aussi la ville de Schramberg essaie de contenir la progression de la forêt  par des chantiers d’entretien du paysage. La Rhododendronblüte au Stadtpark, fin mai et début juin, ce fut  longtemps la fierté de la ville de Schramberg, – on organisait même de voyage pour la Schramberger Rhododendronblüte – mais tout cela est un peu tombé à l’oubli même si la collection de Rhodedendrons est encore en place au Stadtpark, parc qui se dénomme de nos jours « Park der Zeiten » en souvenir de l’industrie horlogère, dont Schramberg fut une fois le fief incontestable au moins en Allemagne. Dans cette belle collection de Rhododendrons, les Rhododendrons ponticum en place avait donné lieu à quelques échappées de jardin et une petite colonisation subspontanée de Rhododendron de la Charlottenhöhe. Le changement le plus spectaculaire, à part la fermeture du paysage, est sûrement la progression de la Balsamine de l’Himalaya. Cette plante était tout simplement inexistante le long de mon chemin d’écolier, que fut le Steighäusle entre 1975 et 1984. De nos jours, elle est quasiment omniprésente le long de chemins, des trouées, des cours d’eau, par endroits on a vraiment le sentiment de se retrouver face à une vraie espèce envahissante.

Durant presque trente ans, les paysages le long de mon chemin d’écolier que fut le Steighäusleweg, se sont renfermés (sauf naturellement sur la coupe blanche de la Steighäuslefläche), la forêt progresse,  des espèces thermophiles (Châtaignes) et exotiques comme le Laurier-cerise et la Balsamine de l’Himalaya sont apparues, progressent, et comme la Balsamine de Himalaya deviennent par endroits invasives. Durant ces presque trente ans, la ville de Schramberg a perdu sa gare, son hôpital ; oui, le paysage a beaucoup changé pendant ce temps, qui est, avec presque trente ans, le temps d’une génération. Quelques jours après ce travail de terrain, j’avais écouté une pièce radiophonique (Hörspiel)  sur le fictif retour du Loup en Forêt Noire «Der Schwarzwald-Ranger – Die Wölfe kommen ». Cette pièce fut écrit par Daniel Bachmann, écrivain-réalisateur avec le quel j’ai passé le bac au Gymnasium Schramberg en 1984. La pièce radiophonique de Daniel Bachmann est une pure fiction, mais des loups, ces fameux loups dont on parlait temps durant cet été en France (le Harro sur le Loup de Louis Bové)(voir aussi ma dernière note), je pense qu’ils pourraient bien apparaitre un jour ou l’autre en Foret Noire. D’ailleurs il s’est déjà manifesté aussi bien dans le Jura que dans les Vosges, donc le Loup est actuellement présent dans presque la totalité des massifs montagneux français, – c’est donc seulement une question de temps, il arrivera dans les massifs montagneux de l’Allemagne – aussi bien dans le Pfälzer Wald qu’en Forêt Noire.

L’entretien des paysages en Forêt Noire par des troupeaux de chèvres sans protection sera sûrement incompatible avec la réapparition probable du Loup. La fermeture du paysage, la progression de la foret  est aussi l’ image  d’une transformation socio-économique de l’espace, disparitions des infrastructures,  gares, hôpitaux, écoles, postes de polices, gendarmeries etc., un changement qui n’est pas restreint à la Raumschaft Schramberg, ce petit pays de Forêt Noire où j’ai passé une grande partie de mon enfance; cette transformation du paysage, nous la retrouvons un peu partout dans les ruraux de montagne en Allemagne, en France, en Suisse, oui, dans une grande partie de l’Europe rurale nous pouvons observer ce changement de paysages profond. Les paysages se referment et l’homme se sent terriblement seul et à l’abandon, cela attire les Loups. De ces loups, le vrai Loup, le Canis lupus, ne me semble pas être l’espèce la plus nuisible, car d’autres loups, bien plus dangereux,  nous attendent!

Sources & Ouvrages cités :

Bachmann, Daniel (2012): Der Schwarzwald-Ranger – Die Wölfe kommen. Badisches Mundarthörspiel. Pièce radiophonique émise par SWR4  Baden-Württemberg le Samedi 1.9.2012 à 21.00.  Livestream ici (7 eme emisson).

Schlund, Wolfgang ; Jehle, Georg ; Ebel, Charly (2012): 100 Jahre Bannwald Wilder See. Naturschutzzentrum Ruhestein & Landesbetrieb Forst BW Stuttgart, ISBN 978-3-00-035118-1

Stubbe, Cornelia (2005): L’Industrie en Forêt Noire, le defi d’une industrie en moyenne montagne. Paris (L’Harmattan), ISBN 2-296-00071-1

Photo:  © C. Neff – Vue sur la Steighäuslefläche et le Eckenhof à Schramberg-Sulgen depuis le Schloßberg-Hohenschramberg  16.8.2012. (Minolta 7000AF, Kodak Elite Chrome)

Christophe Neff, le 10.09.2012