Blognotice 05.11.2012:

Les neiges d’octobre dans le Leiningerland (1,2) ont fait place aux pluies et brumes de Novembre. Un vrai temps de Brumaire,-  digne du calendrier républicain, des mots  «des brouillards & des brumes basses qui sont la transudation de la nature d’octobre en novembre » que le poète Fabre d’Églantine avait choisi pour désigner la période du 22. Octobre au 20. Novembre dans le Calendrier républicain français. Parfois pendant  de courts instants, le soleil de Novembre illumine vignobles et villages de la Unterhaardt. Mais à part ces quelques minutes de lumières et couleurs,  ce sont des paysages de brumes, des ondées,  les feuilles mortes emportées  par le vent de Novembre qui dominent les paysages de la Unterhaardt. Ce matin même via Facebook, je découvre mon cousin  Charles Sluznis accompagnant les feuilles mortes de Joseph Kosma dans une vidéo Daily motion, – me rappelant mes propres années étudiantes – des vraies années chantant – où nous chantions entre amis étudiants aussi bien des chansons françaises comme par exemple les feuilles mortes (ou en version anglaise automn leaves) – ou des blues américains (voire aussi Manne mer Deck (en allemand)) – ou même des chansons & blues allemands (Joey Fleming, Wolle Kriwanek  etc). Depuis, beaucoup de saisons ont passé, beaucoup de tempêtes se sont épanouies dans les paysages automnaux. Mais même de nos jours,  la nature des paysages, le temps,le  soleil et les  tempêtes peuvent encore influencer nos destins. Je crois que si Barack Obama réellement emporte un deuxième mandat à l’élection présidentielle aux U.S.A., ceci sera aussi du grâce à son management des conséquences dramatiques  de l’Ouragan Sandy. Je suis de très près la campagne présidentielle  aux U.S.A dans les medias allemands, français, et U.S. ,je pensais sincèrement que Mitt Romney avait toutes les chances d’ emporter les élections.  Encore mercredi dernier  après avoir lu le chat de Alain Frachon sur les derniers jours de la campagne présidentielles aux U.S.A je pensais que Mitt Romney allait gagner les élections présidentielles aux U.S.A d’une courte manche. Maintenant avec  les conséquences de l’ouragan Sandy, le soutien du maire de New York Michael Bloomberg, – Obama a peut encore une chance de gagner son second mandat présidentiel aux Etats-Unis. Tout cela ressemble un peu à la situation de Bundestagswahlen 2002 où le chancelier Schröder gagne son deuxième mandat d’un courte manche grâce à son management remarquable des conséquences du Elbhochwasser face à son adversaire Edmund Stoiber. Quoi qu’il arrive, – les années Obama ont déjà laissé leurs traces dans le paysage littéraire français – La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker –  roman qui a grande chance de remporter le prochain Prix Goncourt, – et qui semble être un grand roman sur l’Amérique contemporaine. Personnellement je crois plutôt que sera Lame de fond de Linda Lê qui pourrait remporter le Goncourt. Mais comme pour les élections américaines – wait and see – en attendant les résultats des deux évènement j’observe le vent du Nord emporter les feuilles mortes des vignobles de la Unterhaardt, des forêts du Leiningerland..et le vent du nord les emporte

Photo: . © C. Neff Couleurs et ciel de Novembre à Grünstadt 2.11.2012

Christophe Neff, le 5.11.2012

Blognotiz 31.10.2012: Oktoberschnee im Leiningerland

Oktoberschnee in Höningen, © C. Neff 27.10.2012

Am Samstag, den 27.10.2012 wurde das Leiningerland vom frühen Wintereinbruch und vor allem vom nachhaltigen Schneefällen überrascht. Ich hatte schon am 27.10.2012 eine kleine französischsprachige Blognotiz  über diese ungewöhnlichen Schneefälle verfasst. Im Stadtbereich von Grünstadt gab es den ganzen Samstagmorgen heftige Schneefälle, aber der Schnee blieb nicht liegen. Aber außerhalb des Stadtbereiches von Grünstadt hatte sich im Laufe des Samstagmorgens eine beachtliche Schneedecke gebildet. Rund um Grünstadt waren die Weinberge schneebedeckt und im Leiningertalzug konnte man entlang des Eckbaches, des Hönigerbaches den stillen Kontrast zwischen den herbstlich gefärbten Buchenwäldern und der weißen Schneedecke beobachten.

Oktoberschnee im Leiningerland – Buchen unter Oktoberschnee bei Höningen, © C. Neff 27.10.2012

Ein seltenes Bild, – die herbstlichen gefärbten Buchenwälder des Leiningerlandes vom Schnee bedeckt zu sehen. In der Raumschaft Schramberg, Gegend in der ich aufgewachsen bin, kam das schon mal vor, daß es Ende Oktober/Anfang November zu den ersten Schneefällen kam. Im Grunde genommen ging man dort davon aus, daß man nach Abschluss der Kilbe mit den ersten Schneefällen rechnen konnte. Aber für den Oberrheingraben sind solche Oktoberschneefälle schon etwas Besonderes. Laut der Rheinpfalz (29.10.2012), welche die Aussage von Christian Müller vom Wetterbüro Palatina wiedergibt, hat es solche nachhaltigen Schneefälle in den Niederungen der Oberrheinebene seit über 60 Jahren nicht mehr gegeben, – zuletzt am 26. Oktober 1947.

Quellen:

Die Rheinpfalz (29.10.2012): Aus der Pfalz – Schnee und Eis schon im Oktober.Montag 29 Oktober 2012. Jahrgang 68. Nr. 252.

Photos: Alle © C. Neff 27.10.2012; 1.) Oktoberschnee in Höningen 2.) Buchenwaldrand im Oktoberschnee bei Höningen.

Christophe Neff, 31.10.2012

27.10.2012: les premiers flocons de neige de l’hiver 2012-13 arrivent à Grünstadt

Le matin  de ce samedi 27.10.2012 nous avons eu droit aux premiers flocons de neige de cet hiver (2012-13) à Grünstadt. En 2009 nous avons eu droit aux premières neiges dans la nuit du 12 au 13 décembre, et en 2010 les premiers flocons arrivaient le 27. Novembre, en 2011 les premières neiges arrivent à Grünstadt le 18.12.2011, mais c’était quasiment le seul jour de neige de l’hiver dernier, car l’hiver 2011-12 fut ici dans la Unterhaardt un hiver exceptionnellement froid mais un hiver sans neige.

Pour ce week-end, on nous annonce des chutes de neige de 20-30 cm en Forêt – Noire et dans les Alpes bavaroises. Pour  la Forêt-Noire les chutes de neige fin octobre n’ont rien d’exceptionnel, – les chants de Kilbe, le fameux « Kilbesingen » dans la Raumschaft Schramberg  annonçaient le début de l’hiver et parfois quelques jours après que les bougies des Rübengeister et les Lanternes de la Kilbe avaient une dernière fois à la nuit tombante  d’automne   traversé  bourgs, champs et forêts des environs de Schramberg, les premières neiges couvraient les montagnes et forêts de la Raumschaft Schramberg. Par contre ici en Palatinat, les neiges d’Octobre ont quelque chose d’assez exceptionnel. Notons pour finir cette petite note qui nous annonce le début de l’hiver dans la Unterhaardt – la Kilbe cette coutume des pays de la Raumschaft Schramberg est en train de disparaître – mais la Narrenzunft Schramberg essaie de faire revivre cette tradition – qui est aussi menacée par les potirons de Halloween , a ainsi organisé  une Kilbesingen à Schramberg ce dernier mardi (23.10.2012). J’aurais bien aimé de participer à ce Kilbesingen, mais malheureusement les obligations professionnelles en  ont décidé autrement. Mais d’après ce que j’ai pu lire dans la presse locale ce « Kilbesingen » organisé par la Narrenzunft Schramberg fut un grand succès. Il ne me reste que les souvenirs d’enfant,-observant à travers les vitres  les petites lumières  qui traversaient la nuit entre le Schoren, le Feurenmoos et la Hutneck à Schramberg – Sulgen – les chants qui traversaient le silence de la nuit – « Hit isch Kilbe, morga isch Kilbe, bis am Middwoch Obend… Ich geh’ mit meiner Laterne und meine Laterne mit mir. Dort oben leuchten die Sterne und unten leuchten wir. Mein Licht geht aus, wir geh’ n nach Haus, ra bimmel ra bammel ra bum bum bum.“   on sentait l’hiver arrivé.

Photos: 1.) Neiges d’Octobre dans le Linange entre Grünstadt et Höningen 27.10.2012/Oktoberschnee im Leiningerland zwischen Grünstadt und Höningen 27.10.2012. © C. Neff 2.) Flyer de la Narrenzunft Schramberg pour le „Kilbesingen“ du 23.10.2012. Flyer der Narrenzunft Schramberg für das „Kilbesingen“ am 23.10.2012. © Narrenzunft Schramberg.

Christophe Neff, le 27.10.2012

Blognotice 20.10.2012: les violettes du Cap Leucate n’ont pas disparu

Viola arborescens B.1 Cap Leucate 07.10.2012
Viola arborescens au Cap Leucate © Christophe Neff 07.10.2012

Les violettes du Cap Leucate (Viola arborescens, Violette ligneuse) n’ont heureusement pas disparu. La construction d’un restaurant gastronomique sur le site de la Falaise du Cap Leucate (voir aussi: Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois), avait fait craindre le pire pour cette espèce rare, qui est certainement une des plantes énigmatiques du site du Cap Leucate. Mais l’espèce a encore perdu du terrain,  ce sont les impressions d’une sortie de terrain (7.10.2012) sur le site.  Naturellement l’espèce avait déjà à subir avant la construction du Klim & Co un important impact humain,  je pense surtout au piétinement. Ce piétinement avait déjà pris des impressionnantes dimensions, – telles que je l’ai dit il y a quelques années : j’avais tenu un cours avec comme  titre « Loki Schmidt und die Viola arborescens vom Cap Leucate/Loki Schmidt et les violettes ligneuse du Cap Leucate) où j’expliquais aux étudiants en géobotanique du KIT, qu’en France une personnalité comme Loki Schmidt manquait cruellement, car le grand public en France ignore la richesse botanique, la valeur des plantes, la valeur des paysages.

 

extraits cours géobotanique Violette Cap Leucate WS 2010-11

C’est grâce à son initiative qu’en Allemagne, chaque année la « Blume des Jahres (fleur de l’année) est désignée, ce qui a servi à une considérable prise de conscience de ce qu’apportent les plantes rares à la société. Malheureusement en France, il manque une telle initiative. La « Blume des Jahres » 2013 en Allemagne est l’Hépatique noble (Hepatica nobilis).  Peut-être bien qu’on pourrait, avec une initiative comparable à la Blume des Jahres en France, sensibiliser le grand public envers les menaces qui pèsent sur certaines espèces végétales. Et pour cela il faut déjà connaitre les plantes qui nous entourent. J’ai l’impression que la plupart des promeneurs qui visitent le site du Cap Leucate, qu’il s’agissent des promeneurs du dimanche, des touristes estivaux, des parapentistes, ou des randonneurs,  la plupart de ceux qui fréquent le site, ne sont pas au courent, du fait que c’est un des derniers sites français, et peut-être même européens de Viola arborescens.

le point d'information sur le plateau et la falaise ouvrira proc
Pancarte d’informations sur le point d’information sur le site de la Falaise au sous-sol du  restaurant gastronomique du site de la falaise au Cap Leucate,  © Christophe Neff 07.10.2012

Il était initialement prévu d’ouvrir d’un point d’information sur le plateau et la Falaise du Cap Leucate au sous-sol  du restaurant Klim & Co, car il faut peut – être le rappeler :il s’agit d’un terrain Natura 2000, mais jusqu’ à présent ce point d’info n’a pas encore été ouvert. Juste une petite pancarte qui nous informe que prochainement le point d’info s’ouvrira. Si je me souviens bien, cette petite pancarte était déjà visible en Juin 2012, date de l’ouverture du restaurant du site de la falaise de Leucate. Quand donc ce point d’info s’ouvrira-t-il réellement ses portes – en 2012, – en 2013, en 2014 – ou peut-être jamais ? Comme le panneau l’indique, le site de la falaise est un site européen majeur pour la conservation de la biodiversité  mais apparemment les responsables de la Marie de Leucate semblent avoir oublié cette responsabilité aussi bien envers le site et ses espèces rares et protégées ainsi qu’envers les citoyens.

Photos : Toutes © C. Neff : 1.) Viola arborescens au Cap Leucate 7.10.2012, 2.) transparent PowerPoint extrait de cours de géobotanique WS2010/11 sur Loki Schmidt et les violettes du Cap Leucate, 3.) Pancarte d’informations sur le point d’information sur le site de la Falaise au sous-sol du  restaurant gastronomique du site de la falaise au Cap Leucate 7.10.2012.

Lien externe: Inventaire ZNIEFF Région Languedoc-Roussillon – Plateau de Leucate

Christophe Neff, le 20.10.2012

Commentaire sur les évènements de la journée du 14.09.2012 à Tunis.

Le vendredi 14.09.2012 fut une journée de colère dans le Monde Musulman, la vidéo «L’innocence des musulmans » avait provoqué une réaction vive, manifestations, émeutes, mises à sac d’ambassades, destruction de l’école américaine de Tunis.  En Allemagne le réveil fut particulièrement rude, car on se croyait être hors de cible, mais la mise à sac de l’ambassade allemande au Soudan montrait bien que tous l’occident était ciblé – et que cette mise à sac de l’ambassade à Khartoum ne fut pas l’œuvre d’un évènement de colère spontané, mais  bien préparé et orchestré en avance. La même chose semble avoir lieu à Benghazi.

Naturellement on pourrait se demander pourquoi cette vidéo, ce brûlot  islamophobe, déchaîne tant de  passion,   et en même temps la guerre civile en Syrie, où les bourreaux du boucher de Damas, tuent, massacrent jour après jour, n’ont  jusqu’à présent engendré  aucune démonstration de solidarité visible et audible  dans le monde arabe avec les victimes des massacres commis par les troupes de Bachar el-Assad. Cette question mériterait surement une réflexion approfondie (voire aussi ici).

La destruction des mausolées et de mosquées de Tombouctou par Ansar ed-Dine  en Juin/Juillet dernier n’a que je ne sache pas provoqué une telle indignation furieuse dans le monde islamique! En fait qui encore pense aux destins de manuscrits millénaires, qui fut le trésor de cette ville, qui de nos jours sont menacées par l’obscurantisme le plus arriérée !

On pourrait aussi demander à qui réellement profite la mise en circulation de la vidéo?

Personnellement la mort de John Christopher Stevens à Benghazi, et de voir l’ambassade américaine de Tunis saccagée, de voir partir l’école américaine partir en fumée, m’ont fortement touché. J’avais suivit les évènements de Tunis via le „live“ du Monde, et quelques sources twitter et j’étais littéralement foudroyé  par ce que j’ai pu suivre via twitter etc. Voici des extrais du reportage de Isabelle Mandraud (2012b) paru dans la version papier du Monde du 16.09.2012 : « Fenêtres brisées sur toute une façade, drapeau arraché, sol jonché de pierres mais aussi de douilles de balles et de cartouches de chevrotine, voitures en feu sur le parking… Des annexes continuaient à brûler, tandis que montait de l’école américaine toute proche, entièrement pillée et incendiée, un épais nuage noir visible à plusieurs kilomètres. …. A Tunis, avec une violence inouïe, des groupes de salafistes et de casseurs ont tenté de prendre d’assaut le bâtiment diplomatique américain aux cris d’«Allah Akbar» et «Obama, nous sommes tous des Oussama ». (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Pendant mes années tunisiennes, entre 2005 et 2008, – il y avait des périodes, où je passais plusieurs fois par jour devant les bâtiments de l’ambassade U.S., et devant l’école américaine, la  «American Cooperative School of Tunis» en faisant le trajet la Marsa – Tunis Ville et retour en voiture, car souvent  pendant cette période tunisienne j’habitais à la Marsa-Corniche.  La destruction de l’école américaine, est d’ailleurs un symbole très fort, car c’est un symbole du savoir qui fut mis à feu. Les lieux du savoir étant depuis tout temps cibles des violences déclenchées par l’obscurantisme de tout bord. Néanmoins, même si je considère que les évènements de Tunis du vendredi 14.09.2012 sont très graves, je pense, et là je rejoins l’analyse et le cri de cœur d’Isabelle Mandraud –« Sur la Tunisie, halte au feu ! » (Article réservé aux abonnés Le Monde/payant), que la Tunisie a encore toutes les chances d’évoluer vers une vraie démocratie, comme je l’avais déjà écrit dans les lumières du Fohrenbühl. Naturellement le danger salafiste a pris de l’ampleur, mais cela était prévisible. En plus, depuis le début du printemps arabe l’environnement géopolitique a fortement changé, la désintégration du Mali met en danger aussi bien l’Afrique subsaharienne et le Grand Maghreb, même l’Egypte et le Machrek, et je dirais même que l’Europe n’est pas à l’abri des conséquences des évènements dans le Nord du Sahel. La désintégration du Mali, l’infiltration de la mouvance  Touareg par AQMI au Nord du Sahel n’est d’ailleurs pas liée aux évènements en Lybie, car ceci s’est annoncé longtemps avant la chute du régime de Khadafi,  j’y avais même dédié un petit billet en février 2010. La chute du régime de Khadafi a peut-être précipité les choses, mais les failles et les structures annonçant des lourds problèmes au Nord du Sahel, la désintégration du Mali etc., étaient déjà bien visibles  avant,  il suffisait d’avoir un œil géopolitique attentif. La présence accrue d’AQMI dans le Nord du Sahel, la désintégration du Mali  font de cette partie du Monde un véritable « porte d’avion », un « terrain de refuge » pour AQMI  et les mouvances salafistes, d’où il est possible de s’infiltrer dans les états avoisinants pour les déstabiliser.

Donc depuis le début de la révolution jasmin en Tunisie, l’environnement géopolitique s’est nettement assombri pour la Tunisie. En plus à la question socio-économique, cette question fondamentale pour la survie durable d’un état démocratique, à cette question, le nouveau gouvernement tunisien, ce premier gouvernement tunisien issu d’une vraie élection démocratique, n’a jusqu’à présent trouvé aucune réponse significative. Ajoutons à cela que le dernier hiver fut , de plus, particulièrement  rude  dans le Nord de la Tunisie, par endroits il y avait plus de neige qu’ en Allemagne, par surcroît  il y avait une pénurie de bouteilles de gaz (voir aussi Blognotice 22.12.2011) : donc une grande partie de la population n’a guère l’impression que les changements politiques aient engendré une amélioration de leur situation socio-économique personnelle , bien au contraire. Et si par malchance la Tunisie devait encore affronter un hiver rude comme l’hiver 2011/12 on aurait vraiment  à se faire des soucis.

Mais je pense que l’avenir du printemps arabe en Tunisie  se jouera principalement sur l’évolution socio-économique du pays. Pendant mes années tunisiennes, j’avais aussi la chance de travailler dans les ruraux tunisiens, du Sud au Nord, et toutes ces fortes impressions que les ruraux tunisiens m’avaient  laissé je les avais inclus dans mes cours sur la géographie du Maghreb, spécialement dans le chapitre que j’avais dénommé « le Djebel a faim ». En fait j’avais emprunté le titre de ce chapitre au livre de Serge Moati « Du Côté des vivants », livre que j’avais acheté à la librairie Milles-feuilles à la Marsa, – et dont la lecture m’accompagnait pendant mes travaux dans les ruraux brûlants de Tunisie. Je me permets de citer quelques passages d’un chapitre qui m’a fortement marqué, car j’avais l’impression qu’ en fait les choses n’avaient guère changé loin des côtes qui s’étaient enrichies avec le tourisme, mais qu’une grande partie de l’intérieur du pays, n’avait guère profité des retombées du tourisme. L’intérieur de terres tunisiennes, c’était des pays  bien loin des côtes touristiques,  de véritables planètes à part.

Précisons que ce que Serge Moati fils nous raconte se passe pendant le protectorat français.

« Il y avait aussi parmi eux quelques évadés politiques, je vous le concède. Beaucoup venaient de Tripolitaine. Ceux-là ont composé le premier noyau de ces bandes armées. Et puis, ils ont recruté ce qu’ils ont pu et comme ils ont pu, y compris des gamins excités et désœuvrés… – Ils ont trouvé des volontaires dans les bleds les plus perdus … Ils leur disaient : « Tu n’es pas content de ton sort, la récolte a été mauvaise ou il y de la sécheresse, ton patron, ce salaud de colon, t’a renvoyé, viens avec nous dans le maquis… » L’action pourrait se passer à l’identique en Calabre, en Sicile, en Corse…

Rejoindre les fellaghas devient pour des types paumés une façon de s’opposer de manière forte et, si j’ose dire, romantique, à la présence française…

– Je me permets de vous donner une preuve de ce que j’avance, enchaine Papa. Au printemps dernier, vous le savez, le recrutement des fellaghas s’est accru. Pourquoi, selon vous ? …

Parce que c’était la période de chômage la plus terrible ! Entre la récolte de l’alfa et la moisson. On rejoint les rangs des fellaghas aussi parce que l’on a faim et que l’on se sent abandonné ! Voilà !

-« Voilà ! » Dites-moi, Monsieur Moati, vous pourriez écrire une thèse sur les fellaghas! Vous semblez si bien les connaître ! Curieux, d’ailleurs ce savoir presque intime…

– Je sens les choses. Je connais mon pays. Je suis Tunisien, après tout…

– Je vous croyais Français ?

– Je suis franco-tunisien. Voilà ce que je suis. Et juif

– Je sais

– Et livournais. Et arabe.

– Tout ça ?

– Tout ça. Et j’en suis fier !

Le problème est social ! Il faut reclasser les fellaghas, leur trouver du travail, leur donner de quoi manger ! Ce serait tout à l’honneur de l’administration française et des nouveaux pouvoirs tunisiens! Comme dit le secrétaire général de mon parti, Elie Cohen-Hadria : « Rendre nourricière la steppe brûlante, c’est en fin de compte en arracher pour l’éternité, la semence des fellaghas ! »

-C’est beau comme l’antique.

– C’est surtout vrai » (Citations extraites des pages 253-257 du livre « Du côté des vivants » de Serge Moati).

Cette conversation entre Serge Moati père et un colonel de l’armée française, dont nous parle Serge Moati fils dans son roman autobiographique « Du Côté des Vivants », s’est passée  durant les années cinquante du dernier siècle et depuis beaucoup de choses ont changé: la présence française, les colons français ont disparu, les fellaghas pour ainsi dire aussi. Le récit de Moati, – fiction ou réalité vécue, – cela n’a aucune importance – car ce fut ce fut une des réalités vécues des ruraux tunisiens d’après-guerre.

Mais la steppe est restée aussi brûlante de nos jours,  et je crois que ces professions  de foi de Serge Moati père rapportées par son fils Serge – sont toujours valables  c’est au moins ce que je ressentais pendant mes séjours dans les ruraux tunisiens. Et je me disais, si un jour la Tunisie devenait  par chance un état véritablement démocratique,  se débarrassant  de son lourd historique autocratique, il faudra absolument trouver une solution pour les populations des ruraux marginaux, les faire participer à la richesse nationale!

Car si la « steppe brûlante » pour utiliser les mots de Serge Moati père et de Elie Cohen-Hadria, si la faim, les sentiments d’abandon,  tous ces maux persistent en Tunisie,  ne disparaissent pas aussi bien du Djebel, des bleds, que des quartiers pauvres du grand Tunis,  l’avenir pour la jeune démocratie tunisienne s’annonce  plutôt sombre. Ceci dit, cela ne se limite pas au cas tunisien, mais ces problèmes se posent dans tous les états du Maghreb et bien au-delà !

C’est vraiment un grand défi,  et franchement l’actuel gouvernement, premier gouvernement tunisien issu  d’une élection libre et démocratique, le Gouvernement Hamadi Jebali semble avoir des grandes difficultés à trouver des réponses adéquates à  ces problèmes difficiles et cruciaux pour l’avenir de la Tunisie. Mais à ceux qui voient le printemps arabe tourner au  cauchemar, – il faudrait peut-être rappeler que la voie vers la démocratie de nos états occidentaux fut aussi un chemin long, périlleux, plein de dangers, de déceptions, de violences … tout cela ce ne s’est pas construit du jour au lendemain. Cela a pris du temps, même beaucoup de temps, de grandes lenteurs!

Personnellement, je crois que la société tunisienne peut réussir sa transition démocratique même si le chemin à parcourir sera long et difficile. Même très difficile, – voir partir l’American Cooperative School of Tunis en fumée  cela affecte d’une certaine manière mon optimisme, mais néanmoins je veux bien croire aux mots que je prononçais dans les lumières du Fohrenbühl : « je ne suis pas voyant, je ne partage pas le pouvoir clairvoyant de tant d‘ « experts du monde arabe » mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien . »

Je me permets de finir ce billet avec une citation d’Isabelle Mandraud « Les islamistes n’ont pas pris le pouvoir avec le couteau entre les dents: ils ont été élus, démocratiquement. Ils ne sont d’ailleurs pas majoritaires, ce qui les a contraints à nouer une triple alliance pour gouverner un pays encore déstabilisé, qui tâtonne et qui se cherche aujourd’hui une identité. Comment pourrait-il en être autrement dans une petite république qui n’a jamais connu la démocratie, même au temps de Bourguiba? Oui, l’islamisation de la société est un sujet sensible, mais qui mérite mieux que des caricatures. (Mandraud, I. 2012a, p.1) ». Oui je pense, que ces mots écrits par Isabelle Mandraud, même après les évènements d’hier, n’ont rien perdu de leur signification – bien au contraire !

Œuvres & sources citées :

Mandraud, Isabelle (2012a) : Sur la Tunisie, halte au feu! Le Monde Géopolitique, N˚ 21038 daté Dimanche 9 – Lundi 10 septembre 2012, page 1. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Mandraud, Isabelle (2012b) : Tunis touchée par les violences anti américaines – Trois personnes sont décédées dans l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis par des groupes salafistes et des casseurs. Le Monde, Dimanche16- Lundi 17 septembre 2012, page 3. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Moati, Serge (2006) : Du côté des vivants. Paris, Librairie Artheme Fayard, ISBN 2-213-63087-9

Christophe Neff, écrit le 15.09.2012, publié le 16.09.2012

Blognotice 10.09.2012: Changements de Paysages dans la Raumschaft Schramberg

Schramberg - Blick auf die Steighäuslefläche 16.8.2012Des changements des paysages, il y en a aussi dans la Raumschaft Schramberg, petit terroir de la Forêt Noire dans lequel j’ai passé une grande partie de mon enfance. J’ai eu  dernièrement, durant un cours pratique sur les changements de paysages dans le « Mittlerer Schwarzwald », cours pratique qui eut lieu du 15 au 19.8.2012,  l’occasion de le constater. Le but de ce cours était d’initier les étudiants à la pratique de la cartographie du paysage et de la dynamique végétale. Nous avons donc travaillé sur deux chantiers distincts – l’un sur la reprise végétale du feu de forêt de Hornberg-Niederwasser –  et l’autre sur la coupe blanche du Steighäusle à Schramberg (voir aussi la notice: La Forêt progresse à Schramberg). Donc deux chantiers dédiés à la dynamique végétale et à la fermeture du paysage.

La Forêt Noire est aussi une terre de Feux de Forêts, même si cela a presque disparu complètement de la mémoire collective  et la recherche scientifique jusqu’ à présent n’a pas encore écrit l’histoire des incendies de forêts en Forêt Noire. Le Brandenkopf, – la tête brûlée, porte le souvenir du grand incendie de 1730 dans son nom, avant il s’appelait Varnlehenskopf. Le plus grand incendie fut certainement le grand incendie de Baiersbronn-Schönmünzach qui dévasta une grande partie des forêts du Grindenschwarzwald et de la Murg en 1800. Le nouveau livre de Wolfgang Schlund & Georg Jehle & Charly Ebel,  „100 Jahre Bannwald Wilder See„, dédié au centenaire de la réserve forestière du « Bannwald Wilder See »  a le mérite de dédier un chapitre entier à l’incendie oublié de Baiersbronn-Schönmünzach. En dehors de l’aspect feu de forêt, le livre est aussi une magnifique initiation aux paysages du nord de la Forêt Noire.

L’incendie de Hornberg – Niederwasser, éclata en Avril 1997 le long de la Schwarzwaldbahn, – dû à un blocage de freins d’un train de marchandise – il  brûla à peu près 100 ha de Forêt de Montagne (voir aussi ici). Depuis, la reconquête végétale a repris ses droits  et une nouvelle forêt émerge lentement des brûlis. Cette reconquête naturelle, seulement une partie infime du terrain incendié, fut replantée par des Sapins de Douglas (Pseudotsuga mensziesii), de la végétation que j’observe depuis avec l’aide des étudiants. Des connaissances approfondies sur l’historique de feux de forêts de la Forêt-Noire ou des Vosges avoisinantes pourraient aussi nous donner des enseignements précieux sur ce qui nous attend, car si les prévisions climatologiques s’avèrent être correctes, il y aura de plus en plus d’incendies de forêts dans ces deux massif montagneux.

Le site du Steighäusle à Schramberg est une coupe blanche que la ville de Schramberg a établie entre la Talstadt Schramberg et le Sulgen pour gagner de l’espace ouvert, lumière et air frais pour la ville de Schramberg, qui, encaissée dans le Talkessel de la Schiltach, entourée de forêts et de montagnes, manque d’air et de lumière.  Dans le livre de Cornelia Stubbe sur la géographie industrielle de la Forêt Noire on trouve une belle phrase sur la structure géographique de Schramberg – «Une répartition des rôles semble s’effectuer : Schramberg la vielle ville, rassemble les fonctions administratives, commerciales et sanitaires, donc l’ensemble du tertiaire, tandis que Sulgen, sur les hauteurs, avec une belle vue et davantage de soleil, offres des espaces à vocations industrielles, résidentielles et récréatives.» (Cornelia Stubbe:« L’Industrie en Forêt Noire », Paris 2005, p. 12) même si depuis, le rôle sanitaire de la vielle ville, la Talstadt, se beaucoup rétréci car l’Hôpital de Schramberg, le Kreiskrankenhaus Schramberg a disparu.

La coupe blanche du Steighäusle, est entretenue périodiquement par un petit troupeau de chèvres pour freiner la reprise de la forêt. Il était prévu d’installer un chantier de brûlage dirigé pour pouvoir plus efficacement gérer la reconquête végétale, mais il y avait tellement d’obstacles bureaucratiques, que l’entretien de ce terrain se résume à  des passages périodiques d’un troupeau de chèvres. Comme pour le terrain de Hornberg-Niederwasser, nous observons sur la « Steighäuslefläche» la dynamique végétale. Cette fois ci, nous avons surtout travaillé sur des relevés témoins à gauche et à droite de la « Steighäuslefläche » – le long du Steighäusleweg et de la Charlottenhöhe. Le Steighäusleweg,  chemin pédestre entre la Bergvorstadt Sulgen et la Talstadt Schramberg, ce fut pendant 9 ans mon chemin d’écolier, chemin que je descendais presque tous les jours pour descendre au Gymnasium Schramberg, lycée où j’ai passé le bac (Abitur) en 1984. Pour le retour, les 5 km de chemin, ont un dénivelé de presque 400metres, c’était la voiture de mon père, qui était enseignant dans ce même lycée, ou dans des voitures d’un de  ces collègues qui en majorité résidaient aussi au Sulgen, ou parfois le bus, mais je  faisais à pied assez souvent le retour en hauteur au Sulgen. Ces kilomètres de marche à pied, c’était surement une bonne préparation pour mon service militaire et la formation d’officier de réserve chez les paras de la Bundeswehr au sein de la Luftlandebrigade 25 à Nagold et à Calw. Donc beaucoup de souvenirs personnels pour dresser un tableau subjectif des changements de paysages depuis que j’ai quitté l’école en 1984. En plus, nous avons exploré le « Broghammerweiher » – ou les vestiges du Broghammerweiher car, en fait, il  ne reste que quelques vestiges de l’étang de mon enfance. C’est sur les falaises entourant l’étang que j’avais découvert mes premières salamandres de feu, capturé des tritons dans la mare d’eau, observé les grenouilles. C’est grâce à mon ami d’enfance, Dirk S., qui habitait aussi comme moi jadis au Lärchenweg au Sulgen, qui m’avait fait découvrir le Broghammerweiher durant l’été 1972. Donc depuis que j’ai quitté le Gymnasium Schramberg, le paysage le long de mon chemin d’écolier a manifestement changé, la forêt, sauf sur la coupe blanche du Steighäusle, a progressé, le paysage s’est renfermé, le Broghammerweiher étouffe sous un manteau végétal, la forêt s’est visiblement refermée, là où l’homme l’a laissée se développer librement. Et des nouvelles espèces apparaissent, – les châtaignes (Castanea sativa), qu’on ne trouvait pas sur les flancs est de la vallée de la Schiltach, mis à part les trois exemplaires que j’avais plantés dans notre jardin au Lärchenweg, mais il y avait de beaux exemplaires entre Schramberg et Lauterbach au Schloßberg sur la façade ouest de la vallée de la Schiltach, font  partie de la dynamique végétale entre Schramberg et Sulgen. Et les espèces exogènes – les « Neophyten » comme on dit en allemand, sont en nette progression, dont le Laurier-cerise (Prunus laurocerasus)  et surtout la Balsamine de l’Himayala (Impatiens glandulifera). Mais il y  a aussi des plantes qui semblent avoir disparu, – les échappés de jardins de Rhododendron ponticum du « Stadtpark » de Schramberg sur la Charlottenhöhe – je ne les ai plus retrouvées. Ils ont peut-être disparu à cause de l’entretien du paysage par les chèvres, – car ici aussi la ville de Schramberg essaie de contenir la progression de la forêt  par des chantiers d’entretien du paysage. La Rhododendronblüte au Stadtpark, fin mai et début juin, ce fut  longtemps la fierté de la ville de Schramberg, – on organisait même de voyage pour la Schramberger Rhododendronblüte – mais tout cela est un peu tombé à l’oubli même si la collection de Rhodedendrons est encore en place au Stadtpark, parc qui se dénomme de nos jours « Park der Zeiten » en souvenir de l’industrie horlogère, dont Schramberg fut une fois le fief incontestable au moins en Allemagne. Dans cette belle collection de Rhododendrons, les Rhododendrons ponticum en place avait donné lieu à quelques échappées de jardin et une petite colonisation subspontanée de Rhododendron de la Charlottenhöhe. Le changement le plus spectaculaire, à part la fermeture du paysage, est sûrement la progression de la Balsamine de l’Himalaya. Cette plante était tout simplement inexistante le long de mon chemin d’écolier, que fut le Steighäusle entre 1975 et 1984. De nos jours, elle est quasiment omniprésente le long de chemins, des trouées, des cours d’eau, par endroits on a vraiment le sentiment de se retrouver face à une vraie espèce envahissante.

Durant presque trente ans, les paysages le long de mon chemin d’écolier que fut le Steighäusleweg, se sont renfermés (sauf naturellement sur la coupe blanche de la Steighäuslefläche), la forêt progresse,  des espèces thermophiles (Châtaignes) et exotiques comme le Laurier-cerise et la Balsamine de l’Himalaya sont apparues, progressent, et comme la Balsamine de Himalaya deviennent par endroits invasives. Durant ces presque trente ans, la ville de Schramberg a perdu sa gare, son hôpital ; oui, le paysage a beaucoup changé pendant ce temps, qui est, avec presque trente ans, le temps d’une génération. Quelques jours après ce travail de terrain, j’avais écouté une pièce radiophonique (Hörspiel)  sur le fictif retour du Loup en Forêt Noire «Der Schwarzwald-Ranger – Die Wölfe kommen ». Cette pièce fut écrit par Daniel Bachmann, écrivain-réalisateur avec le quel j’ai passé le bac au Gymnasium Schramberg en 1984. La pièce radiophonique de Daniel Bachmann est une pure fiction, mais des loups, ces fameux loups dont on parlait temps durant cet été en France (le Harro sur le Loup de Louis Bové)(voir aussi ma dernière note), je pense qu’ils pourraient bien apparaitre un jour ou l’autre en Foret Noire. D’ailleurs il s’est déjà manifesté aussi bien dans le Jura que dans les Vosges, donc le Loup est actuellement présent dans presque la totalité des massifs montagneux français, – c’est donc seulement une question de temps, il arrivera dans les massifs montagneux de l’Allemagne – aussi bien dans le Pfälzer Wald qu’en Forêt Noire.

L’entretien des paysages en Forêt Noire par des troupeaux de chèvres sans protection sera sûrement incompatible avec la réapparition probable du Loup. La fermeture du paysage, la progression de la foret  est aussi l’ image  d’une transformation socio-économique de l’espace, disparitions des infrastructures,  gares, hôpitaux, écoles, postes de polices, gendarmeries etc., un changement qui n’est pas restreint à la Raumschaft Schramberg, ce petit pays de Forêt Noire où j’ai passé une grande partie de mon enfance; cette transformation du paysage, nous la retrouvons un peu partout dans les ruraux de montagne en Allemagne, en France, en Suisse, oui, dans une grande partie de l’Europe rurale nous pouvons observer ce changement de paysages profond. Les paysages se referment et l’homme se sent terriblement seul et à l’abandon, cela attire les Loups. De ces loups, le vrai Loup, le Canis lupus, ne me semble pas être l’espèce la plus nuisible, car d’autres loups, bien plus dangereux,  nous attendent!

Sources & Ouvrages cités :

Bachmann, Daniel (2012): Der Schwarzwald-Ranger – Die Wölfe kommen. Badisches Mundarthörspiel. Pièce radiophonique émise par SWR4  Baden-Württemberg le Samedi 1.9.2012 à 21.00.  Livestream ici (7 eme emisson).

Schlund, Wolfgang ; Jehle, Georg ; Ebel, Charly (2012): 100 Jahre Bannwald Wilder See. Naturschutzzentrum Ruhestein & Landesbetrieb Forst BW Stuttgart, ISBN 978-3-00-035118-1

Stubbe, Cornelia (2005): L’Industrie en Forêt Noire, le defi d’une industrie en moyenne montagne. Paris (L’Harmattan), ISBN 2-296-00071-1

Photo:  © C. Neff – Vue sur la Steighäuslefläche et le Eckenhof à Schramberg-Sulgen depuis le Schloßberg-Hohenschramberg  16.8.2012. (Minolta 7000AF, Kodak Elite Chrome)

Christophe Neff, le 10.09.2012

Blognotice 01.09.2012: Commentaire sur la „modeste et provisoire“ ristourne sur le prix des carburants

Cette semaine le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a décidé de faire une  ristourne „modeste et provisoire“ sur le prix des carburants. Le carburant devrait baisser approximativement de six centimes pour trois mois, si tout va bien: donc,  si le marché du pétrole restait durant ces trois mois à l’abri de tout choc extérieur. Le prix pour l’état :environ 300 millions d’euros. Le Monde avait dédié un très bon éditorial « Un coup d’épée dans l’essence » à cette mesure qui se veut être une mesure phare de l’actuel gouvernement. 300 millions de manque à gagner pour l’état français, 300 millions avec lesquels on aurait pu engager quelques enseignants de plus, quelques chercheurs de plus quelques policiers de plus, car ce qui manque en France ce sont des enseignants, des chercheurs et des policiers. Les 300 millions auraient surtout pu être engagés  pour investir durablement dans l’infrastructure ferroviaire, car  c’est le seul moyen d’abaisser durablement la dépendance énergétique du pétrole de la « mobilité » française. Cette mesure qui  est « la bienvenue pour les ménages modestes des zones périurbaines dont le budget est grevé par la flambée des prix des carburants » rendra encore plus vulnérables ces ménages vis-à-vis du cours du pétrole, car la seule alternative à moyen terme de se libérer de la dépendance pétrolière et de maintenir une certaine mobilité c’est d’avoir la possibilité d’utiliser un système de transport un commun, un système ferroviaire digne de ce nom, comme par exemple on le trouve en Suisse.

Avec ces 300 millions on aurait pu enfin mettre une fin à  la lente agonie des lignes de chemins de fer dans le Massif Central, en  revitalisant la ligne des Cévennes (la ligne du fameux train «Le Cévenol» voire aussi Razemon 2012);  et des Causses, sortir de l’oubli le fameux « plan  Jean-Claude GAYSSOT » pour la modernisation de ligne de l’Aubrac. On aurait pu enfin rouvrir la ligne du Vallespir  comme le prévoit un plan des cheminots CGT (Les Cheminots pour le retour du train au Vallespir), rétablir un service voyageur entre Perpignan et Céret, et peut être même ultérieurement jusqu’ à Arles – sur – Tech, l’ancien terminus de cette ligne de Chemin de Fer tombé à l’oubli. On aurait pu enfin électrifier & moderniser la ligne Strasbourg-LauterbourgBerg- Wörth, – en y incluant le rétablissement et  la modernisation de l’ancienne ligne Roeschwoeg- Rastatt.

On aurait pu enfin reconstruire le pont ferroviaire entre Neuf-Brisach et Breisach et enfin créer une liaison ferroviaire entre Freiburg im Breisgau et Colmar. On aurait pu, enfin, ce sont que des exemples  de ce qu’on aurait pu faire, en investissant dans l’infrastructure ferroviaire, réduire a moyen terme la dépendance énergétique de la société française.  Le gouvernement a tranché et a en fait décidé de prolonger encore cette dépendance énergétique dans la durée. Où est la voix des verts, du mouvement  Europe Écologie Les Verts dans tout cela? En fait réduire la dépendance énergétique devrait être un des objectifs majeurs des verts, mais là s c’est plutôt « Funkstille » silence radio ou on se résigne à crier « Harro sur le Loup » comme dernièrement José Bové. En exprimant son « Haro sur le Loup » José Bové, a surtout démontré qu’il  ne comprenait ni grand-chose sur l’écologie, ni grand-chose sur le mal de vivre de la France rurale. Car même si on chassait tous les Loups du territoire français, les vrais maux des ruraux français ne  seraient pas éliminés, même pas à ses marges. Un de leurs maux est qu’il manque une vraie infrastructure  qui pourrait nous libérer de notre dépendance de la voiture particulière et avec elle  de notre dépendance énergétique. Le grand défi des prochaines décennies sera d’une part réduire la dépendance énergétique et ceci en proposant de solutions de « mobilité » pour les territoires périurbains et ruraux, des vraies alternatives à la voiture.  Le Monde écrit –  « Le litre d’essence à 2 euros est sans doute pour demain. Le seul remède qui vaille tient en un mot d’ordre : plus de sobriété énergétique» je rajouterai et le litre d’essence à trois euro, peut-être déjà après-demain. Il faut donc préparer la société française (et les autres sociétés européennes) à ce défi,  car si on se prépare pas, une grande partie des ruraux français et européens  ne pourront plus participer à cette mobilité individuelle, qui nous est à tous si chère. Rouler en voiture, pourrait devenir un luxe, même pour les fameuses couches moyennes. Et j’aimerais aussi le préciser,  il ne s’agit pas de diaboliser la « voiture » mais il faut trouver des solutions, qui nous permettent  de maintenir un degré de mobilité dans l’espace rural, sans être à 100% dépendant de la voiture, ce qui est actuellement le cas dans une grande partie des espaces ruraux français. Le débat sur le Loup est un faux débat, car l’avenir des ruraux français ne dépend pas d’un iota de l’existence d’une population de Loups. Par contre, si l’espace rural (français & européen) ne pouvait plus profiter de la mobilité, les distances deviendront de plus en plus longues,le temps pour parcourir ces distances prendra une telle ampleur que ces terroirs périphériques seront voués à une longue agonie économique, sociale et culturelle. Cette périphérisation d’une partie des terroirs ruraux, elle a déjà commencé, il faut simplement savoir lire le livre du paysage  (voir p.Ex. Les retraités pauvres, un vote-clé une analyse de Serge Guérin & Christophe Guilluy).

J’aurai aimé voir le gouvernement utiliser ces 300 Mio. d’Euros à trouver des solutions intelligentes, à relever ce défi :réduire la dépendance énergétique en maintenant la mobilité dans l’espace périurbain et rural,mais malheureusement le gouvernement a choisi une mesure  qui ne permet même pas de gagner du temps. Car le prix du pétrole va augmenter,  et ceci durablement!

Source:

Razemon, Olivier (2012): Inquiétude autour de l’avenir du mythique train Cévenol. Le 2 septembre, la ligne reliant Clermont-Ferrand à Marseille s’interrompt pour cause de travaux. Reprendra-t-elle dans les mêmes conditions ? In : Le Monde,  Dimanche 2 – Lundi 3 September 2012, p. 18.

Christophe Neff, le 1.9.2012

Blognotice 25.8.2012: Une candidature commune Strasbourg – Kehl pour les JO 2024?

J’ai consacré dernièrement un billet (écrit en allemand) à l’idée d’une candidature transfrontalière commune des villes de Strasbourg et de Kehl aux JO 2024,  idée qui fut à l’origine publiée le 21.08.2012 par Julian Jappert, directeur du think tank Sport et Citoyenneté, dans un article du Monde, intitulé «Une candidature franco-allemande aux JO 2024 ?». A part quelques commentaires dans le Monde.fr, dont le mien, le dernier billet de paysage – cette intéressante idée ne semble guère être discutée, ni en France, ni en Allemagne. C’est dommage, car reprendre cette idée aurait aussi le mérite de redonner un peu de souffle, un coup  de jeunesse aux relations franco-allemandes. Le 22. Janvier 2013 on va fêter le 50ème anniversaire du Traité de l’Élysée, mais en dehors des discours officiels il n’y aura guère de résonnance. Il faut bien constater que la réalité journalière des relations franco-allemandes n’est pas toujours la plus belle : en France les connaissances de l’Allemand sont en chute libre, la situation de l’enseignement du français en Allemagne ne se porte guère mieux. Peut – être qu’un projet ambitieux franco-allemand comme la candidature commune de la France et de l’Allemagne pourrait donner un nouveau souffle aux relations franco-allemandes, qui semblent  un peu s’être endormies  les dernières années. Il faut avouer que personnellement je ne suis pas un « grand fan » de ces jeux olympiques, hyper commercialisés de nos jours  et bourrés d’interprétations « géopolitiques ». Les seuls jeux d’été que j’ai un peu suivis furent ceux de Munich 1972, Montreal 1976, Barcelone 1992 et Londres 2012. La cérémonie d’ouverture de Londres , cette cérémonie « very british » me rappela des souvenirs d’enfance , mes cours d’anglais au Gymnasium Schramberg : ces cours d’anglais fut very British où les Etats-Unis n’apparurent  qu’après trois ans de cours, avant c’était Beowulf & Grendel, the Bayeux tapestry, Eward Jenner, Florence Nightingale, Ruyard Kipling, – et naturellement la grandeur du « Commonwealth » ; les Etats Unis apparaissent enfin après trois longues années d’études dans notre livre d’anglais dans le chapitre sur les pilgrim fathers et du Mayflower.

Parlant de souvenirs d’enfance, je rajouterai que la référence de ma génération ce fut et cela le restera certainement les jeux de Munich 1972, – même si ces jeux furent lourdement entaché par la Prise d’otages des Jeux olympiques de Munich  (Très bon article dans la Süddeutsche Zeitung du 25.08.2012 sur cette tragédie: Eine Frage der Schuld Vor 40 Jahren verloren die Olympischen Spiele in München ihre fröhliche Leichtigkeit. Ein Besuch bei zwei Männern, die die Katastrophe nicht verhindern konnten)  Mes héros personnels des jeux de Munich,  on ne parlait encore guère de dopage ou celui-ci fut restreint aux pays satellites de l’URSS, comme par exemple la RDA, – c’étaient surtout Mark Spitz, mais aussi Heide Rosendahl et Ulrike Meyfahrt. Nous fumes tellement impressionnés par ces jeux de Munich, que sous l’impulsion des frères Mauch et Lerch la « Lärchenwegolympiade » fut organisée durant les étés 1972, 1973 pour les bambins du Lärchenweg, de la Schultheiß-Eberhardt Strasse, le Ginsterweg et la Dr. Helmuth Junghans Straße. En fait une partie des jeunes enfants entre 6 -10 ans du quartier « Eckenhof » de Schramberg-Sulgen, des années 1972, 1973, participait à la « Lärchenwegolympiade ». La « Lärchenwegolypmpiade » est certes oubliée de nos jours, je dirais que même à Schramberg  il n’y a certainement plus beaucoup de personnes que se souviennent de ce mémorable évènement de culture populaire sportive. Par contre l’idée  de Julian Jappert, d’une l’idée d’une candidature transfrontalière commune des villes de Strasbourg et de Kehl aux JO 2024 mériterait une grande audience publique et un vrai débat – car je pense que cette idée pourrait apporter un  nouveau souffle dans les relations franco-allemands, – et même peut être aussi rajeunir l’idée européenne ! Dommage, qu’apparemment ce projet intéressant formulé initialement par Julian Jappert semble tomber plus vite dans l’oubli, que la « Lärchenwegolympiade » de mon enfance à Schramberg-Sulgen.

Ecrit le 25.08.2012, publié le 26.08.2012

Christophe Neff

Blognotiz 22.08.2012: Eine gemeinsame französisch-deutsche Olympiabewerbung für Strasbourg- Kehl als Austragungsort für die Olympischen Sommerspiele 2024?

Im Le Monde.fr hat Julian Jappert am 21.8.2012, der Gründer und Direktor des Think Thank „Sport et Citoyenneté“, unter dem Titel „Une candidature franco-allemande aux JO 2024 ?“ (Eine französisch-deutsche Kandidatur für Olympischen Spiele 2012), einen interessanten Diskussionsbeitrag veröffentlicht. Dieser Diskussionsbeitrag verdient es in Deutschland wahrgenommen und diskutiert zu werden, auch wenn die olympischen Statuten bisher eine bi. bzw. transnationale Bewerbung für einen Austragungsort nicht erlauben. Diese Statuten ließen sich aber bestimmt ändern! Ich denke, dass eine gemeinsame Bewerbung Strasbourg-Kehl, so wie das von Jappert formuliert wurde, eine schöne Idee ist, die es verdient etwas intensiver diskutiert zu werden! Darüber hinaus hätte diese Idee auch den Charme, die etwas eingeschlafenen dt.-franz. Beziehungen wieder zu beleben. Am 22. Januar 2013, wird man mit großen Worten, das fünfzig Jährige Bestehen, des Élysée-Vertrages feiern, aber die Realität hinter diesen Worten, sieht leider oft recht trist aus. Im deutschen Schulwesen, verliert das Französische als Fremdsprache immer mehr an Bedeutung, manchmal hat es geradezu ein schlechte Presse, – ich denke dabei an den herablassenden Beitrag von Jan Friedmann „Shakira schlägt Jacques Brel“ im Spiegel 37/2011 (Lesenswert die Antwort von H.Wittmann im Frankreichblog:“Das Französisch verdient mehr Aufmerksamkeit“) über die Beliebtheit des Faches Französisch im deutschen Schulwesen. Gleicher Jan Friedmann hat übrigens einen lesenswerten Beitrag „Das Intello-Idiom“ über die Stellung des Deutschen als Fremdsprache im französischen Schulwesen, im Spiegel 33/2012 geschrieben. Trotz großer Lobbyarbeit für das Deutsch als Fremdsprache, verliert das Deutsche im französischen Schulwesen, immer mehr an Bedeutung. Während es in Deutschland derzeit noch keinen eklatanten Mangel an Französischlehrern gibt, – stellt sich in Frankreich die Situation schon anders dar – es fehlen ganz einfach oft Deutschlehrer  für den Deutschunterricht an den weiterführenden Schulen. Vielleicht würde eine gemeinsame Olympiabewerbung der Städte Strasbourg und Kehl diese Sprachproblematik(en) auch lindern helfen. Jenseits alles sprachpolitischen/geographischen Überlegungen – eine Gemeinsame Olympia Bewerbung der Städte Strasbourg und Kehl – hätte soweit Sie denn von Erfolg gekrönt wäre – bestimmt nachhaltig positive Auswirkungen für die Region Alsace, für das Land Baden-Württemberg (nicht nur für den badischen Landesteil), und soweit man die Regio Pamina noch einbezieht, auch für das Land Rheinland-Pfalz. Rheinland-Pfalz würde von solch einer binationalen dt.-franz. Olympiaidee bestimmt weit mehr profitieren als vom Nürburg-Ring Projekt, welches zur Zeit für beträchtliche Wogen sorgt. Vielleicht würde sich sogar noch eine Verwendung für das leerstehende Gebäude des ehemaligen Schramberger Krankenhaus finden – worüber wir im Buch „Das ist Schramberg (1967, p. 156)“ – folgende Worte finden“ Das neue Krankenhaus steht, ein wohlgelungenes Werk des Architekten Godehard Schwetthelm aus München. Sorge bereitet einer kleinen Stadtgemeinde aber, ein solches Haus zu unterhalten“. Wohl wahr die Worte die da vor über vierzig Jahren in „Das ist Schramberg“ formuliert wurden, – ja vielleicht gelänge es mittels einer Olympiabewerbung – das wohlgelungene Werk des Architekten Godehard Schwethelm mit neuem Leben zu füllen.

Ganz im Ernst, – die von Julian Jappert formulierte Idee einer gemeinsamen französisch-deutschen Olympiabewerbung mit den Austragungsorten Strasbourg-Kehl, – ist eine orginelle Idee die es verdient auch Deutschland wahrgenommen und intensiv diskutiert zu werden. Eine grenzüberschreitende Olympiade am Oberrhein mit den Städten Strasbourg & Kehl als Austragungsort – das ist, so will ich meinen, eine „wahrhaft“ olympische Idee!

Zitierte Artikel und Bücher:

Friedmann, Jan (2011): Bildung Shakira schlägt Jacques Brel. In: Der Spiegel, 37/2011, p. 50.

Friedmann, Jan (2012): Das Intello-Idiom. Deutsch ist bei Frankreichs Schülern unbeliebt. Trotz Nachfrage aus der Wirtschaft und einer emsigen Lobby bleibt es hinter der Trendsprache Spanisch zurück. In: Der Spiegel, 33/2012, p. 55

Jappert, Julian (2012): Une candidature franco-allemande aux JO 2024? Le Monde.fr/Sport. 21.08.2012

Stadt Schramberg (Hg.): Das ist Schramberg. Die Uhren und Fünftälerstadt im Schwarzwald. Schramberg 1967.

Christophe Neff, 22.8.2012

Blognotice 11.08.2012: La Raumschaft Schramberg & Gerbersau

La Raumschaft Schramberg n’est certainement pas Gerbersau (Vallée des tanneurs – durant la jeunesse de Hesse à CalwCalw et ses environs fut encore un important centre de la tannerie de la vallée de la Nagold(voire aussi Schnierle – Lutz 2011)), – synonyme que Hermann Hesse utilisait pour décrire Calw et ses environs dans le Nord de la Forêt Noire, – mais le jour où l’Allemagne littéraire se souvenait de Hermann Hesse (50ème  anniversaire du  décès de Hermann Hesse), j’avais écrit par coïncidence un petit article sur la Raumschaft Schramberg pour la Wikipedia.fr. En fait l’Allemagne littéraire & culturelle commémorait ce jour l’écrivain suisse mort à Montagnola le 9. Aout 1962, né à Calw le 2 juillet 1877, dont l’œuvre est considérée comme une des plus lues (et connues/traduites) des écrivains de langue allemande  au niveau mondial actuellement.  Nous avons donc eu droit ce jour, cette semaine, – dans les medias allemands  à des billets, textes,  émissions de radios, un film de télévision (Die Heimkehr ),  en mémoire de Hermann Hesse. Personnellement j’ai particulièrement aimé le texte de Matthias Matussek  dans le dernier Spiegel «Ich mach mein Ding».  Mais on pourrait naturellement aussi se demander, qui en dehors du reliquat du Bildungsbürgertum, lit encore Hesse de nos jours en Allemagne. La Raumschaft Schramberg n’est pas Gerbersau, –  mais c’est entre les vallées étroites et les forêts sombres, les sapinières des Monts & Montagnes de la Raumschaft Schramberg, – que j’avais dévoré mes premiers Hesse, – Peter Camenzind, Narziß und Goldmund (Narcisse et Goldmund), der Steppenwolf (Le Loup des steppes) et surtout « Unterm Rad (L’Ornière), Unterm Rad, – comme le Schüler Gerber de Friedrich Torberg, étaient durant mes années lycéennes au Gymnasium Schramberg une de mes lectures préférés, – comme Hermann Hesse j’étais plutôt mauvais  élève, – ayant redoublé la 8ème  classe (achte Klasse) – et ayant durant une grande partie de ma carrière scolaire des relations plutôt difficiles avec une partie du corps enseignant. Le gymnasium Schramberg, les montres & horloges Junghans, la gare de chemins de fer, le Krankenhaus Schramberg, – tout cela représentait jadis le centre de la Raumschaft Schramberg. Le trafic voyageur de ligne de chemin de fer Schiltach-Schramberg fut abandonné en 1959, le trafic marchandises en 1989, la ligne fut fermée à tout trafic en 1991, – et la ligne partiellement déferrée en 1992. L’ horlogerie Junghans, qui était  jadis le symbole de la Raumschaft et de la ville de Schramberg, – la Raumschaft Schramberg était le bassin employeur des Junghans Uhren, – ont vécu déjà une histoire houleuse,  mais les montres Junghans ont le mérite d’exister encore. Il y a quelques années la Raumschaft Schramberg était considérée comme le bassin  de drainage (Einzugsbereich) du Schramberger Krankenhaus, l’ Hôpital de Schramberg, – mais une fois un des symboles de la Raumschaft Schramberg,  le Schramberger Krankenhaus fut victime des changements globaux, de la désertification médicale  ,il  fut fermé en Octobre 2011. A part les restes de Junghans Uhren, – qui doivent leur  survie économique après la faillite d’ août 2008  à l’ entrepreneur Hans-Jochem Steim qui reprit  le Junghans Uhren avec son fils Hannes Steim en février 2009, il ne reste donc en fait que le lycée de Schramberg, -le Gymnasium Schramberg – cet endroit où je découvris l’œuvre de Hermann Hesse dans les étagères de la bibliothèque de cette école (Schülerbibliothek des Gymnasium Schramberg) – plus trop de l’importance socio-économique de ce qui fut une fois la Raumschaft Schramberg, – une importante région géographique, une région industrielle historique de l’horlogerie et de la mécanique fine de la moyenne Forêt noire (mittlerer Schwarzwald). De nos jours donc – la Raumschaft Schramberg qu’on pourrait peut-être  caractériser avec le « Einzugsbereich » du Gymnasium Schramberg – la zone de rayonnement du Schramberger Gymnasium. Et si on me demandait – quels paysages fondent la matrice de la Raumschaft Schramberg – je répondrais peut-être  les fonds de vallées abruptes (vallée de la Schiltach, vallée de la Berneck, Schramberger Talkessel) – les sapinières des flancs de montagne, – les « Buntsandsteinsargdeckel (les couvert de cercueils en Grès bigarré qui forment les hauteurs de la Raumschaft Schramberg), les paysages, prés, forêts du Fohrenbühl avec ses boqueteaus  d‘Houx, – et peut être les floraisons de Rhododendron au Stadtpark (Rhododendronblüte), parc qui se dénomme jadis Park der Zeiten (parc des temps) – nom qui rappelle  l’importance historique de l’industrie horlogère et de mécanique fine. Non la Raumschaft Schramberg n’est certainement pas «Gerbersau» – mais c’est dans les paysages de la Raumschaft Schramberg que je découvris l’œuvre d’Hermann Hesse. Comme Gerbersau la Raumschaft Schramberg fait partie de la Forêt Noire. A Gerbersau dans l’imaginaire de Hermann Hesse se mélangeait réalité personnelle vécue avec la réalité géographique et historique d’une entité géographique fortement influencée par le piétisme souabe, la Raumschaft Schramberg n’a apparemment pas encore laissé de grande traces dans l’histoire littéraire allemande (à part le roman « Größer als des Menschen Herz » de Vinzenz Erath) – mais au contraire de Gerbersau la Raumschaft Schramberg a le mérite d’avoir une existence réelle au-delà de l’ imaginaire, – même si son importance socio-économique actuellement semble de se rétrécir comme une peau de chagrin! Dans mon imaginaire personnel, – la Raumschaft Schramberg a des traits communs avec le Gerbersau de Hesse, il faudrait peut-être une fois de plus relire «unterm Rad» et autres écrits de Hesse – que j’avais dévorés pendant ma jeunesse lycéenne dans la Raumschaft Schramberg.

Ouvrage cité :

Matussek, Matthias (2012): Ich mach mein Ding. Hermann Hesse gehört nach seinem Tod zu den auflagenstärksten Schriftstellern der Welt – in seiner Heimat wird es bis heute verachtet oder verklärt und fast immer missverstanden. Eine Rechtfertigung. In: Der Spiegel, 32/2012, 125-132. (lien vers le texte, sans images, ici chez Matussek)

Schnierle-Lutz, Herbert (2011): Hermann Hesse und seine Heimatstadt Calw. Chronologie eines wechselvollen Verhältnisses. Kleine Reihe, Archiv der Stadt Calw, 26. ISBN 978-3-939148-29-6.

Christophe Neff, le 11.8.2012