Blognotice 08.09.2014: Quatre jours de vacances à Leucate, de très petites vacances ….

Z 27861-62 (Sncf) AGC devant le 76432 arrivent de Perpignan en Gare de Leucate - La Franqui
Z 27861-62 (Sncf) AGC devant le 76432 arrivent de Perpignan en Gare de Leucate – La Franqui © C.Neff 29.8.2014

Quatre jours de vacances à Leucate, de très petite vacances, – passées au bord de la mer fin août-début septembre dans le pays leucatois. Soleil, – mer – et déjà la première rafale de Tramontane. Beaucoup de baignades dans la grande bleue, – un peu de cerf volant sur la plage du Kyklos. Des jours tranquilles en bord de mer. Peu de lectures, – le Monde, même en vacances,  – deux notices de blog chez Paul Edel[1]. Le livre « Amer azur – Artistes et écrivains à Sanary »de Manfred Flügge, que j’avais dans mes bagages, je l’ai à peine feuilleté. Mais j’ai beaucoup pensé, à un livre de Manfred Flügge, un livre que j’avais lu exactement un an avant durant mes vacances à Port Leucate – « Traumland und Zuflucht – Heinrich Mann und Frankreich» – Heinrich Mann et la France. Un livre qui mériterait une traduction en français (et peut être un article dans paysages).

En fait j’ai beaucoup pensé à la France, au midi français car avant et après ces quatre jours de vacances, je préparais un cours pratique sur la géographie du Midi méditerranéen français, – un cours intensif qui comporte un séminaire et voyage d’étude pour une vingtaine d’étudiants de géographie qui débutera prochainement. C’est quoi un paysages typique du midi méditerranéen français, – le chant des cigales, les champs de Lavande, les vignes, les garrigues – ou la couleurs des paysages qui inspira artistes, écrivains, cinéastes durant des décennies, –  le maquis, une formation végétale typique des paysages méditerranéens, – mais c’est aussi bien le maquis haut lieu de la résistance contre l’envahisseur allemand, contre la terreur nazie et leurs supplétives françaises de la milice.

Durant ces quatre jours de vacances, – je faisais aussi un peu de « trainspotting[2] » –  à la gare de Leucate – la Franqui , et à la gare de Perpignan … mais ce qui ma frappa le plus, durant mes préparations de ce cours de géographie, mon voyage de préparation à travers la France, à travers les midis française c’est de voir à quel point ce pays, qui fut un pays de chemins de fer,  est devenu un pays à l’abandon. Depuis des décennies, les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, laissent mourir ce qui fut une fois le réseau européen Nr. 1 de chemin de Fer, à petit feu. Ceci concerne tout le territoire français, – Bitche depuis peu décroché du chemin de Fer, l’Auvergne ferme silencieusement une ligne après l’autre, – combien de temps encore verra –t-on circuler des trains sur la ligne des Causses. J’utilise pour cette notice de blog en photo de couverture le Z 27861-62 (Sncf) AGC devant le 76432 arrivant de Perpignan en Gare de Leucate – La Franqui – ici à la gare de Leucate – sur la ligne Narbonne – Perpignan – Cerbère – Port Bou  le service public ferroviaire  français fonctionne encore, – nous avons même un quasi service cadence pour les TER, – mais une très grande partie des ruraux français sont tout simplement débranchés  du réseau SNCF.

Les petits Pins parasol poussant entre les rails entre Gallician et St. Gilles sur la ligne d’Arles à Lunel sont plus qu’un symbole fort pour ce déclin. Ici sur cette partie de l’ancienne ligne Arles à Lunel, – où jusqu’en 2008 passait encore un train de marchandise pour desservir la distillerie de St.  Gilles – qui est déjà envahie par la végétation forestière on pourrait avec le livre « fractures françaises[3] » de Christophe Guilly tenir en main un magnifique cours sur le déclin des ruraux français. C’est peut être une coïncidence, – mais le fait que cette ligne de chemin de Fer  se situe dans la Deuxième circonscription du Gard – dont le député élu est Gilbert Collard apparenté FN, – est plus qu’un symbole fort. C’est en fait une image très parlante. Malheureusement je n’ai pas pris de photo de ce qui reste encore de cette petite ligne de chemin de Fer.

Depuis quelques jours je suis de retour en Allemagne, – et encore en train de préparer ce cours sur la géographie du midi méditerranéen français. Sur mon bureau le magnifique livre de Magali Laure Niededka sur Sanary sur Mer, – Sanary sur Mer qui fut pendant les années 1930 la capitale de la littérature allemande[4]. Le livre, un travail universitaire sur l’exil d’artistes d’expression allemande fuyant les fureurs du nazisme à Sanary sur Mer. Dans ce livre j’ai retrouvé les traces de Jeanpierre Guindon, germaniste vivant à Sanary. Monsieur Guindon il y presque 20 ans m’avait guidé avec un groupe d’étudiants allemands de l’université de Mannheim sur les traces des artistes allemand ayant trouvé refugiés à Sanary. Le livre de Magali Laure Nieradka est un travail universitaire – mais c’est tellement bien écrit – qu’on a l’impression de revivre partiellement l’ambiance des paysages de l’exil des artistes allemands à Sanary. Et plus, le  livre est particulièrement bien documenté. Sanary sur Mer – sera une des stations du cours de géographie sur les paysages méditerranéens français. Sans le refuge offert par Sanary sur Mer, – que serait devenue la littérature allemande? Que resterait – il de la Montagne magique ? Sans Sanary, pas de « Joseph et ses frères (Thomas Mann) », pas de « Geschwister Oppermann (Lion Feuchtwanger), pas de « Veuve Bosca (René Schickele) », car tous ces ouvrages ont été au moins partiellement écrit dans le ville refuge qui fut Sanary-sur-Mer[5].

Le livre de Magali Laure Nieradka nous rappelle, que pendant un des pires moments de l’histoire allemande, Sanary fut tout simplement la capitale de lettres allemandes.

Durant la préparation de ce cours de géographie et aussi pendant ces quatre jours de vacances à Port Leucate, – j’ai aussi pensé beaucoup à un de mes maitres – le Dr. Rainer Joha Bender – décédé il y vingt ans, le 23. Aout 1994 à Mannheim[6]. C’est aussi grâce à lui, et ses cours sur la géographie du Var qu’il tenait ensemble avec Michel Mestre et Catherine Mestre de l’Université de Toulon[7], que j’ai appris à déchiffrer et lire les paysages côtiers de la méditerranée provençale entre Marseille, Ciotat, Sanary, Toulon, Port Cros, Ramatuelle …. Ces paysages qui seront au cœur du cours que je prépare en ce moment. C’est avec Rainer Joha Bender, pendant une excursion en 1988 sur la « géographie touristique du Var »[8] que je découvrais les magnifiques paysages de Port Cros.

Pour clore ce petit billet de blog, – pendant les préparations de ce cours de géographie, – interrompue par ces quatre jours de vacances à Port Leucate, – la France s’est dotée d’un nouveau gouvernement, – le Gouvernement Manuel Valls (2). Je semble être un des rares électeurs de François Hollande qui salue le virage « social-libéral » de ce remaniement gouvernemental. Il y a quelques années, – les medias allemands préconisaient aux parents d’adolescents surfant sur les réseaux sociaux, d’entrer dans Facebook, pour se prémunir de mauvaises surprise – et c’est ainsi qu’avec l’aide de ma nièce Céline je suis entré dans Facebook. Dans tendance politique j’avais écrit « Libre penseur de tendance social-libérale ». Mes convictions n’ont guère  changé depuis. Donc je ne peux que saluer ce virage « social-libéral » du nouveau gouvernement Valls.

Photo: Z 27861-62 (Sncf) AGC devant le 76432 arrivent de Perpignan en Gare de Leucate – La Franqui © C.Neff 29.8.2014

Ouvrages cités :

Bender, R.J. (Ed.)(1988):  Deutsch-französisches Seminar Tourismus und Marketing : Toulon 5.-12. 6. 1988. Mannheim Geographisches Institut.

Flügge, M. (2007): Amer Azur. Artistes et écrivains à Sanary. Paris, ISBN 978-2-86645-650-4

Flügge, M. (2013): Traumland und Zuflucht. Heinrich Mann und Frankreich. Berlin, Insel Verlag Berlin. ISBN 978-3-458-35954-8

Lentz, S, Lukhaup, R. , Neff, C.,  Ott, Th., Swiaczny F. (Eds): Gedenkschrift für Rainer Joha Bender, Mannheim 1996, Mannheimer Geographische Arbeiten 44, ISBN 3-923750-66-8.

Nieradka, M.L.  (2010): Die Hauptstadt der deutschen Literatur. Sanary-sur-Mer als Ort des Exils deutschsprachiger Schriftsteller. Formen der Erinnerung 44, Göttingen, ISBN 978-3-89971-792-1

Christophe Neff, le 08.09.2014

P.S.: La lecture du billet « Mes vacances, Clopine » dans le Blog de Paul Edel, pendant mes quatre jours de vacances fin aout 2014 à Port – Leucate m’inspira à écrire ce billet, même si à première vue les deux billets n’ont guère en commun. Enfin, dans les deux billets on écrit sur des livres, des paysages et des hommes.


[3] Une petite impression personnelle  du livre « fractures françaises »  se trouve dans le  « billet la géographie le grand gagnant du scrutin des présidentielles 2012 »

[4] Nieradka, M.L .  (2010): Die Hauptstadt der deutschen Literatur. Sanary-sur-Mer als Ort des Exils deutschsprachiger Schriftsteller. Formen der Erinnerung 44, Göttingen

[5] Dans les pages 177-181 du livre de Magali Nieradka  (Ibidem)- nous trouvons un inventaire détaillé sur les ouvrages écrites par les écrivains d’expression allemand écrit a Sanary durant les années 1930-1940.

[6] Les amis et disciples de Rainer Joha Bender lui ont consacré une Gedenkschrift en 1996 « Gedenkschrift für Rainer Joha Bender » édite par Lentz, S. et al.1996).

[7] Voire aussi Mestre, M., Mestre, C. (1996) : Zur Universitätspartnerschaft Toulon – Mannheim. In: Lentz, et al. (Eds): Gedenkschrift für Rainer Joha Bender, Mannheim 1996, Mannheimer Geographische Arbeiten 44, p. XVII- XVIII.

[8] Bender avait publié les principaux résultats de ce cours/excursion franco-allemand dans une petite brochure (Bender 1998).

Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien

Vian Dakhil est une députée du Parlement irakien. Elle est la seule représentante de la communauté yazidie au Parlement irakien. Le mardi 5 août cette députée, fondit en larmes et s’est évanouie en pleine  séance plénière – en lançant son cri de cœur « Nous sommes massacrés, notre religion est en train d’être rayée de la surface de la terre. Les femmes sont tuées ou vendues comme esclaves »

Comme je l’avais écrit dans mon dernier billet (Blognotice du 28.07.2014), –  l’éclatement de l’architecture géopolitique des accords de Sykes-Picot embrase une grande partie du moyen orient, et est particulièrement fatale pour les minorités religieuses. Un des objectifs de l’Etat Islamique qui renaît sur les cendres des vestiges de cette architecture géopolitique datant des accords Sykes – Picot est tout simplement d’exterminer toutes les minorités religieuses.

Le cri de cœur de Vian Dakhil mérite de trouver une large audience en dehors de l’Irak, car si la communauté internationale ne réagit pas, bientôt il ne restera plus grandchose des Yézidis, des communautés chrétiennes et des autres minorités – dans ce qui fut une fois l’Irak. Malheureusement cette  constatation est aussi valable pour les parties de la Syrie occupée par l’Etat islamique.

Christophe Neff, le 08.08.2014

P.S : Une version sous-titrée en français  du cri de cœur de Vian Dakhil se trouve ici (Video-Youtube). lien = https://www.youtube.com/watch?v=0aJQpoinMk4

Le discours de Vian Dakhil  à aussi laissé de traces dans le blog  YOL (routes de Turquie et d’ailleurs) sous le titre : « Je vous en supplie frères, faites taire vos différences pour sauver les Yézidis ! Le cri d’une députée yézidie en larmes à Bagdad. » lien = http://yollar.blog.lemonde.fr/2014/08/05/je-vous-en-supplie-freres-faites-taire-vos-differences-pour-sauver-les-yezidis-le-cri-dune-deputee-yezidie-en-larmes-a-bagdad/

P.S.  (09.08.2014) : Une première version de ce billet fut publié sous le titre « Blognotice 08.08.2014: le cri de cœur de Vian Dakhil » – mais sous ce titre le billet avait pour des raisons inconnues tendances à disparaitre des Blogs-lemonde. En plus ce billet « coulait » les billets « Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert » et « Blognotice 7.08.2013: Les cigales de Port Leucate ». Etrange coïncidences ! En plus il semble être impossible d’intégrer des liens dans le texte !

Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert

Hier dimanche 27.07.2014, vu l’Exodus de chrétiens de Mossoul j’écrivais dans mon compte Facebook ce petit message bilingue « Aucune manifestation pour pleurer le sort des chrétiens de Mossoul, bientôt le souvenir des églises syriaques (orthodoxes & catholiques) sera qu’un souffle de vent chaud dans le désert …/ There has been not any demonstration to deplore the cruel fate of the Christians in Mosul. In a little while the souvenirs of the syriaque churches (Orthodox & Catholic) will be reduced to warm blast in the desert…” Entre temps il y a eu heureusement hier dimanche 27.07.2014 la Manifestation de soutien aux chrétiens d’Irak devant Notre-Dame de Paris en soutien aux chrétiens d’Irak à Paris. En Allemagne par contre, c’est presque le silence total. Les églises chrétiennes d’orient sont en voie d’extinction, – leur sort tragique semble tomber dans l’indifférence totale mondiale, à part quelques manifestations de soutien comme hier à Paris devant Notre-Dame de Paris. Les minorités chrétiennes ne sont de loin pas les seules victimes de la montée de l’islam politique, des guerres qui ravagent le monde arabe – toutes les minorités sont concernées par cette épuration religieuse. Personnellement, je juge la situation encore plus dramatique que l’édito alarmant du Monde de 26.7.2014  intitulé « Tragique exode des chrétiens du monde arabe »[1] car au-delà des « épurations religieuses » toute l’architecture géopolitique, se fondant sur les Accords Sykes-Picot est en train de voler en éclat, – et avec cela la protection relative des minorités religieuses.

Le sort de églises d’orient m’a toujours préoccupé, –  à tel point que dans mes cours où je traite de la géographie, de l’écologie et aussi de l’histoire de forêts  du moyen orient, – les cédraies du Liban, de Abies cilicica (Sapins de Cilicie) – j’insère  aussi quelques petits mots sur les églises d’orients, de l’église maronite qui porte le cèdre du Liban dans son emblème. Je leur parle de la forêt des Cèdres de Dieu (arabe : أرز الربّ Horsh Arz el-Rab), de l’Epopée de Gilgamesh, de Humbaba le gardien des forêts, du roi Salomon, de l’église maronite, – et de l’état actuel de ce qui reste de ces forêts au Liban, en Syrie … …. Pour les rares étudiants désireux d’en  savoir un peu plus sur les chrétiens d’orient je conseille le livre de Claude Lorieux « Chrétiens d’orient en terre d’Islam » , – je ne suis pas spécialiste de l’histoire des chrétiens d’orient – mais j’ai l’impression que ce livre, même s’il a déjà un peu pris de l’âge ; est encore une bonne introduction au  monde des chrétiens d’orient. Ce cours, il est vrai, date un peu, – la dernière fois que je l’ai tenu c’était en été 2008, – mais la situation n’a guère changé,  concernant aussi bien les questions environnementales et la situation des chrétiens d’orient – la situation a plutôt empiré. Et le grand livre sur l’histoire, la géographie, l’écologie des forêts du Moyen Orient, des forêts de cèdres du Liban, de Syrie ….attend encore son écriture. Peut-être le jour viendra où les chercheurs, les géographes, les écologues, les botanistes, les  historiens de ces pays déchirés par tant de guerre fratricides pourront un jour écrire un tel livre, – un livre bi voire même trilingue – arabe, français et anglais … sur les forêts du moyen orient.

Apres 2000 ans d’existence la communauté chrétienne de Mossoul a quasiment disparu. La présence de communautés chrétiennes au Moyen orient, une présence qui faisait pendant 2000 ans partie intégrale des paysages du Moyen orient, ses églises, ses cloîtres, ses monastères, ses forêts, ses arbres … est en train de disparaitre sous nos yeux.

En attendant une vraie solution sur le terrain, – une nouvelle architecture géopolitique remplaçant les anciennes structures datant de Sykses-Picot on ne peut qu’ espérer, que la France est prête, en cas de nécessité d’accueillir les réfugiés de cet exode des chrétiens d’orient, mais aussi des autres minorités mises en danger par les éclatements des structures géopolitiques en Irak, en Syrie, etc.  – qu’ils soient chrétiens, chiites,  ou druzes ou autres …… Que les personnalités politiques présentes pendant la manifestation de soutien aux chrétiens d’Irak a notre Dame de Paris, le monde nous parle de Rachida Dati, Nathalie Kociusko-Morizet, Roger Karoutchi, Claude Goasguen, Philippe Kaltenbach aient vraiment le courage de s’engager pour ceux qui sont pourchassés par les guerres civiles en Syrie, en Irak, pour ceux forcés a l’exode par le « Califat de l’Etat islamique » et qui demandent aide et refuge en France!

Si nous fermons les yeux, les prières exprimées en syriaque occidental ou en syriaque oriental dans une église du moyen orient ne seront bientôt plus qu’un lointain souvenir[2] – rien de plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert ….

Sources :

Le Monde (25.7.2014): Tragique exode des chrétiens du monde arabe – ÉDITORIAL du Monde, daté Samedi 26 juillet 2014,

Lorieux, Claude (2001): Chrétien d’Orient en terres d’islam. Paris, (Perrin), ISBN 2-262-01609-7

Christophe Neff, le 28.07.2014

P.S.: Apres avoir écrit ce billet j’ai découvert dans le Monde.fr l’article suivant « La France prête à « favoriser l’accueil » des chrétiens fuyant l’Irak ». Dans un communiqué commun le ministre des affaires étrangères et ministre de l’intérieur annoncent « Nous sommes prêts, s’ils le souhaitent, à en favoriser l’accueil sur notre sol au titre de l’asile ». D’ailleurs cet acte a déjà été remarquée par la presse allemande – le SPON écrit « Nach Vertreibung aus Mossul: Frankreich bietet irakischen Christen Asyl an ». Espérons que ces annonces seront suivies de réels actes!

 


[1] L’édito est disponible pour les abonnés au Monde sous le titre « Tragique exode des chrétiens du monde arabe »

[2] Quelques exemples de prières se trouvent sur le site  de l’Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne en France .

 

Blognotice 29.06.2014: Bala l’homme de la forêt

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Dans le Parc National de la Forêt Noire (Nationalpark Schwarzwald) à quelques pas du „Eutingblick“ © C.Neff Juin 2014

Bala est un homme de la forêt. Il aime écouter la forêt. Il disparaît pendant de longues heures dans le paysage pour être à l’écoute des chants du vent, des  bruits des animaux dans la forêt.  Bala l’homme de la forêt, je l’ai rencontré durant la lecture du « Dictionnaire amoureux du Brésil ». Ce Brésil  dont nous parle Gilles Lapouge  d’une voix d’enchanteur dans ce livre que je viens de découvrir[1].  Je lis beaucoup en ce moment. Livres et lectures s’enchaînent.

Le 11 juin, un jour après mon cinquantième anniversaire,  pendant un cours pratique sur la dynamique de paysages du nouveau parc national de la forêt noire (Nationalpark Schwarzwald) j’ai eu un accident du travail – rupture des ligaments de la cheville gauche. Magnifiques paysages de vastes forêts d’Epicéa avec quelques Pins de montagne et  Sapins,  parsemés de Grinden – landes ouvertes rappelant un peu les Hautes Chaumes des Vosges; j’ai  la chance de travailler dans un tel environnement et les chaussures de marche à tige haute, mes chaussures de travail, me donnant assez de stabilité, je me suis seulement présenté à l’hôpital le vendredi 13. Mais là le diagnostic des médecins était sans appel – entorse de la cheville – rupture des ligaments.

29 ans plus tôt durant l’automne 1985, à peine à quelques kilomètres  à vol d’oiseau de là,  je me suis déjà rompu les ligaments de la cheville. C’était durant l’exercice final du Unteroffizierslehrgang Teil I qui fut organisé par  Fallschirmjägerbataillon 251 à Calw, – ce stage (Lehrgang) fut le début de ma carrière d’officier de réserve dans la Bundeswehr. Intervention chirurgicale  au « Bundeswehrkrankenhaus Bad Wildbad (BWK Wildbad) »- et pendant quelques semaines le pied  plâtré.  Ceci fut pour moi l’automne 1985. Le Bundeswehrkrankenhaus Wildbad, l’hôpital militaire de Bad Wildbad, – qui durant la guerre froide était considéré comme le plus bel hôpital militaire d’Allemagne – est de nos jours tombé en oubli. Même  dans la wikipedia.de aucun article sur le BWK Wildbad[2].  Durant les années 1980 une rupture des ligaments en Allemagne était traitée par une intervention chirurgicale, de nos jours cela ne se fait plus : l’intervention chirurgicale ne se fait que pour les «  Leistungssportler »(sportifs de haut niveau) – même le  Plâtre chirurgical a disparu – il est dans la plupart des cas remplacé par l’ « Orthese » (Orthèse). Beaucoup de chose ont changé en presque vingt ans, – mais une rupture des ligaments (au moins en Allemagne) provoque un arrêt maladie considérable[3]. Donc les livres, lectures passent – et durant les temps sans lecture, je suis à l’écoute des chants des paysages urbains de Grünstadt. Parfois un peu de télé, Mondial oblige, – mais après tout, ce sont surtout mes livres[4]  et mes lectures[5] [6] qui m’accompagnent.

Et c’est ainsi que j’ai découvert Bala l’homme de forêt, qui boit la copaïba, l’huile  de Copaifera langsdorffii ( Le copaïer), qui aime les fleurs et les papillons, qui observe les « barrigudos » (Lagotriches), – qui se met a l’écoute de la nature et des paysages. Et ainsi par la voix de Gilles Lapouge nous nous enfonçons dans les caféiers du Rondônia  : « Nous sommes remontés à la maison. Nous voilà  au milieu des poules, des cochons. Un chien fait des gambades. Seul Bala me fatigue car il n’est jamais fatigué. Il déploie son grand corps et il saute en l’air pour attraper des noix de coco. Il les éventre et jamais de ma vie je n’ai bu autant de lait de coco, et dans un moment je devrais encore boire du lait, mais le lait de la vache cette fois, et tout à l’heure, quand nous avions traversé un petit champ de café, en bas, près de la mare, il m’avait dit : « Quand les caféiers fleurissent, c’est magnifique, c’est tout blanc, c’est comme un nuage ou une mousse blanche, comme un suaire, et puis c’est comme de la neige aussi. Je connais un vieux planteur de café, il était très malade, mais il était très malin aussi, très rusé, le vieux, et il s’est arrangé pour ne pas mourir avant que les caféiers fleurissent, avant le jour où  son champ est devenu tout blanc. » Je dis à Bala que ma mère est morte au printemps et qu’elle avait encore vu ses roses fleurir, c’était dans une petite ville de montagne en France, à Digne, et j’avais envie de pleurer et Seu Bala avait envie de pleurer ».  

Le livre de Gilles Lapouge nous parle d’un autre Brésil loin des stades de football, – c’est le Brésil des paysages, des forêts, des abeilles, – des écrivains, – misères et grandeurs de hommes face à leurs destins  – d’ Aleijadinho sculpteur du baroque, et A comme Jorge Amado  à Bala l’homme de la forêt du Rondônia, en ce qui concerne les lettres de a et b. En fait jusqu’à présent je n’ai lu que les premières 112 pages, – arrivant juste à la lettre C, – finissant le chapitre sur le Café. Ces 112 pages m’ont rappelé que j’avais, il y a presque trente ans, appris le portugais pour peut-être partir vers la lointaine terre du Brésil …. Je ne sais pas si j’aurai encore l’occasion de pouvoir un jour découvrir les paysages de cette « Vera Cruz » – mais le livre de Gilles Lapouge est une merveilleuse invitation au voyage… Et en plus en lisant cette histoire de Bala l’homme de forêt, j’ai appris que je n’étais pas le seul, qui se mette à l’écoute des chants des forêts.

Etre à l’écoute des chants des forêts, – j’en ai parlé au début de ce blog, dans mon premier billet – souvenirs d’enfance – quand j’étais à l’écoute des chants des tempêtes dans les cimes de la forêt du Feurenmoos à Schramberg – Sulgen au Schoren. Même de nos jours, je suis encore à l’écoute des chants des paysages. Dernièrement juste avant mon accident de travail dans le nouveau Parc national de la forêt noire :  écouter le silence de la forêt depuis le « Eutingblick », avec vue sur le Wildsee, – entendre le tonnerre gronder sur la vallée de la Murg, – voir les « Cassenoix mouchetés » s’envoler  …. Parfois j’essaie d’expliquer à mes étudiants que pour comprendre un paysage, – il faut aussi développer ses capacités d’être à l’écoute du paysage, – même le silence d’un paysage peut délivrer des paroles inédites ….

Comme dit Bala l’homme de la forêt : « Je peux rester des heures là, le soir, à écouter, à sentir le vent, il coule dans forêt, le vent ».

Toutes citations sont extraites de : Gilles Lapouge « Dictionnaire amoureux du Brésil », (page 76 + page 78), Paris 2011, (Plon), ISBN 978-2-259-20925-0

Photo: © C.Neff Juin 2014

Christophe Neff, Grünstadt le 28.06.2014


[1] Sur ce livre – voir aussi la critique de Bernard Pivot dans le JDD « Le Brésil de Gilles Lapouge »

[2] C’est ici à Wildbad, dans les anciens locaux du Fliegerheim de la Luftwaffe (Luftwaffenlazaret), que le  Centre d’instruction du service de santé (CISS) de l’Armée de Terre est créé le 16 juin 1947.  Apres le départ des troupes françaises le « Fliegerheim » fut transformé en Hôpital Militaire de la Bundeswehr (BWK Wildbad). Voir aussi « Geschichte des Fliegerheims (heute Johanneshaus) Wildbad » de Götz Bechtle dans le Wildbader Anzeigenblatt 22.8.2012.

[3] Entre 4- 6 semaines, – cela dépend des  métiers.

[4] A part le Dictionnaire amoureux du Brésil de Gilles Lapouge, notons entre autres « Granatsplitter » de Karl Heinz Bohrer, le « Dictionnaire amoureux de la Résistance » de Gilles Perrault et « Aux animaux la guerre » de Nicolas Mathieu, le « Field Guide to Trees of Southern Africa » de Braam van Wyk & Pier van Wyk et « Sigmaringen » de Pierre Assouline.

[6] Dans les journaux j’ai particulièrement remarqué la trilogie d’articles (Au Nigeria, l’impossible libération des captives de Boko Haram,    Boko Haram : les monstres de Maiduguri, Boko Haram : ce feu qui se répand   ) de Jean – Philippe Remy  sur les paysages dévastés et terrorises par Boko Haram dans le Nord du Nigeria. Malheureusement le troisième article de cette série très informative est seulement « lisible » pour les abonnés du Monde.

Fête – Dieu 2014 – une pensée pour les 223 filles kidnappées par Boko Haram – #RamenezNosFilles / The Feast of Corpus Christi 2014 – a mind for the 223 girls kidnapped by Boko Haram – #BringBackOurGirls!

Dans les pays de religion catholique nous célébrons, aujourd’hui la Fête – Dieu. N’oublions pas le sort des  223 lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram, qui gisent quelque part dans les brousses du Soudan depuis plus de deux mois. Nous n’avons pas le droit de les oubliées –  #RamenezNosFilles !

In catholic regions today we celebrate Feast of Corpus Christi (Corpus Domini). We should not forget the destiny of the 223 High School Girls kidnapped by Boko Haram in Chibok  more than 2 months ago. They are still suffering somewhere in the “brousses[1] (scrubs) of the Sudan and waiting for their liberation. We should not forget them – #BringBackOurGirls!

Christophe Neff, Grünstadt le 19.06.2014


[1] Brousse = a term of French geography describing a vegetation formation in West Africa, but it’s also used as synonym for rural areas in West Africa. The “Brousse” is deserved by “Taxi-Brousse”.

Fünf Jahre Paysagesblog auf Le Monde.fr (08.06.2014)

Seit etwas mehr als fünf Jahren schon gibt es das Paysagesblog auf le Monde.fr .  Am 24.5.2009 schrieb ich den ersten Artikel „I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ?“ einen Tag später folgte dann der erste deutschsprachige Beitrag „II. Un blog sur les paysages: ein kleiner Prolog auf Deutsch.“ . Danach folgten 318 Artikel, – dieser kleine deutschsprachige Beitrag ist der 321 Artikel auf paysages. Ursprünglich hatte ich vor, Paysages  als mehrsprachigen europäischen Blog zu gestalten, – der deutschsprachigen Einführung folgte am 28.5.2009 eine Englischsprachige „Introduction“ „ III. Un blog sur les paysages: an English introduction“ , aber schnell stellte sich heraus, dass dieser Anspruch nicht umzusetzen war, – paysages ist ein frankophones Blog, –  ein Großteil der Beiträge ist auf französisch verfasst, – 69 Beiträge sind auf deutsch verfasst, – und 20 auf Englisch.  Einen Beitrag in mehreren Sprachen zu schreiben, bedeutet im Grunde genommen, den Beitrag neu zu schreiben, – da ja in der jeweiligen Sprache neu und anders gedacht wird. Ich hatte schon vor dem Beginn des Paysagesblogs aufgrund meiner Mehrsprachigkeit einen  großen Respekt vor Übersetzern, vor allem vor literarischen Übersetzern, – aber seitdem ich Paysages schreibe ist dieser Respekt noch erheblich größer geworden.  Ohne die literarischen Übersetzter gäbe es im Grunde genommen keine Weltliteratur. Um nur ein Beispiel zu nennen: ohne Curt Meyer-Clason wären die vielschichtigen inneren und äußeren  Landschaften Macondos, die Welt des Oberst  Aureliano Buendia, der deutschen Leserschaft verschlossen geblieben[1]. Ohne seine Übersetzter wäre das Werk Gabriel García Márquez außerhalb der hispanophonen Welt nie gelesen worden, – die inneren und äußeren Landschaften Macondos, die uns Marquez schildert, hätten  die reale Geographie Aracatacas nie überwinden können, – das Werk wäre sozusagen in der inneren Einsamkeit der lateinamerikanischen hispanophonen Literatur verblieben. Vermutlich hätte man die Werke Márquez nicht einmal in Brasilien wahrgenommen.

Jede Sprache hat ihre eigene Sprachlandschaft, ihre eigene Geographie und deshalb ist es für einen „Freizeitblogger & Wochenendblogger“ sehr schwierig, in mehreren Sprachen zu schreiben. De facto ist obwohl ursprünglich anders geplant, Paysages ein französischsprachiges Blog geworden. Das Blog ist ja auch in Frankreich, bei einem französischsprachigen Presseorgan, – der Tageszeitung Le Monde gehostet. Daher ist es auch nicht außergewöhnlich, dass aus Paysages ein frankophoner Blog wurde. Dass der  „Le Monde“ in diesen fünf Jahren in den ich jetzt schon Paysages betreibe, – in so schweres  Fahrwasser geraten würde, das war so vor fünf Jahren nicht abzusehen – drei Chefredakteure (  Éric Fottorino, Érik Izraelewicz, Natalie Nougayrède ) haben sich die Hand gegeben, derzeit  befindet sich die Chefredaktion des Le Monde übergangsweise in den Händen von   Jérôme Fenoglio & Gilles van Kote.  Letztlich scheint es zur Zeit nicht absehbar zu sein, was aus dem Le Monde wird. Soweit der Le Monde weiter existiert, werde ich, soweit ich die nötige Zeit dazu finde, Paysages weiter betreiben, und bestimmt auch hin und wieder deutsch verfasste Beiträge posten.

Abschliessend noch ein paar Worte zur Leserstatistik: Soweit man WordPress und Google. Analytics vertraut, sind die folgenden  fünf Artikel, die bisher am häufigsten besuchten/konsultierten Artikel : “ 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes“, “Das Biafrakind“ und “La gare de Leucate – La Franqui – rétrospectives & observations de « trainspotter » dans une petite gare de campagne (25.10.2009) “, “Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois, “,“ Blognotice 13.05.2013: Mannheim les palmiers – photos sur le vif d’un paysage urbain particulier“.  Mit dem „Biafrakind“ befindet sich immerhin ein deutschsprachiger Beitrag auf den vorderen Plätzen, – und mit  Mannheim les palmiers gibt es einen zweisprachigen Artikel (frz./dt.) der wohl auch in der Lesergunst weit vorn zu sein scheint. Weitere deutschsprachige Postings, die relativ häufig besucht wurden, sind Ottmar Schreiner – Sozialdemokrat, Fallschirmjägeroffizier und Katholik (21.04.2013) und „Blognotiz 12.01.2014: „Blick auf die alte und die neue St. Laurentiuskirche auf dem Sulgen“[2]. Der Beitrag mit den meisten „Facebooklikes“ ist übrigens ein deutschprachiger Beitrag über eine Begegnung bei der Schramberger Fasnet im Jahr 2013.  Abschließend sei noch darauf hingewiesen, dass die am häufigsten aufgesuchte Kategorie, die Kategorie Port Leucate ist. Port Leucate [3]  , welches aufgrund vielfältiger familiärer Umwälzungen und Umzüge mein französischer „Port d’attache (Heimathafen)“ geworden ist. Vorher waren das Aubord im Departement du Gard und, in ganz frühen Kindheitstagen, Eckbolsheim bei Strasbourg.

Christophe Neff, Grünstadt den 08.06.2014

 


[3] Immerhin kenne ich Port Leucate schon seit dem Ende der 1960er-Jahre, d.h über 45 Jahre, siehe auch „les cigales de Port Leucate“.

7 Apr 2011 to 7 Apr 2014: – three years of Clustrmaps in paysages (26.4.2014)

ClustrMaps - map of visitor locations - zoom map07.04.2014_Seite_1ClustrMaps  is a hit counter map widget which allows showing the locations of the visitors of one specific site in a map. Geographer by education, I was interested to know, where the visitors of “Paysages” come from, so I installed the widget on 7 of April 2011. And since this date its running, providing me and the visitors of paysages nice maps with yellow and red dots.

More or less one two years ago I published a first note about clustrmaps in paysages, – one ClustrMaps - map of visitor locations - zoom map07.04.2014_Seite_2year ago followed the second note – and now here is third note. In three years Clustrmaps counted about 41134 readers visiting paysages. In the last year, from 7 of April 2013 to 7 of April 2014 paysages received   12966 visitors (14331 2012/2013).

 

 

 

ClustrMaps - map of visitor locations - zoom map07.04.2014_Seite_3Most of the visitors of paysages come from France, followed by visitors from Germany and the U.S.A. About more than 86,49 % of the visitors come from France, Germany, the USA, Tunisia, & Switzerland (Details see Tab 1.). Compared to the article of 2013, there were no major changes, with the exception of the fact that the readers from the United Kingdom reached the 10.  position in the audience ship relegating Morocco on the 12.  position (the Netherlands on the 11. position). Paysages is still a francophone blog, mostly read by person coming from francophone countries.

It can be suggested that most readers/visitors from other countries are French reading people. The most visited article seemed to be still “1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes” remembering the dramatic forest fire in the Landes in 1949[1].

Tab. 1:  The geographical provenance of visitors of paysages from 7.4.2011 – 7.4.2014 (source Clustrmaps 7.4.2014)

Country Visitors absolute Visitors%11-14 Visitors %11-13 Pos.12-13
France

20869

50,73%

49,08%

1

Germany

8870

21,56%

22,29%

2

USA

3242

7,88%

6,64%

3

Tunisia

1374

3,34%

4,04%

4

Switzerland

1229

2,98%

3,33%

5

Belgium

1215

2,95%

3,43%

6

Canada

791

1,92%

2,27%

7

Algeria

381

0,92%

1,05%

8

Austria

315

0,76%

0,89%

9

U.K.

269

0,65%

0,65%

11

total

93,69%

93,72%

 

Pictures = screenshots from paysages-clustrmaps 7.4.2014

Christophe Neff,  26.4.2014

 

Aubord de « Macondo » (19.04.2014)

Deckblatt Hundetjahre EinsamkeitI« Viele Jahre später sollte der Oberst Aureliano Buendia sich vor dem Erschießungskommando an jenen fernen Nachmittag erinnern, an dem sein Vater ihn mitnahm, um das Eis kennenzulernen. Macondo war damals ein Dorf von zwanzig Häusern aus Lehm und Bambus am Ufer eines Flusses mit kristalklarem Wasser, das dahineilte durch ein Bett aus geschliffenen Steinen, weiß und riesig wie prähistorische Eier »

C’est à Aubord, petit village paisible du Gard, situé entre Costières, Petite Camargue et Vistrenque, que je me suis immergé pour la première fois dans la vie du village, dans les paysages centenaires de Macondo. Apprenant le matin du vendredi saint (18.04.2014)  la nouvelle du décès de Gabriel García Márquez[1][2], – je me replongeais dans le souvenir de cette première lecture « Hundert Jahre Einsamkeit (Cent ans de solitude/Cien años de soledad) » dans la traduction allemande de Curt Meyer-Clason – sur la terrasse de la petite villa[3] de mes grands-parents à Aubord, 4 Impasse des Pins  – cette villa que mon grand-père avait baptisée L’Oliveraie – il avait même pris soin d’ y aménager un verger d’oliviers avec une douzaine d’oliviers  dans le  jardin. Ambiance étrange, quand je tenais ce livre[4] pour enfin m’immerger dans la lecture, – c’était la version poche du DTV, avec comme couverture l’image de Celestino Piatti montrant un fleuve de couleur bleu touareg et un arrière-plan une lisière de forêt … c’était un des rares jours de marin à Aubord, – il faisait chaud et humide – humidité amplifiée par l’odeur pénétrante du Vistre – et les heures et journées passaient – jusqu’à ce qu’un fort coup de Mistral  chassât cette étrange atmosphère qui semblait transformer Aubord en sorte de  Aracataca  – pendant que je voyageais dans l’immensité du monde de Macondo. Et ce qui fut assez étrange – parfois j’avais l’impression que le livre, l’auteur – bien qu’il s’agisse d’une traduction allemande – s’adressait à moi, le lecteur immergé de ce monde étrange en français – parfois même en espagnol. Plus tard, j’ai essayé de lire cette étrange fable dans la version originale (Cien años de soledad, Buenos Aires : Ed. Sudamericana, 1972, 30. ed.), emprunté a la Bibliothèque de l’Université de Mannheim, – mais je me suis arrêté après quelques pages seulement. Mes connaissances en espagnol – j’avais appris en  autodidacte quelques bases d’espagnol pour pouvoir écrire un mémoire sur les paysages agraires et les réformes agraires chiliennes sous la présidence de Salvador Allende –  étaient insuffisantes et n’étaient pas au rendez-vous de l’ouvrage. Donc les « Cien años de soledad », – c’était la traduction de Curt Meyer-Clason «Hundert Jahre Einsamkeit » dans la version DTV avec la belle couverture Celestino Piatti – qui allait devenir le livre de mes années étudiantes  à Mannheim et à Montpellier. Il me suivait presque partout, – excursions, jours libres à Schramberg – Sulgen au Lärchenweg, séances de lectures dans les dunes de l’Espiguette, période de service réserviste dans le cadre des « Reserveübungen » de la Bundeswehr, petites vacances sur les sables de la plage de Port Leucate – et je crois même que le livre faisait bagages d’un de mes voyages africains – dès que j’avais assez de liberté et me replongeais dans le Monde de Macondo. A fur et à mesure des années, j’ai donc plusieurs fois lu et relu les « Hundert Jahre Einsamkeit ». J’ai aussi lu quelques autres ouvrages de Marquez, mais c’est l’histoire de Macondo – qui a laissé des traces inoubliables, – et c’est d’ailleurs un des rares livres que j’ai lus plusieurs fois. La dernière fois ce fut, je crois pendant la préparation de mon doctorat, il y a maintenant plus d’une quinzaine d’années. Peut-être reprendrai-je ce livre, la retraite arrive dans une petite vingtaine d’années, car  « Cent ans de solitude » fait partie de cette catégorie de livres  qui nécessitent  un minimum de repos et de tranquillité pour la lecture. Comme je l’écrivais dans ma dernière  notice des « moments de solitude pour naviguer librement dans le Monde des livres. Fermer les yeux et partir en voyage ».

C’est par la traduction de Curt Meyer – Clason que j’ai découvert Marquez – et d’autres grands de la littérature latino-américaine comme par exemple Jorge Amado. Je pense que sans les traductions de Meyer – Clason, une très grande partie de la littérature latino-américaine serait restée largement inconnue en Allemagne. En parlant du décès de Marquez, il faudrait donc ajouter une pensée à ses traducteurs, à ses passeurs qui ont eu le mérite de passer l’œuvre d’une sphère linguo-culturelle à une autre. Dans le cas de Curt Meyer – Clason, ce fut le passage de la civilisation latino-américaine dans l’hémisphère du Bilderbürgertum allemand. C’est grâce à Curt Meyer – Clason que j’ai pu découvrir l’immensité des paysages de Macondo[5], voyager à travers l’œuvre de Gabriel Garcia Marques. Découvrir une œuvre digne du nom « Weltliteratur »  est chose rare :personnellement, je pense  que  « Cent ans de solitude[6] » est par soi-même une œuvre digne du nom Weltliteratur.

« Nun blätterte er vom neuem, um die Vorraussagen zu überspringen und Tag und Umstände seines Todes festzustellen. Doch bevor er zum letzten Vers kam, hatte er schon begriffen, daß er nie aus diesem Zimmer gelangen würde, da es bereits feststand, daß die Stadt der Spiegel (oder der Spiegelungen) vom Winde vernichtet und aus dem Gedächtnis der Menschen in dem Augenblick getilgt sein würde, in dem Aureliano Babilonia die Pergament entgütlig entziffert hätte, und daß alles in ihnen geschriebene seit immer und für immer unwiederholbar war, weil die zu hundert Jahren Einsamkeit verurteilten Sippen keine zweite Chance auf Erden bekam»

Sources:

Les deux citations, – en début de la notice et à la fin – sont des extraits de la traduction allemande de « Cien años de soledad » de Curt Meyer Clason – les deux premières phrases du début des « Cents ans de solitude » et les deux dernières phrases de l’ouvrage de Marquez.

Márquez, Gabriel Garcia (1984) : Hundert Jahre Einsamkeit. Roman, Deutsch von Curt Meyer – Clasen. Deutscher Taschenbuch Verlag (DTV). 5 Auflage August 1985. ISBN 3-423-10249-7

Vargas Llosa, Mario (2005): Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine. Traduit de l’Espagnol par Albert Bensoussan, Paris (Plon), 2005, ISBN 928-2-259-20258-9

Photo/Scan: Couverture du livre DTV  „Hundert Jahre Einsamkeit“

Christophe Neff, écrit le 18.04.2014, publié le 19.04.2014

P.S : Voici le lien du discours de réception pour le prix Nobel de Literature en 1982 de Gabriel Garcia Márquez. (Version texte en Espagnol, Version texte en Anglais).


[3] La Maison de mes grands-parents à Aubord dans le Gard fut pendant très longtemps mon point d’attache  en France. Voir aussi la Blognotice du 22.4.2012.

[4] J’avais acheté le livre à Schramberg, dans la Buchhandlung Klaussner. Il porte le numero 147 de ma bibliothèque étudiante.

[6] Dans ce contexte il me semble particulièrement intéressant de relire la note sur Gabriel Garcia Marquez écrite par Mario Vargas Llosa dans le „Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine p.317 – 328“ dont je me permets de citer la première  phrase: „La parution de Cents ans de solitude, de Gabriel Garcia Marques, constitue un événement littéraire d’exception : ce roman luciférien,  qui a le mérite peu commun d’être à la fois traditionnel et moderne, américain et universel, fait voler en éclats les sombres affirmations selon lesquelles  le roman est un genre épuisé et en voie d’extinction (Vargas Llosa 2005, 317)

Blognotice 16.04.2014: Langsamer! Plus lentement !

Langsamer! (Plus lentement!)

Vue sur le Clocher de St. Martin de Grünstadt 4.4.2014
Photo: © C. Neff «Vue sur le clocher de l’eglise St. Martin à Grünstadt (04.4.2014)

Langsamer – gegen Atemlosigkeit, Akzeleration und andere Zumutungen“  est un livre publié par Ilma Rakusa, – un petit essai qui nous démontre à quel point l’accélération permanente nous coupe le souffle dans notre quotidien. En fait c’est un des rares livres que j’ai lus, depuis ma dernière blognotice datant du 18 janvier 2014. Dernièrement, durant un voyage en train entre Hambourg et Mannheim, j’apprends par l’éditorial du Monde du 21. Mars 2014 « Et, pourtant, les Français lisent[1] » que les français lisent encore de livres – et ils lisent même une quinzaine de livre par an! Pour lire une quinzaine de livres par an, – il faut déjà une bonne portion de temps libre, – du temps sans accélération permanente. En plus en France, il y a encore cette obsession du livre et de la lecture – qui disparaît de plus dans le Bildungsbürgertum allemand. On pourrait même dire, que l’accélération permanente met en danger le concept du Bildungsbürgertum – et avec lui le concept de la lecture des livres. Pour la lecture il faut aussi un minimum de temps libre, du repos … de la tranquillité. L’obsession du livre et de la lecture en France, – je l’ai  encore retrouvée il y a quelque jours en lisant les premières pages de Medium de Philippe Sollers, livre que j’ai découvert grâce à cette petite note sympathique de Paul Edel et que j’ai acheté début mars à la libraire « à livre ouvert » à Wissembourg – « Il n’y pas si longtemps, un président de la République française se fait photographier officiellement en train de lire les Essais devant une bibliothèque, photo exposée ensuite dans toutes les administrations et les commissariats  de police. L’Histoire est plus comique qu’on ne croit, et son successeur socialiste, petit homme tenace et ironique, très « troisième République » ne lit jamais aucun livre (Sollers, P. 2014, 18)».

En France on se réjouit de la fameuse loi « anti-amazon » mais j’ai bien l’impression qu’en votant cette loi on s’est trompé de cible[2]. A fur à mesure que le Bildungsbürgertum, – les couches moyennes pour utiliser un terme français se rétrécissent – que l’accélération du quotidien, la densification de la cadence du travail, des loisirs s’intensifient – le temps libre pour la lecture, la solitude librement choisie pour se plonger dans les paysages de lectures devient un bien cher et rare – nos concepts de lecture et de livre  sont top ou tard condamné à disparaitre. Pour arriver à la « Riviera » de Sollers (Médium), pour revivre la charge des Dragon a Montfabert (Waltenberg), – pour découvrir le Monde avec les yeux de V.S. Naipul (India, Letters), pour citer quelques exemples aléatoires  – il faut surtout avoir la liberté de pouvoir choisir des moments de solitude pour naviguer librement dans le Monde des livres. Fermer les yeux et partir en voyage. Ceux qu’ils ont fait durant les dernières décennies, qu’on les dénomme Bildungsbürger ou couches moyennes – qui ont soutenu par leurs achats et lectures ce mode de lecture  – perdent de plus en plus cette liberté. L’accélération du quotidien, toujours presse – à bout de souffle – leur regard fatigué ne touche guère une page de livre.

Depuis mon dernier billet dans paysages, – presque trois mois sont passées, – on quitte la maison en pleine nuit – et après une longue journée de travail on retourne chez soi – et la nuit retombe déjà.  Les journées passent, – le printemps arrive –  les évènements passent – élections municipales en France, – l’annexion de la Crimée par la Russie – et on court toujours …. Courir – ou passer de heures en voiture, derrière le volant – pendant la nuit écoutant Melody Gardot, le dernier CD de Ute Lemper (Forever – The Love Poems of Pablo Neruda), Maria Gadú ou parfois Eddy Mitchell. Et comme pour la lecture, – pour l’écriture d’un blog, – il faut aussi du temps, – solitude, silence – liberté de réflexion.

Concernant l’annexion de la Crimée par la Russie, – personnellement cela ne m’a pas trop surpris – dans la notice du « 22.12.2013: De Dostoïevski à Mikhaïl Khodorkovski » j’avais comparé la Russie de Monsieur Putin  à la Russie de  Nicolas Ier de Russie.  Cela dit j’étais plutôt surpris par la surprise des « occidentaux » devant le « fait accompli » – le règne de Nicolas Ier de Russie il faut peut-être le rappeler,  est  jusqu’ à nos jours synonyme d’un politique expansionniste forte, il fit entre autres  déclencher la Guerre de Crimée .  Et c’est  en écrivant trois novelles sur cette guerre, publiée sous le nom « Récits de Sébastopol » que Léon Tolstoï rapportera un de ses premier succès littéraires. Mais tout ce savoir littéraire, semble être tombé en oubli dans les cercles des dirigeants occidentaux (et de leurs consultants).

Pour finit ce petit billet, – tranquillité, repos, – réflexion ne concerne pas seulement le domaine du livre et de lecture, – mais cela concerne aussi une partie de notre citoyenneté. Sans liberté de réflexion approfondie, – le Bildungsbürgertum, les couches moyenne risquent de devenir une proie facile des « Cavaliere Cipolla[3] » de nos jours, –  ces magiciens des solutions simples et miraculeux – comme par exemple en France Marine Le Pen,  Jean-Luc Mélenchon – ou en Italie Beppe Grillo – pour simplement citer quelques noms !

Notons en fin de billet,  que le paysage médiatique français – nous offre un nouvel hebdomadaire  Le 1[4] –  lancé par Éric Fottorino et Laurent Greilsamer dont la lecture nécessite tranquillité de lecture, liberté et temps de réflexion …

Malheureusement ce nouveau hebdomadaire n’est pas distribué en Allemagne, – Samedi  je fais les 100 km depuis Grünstadt pour me procurer le N.1 du l’un a la Librairie Papeterie Fetsch à Lauterbourg – et je découvre le titre prometteur  – « la France fait – Elle encore rêver ?[5] ».  Apparemment oui, – autrement je n’aurais pas fait presque 200km pour me procurer ce journal francophone – et découvrir a la une le point de vue de Jean-Marie Gustave Le Clézio – de me souvenir du visage d’Aline – résurrection de souvenirs par la plume de Duong Thu Huong (Tombe la neige) quand je chantais cette chanson il a plus de vingt voire trente ans dans les bars de Schramberg ; –   dans les années 1970 & 1980 cette chanson de Christophe était pour une partie de la jeunesse bachelière & étudiante du Sud de l’Allemagne aussi une « image de rêve d’une certaine France » – et apparemment paroles et mélodie de cette chanson ont aussi laissés des traces dans un Vietnam traumatisé par des décennies de guerre.

Dans la présentation de ce nouvel hebdomadaire sur le net – écrite par Éric Fottorino – j’ai trouvé cette belle devise « Lire court pour penser longtemps. »  …..

Livres citées :

Kaddour, Hédi (2007): Waltenberg, (Folio/Gallimard), Paris, ISBN 978-2-07-034347-8

Naipul, V.S. (1976): India – a wounded Civilization. New York, Vintage Books, ISBN 0- 1-400-3075-7

Naipul, V.S. (2007): Between Father and Son. Family Letters. New York, Vintage Books, ISBN 0-375-70726-3

Rakusa, Ilma (2012) : Langsamer ! Gegen Atemlosigkeit, Akzeleration und andere Zumutungen.  Literaturverlag Droschl Essay 54, Wien, 6. Ergänzte Auflage 2012, ISBN 978-3-85420-692-7

Sollers, Philippe (2014): Médium. Éditions Gallimard, Paris, ISBN 978-2-07-013760-2

Tolstoï, Léon (2005): Les récits de Sébastopol. Traduit du russe par Louis Jousserandot. Petite Bibliotheque Payot, Paris,  ISBN 978-2-228-89967-3

Photo: © C. Neff «Vue sur le clocher de l’eglise St. Martin à Grünstadt (04.4.2014)/Blick auf den Martinsturm Grünstadt (04.04.2014) ».

Christophe Neff, écrit le 15.04.2014, publié le 16.4.2014


[1] Et, pourtant, les Français lisent. ÉDITORIAL du Monde, Vendredi 21 mars 2014 – 70e année – N˚21515, download en version électronique pour les abonnées du Monde ici.

[3] Le Cavaliere Cipolla est un personnage clef de le nouvelle « Mario et le Magicien » de Thomas Mann.

[4] Le site du „le un“ se trouve ici.

[5] Sur le thème de la France « pays de rêves » j’avais publié en 2006 une petite notice personnelle « Zinedine Zidane – et nous les macaronis de « basse Italie » » – download ici.

Blognotice 18.01.2014: et la Tunisie?

Eh bien la Tunisie avance lentement, parfois difficilement, mais le processus démocratique après tout, avance à petits pas[1]. Contrairement à la situation en Egypte, ou nous avons assisté à un véritable putsch militaire, qui fut certes légitimé par un referendum populaire (taux de participation environs 36%), on avance en Tunisie sur le chemin de la transition démocratique. Je ne peux que suivre Isabelle Mandraud quand elle écrit « Il est trop tôt pour parler de réussite, car ce départ se fait quand même dans un contexte très tendu. Mais indéniablement, la Tunisie se distingue des autres pays arabes, qui ont plongé dans la répression, le désordre ou la guerre. En Tunisie, malgré tout, on continue à se parler ! » Il est vraiment trop tôt pourparler d’une réussite en Tunisie, mais comme je l’écrivais dans les lumières du Fohrenbühl il y a maintenant presque trois ans – « mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien ». Je n’ai guère changé d’avis depuis – et concernant les autres pays du Maghreb et du Machrek je pense que mes doutes émis dans les lumières du Fohrenbühl ont été malheureusement rattrapés par la réalité. J’aurais tellement aimé avoir tort. Mais concernant la Tunisie je crois, que les Tunisiens peuvent réussir leur transition démocratique, –  même s’ il y a encore de très grands grands problèmes à résoudre, – je pense surtout  au destin des régions rurales tunisiennes (voir aussi  mes Commentaires  sur les évènements de la journée du 14.09.2012 à Tunis) – véritables poudrières qui pourraient exploser si on ne réussit pas  enfin à développer une vraie perspective pour ces régions perdues. Même si en ce moment la situation socioéconomique semble encore assez morose, – disparité côte/pays intérieur – ingérence permanente de certains pays du Golf  – illusions et désillusions des Tunisiens – mais néanmoins la Tunisie possède encore beaucoup d’atouts[2]. Le chemin sera long et difficile, – mais à la fin, cette transition pourrait encore devenir une réussite. Disons que je reste légèrement optimiste pour la Tunisie, pour le reste du printemps arabe je n’ai guère d’espoir – Lybie, Egypte, Syrie, Yémen, Bahreïn etc. . Pour finir, – je suis assez étonné de voir  que pour les medias allemands  (cela concerne sûrement aussi les medias non francophones dans le reste de l’Europe et en Amérique du Nord)  ne portent aucun intérêt pour la situation actuelle en Tunisie ! On trouve plutôt un article sur les problèmes du couple HollandeTrierweiler dans la presse allemande et les medias allemands[3] qu’un article ou une vraie analyse fondée sur la Tunisie qui est en train de donner naissance à une vraie constitution moderne,  portée par une grande partie de la société civile (sans l’aide bienveillante d’une junte militaire) ce qui est une véritable nouveauté  dans le monde arabe.  Le désintérêt qu’une grande partie des sociétés occidentales ont  pour les évènements actuels  en Tunisie est vraiment regrettable,  car ce qui se passe en Tunisie peut être décisif pour nos sociétés!

Christophe Neff, le 18.01.2014

P.S. (18.01.2014 16 :40): C’est finalement dans la Süddeutsche Zeitung que j’ai trouvé cet article «Tunesien sucht seine Identität (La Tunisie cherche son identité) »  assez bien documenté sur la situation actuelle en Tunisie.


[2] Voir aussi l’analyse de Kamel Jendoubi publie dans le Monde Dimanche19- Lundi 20 janvier 2014 p. 15, sous le Titre «Espoirs fragiles en Tunisie –  L’adoption d’une nouvelle Constitution n’est pas un gage de démocratie. Trois ans après la chute de Ben Ali, prélude du «printempsarabe», l’islamisme menace la transition. » Disponible en version électronique pour les abonnés Le Monde.

[3] Même le SWR2, – la radio culturelle du Südwestfunk, avait programmé une émission spéciale sur les problèmes du couple Hollande-Trierweiler. Dans SWR2 Kontext elle fut transmise le 17.01.2014 de 19:05 – 19:20 sous le titre   «Die Affäre Hollande  – Warum wird das Private politisch?». Mais à vrai dire ce fut plutôt une émission où on comparait la „peopleisation“ de la politique en France et en Allemagne, – et à en croire l’émission, la politique allemande est beaucoup plus affectée par ce phénomène! Personnellement j’aurais préféré  suivre une émission sur une vue allemande approfondi de la nouvelle constitution tunisienne !