Il est Mort Demain – est un poème du poète soudano – libyen Mohammed al-Faytouri. J’ai découvert le poème durant la lecture de l’Anthologie « les poètes de la Mediterranée ». En lisant le poème je pensais aux libyens qui essaient de se soulever contre Kadhafi et son clan – mais le destin de ce soulèvement semble être décidé : dans quelques jours Benghazi le dernier bastion de la rébellion libyenne va, sauf miracle, tomber ! En réalité nous ne savons guère grand-chose sur cette rébellion contre Kadhafi.
Mais nous savons tous que la vengeance du colonel Kadhafi envers les rebelles, envers la ville de Benghazi véritable capitale du soulèvement libyen sera terrible. L’édito du Monde du 15.3.2011 « Il est temps d’aider la rébellion libyenne » vient beaucoup trop tard – le rêve d’une Libye un peu plus libre semble vivre ses derniers heures. Je reprends ici les premiers couplets du poème « il est mort » de Mohammed al – Faytouri pour que les espoirs de liberté à Benghazi, dans toute la Libye ne tombent pas dans l’oubli. On peut trouver la totalité des vers entre autre ici dans le Blog de Patricia Tutoy.
Il est mort
Aucune goutte de pluie ne s’est attristée
Aucun visage humain ne s’est assombri
La lune n’a pas survolé sa tombe de nuit
Aucun ver paresseux n’y a déployé son corps
Aucune pierre ne s’est fendue
Il est mort demain
cadavre sali
linceul oublié
tel un rêve…
le peuple s’est réveillé
et a traversé le champ des roses au crépuscule
comme un ouragan
il est mort
dans son âme noircie incendiée un passé de sang
et de gibets suspendus
des cris de révolte dans les prisons
visages douloureux et fendillés des vieilles
bras tordus dressés comme des faucilles
yeux où plonge l’ombre des potences
ô mon fils
en quel lieu les soldats ont-ils emmené ton visage
pourquoi m’ont-ils privé de l’odeur de ta chemise ?
mon fils si beau dans l’éclat de sa jeunesse
marchait sur les élans des coeurs
le geôlier a cadenassé la porte de sa grande prison
une chaîne a rampé
et le fouet a enveloppé la nuit de lamentations.
Source :
Al – Faytouri, Mohammed : Il est Mort demain. In : Bonnefoy, Y. (Eds) : Les Poètes de la Méditerrannée. Anthologie. Paris, Gallimard Culturesfrance, p. 382-387. ISBN 978-2-07-043597
Une des conséquences de la catastrophe naturelle qui a mis une partie du japon dans un état d’après guerre est que le monde et surtout les medias se penchent sur la situation au Japon et délaissent le « printemps arabe » – Kadhafi pourra prendre tout son temps sans ce soucier trop de l’opinion publique mondiale pour noyer la révolte dans le sang. Comme je le craignais dans la Blognotice 12.2.2011 , le printemps arabe :le début d’un printemps démocratique en Libye pourrait trouver la même fin tragique que le Vormärz allemand ou la révolution de mars 1848/49 dans la confédération germanique. Malheureusement cela semble se produire en Libye en ce moment.
Comme beaucoup de „Schramberger“ expatriés je reviens de temps en temps pour la Fasnet à Schramberg. La Fasnet de Schramberg est un événement qui laisse revenir les Expat de Schramberg à Schramberg. Pour ma part c’était le Hanselsprung le dimanche après midi (Fasnetsonntag) et la fameuse da Bach na Fahrt le lundi des Roses. Pour les lecteurs désirant savoir plus sur la Schramberger Fasnet et lisant l’allemand je peux conseiller la lecture du livre « Narri, Narro und so » récemment sorti. Et même pour les lecteurs sans connaissance approfondie de l’allemand le livre mérite d’être feuilleté à cause de ces belles photos.
Wie so viele « expatriierte » Schramberger komme ich von Zeit zu Zeit zur Fasnet nach Schramberg zurück. Die Fasnet ist ein Ereignis welches viele expatriierte Schramberger von Zeit zu Zeit nach Schramberg zurückkommen lässt. Was mich betrifft, so waren es der Besuch des Hanselsprung am Fasnetssonntag und die da Bach na Fahrt am Rosenmontag, welche mich nach Schramberg „gezogen“ haben. Für Leser die sich etwas tiefer mit der Schramberger Fasnet befassen wollen, kann ich die Lektüre des kürzlich herausgegeben Buch „Narri, Narro und so“ empfehlen. In meinen französischen Text (s.O.) habe ich meinen francophonen Lesern das Buch auch wg. dem außergewöhnlichen Bildmaterial empfohlen.
Link, Helmut ; Link, Stefan ; Narrenzunft Schramberg E.V. (Ed) (2010) : Narri, Narro und so … 100 Jahre Narrenzunft Schramberg, 75 Jahre Da-Bach-Na-Fahrt. Schramberg, Straub Druck + Medien AG, ISBN 978-3-00-032970-8
Apres plus de dix jours consacrés à un cours pratique sur les chantiers de brûlage dirigé et à la défense contre l’incendie dans le Département de l’Aude je suis retourné en Allemagne. Cours pratique qui fut suivi par le bureau de presse du Kit – ils ont même dédié une page facebook au cours . Avant de retourner en Allemagne, – Michèle Alliot-Marie avait présenté sa démission du gouvernement Fillion III – et en arrivant en Allemagne, j’étais surpris par la démission de Karl-Theodor zu Guttenberg du poste de ministre de la défense allemande.
Concernant Michèle Alliot-Marie, son bilan au ministère des Affaires étrangères a été plus tôt nul, voire même catastrophique en ce qui concerne l’image de la diplomatie françaises au Maghreb et au proche Orient. Je me demande vraiment comment elle a fait pour ne pas sentir le vent du changement en Tunisie, car même moi , simple bloggeur du week – end, je m’apercevais dans ma Blognotice du 4.1.2011 qu’il se passait quelquechose de grave dans les djebels tunisiens.
Concernant Karl-Theodor zu Guttenberg, – le chouchou des médias allemands, pas seulement de la Bildzeitung, je me rappelle le titre du Spiegel « die fabelhaften Guttenbergs » – son bilan au ministère de la défense allemande est plutôt nul. Quelques voyages médiatisés en Afghanistan, – mais à part cela que reste-t-il de la période Guttenberg au ministère de la défense ? Pas grand-chose, le grand débat démocratique sur la réforme de la Bundeswehr n’a jamais eu lieu !
De retour en Allemagne, – il faut dire que l’affaire hyper médiatisée Guttenberg ne m’intéressait pas trop, car c’est vers Schramberg et Rottweil que mes yeux étaient tournés – où se jouait le destin de l’Hôpital de Schramberg. Le 28.2.2011 le Kreistag du Landkreis Rottweil décidait de la mise à mort du « Krankenhaus Schramberg ». J‘ ai ( 1, 2 ,3, 4,5, 6, 7, 8) déjà publié huit billet de blog sur l‘ avenir de ce petit hôpital de campagne qui est tellement important pour la Raumschaft Schramberg. Sans son hôpital, la Raumschaft Schramberg craint de sombrer dans une longue agonie socio-économique. En dehors du cadre strictement local et régional de l’Hôpital de Schramberg, la question de l’organisation territoriale des hôpitaux dans le monde rural sera certainement un des grand débats politiques et citoyens que nos sociétés devront résoudre. Comment organiser les services hospitaliers, les urgences, – les SAMU, – dans le monde rural.
Nous avons vécu une vraie semaine de redoux, les premières perce-neiges ont commencé à fleurir dans les jardins de Grünstadt et l’Unterhaardt. A Karlsruhe même les helléborines sont en fleur. Le « Vorfrühling » a bel et bien commencé, même si le froid hivernal peut toujours revenir. Le terme phrénologique « Vorfrühling » n’existe malheureusement pas en français. Ce Vorfrühling, vu les événements en Tunisie, Egypte et maintenant aussi en Algérie, me rappelle un peu le Vormärz allemand. Beaucoup d’espoir qui fut malheureusement trempé dans le sang par la « réaction » – Robert Blum fusillé par les troupes impériales autrichiennes, la Forteresse de Rastatt prise le 23.7.1849 par les troupes prussiennes, et les révolutionnaires badois fusillés. Les révolutionnaires du Sud de l’Allemagne qui ne furent pas fusillés ou incarcérés cherchèrent à se refugier en France, en Suisse et aux Etats Unis. Dans le souvenir populaire (au moins en ce qui concerne ma génération) reste « das Heckerlied ».
Donc hier, quand j’appris que Moubarak quittait le pouvoir, j’ouvris une bonne bouteille de Pfälzer Dornfelder et je me souvins des paroles du Heckerlied en espérant que tout cela finirait moins tragiquement que la révolution de Mars 1848/49 dans la confédération germanique.
Donc voici pour finir, les premiers vers du Heckerlied , ce chant révolutionnaire en souvenir de Friedrich Hecker qui survécut jusqu’à nos jours dans une partie de la mémoire collective de certains pays et régions du Sud de l’Allemagne.
1. Wenn die Leute fragen,
Lebt der Hecker noch?
Könnt ihr ihnen sagen:
Ja, er lebet noch.
Refrain:
Er hängt an keinem Baume,
Er hängt an keinem Strick.
Er hängt nur an dem Traume
Der deutschen Republik.
Et voici, mon adaptation &traduction française des premiers vers du Heckerlied
En Tunisie comme en Egypte, le chemin vers un avenir meilleur sera rude et dur et pas toujours facile. Comme je l’écrivais dans les lumières du Fohrenbühl, je crois sincèrement que la Tunisie réunit les conditions nécessaires pour trouver son chemin vers un avenir démocratique. En ce qui concerne l’Egypte je suis beaucoup plus sceptique et je rejoins ici l’analyse de Gilles Kepel – les défis de la révolution. En fait, jusqu’à présent Moubarak a bel et bien quitté le pouvoir, mais la structure du système politique égyptien ne semble pas encore avoir bien changé pour l’heure. Les militaires gèrent actuellement le pouvoir directement, c‘ est tout.
Revenons à la fin du billet au Heckerlied et à Friedrich Hecker. L’article Friedrich Hecker (article créé par l’utilisateur Jospe le 31.12.2008) dans la Wikipedia.fr est d’une très bonne qualité , c’est vraiment un article dont on peut vivement recommander la lecture.
Espérons que la révolution démocratique arabe naissante ne finira pas comme le Vormärz allemand ou la révolution de mars 1848/49 dans la confédération germanique.
Temps gris d‘ hiver comme d‘ habitude dans le „Oberrheingraben“, – temps même tres gris. Pour oublier la grisaille de février ce soir la RDLnous recommande de regarder « A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU » de Nina Companéez (ce soir 1.2.2011 et demain 2.2.2011 sur A2). Peut être une bonne idée ? Normalement je ne regarde que rarement la télé – parfois Thalassa et Eisenbahnromantik – c’est tout. Mais cette semaine – il y a eu un événement télévisé en Allemagne qui m’a donc fait revenir vers le petit écran. Encore un Schimanski :«Schuld und Sühne » (Dimanche 30.1.2011 ARD 20:15) ,Schimanski comme durant mes années étudiantes à Mannheim. Très belle critique du Schimanski « Schuld und Sühne » de Christian Buß dans le SPON. Durant mes années étudiantes à Mannheim, je n’avais même pas de Télé – donc le « Tatort Schimanski », c’était chez des amis ou chez les parents à Schramberg en Forêt Noire. Pour le premier Schimanski (1982 Duisburg – Ruhrort) – j’étais encore lycéen – je n’avais même pas vingt ans , donc 19 ans après le premier Schimanski ,nous avons encore droit à notre dose de Schimanski. Nous n’avons certainement pas rajeuni – Schimanski non plus ;mais même avec un Götz George ayant atteint ses 72 ans , Schimanski a encore un grand cœur, il est du côté de ceux qui n’ont pas toujours eu de chance dans leur vie … Dans « Schuld und Sühne » Schimanski est confronté à la triste réalité du « Polizeialltag »( quotidien de la police) dans un milieu difficile, de la corruption entre ex. collègues etc. Ce Schimanski, c’est aussi un peu un Western ,les tournées dans sa vieille Citroën CX dans le port de Duisburg – le showdown remarquable avec les policiers corrompus Petra Kroppen (Daniela Schulz) et Günther Patzaks (Hannes Jaenicke). Oui c’est parfois un peu western, un peu nostalgique mais cela rappelle à ma génération les années de nos vingt ans. Apres le Schimi – je me suis même permis le luxe de regarder le talkshow politique Anne Will où on discutait sur l’affaire Gorch Fock et les autres affaires qui actuellement secouent le ministre de la défense allemand sous le titre « Der „Selbstverteidigungsminister“ – bröckelt der Guttenberg-Mythos? ». Je me demande pourquoi ces affaires jusqu‘ á présent ne trouvent aucun reflet médiatique en France, car c’est la première fois que Karl-Theodor zu Guttenberg reçoit des sévères critiques de la part d’une grande partie de la presse politique allemande.
Donc avec cette surdose de télévision je ne sais vraiment pas si je regarderai A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU » de Nina Companéez, même si il faut avouer que le dernier billet de la RDL« Proust toujours ! La télévision rattrape le temps perdu » donne vraiment envie d’allumer le poste de Télé ce soir. Mais j’ai encore devant moi la lecture du « Cannstatter Zuckerle » ,roman policier de Sigrid Ramge, qui joue à Stuttgart (le Cannstadter Zuckerle est un terroir viticole longeant le Neckar à Stuttgart Bad Cannstadt) et en Egypte et en plus une très belle anthologie des Poèmes de Johannes Bobrowski « Nachbarschaft » parue dans les Klaus Wagenbachs Oktavhefte. Les Poèmes de Bobrowski qui nous font découvrir des paysages perdus de l‘ Est , méritent sûrement la lecture nocturne. Peut être plus qu’un téléfilm – même si il s‘ agit d‘ un téléfilm qui ose toucher à un monument national pour citer les mots de Pierre Assouline.
Livres citées :
Ramge, Sigrid (2010) : Cannstadter Zuckerle. Ein Stuttgart-Krimi. Tübingen, Silberburg Verlag, ISBN 978-3-87407-990-7
Bobrowski, Johannes; Wagenbach, Klaus (2010): Nachbarschaft : Gedichte / Johannes Bobrowski. Ausgewählt und mit einem Nachwort von Klaus Wagenbach. Klaus Wagenbachs Oktavhefte, Berlin, Klaus Wagenbach Verlag, ISBN 978-3-8031-3231-4
Au cours de la troisième semaine de janvier 2011, pendant que le peuple tunisien se soulevait contre le régime Ben Ali, semaine fatidique, j’étais au Fohrenbühl tenant un séminaire sur les changements globaux. Je pensais beaucoup aux événements en Tunisie, car exactement ici, au Fohrenbühl j’avais organisé durant l’été 2006 pour la GTZ avec le défunt Professeur Gonzague Pillet et mon ancienne collaboratrice Anna Viola Mai un séminaire sur les changements climatiques en Tunisie. Donc pendant ces jours fatidiques pour la Tunisie, au Fohrenbühl, je pensais d‘ abord avec beaucoup d’inquiétude à mes amis et collègues tunisiens, est- ce que ils avaient perdu un proche, un ami, un enfant, – un fils, une fille, un cousin ?
Avant de partir au Fohrenbühl, sidéré par le silence des medias allemands et européens j‘ avais rédigé une petite notice intitulée « Blognotice 11.1.2011 – le silence des medias allemands sur la tragédie tunisienne de l’hiver 2010/11 », choqué par l‘ incompétence de la diplomatie française, choqué par le silence d’une grande partie de la classe politique française, le silence des dirigeants de l‘ Europe politique. Quand un régime tire systématiquement à balles réelles sur ces propres enfants, quelle que soit la nature politique du régime (démocratie, régime autoritaire, dictature) – il perd toute légitimité. Les premiers morts de Sidi Bouzid, les morts de Kasserine, de Thalia n’ont guère perturbé la connivence et complaisance des dirigeants européens envers le régime de Ben Ali. En ce qui concerne la couverture médiatique en Europe, les choses ont commencé à bouger avec la publication de photo de la jeune fille morte à Sidi Bouzid le 10 janvier – qui a été reprise par le Monde du 12.1.2011 et qui a fait le tour du monde – et la mort de l‘ universitaire franco-tunisien Hatem Bettahar. Là, lentement, les medias européens semblèrent avoir compris que les choses allaient peut être basculer – ou tout simplement avaient-ils enfin compris que « l’autocrate souriant Ben Ali » n‘ hésitait pas à tirer sur sa propre jeunesse – que l‘ ami tunisien utilisait massivement et sans modération la force pour mater le soulèvement de la jeunesse étudiante et lycéenne tunisienne.
Au Fohrenbühl un peu coupé du Monde, – au Naturfreundehaus (maison de la nature) Sommerecke il n’y même pas possibilité d’utiliser un portable, j’essayais de suivre aussi bien que possible les événements en Tunisie, et particulièrement à Tunis et dans les banlieues de Tunis. Ces lumières du soleil couchant à travers les sapinières du Fohrenbühl, lumières du Fohrenbühl , elles emportaient mes pensées vers Tunis, – vers mes collègues et amis que j’avais connus durant mes années tunisiennes que je sentais en danger. Quel soulagement, le vendredi soir 14.1.2011 vers 19 :44, quant j’écrivais depuis l’hôtel Adler, (où je logeais durant ce séminaire et où il y la possibilité de se brancher sur Internet) un petit email à un ami tunisien que Ben Ali avait quitté la Tunisie. Enfin peut être les choses pourraient peut être s’améliorer en Tunisie. Peut être !
En revenant du Fohrenbühl, je découvris à quel point la couverture de événements, de la révolution tunisienne en Allemagne avait changé. Du grand silence on est passé à une couverture médiatique assez large. Ce qui m‘ étonne surtout ce sont ces soi-disant experts « du monde du maghreb », « de la Tunisie », « du monde arabe » etc. qui sortent partout de leurs trous et qui voient dans révolution de jasmin – terme que je n‘ apprécie pas du tout – car cette révolution en Tunisie, s‘ est passée dans une grande douleur , un début de mouvement de soulèvement démocratique qui à partir de la Tunisie gagnerait le Maghreb et après, le reste du Monde arabe. Où était la voix de ces soi-disant experts du Monde arabe et de la Tunisie le 11 janvier, le 10 janvier, – pendant les événements de Kassarine et de Thalia, – où était ces voix d’experts au début du mois de janvier – quand j’écrivais sur la neige, le froid et le désespoir dans le djebel tunisien dans ma blognotice du 4.1.2011 ? Peut être bien que je me trompe, mais je ne crois pas qu’on puisse comparer la situation tunisienne, l’évolution des événements en Tunisie à celle d’autres états du monde arabe.
Personnellement, je pense que si il y a une société capable de construire une démocratie laïque, une société civile libre des ses propres mains et sans interventions externe, dans le Monde arabe et en Afrique c’est bien la société tunisienne. Naturellement il y a le risque qu’après un période de transition un nouveau clan, une nouvelle famille reprenne le pouvoir en main, il y a aussi ,il ne faut pas le négliger , le risque de voir les islamistes s’accaparer le mouvement révolutionnaire, car c’est une véritable révolution qui a eu lieu en Tunisie, et là je suis d‘ accord Jean Tulard qui désigne ce janvier 2011 comme l’an 1789 de la révolution tunisienne.
La société tunisienne est une des rares sociétés dans le monde arabe (et africain), où il y a vraiment une large « classe moyenne » – « La Mittelschicht » – comme on dit en allemand – et c’est cette « classe moyenne tunisienne » qui peut construire de ses propres mains, comme elle a renversé pacifiquement le régime mafieux du clan Ben Ali, une démocratie laïque, une société libre. C’est la société civile qui a renversé Ben Ali (avec l’aide de l’armée qui ne voulait pas tirer sur le soulèvement populaire à Tunis le 14.1.2011). C’est cette large couche moyenne, une société civile qui a progressé malgré la lourdeur des dernières années du régime Ben Ali, qui a porté les événements de janvier 2011 en Tunisie ; mais franchement je ne vois pas un état dans le monde arabe ou nous ayons une si forte « classe moyenne » et « Société civile » qu‘ actuellement en Tunisie. Donc malheureusement les autocrates et dictateurs du monde arabe ont encore de beaux jours devant eux.
Je ne suis pas voyant, je ne partage pas le pouvoir clairvoyant de tant d‘ « experts du monde arabe » mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien .
Pendant que les lumières de Fohrenbühl traversaient les sapinières du Mooswaldkopf le 13,14,15 et 16 janvier 2011 emportant mes pensées vers la Tunisie, mes collègues tunisiens et leurs proches que je sentais en danger , j‘ espérais fortement voir venir le jour où les tunisiens pourront enfin vivre en liberté, manger à leur faim, choisir leur gouvernement librement. Peut être ces jours- là ont – ils enfin commencé ! Espérons-le !
La Tunisie vient à nouveau de vivre un week-end sanglant et dans les medias allemands c’est presque le silence total. Enfin, le soir du lundi 10.1.2011 un article sur le SPON sous le titre « Unruhen im Urlaubsland – Tunesische Regierung schließt sämtliche Unis und Schulen„. Comme je l‘ écrivais déjà dans Blognotice du 7.1.2011 concernant la couverture des événements de Sidi Bouzid par les « medias allemands : pas de souci pour les autorités tunisiennes – c‘ est plutôt le silence absolu – aujourd’hui après des jours et semaines de silence enfin un petit article dans le Spiegel « Hohe Arbeitslosigkeit schürt Unruhen» ». J’aurais aimé trouver un Editorial tel que celui du „Monde“ du 10.1.2010 « Le silence de Paris sur la tragédie tunisienne» dans un grand journal allemand. Un titre tel que « Das Schweigende Europa und die tunesische Tragödie » – mais malheureusement c’est le grand silence qui règne dans le paysage médiatique allemand en ce qui concerne l’actualité tunisienne. Que le Monde à bien raison d’écrire « Mais ni la France ni l’Europe n’ont rien à dire ! » – et j’ajouterais « Mais ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Europe n’ont rien à dire !».
Enfin ce matin mardi 11.1.2011 un petit article de Ralph Schulze dans la Rheinpfalz sous le titre « Blutiger Aufstand im Urlaubsland Tunesien (révolte sanglante dans le pays de vacances la Tunisie) – c’est déjà mieux que rien ! Mais à part les titres cités, c’est plutôt le grand silence !
Source :
Schulze Ralph : Blutiger Aufstand im Urlaubsland Tunesien. In: Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Nr. 8, Dienstag 11. Januar 2011
Il est assez rare, même rarissime de voir un livre français, livre même pas encore traduit en allemand, sur la une d’un journal allemand. En fait je ne me souviens pas d’avoir vu cela avant. La Rheinpfalz (Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau Dienstag 4. Januar 2011) consacre à peu près d`’un quart de sa première page au petit livre „Indignez – vous!“ de Stéphane Hessel sous le titre « Empört euch! – Der Résistance-Kämpfer Stéphane Hessel beklagt den Zustand der Welt – und landet einen Bestseller ». L‘ article signé Hans – Hagen Bremer nous décrit le phénomène du Bestseller „Indignez-Vous !“ – mais ne donne pas de véritable raisons pour le succès du petit livre (élu livre de l’année par les internautes du Monde.fr) . J’ai trouvé un essai d’explication de Philippe Boggio sur slate. Personnellement j’ai découvert le livre grâce à la lecture du billet de l‘ indignation sur le blog « les panissières » – et j‘ ai commandé le livre quelques jours après la lecture du billet des panissières – et depuis j’attends que le livre arrive enfin ici en Allemagne. Donc même si je n’ai pas encore lu le petit livre de Stéphane Hessel – le fait de voir un livre français même pas encore traduit en allemand à l’une d’un journal allemand mérite ce petit billet !
Source:
Bremer, Hans – Hagen (4.1.2011): Empört euch ! Der Résistance-Kämpfer Stéphane Hessel beklagt den Zustand der Welt – und landet einen Bestseller. In: Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Dienstag 4. Januar 2011