Presqu’un an après avoir subi un accident vasculaire cérébral ischémique crypto génique j’ai eu la chance de pouvoir assister une fois de plus au Schramberger Hanselsprung, Hanselsprung qui eut lieu le 11.02.2018[1],- le Fasnetssonntag (le dimanche de carnaval). Quand j’étais patient à la Stroke unit du Klinikum Worms[2], je m’étais souvent posé la question – est ce que j’aurais encore la chance de revoir un « Schramberger Hansel », de pouvoir assister aux Hanselsprung, de retrouver toutes mes capacités intellectuelles, la capacité de parler dans mes deux langues le français et l’allemand, de pratiquer d’autres langues étrangères, de marcher, de courir, de vivre. Avec beaucoup de chance, et grâce aux possibilités de la médecine moderne[3], j’ai donc pu revoir ces magnifiques Hansel de Schramberg[4] distribuant leurs délicieuses Bretzel durant le Bretzelsegen (littéralement la Bénédiction des Bretzel) dans les rues de Schramberg, après avoir déjà eu la chance de revenir en Sicile en Mai 2017 lors de la tournée 2017 de l’association Forêt méditerranéenne[5], de pouvoir cartographier la végétation sur le Capelinhos sur l’ile de Faial avec des étudiants de géographie du KIT en Septembre 2017, et de grimper sur le Pico do Fogo avec des collègues & amis botanistes lusophones en Novembre 2017[6].
Ci-dessous une minisérie de deux photos montrent le cortège du Hanselsprung descendant la Steige (an der Steige) en direction de la mairie de Schramberg (Schramberger Rathaus) où ils vont remplir leur « Bretzelstecken (littéralement bâton de Bretzel)». Une fois les « Bretzelstecken » rempli avec des Bretzels les Hansel, Narro, des Bach na Fahrer envahissent les rues de Schramberg pour distribuer leurs Bretzel, Saucisses et Bonbons à tous les carnavalistes qui peuvent entonner et chanter le Schramberger Narrenmarsch – d’ hoorig Katz (le chat poilu) pendant ce « Brezelsegen »[7].
[7] D’après le magnifique livre de Werner Mezger sur le carnaval Alémanique, – les Schramberger Hansel distribuent jusque a 25.000 Bretzel durant le Brezelsegen du Hanselsprung (Mezger 2015, p. 216). Mezger, Werner (2015 ) : Schwäbisch-Alemannische Fastnacht. Kulturerbe und lebendige Tradition. Darmstadt, Konrad Theiss Verlag, ISBN 978-8062-2947-9
Comme les années précédentes[1] je publie une petite rétrospective sur l’année passée sur paysages, – présentant les billets les plus lus de paysages durant l’année 2017.
En quatrième position l’article « Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate» (2,73% des consultations sur paysages en 2017) article écrit en février 2012 et décrivant les conséquences d’un hiver exceptionnel sur le pays leucatois. D’ailleurs ce billet fut aussi le billet le plus consulté en 2014, en 2015 et en 2016.
En sixième position on trouve le billet « The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France) » (2,61% des consultations sur paysages en 2017), billet écrit en anglais en 2009, décrivant l’Incendie de la forêt des Landes de 1949. Ce billet est une adaptation anglaise du billet 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes. A la différence de l’article français, la version anglaise insiste sur le fait qu’avec les changements climatiques les feux de forêts catastrophiques, tels que le fut l’incendie de la forêt des Landes, pourrait sensiblement augmenter en Europe. Voir ce billet anglophone, déjà écrit en 2009, entrer dans liste des 10 articles les plus lu dans paysages, est une première – avant, jamais les rares billets anglophones n’avaient réussi à capter un lectorat significatif. Je pense que le bilan assez catastrophique des incendies en 2017 au niveau planétaire a peut-être sensiblement augmenté l’intérêt pour cet article. Dans ce contexte, il faut aussi rappeler que les pays qui sont normalement moins concernés par le phénomène de feux de forêts comme par exemple la Tunisie, furent particulièrement touchés par les incendies de forêts et les phénomènes de sècheresse durant l’été 2017, – même si en Europe les medias ne se sont pas intéressés à ce phénomènes préoccupant – dans ce contexte je renvoie aussi au billet « Blognotice 14.08.2017: Sècheresse, canicule et feux de forêts – au Maghreb aussi !». Il me semble clair que vu les changements globaux qui balaient la terre, nous devons nous attendre à une augmentation des risques d’incendies de forêts, – et dans les régions ou abandonnement rural, embroussaillement & reforestation d’une part – et processus de californisation d’autre part s’entrecroise comme dans une grande partie des régions méditerranéennes françaises, – ou comme au centre du Portugal entre Lisbonne et Porto – nous risquons de voir de plus en plus de feux de forêts engendrer des conséquences dramatiques voire même meurtrières. Dans ce contexte il faut aussi se rappeler le bilan humain des incendies de forêts au Portugal en 2017. L’incendie de Incendie de Pedrógão Grande en juin 2017 avait à lui seul coûté la vie à 65 personnes. Et en Octobre 2017 le Portugal fut encore une fois touché par une vague d’incendies de forêts meurtriers.
En septième position on trouve l’article « Das Biafrakind (l’enfant de Biafra) » (2,22% des consultations sur paysages en 2017) – article que j’avais écrit en janvier 2010 en souvenir de la capitulation de la république du Biafra – et aussi pour rappeler ce que signifia dans l’Allemagne des années 1970 le mot « Biafrakind » – un mot un peu tombé en oubli en Allemagne depuis.
En neuvième position encore un article écrit en allemand « Blognotiz 28.08.2017: ein Abend im „Aubord du Rhin“ in Lauterbourg » (1,81 % des consultations sur paysages en 2017), un billet qui discute les conséquences de l’avarie du chantier du Tunnel ferroviaire de Rastatt le 12 aout 2017 qui avait en autre provoqué la fermeture de la « Rheintalbahn » jusqu’ en début Octobre 2017. La fermeture de cette véritable artère de la vie économique allemande avait des conséquences dramatiques pour tout le réseau ferroviaire allemand. En France on n’avait guère parlé de l’évènement. Par contre les riverains de la ligne de chemins de fer Strasbourg –Lauterbourg ont sûrement constaté que cette ligne, qui ne voit normalement que quelques rares trains de marchandise l’emprunter, a vu pendant la fermeture de la Rheintalbahn un lot assez considérable de trains de marchandises transitant de l’Allemagne vers la Suisse.
Même si paysages est devenu un peu moins « Leucatois » et un plus « international » – j’ai néanmoins choisi une photo prise à la gare de Leucate – La Franqui – croisement de trains le 10.06.2017 pour cette petite rétrospective du blog paysages en 2017. En plus une photo montrant le Pico do Fogo en Novembre 2017. Le voyage aux iles du Cap Vert, l’ascension duPico do Fogoavec un groupe de collègues-botanistes, fut certainement un évènement inoubliable de l’année passée.
Est-ce qu’il y aura encore un peu de neige ? Est-ce que nous aurons un nouveau gouvernement en Allemagne avant la fin de l’hiver ? Est -ce qu’Angela Merkel pourra encore forger un nouveau gouvernement avant le printemps 2018 ? Quel virage prendra la Social-démocratie allemande, – « die alte Tante SPD » – la vielle tante SPD – cet hiver s’annonce particulièrement dur pour la SPD qui devra prendre des choix où elle ne peut que perdre – nouvelle grande coalition avec la CDU d’Angela Merkel, ou tolérer un gouvernement minoritaire de la CDU avec Angela Merkel siégeant à la chancellerie, – ou simplement s’affronter à des nouvelles élections fédérales – élections qui pourraient peut être devenir un véritable fiasco électoral pour la SPD. L’hiver 2017-18, devrait indépendamment des chutes de neiges sur la Unterhaardt, où la neige reste un phénomène météorologique plutôt rare, devenir un hiver politique assez rude pour l’Allemagne politique.
Les excursionnistes botanistes du „European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions“ devant le panneau d’entrée du Parc naturel de Fogo (8.11.2017)
Lorsque j’écrivais les lignes pour le petit post „retour sur le viel homme“ après avoir vu le film «Alcindo et ses frères » en regardant l’émission « faut pas rêver » en avril 2015 – juste quelques semaines après la fin de l’éruption du Pico do Fogo de 2014/15 je n’aurais jamais pu imaginer qu’un jour je mettrais mes pieds au Chã das Caldeiras, que je monterais au sommet du Pico do Fogo, – et que’ j’admirerais le travail de reconstruction de « Alcindo et ses frères ». Alcindo et ses frères ont reconstruit leur hôtel. La « Pensão alcindo e laetitia[1] » peut de nouveau recevoir « randonneurs & hôtes du Monde » entier.
Salvador Rivas Martínez
Cet au début de l’été 2017 que j’avais découvert qu’ une conférence botanique & de phytosociologie aurait lieu aux Cap Vert qui inclurait aussi diverses excursions botaniques, dont une vers l’ile de Fogo, ascension du Pico do Fogo inclus[2]. Après avoir dû surmonter l’épreuve d’un accident cérébral en hiver/printemps 2017 (voir aussi le billet « Il y avait une fois un train direct Worms – Paris via la Zellertalbahn »), j’ai saisi l’occasion
Salvador Rivas Martínez en action (5.11.2017)
en proposant une communication orale sur mes travaux de terrain sur le volcan du Capelinhos sur l’ile de Faial aux Açores. Enfin une occasion de présenter mes travaux sur la dynamique de la végétation pionnière sur ce volcan sorti de l’océan Atlantique en Septembre 1957. Je me disais, – si la communication orale serait acceptée, – je participerais à la conférence et aux excursions scientifiques proposées– et j’aurais peut-être la chance de monter au Pico do Fogo. Ma contribution fut finalement acceptée[3] – et donc
photo de groupe devant Echium vulcanorum
j’étais un des heureux participants du « European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions ».
J’avais donc la chance de participer à congrès très bien organisé avec des interventions intéressantes, de belles excursions botaniques durant lesquelles j’avais l’opportunité de découvrir une nouvelle flore – mais aussi de revenir à un des débuts de
Inflorescence d‘ Echium vulcanorum (8.11.2017)
mon parcours professionnel car ma première publication scientifique fut un petit article sur Acacia albida (Faidherbia albida) au Sénégal[4]. En descendant de l’avion début Novembre à l’aéroport de Praia j’avais un peu l’impression de débarquer quelques parts entre Dakar et St. Louis au Sénégal. Il manquait juste les Baobabs, – qui sont d’ailleurs présents aux Cap Vert – nous les avons vus sur l’Ile de Fogo. Et Acacia albida est présente aux iles du Cap Verts sous une
le sommet du Pico de Fogo – arrivée et pause
forme de sous- espèces Acacia albida var. caboverdeana endémique (ou Acacia caboverdeana Rivas Mart., Lousá, J.C. Costa & Maria Duarte)[5]. Concernant les congrès j’aimerais simplement remarquer deux faits qui m’ont marqué, pour le reste je ne peux que conseiller de lire le book of Abstracts et le guide des excursions[6]. Premièrement le congrès m’a permis de faire la connaissance d’un des derniers grands monuments de la phytosociologie encore en vie – Salvadore Rivaz Martinez – un personnage fascinant qui peut être nommé dans une lignée de personnalités botanistes, phyotgeographes et phytosociologues comme Charles Flahaut, Martin Rilkli, Josias Braun-Blanquet, Henri Gaussen, Louis Emberger, Georges Kuhnholtz-Lordat, Pierre Quézel – tous ces noms qui m’ont fait rêver durant mes années étudiantes.
Vue depuis le sommet du Pico do Fogo sur les Chã das Caldeiras (Portela, )
Deuxièmement ce congrès fut dans une certaine mesure aussi une réunion de langues romanes, de la latinité – rarement on entendait un mot d’anglais. On avait l’impression d’assister à la résurrection de la lingua franca dans une version occidentale où le Portugais, le Français et l’Espagnol s’entremêlaient[7]. Sept mois avant, en février 2017 après l’attaque cérébrale j’avais des doutes sur mes capacités linguistiques etmotrices, – mais après ce congrès botanique j’ai la certitude de pouvoir encore suivre un suivre un discours scientifique en portugais. Et après avoir grimpé jusqu’ au sommet du Pico do Fogo le jeudi 9.11.2017, même si ce fut un « long combat » j’ai l’impression d’avoirparcouru un très long chemin depuis février 2017.
Le matin du vendredi 10.11.2017 en attendant le petit bus qui devrait nous emmener pour notre prochaine étape de l’excursion botanique – je faisais une promenade avec une collègue botaniste à travers le petit hameau de Portela – et c’est là que nous tombions sur Laetitia la compagne de Azindo – et elle nous montra son nouvel Hôtel reconstruit – la « Casa alcindo e laetitia » – la belle fresque de la grande salle de l’intérieur – et c’est la en écoutant les récits de Laetitia que je compris que nous avions « atterri » dans cet Hôtel qui fut encore une ruine – que Acindo et ses frères commençait a reconstruire – dans le film « Acindo et ses frères » que j’avaisdécrit dans le billet « retour sur le vielle homme ». Naturellement il n’y a pas seulement la Casa Acindo & Laetitia – je pourrais aussi parler de la Casa Marisa aussi reconstruite après l’éruption du Pico do Fogo de 2014/15 où on
la descente dans les champs de Lapilli
parle toutes les langues, l’allemand, le français, le portugais ….. et l’histoire de « Mustafa Kerim Eren » qui après un long voyage depuis le Kirghizstan traversant la Turquie, l’Allemagne et la France pour atterrir ici aux Chã das Caldeiras au milieux des laves du Pico do Fogo. Marisa, Mustafa, Laetitia, Azindo et ses frères – comme les vignerons qui arrachent aux laves les gouttes du vin de Chã das Caldeiras, tous ces hommes et femmes se sont
notre bus d’excursion sur l’ile de Fogo
attachés avec un acharnement remarquable aux terres de laves des Chã face aux rumeurs & vomissement du Pico do Fogo.
Avec ce billet j’aimerais exprimer mon admiration envers le courage des habitants des Chã das Caldeiras et remercier les organisateurs et responsables scientifiques du European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions November 5 – 7, University of Cape Verde
Vendredi 10.11.2017: le jour se lève et les brumes se les brumes se dissipent sur la Casa Acindo & LaetitiaLes Fresques dans la Casa Acindo & Laetitia
– (Santiago Island) 2017 pour cet extraordinaire congrès scientifique et ces fabuleuses sorties botaniques à travers le monde végétal des iles du Cap du Vert. Je crois que les participants qui ont eu la chance de participer à l’excursion géobotanique de l’Ile de Fogo, de découvrir le Pico do Fogo cette grande pyramide noire s’élevant des fonds des Chã das Caldeiras vers la lune[8] et les étoiles, qui ont participé à l’ascension du Pico do Fogo ont vécu des moments inoubliables !
Lua Nha Testemunha/Lune mon temoin – les Chã das Caldeiras et les Pico do Fogo sous les Lumières célestes
Bibliographie :
Capelo, J. (2017): Origem da vegetação de Cabo Verde. IN: Quercetea 11: 21- 24 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal
Costa, J.C ; Capelo, J.; Neto, C.; Duarte, C.; Vitoria, S. ; Romeiras, M.; Rivas-Marinez, S..; Guia da excursão geobotânica à Ilha de Santiago. In: : Quercetea 11: 101- 170 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal
Costa, J.C.; Neto, C.; Romeiras, M.; Dinis, H.; Duarte, M.C.; Capelo, J.; Guia da excursão geobotânica à Ilha do Fogo. In: : Quercetea 11: 101- 170 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal
Neto, C. et al (Eds)(2017) : Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Books of Abstracts. Centro de Estudos Geográficos, Lisboa
Victória, S.S. ; Medina do Nascimento, J. ; Semedo, J.M. (2017): Geologie e Geomorfologia do Arquipélago de Cabo Verde. IN: Quercetea 11: 5- 19 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal,
Photos: Pedro Arsénio, Eduardo Dias, Christophe Neff, ;
Christophe Neff, Grünstadt/Karlsruhe 22 Novembre 2017
[2] European Meeting of Phytosociology Biogeography and Syntaxonomy of the Atlantic Regions November 5 – 7 (2017), University of Cape Verde – (Santiago Island) (http://www.ceg.ulisboa.pt/european-phytos/)
[3] Titre de la communication orale : « Observations de la dynamique végétale sur le volcan Capelinhos (Ile de Faial/ Açores/ Portugal) » . Un résumé de la communication se trouve aussi dans le book of Abstract de la Conférence (vor Neto et al 2017)
[4] Anhuf, D., Frankenberg, P., Nef, C. (1993): Evaluation of changes in the vegetation cover by photo-interprétation in western Senegal – Cap Vert region. In: GASTON, A.; KERNICK, M.; LE HOUREOU, H.N. (Eds.): Actes du quatrième congrès international des terres de parcours – Proceedings of the fourth International Rangeland Congress, Volume 1 communications/papers, 27-31, Montpellier 1993. (ISBN 2-87614-102-7)
[5] Voir aussi Costam J.C. et al (2017) : Guia da excursão geobotânica à Ilha de Santiago/ Geobotanical excursion guide of Santiago Island (Cape Verde). IN : Quercetea 11: 25-100 (2017) PHYTOS, Lisboa, Portugal, p. 52 Taxa List/Liste des Taxon.
[6] Le Book of Abstract = Neto, C. et al (Eds)(2017) : Phytosociology, Biogeography and Syntaxonomy of the Eastern Atlantic Regions, Books of Abstracts. Centro de Estudos Geográficos, Lisboa; et dans la Quercetea , Revista da Associacao Portuguesa de Ciencia de Vegetação , V. 11, Novembre 2017 se trouve le guide des excursions géobotaniques ( 4 articles).
[7] En ce qui concerne ma personne ce fut surtout un mix entre français, italien et portugais – car je n’ai jamais appris l’espagnol.
L’Allemagne est en pleine campagne électorale. Le 24.09.2017 le prochain Bundestag sera élu. Etant membre du SPD j’ai moi-même participé (un peu) à cette campagne électorale en essayant de soutenir la campagne d’Isabel Mackensen, candidate de la SPD pour la circonscription de Neustadt – Speyer (Bundestagswahlkreis Neustadt – Speyer, Wahlkreis Nr. 208). Faire campagne pour la SPD en ce moment est assez difficile[1], – et personnellement je crains de voir la SPD en dessous de 19%. Par contre je pense que l’AFD peut très bien atteindre les 15%. Comme je l’ai déjà écrit le 26.06.2017 Madame Merkel va probablement devenir la prochaine chancelière. Mais avec qui va -t-elle gouverner,- quelle coalition portera Madame Merkel dans le « Kanzleramt » ? Ce sera une équation difficile à résoudre.
Pour Isabel Mackensen, la jeune candidate du SPD, les chances d’être élue sont assez minimes. Mais elle essaie quand même d’y croire. On la voit partout – le matin sur les quais des gares servir un premier café aux employées de la BASF faisant la navette entre la Weinstrasse et la BASF à Ludwigshafen, – le Strassenwahhlkampf, – les fêtes de Vins, les Kerwe …… Isabel Mackensen semble être partout, infatigable. Parfois sa campagne électorale éveille en moi le souvenir d’une vielle Chanson de Patricia Kaas « Quand Jimmy dit „What’d I say I love you baby“ (paroles Didier Barbelivien / Francois Bernheim) » – Jimmy apparemment n’avais jamais pu quitter Montbéliard pour Paris pour devenir une star – mais Isabel, même si elle restera probablement casée à Niederkirchen pour cette échéance électorale, – pourra peut-être réussir aux élections du Bundestag en 2021 (ou2022 ?). Elle est jeune, elle a du talent, – et de plus elle semble être infatigable, – donc avec une longue haleine elle pourrait peut-être un jour décrocher un mandat électoral, – une place dans le Landtag ou au Bundestag –qui sait ?
Pendant qu’une partie de l’Europe est plutôt victime d’un temps d’été maussade, – à Grünstadt par exemple : depuis la nuit du Mercredi au Jeudi 9août au 10 août 2017, il a plu plus au moins sans relâche jusqu’au Dimanche matin 13.08.2017, une grande part de la partie occidentale de la Méditerranée est touchée par la sécheresse et la canicule et par une vague de feux de forêts. Le Portugal a été particulièrement touché par la vague de feux de forêt et je rappelle simplement l’incendie de Pedrógão Grande avec ses 64 morts, ce qui d’après mes connaissances semble être un des feux de forêts les plus meurtriers qui ait sévi en Europe depuis la deuxième guerre mondiale, il devrait venir jusque après « l’Incendie de la forêt des Landes de 1949 [1]», auquel j’avais dédié un billet en juillet 2009 – sous le titre « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes ». Les températures début aout 2017 ont atteint de nouvelles pointes sur la cote languedocienne, et même à Leucate le thermomètre atteignait le 37,5 le 4 aout 2017. Leucate, ce petit coin de côte sur les rives de la méditerranée que mes grands-parents avaient choisi pour échapper à la lourdeur des étés (et ses lots d’orages) dans la plaine du Rhin à Strasbourg/Eckbolsheim, et plus tard comme lieu de villégiature pour fuir les vagues de chaleurs estivales du Bas-Languedoc quand ils se sont installés à Aubod près de Nîmes dans le Gard[2]. Des grosses chaleurs à Leucate/Port Leucate dépassant les 35 : fait rarissime à mon avis ! Dans les années 1960/70 c’était surtout le pays du soleil et du vent, du sable et de la mer – mais sans chaleurs excessives. Naturellement il ne s’agit ici que des souvenirs d’enfance et de jeunesse d’un bloggeur de week-end, – pour dresser un diagnostic plus précis il faudrait réellement comparer les données météorologiques historiques à long terme. Mais on peut déjà conclure, que la première partie de l’été 2017 au Portugal, en Espagne, dans le Midi méditerranéen français, et dans le Sud de L’Italie fut particulièrement chaude, sèche et propice aux feux de forêts et les médias français – (et mêmes les médias allemands) nous en ont beaucoup parlé.
Sur la façade sud de la méditerranée, même scenario, sécheresse, chaleur et vague d’incendie touche le Maghreb surtout l’Algérie et la Tunisie, – mais dans nos médias cela ne compte pour ainsi dire pas.
La Tunisie semble particulièrement touchée par une sécheresse accrue, une vague de feux forets est en train de dévaster une partie de forêts dans un triangle entre Bizerte, Tabarka en Jendouba. Ceci me touche particulièrement car nous retrouvons un peu la situation que nous, mes collègues tunisiens et moi, avons décrite en 2005, 2006 concernant la réaction des écosystèmes tunisiens face aux changements climatiques[3]. L’augmentation des risques de feux de forêts que les changements climatiques engendreraient était certainement un des principaux résultats de ces recherches appliquées, je me permets donc de citer une phrase du document que nous avons remis au gouvernement tunisien en 2007 « La progression des incendies, surtout de grands incendies nécessitant des grands stocks de combustibles, dans le Nord tunisien, peut avoir des conséquences particulièrement négatives pour toute l’économie tunisienne car elle met en danger les systèmes des barrages et l’approvisionnement en eau d’une grande partie de la Tunisie. L’éclosion de grands feux ainsi que leur multiplication pourrait engendrer des phénomènes d’érosion et dans certains cas provoquer des glissements de terrains qui pourraient perturber le fonctionnement d’un ou même plusieurs barrages » (Neff et al 2007). On n’en n’est pas encore arrivé la , mais si la situation perdure durant les étés suivants on pourrait bien y arriver. D’ailleurs dans un papier édité dans le sillage de cette étude , voyant le risque grandissant de feux de forêts au Maghreb , j’avais conseillé :« Achats et gestion commune (Etats Maghreb) de Canadair » (Neff 2005,p. 14). J’écris ceci par rapport à ce que j’ai lu dans les réseaux sociaux sur la gestion des incendies de forêts en Algérie et en Tunisie – et surtout sur le manque cruel de matériel moderne de défense contre l’incendie – la fameuse DFCI comme on la nomme en France. Il ne s’agit pas de se souvenir de vieux papiers qui dorlotent quelque part à l’administration tunisienne et dans les quelques placards de la GIZ à Tunis ou à Eschborn, et qui n’ont certainement trouvé qu’une poignée de lecteurs attentifs durant les dernières 10 à 15 années mais bien de rappeler que de solutions existent, elles sont connues : il suffit simplement de les appliquer ! Mais naturellement il s’agit là d’un choix politique. Ces choix sont parfois difficiles, voir la discussion et la polémique sur l’état de la flotte de Canadair en France [4].
Les feux de forêts dans le Maghreb, comme je connais assez bien la situation en Tunisie je me concentre surtout sur la Tunisie, ces feux concernent aussi l’Europe, – et en premier lieu la France et l’Allemagne. Il faut donner les moyens à la jeune république Tunisienne pour faire face au défi du changement climatique[5]. La transition démocratique même sans « changements climatiques » est déjà un défi considérable. Donc ceci nous concerne aussi en Europe. Les habitants des forets entre Sejnane et Tabarka : où iront-ils une fois leurs forêts parties en fumée ? Les écosystèmes méditerranéens ont une très bonne résilience face aux incendies : dans quelques années les écosystèmes forestiers se seront reconstitués– sauf si la fréquence d’incendie devient trop intense – mais les hommes qui y habitent, qui tirent de leurs forêts une ressource (monétaire ou autre), que font-ils pendant que la forêt se régénère ?
Au-delà des problèmes de sècheresse et des incendies de forêts, la Tunisie connait également une crise de l’eau, je dirai peut – être plus une crise de gestion de l’eau – au sens du terme « good-governance » – terme qui d’ailleurs n’existe pas (ou pas encore) dans la Wikipédia française. Au sens anglais du terme « good governance » la Tunisie semble en fait être loin d’une « good-governance » de l’eau – d’une bonne gestion du bien public qui est la ressource eau ! C’est au moins l’impression que j’ai en suivant les différentes interventions publiques de Raoudha Gafrej sur la « gouvernance de l’eau » en Tunisie[6] – Raoudha Gafrej amie et collègue avec laquelle j’ai eu le plaisir de travailler ensemble pendant mes années tunisiennes[7], mes divers projets de recherches en Tunisie, dont le projet GIZ sur les changements climatiques en Tunisie.
Littérature citée :
Abaza, K. (2015) : Analyse de la régénération spontanée de la végétation post-incendie dans la forêt de Dar Chichou (Cap Bon, Tunisie Nord-Orientale). In : Rev. Roum. Géogr./Rom. Journ. Geogr., 59, (2), p. 159–172, 2015, Bucureşti (download ici)
Chriha, S., Sghari, A. (2013) : Les incendies de forêt en Tunisie – Séquelles irréversibles de la révolution de 2011. In : Méditerranée, no 121, p. 87 – 92. (download ici)
Neff, C., Aloui, A., El Hamrouni, A., Souissi, A., Grossmann, A. (2007): Ecosystèmes. S. 33–43. In: République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Hrsg.): Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques, Cahier 7, Rapport des groupes d’ experts.
Neff, C. (2005): Ecosystèmes tunisiens – une vision prospective face aux changements climatiques et globaux In: République Tunisienne. Ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, Coopération Technique Allemande – GTZ (Eds). Elaboration d’une stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques, Rapport 1ère Phase, Tunis (11.10.2005), 136 – 153.
Christophe Neff, Grünstadt le 13.08.2017, publié le 14.08.2017
[3] Dans un projet de recherches sur les conséquences du changement climatique pour l’agriculture et les écosystèmes tunisiens. Ce projet était financé par la GIZ – la coordination scientifique était assurée par Gonzague Pillet. Le titre officiel du projet était « Elaboration d’une stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques ».
[5] Concernant la dynamique récente des incendies de forêts en Tunisie on lira avec intérêt les articles suivants : « Les incendies de forêt en Tunisie – Séquelles irréversibles de la révolution de 2011 (Chriha & Sghari (2013) » et « Analyse de la régénération spontanée de la végétation post-incendie dans la forêt de Dar Chichou(Cap Bon, Tunisie Nord-Orientale) (Abaza 2015)
Récemment, quelques jours avant le début de mes très petites vacances que je passe chez moi dans la Unterhaardt à Grünstadt je découvris un joli petit texte sur les bibliophiles des sables dans le Monde. « Armé de son pavé » il fréquente les plages françaises, de préférence les plages de la Manche, ou les plages de la façade atlantique, – mais on le trouve aussi sur les rives de la Méditerranée. En lisant ce charmant billet, je me disais que jadis j’appartenais aussi à cette étrange espèce qui vient à la plage pour lire et se baigner. Depuis que mes enfants ont grandi, je ne fréquente qu’occasionnellement les plages, et ceci surtout pour me baigner – car après tout et à la différence du plagiste bibliophile décrit dans le Monde j’aime beaucoup la baignade en mer. Pour la lecture je préfère en fait des endroits plus calmes qu’une plage de vacances en plein été. Mais autrefois dans ma jeunesse, les heures de plages, c’était aussi des heures de lecture et ceci même en dehors de la saison estivale, – protégé du Mistral par les dunes de la plage de l’Espiguette au Grau du Roi j’ai dévoré maints livres dans les années 1980 – et ceci même en dehors la saison estivale. Il y a longtemps, j’étais étudiant et l’Allemagne était encore un pays divisé par un mur quasi infranchissable. Beaucoup plus tard quand je fréquentais les plages de Leucate avec mes enfants, j’avais l’impression que la lecture sur la plage était en régression, – mais d’après le Monde, le bibliophile plagiste ne semble pas encore avoir complètement disparu. Mes petites vacances d’été seront en partie occupées à la lecture (non professionnelle) comme je le fis déjà l’année dernière – finir la lecture du roman « L’insouciance » de Karine Tuil. La traduction allemande[1] de ce roman fait beaucoup parler d’elle, – car une partie de la critique littéraire allemande croit que le roman permet de déchiffrer les maux de la société française contemporaine[2]. L’autre livre qui attend d’être enfin lu en entier est la biographie de « Giuseppe Tomasi de Lampedusa – Leben und Werk des letzten Gattopardo » de Jochen Trebesch. Même si je n’ai pas encore lu le livre entier, je pense que cette biographie mériterait d’être traduite en français – peut être avec une préface spéciale pour les lecteurs francophones – car à ma connaissance une véritable biographie exhaustive de Lampedusa en français fait malheureusement défaut. Un autre livre, qui mériterait une traduction en français, est le livre que j’ai lu pendant mes dernières vacances d’été en 2016 – la biographie familiale de la famille Mann – « Die Manns – Geschichte einer Familie » – de Tilmann Lahme. Déjà traduit en italien[3] et en hollandais[4] une traduction française de ce magnifique ouvrage que nous ouvre une nouvelle vue sur l’ étrange paysage de la famille Mann serait très souhaitable. En attendant on pourra dans le « Dictionnaire amoureux des Ecrivains et de la Littérature » écrit par Pierre Assouline lire les excellent chapitres « Mann Père & Fils (p.510- 511) » et « Mann Klaus (1906-1949) » dédié a une partie de la Familie Mann. Pour finir ce petit billet bibliophile,- peut – être tenterais-je, même si cela revient déjà a une lecture professionnelle – de lire des extraits du magnifique livre « Geogfrafias de Suzanne Daveau », édité par Maria Fernanda Alegria en hommage à la géographe franco-portugaise Suzanne Daveau. Ayant déjà feuilleté ce livre – et lu aussi quelques minuscules parties – je peux déjà conclure que rien que pour ces magnifiques illustrations dont des croquis de paysages, peintures de la main de Suzanne Daveau, ce livre mérite une attention particulière pour tous les lecteurs s’intéressant à l’histoire de la géographie franco- portugaise.
Livres & Ouvrages cités :
Alegria, Maria Fernanda (2015)(Ed) : Geografias de Suzanne Daveau. Centro de Estudos Geograficos, Lisboa, ISBN 978-972-636-252-4
Assouline, Pierre (2016) : Dictionnaire amoureux des Écrivains et de la Littérature. Dessins d’ Alain Bouldouyre. Paris, Plon, ISBN 978-2-259-22818-3
Lahme, Tilmann (2015) : Die Mann Geschichte einer Familie. Frankfurt am Main, S.Fischer Verlag, ISBN 978-3-10-043209-4
Trebesch, Jochen (2013): Giuseppe Tomasi de Lamedusa – Leben und Werk des letzten Gattopardo. Berlin, Nora Verlagsgemeinschaft, Dyk & Westerheide, ISBN978-3-86557-289-9
Tuile, Karine (2016): L’insouciance.Roman. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-014619-2
Christophe Neff, Grünstadt le 06.08.2017
[1] Tuil, Karine (2017): Die Zeit der Ruhelosen. Aus dem Französischen übersetzt von Maja Ueberle-Pfaff. Ullstein Buchverlage, ISBN 978-3-5500-8175-0
[3] Lahme, Tilmann (2017): I Mann : storia di una famiglia. Traduzione dal tedesco di Elisa Leonzio. Torino : EDT, ISBN 978-88-5923-187-5;
[4] Lahme, Tilmann (2017): De familie Mann : geschiedenis van een gezin. vertaald [uit het Duits] door Ria van Hengel. Uitgeverij De Arbeiderspers, ISBN 978-90-295-0733-2
En écrivant mon dernier billet de blog, – un petit billet sur mes huit ans ans de bloggeur sur le Monde.fr – j’avais pensé aussi à Liu Xiaobo[1]. Nobel de la Paix de 2010, il avait passé à peu près neuf ans dans les prisons chinoises – incarcéré en Décembre 2008 pour avoir osé signer la Charte 08, – et devenir un des portes- drapeau de cette charte des droits de l’homme, il fut condamné à 11 ans de prison ferme pour subversion le 25 décembre 2009. En décembre 2009 j’étais déjà depuis quelques temps bloggeur sur le Monde.fr. – Liu Xiaobo fut condamné à 11 ans de prison, – mais après quelques « larmes de crocodiles de la conscience humanitaire internationale» on oubliera assez vite cet homme – jusqu’ au jour où le comité Nobel de la paix, déclara Liu Xiaobo lauréat du Prix Nobel de la Paix 2010[2]. La chaise vide qui représenta Liu Xiaobo lors de la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix le 10 décembre – c’était le souvenir de la chaise vide de Carl von Ossietzky de 1936, de sa corvée à travers les camps de concentration, des hôpitaux – toujours sous la surveillance de ses geôliers de la Gestapo –jusqu’à sa mort dans un hôpital à Berlin sous surveillance de la Gestapo le 4 mai 1938. Quand j’écrivais les lignes et les mots de mon dernier billet, j’ai craint le même sort pour Liu Xiaobo, mais je ne savais pas que le sort choisi par le régime de Pékin pour son prisonnier célèbre allait si étrangement ressembler au sort de Carl von Ossietzky jusqu’au dernier jour. Le jour où j’ai mis en ligne mon dernier billet, le 26.06.2017 le gouvernement chinois ordonne une libération conditionnelle « pour raison médicale » pour Liu Xiaobo. Deux petites semaines après Liu Xiaobo est mort, le jeudi 13 juillet, achevé par un cancer sans avoir pu retrouver la liberté. Carl von Ossietzky n’a pas pu retrouver sa liberté avant de mourir, – mais de nos jours une université allemande porte son nom – « Carl von Ossietzky Universität Oldenburg ». J’espère que le jour viendra où, quand le peuple chinois aura retrouvé sa liberté, une université chinoise portera le nom de Lui Xiaobo – pour qu’on se souvienne de son combat pour la liberté. En attendant j’espère surtout que les pays occidentaux se battent pour obtenir la libération de son épouse Liu Xia et son départ pour le pays de son choix. Et j’espère que les pays occidentaux sortent enfin de leur indifférence envers les violations systématiques des droits de l’homme en Chine. Si on compare l’indifférence des pays occidentaux envers le sort de Liu Xiabo et la compassion des pays occidentaux il y maintenant plus de 40 ans pour le prix de Nobel de la Paix de 1975 Andreï Sakharov on remarque bien des différences. Nos gouvernements sont tellement éblouis par le poids économique et géopolitique de la Chine qu’ils n’osent guère critiquer le gouvernement chinois quant à la situation des droits de l’homme en Chine. Je pense que c’est une grave erreur.
La façon dont le gouvernement chinoise a traité le sort de Liu Xiaobo – me fait toujours penser au texte de Simon Leys « He Told the Truth About China’s Tyranny (il nous racontait la vérité sur la Tyrannie chinoise) » – texte qui mérite une fois de plus une lecture approfondie à travers le Monde libre. Pour finir, comme je l’ai déjà écrit, j’espère que le jour viendra, quand le peuple chinois aura retrouvé sa liberté, une université chinoise portera le nom de Lui Xiaobo – et j’espère aussi que son épouse Liu Xia puisse enfin retrouver sa liberté, et que si elle le souhaite elle puisse partir pour un pays de son choix. J’espère aussi, que nous, qui nous avons la chance de vivre dans des pays où la liberté n’est pas un vain mot, – nous qui sommes des hommes libres nous n’oublions pas Liu Xiaobo (et les autres prisonniers politiques & dissident chinois) – car à Pékin on ne parie que sur cela – que les pays occidentaux et les medias internationaux après tout vont assez vite oublier le sort tragique que le régime communiste avait réservé au Nobel de la paix 2010 Liu Xiaobo.
Christophe Neff, écrit le16.07.2017, publié le 17.07.2017 (Grünstadt)
[1] Lors du décès de Liu Xiaobo le « New York Review of books » publia une biographie détaillée du défunt lauréat prix Nobel de la paix 2010 « The Passion of Liu Xiaobo » écrite par Perry Link.
« IL timbro cromatico era quello degli sterminati semineri attorno a Donnafugata, Estatici, imploranti clemenza sotto la tirannia del sole: anche in questa sala come nei feudi a metà agosto, il raccolto era stato compiuto da tempo, immagazzinato altrove e, come là, ne rimaneva soltanto il ricordo nel colore delle stoppie; arse d’altronde e inutili. Il valzer le cui note traversavano l’aria calda gli sembrava solo una stilizzazione di quell’incessante passaggio dei venti che arpeggiavano il proprio lutto sulle superfici assetate, ieri, oggi, domani, sempre, sempre, sempre (Tomasi di Lampedusa, 2011, p. 282.)
« Le timbre des couleurs lui rappelait les champs de blé sans fin à Donnafugata en extase, implorant grâce face à la tyrannie du soleil ; dans cette salle comme sur les fiefs de la mi-août la moisson était déjà récoltée depuis longtemps, emmagasinée ailleurs. Reste le souvenir des couleurs des chaumes brulées et inutiles. La valse dont les notes traversaient l’air chaud ne lui semblait qu’un lointain souvenir du passage éternel des vents qui font des arpèges de leur deuil sur les surfaces assoiffées, hier, aujourd’hui, demain, toujours, toujours, toujours[1]» (traduction C.Neff)
J’ai pensé à ces phrases de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, dans le Guépard, quand j’ai pris ces photos, pendant la tournée Sicile 2017 de l’association forêt méditerranéenne, quelque part entre Capizzi, Gangi et Petralia Sottana. La Sicile éternelle comme elle est décrite par Tomasi di Lampedusa,- des paysages à perte de vue …. la tyrannie du soleil, – la tyrannie du climat, des feux de forêts, – voyant les images qui me parvenaient de l’Incendie de Pedrógão Grande …. J’ai souvent pensé aux mots de Tomasi, ses descriptions des paysages siciliens, paysages méditerranéens… ces paysages marqués par les lumières du soleil, maudit par ses sècheresses, ses inondations. il ne parle pas d’incendies de forêt dans son roman, car la Sicile de Tomasi di Lampedusa n’était pas une terre de forêts. Mais les brûlures du soleil sur les paysages siciliens sont omniprésentes dans le Guépard.
Il y maintenant un peu plus de huit ans, débutait le 24.05.2009 avec le post « I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? » le blog paysages sur le Monde.fr /les blogs le Monde. Depuis 401 articles ont vu le jour, la plupart écrits en français, occasionnellement en allemand et très rarement des articles publiés en anglais[1]. 401 articles, lus par approximativement 199.520 lecteurs[2]. Huit ans de billets et petites notices écrits entre Rhin et Danube, Seine et Neckar, Aude, Moselle et Kinzig, sur les rives de la Méditerranée[3] ….. Lectures de paysages et des livres ….. Souvenirs personnels franco-allemands – le temps passe et les paysages changent – et en France les présidences se suivent. Depuis que j’ai écrit mes premiers mots sur paysages, j’ai vécu la présidence de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, et maintenant c’est le début du règne d’Emmanuel Macron. En Allemagne, Madame Merkel est chancelière depuis le 22 novembre 2005, et il semble – c’est au moins ce que je perçois, qu’elle pourrait encore gagner les Élections fédérales allemandes le 24 septembre 2017 et remporter un quatrième mandat. Une grande majorité d’allemands ont le sentiment que ça va bien en Allemagne, – et sauf si une nouvelle crise d’immigration – une nouvelle Flüchtlingskrise – se dessinait durant l’été/automne 2017 – Angela Merkel a toutes les chances de gagner les prochaines « Bundestagswahlen ».
Personnellement je préférerais que Martin Schulz gagne les prochaines élections fédérales, – mais je ne vois pas comment il pourrait persuader une majorité d’allemands de voter pour la SPD, même si le SPON dans un commentaire de Horand Knaup publie aujourd’hui dimanche 25.06.2017 pense que Martin Schultz et la SPD peuvent encore l’emporter. Pour finir, – Angela Merkel est souvent perçu comme la chancelière éternelle – où le « weiterso » domine – mais sous sa « regnance » les paysages allemands changent, – le Atomaustieg (sortie du nucléaire) – la transition énergétique vers les énergies renouvelables laisse des traces dans les paysages allemands, – la photo des éoliennes sur le Grünstadter Berg sont une image parlante, car depuis le « Atomaustieg » décidé par Angela Merkel après les évènements de Fukushima, l’ Accident nucléaire de Fukushima – les éoliennes sont devenues dans diverses parties de l’Allemagne un trait marquant du paysage. Pas partout, mais par endroit ici et là les éoliennes en Allemagne sont un élément bien visible du paysage allemand. Cette « floraison » sur une partie des paysages allemands c’est pour ainsi dire une trace bien visible de la politique énergétique des deux derniers gouvernements d’Angela Merkel.
Christophe Neff, (écrit le 25.06.2017), publié le 26.06.2017
P.S.: Pour préparer/revoir la tournée Sicile 2017 de l’association forêt méditerranéenne j’avais lu le Gattopardo dans la version de la Universalbibliothek Reclam. C’est le texte intégral en italien, avec dans chaque page une explication du vocabulaire clefs (5-10 mots par page) – et en fin du livre une postface écrite et éditée par Kerstin Marfordt. Cette version est seulement distribuée en Allemagne, Autriche et en Suisse.