Le Samedi deux mars 2013 le blog paysages a dépassé les 100.000 visiteurs/lecteurs. Même si « l’évènement » s’est passé il y a maintenant un peu plus de deux semaines, je pense que cela mérite d’être signalé aux lecteurs de « paysages ». Les dernières blogostatistiques de « paysages » se trouvent dans la Blognotice 12.6.2011 et dans l’article Blogostatistique 50.000 et, depuis, les blogostatisques sont un peu en retard. Dans le Tab. 1 nous retrouvons les 10 articles les plus visités de la dernière Blogostatistique du blog paysages disponible, la blogostatistique 73583 du 5.03.2012 – et même si cette blogostatistique date un peu, cela peut donner une tendance, une vue générale des articles ayant reçu une certaine attention dans la blogosphère. A voir si cette tendance se confirme dans la « vraie blogostatistique 100.000 » du blog paysages qui suivra dans quelques temps.
A travers ce petit placement des articles les plus visités on s’aperçoit que « paysages » au fil des années est devenu un blog franco-allemand, avec un spot sur les feux de forêts, trains & paysages, – un certain regard sur la Tunisie – et parfois des commentaires de citoyen franco-allemand sur des questions de politique – et last not least des regards sur les paysages Leucatois. L’article « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes» qui est l’article le plus lu depuis la création du blog en mai 2009 jusqu’ en mars 2012 a une forte connotation professionnelle, car pour mon métier de chercheur en géographie – l’écologie du feu – la fire ecology est un de mes principaux domaine de recherche. La version anglaise de l’article „The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” (41 place du blogostatistique 73583) est d’ailleurs l’article publié en anglais le plu lu. L’article Sturm Xynthia : Blick von der Unterhaardt auf La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon und Port Leucate a eu une certaine résonance dans la blogosphère germanophone, – et en effet cet article mériterait certainement une traduction française – car dans cet article datant du 4. Mars 2010 j’avais fait un focus sur les risques de submersion marine qui existent pour le Lido entre Leucate – Plage et le Barcarès. Vu les conséquences de la tempête du 6. Mars 2013 pour la côte Leucatoise, la submersion marine d’une importante partie de Leucate-Plage et les importants dégâts que cette submersion marine, ce coup de mer ont occasionnés à Leucate – Plage, cela montre bien que l’avertissement concernant le risque de submersion marine sur la côte Leucatoise est encore plus que jamais d’actualité.
Après un hiver très gris et sombre, l’Allemagne a eu enfin droit à quelques journées de soleil, avec des pointes de température qui avoisinaient entre 15 et 17 degrés à Mannheim. Mais cette période de printemps n’est pas censée durer : on nous annonce le retour de l’hiver pour le lundi 11.3.2012 avec des températures minimales qui pourront atteindre les – 10°.
Cet hiver 2012-2013 fut particulièrement sombre et gris en Allemagne. Il a même battu le record de minimum d’ensoleillement en Allemagne : avec 96 heures d’ensoleillement (Source : DWD Pressemitteilung du 27.2.2013 ; version anglaise) l’hiver 2012-13 fut l’hiver le moins ensoleillé depuis 1951, date depuis laquelle l’ensoleillement est relevé systématiquement en Allemagne. Le soleil s’était restreint aux sommets des Alpes et de la Forêt Noire. Pour le reste de l’Allemagne, cet hiver fut donc particulièrement gris: ici, à Grünstadt, ou les hivers sont très souvent dominés par la grisaille (comme dans une grande partie du Oberrheingraben) , on avait carrément l’impression que les lumières et les couleurs du soleil avaient été englouties par la grande grisaille hivernale. Le soleil revenait à Grünstadt, avec le début du printemps météorologique le premier Mars 2013. Personnellement, le seul jour où j’ai eu droit à une journée de plein soleil d’hiver, ce fut le 10 février à Schramberg en Forêt Noire durant le « Schramberger Hanselsprung » – chez les fabuleux Hansel de Schramberg.
„Du bist schön Frollein (tu es belle Mademoiselle) “ tel est le titre de la deuxième partie de la série „mein Franzos (mon français) “ de la Rheinpfalz, qui était publié dans la „Wochenendebeilage“ du 16 février 2013. Cette petite série publie quelques « petites histoires franco-allemandes » loin des spots des festivités du cinquantenaire du traité de l’Elysée, des petites histoires, des amitiés franco-allemandes qui se déroulent plus ou moins dans la Pfalz (Palatinat rhénan). Une partie est dédiée aux souvenirs positifs que les prisonniers de guerre français qui travaillaient dans les petites fermes allemandes pendant la deuxième guerre mondiale ont laissés en Allemagne. On nous raconte l’histoire de Marcel Cahuzac, qui aida dans la petite ferme des Dietrich à Hochstadt. Cela me rappela les récits de ma grand-mère Germaine Migliori, qui raconte souvent d’un de ses frères (Denis), qui était aussi un de ce prisonniers de guerre français en Allemagne, il travaillait dans une petit ferme en Allemagne – si je me rappelle bien c’était en Silésie. Elle disait, « il était bien traité et surtout bien nourri dans chez ses paysans ». Dans ces temps de guerre, être bien nourri était déjà un privilège.
La dernière histoire, dans cette série, nous raconte comment Brigitte Salomon, trouva son futur époux Gérard. Gérard Salomon effectua son service militaire (comme des milliers d’autres français au temps des FFA) à Landau en 1969. C’est à Annweiler, pendant les festivités de l’anniversaire de la fondation de la ville de Annweiler, – que le jeune militaire Gérard Salomon, prononçait cette phrase, « Du bist schön Frollein (tu es belle Mademoiselle) » – et c’est ainsi que débuta l’histoire d’un couple franco-allemand (mariage en 1973 à Annweiler) qui vit depuis dans sud de la Pfalz. Cette petite histoire franco-allemande a aussi le mérite de rappeler un détail des relations franco-allemandes, un détail presqu’oublié, – ces couples franco-allemands qui sont pour ainsi dire des retombées indirectes de la présence des FFA en Allemagne. Dommage que la Rheinpfalz ne publie pas cette série « Mein Franzos » sur Internet, – ces petites histoires franco-allemandes, des anecdotes franco-pfälzisches auraient sûrement trouvé un cercle de lecteurs plus étendu lectorat via Internet.
Et comme nous parlons de relations franco-allemandes dans cette petite blognotice, notons aussi que Martin Graff dans le Zungenkonten (Grenzenlose Freundschaft) de ce même supplément weekend de la Rheinpfalz déplore que l’ancienne Église de la Confession d’ Augsbourg d’ Alsace et de Lorraine rechigne son héritage linguistique l’allemand. Dommage, – mais peut-être est- ce le fait du rapprochement des églises reformées en Alsace-Lorraine dans Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine.
Pour finir cette petite note franco-allemande, – les lecteurs francophones des paysages, qui maîtrisent l’allemand pourront dans « Aschermittwochsblognotiz 2013 – eine bemerkenswerte Begegnung beim Schramberger Hanselsprung am Fasnetssonntag 2013 » découvrir l’histoire des fabuleux Hansel de Schramberg, – ceci est aussi un très belle histoire franco-allemande – loin des projecteurs médiatiques du cinquantenaire du traité de l’Elysée, – une petite histoire qui nous montre que dans la vie quotidienne ce rapprochement franco-allemand a bien eu lieu !
Sources :
Die Rheinpfalz (2013) : « Du bist schön, Frollein ». Mein Franzos (II): Die Feiern zum 50. Jahrestag der Unterzeichnung des Elysée-Vertrages sind vorbei, die deutsch-französische Freundschaft ist wieder aus den Schlagzeilen verschwunden. Wie sie abseits des Scheinwerferlichts gewachsen ist, gepflegt wird und fortbesteht, zeigen die vielen persönlichen Erinnerungen, die Rheinpfalz-Leserinnen und – Leser eingesandt haben. In: Die Rheinpfalz – Ihr Wochenende zuhause in der Pfalz, Nr. 40, Samstag, 16. Februar 2013.
Graff, Martin (2013): Grenzenlose Freundschaft – Martin Graff – Gedankenschmuggler aus dem Elsass – merkt an, dass die Protestanten am Oberrhein trotz vieler Gemeinsamkeiten doch einiges trennt. In: Die Rheinpfalz Nr. 40 , Balkon: Über Grenzen, Samstag, 16. Februar 2013
Wie so viele Schramberger Expatriierte komme ich relativ regelmäßig, – zwar nicht jedes Jahr, aber dennoch relativ oft, zuletzt im Jahr 2011 zur Fasnet nach Schramberg zurück. Die „Da-Bach-na-Fahrt“ und der danach stattfindende Rosenmontagsumzug ist bestimmt der überregionale bekannteste Höhepunkt der Schramberger Fasnet, – wobei es auch andere „Highlights“ gibt die den Vergleich mit der Da-Bach-na-Fahrt nicht scheuen brauchen. Aus meiner Sicht ist das immer noch der Hanselsprung mit anschließendem Brezelsegen welcher traditionell am Fasnetssonntag stattfindet. Die NRWZ hat das, mit der Schlagzeile „Hanselsprung für tausende Besucher ein rezeptfreies Antidepressivum – Hoorig, hoorig – Schramberg im Glückstaumel“ zum diesjährigen Hanselsprung sehr sehr gut getroffen. Ja, dieses Jahr hat es mich auch wieder auf die Fasnet nach Schramberg gezogen, – Hanselsprung am Fasnetssonntag, die Da-Bach-na-Fahrt und der Rosenmontagsumzug standen wieder auf dem Programm.
Am Fasnetssonntag 2013 lachte die Sonne über Schramberg, – beglückte die Kleidlesträges und Zuschauer mit einem stahlblauen Winterhimmel. Das Februarlicht wurde von den Schneekristallen auf den Fichten und Tannen der Bergwälder des Schramberger Talkessels vielfach reflektiert und tauchte die Talstadt in ein fast gleißendes Licht. Und irgendwann gegen 14:30 ertönte dann die „Hoorig Katz“, – der Schramberger Narrenmarsch,- und vermischt mit dem Geschell der Hansel und Narros – wurde die Talstadt zu einem einzigartigen akustischen Amphitheater – Hoorigkatz und Geschellenläuten verdichten sich im engen Schramberger Talkessel zu dieser einzigartigen Klanglandschaft – die man nur an der Fasnet erleben kann. The unique „soundscape“ of the „Schramberger Hanselsprung“ so könnte man einen noch zu schreibenden wissenschaftlicher Artikel über den Schramberger Hanselsprung und dessen (Klang)- Landschaften betiteln. Diese „Tonlandschaften & Klangwelten“ kann man übrigens auch erleben, wenn die „Wintersonne“ nicht gar so strahlt wie am Fasnetssonntag 2013.
Ja, und am Hanselsprung des Fasnetssonntag 2013, hatte ich während des Brezelsegens eine bemerkenswerte Begegnung mit einem „großen Hansel“. Wir (.d.h. meine Tochter und meine Nichte) hatten uns schon ein paar Brezeln und Guzzle ersungen, da bemerkten wir einen sehr großen Hansel , der auf uns zukam. Wir begann zu springen und die „Hoorig Katz“ zu singen. Der Hansel unterbrach mich per Handzeichen und unter der Maske erklang eine Männerstimme – „auf Französisch bitte“ – worauf ich so perplex war, – dass ich erst einmal verstummte. Dann ertönte es unter der Maske “en français Christophe“ – und ich erwiderte „die Hoorig Katz auf Französisch?“ – worauf der große Hansel nickte. Und so begann ich zur Melodie der Hoorig Katz zur ersten Strophe anzusetzen „le chat n’a pas de poils“ – doch gleich wies mich der große Hansel mit einer Handbewegung an zu stoppen – denn er hatte erkannt das das falsch war – denn richtiger weise heißt es „le chat a des poils“. Also versuchte ich dann mit „le chat a des poils“ – und bekomme dann endlich auch meine Brezel. Die Brezel in der Hand, fällt mir ein, dass es eigentlich ganz korrekt „le chat poilu, le chat poilu, le chat poilu – et si le chat n’est pas poilu il ne plait guère aux filles – le chat poilu“ – aber da war der große Hansel schon längst wieder im Gewühl verschwunden. Ja, da waren wir (d.h. ich und meine zwei Begleiterinnen) doch alle sehr sehr überrascht, – ein großer Hansel (bestimmt ein Kopf größer als ich) – der sich die „Hoorig Katz“ auf Französisch vorsingen lässt. Die Schramberger Fasnet ist wirklich für Überraschungen gut. Wer der große Hansel war, der mich die Hoorig Katz auf Französisch vorsingen ließ, weiß ich nicht, – die Stimme habe ich nicht zuordnen können, und unter Larve und Häs ist es sowieso sehr schwer jemanden zu erkennen.
Diese Begegnung mit dem großen Hansel auf dem Schramberger Hanselsprung am Fasnetssonntag 2013 wird mir wohl sehr lange in Erinnerung bleiben. Soweit es die Schramberger Narrenzunft erlaubt, werde ich den gesamten Schramberger Narrenmarsch, – die berühmte „Hoorig Katz“ komplett ins Französische übersetzten und hier im Paysagesblog veröffentlichen.
Die Fasnet ist nun wieder vorbei, – der Aschermittwoch kündigt das Osterfest und die dazwischen liegende „Fastenzeit“ an. Nun wird es wieder ein Jahr dauern bis der Schramberger Talkessel von Schellenlärm und d’Hoorig Katz in sein sonderbares Klangbad eingetaucht werden wird. Ein Klangbad, welches das Ende des Winters und den baldigen Frühlingsbeginn ankündigt.
Die Begegnung mit dem großen Hansel, erinnerte mich an meine frühen Kindheitstage, – als ich, noch als ganz kleiner „Bua“ den Großeltern von den tollen Schramberger Hanseln erzählte. In Saulgau (damals noch ohne Bad) bei den Großeltern väterlichseits gab es zwar die auch sehr schönen „Dorausschreier“ mit ihrem bekannten Narrenruf „Doraus, detnaus, bei der alte Linda naus.“ aber mit den Schramberger Hanseln und auch den Sulgener Krattenmacher konnten diese Saulgauer Narrenfiguren in meinen damaligen Kinderaugen nicht bestehen. Bei den Großeltern mütterlicherseits, dem französischen Teil der Familie, – die Großeltern Migliori wohnten damals noch in Eckbolsheim bei Strasbourg – da waren es einfach die „ les fabuleux Hansel de Schramberg“.
Eh, oui – parfois ces fabuleux Schramberger Hansel comprennent et parlent même un peu de français.
Le couple franco-allemand fête le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée en grande pompe à Berlin. Les medias français et allemands nous présentent « éditons spéciales » sur cet anniversaire si spécial. Partout des « Symboles-Franco-Allemands » – récemment même un petit livret écrit par Andreas Rittau (2012 : Symboles Franco-allemands 1963-2013 – Construction d’un champ transnational) fut consacré au sujet. Durant une de ces Sondersendungen de la Télévision allemande, – nous fut présentée l’histoire des époux Klinger, Francette et Gérard Klinger (1,2) qui se marièrent en 1966 et formèrent depuis un couple franco-allemand. Quand Francette raconta la grande solitude des débuts du couple, cette histoire me rappela des souvenirs personnels. Mes parents formaient aussi un tel couple franco-allemand, mais ils n’eurent pas la chance de vivre une retraite paisible, de connaitre leurs petits-enfants franco-allemands, car mon père décéda des suites d’un cancer en janvier 1992. Mais la grande solitude, comme beaucoup de couples franco-allemands qui ont eu le courage d’affronter les dures réalités d’un ménage franco-allemand, au début des années 1960 ils l’ont aussi connue. Mes parents se sont mariés en 1962 à Dijon. Les parents de mon père, mes futurs grand parents allemands, n’avait pas participé à la cérémonie de mariage à Dijon. Ils n’apprécèrent pas trop, que leurs fils se marient avec une fille française. En fait, le rapprochement ne se fit qu’à ma naissance à Tübingen en Juin 1964, à peu près 1 ½ ans après la signature du traité de l’Elysée. Dans le vieil album de photos familial qui se trouve encore chez ma mère, mon père avait écrit quelques mois avant sa mort sous les photos de mon baptême – « und dann kamen Sie doch (et ils arrivèrent tout de même) » ces photos sur lesquelles on me voit entouré de mes grands-parents, les oncles et tantes allemandes. Ce fut ma naissance qui rapprocha enfin vraiment les deux familles. Avant ma naissance mes parents, partiellement « boycottés» par la famille allemande, surtout ma mère, qui débarquait en Allemagne, sans comprendre ou parler un mot d’allemand avait dû faire face à des temps durs. Après cette naissance, – les choses s’arrangèrent lentement. Les grands-parents allemands, Anton et Blanka Neff étaient aussi fiers de leur petit fils franco-allemand que les grands-parents français Jean et Germaine Migliori. Christophe Neff, – un petit franco-allemand, – avec une double nationalité franco-allemande – ce fut enfin le moment où la famille de mon père accepta le mariage de mon père avec une française. Un des premiers souvenirs de ma petite enfance, – c’est mon grand-père Anton Neff qui m’a amené voir les trains à la gare de Saulgau. Comme mon père m’amenait à la gare de Tübingen regarder les trains. Comme mon grand-père français Jean Migliori m’amenait au port du Rhin à Strasbourg voir les péniches et chalands du Rhin, – le Lookheed Constellation à Strasbourg-Neuhof (un ancien Constellation d’Air France transformé en bar (F-BHMJ / L1049G-82-98)), les visites de la gare de Strasbourg quand on allait chercher les tantes, ou les visites de aérodrome de Entzheim pour chercher la famille, qui arrivait d’ Angleterre ou des Etats-Unis. C’est ainsi que mes grand-pères, français et allemands en me faisant visiter gares, ports & aéroports m’avaient fait découvrir le monde de transports, – plus particulièrement le monde du Chemin de Fer, – le Monde du Chemins de Fer, qui fut dans un certain sens, aussi un de mes premiers amours.
De nos jours, – les couples franco-allemands n’ont plus affronté les dures réalités des années 1950, 1960, de fonder une famille franco-allemands quelques années après les douleurs de la guerre – c’était insensé. Aujourd’hui, 50 ans après la signature du traité de l’Elysée – fonder un couple franco-allemand n’a plus à faire face aux vieux démons de la guerre, des souvenirs de morts, de la déportation …… Un couple franco-allemand de nos jours n’a plus rien de spécial, – il doit faire face aux risques de la vie normale de nos jours, – divorce, chômage, maladie … – mais grâce aux traités de l’Elysée les vieux démons de la guerre, des guerres (1870, 1914-18,1939-45) des souvenirs de guerre ont disparu. D’avoir fait disparaitre ces vieux démons …. « Le bruit des bottes des SS qui résonne sur la cours de l’école de Hussigny » c’est aussi un des grands mérites du traité de l’Elysée. Parfois de nos jours, en critiquant l’état des relations franco-allemands, on oublie trop vite cette réalité …. Mes grands-parents n’ont jamais oublié Libéro Casciola mort en déportation à Bergen-Belsen, – mais ils ont quand même accepté que leur fille se marie avec un allemand. Ce fut en 1962, – le traité de l’Elysée n’était pas encore signé …. 41 ans plus tard, leur fille, en 2003 reçut le Bundesverdienstkreuz, une des plus hautes décorations allemandes, pour son travail politique au sein de la SPD, le travail pour les enfants en danger (Kinderschutzbund) – et la réconciliation franco-allemande.
Dommage, que mon père n’ait pas eu la chance de participer à cette cérémonie, lui qui avait risqué il y a maintenant 51 ans la rupture avec sa famille pour le simple fait d’épouser une jeune française.
Ouvrages et sources cités :
Rittau, Andreas (2012): Symboles franco-allemands. 1963-2013. Construction d’un champ transnational. Paris, L’Harmattan, Allemagne d’hier et d’aujourd’hui. ISBN 9788-2-296-99598-7
Vendredi 11. Janvier 2013 «François Hollande engage l’armée française dans le conflit malien ». A juste titre le Monde du Dimanche 13 – Lundi 14 janvier 2013 écrit « La France entre en guerre contre les islamistes au Mali ». François Hollande a pris une décision courageuse, – face à des choix extrêmement difficiles. Sans intervention extérieure, les islamistes auraient fait tomber Bamako en deux ou trois jours. Bamako aux mains des narco-islamistes aurait pu déstabiliser une grande partie de l’Afrique occidentale, le Sahel, le Maghreb et cette chute aurait certainement eu aussi des conséquences géopolitiques pour les états riverains de la méditerranée. D’autre part il plane une menace horrible sur le sort des otages français aux mains des groupes islamistes.
Mais on oublie assez souvent les centaines de milliers de maliens pris en otages par les diffèrent groupes de la mouvance narco-islamiste. Ces maliens qui attendent avec impatience qu’ils soient enfin délivrés de ce régime moyenâgeux qui les terrorisa avec tout l’épouvantail des châtiments corporels que prévoit la charia – lapidation, amputation des membres …. Dans ce contexte il faut aussi rappeler le courage des populations locales, que ce soit à Tombouctou comme à Gao, qui durant l’été dernier ont eu le courage de manifester contre leurs tortionnaires. Et en plus il y eut la destruction des mausolées de Tombouctou, trésor de l’humanité. Pour avoir une image des cauchemars vécus par les populations du Nord du Mali je conseille de (ré)-lire l’interview de Moctar Mariko, président de l’Association malienne des droits de l’homme, publiée dans slateaafrique le 6. Décembre 2012.
J’approuve la décision courageuse de François Hollande de répondre aux demandes d’aide des autorités maliennes et d’intervenir militairement au Mali. Par contre je ne crois pas que l’utilisation de forces armées des pays membres de la Cédéao soit une bonne idée. Cédéao cela rime toujours avec chaos et envinemement – là je rejoins l’analyse de Philippe Duval « En sortir, ce n’est sûrement pas introduire sur le théâtre malien les troupes de la Cédéao, qui, dans toutes les crises régionales où elles sont intervenues, ont joué le rôle d’aggrave-affaires.» publié récemment dans un article (Nord-Mali: les djihadistes surestiment leurs forces) de Slate-Afrique. Il est sûr que les différents groupes et groupuscules rebelles du Nord du Mali ne partiront pas sans l’utilisation de la force. Mais la force ne résoudra pas les problèmes fondamentaux du Nord du Mali. Une fois l’intégrité territoriale du Mali restituée – il faudra enfin trouver des solutions durables pour le développement du Nord du Mali – et cela inclut aussi de trouver enfin une vraie solution aux problèmes des Touaregs , sans quoi les problèmes réapparaitront au plus tard au cours la prochaine décennie.
Pour finir, j’aimerais aussi porter l’attention sur les fables qui circulent dans les medias et la toile sur les liens entre l’intervention franco-anglo-americaine en Lybie et la désintégration territoriale du Mali. La chute du régime de Kadhafi en Lybie a certes précipité certaines dynamiques au Nord du Mali, – mais bien avant la chute de Kadhafi le Nord du Mali était un pays aux proies des islamo-trafiquants – où l’autorité de l’état malien était quasiment inexistante et l’industrie de l’enlèvement florissait. Qui se souvient encore de la fin tragique de Michel Germaneau(j’en parlai aussi un petit peu ici) pour citer un seul nom ?Intervenir au Mali et restituer l’intégrité territoriale du Mali, cela veut dire aussi en finir pour toujours avec cette industrie de l’enlèvement qui sévit dans le Nord du Mali.
Mais actuellement nous ne sommes qu’au début de l’opération Serval – et l’intégrité territoriale du Mali est encore loin d’être rétablie. L’opération Serval risque aussi de devenir une longue opération militaire avec une issue incertaine – des victimes, des dégâts collatéraux etc. Mais si la France avait décidé de ne pas intervenir au Mali – on risquerait bien de voir le drapeau noir des djihadistes flotter sur les toits de Bamako avant la fin du mois de janvier 2013.
Le dernier posting sur paysages, – mes vœux de bonne année 2013 pour les lecteurs de paysages– ont reçu une attention exceptionnelle de la part de mes visiteurs/lecteurs. La photo des fleurs d’amandiers utilisée dans ces vœux je l’avais déjà publiée dans la Blognotice du 17.3.2012. Personnellement j’aurais aussi souhaité un tel intérêt pour la « Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff », qui parle du déclin du français en Allemagne et de l’allemand en France, mais hélas les lecteurs ont préféré les vœux de nouvel an. La floraison d’amandiers (Mandelblüte) de la Weinstrasse en Allemagne est considérée comme le début du printemps en Allemagne. Paradoxalement il n’existe pas d’article Wikipedia.de sur la Mandelblüte, mais seulement sur le Gimmeldinger Mandelblütenfest. Les fleurs d’amandiers sur la photo prise durant le printemps 2013 entre Herxheim am Berg et Kallstadt montre les fleurs d’une Dürkheimer Krachmandel, une variété d’amandiers à fleur blanche. La plupart de Amandiers fleurissant sur la « Weinstraße » ont des fleurs roses – et en réalité ce ne sont pas de vrais Amandiers – mais des hybrides entre Amandiers & Pêches – les Mandelpfirsiche (Prunus amygdalo-persica (West) Rehd.). Ces hybrides qu’on rencontre aussi assez rarement à l’état spontané où on trouve les deux parents sont cultivés de nos jours pour les belles fleurs roses. Durant le printemps, – normalement en Mars, les allées de la région de la Weinstrasse sont donc plongées dans un bain de fleurs roses des Mandelpfirsische. Notons que la plupart des habitants de la Weinstrasse ne sont pas au courant de ce que les fleurs d’amandiers roses proviennent des Mandelspfirsiche, mais depuis que la culture d’amandiers a perdu toute importance économique, les amandiers avec à fleurs blanches (les vraies comme la Dürkheimer Krachmandel) se raréfient de plus en plus. Notons en fin de cette petite blognotice sur les fleurs d’amandiers, qu’il y a un petit pays en France, où dans les endroits abrités de la Tramontane glacée de janvier on peut trouver ici et là les premiers amandiers en fleurs dès le début du mois janvier – c’est le plateau de la presqu’ile de Leucate. Les premières fleurs d’amandier apparaissent durant le mois de janvier, et en février une véritable « neige florale » baigne le plateau de Leucate. Dans le livre « Leucate – plein cadre (Hautemanière & Hiron(2004) » – on trouve quelques photos des amandiers en fleurs sur le plateau de Leucate. La vue sur les amandiers et les vignes du plateau de Leucate avec l’étang de Leucate et le massif du Canigou couvert d’un épais manteau de neige en arrière-plan est sûrement un des (de mon point vue) plus beaux paysages d’hiver méditerranéen que je connaisse. Dommage que je n’en possède (sauf peut-être dans les fonds de mes cartons d’archive de diapositives) pas de photos de ce paysage hivernal méditerranéen exceptionnel, paysage de pierre, vignes et fleurs d’amandiers. Notons aussi que les vignobles Cap Leucate (anciennement les vignerons du Cap Leucate) fête annuellement une Fête des amandiers en fleurs, mais cet évènement à caractère local, régional n’est pas comparable aux Gimmeldinger Mandelblütenfest qui est un évènement national, – car la Mandelbüte de la Weinstrasse est traitée chaque année dans la presse nationale allemande comme le début du « véritable printemps » en Allemagne !
Pour finir, – en attendant le printemps et la floraison des amandiers sur la Weinstrasse j’espère que l’hiver ne sera pas trop rude ici dans la Unterhaardt – car même si la neige manque assez souvent ici entre Bad Dürkheim et Grünstadt – il peut aussi y avoir des périodes de grands froids, en février 2012 nous avons eu droit à des nuits entre – 18 et- 22° (1,2) !
Œuvres citées :
Hautemanière, Nöel ; Hiron, Jacques (2004): Leucate : plein cadre ; livre de photographies. Toreilles, ISBN 2-9516053-3-1
Le 22. Janvier 2013 on fêtera le cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée! On prononcera des beaux discours, – des « Sonntagsreden » sur la « Deutsch-Französische Freundschaft », – sur l’amitié franco-allemande, – des discours parfois très loin des réalités de terrain – la maîtrise du français en Allemagne (voir aussi: «Blognotice 22.09.2012: Commémoration du discours historique de Charles de Gaulle du 9.9.1962 à Ludwigsburg » ) est en plein déclin, – l’apprentissage de l’Allemand en France ne se porte guère mieux! Martin Graff a dédié son dernier Zungenknoten « Zungenknoten – ungebetene Gäste» à ce casse -tête linguistique, – le fait que ,en dehors des beaux discours , de moins en moins d’Allemands et de Français sont capables de se parler, de se comprendre dans leurs langues réciproques. En plus Martin Graff déplore le fait que de plus en plus d’allemands et de français utilisent l’anglais pour communiquer entre eux. Je me permets de citer quelques petits passages de ce « Zungenknoten » -« Dans quelques jours ist es soweit, nous inaugurons un demi-siècle d’amitié franco-allemande dont l’anniversaire exact am 22. Januar gefeiert wird, le jour où Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ont signé le fameux traité de l’Elysée, Grundstein einer neuen Ära der deutsch-französischen Beziehungen. Damals wurde auch das Deutsch- Französische Jugendwerk gegründet, une entreprise de paix qui succéda à toutes les entreprises de guerre zwischen Frankreich und Deutschland. Ziel der Begegnungen war unter anderem, aus Franzosen und Deutschen Sprachakrobaten zumachen. Le but n’a jamais été atteint, …. Die Lobeshymnen, die zu erwarten sind, ne changeront rien à la donne. Wir entfernen uns, en paix certes, aber wir entfernen uns (Graff, M. 2012)». Oui, Monsieur Graff, décrit bien la situation, – les deux parties du couple franco-allemand s’éloignent de plus en plus, en paix certes, mais ils s’éloignent – et ceci n’est pas seulement dû à l‘incompréhension linguistique, je pense que depuis quelques années il y aussi un vrai fossé socio-culturel qui se creuse entre l’Allemagne et la France. On pourrait aussi se poser la question combien de député(e)s du Bundestag maitrisent le français, – ou combien de député(e)s de l’assemblée nationale maîtrisent l’allemand ? Ou pourquoi une telle enquête n’a pas été menée dans les deux assemblées de Berlin et de Paris pour les festivités du cinquantenaire du traité de l’Elysée. Mais peut-être a-t-on aussi eu un peu peur d’une telle « ehrliche Bestandsaufnahme » des connaissances linguistiques des député(e)s français en allemand, des MdB (MdB = Membre du Bundestag = député allemand) en français. Naturellement au niveau individuel il y a toujours des exceptions, – ici et là on les trouve encore ces Sprachvagabunden. Pour finir cette blognotice avec une touche positive je cite ces trois étudiants d’un de mes cours, qui ont bien voulu s’attaquer en dépit de l’obstacle linguistique à préparer un travail sur les « écosystèmes du Mali », une analyse de la réception scientifique de l’ouvrage « la terre incendiée » de Georges Kuhnholtz – Lordat et d’une relecture critique de la réédition du texte clef de René Dumont « L’Afrique noire est mal partie » – ainsi que les préfaces de Abdou Diouf (Afrique, le continent du futur) et de Jean Ziegler ( René Dumont – visionnaire et prophète),pour mener ce travail à fond, – car il n’existe à priori pas de littérature scientifique non francophone sur ces trois sujets. Oui, cela existe encore dans l’Allemagne de nos jours, des étudiants allemands, qui maîtrisent si bien le français, qu’ils peuvent lire et comprendre textes scientifiques, livres …. écrits en français, – donc le travail de l’ Office franco-allemand pour la jeunesse n’était pas pour rien, le travail des professeurs de français dans les Lycées (Gymnasien) et oui, même dans les Gesamtschulen et les Realschulen n’était pas en vain. Des étudiants allemands maîtrisent le français cela existe encore de nos jours, mais cela devient de plus en plus rare dans l’Allemagne de l’an 2012/13.
Ouvrages et sources cités :
Birnbaum, Philippe (2012) : Biodiversité au Sahel. Les forêts du Mali. Éditions Quae, Versailles, ISBN 978-2-7592-1811-0
Desjeux, Catheriné ; Desjeux, Bernard (2011) : Fleuve Niger. Cœur du Mali. Éditions Grandvaux, Brinon sur Sauldre, ISBN 978-2-909550-73-2
Dumont, René (2012): L’Afrique Noire est mal partie. Préfaces de Abdou Diouf et Jean Ziegler. Paris. Éditions du Seuil, ISBN 978-2-02-108644-7
Graff, Martin(2012): Zungenknoten – ungebetene Gäste. In: Die Rheinpfalz Nr. 302– Ihr Wochenende – Balkon über Grenzen. Samstag, 29. Dezember 2012.
Kuhnholtz-Lordat, G. (1939) : La Terre incendiée. Essai d‘ agronomie comparée. Nîmes (Éditions de la Maison carrée)
Sur les Blogs lemonde.fr on trouve depuis début Decembre un nouveau blog sur l’Allemagne. Frédéric Lemaître, correspondant du Monde à Berlin nous promet dans « Regards d’Allemagne » de suivre la campagne électorale pour le prochain Bundestag. Cette campagne dont l’issue sera décisive non seulement pour l’Allemagne mais pour l’ensemble de l’Union européenne et notamment pour la France. Regards d’Allemagne rappelle un peu le blog « Berlin en parle » de Claire- Luis Buis, l’ancienne correspondante du Monde à Berlin : c’est en fait ce blog qui avait inspiré mes début de bloggeur sur paysages. « Berlin en parle » a depuis longtemps disparu de la blogosphère, nous lisons à l’adresse du blog – http://clbuis.blog.lemonde.fr/ – « WordPress» Erreur – Ce site a été archivé ou suspendu » – Claire Luis publie sur son propre site « Ideenlab » depuis Février 2010, un site franco-allemand dédié aux idées et aux livres politiques et philosophiques. La disparition du contenu de « Berlin en parle » – révèle un grave problème de la Blogosphère. Ici c’est aussi mon esprit professionnel de chercheur qui s’exprime: comment la recherche peut-elle restituer les paysages médiatiques d’une certaine aire si les contenus disparaissent. Est-ce-que le Monde archive ses blogs ? Ou est-ce que le contenu de ces blogs disparait pour toujours ? Berlin en parle était dans un certain dégré le reflet de la grande coalition, le début de l’ère « Merkel ». Die Ära-Merkel qui se poursuivra peut –être au-delà du 23.9.2013. Mais comme je l’ai déjà écrit le 29.09.2012 « Peer Steinbrück pourra redresser la SPD de la dure défaite des dernières Bundestagswahlen, et peut être au-delà ouvrir de nouveaux choix stratégiques pour reconquérir le « Bundeskanzleramt » ». « Les regards d’Allemagne » nous promettent donc de suivre de près cette campagne électorale qui pourrait ouvrir à Angela Merkel, la Mutti comme elle est souvent désignée dans les medias allemands, une troisième période au Bundeskanzleramt. Mais c’est peut être moins la cote de grands partis comme la CDU et de la SPD, qui va décider du destin de Madame Merkel ou de Monsieur Steinbrück , ce seront peut-être le score des pirates, de la FDP et des Verts aux Bundestagswahlen qui seront les « Kanzlermacher ».
Concernant les blogs le Monde.fr un autre évènement est à signaler – la République des livres a quitté les blogs du Monde – depuis le 26. Novembre 2012 – la République des livres navigue sous son propre pavillon. Et durant les premiers jours de la République des livres sous son propre pavillon – pendants quelques heures, le contenu de l’ancien site sur le Monde avait disparu. Même si depuis, les billets et commentaires de l’ancien blog de la République de livres ont réapparu, cela montre que l’archivage des contenus des blogs, mais aussi de tous les medias électroniques (livres, musiques, films) reste un grand défi. Car si nous ne faisons pas attention de cette ère super médiatisée il risque de ne rester qu’un souvenir vide de contenu!
Les regards d’Allemagne pourront donc permettre aux lecteurs français et francophones un regard rapproché sur la campagne électorale pour le 18 eme Bundestag. Personnellement j’espère que les lettres d’Allemagne que Frédéric Lemaître publie régulièrement sur le journal le Monde – ne disparaissent pas, car j’aimais et j’aime beaucoup lire ces prises de vue françaises sur l’Allemagne contemporaine!