Blognotice 01.09.2012: Commentaire sur la „modeste et provisoire“ ristourne sur le prix des carburants

Cette semaine le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a décidé de faire une  ristourne „modeste et provisoire“ sur le prix des carburants. Le carburant devrait baisser approximativement de six centimes pour trois mois, si tout va bien: donc,  si le marché du pétrole restait durant ces trois mois à l’abri de tout choc extérieur. Le prix pour l’état :environ 300 millions d’euros. Le Monde avait dédié un très bon éditorial « Un coup d’épée dans l’essence » à cette mesure qui se veut être une mesure phare de l’actuel gouvernement. 300 millions de manque à gagner pour l’état français, 300 millions avec lesquels on aurait pu engager quelques enseignants de plus, quelques chercheurs de plus quelques policiers de plus, car ce qui manque en France ce sont des enseignants, des chercheurs et des policiers. Les 300 millions auraient surtout pu être engagés  pour investir durablement dans l’infrastructure ferroviaire, car  c’est le seul moyen d’abaisser durablement la dépendance énergétique du pétrole de la « mobilité » française. Cette mesure qui  est « la bienvenue pour les ménages modestes des zones périurbaines dont le budget est grevé par la flambée des prix des carburants » rendra encore plus vulnérables ces ménages vis-à-vis du cours du pétrole, car la seule alternative à moyen terme de se libérer de la dépendance pétrolière et de maintenir une certaine mobilité c’est d’avoir la possibilité d’utiliser un système de transport un commun, un système ferroviaire digne de ce nom, comme par exemple on le trouve en Suisse.

Avec ces 300 millions on aurait pu enfin mettre une fin à  la lente agonie des lignes de chemins de fer dans le Massif Central, en  revitalisant la ligne des Cévennes (la ligne du fameux train «Le Cévenol» voire aussi Razemon 2012);  et des Causses, sortir de l’oubli le fameux « plan  Jean-Claude GAYSSOT » pour la modernisation de ligne de l’Aubrac. On aurait pu enfin rouvrir la ligne du Vallespir  comme le prévoit un plan des cheminots CGT (Les Cheminots pour le retour du train au Vallespir), rétablir un service voyageur entre Perpignan et Céret, et peut être même ultérieurement jusqu’ à Arles – sur – Tech, l’ancien terminus de cette ligne de Chemin de Fer tombé à l’oubli. On aurait pu enfin électrifier & moderniser la ligne Strasbourg-LauterbourgBerg- Wörth, – en y incluant le rétablissement et  la modernisation de l’ancienne ligne Roeschwoeg- Rastatt.

On aurait pu enfin reconstruire le pont ferroviaire entre Neuf-Brisach et Breisach et enfin créer une liaison ferroviaire entre Freiburg im Breisgau et Colmar. On aurait pu, enfin, ce sont que des exemples  de ce qu’on aurait pu faire, en investissant dans l’infrastructure ferroviaire, réduire a moyen terme la dépendance énergétique de la société française.  Le gouvernement a tranché et a en fait décidé de prolonger encore cette dépendance énergétique dans la durée. Où est la voix des verts, du mouvement  Europe Écologie Les Verts dans tout cela? En fait réduire la dépendance énergétique devrait être un des objectifs majeurs des verts, mais là s c’est plutôt « Funkstille » silence radio ou on se résigne à crier « Harro sur le Loup » comme dernièrement José Bové. En exprimant son « Haro sur le Loup » José Bové, a surtout démontré qu’il  ne comprenait ni grand-chose sur l’écologie, ni grand-chose sur le mal de vivre de la France rurale. Car même si on chassait tous les Loups du territoire français, les vrais maux des ruraux français ne  seraient pas éliminés, même pas à ses marges. Un de leurs maux est qu’il manque une vraie infrastructure  qui pourrait nous libérer de notre dépendance de la voiture particulière et avec elle  de notre dépendance énergétique. Le grand défi des prochaines décennies sera d’une part réduire la dépendance énergétique et ceci en proposant de solutions de « mobilité » pour les territoires périurbains et ruraux, des vraies alternatives à la voiture.  Le Monde écrit –  « Le litre d’essence à 2 euros est sans doute pour demain. Le seul remède qui vaille tient en un mot d’ordre : plus de sobriété énergétique» je rajouterai et le litre d’essence à trois euro, peut-être déjà après-demain. Il faut donc préparer la société française (et les autres sociétés européennes) à ce défi,  car si on se prépare pas, une grande partie des ruraux français et européens  ne pourront plus participer à cette mobilité individuelle, qui nous est à tous si chère. Rouler en voiture, pourrait devenir un luxe, même pour les fameuses couches moyennes. Et j’aimerais aussi le préciser,  il ne s’agit pas de diaboliser la « voiture » mais il faut trouver des solutions, qui nous permettent  de maintenir un degré de mobilité dans l’espace rural, sans être à 100% dépendant de la voiture, ce qui est actuellement le cas dans une grande partie des espaces ruraux français. Le débat sur le Loup est un faux débat, car l’avenir des ruraux français ne dépend pas d’un iota de l’existence d’une population de Loups. Par contre, si l’espace rural (français & européen) ne pouvait plus profiter de la mobilité, les distances deviendront de plus en plus longues,le temps pour parcourir ces distances prendra une telle ampleur que ces terroirs périphériques seront voués à une longue agonie économique, sociale et culturelle. Cette périphérisation d’une partie des terroirs ruraux, elle a déjà commencé, il faut simplement savoir lire le livre du paysage  (voir p.Ex. Les retraités pauvres, un vote-clé une analyse de Serge Guérin & Christophe Guilluy).

J’aurai aimé voir le gouvernement utiliser ces 300 Mio. d’Euros à trouver des solutions intelligentes, à relever ce défi :réduire la dépendance énergétique en maintenant la mobilité dans l’espace périurbain et rural,mais malheureusement le gouvernement a choisi une mesure  qui ne permet même pas de gagner du temps. Car le prix du pétrole va augmenter,  et ceci durablement!

Source:

Razemon, Olivier (2012): Inquiétude autour de l’avenir du mythique train Cévenol. Le 2 septembre, la ligne reliant Clermont-Ferrand à Marseille s’interrompt pour cause de travaux. Reprendra-t-elle dans les mêmes conditions ? In : Le Monde,  Dimanche 2 – Lundi 3 September 2012, p. 18.

Christophe Neff, le 1.9.2012

Blognotice 25.8.2012: Une candidature commune Strasbourg – Kehl pour les JO 2024?

J’ai consacré dernièrement un billet (écrit en allemand) à l’idée d’une candidature transfrontalière commune des villes de Strasbourg et de Kehl aux JO 2024,  idée qui fut à l’origine publiée le 21.08.2012 par Julian Jappert, directeur du think tank Sport et Citoyenneté, dans un article du Monde, intitulé «Une candidature franco-allemande aux JO 2024 ?». A part quelques commentaires dans le Monde.fr, dont le mien, le dernier billet de paysage – cette intéressante idée ne semble guère être discutée, ni en France, ni en Allemagne. C’est dommage, car reprendre cette idée aurait aussi le mérite de redonner un peu de souffle, un coup  de jeunesse aux relations franco-allemandes. Le 22. Janvier 2013 on va fêter le 50ème anniversaire du Traité de l’Élysée, mais en dehors des discours officiels il n’y aura guère de résonnance. Il faut bien constater que la réalité journalière des relations franco-allemandes n’est pas toujours la plus belle : en France les connaissances de l’Allemand sont en chute libre, la situation de l’enseignement du français en Allemagne ne se porte guère mieux. Peut – être qu’un projet ambitieux franco-allemand comme la candidature commune de la France et de l’Allemagne pourrait donner un nouveau souffle aux relations franco-allemandes, qui semblent  un peu s’être endormies  les dernières années. Il faut avouer que personnellement je ne suis pas un « grand fan » de ces jeux olympiques, hyper commercialisés de nos jours  et bourrés d’interprétations « géopolitiques ». Les seuls jeux d’été que j’ai un peu suivis furent ceux de Munich 1972, Montreal 1976, Barcelone 1992 et Londres 2012. La cérémonie d’ouverture de Londres , cette cérémonie « very british » me rappela des souvenirs d’enfance , mes cours d’anglais au Gymnasium Schramberg : ces cours d’anglais fut very British où les Etats-Unis n’apparurent  qu’après trois ans de cours, avant c’était Beowulf & Grendel, the Bayeux tapestry, Eward Jenner, Florence Nightingale, Ruyard Kipling, – et naturellement la grandeur du « Commonwealth » ; les Etats Unis apparaissent enfin après trois longues années d’études dans notre livre d’anglais dans le chapitre sur les pilgrim fathers et du Mayflower.

Parlant de souvenirs d’enfance, je rajouterai que la référence de ma génération ce fut et cela le restera certainement les jeux de Munich 1972, – même si ces jeux furent lourdement entaché par la Prise d’otages des Jeux olympiques de Munich  (Très bon article dans la Süddeutsche Zeitung du 25.08.2012 sur cette tragédie: Eine Frage der Schuld Vor 40 Jahren verloren die Olympischen Spiele in München ihre fröhliche Leichtigkeit. Ein Besuch bei zwei Männern, die die Katastrophe nicht verhindern konnten)  Mes héros personnels des jeux de Munich,  on ne parlait encore guère de dopage ou celui-ci fut restreint aux pays satellites de l’URSS, comme par exemple la RDA, – c’étaient surtout Mark Spitz, mais aussi Heide Rosendahl et Ulrike Meyfahrt. Nous fumes tellement impressionnés par ces jeux de Munich, que sous l’impulsion des frères Mauch et Lerch la « Lärchenwegolympiade » fut organisée durant les étés 1972, 1973 pour les bambins du Lärchenweg, de la Schultheiß-Eberhardt Strasse, le Ginsterweg et la Dr. Helmuth Junghans Straße. En fait une partie des jeunes enfants entre 6 -10 ans du quartier « Eckenhof » de Schramberg-Sulgen, des années 1972, 1973, participait à la « Lärchenwegolympiade ». La « Lärchenwegolypmpiade » est certes oubliée de nos jours, je dirais que même à Schramberg  il n’y a certainement plus beaucoup de personnes que se souviennent de ce mémorable évènement de culture populaire sportive. Par contre l’idée  de Julian Jappert, d’une l’idée d’une candidature transfrontalière commune des villes de Strasbourg et de Kehl aux JO 2024 mériterait une grande audience publique et un vrai débat – car je pense que cette idée pourrait apporter un  nouveau souffle dans les relations franco-allemands, – et même peut être aussi rajeunir l’idée européenne ! Dommage, qu’apparemment ce projet intéressant formulé initialement par Julian Jappert semble tomber plus vite dans l’oubli, que la « Lärchenwegolympiade » de mon enfance à Schramberg-Sulgen.

Ecrit le 25.08.2012, publié le 26.08.2012

Christophe Neff

Blognotiz 22.08.2012: Eine gemeinsame französisch-deutsche Olympiabewerbung für Strasbourg- Kehl als Austragungsort für die Olympischen Sommerspiele 2024?

Im Le Monde.fr hat Julian Jappert am 21.8.2012, der Gründer und Direktor des Think Thank „Sport et Citoyenneté“, unter dem Titel „Une candidature franco-allemande aux JO 2024 ?“ (Eine französisch-deutsche Kandidatur für Olympischen Spiele 2012), einen interessanten Diskussionsbeitrag veröffentlicht. Dieser Diskussionsbeitrag verdient es in Deutschland wahrgenommen und diskutiert zu werden, auch wenn die olympischen Statuten bisher eine bi. bzw. transnationale Bewerbung für einen Austragungsort nicht erlauben. Diese Statuten ließen sich aber bestimmt ändern! Ich denke, dass eine gemeinsame Bewerbung Strasbourg-Kehl, so wie das von Jappert formuliert wurde, eine schöne Idee ist, die es verdient etwas intensiver diskutiert zu werden! Darüber hinaus hätte diese Idee auch den Charme, die etwas eingeschlafenen dt.-franz. Beziehungen wieder zu beleben. Am 22. Januar 2013, wird man mit großen Worten, das fünfzig Jährige Bestehen, des Élysée-Vertrages feiern, aber die Realität hinter diesen Worten, sieht leider oft recht trist aus. Im deutschen Schulwesen, verliert das Französische als Fremdsprache immer mehr an Bedeutung, manchmal hat es geradezu ein schlechte Presse, – ich denke dabei an den herablassenden Beitrag von Jan Friedmann „Shakira schlägt Jacques Brel“ im Spiegel 37/2011 (Lesenswert die Antwort von H.Wittmann im Frankreichblog:“Das Französisch verdient mehr Aufmerksamkeit“) über die Beliebtheit des Faches Französisch im deutschen Schulwesen. Gleicher Jan Friedmann hat übrigens einen lesenswerten Beitrag „Das Intello-Idiom“ über die Stellung des Deutschen als Fremdsprache im französischen Schulwesen, im Spiegel 33/2012 geschrieben. Trotz großer Lobbyarbeit für das Deutsch als Fremdsprache, verliert das Deutsche im französischen Schulwesen, immer mehr an Bedeutung. Während es in Deutschland derzeit noch keinen eklatanten Mangel an Französischlehrern gibt, – stellt sich in Frankreich die Situation schon anders dar – es fehlen ganz einfach oft Deutschlehrer  für den Deutschunterricht an den weiterführenden Schulen. Vielleicht würde eine gemeinsame Olympiabewerbung der Städte Strasbourg und Kehl diese Sprachproblematik(en) auch lindern helfen. Jenseits alles sprachpolitischen/geographischen Überlegungen – eine Gemeinsame Olympia Bewerbung der Städte Strasbourg und Kehl – hätte soweit Sie denn von Erfolg gekrönt wäre – bestimmt nachhaltig positive Auswirkungen für die Region Alsace, für das Land Baden-Württemberg (nicht nur für den badischen Landesteil), und soweit man die Regio Pamina noch einbezieht, auch für das Land Rheinland-Pfalz. Rheinland-Pfalz würde von solch einer binationalen dt.-franz. Olympiaidee bestimmt weit mehr profitieren als vom Nürburg-Ring Projekt, welches zur Zeit für beträchtliche Wogen sorgt. Vielleicht würde sich sogar noch eine Verwendung für das leerstehende Gebäude des ehemaligen Schramberger Krankenhaus finden – worüber wir im Buch „Das ist Schramberg (1967, p. 156)“ – folgende Worte finden“ Das neue Krankenhaus steht, ein wohlgelungenes Werk des Architekten Godehard Schwetthelm aus München. Sorge bereitet einer kleinen Stadtgemeinde aber, ein solches Haus zu unterhalten“. Wohl wahr die Worte die da vor über vierzig Jahren in „Das ist Schramberg“ formuliert wurden, – ja vielleicht gelänge es mittels einer Olympiabewerbung – das wohlgelungene Werk des Architekten Godehard Schwethelm mit neuem Leben zu füllen.

Ganz im Ernst, – die von Julian Jappert formulierte Idee einer gemeinsamen französisch-deutschen Olympiabewerbung mit den Austragungsorten Strasbourg-Kehl, – ist eine orginelle Idee die es verdient auch Deutschland wahrgenommen und intensiv diskutiert zu werden. Eine grenzüberschreitende Olympiade am Oberrhein mit den Städten Strasbourg & Kehl als Austragungsort – das ist, so will ich meinen, eine „wahrhaft“ olympische Idee!

Zitierte Artikel und Bücher:

Friedmann, Jan (2011): Bildung Shakira schlägt Jacques Brel. In: Der Spiegel, 37/2011, p. 50.

Friedmann, Jan (2012): Das Intello-Idiom. Deutsch ist bei Frankreichs Schülern unbeliebt. Trotz Nachfrage aus der Wirtschaft und einer emsigen Lobby bleibt es hinter der Trendsprache Spanisch zurück. In: Der Spiegel, 33/2012, p. 55

Jappert, Julian (2012): Une candidature franco-allemande aux JO 2024? Le Monde.fr/Sport. 21.08.2012

Stadt Schramberg (Hg.): Das ist Schramberg. Die Uhren und Fünftälerstadt im Schwarzwald. Schramberg 1967.

Christophe Neff, 22.8.2012

Blognotice 11.08.2012: La Raumschaft Schramberg & Gerbersau

La Raumschaft Schramberg n’est certainement pas Gerbersau (Vallée des tanneurs – durant la jeunesse de Hesse à CalwCalw et ses environs fut encore un important centre de la tannerie de la vallée de la Nagold(voire aussi Schnierle – Lutz 2011)), – synonyme que Hermann Hesse utilisait pour décrire Calw et ses environs dans le Nord de la Forêt Noire, – mais le jour où l’Allemagne littéraire se souvenait de Hermann Hesse (50ème  anniversaire du  décès de Hermann Hesse), j’avais écrit par coïncidence un petit article sur la Raumschaft Schramberg pour la Wikipedia.fr. En fait l’Allemagne littéraire & culturelle commémorait ce jour l’écrivain suisse mort à Montagnola le 9. Aout 1962, né à Calw le 2 juillet 1877, dont l’œuvre est considérée comme une des plus lues (et connues/traduites) des écrivains de langue allemande  au niveau mondial actuellement.  Nous avons donc eu droit ce jour, cette semaine, – dans les medias allemands  à des billets, textes,  émissions de radios, un film de télévision (Die Heimkehr ),  en mémoire de Hermann Hesse. Personnellement j’ai particulièrement aimé le texte de Matthias Matussek  dans le dernier Spiegel «Ich mach mein Ding».  Mais on pourrait naturellement aussi se demander, qui en dehors du reliquat du Bildungsbürgertum, lit encore Hesse de nos jours en Allemagne. La Raumschaft Schramberg n’est pas Gerbersau, –  mais c’est entre les vallées étroites et les forêts sombres, les sapinières des Monts & Montagnes de la Raumschaft Schramberg, – que j’avais dévoré mes premiers Hesse, – Peter Camenzind, Narziß und Goldmund (Narcisse et Goldmund), der Steppenwolf (Le Loup des steppes) et surtout « Unterm Rad (L’Ornière), Unterm Rad, – comme le Schüler Gerber de Friedrich Torberg, étaient durant mes années lycéennes au Gymnasium Schramberg une de mes lectures préférés, – comme Hermann Hesse j’étais plutôt mauvais  élève, – ayant redoublé la 8ème  classe (achte Klasse) – et ayant durant une grande partie de ma carrière scolaire des relations plutôt difficiles avec une partie du corps enseignant. Le gymnasium Schramberg, les montres & horloges Junghans, la gare de chemins de fer, le Krankenhaus Schramberg, – tout cela représentait jadis le centre de la Raumschaft Schramberg. Le trafic voyageur de ligne de chemin de fer Schiltach-Schramberg fut abandonné en 1959, le trafic marchandises en 1989, la ligne fut fermée à tout trafic en 1991, – et la ligne partiellement déferrée en 1992. L’ horlogerie Junghans, qui était  jadis le symbole de la Raumschaft et de la ville de Schramberg, – la Raumschaft Schramberg était le bassin employeur des Junghans Uhren, – ont vécu déjà une histoire houleuse,  mais les montres Junghans ont le mérite d’exister encore. Il y a quelques années la Raumschaft Schramberg était considérée comme le bassin  de drainage (Einzugsbereich) du Schramberger Krankenhaus, l’ Hôpital de Schramberg, – mais une fois un des symboles de la Raumschaft Schramberg,  le Schramberger Krankenhaus fut victime des changements globaux, de la désertification médicale  ,il  fut fermé en Octobre 2011. A part les restes de Junghans Uhren, – qui doivent leur  survie économique après la faillite d’ août 2008  à l’ entrepreneur Hans-Jochem Steim qui reprit  le Junghans Uhren avec son fils Hannes Steim en février 2009, il ne reste donc en fait que le lycée de Schramberg, -le Gymnasium Schramberg – cet endroit où je découvris l’œuvre de Hermann Hesse dans les étagères de la bibliothèque de cette école (Schülerbibliothek des Gymnasium Schramberg) – plus trop de l’importance socio-économique de ce qui fut une fois la Raumschaft Schramberg, – une importante région géographique, une région industrielle historique de l’horlogerie et de la mécanique fine de la moyenne Forêt noire (mittlerer Schwarzwald). De nos jours donc – la Raumschaft Schramberg qu’on pourrait peut-être  caractériser avec le « Einzugsbereich » du Gymnasium Schramberg – la zone de rayonnement du Schramberger Gymnasium. Et si on me demandait – quels paysages fondent la matrice de la Raumschaft Schramberg – je répondrais peut-être  les fonds de vallées abruptes (vallée de la Schiltach, vallée de la Berneck, Schramberger Talkessel) – les sapinières des flancs de montagne, – les « Buntsandsteinsargdeckel (les couvert de cercueils en Grès bigarré qui forment les hauteurs de la Raumschaft Schramberg), les paysages, prés, forêts du Fohrenbühl avec ses boqueteaus  d‘Houx, – et peut être les floraisons de Rhododendron au Stadtpark (Rhododendronblüte), parc qui se dénomme jadis Park der Zeiten (parc des temps) – nom qui rappelle  l’importance historique de l’industrie horlogère et de mécanique fine. Non la Raumschaft Schramberg n’est certainement pas «Gerbersau» – mais c’est dans les paysages de la Raumschaft Schramberg que je découvris l’œuvre d’Hermann Hesse. Comme Gerbersau la Raumschaft Schramberg fait partie de la Forêt Noire. A Gerbersau dans l’imaginaire de Hermann Hesse se mélangeait réalité personnelle vécue avec la réalité géographique et historique d’une entité géographique fortement influencée par le piétisme souabe, la Raumschaft Schramberg n’a apparemment pas encore laissé de grande traces dans l’histoire littéraire allemande (à part le roman « Größer als des Menschen Herz » de Vinzenz Erath) – mais au contraire de Gerbersau la Raumschaft Schramberg a le mérite d’avoir une existence réelle au-delà de l’ imaginaire, – même si son importance socio-économique actuellement semble de se rétrécir comme une peau de chagrin! Dans mon imaginaire personnel, – la Raumschaft Schramberg a des traits communs avec le Gerbersau de Hesse, il faudrait peut-être une fois de plus relire «unterm Rad» et autres écrits de Hesse – que j’avais dévorés pendant ma jeunesse lycéenne dans la Raumschaft Schramberg.

Ouvrage cité :

Matussek, Matthias (2012): Ich mach mein Ding. Hermann Hesse gehört nach seinem Tod zu den auflagenstärksten Schriftstellern der Welt – in seiner Heimat wird es bis heute verachtet oder verklärt und fast immer missverstanden. Eine Rechtfertigung. In: Der Spiegel, 32/2012, 125-132. (lien vers le texte, sans images, ici chez Matussek)

Schnierle-Lutz, Herbert (2011): Hermann Hesse und seine Heimatstadt Calw. Chronologie eines wechselvollen Verhältnisses. Kleine Reihe, Archiv der Stadt Calw, 26. ISBN 978-3-939148-29-6.

Christophe Neff, le 11.8.2012

En souvenir d’André Weckmann – der Sprachbrückenbauer – le bâtisseur de passerelles linguistiques

En revenant de deux semaines de vacances en France, je découvris en lisant la Wochenendausgabe de la Rheinpfalz qu’André Weckmann était décédé le 29 juillet à Strasbourg. La Rheinpfalz avait publié un belle nécrologie d‘ André Weckmann écrite par Bärbel Nückler sous le titre « Der Sprach-Brückenbauer – Nachruf: – In dieser Woche starb der elsässische Dichter André Weckmann- Erinnerung an eine große literarische Stimme am Oberrhein». La nouvelle ne parvenait pas dans le Midi français, – les medias nationaux n’avaient pas transporté le triste message du décès d’André Weckmann, – celui-ci restait confinée entre les Vosges et la plaine rhénane. J’aurais tellement aimé  lire une belle nécrologie dans le Monde, ou dans la République des lettres,- mais presque rien – sauf  la très réussie nécrologie de Claude Keiflin « André Weckmann: « J’ai toujours eu de la chance » » publiée dans les blogs le Monde. Est-ce  que la France médiatique aurait un une fois de plus peu oublié l’Alsace, – oublié l’ancien malgré-nous qui déserta pour rejoindre les FFI, le chantre du bilinguisme, le poète des messages d’espérances et d’humanisme. En fait le grand public français avait que  découvert André Weckmann grâce à sa lettre de soutien à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier pendant leur enlèvement en Afghanistan – lettre qui fut lue le 28 février 2011, par le comédien Charles Berling à Paris et l’enregistrement fut diffusé sur RFI. Dans cette lettre André Weckmann nous parle des peurs et des angoisses qu’il ressentit dans la cave à Steinbourg où il se cachait pour se soustraire à la Wehrmacht – après avoir déjà été blessé à trois reprises sur le front de l’est comme incorporé de force dans l’armée hitlérienne , sachant bien que, si l’occupant allemand l’attrapait il serait exécuté, pendu – un châtiment exemplaire pour disséminer la peur en Alsace. Après la guerre André Weckmann, devenu Professeur d’Allemand, écrivain, poète, humaniste , fut aussi un des bâtisseurs de la réconciliation franco-allemande. J’aurais aimé qu’on  parle  plus du décès d’André Weckmann dans la France de nos jours, sur l’œuvre littéraire, sur l’homme qui contribua à la réconciliation franco-allemande. J’ai parfois l’impression que l’œuvre littéraire de Weckmann est actuellement plus présente dans les milieux littéraires allemands que français. Mais peut-être  me trompé-je. Peut-être pourrait- on rééditer son premier roman « Les Nuits de Fastov » pour que l’auteur ne sombre  pas dans l’oubli en dehors de ses terres natales entre Steinbourg et Strasbourg.

Le dernier récit de Weckmann que j’ai lu était le « Babbaschott » publié dans un numéro spécial du magazine littéraire « Allmende » consacré à la littérature & paysages alsaciens (Allmende 87/Literarische Landschaften-das Elsass). C’est une fable sur les paysages ruraux de l’Alsace contemporaine, écrit en « Hochdeutsch » mélangé ici et là avec des expressions françaises, parsemé de  vers en « Elsässerditsch » – dont je me permets de reproduire le dernier publié dans le récit « Babbaschot ».

« Luej

dr owed het saim

heer

der wind raitzelt in de baim

spier

d wärme von der letschte traim (Weckmann, André 2011, 58).»

 

Textes cités:

Nückler, Bärbel (2012): Der Sprach-Brückenbauer – Nachruf: – In dieser Woche starb der elsässische Dichter André Weckmann- Erinnerung an eine große literarische Stimme am Oberrhein. In : Die Rheinpfalz Nr. 180, – Balkon: Über Grenzen. Samstag 4. August 2012.

Weckmann, André (2011): Babbaschott. In: Allmende, Zeitschrift für Literatur, 87, 31. Jahr, Juli 2011: Literarische Landschaften – Das Elsass, p. 45- 58, Karlsruhe, ISBN 978-3-88190-639-5

Christophe Neff, le 7.08.2012

Blognotice 21.7.2012

C’est en sortant de Karlsruhe,  le mercredi soir 18.7.2012, vers Graben que je découvris les premières moissonneuses-batteuses  de cet été, jeudi soir aussi quelques rare exemplaires dans le Leiningerland. Enfin, avec le début de la moisson des céréales d’hiver surtout la Wintergerste (orge d’hiver) et le Winterweizen (blé d’hiver) le Hochsommer (plein été) débute réellement en Allemagne,  ceci avec quelques semaines de retard, car la pluie presque incessante a retardé la moisson. Et en plus, la pluie et l’humidité gênent la moisson : les lourdes moissonneuses – batteuses sont handicapées par l’humidité – et elles risquent de s’enfoncer dans les champs. Donc dans beaucoup d’endroits en Allemagne la moisson de céréales attend de meilleurs jours,  surtout un peu plus de soleil pour que les moissonneuses puissent enfin commencer à travailler réellement. Pendant ce temps les allemands partent en vacances : à la recherche du soleil – si on en croit le SPON – « Bloß weg: Deutsche Urlauber fliehen vor Regensommer » ils sont en train de prendre les rives de la méditerrané à l’ assaut. Les céréales en Allemagne pourrissent sur les champs, faute de moissonneuses adaptées, légères qui pourraient aussi s’aventurer dans les champs humides  et les cours mondiaux des céréales ne cessent de grimper. Aux Etats-Unis, une grande sècheresse est en train d’assécher les Midwest,  cela n’a pas encore atteint les dimensions du Great Dust Bowl, les scènes de désolation dans les plaines du Oklahoma que John Steinbeck décrit majestueusement dans « les raisins de la colère » , mais les images se ressemblent  et les cours des céréales flambent. Cela me rappelle un peu le film « Septemberweizen (blé de septembre) » de Peter Krieg. C’est un film sur la faim, la spéculation des céréales  qui sortit au début des années 1980,et a reçu beaucoup des prix et de récompenses ,mais le film est complètement tombé à l’oubli de nos jours. Cependant les mécanismes décrits dans ce film n’ont guère changé depuis. Cet été les prix de céréales vont flamber, à cause de la sècheresse aux U.S.A, ici en Allemagne à cause d’un temps trop humide, – quelques rares « traders » vont se frotter les mains et encore une fois de plus rapporter une grosse cagnotte, – et beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants vont avoir faim, très faim. « Panem nostrum quotidianum da nobis hodie – Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, – unser tägliches Brot gib uns heute – c’est à ces mots que je pense – quand je vois les champs de céréales dans le « Oberrheingraben », qui attendent qu’enfin l’humidité disparaisse et que les moissonneuses-batteuses puissent commencer leur vrai travail, afin qu’il ne soit pas trop tard et que le grain pourrisse sur la tige.  L’homme ne pourra jamais influencer les fluctuations du climat, les caprices de la météo, mais il pourrait certainement arrêter la spéculation des céréales si seulement il en avait la réelle volonté.

Christophe Neff, le 21.7.2012

Été 2012: foudres et orages sur le Fohrenbühl

Nous passions la nuit du 28 au 29 juin 2012 à l’hôtel Adler au Fohrenbühl. Nous, c’était un petit groupe d’étudiants et moi en tournée de prospection pour un petit projet de recherche de dynamique végétale & dynamique de paysages dans la Raumschaft Schramberg. Le soir du 28 juin il faisait assez lourd, – et déjà ici et là  les premiers orages éclataient sur la partie nord de la Forêt Noire. Nous regardions avec le « Stammtisch » de l’Adler le match Allemagne – Italie. L’ambiance était électrique – le Stammtisch avait assez vite « découvert » que « Mario Balotelli » était une menace pour la Mannschaft. En  fin de match c’était une certitude, – Super Mario  avait littéralement achevé la Mannschaft. Le Stammtisch se levaient, déprimés – fatigués, – et prirent  le chemin vers les fermes isolées entre Windkapf, Fohrenbühl, Schondelhöhe et Moosenmättle. Une dernière bière, – un dernier Willi, – et la lourde nuit s’étalait sur les cimes des Pins sylvestres et  des Sapins du Fohrenbühl. Il faisait chaud et lourd. Lentement le sommeil s’emparait du paysage. A deux heures et demie  du matin, 2.30 exactement les fermes isolées du Fohrenbühl furent réveillées par un énorme coup de tonnerre, – la foudre venait  pour une fois de plus d’atterrir sur les sommets du Fohrenbühl. C’est ainsi que débuta une vague d’orages et une période de mauvais temps sur le Sud de l’Allemagne, qui depuis perdure plus ou moins. Orages, averses orageuse depuis sont à l’ordre du jour, et ici et la foudre tue – comme le 1.7.2012 – quand la foudre atteignit un groupe de « golfeuses » dans le land de Hesse. En Allemagne on  redécouvrait une fois de plus que la foudre  peut être mortelle , car les sociétés industrielles  ont tendance à sous-estimer les risques  que peuvent engendrer les orages. Le matin du 29.6 au Fohrenbühl, – Mario Balotelli, la défaite de la Mannschaft, – la crise de l’euro – tout cela semblait être oublié – reculait au second plan devant la force de la nature. On se téléphonait, pour savoir si tout allait bien, – pour s’assurer que ni ferme, étable et bêtes n’ étaient touchés par la foudre. En fait la foudre était descendue  dans une des forêts limitrophes , la terre avait tremblé, – le tonnerre avait déchiré le ciel et la lourdeur de l’air. Le Adlerwirt m’expliquait que depuis l’électrification de la Schwarzwaldbahn, et  la construction d’une ligne de Haute tension pour alimenter cette ligne de chemins de fer en électricité, les trajets de ces fameux orages remontant de France par la vallée de la Kinzig ( Orages dont j’avais déjà un peu parlé entre autres dans la Blognotice 19.5.2012: décidément la météo  ! ) avaient changé de trajectoire. La ligne de Haut-tension construite pour l’alimentation en énergie électrique de la Schwarzwaldbahn, d’après son impression, attirait systématique les orages et la foudre. En plus la Schondelhöhe essuyait de plus en plus de « foudre ».

Depuis cette nuit du 28 au 29. Juin 2012 – orages, averses orageuses etc. se succédaient dans le Sud de l’Allemagne- et en ce moment même où j’écris ces lignes une nouvelle bande orageuse traverse la Forêt noire. Orages, averses orageuses et beaucoup de pluies ,ce pluies qui  font ressurgir le souvenir d’un livre que j’avais dévoré dans ma jeunesse adolescente –  A Farewell to Arms – et qui vient d’être réédité dans une version bibliophile qui contient en version facsimilée une partie des manuscrits originaux et la couverture originale du livre de Hemingway, – dont un article de Julie Bosmann de la NYT et un billet de la RDL nous annonce l’existence. Cette nouvelle édition pourrait peut-être me rafraîchir la mémoire,  et de voir si vraiment ce roman d’inspiration autobiographique de Hemingway se passe réellement  sous la pluie comme les souvenirs de mes lectures me le font croire. J’avais lu le livre dans sa traduction allemande – In einem anderem Land – et il y a quelques années quelques chapitres dans la version originale.

En attendant la sortie de cette version « bibliophile » de « A Farewell to Arms » –  une fois de plus –pendant que j’écris ces mots, le tonnerre gronde sur le Leiningerland et je pense à un autre pays actuellement submergé par des pluies et flots diluviens –  le Sud-Ouest du Japon. On n’en parle guère ici en Europe. Apres le Tsunami, Fukushima – même si cette « catastrophe naturelle » n’a pas le même ordre de grandeur que le Tsunami et la catastrophe de Fukushima – le Japon est une fois de plus confronté aux « démons » de la nature. Je me rappelle  encore ces images parvenant du Japon juste après le Tsunami – un pays en détresse – couvert par des chutes des neiges incessantes – me rappelant d’autres lectures,  aux « pays de neige » de Kawabata. L’orage gronde encore sur le Leinigerland, – le DWD vient de sortir une « Amtliche WARNUNG vor GEWITTER mit STARKREGEN“ pour l’arrondissement de Bad Dürkheim ; le ciel s’assombrit, la période de mauvais temps sur le Sud de l’Allemagne semble perdurer  encore pour  quelque temps. Même dans nos sociétés post-industrielles, nous ne  sommes jamais à l’abri des caprices de la météo, de l’humeur de la nature.

Ecrit pendant un orage de juillet à Grünstadt, le 15.07.2012, publié le 15.07.2012

Christophe Neff.

Blognotice 8.7.2012

François Hollande et Angela Merkel ont célébré, dimanche 8 juillet à Reims, les 50 ans de la réconciliation franco-allemande, scellée dans la cathédrale de cette ville le 8 juillet 1962 par le général de Gaulle et le chancelier chrétien-démocrate Konrad Adenauer.  L’Editorial du dernier Monde est intitulé – Pour un nouveau traité franco-allemand – et nous propose un renouveau du traité franco-allemand – un nouveau traité franco-allemand. Belle paroles du dimanche, beaux symboles, pour cet acte courageux de Konrad Adenauer et de Charles de Gaulle, dans ce lieu historique, qui est la Cathédrale de Reims. Oui en juillet 1962, il fallait encore beaucoup de courage et de vision historique, pour entamer cette « réconciliation » historique franco-allemande, car les plaies de la deuxième guerre mondiale n’étaient guère cicatrisées. J’en sais quelque chose, de ces douleurs franco-allemandes, – mes parents formant un couple franco-allemand, se sont mariés en Aout 1962, – j’ai vu le monde en 1964, – ce rapprochement franco-allemand fut un acte courageux et hautement symbolique – et ceci à tous les niveaux. Naturellement ce projet fut d’abord un projet des élites politiques des deux côtés du Rhin, – mais ces élites ont  pu à travers ce projet rapprocher réellement une grande partie de la population française et de  la population de l’Allemagne de l’ouest, il faut le rappeler, car l’ Allemagne était encore divisée en deux états distincts, – mais depuis la réunification la donne a sensiblement changé, qu’on le veuille ou non. Dans le dernier Monde – on trouve une très remarquable analyse  de Frédéric Lemaître « Le  grand dessin de Angela Merkel » –  qui débute  avec ces mots mémorables  « La chancelière célèbre à Reims le 50e anniversaire de la réconciliation franco-allemande, dimanche 8juillet. Mais la France n’est plus son horizon. Angela Merkel est en campagne pour l’Europe de demain, une Europe qu’elle veut politique. Par conviction autant que par intérêt » qui résume en quelque part les grands changements de la politique franco-allemande comme elle est actuellement pensée sur les rives de la Spree.  Oui en écrivant « Si jamais, à Reims, l’émotion est au rendez-vous, elle risque de n’être que fugitive », Fréderic Lemaitre décrit avec une précisions remarquable ce qui se passe actuellement dans le Berlin politique. Le « succès story » du rapprochement franco-allemand, – cela se passait dans les années 1970 et 1980, – échanges de classe, jumelage franco-allemand, – c’était en partie dû au travail remarquable du Deutsch-Französische Jugendwerk. Mais aujourd’hui en dehors de belles paroles de dimanche – on peut légitiment se demander ce qu’il reste de l’effort courageux de Konrad Adenauer et de Charles de Gaulle. En France l’enseignement de l’allemand régresse. Combien des élus de la XIVe législature de la Cinquième République française qui siègent au Palais Bourbon  peuvent encore s’exprimer dans la langue de Goethe?  Combien des « Bundestagsabgeordnete » maitrisent encore le français ? Au niveau du Bundestag il n’en reste pas beaucoup, Gunther Krichbaum, Peter Altmeier, Andreas Schockenhoff et Wolfgang Schäuble de la CDU, Claudia Roth des verts, Ernst Burgbacher de la FDP, ce sont les noms de membres du Bundestag qui sont souvent  cités par les medias allemands comme « francophones ». La SPD manque à l’appel, – il y a certes peut être des « Bundestagsabgeordnete » membres de la SPD Bundestagsfraktion francophones  – mais ils ne se sont a priori pas fait connaitre par les medias – travailler au quotidien pour le « rapprochement » franco-allemand n’étant pas considéré comme un travail prometteur pour une carrière politique en Allemagne.

Personnellement je crois qu’un réel rapprochement franco-allemand sur le terrain du quotidien, se fera seulement par l’apprentissage mutuelle de la langue de l’autre – et ceci n’est pas gratuit, cela demande un effort collectif– et individuel des deux côtés du Rhin.  Oui apprendre la langue de l’autre, de faire l’effort de se plonger dans la culture de l’autre, d’essayer de « comprendre » la vie de l’autre – n’est pas gratuit, – mais je pense, que, au-delà des symboles des commémorations des anniversaires historiques, – c’est le seul moyen pour assurer dans la durée ce que Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ont fait débuter durant cette messe historique à la Cathédrale de Reims le 8 juillet 1962.

Sources citées:

Lemaître, Frédéric (2012):  Le  grand dessin de Angela Merkel. Le Monde Dimanche 8, Lundi 9 Juillet 2012, décryptages ENQUÊTE, page 13.

Christophe Neff, le 8.7.2012

Blognotice 1.07.2012: orages sur l’Allemagne …

L’Allemagne est actuellement touchée par une vague d’orages, faisant ici et de considérables dégâts. Travaillant avec des étudiants en Forêt Noire pendant les derniers jours de la semaine dernière, nous fûmes aussi concernés pas ces orages, car nos travaux de terrains sur quelques sites botaniques de la Raumschaft Schramberg furent aussi quelques peu perturbés par ces orages. Pendant que les sapinières suant d’humidité, crachant des vapeurs de nuage, – la radio nous apprit une bonne nouvelle de l’autre part de l’atlantique – la Cour suprême des Etats Unis vient de valider la réforme de l’assurance-maladie, le projet emblématique du mandat de Barack Obama. Je me réjouissais de cette bonne nouvelle – et me revinrent les souvenirs des premières phrases des raisins de la colère, du périple de la famille « Joad » à travers les Etats Unis. « To the red country and a part to the gray country of Oklahoma, the last rains came gently, and they did not cut the scarred earth. The plows crossed  and recrossed the rivulets marks(Steinbeck, J. 2000, 3)”.  Enfin, presque 80 ans après le Great Dust Bowl et le New Deal de Franklin Delano Roosevelt , – les Etats Unis se dotent enfin d’un système d’assurance maladie digne de ce nom. A  mon retour de Forêt Noire je découvris aussi le très bon commentaire «  The Real Winners » de Paul Krugman dans la NYT sur cette décision historique du Supreme Court.

Mais  je découvris une autre nouvelle, – bien plus négative – qui me rappelait la  destruction des Bouddhas de Bamyan, dans le centre de l’Afghanistan en mars 2001, –   à Tombouctou, les islamistes détruisent les mausolées musulmans. Je l’avais déjà écrit il y a quelques semaines –  nous sommes les témoins d’une réelle afghanisation de la région du Sahel sous la main mise de  AQMI ! Notons que même le SPON a mis les événements de Tomboctou à la une !

Afghanisation ou Somalisation les images se ressemblent –  l’afghanisation du Sahel   va certainement nous encore faire payer un prix fort ! Même s’il n’y a priori pas de lien direct – les propos  de  Abdou Diouf dénonçant le désintérêt de la France pour la francophonie sont alarmants, il faudrait aussi se souvenir qu’une grande partie du Sahel ce sont aussi des états francophones. Le Mali est aussi un état francophone, il faudrait peut-être le rappeler ici et là à Paris.  Et il faudrait aussi constater que l’avenir du français est en Afrique et enfin s’intéresser un peu de plus près à ce qui se  passe en Afrique avant qu’il ne soit trop tard !

Je finis cette petite blog notice – on nous annonce encore de forts orages dans le Sud de l’Allemagne. Je vais essayer de finir le dernier Bienzle – « Adieu Bienzle » – j’avais débuter les Bienzle – avec « Bienzle und die schöne Lau » – c’est un ami de Schramberg avec lequel je passai mes années étudiantes à Mannheim qui m’avait offert « Bienzle und die schöne Lau », – et c’est avec ce livre que je découvris la série des Blienzle, – mais aussi l’œuvre et la poésie de Eduard Mörike – car Bienzle und die schöne Lau – c’est une réminiscence du Stuttgarter Hutzelmännchen – l’ Histoire de Lau la Belle (Die schöne Lau)  de Mörike.

Livres  cités :

Huby, Felix (1985): Bienzle und die schöne Lau.

Huby, Felix(2011): Adieu Bienzle. Fischer Taschenbuchverlag Frankfurt am Main. ISBN 978-3-596-19142-0

Steinbeck, John (2000) : The Grapes of Wrath. Penguin Books.  Copyright John Steinbeck 1939, first published in the United States of America by the Viking Press 1939. ISBN 0-140-29292-6

Christophe Neff, 1.07.2012

Blognotice 23.6.2012: „Frei-Bild für alle!“ – un petit commentaire

Ce Samedi matin 23.06.2012 dans notre boîte aux lettres, nous avons trouvé un journal inhabituel, – nous avons eu droit comme 41 millions d’autre ménages allemands à un exemplaire du fameux „Bild“ – une Sonderausgabe (édition spéciale) pour le soixantième anniversaire du tabloïd allemand – que la maison Springer a offerte à tous les ménages allemands. Dans cette Sonderausgabe – pas beaucoup de lecture – Bild – c’est l’image et la photo – sauf peut-être l’interview de l’ex- chancelier Gerhard Schröder « Warum braucht man zum Regieren Bild, BamS und Glotze Herr Schröder ? (Pourquoi pour gouverner a-t-on besoin de Bild, Bild am Sonntag et de la Télé Monsieur Schröder ?). En dehors de cela – rien de nouveau sur la planète Bild ! Mon avis personnel sur « la Bildzeitung »n’a pas changé depuis ce jour où j’empruntai ce petit livre de poche dans la bibliothèque de mon père au Lärchenweg – sur la couverture du livre entre deux chaises vides une dame vêtue de noir, tenant un journal sur le genou gauche   –  die verlorene Ehre der Katharina Blum (L’Honneur perdu de Katharina Blum) – et  où j’ai lu ces mots dans « prolog » de ce petit roman de Heinrich Böll „Personen und Handlung dieser Erzählung sind frei erfunden. Sollten sich bei der Schilderung gewisser journalistischer Praktiken Ähnlichkeiten mit den Praktiken der Bild-Zeitung ergeben haben, so sind diese Ähnlichkeiten weder beabsichtigt noch zufällig, sondern unvermeidlich.“ (« L’action et les personnages de ce récit sont imaginaires. Si certaines pratiques journalistiques décrites dans ces pages offrent des ressemblances avec celles du journal Bild, ces ressemblances ne sont ni intentionnelles ni fortuites mais tout bonnement inévitables. »). Le roman de Heinrich Böll « die verlorene Ehre der Katharina Blum » est quasiment tombé à l’oubli en Allemagne, et néanmoins Bild fait toujours partie du paysage médiatique allemand. Ajoutons à cela que l’œuvre littéraire de Böll en dehors de quelques cercles littéraires ne fait guère partie du bagage littéraire allemand contemporain.

Concernant le Bild, je ne le lis pas. Pour les interviews c’est un peu plus difficile. Pendant l’été 2006, – le fameux Saharasommer – le Bild voulait faire une interview sur les incendies de forêts ravageant différents pays méditerranéen. J’avais prié les services presse de l’université de Karlsruhe de ne pas accepter les demandes d’interview du Bild, mais impossible,  j’y étais obligé , car comme mes recherches étaient financées  par le contribuable allemand, pas de choix  la Bild avait droit à une interview. Mais comme je ne prévoyais pas d’incendie catastrophique, ni la fin du monde pour les forêts portugaises, espagnoles … en fait après tout il n’était pas trop intéressé vu que je n’annonçais pas un Armageddon pour les forêts méditerranéennes. Car le Bild c’est ça : scandale, catastrophe, fin du monde permanente. Et gare aux « personnages » qui sont dans le collimateur du Bild – ils sont réduits au néant médiatique, au néant tout simplement! La façon dont la Bild traita l’ancien président Christian Wulff durant sa chute, pour évoquer un exemple récent, montra que depuis le récit de Böll en fait rien n’a changé au Bild. Ne partageant pourtant pas les opinions politiques de Monsieur Wulff je fus scandalisé par la manière dont l’ancien président allemand fut « achevé médiatiquement » par le  Bild.

Même chose pour cette monstrueuse campagne contre la Grèce, – même Schröder dans l’interview dans « la Frei – Bild für alle » l’a remarqué « Bild hat beim Thema Griechenland keine gute Rolle gespielt (La Bild na pas joue un rôle positive dans le thème grecque/crise grecque) » évoquant ce rôle douteux du Bild pendant les débuts de la crise grecque.

Donc pour conclure cette petite remarque sur le soixantième anniversaire du  Bild,   peut-être faudrait-il en ces jours relire le récit de Böll ( j’avais douze ans quand j’empruntai le livre dans la bibliothèque de mon père ) je me souviens encore de la place du livre dans l’étagère de la bibliothèque. La France et les français peuvent se sentir heureux de n’avoir pas de « Bild » français – ou quelque chose de semblable !

Œuvres et Interviews citées:

Bild (23.6.2012): Warum braucht man zum Regieren Bild, Bams und Glotze Herr Schröder? Interview von Kai Diekmann, Jörg Quoos und Frank Zauritz (Foto) mit Gerhard Schröder.

Böll, Heinrich (1974) : Die verlorene Ehre der Katharina Blum oder : Wie Gewalt enstehen und wohin Sie führen kann. Erzählung. München, Deutscher Taschenbuch Verlag  4. Auflage März 1976.

Ecrit le 23.6.2012, publié le 24.6.2012

Christophe Neff, Grünstadt