Blognotice 05.11.2012:

Les neiges d’octobre dans le Leiningerland (1,2) ont fait place aux pluies et brumes de Novembre. Un vrai temps de Brumaire,-  digne du calendrier républicain, des mots  «des brouillards & des brumes basses qui sont la transudation de la nature d’octobre en novembre » que le poète Fabre d’Églantine avait choisi pour désigner la période du 22. Octobre au 20. Novembre dans le Calendrier républicain français. Parfois pendant  de courts instants, le soleil de Novembre illumine vignobles et villages de la Unterhaardt. Mais à part ces quelques minutes de lumières et couleurs,  ce sont des paysages de brumes, des ondées,  les feuilles mortes emportées  par le vent de Novembre qui dominent les paysages de la Unterhaardt. Ce matin même via Facebook, je découvre mon cousin  Charles Sluznis accompagnant les feuilles mortes de Joseph Kosma dans une vidéo Daily motion, – me rappelant mes propres années étudiantes – des vraies années chantant – où nous chantions entre amis étudiants aussi bien des chansons françaises comme par exemple les feuilles mortes (ou en version anglaise automn leaves) – ou des blues américains (voire aussi Manne mer Deck (en allemand)) – ou même des chansons & blues allemands (Joey Fleming, Wolle Kriwanek  etc). Depuis, beaucoup de saisons ont passé, beaucoup de tempêtes se sont épanouies dans les paysages automnaux. Mais même de nos jours,  la nature des paysages, le temps,le  soleil et les  tempêtes peuvent encore influencer nos destins. Je crois que si Barack Obama réellement emporte un deuxième mandat à l’élection présidentielle aux U.S.A., ceci sera aussi du grâce à son management des conséquences dramatiques  de l’Ouragan Sandy. Je suis de très près la campagne présidentielle  aux U.S.A dans les medias allemands, français, et U.S. ,je pensais sincèrement que Mitt Romney avait toutes les chances d’ emporter les élections.  Encore mercredi dernier  après avoir lu le chat de Alain Frachon sur les derniers jours de la campagne présidentielles aux U.S.A je pensais que Mitt Romney allait gagner les élections présidentielles aux U.S.A d’une courte manche. Maintenant avec  les conséquences de l’ouragan Sandy, le soutien du maire de New York Michael Bloomberg, – Obama a peut encore une chance de gagner son second mandat présidentiel aux Etats-Unis. Tout cela ressemble un peu à la situation de Bundestagswahlen 2002 où le chancelier Schröder gagne son deuxième mandat d’un courte manche grâce à son management remarquable des conséquences du Elbhochwasser face à son adversaire Edmund Stoiber. Quoi qu’il arrive, – les années Obama ont déjà laissé leurs traces dans le paysage littéraire français – La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker –  roman qui a grande chance de remporter le prochain Prix Goncourt, – et qui semble être un grand roman sur l’Amérique contemporaine. Personnellement je crois plutôt que sera Lame de fond de Linda Lê qui pourrait remporter le Goncourt. Mais comme pour les élections américaines – wait and see – en attendant les résultats des deux évènement j’observe le vent du Nord emporter les feuilles mortes des vignobles de la Unterhaardt, des forêts du Leiningerland..et le vent du nord les emporte

Photo: . © C. Neff Couleurs et ciel de Novembre à Grünstadt 2.11.2012

Christophe Neff, le 5.11.2012

Blognotiz 31.10.2012: Oktoberschnee im Leiningerland

Oktoberschnee in Höningen, © C. Neff 27.10.2012

Am Samstag, den 27.10.2012 wurde das Leiningerland vom frühen Wintereinbruch und vor allem vom nachhaltigen Schneefällen überrascht. Ich hatte schon am 27.10.2012 eine kleine französischsprachige Blognotiz  über diese ungewöhnlichen Schneefälle verfasst. Im Stadtbereich von Grünstadt gab es den ganzen Samstagmorgen heftige Schneefälle, aber der Schnee blieb nicht liegen. Aber außerhalb des Stadtbereiches von Grünstadt hatte sich im Laufe des Samstagmorgens eine beachtliche Schneedecke gebildet. Rund um Grünstadt waren die Weinberge schneebedeckt und im Leiningertalzug konnte man entlang des Eckbaches, des Hönigerbaches den stillen Kontrast zwischen den herbstlich gefärbten Buchenwäldern und der weißen Schneedecke beobachten.

Oktoberschnee im Leiningerland – Buchen unter Oktoberschnee bei Höningen, © C. Neff 27.10.2012

Ein seltenes Bild, – die herbstlichen gefärbten Buchenwälder des Leiningerlandes vom Schnee bedeckt zu sehen. In der Raumschaft Schramberg, Gegend in der ich aufgewachsen bin, kam das schon mal vor, daß es Ende Oktober/Anfang November zu den ersten Schneefällen kam. Im Grunde genommen ging man dort davon aus, daß man nach Abschluss der Kilbe mit den ersten Schneefällen rechnen konnte. Aber für den Oberrheingraben sind solche Oktoberschneefälle schon etwas Besonderes. Laut der Rheinpfalz (29.10.2012), welche die Aussage von Christian Müller vom Wetterbüro Palatina wiedergibt, hat es solche nachhaltigen Schneefälle in den Niederungen der Oberrheinebene seit über 60 Jahren nicht mehr gegeben, – zuletzt am 26. Oktober 1947.

Quellen:

Die Rheinpfalz (29.10.2012): Aus der Pfalz – Schnee und Eis schon im Oktober.Montag 29 Oktober 2012. Jahrgang 68. Nr. 252.

Photos: Alle © C. Neff 27.10.2012; 1.) Oktoberschnee in Höningen 2.) Buchenwaldrand im Oktoberschnee bei Höningen.

Christophe Neff, 31.10.2012

27.10.2012: les premiers flocons de neige de l’hiver 2012-13 arrivent à Grünstadt

Le matin  de ce samedi 27.10.2012 nous avons eu droit aux premiers flocons de neige de cet hiver (2012-13) à Grünstadt. En 2009 nous avons eu droit aux premières neiges dans la nuit du 12 au 13 décembre, et en 2010 les premiers flocons arrivaient le 27. Novembre, en 2011 les premières neiges arrivent à Grünstadt le 18.12.2011, mais c’était quasiment le seul jour de neige de l’hiver dernier, car l’hiver 2011-12 fut ici dans la Unterhaardt un hiver exceptionnellement froid mais un hiver sans neige.

Pour ce week-end, on nous annonce des chutes de neige de 20-30 cm en Forêt – Noire et dans les Alpes bavaroises. Pour  la Forêt-Noire les chutes de neige fin octobre n’ont rien d’exceptionnel, – les chants de Kilbe, le fameux « Kilbesingen » dans la Raumschaft Schramberg  annonçaient le début de l’hiver et parfois quelques jours après que les bougies des Rübengeister et les Lanternes de la Kilbe avaient une dernière fois à la nuit tombante  d’automne   traversé  bourgs, champs et forêts des environs de Schramberg, les premières neiges couvraient les montagnes et forêts de la Raumschaft Schramberg. Par contre ici en Palatinat, les neiges d’Octobre ont quelque chose d’assez exceptionnel. Notons pour finir cette petite note qui nous annonce le début de l’hiver dans la Unterhaardt – la Kilbe cette coutume des pays de la Raumschaft Schramberg est en train de disparaître – mais la Narrenzunft Schramberg essaie de faire revivre cette tradition – qui est aussi menacée par les potirons de Halloween , a ainsi organisé  une Kilbesingen à Schramberg ce dernier mardi (23.10.2012). J’aurais bien aimé de participer à ce Kilbesingen, mais malheureusement les obligations professionnelles en  ont décidé autrement. Mais d’après ce que j’ai pu lire dans la presse locale ce « Kilbesingen » organisé par la Narrenzunft Schramberg fut un grand succès. Il ne me reste que les souvenirs d’enfant,-observant à travers les vitres  les petites lumières  qui traversaient la nuit entre le Schoren, le Feurenmoos et la Hutneck à Schramberg – Sulgen – les chants qui traversaient le silence de la nuit – « Hit isch Kilbe, morga isch Kilbe, bis am Middwoch Obend… Ich geh’ mit meiner Laterne und meine Laterne mit mir. Dort oben leuchten die Sterne und unten leuchten wir. Mein Licht geht aus, wir geh’ n nach Haus, ra bimmel ra bammel ra bum bum bum.“   on sentait l’hiver arrivé.

Photos: 1.) Neiges d’Octobre dans le Linange entre Grünstadt et Höningen 27.10.2012/Oktoberschnee im Leiningerland zwischen Grünstadt und Höningen 27.10.2012. © C. Neff 2.) Flyer de la Narrenzunft Schramberg pour le „Kilbesingen“ du 23.10.2012. Flyer der Narrenzunft Schramberg für das „Kilbesingen“ am 23.10.2012. © Narrenzunft Schramberg.

Christophe Neff, le 27.10.2012

Blognotice 20.10.2012: les violettes du Cap Leucate n’ont pas disparu

Viola arborescens B.1 Cap Leucate 07.10.2012
Viola arborescens au Cap Leucate © Christophe Neff 07.10.2012

Les violettes du Cap Leucate (Viola arborescens, Violette ligneuse) n’ont heureusement pas disparu. La construction d’un restaurant gastronomique sur le site de la Falaise du Cap Leucate (voir aussi: Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois), avait fait craindre le pire pour cette espèce rare, qui est certainement une des plantes énigmatiques du site du Cap Leucate. Mais l’espèce a encore perdu du terrain,  ce sont les impressions d’une sortie de terrain (7.10.2012) sur le site.  Naturellement l’espèce avait déjà à subir avant la construction du Klim & Co un important impact humain,  je pense surtout au piétinement. Ce piétinement avait déjà pris des impressionnantes dimensions, – telles que je l’ai dit il y a quelques années : j’avais tenu un cours avec comme  titre « Loki Schmidt und die Viola arborescens vom Cap Leucate/Loki Schmidt et les violettes ligneuse du Cap Leucate) où j’expliquais aux étudiants en géobotanique du KIT, qu’en France une personnalité comme Loki Schmidt manquait cruellement, car le grand public en France ignore la richesse botanique, la valeur des plantes, la valeur des paysages.

 

extraits cours géobotanique Violette Cap Leucate WS 2010-11

C’est grâce à son initiative qu’en Allemagne, chaque année la « Blume des Jahres (fleur de l’année) est désignée, ce qui a servi à une considérable prise de conscience de ce qu’apportent les plantes rares à la société. Malheureusement en France, il manque une telle initiative. La « Blume des Jahres » 2013 en Allemagne est l’Hépatique noble (Hepatica nobilis).  Peut-être bien qu’on pourrait, avec une initiative comparable à la Blume des Jahres en France, sensibiliser le grand public envers les menaces qui pèsent sur certaines espèces végétales. Et pour cela il faut déjà connaitre les plantes qui nous entourent. J’ai l’impression que la plupart des promeneurs qui visitent le site du Cap Leucate, qu’il s’agissent des promeneurs du dimanche, des touristes estivaux, des parapentistes, ou des randonneurs,  la plupart de ceux qui fréquent le site, ne sont pas au courent, du fait que c’est un des derniers sites français, et peut-être même européens de Viola arborescens.

le point d'information sur le plateau et la falaise ouvrira proc
Pancarte d’informations sur le point d’information sur le site de la Falaise au sous-sol du  restaurant gastronomique du site de la falaise au Cap Leucate,  © Christophe Neff 07.10.2012

Il était initialement prévu d’ouvrir d’un point d’information sur le plateau et la Falaise du Cap Leucate au sous-sol  du restaurant Klim & Co, car il faut peut – être le rappeler :il s’agit d’un terrain Natura 2000, mais jusqu’ à présent ce point d’info n’a pas encore été ouvert. Juste une petite pancarte qui nous informe que prochainement le point d’info s’ouvrira. Si je me souviens bien, cette petite pancarte était déjà visible en Juin 2012, date de l’ouverture du restaurant du site de la falaise de Leucate. Quand donc ce point d’info s’ouvrira-t-il réellement ses portes – en 2012, – en 2013, en 2014 – ou peut-être jamais ? Comme le panneau l’indique, le site de la falaise est un site européen majeur pour la conservation de la biodiversité  mais apparemment les responsables de la Marie de Leucate semblent avoir oublié cette responsabilité aussi bien envers le site et ses espèces rares et protégées ainsi qu’envers les citoyens.

Photos : Toutes © C. Neff : 1.) Viola arborescens au Cap Leucate 7.10.2012, 2.) transparent PowerPoint extrait de cours de géobotanique WS2010/11 sur Loki Schmidt et les violettes du Cap Leucate, 3.) Pancarte d’informations sur le point d’information sur le site de la Falaise au sous-sol du  restaurant gastronomique du site de la falaise au Cap Leucate 7.10.2012.

Lien externe: Inventaire ZNIEFF Région Languedoc-Roussillon – Plateau de Leucate

Christophe Neff, le 20.10.2012

Blognotice 14.10.2012: encore une nouvelle librairie à Leucate

Durant mon dernier séjour à Leucate j’ai découvert la librairie L’An Demain à Leucate-village. En fait, la librairie existe déjà depuis juillet 2012, – mais apparemment je ne l’avais pas encore découverte. Donc à Leucate village, nous avons déjà trois librairies – la librairie Adamus, la librairie Entrez libres – au clos de Ninon, – et maintenant la librairie galerie l’An Demain. Avec la librairie du Centre Commercial de Port Leucate, la commune de Leucate est donc en train de devenir un vrai centre du livre, – « Leucate – capitale du livre des Corbières maritimes ?».

J’admire le courage des deux nouveaux libraires à Leucate (Entrez libres – au clos de Ninon, L’An Demain), car le métier de librairie devient de plus en plus difficile. La librairie galerie l’An Demain est une librairie spécialisée dans les secteurs « nature, écologie, paysages » secteurs qui ne sont pas les branches principales des autres librairies à Leucate. Une bonne place pour trouver un livre spécial sur l’écologie des paysages méditerranéens hors d’une librairie universitaire. En plus c’est aussi une librairie bloggeur, – le libraire Martin Guillemot publie aussi un petit blog, – « le blog de la librairie L’An demain ». Je pense que vu la spécialisation des trois librairies à Leucate-village, il y aura assez de place pour les trois (Librairie Adamus petite librairie générale avec un grand rayon presse incluant aussi la presse internationale (allemande, anglaise etc.) ;  Entrez libres – au clos de Ninon librairie spécialisée dans les livres pour enfants, livres de poches et livres de poésie, beaux livres – et l’An Demain avec la spécialisation déjà décrite et de plus un rayon de livres d’occasion en anglais.). Donc si tout va bien,  Leucate,  Leucate village pourrait devenir  une véritable capitale du livre dans les Corbières maritimes, – une cité du livre et de la lecture – entre Montagne, Etang et Mer. La seule chose qui manque un peu, c’est un véritable guide naturaliste du pays  Leucatois,  un guide qui décrit aux intéressés les beautés des paysages Leucatois et de ses environs,  un guide qui parle aussi des problèmes et dangers environnementaux, car ces dangers existent  et cela ne sert à rien de les balayer sous le tapis. Un tel guide devrait être si possible un guide bilingue (anglais/Français) pour pouvoir se trouver une clientèle internationale.  Si un jour j’atteins l’âge de  ma retraite, je pourrais moi-même écrire un tel guide naturaliste (Titre potentiel: Guide naturaliste des paysages du Leucatois/naturalist guide of the landscapes of Leucate), – mais j’atteindrai mon âge de retraite dans une vingtaine d’années. Il faut donc espérer, si on veut voir naître un tel guide naturaliste des paysages du pays Leucatois dans un plus bref délai, qu’un autre auteur s’attaque à l’écriture de l’ouvrage.

Photo:  © C. Neff – Vue sur la Librairie Galerie d’art l’Ain demain, Leucate, rue de l’Eglise, 5.10.2012

 

Christophe Neff, 14.10.2012

Paysages forecast for Nobel Prize in Literature 2012

In some hours, at 13.00 Stockholm time, the winner of this year Nobel Prize in Literature will be announced. As every year, paysages (see here: 1, 2, 3 ) tries to forecast the winner, or authors which seem to have good chances to get the Nobel Prize in Literature. Two days ago M.A. Orthofer has published a list of potential winners in the Literary Saloon. The Ladbrokes odds currently put Haruki Murakami as a potential winner for the price. My personal favorites for this year Nobel Prize in Literature are Haruki Murakami, Ngũgĩ wa Thiong’o, Assia Djebar, Mo Yan and Péter Nádas. Perhaps Philip Roth has also some chances to get the price, – recently Alain Finkielkraut has published a review of Roth work “Malheur et châtiment. „Némésis“, Philip Roth in Le Monde des Livres, – reading this review, I thought maybe this year, – Roth perhaps will get the price. If I would have the chance to choose the Nobel Prize in Literature, I would choose Ali Ahmad Said Esber (Adonis)! I consider him as one of the greatest living poets – his work is well known in the francophone and Arabic world. The poetry and work of Adonis could also be considered as symbol for liberty, freedom and humanity in the Arabic World.

In some hours we will know the happy winner of Nobel Prize in Literature 2012.

Christophe Neff, le 11.10.2012

P.S.: (11.10.2012; 13.05) Mo Yan has been awarded the Nobel Price in Literature 2012.

 

Blognotice 29.09.2012: Peer Steinbrück – candidat de la SPD à la chancellerie

Peer Steinbrück est le candidat de la SPD à la chancellerie. La fameuse troïka (Peer Steinbrück, Sigmar Gabriel, Frank-Walter Steinmeier), a enfin fait ses choix, – et hier vendredi 28.09.2012 Sigmar Gabriel a informé le public et les medias. L’ancien ministre des finances de la grande coalition d’Angela Merkel, Peer Steinbrück sera le Kanzlerkandidat de la SPD, et affrontera donc la chancelière Angela Merkel dans les prochaines élections fédérales en Allemagne en Septembre 2013. Etant membre du SPD j’aurais personnellement préféré  voir un vote des militants du SPD choisir le « Kanzlerkandidat » –  comme l’avait préconisé  entre autres Franz Walter dans un commentaire publié dans le Spiegel intitulé « Dann wagt doch mehr mehr Demokratie » en référence à la fameuse phrase de Willy Brandt « Mehr Demokratie wagen ». Les verts allemands vont faire choisir leur tête de liste pour la Bundestagswahl 2013 par un vote des militants, – et le P.S. français il faut peut-être le rappeler avait aussi fait le choix de faire décider ses militants – et le vote et la mobilisation des militants pendant cette période préélectorale pour François Hollande  était peut-être aussi une des clefs pour sa réussite aux élections présidentielles en France. Mais la troïka de la SPD a donc fait ses choix sans consultation des membres de la SPD. Des trois candidats potentiels  Sigmar Gabriel, Frank Walter Steinmaier,  Peer Steinbrück celui-ci est sûrement le candidat qui pourra espérer  capter le maximum de voix pour la SPD. Ce qu’il perd sur sa gauche, il pourra largement le rattraper au centre,  ce qui me parait décisif car jusqu’à présent les élections fédérales en Allemagne se sont gagnées avec les voix du centre, pour ainsi dire du « Mittelstand/de la Mittelschicht ».  Les chances de battre Angela Merkel semblent être minimes, les medias allemands nous annoncent une grande coalition CDU/SPD avec une chancelière Angela Merkel. Mais les Bundestagswahlen sont encore loin, et durant une année, beaucoup de  choses peuvent encore changer la donne. En plus avec Peer Steinbrück la SPD peut s’ouvrir des choix stratégiques au-delà d’une coalition rouge/vert ou une grande coalition avec la CDU ; je pense à une coalition sociale-libérale  avec la FDP ou même une Ampel (Coalition en feu tricolore). De plus, avec son fameux « Bankenpapier »  – un papier de discussion sur les possibilités de limiter le pouvoir «  du Monde de la finance et des banques » – un papier qui est resté inaperçu en France – qui est largement discuté en Allemagne il a attiré l’attention. Avec «Vertrauen zurückgewinnen: Ein neuer Anlauf zur Bändigung der Finanzmärkte“ Peer Steinbrück a réussi à très bien se placer dans l’arène politique allemande. Les chances de battre Angela Merkel sont, si on en croit les Augures de la presse allemande, minimes  pour Peer Steinbrück, mais personnellement je crois  que Peer Steinbrück pourra redresser la SPD de la dure défaite des dernières Bundestagswahlen,  et peut être au-delà ouvrir de nouveaux  choix stratégiques pour reconquérir le « Bundeskanzleramt ».

Au-delà de la Bundespolitik, – ce vendredi 28.09.2012 fut aussi une journée décisive pour la SPD au niveau régional  allemand (Länderebene) – Kurt Beck annonça qu’il se retirait de la politique – la nouvelle ministre – présidente désigne de la Rhénanie-Palatinat est Malu Dreyer (voici un portait politique du SPON (en allemand) sur Malu Dreyer «Beck-Nachfolgerin Dreyer Die Überraschungskandidatin ») et  Roger Lewentz est le chef de file désigné de la SPD de la Rhénanie-Palatinat.

Qui qu’il arrive – le vendredi 28.09.2012 fut une journée décisive pour la Social-démocratie allemande !

Sources :

Dausend, Peter; Hildebrandt, Tina; Niejahr, Elisabeth (2012): Bis alles platzt. Die Kanzlerin glaubt nicht mehr an Schwarz-Gelb, die SPD ahnt, dass sie nicht den Kanzler stellen wird, und die Grünen wollen auch ohne die Roten an die Macht. Warum sagt das niemand den Wählern. In: Die Zeit, 27. September 2012, Nr. 40, p. 2-3.

Lemaître, Frédéric (2012): M.Steinbrück, l’ancien grand argentier, choisi par le SPD pour défier Mme Merkel.A un an des élections législatives, les sociaux-démocrates se donnent un chef de file réputé centriste In : Le Monde, Dimanche30 septembre- Lundi 1er octobre 2012, p.6. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Steinbrück, Peer (2012): Vertrauen zurückgewinnen: Ein neuer Anlauf zur Bändigung der Finanzmärkte. Berlin 25. September 2012. Download ici.

Christophe Neff, le 29.09.2012

Blognotice 22.09.2012: Commémoration du discours historique de Charles de Gaulle du 9.9.1962 à Ludwigsburg

Journée historique à Ludwigsburg, – le couple Franco-Allemand commémorait le discours historique du General de Gaulle du 9.9.1962 – la fameuse « Rede an die Deutsche Jugend ».  On avait droit à un discours du Ministre-président Winfried Kretschmann, un discours de la chancelière Angela Merkel, et un discours du président François Hollande. Très beaux discours, mais qui, dans cinquante années se souviendra de ces trois discours ? Personnellement, j’aurais bien aimé voir François Hollande prononcer son discours entièrement en allemand, comme jadis le Général De Gaulle à Ludwigsburg.  La fin de son discours, François Hollande l’a dite  en allemand, – et je reprends ici un extrait du Monde : « François Hollande a donné le change en s’adressant en allemand à la jeunesse à la fin de son discours prononcé en français : „Votre rôle est de donner réalité au rêve européen et de lui donner un avenir. Vive l’amitié franco-allemande. (…) La réponse à la crise à un seul nom l’Europe, c’est l’Europe qui vaincra la crise„, a ajouté le président français ». Très émouvante aussi Angela Merkel , qui a également rappelé qu’à l’époque du discours du général de Gaulle elle avait huit ans, vivait en RDA, derrière le rideau de fer, un an après la construction du mur. «A l’époque, il était inimaginable de penser être ici ».  Oui j’aurais bien aimé voir  François Hollande s’exprimer en allemand,  nous déplorons si souvent le manque d’intérêt pour la langue du voisin,  les connaissances de l’allemand en France sont en chute libre,  l’enseignement du  français en Allemagne ne se porte guère  mieux.  Voir  François Hollande  prononcer un discours entièrement en allemand, ceci aurait été peut-être un véritable appel à la jeunesse  allemande de rallumer la flamme franco-allemande,  de lui donner un nouveau souffle  cela aurait pu être un véritable discours historique  dans la ligne du discours historique de Charles de Gaulle à Ludwigsburg du 9 Septembre 1962. En prononçant  « Ich beglückwünsche Sie ferner, junge Deutsche zu sein, das heißt, das heißt, Kinder eines großen Volkes. (Je vous félicite d’ être de jeunes  allemands, cela veut dire les enfants d’un grand peuple (Trad. C.Neff) » Charles De Gaulle, redonna à la jeunesse allemande, la dignité et le respect perdu pendant la dictature nazis  et ouvra ainsi la voie vers un meilleure futur!

Sources et liens :

Discours de M. la chancelière Angela Merkel lors du cinquantenaire du discours du général DE GAULLE à la jeunesse allemand/ Rede von Bundeskanzlerin Angela Merkel anlässlich des Festaktes des 50. Jahrestags der Rede Charles de Gaulles an die deutsche Jugend in Ludwigsburg (en Allemand).

Discours de M. le Président de la République François Hollande lors du cinquantenaire du discours du général DE GAULLE à la jeunesse allemand.

Enregistrement sonore du discours de Charles de Gaulle du 9.9.1962 à Ludwigsburg: Rede an die deutsche Jugend

Südwestfernsehen „50 Jahre deutsch-französische Freundschaft“. Sendung vom Samstag, 22.9. | 12.00 Uhr | SWR Fernsehen. Livestream/Video du Südwestfernsehen (en allemand) de la commération du discours historique de Charles de Gaulle du 9.9.1962 à Ludwigsbourg (105minutes)

Vidéo du discours de Charles de Gaulle du  9.9.1962 à Ludwigsburg: Rede an die deutsche Jugend(Cliquer Video der Rede ansehen!)

Christophe Neff, le 22.09.2012

Commentaire sur les évènements de la journée du 14.09.2012 à Tunis.

Le vendredi 14.09.2012 fut une journée de colère dans le Monde Musulman, la vidéo «L’innocence des musulmans » avait provoqué une réaction vive, manifestations, émeutes, mises à sac d’ambassades, destruction de l’école américaine de Tunis.  En Allemagne le réveil fut particulièrement rude, car on se croyait être hors de cible, mais la mise à sac de l’ambassade allemande au Soudan montrait bien que tous l’occident était ciblé – et que cette mise à sac de l’ambassade à Khartoum ne fut pas l’œuvre d’un évènement de colère spontané, mais  bien préparé et orchestré en avance. La même chose semble avoir lieu à Benghazi.

Naturellement on pourrait se demander pourquoi cette vidéo, ce brûlot  islamophobe, déchaîne tant de  passion,   et en même temps la guerre civile en Syrie, où les bourreaux du boucher de Damas, tuent, massacrent jour après jour, n’ont  jusqu’à présent engendré  aucune démonstration de solidarité visible et audible  dans le monde arabe avec les victimes des massacres commis par les troupes de Bachar el-Assad. Cette question mériterait surement une réflexion approfondie (voire aussi ici).

La destruction des mausolées et de mosquées de Tombouctou par Ansar ed-Dine  en Juin/Juillet dernier n’a que je ne sache pas provoqué une telle indignation furieuse dans le monde islamique! En fait qui encore pense aux destins de manuscrits millénaires, qui fut le trésor de cette ville, qui de nos jours sont menacées par l’obscurantisme le plus arriérée !

On pourrait aussi demander à qui réellement profite la mise en circulation de la vidéo?

Personnellement la mort de John Christopher Stevens à Benghazi, et de voir l’ambassade américaine de Tunis saccagée, de voir partir l’école américaine partir en fumée, m’ont fortement touché. J’avais suivit les évènements de Tunis via le „live“ du Monde, et quelques sources twitter et j’étais littéralement foudroyé  par ce que j’ai pu suivre via twitter etc. Voici des extrais du reportage de Isabelle Mandraud (2012b) paru dans la version papier du Monde du 16.09.2012 : « Fenêtres brisées sur toute une façade, drapeau arraché, sol jonché de pierres mais aussi de douilles de balles et de cartouches de chevrotine, voitures en feu sur le parking… Des annexes continuaient à brûler, tandis que montait de l’école américaine toute proche, entièrement pillée et incendiée, un épais nuage noir visible à plusieurs kilomètres. …. A Tunis, avec une violence inouïe, des groupes de salafistes et de casseurs ont tenté de prendre d’assaut le bâtiment diplomatique américain aux cris d’«Allah Akbar» et «Obama, nous sommes tous des Oussama ». (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Pendant mes années tunisiennes, entre 2005 et 2008, – il y avait des périodes, où je passais plusieurs fois par jour devant les bâtiments de l’ambassade U.S., et devant l’école américaine, la  «American Cooperative School of Tunis» en faisant le trajet la Marsa – Tunis Ville et retour en voiture, car souvent  pendant cette période tunisienne j’habitais à la Marsa-Corniche.  La destruction de l’école américaine, est d’ailleurs un symbole très fort, car c’est un symbole du savoir qui fut mis à feu. Les lieux du savoir étant depuis tout temps cibles des violences déclenchées par l’obscurantisme de tout bord. Néanmoins, même si je considère que les évènements de Tunis du vendredi 14.09.2012 sont très graves, je pense, et là je rejoins l’analyse et le cri de cœur d’Isabelle Mandraud –« Sur la Tunisie, halte au feu ! » (Article réservé aux abonnés Le Monde/payant), que la Tunisie a encore toutes les chances d’évoluer vers une vraie démocratie, comme je l’avais déjà écrit dans les lumières du Fohrenbühl. Naturellement le danger salafiste a pris de l’ampleur, mais cela était prévisible. En plus, depuis le début du printemps arabe l’environnement géopolitique a fortement changé, la désintégration du Mali met en danger aussi bien l’Afrique subsaharienne et le Grand Maghreb, même l’Egypte et le Machrek, et je dirais même que l’Europe n’est pas à l’abri des conséquences des évènements dans le Nord du Sahel. La désintégration du Mali, l’infiltration de la mouvance  Touareg par AQMI au Nord du Sahel n’est d’ailleurs pas liée aux évènements en Lybie, car ceci s’est annoncé longtemps avant la chute du régime de Khadafi,  j’y avais même dédié un petit billet en février 2010. La chute du régime de Khadafi a peut-être précipité les choses, mais les failles et les structures annonçant des lourds problèmes au Nord du Sahel, la désintégration du Mali etc., étaient déjà bien visibles  avant,  il suffisait d’avoir un œil géopolitique attentif. La présence accrue d’AQMI dans le Nord du Sahel, la désintégration du Mali  font de cette partie du Monde un véritable « porte d’avion », un « terrain de refuge » pour AQMI  et les mouvances salafistes, d’où il est possible de s’infiltrer dans les états avoisinants pour les déstabiliser.

Donc depuis le début de la révolution jasmin en Tunisie, l’environnement géopolitique s’est nettement assombri pour la Tunisie. En plus à la question socio-économique, cette question fondamentale pour la survie durable d’un état démocratique, à cette question, le nouveau gouvernement tunisien, ce premier gouvernement tunisien issu d’une vraie élection démocratique, n’a jusqu’à présent trouvé aucune réponse significative. Ajoutons à cela que le dernier hiver fut , de plus, particulièrement  rude  dans le Nord de la Tunisie, par endroits il y avait plus de neige qu’ en Allemagne, par surcroît  il y avait une pénurie de bouteilles de gaz (voir aussi Blognotice 22.12.2011) : donc une grande partie de la population n’a guère l’impression que les changements politiques aient engendré une amélioration de leur situation socio-économique personnelle , bien au contraire. Et si par malchance la Tunisie devait encore affronter un hiver rude comme l’hiver 2011/12 on aurait vraiment  à se faire des soucis.

Mais je pense que l’avenir du printemps arabe en Tunisie  se jouera principalement sur l’évolution socio-économique du pays. Pendant mes années tunisiennes, j’avais aussi la chance de travailler dans les ruraux tunisiens, du Sud au Nord, et toutes ces fortes impressions que les ruraux tunisiens m’avaient  laissé je les avais inclus dans mes cours sur la géographie du Maghreb, spécialement dans le chapitre que j’avais dénommé « le Djebel a faim ». En fait j’avais emprunté le titre de ce chapitre au livre de Serge Moati « Du Côté des vivants », livre que j’avais acheté à la librairie Milles-feuilles à la Marsa, – et dont la lecture m’accompagnait pendant mes travaux dans les ruraux brûlants de Tunisie. Je me permets de citer quelques passages d’un chapitre qui m’a fortement marqué, car j’avais l’impression qu’ en fait les choses n’avaient guère changé loin des côtes qui s’étaient enrichies avec le tourisme, mais qu’une grande partie de l’intérieur du pays, n’avait guère profité des retombées du tourisme. L’intérieur de terres tunisiennes, c’était des pays  bien loin des côtes touristiques,  de véritables planètes à part.

Précisons que ce que Serge Moati fils nous raconte se passe pendant le protectorat français.

« Il y avait aussi parmi eux quelques évadés politiques, je vous le concède. Beaucoup venaient de Tripolitaine. Ceux-là ont composé le premier noyau de ces bandes armées. Et puis, ils ont recruté ce qu’ils ont pu et comme ils ont pu, y compris des gamins excités et désœuvrés… – Ils ont trouvé des volontaires dans les bleds les plus perdus … Ils leur disaient : « Tu n’es pas content de ton sort, la récolte a été mauvaise ou il y de la sécheresse, ton patron, ce salaud de colon, t’a renvoyé, viens avec nous dans le maquis… » L’action pourrait se passer à l’identique en Calabre, en Sicile, en Corse…

Rejoindre les fellaghas devient pour des types paumés une façon de s’opposer de manière forte et, si j’ose dire, romantique, à la présence française…

– Je me permets de vous donner une preuve de ce que j’avance, enchaine Papa. Au printemps dernier, vous le savez, le recrutement des fellaghas s’est accru. Pourquoi, selon vous ? …

Parce que c’était la période de chômage la plus terrible ! Entre la récolte de l’alfa et la moisson. On rejoint les rangs des fellaghas aussi parce que l’on a faim et que l’on se sent abandonné ! Voilà !

-« Voilà ! » Dites-moi, Monsieur Moati, vous pourriez écrire une thèse sur les fellaghas! Vous semblez si bien les connaître ! Curieux, d’ailleurs ce savoir presque intime…

– Je sens les choses. Je connais mon pays. Je suis Tunisien, après tout…

– Je vous croyais Français ?

– Je suis franco-tunisien. Voilà ce que je suis. Et juif

– Je sais

– Et livournais. Et arabe.

– Tout ça ?

– Tout ça. Et j’en suis fier !

Le problème est social ! Il faut reclasser les fellaghas, leur trouver du travail, leur donner de quoi manger ! Ce serait tout à l’honneur de l’administration française et des nouveaux pouvoirs tunisiens! Comme dit le secrétaire général de mon parti, Elie Cohen-Hadria : « Rendre nourricière la steppe brûlante, c’est en fin de compte en arracher pour l’éternité, la semence des fellaghas ! »

-C’est beau comme l’antique.

– C’est surtout vrai » (Citations extraites des pages 253-257 du livre « Du côté des vivants » de Serge Moati).

Cette conversation entre Serge Moati père et un colonel de l’armée française, dont nous parle Serge Moati fils dans son roman autobiographique « Du Côté des Vivants », s’est passée  durant les années cinquante du dernier siècle et depuis beaucoup de choses ont changé: la présence française, les colons français ont disparu, les fellaghas pour ainsi dire aussi. Le récit de Moati, – fiction ou réalité vécue, – cela n’a aucune importance – car ce fut ce fut une des réalités vécues des ruraux tunisiens d’après-guerre.

Mais la steppe est restée aussi brûlante de nos jours,  et je crois que ces professions  de foi de Serge Moati père rapportées par son fils Serge – sont toujours valables  c’est au moins ce que je ressentais pendant mes séjours dans les ruraux tunisiens. Et je me disais, si un jour la Tunisie devenait  par chance un état véritablement démocratique,  se débarrassant  de son lourd historique autocratique, il faudra absolument trouver une solution pour les populations des ruraux marginaux, les faire participer à la richesse nationale!

Car si la « steppe brûlante » pour utiliser les mots de Serge Moati père et de Elie Cohen-Hadria, si la faim, les sentiments d’abandon,  tous ces maux persistent en Tunisie,  ne disparaissent pas aussi bien du Djebel, des bleds, que des quartiers pauvres du grand Tunis,  l’avenir pour la jeune démocratie tunisienne s’annonce  plutôt sombre. Ceci dit, cela ne se limite pas au cas tunisien, mais ces problèmes se posent dans tous les états du Maghreb et bien au-delà !

C’est vraiment un grand défi,  et franchement l’actuel gouvernement, premier gouvernement tunisien issu  d’une élection libre et démocratique, le Gouvernement Hamadi Jebali semble avoir des grandes difficultés à trouver des réponses adéquates à  ces problèmes difficiles et cruciaux pour l’avenir de la Tunisie. Mais à ceux qui voient le printemps arabe tourner au  cauchemar, – il faudrait peut-être rappeler que la voie vers la démocratie de nos états occidentaux fut aussi un chemin long, périlleux, plein de dangers, de déceptions, de violences … tout cela ce ne s’est pas construit du jour au lendemain. Cela a pris du temps, même beaucoup de temps, de grandes lenteurs!

Personnellement, je crois que la société tunisienne peut réussir sa transition démocratique même si le chemin à parcourir sera long et difficile. Même très difficile, – voir partir l’American Cooperative School of Tunis en fumée  cela affecte d’une certaine manière mon optimisme, mais néanmoins je veux bien croire aux mots que je prononçais dans les lumières du Fohrenbühl : « je ne suis pas voyant, je ne partage pas le pouvoir clairvoyant de tant d‘ « experts du monde arabe » mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien . »

Je me permets de finir ce billet avec une citation d’Isabelle Mandraud « Les islamistes n’ont pas pris le pouvoir avec le couteau entre les dents: ils ont été élus, démocratiquement. Ils ne sont d’ailleurs pas majoritaires, ce qui les a contraints à nouer une triple alliance pour gouverner un pays encore déstabilisé, qui tâtonne et qui se cherche aujourd’hui une identité. Comment pourrait-il en être autrement dans une petite république qui n’a jamais connu la démocratie, même au temps de Bourguiba? Oui, l’islamisation de la société est un sujet sensible, mais qui mérite mieux que des caricatures. (Mandraud, I. 2012a, p.1) ». Oui je pense, que ces mots écrits par Isabelle Mandraud, même après les évènements d’hier, n’ont rien perdu de leur signification – bien au contraire !

Œuvres & sources citées :

Mandraud, Isabelle (2012a) : Sur la Tunisie, halte au feu! Le Monde Géopolitique, N˚ 21038 daté Dimanche 9 – Lundi 10 septembre 2012, page 1. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Mandraud, Isabelle (2012b) : Tunis touchée par les violences anti américaines – Trois personnes sont décédées dans l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis par des groupes salafistes et des casseurs. Le Monde, Dimanche16- Lundi 17 septembre 2012, page 3. (Version électronique chargeable pour les abonnées le Monde.fr)

Moati, Serge (2006) : Du côté des vivants. Paris, Librairie Artheme Fayard, ISBN 2-213-63087-9

Christophe Neff, écrit le 15.09.2012, publié le 16.09.2012

Blognotice 10.09.2012: Changements de Paysages dans la Raumschaft Schramberg

Schramberg - Blick auf die Steighäuslefläche 16.8.2012Des changements des paysages, il y en a aussi dans la Raumschaft Schramberg, petit terroir de la Forêt Noire dans lequel j’ai passé une grande partie de mon enfance. J’ai eu  dernièrement, durant un cours pratique sur les changements de paysages dans le « Mittlerer Schwarzwald », cours pratique qui eut lieu du 15 au 19.8.2012,  l’occasion de le constater. Le but de ce cours était d’initier les étudiants à la pratique de la cartographie du paysage et de la dynamique végétale. Nous avons donc travaillé sur deux chantiers distincts – l’un sur la reprise végétale du feu de forêt de Hornberg-Niederwasser –  et l’autre sur la coupe blanche du Steighäusle à Schramberg (voir aussi la notice: La Forêt progresse à Schramberg). Donc deux chantiers dédiés à la dynamique végétale et à la fermeture du paysage.

La Forêt Noire est aussi une terre de Feux de Forêts, même si cela a presque disparu complètement de la mémoire collective  et la recherche scientifique jusqu’ à présent n’a pas encore écrit l’histoire des incendies de forêts en Forêt Noire. Le Brandenkopf, – la tête brûlée, porte le souvenir du grand incendie de 1730 dans son nom, avant il s’appelait Varnlehenskopf. Le plus grand incendie fut certainement le grand incendie de Baiersbronn-Schönmünzach qui dévasta une grande partie des forêts du Grindenschwarzwald et de la Murg en 1800. Le nouveau livre de Wolfgang Schlund & Georg Jehle & Charly Ebel,  „100 Jahre Bannwald Wilder See„, dédié au centenaire de la réserve forestière du « Bannwald Wilder See »  a le mérite de dédier un chapitre entier à l’incendie oublié de Baiersbronn-Schönmünzach. En dehors de l’aspect feu de forêt, le livre est aussi une magnifique initiation aux paysages du nord de la Forêt Noire.

L’incendie de Hornberg – Niederwasser, éclata en Avril 1997 le long de la Schwarzwaldbahn, – dû à un blocage de freins d’un train de marchandise – il  brûla à peu près 100 ha de Forêt de Montagne (voir aussi ici). Depuis, la reconquête végétale a repris ses droits  et une nouvelle forêt émerge lentement des brûlis. Cette reconquête naturelle, seulement une partie infime du terrain incendié, fut replantée par des Sapins de Douglas (Pseudotsuga mensziesii), de la végétation que j’observe depuis avec l’aide des étudiants. Des connaissances approfondies sur l’historique de feux de forêts de la Forêt-Noire ou des Vosges avoisinantes pourraient aussi nous donner des enseignements précieux sur ce qui nous attend, car si les prévisions climatologiques s’avèrent être correctes, il y aura de plus en plus d’incendies de forêts dans ces deux massif montagneux.

Le site du Steighäusle à Schramberg est une coupe blanche que la ville de Schramberg a établie entre la Talstadt Schramberg et le Sulgen pour gagner de l’espace ouvert, lumière et air frais pour la ville de Schramberg, qui, encaissée dans le Talkessel de la Schiltach, entourée de forêts et de montagnes, manque d’air et de lumière.  Dans le livre de Cornelia Stubbe sur la géographie industrielle de la Forêt Noire on trouve une belle phrase sur la structure géographique de Schramberg – «Une répartition des rôles semble s’effectuer : Schramberg la vielle ville, rassemble les fonctions administratives, commerciales et sanitaires, donc l’ensemble du tertiaire, tandis que Sulgen, sur les hauteurs, avec une belle vue et davantage de soleil, offres des espaces à vocations industrielles, résidentielles et récréatives.» (Cornelia Stubbe:« L’Industrie en Forêt Noire », Paris 2005, p. 12) même si depuis, le rôle sanitaire de la vielle ville, la Talstadt, se beaucoup rétréci car l’Hôpital de Schramberg, le Kreiskrankenhaus Schramberg a disparu.

La coupe blanche du Steighäusle, est entretenue périodiquement par un petit troupeau de chèvres pour freiner la reprise de la forêt. Il était prévu d’installer un chantier de brûlage dirigé pour pouvoir plus efficacement gérer la reconquête végétale, mais il y avait tellement d’obstacles bureaucratiques, que l’entretien de ce terrain se résume à  des passages périodiques d’un troupeau de chèvres. Comme pour le terrain de Hornberg-Niederwasser, nous observons sur la « Steighäuslefläche» la dynamique végétale. Cette fois ci, nous avons surtout travaillé sur des relevés témoins à gauche et à droite de la « Steighäuslefläche » – le long du Steighäusleweg et de la Charlottenhöhe. Le Steighäusleweg,  chemin pédestre entre la Bergvorstadt Sulgen et la Talstadt Schramberg, ce fut pendant 9 ans mon chemin d’écolier, chemin que je descendais presque tous les jours pour descendre au Gymnasium Schramberg, lycée où j’ai passé le bac (Abitur) en 1984. Pour le retour, les 5 km de chemin, ont un dénivelé de presque 400metres, c’était la voiture de mon père, qui était enseignant dans ce même lycée, ou dans des voitures d’un de  ces collègues qui en majorité résidaient aussi au Sulgen, ou parfois le bus, mais je  faisais à pied assez souvent le retour en hauteur au Sulgen. Ces kilomètres de marche à pied, c’était surement une bonne préparation pour mon service militaire et la formation d’officier de réserve chez les paras de la Bundeswehr au sein de la Luftlandebrigade 25 à Nagold et à Calw. Donc beaucoup de souvenirs personnels pour dresser un tableau subjectif des changements de paysages depuis que j’ai quitté l’école en 1984. En plus, nous avons exploré le « Broghammerweiher » – ou les vestiges du Broghammerweiher car, en fait, il  ne reste que quelques vestiges de l’étang de mon enfance. C’est sur les falaises entourant l’étang que j’avais découvert mes premières salamandres de feu, capturé des tritons dans la mare d’eau, observé les grenouilles. C’est grâce à mon ami d’enfance, Dirk S., qui habitait aussi comme moi jadis au Lärchenweg au Sulgen, qui m’avait fait découvrir le Broghammerweiher durant l’été 1972. Donc depuis que j’ai quitté le Gymnasium Schramberg, le paysage le long de mon chemin d’écolier a manifestement changé, la forêt, sauf sur la coupe blanche du Steighäusle, a progressé, le paysage s’est renfermé, le Broghammerweiher étouffe sous un manteau végétal, la forêt s’est visiblement refermée, là où l’homme l’a laissée se développer librement. Et des nouvelles espèces apparaissent, – les châtaignes (Castanea sativa), qu’on ne trouvait pas sur les flancs est de la vallée de la Schiltach, mis à part les trois exemplaires que j’avais plantés dans notre jardin au Lärchenweg, mais il y avait de beaux exemplaires entre Schramberg et Lauterbach au Schloßberg sur la façade ouest de la vallée de la Schiltach, font  partie de la dynamique végétale entre Schramberg et Sulgen. Et les espèces exogènes – les « Neophyten » comme on dit en allemand, sont en nette progression, dont le Laurier-cerise (Prunus laurocerasus)  et surtout la Balsamine de l’Himayala (Impatiens glandulifera). Mais il y  a aussi des plantes qui semblent avoir disparu, – les échappés de jardins de Rhododendron ponticum du « Stadtpark » de Schramberg sur la Charlottenhöhe – je ne les ai plus retrouvées. Ils ont peut-être disparu à cause de l’entretien du paysage par les chèvres, – car ici aussi la ville de Schramberg essaie de contenir la progression de la forêt  par des chantiers d’entretien du paysage. La Rhododendronblüte au Stadtpark, fin mai et début juin, ce fut  longtemps la fierté de la ville de Schramberg, – on organisait même de voyage pour la Schramberger Rhododendronblüte – mais tout cela est un peu tombé à l’oubli même si la collection de Rhodedendrons est encore en place au Stadtpark, parc qui se dénomme de nos jours « Park der Zeiten » en souvenir de l’industrie horlogère, dont Schramberg fut une fois le fief incontestable au moins en Allemagne. Dans cette belle collection de Rhododendrons, les Rhododendrons ponticum en place avait donné lieu à quelques échappées de jardin et une petite colonisation subspontanée de Rhododendron de la Charlottenhöhe. Le changement le plus spectaculaire, à part la fermeture du paysage, est sûrement la progression de la Balsamine de l’Himalaya. Cette plante était tout simplement inexistante le long de mon chemin d’écolier, que fut le Steighäusle entre 1975 et 1984. De nos jours, elle est quasiment omniprésente le long de chemins, des trouées, des cours d’eau, par endroits on a vraiment le sentiment de se retrouver face à une vraie espèce envahissante.

Durant presque trente ans, les paysages le long de mon chemin d’écolier que fut le Steighäusleweg, se sont renfermés (sauf naturellement sur la coupe blanche de la Steighäuslefläche), la forêt progresse,  des espèces thermophiles (Châtaignes) et exotiques comme le Laurier-cerise et la Balsamine de l’Himalaya sont apparues, progressent, et comme la Balsamine de Himalaya deviennent par endroits invasives. Durant ces presque trente ans, la ville de Schramberg a perdu sa gare, son hôpital ; oui, le paysage a beaucoup changé pendant ce temps, qui est, avec presque trente ans, le temps d’une génération. Quelques jours après ce travail de terrain, j’avais écouté une pièce radiophonique (Hörspiel)  sur le fictif retour du Loup en Forêt Noire «Der Schwarzwald-Ranger – Die Wölfe kommen ». Cette pièce fut écrit par Daniel Bachmann, écrivain-réalisateur avec le quel j’ai passé le bac au Gymnasium Schramberg en 1984. La pièce radiophonique de Daniel Bachmann est une pure fiction, mais des loups, ces fameux loups dont on parlait temps durant cet été en France (le Harro sur le Loup de Louis Bové)(voir aussi ma dernière note), je pense qu’ils pourraient bien apparaitre un jour ou l’autre en Foret Noire. D’ailleurs il s’est déjà manifesté aussi bien dans le Jura que dans les Vosges, donc le Loup est actuellement présent dans presque la totalité des massifs montagneux français, – c’est donc seulement une question de temps, il arrivera dans les massifs montagneux de l’Allemagne – aussi bien dans le Pfälzer Wald qu’en Forêt Noire.

L’entretien des paysages en Forêt Noire par des troupeaux de chèvres sans protection sera sûrement incompatible avec la réapparition probable du Loup. La fermeture du paysage, la progression de la foret  est aussi l’ image  d’une transformation socio-économique de l’espace, disparitions des infrastructures,  gares, hôpitaux, écoles, postes de polices, gendarmeries etc., un changement qui n’est pas restreint à la Raumschaft Schramberg, ce petit pays de Forêt Noire où j’ai passé une grande partie de mon enfance; cette transformation du paysage, nous la retrouvons un peu partout dans les ruraux de montagne en Allemagne, en France, en Suisse, oui, dans une grande partie de l’Europe rurale nous pouvons observer ce changement de paysages profond. Les paysages se referment et l’homme se sent terriblement seul et à l’abandon, cela attire les Loups. De ces loups, le vrai Loup, le Canis lupus, ne me semble pas être l’espèce la plus nuisible, car d’autres loups, bien plus dangereux,  nous attendent!

Sources & Ouvrages cités :

Bachmann, Daniel (2012): Der Schwarzwald-Ranger – Die Wölfe kommen. Badisches Mundarthörspiel. Pièce radiophonique émise par SWR4  Baden-Württemberg le Samedi 1.9.2012 à 21.00.  Livestream ici (7 eme emisson).

Schlund, Wolfgang ; Jehle, Georg ; Ebel, Charly (2012): 100 Jahre Bannwald Wilder See. Naturschutzzentrum Ruhestein & Landesbetrieb Forst BW Stuttgart, ISBN 978-3-00-035118-1

Stubbe, Cornelia (2005): L’Industrie en Forêt Noire, le defi d’une industrie en moyenne montagne. Paris (L’Harmattan), ISBN 2-296-00071-1

Photo:  © C. Neff – Vue sur la Steighäuslefläche et le Eckenhof à Schramberg-Sulgen depuis le Schloßberg-Hohenschramberg  16.8.2012. (Minolta 7000AF, Kodak Elite Chrome)

Christophe Neff, le 10.09.2012