Personnellement, je pense continuer à m’occuper de mon blog, – d’écrire des petites notices, – sur toutes formes de paysages, – paysages géographiques, paysages politiques, paysages littéraires – simple expression d’un blog citoyen européen écrit en français, allemand et parfois rarement en anglais – aussi longtemps que les blogs le Monde.fr continueront à exister sur le Monde.fr. – même si le rythme n’est pas si soutenu qu’au début du blog paysages en 2009.
P.S. : Comme les lecteurs ont surtout visité les pages de la catégorie « Port Leucate » (à peu près 1/3 des visites depuis que j’ utilise Google analytics)de paysages je mets cette photo « Lumières nocturnes –Port Leucate – Rue de la Mayral » en tête de ce billet. Et de plus une vue de Port Leucate dessinée par mon fils Jacob Jean.
« Viele Jahre später sollte der Oberst Aureliano Buendia sich vor dem Erschießungskommando an jenen fernen Nachmittag erinnern, an dem sein Vater ihn mitnahm, um das Eis kennenzulernen. Macondo war damals ein Dorf von zwanzig Häusern aus Lehm und Bambus am Ufer eines Flusses mit kristalklarem Wasser, das dahineilte durch ein Bett aus geschliffenen Steinen, weiß und riesig wie prähistorische Eier »
C’est à Aubord, petit village paisible du Gard, situé entre Costières, Petite Camargue et Vistrenque, que je me suis immergé pour la première fois dans la vie du village, dans les paysages centenaires de Macondo. Apprenant le matin du vendredi saint (18.04.2014) la nouvelle du décès de Gabriel García Márquez[1][2], – je me replongeais dans le souvenir de cette première lecture « Hundert Jahre Einsamkeit (Cent ans de solitude/Cien años de soledad) » dans la traduction allemande de Curt Meyer-Clason – sur la terrasse de la petite villa[3] de mes grands-parents à Aubord, 4 Impasse des Pins – cette villa que mon grand-père avait baptisée L’Oliveraie – il avait même pris soin d’ y aménager un verger d’oliviers avec une douzaine d’oliviers dans le jardin. Ambiance étrange, quand je tenais ce livre[4] pour enfin m’immerger dans la lecture, – c’était la version poche du DTV, avec comme couverture l’image de Celestino Piatti montrant un fleuve de couleur bleu touareg et un arrière-plan une lisière de forêt … c’était un des rares jours de marin à Aubord, – il faisait chaud et humide – humidité amplifiée par l’odeur pénétrante du Vistre – et les heures et journées passaient – jusqu’à ce qu’un fort coup de Mistral chassât cette étrange atmosphère qui semblait transformer Aubord en sorte de Aracataca – pendant que je voyageais dans l’immensité du monde de Macondo. Et ce qui fut assez étrange – parfois j’avais l’impression que le livre, l’auteur – bien qu’il s’agisse d’une traduction allemande – s’adressait à moi, le lecteur immergé de ce monde étrange en français – parfois même en espagnol. Plus tard, j’ai essayé de lire cette étrange fable dans la version originale (Cien años de soledad, Buenos Aires : Ed. Sudamericana, 1972, 30. ed.), emprunté a la Bibliothèque de l’Université de Mannheim, – mais je me suis arrêté après quelques pages seulement. Mes connaissances en espagnol – j’avais appris en autodidacte quelques bases d’espagnol pour pouvoir écrire un mémoire sur les paysages agraires et les réformes agraires chiliennes sous la présidence de Salvador Allende – étaient insuffisantes et n’étaient pas au rendez-vous de l’ouvrage. Donc les « Cien años de soledad », – c’était la traduction de Curt Meyer-Clason «Hundert Jahre Einsamkeit » dans la version DTV avec la belle couverture Celestino Piatti – qui allait devenir le livre de mes années étudiantes à Mannheim et à Montpellier. Il me suivait presque partout, – excursions, jours libres à Schramberg – Sulgen au Lärchenweg, séances de lectures dans les dunes de l’Espiguette, période de service réserviste dans le cadre des « Reserveübungen » de la Bundeswehr, petites vacances sur les sables de la plage de Port Leucate – et je crois même que le livre faisait bagages d’un de mes voyages africains – dès que j’avais assez de liberté et me replongeais dans le Monde de Macondo. A fur et à mesure des années, j’ai donc plusieurs fois lu et relu les « Hundert Jahre Einsamkeit ». J’ai aussi lu quelques autres ouvrages de Marquez, mais c’est l’histoire de Macondo – qui a laissé des traces inoubliables, – et c’est d’ailleurs un des rares livres que j’ai lus plusieurs fois. La dernière fois ce fut, je crois pendant la préparation de mon doctorat, il y a maintenant plus d’une quinzaine d’années. Peut-être reprendrai-je ce livre, la retraite arrive dans une petite vingtaine d’années, car « Cent ans de solitude » fait partie de cette catégorie de livres qui nécessitent un minimum de repos et de tranquillité pour la lecture. Comme je l’écrivais dans ma dernière notice des « moments de solitude pour naviguer librement dans le Monde des livres. Fermer les yeux et partir en voyage ».
C’est par la traduction de Curt Meyer – Clason que j’ai découvert Marquez – et d’autres grands de la littérature latino-américaine comme par exemple Jorge Amado. Je pense que sans les traductions de Meyer – Clason, une très grande partie de la littérature latino-américaine serait restée largement inconnue en Allemagne. En parlant du décès de Marquez, il faudrait donc ajouter une pensée à ses traducteurs, à ses passeurs qui ont eu le mérite de passer l’œuvre d’une sphère linguo-culturelle à une autre. Dans le cas de Curt Meyer – Clason, ce fut le passage de la civilisation latino-américaine dans l’hémisphère du Bilderbürgertum allemand. C’est grâce à Curt Meyer – Clason que j’ai pu découvrir l’immensité des paysages de Macondo[5], voyager à travers l’œuvre de Gabriel Garcia Marques. Découvrir une œuvre digne du nom « Weltliteratur » est chose rare :personnellement, je pense que « Cent ans de solitude[6] » est par soi-même une œuvre digne du nom Weltliteratur.
« Nun blätterte er vom neuem, um die Vorraussagen zu überspringen und Tag und Umstände seines Todes festzustellen. Doch bevor er zum letzten Vers kam, hatte er schon begriffen, daß er nie aus diesem Zimmer gelangen würde, da es bereits feststand, daß die Stadt der Spiegel (oder der Spiegelungen) vom Winde vernichtet und aus dem Gedächtnis der Menschen in dem Augenblick getilgt sein würde, in dem Aureliano Babilonia die Pergament entgütlig entziffert hätte, und daß alles in ihnen geschriebene seit immer und für immer unwiederholbar war, weil die zu hundert Jahren Einsamkeit verurteilten Sippen keine zweite Chance auf Erden bekam»
Sources:
Les deux citations, – en début de la notice et à la fin – sont des extraits de la traduction allemande de « Cien años de soledad » de Curt Meyer Clason – les deux premières phrases du début des « Cents ans de solitude » et les deux dernières phrases de l’ouvrage de Marquez.
Márquez, Gabriel Garcia (1984) : Hundert Jahre Einsamkeit. Roman, Deutsch von Curt Meyer – Clasen. Deutscher Taschenbuch Verlag (DTV). 5 Auflage August 1985. ISBN 3-423-10249-7
Vargas Llosa, Mario (2005): Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine. Traduit de l’Espagnol par Albert Bensoussan, Paris (Plon), 2005, ISBN 928-2-259-20258-9
Photo/Scan: Couverture du livre DTV „Hundert Jahre Einsamkeit“
Christophe Neff, écrit le 18.04.2014, publié le 19.04.2014
[6] Dans ce contexte il me semble particulièrement intéressant de relire la note sur Gabriel Garcia Marquez écrite par Mario Vargas Llosa dans le „Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine p.317 – 328“ dont je me permets de citer la première phrase: „La parution de Cents ans de solitude, de Gabriel Garcia Marques, constitue un événement littéraire d’exception : ce roman luciférien, qui a le mérite peu commun d’être à la fois traditionnel et moderne, américain et universel, fait voler en éclats les sombres affirmations selon lesquelles le roman est un genre épuisé et en voie d’extinction (Vargas Llosa 2005, 317)
Ce fut en 1968 (si mes souvenirs sont corrects) que mes grands-parents ont acheté une villa à Port Leucate. C’était une villa dans la résidence de La Griffoulière. La Griffoulière était une des premières résidences de la nouvelle unité touristique Leucate – Barcarès (aussi dénommée unité touristique Port Leucate –Port Barcarès) construite dans le cadre de la mission Racine et dont l’architecte en chef fut Georges Candilis. La résidence de la Griffoulière fut commercialisée par la société Pippi frères, surtout dans le Grand Est (Metz, Nancy, Strasbourg) et c’est ainsi que mes grand parents débarquèrent comme beaucoup d’autres premiers « acheteurs » venus du Grand Est français à Port Leucate et découvrirent un pays de sable et de vent, un véritable paysage semi-désertique, un paysage africain (Conill 1933, Neff & Scheid 2005) en pleine France. Mon premier souvenir de Port Leucate, nous passions quelques jours de vacances en 1969 chez les grands-parents à Port Leucate sont les véritables tempêtes de sable qui interdisaient l’accès à la plage du Kyklos, ce qui assez souvent nous mettait en pleurs et obligeait mes parents et grands- parents à « fuir » à la Plage de Leucate – Plage pour les délices des plages et les bains de mer, mieux abrité de la Tramontane. Au Kyklos il y avait la plage, souvent rendue inaccessible par des rafales de Tramontane foudroyante, et au début de la station c’est au Kyklos que la messe dominicale avait lieu. Mais ce qui impressionnait le plus les premiers vacanciers de la nouvelle station de Port Leucate, c’était ce manque de verdure, pas un arbre, – un paysage quasiment semi-désertique – balayé par la Tramontane, et aucune cigale qui chantait. Cette atmosphère étrange, on peut un peu la retrouver dans l’exposition « Exposition centenaire Georges Candilis Architecture & Design[1]» qui a actuellement lieu à la marie annexe de Leucate, à Port Leucate dans l’espace culturel Henry de Monfreid. Au début de années 1970 mes grands-parents quittaient Eckbolsheim, pour des raisons professionnelles et déménageaient dans la région nîmoise, à Aubord entre Costière et Vistrenque, avec ses été torrides et depuis, la Griffoulière leur servait comme lieu de villégiature pour fuir les vagues de chaleurs estivales du Bas-Languedoc. Pour les enfants et les petits enfants et même arrière -petit enfants de mes grands-parents Port Leucate devenait la station balnéaire de référence.
A Port Leucate le thermomètre dépassait très très rarement les 30 C., le vent, que ce soit Tramontane ou Marin ne cessait guère de souffler – il y avait toujours du mouvement dans l’air. Mais les cigales, si présentes dans le Gard, ont toujours manqué à Port Leucate, – a tel point qu’ils avaient même essayé de les naturaliser à Port Leucate, mais sans réel succès. Port Leucate était resté un paysage sans chants de cigales pendant plus de quarante ans. Ceci vient de changer, -cet été durant les deux dernières semaines de juillet on pouvait enfin entendre le chant des cigales à Port Leucate. Ce n’était pas encore le concert symphonique comme en Provence, dans les garrigues de Nîmes ou même sur le plateau de Leucate, – mais c’était déjà un beau début, – mes grands-parents auraient sûrement aimé entendre le chant des cigales sous leurs deux palmiers à la Griffoulière. 45 années après les débuts de la station de Port Leucate, le chant des cigales peut être aussi considéré comme une réussite des idées de Candilis. Le paysage du Lido entre Leucate et le Barcarès s’est au niveau esthétique complétement métamorphosé, – avant la mission Racine et au début de la station de Port Leucate le paysage ressemblait plus au sud Tunisien, véritable Jeffara française – c’est ainsi que j’ai connu la station dans ses tout premiers débuts durant mon enfance. Aujourd’hui Port Leucate est entouré de belles Pinèdes peuplées de Pins parasols (Pinus pinea), de Pin d’Alep (Pinus halepensis), de Pin maritimes (Pinus pinaster) et de Cyprès (Cupressus sempervirens horizontalis). En plus, les espaces verts de Port Leucate aussi bien au niveau esthétique qu’au niveau écologique sont d’une qualité considérable. Jadis plutôt un paysage semi-désertique, sorte de Jeffara française, – Port Leucate est devenu un véritable îlot de verdure entre mer et étang. Naturellement l’aspect sauvage, ce semi-désert à la française, – la « wilderness » a presque disparu pour laisser place à un paysage de verdure semi-urbain où les cigales semblent enfin se naturaliser et se sentir à l’aise. Du point de vue de touriste du Nord de l’Europe, Port Leucate et le pays Leucatois ressemble de plus en plus à cette vision de paysage méditerranéen héritée de voyages de « Grand tour », pinèdes et cigales, mer et architecture formant une unité esthétique harmonieuse.
Conill, L. (1933) : Végétation de la Salanque et des Corbières orientales Roussillonnaises. Commentaires botaniques de la Carte des productions végétales, Feuille XXV – 48, Perpignan N.W. Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées Orientales. Perpignan, p. 189 – 261.
Neff, C. & Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.
Christophe Neff, le 07.08.2013
P.S. : D’après les chants, les cigales présentes à Port Leucate durant le mois de juillet 2013 appartenaient aux espèces Lyristes plebejus (Cigale plébéienne) et Cicada orni (Cigale grise). Pour le chant voir aussi la page SONGS OF EUROPEAN SINGING CICADAS, – dont le chant de Lyristes plebejus et de Cicada orni.
Le « Grand Cap » est le site touristique sur la Falaise du Cap Leucate qui comprend le restaurant gastronomique Klim & Ko et un point d’information sur le plateau et la falaise (plateau de Leucate ; site de la falaise du Cap Leucate = sites natura 2000). L’ouverture du Klim & Ko fut célèbre en « grand pompe » le 26.05.2012, le site d’information ne fut jusqu’à présent jamais ouvert. Pendant de longs mois on avait droit à une petit affiche sur le grillage du sous-sol du Klim & Ko où devrait se situer le fameux point d’information sur le site Natura 2000; il y était écrit « le point d’information sur la plateau et la falaise ouvrira prochainement » (photo + article dans la Blognotice 20.10.2012: les violettes du Cap Leucate n’ont pas disparu); entre temps cette petite
affiche sur le grillage a disparu. Seul témoin visible de cette promesse est la pancarte « ici la ville de Leucate investit pour vous » – devant le site du « Grand Cap » pancarte qui a tendance à disparaitre sous les chardons. Peut-être l’équipe municipale aimerait bien faire oublier cette promesse avant les élections municipales 2014, car avec cette promesse on avait fait avaler la pilule amère d’avoir construit un restaurant gastronomique sur un site protégé Natura 2000 (voir entre autre ici). Le maire de Leucate, Monsieur Py, nous avait promis en plus une table étoilée pour Leucate. Dans le dernier guide rouge Michelin – ces étoiles sont
encore restées invisibles pour Leucate, nous retrouvons juste un restaurant deux fourchettes ,donc comparable au Jardin des Filoche à Leucate Village (Michelin 2013, p. 853 (Jardin des Filoche), p. 854 (Klim & Ko)) (le KLIM&KO sur le site Michelin.fr , le Jardin des Filoche sur le site Michelin.fr) . Ceci rejoint ce que j’avais écrit sur les connaissances en géographie gastronomique de Monsieur Py en juin 2012. La table étoilée promise pour le grand Cap n’a pas encore vu le jour mais j’espère bien que ce macaron Michelin va arriver un beau jour sans quoi l’argent du contribuable aurait été dépensé pour rien, quant à l’ouverture du site d’information natura 2000 ce sera pour des lustres, difficile de croire que site ouvrira prochainement. Peut-être qu’à la marie de Leucate on a
simplement oublie cette petite promesse. L’année 2014 on aura droit à deux échéances électorales – les élections communales et les élections européennes, ce sera le temps de demander des comptes, où est passé l’argent du contribuable? Quels fonds ont été utilisés pour construire le site du Grand Cap, des fonds, aides régionales ou nationales, voire européennes ? Pourquoi le point d’information sur le site de la falaise du Cap Leucate tarde-t- il à ouvrir ? Des questions qui méritent bien d’être discutées et d’y trouver une réponse.
Le mal est fait ; pour le Klim &Ko, j’espère que l’affaire tournera bien, je me rejouirais même d’un macaron Michelin, cela serait sûrement un + pour la commune de Leucate, – et si ce macaron pouvait bien arriver, on pourrait enfin améliorer le chemin d’accès au site du Cap Leucate qui est une vraie catastrophe. Concernant les choix en aménagement de la station touristique de Leucate pour un développement durable, on aurait mieux fait d’ utiliser « l’énergie investie» pour promouvoir un Hôtel trois ou quatre étoiles, ouvert toute l’année et trouver un site aménageable pour un tel hôtel à la Franqui, au village ou à Port Leucate plutôt que de gaspiller l’argent du contribuable pour la construction d’un restaurant gastronomique sur un site protégé Natura 2000.
Avec plus d’un an de retard, après déjà avoir publié une blogostatistique 73583 dans le billet Blogpaysages – 100.000 lecteurs, voici la blogostatistique 75.000 du blog paysages, qui reprend les chiffres du 09.04.2012 ou le blog paysages, – disons le Dashboard WordPress/Le Monde recensait 75.914 lecteurs.
L’autre question que je me pose – est-ce que le Monde profite des blogs le Monde ? Est-ce que la lecture des blogs comme Géographie du Monde, KunstStoff Thierry Kron sur toile Traube, les panissières, Pres, loin – le blog de Paul Edel, Telle est la Suisse, YOL (routes de Turquie et d’ailleurs), blogs le monde qui sont régulièrement entretenus – sur lequel on trouve un certain rythme de publications – et lesquels je lis assez régulièrement rapporte des lecteurs au Monde – ou est-ce que les bloggeurs de week-end le Monde profitent plutôt de la plateforme Le Monde.fr ? Le Guardian, ce quotidien de tendance gauche-libérale anglais, avait mis beaucoup d’espoir (surtout l’espoir de voir plus de lecteurs lisant le Guardian) dans ses blogs, mais d’après ce que je sais, ces espoirs n’ont pas eu de résultats positifs en forme d’un nombre plus substantiel de lecteurs. Autre question que je me pose comme bloggeur-lecteur-abonné de la version électronique du Monde – est ce que le départ de la République de livres des blogs le Monde vers son propre site a eu des conséquences en nombre de visites pour le site du Monde.fr. . La république des livres est d’après wikipedia.fr (article sur Pierre Assouline dans sa version 04.05.2013 vers 15 :25),ou était un des blogs les plus consultés de la blogosphère francophone , on pourrait donc légitimement se demander si ce départ a eu une influence sur la fréquentation du site le Monde.fr. De la part du Monde.fr grand silence sur ce départ, d’ailleurs sur le départ de Pierre Assouline du Monde du Monde de livres, même silence ; étant un lecteur assez attentif du Monde je n’ai rien remarqué ! Abonné-lecteur du Monde, très attaché au journal Le Monde j’aurais bien aimé avoir des explications sur ses départs successifs de Pierre Assouline du Monde!
Il y a deux ans j’avais écrit un billet nommé « Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr » , – et depuis sur wikipedia.fr la situation n’a guère changé – à part les quelques mots sur les cloches de pâques dans l’article Pâques , l’article Lapin de Pâques et l’article Œuf de Pâques – on ne trouve pas grand-chose. Par contre dernièrement la Rheinpfalz a consacré tout un article aux cloches de pâques (françaises) sous le titre « Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben (Quand les cloches d’église restent muettes) (Die Rheinpfalz Nr. 74, 2013) ». Dans cet article on nous explique que cette coutume « cloches muettes des églises catholiques » n’est pas tellement franco-française, mais se rencontre dans beaucoup de pays avec de forts liens avec la tradition catholique, – même en Allemagne dans les régions catholiques du Sud les cloches des églises restent muettes entre Vendredi saint (Jeudi Saint/Gründonnerstag) et le Dimanche de pâques – le silence rappelle le calvaire de Jésus Christ, mort crucifié pour « sauver l’humanité du mal ». Le retour des cloches le Dimanche de pâques, – ces cloches de pâques qui ramènent les petites friandises aux enfants, – ces cloches qui sonnent à grand éclat le dimanche matin dans les églises catholiques du monde entier – nous rappellent que « le mal » a été vaincu par le sacrifice de Jésus Christ et sa résurrection le Dimanche de Pâques. Même ici, dans le Leiningerland – le dimanche matin – les cloches sonnaient à grand éclat – un vrai paysage sonore – et il n’y avait pas seulement les cloches des églises catholiques qui sonnaient. Je me demande, combien de temps il faudra encore attendre un bon article, bien documenté et recherché sur la wikipedia.fr sur les racines des cloches de pâques.
Personnellement, durant mon enfance franco-allemande, ce fut à Eckbolsheim, rue des pommes – sous le grand cerisier et sous les groseilliers que j’avais fait avec mon frère et ma sœur (et une partie de mes cousins et cousines)(voir aussi 1, 2) mes premières rencontres avec les cloches de pâques. Et après ce fut au château d’Aubord, – suivi de la villa l’olivette aux impasse de Pins à Aubord, – et d’innombrables fois ces cloches de pâques à la Griffoulière, la petite maison de vacances de mes grands-parents avec ses deux magnifiques palmiers, à Port Leucate. C’est à la Griffoulière, que mes propres enfants ont fait il y a quelques années leurs « premières rencontres » avec ces fameuses cloches franco-françaises, – naturellement c’étaient des cloches de pâques qui rapportaient aussi bien des « œufs de pâques » que des « Osterhasen ».
Vu cet hiver long et sombre en Allemagne , – surtout le manque de luminosité – même si nous avons eu droit à quelques belles éclaircies ce matin, – mais notre petit étang de jardin (Gartenteich) était encore recouvert de glace ce matin et une grande partie de l’Allemagne était encore revêtue par un manteau neigeux durant ce week-end pascal 2013 – je peux très bien comprendre mes parents, qui partaient avec leurs enfants vers le Midi, où fleurissaient les arbres fruitiers, les Arbres de judées – où le printemps ne se faisait pas attendre comme à Schramberg. A Schramberg l’hiver, durant mon enfance durait parfois de fin octobre jusqu’au début Mai. Pâques à Port Leucate, ce fut naturellement les cloches de pâques, beaucoup de luminosité avec encore plus de Tramontane, – et parfois le début de la floraison des Pittospores (Pittosporum tobira) dans les espaces verts et jardins de Port Leucate – avec cette senteur spéciale des fleurs des Pittospores qui ressemble fortement à la fleur d’oranger. D’ailleurs ces Pittospores qu’on plantait presque dans tous les espaces verts durant les années 1970 à Port Leucate se sont bien naturalisé depuis les années 1970 dans les paysages Leucatois (voire aussi (Neff & Scheid 2005)).
Sources etc :
Die Rheinpfalz 2013: Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben. Die Rheinpfalz – Nr. 74, Zeitgeschehen, Donnerstag 28. März 2013
Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.
Durant mon dernier séjour à Leucate j’ai découvert la librairie L’An Demain à Leucate-village. En fait, la librairie existe déjà depuis juillet 2012, – mais apparemment je ne l’avais pas encore découverte. Donc à Leucate village, nous avons déjà trois librairies – la librairie Adamus, la librairie Entrez libres – au clos de Ninon, – et maintenant la librairie galerie l’An Demain. Avec la librairie du Centre Commercial de Port Leucate, la commune de Leucate est donc en train de devenir un vrai centre du livre, – « Leucate – capitale du livre des Corbières maritimes ?».
J’admire le courage des deux nouveaux libraires à Leucate (Entrez libres – au clos de Ninon, L’An Demain), car le métier de librairie devient de plus en plus difficile. La librairie galerie l’An Demain est une librairie spécialisée dans les secteurs « nature, écologie, paysages » secteurs qui ne sont pas les branches principales des autres librairies à Leucate. Une bonne place pour trouver un livre spécial sur l’écologie des paysages méditerranéens hors d’une librairie universitaire. En plus c’est aussi une librairie bloggeur, – le libraire Martin Guillemot publie aussi un petit blog, – « le blog de la librairie L’An demain ». Je pense que vu la spécialisation des trois librairies à Leucate-village, il y aura assez de place pour les trois (Librairie Adamus petite librairie générale avec un grand rayon presse incluant aussi la presse internationale (allemande, anglaise etc.) ; Entrez libres – au clos de Ninon librairie spécialisée dans les livres pour enfants, livres de poches et livres de poésie, beaux livres – et l’An Demain avec la spécialisation déjà décrite et de plus un rayon de livres d’occasion en anglais.). Donc si tout va bien, Leucate, Leucate village pourrait devenir une véritable capitale du livre dans les Corbières maritimes, – une cité du livre et de la lecture – entre Montagne, Etang et Mer. La seule chose qui manque un peu, c’est un véritable guide naturaliste du pays Leucatois, un guide qui décrit aux intéressés les beautés des paysages Leucatois et de ses environs, un guide qui parle aussi des problèmes et dangers environnementaux, car ces dangers existent et cela ne sert à rien de les balayer sous le tapis. Un tel guide devrait être si possible un guide bilingue (anglais/Français) pour pouvoir se trouver une clientèle internationale. Si un jour j’atteins l’âge de ma retraite, je pourrais moi-même écrire un tel guide naturaliste (Titre potentiel: Guide naturaliste des paysages du Leucatois/naturalist guide of the landscapes of Leucate), – mais j’atteindrai mon âge de retraite dans une vingtaine d’années. Il faut donc espérer, si on veut voir naître un tel guide naturaliste des paysages du pays Leucatois dans un plus bref délai, qu’un autre auteur s’attaque à l’écriture de l’ouvrage.
Pour en revenir à ma dernière blognotice sur les changements de paysages dans le pays Leucatois, à peine une journée après sa publication le 7 juin 2012 je tombe, en lisant le premier chapitre du Hors-Série N.1 de la revue le Palmier sur le Chamaerops humilis ( livre édite par l’association „Les Fous de Palmiers“ dont j’écrirai sûrement plus tard une critique un peu plus détaillée ):« un petit palmier qui ne perd pas le nord » chapitre écrit par Fréderic Tournay – encore une fois de plus une remarque sur la situation géobotanique exceptionnelle de Leucate.
Concernant les « peuplements résiduels » du palmier nain en France, nous trouvons dans ce petit chapitre de F. Tournay, la phrase – « Elle est enfin beaucoup plus rare à l’ouest du Rhône, où elle est très localement recensée dans le massif de la Clape au Sud de Narbonne et à Leucate dans l’Aude (Noble, com. pers.) (Tournay, F. 2012, 8) ». Cette petite phrase, montre une fois de plus la singularité géobotanique et paysagère des différentes parties de la presqu’île de Leucate, plateau de Leucate, falaises, Cap Leucate etc. est très bien connue dans les milieux scientifiques (des sciences de la terre, du vivant et du paysage) – mais cette notoriété écologique des paysages de Leucate semble échapper à une partie des élus communaux. Ceci pourrait être une des raisons pour expliquer la construction d’un restaurant gastronomique sur un site Natura 2000 (Plateau de Leucate), – construction dont je parlais dans mon dernier billet.
Concernant les Chamaerops humilis de Leucate, je ne peux que confirmer la phrase de Tournay, car j’ai personnellement travaillé un peu sur les palmiers et d’autres plantes exotiques (ou rares) sur le territoire de la commune de Leucate (Neff1998, 1999, 2003). Dans la publication de 1999 il se trouve même une petite carte répertoriant les différents sites où on trouvait des palmiers nains. Le site du petit mini-golf abandonné, qui était un des sites de départ de naturalisation du palmier nain, a fait place à un nouveau rond-point de la D. 627 au sud-est de Leucate – Village (ancien Moural) – et a donc disparu.
Mais par contre dans les Pinèdes longeant la falaise aussi bien à La Franqui qu’à Leucate-Plage on peut trouver ici et là des Chamaerops humilis. Mais il faut préciser que je n’ai plus fait moi-même de prospections/relevés dans ces pinèdes depuis 2006. Par contre à Port Leucate, j’ai pu observer dernièrement de jeunes pousses de Chamaerops humilis, – mais ceux-ci (comme les pousses assez fréquentes de Phœnix canariensis (cf. Neff 1998)) sont assez souvent systématiquement « éliminées» par les services des espaces verts ou des jardiniers privés.
Leucate, avec le développement touristique des dernières décennies est aussi devenu un paysage de palmiers, les palmiers les plus fréquemment plantés sont Phœnix canariensis, Sabal palmetto (surtout à Port Leucate), et Chamaerops humilis. Notons qu’à la Franqui on trouve aussi quelques beaux exemplaires de Trachycarpus fortunei.
Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’actuelle équipe municipale et son maire « Michel Py », qu’ il faut essayer d’étendre la saison touristique si possible à une grande partie de l’année. Mais ceci nécessite une politique d’aménagement touristique raisonnable et durable qui ne dilapide pas le capital naturel du pays Leucatois: son formidable paysage !
Bibliographie et sources citées :
Les Fous de Palmiers (2012)(Ed): Chamaerops humilis. Les Fous de Palmier, Hors – Série N. 1, Janvier 2012.(plus d’info ici)
Neff, C. (1998): Kulturlandschaftswandel, Fremdenverkehr und Biodiversität auf der Halbinsel Leucate (Dept. Aude/ Frankreich). In: Fremdenverkehrsgebiete des Mittelmeerraumes im Umbruch. Beiträge der Tagung des Arbeitskreises „Geographische Mittelmeerländer- Forschung“ vom 11.-13. Oktober 1996 in Regensburg. Regensburger Geographische Schriften, H. 27, 99-135, Regensburg. (ISBN 3-88 246-193-4)
Neff, C. (1999): Observation géographique et floristique sur la presqu’île de Leucate. In: Bul. Soc. Et. Sc. Nat. Nimes et Gard, T. 62, 1999, 23-34. DOI: 10.5445/IR/1000121552 (Download sur KITopen) .
Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3)
Tournay, F.(2012): Un petit palmier qui ne perd pas le nord. In : Les Fous de Palmiers (2012)(Ed): Chamaerops humilis. Les Fous de Palmier, Hors- Série N. 1, Janvier 2012, p.6-9
Cela fait presque 20 ans déjà que je fais des cours pratiques sur les paysages méditerranéens, géobotanique et dynamiques des changements de paysages, souvent dans le « Midi méditerranéen français », – mais aussi au Portugal, en Italie etc. Pour une fois de plus, avec 20 étudiants en géographie & écologie du paysage, nous avons passé une semaine (du 26.5 au 3.6.2012) à la découverte des changements de paysages et de la géobotanique dans les Corbières maritimes et le pays Leucatois. Et des changements de paysages, petits et grands, étaient au rendez-vous.
La petite gare de Leucate-La Franquia eu droit à une nouvelle horloge. J’inclus toujours la petite gare de Leucate la Franqui dans mes cours, car d’une part on peut très bien expliquer le développement du premier tourisme balnéaire à la Franqui et à Leucate Plage, développement touristique qui était dans ses débuts très lié aux chemins de Fer. La petite station balnéaire de la Franqui, fut une des premières stations balnéaires de la côte du Languedoc, et ceci déjà au 19eme siècle. En plus la gare de Leucate est un site privilégié pour observer les cigales, – les arbres longeant voie et quais de la petit gare sont, pendant l’été, « couverts » de cigales. Malheureusement cette année, le chant des cigales n’était pas au rendez-vous, l’été n’ayant pour ainsi dire pas encore réellement commencé !
Au village, – à Leucate village, – découverte d’une nouvelle librairie indépendante « entrez libres – au clos de Ninon », – en fait c’est une librairie salon de thé. Belle idée, – je cite le texte sur le site de cette nouvelle librairie Leucatoise « „Entrez Libres“ est une librairie pour se retrouver entre amis, mais aussi faire de nouvelles rencontres, autour des mots et des idées. Elle se veut un lieu de paroles et d’expression, où pourront se mêler les styles, les cultures et les générations. » Ainsi Leucate village, possède donc deux librairies, la librairie Adamus, – dont j’ai déjà parlé ici et là et maintenant la librairie « entrez libres – au clos de Ninon ». Fait remarquable, car autre-part assez souvent les librairies, surtout les librairies indépendantes sont plutôt une « espèce en voie de disparition ».
Autre découverte, – le Mas des Caprices, un nouveau producteur de vins, qui s’est installé à Leucate, depuis quelques années déjà, mais que je viens de découvrir seulement maintenant. Mireille et Pierre Mann, d’origine alsacienne, ont tenté en 2005 leur aventure vigneronne bio sur le plateau de Leucate. Une partie de leurs vignes, se situe juste en face du sémaphore du Cap Leucate, pas loin de la parcelle sur laquelle je « suis » attentivement depuis de longue années la dynamique végétale (Neff, C. 1999). Le blanc de l’œuf, Corbières blanc délicieux, provient de ce vignoble du Cap Leucate, à quelques pas, du sémaphore, de la falaise et de la fameuse plagette, et naturellement de la parcelle dont je suis la dynamique depuis de longues années. De voir la « vigne » renaitre entre plateau et falaise de Leucate et en même temps, il faut le noter, la reprise du pâturage sur une partie du plateau de Leucate, laisse espérer que la dynamique du paysage a pris, au moins sur cette partie de la « presqu’ile de Leucate » la bonne direction.
Mais le changement de paysages le plus visible dans le pays Leucatois est certainement le restaurant Klim & Ko sur la falaise pas loin du Phare du Cap Leucate. Comme une surcoupe volante le Klim & Ko, – disons le bâtiment conçu par Éric Raffy, survole les vignes et garrigues du Cap Leucate. Esthétiquement parlant le bâtiment est plutôt une réussite – pour le reste on dirait que c’est un « vestige » bien visible du « Sarkozistan » qui garnira pendant longtemps le paysage visuel du Cap Leucate. On pourrait naturellement se demander légitimement comment une telle construction – en pleine zone Natura 2000 – peut obtenir un permis de construction. Et ceci dans un des derniers sites en France où l’on trouve encore la Violette ligneuse (Viola arborescens) (cf. Neff 2003),espèce protégée au niveau national français (fiche sur Viola arborescens sur le réseau telabotanica) – qui en dehors du site entre le phare du Cap Leucate et le Sémaphore du Cap Leucate a presque entièrement disparu en France. Mais dans la France du Sarzkozistan, – et malheureusement même avant l’ère Sarkozistan – on a toujours eu une grande liberté avec les lois environnementales.
En plus, sur les panneaux encore en place devant le Klim & Ko nous apprenons que la ville de Leucate a investi ici pour un « site d’accueil et promotion de la falaise » ,mais en fait il s’agit d’un restaurant gastronomique, ce qui n’est pas mentionné sur le panneau d’autopromotion de la marie de Leucate. On pourrait aussi légitimement se demander si l’argent de du contribuable doit servir à faire démarrer un « restaurant gastronomique » sur un site protégé ?!
Cette histoire du Klim & Ko, construite sur une des dernières perles sauvages de la méditerranée, un des derniers sites où on trouve encore des Violettes ligneuses, n’est certainement pas une référence pour le Maire de Leucate, Michel Py, qui en ce moment se présente pour la députation de la deuxième circonscription de l’Aude. Peut-être Michel Py entrera –t-il dans l’histoire politique, pour y avoir arraché cette circonscription historique, – ce fut la circonscription de Leon Blum pendant la troisième république, à la gauche, et ceci grâce aux rivalités et guerres de clan de la gauche Audoise. Notons que l’Indépendant pense que Michel Py na guerre de chance de prendre place sur le « fauteuil de Léon Blum ». Mais Monsieur Py, avec cette obscure idée d’utiliser l’argent du contribuable, pour valoriser le site de la falaise de Leucate, en y construisant un restaurant gastronomique, dans un site classe Natura 2000, risque bien de trouver sa place dans les livre d’histoire du paysage français, comme le maire, ayant sacrifié un des derniers sites de « Viola arborescens » françaises ,en fait ce fut la plus grande station de Viola arborescens en France !
Concernant le Klim & Ko, étant entre autre aussi amateur de bonne cuisine & de bons restaurant, – je vais certainement un jour y rendre visite, – le mal est déjà fait, – et donc pourquoi pas en profiter pour un bon repas gastronomique, en espérant que les travaux de construction (qui vont bientôt atteindre leurs fins) et les piétinements en plus que va certainement occasionner ce restaurant sur la falaise, ne vont pas sonner le glas pour les derniers viola arbustives. Concernant le cadre et le site du restaurant, – il est certes très exceptionnel, – mais de croire comme l’a fait Michel Py durant l’inauguration du Klim & Ko, je cite la dépêche du Midi « Leucate ; le restaurant Klim and Co inauguré : Enfin, Michel Py, maire de Leucate, a félicité tous les partenaires de ce projet qui offrira un nouveau haut lieu de la gastronomie ouvert à l’année afin d’ouvrir davantage le tourisme aux quatre saisons, en espérant également que ce site magnifique mènera ces nouveaux chefs vers toutes les étoiles.» – que le seul fait d’avoir un cite exceptionnel pourrait être un gage pour recevoir une des fameuses étoiles Michelin montre que Monsieur le Maire n’a que de piètres connaissances de la géographie gastronomique française. Une très grande partie des tables étoilées françaises ne se trouvent pas sur un site paysage exceptionnel, bien au contraire. Il y en a, – mais c’est plutôt rare. Les tables étoilées, ont eu droit à leur(s) étoile(s) grâce au génie de leurs « grands chefs » – mais le cadre paysages n’y est pour rien !
Je finis donc ce petit tour d’horizon des changements de paysages dans le pays leucatois, – avec le constat, qu’une fois de plus les hommes et le temps ont modifié le paysage. La gare a une nouvelle horloge, le village a maintenant une libraire de plus et un nouveau domaine viticole bio. Le nouveau restaurant Klim & Ko sur la falaise, – est certes une réussite au niveau architectural, – concernant la géographie gastronomique des Corbières cela pourrait enrichir le paysage culinaire régional, – pour le volet environnemental ce projet de valorisation de la falaise de Leucate pourrait bel et bien sonner le glas pour un site qui fut considéré comme la plus grande et plus belle station de Viola arborecens en France. Pour enfin finir ce tour d’horizon de changements de paysage récent dans le pays Leucatois, notons que le premier des vitraux crée par Jacques Loire du Centre international du vitrail de Chartres pour l’Eglise St. Jacques à Port Leucate vient d’arriver à destination. Le nouveau vitrail montre St. Jacques arrivant en bateau baigné par les couleurs et lumières en plein nef de la nouvelle église de Port Leucate. Là, enfin, – une vraie réussite !
Je viens donc de passer une très belle semaine de cours sur la dynamique & géobotanique des paysages méditerranéens avec un groupe d’étudiants très engagé. Semaine riche en observations dont j’ai décrit quelques impressions ici même. Ce fut aussi une semaine avec une météo estivale, – sur le plateau de Leucate les températures oscillaient entre 29 et 34 C., presque pas de vent, ce qui est assez exceptionnel pour Leucate. Qui, même sans chant de cigales, cette semaine fut une vraie semaine de paysages estivaux dans le pays Leucatois entre Mer, Falaise et Corbières.
Bibliographie:
Neff, C. (1999): Observation géographiques et floristiques sur la presqu’île de Leucate. In: Bul. Soc. Et. Sc. Nat. Nimes et Gard, T. 62, 1999, 23-34. DOI: 10.5445/IR/1000121552, (Download KITopen).
Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3)
La France entame son premier tour des élections présidentielles. Ce matin je découvre dans la RDL, un billet avec le titre « Abstention, piège à cons ! ». Bon titre mais parfois les réalités de terrain sont un peu plus complexes ! Dans ce billet de la RDL, où on trouve entre autre aussi les intentions de vote, de soutien de divers écrivains, romanciers et intellectuelles de tout bord, j’ai laissé le commentaire suivant. « Très bon billet ! Mais pour les français vivant à l’étranger, les expats ce n’est pas toujours si facile. Quand est ce qu’on aura enfin en France un droit de vote moderne, avec la possibilité de vote par correspondance, comme en Allemagne ou aux Etats-Unis ? En Allemagne cela s’appelle « Briefwahl » ! En France c’est inexistant, il y a que le vote par procuration – on se croirait aux « Paléolithique supérieur électoral ». Et en plus – le réseau consulaire se rétrécie de plus en plus – (au moins en Allemagne) ! Que je prends un billet d’avion pour Berlin (ambassade française) – ou billet d’avion pour Perpignan pour voter à Leucate– cela reviens au même. Dans le pays-leucatois il y au moins le soleil en plus ! RDV peut – être dans deux semaines ! And who knows – perhaps today we will have a « Wiedersehen » avec le 21.4.2002”. Il s’agit ici, d’un point d’un citoyen franco-allemand (binational) – qui a encore des fortes attaches en France. Peut-être le Président gagnant de ces élections présidentielles peut entamer enfin le chemin pour un droit de vote par correspondance comme dans les autres grandes démocraties occidentales. A noter que la wikipedia.fe ne connait pas le terme de vote par correspondance, mais dans la wikipedia.de on trouve Briefwahl et dans wikipedia.en Postal voting.
Je pense, que les expats, devraient s’ils ont encore de fortes attaches vers un commune, un pays en France, – devraient avoir la possibilité de voter dans leurs point d’attache sans le détour via la vote par procuration. Pour moi ce point d’attache, c’est depuis quelques années la commune de Leucate dans l’Aude. Avant pendant presque vingt ans c’était le petit village d’Aubord, entre Vistrenque et Costières dans le Gard. Mais à vrai dire, – le pays Leucatois – je le connais depuis bien plus que 40 ans. Je participe (un petit peu) à la vie associative, j’achète mon vin dans la coopérative viticole locale, je fréquente la messe du dimanche dans la nouvelle église de Port Leucate, participe ici et là, quand j’ai l’occasion de descendre au « pays » aux divers élections, – et naturellement j’y profite du vent et du soleil ! En fait c’est le pays du vent et du soleil. Le vent et le soleil – c’est un peu l’or du pays leucatois et des Corbières maritimes. Et parfois même, je passe même des vacances, en famille dans ce pays de soleil et de vent. Pourquoi voterai-je donc dans un consulat lointain, à Berlin – ou à Frankfurt – si ces attaches « territoriales » sont encore si fortes. Je pense, que la France devrait enfin se procurer d’un droit électoral moderne y inclut la possibilité du « droit de vote par correspondance ».
Concernant les débats électoraux, même si je suis en partie d’accord avec l’analyse de Mathieu von Rohr(2012) « auf dem Mond (sur la lune) » paru dans le Spiegel, qu’un vrai débat sur la politique économique et sociale a manqué, – cette élection m’a permis de découvrir une nouvelle géographie sociale de la France. Je pense ici au livre de géographie – Fractures françaises – de Christophe de Guilluy. Je ne sais pas si le livre est comparable au « Tableau politique de la France de l’Ouest sous la Troisième République» d’André Siegfried, dont nous trouvons l’éloge dans le dernier livre d’ Éric Fottorino « Je n’avais pas tant retenue l’auteur du célèbre «Tableau politique de la France de l’Ouest sous la Troisième République », usant avec génie de la géologie le vote des départements du seigle et de la châtaigne, que le voyageur, l’observateur, l’homme de savoir et de méthode (Fottorino, E. 2012, 59). Mais le livre de Christophe de Guilly est instructif – et il permet de comprendre en partie le vote des couches populaires et des classes moyennes dans les élections précédentes. Et qui sait, peut-être le livre, pourrait nous aussi donner des indications précieuses pour ces élections présidentielles de 2012. Concernant les reportages de « voyages électoraux » – dont la lecture peut compléter la lecture des fractures françaises je pense au reportage de Gerow von Randow « Rache der Kleinen – Viel versprochen, nichts gehalten – Frankreich hat nicht nur von seinem Präsidenten genug. Ein politischer Reisebericht aus dem Nachbarland. » Paru dans la Zeit – et a l‘impressionnante prise de vue – Une vie dans un vote – paru dans le blog Avallon N 6, km 220 de Pascale Robert – Diard.
Ouvrages et livres citées :
Fottorino, Éric (2012) : Mon Tour du « Monde » – récit. Paris, (Gallimard), ISBN 978-2-07-013419-9
Guilluy, Christophe (2010) : Fractures françaises. Paris, ( François Bourin Editeur), ISBN 978-2-84941-201-5
Von Rohr, Matthieu (2012) : Auf dem Mond. Am Sonntag findet in Frankreich der erste Teil der Präsidentschaftswahlen statt, nach einem eigenartigen Wahlkampf, in dem viel von Personen, aber wenig von Wirtschaftsproblemen die Rede war. In: Der Spiegel, 16/2012, 94-95.