Matinée de Mardi Gras 2010 à Grünstadt

Les chutes de neiges ont enfin cessé et le soleil est de retour à Grünstadt. Lecture matinale du dernier billet de la République de livres « Malraux, l’épouse éternelle » et de « Régionales, Languedoc Roussillon: Les tribulations d’une française en France » dans au jour le jour.

Toujours ces ombres  du passé franco-allemand qui ressurgissent  – Clara Malraux (1897-1982) née Goldschmidt – l’épouse éternelle Malraux – il y un peu de tout dans cette histoire franco-allemande. Hier c’était de Paul Celan, dans le contexte d’un délit de citation qu’on parlait dans la RDL. On ne parle presque plus de Paul Celan en Allemagne, en ce moment c’est plutôt de Helene Hegeman et de son « romanplagiat  »  Axolot Roadkill qu’on parle et de Werner Herzog qu’on redécouvre pour la Berlinale 2010, comme président du jury de la 60 ème Berlinale. L’Allemagne avait presque complètement oublié le réalisateur de Fitzcarroldo, de Cobra Verde, et d’Aguirre, la colère de Dieu.

Dans Régionales, Languedoc Roussillon: Les tribulations d’une française en France  nous retrouvons une autre facette de l’histoire franco-allemande. Apres avoir passe 40 ans en pays de Germanie, une carrière politique dans  la SPD qui fut entre autre récompensée par le Bundesverdienstkreuz Madame Neff découvre les réalités de la vie politique française – surtout celle d’une gauche socialiste en pleine déconfiture – au  Languedoc en plus, où   le phénomène Georges Frêche complique encore la chose. Mais la SPD à Schramberg, le Kreisverband Schramberg, la SPD du Baden-Württemberg tout court , la Social-démocratie locale  n’était et n‘ est sûrement pas représentative pour le reste de la Social-démocratie allemande.  Le OV Schramberg était et est un modèle de démocratie interne, mais malheureusement pas représentative pour le reste de SPD ; ce qui explique en partie la débâcle électorale de la SPD aux dernières  élections au Bundestag. Et des baronnies locales à l’image du P.S. et de adhérent /es exclues, inclus etc., il en existe aussi .Ainsi  par exemple ici à  Grünstadt, où les barons locaux ont  accompli  l’exploit de réduire les sièges de la SPD de 16 (de 27 sièges potentielles) à 8 sièges – et ils  continuaient pendant les diverses campagnes à  se livrer des  guerres de tranchées pour des postes virtuels d’adjoint  etc…Entre temps les électeurs ont cherché d’autres alternatives  et ils les ont bien trouvées. Les postes d’adjoint ont  disparu par faute  d’un électorat s’étant évaporé , mais les guerres de tranchées continuent … on ne  sait même pas pourquoi !

De  plus dans les années 70-80, 80 on (l’auteure  du blog au jour le jour )  était encore jeune et pleine d’espoir social démocrate  ,il y avait le souffle charismatique d’un Willy Brandt, d’un Ehrhard Eppler  et au niveau local de Pius Kopp, Werner Klank et Herbert Zinell  le sien et d’autres- tout  cela a disparu, pas seulement pour des raisons politiques  mais aussi parce que les  temps changent  et  que nous prenons de l’âge.  Pour finir , Herbert Zinell a accompli l‘ exploit de se tenir presque 20 ans à la tête de la ville de Schramberg, exploit remarquable pour un « rouge »  dans les terres noires catholiques  de la Moyenne Forêt Noire – car les soi- disantes  terres noires catholique de la Moyenne Forêt noire, surtout celles de la Raumschaft Schramberg, héritière culturelle   de la tradition catholique de l‘ Autriche antérieure, la Herrschaft Schramberg,  sont de fait un bassin naturel d‘ électorat de la CDU – une terre historiquement rude pour la Social-démocratie et mise à part  la ville de Schramberg , haut lieu de l‘ industrie horlogère , la Social-démocratie était pratiquement inexistante. Historiquement ce catholicisme avait au moins une chose positive, ces terres ne furent jamais des  territoires complètement conquis  par la NSDAP .

Christophe Neff, Grünstadt le 16.2.2010

P.S : Pour en revenir à mon billet d‘ hier Schau, ein Philosoph geht da de Bach na – Schau eine Schriftstellerin geht da de Bach naici on trouve des très belles photos de la da Bach na Fahrt et du Rosenmontagsumzug à Schramberg.

Schau, ein Philosoph geht da de Bach na – Schau eine Schriftstellerin geht da de Bach na – carrousel d‘ idées de Rosenmontag 2010 ( lundi des roses – le lundi d’avant mardi-gras 2010)

Il neige encore à Grünstadt ,depuis vendredi  12  février la neige n’a pas cessé de tomber sur la Unterhaardt . Aujourd’hui‘  c’est Rosenmontag en Allemagne, – dans les régions catholiques allemandes c‘ est le grand jour du Carnaval, dans la région où j‘ ai grandi ,c‘ est la « Schwäbisch-Alemannische Fasnet  » (carnaval souabe et alémanique, en contraste avec le carnaval rhénan). Par exemple  à Rottweil, la Fasnet avec ses racines moyenâgeuses  est réellement célébrée comme une sorte de messe, à Schramberg , la ville de mon enfance, la Fasnet a des souches un peu moins nobles ,mais la fameuse « de Bach‘ na Fahrt  », (course en  baquets de bois sur la rivière Schiltach parfois déchaînée par les crues de février, baquets décorés ( l’imagination étant la reine !) reprenant souvent des sujets de politique nationale , internationale et évidemment régionale et locale) est devenue un réel  événement qui passe régulièrement dans les chaines de télévision nationales et qui attire dans les 40000 spectateurs chaque année. Eh bien, en  ce jour de Rosenmontag je constate que l‘ affaire Botul-Henry Levy vient même atterrir dans la « Rheinpfalz  » – Dagmar Gilcher lui consacre un article sous le titre « Denk mal – Schau ein Philosoph – Frankreichs Star-_Vordenker hat mal kurz nicht nachgedacht und ist auf eine Satire hereingefallen. » Donc une semaine après le bulletin d‘ Aude Lancelin  «Bernard-Henri Lévy en flagrant délire»,  le billet «Désolé mais Botul-Henri Lévy a encore frappé» de la république des livres avec à l’instant où  j‘ écris ces lignes  484 commentaires, le spon «Dandy-Philosoph fällt auf Satire rein »  ces  deux derniers repris par moi-même dans «Vue de Grünstadt – encore de la grisaille», l‘ affaire arrive par la voix de Dagmar Gilcher dans les salons – plutôt les « Wohnzimmer » et les « Küchen »  (cuisines) du Palatinat, du Leiningerland et de la Unterhaardt.

Mais l’Allemagne a aussi son scandale littéraire dont  à présent en France nul ne  parle – une vraie affaire de plagiat littéraire – pas un simple  « Délit de citation  » dont nous parle la RDL ce matin concernant le roman Jan Karski de Yannick Haenel. Le roman «Axolot Roadkill  » de Helene Hegemann , qui fut ovationné par la critique littéraire allemande, est en  fait en grande partie un plagiat du roman « Strobo » du bloggeur Airen. Ca fait mal, même très mal, à tel point qu‘ une  partie de la critique littéraire allemande  se voit obligée de disculper le plagiat comme par exemple Ijoms Mangold dans la Zeit « Unecht wahr – die Autorin Helene Hegemann hat abgeschrieben . Und ? ». Pour Paysages c’est du plagiat tout court et je reprends ici les mots de Glam (Glam = Volker Luedewig Auteur du blog « GlamourDick ») « Nicht abschreiben! Selber leben! Selber schreiben!  (Ne pas copier ! Vivre soi-même ! Ecrire soi- même !».)  dans la FAZ-Net (Dans ce context voire aussi le billet notes on a roadkill de GlamourDick) . L’affaire fut pour finir découverte  par le billet – Axolot Roadkill : Alles nur geklaut – du blog de Deef Pirmasens. Résumons tout court comme on le fait lors de la Bach na Fahrt à Schramberg  :

„BHL und Helene Hegemann –

Sin Da Bach na gefahre –

patsch Nass BHL und Helene Hegemann“,

Tombés  en plein dedans, un grand plouf,

Tout  mouillés,  pleins de bleus,

Ça fait mal, ouf !

Joyeux carnaval !  (Traduction française E.Neff )

Christophe Neff, Grünstadt le 15.2.2010

P.S . : Les paroles du Schramberger Narrenmarsch se retrouvent ici – et ici en traduction française sur la site de la Narrenzunft Schramberg.

Vue de Grünstadt – encore de la grisaille (10.2.2010)

En me levant le mardi 9.2.2010 j’avais encore le très bel essai de Ferdinand von Schirach paru dans le dernier Spiegel (6/2010) « was übrig bleibt » en tête. Un texte décrivant la jeunesse de von Schirach dans chez les Jésuites à St. Blasien . Comme par hasard il parlait aussi de ces paysages de neige de forêt noire comme je le faisais dans «L‘ Allemagne fatiguée de son hiver (Hiver 2009/2010) » en évoquant mes mémoires de paysages de neige de la Raumschaft Schramberg. Von Schirach écrit « In meiner Erinnerung ist St. Blasien ein kalter Ort. Vier Monate lag Schnee, an den Bäumen hingen Eiszapfen, und weil nachts die Fenster offen blieben, wurde es so kalt, dass wir uns morgens unter der Bettdecke anziehen mussten (Dans ma mémoire St. Blasien est un lieu froid. Quatre mois de neiges, des arbres plein de stalactite de glace, et comme de nuits les fenêtres restaient ouvert, il devenait tellement froid, que au petit matin nous étions oblige de nous habiller sous nos couvertures tellement il faisait froid «. Décidément les paysages d’hiver de la forêt noire des 1970-1980 ont bien marqué nos mémoires. La jeunesse décidément c’est aussi une période de lecture intense – von Schirach nous parle beaucoup de livres et de lectures. Très beau texte, qui mérite à lui seul l’achat du Spiegel. Ce matin même je découvrais dans la république des livres « Désolé mais Botul-Henri Lévy a encore frappé » en quelques heures plus tard l’affaire arrive en Allemagne sous le titre « Bernard-Henri Lévy – Dandy-Philosoph fällt auf Satire rein“ dans le SPON. Je ne savais même pas qu’ici en Allemagne BHL était qualifié de Dandy-Philosoph. Avant avoir lu l’article j’avais jamais entendu le mot « Dandy-Philosoph ». BHL donne la vie un nouveau mot – ein neues Wort – le « Dandy-Philosoph » a la langue allemande. La nuit tombe, deux journées sont passés, il fait encore gris à Grünstadt , – mais les chutes de neiges on reprit – lassaient du duvet blanc dans la grisaille hivernale du Oberrheingraben. Je me souviens aussi du dernier billet de Berlin en parleles Mots de la Fin – dommage que ce blog franco-allemand va cesser de parler. J’ai beaucoup aimé lire cette voix française de Berlin. En plus c’était pour moi, qui lisait longtemps avant de m’attaquer à l’écriture du blog paysage régulièrement le blog franco – allemand Berlin en parle de Claire -Lise Buis, un sorte de model pour le blog franco-allemand « paysages ». Sans Berlin en parle il n’aurait jamais eu de blog paysages.

Source :

Von Schirach, Ferdinand (2010) : Was übrig bleibt – Eine Jugend im Jesuiten-Internat St. Blasien . In: Der Spiegel 6/2010, 136 – 137.

Grünstadt le 10.2.2010

Un après midi de dimanche de février très gris à Grünstadt

En lisant les 542 commentaires sur  « Victor Hugo, Notre-Homme de Paris » sur la république des livres le temps passe – même par temps gris. Parfois on a le sentiment d’entrer dans un salon de voix virtuelles et souvent incompréhensible, parfois aussi des voix se perdent. Une très belle intervention de  Dexter  en citant le discours d’Hugo à l’Assemblée Nationale en 1848.  Il y avait aussi une intervention intéressante d’un Monsieur  Benhabiles que je ne retrouve plus mais qui a quand même laissé de traces comme cette belle phrase de KTK « @ Benhabiles: J’ai bien aimé lire votre commentaire, revigorant et comme un vent frais » . Malheureusement ce vent frais ne souffle plus dans les commentaires sur « Victor Hugo, Notre-Homme de Paris  »  comme nous laisse remarquer  montaigneàcheval  avec agacement.  Mais en lisant ces presque 550 commentaires et plus, le temps manque nécessairement pour lire des vrais livres – comme cette excellent histoire culturelle du Thé de Martin Krieger (Tee- eine Kulturgeschichte) qui m’attend.

Le dernier billet de la république des livres « TV : tout pour l’Histoire ! » a jusqu’à présent seulement 12 commentaires.  En lisant ce billet + commentaires on est  un peu laissé  sur sa soif car on aurait bien  aimé savoir quand et sur quelle chaine ces productions de télévision seront montrés.  Eh bien maintenant  je peux donc retourner chez « Martin Krieger » et son histoire du Thé.  En fait en complément de mon dernier billet «L‘ Allemagne fatiguée de son hiver »  je voulais écrire un billet « un pays sans printemps » – car en effet dans la Forêt Noire de mon enfance – après les long mois de neige on se retrouvait d‘ un coup entre fin avril et mi mai en pleine été sans véritable printemps – mais vue la grisaille rhénane et le vent frais disparu des commentaires de la républiques des livres se sera pour une autre fois. Notons qu’à Grünstadt les premières Perce-neige font leur apparition.

Sources :

Krieger, Martin (2009): Tee – eine Kulturgeschichte . Böhlau Verlag  Köln, ISBN 978-3-412-20427-3

Christophe Neff, Grünstadt le 7.2.2010

Ein Wagen Schuhe – in Erinnerung an Abraham Stuzkever

Ich habe es vorgestern in Pierre Assouline’s Bücherrepublik gelesen – pour saluer SutzkeverAbraham Sutzkever der Partisan und jidische Lyriker aus Wilna ist am 19. Januar 2010 in Tel-Aviv verstorben. Damit verläßt uns der Begründer der „Di Goldene keyt„. Es verbleiben uns seine unzähligen Gedichte wie „Unter dayne vayse shtern“ (unter deinem weißen Sternen streck zu mir deine Hand) – und natürlich seine Wilnaer Zeitzeugnisse die erst vor kurzem vom Ammann Verlag Zürich in Deutscher Sprache herausgeben wurden. Leider wurde der Tod von Abraham Sutzkever im deutschen Sprachraum kaum zu Kenntnis genommen, außer der Hommage „der Lyriker als Zeitzeuge“ in der neuen Züricher Zeitung von Stefana Sabina und einem Nachruf in der FAZ konnte man bis jetzt nicht viel lesen. Verbleibt also der Verweis auf Passouline’s Nachruf – pour saluer Sutzkever in der Bücherrepublikoder auch der Nachruf von Joseph Berger in der New York Times.

Meine Hommage an Abraham Sutzkever ist meine persönliche Übersetzung eines seiner bekanntesten Gedichte – A Vogn Shikh – Ein Wagen Schuhe – eigentlich ein Eisenbahnwagen voller Kinderschuhe der von Wilna nach Berlin rollt. Damit wir die Kinder nicht vergessen die diese Schuhe einst in den Gassen von Wilna getragen hatten.

A Vogn Shikh

Di reder yogn, yogn,

Vos brengen zey mit zikh?

Zey brengen mir a vogn

Mit tsaplendike shikh.

Der vogn vi a khupe

In ovntikn glants;

Di shikh- a fule kupe

Vi mentshn in a tants.

A khasene, a yontev?

Tsi hot mikh ver farblendt?

Di shikh- azoyne nonte

Oyf s’nay ikh hob derkent.

Es klapn di optsasn:

Vuhin, vuhin, vuhin?

Fun alte vilner gasn

Me traybt undz keyn Berlin.

Ikh darf nit fregn vemes,

Nor s’tut in harts a ris:

Ah, zogt mir, shikh, dem emes,

Vu zenen zey di fis?

Dis fis fus yene tufle

Mit knephele vi toy

Und do -vi iz dos guf

Und dort vu iz di froy

In Kindershik in alle

Vos zeh ikh nit kayn Kind

Vos tut nit on di kale

Di shikhelekh atsind

Durkh kindershikh un shkrabes

Kh’derken mayn mames shikh!

Zi flegt zey bloyz oyf shabes

Aroyftsien oyf zikh.

Un s’klapn di optsasn:

Vuhin, vuhin, vuhin?

Fun alte vilner gasn

Me traybt undz keyn Berlin.

Ein Wagen Schuhe

Die Räder rollen, rollen

Was haben sie geladen

Sie bringen mir ein Wagen

voll Kinderschuhe baumelnd

Wie eine Sternschnuppe

leuchtet der Wagen im Abendglanz

Ein Berg voller Schuhe

Wie Menschen im Tanz

Eine Hochzeit, ein Feiertag ?

Was blendet mich?

Die Schuhe – wie neu

Erkannt hab ich sie alle

Es klappern die Achsen

Wohin, Wohin, Wohin?

Von den alten Wilnaer Gassen

Gefahren nach Berlin

Ich darf mich nicht fragen wessen Schuhe

da tut mir das Herz zerreißen

Aber sagt mir ehrlich ihr Schuhe

Wo sind denn die Füße?

Die Füße dieser Schuhe

mit Knöpfle wie Tau

wo ist der kleine Körper

und dort wo ist die Frau

All die Kinderschuhe

ich seh hier keine Kinder

und hier die Hochzeitschuhe

ohne Braut

Zwischen den Kinderschuhen ein Shkrabes

Erkenn ich meiner Mutters Schuh

sie pflegte ihn sorgsam

um ihn an Shabes zu tragen

es klappern und klappern die Achsen

Wohin, Wohin, Wohin ?

von alten Wilnaer Gassen

Gefahren nach Berlin

(Übersetzung aus dem jidischen Original A Vogn Shi Christophe Neff 26.01.2010)

P.S.:

Das Yiddische habe ich mir als Oberstufenschüler und Student selbst beigebracht – lange vor der Klezmermode die Deutschland Mitte der 1990 erfasste. Gelernt wg. der Schönheit und Poesie der Sprache – so wie man immer noch in den Gedichten von Sutzkever und ihren Vertonungen finden kann – wie zum Beispiel in „Unter dayne vayse shtern„.

Christophe Neff, Grünstadt le 27.1.2010

Waltenberg – auf dem Schlachtfeld der neuen Zeit – la critique de Matthias Matussek

Il neige sur les toits de Grünstadt, – l‘ Allemagne redécouvre l‘ hiver (voire aussi « Deutschland zittert im Dauerfrost » dans le SPON) – presque chaque chute de neige est accompagné d‘ un avis d’avertissement de temps par le DWD  – on a bien l‘ impression qu’en réalité on avait un peu oublié qu‘ il existe encore de vraies hivers dans le « Mitteleuropa » germanique. La neige tombe sur les toits de Grünstadt et je viens de decouvrir la critique de Matthias Matussek dans le Spiegel du 11.1.2010 du roman « Waltenberg » (traduction allemande) de Hédi Kaddour.

« Hédi Kaddours 750-Seiten-Epos „Waltenberg“ ist der gewaltigste wenig beachtete Roman der vergangenen Jahre*. Eine respektvolle längere Verneigung in „Le Monde“, eine Notiz im „Guardian“, ein paar Zeilen in der „Brigitte“, das ist es fast schon.

Vielleicht liegt es daran, dass dieser Roman eine Zumutung ist. Ein ungeheures Unterfangen aus Stimmen und Stimmungen und Aromen, aus militärischen und ideologischen und künstlerischen Strategien. Eine Rückschau auf ein ganzes blutiges Jahrhundert, und sie beginnt mit einer Reiterattacke 1914, die den Untergang einer Epoche ins Bild nimmt.

Französische Dragoner bei Montfaubert, einige haben noch die Krummsäbel von 1882 in Händen, hinein in den Kugelhagel eines „Spandau“ MG 08/15, die Leiber über dem Pferdehals, sie greifen eine deutsche Stellung an, Geschrei und Mut und Blutgeruch, der ganze heldenhafte Wahnsinn auf dieser Lichtung, ein letztes Mal.“  – ainsi commence la critique de Matussek. Et Matussek finit:  „Es bleibt ein Rätsel, wie diese Pretiose, dieser beeindruckend geknüpfte Erzählteppich, in unseren Feuilletons so unbeachtet bleiben konnte„. Donc en suivant Matussek un livre même avec ces 700 pages – un livre à lire. Je connais ni le livre, ni l’auteur et je  me mets donc à lire la critique de passouline  + commentaires dans la république de livresun grand premier roman – qui date du 26 décembre 2005. On retrouve la même charge de cavalerie avec laquelle Matussek debute : « Le roman s’ouvre sur la charge de la cavalerie française à l’assaut des Allemands à Monfautbert le 4 septembre 1914, des pages époustouflantes d’intelligence, de précision, de légèreté qui sont le chevau-léger de tout ce qui suivra. Si vous ne les aimez pas, refermez le livre. Sinon, en selle ». Les 700 pages ne me font guerre peur,  en mars 2009 j’avais dévore les 774 pages de la version poche de Melnitz. Tous les soirs pendant une période de service militaire j’enfonçais dans le monde de Chanele Meijer et de l’Oncle Melnitz*. A propos de Chanele Meijer et son monde je me demande pourquoi la république des livres n’a pas encore dédié sa plume et ses critiques à Melnitz qui existe aussi en traduction française.  En plus on aimerait savoir « Seul bémol à mon enthousiasme : cela pourrait tout aussi bien faire cent pages de plus ou cent pages de moins «  quel pourrait être le jugement de Passouline sur « Waltenberg » après presque cinq ans de recul.

Je me mettrai donc en selle pour la lecture de « Waltenberg » – de que j’aurais trouvé le temps libre nécessaire a une telle lecture – au plus tard dans une de mes prochaines soirée de service militaire.

lumieres-d-hiver-a-grunstadt-janvier-2010.1264366749.jpgPhoto : ©Christophe Neff lumières d’hiver sur les toits de Grünstadt Janvier 2010 (24.01.2010 Canon Powershot A720IS )

Livres citées :

Lewinsky, Charles (2007): Melnitz, DTV, München ISBN 978-3-423-13592-4

Lewinsky, Charles(2008) : Melnitz, Traduction de Léa Marcou, Editions Grasset, 2008, 780 p.

Kaddour, Hédi (2010): „Waltenberg“. Aus dem Französischen von Grete Osterwald. Verlag Eichborn, Frankfurt am Main; 752 Seiten

Autres sources:

Matussek, Matthias (2010): Auf dem Schlachtfeld der neuen Zeit. Literaturkritik : Der Epochenroman „Waltenberg“ des Schriftstellers Hédi Kaddour. In: Der Spiegel, 2/2010, 116.

Christophe Neff, Grünstadt le 24.01.2010

* l‘ auteur du blog paysage est officier de Reserve de la Bundeswehr (Oberstleutnant der Reserve) – et il est parfois appelé a passer de période de service – les soirées libre de ses périodes de service sont souvent utilise pour la lecture approfondie – dans ce cas dédie au Grand Roman de Charles Lewinsky « Melnitz ».

P.S. : Une critique de Melnitz écrite par Samuel Blumenfeld se trouvait dans le Monde des livres du 10 octobre 2008. (Repris dans le schlomoh-blog)

Les cartes postales du Bäslecarl

Les cartes postales du Bäslecarl me font revenir au billet « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. », – où j’ai eu droit à deux commentaires intéressants sur la mémoire photographique et le stockage des données numériques. Naturellement 2 commentaires ce n’est rien à côté des 205 commentaires sur « Le petit prince à la triste figure » dans la république des livres, ce sont à peine 1%. Indépendamment des commentaires des foristes sur le « Le petit prince à la triste figure » je crois que l‘ avenir du livre sera le beau livre de qualité, édité avec soin, – comme le suggère Pierre Assouline dans ce posting pour le Petit prince (j‘ en parle déjà dans un autre contexte dans « Les premières neiges de l’hiver 2009/10 sont arrivées à Grünstadt » ). Une grande partie du reste de l’édition des livres, deviendra au fur et à mesure  des éditions électronique. Et ses livres électroniques naturellement comme toutes les autres « données numériques » auront le problème du stockage des données numériques, qui jusqu‘ aujourd’hui n’est pas encore bien résolu. Mais soyons clairs, – les livres ont aussi besoin de leur place quelque part et  leur trouver cette place devient pour certains lecteurs un problème insurmontable. Même chose pour les diapositives – les diapositives sont un support idéal pour l’archivage  à longue  durée – à condition de trouver une place bien abritée de trop de lumière et abritée d’un excès de humidité elles ont  donc aussi besoin de leur place bien choisie.  Dans des conditions idéales les diapositives peuvent être un support idéal pour nos mémoires photographiques. Mais tout le monde n’a pas la chance de réunir ces conditions, – et même souvent dans les archives d’état (Staats & Körperschaftsarchive) ces conditions font défaut !

neues-bild-kraz-29.1260903144.JPGDans « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. » je parlais de quelques articles de la nouvelle Kräz. Dans ce numéro on trouve aussi un article intitule « Bäslecarl ein vielseitig begabter Tennenbronner » de Heinz Nienhaus. Le Bäslecarl fut entre autre un des premiers photographes de la Forêt Noire et en 1900 il fonda l’édition « Verlag Carl Hermann Tennenbronn » ,une maison d’édition des cartes postales,  cartes postales dédiées à Tennenbronn et aux paysages de moyenne forêt noire (mittlerer Schwarzwald). Cartes postales et photos du Bläsecarl, qui sont reproduites dans l‘ article de Nienhaus nous font découvrir un paysage de forêt noire, aujourd’hui‘ hui presque disparu et oublié , petits hameaux , grand espaces de prés et de champs ainsi que les forêts sombres des sommets ; aujourd’hui‘ hui la forêt est presque partout :une grande partie des espaces ouverts ont littéralement été  dévorés par la forêt (pour une analyse un peu plus scientifique sur le problème de la fermeture des paysages en Forêt noire voir aussi  Neff et al. 2004 ). Notons aussi que dans le même numéro de la Kräz le même auteur nous présente un article sur Schramberg et la Raumschaft Schramberg comme destination de l’organisation Kraft durch Freude (Nienhaus, H. (2009) : « Kraft durch Freude » (KDF) in Schramberg. Auf den Spuren der Nationalsozialistischen Sonderorganisation der „Deutschen Arbeitsfront” (DAF).). Cet article est aussi très bien illustré et nous présente une image de Schramberg et  de ses environs durant les années 1933 – 39. Donc ici la mémoire des paysages a survécu grâce aux archives photographiques, comme par exemple l‘ Archiv Kasenbacher – et dans le cas des articles de Nienhaus aux archives privées de l’auteur Heinz Nienhaus.

En ce qui concerne la durabilité des photos de paysages, je viens (en utilisant entre autres le Kodachrome C-64) de recevoir un petite lettre (en allemand) de Kodak que je reprends comme scan ici – Kodak me suggère donc d‘ utiliser le Ektachrome 100G pour remplacer le C – 64 – mais auparavant faudrait-il déjà trouver un nouveau reflex (ou faire réparer les anciens). Avec le Ektachrome 100G, qui est présenté par Kodak comme le successeur du C-64, et  un nouveau reflex analogique, en fait il ne reste que la Leica, la photographie du paysage version traditionnelle est hors de prix : à la longue il ne  restera que le reflex numérique.

kodak.1260903539.jpgDonc pour en finir aujourd’hui – la révolution numérique est partout – elle change nos habitudes de regarder, de lire ,de nous souvenir et de nous construire notre mémoire et notre imaginaire. Heureusement il reste encore le livre,  mais comme je l’ai écrit déjà plus haut – je pense qu’au moyen terme une grande partie du livre et du monde de l’édition se trouvera sur support numérique. Mais peut être je me trompe ? Qui sait ?

blick-auf-grunstadt-oktober-2008.1260904048.jpg

Vue d’automne sur la Martinskirche (eglise St. Martin) de Grünstadt dépuis la « Tiefenthaler Hohl » (C. Neff 18.10.2008 Film Kodakchrome C- 64 ; Camera Olympus OM-4 ; Scan Nikon 8800F)

Sources :

NEFF, C.  BASSING, S., SCHEID, A., JENTSCH, C., FRANGER, S. (2004): Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage –  observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire /Allemagne). In:., SCHEID, A., NEFF, C., JENTSCH, C (Eds): Flächenextensivierung im Mittleren Schwarzwald. Ergebnisse und Diskussion der in der Raumschaft Schramberg durchgeführten geographischen und landschafts – feuerökologischen Untersuchungen. Materialien zur Geographie, B. 34, Mannheim, 89 – 107. (ISBN 3-923750-92-7).

Nienhaus, H. (2009) : Bäslecarl – ein vielseitig begabter Tennenbronner. In: D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, 29, 57 – 65.

Nienhaus, H. (2009) : « Kraft durch Freude » (KDF) in Schramberg. Auf den Spuren der Nationalsozialistischen Sonderorganisation der „Deutschen Arbeitsfront“ (DAF). In: D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, 29, 10 – 22.

Christophe Neff, Grünstadt le 15.12.2009

P.S : Et voici un billet très intéressant sur le sujet (commentaire sur l’évolution de la photographie numérique) de Konrad Lischka sur SPON.

Les premières neiges de l’hiver 2009/10 sont arrivées à Grünstadt

Les premières neiges de l’hiver 2009/10 sont arrivées à Grünstadt durant la nuit du 12 au 13 décembre 2009. Evénement extrêmement rare à Grünstadt et dans le reste du palatinat, car ici on parle même de « Toscane du Palatinat » ou de « Toscane allemande». Neige et hivers rigoureux sont si rares ici que je me suis mis depuis quelques années déjà à faire des photos des premières neiges à Grünstadt. Evènement tellement rare que je me suis donc mis à préserver sous forme de photo. Le palatinat et surtout la Unterhaardt entre Grünstadt et Bad Dürkheim ne fut jamais le pays de la « weisse Weihnacht » (pays de Noël blanc)

Mais ceci n’a rien à voir avec les changements climatiques, qui sont tellement en vogue en ce moment. Autrefois, dans les années 1980, on parlait même du pays des citrons allemands. En fait on ne trouvait pas de vrais citronniers dans les jardins du palatinat, mais des Poncirus (Poncirus trifoliata ) qui en Allemagne partage le nom vernaculaire Bitterorange (orange amer) (mais aussi Bitterzitrone, dreiblättrige Orange) avec le Bigaradier (Citrus aurantium). Mais à ma connaissance il n’y n’a jamais eu de Bigaradier dans les jardins du palatinat. De nos jours, on peut même parfois rencontrer ici et là des Kumquat nagami (Fortunella margarita) comme plante ornementale. Je ne m’étonnerais même pas de trouver des Mandariniers satsuma (Citrus unshui) dans les jardins du palatinat, mais je crois que les aptitudes climatologiques du satsuma ne sont pas encore connues du grand public, ni en Allemagne, ni en France. Les Agrumes cités en haut sont tous des espèces pouvant pousser en plein air sous le climat méditerranéen & subméditerranéen, – donc leur présence en Palatinat (et dans le reste du Oberrheingraben /plaine rhénane) n’a rien d’exceptionnel, et surtout rien à voir avec les changements climatiques. Les « modes de jardins » changent – et les agrumes cités en haut se raréfient plutôt dans les jardins du palatinat, en ce moment la mode serait plutôt aux palmiers, les Palmiers de Chine (Trachycarpus fortunei) surtout ,sont en train de prendre un place importante dans les jardins entre Grünstadt et Bad Dürkheim, et même en Alsace on peut observer le phénomène (Neff 2007). Le palmier de Chine, qui peut résister à des températures jusque – 18°est donc particulièrement bien adapté à la culture ornementale en paysage subméditerranéen, disons partout où la vigne pousse et où on peut faire un bon vin, le palmier de Chine peut très bien réussir. Ceci n’à rien avoir avec les changements climatiques, même s’il y a des scientifiques qui font de la progression du Trachycarpus leur cheval de bataille pour prouver le réchauffement climatique. Une espèce méditerranéenne qui réussit depuis fort longtemps dans les jardins de palatinat, est l’arbousier – les fleurs et les fruits de l’arbousier sous les rares neiges du Palatinat cela peut donner de très belles images. Mais en ce moment c‘ est le Trachycarpus qui est en vogue dans les jardins entre Grünstadt et Bad Dürkheim transforment la Toscane allemande de plus en plus en petit Tessin palatinois, notons que les chataigners sont déjà là depuis les temps des Romains (Abt et al. 1993)

Avec les premières neiges de l‘ hiver qui sont arrivées cette nuit de l‘ ouest (donc apparemment de France) à Grünstadt, la « république des livres » nous réveille dans le billet « Le petit prince à la triste figure » avec la belle idée de consacrer une Pléiade au petit prince ; « Ne restera alors à l’éditeur original du Petit Prince qu’à prendre les devants en préparant une Pléiade princière ; elle intégrerait non seulement variantes, dessins et brouillons, mais encore tout ce qui relève de la réception (critiques, réactions, commentaires) et enfin le récit de ses aventures posthumes dans les 180 langues dans lesquelles il a été traduit. » Idée tellement poétique que je me suis laissé aller à poster un sorte de poème franco-allemand sur les commentaires , mots que je reprends ici en dessous. Même si il existe déjà un volume de la Pléiade St. Exupery, je trouve l‘ idée de consacrer un volume entier de la pléiade au petit prince comme le suggère Pierre Assouline (voir citation au dessus) vraiment intéressante.

« Une pléiade princière – ! les premières neiges de l‘ hiver font leurs apparition à Grünstadt, – et la république des livres nous apporte l’idée d’une pléiade princière !

«une drôle de petite voix m’a réveillé »

Schneesterne vom Himmel fallen,

und fahles Morgenlicht uns weckt

Im Wüstensand verloren

Erinnerungen aus Kindheitstagen

im Schnee verborgen

die Spuren eines Tages

im Winterschnee wir suchen

uns eine Stimme spricht

« S’il vous plaît, dessine-moi un mouton ! » »

Et pour finir quelques photos hivernales de Grünstadt.

le grand bouleau im Winterkleid
Le Grand Bouleau de Grünstadt en habit d’ hiver (Photo ©  C.Neff 13.12.2009 Canon Powershot A720IS)

neige et fruits d' Arbousier 13.12.2009
Neige et fruits d‘ arbousiers à Grünstadt (Photo  © C. Neff 13.12.2009 Canon Powershot A720IS)

 

fleurs d'arbousier hivernale Dez. 2009
Nuits d’hiver à Grünstadt et fleurs d’arbousier hivernale (Photo © C. Neff 13.12.2009 Canon Powershot A720IS)

Nuit d' hiver à Grünstadt - Arbousier
Neiges, lumières et arbousier hivernales à Grünstadt (Photo © C. Neff 13.12.2009 Canon Powershot A720IS)

 

Sources :

ABT, T., FRANKENBERG, P., NEFF, C. (1993): Quantitative Untersuchung der Waldmantelgesellschaft des Haardtrandes zwischen Landau und Bad Dürkheim. In: Erdkunde, Bd. 47, H. 4, 282-300.

NEFF, C. (2007) : Naturkundliche Beobachtungen in Munchhausen (Frankreich) Sauerdelta und Laurophyllisation in Munchhausen.. In: Vogt, J. et al. (Eds): Karlsruhe, Stadt und Region. Ein Landeskundlicher Führer zu bekannten und unbekannten Exkursionszielen. Karlsruhe, Regionalwissenschaftlicher Fachverlag, p. 201 – 215, (ISBN 978-3-9811189-2-6).

Christophe Neff, Grünstadt le 13.12.2009

Des Corbières à la Méditerranée – quelques mots sur un livre présentant une partie des paysages des Corbières maritimes.

« Des Corbières à la Méditerranée »  est un livre, plutôt un volume illustré, livre de photographie, de Jean Belondrade (Photographies) et Nicole Clodi (Textes), – présentant les paysages & hommes de la partie orientale des Corbières maritimes. Je reprends ici la couverture du livre en espérant  ne pas rencontrer les difficultés de Bob Garcia , difficultés dont un des derniers billets de la république de livres nous  informent.  Mais présenter un livre, un œuvre même d’une façon critique, c’est d’une certaine manière aussi une forme de promotion -promotion positive ou promotion négative. « Des Corbières à la Méditerranée » nous présente les paysages d’une partie de la façade orientale des Corbières maritimes. A première vue, on pourrait croire que le livre nous présente les communes du Canton de Sigean, mais il manque la commune de Peyriac-de-Mer, qui ne fait pas partie de la communauté de communes Corbières en méditerranée .

En faite le livre nous montre les paysages des dix communes Port-la-Nouvelle, Sigean, Leucate, La Palme, Portel-des-Corbières, Fitou, Roquefort-des-Corbières, Caves, Treilles, Feuilla de l‘ intercommunalité Communauté de communes Corbières en Méditerranée .  Comme le livre porte le logo Corbières méditerranées on peut penser que la Communauté de communes Corbières en Méditerranée a participé au moins partiellement au financement de ce volume illustré.  Le livre nous presente chaque commune de l’intercommunalité avec une petite partie texte et quelques photos de paysages, de scènes de vie de village etc.  On rencontre Fréderic le maréchal ferrand à La Palme, Giovanni l’heureux apiculteur de Treilles, Giovanni Palamara d’ont j’ai déjà parle dans le billet « Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009) ».  Oui, le livre nous montre hommes et paysages des Corbières maritimes, sans les clichés habituels – comme les couchers de soleil en mer, flamands roses sur les étangs, surfeurs glissant en grand formats à travers vents & vagues, le Canigou photographié à travers les amandiers fleuris du plateau de Leucate, – cela manque ou est extrêmement rare.  Le seul coucher de soleil que je remarque dans le livre est le coucher de soleil sur la Caramoun , page 73. Donc vraiment  une belle surprise dans ce livre de photographie  de ne pas rencontrer les stéréotypes d’un paysages touristique de façon mer, plage, coucher de soleil etc. Naturellement comme chaque paysage est aussi une construction sentimentale & intellectuelle – dans ce contexte je ne peux que suggérer  la lecture du livre « Vieldeutige Natur – Landschaft, Wildnis und Ökosysteme als kulturgeschichtliche Phänomene » édité par Thomas Kirchhof & Ludwig Trepl (2009) – le livre de Jean Belondrade & Nicole Clodi nous présente leur vision des paysages de la façade orientale des Corbières maritimes. Vision que je trouve personnellement assez réussie. Deux petit points mériteraient dans une réédition d’être corrigés! Chaque photo aurait gagné si la date précise – ou au moins un date approximative – comme par exemple – été 2008, avril 2007 était indiquée.  En feuilletant le livre, on a l’impression de rencontrer la mémoire photographique du paysages des Corbières maritimes entre 2005 et 2008, – mais en réalité cela reste difficile à cerner. On aurait aussi aimé avoir quelques informations bibliographiques – au moins pour les lecteurs désirant un complément d’informations sur les villages & paysages rencontrés dans ce livre. Nous retrouvons en dernière page au-dessus des informations éditoriales comme le numéro d’ISBN, un petit remerciement à Marc Pala « Remerciements à Marc Pala qui a partagé amicalement sa connaissance des lieux et de l’histoire, ainsi qu’à tous les personnages qui ont collaboré à la réalisation de ce livre. »  Qui est Marc Pala (C’est peut être lui ?)  Est-ce que les informations historiques proviennent toutes de Marc Pala – et sont-elles  sourcées et sourçables ? Un peu plus de rigueur éditoriale aurait certainement amélioré le livre.  Il reste donc un peu de regret car au moins le lecteur avisé a l’impression de lire (ou de regarder) une publicité intelligemment bien faite, mais qui reste quand même un produit de publicité pour la  Communauté de communes Corbières en Méditerranée. Néanmoins le livre me plait et je pense qu’il vaut bien le prix des 20 euros. Le livre réunit dans ses photos mes propres impressions de paysage actuelles (2005-2009) des Corbières maritimes entre Feuilla, La Palme et Leucate. C’est donc un livre à recommander pour tout lecteur désirant avoir une vision photographique + quelques informations historiques complémentaires – sur les paysages actuels caractéristiques  des Corbières maritimes, – une petite géographie visuelle de la Communauté de communes Corbières en Méditerranée.

Sources :

Belondrade, Jean ; Clodi, Nicole (2009): Des Corbières à la Méditerranée. Goanda Éditions Toulouse,  ISBN 978-2-9534366-0-0

Kirchhof, Th. ; Trepl, L. (2009) : Vieldeutige Natur, Landschaft, Wildnis und Ökosystem als kulturgeschichtliche Phänomene. Transcript Verlag Bielefeld, ISBN 978-3-89942-944-2

Christophe Neff, Grünstadt le 28.10.2009

Quelques réflexions sur l’invité d’honneur de la Buchmesse 2009 à Frankfurt

La Chine est l‘ invité d‘ honneur à la „Buchmesse de Frankfurt  » – Kunstoff Thierry sur la Toile – l’a précisé récemment « Frankfurter Buchmesse : China als Gast » pour la blogosphère francophone.  Et il a  naturellement raison en écrivant « J’espère qu’il ne viendra à personne l’idée de boycotter la littérature de Mainland China. ». Tout à fait d‘ accord. La Buchmesse 2009 a eu au moins le mérite  de mettre la lumière sur la situation peu enviable des droits de l‘ homme en Chine, surtout des écrivains non conformes au régime à  Pékin, comme par exemple l‘ article de Iris Radisch  sur « Yan Lianke », dans le dernier supplément littérature de la Zeit (déjà cité dans ce blog ) – Yan Lianke qui est personna non grata sur la Frankfurter Buchmesse surtout à cause de son roman « Rêve du village des Ding ». Persona non grata à cause de l’intervention du régime de Pékin auprès de la Buchmesse. Notons aussi l’initiative du Spiegelonline de consacrer une page spéciale aux écrivains chinois persécutés par Pékin sous le titre « Verfolgte chinesische Schriftsteller: Zehn Jahre Haft für eine Fabel » (écrivains chinois persécutés – dix ans pour une fable)».  Non, ne boycottons pas la littérature chinoise, au contraire, lisons les œuvres des écrivains chinois opprimés, car c‘ est peut- être la seule chose qui puisse les aider.

Mais en ce qui concerne la Chine, – le lecteur francophone devrait savoir aussi que l‘ Allemagne paie à la Chine de l‘ Entwicklungshilfe  (aide au développement), depuis 2004 plus de 500 Milliions d‘ Euro.  Notons que j’en suis sûr, une majorité d’allemands  l’ignorent.

500 Millions de trop ! – et là je suis d‘ accord aussi bien avec la FDP qu’avec le Spiegel « Entwicklungshilfe für China kappen »  – l‘ Allemagne doit impérativement cesser de payer de l‘ aide au développement à la Chine. 500 Millions d‘ Euros pour un gouvernement qui  ne voit  aucun inconvénient à négocier avec la junte guinéenne (Le Monde Mardi 13 octobre 2009 : La Chine négocie avec la junte guinéenne ,voir Pékin tend la main à la junte de Courrier international) – la on se demande vraiment « qui pleure les morts de Conakry »  .

Dans ce contexte, j’aimerais aussi noter que le livre « la Chinafrique » (Michel & Beuret 2009) vient de sortir en livre de poche, – une édition  livre de poche actualisée et augmentée – (2 chapitres de plus). Certainement une lecture intéressante pour tout  lecteur n’ayant  pas encore « enterré  l’Afrique  »,  un livre qui mériterait une traduction en allemand. Vu que la Chine est l’invité d’honneur à la Buchmesse, – la foire du livre la plus importante du monde (d‘ après les organisateurs) ,on aurait bien pu lancer une traduction  allemande de la « Chinafrique » pour la Buchmesse.  Il existe déjà une traduction du livre en anglais : «  China Safari: On the Trail of Beijing’s Expansion in Africa. » . Mais à ma connaissance,  il n’y a toujours pas de traduction allemande.  Une occasion manquée pour la « Buchmesse 2009  ».

Sources :

Michel, Serge; Beuret, Michel, Woods, Paolo (2009): La Chinafrique. Pékin à la conquête du continent noir. Nouvelle édition augmentée. Editons Grasset & Fasquelle. ISBN 978-2-01-279479-5

Michel, Serge; Beuret, Michel, Woods, Paolo (2009): China Safari: On the Trail of Beijing’s Expansion in Africa. Nation Books. ISBN 978-1568584263.

Radisch, Iris (2009): Chinesen weinen viel – Yan Lianke. In Zeit-Literatur, – Wozu verführt uns China, p. 35.

Christophe Neff, Port Leucate le 16.10.2009