Blognotice 17.3.2012

Mandelblüten/Fleurs d'amandier 15.3.2012 Kallstadt/Weinstraße © C. Neff

Après un long hiver froid et rigoureux, – et concernant le Palatinat presque sans neige (à Grünstadt on a eu droit à quelques flocons de neige le 18.12.2012) – le printemps arrive. Les premiers amandiers ici et là commencent à fleurir.  Deux, trois spécimens sur la Weinstraße entre Herxheim am Berg et Kallstadt ont commencé leurs floraisons, – un amandier à Grünstadt en fleure – le printemps vient enfin de commencer. Notons qu’en même temps le printemps littéraire en Allemagne vient aussi débuter avec la Leipziger Buchmesse, – Wolfgang Herrndorf c’est vu décerner  le « Preis der Leipziger Buchmesse 2012 » pour son roman « Sand » dans la catégorie Belletristik.  L’œuvre littéraire de Herrndorf reste encore à découvrir en France, – je pense a « Tschick » véritable « road movie litteraire » qui mériterait surement une traduction française – et naturellement au blog de Wolfgang Herrndorf – Arbeit und Struktur.  Arbeit und Struktur est un blog littéraire où Wolfgang Herrndorf nous raconte sa vie, ses paysages,  ses souvenirs. C’est  que la maladie lui laisse comme reste de vie. Wolfgang Herrndorf est atteint d’un  Glioblastome multiforme. Il  n’a pas pu participer à la remise du prix  « Preis der Leipziger Buchmesse  2012». Dans son dernier billet de « Arbeit und Struktur » Wolfgang Herrndorf se souvient de son chemin d’écolier.

Les autres lauréats 2012 du Preis der Leipziger Buchmesse sont ;  – Jörg Baberowski  « Verbrannte Erde. Stalins Herrschaft der Gewalt » dans la catégorie essai et dans la catégorie traduction – Christina Viragh pour la traduction allemande de Parallelgeschichten (Histoires parallèles (Párhuzamos történetek)) de Péter Nádas.

Christophe Neff, 17.3.2012

Blognotice 27.1.2012

Retenu à  domicile par un problème  oculaire, j’ai profité du temps libre pour écouter le discours de Marcel Reich-Ranicki au Bundestag pour la cérémonie de mémoire pour le « Tag des Gedenkens an die Opfer des Nationalsozialismus » jour de mémoire pour les victimes du Nazisme, journée de commémoration du 67e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Cette cérémonie de mémoire fut dénommée  Am Tag, als die Aussiedlung in den Tod begann  (Le Jour où commença le déplacement vers la mort) – cérémonie de mémoire qui comprenait comme ouverture le Nocturne nº 20 en ut dièse mineur de Frédéric Chopin joué par Jascha Nemtsov, le discours de inaugural de Norbert Lammert, le discours et le  témoignage de Marcel Reich Ranicki – et en final  la sonate pour violon & piano Nr. 3, opus 37  de Mieczyslaw Weinberg interprété par Sascha Nemtsov et  Kolja Blacher.

Le discours de Ranicki, la voix à  peine audible, fut un discours contre l’oubli – eine Rede gegen das Vergessen.  Les mots de Ranicki  nous plongeront dans un jour d’été de 1942 au plein milieu du ghetto de Varsovie, – le 22. Juillet 1942 – le jour où le Sturmbannführer Herman Höfle dicta la fin, « die Aussiedlung des Warschauer Ghettos » à Adam Czerniaków et à Marcel Reich Ranicki. Très émouvanteb la partie où  Ranicki nous témoigne du suicide de Czerniaków, de sa dernière lettre à son épouse « „Sie verlangen von mir, mit eigenen Händen die Kinder meines Volkes umzubringen. Es bleibt mir nichts anderes übrig, als zu sterben.“ (Ils me demandent de tuer de mes propres bras les enfants de mon peuple. Je ne vois plus d’issue, – il ne me reste qu’à  prendre le chemin de la mort, de mourir trad. C.Neff). Le discours de Ranicki prend fin avec les mots suivants « Die in den Vormittagsstunden des 22. Juli 1942 begonnene Deportation der Juden aus Warschau nach Treblinka dauerte bis Mitte September. Was die „Umsiedlung“ der Juden genannt wurde, war bloß eine Aussiedlung – die Aussiedlung aus Warschau. Sie hatte nur ein Ziel, sie hatte nur einen Zweck: den Tod. (La déportation de juifs de Varsovie à Treblinka, qui commença pendant la matinée du 22. Juillet 1942, dura jusqu’ à mi septembre.  Ce qui fut simplement dénommé « déplacement des Juifs »  était seulement une évacuation, l’évacuation des juifs de Varsovie. Cette évacuation des juifs n’avait qu’un seul objectif, une seule fin: la mort.( Trad. & adaptation française C. Neff)).

Même si  le discours reprend en partie des petits extraits de son autobiographie « Mein Leben » – ce témoignage émouvant de Marcel Reich – Ranicki fut un grand discours. Un témoignage qui mériterait la traduction (complète) en français et en anglais.

Sources et documents :
Lammert, Norbert : 27.01.2012 – Rede zum Tag des Gedenkens an die Opfer des Nationalsozialismus
Reich-Ranicki, Marcel:  Rede von Marcel Reich-Ranicki zum Tag des Gedenkens an die Opfer des Nationalsozialismus (27.01.2012)
Reich-Ranicki, Marcel (1999): Mein Leben.  Stuttgart, deutsche Verlagsanstalt, dritte Auflage 1999, ISBN 3-421-05149-6
Weiland, Severin (27.1.2012): Reich-Ranicki zum Holocaust – Bericht aus der Hölle. SPON 27.1.2012

Christophe Neff, le 27.1.2012

P.S. (30.1.2012 21 :20) : Le Blog «L’astragale de Cassiopée» nous propose une traduction française du discours mémorable de Reich-Ranicki!

Blognotice 7.1.2012

L’année 2012 a commencé avec deux tempêtes, Ulli et Andrea ont balayé le Sud de l’Allemagne, provoquant ici et là quelques dégâts, mais ici dans le Leiningerland à première vue cela s’est plutôt bien passé.  La neige nous manque ici, depuis les quelques flocons du 18.12.2011  rien,   mais beaucoup de pluie. L’Allemagne politique en ce moment est balayée par une autre tempête politique, – et je ne parle pas du déclin de la FDP ou de la fin de la Jamaikakoalition (coalition noir-verte-jaune) (Cabinet Kramp-Karrenbauer) dans la Sarre mais c’est bien l’affaire Wulff qui occupe l’Allemagne politique à presque 100%.  Même les « Zungenknoten »(baragouins embarrassés) de Martin Graff du 7.1.2012 nous en parle sous le titre de « Président oder Präsident – … erzählt von Präsidentengeschichten, über die man sich in Frankreich eher weniger aufregt (Président ou Präsident – … nous raconte des histoires présidentielles, sur lesquelles  en France on s’emballe moins) – sur l’affaire Wulff, et compare l’affaire Wulff aux  différentes affaires  de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac.  Si on suit Martin Graff, – on croirait qu’ en France les différents méandres de l’affaire Wulff seraient  tombés  dans le grand silence.  La, je ne suis pas si sûr  que ça  je crois même que Graff se trompe.  Pendant que l’Allemagne était plutôt occupée par ses différents tempêtes,  – la  Hongrie elle dérive de plus en plus vers un régime autoritaire – et  l’Europe politique préfère rester silencieuse.  Ici et là quelques exceptions positives, comme par exemple l’intervention d’ Alain Juppé « Il appartient à la Commission européenne de vérifier que ces nouveaux textes constitutionnels respectent ce qui fait le bien commun de tous les pays de l’Union européenne, c’est-à-dire l’Etat de droit et le respect des grandes valeurs démocratiques ». Si l’Europe politique se résumait simplement au sauvetage de l’Euro et fermait silencieusement les yeux sur ces dérives autoritaires du gouvernement Orban en Hongrie elle risquerait de perdre ce qu’il lui reste de sa légitimité politique. Même si le paysage médio-politique allemand était très pris cette première semaine de janvier 2012 par l’affaire Wulf, – la presse allemande, – (dernièrement le SPON « Orbáns Rechtsruck in Ungarn – autokratisch durchgeknallt ») et même la Rheinpfalz nous en parle de temps en temps, couvre largement les événements politique en Hongrie, –  car il n’y a pas seulement l’autoritarisme du  Fidesz de Victor Orban qui  pose problème, mais à droite de Victor Orban c’est le mouvement « Jobbik » qui s’étend de plus en plus. En plus la politique économique désastreuse du Gouvernement Orban est en train de mener la Hongrie au bord de la faillite économique.  2012 s’annonce d’être une année difficile pour la Hongrie   et une année cruciale pour l’Europe citoyenne ! Finissons cette petite blognotice avec les prévisions littéraires de Pierre Assouline pour 2012 – En 2012, demain sera un autre jour  et j’en retiens que  l’ebook a de beaux jours devant lui , l’avenir du livre de poche s’assombrit plutôt et naturellement quelques anniversaires  littéraires pour 2012 – entre autres le 200ème anniversaire de Charles Dickens , la Zeit lui a déjà consacré un tres belle article sous le titre « Schwarz wie die Kindheit (Noir comme l’enfance) » signé Bernadette Conrad.

Christophe Neff, le 7.1.2012

Blognotiz 14.12.2011 – Erinnerung an die fünf Platanen vom Schramberger Rathausplatz

In Schramberg gab es bis vor kurzem einen von Platanen beschatteten Rathausplatz. Am Freitag den 9.12.2011 wurden die Platanen gefällt um Platz zu machen für „Schrambergs Neue Mitte“.  Die NRWZ berichtete unter dem Titel „Schrambergs neue Mitte – Platanen gefällt“, der Schwarzwälder Bote schreibt „Aus Platanen werden Holzhackschnitzel“. Einen Leserbrief von Jörg Birkel mit dem Titel „Glückwunsch zur gelungen Sägeaktionen“ gibt es dazu noch in der NRWZ.

Als ich mitbekam, dass man die Platanen auf dem Rathausplatz in Schramberg  „Schrambergs neuer Mitte“  weichen mussten, hatte ich  gerade in Robert Schneiders  Familienbiographie „les Mitterrand“  ein paar Seiten über die Bedeutung von Bäume und Landschaften im Leben von François Mitterrands gelesen.  Landschaften und Bäume hatten für eine François Mitterrand eine tiefe Symbolik, – sie verkörperten für ihn in gewisser Weise –  das  „Wesen der Landschaft“  im Sinne von Karlheinz Paffen (1973). Wald und Bäume waren, soweit man dem Biographen Schneider folgt, Bestandteile der „paysages géographiques“ von François  Mitterrand.  In diesem Sinne ist die Familienbiographie „les Mitterrands“ von Robert Schneider auch eine „geographisch -landeskundliche“  Beschreibung der französischen Kulturlandschaften, der „Wesenheit“ der France profonde  des 20 Jahrhunderts.  François Mitterrand war so mit der althergebrachten Symbolik der Bäume vertraut, dass  er bei der Editierung der Briefmarke die seiner Heimatstadt  Jarnac 1983 gewidmet wurde, dafür sorgte, dass die Palme als Symbol des Katholischen Glaubens in der Briefmarke verewigt wurde (siehe Schneider, R. 2011, p.90).  Auf der Briefmarke von Jarnac sieht man einen einsamen Palmwedel hinter den Patrizierhäusern der Cognachändler am Ufer der Charente,  dem ruhigen Flußufer an dem François Mitterrand in Jugendjahren so gern spazieren ging, in den Himmel über Jarnac ragen.  Die Schramberger Platanen werden es wohl, jetzt wo es sie nicht mehr gibt, nie auf eine Briefmarke schaffen, – wobei man dazu sagen muss, dass es  soweit ich informiert bin „die Palme von Jarnac“ auf der Jarnac gewidmeten Briefmarke so in Realiter nie gegeben hatte, die Palme war nur ein Symbol für den Katholischen Glauben, in dieser von vor hunderten von Jahren von Religionskriegen erschütterten Landschaft Westfrankreichs.

Die Schramberger Platanen hingegen haben natürlich mit Erinnerungen an vergangen Glaubenskriege nichts zu tun, auch wenn im Artikel des Schwarzwälderboten unverholen auf Stuttgart 21 angespielt wird, wobei ja die Diskussionen und Auseinandersetzung um Stuttgart 21 manchmal einem „Glaubenskrieg“ ähnelt.

Für mich verkörperten die fünf Platanen auf dem Schramberger Rathausplatz immer einen gewissen Hauch Mediterranität im ansonsten nicht gerade sonnenverwöhnten Schwarzwald. Vor allem als Student bin ich an warmen Frühsommertag, – oder auch im Herbst  bei Strahlungswetter gern über den Wochenmarkt unter dem Platanendach flaniert – welches dem kleinen Platz hinter dem Schramberger Rathaus schon einen gewissen mediterranen Flair verlieh.  Nun, diesen Hauch von Mediterranität hat Schramberg nun verloren, nachdem der historische Weinbau schon fast in Vergessenheit geraten ist. Der in Königsfeld geborene Geograph Erdmann Gormsen berichtet mir vor nun fast 15 Jahren  fernmündlich von  „Privatforschungen“ und „Exkursionen“  die er auf den kulturlandschaftlichen Spuren  des Weinbaues in Schramberg als junger Wissenschaftler durchgeführt hatte.  Es gibt noch ein anderes seltenes mediterranes Element im Pflanzenkleid der Raumschaft Schramberg. Es ist die Edelkastanie, – Castanea sativa – die man zwischen Schloßberg und Lauterbach noch vereinzelt im Wald finden kann.  Und auf dem Moosenmättle befindet sich wohl einer der am höchstgelegensten Edelkastanien in Baden-Württemberg.  Im Lärchenweg steht übrigens auch eine schöne Edelkastanie, – sozusagen als Relikt aus Zeiten als Eckenhof und insbesondere der Lärchenweg als geheimes Regierungsviertel von Schramberg gegolten hat. Was der von Hermann Körner (2011) zitierte Theobald der Wochenendausgabe des Schwarzwälder Boten vom 18 Februar 1978 „ Wehe, wehe, alle einflussreichen Politiker einmal eine Meinung gemeinsam und verlangen beispielsweise eine Untergrundbahn oder beheizte Gehwege oder teppichbelegte Fahrbahnen im Lärchenweg“  jedoch nicht wusste – beheizte Gehwege wurden zwar im Lärchenweg nicht angelegt, aber um sich etwas mediterranen Flair auf den Sulgen zu holen, – auf dem es ja damals noch richtig lange Winter gab – hatte sich die damalige SPD – Vorsitzende des SPD OV Schramberg einen Judasbaum (Cercis siliquastrum) in den Garten gepflanzt – und später wurde vom angehenden Geographen der anselbiger Stelle große Teile von Kindheit und Jugend verbrachte zwei Edelkastanien (Castanea sativa) gepflanzt. Der Judasbaum hat es fast fünfundzwanzig Jahre dort oben ausgehalten und hin und wieder auch geblüht. Die Edelkastanienbäume stehen soweit,  ich weiß immer noch an Ort und Stelle wo diese vor fast 25 Jahren vom Verfasser dieser Blognotiz gepflanzt wurden.  Die fünf Schramberger Rathausplatzplatanen sind zwar unwiderruflich verschwunden, aber vielleicht findet sich ja irgendwo in der Stadt ein anderer Platz auf den man wieder ein paar Platanen pflanzen könnte. Wenn nicht dann, verbleiben vorerst die wenigen Edelkastanien (Castanea sativa) die in der Raumschaft als Park, Garten oder als Waldbaum in der Raumschaft Schramberg wachsen, als letzte mediterrane Vorposten im Pflanzenkleid, im Landschaftbild & Stadtbild der Raumschaft Schramberg.

Zitierte Quellen:

Körner, Hermann (2011) : Vierzig Jahre Wohngebiet Eckenhof, ein Rückblick auf Jahre des Baubooms in Schramberg (Teil 2, Schluss). In:D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, B. 31, 2 – 10.

Paffen, K.H. (1973) : Das Wesen der Landschaft. Darmstadt (Wissenschaftliche Buchgesellschaft)

Schneider, Robert (2011): Les Mitterrand. Édition revue et augmentée. Paris, Collection Tempus, (Éditions Perrins), ISBN 978-2-262-03604-1

Christophe Neff, le 14.12.2011

Souvenirs du mardi 22.11.2011 – Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin

Après un long voyage matinal à travers les brumes rhénanes, arrivant au bureau le matin du 22.11.2011 découvrant la lumière pâle de quelques rayons de soleil sur le Kraichgau, après que j’ai mis en marche l’ordinateur du bureau : déferlante d’emails ,comme chaque matin,  un petit coup d’œil sur le Spon : un feu de forêt dans les Alpes bavaroises à Lenggries qui pose problème aux pompiers , email d’alerte des abonnées le Monde : « La veuve de l’ancien président français François Mitterrand est morte dans la nuit de lundi à mardi » et découverte de la nécrologie dans le Monde.fr  « Danielle Mitterrand – combat d’une militante ».  En lisant cette nécrologie de Béatrice Gurrey, en découvrant les extraits de sa dernier interview avec Corinne Chabaud du magazine la vie,   ressurgissent  les mots de Serge Moati « Mitterrand, muet, grave, est assis à l’avant de la R30, près de Pierre son chauffeur. A l’arrière, Danielle bien sûr, et sa sœur Christine. Conduisant lentement sous les trombes d’eau, le camarade Tourlier, membre de l’aile gauche du parti socialiste, se met ä fredon­ner L’Internationale. Le vieil hymne d’espoir et de révolte est repris par les deux sœurs euphoriques et rieuses. Et par Mitterrand. Un peu. Puffs, Danielle dit à François :

Tu sais, le plus important pour moi, François, c’est que ce soir, cinq hommes, condamnés à mort, ont appris qu’ils n’allaient pas mourir. Et elle ajoute : Que c’est étrange, c’est comme si, à la radio, on parlait d’autres gens que nous… je n’arrive pas à y croire. (Moati, S 2011, 137-138). »  – mots que j’avais lus il y a à peine quelques mois, dans  le livre de souvenir « 30 ans après » de Serge Moati dédie au 11 mai 1981.

Il y avait aussi ce matin la une belle nécrologie de Stefan Simons du Spiegel – Zum Tode Danielle Mitterrands: Ihr Herz schlug links – et depuis, une semaine est passée – il y eu a la cérémonie des derniers hommages à Cluny, avec l’émouvant discours d’hommage de Gilbert Mitterrand et de Michel Joli , et toujours ces brumes rhénanes incessantes pendant que j’écris, la France, l’humanité a perdu une grande personnalité  une voix qui s’élevait pour les opprimés du monde ! Notre Monde aura toujours besoin  d’une telle voix, de nos jours il suffit de tourner le regard vers la Syrie!

Danielle Mitterrand restera dans mon souvenir cette combattante éternelle pour l’abolition de la peine de mort,  pour les droits de l’homme, pour les opprimés oubliés du monde, mais surtout cette jeune femme courageuse résistante aux yeux de chat, qui tomba amoureuse d’un certain Capitaine Morland !

Adieu Madame – zog nit keyn mol, az du geyst dem letstn veg (Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin), c’est avec ce mots de Hirsch Glik que je vous dis Adieu – avec une pensée pour votre courageux Père, Antoine Gouze qui refusa d’établir la liste des enfants et des professeurs juifs de son école, et qui hébergeait dans sa « villa Romada »  Henri Frenay et Bertie Albrecht.

Source citées :

Joli, Michel (2011) : Discours d’hommage de Michel Joli pour Danielle Mitterrand, Cluny le 26 novembre 2011.

Mitterrand, Gilbert (2011) : Discours d’hommage de Gilbert Mitterrand pour Danielle Mitterrand, Cluny le 26 novembre 2011.

Moati, Serge (2011): 30 ans après.  Paris, Editions du Seuil, ISBN 978-2-02-098819-3.

Christophe Neff, le 29.11.2011

11 Novembre 2011 – Volkstrauertag 2011

Grisaille, brumes, bruine et bouillasse – temps de novembre dans le Oberrheingraben. La France vient de commémorer  le 11. Novembre 1918, jour du souvenir  des morts de la grande guerre, dans un climat d’atmosphère « préélectorale » – vu les déclarations du Président Sarkozy, de François Hollande et de Eva Joly. L’Allemagne ne fête  pas le 11. Novembre, jour de l’armistice de 1918, – elle commémore ses morts au Volkstrauertag  (Gedenken an die Kriegstoten und Opfer der Gewaltherrschaft aller Nationen  ) le deuxième dimanche avant le premier dimanche de l’Avent, donc cette année le 13.11.2011. Le 11 novembre en Allemagne, dans beaucoup de régions, c’est surtout le Martinstag ou Martini – jour de mémoire pour Saint Martin de Tours.  J’aime beaucoup ce symbole de  Martin le miséricordieux tranchant sa cape pour protéger  le malheureux pauvre soufrant du froid en face de lui. En Allemagne, de nos jours dans les communes rurales, les enfants avec leurs lampions suivent encore un cavalier  déguisé en officier romain qui, symboliquement, divise sa cape à la  fin de la petite procession.

D’une part donc pour moi le 11 novembre c’est le « Martinitag » – mais c’est aussi le souvenir éternel  de la grande guerre, aussi  bien dans ma famille française que dans ma famille allemande.  Combien de fois j’ai entendu ma grandmère ou ma mère me raconte  l’histoire de mon arrière grand oncle Victor Tavard – soldat français pendant la grande guerre – et de son cousin Franz qui combattait pour les prussiens dans la même guerre.  Ce souvenir des morts des deux côtés de la frontière, beaucoup de familles d ’Alsace, de Moselle l’ont partagé et peut-être que le souvenir de ce deuil ne s’est pas encore éteint dans cette partie de l’est de la France.  Ce souvenir, on le retrouve dans le Monument aux Mort de Strasbourg , la Piéta de Léon-Ernest Drivier symbolisant la ville de Strasbourg pleurant ses fils tombés  sous les drapeaux  allemands et français.  Un de ces enfants alsaciens tombés, les premiers jours de la guerre, fut Ernst Stadler, – tombé sous l’uniforme prussien le 30 Octobre 1914 à Zandvoorde près de Ypres. Ernst Stadler, que je considère comme le symbole de l’expressionisme littéraire allemand – peut être un des plus grands poète de langue allemande – un poète quasiment inconnu  en France et en Allemagne un poète presque complètement tombé dans  l’oubli, dont l’œuvre n’est depuis longtemps plus  distribué  par les maisons d’éditions allemandes. On retrouve quelque traces de Ernst Stadler dans l’essai de Charles Fichter  (2011) sur le milieu littéraire à la fin du siècle en Alsace publie dans le dernier Numéro d’Allemende – Zeitschrift für Literatur.  Ernst Maria Richard Stadler,  poète alsacien de langue allemande (ein elsässischer Lyriker der in deutscher Sprache dichtete : l’article wikipedia.de dans la version du 12.11.2011),  mourut pendant les premiers jours de cette grande guerre comme des centaines de milliers d’autres hommes connus et inconnus, cette hécatombe qui en provoqua d’autres  et dont nous subissons jusqu’à  nos jours les conséquences. Dans ce contexte je renvoie au dernier Interview de Joschka Fischer dans la Zeit du 10.11.2011 intitulé  « Vergeßt diese EU », son paragraphe sur les mémoires de Stefan Zweig, la grande  guerre  et les risques  de voir  échouer  le rêve d’une Europe politique & culturelle unie.  Pour finir cette petite notice sur le 11 novembre et le Volkstrauertag je me permets de faire revivre un extrait du discours qu’ Henry Lévy, conseiller général démocrate du canton de Strasbourg-Nord, prononça lors de l’inauguration du monument au mort de Strasbourg le 18. Octobre 1936

Monsieur le Président de la République. Dans l’hommage que vous nous faites, l’insigne honneur apporter à la France tout entière, personnifiée par son premier magistrat, c’est du fond du cœur, que le comité du monument aux morts de Strasbourg, vous prie d’agréer l’expression de sa respectueuse et profonde reconnaissance. Nous assurons également de notre gratitude les représentants du gouvernement : M. le ministre de la santé publique et M. le sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil. Nos plus sincères remerciements s’adressent aussi à notre municipalité aussi bien l’ancienne que l’actuelle municipalité, autour de Charles Frey à partir du 18 mai 1935 qui, en mettant à notre disposition ce bel exemple de la place de la République, nous a permis de doter notre ville d’un monument digne des sacrifices qu’il commémore, digne aussi de son patrimoine artistique, l’hommage unanime à nos morts. Le visiteur parcourant notre ville, pouvait s’étonner de n’y point trouver comme dans toutes les communes de France même les plus petites, le monument à ses morts de la grande guerre, tombés pendant quatre années d’une lutte sans merci, sur la terre de France, de Belgique, sur les steppes glacées du front russe ou dans les tranchés d’Orient, ou disparus sur les mers lointaines.

Il semblait qu’une page manquât à l’histoire de Strasbourg, si étonnamment fidèle cependant à son passé. Et quelle page. La plus émouvante et la plus tragique.

Pourtant nous savons bien que Strasbourg ne laissera jamais s’éteindre la flamme du souvenir et que nulle part peut-être, n’est restée aussi vivace dans les cœurs la mémoire de ceux qui sont tombés, car nous avons connu chez nous l’une des faces les plus douloureuses de la guerre. Celle qui oppose les uns aux autres, comme des ennemis, des frères séparés par l’annexion de 1871 et qui se retrouveraient pour se combattre. Le sculpteur Drivier a admirablement su exprimer – et nous l’en remercions chaleureusement -, le symbole que nous attachons à cette œuvre et que nous lui avons demandé de réaliser : toute cette tragédie est évoquée dans la douleur que reflète cette belle figure de femme non seulement symbole de la patrie, mais symbole aussi de l’humanité meurtrie… recueillant avec une émouvante sollicitude deux guerriers mourants, tombés sous les plis de deux drapeaux, mais, dont les mains se cherchent pour s’unir dans une suprême étreinte.

Chacun ressentira profondément la grande pensée qui se dégage de cette œuvre et puisse-t-elle être pour ceux qui nous suivront un objet de méditation ainsi qu’un enseignement. Je voudrais que l’écho des sentiments qui nous animent soit porté plus loin par les flots du Rhin, et que ce monument soit une pierre à l’édifice de la paix, qu’il soit un appel à l’union des peuples, à une fraternité fondée sur la justice et le respect des droits en même temps qu’un acte de foi dans les destinées de notre pays. » (Source : http://judaisme.sdv.fr/perso/dirige/henrlevy/henrlevy.htm – dernière consultation le 12.11.2011 vers 15:00)

Ce discours de Henry Lévy mérite d’être relu  de nos jours, pour nous souvenir quel le douleur la grande  guerre fit parmi les peuple de l’un et de l’autre côté du Rhin  et pour que le rêve d’une Europe uni ne se rétrécisse pas à la question de la monnaie européenne, de la survie de l’Euro, mais pour rappeler comment nous voulons construire un espace européens où  des  drames comme ceux de  la « grande guerre » ne se reproduiront jamais.

Sources citées :

Daltroff, Jean (2005): Henry Lévy, – Initiateur du Monument aux morts place de la République à Strasbourg. Extrait de l’Almanach du KKL-Strasbourg, 2005. Edité par  http://judaisme.sdv.fr/perso/dirige/henrlevy/henrlevy.htm  dernière consultation le 12.11.2011 vers 15:00

Fichter, Charles (2011) : Das literarische Milieu im Elsaß während des Fins de siècle. In : Allmende – Zeitschrift für Literatur. Literarische Landschaften- das Elsass, pp. 27-36, ISBN 978-3-88190-639-5

Fischer, Joschka (2011) : Vergeßt diese Eu. Interview dans la Zeit du 10.11.2011 avec Tina Hildebrandt & Heinrich Wefing. Die Zeit, 10 November 2011.

Christophe Neff, le  13.11.2011 – Volkstrauertag 2011.

Blognotice 2.11.2011

Survolant les sommets du Altai, les vastes plaines sibériennes déjà couverts de neige – une image qui me rappela d’un coup les descriptions de l’immensité de la Sibérie dans Docteur Jivago de Boris Pasternak, mais aussi les paysages des steppes , d’une plaine infinie dans « le testament français » de Andrei Makine, surtout ces mots :

« Avec une sérénité amère qui l’étonna elle-même, Charlotte entendit naître et résonner dans son esprit cette pensée transparente : « Il y eu cet enfer des villes brûlées et quelques heures plus tard – ce cheval qui broute l’herbe de rosée, dans la fraîcheur de la nuit. Ce pays et trop grand pour qu’ils puissent le vaincre. Le silence de cette plaine infinie résistera à leurs bombes … ».

Jamais encore elle ne s’était sentie aussi proche de cette terre ».(Makine 1995, 127).

J’avais lu ce livre il y a presque 16 ans  et en voyant l’immensité du paysage russe, ces mots du roman de Makine me revenaient à l’esprit.  Mais ce panorama de la Sibérie vue a vol de l’oiseau se referma brusquement, car une vaste étendue de nuages m’obstrua la vue  et je me replongeai dans le livre que j’avais choisi comme lecture pour ces 12 heures de vol Nanjing – Frankfurt –  « le roi vient quand il veut » de Pierre Michon – livre que j’ai découvert grâce a la critique de Pierre Assouline dans la RDL. Et dans ce livre je tombe sur un paragraphe à la page 83 qui me transposait dans ma propre enfance :  les voyages de la Toussaint à Saulgau en Oberschwaben, les cimetières illuminés par les « bougies et lumignons rouges » du jour de la Commémoration des fidèles défunts (Allerseelen / In Commemoratione Omnium Fidelium Defunctorum), le jour des morts, qui en fait était déjà célèbré le jour de la toussaint.  « La lanterne des morts m’a beaucoup marqué, c’est une pratique disparue que je n’ai jamais directement connue, mais qui m’a beaucoup fait rêver, enfant. Lorsque quelqu’un était mort, jadis, me disait-on en me montrant la lanterne de Saint-Goussaud — mais il y en a d’autres ailleurs —, on allumait dedans un grand feu, et dans la nuit on la voyait de Benevent, de Grand¬Bourg, de Chätelus. Saint-Goussaud est sur une butte, les autres villages dans la vallée. C’était ma région maternelle, la région des cimetières, où l’on visitait les tombes. C’était comme si la mort de ces gens dont je venais de voir les tombes illuminait le pays. Et bien sûr il y a quelque chose de funèbre dans tout cela, de funèbre mais de… J’ai beaucoup de mal ä le formuler. C’est un don, partagé visuellement avec les communes environnantes. Une petite flamme qui fait penser ä une petite âme. (Michon, P., 2010 p.83)» La petit flamme qui fait penser à une petite âme, quand j’étais gamin  on m’avait raconté  que le Seigneur regardait depuis le Bussen, montagne sacrée de Oberschwaben – et voyant ces paysages de novembre éclairés par les lanternes rouges des paysages de cimetières d’Oberschwaben, commençait à récolter les âmes perdues des défunts pour les places dans son royaume eternel.

Cette coutume est encore pratiquée dans une grande partie de l’Allemagne catholique de nos jours.  Ce ne sont plus ces paysages de cimetières illuminés par les lanternes rouges mais on en trouve encore de ces lanternes ici et là dans les cimetières de l’Allemagne du Sud. Et chaque fois que vois de telles lanternes, cela me penser a cette histoire du Bussen.

En listant ce mots de Michon, – je pensai aussi au temps où je vivais à Aubord dans le Gard chez ma grand – mère  et que j’allais acheter les chrysanthèmes pour la Toussaint  et nous nous occupions ensemble, ma grand-mère et moi, de la tombe familiale au vieux cimetière d’Aubord.  Depuis cet été ma grand mère a rejoint les habitants de la tombe familiale et donc maintenaient il n’y aura plus personne pour s’occuper du caveau familial, ni Chrysanthèmes  ni lanterne de mort  allumée par un membre la famille, un proche.  Naturellement il aura des Chrysanthèmes, cela peut s’organiser, mais il y a la présence personnelle qui manque. En survolant la Sibérie, en lisant les mots de Pierre Michon qui me rappellent les paysages des cimetières de novembre de Oberschwaben et de Forêt Noire illuminés, je pensai que l’éclatement des familles nous éloigne parfois douloureusement de nos morts.

En arrivant en Allemagne, le soir du 31. Octobre  2011 je redécouvre aussi que ces paysages  de novembre illuminés par les lumières rouges des lanternes des morts si caractéristiques des parties catholiques du Sud de l’Allemagne  sont en train d’être  de plus en plus remplacés par les citrouilles de Halloween.  Personnellement je préfère l’histoire de la petite flamme qui fait penser à la petite âme  aux citrouilles d’Halloween!

Livres cités :

Makine, Andrei (1995) : Le testament français. Paris, Mercure de France. ISBN 2-7152-1936-9

Michon, Pierre (2010) : Le roi vient quand il veut. Propos sur la littérature. Textes  réunis par Agnès Castigione avec la participation de Pierre Marc de Biasi.  Paris, Le livre de Poche/Albin Michel, ISBN 978-2-253-13434-3

Christophe Neff,  le  2.11.2011

Blognotice 11.10.2011 – petites remarques sur les prix littéraires

Pour les chutes de neiges, dans les Vosges et en Forêt Noire je  ne me suis pas trompé, – il a même neigé sur la Schwäbische Alb. Par contre pour les lauréats du Nobel de Littérature 2011 mes quatre favoris Assia Djebar, Adonis, Ibrahim al-Koni et Ngũgĩ wa Thiong’o n’étaient pas du cru – c’est Tomas Tranströmer qui fut l’heureux gagnant du Prix Nobel de littérature 2011. Pour une grande partie de la critique littéraire, Tranströmer semble plutôt être un illustre inconnu, mais personnellement j’avais déjà entendu parler de ce poète suédois.  Juste une semaine avant l’annonce des prix Nobel  j’avais  reçu en cadeau un ouvrage de poésie, – Tradarbeten – Flechtwerk –  de HC Ericson, traduite par une des mes anciennes étudiantes Julia Baum. En fait, il s’agit d’une œuvre de poésie bilingue éditée en suédois et en allemand. Donc je me suis mis une fois de plus dans la Littérature suédoise –  où le nom de Tranströmer est un nom incontournable en ce qui concerne la poésie. En  plus dans le fond de ma mémoire  les souvenirs de Selma Lagerlöf, première femme à recevoir un prix de Nobel de littérature, en 1908, restent bien présents.

Quant aux critiques pour le Nobel de Littérature 2011, pour beaucoup des critiques professionnels le choix du comité de Nobel reste incompréhensible – je renvois ici à « What’s Wrong With the Nobel Prize in Literature » de Tim Parks – en Allemagne on a un peu l’impression que Tomas Tranströmer est un illustre inconnu ! Je fus, il faut le dire, très déçu de la critique « Tomas Tranströmer, poète nobélisé » de Pierre Assouline. Par contre, un très bel article de    Nils C. Ahl dans le Monde – « Tomas Tranströmer, un poète sobre et moderne remporte le Nobel ». A lire aussi la très belle comparaison Staring Through the Stitches  de Tomas Tranströmer et Wislawa Szymborska écrite par Helen Vendler en octobre 1998. Naturellement comme l’écrit Vendler «  Relying on translation, one has to trust the translator – on dépend toujours de la traduction », en poésie encore bien plus ! Dans ce sens, la traduction allemande de l’œuvre « Tradarbeten » de HC Ericson  par Julia Baum  me semble être une réussite – rythme et grande clarté du langage – Rhythmus und große Klarheit der Sprache. Un jour après le Nobel de littérature on nous annonçait les lauréats du prix du Nobel de la paix, là par contre pas de grande surprise avec Ellen Johnson-Sirleaf, Leymah Gbowee et Tawakkul Karman.  Le lauréat du Nobel de la paix 2010, l’écrivain et poète chinois Liu Xiaobo croupit encore en prison, de plus en plus oublié par l’opinion publique mondiale.  En Allemagne il y quelques semaines, un peu méconnu du grand public, un livre fut édité par Tienchi Martin-Liao et Liu Xia, « Liu Xiaobo – Ich habe keine Feinde, ich kenne keinen Hass. Ausgewählten Schriften und Gedichte. »  Je ne crois pas que ce livre trouvera un grand public.  Autre livre qui ne trouva jamais un grand public, mais qui certainement mériterait une lecture approfondie, est « la Montagne de l’âme» de Gao Xingjian (Prix nobel de littérature 2000). Je viens de le retrouver dans mon étagère à livres.  Dans cette version du livre, avec un paysage de Gao Xingjian en encre de chine en couverture, une préface  de Noel Dutrait  nous trouvons en fin de cette préface une petite notice : « Le texte français de la Montagne de l’Âme a été relu par l’auteur  et un fécond travail  sur la langue a pu s’engager avec les traducteurs.  Déjà publié en suédois, le roman doit prochainement paraitre en anglais et en Allemand ».

Nous sommes, pour les langues que nous ne maitrisons pas  ou pas assez, dépendants  de la traduction littéraire.  Dans le cas de  « la Montagne de l’âme » nous avons la chance que l’auteur ait relu la traduction française avant la publication de l’œuvre.  Malheureusement nous n’avons pas toujours droit à de telles circonstances. Comme l’écrit Helen Vendler – nous devons faire confiance au traducteur.  Pour les traductions allemandes de Tanströmer surtout à Hanns Grössel, pour les traductions françaises je crois surtout à Jacques Outin. Je ne crois pas que l’œuvre de Tranströmer deviendra un bestseller, mais je ne pense pas, qu’un Nobel, un Goncourt, ou un deutscher Buchpreis ait  la fonction de produire des « bestsellers »,  même si les maisons d’éditions aimeraient bien qu’un prix littéraire transforme l’œuvre d’un écrivain en bestseller.  « Tauben fliegen auf » le roman de Melinda Nadj Abonji  qui fut récompensé  par le deutsche Buchpreis 2010, ne fut pas un Bestseller – est cela a provoqué beaucoup d’agitation dans le milieu d’édition allemand.  Peut être le lauréat 2011 du Deutsche Buchpreis, le roman « In Zeiten des abnehmenden Lichts»» de Eugen Ruge trouvera plus de lecteurs  que «Tauben fliegen auf ».

Un prix littéraire, que se soit le Nobel, le deutsche Buchpreis, le Goncourt, le Joseph-Breitbach Preis ou un simple prix de poésie régional  doit surtout inciter le lecteur curieux à découvrir un nouveau paysage littéraire.  C’est en ce sens que vais surement lire une des œuvres de Tranströmer, pour découvrir un nouveau paysages poétique. Peut être aussi « Tauben fliegen auf » de Melinda Nadj Abonji , si le livre sort en version poche , car je manque cruellement de place pour ranger mes livres. Comme je l’avais fait il a y quelques années avec V.S. Naipaul, lauréat du Nobel de littérature 2001, – en lisant « a House for Mr. Biswas » dans la traduction allemande de Karin Graf « Ein Haus für Mr. Biswas » – roman dans lequel  je  découvris un paysage littéraire  totalement inconnu.

Sources citées :

Ericson, HC (2011): Tradarbeten – Flechtwerk (Übersetzung ins Deutsche Julia Baum). Stockholm, Carlson Bokförlag, ISBN 978-91-7331-4527

Martin-Liao, Tienchi ; Xia, Liu (Eds) (2011): Liu Xiaobo. Ich habe keine Feinde, ich kenne keinen Hass. Ausgewählte Schriften und Gedichte. Aus dem Chinesischen von Karin Betz und Hans Peter Hoffmann. Mit einem Vorwort von Václav Havel.  S. Fischer Verlag Frankfurt, ISBN 978-3-10-092591-6

Naipaul, V.S. (2001) : Ein Haus für Mr. Biswas. Deutsch von Karin Graf.  Ungekürzte Ausgabe.  2 Auflage Dezember 2001.  Titel der englischen Original Ausgabe « A House for Mr. Biswas ©V.S. Naipaul), München,  Deutscher Taschenbuchverlag, ISBN 3-423-12020-7

Xingjian, Gao (2000): Le Montagne de l‘âme. Traduit du chinois par Noel et Liliane Dutrait.  Titre original « Lingshan ». Paris, Éditions de l’Aube (© Gao Xingjian , © éditions de l’Aube 1995 & 2000 pour la traduction française.), ISBN 2-87678-526-9

Christophe Neff, le 11.10.2011

Blognotice 5.10.2011 – neiges automnales & prochain lauréat du Prix Nobel de littérature

Finies  les belles journées de fin d’été – l’automne n’est plus loin, pour jeudi le 6. Octobre 2011 on nous annonce de la neige à partir de 1200 mètres sur les sommets des Vosges et de la Forêt Noire.  Le jeudi  6. Octobre on nous annoncera aussi le prochain lauréat du Prix  Nobel de littérature.  En fait je n’ai aucune idée de qui pourrait se voir  attribuer le prix. Normalement un ou deux jours avant l’annonce on trouve quelques renseignements sur la RDL. Mais cette année au moment où j’écris ces lignes,  aucune annonce dans la RDL.  Un de meilleurs romans que j’aie lu durant ces dernières années, fut le roman Melnitz de Charles Lewinsky. Mais Charles Lewinsky ne figure sur aucune liste de potentiels lauréats du  Nobel de littérature. Chez Ladbrokes c’est Adonis qui figure actuellement en tête.  Mais M.A. Orthofer dans le Literary Saloon ne veut pas trop y croire, – ses favoris sont Ibrahim al-Koni et Ngũgĩ wa Thiong’o.  Le guardian nous présente Assia Djebar. En fait je n’ai aucune idée  mais une attribution du prix  Nobel de littérature à Adonis aurait au moins le charme de guider un peu plus l’opinion publique sur ce qui ce passe actuellement en Syrie.  Au début de l’été 2011, en signe de solidarité silencieuse aves le mouvement d’opposition je me suis mis à lire  « Mémoire du  vent » d’Adonis. Je sais bien que cela ne sert pas à grand-chose.  En fait cela ne sert à rien du tout,  le sang des innocents coule dans les villes syriennes, seul le vent emporte les cris des victimes du régime de  Bachar el-Assad  et j’ai l’impression que les massacres continueront encore longtemps. Au fait qui parle encore du printemps arabe ? Il y aura des élections en Tunisie le 23. Octobre 2011, mais on n’en parle guère dans la presse francophone.  Il semble que Ennahda puisse remporter les élections du 23.10.2011, – très belle analyse de Joshua Hammer dans la New York Review of Books – sur ce sujet.  Mais tout cela n’a rien à voir avec  l’annonce du lauréat du Nobel de Littérature 2011, mais on pourrait au moins espérer  autant d’attention médiatique pour les prochaines élections tunisiennes ou pour la tragédie que se passe en Syrie que pour l’annonce du lauréat du Nobel de Littérature 2011. Un lauréat du Maghreb, du Proche – Orient pourrait au moins porter  une lame d’espérance pour ce qui fut ce printemps , le début démocratique arabe.  Nefflinger tu rêves les yeux ouverts!

Pour finir : ma prévision personnelle  pour le Nobel de littérature 2011, ce ne sera ni Charles Lewinsky ni Serge Moati, mes trois – quatre favoris sont Assia Djebar, Adonis, Ibrahim al-Koni et Ngũgĩ wa Thiong’o.

Jeudi après midi – si les prévisions météo d’aujourd’hui ne se trompent pas trop, nous retrouvons la neige sur les sommets des Vosges et de la Forêt Noire et nous connaîtrons le lauréat du Nobel de Littérature 2011.

Christophe Neff, le 5.10.2011

Blognotice 1.10.2011

Jeudi 29.9.2011 le Bundestag a voté le plan de sauvetage de l’euro, la Kanzlermehrheit est au rendez-vous et depuis, Madame Merkel pourra un peu reprendre son souffle,  le lendemain Pierre Assouline se permet de faire l’éloge de wikipedia « N’est pas Karl Kraus qui veut (pour une fois, la notice Wikipédia est excellente) »  ce qui a aussi quelque chose d’ historique , de en plus le billet fait découvrir une nouvelle expression – archéo-postsoixantehuitard– eine echte Wortkreation! Un véritable néologisme. Après une longue pause, Au jour le jour nous présente un billet automnale et nous témoigne une fois de plus à  quel point l’auteure, ancienne grande dame de la Socialdemokratie du Südweststaat, désespère une fois de plus des baronnies locales, des grands et petits chefs du P.S. français. Elle devrait peut être lire « 30 ans après »  de Serge Moati. C’est bien écrit, cela fait revivre de bons souvenirs, et cela peut donner du courage pour affronter l’épreuve des présidentielles en 2012.

Pour revenir au  vote du plan de sauvetage de l’Euro au Bundestag, je me suis longtemps interrogé comment j’aurais voté moi – même en ce jour décisif au Bundestag. J’aurais certainement voté pour, comme une grande majorité de la SPD et des Verts, mais avec le cœur lourd, même très lourd, car le traitement que ce plan envisage pour  les pays en difficulté est à mes yeux une politique digne de la politique économique du gouvernement Brüning qui mena l’Allemagne au désastre politique connu.  Aux  Etats Unis durant ces temps mouvementés et pleins de désespérance socio-économique, Franklin Delano Roosevelt commença sa politique du New Deal et sortit les Etats Unis grandis de cette rude épreuve, pendant que l’Allemagne s’enfonça dans un des plus sombres chapitres de son histoire.  Parfois tout cela me rappelle du déjà vu  et je reviens à une lecture  qui m’avait très impressionne durant mes études, le fameux livre de Charles Kindleberger « The World in Depression. 1929–1939 » que j’avais lu en traduction allemande « Die Weltwirtschaftskrise ». Ce livre mériterait d’être lu (ou relu) par nos élites politiques. Le capitalisme sans limites, qui parfois me semble être digne d’un « Freibeuterkapitalismus », d’un capitalisme flibustier, comporte tous les ingrédients pour mettre nos sociétés au bord du gouffre.

Je finis cette petite blognotice avec une citation, que j’ai découverte  en lisant « 30 ans » de Serge Moati  « Le véritable ennemi, j’allais dire le seul, parce que tout passe par chez lui, le véritable ennemi si l’on est bien sur le terrain de la rupture initiale, des structures économiques, c’est celui qui tient les clefs… c’est celui qui est installé sur ce terrain là, c’est celui qu’il faut déloger… c’est le Monopole ! terme extensif… pour signifier toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! »  – ce petit bout de phrase est issue du discours d’Epinay de François Mitterrand („QU’ALLONS-NOUS FAIRE DE L’UNITÉ ET SURTOUT, COMMENT ALLONS-NOUS FAIRE ?“ (EPINAY, 13 JUIN 1971))– et ce petit bout de phrase n’a rien perdu de son  actualité ni de sa véracité.

Sources citées :

Moati, Serge (2011) : 30 ans après.  Paris, Editions du Seuil, ISBN 978-2-02-098819-3.

Christophe Neff, le 1.10.2011