Homme libre – Homme livre: François Maspero

A peine avais-je publié mon dernier billet sous le titre « A la recherche des souvenirs d’un vieux texte de 2001 « Deux ou trois choses que j’ai vues de l’Algérie» de François Maspero » » me parvenait avec la poste le beau livre « François Maspero et les paysages humains ». Toute suite je me mis à le feuilleter, à lire les premiers chapitres …. et finalement je retrouvais aussi le lieu où François Maspero avait passé une partie de l’été 2001, en Algérie, sur la côte algérienne. Lundi matin , le 13 avril 2015, j’apprenais via l’article de Catherine Simon, que François Maspero venait de décéder durant la journée du Samedi 11.04.2015, – donc la même journée que j’avais publié ma petite notice de blog sur cet été 2001 que François Maspero avait passé sur la côte algérienne, que je recevais le livre sur la vie et l’œuvre de François Maspero – « Homme libre – Homme livre[1] ». Etrange coïncidence….   On peut trouver une nécrologie intéressante chez Pierre Assouline dans la RDL, – dans le Monde version papier nous trouvons une nécrologie exhaustive sous le titre « François Maspero – Editeur et écrivain » de Catherine Simon[2]. Catherine Simone nous parle aussi un peu de ce livre « François Maspero et les paysages humains » que je viens de recevoir. Elle parle d’un bel ouvrage consacré à François Maspero[3]. Oui ce livre est un bel ouvrage sur la vie et l’œuvre de François Maspero – c’est une véritable géographie humaine des paysages intérieurs de François Maspero, de sa vie avec et pour les livres, – mais c’est aussi d’une certaine manière une histoire des rêves d’une certaine gauche française, – ses rêves, ses illusions perdues. Le livre est une véritable source de témoignages, de documents sur la vie, les livres et les hommes qui entouraient François Maspero. Ces témoignages débutent avec un chapitre intitulé « la fidélité  Maspero [4]» de Edwy Plenel, – et finissent avec le chapitre « un sacré colibri » de Patrick Chamoiseau. Sur presque 70 pages Julien Hage nous livre une histoire détaillée des librairies et éditions Maspero[5]. Nous trouvons dans ce livre une reproduction des couvertures des livres des éditions Maspero, – et un catalogue des éditions Maspero, faisant de ce livre aussi une documentation sur l’édition française après-guerre. Dans la deuxième partie du livre nous trouvons entretiens et témoignages avec François Maspero. C’est ici dans cette partie témoignage que nous pouvons retrouver les traces et les lieux du texte « Deux ou trois choses que j’ai vues de l’Algérie ». C’est dans la reproduction du Postface à la réédition des Romans de Sadek Aïssat[6][7] que nous apprenons où François Maspero avait passé l’été 2001. Je ne me suis pas trompé en écrivant dans les notes en bas de page que je pensais « que le texte de Maspero  ne parle pas de Bejaïa, mais bien d’une ville tournant le dos à la plaine de la Mitidja dans les environs d’Alger » car François Maspero avait bien passé l’été 2001 à Aïn Taya dans la banlieue est d’Alger. Dans ce contexte je me permets de citer un extrait de ce texte « Et donc est arrivé cet l’ été 2001 où Sadek m’a fait ce nouveau cadeau, le plus beau de tous. Après dix ans passés loin du soleil natal, il avait décidé de revenir sur sa terre. Et il m’a demandé de venir avec lui. De partager avec lui l’émotion de ce retour tant attendu, probablement craint aussi : qu’allait-il retrouver ? Un tel acte de confiance ne se refuse pas : il ne peut qu’éblouir celui qui en est l’objet. Ce fut ce mois de lumière passé à Aïn Taya. Chez sa sœur, qui ne s’attendait certes pas à voir arriver, avec sa famille, cet ami français inconnu et dont elle lui dit simplement : « Qu’il vienne, puisque c’est ton ami ».

Nous trouvons dans ce livre aux pages 327 – 331 une bibliographie-filmographie où sont inventoriés les livres et textes écrits par François Maspero, ses traductions, mais malheureusement le texte auquel j’ai consacré mon dernier billet « Deux ou trois choses que j’ai vues de l’Algérie » publié le 22.Novembre 2001 par le Monde n’y figure pas.   C’est un peu dommage. Mais à part ça le livre « François Maspero et les paysages humains » est un merveilleux livre a l’honneur de François Maspero, – une mine de savoir et de témoignages quasiment inépuisable sur la vie et les livres de François Maspero.

Je ne suis pas un spécialiste de François Maspero, – simplement un simple lecteur bloggeur citoyen du week-end, – je crois qu’une des dernières interviews que François Maspero a données fut l’entretien « Entretien avec François Maspero : « Quelques malentendus » dans la revue période. Cet entretien mérite la lecture car on y trouve un condensé de ses rêves et de ses combats. Peut-être les amis de François Maspero pourront-ils établir une sorte de « Werkverzeichnis » où on trouve tous ces textes, traductions, productions, entretiens documentés.

Finissons ce billet avec une vue sur l’Allemagne – malheureusement en Allemagne il semble que François Maspero semble être un illustre inconnu, son décès est presque passé inaperçu. Certes il faut dire que le décès de Günter Grass, le dernier « deutsche Großintelektuelle » de l’après-guerre (écrivain-intellectuel engagé) comme disait un de mes amis, n’a laissé que peu de place médiatique pour les autres écrivains – on a un peu écrit sur le décès de Eduardo Galeano, mais presque rien sur François Maspero. C’est dommage, car c’est grâce à François Maspero que la dissidence des années 1970 dans les pays de l’ est sous domination soviétique eut un reflet, une audience internationale dans les pays francophones et bien au-delà –   Varlam Chalamov «Récits de la Kolyma  », Gdansk la mémoire ouvrière, Robert Havemann « être communiste en Allemagne de l’est » pour simplement en nommer quelques-uns …. Néanmoins Marc Zitzmann a écrit une très belle nécrologie sous le titre « Zum Tod des Pariser Verlegers François Maspero – Partisan für die Freiheit »dans la Neue Züricher Zeitung, même si cet article ne prend pas en compte l’engagement pour la dissidence dans l’ancien bloc soviétique auquel appartenait aussi l’Allemagne de l’Est. Mais à part cette petite lacune c’est un bel hommage à François Maspero. Notons aussi que depuis peu il y a aussi un article sur François Maspero dans la wikipedia.de – traduit de l’article anglais.

Francois Maspero et les paysages humains scan CVL2

Je ne connais François Maspero qu’à travers ces écrits,   – je n’ai jamais eu la chance de le connaitre personnellement. Pour ses années de libraire-éditeur j’étais bien trop jeune, – mais si j’avais eu de la chance de rencontrer durant ces dernières années j’aurais bien aimé lui demander ce qu’il pensait de l’Algérie contemporaine, de la montée de l’obscurantisme religieux dans le monde, de la montée des nationalismes en France, en Russie etc. ….

Je pense que François Maspero était aussi un géographe, – à travers ses écrits, ses textes et ses livres nous apercevons les regards d’un homme libre sur les paysages humains.

Sources:

Guichard, Bruno; Hage, Julien; Léger, Alain (Eds.) (2009): François Maspero et les paysages humains. Lyon (La fosses aux ours – a plus d’un titre). ISBN 978-2-35707-006-6

Simon, Catherine (2015) : « François Maspero – Editeur et écrivain ».In : Le Monde, Mardi 14 avril 2015, p. 16.

Photos : Scans de la couverture (vice &versa) du livre « François Maspero et les paysages humains »

Christophe Neff, écrit le 19.04.2015 à Grünstadt, publié le 19.04.2015

P.S. (21.04.2015: 18:55): Concernant la réception de François Maspero en Allemagne, – je viens de trouver cette nécrologie remarquable de Danilo Scholz « François Maspero (1932-2015) » dans le Blog de le revue « Merkur – deutsche Zeitschrift für europäisches Denken ». C’est un très bon texte méritant la lecture.

[1] Le livre est le catalogue de l’exposition éponyme sur François Maspero (voir ici et ici)

[2] Publié sous le titre « François Maspero, enfant des guerres du XXe siècle » dans version électronique pour les abonnes Le Monde.

[3]« De l’été 1959 jusqu’à la fin de l’année 1960, François Maspero « officie pratiquement seul (…), corrigeant, composant les livres et créant jusqu’aux couvertures », raconte l’historien Julien Hage, dans le très bel ouvrage, Maspero et les paysages humains (La Fosse aux ours-A plus d’un titre, 2009) qui lui a été consacré » citation extrait de Simon, Catherine (2015) : « François Maspero – Editeur et écrivain ».In : Le Monde, Mardi 14 avril 2015, p. 16.

[4] Sous le choc de la disparition de François Maspero Edwy Plenel a publié le chapitre « La Fidélité Maspero » dans son blog.

[5] Hage, J. (2009): Une brève histoire des librairies et des éditions Maspero   1955- 1982. In : Guichard, Bruno; Hage, Julien; Léger, Alain (Eds.) (2009): François Maspero et les paysages humains. Lyon (La fosses aux ours – a plus d’un titre), p. 93- 160.

[6] Maspero, F. (2009): Sadek Aïssat –   Postface à la réédition des Romans de Sadek Aïssat, Editions Barzakh, Alger 2009. In : Guichard, Bruno; Hage, Julien; Léger, Alain (Eds.) (2009): François Maspero et les paysages humains. Lyon (La fosses aux ours – a plus d’un titre), p. 298- 304.

[7] Dommage qu’a l’heure où j’écris ce billet on ne trouve pas d’article sur le journaliste et écrivain Sadek Aïssat dans la wikipedia.fr.

Des paysages à l’infini – « Algérie, la mer retrouvée » – sur l’émission Thalassa du 03.04.2015

Des paysages à l’infini, des paysages d’une beauté inoubliable à perte de vue. En regardant le documentaire « Algérie, la mer retrouvée[1] » d’Alexis Marant et Guillaume Pitron sur Thalassa[2] vendredi 3.4.2015 je fus projeté 16, presque 17 ans en arrière. Le Professeur Manfred Meurer[3], membre de mon jury de thèse de doctorat[4] m’avait demandé, si je pourrais encadrer une de ses doctorantes, – une algérienne travaillant sur la flore algérienne. J’avais jusque-là lu presque tous les ouvrages sur la géographie et les paysages algériens, – et étant en charge de cette doctorante depuis 1999 – je voulais tout de suite saisir l’occasion pour faire un voyage d’étude en Algérie, pour connaitre de mes propres yeux ce pays que je considérais comme un des plus beaux pays monde. Mais Abida Z., la doctorante algéroise du Prof. Meurer me disait, – Monsieur Neff, n’y aller pas, – vous avez des enfants … vous savez les islamistes, le GIA   ….c’est trop dangereux – vous risquez de ne plus voir vos enfants de ne jamais revenir en Allemagne, de ne jamais revoir votre épouse, votre mère, votre grand-mère. C’était le temps où l’Algérie fut déchirée par une terrible guerre civile – ce fut la décennie noire qui ensanglanta l’Algérie. En regardant les belles images du film d’Alexis Marant et Guillaume Pitron on pourrait croire, que ces années cauchemardesques, sont des souvenirs d’un autre temps, presque oublié, – mais l’assassinat de Hervé Gourdel en Septembre 2014 en Kabylie dans le massif de Djurdjura par les soldats du califat, nous a rappelé que ces cauchemars des années 1990 sont encore bien vivants et réapparaissent brusquement de temps en temps. Finalement donc je ne suis jamais parti en Algérie. En 2005[5] je commençais dans l’équipe du Professeur Meurer à l’ancienne Université de Karlsruhe[6], devenue depuis le KIT, en charge de de plusieurs projets de recherche en Tunisie, ainsi commençèrent mes années tunisiennes, – mes rêves d’Algérie s’éloignaient de plus en plus – et j’apprenais à aimer la Tunisie et ses paysages – ce qui me valut à la longue d’être considéré en Allemagne comme un des rares spécialistes allemands de la Tunisie. Durant l’année 2007 j’aurais encore eu l’occasion de travailler dans un projet de recherche écologique appliquée avec Gonzague Pillet à Annaba en Algérie, mais Gonzague Pillet décéda brusquement en automne 2007, et l’Algérie s’éloigna définitivement de mes intérêts et obligations professionnelles.

En voyant les magnifiques images des côtes algériennes du reportage d’Alexis Marant et Guillaume Pitron sur la cote algéroise, – je me suis dit, qu’un jour je ferai ce voyage en Algérie, dont j’ai toujours rêvé, au plus tard à l’Age de la retraite. Ma retraite je pourrais la prendre dans 17 ans, – espérons qu’ entre-temps les autorités algériennes ne vont dilapider, bétonner cette merveilleuse côte qui est un vrai trésor. Ne surtout pas commettre les erreurs espagnoles, – succomber à l’argent facile du tourisme de masse – et d’abandonner cette merveilleuse côte à la littoralisation, californisation – au bétonnage tout court. Ce littoral mérite mieux que l’exemple effrayant des côtes méditerranéennes espagnoles. Je pense qu’ en développant un tourisme durable on pourrait très bien développer les côtes algériennes sans mettre en péril la valeur écologique et esthétique de ses paysages côtiers uniques. D’Oran jusque à Annaba le film d’Alexis Marant et Guillaume Pitron nous a fait découvrir une cote merveilleuse, mais aussi une jeunesse, des femmes et des hommes, qui prennent leurs destins en main pour un meilleur avenir. Enfin le film m’a donné envie de ne pas attendre jusqu’à ma retraite pour découvrir l’Algérie, ces merveilleuse côtes, découvrir les paysages du Parc national de Gouraya ….. et encore beaucoup plus. De prendre le ferry depuis Marseille, me réveiller à l’aube à Alger la blanche, de monter à la Basilique Notre-Dame d’Afrique, de faire le voyage à Tibhirine pour déposer une gerbe à l’ Abbaye Notre-Dame de l’Atlas en mémoire des sept moines de Tibhirine assassinés, de poursuivre la route traversant toute l’Algérie d’ ouest en est pour finalement après avoir visité le parc national d’El-Kala, d’arriver à Tabarka en Tunisie. On peut toujours rêver ….

Christophe Neff, le 05.04.2015

[1] Voir aussi « L’Algérie à la reconquête de son littoral »

[2] Ce n’est pas la première fois que j’écris sur un épisode de l’émission Thalassa, voir : Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) ; Quelques remarques sur Thalassa : escale à Tunis (émission du 16.10.2009) ; Quelques mots sur le reportage « la route australe » d’Emilio Pacull dans l’émission Thalassa du vendredi 26.11.2010

[3] Le Professeur Manfred Meurer était considéré en Allemagne comme un spécialiste des écosystèmes méditerranéens, de l’Afrique francophone et surtout de la Tunisie.

[4] Les membres du jury de ma thèse de doctorat furent entre autres les Professeurs suivant: Wolfgang Cramer, Peter Frankenberg, Reinhard Männer (Doyen), et Manfred Meurer.

[5] Jusque en mars 2005 j’étais Post-Doc en géographie à l’ Université de Mannheim.

[6] De nos jours l’Université de Karlsruhe se dénomme Institut de technologie de Karlsruhe ( KIT).

Vue de Grünstadt 02.04.2015: Vue sur le paysage urbain de Grünstadt

Confiné pendant plusieurs jours dans une chambre de l’Hôpital de Grünstadt (Kreiskrankenhaus Grünstadt) après une opération chirurgicale au genou, j’ai essayé de prendre tous les jours une photo du paysage urbain de Grünstadt depuis mon lit d’Hôpital. Tous les jours, même tous les heures des couleurs différentes, la lumière changeant dans un paysages structuré urbain, structuré par le « Westring » – l’autoroute A 6 (d’ailleurs une des plus anciennes autoroutes allemandes), les deux églises – l’église protestante de St.Martin (clocher couleur brun-rouge de grès) et l’église catholique St. Peter (clocher couleur blanc) – au fond, les vignobles de la Unterhaardt, et parfois même à l’horizon, on peut même reconnaitre les cheminées du Großkraftwerk (centrale electrique) à Mannheim-Neckarau et ainsi que la ville de Ludwigshafen avec le grand complexe industriel de la BASF. Dans cette vue du paysage urbain de Grünstadt, la vue d’ensemble est séparée par une ligne imaginaire, où on peut reconnaitre avec un peu de « Ortskenntnis » (connaissance des lieux) la ligne de chemin de fer Grünstadt – Bad Dürkheim.

Vue de Grünstadt 9 22.03.2015 17.27

Notons que la Unterhaardt, ces coteaux à caractère subméditerranéen entre Grünstadt et Bad Dürkheim, qui est un des rares paysages allemands presque entièrement dominés par le vignoble, n’a jusqu’à présent pas d’article sur la wikipedia allemande. On trouve un peu de tout sur la Wikipédia allemande, mais sur la Unterhaardt on ne trouve absolument rien, ceci me semble assez étrange[1].

En regardant les lumières et couleurs changeantes du paysage urbain de Grünstadt, je pensais aussi à Christoph Jentsch, professeur de géographie humaine, récemment décédé qui fut un de mes maitres. Je me souviens, qu’il disait – „Landschaft ist ein Bildauschnitt, ein Blickwinkel“ – le paysage est une partie d’un tableau, un angle de vue. Donc la notion de paysage est toujours liée à l’homme, à l’inverse de l’écosystème – qui existe et qui existera sans l’intervention de l’homme. Sans la vue de l’homme sur un espace – pas de Landschaft, pas de paysage, pas de landscape. Ces paroles furent, si je me souviens bien, prononcées pendant la préparation du projet de recherche « Neuscape » – « Nested ecological understanding of changing cultural landscapes”. Comme assistant de Peter Frankenberg, à la chaire de géographie physique de l’Université de Mannheim[2], je fus chargé de préparer pour Peter Frankenberg et Christoph Jentsch en collaboration avec Shivcharn S. Dhillion[3], James Aronson, François Romane, Edouard Le Floc’h et Anne Grossmann[4] une demande de financement de la Communauté européenne pour un projet de recherche sur un transecte de paysages européens allant de la Norvège à l’Espagne du Sud, incluant des paysages en Norvège, Allemagne (Palatinat et Forêt Noire), France (Midi français incluant les garrigues de Nîmes, les Costières de Nîmes, les site Cazarils du CEFE, Corbières et Cap Leucate,) – les paysages de Montado au Portugal et des paysages espagnols de l’Andalousie méridionale. Finalement le projet ne fut jamais financé par la communauté européenne, mais à titre personnel, en préparant cette demande de financement j’ai beaucoup appris sur les paysages européens et aussi sur le fonctionnement de la fameuse DG XII pendant les années Cresson. L’acronyme du projet « Neuscape » étaient d’ailleurs librement inspiré du Netscape navigator, – qui était durant les années 1990 le navigateur web dominant. Tout cela maintenant appartient à l’histoire, mais les mots du Professeur Jentsch sur la « Landschaft » me semblent inoubliables.

Donc en prenant en photo les différents couleurs des paysages urbains de Grünstadt avec mon smartphone, je pensais à ces mots que le Professeur Jentsch avait exprimés durant les années 1990 sur les paysages et Landschaften. Beaucoup de lecture aussi, durant ces jours dans mon lit d’hôpital. Je finissais les derniers chapitres du « dictionnaire amoureux du Brésil », dont j’avais déjà parle dans Bala l’homme de la forêt. Je traversais le paysages de cimetières sous-marins avec « Edgar Bentler dit Ed » entre Hiddensee, Rügen et le Danemark (l’ile de Møn) , – dernier chapitre du roman « Kruso » de Lutz Seiler, dans lequel est thématisé le destin tragique de « Republikflüchtlinge», qui essayèrent de traverser la mer baltique pour fuir la DDR et de rejoindre le Danemark à la nage, en planche à voile, etc. et dont la fuite pour la plus grande majorité trouva une fin tragique dans les fonds de la mer baltique. Le roman de Lutz Seiler qui fut récompensé par le Uwe Johnson Literaturpreis et le Deutsche Buchpreis 2014, mériterait certainement une traduction en français.

Un autre paysage que je traversais avec l’aide d’une lecture fort intéressante, fut la carte cognitive des fonds philosophiques des pensées Poutinienes, que je découvris dans le petit livre de Michel Eltchaninoff[5] qui porte le titre programmatique « Dans la tête de Vladimir Poutine ». Ayant comparé dans une petite notice de blog publié en décembre 2013, Monsieur Poutine avec Nicolas Ier de Russie, cette lecture du livre de Michel Eltchaninoff, semble confirmer mes pensées (et même au-delà) assez sceptiques envers la politique neo-imperialiste du nouveau Tsar. Le livre finit avec ces phrases remarquables « Désormais, grâce au plan le plus nationaliste et pseudoscientifique de la philosophie russe, Poutine rend à la Russie sa vocation idéologique internationale. Le conservatisme identitaire doit devenir un phare pour tous les peuples du monde.  La mobilisation conservatrice, initiée et dirigée par le Kremlin, n’a plus de frontières. L’URSS n’était pas un pays, mais un concept. Avec Poutine, la Russie est à nouveau le nom d’une idée. » Un livre intéressant, -un livre qui mériterait une traduction anglaise, allemande, – et même au-delà. En ce qui concerne une traduction allemande potentielle du livre de Michel Eltchaninoff, celle-ci devrait être lue par tous les membres du Auswärtiger Ausschuss du Bundestag. Et pour finir je commençai les premiers chapitres de « Schubert’s Winter Journey » de IAN Bostridge, livre que j’avais découvert il y a quelques semaines dans la République des Livres – grâce au billet au titre prometteur « Schubert tel que vous ne l’avez jamais lu » – ce billet, et cela mérite d’être signalé, est ,si je suis bien renseigné, un des rares billets de Pierre Assouline, qui nous présente un livre anglais dont la traduction française se fait attendre. Mais peut être le billet enthousiaste de P.A. incitera un éditeur français ou francophone de se lancer dans la traduction de l’ouvrage.

Le jour où je sortais de l’Hôpital je découvre les premiers Forsythia de Paris (Mimosa de Paris) en fleurs à Grünstadt, -et dans mon jardin je découvre les premières branches de notre Abricotier qui commence à fleurir – le printemps semble réellement s’installer dans les paysages de la Unterhaardt. Mais ce même jour je découvrais aussi à quel point la tragédie du vol vol 4U9525 Germanwings qui s’est écrasé dans le Massif des Trois-Évêchés avait traumatisé l’Allemagne. Mais ceci est une autre histoire. D’ailleurs Dirk Kurbjuweit dans le dernier Spiegel (14/2015) a écrit un commentaire intéressant sous le titre « Ohne festen Boden – Das Flugzeugunglück beendet den Mythos von deutscher Sicherheit ». Depuis quelques jours ont passé, – l’ouragan Niklas vient de traverser l’Allemagne, mais notre Abricotier en pleines fleurs maintenant a bien résisté, – le printemps est maintenant bel et bien arrivé sur les coteaux de la Unterhaardt, même si nous risquons peut être encore de voir tomber quelques flocons de neiges pendant le week-end pascal. Mon radius d’action est encore assez limité, je viens de commencer un nouveau livre … –  « le dictionnaire amoureux de l’Alsace » de Gilles Pudlowski. C’est un livre qui nous parle avec amours des paysages alsaciens, de ses villes et villages, de ses écrivains et artistes, de son art gastronomique … un livre qui mérite encore la lecture et qui mériterait aussi une traduction et adaptation allemande, même si il y déjà été édité en 2010 – je crois même qu’une édition allemande pourrait devenir un succès commercial dans le « Buchhandel » allemand. C’est aussi un livre plein de découvertes, – au moins pour moi, – et c’est ainsi que j’ai découvert le poète-écrivain-résistant Jean Paul de Dadelsen.

Dans ce livre de Gilles Pudlwoski j’ai particulièrement savouré le chapitre dédie à la ville de Wissembourg. Passer une belle journée a Wissembourg, voir ce qu’il y de nouveau dans la librairie «à livre ouvert» chez Willy Hahn, est ce que je trouverai « Goethe en Alsace » de Jean Paul de Dadelsen ? Déjeuner au Cygne – peut être une Grumbeeredetchl » au saumon fumé, chantilly au raifort et petite salade de saison – et après passer chez la pâtisserie – chocolaterie Rebert pour quelques gourmandises avant de faire une belle promenade entre Rott, Cleebourg et Drachenbronn longeant les vignes et les lisières des belles forêts des Vosges du Nord. Naturellement je rêve, – en ce moment je marche avec des béquilles, et pour le Week-end les services météorologiques allemands nous annoncent des chutes de neige même en plaine … mais le dictionnaire amoureux de l’alsace est un livre qui nous invite à rêver de ce beau paysage, ce beau jardin l’Alsace !

Photos sélectionnées du paysage urbain de Grünstadt prise depuis ma chambre d’hôpital entre le 20.3 – 26.3.2015.

Vue  sur Grünstadt, 21.03.2015  6:44

Vue  sur Grünstadt, 21.03.2015  6:48

Vue  sur Grünstadt, 21.03.2015  16:28

Vue  sur Grünstadt, 22.03.2015  8:43

Vue  sur Grünstadt, 22.03.2015  16:22

Vue  sur Grünstadt, 22.03.2015  17:27

Vue  sur Grünstadt, 23.03.2015  13:18

Vue  sur Grünstadt, 23.03.2015  16:48

Vue  sur Grünstadt, 23.03.2015  19:01

Vue  sur Grünstadt, 25.03.2015 15.37

Vue  sur Grünstadt, 26.03.2015  7:06

Photos: toutes © Christophe Neff 2015

Sources, livres etc. :

Bostridge, Ian (2015) : Schubert’s Winter Journey. Anatomy of an Obsession. London, (Faber & Faber), ISBN 978-0-571-28280-7

Eltchaninoff, Michel (2015): Dans la tête de Vladimir Poutine. Essai. Arles (Solin/Actes Sud), ISBN 978-2-330-03972-1

Lapouge, Gilles (2011):   Dictionnaire amoureux du Brésil, Paris, (Plon), ISBN 978-2-259-20925-0

Kurbujuweit, Dirk (2015): Ohne festen Boden – das Flugzeugunglück beendet den Mythos von deutscher Sicherheit. In: Der Spiegel, 14/2015, p. 14

Pudlowski, Gilles (2010): Dictionnaire amoureux de l’Alsace. Dessin d’Alain Bouldouyre. Paris, (Plon), ISBN 978-2-259-20947-2

Seiler, Lutz (2014): Kruso. Roman. Berlin (Suhrkamp Verlag Berlin), ISBN 978-3-518-42447-6

Christophe Neff, le 02.04.2015

P.S. (05.04.2015 11:00): Le billet fut publié le 02.04.2015, depuis le 04.04.2015 nous trouvons dans la Wikipédia française un article sur « Michel Eltchaninoff ».

[1] On trouve une description des paysages de la Unterhaardt sur le site Lanis (Landschaftsinformationssystems der Naturschutzverwaltung Rheinland-Pfalz) ici.

[2] L’institut de géographie de l’Université de Mannheim fut fermé du au mesure de restructuration universitaire entame pas le rectorat Arndt. Christoph Jentsch en 2009 à édite un livre sur l’histoire de la géographie à l’Université de Mannheim sous le titre: « Das Fach Geographie an der Mannheimer Hochschule 1907 bis 2006. Eine Dokumentation von Christoph Jentsch ». Dans paysages j’ai consacré en 2009 un article (en allemand) a cette documentation édité pas Christophe Jentsch sous le titre « Das Fach Geographie an der Mannheimer Hochschule ».

[3] Durant la préparation de Neuscape Shivcharn S. Dhillion était chercheur – enseignant à l’université de Oslo en Norvège.

[4] James Aronson, François Romane, Edouard Le Floc’h et Anne Grossmann étaient à cette époque membres du CNRS-CEFE à Montpellier. Dans les années le CEFE s’appelait encore Centre d’Ecologie Fonctionnelle & Evolutive, CEPE Louis Emberger en mémoire du phytogéographe Louis Emberger.

[5] En écrivant ce texte, je découvre qu’il n’existe pas d’article sur Michel Eltchaninoff dans la Wikipedia française. Dommage, – car Eltchaninoff aurait surement mérité un article dans la wikipedia.fr

Blognotiz 02.03.2015: Erste Mandelblüten in Grünstadt/premières fleurs d’amandiers à Grünstadt (zweisprachige Blognotiz/billet bilingue dt./fr.)

Erste Mandelblüten in Grünstadt/premières fleurs d’amandiers à Grünstadt 28.02.2015, © Christophe Neff 2015

Die Mandelblüte[1] im Oberrheingebiet gilt als erster Frühlingsvorbote in Südwestdeutschland. In Grünstadt, an der Sausenheimer Straße zwischen Westring und Freundchenstraße, gibt es einen Mandelbaum, der mit systematischer Regelmäßigkeit ca. zwei Wochen vor der eigentlichen Mandelblüte an der Weinstraße zu blühen beginnt. Dieses Jahr habe ich an diesem Baum so um den 20 Februar die ersten Blüten entdeckt. Inzwischen ist ein gutes Drittel des Baumes mit weißen Blüten bedeckt. Es handelt sich um ein alten, echten Mandelbaum (Prunus dulcis) der trotz seines Alters immer noch mit großer Regelmäßigkeit lange vor den anderen Mandelbäumen in der Pfalz mit seinen Blüten den Frühling einläutet. Ich schreibe echten Mandelbaum, weil es sich bei den meisten rosablühenden Sorten[2] die man in der Pfalz findet, wie z.B. die Sorte „Perle der Weinstraße“ eigentlich um Mandel-Pfirsiche (Prunus amygdalo-persica (West) Rehd.) handelt.

Soweit ich mich richtig erinnere, gab es während meiner Studienzeit in Mannheimer im Mannheimer Morgen, eine kurze Photonotiz zu Beginn der Mandelblüte in Südwestdeutschland, – sozusagen ein virtueller Photowettbewerb zwischen Bergstraße und Weinstraße, an welchem Ort die ersten Mandelbäume blühen und den Frühling einläuten. Wobei dank des Stadtklimaeffektes, die wenigen Mandelbäume die man in Mannheim oder Ludwigshafen findet oftmals früher blühen, als die Mandelbäume an Wein oder Bergstrasse. Der besagte alte Mandelbaum in Grünstadt an der Sausenheimer Strasse dürfte auf jedenfall zu den „Frühblühern“ unter Mandelbäumen Süwestdeutschlands gehören.

La floraison d’amandiers (Mandelblüte)[3] est considérée comme premier signe du début du printemps dans l’Allemagne du Sud-ouest (Südwestdeutschland). A Grünstadt, dans la Sausenheimer Straße, entre Westring et la Freundchenstraße il y a un amandier, qui commençe sa floraison systématiquement deux semaines avant la floraison des Amandiers sur la Weinstraße. Cette année j’ai découvert les premières fleurs sur cet arbre le 20 février. Il s’agit d’un vieil amandier, un vrai amandier (Prunus dulcis) qui malgré son âge avance annonce l’arrive du printemps longtemps avant les autres amandiers du Palatinat. J’écris bien vrais amandiers, car une grande partie des amandiers portant des fleurs roses en Palatinat sont des hybrides entre Amandiers & Pêches – les Mandelpfirsiche (Prunus amygdalo-persica (West) Rehd.)[4].

Si je me souviens bien, durant mes années étudiantes à Mannheim, le Mannheimer Morgen présentait toujours une petite notice photo lors du début de la floraison des amandiers dans le Sud-ouest de l’Allemagne, sorte de petit concours de photo entre la Bergstraße et la Weinstraße, – pour nous présenter les lieux du début du printemps. Mais en réalité grâce à l’ ilot de chaleur urbain, les rares amandiers se trouvant dans l’agglomération de Mannheim Ludwigshafen, fleurissent assez souvent plus tôt que les amandiers de la Wein- ou de la Bergstraße. Néanmoins le vieil amandier de la Sausenheimer Straße à Grünstadt devrait certainement être un des amandiers du Sud-ouest de l’Allemagne ou même de toute l’Allemagne fleurissant le plus tôt, annonçant l’arrivée du printemps de bonne heure.

Photo: © Christophe Neff; erste Mandelblüten in Grünstadt, Sausenheimer Strasse 28.02.2015

Christophe Neff, 02.03.2015

[1] In Paysages berichtet ich schon in folgenden Blogbeiträgen über Mandeln bzw. Mandelblüten: „Blognotice 17.3.2012“, „Blognotice 06.01.2013: sur les fleurs d’amandiers“, „Blognotice 13.04.2013 – le printemps est arrivé dans la Unterhaardt“.

[2] Einen Überblick über Mandeln in der Pfalz bietet die Seite „Heimische Eßmandeln“ der Gartenakademie Rheinland-Pfalz.

[3] Dans Paysages dans les billets suivants Amandiers et floraison d’amandiers sont déjà thématisés : „Blognotice 17.3.2012“, „Blognotice 06.01.2013: sur les fleurs d’amandiers“, „Blognotice 13.04.2013 – le printemps est arrivé dans la Unterhaardt“.

[4] Pour plus d’informations sur les variétés d’amandiers en palatinat voir la page (en allemand) „Heimische Eßmandeln“ de la Gartenakademie Rheinland-Pfalz.

Blognotice 15.02.2015: Nouvelles des terroirs & vignobles leucatois

Je l’ai découvert en feuilletant le dernier numéro de Cuisine et Vins de France (Février-Mars 2015, N. 162), sur le carnet dégustation « 12 Vins pour recevoir (p.82, 83) : un Fitou du Mas des Caprices[1] à Leucate – le « Retour aux sources 2013 » – un produit leucatois dans la sélection dégustation de CVF, cela n’arrive pas tous les jours. La CVF nous décrit ce vin par les mots suivants : « Un vin terrien, puissant, poivré et giboyeux. Cette cuvée nous ramène aux sources et nous rappelle la chaleur du soleil du Languedoc. Il nous raconte beaucoup de choses et nous laisse une impression en final. Un vin qui incite à la découverte (Cuisine et Vins de France N. 162, p. 83)». La chaleur du soleil du Languedoc, – soleil et lumière qui nous manquent tant entre les mois de novembre et mars à Grünstadt. Pendant ces jours de grisailles, de brumes rhénane, – un verre de vin apportant les lumières, les rayons du soleil des falaises de Leucate, du plateau de Leucate et de ses vignes est toujours le bienvenu!

Cette mention dans la CVF est une très belle réussite pour Mireille et Pierre Mann, – ces vignerons alsaciens qui ont choisi les terres entre mer et étangs dans le pays leucatois pour leur aventure « bio » ! Notons aussi que leur « Blanc de l’œuf », un Corbières blanc, à base de Grenaches et de Maccabeo mérite le « détour ».

Mais les Manns ne sont pas sont pas les seuls qui produisent des bonnes bouteilles qui méritent le détour. La cave coopérative de Leucate, – « les Vignerons du Cap Leucate [2]» : on les retrouve dans le dernier « bettane + dessauve » – ce qui est aussi une très belle réussite. Le Coup de cœur des dégusteurs du bettane + dessauve est le « Vin de France L 2011 » qui est décrit de manière suivante « Magnifique nez d’une complexité et d’une maturité impressionnante, arômes de café, prunes, fruits noirs confiturés, grillé, jasmin, bouche tout aussi aromatique, d’une grande fraîcheur, avec une longueur superbe et un équilibre parfait. Grande expression du Carignan (Bettane & Desseauve 2014, 552) ».

Leucate, terroir de viticulture, est aussi devenu une destination gastronomique,- pour la deuxième année consécutive, le guide Michelin (Michelin 2015) distingue deux tables leucatoises, – le 35 B situé au centre de Leucate Village à la place de la république reçoit un bib gourmand, et le Klim & Ko situé sur la falaise du Cap Leucate reçoit une étoile Michelin. Seul bémol à ajouter, le fameux point d’information sur le plateau et la falaise de Leucate, point d’information sur les sites natura 2000 sur le plateau de Leucate que la Municipalité de Leucate nous avait promis en paquet lors de l’aménagement de l’ancien site TDF en restaurant gastronomique[3], d’après mes informations n’a pas encore vu la lumière du jour. Dommage! Les magnifiques paysages des falaises auraient mérité mieux.

Néanmoins le paysage viticole de Leucate se porte bien, – les hommes et femmes travaillant leur vignes contribuent à leur manière à la richesse des paysages leucatois. Une manière de valoriser les « Services fournis par les écosystèmes », les fameux « Ecosystem services » des paysages leucatois. Sans viticulture, les paysages du leucatois risquent de perdre leur diversité, leur richesse. Une viticulture raisonnable peut même à sa manière contribuer à augmenter les biodiversités du paysage, ce qui est certainement le cas dans le pays leucatois[i].

Ouvrages cités :

Angles, Stepane (Ed.) (2014): Atlas des paysages de la vigne et de l’olivier en France méditerranéenne. Versailles (Quae), ISBN 978-2-7592-2211-7

Bettane, Michel ; Desseauve, Thierry (2014) : Guide des Vins bettane + dessauve 2015. Paris (Flammarion), ISBN 978-2-0813-4275-0

Cuisine et Vins de France, Février – Mars 2015, N. 162.

Michelin (2015) : Le guide Michelin 2015. Boulogne Billancourt

Christophe Neff, le 15.02.2015

 

[1] Le site du Mas de Caprice à Leucate se trouve ici.

[2] Le site des Vignerons du Cap Leucate se trouve ici.

[3] Voir ente autre les articles: « Blognotice 30.05.2013: le Grand Cap – on peut mieux faire! », « Blognotice 20.10.2012: les violettes du Cap Leucate n’ont pas disparu » et « Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois ».

[i] Pour une lecture plus approfondie sur la valeur de « paysages de la vigne » voir le livre « Atlas de la vigne et de l’olivier en France méditerranéenne » édité par Stéphane Angles.

Dimanche 11 Janvier 2015 – Le drapeau tricolore qui flotte devant le Mannheimer Rosengarten en hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et du supermarché casher de la porte de Vincennes

L’esplanade du Wasserturm, les jets d’eau qui ouvrent la vue vers la Augustaanlage, le Rosengarten, les Planken, – l’univers de mes années étudiantes à Mannheim, de mes années d’assistant de géographie à l’Institut de Géographie de l’Université de Mannheim[1], de Postdoc, – jamais je n’aurais cru  voir flotter le drapeau tricolore devant le Wasserturm, d’ entendre, de chanter moi- même la Marseillaise ….. 

Cela s’est produit pendant la très émouvante cérémonie en hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et du supermarché casher de la porte de Vincennes au Rosengartenplatz devant le Rosengarten, à Mannheim ce Dimanche 11 Janvier à quinze heures de l’après-midi[2]. La Manifestation fut organisée à l’initiative „Deutsch-Französische Vereinigung Rhein-Neckar“ et du „Deutsch-Französischer Kulturkreis Heidelberg“. Cette manifestation réunissait à peu près 1200 personnes d’après le Rhein-Neckar Blog. Allemands, Français, – et diverses  personnalités politiques régionales. Le président du Deutsch-Französischer Kulturkreis Michel Maugé tint un discours émouvant rappelant les trois piliers de la révolution française,  de la république française – « La France unie, unie avec tous  ceux qui croient à la Liberté, l’égalité et la Fraternité. Nous sommes Charlie! »[3] . Le Maire de Mannheim, Peter Kurz tint  aussi un discours très vibrant,  – en citant noms par noms les 17 victimes des attentats sanglants de la semaine dernière à Paris[4].  Et entre les divers discours c’est la chanteuse Barbara Zechel qui entonna la Marseillaise avec verve et émotion  – et une partie du public la suivait en chantant, – les chants et paroles révolutionnaires de la Marseillaise baignaient le Rosengartenplatz. Après quelques discours de divers hommes politiques régionaux et locaux, notons aussi la « fausse note » du conseiller municipal Thomas Trüper de la Linke, qui essaya une récupération politique assez maladroite, – récompensée par  les sifflements et des  huées du public, la cérémonie fut clôturée par un le discours de Dr. Erika Mursa, la présidente du Deutsch-Französischen Kulturkreises Heidelberg qui nous rappela la valeur des libertés de paroles, de critiques ….

La cérémonie de Mannheim, entre Rosengarten et Wasserturm fut close  par cette vielle chanson de liberté  allemande – die Gedanken sind frei – les pensées sont librées – c’est la dame au parapluie Charlie qui était à côté  de moi qui entonna la chanson, – et depuis cet endroit, cette chanson de liberté commença à résonner parmi les manifestants venus au Rosengarten de Mannheim pour soutenir la France et les Français, et les valeurs universelles de liberté.

J’étais très ému  par cette cérémonie, – de voir à quel point la ville de Mannheim, -qui m’avait accueilli pour mes années étudiantes à l’Université de Mannheim[5], mes années de jeunesse, mais aussi mes premières années de vie professionnelle comme géographe universitaire ….. adressait ce message de soutien à la France, au peuple  français, mais aussi aux valeurs universelles qui sont la Liberté, l’Egalite, et la Fraternité – pendant que la France entière se levait à Paris, en Province, et même dans mon port d’attache en France, – dans le pays Leucatois, à Port Leucate où le cortège solennel défilait depuis l’espace Henry de Monfreid jusque au Kyklos face à la mer[6] – pour cette gigantesque marche républicaine pour dire non à l’ obscurantisme, dire non à la peur, pour dire non à ces prédicateurs de la mort et de la haine!

Photos :

Tricolore devant le Wasserturm © Cornelia Langscheid  11.01.2015

Le Parapluie « Charlie » de Mannheim © Christophe Neff 11.01.2015

Pancarte avec les noms des victimes des attentats © Christophe Neff 11.01.2015

Christophe Neff,  15 Janvier 2015


[1] Pour plus de détails sur l’histoire de l’enseignement de la géographie à l’université de Mannheim, voir aussi la notice « Das Fach Geographie an der Mannheimer Hochschule ».

[2] Voir aussi l’article  « „Je suis Charlie“ eint Menschen auf dem Rosengartenplatz». (Mannheimer Morgen, Montag 12 Januar 2015,  Seite 15)

[3] Le discours integrale de  Michel Maugé se trouve dans l’artice « Über 1.200 Menschen gedenken der Terror-Opfer von Paris  „Je suis Charlie“-Kundgebung in Mannheim“ » du Rheinneckarblog.

[4]   Le discours integrale de  Peter Kurtz  incluant les noms des 17 victimes des attentats de Pairs se trouve dans l’artice « Über 1.200 Menschen gedenken der Terror-Opfer von Paris  „Je suis Charlie“-Kundgebung in Mannheim“ » du Rheinneckarblog.

[5] Sur mes années étudiantes a Mannheim voir aussi le billet «Mannemer Dreck- traumhafte Zeiten – eine autobiographische Zeitreise mit Musikbegleitung nach Mannheim » .

[6] Voir l’article „Un défilé de plus de 1000 personnes de Leucate et des villages alentours – Attentats de Paris – Leucate (11) » de la Depeche.fr.

Rétrospectives sur le blog paysages en 2014 – les billets les plus lus de paysages en 2014

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La plage de Port Leucate durant la tempête du 30.11.2014, © EMF., Neff – Migliori 2014.

Dans Rézonances, le blog du social media editor du Monde.fr nous trouvons un billet titré « Les articles les plus lus et partagés par les internautes du Monde.fr en 2014 »  – et là nous apprenons que  HEC, option proxénétisme, la critique du film La Crème de la crème, de Kim Chapiron fut en 2014 l’article le plus lu par les internautes du Monde.fr en 2014.  Pierre Barthélémy – passeur de sciences sur le Monde.fr –  nous présente un billet –   Les 10 billets de Passeur de sciences les plus lus de 2014 –  et là nous apprenons que l’article « Quel est l’animal le plus dangereux pour l’homme ? »  fut le post de blog le plus lu durant l’année 2014 du blog passeur de science – un article que j’avais d’ailleurs lu et apprécié ! Comme je m’amuse depuis le début de paysages au blogostatistiques, le dernier article détaillé traitant de blogostatistiques fut l’article « Blogpaysages – 100.000 lecteurs », ces deux article mentionnés en haut m’ont incité à écrire ce billet sur la consultation du blog paysages en 2014. Depuis l’article « Blogpaysages – 100.000 lecteurs »  beaucoup de changements dans le blog paysages,  – un des changements majeurs pour les simples bloggeurs abonnés du Monde.fr fut que depuis l’été 2013 les statistiques des blogs le Monde.fr ne fonctionne plus correctement. Donc depuis le 13. Septembre 2013 j’utilise Google Analytics pour les blogostatistiques de paysages.  Cet outil donne semble-t-il des estimations assez fiables sur le trafic d’une page web. Donc voici les dix  articles  les plus consultés sur paysages en 2014.

L’article le plus consulté en 2014 fut l’article « Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate » (9,49% des consultations sur paysages en 2014), article écrit en février 2012 et décrivant les conséquences d’un hiver exceptionnel sur le pays leucatois.

Suit en deuxième position une petite notice écrite en automne 2010 sur les conséquences d’une tempête d’automne à Port Leucate  – « Lundi 11 octobre 2010 – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate » (3,21% des consultations sur paysages en 2014).

Enfin au troisième rang un article écrit en 2014 qui décrit le drame des Chrétiens d’Orient, menacés de disparaitre d’une grande partie des terres d’Orient « Blognotice 28.07.2014: Bientôt le souvenir de l’église catholique chaldéenne et des églises syriaques (orthodoxes & catholiques)  ne sera plus qu’un souffle de vent chaud dans le désert » (1,60% des consultations sur paysages en 2014)  .  Cet article fut aussi l’article le plus sollicité par les réseaux sociaux en 2014[1].

En  quatrième position on trouve le premier article écrit en allemand « Das Biafrakind (l’enfant de Biafra) » (1,42 % des consultations sur paysages en 2014)  – article que j’avais écrit en janvier 2010 en souvenir de la capitulation de la république du Biafra – et aussi pour rappeler ce que signifia dans l’Allemagne des années 1970 le mot « Biafrakind » – un mot depuis tombé un peu à l’oubli en Allemagne.

En cinquième position suit l’article « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » (1,20 % des consultations sur paysages en 2014)    , article écrit en 2009 qui nous rappelle  Incendie de la forêt des Landes de 1949. Cet article est l’article le plus consulté depuis la création du blog paysages en 2009[2]. Mais sa première place semble de plus en plus lui être contestéepar l’article « Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate ».

En  sixième position on trouve le billet « Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate » (1,09 % des consultations sur paysages en 2014).

En  septième position on trouve la notice «   Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien » (1,02 % des consultations sur paysages en 2014) sur le cri d’angoisse de Vian Dakhil face aux massacre commis par l’Etat Islamique envers les minorités Yazidis, Turk et Chrétiennes en Irak.

En huitième position encore un article leucatois avec « La gare de Leucate – La Franqui – rétrospectives & observations de « trainspotter » dans une petite gare de campagne (25.10.2009) » (1,02 % des consultations sur paysages en 2014, donc en chiffre relatif le même score que « Yazidis d’Irak – le cri d’angoisse d’une députée du parlement irakien » mais en chiffres absolus une consultation de moins que l’article sur Vian Dakhil ).

En neuvième position l’article « Blognotice 10.12.2014: L’éruption du Pico do Fogo du 23.11.2014 – l’éruption oubliée …. » (0,99 % des consultations sur paysages en 2014).

Enfin en dixième position encore un article sur le pays leucatois « Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois » (0,97 % des consultations sur paysages en 2014).

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Donc au fil des années le blog paysages est aussi devenue un blog sur Leucate et le pays leucatois. Notons aussi que le pic des 500 consultations (en effet 481 consultations) le dimanche 30 novembre 2014 est dû aux consultations des articles « Lundi 11 octobre 2010 – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate »  et  « Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate »  – chaque fois qu’une tempête sévit sur les rivages leucatois – ces deux articles subissent un pic de consultations. Je ne peux que répéter ce que j’ai déjà écrit dans plusieurs billets dans paysages[3], – le jour viendra où une partie de la commune de Leucate, que ce soit la Franqui, Leucate-Plage ou Port Leucate sera gravement endommagée par un coup de mer,   – les risques des aléas de submersions marines à Leucate sont assez bien connus[4] – mais au niveau de la prévention de tels aléas c’est plutôt sombre. Parfois j’ai l’impression que les responsables politiques, – quel  que soit le niveau hiérarchique politique  (Commune, Département, Région etc.) – ont plutôt tendances à fermer les yeux !

Finissons par le billet–  « Grândola, Vila Morena » – il reste un petite trace sur mon compte google + qui débute avec les paroles « Il y quarante ans, le 25.04.1974 quelques minutes après minuit Grândola, Vila Morena fut diffusée à la radio portugaise Radio Renascença – et ainsi commença la Révolution des Œillets » –  que reste-  il des rêves des « Capitães de Abril »,  de  Salgueiro Maia après 40 ans de Révolution des Œillets[5].

Mais je ne l’ai pas écrit ce billet, – cet année 2014 fut une année assez difficile pour moi, – deux accidents de travail, un accident privé, interventions chirurgicales, maladies réplétives etc.  – une grande partie de mes billets fut écrite en lit de malade (Krankenbett) – espérons que l’année 2015 se présente sous de meilleures augures – donc cette année fut aussi une année de lectures à partir du « Krankenbett » – peut-être parlerai-je plus tard de quelques-uns de ces livres dans un de mes futurs billets, –  je reviens simplement au billet « Bala l’homme de la forêt »  –  ce beau chapitre du merveilleux livre sur le Brésil de Gilles Lapouge  ce « Dictionnaire amoureux du Brésil » qui invite à voyager à travers ce mystérieux Brésil  – où j’ai trouvé cette belle phrase « Je peux rester des heures là, le soir, à écouter, à sentir le vent, il coule dans forêt, le vent » pleine de poésie et de vie.

Pour finir, – et ne pas oublier – en Mai 2014 j’avais participé à la campagne « #RamenezNosFilles #BringBackOurGirls » – avec une petite notice « Blognotice 11.05.2014: #RamenezNosFilles #BringBackOurGirls[6] [7]» – aujourd’hui en Janvier 2015, donc plus de 6 mois après,  une grande partie des lycéennes de Chibok se trouvent encore dans les mains de leurs ravisseurs – comme une grande partie des femmes & jeunes filles Yazidis, réduites à l’esclavage sexuel par Daech – dans ce contexte – on ne peut que recommander  la lecture de article « Les noces barbares de Daech » de Annick Cojean. Malheureusement cet article est réservé aux abonnés du Monde[8],-il devrait trouver une large distribution, – même au-delà du Monde francophone, – je pense même après près de trois semaines après sa publication cet article mériterait une traduction en Anglais. Dommage que le Monde n’ait pas fait l’effort – de rendre l’accès libre à l’article « Les noces barbares de Daech » et de le traduire en anglais. Rappelons qu’en Mai 2013 le Monde avait une fois fait l’effort de traduire un article en Anglais – ce fut l’article « Chemical warfare in Syria  (l’original français portait le titre Guerre chimique en Syrie – Sur le front de Damas 1/5) » – mais ce fut une première sans suite, – malheureusement! Dommage que Natalie Nougayrède n’a pas réussi à établir une version anglophone du Monde – comme le fait par exemple le SPON pour une sélection d’articles qui sont régulièrement traduits en anglais dans la partie « Spiegel-online international ».

Et pour vraiment clore ce billet, – comme parfois j’aime aussi illustrer mes notices avec des photos, avec mes photographies –  le Z 27861-62 (Sncf) AGC en Gare de Leucate (voir ici)et ces vestiges de la gare de Gallician (voir ici) – sont parmi ses photos de 2014 publiées dans paysages auxquelles je me sens particulièrement attachées. Et dans ce billet j’utilise comme photo en première – un vue de plage de Port Leucate – photo prise par la famille leucatoise – le week- end de tempête du 28.-30.11.2014 – week- end que j’avais du passé à l’hôpital de Grünstadt.

Livre cité :

Gilles Lapouge « Dictionnaire amoureux du Brésil », (page 76 + page 78), Paris 2011, (Plon), ISBN 978-2-259-20925-0

Photo: La plage de Port Leucate durant la tempête du 30.11.2014,   ©  EMF.  Neff- Migliori 2014.

Christophe Neff, écrit le 04.01.2015 publie le 05.01.2015


[4] Voir entre autre cette carte consultable sous « http://www.aude.gouv.fr/cartes-d-aleas-a7009.html »

[5] Du Portugal et de la langue portugaise j’en parle déjà dans mon premier billet, voir ici !

Blognotice 10.12.2014: L’éruption du Pico do Fogo du 23.11.2014 – l’éruption oublie ….

Le volcan Pico do Fogo (Cap Vert) est entré en éruption depuis quelques semaines[1]. Le Pico do Fogo est un stratovolcan situé sur l’île de Fogo . Le Pico de Fogo est aussi le  point culminant du Cap Vert avec 2 829 mètres d’altitude. Cette éruption qui débuta le 23.11.2014 – est un peu oubliée par les medias internationaux et donc par une grande partie du monde.

L’évènement se situant  sur une ile perdue dans l’océan atlantique, appartenant au monde lusophone, cette éruption n’a guère intéressé les medias internationaux. Comme la République de Cabo Verde fait aussi partie de la « Francophonie », ici et là quelques rares medias francophones ont  parlé de l’évènement[2]. En Allemagne les nouvelles sur l’éruption de « Homi Grande (L’homme Grand)[3] » comme on dénomme aussi le volcan sont arrivées le 9.12.2014 avec un article du SPON « Kapverdische Inseln: Lavamassen löschen Dörfer aus (Illes du Cap Vert – les masses de Lava ont detruisent deux villages) », donc avec deux semaines de retard.

Pour les vulcanologues c’est un évènement spectaculaire, – donc l’analyse peut agrandir notre savoir sur le volcanisme. Pour les amateurs de  volcanisme ce sont des frissons et des belles photos et vidéos[4]. Pour l’écologie terrestre un site extraordinaire pour observer la reconquête et  la dynamique végétale après une éruption volcanique. Mais pour les habitants c’est tout simplement une catastrophe. Même si jusqu’ à présent il n’y a eu aucun mort à déplorer, – pour les habitants des villages de la  Chã das Caldeiras c’est tout simplement une catastrophe. Il suffit de regarder les différentes vidéos de la télévision Capverdienne et Portugaise[5].

Visionnant ces  différentes vidéos, j’ai beaucoup du pense à Capelo sur l’ile de Faial, totalement ensevelit par l’éruption du Capelinhos en 1957/58. D’abord à mes propres travaux sur la reconquête végétale après l’éruption du Capelinhos, – travaux et documents qui attendent depuis 2008 leur rédaction et publication. Mes deux publications sur les Azores, ne parlent que très brièvement de la reconquête végétale sur le site du Capelinhos à Capelo[6]. Peut-être le jour viendra où je pourrai enfin publier les résultats de ces analyses sur la dynamique végétale à Capelo.

Mais en visionnant ces images de désolation, les larmes des habitants de Portela qui ont tout perdu, j’ai surtout pensé au  Pastore-Kennedy Act de 1958 – acte aussi dénommé Azorean Refugee Act of 1958 – cet acte qui ouvre les portes des Etats Unis pour les refugiés de l’éruption du Capelinhos de Capello, de Praia do Norte,  Norte Pequeno, etc. sur l’ile de Faial. Les initiateurs de ce acte furent le sénateur démocrate John O. Pastore de Rhode Island, et le sénateur démocrate John F. Kennedy du Massachusetts.

Les iles du Cap Vert font bien partie de la francophonie – et en visionnant les images parvenant de la  Chã das Caldeiras, –  je me suis demandé où sont les hommes et femmes politiques francophones (française, suisses, belges, québécoise etc.) qui pourraient être le fer de lance t’une telle initiative courageuse – comme le fut John Pastore ou John F. Kennedy en 1958. C’est en France que débuta la véritable carrière internationale de Cesária Evora, – pourquoi la France ne prendrait pas le devant d’une telle initiative. Le Portugal, l’ancien pays colonisateur, – pays qui souffre encore  énormément des suites de la crise financière,  – un pays où la pauvreté fait rage –  fait ce qu’il peut – a  envoyé la Frégate Álvares Cabral – pour une première aide – sur place.  Mais la France a sûrement les moyens de faire plus que le Portugal.

Peut-être les hommes et femmes politiques avec le courage d’un John O Pastore ou John F. Kennedy en France sont devenus rares. Et en plus on a tellement peur du FN en France.

Quelle personnalité politique en France de nos jours aurait le courage d’ouvrir la porte d’entrée pour les refugiés de l’éruption du Pico do Fogo, – des villages de la Chã das Caldeiras. Le petit village de de Portela a quasiment disparu sous la rivière de lave  en provenance de la « bouche » de  l’Homme grand. Et l’éruption continue de sévir, d’après les dernières publications du Publico, l’éruption est même en train de se renforcer!

Je finis ce petit billet avec une pensée pour Orlando Ribeiro, grand maitre de la géographie portugaise. Le livre « A Ilha do Fogo e as suas erupções[7] (l’ile de Fogo et ses éruptions)» fut un de ses chefs-d’œuvre. Le quotidien Público le rappelle bien dans sa couverture de l’éruption du Pico du Fogo, en honneur de Orlando Ribeiro un des cônes du Pico du Fogo s’appelle Monte Orlando!

Christophe Neff, 10.12.2014


[1] Le billet est une version élaborée de la notice bilingue (fr/en)  « Le volcan Pico do Fogo (Cap Vert) est entrée en éruption depuis quelques semaines » sur mon site Google+.

[6] Mes deux publications traitant des Acores sont „ Neff, C. (2002): Quelques observations géographiques et botaniques sur Fajã Grande (Flores/Açores/Portugal) – notice d’un voyage d’études aux Açores (Flores/Faial) pendant l’été 2001. Geoöko 23(4), S. 279–288. » et   Neff, C. (2004): Azoren: Blumeninseln im Atlantik. Geographische Rundschau 57(9), S. 24–28.

[7] Orlando Ribeiro „A Ilha do Fogo e as suas erupções”. 12ª ed. – Lisboa : Junta de Investigações do Ultramar, 1960. – 319 p. : 61 est. – Memórias / Junta de Investigações do Ultramar.Série Geográfica.

Blognotice 07.12.2014: Dagmar Gilcher – à nouveau sur les traces de Johnny/ Dagmar Gilcher – wieder auf den Spuren von Johnny

Scan rester vivant IMG-b-3 (2)Le matin du mercredi 3. Décembre 2014, jour où Grünstadt se réveillait couvert par un  léger manteau de neige, je découvris dans la Rheinpfalz, – un petit article de Dagmar Gilcher « 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig ( 50 lignes de chanson – la légende et les légendes – en très bonne santé (trad. C. Neff)).  Eh bien, oui dans ce petit article, Dagmar Gilcher, une fois de plus se balade sur les traces de Johnny Hallyday[1], – elle nous parle de son nouvel album « rester vivant » – elle nous raconte le succès du show commun avec Eddy Mittchell et Jacques Dutronc « vieilles canailles ». Concernant le nouvel album « rester vivant » –  Dagmar Gilcher écrit « Auf dem neuen Album rockt er fast besser als jemals zuvor, mit der altbekannten Mischung aus Blues und Country …. (Sur le nouvel album il rocke  presque mieux que jamais avant, avec le mix bien connu de Blues et Country (trad. C. Neff). Dagmar Gilcher  semble manifestement bien aimer la musique de Johnny, et ainsi tient les fans  de Johnny qui se trouvent dans la zone de diffusion de la Rheinpfalz au courant des exploits artistiques de Johnny. Mais dans son joli petit article sur Johnny elle a quand même oublié une information essentielle – dans le cadre de la tournée « rester vivant » – Johnny donne un concert à Strasbourg, –  le vendredi 3. Novembre 2015 au Zénith Europe de Strasbourg. Cette information pourrait certainement intéresser les lecteurs (fans de Johnny) de la Rheinpfalz car Strasbourg ne se situe pas trop loin de l’aire de couverture de la Rheinpfalz. C’est pour cette raison, – que j’écris cet article dans une version bilingue  (française-allemande).

Et l’auteur de ces  lignes trouve que « rester vivant [2]» c’est un bel album, – très belles paroles, bon rythme. Peut-être que j’essaierai d’assister à un des concerts de la tournée, – peut être Strasbourg – mais disons que pour des raisons « biographiques » – j’aimerais voir Monsieur Smet aux arènes de Nîmes le jeudi 02.2015. Mais je sais bien, que pour de raisons professionnelles, ce sera quasiment impossible de partir à Nîmes, en pleine semaine. Mais il reste le concert de Strasbourg en Novembre,- cela me semble plutôt être réalisable.

Scan rester vivant IMG-b-3 (3)Am Morgen des Mittwoch 3. Dezembers 2014, als Grünstadt vom ersten Schnee bedeckt erwachte, entdeckte ich in der Rheinpfalz, einen kleinen Artikel von Dagmar Gilcher mit dem Titel „« 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig“. Hier spaziert also Dagmar Gilcher wieder auf den Spuren von Johnny Hallyday[3]. Sie erzählt uns von seinem neuem Album „rester vivant“, vom Erfolg der gemeinsam mit Eddy Mitchell und Jacques Dutronc gestalteten show „vieilles canailles (dt. = alte Knacker)“. Über das neue Album von Johnny schreibt sie u.a. folgendes „Auf dem neuen Album rockt er fast besser als jemals zuvor, mit der altbekannten Mischung aus Blues und Country (Gilcher 2014)“. Offensichtlich scheint Dagmar Gilcher die Musik von Johnny zu mögen, -und so hält sie die Leser (und Fans) von Johnny die sich im Verbreitungsgebiet der Rheinpfalz befinden über die künstlerische Entwicklung Johnny Hallydays auf dem Laufenden.  Doch in ihrem netten kleinen Artikel über Johnny Hallyday hat Frau Gilcher eine wesentliche Information vergessen, nämlich, dass Johnny im Rahmen seiner Tournee „rester vivant“ auch ein Konzert in Strasbourg veranstaltet, – und zwar am Freitag den 3. November im Zénith  Europe. Diese Information könnte Rheinpfalzleser durchaus interessieren, da sich ja Strasbourg nicht allzu weit vom Verbreitungsgebiet der Rheinpfalz befindet. Das ist auch der Grund weshalb ich diesen Artikel in einer bilingualen Version (französisch-deutsch)verfasst habe.

Und der Verfasser  dieser Zeilen, – ja der Verfasser dieser Zeilen findet, dass das Album „rester vivant (dt. = am Leben bleiben bzw. weiterleben)[4] ein durchaus gelungenes Album ist, schöne Texte und Worte, guter Rhythmus. Vielleicht werde ich versuchen ich eines der Konzerte der Tourne zu besuchen, vielleicht in Strasbourg. Aber soweit möglich, sozusagen aus biographischen Gründen, würde ich gern Monsieur Smet in der Arena von Nîmes am Donnerstag den 2 Juli 2015 sehen. Aber das wird sich u.a. auch aus beruflichen Gründen kaum realisieren lassen, –  bleibt also noch der Novemberauftritt in Strasbourg.

Sources/Quellen:

Gilcher, Dagmar (2014): 50 Zeilen Chanson – die Legende(n) quicklebendig. In: Die Rheinpfalz, Nr. 280 Mittwoch, 3. Dezember 2014 (Kultur)

Scans de la couverture de l‘ album rester vivant.

Christophe Neff, le 07.12.2014

 


[1] Voir le billet  «Johnny vu par Dagmar Gilcher»

[2] Une tres belle critique de l’album se trouve dans le monde.fr « Johnny Hallyday, pris en flagrante envie » malheuresement ce texte est reserve aux abonnées du Monde.fr.

[3] Siehe u.a.  den Post «Johnny vu par Dagmar Gilcher (in frz.)», oder auch Gilcher, Dagmar (2013): Immer noch da – Frankreichs Rock Idol Johnny Hallyday wird 70 – ein (fast) unerklärbares Phänomen. In: Die Rheinpfalz, Nr. 136, – Ihr Wochenende – Balkon: Über Grenzen. Samstag 15. Juni 2013

[4]   Eine sehr schöne Kritik des Albums befindet sich auf lemonde.fr  unter dem Titel« Johnny Hallyday, pris en flagrante envie ». Leider ist der gesamte Text nur den Abonnenten von le  Monde.fr. vorbehalten.