Blognotice 1.7.2011 – l‘Allemagne vote le „Ausstieg“

Le jeudi 30 Juin 2011 fut une véritable journée historique en Allemagne. Le Bundestag vota « le Ausstieg » la sortie du nucléaire. 513 parlementaires de la CDU, de la FDP, de la SPD et des verts ont voté pour le Ausstieg, – 79 parlementaires – surtout issus de la Linke ont voté contre – et 8 parlementaires se sont abstenus.  Le chef de file de l’opposition social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, en salue ce jour „historique“, tout en égratignant le gouvernement d’Angela Merkel : „Nous soutenons cette décision par conviction, vous seulement par opportunisme » a bien raison, car il faut le rappeler qu’il y a à peine quelques mois le gouverment Merkel  avait aboli la sortie du nucléaire (Ausstieg aus dem Ausstieg) voté par le premier Gouvernement Schröder en 2002.  La sortie du nucléaire allemand, le virage à 90% du gouvernement  Merkel,  c’était déjà prévisible quelques jours après la catastrophe de Fukushima, je l’avais déjà écrit dans la Blognotice du 14.3.2011. La sortie du nucléaire de l’Allemagne comme le premier Ministerpräsident vert Winfried Kretschmann en Bade-Würtemberg sont en première ligne dûs aux retombées politiques de la catastrophe de Fukushima en Allemagne.  Cette catastrophe a provoqué un véritable raz-marée politique en Allemagne, car les images venant du Japon meurtri ont touché profondément l’Allemagne.  L’ ampleur de cette blessure qu’une grande partie de l’Allemagne a ressentie  en voyant les conséquences du tsunami meurtrier au Japon est à l’origine du petit livret de Daniel de Roulet « Tu n’as rien vu à Fukushima » (voir le petit résumé dans le Blog de TKT et la critique détaillée de Pierre Assouline « Fukushima mon amour »)  qui vient d’être traduit en Allemand (traduction: Maria Hoffmann-Dartevelle) sous le titre « Fukushima mon amour. Brief an eine japanische Freundin  » (ce qui est la traduction littérale du titre de la critique du livre dans la république de livres.), quelques semaines après sa parution en France. Qu’un livre français soit aussi rapidement traduit en Allemand après sa première parution n’est vraiment pas coutume – si je ne me trompe , « indignez vous » de Stéphane Hessel ne fut pas traduit en allemand dans le même délai court que « Tu n’as rien vu à Fukushima ».  Le Fallout politique de la catastrophe nucléaire de Fukushima a profondément bouleversé, touché l’Allemagne, est -ce pour cela que le Bundestag a voté la sortie du nucléaire le jeudi 30 juin2011. Apparemment ce « fallout politique » de la catastrophe de Fukushima s’est arrêté juste au-dessus du Rhin, – comme jadis durant l’accident de Tchernobyl il y a juste 25 ans – car un veritable débat politique sur la sortie du nucléaire de la France  ne semble pas être à l’ordre du jour en France.

Livres cités

De Roulet, Daniel (2011): Fukushima mon amour. Brief an eine japanische Freundin. Hoffmann und Campe, Hamburg, ISBN 978-3-455-40352-7 (Übersetzung: Hoffmann-Dartevelle, Maria)

De Roulet, Daniel (2011): Tu n’as rien vu à Fukushima. Paris. Buchet & Castell. ISBN 978-2-283-02528-4

Christophe Neff, Grünstadt le 1.7.2011

BB 67422 traçant le TER 830734 entre Mothern et Lauterbourg

BB 67422 vor TER 830734 zwischen Mothern und Lauterbourg 27.5.2011
BB 67422 entre Mothern et Lauterbourg traçant le TER 830734 vers le terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Ciel orageux en Outre – Forêt sur la ligne Strasbourg – Lauterbourg, – photo prise le vendredi 27.5.2011 en revenant d’une sortie dans le delta de la Sauer à  Munchhausen. En prenant diverses photos (en numérique et en diapositive) du TER 830734, – je me demandais, quand on verra de nouveau des trains de voyageurs directs entre Strasbourg et Woerth en Allemagne. Il y a à peu près 40 ans il y avait un express reliant Ludwigshafen via Spire, Woerth, Lauterbourg à Strasbourg, qui permettait aux familles des soldats français en garnison au Palatinat de passer la journée à Strasbourg et de rentrer le soir au Palatinat. Le nouveau gouvernement rouge-vert de Rheinland-Pfalz nous annonce dans le Koalitionsvertrag que la Bienwaldautobahn (Hagenbachvariante) ne sera définitivement pas construite (« B 9 – Bienwaldautobahn: Die beim Bund zur Linienbestimmung eingereichte Hagenbachvariante wird nicht weiter verfolgt. An der bestehenden B 9 zwischen Scheibenhard und der A 65 erfolgen lediglich Maßnahmen zur Verbesserung der Verkehrssicherheit.“ Source : Koalitionsvertrag Rheinlandpfalz 2011-2026 – den sozial-ökologischen Wandel gestalten, p. 64 ), – mais en contrepartie rien n’est dit sur la revalorisation des liaisons ferroviaires entre le Palatinat et l’Alsace.  Même si normalement je suis contre le bétonnage du paysage par des autoroutes, voies rapides etc.,  je pense que le Lückenschluß à travers le Bienwald entre Kandel et l’autoroute Lauterbourg – Strasbourg est vraiment nécessaire, car emprunter la Bundesstraße B. 9 entre Kandel et Lauterbourg en voiture particulière devient de plus en plus dangereux vu le flot incessant de camions empruntant cette route frontalière. Une vraie politique de transport « durable » aurait enfin tenté de construire ce raccord entre l’autoroute allemande et française, car la situation est vraiment intenable, et aurait surtout investi massivement dans la relation ferroviaire Woerth-Lauterbourg-Strasbourg. Dans un premier temps construction d’une deuxième voie entre Lauterbourg et Woerth, – et à moyenne échéance électrification de cette relation ferroviaire transfrontalière. La ligne de Chemins de Fer entre Karlsruhe et Bâle, la fameuse Rheintalbahn est complètement saturée, et même si cette ligne sera partiellement dédoublée par la Neu- und Ausbaustrecke Karlsruhe–Basel, – les forts problèmes de capacité sur cette magistrale ligne ferroviaire ne vont pas disparaitre.

Rücklichter TER 830734 zw. Mothern und Lauterbourg 27.5.2011
Les lanternes rouges du TER 839734 arrivant dans quelques minutes au terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Si on veut vraiment limiter les flots de camions entre Kandel, Lauterbourg et Strasbourg , il faut massivement investir dans la ligne de chemins de fer Strasbourg-Lauterbourg-Woerth, pour mettre à disposition cette ligne sous-utilisée, où actuellement quelques TER entre Strasbourg et Lauterbourg et quelques rare trains de marchandise circulent, pour un transport européen écologique et durable. Malheureusement nous ne trouvons pas un mot sur l’amélioration du trafic ferroviaire transfrontalier dans le Koaltionsvertrag du Cabinet Beck V. A priori si les données ne changent pas , les lignes de chemins de fer Strasbourg-Lauterbourg et Lauterbourg – Woerth resteront les lanternes rouges du trafic ferroviaires européen. Dommage que le nouveau gouvernement rouge vert de Rheinland-Pfalz n’ait pas saisi l’occasion de s’engager pour un véritable changement dans les transports transfrontaliers.

Photos:

BB 67422 entre Mothern et Lauterbourg traçant le TER 830734 vers le terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Les lanternes rouges du TER 839734 arrivant dans quelques minutes au terminus de Lauterbourg. © C. Neff 27.5.2011

Christophe Neff, Grünstadt le 30.5.2011

Vue de Grünstadt : – la saison des feux de forêts 2011 vient de commencer

Apparemment la saison 2011 des feux de forêts dans l’Europe francophone vient de commencer. (En 2010 cela débuta avec un feu de forêt dans les Landes à Garrosse). Durant l’après- midi du lundi de pâques (25.4.2011) un incendie s’est déclaré dans la réserve de Hautes Fanges en Belgique. On estime qu‘ à peu près 2400 ha de landes & tourbières ont été victimes des flammes. Cet incendie a aussi eu un effet médiatique en Allemagne – la Rheinpfalz (2011)lui a consacré une demie page – et même la Zeit-online y a contribué avec un article. C’est ainsi que j’appris que l’expression française de « Hohe Venn  (allemand)» était les Hautes Fanges – ou Fanges tout simplement. J’ai fait une petite recherche Google, – mais apparemment dans la presse française on ne trouve pas grand-chose sur cet incendie assez considérable pour la Moyenne-Europe (Mitteleuropa). Comme je l’ai déjà écrit dans un de mes premiers billets de blog, – si les scénarios des modèles climatiques s‘ avéraient corrects nous pourrions nous attendre à une plus forte probabilité de risques de feux de forêts aussi bien dans les midi français, la péninsule ibérique  que dans la Moyenne Europe, Grand Est de la France, Belgique, Allemagne, Suisse et Autriche. En plus, même sans changements climatiques  la moyenne Europe connait ses feux de forêts,  même si la mémoire collective les a plus ou moins oubliés. Le plus spectaculaire fut certainement le grand feu de la Lüneburger Heide durant l’été 1975  mais qui a disparu de la mémoire collective allemande , le seul souvenir en est la couverture du Spiegel « Das große Feuer – wer hat versagt ? (le grand feu – qui est responsable ?)». Lors d’un exposé sur les risques de feux de forêts pour le commandant de sapeurs – pompiers du Landkreis Rottweil, j’avais rappelé aux responsables  des sapeurs – pompiers que même la Forêt Noire et les Vosges avaient leur histoire de feu, qu’on a peut être un peu oubliée ; mais il suffirait juste d’une période de sécheresse un peu plus prononcée pour que l’historique des feux en forêts se réveille. Et comme ce fut durant l’incendie de Fanges cette semaine en Belgique – ou a Leuk-Albinen en août 2003, se serait certainement un réveil assez dur.

Sources citées :

Der Spiegel (1975): Das große Feuer, wer hat versagt ? Nr. 34, 18 August 1975.

Die Rheinpfalz (2011) : Brand wütet im deutsch-belgischen Naturpark. Die Rheinpfalz Nr. 97, Zeitgeschehen, Mittwoch 27. April 2011.

Die Zeit-Online (2011) : Hochmoor – Großfeuer im Naturschutzgebiet Hohes Venn. Ein Feuer hat ein Fünftel des geschützten deutsch-belgischen Hochmoors Hohes Venn zerstört. Die Brandursache ist noch unklar. Zeit-online. 26.4.2011 15:07.

Neff., C.: Waldbrände in Mitteleuropa Bestandsaufnahme und Zukunftsszenarien. Was kommt auf die Feuerwehren im Landkreis Rottweil zu? Vortrag beim Kreisfeuerwehrverband Rottweil/Kommandantentagung 10.11.2010 Rottweil.

Christophe Neff, Grünstadt le 29.4.2011

Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr (24.4.2011)

En écrivant mon dernier billet je me rendais compte qu’en fait il y n’avait pas d’article dans la Wikipedia.fr sur les cloches de Pâques. Il y a une petite ébauche sur le film de Louis Feuillade éponyme, mais pas d’article sur les cloches de Pâques. Dans l’article Pâques on trouve dans le chapitre « Fêtes et traditions populaires » les phrases suivantes (dernière consultation 24.4.2011 21:15): « En Belgique et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques. Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu’elles sont parties pour Rome, et qu’elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu’elles sèment à leur passage. En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l’occasion de partager un gigot d’agneau rôti accompagné de flageolets ». Ce n’est pas grand-chose, aucune source indiquée et en plus, concernant le repas de Pâques en Allemagne, c’est faux,  le gigot d’agneau pour le repas de Pâques n’est pas une tradition allemande,  peut être est-ce en train de le devenir sous l’impulsion de « live-style » magazine, mais ce que les auteurs de wikipedia – en fait l’auteur Gwalarn le 27.3.2005  à 19 :10  révèlent, relève en ce qui concerne l’Allemagne de la pure fiction. Donc ce qu’on trouve dans la wikipedia sur les cloches de Pâques est bien maigre ! C’est un peu dommage, car personnellement je crois qu’autrefois il y avait en effet un vrai fossé culturel – une sorte de röschti-graben qui séparait la culture francophone (catholique) – celle des cloches de Pâques – et allemande (protestante) celle du lièvre de Pâques – le fameux Osterhase. Déjà comme petit gamin durant les week-ends pascaux à Eckbolsheim, je m’apercevais de cette différence fondamentale entre l’Allemagne et la France. En fait, qu’on parlait français à Strasbourg, – grandissant dans un ménage bilingue cela ne m’a pas étonné, en plus le dialecte alsacien qu’on entendait ici et la dans la rue ne m’était pas étranger, car le Schramberger Schwäbisch est linguistiquement relativement proche du dialecte alsacien comme on le pratique à Strasbourg et dans une partie du Bas – Rhin. C’est la tradition des cloches de Pâques qui n’existait pas en Allemagne, qui m’a fait ressentir comme gamin de 4 ou 5 ans que Strasbourg et la France étaient donc un autre univers, l’univers où les œufs de pâques étaient rapportés par les cloches. En plus pour mes copains du Kindergarten St. Maria au Sulgen, – aussi bien qu’à la Grundschule Sulgen – la tradition de cloches était totalement inconnue. C’est Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach qui a très bien décrit ce phénomène de frontière culturelle entre cloches de pâques et lièvre de pâques que j’ai moi-même connu comme gamin. « Le lièvre de Pâques, c’est comme la cigogne et Saint Nicolas, mes copains francs-comtois ne le connaissent pas, ils disent que les œufs sont apportes par les cloches, ce qui est difficile ä croire – comment feraient les cloches pour les retenir sous leur jupe et comment feraient les œufs pour ne pas se casser en tombant ? En Alsace, on est quand même plus sérieux, le jour de Pâques, après la grand-messe, mes Cousins, mon petit frère et moi, nous faisions chacun notre nid de paille dans le verger de grand-mère, puis nous passions à table en attendant que le lièvre distribue les trésors de sa hotte. » et quelques phrases plus tard « Nous courions vers les nids, ils étaient pleins d’œufs, de poissons, de lapins et de cocottes en sucre, en frangipane, en chocolat, il y avait aussi un agneau pascal en génoise et de véritables œufs durs qu’en temps ordinaire nous aurions dédaignés mais que nous engloutissions jusqu’ä l’étouffement parce qu’ils étaient peints en rouge ou en bleu » (Egen, Jean 1992, p.142-143). Chez mes grands-parents à Eckbolsheim, cela se passait semblablement, – sauf à un détail près, très important, – ma grand mère de souche lorraine, – qui avait déjà intégré avec grande habileté toutes ces pâtes italiennes (capeletti , gniocchi, etc. etc.) (dans ce contexte voir ici et ici) dans son ménage,  et ces pâtes- la elle les faisait encore elle-même jusque à la fin des années 1990, – elle intégra les lièvres de pâques alemano-alsaciens dans les cloches franco – françaises. Naturellement c’était les cloches qui nous rapportaient les lièvres rouges en sucre que nos parents transportaient depuis Schramberg pour approvisionner les cloches d’Eckbolsheim. Les cloches qui lâchaient toutes ces friandises dans le grand jardin de la maison familiale rue des pommes à Eckbolsheim, sous le grand cerisier, sous les buissons de groseilliers – et il y en avait des groseilliers – des noirs (cassis), des rouges, et même des Groseilliers à maquereau.

Au début des années 1970 mes grand – parents déménagèrent vers le Midi français, – un pays où le lièvre de pâques était un vrai inconnu,  sauf naturellement dans notre famille où les cloches franco-allemandes avaient toujours un « Osterhase » dans leurs bagages, que se soit à Aubord ou à Port Leucate. Si je me souviens bien, je crois avoir aperçu les premiers lièvres de pâques en chocolat dans le midi, au début des années 1980 – juste quelque temps avant l’élection de François Mitterrand, chez quelques pâtissiers-confiseurs. C’était pour ainsi dire un des avant-signes de la mondialisation. Entre-temps le « Osterhase » allemand devenait un article de la consommation de masse , le lièvre de pâques en chocolat qu’on trouve en Allemagne de nos jours dès début février dans les Supermarchés a presque failli faire disparaitre les rote Zuckerhasen de mon enfance. C’est devenu tellement rare que les rares pâtissiers-confiseurs qui prennent encore le temps de faire des rote Zuckerhasen, sont présenté dans des articles de presse (p.Ex. ici) – les rote Zuckerhasen autrefois une spécialité de l’Allemagne du Sud-  sont de nos jours une espèce en voie de disparition.

Dans notre monde mondialisé  où les coutumes disparaissent ou se transforment en mode de consommation de masse,  l’histoire du père noël en chocolat qui finit en lièvre de chocolat et qui est présent dans les étalages de supermarchés allemands de début Septembre jusque début mai est un triste exemple, il est clair que les différences culturelles, ce röschti-graben culturel entre le monde germanophone et francophone que j’ai moi-même encore connu entre le Osterhase et les cloches et qui est si bien décrit par Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach se rétrécit de plus en plus.

Je pense quand même que les cloches de pâques mériteraient un bon article dans la wiki.fr. – si même le lièvre de pâques en a un (même si l’article se dénomme lapin de pâques – ce qui est historiquement faux – car c’est  bien le lièvre de pâques qui fut le premier à s’établir dans le vocabulaire, puisque c’est bien la traduction littérale du terme Osterhase  et  par la porte de l’Alsace le lièvre de pâques débarquait donc dans la langue française); mais un article bien sourcé qui nous raconte l’origine historique et religieux des cloches de pâques qui ramenaient les œufs de pâques serait certainement le bienvenu. Naturellement il reste la question de savoir si ces fameuses cloches de pâques sont simplement une tradition franco-française, ou si on trouve cette tradition dans la partie francophone de la Belgique, au Québec, en Suisse romande, ou même en Afrique francophone, – où la France n’a pas seulement laissé sa langue mais aussi partiellement le catholicisme comme par exemple dans le Sud de la Côte d‘ Ivoire.

Source & Citations :

Egen, Jean (1992) : Les tilleuls de Lautenbach. Mémoires d‘ Alscae. T 1. 3ème édition. Paris, Stock, ISBN 2-234-02523-0.

Joyeuses Pâques à tous mes lecteurs et toutes mes lectrices

Christophe Neff, Grünstadt le  24.4.2011

Blognotice 14.3.2011

Le Japon se trouve devant sa plus grave crise en 65 ans, depuis la Seconde Guerre mondiale – tremblement de terre d’une extrême violence, tsunami, accidents nucléaires, éruptions volcanique – un vrai scenario apocalyptique. Cette crise va sûrement avoir des conséquences au niveau mondial. Les premières conséquences politiques se font déjà ressentir en Allemagne où le gouvernement de Merkel est confronté à une résurgence de la discussion sur l’avenir du nucléaire en Allemagne – le SPON écrit « Merkel fürchtet den Atomkrach (Merkel a peur de la dispute sur le nucléaire) » – et le nouveau Spiegel 11/2011 est titré « Das Ende des Atomzeitalters – Fukushima 12. März 2011, 15.36 Uhr (La fin de l’ère nucléaire – Fukushima 12. Mars 2011, 15.36) ». En France, pendant que la chancelière Merkel est obligée de promettre de nouveaux examens de sécurité des centrales nucléaires en Allemagne – le gouvernement français se veut rassurant – et une vraie discussion sur la sûreté des centrales françaises n’est pas en vue. Cela rappelle étrangement le nuage de Tchernobyl s’arrêtant juste au dessus de la frontière franco-allemande. Les ondes de choc d’un séisme semblable au séisme historique de Bale de 1356 ayant son potentiel épicentre quelque part entre Schliengen et Bad Krozingen s’arrêteraient toutes naturellement sur les rives du Rhin – et Fessenheim ne serait nullement en danger. Tout cela est un peu l’histoire du nuage de Tchernobyl avec 25 ans de retard.

Une des conséquences de la catastrophe naturelle qui a mis une partie du japon dans un état d’après guerre est que le monde et surtout les medias se penchent sur la situation au Japon  et délaissent le « printemps arabe » –  Kadhafi pourra prendre tout son temps sans ce soucier trop de l’opinion publique mondiale pour noyer la révolte dans le sang. Comme je le craignais dans la Blognotice 12.2.2011 , le printemps arabe :le début d’un printemps démocratique en Libye pourrait trouver la même fin tragique que le Vormärz allemand ou la révolution de mars 1848/49 dans la confédération germanique. Malheureusement cela semble se produire en Libye en ce moment.

Christophe Neff, Grünstadt le 14.3.2011

Blognotiz 27.2.2011 – Blick von Port Leucate in die Raumschaft Schramberg

Die winterliche Tramontane fegt über die winterlichen Sanddünen von Port Leucate.Aufgenommen während des Praktikums/Exkursion „brûlage dirigée“ im Feb. 2011, © C.Neff

Über den Sanddünen von Port Leucate tobt die Tramontane. Das Meer leuchtet in einem bunten Farbenspiel welches von Türkisgrün bis Azurblau reicht. In der Raumschaft Schramberg in der ich aufgewachsen bin toben andere Stürme. Morgen, am Montag den 28.2.2011 entscheidet der Kreistag des Landkreises Rottweil über das Schicksal der Kreiskrankenhauses Schramberg.  So wie die Dinge stehen ist wohl wirklich zu befürchten, dass der Kreistag ggf. für eine Lösung stimmen wird, die letztendlich das Aus für den Krankenhausstandort Schramberg bedeutet.

Vor Jahren als ich noch an der Universität Mannheim tätig war führte ich immer wieder zu „Global Change Prozessen“ in Mittelgebirgen Exkursionen in den Schwarzwald durch und verglich dort die Prozesse mit den Prozessen in den periphären Gebirgsräumen Frankreichs. Landflucht und Verbuschungsprozesse führen dort nicht nur zu Waldbränden, – oder zum Einwandern von Luchsen und Wölfen, – sondern auch zum langsamen Sterben der öffentlichen Infrastruktur, – Schulklassen und Schulen werden geschlossen, – irgendwann zieht man die Gendarmerie ab, – und das Dahinsiechen und Sterben der ländlichen Krankenhausinfrastruktur wurde dort meist mit dem Kampf um die „Maternité“ (Geburtshilfestation) eingeleitet. Diese Prozesse in Frankreich und anderen frankophonen Räumen haben immerhin schon dazu geführt, dass dem Problemkreis „ländliche Krankenhausstruktur & ländliche Gesundheitsversorgung“ neuerlich ein ganzes Buch gewidmete wurde (Richoz et al. 2010: Santé et développement territorial, Enjeux et opportunités).

Luchse soll man ja inzwischen im Schwarzwald schon gesichtet haben, von Wölfen ist mir nichts bekannt, – aber das es eines Tages soweit kommen könnte, dass das Schramberger Krankenhaus zur Disposition stehen könnte, diese hätte ich mir während der Exkursionen in die Raumschaft Schramberg während der  Jahre 2000-2005 wohl nicht mal im Traume vorstellen können. Nun ist es also doch soweit gekommen, – und wir können im Schwarzwald Prozesse beobachten wie man dies so nur aus Frankreich kennt. Als aufmerksamer Beobachter der ganzen Krankenhausdiskussion im Landkreis Rottweil frage ich mich jedoch, weshalb man eigentlich letztlich nur die Wahl zwischen zwei Privaten Krankenhausträgern nämlich Helios und Ameos hat. Ist die öffentliche Hand in Deutschland nicht mehr in der Lage ein ländliches Krankenhaus mit zwei Standorten zu betreiben, – oder handelt es sich hier eher um einen Sonderfall der mit den Randbedingungen im Landkreis Rottweil zu tun hat. Sollte sich der Kreistag des Landkreises Rottweil morgen für das Heliosprivatisierungskonzept entscheiden, wird das Schramberger Krankenhaus wohl am 31.12.2011 geschlossen werden.  Eine Schließung des Krankenhausstandortes Schramberg hätte für die Raumschaft Schramberg wahrlich dramatische Konsequenzen, – aus geographischer Sicht würde damit der Beginn des Sterbens des Mittelzentrums Schrambergs eingeläutet werden.  Ich möchte es nochmals betonen, – es erscheint mir nicht nachvollziehbar weshalb es der öffentlichen Hand nicht möglich sein soll eine Krankenhausgesellschaft auf Kreisebene zu betreiben. Die privaten Krankenhausgesellschaften sind bestimmt keine Samariter, diese wollen a priori ersteinmal eine ordentliche Dividende erwirtschaften. Aber die Alternative die beiden Krankenhäuser des Landkreises Rottweils weiterhin in öffentlicher Hand zu betreiben stellt sich wohl zur  Zeit nicht (mehr).

Abschliessend nochmals – eine Schließung des Krankenhausstandortes Schramberg hätte für die Raumschaft Schramberg wahrlich dramatische Konsequenzen, – aus geographischer Sicht würde damit der Beginn des Ende des Mittelzentrums Schrambergs eingeläutet werden.  Weiterhin frage ich mich, wie eigentlich dann in Wintermonaten , – Rettungswesen und Erst/Akutversorgung in der Raumschaft Schramberg von statten gehen soll. Aber vielleicht hat man auch schon wieder längst vergessen, dass es in der Raumschaft Schramberg manchmal lange und schneereiche Winter gibt.

Blick von der Hohenschramberg auf das Schramberger Kreiskrankenhaus am 2.7.2010, © C.Neff

Photos: Alle © C.Neff.

1.) Blick auf die winterlichen Stranddünen von Port Leucate bei starker Tramontan. 27.2.2011 Canon Powershot A 720IS. © C.Neff.

2.) Blick auf das Schramberger Krankenhaus. Minolta 700AF Kodachrome C- 64 . 2.7.2010. © C.Neff.

Buchverweis:

Richoz, S., Bouliane, L.M., Ruegg, J.  (Eds.) (2010) : Santé et développement territorial, Enjeux et opportunités, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, ISBN  978-2-88074-840-1

Christophe Neff, Port Leucate 27.2.2011

P.S. (28.2.2011): Unabhängig vom Ausgang der Abstimmung im Kreistag, – das eingestellte Bild des Schramberger Kreiskrankenhaus hat wahrlich historischen Charakter, da es mit einem meiner letzten C-64 Kodachrome Diafilmen aufgenommen wurde. Mit dem Verschwinden des C- 64 wurde ein Kapitel Filmgeschichte beendet.

Blognotice 20.12.2010: partout de la neige – en France, en Allemagne et même à Jendouba en Tunisie

Chamaerops humilis couvert de neige Grünstadt 17.12.2010
le doum de Grünstadt couvert par la neige de decembre 2010

Le « Doum » (Chamaerops humilis) de Grünstadt couvert par les neiges de décembre 2010 © C. Neff 17.12.2010

Pendant que la neige couvre une bonne partie de l‘ Europe, semant souvent le chaos , – surtout en Allemagne où il y  a eu des scènes tumultueuses  à  l’aéroport de Francfort  – mes craintes formulées dans mon dernier billet concernant la situation en Cote d‘ Ivoire sont malheureusement en train de devenir une triste réalité.  Mais ici en Europe c’est surtout la neige qui semble nous couper le souffle. Aéroports partiellement bloques, Autoroutes fermées  pour cause de camions bloquant la chaussée – et en Allemagne même les chemins de Fer ont de grandes difficultés à maintenir le trafic.  On pourrait croire que nous avions perdu tout simplement l’habitude d’un hiver normal comme les hivers de mon enfance en Forêt Noire.  A en croire les  commentaires de presse (en Allemagne et en France) on pourrait croire que nous sommes en face d’un véritable «Jahrhundertwinter – Hiver du siècle» – mais cela montre à quel point la mémoire collective est d’assez courte durée. Le dernier hiver assez long et relativement rude pour l’Allemagne ne date pas d’une vingtaine d’années – mais ce fut tout simplement le dernier hiver – l’hiver 2009-2010 – j’avais même écrit un petit billet sur cet hiver – l’Allemagne fatiguée de son hiver . Quelques mois d’été passent et tout est oublié. En ce qui concerne les Autoroutes bloquées par de longues  files de camions, nos sociétés payent le prix du choix d’une société « tout camion » – et en ce qui concerne les difficultés des trains de la DB-Ag je me demande pourquoi les trains de mon enfance  durant les hivers souvent  plus rudes que ce que vivions en ce moment  circulaient sans grands problèmes. Mais pendant cette période là- les aiguilles étaient encore chauffées pendant les hivers et il y avait aussi assez de personnel et de chasse-neiges à  socs et rotatives pour faire circuler les trains pendant les périodes de fortes chutes de neige. Naturellement dans une société « 100% camion » on n‘ a naturellement plus besoin de telles précautions.  Mais quand la neige arrive on paie l’addition. En moyenne Europe un hiver avec de la neige est tout à fait normal et n’a rien d’anodin.

Et tout cela va surement  empirer  avec les « Super Camions » – les fameux Jumbolaster  ou Gigalaster– qui seront testés à  partir de l’année prochaine en Allemagne.  Il n’y a pas seulement de la neige en Europe en ce moment. Le blog paysages a subit un véritable assaut de visites  grâce à l’article « De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka ».  En observant ce rush vers ce billet – je me suis dit – il neige sûrement en Kroumirie en ce moment. Eh bien, oui, c‘ est ainsi – j‘ ai trouvé une dépêche de Agence Tunis Afrique Presse datée du 16.12.2010 « Jendouba sous la neige » – où  on lis – je cite « JENDOUBA, 16 déc. 2010 (TAP) – La quantité de neige tombée, au cours des dernières 24 heures, sur les hauteurs de Ghardimaou, Balta Bouaouan et Fernana dans le gouvernorat de Jendouba est de 15 à 20 cm. » 20 cm c‘ est un peu plus qu’à Grünstadt en ce moment.

Les neiges tombent et sous leur blanc manteau le paysage devient silencieux. Très silencieux même sur  certains événement – nous apprenons tant sur les révélations de wikileaks – mais quel  silence sur l’éviction de Éric Fottorino du directoire du Monde.  Ici et là quelques révélations ou réactions  – mais jusqu’à  présent je n’ai pas reçu une explication cohérente de l’événement. Les abonnés du Monde, les lecteurs du Monde, tous les lecteurs du Monde, ont  le droit de savoir – de recevoir une explication cohérente pour comprendre ce qu’il se passe au sein  de leurs journal. Je ne juge pas ,mais on aimerait tout  simplement comprendre. Actuellement on a plutôt le sentiment que ce changement à la tète du Monde se perd sous le neiges hivernales.

A titre personnel  j‘ appréciais  les éditos de Fottorino – dernièrement  L’amour de soi et la haine des autres – c‘ était je crois son dernier éditos avant la révocation datant du mercredi 15.12.2010. En plus, j‘ ai beaucoup aimé  son avant dernier livre «L’Homme qui m’aimait tout bas »  qui nous parle, comme je le fais ici dans cette petite notice sur les paysages tunisiens, parfois sur les paysages de Tunisie- et quelle  coïncidence le 15.12.2010 le jour de la révocation de Éric Fottorino le blog «Enfin livre » – blog littéraire de Nicole Volle nous présente une très belle et chaleureuse critique du livre « L’Homme qui m’aimait tout bas »  dont je cite la phrase concernant les paysages tunisiens « De  sa Tunisie natale, il avait gardé le teint mat et l’amour du soleil, une certaine nostalgie aussi. ».

Et comme je parlais de voyage dans mon dernier billet – un voyage que j’aimerais bien faire – et cela en dehors de toute  considérations professionnelle , c’est de revoir cette  magnifique forêt de Kroumirie, de Chêne Zeen, de Chêne liège – et visiter le parc national de El Feija – parc national que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter. Par manque de photo de la Kroumirie couvert de manteau neigeux j’ai présenté comme photo d’introduction notre Chamaerops humilis  – le doum de Grünstadt – couvert de neige. Pour les petits palmiers de chine (Trachycarpus fortunei) je ne crains pas trop – mais lui, le palmier nain – un vrai palmier méditerranéen, va-t-il survivre à  cet hiver ? Dans les anciens textes phytosociologiques  on nous présentait le palmier nain comme l’espèce thermomediterranéenne  typique ne supportant guerre les fortes gelées, mais de nos jours la littérature horticole nous donne  d’autres  données. Albano écrit dans son livre sur la culture des palmiers «D’une façon générale, les premiers dégâts sur le feuilles sont observés entre – 9 C. et – 12 C, mais certaines plantes sont capables de supporter des gels brefs de – 15. (Albano 2002, 132) ».  Dans « Winterharte Palmen », la véritable bible pour les amoureux de palmier de pleine terre en Moyenne Europe de Stähler & Spanner on trouve – 10 à – 13 C. (Stähler & Spanner 2007 155).  Jusqu’àprésent  le thermomètre ici à Grünstadt et la Unterhaardt n‘ est pas encore descendu en dessous de  – 10.

Photo © C.Neff: Le « Doum » (Chamaerops humilis) de Grünstadt couvert par les neiges de décembre 2010 © C. Neff 17.12.2010

Livres et sources citées :

Agence Tunis Afrique  Presse 16.12.2010 « Jendouba sous la neige »

Albano, P.-O. (2002) : La connaissance des palmiers. Culture et utilisation. Les principales espèces utiles et ornementales pour jardins tempérés et tropicaux. Aix – en-  Provence, EDISUD, ISBN 2-85744-0303-5

Fottorino, Éric (2009) : L‘ Homme qui m‘ aimait tout bas. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-012463-3

Stähler, M, Spanner, T.W. (2007) : Winterharte Palmen. In Mitteleuropa erfolgreich auspflanzen, pflegen und überwintern. Medemia Verlag Berlin, ISBN 978-3-940033-01-7

Christophe Neff, Grünstadt le 20.12.2010

Quelques mots sur le reportage „la route australe“ d’Emilio Pacull dans l’émission Thalassa du vendredi 26.11.2010

Même si l’émission est passée sur l’écran il y a maintenant déjà plus d’une semaine je consacre quelques mots  à ce beau reportage de Emilio Pacull sur la Carretera Austral. Par mes obligations professionnelles je suis obligé de voyager beaucoup, et je serais prêt à travailler dans la plupart des pays, sauf dans les pays où je juge que le régime politique est vraiment inadmissible du point de vue de leur « gestion des droits de l’homme » comme par exemple actuellement l’Iran ou la Corée du Nord – et naturellement les pays qui sont simplement trop dangereux comme en ce moment la Somalie etc. Donc voyage professionnel  pour ce que le « Dienstherr » ou le « Drittmittelprojektgeber »  finance. Pour mes voyages privés je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. J’aime l’Allemagne, la France, la Suisse & Mitteleuropa – le monde méditerranéen – le mare nostrum – der altweltliche Mittelmeerraum dans le sens large incluant aussi le Portugal et les iles macaronésiennes mais en dehors de cela je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. Peut être que j‘ aimerais  refaire le voyage que j’ai fait comme étudiant à travers la Cote d‘ Ivoire en hiver-printemps 1990 – mais j‘ aimerais refaire ce voyage à travers ces magnifiques paysages de forêts et de savannes dans un pays démocratique et libre où les vieux démons de l‘ Afrique ne seraient qu‘ un malheureux souvenir lointain. Vu les actuels événements à Abidjan, – l’auto proclamation de Laurent Gbagbo comme président de la République de la Côte d‘ Ivoire – je crains vraiment le pire pour ce pays que j’ai connu étant la perle de Afrique de l’Ouest.

Un des voyage de j’aimerais bien faire en dehors de toute obligation professionnelle – c’est la Carretera austral – la route australe qui traverse la Patagonie chilienne du Nord au Sud. Naturellement je sais que la route australe a été un des projets phare du gouvernement de Pinochet. J’ai grandi dans un environnement de vieille tradition de gauche et dans notre demeure famille du Lärchenweg à Schramberg figurait en bonne place dans le salon un tableau de Uwe Rettkowski  en mémoire de Salvadore Allende. Le 11. Septembre 1973, j’avais juste 9 ans, m’avait terriblement marqué.  Cela m’avait tellement marqué  que 14 ans plus tard pendant mes études de géographie à Mannheim je me suis inscrit dans un séminaire de Ludwig Spielmann sur le putsch de Pinochet et les années Pinochet. Je me suis même mis à apprendre l’espagnol pour pouvoir lire les analyses et textes en version originale, car je voulais comprendre pourquoi le héros de mon enfance fut la victime d’un terrible putsch. Mais les plans de la route australe ne date pas des années Pinochet, – l’idée d’une route reliant le Sud du Chili a été déjà débattue durant les années 1950 à ce que je sache. Mais c’est le gouvernement de Pinochet qui réalisa enfin l’idée. Cela rappelle  un peu les Reichsautobahnen qui furent déjà projetées   et même partiellement construites durant la République de Weimar en Allemagne, mais qui fut un des grands succès de la Propagande du 1000 jährige Reich.

Cette  route australe, la nationale 7 chilienne qui traverse la Patagonie chilienne sur près de 1000 km est au centre du  reportage d‘Emilio Pacull de 37 minutes montré  dans l’émission du 26.11.2010 de Thalassa. Cette route, d‘ après ma géographie imaginaire qui se forge sur lectures et reportage & documentations de films, doit traverse un des plus magnifiques paysages du monde. Forêts, fjords, glaciers et volcans longeant les milles kilomètres de cette route à travers la Patagonie chilienne. Mais si on suit le reportage cette route qui amena progrès et civilisation dans cette partie de la Patagonie devient de plus en plus une menace pour ce formidable paysage (barrages hydroélectriques, prolifération des fermes d‘ élevage en mer, réchauffement climatique, changements globaux). Donc il faudrait plutôt faire vite pour réaliser  mon rêve de traverser  la Patagonie chilienne en empruntant la N.7, la ruta siete. Pas seulement la Patagonie chilienne, – mais en fait toute la Patagonie, – qu’elle soit Chilienne ou Argentine.  Donc pour conclure – ce reportage d’Emilio Pacull fut vraiment un des rares bijoux de la télévision publique. Un reportage qui renforçait mon désir de partir un jour en Patagonie pour découvrir ce paysage mystérieux.

« Une des images les plus impressionnantes  des Andes est la formidable ossature granitique du mont Fitz-Roy, en Argentine, semblable à une baleine qui sillonnerait le ciel, son dos ocre et neigeux émergeant des nuages. Les rayons des nuages dorent ses sommets, mais sur une des pentes les plus basses de la montagne, la nuit est tombée. Sa charge dramatique et son sens, cependant, ne viennent pas de l’écrasante puissance de  ce monde naturel, mais, par comparaison, de la fragilité  et de l’insignifiance  de l’être humain, cet invisible habitant d’un minuscule hameau surgissant, comme à la dérobée, au pied de la cordillère cyclopienne, sous la forme d’une trainée de maisons presque indiscernables, qu’on prendrait pour des flocons de neige tombés de la haut. Ce contraste est d’un grand effet plastique ; mais il souligne aussi quel esprit indomptable, quelle volonté de fer et quel héroïsme silencieux il a fallu aux êtres humains pour prendre racines dans les Andes. Et combien la vie, dans certaines régions andines, malgré les progrès de la modernité, demeure un combat  quotidien. » (Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, Chapitre Andes, p. 40)

La route australe – progrès de la modernité – ou menace pour ces magnifiques et fragiles paysages  de la Patagonie ? Je n’ai pas de réponse !

Je ferme les yeux, – et je vois l’ossature de la baleine de Mario Vargas Llosa surgissant des nuages à l’horizon formant un étrange paysage de neige et de roches, comme une montagne magique.

Sources :

Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l‘ Amerique latine. Paris (Plon), ISBN 978-2-259-202258-9.

Christophe Neff, Grünstadt le 5.12.2010

Blog notice Dimanche 28.11.2010: chutes de neige de fin novembre 2010 en Forêt Noire et dans la Raumschaft Schramberg

Pour revenir sur mon dernier billet Blognotice- les premiers flocons de neige 2010  à Grünstadt et dans la Unterhaardt.  Pour le reste du Sud de l’Allemagne les prévisions météorologiques ont été par contre plutôt correctes. Il y a eu beaucoup de neige, surtout en Forêt Noire. A Schramberg , entre Schramberg et Schramberg -Sulgen , – il y a eu tellement de neige que le port de chaînes pour les poids-lourds était devenu obligatoire , d’après les annonces des divers radios trafics. Des chaines neiges fin  novembre , même pour la forêt noire c’est assez exceptionnel. Ces fortes chutes de neige de fin novembre en Forêt Noire me font poser la question aux forces politiques qui veulent à tout  prix fermer l’Hôpital de Schramberg (Kreiskrankenhaus Schramberg). Qui assura la couverture médicale durant les longs hivers de montagne, qui prendra en charge les accidentés de la Raumschaft Schramberg , si comme cela arrive si souvent, la route B 462 entre Sulgen et Dunningen est coupée pour cause de neige verglaçante ?

Cet hôpital fut pendant des décennies une des composantes majeures du paysage de la Talstadt Schramberg. Combien de jours lui reste-t-il ? Combien d’hivers encore ?

Il y a dix-neuf ans, fin novembre 1991 mon propre père  sortit de cet hôpital de campagne avec le diagnostic mortelle d’un cancer généralisé. Les premières neiges étaient déjà tombées ,même dans la Talstadt(vallée) Schramberg. Un hiver assez rude s’annonçait. Le médecin de famille le Dr. Gäckle et un ami de la Famille Werner Klank , lui aussi médecin étaient prêts à assurer les soins pendant les dernières semaines que mon père avaient encore à vivre et cela lui permit de passer ce temps chez lui avec sa famille. Mais Werner le rouge par conviction politique n’avait pas de voiture. Je lui prêtai donc la mienne, une petite Peugeot rouge 205, que j’avais financé avec l’argent gagné durant mes périodes de réserve militaire. Dans le coffre il y avait les chaînes  neige. En lui remettant la voiture Je lui disais, « Werner hier sind die Schneeketten, vielleicht  wirst du die ja brauchen ». En fait ce fut un hiver, rude, assez long, – Werner a été obligé, je crois, de mettre deux ou trois fois les chaînes. Quelques semaines plus tard, en Janvier 1992 nous enterrions notre père au cimetière de Sulgen sous un épais manteau de neige. C’était un vrai hiver de Forêt Noire. Dunkle Tannen (sombre sapins) et belles lumières, beaucoup de chutes de neige, à tel point que les croix en bois des morts  récents au cimetière du Sulgen disparaissaient sous la couverture neigeuse.

Christophe Neff, Grünstadt le 28.11.2010

Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate

Tramontane et soleil sont revenus sur les plages de Leucate – la tempête du 10 au 11.10.2010 est presque déjà oubliée. Il y a des voix qui disent que c’était la tempête la plus violente depuis 50 ans. Ils ont la mémoire courte.

blick-auf-den-ponton-von-port-leucate-bei-schwerem-oktobersturm-11102010.1287431981.JPGIl y a eu la tempête du 12 au 13 novembre 1999  qui jeta  le Danube Voyager sur la plage des Coussoules, la tempête du 16 au 17 décembre 1997 où on mesurait des rafales  de vent de 180 km au Cap Leucate. Mais tout cela s’oublie très vite. Le seul événement qui semble s’être  gravé  dans la mémoire collective régionale est l’Aiguat de 1940 dans le Roussillon. Autrement tout souvenir de ces tempêtes et inondations semble avoir disparu de la mémoire collective. Si on considère que de nos jours Wikipedia reproduit dans un certain sens la mémoire collective, on ne sera pas trop surpris que même l’ inondation de Nîmes du 3 octobre 1988 n’ ait pas d’article dans la Wikipedia française,  ni la tempête du 12 au 13 novembre 1999 dans l’ Aude et les départements  avoisinants  qui pourtant  a laissé  un bien  lourd bilan de 19 morts ,l’ histoire du Danube Voyager qui fut jeté sur la plage des Coussoules entre la Franqui et Port la Nouvelle fut seulement une petite parenthèse pittoresque de cet événement tragique oublié de nos jours.  Notons que l’événement du 12-13. Novembre 1999 est aussi le thème du livre remarquable de Freddy Vinet «Géographie des risques. Crues et inondations dans la France méditerranéenne. Les crues torrentielles des 12 et 13. novembre 1999».

Sources :

Vinet, F. (2003) : Géographie des risques. Crues et inondations dans la France méditerranéenne. Les crues torrentielles des 12 et 13. novembre 1999 (Aude, Tarn, Pyrénées – Orientales, Hérault).  Nantes, Editions du Temps. ISBN 2-84274-252- 4.

Photo © Christophe Neff: Le Ponton de Port Leucate pendant la tempête du 11.10.2010 vers 16:18

Christophe Neff, Port Leucate 17.10.2010