Jolies couleurs de printemps dans le palatinat. Les cerisiers en fleurs, les mirabelliers en fleurs, les pruniers en fleurs – tout cela rappelle un peu un pays de vergers et de jardins en fleur. Belles journées de printemps, avec déjà des journées pleines de soleil, qui nous apportent un premier goût d’été. Le dernier week-end les thermomètres dans le Linage avoisinaient le 25 C.
Mais le printemps n’est pas pour tout le monde. Durant ces jours- ci je pensais beaucoup au centre de la Béthanie à Man ou j’ai passé une partie du printemps 1990. Man qui se situe au nord de Duékoué, où entre le 27 et 29 mars un nouveau massacre vient de se produire. Un massacre de plus, dans cette sinistre guerre civile qui ravage la Côte d‘ Ivoire déjà depuis trop longtemps – et malheureusement ce scénario de massacre était prévisible ; moi-même je le craignais dans mes billets du 4.12.2010 & 5.12.2010 Dans la presse on parle de crise post- électorale – mais cette crise post- électorale a tous les ingrédients d’une guerre civile. Que se passe-t-il vraiment à Cocody ? Naturellement vu depuis les verges fleuris du palatinat on n’est qu‘ un impuissant observateur – et on espère que tout cela trouvera enfin sa fin, que la Cote d‘ Ivoire puisse simplement trouver sa paix et qu’Abidjan puisse redevenir la perle de l’Afrique occidentale comme jadis quand je l’aie connue. Comparé à d’autres tristes événements en Afrique, particulièrement en Afrique francophone, la presse allemande couvre assez bien l’événement – la crise jadis post électorale que je considère comme une vraie guerre civile , même la Rheinpfalz nous en parle presque tous les jours. Je ne sais pas pourquoi cet intérêt médiatique pour les événements en Côte d‘ Ivoire ; car un massacre de plus ou de moins dans la région des grands lacs dans le Kongo-Kinshasa ici n’intéresse guère grand monde en Allemagne (à voir aussi ma note en souvenir de Makombo ). Peut être est- ce la peur de voir le prix du cacao grimper, car l’Allemagne est un gros consommateur de chocolat au lait, qui explique l’intérêt médiatique pour la crise actuelle en Côte d‘ Ivoire . A signaler l’analyse « Frankreichs Einsatz in der Elfenbeinküste: Freiheit, Gleichheit, Profit“ de Stefan Simons du Spiegel – elle vaut certainement la lecture.
Loin de Cocody dans les verges fleuris du palatinat je ferme les yeux et espère que la Côte d‘ Ivoire pourra bientôt retrouver sa paix et sa liberté et se reconstruire un meilleur avenir. Mais à vrai dire, je ne me fais pas beaucoup d’illusions.
Au cours de la troisième semaine de janvier 2011, pendant que le peuple tunisien se soulevait contre le régime Ben Ali, semaine fatidique, j’étais au Fohrenbühl tenant un séminaire sur les changements globaux. Je pensais beaucoup aux événements en Tunisie, car exactement ici, au Fohrenbühl j’avais organisé durant l’été 2006 pour la GTZ avec le défunt Professeur Gonzague Pillet et mon ancienne collaboratrice Anna Viola Mai un séminaire sur les changements climatiques en Tunisie. Donc pendant ces jours fatidiques pour la Tunisie, au Fohrenbühl, je pensais d‘ abord avec beaucoup d’inquiétude à mes amis et collègues tunisiens, est- ce que ils avaient perdu un proche, un ami, un enfant, – un fils, une fille, un cousin ?
Avant de partir au Fohrenbühl, sidéré par le silence des medias allemands et européens j‘ avais rédigé une petite notice intitulée « Blognotice 11.1.2011 – le silence des medias allemands sur la tragédie tunisienne de l’hiver 2010/11 », choqué par l‘ incompétence de la diplomatie française, choqué par le silence d’une grande partie de la classe politique française, le silence des dirigeants de l‘ Europe politique. Quand un régime tire systématiquement à balles réelles sur ces propres enfants, quelle que soit la nature politique du régime (démocratie, régime autoritaire, dictature) – il perd toute légitimité. Les premiers morts de Sidi Bouzid, les morts de Kasserine, de Thalia n’ont guère perturbé la connivence et complaisance des dirigeants européens envers le régime de Ben Ali. En ce qui concerne la couverture médiatique en Europe, les choses ont commencé à bouger avec la publication de photo de la jeune fille morte à Sidi Bouzid le 10 janvier – qui a été reprise par le Monde du 12.1.2011 et qui a fait le tour du monde – et la mort de l‘ universitaire franco-tunisien Hatem Bettahar. Là, lentement, les medias européens semblèrent avoir compris que les choses allaient peut être basculer – ou tout simplement avaient-ils enfin compris que « l’autocrate souriant Ben Ali » n‘ hésitait pas à tirer sur sa propre jeunesse – que l‘ ami tunisien utilisait massivement et sans modération la force pour mater le soulèvement de la jeunesse étudiante et lycéenne tunisienne.
Au Fohrenbühl un peu coupé du Monde, – au Naturfreundehaus (maison de la nature) Sommerecke il n’y même pas possibilité d’utiliser un portable, j’essayais de suivre aussi bien que possible les événements en Tunisie, et particulièrement à Tunis et dans les banlieues de Tunis. Ces lumières du soleil couchant à travers les sapinières du Fohrenbühl, lumières du Fohrenbühl , elles emportaient mes pensées vers Tunis, – vers mes collègues et amis que j’avais connus durant mes années tunisiennes que je sentais en danger. Quel soulagement, le vendredi soir 14.1.2011 vers 19 :44, quant j’écrivais depuis l’hôtel Adler, (où je logeais durant ce séminaire et où il y la possibilité de se brancher sur Internet) un petit email à un ami tunisien que Ben Ali avait quitté la Tunisie. Enfin peut être les choses pourraient peut être s’améliorer en Tunisie. Peut être !
En revenant du Fohrenbühl, je découvris à quel point la couverture de événements, de la révolution tunisienne en Allemagne avait changé. Du grand silence on est passé à une couverture médiatique assez large. Ce qui m‘ étonne surtout ce sont ces soi-disant experts « du monde du maghreb », « de la Tunisie », « du monde arabe » etc. qui sortent partout de leurs trous et qui voient dans révolution de jasmin – terme que je n‘ apprécie pas du tout – car cette révolution en Tunisie, s‘ est passée dans une grande douleur , un début de mouvement de soulèvement démocratique qui à partir de la Tunisie gagnerait le Maghreb et après, le reste du Monde arabe. Où était la voix de ces soi-disant experts du Monde arabe et de la Tunisie le 11 janvier, le 10 janvier, – pendant les événements de Kassarine et de Thalia, – où était ces voix d’experts au début du mois de janvier – quand j’écrivais sur la neige, le froid et le désespoir dans le djebel tunisien dans ma blognotice du 4.1.2011 ? Peut être bien que je me trompe, mais je ne crois pas qu’on puisse comparer la situation tunisienne, l’évolution des événements en Tunisie à celle d’autres états du monde arabe.
Personnellement, je pense que si il y a une société capable de construire une démocratie laïque, une société civile libre des ses propres mains et sans interventions externe, dans le Monde arabe et en Afrique c’est bien la société tunisienne. Naturellement il y a le risque qu’après un période de transition un nouveau clan, une nouvelle famille reprenne le pouvoir en main, il y a aussi ,il ne faut pas le négliger , le risque de voir les islamistes s’accaparer le mouvement révolutionnaire, car c’est une véritable révolution qui a eu lieu en Tunisie, et là je suis d‘ accord Jean Tulard qui désigne ce janvier 2011 comme l’an 1789 de la révolution tunisienne.
La société tunisienne est une des rares sociétés dans le monde arabe (et africain), où il y a vraiment une large « classe moyenne » – « La Mittelschicht » – comme on dit en allemand – et c’est cette « classe moyenne tunisienne » qui peut construire de ses propres mains, comme elle a renversé pacifiquement le régime mafieux du clan Ben Ali, une démocratie laïque, une société libre. C’est la société civile qui a renversé Ben Ali (avec l’aide de l’armée qui ne voulait pas tirer sur le soulèvement populaire à Tunis le 14.1.2011). C’est cette large couche moyenne, une société civile qui a progressé malgré la lourdeur des dernières années du régime Ben Ali, qui a porté les événements de janvier 2011 en Tunisie ; mais franchement je ne vois pas un état dans le monde arabe ou nous ayons une si forte « classe moyenne » et « Société civile » qu‘ actuellement en Tunisie. Donc malheureusement les autocrates et dictateurs du monde arabe ont encore de beaux jours devant eux.
Je ne suis pas voyant, je ne partage pas le pouvoir clairvoyant de tant d‘ « experts du monde arabe » mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien .
Pendant que les lumières de Fohrenbühl traversaient les sapinières du Mooswaldkopf le 13,14,15 et 16 janvier 2011 emportant mes pensées vers la Tunisie, mes collègues tunisiens et leurs proches que je sentais en danger , j‘ espérais fortement voir venir le jour où les tunisiens pourront enfin vivre en liberté, manger à leur faim, choisir leur gouvernement librement. Peut être ces jours- là ont – ils enfin commencé ! Espérons-le !
La Tunisie vient à nouveau de vivre un week-end sanglant et dans les medias allemands c’est presque le silence total. Enfin, le soir du lundi 10.1.2011 un article sur le SPON sous le titre « Unruhen im Urlaubsland – Tunesische Regierung schließt sämtliche Unis und Schulen„. Comme je l‘ écrivais déjà dans Blognotice du 7.1.2011 concernant la couverture des événements de Sidi Bouzid par les « medias allemands : pas de souci pour les autorités tunisiennes – c‘ est plutôt le silence absolu – aujourd’hui après des jours et semaines de silence enfin un petit article dans le Spiegel « Hohe Arbeitslosigkeit schürt Unruhen» ». J’aurais aimé trouver un Editorial tel que celui du „Monde“ du 10.1.2010 « Le silence de Paris sur la tragédie tunisienne» dans un grand journal allemand. Un titre tel que « Das Schweigende Europa und die tunesische Tragödie » – mais malheureusement c’est le grand silence qui règne dans le paysage médiatique allemand en ce qui concerne l’actualité tunisienne. Que le Monde à bien raison d’écrire « Mais ni la France ni l’Europe n’ont rien à dire ! » – et j’ajouterais « Mais ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Europe n’ont rien à dire !».
Enfin ce matin mardi 11.1.2011 un petit article de Ralph Schulze dans la Rheinpfalz sous le titre « Blutiger Aufstand im Urlaubsland Tunesien (révolte sanglante dans le pays de vacances la Tunisie) – c’est déjà mieux que rien ! Mais à part les titres cités, c’est plutôt le grand silence !
Source :
Schulze Ralph : Blutiger Aufstand im Urlaubsland Tunesien. In: Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Nr. 8, Dienstag 11. Januar 2011
Même si l’émission est passée sur l’écran il y a maintenant déjà plus d’une semaine je consacre quelques mots à ce beau reportage de Emilio Pacull sur la Carretera Austral. Par mes obligations professionnelles je suis obligé de voyager beaucoup, et je serais prêt à travailler dans la plupart des pays, sauf dans les pays où je juge que le régime politique est vraiment inadmissible du point de vue de leur « gestion des droits de l’homme » comme par exemple actuellement l’Iran ou la Corée du Nord – et naturellement les pays qui sont simplement trop dangereux comme en ce moment la Somalie etc. Donc voyage professionnel pour ce que le « Dienstherr » ou le « Drittmittelprojektgeber » finance. Pour mes voyages privés je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. J’aime l’Allemagne, la France, la Suisse & Mitteleuropa – le monde méditerranéen – le mare nostrum – der altweltliche Mittelmeerraum dans le sens large incluant aussi le Portugal et les iles macaronésiennes mais en dehors de cela je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. Peut être que j‘ aimerais refaire le voyage que j’ai fait comme étudiant à travers la Cote d‘ Ivoire en hiver-printemps 1990 – mais j‘ aimerais refaire ce voyage à travers ces magnifiques paysages de forêts et de savannes dans un pays démocratique et libre où les vieux démons de l‘ Afrique ne seraient qu‘ un malheureux souvenir lointain. Vu les actuels événements à Abidjan, – l’auto proclamation de Laurent Gbagbo comme président de la République de la Côte d‘ Ivoire – je crains vraiment le pire pour ce pays que j’ai connu étant la perle de Afrique de l’Ouest.
Un des voyage de j’aimerais bien faire en dehors de toute obligation professionnelle – c’est la Carretera austral – la route australe qui traverse la Patagonie chilienne du Nord au Sud. Naturellement je sais que la route australe a été un des projets phare du gouvernement de Pinochet. J’ai grandi dans un environnement de vieille tradition de gauche et dans notre demeure famille du Lärchenweg à Schramberg figurait en bonne place dans le salon un tableau de Uwe Rettkowski en mémoire de Salvadore Allende. Le 11. Septembre 1973, j’avais juste 9 ans, m’avait terriblement marqué. Cela m’avait tellement marqué que 14 ans plus tard pendant mes études de géographie à Mannheim je me suis inscrit dans un séminaire de Ludwig Spielmann sur le putsch de Pinochet et les années Pinochet. Je me suis même mis à apprendre l’espagnol pour pouvoir lire les analyses et textes en version originale, car je voulais comprendre pourquoi le héros de mon enfance fut la victime d’un terrible putsch. Mais les plans de la route australe ne date pas des années Pinochet, – l’idée d’une route reliant le Sud du Chili a été déjà débattue durant les années 1950 à ce que je sache. Mais c’est le gouvernement de Pinochet qui réalisa enfin l’idée. Cela rappelle un peu les Reichsautobahnen qui furent déjà projetées et même partiellement construites durant la République de Weimar en Allemagne, mais qui fut un des grands succès de la Propagande du 1000 jährige Reich.
Cette route australe, la nationale 7 chilienne qui traverse la Patagonie chilienne sur près de 1000 km est au centre du reportage d‘Emilio Pacull de 37 minutes montré dans l’émission du 26.11.2010 de Thalassa. Cette route, d‘ après ma géographie imaginaire qui se forge sur lectures et reportage & documentations de films, doit traverse un des plus magnifiques paysages du monde. Forêts, fjords, glaciers et volcans longeant les milles kilomètres de cette route à travers la Patagonie chilienne. Mais si on suit le reportage cette route qui amena progrès et civilisation dans cette partie de la Patagonie devient de plus en plus une menace pour ce formidable paysage (barrages hydroélectriques, prolifération des fermes d‘ élevage en mer, réchauffement climatique, changements globaux). Donc il faudrait plutôt faire vite pour réaliser mon rêve de traverser la Patagonie chilienne en empruntant la N.7, la ruta siete. Pas seulement la Patagonie chilienne, – mais en fait toute la Patagonie, – qu’elle soit Chilienne ou Argentine. Donc pour conclure – ce reportage d’Emilio Pacull fut vraiment un des rares bijoux de la télévision publique. Un reportage qui renforçait mon désir de partir un jour en Patagonie pour découvrir ce paysage mystérieux.
« Une des images les plus impressionnantes des Andes est la formidable ossature granitique du mont Fitz-Roy, en Argentine, semblable à une baleine qui sillonnerait le ciel, son dos ocre et neigeux émergeant des nuages. Les rayons des nuages dorent ses sommets, mais sur une des pentes les plus basses de la montagne, la nuit est tombée. Sa charge dramatique et son sens, cependant, ne viennent pas de l’écrasante puissance de ce monde naturel, mais, par comparaison, de la fragilité et de l’insignifiance de l’être humain, cet invisible habitant d’un minuscule hameau surgissant, comme à la dérobée, au pied de la cordillère cyclopienne, sous la forme d’une trainée de maisons presque indiscernables, qu’on prendrait pour des flocons de neige tombés de la haut. Ce contraste est d’un grand effet plastique ; mais il souligne aussi quel esprit indomptable, quelle volonté de fer et quel héroïsme silencieux il a fallu aux êtres humains pour prendre racines dans les Andes. Et combien la vie, dans certaines régions andines, malgré les progrès de la modernité, demeure un combat quotidien. » (Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, Chapitre Andes, p. 40)
La route australe – progrès de la modernité – ou menace pour ces magnifiques et fragiles paysages de la Patagonie ? Je n’ai pas de réponse !
Je ferme les yeux, – et je vois l’ossature de la baleine de Mario Vargas Llosa surgissant des nuages à l’horizon formant un étrange paysage de neige et de roches, comme une montagne magique.
Sources :
Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l‘ Amerique latine. Paris (Plon), ISBN 978-2-259-202258-9.
Le vendredi 3.12.2010, le blog „paysages“ vient de dépasser le seuil des 40.000 visites. Je remercie mes lecteurs pour leur fidélité. Les six articles (seuil de 3 %) ayant jusqu‘ au vendredi 3.12.2010 reçu le plus de visites se retrouvent dans le tableau suivant.
La dernière blogostatistique, la blogostatistique 10.000 date du 23.11.2010. Au début du blog paysage j’étais tellement étonné que mes petites notices et billets étaient lus que je publiais une blogostatistique chaque fois qu‘ il dépassait le seuil d’un millier de lecteurs. Cet émerveillement est certainement passé, mais si je compare l’audience ou la fréquentation de mon blog avec mes articles scientifiques il est clair que mes articles scientifiques ne touchent qu’une dizaine de collègues intéressés par les feux de forêts et la dynamique de paysages méditerranéens. Je pense que le petit article que j‘ avais écrit avec quelques collègues sur le chantiers de feux dirigés en Forêt noire, – un article (Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage – observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire/Allemagne)) écrit en français, presque un article de littérature grise, est peut être l‘ article le plus lu (et cité) au niveau international. En écrivant ces phrases je pense que, vu le violent incendie qui fait fureur en Israël en ce moment, il faudrait peut être s’attaquer a écrire une écologie politique des incendies de forêt en Israël. Comment se fait il qu’un état qui possède une des armées les plus sophistiquées et certainement aussi une des plus redoutables ne semble pas du tout préparée à faire face à un incendie de forêt. Auraient -t- ils oublié qu’Israël fait partie des écosystèmes méditerranéens.
Revenons aux blogostatistiques – dans mes premiers blogostatistiques j’écrivais toujours quelques mots sur l’affaire Clotilde Reiss . Clotilde Reiss a été depuis heureusement libérée , mais l’affaire est revenue sur l’agenda avec les révélations de wikileaks . Ici on pourrait se demander qui profite vraiment des ces révélations. Heureusement que Madame Reiss a été libérée avant cette affaire wikileaks.
Il fait encore très froid ici à Grünstadt comme dans une grande partie du reste de l’Europe. Nous avons maintenant passé 5 jours d’hiver et des températures avoisinantes pendant la nuit les – 9 C. On parle tellement de ce début d’hiver , qu’on aurait tendance à perdre de vue les événements de terres lointaines. La situation en Côte d‘ Ivoire devient de plus en plus préoccupante – et ici en Allemagne on ne parle que de ce début d’hiver (Wintereinbruch), de Stuttgart 21, de Wikileaks et de l’attribution des coupes du monde du football 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. Peut être me trompé-je, mais vu les infos qui parviennent de Côte d‘ Ivoire, je crains vraiment le pire pour la Côte d‘ Ivoire.
Pendant que le monde se penche sur le mondial en Afrique du Sud et qu‘ en Allemagne on s‘ attend à un match historique avec l‘ Angleterre , j‘ aimerais simplement rappeler que, pour une partie de l‘ Afrique, la Guinée , un pays malmené par 52 ans de dictature sanglante cette journée du Dimanche 27.6.2010 est une date historique : enfin des élections libres et démocratiques – et cela après 52 ans d‘ indépendance. Dans ce contexte le monde vient aussi de publier un intéressant portfolio sonore (avec images) «un scrutin historique en Guinée». Qui aurait cru en octobre dernier – vu les événements de Conakry ( cf. voire aussi ici ou ici ) qu‘ on pourrait dans un proche futur voir le parfum de la liberté s’établir dans les rues de Conakry. Naturellement des élections libres ne résoudra pas à elles seules les problèmes d’un pays ruiné par 52 ans de dictature sanglante – mais ces élections sont au moins un petit brin d’espoir pour ce pays oublié. Dans le contexte africain , 50 ans d’indépendance d’une grande partie de l’Afrique francophone ,j’aimerais aussi signaler l’article « Die Freiheit wird 50 » de Andrea Böhm dans la Zeit, qui nous dresse un bilan de 50 ans d’indépendance dans le cœur de l’Afrique (im Herzen des Kontinents) – le nom qu’elle donne à la RDC. Et comme je fréquente parfois ici et là « le site du journal zaïrois Itimbiri ya Sika » depuis que j‘ ai écrit « En souvenir de Makombo village oublié de la Haut – Uélé en République démocratique du Congo et Encore quelques mots sur Makombo (4.4.2010) » , je viens de découvrir un petit billet – il paraît qu‘ il y avait des routes et des trains qui nous parle aussi de 50 ans d‘ indépendance en RDC.
Am Freitag den 14.5.2010 sendet Arte den franco-tunesischen FernsehfilmVilla Jasmin. Filmvorlage des vom tunesischen Regisseur Férid Boughedir gedrehten Fernsehfilm ist der gleichnamige Roman von Serge Moati. Ich habe sowohl den Roman von Serge Moati gelesen als auch den Fernsehfilm von Férid Boughedir schon gesehen und darüber schon vor fast über einem Jahr einen längeren französischsprachigen Blogbeitrag „Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir“ über Film und Buch geschrieben. Der Film beschreibt die Zeitreise Serge Boccara jun. nach Tunis, Serge der dort nach den Wurzeln seiner franco-tunesischen-jüdischen Vergangheit sucht – und der dort auch versucht die Erinnerung an seinen zu früh verstorbenen Vater Serge wiederzubeleben. Der Film von Boughedir ist eine relativ freie Adaption des autobiographischen Romanes von Serge Moati – das fängt schon mit den Hauptpersonen an – die im Film nicht Moati sondern Boccara (Serge und Odette Boccara) heißen. Der Film ist bestimmt keine cineanistische Meisterleistung, aber er gibt ganz gut die Stimmung in Tunis während der deutschen Besatzung im 2. Weltkrieg wieder. Weiterhin und deshalb ist der Film schon sehenswert – der Film gibt die Farben und Lichtspiele im sommerlichen Tunis und des Golf von Tunis hervorragend wieder. In diesem Sinne ist der Film in der Tradition der Meisterwerke von Férid Boughedir wie z.b. Un été à La Goulette ein Streifzug durch la Goulette, Sidi Bou Said und la Marsa.
Der Film ist eine sehr freie Adaption der Romanvorlage und wie ich es schon in Villa Jasmin schrieb leidet der Film etwas darunter, dass so wichtige Charaktere wie der Sonderbeauftragte beim Afrikakorps Dr. Rahn oder der zwielichtige Georges Guilbaud im Film kaum ausdifferenziert dargestellt werden, ja dass diesen Figuren nicht der nötige Raum im Film zugestanden wird. Beide waren ja nicht nur wichtige Figuren in Moatis Roman und sondern wahrlich zentrale historische Figuren im Tunesien des II Weltkrieg. Weiterhin störend empfand ich, wie schon auch in Villa Jasmin beschrieben, – dass die sozialistische Verve von Serge sen. in meinen Augen im Film kaum richtig zu Geltung kommt. Dennoch denke ich, dass Villa Jasmin ein durchaus sehenswerter Fernsehfilm ist.
Wer mehr über die Welt des tunesischen Judentums von 1903 bis ca. 1957 wissen möchte der sollte unbedingt die gleichnamige Romanvorlage von Serge Moati lesen. 1903 – 1957 das sind die 54 Lebensjahre von Serge Moati sen., des Vaters von Serge Moati jun., – diese 54 Lebensjahre sind der Haupterzählstrang des Romanes Villa Jasmin. Es ist bestimmt keine einfache Urlaubslektüre für den Badestrand und deshalb ist auch nicht anzunehmen, dass das Buch jemals ins Deutsche übersetzt werden wird. Soweit man über genügend Französischkenntnisse verfügt und man sich für die rezente Geschichte des nordafrikanischen Judentums interessiert taucht man in eine versunkene Welt von einheimischen und von toskanischen den sogenannten Livournais, sephardischen Juden aus der Toskana – und damit ist der Roman von Moati vor allem ein Roman von Heimatverlust – denn von der Welt des nordafrikanischen Judentums und hier insbesondere der sehr spezifischen Welt und Kultur des arabo-tunesischen Judentums ist nicht mehr sehr viel übrig geblieben ist. So erfährt man u.a., dass das aus der Toskana eingewanderte sephardische Judentum die sogenannten Granas (les chics) und die einheimischen tunesischen Juden den Twânsa (les pas chics) die für sich eine fast 2000 Jahre während Geschichte auf tunesischen Boden beanspruchten zwei relativ unabhängig von einander existierende Lebenswelten darstellten die u.a. auch kaum miteinander kommunizierten.
Darüber hinaus ist der Roman eine autobiographische Auseinandersetzung mit dem frühen Verlust der Eltern, denn Henry Moati so hieß der Romanautor Serge Moati ursprünglich, nahm den Namen seines Vaters des sozialistischen Journalisten und späteren Resistancekämpfers Serge Moati, an. Im doppelten Sinne also ein Roman über Heimatverlust. Der Roman beschreibt die versunkene Welt des sephardischen Judentums (im weitesten Sinn) im Tunesien der Zwischenkriegszeit und während des zweiten Weltkrieges – und deren Sprachwelten (Ladino, judoeo-arabisch, italienisch, maltesisch und französisch), sowie deren Emanzipationsträume – Emanzipationsträume die heißen Emanzipation durch Teilnahme an der francophonen laizistischen Kultur der III. französischen Republik, und damit für Serge Moati den sozialistischen Traum einer laizistischen französischen Republik, einer Welt ohne Ungerechtigkeiten und Rassenschranken, träumend. Die untergegange Welt des sephardischen Judentums Tunesiens ohne die sozialistischen Träume des Serge Moati sen. finden sich übrigens auch im literarischen Werk von Serge Moatis jun. Schwester der Schriftstellerin Nine Moati wieder. Und auch in ihrem Romanwerk (wie z.b. in les belles de Tunis ) geht es im wesentlichen wieder um die Schlüsselfrage Aufstieg und Partizipation des nordafrikanischen Judentum durch Bildung und Spracherwerb, sprich dem Erwerb der französischen Sprache und dadurch den Erwerb der französischen Staatsbürgerschaft. Denn im französischen Protektorat Tunesien galten im Gegensatz zu Algerien welches ja damals zum französischen Staatsgebiet gehörten das „Décret Crémieux“ welches die algerischen Juden zu französischen Staatsbürger erklärten, nicht. Die Welt die Serge Moati in seinem Roman Villa Jasmin beschreibt – das franco-jüdische Tunesien von ca. 1920 bis zur Unabhängkeit Tunesien – ist zwar verschwunden – aber der Traum den die franko-jüdischen Tunesier damals träumten, diesen Traum, der im Roman Moatis mit vielen sozialistischen Illusionen erzählt wird, dieser Traum lebt in Tunesien, und nicht nur in Tunesien, sondern in ganz Nordafrika fort, es ist der Traum der Harragas die von einem besseren Leben in Europa träumen.
Und weiterhin ist das Buch von Serge Moati auch eine Liebesgeschichte – es ist die wahre Liebesgeschichte von Serge und Odette. Eine Liebesgeschichte die die unsichtbaren Schranken zwischen den Toscan (den sephardischen eingewanderten Juden) und den einheimischen Juden, den Twânsa überwindet – und damit auch Klassengegensätze einschleift – die Geschichte einer Liebe die allen Widrigkeiten des Lebens stand hält – und die erst der frühe Tod der Liebenden im Jahre 1957 beendet.
Dans retour-en-arrière-sur-les-événements-de-Niamey qui décrivaient un peu la situation au Niger après les événements du 18.2.2010, j’avais entre autres écrit quelques mots sur le problème des Touaregs au Niger et au Mali. Dans le Spiegel du 29. Mars on trouvait un article « Niger: Der gelbe Fluch“ de Cordula Meyer sur le problème de l’exploitation d’Uranium à Arlit et la marginalisation des Touaregs. L’article fut repris par le SPON (Spiegel online) sous le titre « Uranförderung in Niger: Der gelbe Fluch » – et même en version anglaise «Tuareg Activist Takes on French Nuclear Company ». Jusqu‘ aux événements de vendredi saint à Kunduz où la Bundeswehr fut engagée dans des lourds combats avec les Taliban et subit, avec 3 soldats tombés au combat et 7 blessés graves , de fortes pertes, ces deux articles furent les plus envoyés par les lecteurs du SPON. L’article de Cordula Meyer, dans la pure tradition du story-telling du reportage investigatif américain, nous raconte l’histoire d’Almoustapha Alhacen au sein de l’ONG Aghirin Man et de son combat contre les retombées nuisibles de l’extraction de l’uranium à Arlit. Cordula Meyer nous raconte aussi l’histoire du soit- disant nucléaire « propre » et de l’exploitation de l’Uranium par Areva au Niger. Areva dont 78,96% du capital est détenu par l’Etat français via le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives , et à peu près 5 % directement par l’Etat français. Cordula Meyer nous parle aussi de Touaregs : par manque de ressources naturelles pour leur bétail, ils se tournent de plus vers le banditismeou vers Al Qaida , ou vers les deux. Meyer nous raconte aussi le problème du partage des ressources naturelles & minières au Niger, qui risquerait de faire éclater le Niger. L’article de Cordula Meyer n’est pas un article scientifique, non c’est un article qui nous raconte l’histoire d’un homme, d’un pays oublié et qui nous incite à réfléchir. Une histoire, qui entre autres démasque aussi le mythe du nucléaire propre.
Pour une analyse scientifique du problème du pillage des ressources naturelles en Afrique je peux conseiller comme je l’ai déjà fait dans le billet «Encore quelques mots sur Makombo (4.4.2010) » l’article de Philippe Hugon (2009) « Le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés africains » qui structure un peu le débat. En fait le bulletin complet du N. 134 de Hérodote « Pillage et Pirateries » vaut la lecture.
L’article de Cordula Meyer contient dans un de ce premiers paragraphes la phrase suivante : « „Bonjour, Monsieur Ackermann“, begann Alhacen auf Französisch mit afrikanischem Akzent Bonjour, Monsieur Ackermann, – commençait Alhacen dans un français avec un accent africain». Cordula Meyer comprend apparemment assez bien le français pour pourvoir distinguer les fines nuances dialectales de la langue française. L’article aurait beaucoup gagné si on avait aussi publié une version française – car l’article de Cordula Meyer mériterait d’être lu dans la totalité de l‘ espace francophone, de Neuilly, du bord du Lac Léman, des villages alsaciens, des confins des villages oublies des Cévennes jusqu‘ aux bords du fleuve Niger ! Même si l’on ne partage pas toutes les conclusions de Cordula Meyer, son article sur le traitement des ressources minières d’Arlit par Areva au Niger – nous invite à une réflexion profonde sur le traitement des ressources naturelles en Afrique.
Sources :
Hugon, Ph. (2009) : Le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés africains. In: Giblin, B. (Eds) : Pillages et Pirateries, Hérodote revue de géographie et de géopolitique, 3. Trimestre 2009, N. 134 , p. 63 – 78, (ISBN 978- 2-7071-5844-4).
En écrivant dans mon dernier bulletin En souvenir de Makombo village oublié de la Haut – Uélé les mots : « La trace sanglante que le LRA a laissée dans la région de Makombo n’est pas la première de ces nouvelles cauchemardesques ( et malheureusement je crois ce ne sera certainement pas la dernière ), et notons que l’info même a mis presque trois mois pour nous parvenir » – je ne savais pas encore qu‘ en fait l‘ info sur le massacre de Makombo , comme on nomme cette tragédie au niveau international avait déjà été traitée par un article «Tapili: une cité sinistrée de plus» dans le blog du journal Zaïrois Itimbiri ya Sika . Cette info a été entre autres reprise par radio Vatican (ceci en allemand) et dans Sudan Tribune. Mais apparemment l’info n’a jamais atteint notre hémisphère occidental. Il fallait donc que Human Rights Watch publie le document « trail of death » pour que l’hémisphère occidental se réveille pour quelques petits moments avant de s’endormir de nouveau. Makombo est déjà oublié – mais apparemment la LRA est encore bien vivante. Dans ce contexte , je suggère aussi la lecture «Isiro menacé par les églises de réveille » du blog de Itimbiri ya Sika du Jeudi 25 mars 2010. A l’auteur de cet article Dieudonné Lolémo Pilipíli on aimerait répondre « non les allemands n’ont pas fait la connaissance de Julien Andavo Mbia – ils ne savent certainement rien sur le personnage – mais du reste, c’est certainement valable pour une grande partie du monde francophone. Grâce à la publication de trail of death – ils vont peut- être peut garder dans leur mémoire que la LRA est une bande de criminels capables de violences particulière atroces. Peut être ! »
En écrivant mon dernier bulletin, et en écrivant la petite ébauche wikipedia sur le village de Makombo, je n‘ étais pas si sûr que Makombo existait réellement – Makombo (ou Macombo) ressemble à Macondo – le village imaginaire de Cent ans de solitude – Cien años de soledad du roman de Gabriel García Márquez – car Itimbiri ya Sika parle surtout de Tapili et Ndingba – mais grâce a au document de HRW ainsi qu’à la carte que comporte ce document – Makombo est devenu un des symboles oubliés d‘ une interminable guerre de caractère préwestphalien & postmoderne pour utiliser les mots de Philippe Hugon (2009), – qui se passe à plusieurs centaines de siècles d’isolement de notre espace et civilisations occidentales.
Sources :
Hugon, Ph. (2009) : Le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés africains. In : Giblin, B. (Eds) : Pillages et Pirateries, Hérodote revue de géographie et de géopolitique, 3. Trimestre 2009, N. 134 , p. 63 – 78, (ISBN 978- 2-7071-5844-4).